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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 20:58
Le leader syndical Han Sang Gyun arrêté le 10 décembre 2015

Le leader syndical Han Sang Gyun arrêté le 10 décembre 2015

ML pour « Solidarité Internationale PCF – vivelepcf », 3 janvier 2016

Depuis septembre, c’est l’année de la Corée (du Sud) en France jusqu’en août 2016. Des manifestations sont organisées pour faire découvrir une culture passionnante et méconnue dans notre pays. Très bien ! Mais d’autres réalités de la Corée du Sud ne doivent pas être occultées. Cette « démocratie » aux relents dictatoriaux déploie une politique de répression sauvage contre ceux, les travailleurs et leurs syndicats, qui contestent sa politique d’écrasement social.

Depuis le 10 décembre 2015, le dirigeant de la confédération syndicale KCTU, la deuxième la plus importante du pays, Han Sang Gyun, est en prison. Les tribunaux de l’Etat ont ordonné de le maintenir en détention provisoire pour, notamment, organisation de grève sans autorisation, occupation de rues sans autorisation et incitation à la rébellion.

Son arrestation fait suite aux manifestations du 14 novembre, à l’appel de la KCTU, qui ont rassemblé 130.000 travailleurs contre, entre autres, les nouvelles atteintes au droit du travail (concoctées ensemble par le gouvernement le patronat et la confédération syndicale de collaboration) et les accords de libre-échange avec la Chine. Le gouvernement entend en effet faire passer de 2 à 4 ans la durée des CDD obligeant l’embauche en CDI (dans la même idée que l’extension de la période d’essai avec le CPE chez nous) ou encore faciliter le licenciement des travailleurs jugés « non performants » par leur patron. Les jeunes sont les premiers visés. Tous les salariés sont menacés par la mise en concurrence des uns contre les autres, plus ou moins précaires et mal payés.

La répression de la manifestation a été très brutale. 30 personnes ont été blessées. Une, un paysan venu manifester contre les importations à prix cassés de Chine, est toujours dans le coma à cause de l’usage d’un canon à eau par la police. Poursuivi, Han Sang Gyun s’est réfugié dans un temple bouddhiste. Le 5 décembre, 30.000 ont manifesté pour le soutenir. Le 10, il se rend à la police.

De telles méthodes policières sont monnaie courante en Corée du Sud. Le leader syndical redoutait une arrestation avant la journée d’action à tel point qu’il a préféré rester plusieurs semaines dormir au siège du syndicat. En 2009, il avait animé la grève, pendant 77 jours, des ouvriers de la firme automobile Ssangyung. Une usine avait été occupée par les ouvriers. La police avait chargé : 100 des 600 occupants avait été gravement blessés dont 28 devaient décéder par la suite. Han Sang Gyun a été emprisonné, déjà, pendant 3 ans.

Voilà comment cela se passe en Corée du Sud. Le pouvoir politique, autoritaire et corrompu, est aux ordres des grands trusts largement tournés vers l’export et de plus en plus tentés, face à la concurrence, d’écraser les salariés coréens et d’exporter … leurs capitaux. La « démocratie » policière, aux ordres des classes dominantes, mise en place par la dictature elle-même, tolère très mal l’exercice des libertés civiques et encore moins la contestation.

L’actuelle présidente élue en 2012, Park-Geun-Hye n’est autre que la fille et l’ex-collaboratrice du sinistre dictateur Park Chung Hee (au pouvoir jusqu’en 1979).

Ces réalités sud-coréennes ne semblent pas soucier les Hollande, Valls, Fabius ou Fleur Pellerin qui l’ont rencontrée et qui se flattent d’avoir en 2015 « resserrer les liens avec la Corée » capitaliste. Trouvent-ils dans les méthodes sud-coréennes de répression une source d’inspiration ?

De plus en plus de syndicalistes du monde entier font connaître et dénoncent la détention et la lutte du leader de KCTU. La suite de l’année de la Corée en France offre de nouvelles occasions de le faire.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 06:59

10956053_766544936757380_6913614546134060716_n-810x456.jpgLes jeunes précaires se mobilisent en Corée du sud contre « Mc Do » et sa « culture de l'exploitation »

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

En France, les campagnes contre Mc Do sont souvent déconnectés des conditions de travail marquées par l'aliénation et l'exploitation. La vague de protestation qui touche la Corée du sud, touchant au cœur de la question du travail, propose un autre angle d'attaque.



