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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 06:50

edmilsoncosta--pcb.jpg« Nous analysons la situation brésilienne comme celle d'un capitalisme monopoliste »

 

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Entretien réalisé par les communistes colombiens avec Edmilson Costa, professeur d'université d'économie, secrétaire aux relations internationales du PCB

 

--Quelle est la différence entre le Parti communiste du Brésil (PCdoB) et le Parti communiste brésilien (PCB)?

 

--Le Parti communiste brésilien est le parti historique des communistes brésiliens, fondé en 1922, le parti qui a toujours été lié à l'Union soviétique, et qui a fait partie du mouvement communiste international depuis le début, et le PcdoB est une dissidence datant de 1962, qui fut dans un premier temps maoiste, et qui s'est rallié par la suite au Parti du travail d'Albanie. Ainsi, la différence à l'origine et la différence politique actuelle repose sur le fait que nous avons une ligne politique au Brésil très différente de celle de la ligne du PcdoB, car nous caractérisons la situation brésilienne comme celle d'un capitalisme plus dur, monopoliste. Par conséquent, la caractéristique centrale de la révolution est qu'elle doît être une révolution socialiste, et si il devait y avoir une révolution socialiste, nos efforts doivent être axés vers le camp prolétarien, le camp de tous les anti-capitalistes. Les camarades du PcdoB nouent une alliance multi-classiste avec le gouvernement Lula et avec divers gouvernements de centre-droit dans les régions, et nous, nous avons décidé de suivre la voie qui mène à gauche. Voilà les différences fondamentales entre nos deux partis.

 

--Vous estimez que los gouvernements Lula et Dilma Rousseff ont acté des transformations progressistes au Brésil?

 

--Nous avons participé au gouvernement Lula lors de son premier mandant pendant trois ans et ensuite nous en sommes partis, car nous avons vu que Lula ne respectait plus le programme sur lequel il avait été élu. A partir de là, nous sommes passés à l'opposition, en toute indépendance : quand le gouvernement fait quelque chose qui va dans le bon sens, nous le soutenons ; quand nous considérons que cela ne va pas dans le bon sens, nous le critiquons. Par exemple, nous soutenons le gouvernement quand il permet au Venezuela d'entrer dans le Mercosur, mais nous le critiquons durement quand il envoie des troupes brésiliennes à Haïti. Du point de vue économique, nous jugeons que Lula et Dilma ont gouverné pour le capital. Pour les travailleurs, ils ne restent que les miettes, des politiques de compensation. Il existe une colère très forte du côté des travailleurs. Il y a actuellement des milliers de travailleurs en grève, les ouvriers du bâtiment, les professeurs universitaires sont tous en grève contre la politique du gouvernement. Celui-ci a également mis en œuvre des politique néo-libérales, comme la réforme des retraites qui a fortement pénalisé les travailleurs. C'est un gouvernement qui apporte un important soutien financier au grands groupes brésiliens, nombre d'entre eux s'étendent désormais à l'ensemble de l'Amérique latine et possèdent également des positions hégémoniques fortes en Afrique et dans certains pays d'Asie. Tout ceci est très bien articulé et financé par le Gouvernement. Par conséquent, pour nous, notre grille d'analyse de ce gouvernement repose sur le rapport qu'il entretient avec les travailleurs, et en cela, ce n'est pas un gouvernement des travailleurs.

 

Quelle est l'analyse que vous faites des processus progressistes en Amérique latine : au Venezuela, en Bolivie, en Équateur, voire au Brésil ?

 

– Nous pensons qu'au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, il y a un processus de lutte plus avancé que dans d'autres pays d'Amérique latine. Mais au Vénézuela, il y a une faiblesse, et c'est le manque d'organisation populaire, c'est une révolution qui dépend beaucoup d'une seule personne, mais nous soutenons Chavez pour les prochaines élections. La victoire de Chavez est importante car elle ne représente pas seulement une victoire du peuple vénézuelien mais une victoire de tous les peuples d'Amérique latine. Cette victoire renforcera également les luttes sociales en Amérique latine, et serait un nouveau coup dur pour l'impérialisme. En Bolivie, il y a aussi un processus très complexe, avec une ingérence très forte du gouvernement Brésilien, qui soutient les latifundistes brésiliens qui vivent en Uruguay. Le gouvernement brésilien appuie ces personnes, qui sont un foyer de tension permanent contre le gouvernement Bolivien, puisqu'ils ont déjà tenté de faire sécession. La situation de l’Équateur est aussi difficile, car il n'y a pas de mouvement de masse organisé et une avant-garde qui mènerait ce mouvement. Voilà pourquoi nous disons qu'en Amérique latine se construit un processus de lutte populaire, mais qu'il n'y a pas encore une force politique capable de conduire le peuple aux transformations de classe nécessaires.

