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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 11:00

20121229_nacionalizacion_evo.jpgLes nationalisations toujours à l'ordre du jour en Amérique latine : la Bolivie prend le contrôle de la distribution de l'électricité



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les nationalisations sont bien à l'ordre du jour en Amérique latine : après le pétrole argentin, le réseau électrique bolivien plus tôt dans l'année, le gouvernement d'Evo Morales a décidé cette fois de poursuivre sa politique de nationalisation avec la distribution de l'électricité.



Un cadeau de fin d'année pour le peuple bolivien. Le président Evo Morales a annoncé ce samedi 29 décembre la nationalisation de Electropaz et ELFEO, deux filiales de l'entreprise espagnole Iberdrola, chargées de la distribution de l'électricité dans les départements de La Paz et Oruro.



1356790788_3.jpgDerrière cette mesure, un impératif de service public : « Nous avons été contraints de prendre cette mesure pour que les tarifs du service électrique soient équitables dans les départements de la Paz et Oruro, et que la qualité du service électrique soit uniforme dans les espaces ruraux et urbains », a justifié Evo Morales.



Il s'agit de garantir « le droit humain des citoyens qui vivent dans les espaces ruraux, en n'amputant pas leur niveau de vie », ajoute le président bolivien.



A l'heure actuelle, un usager à La Paz paie 7 centimes le kilowatt/heure contre 17 centimes pour un usager situé en zone rurale, plus du double.



Selon le décret 1448 signé par le président, toutes les actions détenues par Iberdrola dans les deux entreprises, soit 90% de Electropaz et ELFEO, passent entre les mains de l'Entreprise nationale d'électricité (ENDE) contrôlée par l’État.



Cette dernière mesure s'inscrit dans une longue liste de nationalisations : gaz en 2006, télécoms en 2008, plusieurs gisements de minerais ou champs pétroliers, enfin la distribution de l'électricité en mai 2012.



Cette nationalisation constitue toutefois une première. Alors que tous les décrets antérieurs concernaient des anciennes entreprises publiques privatisées, pour la première fois Evo Morales nationalise une entreprise qui n'a jamais été publique.



Le gouvernement espagnol, à l'agonie financièrement et soumis aux diktats de l'Union européenne, a regretté la décision du gouvernement et exigé une indemnisation « juste ».



Aucune déclaration syndicale à l'heure actuelle, du côté de l'UGT et des Commissions ouvrières. En mai dernier, les deux syndicats majoritaires avaient condamné la décision du gouvernement socialiste bolivien et soutenu leur gouvernement de droite, ainsi que le patronat espagnol.



La politique de nationalisations mais aussi l'avancée de l'âge de départ à la retraite et ses politiques sociales emportent l'adhésion d'une majorité de Boliviens. Selon un récent sondage réalisé par IPSOS, 55% des boliviens soutiennent Evo Morales.



Selon l'agence de l'ONU, la CEPAL (Comission économique pour l'Amérique latine), les résultats de la politique sociale d'Evo Morales sont incontestables : la pauvreté a été réduite de 61 à 49% entre 2007 et 2011, la pauvreté extrême de 34 à 25%.



Mais les résultats de cette politique sont précaires. S'appuyant sur son fief sécessionniste de Santa Cruz, sur le soutien des Etats-unis et jouant des contradictions internes du « bloc social et politique » gouvernemental, la bourgeoisie bolivienne tente d'inverser le processus révolutionnaire.



Un processus révolutionnaire qui n'est pas sans luttes. Chaque acquis social est une victoire conquise de haute lutte par la classe ouvrière et la paysannerie boliviennes.



Les luttes se développent dans tous les secteurs pour approfondir le processus révolutionnaire : indigènes pour le respect de leur terres, travailleurs de la santé pour leurs conditions de travail, mineurs récemment pour exiger la nationalisation des puits d'étain de Colquiri.



bolivian-police-offic-141.jpg.520.360.thumb.jpgSi les six années de gouvernement d'Evo Morales ont permis d’inverser le rapport de force en faveur des travailleurs, l'économie reste encore largement entre les mains du privé. La tentation d'un « capitalisme andin » n'est toujours pas évacuée.



Soutenues par le peuple bolivien, ces nationalisations vont toutefois dans le bon sens. Elles créent les bases d'une démocratie sociale, condition préalable de la transition vers le socialisme.



Au moment où l'Europe en pleine crise tourne le dos aux nationalisations, ou s'en saisit comme moyen de renflouer la grande industrie et les banques, les gouvernements progressistes montrent une autre voie : sortir de la crise par des mesures de rupture avec le système capitaliste, par la construction du socialisme.

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 07:37

revolucion-america-latina.jpgDéclaration de Guayaquil signé par 13 partis communistes et ouvriers d'Amérique latine

 

 

« Notre ennemi est identifié : l'impérialisme, notre perspective aussi : le socialisme »



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Nous célébrons le 15 novembre 1922, quatre-vingt-dixième anniversaire du premier grand moment de la classe ouvrière équatorienne, dont le corollaire tragique fut le massacre de milliers de travailleurs, ce que l'on connaît comme les « Croix sur l'eau ».



Le Parti communiste d’Équateur souligne toute l'importance du fait que soient présents à cette commémoration, comme invités spéciaux, les délégués des partis communistes de tout le continent, avec comme but de lancer, à l'échelle de Notre Amérique, un processus de reconnaissance des grands moments et personnages historiques, emblématiques du mouvement révolutionnaire continental.



Nous considérons également opportun et nécessaire l'échange d'informations et d'expériences, de première main, sur les luttes des partis communistes dans leurs pays respectifs, à l'heure actuelle, alors que plusieurs d'entre eux connaissent des processus démocratiques et révolutionnaires sans précédent.



Ont accepté l'invitation et participé les organisations suivantes : le Parti de l'avant-garde populaire du Costa Rica ; le Parti communiste de Bolivie ; le Parti communiste d'Argentine ; le Parti communiste du Vénénzuela ; le Parti communiste du Pérou (Patria Roja) ; le Parti communiste de Cuba ; le Parti communiste d'Uruguay ; le Parti communiste colombien ; le Parti communiste du Brésil ; le Parti du peuple de Panama ; le Parti communiste du Chili ; le Front sandiniste de libération nationale et le Parti communiste d'Equateur. Nous avons reçu les salutations du Parti communiste du Mexique. Les participants ont convenu de signer la Déclaration de Guayaquil, dont voici la teneur :



Nous remercions le Parti communiste d’Équateur de cette initiative et exprimons dans le même temps notre profonde solidarité avec le peuple équatorien et son processus de transformation anti-impérialiste et démocratique mené par le président Rafael Correa.



Les partis, représentant leurs membres respectifs, félicitent chaleureusement le peuple vénézuelien et le commandant Hugo Chavez pour cette grande victoire stratégique de la République bolivarienne aux élections du 7 octobre.



De la même façon, le triomphe électoral des forces de gauche aux élections locales au Brésil et au Nicaragua sont des événements d'une grande importance. Dans ce dernier pays, la Révolution sandiniste se consolide jour après jour dans sa seconde phase, c'est ce qui sort du triomphe électoral des élections municipales cette année, dont l'ampleur n'a guère eu de précédent pour les forces révolutionnaires dans l'histoire de la démocratie.



D'autre part, la Révolution cubaine renforce son propre modèle démocratique avec une participation de 94% de la population aux élections locales.



Nous affirmons l'objectif d'intensifier les campagnes pour mettre fin à l'infâme blocus impérialiste contre Cuba et pour la libération immédiate des Cinq patriotes, cubains, anti-terroristes, injustement détenus aux États-Unis. Nous réaffirmons la position commune de nos peuples pour la souveraineté de l'Argentine sur les îles Malouines, pour l'indépendance de Porto Rico et pour le droit de la Bolivie à un débouché maritime.



Les nouvelles initiatives de paix présentées en Colombie méritent toute notre attention. Elles ont besoin du soutien, de la solidarité et de la vigilance des peuples, dans la perspective d'avancées démocratiques sur le continent.



Dans les pays frères du Vénézuela, de Bolivie, du Nicaragua, d'Uruguay, du Salvador, d'Argentine et du Brésil, sont en cours des processus anti-impérialistes et au contenu profondément démocratique. Nous soulignons la lutte de la jeunesse chilienne pour le droit à l'éducation, tout comme la résistance opiniâtre du peuple mapuche.



Nous assistons à un réveil de Notre Amérique, il s'agit de gagner une indépendance économique et politique vis-à-vis de l'Empire et d'en finir avec les politiques néo-libérales imposées par le FMI, la Banque mondiale et la Banque inter-américaine de développement, ce qui a conduit à une profonde crise sociale et politique, qui s'est concrétisé par le pillage de nos territoires par les multi-nationales, les privatisations de secteurs-clés de l'économie, la spéculation financière, la concentration de la propriété de la terre, par le chômage, l'augmentation de la pauvreté, la migration massive de compatriotes et la corruption.



Le nombre de pays qui décident par leur vote conséquent d'adopter une nouvelle façon de vivre est toujours plus important. De nouveaux modèles constitutionnels se créent qui tendent à garantir l'indépendance nationale et la souveraineté face à l'impérialisme ; à offrir à la majorité de la population, aux peuples autochtones leur expression légitime, pour la première fois dans l'histoire, la réalisation de leurs droits fondamentaux au bien-être ou sumak kausay, au travail, à la terre, à la santé, à l'éducation, à la sécurité sociale ; à garantir dans le même temps les droits de la Terre Mère. Dans tous nos pays, se développe une lutte économique, idéologique et politique toujours plus forte, constatant une importante transformation dans le rapport de forces en faveur des peuples. Les forces révolutionnaires gagnent du terrain dans les parlements et dans les organes de bases du pouvoir.



Il existe, toutefois, des obstacles qui n'ont pas encore permis d'approfondir les processus de transformations structurelles, comme la réforme agraire qui, en démocratisant la possession et l'exploitation de la terre, garantit pleinement la souveraineté alimentaire ; ou la limitation de la propriété privée monopolistique nationale et/ou trans-nationale sur les grands moyens de production.



Les processus d'intégration ont pour point de référence, sans nul doute, les positions de plus en plus anti-impérialistes et démocratiques de nos peuples et d'une grande partie de leurs gouvernements. L'ALBA, l'UNASUL, le MERCOSUL et la CELAC définissent un nouveau cap pour l'avenir de Notre Amérique, la voie du socialisme selon les particularités et les caractéristiques de chaque pays.



Nous saluons la victoire importante de Cuba à l'Assemblée générale des Nations unies, où elle a pu compter sur le soutien de 188 pays, isolant l'Empire qui n'a eu le soutien d’Israël et de la minuscule Palau, et les abstentions de la Micronésie et de îles Marshall.



L'Empire ne cesse de conspirer contre cet état de fait et finance, par ses agences et ses agents locaux, des coups d’État comme ceux au Honduras et au Paraguay ; ainsi que les tentatives déjouées au Vénézuela, en Bolivie et en Equateur. A cette fin, il manipule la question de l'insécurité, proposant des politiques plus répressives qui comprendraient la criminalisation des mouvements de protestation sociale ; ou il manipule également la question du narco-trafic ou du terrorisme, pour justifier sa présence militaire dans la région. Des couches importantes de la population sont influencées par des agences impérialistes comme USAID ; et dans d'autres cas elles sont désorientées par des organisations qui se disent de gauche, mais qui sont aujourd'hui sur la même ligne que la droite pro-impérialiste.



Les processus évoqués se produisent dans un contexte de crise de plus en plus aiguë du système capitaliste à l'échelle mondiale ; pendant ce temps, l'Empire de plus en plus agressif menace des peuples entiers, comme c'est le cas au Moyen-orient, sans exclure la possibilité d'une guerre d'agression de vaste ampleur. Le Premier monde court à la faillite, les plans d'austérité néo-libéraux sont à l'ordre du jour, le chômage explose, les coupes dans les dépenses publiques, la santé, l'éducation ; les travailleurs descendent dans la rue pour défendre leurs droits et affirmer qu'une autre manière de vivre est possible. De plus en plus clairement, l'ennemi majeur de l'humanité est identifié : l'impérialisme, tout comme est identifiée la seule issue pour les peuples, plus que jamais, le socialisme.



Il est nécessaire et possible, dans ces circonstances, de proposer de nouvelles et plus complexes formes d'alliances stratégiques des couches anti-impérialistes, démocratiques et révolutionnaires ; en proposant, dans chaque cas, un programme politique viable d'unité des gauches, au-delà des échéances électorales. Développer la solidarité la plus forte dans les luttes de nos peuples au niveau continental ; porter la lutte idéologique à travers la bataille des idées comme l'a défini le Commandant Fidel Castro, en utilisant tous les moyens alternatifs de communication, à partir du principe de José Marti selon lequel les tranchées d'idées valent mieux que les tranchées de pierre. Renouer avec la mémoire historique de nos peuples pour que tous les jeunes connaissent leurs héros et savent que, ici à Guayaquil, en 1829, Simon Bolivar a mis en garde la Grande patrie que « les États-Unis paraissent destinés par la Providence à semer la misère en Amérique au nom de la liberté ».



Les partis communistes appellent à la réalisation de rencontres régionales et sub-régionales qui développent l'échange d'expériences et de solidarité entre nos peuples, et auxquelles pourraient se joindre d'autres forces démocratiques, révolutionnaires et anti-impérialistes de Notre Amérique.



Partis signataires :



1 – le Parti de l'avant-garde populaire du Costa Rica ;

2 – le Parti communiste de Bolivie ;

3 – le Parti communiste d'Argentine ;

4 – le Parti communiste du Vénénzuela ;

5 – le Parti communiste du Pérou (Patria Roja) ;

6 – le Parti communiste de Cuba ;

7 – le Parti communiste d'Uruguay ;

8 – le Parti communiste colombien ;

9 – le Parti communiste du Brésil ;

10 – le Parti du peuple de Panama ;

11 – le Parti communiste du Chili ;

12 – le Front sandiniste de libération nationale

13 – le Parti communiste d'Equateur.

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 07:36

11_15_12_CoberturaCumbreIberoamericana_CSTV_CSR.jpgXXIIème Sommet ibéro-américain : les présidents latino-américains dénoncent « l'austérité » européenne

 



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Les chefs d’État et représentants de pays latino-américains présents au XXIIème sommet ibéro-américain, qui se tenait à Cadix, ont vivement critiqué la politique dite d' « austérité » mise en place en Europe sous prétexte des dettes souveraines.



Pour le président équatorien, ces politiques « approfondissent et étendent la crise, elles ne la résolvent pas. Au contraire, elles l'intensifient ». Tout à l'inverse, « l'Amérique latine est en train de dépasser la longue et triste nuit néo-libérale du consensus de Washington », a-t-il souligné.



Faisant le parallèle avec la situation qu'il a trouvé en Equateur lorsqu'il a pris la présidence – ce qu'il a qualifié de « la plus grande confiscation de richesse de l'histoire du pays » dû à cette « dette fictive » - Rafael Correa a rappelé que des milliards de dollars ont été également consacrés à sauver les banques, plongeant le peuple dans la pauvreté, l'exclusion et l'émigration.



« Il faut savoir qui commande : les êtres humains ou le capital » a dit Correa, qui a illustré son raisonnement par les expulsions dramatiques d'espagnols incapables de payer leurs hypothèques, amplifiant la contradiction de plus en plus patente entre « les gens sans-abris et les maisons (possédées par les banques) non-occupées ».



Partageant le même point de vue quant aux recettes défendues par la BCE, le FMI et la Banque mondiale, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff a insisté, de son côté, sur le fait que c'est une erreur « de penser que la consolidation budgétaire commune, simultanée et à marche forcée, soit bénéfique et puisse être une solution efficace ».



Dilma Rousseff a également souligné que les mesures adoptées au Portugal, en Espagne, en Grèce ou en Italie ne « montrent aucun résultat positif pour les gens, aucun horizon d'espoir et pas la moindre perspective si ce n'est celle d'années de souffrances », ce à quoi s'ajoute qu' « avec une croissance faible et les coupes dans les dépenses publiques, nous assistons à la croissance des déficits budgétaires et non à leur réduction, ce qui, à son tour conduit à une contraction du PIB ».



Le président de la Bolivie, Evo Morales, dans un même état d'esprit, a défendu le principe de nationalisation des entreprises des grands secteurs stratégiques, notant que cela nous a permis de « prendre en main notre développement et notre avenir », tandis que le ministre des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Parrilla, a constaté que les « politiques mises en œuvre en Europe ne s'attaquent pas aux causes de la crise mondiale » et, au contraire, elles menacent ce qu'on appelle l' « État social européen » tout en mettant en péril la « survie de l'euro », révélant les « dilemmes profonds de l'intégration européenne ».



