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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 05:34

ocupacion-univ-de-chile.jpg60 lycées et universités occupés au Chili, 100 000 étudiants dans les rues : la lutte continue pour une éducation publique !

 

Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La lutte continue au Chili pour réclamer une éducation publique, gratuite et universelle. La semaine dernière, ce sont plusieurs centaines de milliers de lycéens et d'étudiants qui ont relancé un mouvement, qui ne faiblit pas depuis ses débuts, au printemps 2011.

 

Le mouvement d'occupation des lycées et des universités monte en puissance : d'une dizaine d'établissements fin mai, ce sont désormais 24 universités – 17 publiques et 7 privées – et 35 lycées qui sont en grève et occupées, partiellement ou totalement.

 

Parmi les universités, la prestigieuse Université du Chili est au cœur du mouvement, avec 16 facultés en arrêt total.

 

Les autres principales universités de la capitale, telle l'Université de Santiago (Usach) ou l'Université technologique métropolitaine (UTEM) ont joint le mouvement, ainsi que les grandes facs des villes de province, dont celle de Concepcion, la doyenne du pays.

 

Les universités privées ont embrayé, avec des occupations historiques à l'Université de l'Humanisme chrétien ou l'Université autonome du Chili.

 

Les lycées (Institutos) sont également touchés par la vague de blocages, jusqu'au réputé « Institut national » de Santiago, en grève depuis deux semaines. Chaque établissement porte ses propres revendications, tous se rejoignent sur une revendication : le retour à une éducation publique.

 

Ce mouvement a convergé une nouvelle fois dans une manifestation montre dans les rues de Santiago, convoquée par la Confédération des étudiants chiliens (Confech) et l'Assemblée coordinatrice des lycéens (ACES).

 

Plus de 100 000 lycéens, étudiants ont demandé ce jeudi 13 juin la fin d'une éducation privée réalisant des profits sur le dos des étudiants, la fin de la municipalisation et de la régionalisation, le retour à une éducation publique, nationale, gratuite et de qualité.

 

Le désastre de l'éducation privatisée au Chili : une leçon pour nous en France

 

Un retour sur les origines de la privatisation de l'éducation au Chili, ses conséquences désastreuses qui conduisent à ce rejet aussi unanime est nécessaire, au moment où on désire importer ce modèle en Europe.

 

La privatisation a commencé sous la dictature de Pinochet, avec la municipalisation de l'éducation primaire et le renforcement de l'autonomie pour les universités tandis que la création d'établissements privés, secondaires et supérieurs, était encouragée.

 

Dans le même temps, Pinochet instaure la « liberté scolaire », chaque famille a la liberté de choisir l'établissement primaire, secondaire et supérieur de son choix.

 

La transition vers la démocratie, loin de revenir sur ces réformes, les a institutionnalisées avec la loi LOLCE de 1991 qui s'inscrit dans un système dual. Ainsi pour l'éducation primaire et secondaire :

 

  • d'un côté un réseau privé, bénéficiant de sources de financements variées : les donateurs privés, les parents via les frais de scolarité mais aussi l’État qui les subventionne ;

     

  • de l'autre un réseau municipal, en sous-financement chronique, en partie dans les communes pauvres ;

 

Le résultat, c'est une éducation privatisée, inégalitaire et de piètre qualité, dès le primaire et le secondaire :

 

  1. une privatisation … soutenue par les deniers publics ! c'est le développement au cours de ces trois dernières décennies des établissements privés : 1 600 établissements d'éducation privés ont ouvert depuis 1990, tandis que 600 établissements publics ont fermé leurs portes.

     

    Seulement un quart des universités sont publiques actuellement au Chili, tandis que l'éducation primaire et secondaire est divisée en deux : 6 000 établissements municipaux et 1,6 millions d'élèves, 5 000 établissements privés pour 1,5 millions d'élèves.

     

    Les chiffres globaux révèlent un financement à 55% public et 45% privé trompeur. En effet, les deux-tiers des dépenses du gouvernement central partent en subventions qui alimentent à 95% le secteur privé.

     

    Le Chili se caractérise donc par une éducation supérieure largement privatisée, un système primaire et secondaire dual où le secteur privé est largement subventionné par l'Etat.

     

  2. Une éducation de classe, où l'éducation ne fait pas que reproduire les « inégalités », mais instaure une véritable ségrégation scolaire, une éducation de classe, payée par tous mais au service d'une minorité.

     

    L'éducation au Chili est financée à 40% par les familles chiliennes. La part de l'éducation dans le budget des familles devient exorbitante : de 10% pour les familles les plus riches (plus de 2 500 € par mois) à 15% pour les plus pauvres (moins de 200 € par mois).

     

    Selon les chiffres officiels, une famille pauvre dépense 40 € par mois pour payer son éducation, une famille riche 350 €.

     

    Derrière ces chiffres, cela veut dire que les familles populaires et des couches moyennes sont de plus en plus éloignées de l'enseignement supérieur, mais aussi des établissements primaires et secondaires sélectifs.

     

    La première barrière est économique : dans les universités privées, les frais vont de 300 à 1 800 € par mois. Dès le primaire, les parents doivent prendre en charge en moyenne 30% des frais de fonctionnement de l'école.

     

    La logique de la « liberté scolaire » conduit à une « sélection compétitive » entre élèves, à tout âge, biaisée par avance : les meilleurs écoles sont (censées être) privées, car mieux financées, grâce aux subventions publiques et aux frais exorbitants à la charge des familles.

     

    Hormis une infime minorité détectée tôt, les autres sont condamnés à une éducation au rabais dans le système municipalisé ou un réseau privé de seconde zone ;

     

  3. une éducation de piètre qualité ;

     

    contrairement au discours des thuriféraires de la libre concurrence, ce système concurrentiel et privatisé a conduit à une dégradation du niveau général de l'éducation au Chili, qui n'est pas seulement un ressenti mais qui se reflète dans les classements internationaux.

     

    Les tests SIMCE en langue et en mathématique montrent que seuls 60% des élèves maîtrisent le niveau exigé en 5 ème, mais seulement 3% pour les élèves des milieux les plus pauvres.

     

    Dans les tests PISA, en comparaison avec les autres pays de l'OCDE, le Chili se classe 33 ème (sur 35) en compréhension écrite, mathématiques et sciences.

     

    Dans ses rapports annuels, l'UNESCO loue régulièrement le modèle cubain, dans l'universalité d'une éducation de qualité, et réserve ses critiques pour le système chilien, fortement inégalitaire.

     

    Concrètement, le système chilien se divise en plusieurs strates, il maintient une petite minorité d'établissements (souvent publics) d'excellence, souvent historiques, basés sur une sélection drastique, sur une base académique.

     

    Deuxième strate, une poignée d'établissements privés, essentiellement dans le primaire et secondaire, offrant une éducation de qualité, essentiellement par un recrutement sélectif des élèves et enseignants, alors que la « valeur ajoutée » de l'éducation privée est très faible, et dont le critère de sélection est académique mais surtout économique et social.

     

    D'après le dernier test SIMCE, parmi les 10 meilleurs lycées pour leurs résultats en sciences et en langue, 9 sont privés.

     

    Enfin, pour la majorité qui n'a pas les moyens de se payer cette éducation ou d'accéder aux établissements d'excellence : ce sont, pour le primaire et le secondaire, l'éducation municipalisée, sous-financée, délaissée par les meilleurs élèves et enseignants.

     

    Et pour ceux qui veulent échapper à cette éducation municipalisée, ou aux universités publiques déconsidérées, il reste une alternative : les établissements privés à fins lucratives, surtout dans le supérieur, offrant de vaines espérances aux familles des couches populaires et moyennes, mais concrètement une éducation de très faible qualité.

 

Pas d'illusions sur l'alternance socialiste chez les leaders du mouvement syndical

 

C'est la fin de cette éducation privatisée, inégalitaire et de piètre qualité que réclament lycéens et étudiants chiliens, et le retour à une éducation nationale, publique et de qualité.

 

En cette année électorale, les vautours rôdent au-dessus du mouvement étudiant, tentant de le récupérer, alors que le gouvernement de droite du millardaire Pinera continue de vanter les mérites du système éducatif actuel.

 

En premier lieu, l'ex-future présidente Michelle Bachelet, du Parti socialiste, qui a fait des déclarations retentissantes contre le profit dans l'éducation … avant de signifier que cela ne siginifait ni la fin des écoles privées subventionnées, ni une éducation 100% publique !

 

Les dirigeants du mouvement étudiant ne sèment aucune illusion sur l'alternance. Ainsi, Andres Fielbaum, président de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili (FECh) :

 

« La politique ne se base pas sur des promesses mais sur des faits concrets. Ainsi, les partis de la Concertacion (PS, Parti chrétien-démocrate) admettent en leur sein des groupes qui font des profits sur l'éducation. »

 

« Notre génération a appris à ne plus être naïve, et à ne pas plus penser que c'est une victoire que nos propositions soient intégrées dans un programme électoral. »

 

Pour Diego Vela, président de la Fédération des étudiants de l'Université Catholique du Chili, « les changements ne vont pas dépendre un candidat, mais de la lutte ».