Les salariés précaires des fast-food relèvent la tête, aux Etats-unis, et désormais en Corée. Une série d'occupations des restaurants de la firme trans-nationale américaine Mc Donald s'est répandue comme une traînée de poudre en Corée du sud.



« Contre la culture de l'exploitation », les jeunes précaires relèvent la tête



Ce samedi 7 février, un groupe de travailleurs à temps partiel – soutenu par le Syndicat des travailleurs précaires (le « Arbeit workers union », ou AWU) – a occupé le Mc Donald du centre commercial du quartier très animé de Shinchon, près de l'Université Yonsei, dans la capitale.



L'exemple a été suivi dans d'autres Mc Donald de Séoul dans le week-end, et le syndicat AWU a promis lundi dernier de continuer les manifestations contre la « culture de l'exploitation » promue par Mc Donald.



Sur les pancartes des manifestants des slogans entre indignation et appel à la résistance : « Les précaires méritent mieux que le salaire minimum », « Nous sommes des êtres humains, nous aussi ! » ou encore « Mc Donald : le meilleur endroit pour exploiter les travailleurs précaires ».



Les conditions vécues par les travailleurs à temps partiel dans les Mc Donald sont la première cible des manifestants. L'ensemble des positions au sein de l'entreprise, y compris celles administratives (à l'exception des managers, ce qui renforce la conscience de classes sur le lieu de travail), sont occupées par des travailleurs à temps partiel exécutant 60 h par mois.



300 € par mois et despotisme patronal : ça se passe comme ça chez Mc Do



Le syndicat des précaires AWU a articulé cette revendication à une triple demande : « augmenter les salaires, instaurer de justes conditions de travail, autoriser les activités syndicales dans l'entreprise ».



Hausse des salaires car la précarisation permet à Mc Do de limiter les coûts au maximum : un salarié à temps partiel est payé 4 € de l'heure, ce qui fait moins de 300 € par mois. Le syndicat réclame le quasi-doublement du salaire minimum, pour dépasser les 500 € mensuels.



Conditions de travail décentes, ce qui suppose de faire reculer la logique de précarisation intégrale, et surtout le méthodes de gestion du personnel où la précarité au travail devient précarité existentielle permanente.



Les syndicats pointent les ajustements permanents des horaires de travail – qui privent les salariés de toute maîtrise, connaissance de leur temps de travail –, les retards dans les paiements des salaires.



Selon un sondage réalisé en décembre par l'AWU, 65 % des employés connaissent des changements réguliers (souvent quotidienns) de leurs horaires de travail, 22 % des retards dans le versement de leurs payes.



Enfin, liberté syndicale dans l'entreprise, déniée par la multi-nationale américaine. L'affaire remonte au mois de novembre lorsque Lee Ga-Hyun, travailleur précaire de 21 ans, avait été licencié pour avoir rapporté les pratiques de la direction de Mc Donald au syndicat.



« Ils nous traitent comme des machines. Cela doit changer »



Cela a marqué le début de la vague de protestation contre la chaîne de restauration rapide. Lundi, le secrétaire-général du Syndicat des précaires AWU, Lee Hae-Jung, a marqué sa détermination : « si l'entreprise ne répond pas à nos exigences, alors nous continuerons à protester dans la rue ».



150209_p01_anti.jpgUn salarié précaire qui participait à l'occupation du restaurant samedi a lancé un cri de révolte, qui résume assez bien l'état d'esprit des jeunes salariés de la firme : « Mc Donald nous traite comme des machines, et nous paye à peine au salaire minimum. Cela doit changer ».



La lutte ne fait que commencer en Corée, dans les pires conditions – quand le gouvernement interdit les syndicats (enseignants), réprime les luttes (des cheminots), criminalise les partis d'opposition (de gauche) – pourquoi ne suivrions-nous pas leur exemple ?

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 06:27

North-Korea-010.jpgOubliez la Corée du nord – la menace mondiale pour le cyber-espace vient des Etats-unis (et de Grande-Bretagne)



Article de John Naughton, pour The Guardian



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Si vous deviez mesurer l'importance d'un phénomène en termes de colonnes déversées dans la presse écrite, la cyber-attaque dont a été victime Sony aurait été l'affaire du mois.