Percutant, le représentant de Cuba a ajouté que les « systèmes politiques qui furent imposés comme des modèles perdent de leur légitimité » et a critiqué le fait que « les citoyens européens n'aient même pas été consultés ni même participé aux décisions prises par les gouvernements ».



Au contraire, dans certains pays d'Amérique latine, les « gouvernements ont adopté un parti-pris clair en faveur de la justice sociale, de l'équité et de la défense des intérêts souverains des peuples », a garanti le diplomate qui s'est également félicité des processus et des espaces d'intégration et de coopération formés sur le sous-continent, « notre œuvre la plus précieuse, portée par plus de deux siècles de luttes et d'espoirs ».



Surdité sélective et intéressée



Si en une autre occasion, les anciens colonisés avaient haussé le ton pour critiquer les vieilles puissances colonisatrices, la réponse avait été un insultant « pourquoi tu ne te tais pas » lancé à Hugo Chavez, cette fois Juan Carlos de Borbon a intégré les tics de la monarchie du vieux continent réunie avec les « indigènes » et s'est félicité du fait que les pays latino-américains« aient parlé d'une seule voix », cela pour, dans la foulée tendre la main, mendier avec un révélateur « désormais c'est l'Europe qui a le plus besoin de l'Amérique latine ».



Au-delà de ses paroles aussi séduisantes que trompeuses, les hôtes ont été atteints d'une surdité sélective bien confortable. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a dit aux journalistes ne pas avoir entendu les critiques contre l' « austérité » de la part de la présidente du Brésil. « Je n'ai rien entendu. Je ne sais pas où vous êtes allé chercher cela » (!), a-t-il déclaré.



Au sommet, Rajoy a insisté sur le fait que son gouvernement poursuivrait son action et a demandé à l'Amérique latine qu'elle voie « l'Europe comme une opportunité », concluant par un déconcertant « pour l'Espagne, l'Amérique latine n'a jamais été périphérique, mais centrale ».



Même son de cloche du côté du premier ministre portugais Passos Coelho, pour qui les nations ibéro-américaines n'ont pas exprimé lors de ce sommet « une divergence quant à la nécessité de réduire la dette et le déficit ». Ce qu'elles ont souligné, c'est leur « incompréhension de la réponse européenne » à la crise en l'absence d'une politique monétaire souveraine, a-t-il lancé, pour ensuite adresser un message aux possédants de l'autre rive de l'Atlantique, entre mise en garde et invitation.



« Dans la mesure où l'espace européen est, en termes commerciaux, le plus important du monde, et tant que l'Europe ne retrouve pas une dynamique de croissance, cela représente un coût également pour les autres économies », voilà pourquoi est il favorable à un « échange commercial plus ouvert », à une« communauté ibéro-américaine de plus en plus économique », sans « barrières », où tous « auraient à y gagner », a-t-il estimé.



Source : Avante, organe du Parti communiste portugais (PCP)

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:04

pcchileLe Parti communiste chilien (PCCh) double son score, avec 6,5% des voix, et son nombre d'élus aux élections locales

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Les élections locales du 28 octobre marquaient le premier rendez-vous électoral au Chili depuis le début du mouvement de lutte pour l'éducation publique. Une élection-test pour le gouvernement de droite ultra-libérale de Sebastian Pinera.

 

Le premier enseignement, c'est que les électeurs ont exprimé leur mécontentement en votant avec leurs pieds. Le taux d'abstention atteint les 58% pour l'élection des maires, 66% pour les conseillers.

 

Second enseignement, le vote sanction contre la droite aboutit à une victoire par défaut de l'opposition « de gauche » qui remporte 168 mairies contre 121 pour la droite, 49% des voix contre 32%. Le centre-gauche gagne par ailleurs le principal enjeu du scrutin, Santiago de Chile.

 

L'opposition de gauche partait en ordre dispersé. D'un côté, le pacte de la « Concertacion », cette alliance de centre-gauche qui a gouverné le pays de 1990 à 2009 réunissant Parti socialiste et Démocratie chrétienne. De l'autre, l'alliance « Pour un Chili juste » conduite par le Parti communiste, avec d'autres partis de gauche modérée (Parti radical, Parti pour la démocratie).