 

Selon le leader syndical de l'Université catholique, les déclarations de Mme Bachelet ne suffisent pas : « il faut en finir avec la logique du profit et renforcer l'éducation publique comme colonne vertébrale ».

 

Les deux leaders syndicaux ont rappelé le passage de Mme Bachelet à la présidence du pays, entre 2006 et 2010, qui n'a fait qu'aggraver la situation de l'éducation au Chili. En 2008, sa ministre de l'Education était même tombée sur la question des subventions aux écoles privées.

 

La figure du mouvement étudiant de 2011, la jeune communiste Camila Vallejo était même allée plus loin au début de l'année quant à la candidature Bachelet :

 

« Je ne ferai jamais campagne pour Bachelet, je n'appelerai pas les jeunes à voter pour elle. Rien ne m'assure que son programme est représentatif que son programme soit représentatif des idées que j'ai défendu dans le mouvement étudiant »



Comme en France, nous n'avons jamais eu d'illusions sur le gouvernement qui achève l'autonomie-privatisation des universités, nos camarades chiliens n'ont plus aucune illusion sur les socialistes qui ont géré loyalement depuis vingt ans le système hérité de Pinochet.



Les étudiants ont appelé à une grande mobilisation nationale pour le 26 juin. Les syndicats des dockers et des mineurs ont déjà annoncé leur intention de se joindre à cette journée de grève et de manifestation



 

En France, comme au Chili, seule la convergence des luttes entre travailleurs et étudiants peut mettre en échec les plans du gouvernement et du patronat !

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 06:14

hoy-somos-uno.jpgAu Paraguay, retour de la droite héritière de la dictature après le putsch de 2012 dans un silence médiatique assourdissant

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Deux poids, deux mesures pour les médias dominants. Une campagne contre le Venezuela du « dictateur » démocratiquement élu Chavez, d'un président Maduro chahuté par une droite putschiste, et silence de plomb sur les événements au Paraguay depuis deux ans.

 

Les élections du 22 avril marquent ce que les médias appellent le « retour à la normale » au Paraguay : un duel au second tour des présidentielles remporté par les « Colorado » face aux « Libéraux », deux partis de droite représentant la bourgeoisie paraguayenne depuis l'indépendance.

 

Un processus électoral normal pour les médias occidentaux dans un pays qui connaît une situation anormale depuis l'an dernier : en effet le président démocratiquement élu, Fernando Lugo, avait été renversé par le Parlement dans ce qui constitue un « coup d’État institutionnel ».

 

Le putsch de la droite conservatrice contre l' « évêque des pauvres »

 

L'hypocrisie médiatique autour des processus révolutionnaires latino-américains transparaît dans le traitement du cas paraguayen.

 

Démocratiquement élu en 2008, Fernando Lugo est le premier président à n'être ni « Colorado » ni « Libéral », les deux factions politiques de droite qui se partagent le pays depuis l'indépendance, représentant loyalement les intérêts de la bourgeoisie, y compris sous la dictature.

 

Contrairement au pape nouvellement élu, Lugo a bien été l' « évêque des pauvres » : partisan de la théologie de la libération, inspirée d'un syncrétisme entre marxisme et christianisme, opposant résolu à la dictature de Stroessner, défenseur des pauvres dans son diocèse de San Pedro.

 

Dans un pays ancré à droite, Lugo a lancé des réformes « progressistes » prudentes : si les débuts de réforme agraire, le ré-alignement dans le processus d'unité latino-américaine ont pu décevoir par leur lenteur, elles ont néanmoins exaspéré la vieille classe dominante réactionnaire paraguayenne.

 

Elles ont aussi agacé les États-Unis à l'affût de tout basculement en Amérique latine de l'allié historique paraguayen. Dès 2009, l'ambassade était au courant des projets de « coup d’État institutionnel » concoctés par les caciques de la classe politique paraguayenne.

 

Prenant prétexte d'une évacuation de terres sanglante, la droite paraguayenne a lancé une procédure de destitution du président Lugo qui aboutit en moins d'une semaine, en juin 2013.

 

Tous les États latino-américains, alliés des États-Unis ou anti-impérialistes, ont critiqué ce coup d’État. Plusieurs d'entre eux ont retiré leurs ambassadeurs, ne reconnaissant pas le nouveau gouvernement tandis que le Paraguay a été suspendu du Mercosur et de l'UNASUR.

 

Une droite héritière de la sinistre dictature de Stroessner

 

C'est donc dans ce contexte d'un « coup d’État » et d'un gouvernement non-reconnu par ses voisins que se sont déroulées les élections de 2013 qui ont vu le retour au pouvoir du parti « Colorado », et son nouveau président Horacio Cartes.

 

Le parti « Colorado », représentant des grands propriétaires terriens (latifundiaires), est aussi le parti de la dictature : parti unique entre 1947 et 1962, contrôlé par le dictateur Stroessner jusqu'en 1989.

 

Allié des États-Unis, pilier de la lutte contre le communisme en Amérique latine, refuge des tortionnaires nazis : le Paraguay de Stroessner a assassiné et fait disparaître plusieurs milliers d' opposants, communistes pour la plupart, et fait arrêté près d'un demi-million d'entre eux.

 

Durant la campagne, Horacio Cartés a créé le scandale en défendant le bilan du dictateur Stroessner qualifiant son règne d'une « période d'ordre et de progrès ».

 

Un milliardaire à la fortune douteuse à la tête d'un des États les plus inégalitaires du monde

 

Cartés, comme Pinera au Chili, fait partie de cette génération de patrons milliardaires qui a su, comme Berlusconi en Italie, fonder sa fortune sur sa collusion avec les milieux politiques, à la marge de la légalité, tout en se forgeant une popularité grâce à ses investissements dans le sport.

 

Magnat du tabac, président du club de football « Libertad », Cartés se présente comme l'archétype du « self made man », chantre de la liberté d'entreprise, les yeux rivés vers le modèle néo-libéral américain.

 

Pourtant, le profil de Cartés a fait grincer des dents dans son propre parti, suscitant les dénonciation de ses opposants libéraux.

 

Cartés, qui fut longtemps sous investigation de la DEA et d'Interpol, a fait fortune dans la contre-bande de cigarettes, peut-être le trafic du drogue tout en pratiquant le blanchiment de fonds sur une large échelle en collusion avec les milieux mafieux de la région.

 

Le duel entre le « Colorado » Cartés et le « Libéral » Alegre est un symbole d'un pays corrompu, clientéliste et dominé par une oligarchie puissante : Alegre lui-même est suspecté de détournement de fonds (25 millions de $!) pendant son passage au Ministère des travaux publics.

 

La parenthèse Lugo refermée, le Paraguay reste un des pays les plus inégalitaires d'Amérique latine.

 

Selon la CEPAL (Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraibes), 55% de la population est sous le seuil de pauvreté en 2010, 30,7% dans l'extrême pauvreté.

 

La pauvreté touche la grande majorité des populations rurales, composées de paysans sans terre réclamant une réforme agraire refusée par latifundistes : 1% de la population détient 80% des terres au Paraguay.

 

Il est nécessaire de rappeler qu'au même moment, sous la présidence d'Hugo Chavez au Venezuela, le taux de pauvreté a été réduit de 49,4% en 1999 à 27,6% en 2008, transformant le pays d'un des plus inégalitaires à un de ceux les plus égalitaires d'Amérique latine.

 

Alors, où sont les dénonciations contre les vrais nostalgiques de la dictature, les politiciens corrompus et mafieux, les putschistes chevronnés, les gardiens d'un « ordre injuste et d'un progrès pour une minorité » ?

 

Ceux-ci sont au pouvoir au Paraguay, ils déstabilisent un président démocratiquement élu au Vénézuela dans le silence complice de médias, servant d'autres intérêts que ceux de la démocratie, de la souveraineté et du bien-être des peuples.

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 13:34

1733590_600.jpg150 000 manifestants dans la rue au Chili pour exiger la fin de la logique du profit dans les universités

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La presse chilienne avait prédit la fin du mouvement étudiant né en août 2011 pour une éducation re-nationalisée, libéré de toute tutelle privée. Or, en ce début d'année 2013, le mouvement connaît un nouvel élan.



Ce jeudi 11 avril, ils étaient plus de 150 000 à défiler dans les rues chiliennes, dont 120 000 à Santiago : étudiants, lycéens, mais aussi professeurs, parents d'élèves et salariés pour une manifestation convoquée aussi par la CUT (Centrale unitaire des travailleurs).



Les revendications de base du mouvement de l'été 2011, qui avait alors mobilisé jusqu'à 500 000 manifestants dans les rues n'ont pas changé : refus de toute logique marchande dans l'éducation, retour à une Éducation nationale, 100% publique, gratuite et universelle.



« Elle va tomber l'éducation à Pinochet ! », le cri de ralliement des manifestants rappelle que le système chilien actuel est l'héritier de la politique du dictateur, au pouvoir entre 1973 et 1990.



Pinochet avait commencé par casser l’Éducation nationale en décentralisant aux communes l’Éducation primaire et secondaire, puis en élargissant l'autonomie des universités, ouvrant la voie à un système à deux vitesses, favorisant l'éducation privée.



Aujourd'hui, l'ensemble du système éducatif est sous la coupe du privé. Dans le supérieur, c'est le cas tant dans les grandes universités publiques, mais dépendantes des fonds privés, que dans les universités autonomes intégralement privatisées et de piètre qualité.



Les frais de scolarité dans les universités autonomes – le sort de l'immense majorité refusée dans les universités publiques élitistes – vont de 300 à 1 800 euros par mois. Chaque étudiant doit avancer 30 000 € pour financer ses études, une somme à rembourser ensuite avec des intérêts exorbitants.



Scandales aussi au Chili : profit dans les universités, collusion entre milieux politiques et économiques



Chaque pays a ses scandales. Au Chili, ce n'est pas la fraude fiscale mais la collusion entre milieux d'affaires, politiciens et le business de l'éducation supérieure privatisée qui suscite l'indignation.



Symbole de l'éducation à la dérive, l'Université de la Mer de Reñaca vient d'être déclarée en faillite : 4 000 fonctionnaires licenciés tandis que 10 000 étudiants perdent toute perspective d'obtenir un diplôme, après s'être lourdement endettés.



Contrairement à l'interdiction légale, cette université avait décidé de faire de l'éducation une activité lucrative. Des pratiques dénoncées récemment non seulement à l'Université St-Thomas, à l'Université des Arts, sciences et communications mais aussi à la prestigieuse Université du Chili.



Le scandale éclabousse le gouvernement. Le ministre de l’Éducation, le libéral Harald Beyer, est sous le coup d'une accusation constitutionnelle pour avoir couvert l'existence de ces pratiques lucratives dans l'éducation supérieure, et vient d'être suspendu de ses fonctions.



L'actuel gouvernement de droite n'a pas eu de mal à rappeler l'hypocrisie du Parti socialiste, qui a lancé la procédure de destitution du ministre : c'est bien pendant les vingt dernières années où elle fut au pouvoir que s'est développée l'éducation privée, à but lucratif ou non.



En 2008, la ministre de l'Education socialiste Yasna Provoste était tombée sur le même motif : laxisme si ce n'est complaisance envers les universités à but lucratif.



Comme le rappelle de façon lucide un autre ancien ministre de l'éducation de Michelle Bachelet, Martin Zilic, qui a lui-même géré ce système largement privatisé :



« nous devons tous faire notre mea culpa de la société inégalitaire que nous avons construit. Aujourd'hui, on doit tous reconnaître ce que nous disent l'OCDE, l'Unesco : nous sommes le pays qui connaît la plus forte ségrégation dans l'éducation, le pays le plus privatisé au monde. Cette erreur, ce n'est pas seulement la Concertacion [alliance du PS et de la Démocratie chrétienne qui a gouverné le pays depuis la fin de la dictature] qui l'a commise mais tout le pays ».



Zilic aurait pu rajouter que l'OCDE estime que le Chili possède le système d'éducation le plus cher, et que l'UNESCO perçoit le système socialiste cubain comme étant plus à même de fournir à moindre coût une éducation universelle, de qualité et de masse.



Pas d'illusion sur l'alternance socialiste pour les étudiants



Les manifestations ont réuni, grâce à l'appel lancé par la CONES (syndicat des lycéens) et la CONFECH (syndicat des étudiants) lycéens et étudiants, mais aussi public et privé : les syndicats des deux grandes universités – Université du Chili et Université Catholique – ont défilé ensemble.



Les syndicats étudiants se sont retrouvés unis dans la même dénonciation de la politique du gouvernement de droite de Pinera qui vise à renforcer le poids du secteur privé dans l'éducation, et à miser sur un aménagement des prêts étudiants plutôt que sur la gratuité du service.



Unis également, en cette année d'élections présidentielles et législatives, contre toute manœuvre de l'opposition de façade représentée par le Parti socialiste, et sa figure publique, l'ex-présidente Michelle Bachelet.



Celle-ci a déclaré cette semaine qu'elle souhaitait « réformer l'éducation », supprimer le profit mais sans mettre en place un système intégralement public, gratuit et universel.



« Nous n'allons permettre à aucun candidat de se saisir de nos revendications pour les dévoyer », a averti Andrés Fielbaum, secrétaire de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili (FeCh).



« Le signal que donne Bachelet, c'est que sa priorité est de continuer à garantir la stabilité pour les patrons », a-t-il ajouté.



