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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 08:21

ismaelfrancisco05-580x760« Renoncer au Parti serait faire le jeu de la marchandisation de la politique »

 

 

Extraits du discours de clôture de Raul Castro lors de la Conférence nationale du Parti communiste cubain

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« Si nous avons choisi, souverainement, avec la participation et le soutien du peuple, l'option de Marti du parti unique, notre mission est de promouvoir la démocratie la plus large dans notre société, en commençant par donner l'exemple dans les rangs du parti », a déclaré le général de l'armée Raúl Castro dans sa conclusion de la première Conférence nationale du Parti.

Il a ajouté que cela impliquait  de « susciter un climat de confiance maximale et de créer les conditions requises à tous les niveaux pour l'échange d'opinions le plus large et sincère, tant au sein de l'organisation que dans ses liens avec les travailleurs et la population. »

Le premier secrétaire du Comité central a défendu l'idée que « les divergences soient accueillies avec bienveillance et respect,  y compris dans les médias de masse ».

Il a déclaré que la presse devait rentrer dans ce débat « avec le sens de la responsabilité et de la plus stricte véracité, non à la façon bourgeoise, pleine de sensationnalisme et de mensonges, mais avec objectivité ».

Raul a fait un bilan des textes adoptés par la Conférence et a réaffirmé que « la seule chose qui peut conduire à la défaite de la Révolution et du socialisme à Cuba, serait notre incapacité à éradiquer les erreurs commises en plus de cinquante ans depuis le 1er janvier 1959, et les nouvelles qui peuvent se produire à l'avenir. »

Il a insisté : « Il n'a pas existé et il n'existera pas de Révolution sans erreurs, car elles sont œuvre de l'action et de peuples qui ne sont pas parfaits. »

Nous ne renoncerons pas à notre Parti

Le premier secrétaire a lancé une mise à garde à ceux qui « ont caressé le rêve que la Conférence consacre le début du démantèlement du système politique et social hérité de la Révolution », que « renoncer au principe d'un seul parti équivaudrait, tout simplement, à légaliser le parti ou les partis de l'impérialisme, sur notre sol et à sacrifier l'arme stratégique de l'unité des cubains, qui a concrétisé les rêves d'indépendance et de justice sociale pour lesquels ont lutté des générations de patriotes, de Hatuey à Céspedes, Martí y Fidel ».

Il a ajouté que « sans le moindre manque de respect à tout autre pays avec un système pluri-partite », à Cuba « nous défendons le système du parti unique face au jeu de la démagogie et de la marchandisation de la politique. »

Plus de 800 militants ont participé en cette fin de semaine à la Première conférence nationale de l'organisation et ont appuyé une résolution qui réaffirme le rôle du Parti dans la mise en œuvre des directives du VIème Congrès du PCC, liés à l'actualisation du modèle économique cubain.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 08:22

Face 1Cuba enregistre le taux de mortalité infantile le plus bas du continent Américain avec 4,9 décès pour 1 000 nouveaux-nés, loin devant les Etats-unis



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Au cours des quatre dernières années, Cuba a atteint des chiffres inférieurs à 5 pour 1 000 pour ce qui est du taux de mortalité infantile – soit le plus bas du continent Américain, avec le Canada – sur la base de la politique sanitaire du Gouvernement révolutionnaire qui garantit l'égalité d'accès aux soins de santé que reçoivent la mère et l'enfant.



La justice sociale se manifeste de façon incontestable en jetant un œil aux différents taux enregistrés dans les 15 provinces du pays et la municipalité spéciale Île de la Jeunesse. