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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 13:34

1733590_600.jpg150 000 manifestants dans la rue au Chili pour exiger la fin de la logique du profit dans les universités

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La presse chilienne avait prédit la fin du mouvement étudiant né en août 2011 pour une éducation re-nationalisée, libéré de toute tutelle privée. Or, en ce début d'année 2013, le mouvement connaît un nouvel élan.



Ce jeudi 11 avril, ils étaient plus de 150 000 à défiler dans les rues chiliennes, dont 120 000 à Santiago : étudiants, lycéens, mais aussi professeurs, parents d'élèves et salariés pour une manifestation convoquée aussi par la CUT (Centrale unitaire des travailleurs).



Les revendications de base du mouvement de l'été 2011, qui avait alors mobilisé jusqu'à 500 000 manifestants dans les rues n'ont pas changé : refus de toute logique marchande dans l'éducation, retour à une Éducation nationale, 100% publique, gratuite et universelle.



« Elle va tomber l'éducation à Pinochet ! », le cri de ralliement des manifestants rappelle que le système chilien actuel est l'héritier de la politique du dictateur, au pouvoir entre 1973 et 1990.



Pinochet avait commencé par casser l’Éducation nationale en décentralisant aux communes l’Éducation primaire et secondaire, puis en élargissant l'autonomie des universités, ouvrant la voie à un système à deux vitesses, favorisant l'éducation privée.



Aujourd'hui, l'ensemble du système éducatif est sous la coupe du privé. Dans le supérieur, c'est le cas tant dans les grandes universités publiques, mais dépendantes des fonds privés, que dans les universités autonomes intégralement privatisées et de piètre qualité.



Les frais de scolarité dans les universités autonomes – le sort de l'immense majorité refusée dans les universités publiques élitistes – vont de 300 à 1 800 euros par mois. Chaque étudiant doit avancer 30 000 € pour financer ses études, une somme à rembourser ensuite avec des intérêts exorbitants.



Scandales aussi au Chili : profit dans les universités, collusion entre milieux politiques et économiques



Chaque pays a ses scandales. Au Chili, ce n'est pas la fraude fiscale mais la collusion entre milieux d'affaires, politiciens et le business de l'éducation supérieure privatisée qui suscite l'indignation.



Symbole de l'éducation à la dérive, l'Université de la Mer de Reñaca vient d'être déclarée en faillite : 4 000 fonctionnaires licenciés tandis que 10 000 étudiants perdent toute perspective d'obtenir un diplôme, après s'être lourdement endettés.



Contrairement à l'interdiction légale, cette université avait décidé de faire de l'éducation une activité lucrative. Des pratiques dénoncées récemment non seulement à l'Université St-Thomas, à l'Université des Arts, sciences et communications mais aussi à la prestigieuse Université du Chili.



Le scandale éclabousse le gouvernement. Le ministre de l’Éducation, le libéral Harald Beyer, est sous le coup d'une accusation constitutionnelle pour avoir couvert l'existence de ces pratiques lucratives dans l'éducation supérieure, et vient d'être suspendu de ses fonctions.



L'actuel gouvernement de droite n'a pas eu de mal à rappeler l'hypocrisie du Parti socialiste, qui a lancé la procédure de destitution du ministre : c'est bien pendant les vingt dernières années où elle fut au pouvoir que s'est développée l'éducation privée, à but lucratif ou non.



En 2008, la ministre de l'Education socialiste Yasna Provoste était tombée sur le même motif : laxisme si ce n'est complaisance envers les universités à but lucratif.



Comme le rappelle de façon lucide un autre ancien ministre de l'éducation de Michelle Bachelet, Martin Zilic, qui a lui-même géré ce système largement privatisé :



« nous devons tous faire notre mea culpa de la société inégalitaire que nous avons construit. Aujourd'hui, on doit tous reconnaître ce que nous disent l'OCDE, l'Unesco : nous sommes le pays qui connaît la plus forte ségrégation dans l'éducation, le pays le plus privatisé au monde. Cette erreur, ce n'est pas seulement la Concertacion [alliance du PS et de la Démocratie chrétienne qui a gouverné le pays depuis la fin de la dictature] qui l'a commise mais tout le pays ».



Zilic aurait pu rajouter que l'OCDE estime que le Chili possède le système d'éducation le plus cher, et que l'UNESCO perçoit le système socialiste cubain comme étant plus à même de fournir à moindre coût une éducation universelle, de qualité et de masse.



Pas d'illusion sur l'alternance socialiste pour les étudiants



Les manifestations ont réuni, grâce à l'appel lancé par la CONES (syndicat des lycéens) et la CONFECH (syndicat des étudiants) lycéens et étudiants, mais aussi public et privé : les syndicats des deux grandes universités – Université du Chili et Université Catholique – ont défilé ensemble.



Les syndicats étudiants se sont retrouvés unis dans la même dénonciation de la politique du gouvernement de droite de Pinera qui vise à renforcer le poids du secteur privé dans l'éducation, et à miser sur un aménagement des prêts étudiants plutôt que sur la gratuité du service.



Unis également, en cette année d'élections présidentielles et législatives, contre toute manœuvre de l'opposition de façade représentée par le Parti socialiste, et sa figure publique, l'ex-présidente Michelle Bachelet.



Celle-ci a déclaré cette semaine qu'elle souhaitait « réformer l'éducation », supprimer le profit mais sans mettre en place un système intégralement public, gratuit et universel.



« Nous n'allons permettre à aucun candidat de se saisir de nos revendications pour les dévoyer », a averti Andrés Fielbaum, secrétaire de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili (FeCh).



« Le signal que donne Bachelet, c'est que sa priorité est de continuer à garantir la stabilité pour les patrons », a-t-il ajouté.



« Quand nous disons que nous voulons d'une éducation gratuite pour nous, c'est parce que nous entendons l'éducation comme un droit, et les droits sont pour tous ou ils ne sont pas ».



La figure du mouvement étudiant de 2011, la jeune communiste, désormais candidate du Parti communiste pour les législatives, Camila Vallejo a exprimé récemment des positions analogues, alors qu'elle a participé aux manifestations du 11 avril.



Elle a rappelé la nécessité pour les communistes de ne pas sacrifier les luttes aux arrangements institutionnels, tout en exprimant ses réticences tant vis-à-vis des accords avec la Démocratie chrétienne que d'un nouveau soutien du PC à la candidature présidentielle de Michelle Bachelet.



« Je ne ferai jamais campagne pour Bachelet, je n'appelerai pas les jeunes à voter pour elle. Rien ne m'assure que son programme est représentatif que son programme soit représentatif des idées que j'ai défendu dans le mouvement étudiant ».



Comme Camila Vallejo, les dirigeants du mouvement étudiant n'ont aucune illusion sur une possible alternance en 2013. Comment peut-on en avoir après quarante ans de gestion ultra-libérale, de la dictature de Pinochet à la « concertation » de Bachelet.



La solution viendra d'abord des luttes, d'une majorité sociale capable d'imposer de véritables changements et d'ouvrir une alternative politique à la logique du profit et à la marchandisation de l'ensemble de la société chilienne !



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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 06:55

sabsa.jpgLes nationalisations continuent en Amérique latine : la Bolivie reprend possession de ses aéroports

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Après la nationalisation du gaz puis de l'électricité, le gouvernement progressiste d'Evo Morales continue sa politique de ré-appropriation de ses richesses nationales avec la nationalisation des aéroports des trois principales villes du pays.

 

Le gouvernement bolivien d'Evo Morales a annoncé ce lundi 18 février la nationalisation de la SABSA (Service des aéroports boliviens), avec la prise de contrôle par l’État bolivien des actions détenues par les actionnaires majoritaires, les deux grands groupes espagnols Abertis et l'AENA.

 

Evo Morales a justifié cette mesure par la politique des deux monopoles espagnols qui ont cherché, par la gestion des trois principaux aéroports du pays (La Paz, Santa Cruz et Cochabamba), uniquement à « maximiser leurs profits aux dépens du peuple bolivien ».

 

20 millions de $ de profits pour les monopoles espagnols en quinze ans pour un coût initial de 900 000 $ !

 

Morales a rappelé que les entreprises privées ont empoché depuis la privatisation des aéroports, en 1996, 20 millions de dollars pour la gestion d'aéroports alors que ceux-ci ont été cédés aux entreprises espagnoles pour un montant de 900 000 dollars.

 

Le président bolivien a déploré l'absence totale d'investissement de la part des entreprises privées. Alors que 26 millions de dollars d'investissement étaient prévus entre 2006 et 2011, Abertis et AENA n'ont investi que 5 millions de dollars dans les aéroports boliviens en cinq ans.

 

Le secrétaire du syndicat des travailleurs de la SABSA, Alfredo Chavez, s'est empressé de saluer la décision du gouvernement bolivien : « Ce n'est que justice pour la Bolivie, cela fait des années que l'entreprise floue les boliviens ».

 

« Maintenant il s'agit pour la Bolivie de reprendre contrôle des principales entreprises du pays » a souligné le syndicaliste de l'entreprise nationalisée.

 

Quatrième vague de nationalisations en Bolivie

 

Depuis l'arrivée à la tête de l’État bolivien du secrétaire du Mouvement vers le socialisme (MAS), le gouvernement bolivien a décrété une dizaine de nationalisations : le gaz en 2006, les télécoms en 2008, le réseau puis la distribution d'électricité en 2012.

 

Cette politique de nationalisations a permis de financer une politique sociale à contre-courant des politiques d'austérité européennes : recul de l'âge de la retraite, augmentation des budgets de l'éducation et de la santé, nationalisation des services essentiels.

 

Selon l'agence de l'ONU, la CEPAL (Comission économique pour l'Amérique latine), les résultats de la politique sociale d'Evo Morales sont incontestables : la pauvreté a été réduite de 61 à 49% entre 2007 et 2011, la pauvreté extrême de 34 à 25%.

 

« Si le gouvernement ne veut plus de relation avec nous, nous en aurons avec les mouvements sociaux d'Espagne » (Morales)

 

Confronté aux protestations du gouvernement espagnol menaçant d'une rupture des relations diplomatiques avec la Bolivie, Morales a répondu de façon offensive :

 

« Si le gouvernement ne veut plus avoir de relation avec nous, alors nous aurons des rapports avec les mouvements sociaux d'Espagne ».

 

« On va pas s'excuser de réclamer une entreprise qui vole, pille un pays », a ajouté Morales.

 

En Espagne, le PSOE (Parti socialiste) et la droite au pouvoir ont uni leurs voix pour condamner la décision de la Bolivie.

 

De son côté, le Parti communiste d'Espagne (PCE) a soutenu la décision qu'elle « qualifie d'exemple pour les gouvernements européens ».

 

« Les secteurs stratégiques ne peuvent pas être entre les mains du capital privé (…) nous sommes convaincus qu'il nous faut un secteur public des transports, y compris aérien, pour sortir de la crise, ce qui passe par la lutte contre la privatisation des aéroports et des chemins de fer ».

 

Dans le même temps, les deux syndicats majoritaires, l'UGT et les CC.OO (Commissions ouvrières) ont pour l'instant préféré garder le silence. Il faut rappeler qu'en avril 2012, les deux syndicats avaient condamné la décision du gouvernement argentin de nationaliser le pétrole, touchant aux intérêts de Repsol.

 

La politique de nationalisations du gouvernement progressiste bolivien tranche avec celle des partis « de gauche » européens qui préfèrent renflouer banques et industrie : seule la construction du socialisme permettra de trouver une issue à la crise capitaliste.

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 07:12

correa.jpgRafael Correa réélu au premier tour en Équateur : soutien populaire massif à sa politique progressistes mais critiques à gauche

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Rafael Correa a été ré-élu ce dimanche pour la deuxième fois à la tête de l'Etat équatorien, avec 60% des voix. Le peuple équatorien a soutenu massivement sa politique sociale, malgré des critiques venant de la gauche sur sa politique économique et sociale.

 

Le verdict électoral est sans appel. Avec 60% des voix, Correa à la tête du mouvement « Alinza Pais » est élu au premier tour des élections présidentielles. Il devance le banquier libéral Guillermo Lasso (20%) et à l'ancien putschiste d'extrême-droite Lucio Gutierrez (5%).

 

Le peuple équatorien a apporté un soutien clair et net à la politique sociale menée depuis 2005 par le président Correa, dans le cadre du « socialisme du XXI ème siècle » et de la « Révolution citoyenne ».

 

Si la perspective reste évanescente, les mesures sociales sont concrètes : notamment le triplement du budget de l'éducation et de la santé rendu possible par la manne pétrolière, après re-négociation des contrats avec les multi-nationales et le refus de payer la majeure partie de la dette extérieure.

 

La politique de Correa : l'éducation et la santé publiques, gratuites et universelles

 

L'éducation est redevenue entièrement gratuite. Les centres de santé tout comme les écoles ouvrent dans tout le pays, les investissements publics permettent aux hôpitaux de se doter d'un appareil moderne tout en construisant dans tout le pays un réseau routier digne d'un pays développé.

 

Et le gouvernement donne les moyens à son peuple d'accéder à l'éducation et à la santé publiques.

 

Le « bon de développement humain », passé en janvier de 35 à 50 dollars par mois, concerne 2 millions d'équatoriens. Elle est fournie en échange de l'obligation de scolariser les enfants et de leur accorder des soins gratuits réguliers.

 

En six ans, 500 000 mineurs équatoriens sont sortis du travail infantile, le taux de scolarisation est passé de 75 à 90%.

 

L'affiliation des employés à la sécurité sociale est devenue une obligation pour les entreprises privées sous peine de lourdes amendes. En six ans, leur proportion est passée de 41 à 61%.

 

Des résultats sociaux incontestables : recul massif de la pauvreté depuis le début des années 2000

 

Le pays au bord du gouffre en 2000, où trois équatoriens sur quatre vivaient dans la pauvreté, criblé de dettes, soumis aux diktats du FMI, de la Banque mondiale et des États-Unis, est un lointain souvenir.

 

En six ans, le taux de pauvreté est passé de 37,6 à 25,3%, l'extrême pauvreté de 16,9 à 9,4%.

 

Enfin, sur le plan international, si la dépendance envers les Etats-unis n'est toujours pas annihilée puisque l'économie reste dollarisée, l'Equateur privilégie désormais les relations avec ses voisins latino-américains progressistes dans le cadre notamment de l'ALBA proposée par Chavez.

 

Correa est également un des principaux soutiens continentaux de Cuba socialiste, ainsi qu'un des partenaires privilégiés pour les autres présidents « progressistes » tels Evo Morales en Bolivie ou Hugo Chavez au Vénézuéla.

 

Les communistes : alliés critiques de la « révolution citoyenne »

 

Allié critique de Correa, le Parti communiste équatorien ne cache pas les limites du processus bien qu'elle apporte depuis 2005 – ainsi que sa centrale syndicale, la Centrale des travailleurs d'Equateur (CTE) – son soutien au président.

 

En premier lieu, pour les communistes, la politique de Correa n'est pas socialiste, cela reste une politique « national-populaire » conséquente posant les bases d'une transition ultérieure vers le socialisme.

 

Sa politique progressiste reste un « développementalisme » inspiré d'avancées sociales (éducation gratuite, sécurité sociale) importées en Équateur au moment où elles sont détruites en Europe.

 

Les communistes perçoivent le mouvement de Correa comme un mouvement « réformiste » assumé reposant sur des concepts comme le « commerce juste », la prééminence de « l'Humain sur le capital », qui fondent une politique économique réformiste-humaniste et non révolutionnaire-socialiste.

 

Deuxième limite, plus économique, celle d'un modèle fortement dépendant des hydrocarbures. Une économie de semi-rente piégée dans la mono-activité, peinant à s'industrialiser et à diversifier ses activités, tout comme le Venezuela voisin.

 

Une économie encore dominée par le capital équatorien, que Correa ne cherche pas à déloger mais bien à consolider, et encore sous la dépendance du capital étranger, notamment sous les multi-nationales pétrolières ou minières nord-américaines et de plus en plus chinoises.

 

Dernière limite, la faiblesse de la direction collective du mouvement, de participation démocratique à la base et le risque d'une direction personnelle.

 

Liée au point précédent, on peut voir dans la politique sociale du gouvernement Correa une volonté plus d'acheter un consensus populaire que de réellement construire un mouvement social et politique autonome.

 

Malgré toutes ses critiques, le Parti communiste a décidé de rester fidèle à son engagement dans la « Révolution citoyenne » et de soutenir le président Correa à la présidentielle.

 

« L'unité pluri-nationale des gauches » : opposition gauchiste manipulée ou justes réserves ?

 

L'élection a toutefois vu le front des soutiens à Correa se briser à sa gauche avec la constitution de l' « Unité pluri-nationale des gauches ». Une coalition d'une dizaine d'organisations de gauche, de mouvements sociaux dont le candidat n'aurait pas dépassé les 3%.

 

Le mouvement est né des manifestations indigènes de mars 2012 contre les projets d'extraction minière en Amazonie. Un mouvement relayé et récupéré par diverses organisations, dont le syndicat des enseignants sous influence de forces d'extrême-gauche.

 

Un mouvement aussi progressivement récupéré par l'ancien idéologue de la « révolution citoyenne », Alberto Acosta, qui s'est imposé comme candidat unitaire de la gauche anti-corréenne lors des primaires de 2012

 

L'ancien bras droit de Correa a soudain noirci les pages de la presse bourgeoise pour dénoncer avec véhémence l'autoritarisme de Correa, sa « trahison » des idées de la révolution ainsi que la menace qu'il représenterait pour la démocratie et les libertés.

 

Acosta s'est fait le défenseur de la presse « indépendante » (c'est-à-dire privée, du grand capital) contre l'étatisme de Correa, a critiqué les projets d'extraction de matières premières destructeurs des communautés indigènes au nom du « post-développementalisme ».

 

Certaines de ses critiques touchent sans nul doute juste, rejoignant les critiques des communistes : absence de direction collective, politique strictement développementaliste plutôt que

 

Toutefois, la violence de la rupture avec Correa, la décision de conduire une coalition contre lui, la complaisance de médias ménagés par Acosta, sont loin d'une critique dialectique des communistes, prenant en compte l'aspect progressiste du gouvernement et le danger de faire le jeu de la réaction.

 

Par ailleurs, certains des arguments d'Acosta ne s'apparentent pas vraiment à une critique de « gauche » du gouvernement : sa défense acharnée des « libertés formelles », sa critique anti-développementaliste s'accompagnant de déclarations laissant la porte ouverte aux multi-nationales.

 

Dans tous les cas, si cette opposition étiquetée comme « gauchiste » par Correa semble quasi morte-née, les critiques qu'elles a porté, les mouvements sociaux qu'elle a voulu relayer ou récupérer, les contradictions qui sont au cœur de la « Révolution citoyenne » sont toujours bien présents.

 

Après sept ans de « révolution citoyenne » avec tous ses succès et toutes ses limites, l'Equateur de Correa est au milieu du gué : seule un processus de transition vers le Socialisme peut conduire à la transformation profonde du pays dans une perspective progressiste.

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 11:00

20121229_nacionalizacion_evo.jpgLes nationalisations toujours à l'ordre du jour en Amérique latine : la Bolivie prend le contrôle de la distribution de l'électricité



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les nationalisations sont bien à l'ordre du jour en Amérique latine : après le pétrole argentin, le réseau électrique bolivien plus tôt dans l'année, le gouvernement d'Evo Morales a décidé cette fois de poursuivre sa politique de nationalisation avec la distribution de l'électricité.



Un cadeau de fin d'année pour le peuple bolivien. Le président Evo Morales a annoncé ce samedi 29 décembre la nationalisation de Electropaz et ELFEO, deux filiales de l'entreprise espagnole Iberdrola, chargées de la distribution de l'électricité dans les départements de La Paz et Oruro.



1356790788_3.jpgDerrière cette mesure, un impératif de service public : « Nous avons été contraints de prendre cette mesure pour que les tarifs du service électrique soient équitables dans les départements de la Paz et Oruro, et que la qualité du service électrique soit uniforme dans les espaces ruraux et urbains », a justifié Evo Morales.



Il s'agit de garantir « le droit humain des citoyens qui vivent dans les espaces ruraux, en n'amputant pas leur niveau de vie », ajoute le président bolivien.



A l'heure actuelle, un usager à La Paz paie 7 centimes le kilowatt/heure contre 17 centimes pour un usager situé en zone rurale, plus du double.



Selon le décret 1448 signé par le président, toutes les actions détenues par Iberdrola dans les deux entreprises, soit 90% de Electropaz et ELFEO, passent entre les mains de l'Entreprise nationale d'électricité (ENDE) contrôlée par l’État.