Les cadres de l'entreprise ont du poster des notes d'information à l'entrée des bureaux pour demander au personnel de ne pas se connecter sur le réseau une fois assis à leur poste de travail. L'ensemble du réseau de l'entreprise a du être débranché alors qu'il devait faire face à une demande de rançon qui menaçait de rendre publics des documents confidentiels et des films pas encore sortis en salle, en échange de fortes sommes d'argent.



La grande question est : qui est responsable de l'attaque ? Les spéculations se sont déchaînées, conduisant certains à pointer du doigt la Corée du nord, sur la base que l'un de ses prochains films « The Interview » se moque du leader du pays, Kim Jong-un.



Cela semble fort improbable à ce chroniqueur que je suis : la Corée du nord peut manquer sérieusement d'humour au sujet de son leader chéri, mais en faire un sujet d'extraction de rançon serait bien maladroit, même pour cet étrange régime.



En fait, il ne semble pas y avoir eu de transfert d'argents : certains documents confidentiels, comme des tableaux Excel révélant les salaires des cadres de Sony les mieux payés, ont commencé à fleurir sur le net et les films secrets à se diffuser sur des sites pirates.



Excitant, non ? Mais la vraie grosse cyber histoire de ces dernières semaines est moins glamour mais bien plus inquiétante sur le long-terme. Elle concerne Regin, un malware qui vient tout juste de faire son apparition sur la scène publique, bien qu'il traînerait déjà depuis plusieurs années.



L'entreprise de sécurité Symantec le décrit comme « un malware complexe dont la structure montre un degré de compétence technique rarement vu. Personnalisable avec un degré extensible de potentialités qui dépend de la cible, il fournit à ceux qui le maîtrisent un outil puissant pour une surveillance de masse et il a été utilisé pour des opérations d'espionnage contre les organisations gouvernementales, les opérateurs d'infrastructure, les entreprises, les chercheurs et les particuliers ».



L'entreprise en va jusqu'à spéculer sur le fait que le développement de Regin a pris « des mois, si ce n'est des années » et il en conclut que « les moyens et le niveau de compétence mis en oeuvre derrière Regin indique que ce doit être un des principaux outils de cyber-espionnage utilisés par les Etats-nations ».



Ah, mais quels Etats-nations ? Faisons un pas en avant, et nous voyons la Grande-Bretagne, les Etats-unis et leurs agences de renseignement respectives, GCHQ (le Government communications Headquarters) et NSA.



Il y a quelques temps, Edward Snowden a révélé que les agences ont monté des attaques cyberpirates contre Belgacom, un fournisseur belge de services téléphoniques et internet, et contre des systèmes informatiques européens, mais il ne savait pas quels types de logiciels avaient été utilisés dans les attaques.



Maintenant nous savons : c'était Regin, un malware qui se présente sous la forme d'un logiciel Microsoft légitime et vole des données dans les systèmes infectés, ce qui en fait un outil inestimable pour les agences de renseignement qui désirent pénétrer les réseaux informatiques étrangers.



C'est vrai aussi, diriez-vous. Après tout, la raison pour laquelle nous avons GCHQ, c'est bien pour espionner ces vilains étrangers. L'agence était, ne l'oublions pas, à l'origine une branche de Bletchley Park, dont la mission était d'espionner les Allemands pendant la Seconde guerre mondiale.



Donc, peut-être que la nouvelle selon laquelle les Belges, en dépit des plus grands efforts déployés par les Monty Python, sont nos amis – ou que la Grande-Bretagne fait partie de l'UE – n'a pas encore été décodé par GCHQ ?



Espionner ses amis comme ses ennemis est un vieux principes de l'art de gouverner. On en usait habituellement pour des raisons de « sécurité nationale » ; maintenant c'est pour des raisons de « cybersécurité » et cela pose un nouveau problème. Qu'est-ce que la cybersécurité en fait ? Qu'est-ce que GCHQ et NSA essaient de garantir ? Est-ce la sécurité du cyberespace – c'est-à-dire Internet ? Ou une partie du réseau ? Et si oui, laquelle ?



Ici, certaines lignes apparemment sans conséquences d'un des documents Snowden prennent tout leur sens. « Les faits qui sont contenus dans ce programme », peut-on lire, « constituent une combinaison d'un grand nombre de faits, hautement sensibles, liés à la mission cryptologique générale de NSA. Leur révélation non-autorisée (…) causerait des dégâts exceptionnellement graves à la sécurité nationale américaine. La perte de ces informations pourrait gravement compromette certaines relations cryptologiques hautement sensibles, américaines comme étrangères, des investissements de plusieurs années comme ceux futurs de NSA, et sa capacité à exploiter le cyberespace étranger tout en protégeant le cyberespace américain ».



Notez bien cette dernière clause. « La cybersécurité » signifie deux choses en fait : premièrement, sécurité nationale, et deuxièmement, que le seul coin de cyberespace dont nous nous préoccupons est le nôtre. Nous pouvons exploiter le moindre centimètre dans le reste du monde virtuel à nos propres fins (nationales).



Cela donne carte blanche, par exemple, à la sape de la sécurité en-ligne de quiconque, en affaiblissant les cryptages utilisés pour des transactions commerciales ; le recours à des « exploits zéro-jour » acquis auprès d'hackers qui puissent ensuite être utilisés contre les organisations ciblées ; et la diffusion de malware tels que Regin là où est notre bon plaisir.



Bienvenue dans notre monde connecté.

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 06:22

141905161034_20141221.JPGInterdiction en Corée du sud du principal parti d'opposition, le PPU, force de gauche proche des communistes : solidarité !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Présentée comme modèle du capitalisme du XXI ème siècle, la Corée du sud montre surtout l'image de ce que pourrait être un capitalisme autoritaire au XXI ème siècle. L'interdiction du principal parti d'opposition de gauche en est la dernière preuve inquiétante.

 

La nouvelle n'est pas une surprise pour ceux qui suivent l'actualité coréenne. Elle marque néanmoins une rupture dans la pratique autoritaire du pouvoir sud-coréen. Un retour en arrière qui lorgne vers le temps de la dictature de Syngman Rhee (1948-60), puis Park Chung-Hee (1963-1979)

 

Une dérive autoritaire : la fille du dictateur sur les traces de son père

 

Les partis de gauche, les syndicats, les militants de défense des droits de l'Homme dénonçaient en 2012 l'arrivée à la présidence de Park Geun-Hye, mêlant libéralisme économique, nationalisme anti-communiste (mais pro-américain) et autoritarisme politique. Une « dame de fer » made in Korea.

 

Les opposants à cette dérive autoritaire du régime sud-coréen soulignaient que Park Geun-Hye était aussi la fille du dictateur Park Chung-Hee. Le président à la plus grande longévité qui imposa un régime brutal, en emprisonnant les étudiants et ouvrier, en réprimant brutalement toute opposition.

 

Park Chung-Hee avait fait passer en 1972 une nouvelle Constitution qui lui accordait – au nom de l' « état d'urgence » face au péril communiste – les pleins pouvoirs, restreignant les libertés fondamentales, sanctionnant le tout par un referendum fantoche. 93 % de oui !

 

Sa fille a visiblement gardé un héritage vivace de cet héritage. Depuis deux ans, elle multiplie les attaques par la voie judiciaire contre l'opposition de gauche, le mouvement syndical. Cette fois, un cap est franchi avec l'interdiction du principal parti d'opposition, le Parti progressiste unifié.

 

Il faut d'abord rappeler que la Loi de Sécurité nationale de 1948 est toujours en vigueur.

 

Au nom de la lutte contre le communisme, elle permet à l'Etat sud-coréen de réprimer les activités anti-Etat qui mettent en danger la sécurité nationale (art 1), les groupes anti-Etat étant ceux qui troublent l'ordre national (art 2), prévoyant la peine de mort ou des peines supérieures à 2 ans (art 3 et 4), y compris pour ceux qui constituent des groupements politiques ayant cette intention (art 7).

 

De fait, depuis 65 ans, la Loi de Sécurité nationale sert de prétexte à la répression de tout mouvement d'opposition, syndical ou politique, et à l'interdiction du mouvement communiste, malgré son assouplissement dans les années 1990. 2014 marque la fin du « dégel » démocratique.

