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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 11:14

pcbUn front anti-capitaliste pour avancer, un front anti-fasciste pour ne pas reculer

Communiqué du Parti communiste brésilien (PCB)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le parti-pris des gouvernements du PT de l'institutionnalisme bourgeois et du « néo-développementalisme » capitaliste est le principal responsable de l'explosion d'indignation de couches hétérogènes de la société brésilienne.



Le parti-pris d'alliances avec la droite pour s'assurer de la gouvernance du pays fait du gouvernement l'otage de ces forces conservatrices, conduisant à ce que, en dix ans, pas la moindre mesure ne serait-ce que de nature socialisante ne fût prise. Au contraire, la fraction PT du gouvernement fut à l'avant-garde de mesures de nature anti-populaire, contre les travailleurs.



Les résultats en sont le retour des privatisations à grande échelle, la réforme des retraites et l'obligation d'une retraite complémentaire pour les fonctionnaires (FUNPRESP), la généralisation des partenariats public-privés, la concession de nos réserves de pétrole, le choix de l'agro-business – au détriment de la réforme agraire et de l'agriculture familiale –, pour le système financier et les grandes monopoles, les exonérations fiscales pour le capital et la précarisation du travail (créant plus d'emplois mais de moindre qualité), la politique d'austérité budgétaire conduisant à l'abandon des services publics, l'endettement croissant des familles, l'absence de perspective pour la jeunesse, le discrédit de la politique et des partis politiques.



En dix années de gouvernement, à aucun moment les travailleurs ne furent appelés à agir de façon indépendante et autonome pour changer le rapport de forces en faveur de mesures de nature populaire et pour la défense de leurs droits, pourtant attaqués par l'offensive du capital et par la contre-réforme de l'Etat, sous direction du PT, qui a imposé la cooptation et l'apathie de la majorité des mouvements sociaux.



A un peu plus d'un an de la fin du gouvernement Dilma, et après avoir perdu contact avec la rue en échange de places dans les bureaux, nous voyons l'effort tardif et désespéré des groupes qui le soutiennent, brandissant à la hâte de timides bannières réformistes abandonnées dès le premier mandat de Lula. Cet effort s’effectue désormais dans une conjoncture défavorable pour rompre l'alliance avec la droite modérée et dépasser la politique économique de la continuité néo-libérale.



Le mouvement de rue, qui a commencé sous initiative populaire, est aujourd'hui tiraillé, la droite essayant de récupérer et folkloriser le mouvement, le canalisant vers ses objectifs ; c'est une tactique récurrente des classes dominantes, qui récupèrent les mouvements lancés par la gauche pour les mener vers un pacte entre élites, ce fut le cas des « Diretas Ja ! » [NdT : « des élections maintenant », les grandes manifestations de 1984 contre la dictature militaire] et de « Fora Collor » [NdT : « Collor, dégage », les grandes manifestations de 1992 contre le président de droite Fernando Collor, trempé dans de grands scandales de corruption].



S'appuyant sur la légitime indignation de la population vis-à-vis de ce gouvernement, les partis de leur base de soutien et les autres partis de l'ordre, qui manipulent les demandes populaires et des travailleurs à des fins électorales, pour ensuite tourner le dos à leurs revendications, la droite la plus idéologique et réactionnaire, qui ne fut pas intégrée à la machine gouvernementale PT, se travestissent en mouvement anti-parti et joue avec les masses désorganisées et aliénées par les médias contre la gauche socialiste, attisant le désordre pour, par la suite, exiger l'ordre.



Il s'agit de porter dans la rue la vraie gauche et ses propositions révolutionnaires pour, ainsi, s'emparer de la force des manifestations et ne pas avoir le contre-point organisé et populaire d'aventures déstabilisatrices, qui comptent sur le soutien logistique et la bienveillance de leurs collègues en uniforme pendant leur service.



En ce moment, l'hégémonie du mouvement se trouve dans le camp moraliste, anti-parti et populiste (nacionaleiro) de la classe moyenne, avec des mots d'ordres vagues et sectoriels. S'ajoute à cela la compréhensible explosion des couches de la population rendus jusque-là invisibles par le discours d'auto-glorification chauvine (ufanismo) du gouvernement : des individus qui, dans leur majorité, viennent de quartiers ouvriers, las des accrochages avec la police. Ils se servent du désordre pour prendre possession des biens de consommation qu'ils convoitent dans les publicités, mais qu'ils ne peuvent acheter.



Les forces fascistes, réduites en nombre, mais avec le soutien des grands médias à leur discours chauvin et anti-parti, profitent de cette tendance pour tenter de conduire le mouvement vers une certaine forme de coup d'Etat institutionnel « de masses » et dans le cadre de l'ordre légal, laissé intact par les gouvernements PT. Comme les coups d'Etat avec les tanks dans la rue ne sont plus d'actualité, ils pourront s'essayer soit aux menées putschistes au parlement ou dans les tribunaux, soit d'accumuler des forces pour gagner les élections de 2014.



Ce qui peut interpeller, c'est la facilité avec laquelle les participants aux manifestations, aucun d'entre eux membres d'organisations de gauche, ont attaqué et occupé symboliquement l'Assemblée législatives de Rio de Janeiro et, à Brasilia, le Palais Itamaraty et la coupole du Congrès national. Ces affrontements se produisent, dans la majorité des cas, entre la police en uniforme et la police en civil, y compris les groupes para-militaires et organisations fascistes.



D'ores et déjà, les organisations de droite appellent à se rassembler autour de la lutte contre la corruption et pour la restauration de l'ordre, rompu par le désordre qu'ils ont eux-mêmes provoqué. Il est nécessaire de rappeler que la corruption est inhérente au capitalisme et que, ironiquement, le drapeau de la « lutte contre la corruption » avait déjà servi à la droite pour l'élection de Fernando Collor et à la fausse gauche dans les vieux discours du PT.



Les secteurs de masse qui ont manifesté une hostilité envers les partis de gauche ne perçoivent pas la différence entre ces organisations et les partis sans visage qui les mènent et qui devraient être l'objet de la révolte populaire, ceux qui agressent physiquement les partis de gauche sont les para-militaires, et non les manifestants.



L'hostilité contre les partis de gauche est renforcée également par la profonde dépolitisation et le conservatisme d'un nouveau sens commun qui, tout en se soulevant contre les effets les plus évidents de l'ordre capitaliste en crise, se montre incapable de voir les déterminations les plus profondes de cette crise, liés au fonctionnement même du système. Le sens commun conservateur empêche que l'on perçoive l'actualité et la nécessité d'une lutte anti-capitaliste qui donne le cap d'une alternative socialiste et révolutionnaire, faisant en sorte que les personnes tombent dans le mouvement pour le mouvement, sans horizons définis, ce qui a conduit à une impasse les manifestations similaires des indignés en Europe ou Occupy aux Etats-unis.



L' « œuf du serpent » acquiert de la visibilité. Derrière ce mouvement, se trouvent également des militaires de droite mécontents du cap de la Commission Vérité, l'Opus Dei préoccupée de l'avènement du nouveau pape et un conservatisme religieux qui désire profiter de la situation pour revenir sur les acquis des luttes contre les discriminations.



Cette droite est si conservatrice et pro-impérialiste qu'elle n'accepte ni d'envoyer au gouvernement des forces réformistes qui agissent à leur service, mettant leurs compétences au profit d'agents suscitant l'apathie des travailleurs. Il peut y avoir, par conséquent, des divergences au sein des classes dominantes entre ceux qui, avec lucidité, se sentent à l'aise avec les gouvernements PT et ceux qui veulent prendre le pouvoir, à leur propre compte.



Les forces de droite peuvent tirer profit de la conjoncture défavorable née en Amérique latine après la mort de Chavez, des liens entre Colombie et OTAN, du coup d'Etat au Paraguay, tout comme de la vague de manifestations très différentes qui déferlent sur le monde, pour en finir avec le soutien au réformisme et pour prendre le pouvoir directement, afin de restreindre encore plus la déjà restreinte démocratie bourgeoise et imposer la barbarie d'un capitalisme sans intermédiaires ni politiques compensatoires, intensifiant l'exploitation capitaliste.



Avec l'aggravation de la crise du capitalisme, l'impérialisme peut chercher à se détacher de l'alliance tacite avec les réformistes et en finir avec la co-existence jusqu'alors consentie. Ce n'est pas un hasard si la nouvelle ambassadrice nord-américaine nommée au Brésil est liée au sionisme, à l'USAID et au Pentagone, qu'elle fut ambassadrice au Nicaragua pendant la lutte contre les sandinistes, en Colombie au cœur de l'offensive d'Uribe contre la rébellion et le mouvement populaire, et en Bolivie pendant la tentative séparatiste et de déstabilisation du gouvernement Evo Morales.



Il faut que le mouvement à partir de maintenant sépare les actes convoqués par le camp populaire et ceux convoqués par la droite, de préférence dans des espaces, des dates et des trajets différents. Les fronts avec les forces populaires et de la gauche socialiste devront être forgés dans la lutte et en articulation à partir d'espaces communs de lutte, dans les communes et les régions, comme condition pour de possibles convergences unitaires nationales.



Le PCB réaffirme sa ligne stratégique basée sur la caractère socialiste de la révolution brésilienne et son opposition de gauche au gouvernement PT qui n'est même plus réformiste, mais otage de la droite et au service du capital. Face aux attaques des secteurs putschistes les plus à droite, serrons les rangs au côté des travailleurs contre notre ennemi commun.



Nous n'apporterons aucun soutien à quelque tentative que ce soit de sauver le gouvernement Dilma et réaffirmons qu'il porte une lourde responsabilité dans l'existence des manifestations et leur glissage vers la droite, étant donné que le gouvernement ne s'est penché à aucun moment sur un véritable changement par rapport à sa politique d'alliance avec la bourgeoisie. Au contraire, on voit se renforcer les appels à l' « ordre » et au « calme » et la proposition d' « union nationale » a été lancé, avec la convocation d'une réunion avec les gouverneurs et les préfets, des initiatives gouvernementales qui ne visent qu'à préserver le status quo politique en dégénérescence.



En guise de recul déguisé, l'autre solution avancée pour arrêter le mouvement d'indignation à l'origine de la révolte – le prix des billets de bus – ne fait que proposer de nouveau le même principe qui fait avancer le gouvernement : augmenter les subventions aux entreprises, détournant les fonds publics vers le profit privé. De telles mesures sont annoncées de façon honteuse lors d'apparitions télévisées qui réunissent PT et PSDB afin que, dans le cadre du mono-partisme bi-céphale dominant jusqu'alors au Brésil, tout le monde apparaisse sur la photo en vue des prochaines élections.



Notre éventuelle participation unitaire dans un front anti-fasciste conjoncturel se fera avec notre identité propre, en jetant la responsabilité du gouvernement dans les périls fascistes, en posant nos critiques et nos propositions tactiques et stratégiques. Ceux qui doivent être protégés ne sont pas le gouvernement mais les travailleurs, face au risque de recul suscité par l'impasse politique d'une coalition de forces qui les a désarmé contre leurs réels ennemis, en s'alliant avec eux dans l'illusion d'un développement capitaliste qui devait réaliser l'impossible : répondre aux demandes de tous (bourgeoisie et travailleurs).



En dépit de l'actuelle hégémonie conservatrice sur le mouvement, la question est loin d'être résolue. Mais le fascisme ne sera vaincu et l'orientation du mouvement ne pourra être socialiste que si les travailleurs montent en première ligne de la lutte, de façon organisée, à travers les syndicats les mouvements populaires combatifs et opposés à l'ordre dominant.



La seule façon d'éviter la germination fasciste est de renforcer une réelle alternative à gauche et socialiste pour que le Brésil abandonne les illusions d'un développement concerté avec la bourgeoisie monopoliste et le fétiche d'un ordre démocratique abstrait qui réconcilierait toutes les classes en lutte, réaffirmant la nécessité d'un gouvernement populaire.



Quel que soit le scénario, avancée ou recul, le front de la gauche socialiste et anti-capitaliste doit construire un programme commun, élaborer une convergence unitaire, privilégiant les efforts unitaires dans le mouvement de masse, pour éviter de n'être qu'une simple coalition électorale. Quand nous parlons de front de la gauche socialiste et anti-capitaliste, nous n'avons pas comme critère exclusif le registre électoral, mais nous intégrons les organisations politiques révolutionnaires non-institutionnalisées et les mouvements sociaux contre-hégémoniques.



L'axe central pour instaurer un dialogue avec le mouvement de masse qui exprime de façon chaotique son mécontentement ne peut pas être une défense abstraite de l' « ordre et du calme » et une continuité de la même politique avec « plus de dialogue », mais une affirmation offensive que les demandes en termes d'éducation, de santé, de logement, de transport, contre les gaspillages de la Coupe du monde, les expulsions, la violence policière, les privatisations effrénées, l'endettement des familles, la précarisation des conditions de travail et la remise en cause des droits des travailleurs ne sont pas ne s'expliquent pas avec des affirmations moralistes contre la corruption, mais ce sont les conséquences attendues du parti-pris du développement capitaliste et du mythe selon lequel la croissance de cet ordre pourrait conduire en même temps à alimenter les profits des monopoles et à satisfaire les revendications populaires.



Il est temps d'affirmer que la vie ne peut pas être garantie par le marché : santé, éducation, logement, transport et autres services essentiels ne peuvent pas être des marchandises, ce sont des droits et ils doivent être garantis par les fonds publics qui sont utilisés en ce moment d'abord pour subventionner et soutenir les grands monopoles capitalistes et les grandes banques.



Ce changement exige de dépasser les limites de la démocratie bourgeoise qui désormais apparaît à visage découvert, une simple réforme politique pour maintenir les mêmes qui ont toujours été au pouvoir n'est pas suffisante. Il faut instaurer un véritable gouvernement populaire qui s'appuie sur des formes de démocratie directe et donne la parole à la majorité de la société et, principalement, aux travailleurs.



Le PCB, qui n'est pas intimidé par les menaces de la droite, restera dans la rue, aux côtés des forces de gauche anti-capitalistes et populaires, et portera bien haut ses mots d'ordre :



  • Le fascisme ne passera pas !

 

  • Non à la criminalisation des mouvements populaires !

 

  • Démilitarisation de la police !

 

  • Pour la nationalisation des transports publics, de la santé et de l'éducation, sous contrôle des travailleurs !

 

  • C'est nôtre pétrole !

 

  • Pour un front de la gauche anti-capitaliste !

 

  • Pour un gouvernement populaire !

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 06:42

jc-bresil-manif.jpgOccupons les rues !



La Jeunesse communiste brésilienne soutient les manifestations populaires contre l'augmentation des tarifs !



Traduction du communiqué de la l'Union de la Jeunesse communiste brésilienne pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/  repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ces dernières semaines, les travailleurs brésiliens, et tout particulièrement la jeunesse, ont organisé une série d'actions contre l'augmentation des tarifs des transports urbains. Ce qui aurait pu être une série de manifestations locales s'est transformée en une vague de manifestations populaires au Brésil. L'Union de la Jeunesse communiste non seulement a soutenu mais participe à toutes les manifestations, aux côtés de la jeunesse, des classes populaires et leurs diverses formes d'organisation.



La réponse des gouvernements et des monopoles médiatiques a été une tentative systématique de criminalisation des mouvements, pour légitimer la répression des manifestations populaires. Cette répression fut si absurde que certains reporters furent même arbitrairement attaqués pendant ces actions. Dans une période d'organisation de grands événements internationaux au Brésil, ce type d'action policière, si commune dans le quotidien des quartiers populaires, n'est qu'un échantillon du traitement politique réservé aux revendications des travailleurs quand elles ne sont pas conformes à l'intérêt des monopoles et de l'accumulation capitaliste.



Les responsables des principaux partis politiques de l'ordre dominant tentent de faire passer l'idée que les manifestations ne marqueraient qu'une opposition à une augmentation dérisoire de 0,20 centimes. Ils disent également que les protestations sont le résultat de l'action de certaines organisations et certains partis qui tentent de perturber l'ordre d'un pays qui ne connaît pas ou peu les effets de la crise mondiale. Or, ces responsables liés au plan bourgeois dessiné pour le pays, qu'ils soient de partis comme le PT, le PSDB, DEM et le PMDB ou de leurs forces auxiliaires, oublient que près de 40% du budget des travailleurs est destiné à payer ces tarifs de transport. Un service de piètre qualité, où les jeunes et les travailleurs sont traités comme du bétail – ou pire encore. Ce service n'a comme objectif que de garantir des profits élevés pour les entreprises de bus, grands bailleurs de fonds des campagnes électorales des partis de l'ordre dominant.



Ainsi, cette lutte contre l'augmentation et pour un transport public de qualité est une exigence ressentie dans la chair de millions de brésiliens et de brésiliennes. Une exigence de meilleures conditions de vie pour la population. Et comment les gouvernements et les partis liés aux intérêts des patrons répondent à cette exigence ? En réprimant, en criminalisant et en minimisant la lutte portée par ce mouvement.



Nous, de l'Union de la Jeunesse communiste, n'avons aucun doute sur le côté de la barrière dans laquelle nous trouvons dans ces luttes. Nous sommes du côté de la jeunesse et des travailleurs en mouvement. Nous devons approfondir non seulement les mobilisations, mais l'organisation permanente des exigences issues de ces manifestations. Dans la conjoncture actuelle, lutter contre l'augmentation des tarifs et pour un meilleur transport public, c'est lutter contre la marchandisation de la vie et contre la nature privatisatrice d'un droit humain fondamental que le capitalisme nous nie : celui d'aller et de venir.



Cette lutte montre aux travailleurs que, en dépit de la « démocratisation » de la consommation via le crédit, les exigences structurelles des travailleurs (comme la santé publique nationale et de qualité éducation publique, réforme agraire et urbaine, transport public de qualité et conquête de droits sociaux fondamentaux) ne seront pas satisfaites par les partis et les gouvernements qui s'inscrivent dans l'ordre actuel du capital. Nous sommes certains que la lutte pour la défense de la vie humaine est plus importante que la préservation des intérêts particuliers de l'accumulation capitaliste. Voilà pourquoi nous occupons les rues ! La vie est plus importante que les profits du grand capital !



  • Réduction des tarifs maintenant ! Pour l'étatisation des entreprises de bus, visant à la création du tarif zéro ! Transport public et de qualité pour les travailleurs ;



  • Contre la criminalisation et la répression des mouvements sociaux ! La question sociale n'est pas une affaire policière !



  • Le pass gratuit maintenant pour les lycéens, étudiants et pour les chômeurs !



  • Pour l'organisation des forums populaires sur le transport public et la mobilité urbaine ! Construisons le pouvoir populaire !



  • A bas les gouvernements du grand capital ! Contre la marchandisation de la vie !

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 06:06

RTX10RJU.jpgLe PC brésilien salue les mobilisations historiques dans le pays et appelle « au-delà de l'indignation à changer de système ! »



Le Brésil connaît actuellement des mobilisations inédites depuis plus de vingt ans : plus de 200 000 manifestants dans les rues des plus grandes villes du pays ce lundi 17 juin.

 

Pourtant, le mouvement est parti d'une simple protestation contre la hausse des tarifs des transports urbains à Sao Paulo, dans un contexte de préparation de la Coupe du monde 2014, avec la Coupe des confédérations, censée occuper le peuple en jouant sur la fibre footbalistico-patriotique.



Mais loin de l'image d'Epinal du pays émergent, le Brésil reste un pays immensément inégalitaire où une fine couche élitiste capte l'essentiel des profits, une forte minorité reste sous l'emprise de la faim, de la maladie et de l'ignorance, et enfin où la majorité subit la montée du coût de la vie, la modération salariale et les privatisations orchestrées depuis dix ans par le gouvernement de « gauche » de Lula puis Dilma.



Voici le communiqué du Parti communiste brésilien face à ces mobilisations :



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le PCB (Parti communiste brésilien) salue et s'engage de façon militante dans le mouvement énergique né d'une manifestation à São Paulo contre l'augmentation des tarifs des bus.