« Quand nous disons que nous voulons d'une éducation gratuite pour nous, c'est parce que nous entendons l'éducation comme un droit, et les droits sont pour tous ou ils ne sont pas ».



La figure du mouvement étudiant de 2011, la jeune communiste, désormais candidate du Parti communiste pour les législatives, Camila Vallejo a exprimé récemment des positions analogues, alors qu'elle a participé aux manifestations du 11 avril.



Elle a rappelé la nécessité pour les communistes de ne pas sacrifier les luttes aux arrangements institutionnels, tout en exprimant ses réticences tant vis-à-vis des accords avec la Démocratie chrétienne que d'un nouveau soutien du PC à la candidature présidentielle de Michelle Bachelet.



« Je ne ferai jamais campagne pour Bachelet, je n'appelerai pas les jeunes à voter pour elle. Rien ne m'assure que son programme est représentatif que son programme soit représentatif des idées que j'ai défendu dans le mouvement étudiant ».



Comme Camila Vallejo, les dirigeants du mouvement étudiant n'ont aucune illusion sur une possible alternance en 2013. Comment peut-on en avoir après quarante ans de gestion ultra-libérale, de la dictature de Pinochet à la « concertation » de Bachelet.



La solution viendra d'abord des luttes, d'une majorité sociale capable d'imposer de véritables changements et d'ouvrir une alternative politique à la logique du profit et à la marchandisation de l'ensemble de la société chilienne !



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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 06:55

sabsa.jpgLes nationalisations continuent en Amérique latine : la Bolivie reprend possession de ses aéroports

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Après la nationalisation du gaz puis de l'électricité, le gouvernement progressiste d'Evo Morales continue sa politique de ré-appropriation de ses richesses nationales avec la nationalisation des aéroports des trois principales villes du pays.

 

Le gouvernement bolivien d'Evo Morales a annoncé ce lundi 18 février la nationalisation de la SABSA (Service des aéroports boliviens), avec la prise de contrôle par l’État bolivien des actions détenues par les actionnaires majoritaires, les deux grands groupes espagnols Abertis et l'AENA.

 

Evo Morales a justifié cette mesure par la politique des deux monopoles espagnols qui ont cherché, par la gestion des trois principaux aéroports du pays (La Paz, Santa Cruz et Cochabamba), uniquement à « maximiser leurs profits aux dépens du peuple bolivien ».

 

20 millions de $ de profits pour les monopoles espagnols en quinze ans pour un coût initial de 900 000 $ !

 

Morales a rappelé que les entreprises privées ont empoché depuis la privatisation des aéroports, en 1996, 20 millions de dollars pour la gestion d'aéroports alors que ceux-ci ont été cédés aux entreprises espagnoles pour un montant de 900 000 dollars.

 

Le président bolivien a déploré l'absence totale d'investissement de la part des entreprises privées. Alors que 26 millions de dollars d'investissement étaient prévus entre 2006 et 2011, Abertis et AENA n'ont investi que 5 millions de dollars dans les aéroports boliviens en cinq ans.

 

Le secrétaire du syndicat des travailleurs de la SABSA, Alfredo Chavez, s'est empressé de saluer la décision du gouvernement bolivien : « Ce n'est que justice pour la Bolivie, cela fait des années que l'entreprise floue les boliviens ».

 

« Maintenant il s'agit pour la Bolivie de reprendre contrôle des principales entreprises du pays » a souligné le syndicaliste de l'entreprise nationalisée.

 

Quatrième vague de nationalisations en Bolivie

 

Depuis l'arrivée à la tête de l’État bolivien du secrétaire du Mouvement vers le socialisme (MAS), le gouvernement bolivien a décrété une dizaine de nationalisations : le gaz en 2006, les télécoms en 2008, le réseau puis la distribution d'électricité en 2012.

 

Cette politique de nationalisations a permis de financer une politique sociale à contre-courant des politiques d'austérité européennes : recul de l'âge de la retraite, augmentation des budgets de l'éducation et de la santé, nationalisation des services essentiels.

 

Selon l'agence de l'ONU, la CEPAL (Comission économique pour l'Amérique latine), les résultats de la politique sociale d'Evo Morales sont incontestables : la pauvreté a été réduite de 61 à 49% entre 2007 et 2011, la pauvreté extrême de 34 à 25%.

 

« Si le gouvernement ne veut plus de relation avec nous, nous en aurons avec les mouvements sociaux d'Espagne » (Morales)

 

Confronté aux protestations du gouvernement espagnol menaçant d'une rupture des relations diplomatiques avec la Bolivie, Morales a répondu de façon offensive :

 

« Si le gouvernement ne veut plus avoir de relation avec nous, alors nous aurons des rapports avec les mouvements sociaux d'Espagne ».