 

Le Parti progressiste, un parti de masse à gauche qui dérange

 

Le Parti progressiste unifié (PPU) regroupe des forces unies dans un combat commun pour une démocratie sociale, la paix, l'indépendance face aux États-Unis. Il rassemble large, des patriotes de gauche aux progressistes sociaux-démocrates, des militants syndicaux jusqu'aux communistes.

 

Malgré ce climat difficile, le PPU était parvenu à incarner – comme le Parti communiste au Japon – l'opposition aux dérives autoritaires d'un régime structurellement lié aux intérêts des grands monopoles sud-coréens (les chaebol) et de l'impérialisme nord-américain.

 

Avec ses 100 000 militants, le PPU était une force incontournable dans la société, bien que minortaire au Parlement, mais s'appuyant beaucoup sur la puissance des syndicats de lutte. Il avait toutefois réussi à récolter 13 sièges aux élections de 2012, dépassant la barre des 10 %.

 

Qui croit au complot communiste déjoué par les services secrets ?

 

Ce 18 décembre 2014, la Cour constitutionnelle a reconnu à 8 voix contre 1 que le PPU menaçait « l'ordre démocratique de la République de Corée ». La charge retenue : appel à l'insurrection pour tenter d'instaurer le communisme comme en Corée du nord.

 

La Cour constitutionnelle reprend les allégations des services secrets faisant référence à une rencontre secrète qui se serait tenue en mai 2013, organisée par Lee Seok-Ki, député du parti, avec 130 responsables du PPU.

 

Cette rencontre aurait posé les grandes lignes d'un complot para-communiste visant à prendre le pouvoir légalement d'ici 2017 (sic), tout en préparant un plan clandestin de lutte armée en cas de guerre avec la Corée du nord, et de guérilla contre les infrastructures du pays, insistant sur de cyberattaques contre le réseau Internet sud-coréen.

 

Une réunion qui serait la preuve d'une organisation secrète dans le PPU – l'Organisation révolutionnaire (OR) – qui se serait fixé comme but le renversement violent du régime sud-coréen, la préparation d'une guérilla en Corée du sud.

 

Ce dossier abracadabrantesque monté par les services secrets sud-coréens (Service d'intelligence nationale/SIN), à charge contre le PPU, a laissé sceptique les observateurs. On connaît trop bien le passé du SIN, expert dans la manipulation des faits montés de toute pièce à des fins politiques.

 

Un passé très récent puisqu'en 2012 le SIN a inondé le web, ainsi que les réseaux sociaux, d'articles favorables à la candidat de droite Park Cheung-Hee mais aussi d'articles diffamatoires, calomniateurs sur ses opposants.

 

Selon les analystes politiques, cette campagne médiatique a pu faire la différence dans un scrutin présidentiel qui s'est finalement joué à 51-49 %. Ce qu'a corroboré l'enquête de la Police métropolitaine de Séoul.

 

L'enquête, bloquée dans un premier temps, a révélé au cours de l'année 2013 une manipulation massive via Internet mais elle n'a pas emmené à des poursuites concrètes contre le SIN. Et c'est à ce moment qu'est apparu le scandale du dit « complot communiste ». Une divine surprise.

 

Le parlementaire du PPU, Lee Seok-Ki, a été arrêté en septembre 2013, jugé en février et condamné à 12 ans de prison. Trois autres hauts responsables du PPU ont été condamnés à des peines allant de 4 à 7 ans, accusés de « haute trahison » contre l'Etat sud-coréen.

 

Deux ans d'attaque contre toute opposition, contre le mouvement social

 

L'attaque légale contre le PPU a donc culminé par son interdiction ce 18 décembre. Une interdiction qui, pour la présidente du PPU, Lee Jung-Hee, signifie que « la démocratie est morte aujourd'hui en Corée du sud », la Cour constitutionnelle « ouvre la voie au totalitarisme ».

 

Le patrimoine, mobilier et immobilier, du parti va être saisi. Des élections devraient être anticipées en avril 2015 pour ré-attribuer les 13 sièges laissés vacants par le parti de gauche.

 

Cette mesure autoritaire marque la fin d'une période d'intenses luttes sociales contre la toute-puissance des grands monopoles privés, la privatisation des monopoles publics, et globalement la reprise en main autoritaire du pays par la fille de l'illustre dictateur sud-coréen.

 

En décembre 2013, plusieurs semaines de grèves des cheminots sud-coréens contre la privatisation de la KORAIL ont été ponctuées par une grève générale massive il y a un an de cela.

 

Et depuis septembre, c'est l'automobile qui connaît des mobilisations inédites touchant Kia, Hyundai mais aussi Renault.

 

Le gouvernement a déjà choisi la solution autoritaire pour briser la puissante confédération de lutte – qui entretient des liens privilégiés avec le PPU – qu'est la KCTU (Confédération des syndicats coréens), avec ses 700 000 membres.

 

Le syndicat des enseignants (KTU) est interdit depuis décembre 2013, celui des employés de la fonction publique (KEGU) depuis 2009, enfin l'attaque contre les syndicats de cheminots et de la métallurgie (dont l'automobile) laisse craindre une interdiction du mouvement syndical de classe.

 

Alors que nos médias s'indignent haut et fort face à de prétendues cyberattaques nord-coréennes sur Sony – qui nous ferait passer l'Etat socialiste pour le pays le plus à la pointe au niveau des hautes technologies, un honneur peut-être légèrement surfait – personne ne dit rien sur le danger que porte la re-militarisation japonaise, la dérive autoritaire inquiétante en Corée du sud.

 

Exprimons clairement notre solidarité avec nos camarades coréens, brisons le mur du silence médiatique : non à l'interdiction du Parti progressiste unifié, au nom de l'anti-communisme !

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 06:07

hyundai-kia.jpgVague de grèves dans l'automobile en Corée du sud dans les usines Renault, Hyundai et Kia : 100 000 ouvriers dans la lutte

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

La Corée du sud est un modèle régulièrement avancé par le patronat français, tel Pierre Gattaz en décembre dernier : « la Corée du sud, elle, a fait le pari de l'entreprise ». Pas un hasard : heures de travail à rallonge, cadences infernales, précarisation, répression anti-syndicale. Mais les travailleurs coréens ne se laissent plus faire et engagent la riposte.

 

Le mouvement de grèves qui touche l'industrie automobile est une première. Non que le secteur soit calme ces dernières années : ainsi, c'est la troisième année de suite que Hyundai connaît des mouvements de grève, et Renault a connu huit grèves partielles depuis le début de l'année.

 

La nouveauté, c'est que ces grèves ont pris une forme coordonnée, entre les salariés de Hyundai et Kia. Le 14 août, 70 % des 47 000 syndiqués de Huyndai ont voté la grève, rejoint par les 30 000 syndiqués de Kia. Ce 22 août, une grève de 4 heures a été organisée chez Hyundai et Kia.

 

Ce sont désormais les ouvriers de Renault (propriétaire de Samsung Motors) qui partent pour un mouvement de grève. Ils ont refusé le 29 août un plan de la direction – après plusieurs grèves perlées, partielles depuis juillet – bien inférieur à leurs attentes.

 

Déjouer le piège patronal : intégrer les bonus réguliers au salaire

 

L'enjeu, c'est l'intégration des bonus octroyés sur une base régulière comme paye régularisée. La Cour suprême en décembre 2013 a donné raison aux syndicats en incitant les entreprises à intégrer les bonus réguliers au salaire.

 

Pour le patronat sud-coréen, payer les travailleurs en bonus réguliers a plusieurs avantages :

 

1 – il pousse les travailleurs à accepter une sur-exploitation par des « incitations à la production », supposant une intensification des cadences, des heures supplémentaires ;

 

2 – cela introduit de même une logique d'intéressement à la performance de l'entreprise, patrons et ouvriers étant dans le même bâteau pour augmenter la production, être « compétitif » ;

 

3 – enfin, cela permet d'éviter aux patrons du secteur de payer les cotisations sociales patronales assujetties au salaire, donc de rogner sur les avantages sociaux des salariés : les congés payés, les allocations maladie, les retraites bien entendu.

 

La lutte actuelle montre que les syndicats ne sont plus dupes et les avances du patronat proposant de sérieuses revalorisations des bonus ont rencontré, pour l'instant une fin de non-recevoir.