La violence policière stupide déployée contre les manifestants à Rio de Janeiro, Porto Alegre, Brasília, Belo Horizonte et dans de plus en plus de villes brésiliennes, indépendemment du parti politique du Gouverneur ou du Préfet. Dans la défense des institutions bourgeoises, il n'y a pas de répression plus ou moins « démocratique ».



On peut noter que cette violence est exactement la même dans tous les pays capitalistes où les peuples se soulèvent contre les remises en cause de nos droits et la fascisation de l’État, nécessaire pour les mettre en œuvre. Les mêmes uniformes de gladiateurs, les mêmes armes cyniquement appelées « non-léthales » : balles en caoutchouc, gaz poivre et lacrymogènes.



Au Brésil, la fascisation de plus en plus nette de l’État est conforme au choix du gouvernement de sortir de la crise du capitalisme par plus de capitalisme. Il faut une bonne dose de répression pour approfondir la privatisation de notre pétrole, des ports, aéroports, autoroutes, pour expulser les indiens de leurs terres, « flexibiliser » les droits, adopter un Code forestier pour l'agro-négoce, exonérer et favoriser le capital.



Dans notre pays, l'explosion populaire a fini par se manifester, en proportion aux illusions semées en 10 ans d'un gouvernement qui se dit de « gauche », mais dont la principale préoccupation est le développement du capitalisme brésilien.



Ici, la fascisation de l'Etat s'est accentué afin que le pays puisse accueillir « en paix » le nouveau Pape et les méga-événements (Coupes des confédérations et du monde, Olympiades).



Il est évident que l'augmentation des tarifs ne fut que l'étincelle d'un mouvement qui tend à se développer et qui trouve ses origines dans une insatisfaction systémique. Elle eut le même effet catalyseur que celui des arbres de la Place Taksim, en Turquie. Mais à l'origine de l'indignation, se trouvent le démantèlement de la santé et de l'éducation, les privatisations, la brutalité policière, la corruption, l'injuste répartition des revenus, l'inflation, la précarisation du travail, l'absence de perspectives pour la majorité des jeunes et surtout le sentiment de la trahison de la part du gouvernement et la mascarade de la démocratie bourgeoise.



Les huées qui furent réservés à la Présidente pour l'ouverture de la Coupe des confédérations n'étaient pas gratuites, tout comme l'apparition d'une nouvelle et énergique banderole de soutien aux manifestations. Le football étant un sport populaire au Brésil, la vocation capitaliste de ce gouvernement apparaît encore plus patente, lui qui défend, par un Ministre des sports qui se dit « communiste », [NdT : Orlando Silva Jr, ministre est membre du Parti communiste du Brésil dit PCdoB, issu d'une scission d'une PCB, partisan aujourd'hui d'une ligne de collaboration gouvernement avec les gouvernements de centre-gauche Lula puis Dilma] la privatisation des stades et de la sélection brésilienne elle-même (sponsorisées par une banque et une marque de boissons) et l'élitisation de l'accès aux stades, transformant le football en une marchandise de luxe.



 

Mais il est important d'attirer l'attention sur l'origine des problèmes qui nous conduisent à nous indigner, et pas seulement les causes. Plus il y a de capitalisme, et plus il y a d'injustice et d'exclusion. Le cœur de la lutte, c'est d'être contre le système capitaliste et pour une société socialiste.

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 05:34

ocupacion-univ-de-chile.jpg60 lycées et universités occupés au Chili, 100 000 étudiants dans les rues : la lutte continue pour une éducation publique !

 

Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La lutte continue au Chili pour réclamer une éducation publique, gratuite et universelle. La semaine dernière, ce sont plusieurs centaines de milliers de lycéens et d'étudiants qui ont relancé un mouvement, qui ne faiblit pas depuis ses débuts, au printemps 2011.

 

Le mouvement d'occupation des lycées et des universités monte en puissance : d'une dizaine d'établissements fin mai, ce sont désormais 24 universités – 17 publiques et 7 privées – et 35 lycées qui sont en grève et occupées, partiellement ou totalement.

 

Parmi les universités, la prestigieuse Université du Chili est au cœur du mouvement, avec 16 facultés en arrêt total.

 

Les autres principales universités de la capitale, telle l'Université de Santiago (Usach) ou l'Université technologique métropolitaine (UTEM) ont joint le mouvement, ainsi que les grandes facs des villes de province, dont celle de Concepcion, la doyenne du pays.

 

Les universités privées ont embrayé, avec des occupations historiques à l'Université de l'Humanisme chrétien ou l'Université autonome du Chili.

 

Les lycées (Institutos) sont également touchés par la vague de blocages, jusqu'au réputé « Institut national » de Santiago, en grève depuis deux semaines. Chaque établissement porte ses propres revendications, tous se rejoignent sur une revendication : le retour à une éducation publique.

 

Ce mouvement a convergé une nouvelle fois dans une manifestation montre dans les rues de Santiago, convoquée par la Confédération des étudiants chiliens (Confech) et l'Assemblée coordinatrice des lycéens (ACES).