 

« On va pas s'excuser de réclamer une entreprise qui vole, pille un pays », a ajouté Morales.

 

En Espagne, le PSOE (Parti socialiste) et la droite au pouvoir ont uni leurs voix pour condamner la décision de la Bolivie.

 

De son côté, le Parti communiste d'Espagne (PCE) a soutenu la décision qu'elle « qualifie d'exemple pour les gouvernements européens ».

 

« Les secteurs stratégiques ne peuvent pas être entre les mains du capital privé (…) nous sommes convaincus qu'il nous faut un secteur public des transports, y compris aérien, pour sortir de la crise, ce qui passe par la lutte contre la privatisation des aéroports et des chemins de fer ».

 

Dans le même temps, les deux syndicats majoritaires, l'UGT et les CC.OO (Commissions ouvrières) ont pour l'instant préféré garder le silence. Il faut rappeler qu'en avril 2012, les deux syndicats avaient condamné la décision du gouvernement argentin de nationaliser le pétrole, touchant aux intérêts de Repsol.

 

La politique de nationalisations du gouvernement progressiste bolivien tranche avec celle des partis « de gauche » européens qui préfèrent renflouer banques et industrie : seule la construction du socialisme permettra de trouver une issue à la crise capitaliste.

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 07:12

correa.jpgRafael Correa réélu au premier tour en Équateur : soutien populaire massif à sa politique progressistes mais critiques à gauche

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Rafael Correa a été ré-élu ce dimanche pour la deuxième fois à la tête de l'Etat équatorien, avec 60% des voix. Le peuple équatorien a soutenu massivement sa politique sociale, malgré des critiques venant de la gauche sur sa politique économique et sociale.

 

Le verdict électoral est sans appel. Avec 60% des voix, Correa à la tête du mouvement « Alinza Pais » est élu au premier tour des élections présidentielles. Il devance le banquier libéral Guillermo Lasso (20%) et à l'ancien putschiste d'extrême-droite Lucio Gutierrez (5%).

 

Le peuple équatorien a apporté un soutien clair et net à la politique sociale menée depuis 2005 par le président Correa, dans le cadre du « socialisme du XXI ème siècle » et de la « Révolution citoyenne ».

 

Si la perspective reste évanescente, les mesures sociales sont concrètes : notamment le triplement du budget de l'éducation et de la santé rendu possible par la manne pétrolière, après re-négociation des contrats avec les multi-nationales et le refus de payer la majeure partie de la dette extérieure.

 

La politique de Correa : l'éducation et la santé publiques, gratuites et universelles

 

L'éducation est redevenue entièrement gratuite. Les centres de santé tout comme les écoles ouvrent dans tout le pays, les investissements publics permettent aux hôpitaux de se doter d'un appareil moderne tout en construisant dans tout le pays un réseau routier digne d'un pays développé.

 

Et le gouvernement donne les moyens à son peuple d'accéder à l'éducation et à la santé publiques.

 

Le « bon de développement humain », passé en janvier de 35 à 50 dollars par mois, concerne 2 millions d'équatoriens. Elle est fournie en échange de l'obligation de scolariser les enfants et de leur accorder des soins gratuits réguliers.

 

En six ans, 500 000 mineurs équatoriens sont sortis du travail infantile, le taux de scolarisation est passé de 75 à 90%.

 

L'affiliation des employés à la sécurité sociale est devenue une obligation pour les entreprises privées sous peine de lourdes amendes. En six ans, leur proportion est passée de 41 à 61%.

 

Des résultats sociaux incontestables : recul massif de la pauvreté depuis le début des années 2000

 

Le pays au bord du gouffre en 2000, où trois équatoriens sur quatre vivaient dans la pauvreté, criblé de dettes, soumis aux diktats du FMI, de la Banque mondiale et des États-Unis, est un lointain souvenir.

 

En six ans, le taux de pauvreté est passé de 37,6 à 25,3%, l'extrême pauvreté de 16,9 à 9,4%.

 

Enfin, sur le plan international, si la dépendance envers les Etats-unis n'est toujours pas annihilée puisque l'économie reste dollarisée, l'Equateur privilégie désormais les relations avec ses voisins latino-américains progressistes dans le cadre notamment de l'ALBA proposée par Chavez.

 

Correa est également un des principaux soutiens continentaux de Cuba socialiste, ainsi qu'un des partenaires privilégiés pour les autres présidents « progressistes » tels Evo Morales en Bolivie ou Hugo Chavez au Vénézuéla.