 

--Par rapport à la Colombie, quelle analyse faites-vous de notre situation ?

 

–Nous avons de bonnes relations tant avec le Parti communiste colombien qu'avec les insurgés. Au Brésil, nous sommes le seul parti qui organise des actions publiques de solidarité avec la guérilla et qui impulse un mouvement de solidarité, car nous saisissons que le problème de la guérilla n'est pas militaire. La guérilla trouve son origine dans des problèmes sociaux, avec une base sociale très forte, et on ne peut résoudre le problème par la voie militaire. Nous défendons l'idée d'une solution pacifique et juste au conflit colombien et nous espérons que les nouveaux mouvements, du type Marche Patriotique, contribueront à forcer le gouvernement à une négociation qui ouvrira la voie à une Colombie démocratique.

 

Croyez-vous que l'on soit dans une nouvelle situation dans le monde, rompant avec l'unilatéralisme, ou que soient en train de se constituer de nouvelles hégémonies avec la Chine, la Russie et d'autres pays comme le Brésil ?

 

Non. Nous comprenons que la situation mondiale est en train de changer, car la crise économique des pays centraux tend à réduire l'hégémonie des États-Unis, et cette réduction laisse un espace pour de nouvelles nations, de nouveaux pôles de pouvoir. En ce sens, les BRICS, le Brésil, la Chine, la Russie, l'Inde, jouent un rôle de plus en plus important dans le rapport de force mondial, mais il y a aussi un nouveau rapport de force du point de vue populaire, car si dans les premiers temps de la crise les travailleurs n'ont pas été à la fête, désormais les luttes populaires touchent les quatre coins du monde. Dans toute l'Europe, les travailleurs lancent des grèves, des mobilisations. Au nord de l'Afrique, sont tombés la dictature de Moubarak et celle de Ben Ali. Aux États-Unis même, existe une lutte embryonnaire chez les jeunes de Occupy Wall Street et chez les travailleurs du Wisconsin. Et il existe ici en Amérique latine une recrudescence de la lutte populaire. Par conséquent, selon notre analyse, la lutte de classe à l'échelle mondiale change de nature et cela ouvre des espaces pour de nouveaux rapports de force internationaux.

 

Participez-vous au Brésil à un niveau du gouvernement ou un autre, ou vous situez-vous complètement en dehors, dans l'opposition ?

 

Non. Nous participons à aucun gouvernement, nous travaillons de manière indépendante et nous participons logiquement aux élections. Je suis candidat à la mairie de Sao Paulo dans une coalition de gauche avec un autre parti qui s'appelle le Parti socialisme et libertéet nous avons des candidats participant aux élections dans tous les États.

 

Caractérisez-vous le Parti des travailleurs de Lula et de Rousseff comme un parti centriste, un parti social-démocrate ?

 

C'est un parti centriste. Il y a certaines tendances avec lesquelles nous continuons de dialoguer, qui sont de centre-gauche, mais la majorité correspond à un parti centriste, même pas social-démocrate.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 06:39

pcchile-copie-1Le Parti communiste chilien rend hommage à Salvador Allende trente-neuf ans après son exécution

« Ses idées sont toujours présentes dans nos luttes quotidiennes »

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce 11 septembre 2012, c'est devant le monument consacré à Salvador Allende que se sont réunis plusieurs organisations sociales et politiques pour rendre hommage au président mort il y a 39 ans au palais de la Moneda.



Une délégation du Parti communiste était au premier rang, menée par son président, le député Guillermo Teillier, et comptant également sur le député Lautaro Carmona et d'autres dirigeants d'organisations de défense des droits de l'Homme, professeurs et travailleurs.



En déposant une gerbe, Teillier a prononcé le discours suivant: « Le président Salvador Allende est entré dans la Moneda par la grande porte, dans les bras de son peuple qui lui a réservé un triomphe historique, plein d'espoir, avec l'idée de construire une Patrie plus juste, égalitaire, solidaire et démocratique. Le monde entier a focalisé toute son attention sur la présence de Salvador Allende à la Moneda, la présence de ministres ouvriers, du peuple dans le gouvernement Chilien et la présence du peuple discutant et analysant la façon de construire une société meilleure.



« Mais, avant même d'entrer dans le palais de la Moneda, il suscitait déjà la haine des États-Unis, des grandes multi-nationales qui en ce temps-là étaient maîtres de toutes les richesses naturelles du Chili ainsi que d'une grande partie de la droite et du patronat national qui entama sans attendre une grande campagne de déstabilisation de son gouvernement. Un des premiers actes criminels qu'ils commirent, avant que Salvador Allende accède au pouvoir, fut l'assassinat du général René Schneider.



Une poignée de militaires ambitieux, hauts gradés des forces armées, crurent que le coup d’État était le moyen de préserver ces intérêts et Salvador Allende qui était entré par la grande porte de la Moneda en est sorti en ayant donné sa vie pour le peuple du Chili, porte Morandé 80. Certains ont pensé qu'à partir de là Allende tomberait dans l'oubli, or, en sortant par cette porte, il est entré dans la grande porte de l'histoire.



Salvador Allende a été le président le plus remarquable, le plus noble dans ses sentiments et le plus fidèle au peuple du Chili. Aujourd'hui, quand nous nous disons que faire, nous disons : les idées de Salvador Allende sont présentes dans nos luttes quotidiennes et pas seulement au Chili, mais dans le monde entier, les idéaux que portait Salvador Allende sont des idéaux d'avenirs et qu'aujourd'hui ont fait siennes non seulement les chiliens et surtout sa jeunesse, mais aussi d'autres peuples qui ont remporté des victoires comme celles que Salvador Allende aurait aimé conquérir pour sa patrie. Aujourd'hui, quand nous réfléchissons, nous disons que devons être capables d'ouvrir de nouveau cette potentialité pour le peuple du Chili, c'est-à-dire que nous devons de nouveau être capables de forger l'unité, de porter des propositions pour que le peuple Chilien croie à nouveau dans la politique et dans sa capacité à décider lui-même de son destin ». (…)



« Voilà pourquoi nous luttons, c'est pour cela que nous continuerons à lutter et que nous souvenons aujourd'hui de Salvador Allende et nous continuons d'avancer avec ses idées vers la victoire »,a conclu Guillermo Teillier.

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 08:00

26738_9_PazConJusticiaSocial.jpgLe Parti communiste colombien salue les efforts des FARC et du gouvernement pour parvenir à une solution pacifique au conflit colombien



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Parti communiste colombien salue les annonces du gouvernement et des FARC, qui se sont mis d'accord pour entamer des pourparlers de paix.




Ce pas en avant, longtemps attendu, est le résultat d'efforts continus de la part des divers parties, dans le respect mutuel, la recherche de convergences et avec le soutien décisif des gouvernements de Cuba, du Vénézuela et de Norvège. Un processus renforcé par la disposition d'ELN à l'intégrer.



La recherche de la paix apparaît comme une urgence pour la société colombienne, et non comme la simple expression d'une bonne volonté. Le conflit armé, de nature sociale et politique, pèse lourdement sur la vie nationale. Son escalade, et l'implication du South Command des Etats-unis dans la direction des opérations, met en péril la stabilité de la région et la souveraineté sud-américaine.



L'extrême-droite, avec ses positions solides dans le pouvoir économique, politique et militaire tente de faire obstacle à ces nouveaux efforts de paix. Le dialogue en plein coeur de la guerre, dans les conditions colombiennes actuelles, reste sujet à des menaces et des défis préoccupants. Le cessez-le-feu bilatéral est une demande urgente exprimée par notre société.



La crise structurelle du pays et les inégalités se sont aggravées. La Colombie ne s'est certainement pas remise encore des problèmes de pauvreté et de ses déséquilibres sociaux et régionaux. Le modèle économique néo-libéral a joué un rôle crucial dans le processus d'accumulation de capital, par la dépossession des masses laborieuses, et s'est appuyé sur l'approfondissement de la guerre devenue une politique permanente de l'Etat, la répression et la criminalisation de l'opposition sociale.



La question de la paix représente aujourd'hui un espoir pour les grandes masses paupérisées, soumises à l'expropriation, à la précarisation, à l'abandon de la part de l'Etat et au silence du côté du pouvoir politique et médiatique. Les marches et manifestations populaires, indigènes, paysannes, ouvrières et étudiantes sont, de plus en plus, l'expression d'un peuple mis à l'écart des décisions fondamentales concernant les politiques publiques. La paix avec justice sociale est sa revendication première. Sa présence dans les rues et sur les routes marque une volonté légitime de jouer un rôle actif dans la construction d'un avenir de paix, de liberté, de droits sociaux revendicables, de démocratisation de la vie sociale et d'approfondissement de la démocratie.



Le PCC salue tous les secteurs de la société qui ont lutté pour la paix et les droits de l'Homme, faisant fi des stigmatisations, des accusations, des poursuites judiciaires et des mauvais traitements.



Il est nécessaire de continuer à rester vigilants et critiques face aux menaces pesant sur nos organisations et nos militants, face aux provocations. L'heure de l'unité est venue, celle de l'action commune et de la mobilisation populaire.

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 06:42

yo-si-puedo.gifLe programme cubain d'alphabétisation « Yo si puedo » a appris à lire et écrire à plus de 800 000 boliviens



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Le programme bolivien d'alphabétisation a donné une instruction à 824 101 personnes de 2006 à août 2012, à l'aide de la méthode cubaine « Yo si puedo » (« Oui, je peux »), a souligné le vice-ministre à l’Éducation spéciale et alternative, Noël Aguirre.



Depuis 2006, la Bolivie a ramené à 3,7% le taux d' analphabétisme dans les 337 communes que compte le pays, a annoncé le fonctionnaire à la presse locale à l'occasion des célébrations de la Journée internationale de l'alphabétisation le 8 septembre prochain.



Aguirre rappelle que ce succès a été reconnu par l'UNESCO, qui a déclaré la Bolivie territoire libéré de l'analphabétisme le 20 décembre 2008.



Selon les autorités, 70% des personnes qui suivent les cours d'alphabétisation dans le pays sont des femmes.



Actuellement, 154 700 personnes de plus de 15 ans participent en Bolivie au processus de post-alphabétisation dans 11 974 salles de classe localisées dans les écoles, les prisons, les asiles, les établissements éducatifs, militaires, dans les quartiers, les églises et les coopératives agricoles du pays.



Des efforts sont entrepris par ailleurs pour alphabétiser les populations marginalisés, dans des programmes auxquels ont participé 41 742 boliviens.



La méthode d'alphabétisation « Yo, si puedo » est un programme éducatif cubain visant à l'alphabétisation gratuite d'adultes sur une période de trois mois, un dispositif qu'a suivi plusieurs pays à travers le monde et qui a permis l'alphabétisation de millions de personnes.



Source : Prensa Latina

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 09:18

barbara-figueroa-cut[1]Victoire historique du syndicalisme de classe au Chili

La liste menée par les communistes renverse la direction réformiste de la CUT

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Image: Barbara Figueroa, nouvelle présidente de la CUT



Depuis plus d'un an, le Chili connaît des mouvements de lutte inédits depuis la chute de la dictature. Manifestations étudiantes et enseignantes, occupations de lycées, grèves de mineurs : la lutte a touché tous les secteurs et s'est assuré la solidarité de l'immense majorité d'un peuple exaspéré par les réformes libérales du gouvernement de droite.



Pourtant, hormis dans certaines branches plus combatives, la direction de la CUT (Centrale unitaire des travailleurs) est apparue comme avançant à reculons dans ce mouvement, privilégiant la voie du « dialogue social » à celle de la grève générale, suscitant la défiance des bases militantes.



Ce 23 août, les 750 000 syndiqués de la CUT étaient appelés à ré-élire leurs instances dirigeantes, à travers l'élection indirecte de 60 conseillers nationaux.



Les communistes à la tête de la CUT, une première depuis 40 ans



Quatre listes étaient présentées au vote : la liste A (« Alternative unitaire ») menée par le syndicaliste du pétrole, démocrate-chrétien, Nolberto Diaz, la liste C (« Les travailleurs au pouvoir») conduite par les gauchistes du MIR et surtout les deux listes principales :



  • la liste D (« Autonomie syndicale ») de la direction sortante réformiste, menée par le socialiste Arturo Martinez, à la tête de la centrale depuis douze ans, prônant un syndicalisme de co-gestion ;



  • la liste B (« Unité et lutte ») conduite par les dirigeants syndicaux communistes, Barbara Figueroa, du syndicat des enseignants, et Cristian Cuevas, secrétaire du syndicat des mineurs de cuivre (CTC) ;



Les résultats définitifs tombés le 27 août confirment la victoire étroite de la liste soutenue par le Parti communiste avec 320 000 voix (44%) et 27 délégués, devant la liste de la direction sortante avec 300 000 voix (42%) et 25 délégués. La liste A, démocrate-chrétienne, obtient 98 000 voix (13%) et la liste C, gauchiste, 6 000 (1%).



La victoire est historique. Cela faisait quarante ans que les communistes n'étaient plus à la tête de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), la confédération syndicale historiquement dominante au sein de la classe ouvrière chilienne.



Tensions au sein du Parti communiste : soutien à la direction réformiste du syndicat ou liste d'opposition sur des bases de classe ?



Et pourtant, la mise sur pied de cette liste « communiste » a été tout sauf un long fleuve tranquille. Elle a révélé de profondes tensions non seulement au sein du syndicat mais aussi dans le Parti communiste.



D'une part, les débats préalables à la constitution de la liste ont confirmé l'existence d'un puissant courant réformiste dans les rangs communistes.



Au cours des dernières années, aussi au nom des alliances politiques « de gauche » avec le PS, les dirigeants du Parti communiste se sont souvent accommodés de la direction syndicale réformiste de Arturo Martinez. Ils n'ont tout du moins pas manifesté une ligne cohérente vis-à-vis du mouvement syndical.



Des syndicalistes affiliés au Parti communiste ont par ailleurs accédé aux plus hautes sphères du syndicat : Jaime Gajardo, président du Syndicat des professeurs, était devenu secrétaire-général de la CUT tandis que Guillermo Salinas s'installait comme sous-secrétaire de la CUT, et devenait le bras droit officieux du président Martinez.



D'autre part, les mouvements de lutte dans les secteurs des mines et de l'éducation ont mis sur le premier plan des figures d'un syndicalisme plus combatif. On pense à Camila Vallejo, jeune communiste et secrétaire du syndicat des étudiants de l'Université du Chili (FECH), mais aussi Cristian Cuevas, secrétaire de la Centrale des travailleurs du cuivre (CTC).


 

Cristian Cuevas, militant du Parti communiste, n'a pas hésité dans les dernières semaines à exprimer son opposition frontale à la ligne réformiste, de concertation, et à la gestion du syndicat quasi mafieuse d'Arturo Martinez, appelant les dirigeants communistes à s'en dissocier.



Après des tensions vives entre dirigeants syndicaux « communistes », partagés entre ceux intégrés à la direction réformiste et contestataires de la ligne de la direction, c'est une liste de compromis qui a été établie par le Parti communiste :



Cristian Cuevas nommé numéro 2 de la liste et Barbara Figueroa, secrétaire-générale du syndicat enseignant, figure de la lutte de l'an dernier pour l'éducation publique, était désignée tête de liste.

 

Parmi les membres actuels de la direction de la CUT, si Jaime Gajardo se ralliait – après une période de tensions assez vives avec Cuevas – à la liste communiste, Guilllermo Salinas décidait lui de soutenir jusqu'au bout la liste de la direction syndicale réformiste.



A la suite de la victoire, la nouvelle présidente de la CUT, Barbara Figueroa, a tenu à affirmer la victoire, non pas d'un « courant » politique mais bien d'une conception de la lutte syndicale et politique alternative, plus combative :



« On a perdu en crédibilité et en confiance, car pendant des années on a soutenu une ligne de concertation, de petits accords, avec la logique du 'on fait ce qu'on peut'. Cela manquait cruellement de combativité. Cette façon de faire du syndicalisme, c'est terminé. C'est une nouvelle étape qui s'ouvre, plus combative, où non seulement on va aller au combat, mais où surtout nous devrons être capables de gagner des avancées ».



Au Chili, comme en Uruguay en octobre 2011, les communistes – avec des contradictions et des tensions internes – sont parvenus à mettre en échec les directions réformistes des centrales syndicales unitaires.



Au moment où la lutte des étudiants et des enseignants est relancée, où le mouvement des mineurs pour la défense de leurs conditions de vie et la re-nationalisation du cuivre est toujours d'actualité, la victoire historique du courant de classe dans la CUT ouvre aux travailleurs chiliens de meilleures perspectives pour mettre en échec les projets gouvernementaux et ouvrir, par la lutte, une alternative au système hérité de Pinochet.

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