 

Plus de 100 000 lycéens, étudiants ont demandé ce jeudi 13 juin la fin d'une éducation privée réalisant des profits sur le dos des étudiants, la fin de la municipalisation et de la régionalisation, le retour à une éducation publique, nationale, gratuite et de qualité.

 

Le désastre de l'éducation privatisée au Chili : une leçon pour nous en France

 

Un retour sur les origines de la privatisation de l'éducation au Chili, ses conséquences désastreuses qui conduisent à ce rejet aussi unanime est nécessaire, au moment où on désire importer ce modèle en Europe.

 

La privatisation a commencé sous la dictature de Pinochet, avec la municipalisation de l'éducation primaire et le renforcement de l'autonomie pour les universités tandis que la création d'établissements privés, secondaires et supérieurs, était encouragée.

 

Dans le même temps, Pinochet instaure la « liberté scolaire », chaque famille a la liberté de choisir l'établissement primaire, secondaire et supérieur de son choix.

 

La transition vers la démocratie, loin de revenir sur ces réformes, les a institutionnalisées avec la loi LOLCE de 1991 qui s'inscrit dans un système dual. Ainsi pour l'éducation primaire et secondaire :

 

  • d'un côté un réseau privé, bénéficiant de sources de financements variées : les donateurs privés, les parents via les frais de scolarité mais aussi l’État qui les subventionne ;

     

  • de l'autre un réseau municipal, en sous-financement chronique, en partie dans les communes pauvres ;

 

Le résultat, c'est une éducation privatisée, inégalitaire et de piètre qualité, dès le primaire et le secondaire :

 

  1. une privatisation … soutenue par les deniers publics ! c'est le développement au cours de ces trois dernières décennies des établissements privés : 1 600 établissements d'éducation privés ont ouvert depuis 1990, tandis que 600 établissements publics ont fermé leurs portes.

     

    Seulement un quart des universités sont publiques actuellement au Chili, tandis que l'éducation primaire et secondaire est divisée en deux : 6 000 établissements municipaux et 1,6 millions d'élèves, 5 000 établissements privés pour 1,5 millions d'élèves.

     

    Les chiffres globaux révèlent un financement à 55% public et 45% privé trompeur. En effet, les deux-tiers des dépenses du gouvernement central partent en subventions qui alimentent à 95% le secteur privé.

     

    Le Chili se caractérise donc par une éducation supérieure largement privatisée, un système primaire et secondaire dual où le secteur privé est largement subventionné par l'Etat.

     

  2. Une éducation de classe, où l'éducation ne fait pas que reproduire les « inégalités », mais instaure une véritable ségrégation scolaire, une éducation de classe, payée par tous mais au service d'une minorité.

     

    L'éducation au Chili est financée à 40% par les familles chiliennes. La part de l'éducation dans le budget des familles devient exorbitante : de 10% pour les familles les plus riches (plus de 2 500 € par mois) à 15% pour les plus pauvres (moins de 200 € par mois).

     

    Selon les chiffres officiels, une famille pauvre dépense 40 € par mois pour payer son éducation, une famille riche 350 €.

     

    Derrière ces chiffres, cela veut dire que les familles populaires et des couches moyennes sont de plus en plus éloignées de l'enseignement supérieur, mais aussi des établissements primaires et secondaires sélectifs.

     

    La première barrière est économique : dans les universités privées, les frais vont de 300 à 1 800 € par mois. Dès le primaire, les parents doivent prendre en charge en moyenne 30% des frais de fonctionnement de l'école.

     

    La logique de la « liberté scolaire » conduit à une « sélection compétitive » entre élèves, à tout âge, biaisée par avance : les meilleurs écoles sont (censées être) privées, car mieux financées, grâce aux subventions publiques et aux frais exorbitants à la charge des familles.

     

    Hormis une infime minorité détectée tôt, les autres sont condamnés à une éducation au rabais dans le système municipalisé ou un réseau privé de seconde zone ;

     

  3. une éducation de piètre qualité ;

     

    contrairement au discours des thuriféraires de la libre concurrence, ce système concurrentiel et privatisé a conduit à une dégradation du niveau général de l'éducation au Chili, qui n'est pas seulement un ressenti mais qui se reflète dans les classements internationaux.

     

    Les tests SIMCE en langue et en mathématique montrent que seuls 60% des élèves maîtrisent le niveau exigé en 5 ème, mais seulement 3% pour les élèves des milieux les plus pauvres.

     

    Dans les tests PISA, en comparaison avec les autres pays de l'OCDE, le Chili se classe 33 ème (sur 35) en compréhension écrite, mathématiques et sciences.

     

    Dans ses rapports annuels, l'UNESCO loue régulièrement le modèle cubain, dans l'universalité d'une éducation de qualité, et réserve ses critiques pour le système chilien, fortement inégalitaire.

     

    Concrètement, le système chilien se divise en plusieurs strates, il maintient une petite minorité d'établissements (souvent publics) d'excellence, souvent historiques, basés sur une sélection drastique, sur une base académique.

     

    Deuxième strate, une poignée d'établissements privés, essentiellement dans le primaire et secondaire, offrant une éducation de qualité, essentiellement par un recrutement sélectif des élèves et enseignants, alors que la « valeur ajoutée » de l'éducation privée est très faible, et dont le critère de sélection est académique mais surtout économique et social.

     

    D'après le dernier test SIMCE, parmi les 10 meilleurs lycées pour leurs résultats en sciences et en langue, 9 sont privés.

     

    Enfin, pour la majorité qui n'a pas les moyens de se payer cette éducation ou d'accéder aux établissements d'excellence : ce sont, pour le primaire et le secondaire, l'éducation municipalisée, sous-financée, délaissée par les meilleurs élèves et enseignants.

     

    Et pour ceux qui veulent échapper à cette éducation municipalisée, ou aux universités publiques déconsidérées, il reste une alternative : les établissements privés à fins lucratives, surtout dans le supérieur, offrant de vaines espérances aux familles des couches populaires et moyennes, mais concrètement une éducation de très faible qualité.

 

Pas d'illusions sur l'alternance socialiste chez les leaders du mouvement syndical

 

C'est la fin de cette éducation privatisée, inégalitaire et de piètre qualité que réclament lycéens et étudiants chiliens, et le retour à une éducation nationale, publique et de qualité.

 

En cette année électorale, les vautours rôdent au-dessus du mouvement étudiant, tentant de le récupérer, alors que le gouvernement de droite du millardaire Pinera continue de vanter les mérites du système éducatif actuel.

 

En premier lieu, l'ex-future présidente Michelle Bachelet, du Parti socialiste, qui a fait des déclarations retentissantes contre le profit dans l'éducation … avant de signifier que cela ne siginifait ni la fin des écoles privées subventionnées, ni une éducation 100% publique !

 

Les dirigeants du mouvement étudiant ne sèment aucune illusion sur l'alternance. Ainsi, Andres Fielbaum, président de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili (FECh) :

 

« La politique ne se base pas sur des promesses mais sur des faits concrets. Ainsi, les partis de la Concertacion (PS, Parti chrétien-démocrate) admettent en leur sein des groupes qui font des profits sur l'éducation. »

 

« Notre génération a appris à ne plus être naïve, et à ne pas plus penser que c'est une victoire que nos propositions soient intégrées dans un programme électoral. »

 

Pour Diego Vela, président de la Fédération des étudiants de l'Université Catholique du Chili, « les changements ne vont pas dépendre un candidat, mais de la lutte ».

 

Selon le leader syndical de l'Université catholique, les déclarations de Mme Bachelet ne suffisent pas : « il faut en finir avec la logique du profit et renforcer l'éducation publique comme colonne vertébrale ».

 

Les deux leaders syndicaux ont rappelé le passage de Mme Bachelet à la présidence du pays, entre 2006 et 2010, qui n'a fait qu'aggraver la situation de l'éducation au Chili. En 2008, sa ministre de l'Education était même tombée sur la question des subventions aux écoles privées.

 

La figure du mouvement étudiant de 2011, la jeune communiste Camila Vallejo était même allée plus loin au début de l'année quant à la candidature Bachelet :

 

« Je ne ferai jamais campagne pour Bachelet, je n'appelerai pas les jeunes à voter pour elle. Rien ne m'assure que son programme est représentatif que son programme soit représentatif des idées que j'ai défendu dans le mouvement étudiant »



Comme en France, nous n'avons jamais eu d'illusions sur le gouvernement qui achève l'autonomie-privatisation des universités, nos camarades chiliens n'ont plus aucune illusion sur les socialistes qui ont géré loyalement depuis vingt ans le système hérité de Pinochet.



Les étudiants ont appelé à une grande mobilisation nationale pour le 26 juin. Les syndicats des dockers et des mineurs ont déjà annoncé leur intention de se joindre à cette journée de grève et de manifestation



 

En France, comme au Chili, seule la convergence des luttes entre travailleurs et étudiants peut mettre en échec les plans du gouvernement et du patronat !

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 06:14

hoy-somos-uno.jpgAu Paraguay, retour de la droite héritière de la dictature après le putsch de 2012 dans un silence médiatique assourdissant

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Deux poids, deux mesures pour les médias dominants. Une campagne contre le Venezuela du « dictateur » démocratiquement élu Chavez, d'un président Maduro chahuté par une droite putschiste, et silence de plomb sur les événements au Paraguay depuis deux ans.

 

Les élections du 22 avril marquent ce que les médias appellent le « retour à la normale » au Paraguay : un duel au second tour des présidentielles remporté par les « Colorado » face aux « Libéraux », deux partis de droite représentant la bourgeoisie paraguayenne depuis l'indépendance.

 

Un processus électoral normal pour les médias occidentaux dans un pays qui connaît une situation anormale depuis l'an dernier : en effet le président démocratiquement élu, Fernando Lugo, avait été renversé par le Parlement dans ce qui constitue un « coup d’État institutionnel ».

 

Le putsch de la droite conservatrice contre l' « évêque des pauvres »

 

L'hypocrisie médiatique autour des processus révolutionnaires latino-américains transparaît dans le traitement du cas paraguayen.

 

Démocratiquement élu en 2008, Fernando Lugo est le premier président à n'être ni « Colorado » ni « Libéral », les deux factions politiques de droite qui se partagent le pays depuis l'indépendance, représentant loyalement les intérêts de la bourgeoisie, y compris sous la dictature.

 

Contrairement au pape nouvellement élu, Lugo a bien été l' « évêque des pauvres » : partisan de la théologie de la libération, inspirée d'un syncrétisme entre marxisme et christianisme, opposant résolu à la dictature de Stroessner, défenseur des pauvres dans son diocèse de San Pedro.

 

Dans un pays ancré à droite, Lugo a lancé des réformes « progressistes » prudentes : si les débuts de réforme agraire, le ré-alignement dans le processus d'unité latino-américaine ont pu décevoir par leur lenteur, elles ont néanmoins exaspéré la vieille classe dominante réactionnaire paraguayenne.

 

Elles ont aussi agacé les États-Unis à l'affût de tout basculement en Amérique latine de l'allié historique paraguayen. Dès 2009, l'ambassade était au courant des projets de « coup d’État institutionnel » concoctés par les caciques de la classe politique paraguayenne.

 

Prenant prétexte d'une évacuation de terres sanglante, la droite paraguayenne a lancé une procédure de destitution du président Lugo qui aboutit en moins d'une semaine, en juin 2013.

 

Tous les États latino-américains, alliés des États-Unis ou anti-impérialistes, ont critiqué ce coup d’État. Plusieurs d'entre eux ont retiré leurs ambassadeurs, ne reconnaissant pas le nouveau gouvernement tandis que le Paraguay a été suspendu du Mercosur et de l'UNASUR.

 

Une droite héritière de la sinistre dictature de Stroessner

 

C'est donc dans ce contexte d'un « coup d’État » et d'un gouvernement non-reconnu par ses voisins que se sont déroulées les élections de 2013 qui ont vu le retour au pouvoir du parti « Colorado », et son nouveau président Horacio Cartes.

 

Le parti « Colorado », représentant des grands propriétaires terriens (latifundiaires), est aussi le parti de la dictature : parti unique entre 1947 et 1962, contrôlé par le dictateur Stroessner jusqu'en 1989.

 

Allié des États-Unis, pilier de la lutte contre le communisme en Amérique latine, refuge des tortionnaires nazis : le Paraguay de Stroessner a assassiné et fait disparaître plusieurs milliers d' opposants, communistes pour la plupart, et fait arrêté près d'un demi-million d'entre eux.

 

Durant la campagne, Horacio Cartés a créé le scandale en défendant le bilan du dictateur Stroessner qualifiant son règne d'une « période d'ordre et de progrès ».

 

Un milliardaire à la fortune douteuse à la tête d'un des États les plus inégalitaires du monde

 

Cartés, comme Pinera au Chili, fait partie de cette génération de patrons milliardaires qui a su, comme Berlusconi en Italie, fonder sa fortune sur sa collusion avec les milieux politiques, à la marge de la légalité, tout en se forgeant une popularité grâce à ses investissements dans le sport.

 

Magnat du tabac, président du club de football « Libertad », Cartés se présente comme l'archétype du « self made man », chantre de la liberté d'entreprise, les yeux rivés vers le modèle néo-libéral américain.

 

Pourtant, le profil de Cartés a fait grincer des dents dans son propre parti, suscitant les dénonciation de ses opposants libéraux.

 

Cartés, qui fut longtemps sous investigation de la DEA et d'Interpol, a fait fortune dans la contre-bande de cigarettes, peut-être le trafic du drogue tout en pratiquant le blanchiment de fonds sur une large échelle en collusion avec les milieux mafieux de la région.

 

Le duel entre le « Colorado » Cartés et le « Libéral » Alegre est un symbole d'un pays corrompu, clientéliste et dominé par une oligarchie puissante : Alegre lui-même est suspecté de détournement de fonds (25 millions de $!) pendant son passage au Ministère des travaux publics.

 

La parenthèse Lugo refermée, le Paraguay reste un des pays les plus inégalitaires d'Amérique latine.

 

Selon la CEPAL (Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraibes), 55% de la population est sous le seuil de pauvreté en 2010, 30,7% dans l'extrême pauvreté.

 

La pauvreté touche la grande majorité des populations rurales, composées de paysans sans terre réclamant une réforme agraire refusée par latifundistes : 1% de la population détient 80% des terres au Paraguay.

 

Il est nécessaire de rappeler qu'au même moment, sous la présidence d'Hugo Chavez au Venezuela, le taux de pauvreté a été réduit de 49,4% en 1999 à 27,6% en 2008, transformant le pays d'un des plus inégalitaires à un de ceux les plus égalitaires d'Amérique latine.

 

Alors, où sont les dénonciations contre les vrais nostalgiques de la dictature, les politiciens corrompus et mafieux, les putschistes chevronnés, les gardiens d'un « ordre injuste et d'un progrès pour une minorité » ?

 

Ceux-ci sont au pouvoir au Paraguay, ils déstabilisent un président démocratiquement élu au Vénézuela dans le silence complice de médias, servant d'autres intérêts que ceux de la démocratie, de la souveraineté et du bien-être des peuples.

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