 

Les communistes : alliés critiques de la « révolution citoyenne »

 

Allié critique de Correa, le Parti communiste équatorien ne cache pas les limites du processus bien qu'elle apporte depuis 2005 – ainsi que sa centrale syndicale, la Centrale des travailleurs d'Equateur (CTE) – son soutien au président.

 

En premier lieu, pour les communistes, la politique de Correa n'est pas socialiste, cela reste une politique « national-populaire » conséquente posant les bases d'une transition ultérieure vers le socialisme.

 

Sa politique progressiste reste un « développementalisme » inspiré d'avancées sociales (éducation gratuite, sécurité sociale) importées en Équateur au moment où elles sont détruites en Europe.

 

Les communistes perçoivent le mouvement de Correa comme un mouvement « réformiste » assumé reposant sur des concepts comme le « commerce juste », la prééminence de « l'Humain sur le capital », qui fondent une politique économique réformiste-humaniste et non révolutionnaire-socialiste.

 

Deuxième limite, plus économique, celle d'un modèle fortement dépendant des hydrocarbures. Une économie de semi-rente piégée dans la mono-activité, peinant à s'industrialiser et à diversifier ses activités, tout comme le Venezuela voisin.

 

Une économie encore dominée par le capital équatorien, que Correa ne cherche pas à déloger mais bien à consolider, et encore sous la dépendance du capital étranger, notamment sous les multi-nationales pétrolières ou minières nord-américaines et de plus en plus chinoises.

 

Dernière limite, la faiblesse de la direction collective du mouvement, de participation démocratique à la base et le risque d'une direction personnelle.

 

Liée au point précédent, on peut voir dans la politique sociale du gouvernement Correa une volonté plus d'acheter un consensus populaire que de réellement construire un mouvement social et politique autonome.

 

Malgré toutes ses critiques, le Parti communiste a décidé de rester fidèle à son engagement dans la « Révolution citoyenne » et de soutenir le président Correa à la présidentielle.

 

« L'unité pluri-nationale des gauches » : opposition gauchiste manipulée ou justes réserves ?

 

L'élection a toutefois vu le front des soutiens à Correa se briser à sa gauche avec la constitution de l' « Unité pluri-nationale des gauches ». Une coalition d'une dizaine d'organisations de gauche, de mouvements sociaux dont le candidat n'aurait pas dépassé les 3%.

 

Le mouvement est né des manifestations indigènes de mars 2012 contre les projets d'extraction minière en Amazonie. Un mouvement relayé et récupéré par diverses organisations, dont le syndicat des enseignants sous influence de forces d'extrême-gauche.

 

Un mouvement aussi progressivement récupéré par l'ancien idéologue de la « révolution citoyenne », Alberto Acosta, qui s'est imposé comme candidat unitaire de la gauche anti-corréenne lors des primaires de 2012

 

L'ancien bras droit de Correa a soudain noirci les pages de la presse bourgeoise pour dénoncer avec véhémence l'autoritarisme de Correa, sa « trahison » des idées de la révolution ainsi que la menace qu'il représenterait pour la démocratie et les libertés.

 

Acosta s'est fait le défenseur de la presse « indépendante » (c'est-à-dire privée, du grand capital) contre l'étatisme de Correa, a critiqué les projets d'extraction de matières premières destructeurs des communautés indigènes au nom du « post-développementalisme ».

 

Certaines de ses critiques touchent sans nul doute juste, rejoignant les critiques des communistes : absence de direction collective, politique strictement développementaliste plutôt que

 

Toutefois, la violence de la rupture avec Correa, la décision de conduire une coalition contre lui, la complaisance de médias ménagés par Acosta, sont loin d'une critique dialectique des communistes, prenant en compte l'aspect progressiste du gouvernement et le danger de faire le jeu de la réaction.

 

Par ailleurs, certains des arguments d'Acosta ne s'apparentent pas vraiment à une critique de « gauche » du gouvernement : sa défense acharnée des « libertés formelles », sa critique anti-développementaliste s'accompagnant de déclarations laissant la porte ouverte aux multi-nationales.

 

Dans tous les cas, si cette opposition étiquetée comme « gauchiste » par Correa semble quasi morte-née, les critiques qu'elles a porté, les mouvements sociaux qu'elle a voulu relayer ou récupérer, les contradictions qui sont au cœur de la « Révolution citoyenne » sont toujours bien présents.

 

Après sept ans de « révolution citoyenne » avec tous ses succès et toutes ses limites, l'Equateur de Correa est au milieu du gué : seule un processus de transition vers le Socialisme peut conduire à la transformation profonde du pays dans une perspective progressiste.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
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