 

« Si l'entreprise continue, on lancera une grève illimitée »

 

Ainsi, le 29 août, les salariés de Renault ont refusé une hausse de 48 € du salaire mensuel, accompagné de « bonus lié à la production » de plusieurs centaines d'euros. Ils réclament une hausse de 90 € du salaire, après un gel des salaires de deux ans.

 

Chez Hyundai et Kia, les salariés ont refusé le plan de la direction consistant à accorder de nouveaux bonus en échange d'heures supplémentaires le week-end. Les travailleurs réclament une hausse du salaire de 100 € par mois, ainsi que la garantie d'être employé jusqu'à 60 ans.

 

Les syndicats ont durci le ton, si on suit la déclaration commune à la fin du mois de juillet de Lee Gyeong-hun, responsable du syndicat à Hyundai et Kim Jong-seok, son homologue à Kia :

 

« La Cour suprême a confirmé l'an dernier que les bonus réguliers devaient devenir salaire régulier, mais Hyundai-KIA a dit qu'il ne l'accepterait pas … Si l'entreprise veut s'embourber dans une catastrophe avec ces négociations malhonnêtes, on lancera une grève illimitée ».

 

Lutte de classes en Corée du sud :

 

un syndicat de classe et de masse face à un patronat intransigeant

 

Les deux syndicats présents dans les entreprises font partie du KMWU (Syndicat des travailleurs de la métallurgie coréenne), la première fédération de la puissante et combative Confédération coréenne des syndicats (KCTU).

 

La KCTU compte 700 000 syndiqués, elle est une des deux grandes confédérations syndicales mais représente une alternative à la FKTU proche du pouvoir et du patronat. Elle est connue pour ses positions de lutte de classe, illustrées par les grandes grèves des années 1990.

 

Le patronat sud-coréen, lui, n'hésite pas à brandir le bâton après la carotte.

 

Alléguant de pertes de 50 millions d'euros dans les usines Hyundai et Kia (après la grève de 4 heures), le chaebol (monopole sud-coréen) prétend même que les syndicats lui ont coûté depuis 1987 (la fin de la dictature!) la somme de 11 milliards d'euros.

 

Face à ce péril syndical, Hyundai envisage deux solutions : l'embauche de travailleurs temporaires en substitution des travailleurs réguliers, la délocalisation.

 

A titre d'exemple, Hyundai délocalise une partie importante de sa production en Chine, envisageant de passer dans les prochaines années de 500 000 à 1 million de voitures produites dans le pays voisin. Actuellement, le groupe sud-coréen ne produit plus que 40 % de ses autos au pays.

 

Pourtant, Hyundai est loin de se porter mal : après avoir réalisé 1 milliard d'euros de profits en 2012, il a encore augmenté ses marges atteignant les 1,3 milliard en 2013. Selon les analystes, l'année 2014 devrait être marquée pour Hyundai par des profits records.

 

La Corée du sud, géant émergent de l'automobile

 

La grève lancée par plus de 100 000 ouvriers syndiqués du secteur n'est par ailleurs pas anecdotique. La Corée du sud est en effet devenu en quelques années un géant de l'industrie automobile.

 

La Corée du sud occupe désormais la cinquième place mondiale en termes de production automobile – derrière le Japon, la Chine, les Etats-unis et l'Allemagne – avec 4,5 millions d'autos assemblées en 2013, c'est quatre fois plus qu'il y a vingt ans.

 

Elle détient même le record du nombre d'automobiles produites par tête : 9 pour 100 habitants contre 2 pour 100 en Chine, 6 pour 100 en Allemagne, 7 pour 100 au Japon.

 

Le contraste est saisissant avec le déclin de l'industrie automobile française : encore numéro 4 mondial en 1994 avec 3,5 millions de voitures, elle est désormais à la 13 ème place mondiale avec 1,7 millions d'automobiles produites l'an dernier.

 

 

Après la grève héroïque des cheminots sud-coréens en décembre dernier, le mouvement des enseignants pour lutter contre l'interdiction de leurs syndicats au nom de l'anti-communisme, la grève des ouvriers de l'automobile sud-coréens ne peut qu'emporter tout notre sympathie.

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