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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclarations, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 07:36

11_15_12_CoberturaCumbreIberoamericana_CSTV_CSR.jpgXXIIème Sommet ibéro-américain : les présidents latino-américains dénoncent « l'austérité » européenne

 



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Les chefs d’État et représentants de pays latino-américains présents au XXIIème sommet ibéro-américain, qui se tenait à Cadix, ont vivement critiqué la politique dite d' « austérité » mise en place en Europe sous prétexte des dettes souveraines.



Pour le président équatorien, ces politiques « approfondissent et étendent la crise, elles ne la résolvent pas. Au contraire, elles l'intensifient ». Tout à l'inverse, « l'Amérique latine est en train de dépasser la longue et triste nuit néo-libérale du consensus de Washington », a-t-il souligné.



Faisant le parallèle avec la situation qu'il a trouvé en Equateur lorsqu'il a pris la présidence – ce qu'il a qualifié de « la plus grande confiscation de richesse de l'histoire du pays » dû à cette « dette fictive » - Rafael Correa a rappelé que des milliards de dollars ont été également consacrés à sauver les banques, plongeant le peuple dans la pauvreté, l'exclusion et l'émigration.



« Il faut savoir qui commande : les êtres humains ou le capital » a dit Correa, qui a illustré son raisonnement par les expulsions dramatiques d'espagnols incapables de payer leurs hypothèques, amplifiant la contradiction de plus en plus patente entre « les gens sans-abris et les maisons (possédées par les banques) non-occupées ».



Partageant le même point de vue quant aux recettes défendues par la BCE, le FMI et la Banque mondiale, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff a insisté, de son côté, sur le fait que c'est une erreur « de penser que la consolidation budgétaire commune, simultanée et à marche forcée, soit bénéfique et puisse être une solution efficace ».



Dilma Rousseff a également souligné que les mesures adoptées au Portugal, en Espagne, en Grèce ou en Italie ne « montrent aucun résultat positif pour les gens, aucun horizon d'espoir et pas la moindre perspective si ce n'est celle d'années de souffrances », ce à quoi s'ajoute qu' « avec une croissance faible et les coupes dans les dépenses publiques, nous assistons à la croissance des déficits budgétaires et non à leur réduction, ce qui, à son tour conduit à une contraction du PIB ».



Le président de la Bolivie, Evo Morales, dans un même état d'esprit, a défendu le principe de nationalisation des entreprises des grands secteurs stratégiques, notant que cela nous a permis de « prendre en main notre développement et notre avenir », tandis que le ministre des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Parrilla, a constaté que les « politiques mises en œuvre en Europe ne s'attaquent pas aux causes de la crise mondiale » et, au contraire, elles menacent ce qu'on appelle l' « État social européen » tout en mettant en péril la « survie de l'euro », révélant les « dilemmes profonds de l'intégration européenne ».



Percutant, le représentant de Cuba a ajouté que les « systèmes politiques qui furent imposés comme des modèles perdent de leur légitimité » et a critiqué le fait que « les citoyens européens n'aient même pas été consultés ni même participé aux décisions prises par les gouvernements ».



Au contraire, dans certains pays d'Amérique latine, les « gouvernements ont adopté un parti-pris clair en faveur de la justice sociale, de l'équité et de la défense des intérêts souverains des peuples », a garanti le diplomate qui s'est également félicité des processus et des espaces d'intégration et de coopération formés sur le sous-continent, « notre œuvre la plus précieuse, portée par plus de deux siècles de luttes et d'espoirs ».



Surdité sélective et intéressée



Si en une autre occasion, les anciens colonisés avaient haussé le ton pour critiquer les vieilles puissances colonisatrices, la réponse avait été un insultant « pourquoi tu ne te tais pas » lancé à Hugo Chavez, cette fois Juan Carlos de Borbon a intégré les tics de la monarchie du vieux continent réunie avec les « indigènes » et s'est félicité du fait que les pays latino-américains« aient parlé d'une seule voix », cela pour, dans la foulée tendre la main, mendier avec un révélateur « désormais c'est l'Europe qui a le plus besoin de l'Amérique latine ».



Au-delà de ses paroles aussi séduisantes que trompeuses, les hôtes ont été atteints d'une surdité sélective bien confortable. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a dit aux journalistes ne pas avoir entendu les critiques contre l' « austérité » de la part de la présidente du Brésil. « Je n'ai rien entendu. Je ne sais pas où vous êtes allé chercher cela » (!), a-t-il déclaré.