Cette dernière mesure s'inscrit dans une longue liste de nationalisations : gaz en 2006, télécoms en 2008, plusieurs gisements de minerais ou champs pétroliers, enfin la distribution de l'électricité en mai 2012.



Cette nationalisation constitue toutefois une première. Alors que tous les décrets antérieurs concernaient des anciennes entreprises publiques privatisées, pour la première fois Evo Morales nationalise une entreprise qui n'a jamais été publique.



Le gouvernement espagnol, à l'agonie financièrement et soumis aux diktats de l'Union européenne, a regretté la décision du gouvernement et exigé une indemnisation « juste ».



Aucune déclaration syndicale à l'heure actuelle, du côté de l'UGT et des Commissions ouvrières. En mai dernier, les deux syndicats majoritaires avaient condamné la décision du gouvernement socialiste bolivien et soutenu leur gouvernement de droite, ainsi que le patronat espagnol.



La politique de nationalisations mais aussi l'avancée de l'âge de départ à la retraite et ses politiques sociales emportent l'adhésion d'une majorité de Boliviens. Selon un récent sondage réalisé par IPSOS, 55% des boliviens soutiennent Evo Morales.



Selon l'agence de l'ONU, la CEPAL (Comission économique pour l'Amérique latine), les résultats de la politique sociale d'Evo Morales sont incontestables : la pauvreté a été réduite de 61 à 49% entre 2007 et 2011, la pauvreté extrême de 34 à 25%.



Mais les résultats de cette politique sont précaires. S'appuyant sur son fief sécessionniste de Santa Cruz, sur le soutien des Etats-unis et jouant des contradictions internes du « bloc social et politique » gouvernemental, la bourgeoisie bolivienne tente d'inverser le processus révolutionnaire.



Un processus révolutionnaire qui n'est pas sans luttes. Chaque acquis social est une victoire conquise de haute lutte par la classe ouvrière et la paysannerie boliviennes.



Les luttes se développent dans tous les secteurs pour approfondir le processus révolutionnaire : indigènes pour le respect de leur terres, travailleurs de la santé pour leurs conditions de travail, mineurs récemment pour exiger la nationalisation des puits d'étain de Colquiri.



bolivian-police-offic-141.jpg.520.360.thumb.jpgSi les six années de gouvernement d'Evo Morales ont permis d’inverser le rapport de force en faveur des travailleurs, l'économie reste encore largement entre les mains du privé. La tentation d'un « capitalisme andin » n'est toujours pas évacuée.



Soutenues par le peuple bolivien, ces nationalisations vont toutefois dans le bon sens. Elles créent les bases d'une démocratie sociale, condition préalable de la transition vers le socialisme.



Au moment où l'Europe en pleine crise tourne le dos aux nationalisations, ou s'en saisit comme moyen de renflouer la grande industrie et les banques, les gouvernements progressistes montrent une autre voie : sortir de la crise par des mesures de rupture avec le système capitaliste, par la construction du socialisme.

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 07:37

revolucion-america-latina.jpgDéclaration de Guayaquil signé par 13 partis communistes et ouvriers d'Amérique latine

 

 

« Notre ennemi est identifié : l'impérialisme, notre perspective aussi : le socialisme »



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Nous célébrons le 15 novembre 1922, quatre-vingt-dixième anniversaire du premier grand moment de la classe ouvrière équatorienne, dont le corollaire tragique fut le massacre de milliers de travailleurs, ce que l'on connaît comme les « Croix sur l'eau ».



Le Parti communiste d’Équateur souligne toute l'importance du fait que soient présents à cette commémoration, comme invités spéciaux, les délégués des partis communistes de tout le continent, avec comme but de lancer, à l'échelle de Notre Amérique, un processus de reconnaissance des grands moments et personnages historiques, emblématiques du mouvement révolutionnaire continental.



Nous considérons également opportun et nécessaire l'échange d'informations et d'expériences, de première main, sur les luttes des partis communistes dans leurs pays respectifs, à l'heure actuelle, alors que plusieurs d'entre eux connaissent des processus démocratiques et révolutionnaires sans précédent.