 

Si les deux listes concourraient de façon indépendante pour l'élection des conseillers, les modalités de l'élection des maires poussaient à des « pactes par omission », autrement dit des désistements des candidats soit de la Concertacion soit du bloc lié au Parti communiste, pour faire élire le candidat de gauche le mieux placé pour remporter l'élection.

 

Dans ce contexte, les résultats du Parti communiste se révèlent globalement positifs.

 

Quatre maires communistes sortent élus : dans les villes ouvrières de Diego de Almagro et la Ligua, et dans les communes populaires de l'agglomération de Santiago, Pedro Aguirre Cerda et Recoleta. Trois autres candidats apparentés communistes sont élus à Illapel, Los Vilos et Canela.

 

Si toute généralisation est problématique au niveau de l'élection des maires, l'élection des conseillers donne un aperçu plutôt réaliste du niveau du rapport de force politique :

 

A droite, l'UDI issue de la droite post-Pinochet obtient 17,2% des voix, le parti du président la Rénovation nationale 15,7%. Au centre-gauche, le Parti démocrate-chrétien récolte 15% des voix et le Parti socialiste 12%.

 

Le Parti communiste du Chili (PCCh) remporte 6,5% des voix, soit 250 000 voix, ainsi que 102 conseillers. Par rapport aux scores de 2008, le PCCh double son résultat en pourcentage (mais pas en nombre de voix) et le nombre de conseillers élus.

 

Un résultat à valoriser d'autant plus que le PCCh avait insisté pour mettre sur ses listes des acteurs du mouvement social, des candidats issus du mouvement étudiant ou des luttes ouvrières et enseignantes.

 

Le secrétaire-général du PCCh, Guillermo Tellier, a rappelé que sur les 102 conseillers élus sur les listes communistes, sept étaient issus de la Jeunesse communiste (JCCh).

 

Guillermo Tellier a souligné, dans la conférence de presse suivant l'annonce des résultats, sur la nécessité de lier travail politique du parti et mouvement social :

 

« Nous pouvons regarder l'avenir avec beaucoup d'optimisme, avec un regard positif, en construisant un lien fort avec le mouvement social, en contribuant à son renforcement, tant du point de vue de l'organisation syndicale, étudiante comme au niveau de toute la population.

 

Ces élections municipales sont importantes si on prend en compte que l'on a pu virer des maires qui s'opposaient à ce mouvement, qui étaient des ennemis tenaces de la réforme du système éducatif, de l'éducation gratuite. On les a battus à plate couture, et le mouvement social va suivre, et nous serons là pour le renforcer. »

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 06:16

obama_dilma.jpgUn gouvernement au service du grand capital



Communiqué du Parti communiste brésilien (PCB)

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La Commission politique nationale du PCB estime que le récent paquet économique annoncé par le gouvernement, mobilisant des ressources de l'ordre de 133 milliards de $ en travaux d'infrastructures ferroviaires et routières, consolide et approfondit le parti-pris du gouvernement du PT en faveur du grand capital et relance de façon accélérée le processus de privatisation de l'économie brésilienne, sous couvert de « concessions », de « partenariat public-privé ».



Ce paquet n'est que la première étape du Programme d'investissement dans la logistique, qui couvrira également les secteurs de l'énergie, des ports et aéroports et vient consolider l'option validée par la privatisation des trois principaux aéroports du pays et d'une autoroute reliant Rio de Janeiro à Espírito Santo.



Ces mesures sont l'incarnation même d'une ligne politique fort semblable à celle du gouvernement Fernando Henrique Cardoso, livrer le patrimoine public à l'initiative privée ; ce qui explique que même le PSDB a publié des articles dans les journaux pour féliciter la présidente Dilma pour son nouveau programme de privatisations. Le patronat a par ailleurs salué d'une seule voix le paquet et couvert d'éloges la présidente, à tel point que Eike Batista, le patron le plus riche du pays, a définit le paquet économique comme le « kit-bonheur » du patronat.



Ce coup de boost du capitalisme brésilien – un volume colossal de concessions à l'initiative privée, comme l'a si bien défini la revue réactionnaire Veja – va privatiser 7 500 kms d'autoroutes, bien plus que toutes les concessions du gouvernement précédent, qui n'ont atteint guère plus que 5 000 kms, et 10 000 kms de voies ferrées. Comme le rapporte avec fierté le journal O Globo, porte-parole des intérêts du grand capital, le Brésil, avec 23 400 kms d'autoroutes à péage, détient le record du monde de cette forme de privatisation, devant l'Allemagne et les États-Unis.



Pour faciliter encore plus la vie du patronat, le gouvernement s'est chargé de couvrir les acquisitions en terme de capacités de transport de marchandises des nouvelles entreprises concessionnaires, ce qui signifie que ces patrons ne courront aucun risque de perte si jamais la demande dans le secteur du fret était trop faible.



En outre, dans le plan même des cadeaux faits au patronat, il est convenu que la Banque nationale de développement économique et social (BNDES) financera près de 80% des projets de privatisation, dans le cadre d'un processus également similaire à celui du gouvernement précédent. C'est de l'argent public, une fois de plus, finançant des investisseurs privés. Et pour que l'on ait aucun doute sur les objectifs du gouvernement, celui-ci va encore concéder des incitations (exonérations fiscales) aux consortiums qui ont remporté les appels d'offre de privatisation des autoroutes et voies ferrées, et divulguera dans les prochaines semaines de nouvelles mesures privatisant les ports et aéroports.



Le gouvernement, annonce euphorique la presse bourgeoise, accordera également des « incitations » supplémentaires à ceux qui auront remporté les concessions : allègement de charges dans les secteurs du transport aérien et de marchandises, le cabotage, le transport maritime et l'entretien et la réparation d'avions, de moteurs et pièces détachées (des exonérations de l'ordre de 900 millions de $). C'est la bourgeoisie qui gagne et les travailleurs qui perdent, puisque ces secteurs cessent de contribuer à hauteur de 20% de la fiche de paie à la Sécurité sociale, et obtiennent en tout une réduction de 1 à 2% sur le salaire brut.



Il s'agit donc de la consolidation d'un modèle radical de construction d'un État maximal pour le grand capital et minimal pour les travailleurs. N'est-ce pas l'essence de ce qu'on appelle le néo-libéralisme ? Se révèle une fois de plus la nature de classe du gouvernement Dilma : tout en niant la revalorisation des salaires des 400 000 fonctionnaires publics et professeurs universitaires en grève et durcit les négociations avec les travailleurs, il ouvre les coffre-forts du gouvernement, via la BNDES, pour que les patrons fassent main basse sur le patrimoine public. Le plus honteux, c'est que la Centrale unique des travailleurs (CUT) et d'autres centrales jaunes, qui devraient être au côté des travailleurs grévistes, ont jugé positives les mesures de privatisation et leur ont donné leur aval, ce qui démontre toute la dégénérescence du syndicalisme officiel et jaune au Brésil.



Nous n'avons pas à attendre que les vainqueurs des concessions soient annoncés pour savoir, a priori, que, au-delà des nouveaux riches choisis par le gouvernement, les fonds de pension liés au syndicalisme officiel et jaune (comme Previ, Petros et Funcef) seront parmi les principaux bénéficiaires de la décision du gouvernement. Une fois de plus, le « PT Patron » sera représenté dans les conseils d'administration des grandes entreprises qui seront créées, dans de nouveaux secteurs stratégiques de l'économie brésilienne.



Avec ce plan de privatisations, le gouvernement du Parti des travailleurs (et ses alliés à gauche et à droite) jette définitivement le masque et enterre les illusions des naïfs et de ceux qui croient encore que ce gouvernement ait une quelconque dimension populaire. Cela confirme par ailleurs les analyses que rend le PCB sur le PT depuis 2005, lorsque nous avons rompu avec le gouvernement et avons adopté une position indépendante, malgré l'incompréhension que cela a pu susciter chez certains courants à gauche. Le seul critère pour juger un gouvernement, en fin de compte, c'est son rapport aux intérêts des travailleurs. Et, dans ce cas, nous sommes confrontés à une administration qui gouverne essentiellement pour le capital, qui coordonne et finance ses affaires, et ne donne que des miettes aux travailleurs, qui veut leur retirer le peu qu'il reste, avec la proposition de nivellement par le bas des droits des travailleurs, qui sera bientôt envoyée au Congrès national.

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