Au sommet, Rajoy a insisté sur le fait que son gouvernement poursuivrait son action et a demandé à l'Amérique latine qu'elle voie « l'Europe comme une opportunité », concluant par un déconcertant « pour l'Espagne, l'Amérique latine n'a jamais été périphérique, mais centrale ».



Même son de cloche du côté du premier ministre portugais Passos Coelho, pour qui les nations ibéro-américaines n'ont pas exprimé lors de ce sommet « une divergence quant à la nécessité de réduire la dette et le déficit ». Ce qu'elles ont souligné, c'est leur « incompréhension de la réponse européenne » à la crise en l'absence d'une politique monétaire souveraine, a-t-il lancé, pour ensuite adresser un message aux possédants de l'autre rive de l'Atlantique, entre mise en garde et invitation.



« Dans la mesure où l'espace européen est, en termes commerciaux, le plus important du monde, et tant que l'Europe ne retrouve pas une dynamique de croissance, cela représente un coût également pour les autres économies », voilà pourquoi est il favorable à un « échange commercial plus ouvert », à une« communauté ibéro-américaine de plus en plus économique », sans « barrières », où tous « auraient à y gagner », a-t-il estimé.



Source : Avante, organe du Parti communiste portugais (PCP)

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:04

pcchileLe Parti communiste chilien (PCCh) double son score, avec 6,5% des voix, et son nombre d'élus aux élections locales

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Les élections locales du 28 octobre marquaient le premier rendez-vous électoral au Chili depuis le début du mouvement de lutte pour l'éducation publique. Une élection-test pour le gouvernement de droite ultra-libérale de Sebastian Pinera.

 

Le premier enseignement, c'est que les électeurs ont exprimé leur mécontentement en votant avec leurs pieds. Le taux d'abstention atteint les 58% pour l'élection des maires, 66% pour les conseillers.

 

Second enseignement, le vote sanction contre la droite aboutit à une victoire par défaut de l'opposition « de gauche » qui remporte 168 mairies contre 121 pour la droite, 49% des voix contre 32%. Le centre-gauche gagne par ailleurs le principal enjeu du scrutin, Santiago de Chile.

 

L'opposition de gauche partait en ordre dispersé. D'un côté, le pacte de la « Concertacion », cette alliance de centre-gauche qui a gouverné le pays de 1990 à 2009 réunissant Parti socialiste et Démocratie chrétienne. De l'autre, l'alliance « Pour un Chili juste » conduite par le Parti communiste, avec d'autres partis de gauche modérée (Parti radical, Parti pour la démocratie).

 

Si les deux listes concourraient de façon indépendante pour l'élection des conseillers, les modalités de l'élection des maires poussaient à des « pactes par omission », autrement dit des désistements des candidats soit de la Concertacion soit du bloc lié au Parti communiste, pour faire élire le candidat de gauche le mieux placé pour remporter l'élection.

 

Dans ce contexte, les résultats du Parti communiste se révèlent globalement positifs.

 

Quatre maires communistes sortent élus : dans les villes ouvrières de Diego de Almagro et la Ligua, et dans les communes populaires de l'agglomération de Santiago, Pedro Aguirre Cerda et Recoleta. Trois autres candidats apparentés communistes sont élus à Illapel, Los Vilos et Canela.

 

Si toute généralisation est problématique au niveau de l'élection des maires, l'élection des conseillers donne un aperçu plutôt réaliste du niveau du rapport de force politique :

 

A droite, l'UDI issue de la droite post-Pinochet obtient 17,2% des voix, le parti du président la Rénovation nationale 15,7%. Au centre-gauche, le Parti démocrate-chrétien récolte 15% des voix et le Parti socialiste 12%.

 

Le Parti communiste du Chili (PCCh) remporte 6,5% des voix, soit 250 000 voix, ainsi que 102 conseillers. Par rapport aux scores de 2008, le PCCh double son résultat en pourcentage (mais pas en nombre de voix) et le nombre de conseillers élus.

 

Un résultat à valoriser d'autant plus que le PCCh avait insisté pour mettre sur ses listes des acteurs du mouvement social, des candidats issus du mouvement étudiant ou des luttes ouvrières et enseignantes.

 

Le secrétaire-général du PCCh, Guillermo Tellier, a rappelé que sur les 102 conseillers élus sur les listes communistes, sept étaient issus de la Jeunesse communiste (JCCh).

 

Guillermo Tellier a souligné, dans la conférence de presse suivant l'annonce des résultats, sur la nécessité de lier travail politique du parti et mouvement social :

 

« Nous pouvons regarder l'avenir avec beaucoup d'optimisme, avec un regard positif, en construisant un lien fort avec le mouvement social, en contribuant à son renforcement, tant du point de vue de l'organisation syndicale, étudiante comme au niveau de toute la population.

 

Ces élections municipales sont importantes si on prend en compte que l'on a pu virer des maires qui s'opposaient à ce mouvement, qui étaient des ennemis tenaces de la réforme du système éducatif, de l'éducation gratuite. On les a battus à plate couture, et le mouvement social va suivre, et nous serons là pour le renforcer. »

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 06:16

obama_dilma.jpgUn gouvernement au service du grand capital



Communiqué du Parti communiste brésilien (PCB)

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La Commission politique nationale du PCB estime que le récent paquet économique annoncé par le gouvernement, mobilisant des ressources de l'ordre de 133 milliards de $ en travaux d'infrastructures ferroviaires et routières, consolide et approfondit le parti-pris du gouvernement du PT en faveur du grand capital et relance de façon accélérée le processus de privatisation de l'économie brésilienne, sous couvert de « concessions », de « partenariat public-privé ».



Ce paquet n'est que la première étape du Programme d'investissement dans la logistique, qui couvrira également les secteurs de l'énergie, des ports et aéroports et vient consolider l'option validée par la privatisation des trois principaux aéroports du pays et d'une autoroute reliant Rio de Janeiro à Espírito Santo.



Ces mesures sont l'incarnation même d'une ligne politique fort semblable à celle du gouvernement Fernando Henrique Cardoso, livrer le patrimoine public à l'initiative privée ; ce qui explique que même le PSDB a publié des articles dans les journaux pour féliciter la présidente Dilma pour son nouveau programme de privatisations. Le patronat a par ailleurs salué d'une seule voix le paquet et couvert d'éloges la présidente, à tel point que Eike Batista, le patron le plus riche du pays, a définit le paquet économique comme le « kit-bonheur » du patronat.



Ce coup de boost du capitalisme brésilien – un volume colossal de concessions à l'initiative privée, comme l'a si bien défini la revue réactionnaire Veja – va privatiser 7 500 kms d'autoroutes, bien plus que toutes les concessions du gouvernement précédent, qui n'ont atteint guère plus que 5 000 kms, et 10 000 kms de voies ferrées. Comme le rapporte avec fierté le journal O Globo, porte-parole des intérêts du grand capital, le Brésil, avec 23 400 kms d'autoroutes à péage, détient le record du monde de cette forme de privatisation, devant l'Allemagne et les États-Unis.



Pour faciliter encore plus la vie du patronat, le gouvernement s'est chargé de couvrir les acquisitions en terme de capacités de transport de marchandises des nouvelles entreprises concessionnaires, ce qui signifie que ces patrons ne courront aucun risque de perte si jamais la demande dans le secteur du fret était trop faible.



En outre, dans le plan même des cadeaux faits au patronat, il est convenu que la Banque nationale de développement économique et social (BNDES) financera près de 80% des projets de privatisation, dans le cadre d'un processus également similaire à celui du gouvernement précédent. C'est de l'argent public, une fois de plus, finançant des investisseurs privés. Et pour que l'on ait aucun doute sur les objectifs du gouvernement, celui-ci va encore concéder des incitations (exonérations fiscales) aux consortiums qui ont remporté les appels d'offre de privatisation des autoroutes et voies ferrées, et divulguera dans les prochaines semaines de nouvelles mesures privatisant les ports et aéroports.



Le gouvernement, annonce euphorique la presse bourgeoise, accordera également des « incitations » supplémentaires à ceux qui auront remporté les concessions : allègement de charges dans les secteurs du transport aérien et de marchandises, le cabotage, le transport maritime et l'entretien et la réparation d'avions, de moteurs et pièces détachées (des exonérations de l'ordre de 900 millions de $). C'est la bourgeoisie qui gagne et les travailleurs qui perdent, puisque ces secteurs cessent de contribuer à hauteur de 20% de la fiche de paie à la Sécurité sociale, et obtiennent en tout une réduction de 1 à 2% sur le salaire brut.



Il s'agit donc de la consolidation d'un modèle radical de construction d'un État maximal pour le grand capital et minimal pour les travailleurs. N'est-ce pas l'essence de ce qu'on appelle le néo-libéralisme ? Se révèle une fois de plus la nature de classe du gouvernement Dilma : tout en niant la revalorisation des salaires des 400 000 fonctionnaires publics et professeurs universitaires en grève et durcit les négociations avec les travailleurs, il ouvre les coffre-forts du gouvernement, via la BNDES, pour que les patrons fassent main basse sur le patrimoine public. Le plus honteux, c'est que la Centrale unique des travailleurs (CUT) et d'autres centrales jaunes, qui devraient être au côté des travailleurs grévistes, ont jugé positives les mesures de privatisation et leur ont donné leur aval, ce qui démontre toute la dégénérescence du syndicalisme officiel et jaune au Brésil.



Nous n'avons pas à attendre que les vainqueurs des concessions soient annoncés pour savoir, a priori, que, au-delà des nouveaux riches choisis par le gouvernement, les fonds de pension liés au syndicalisme officiel et jaune (comme Previ, Petros et Funcef) seront parmi les principaux bénéficiaires de la décision du gouvernement. Une fois de plus, le « PT Patron » sera représenté dans les conseils d'administration des grandes entreprises qui seront créées, dans de nouveaux secteurs stratégiques de l'économie brésilienne.



Avec ce plan de privatisations, le gouvernement du Parti des travailleurs (et ses alliés à gauche et à droite) jette définitivement le masque et enterre les illusions des naïfs et de ceux qui croient encore que ce gouvernement ait une quelconque dimension populaire. Cela confirme par ailleurs les analyses que rend le PCB sur le PT depuis 2005, lorsque nous avons rompu avec le gouvernement et avons adopté une position indépendante, malgré l'incompréhension que cela a pu susciter chez certains courants à gauche. Le seul critère pour juger un gouvernement, en fin de compte, c'est son rapport aux intérêts des travailleurs. Et, dans ce cas, nous sommes confrontés à une administration qui gouverne essentiellement pour le capital, qui coordonne et finance ses affaires, et ne donne que des miettes aux travailleurs, qui veut leur retirer le peu qu'il reste, avec la proposition de nivellement par le bas des droits des travailleurs, qui sera bientôt envoyée au Congrès national.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 06:50

edmilsoncosta--pcb.jpg« Nous analysons la situation brésilienne comme celle d'un capitalisme monopoliste »

 

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Entretien réalisé par les communistes colombiens avec Edmilson Costa, professeur d'université d'économie, secrétaire aux relations internationales du PCB

 

--Quelle est la différence entre le Parti communiste du Brésil (PCdoB) et le Parti communiste brésilien (PCB)?

 

--Le Parti communiste brésilien est le parti historique des communistes brésiliens, fondé en 1922, le parti qui a toujours été lié à l'Union soviétique, et qui a fait partie du mouvement communiste international depuis le début, et le PcdoB est une dissidence datant de 1962, qui fut dans un premier temps maoiste, et qui s'est rallié par la suite au Parti du travail d'Albanie. Ainsi, la différence à l'origine et la différence politique actuelle repose sur le fait que nous avons une ligne politique au Brésil très différente de celle de la ligne du PcdoB, car nous caractérisons la situation brésilienne comme celle d'un capitalisme plus dur, monopoliste. Par conséquent, la caractéristique centrale de la révolution est qu'elle doît être une révolution socialiste, et si il devait y avoir une révolution socialiste, nos efforts doivent être axés vers le camp prolétarien, le camp de tous les anti-capitalistes. Les camarades du PcdoB nouent une alliance multi-classiste avec le gouvernement Lula et avec divers gouvernements de centre-droit dans les régions, et nous, nous avons décidé de suivre la voie qui mène à gauche. Voilà les différences fondamentales entre nos deux partis.

 

--Vous estimez que los gouvernements Lula et Dilma Rousseff ont acté des transformations progressistes au Brésil?

 

--Nous avons participé au gouvernement Lula lors de son premier mandant pendant trois ans et ensuite nous en sommes partis, car nous avons vu que Lula ne respectait plus le programme sur lequel il avait été élu. A partir de là, nous sommes passés à l'opposition, en toute indépendance : quand le gouvernement fait quelque chose qui va dans le bon sens, nous le soutenons ; quand nous considérons que cela ne va pas dans le bon sens, nous le critiquons. Par exemple, nous soutenons le gouvernement quand il permet au Venezuela d'entrer dans le Mercosur, mais nous le critiquons durement quand il envoie des troupes brésiliennes à Haïti. Du point de vue économique, nous jugeons que Lula et Dilma ont gouverné pour le capital. Pour les travailleurs, ils ne restent que les miettes, des politiques de compensation. Il existe une colère très forte du côté des travailleurs. Il y a actuellement des milliers de travailleurs en grève, les ouvriers du bâtiment, les professeurs universitaires sont tous en grève contre la politique du gouvernement. Celui-ci a également mis en œuvre des politique néo-libérales, comme la réforme des retraites qui a fortement pénalisé les travailleurs. C'est un gouvernement qui apporte un important soutien financier au grands groupes brésiliens, nombre d'entre eux s'étendent désormais à l'ensemble de l'Amérique latine et possèdent également des positions hégémoniques fortes en Afrique et dans certains pays d'Asie. Tout ceci est très bien articulé et financé par le Gouvernement. Par conséquent, pour nous, notre grille d'analyse de ce gouvernement repose sur le rapport qu'il entretient avec les travailleurs, et en cela, ce n'est pas un gouvernement des travailleurs.

 

Quelle est l'analyse que vous faites des processus progressistes en Amérique latine : au Venezuela, en Bolivie, en Équateur, voire au Brésil ?

 

– Nous pensons qu'au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, il y a un processus de lutte plus avancé que dans d'autres pays d'Amérique latine. Mais au Vénézuela, il y a une faiblesse, et c'est le manque d'organisation populaire, c'est une révolution qui dépend beaucoup d'une seule personne, mais nous soutenons Chavez pour les prochaines élections. La victoire de Chavez est importante car elle ne représente pas seulement une victoire du peuple vénézuelien mais une victoire de tous les peuples d'Amérique latine. Cette victoire renforcera également les luttes sociales en Amérique latine, et serait un nouveau coup dur pour l'impérialisme. En Bolivie, il y a aussi un processus très complexe, avec une ingérence très forte du gouvernement Brésilien, qui soutient les latifundistes brésiliens qui vivent en Uruguay. Le gouvernement brésilien appuie ces personnes, qui sont un foyer de tension permanent contre le gouvernement Bolivien, puisqu'ils ont déjà tenté de faire sécession. La situation de l’Équateur est aussi difficile, car il n'y a pas de mouvement de masse organisé et une avant-garde qui mènerait ce mouvement. Voilà pourquoi nous disons qu'en Amérique latine se construit un processus de lutte populaire, mais qu'il n'y a pas encore une force politique capable de conduire le peuple aux transformations de classe nécessaires.

 

--Par rapport à la Colombie, quelle analyse faites-vous de notre situation ?

 

–Nous avons de bonnes relations tant avec le Parti communiste colombien qu'avec les insurgés. Au Brésil, nous sommes le seul parti qui organise des actions publiques de solidarité avec la guérilla et qui impulse un mouvement de solidarité, car nous saisissons que le problème de la guérilla n'est pas militaire. La guérilla trouve son origine dans des problèmes sociaux, avec une base sociale très forte, et on ne peut résoudre le problème par la voie militaire. Nous défendons l'idée d'une solution pacifique et juste au conflit colombien et nous espérons que les nouveaux mouvements, du type Marche Patriotique, contribueront à forcer le gouvernement à une négociation qui ouvrira la voie à une Colombie démocratique.

 

Croyez-vous que l'on soit dans une nouvelle situation dans le monde, rompant avec l'unilatéralisme, ou que soient en train de se constituer de nouvelles hégémonies avec la Chine, la Russie et d'autres pays comme le Brésil ?

 

Non. Nous comprenons que la situation mondiale est en train de changer, car la crise économique des pays centraux tend à réduire l'hégémonie des États-Unis, et cette réduction laisse un espace pour de nouvelles nations, de nouveaux pôles de pouvoir. En ce sens, les BRICS, le Brésil, la Chine, la Russie, l'Inde, jouent un rôle de plus en plus important dans le rapport de force mondial, mais il y a aussi un nouveau rapport de force du point de vue populaire, car si dans les premiers temps de la crise les travailleurs n'ont pas été à la fête, désormais les luttes populaires touchent les quatre coins du monde. Dans toute l'Europe, les travailleurs lancent des grèves, des mobilisations. Au nord de l'Afrique, sont tombés la dictature de Moubarak et celle de Ben Ali. Aux États-Unis même, existe une lutte embryonnaire chez les jeunes de Occupy Wall Street et chez les travailleurs du Wisconsin. Et il existe ici en Amérique latine une recrudescence de la lutte populaire. Par conséquent, selon notre analyse, la lutte de classe à l'échelle mondiale change de nature et cela ouvre des espaces pour de nouveaux rapports de force internationaux.