Ont accepté l'invitation et participé les organisations suivantes : le Parti de l'avant-garde populaire du Costa Rica ; le Parti communiste de Bolivie ; le Parti communiste d'Argentine ; le Parti communiste du Vénénzuela ; le Parti communiste du Pérou (Patria Roja) ; le Parti communiste de Cuba ; le Parti communiste d'Uruguay ; le Parti communiste colombien ; le Parti communiste du Brésil ; le Parti du peuple de Panama ; le Parti communiste du Chili ; le Front sandiniste de libération nationale et le Parti communiste d'Equateur. Nous avons reçu les salutations du Parti communiste du Mexique. Les participants ont convenu de signer la Déclaration de Guayaquil, dont voici la teneur :



Nous remercions le Parti communiste d’Équateur de cette initiative et exprimons dans le même temps notre profonde solidarité avec le peuple équatorien et son processus de transformation anti-impérialiste et démocratique mené par le président Rafael Correa.



Les partis, représentant leurs membres respectifs, félicitent chaleureusement le peuple vénézuelien et le commandant Hugo Chavez pour cette grande victoire stratégique de la République bolivarienne aux élections du 7 octobre.



De la même façon, le triomphe électoral des forces de gauche aux élections locales au Brésil et au Nicaragua sont des événements d'une grande importance. Dans ce dernier pays, la Révolution sandiniste se consolide jour après jour dans sa seconde phase, c'est ce qui sort du triomphe électoral des élections municipales cette année, dont l'ampleur n'a guère eu de précédent pour les forces révolutionnaires dans l'histoire de la démocratie.



D'autre part, la Révolution cubaine renforce son propre modèle démocratique avec une participation de 94% de la population aux élections locales.



Nous affirmons l'objectif d'intensifier les campagnes pour mettre fin à l'infâme blocus impérialiste contre Cuba et pour la libération immédiate des Cinq patriotes, cubains, anti-terroristes, injustement détenus aux États-Unis. Nous réaffirmons la position commune de nos peuples pour la souveraineté de l'Argentine sur les îles Malouines, pour l'indépendance de Porto Rico et pour le droit de la Bolivie à un débouché maritime.



Les nouvelles initiatives de paix présentées en Colombie méritent toute notre attention. Elles ont besoin du soutien, de la solidarité et de la vigilance des peuples, dans la perspective d'avancées démocratiques sur le continent.



Dans les pays frères du Vénézuela, de Bolivie, du Nicaragua, d'Uruguay, du Salvador, d'Argentine et du Brésil, sont en cours des processus anti-impérialistes et au contenu profondément démocratique. Nous soulignons la lutte de la jeunesse chilienne pour le droit à l'éducation, tout comme la résistance opiniâtre du peuple mapuche.



Nous assistons à un réveil de Notre Amérique, il s'agit de gagner une indépendance économique et politique vis-à-vis de l'Empire et d'en finir avec les politiques néo-libérales imposées par le FMI, la Banque mondiale et la Banque inter-américaine de développement, ce qui a conduit à une profonde crise sociale et politique, qui s'est concrétisé par le pillage de nos territoires par les multi-nationales, les privatisations de secteurs-clés de l'économie, la spéculation financière, la concentration de la propriété de la terre, par le chômage, l'augmentation de la pauvreté, la migration massive de compatriotes et la corruption.



Le nombre de pays qui décident par leur vote conséquent d'adopter une nouvelle façon de vivre est toujours plus important. De nouveaux modèles constitutionnels se créent qui tendent à garantir l'indépendance nationale et la souveraineté face à l'impérialisme ; à offrir à la majorité de la population, aux peuples autochtones leur expression légitime, pour la première fois dans l'histoire, la réalisation de leurs droits fondamentaux au bien-être ou sumak kausay, au travail, à la terre, à la santé, à l'éducation, à la sécurité sociale ; à garantir dans le même temps les droits de la Terre Mère. Dans tous nos pays, se développe une lutte économique, idéologique et politique toujours plus forte, constatant une importante transformation dans le rapport de forces en faveur des peuples. Les forces révolutionnaires gagnent du terrain dans les parlements et dans les organes de bases du pouvoir.



Il existe, toutefois, des obstacles qui n'ont pas encore permis d'approfondir les processus de transformations structurelles, comme la réforme agraire qui, en démocratisant la possession et l'exploitation de la terre, garantit pleinement la souveraineté alimentaire ; ou la limitation de la propriété privée monopolistique nationale et/ou trans-nationale sur les grands moyens de production.



Les processus d'intégration ont pour point de référence, sans nul doute, les positions de plus en plus anti-impérialistes et démocratiques de nos peuples et d'une grande partie de leurs gouvernements. L'ALBA, l'UNASUL, le MERCOSUL et la CELAC définissent un nouveau cap pour l'avenir de Notre Amérique, la voie du socialisme selon les particularités et les caractéristiques de chaque pays.



Nous saluons la victoire importante de Cuba à l'Assemblée générale des Nations unies, où elle a pu compter sur le soutien de 188 pays, isolant l'Empire qui n'a eu le soutien d’Israël et de la minuscule Palau, et les abstentions de la Micronésie et de îles Marshall.



L'Empire ne cesse de conspirer contre cet état de fait et finance, par ses agences et ses agents locaux, des coups d’État comme ceux au Honduras et au Paraguay ; ainsi que les tentatives déjouées au Vénézuela, en Bolivie et en Equateur. A cette fin, il manipule la question de l'insécurité, proposant des politiques plus répressives qui comprendraient la criminalisation des mouvements de protestation sociale ; ou il manipule également la question du narco-trafic ou du terrorisme, pour justifier sa présence militaire dans la région. Des couches importantes de la population sont influencées par des agences impérialistes comme USAID ; et dans d'autres cas elles sont désorientées par des organisations qui se disent de gauche, mais qui sont aujourd'hui sur la même ligne que la droite pro-impérialiste.



Les processus évoqués se produisent dans un contexte de crise de plus en plus aiguë du système capitaliste à l'échelle mondiale ; pendant ce temps, l'Empire de plus en plus agressif menace des peuples entiers, comme c'est le cas au Moyen-orient, sans exclure la possibilité d'une guerre d'agression de vaste ampleur. Le Premier monde court à la faillite, les plans d'austérité néo-libéraux sont à l'ordre du jour, le chômage explose, les coupes dans les dépenses publiques, la santé, l'éducation ; les travailleurs descendent dans la rue pour défendre leurs droits et affirmer qu'une autre manière de vivre est possible. De plus en plus clairement, l'ennemi majeur de l'humanité est identifié : l'impérialisme, tout comme est identifiée la seule issue pour les peuples, plus que jamais, le socialisme.



Il est nécessaire et possible, dans ces circonstances, de proposer de nouvelles et plus complexes formes d'alliances stratégiques des couches anti-impérialistes, démocratiques et révolutionnaires ; en proposant, dans chaque cas, un programme politique viable d'unité des gauches, au-delà des échéances électorales. Développer la solidarité la plus forte dans les luttes de nos peuples au niveau continental ; porter la lutte idéologique à travers la bataille des idées comme l'a défini le Commandant Fidel Castro, en utilisant tous les moyens alternatifs de communication, à partir du principe de José Marti selon lequel les tranchées d'idées valent mieux que les tranchées de pierre. Renouer avec la mémoire historique de nos peuples pour que tous les jeunes connaissent leurs héros et savent que, ici à Guayaquil, en 1829, Simon Bolivar a mis en garde la Grande patrie que « les États-Unis paraissent destinés par la Providence à semer la misère en Amérique au nom de la liberté ».



Les partis communistes appellent à la réalisation de rencontres régionales et sub-régionales qui développent l'échange d'expériences et de solidarité entre nos peuples, et auxquelles pourraient se joindre d'autres forces démocratiques, révolutionnaires et anti-impérialistes de Notre Amérique.



Partis signataires :



1 – le Parti de l'avant-garde populaire du Costa Rica ;

2 – le Parti communiste de Bolivie ;

3 – le Parti communiste d'Argentine ;

4 – le Parti communiste du Vénénzuela ;

5 – le Parti communiste du Pérou (Patria Roja) ;

6 – le Parti communiste de Cuba ;

7 – le Parti communiste d'Uruguay ;

8 – le Parti communiste colombien ;

9 – le Parti communiste du Brésil ;

10 – le Parti du peuple de Panama ;

11 – le Parti communiste du Chili ;

12 – le Front sandiniste de libération nationale

13 – le Parti communiste d'Equateur.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
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