 

Participez-vous au Brésil à un niveau du gouvernement ou un autre, ou vous situez-vous complètement en dehors, dans l'opposition ?

 

Non. Nous participons à aucun gouvernement, nous travaillons de manière indépendante et nous participons logiquement aux élections. Je suis candidat à la mairie de Sao Paulo dans une coalition de gauche avec un autre parti qui s'appelle le Parti socialisme et libertéet nous avons des candidats participant aux élections dans tous les États.

 

Caractérisez-vous le Parti des travailleurs de Lula et de Rousseff comme un parti centriste, un parti social-démocrate ?

 

C'est un parti centriste. Il y a certaines tendances avec lesquelles nous continuons de dialoguer, qui sont de centre-gauche, mais la majorité correspond à un parti centriste, même pas social-démocrate.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 06:39

pcchile-copie-1Le Parti communiste chilien rend hommage à Salvador Allende trente-neuf ans après son exécution

« Ses idées sont toujours présentes dans nos luttes quotidiennes »

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce 11 septembre 2012, c'est devant le monument consacré à Salvador Allende que se sont réunis plusieurs organisations sociales et politiques pour rendre hommage au président mort il y a 39 ans au palais de la Moneda.



Une délégation du Parti communiste était au premier rang, menée par son président, le député Guillermo Teillier, et comptant également sur le député Lautaro Carmona et d'autres dirigeants d'organisations de défense des droits de l'Homme, professeurs et travailleurs.



En déposant une gerbe, Teillier a prononcé le discours suivant: « Le président Salvador Allende est entré dans la Moneda par la grande porte, dans les bras de son peuple qui lui a réservé un triomphe historique, plein d'espoir, avec l'idée de construire une Patrie plus juste, égalitaire, solidaire et démocratique. Le monde entier a focalisé toute son attention sur la présence de Salvador Allende à la Moneda, la présence de ministres ouvriers, du peuple dans le gouvernement Chilien et la présence du peuple discutant et analysant la façon de construire une société meilleure.



« Mais, avant même d'entrer dans le palais de la Moneda, il suscitait déjà la haine des États-Unis, des grandes multi-nationales qui en ce temps-là étaient maîtres de toutes les richesses naturelles du Chili ainsi que d'une grande partie de la droite et du patronat national qui entama sans attendre une grande campagne de déstabilisation de son gouvernement. Un des premiers actes criminels qu'ils commirent, avant que Salvador Allende accède au pouvoir, fut l'assassinat du général René Schneider.



Une poignée de militaires ambitieux, hauts gradés des forces armées, crurent que le coup d’État était le moyen de préserver ces intérêts et Salvador Allende qui était entré par la grande porte de la Moneda en est sorti en ayant donné sa vie pour le peuple du Chili, porte Morandé 80. Certains ont pensé qu'à partir de là Allende tomberait dans l'oubli, or, en sortant par cette porte, il est entré dans la grande porte de l'histoire.



Salvador Allende a été le président le plus remarquable, le plus noble dans ses sentiments et le plus fidèle au peuple du Chili. Aujourd'hui, quand nous nous disons que faire, nous disons : les idées de Salvador Allende sont présentes dans nos luttes quotidiennes et pas seulement au Chili, mais dans le monde entier, les idéaux que portait Salvador Allende sont des idéaux d'avenirs et qu'aujourd'hui ont fait siennes non seulement les chiliens et surtout sa jeunesse, mais aussi d'autres peuples qui ont remporté des victoires comme celles que Salvador Allende aurait aimé conquérir pour sa patrie. Aujourd'hui, quand nous réfléchissons, nous disons que devons être capables d'ouvrir de nouveau cette potentialité pour le peuple du Chili, c'est-à-dire que nous devons de nouveau être capables de forger l'unité, de porter des propositions pour que le peuple Chilien croie à nouveau dans la politique et dans sa capacité à décider lui-même de son destin ». (…)



« Voilà pourquoi nous luttons, c'est pour cela que nous continuerons à lutter et que nous souvenons aujourd'hui de Salvador Allende et nous continuons d'avancer avec ses idées vers la victoire »,a conclu Guillermo Teillier.

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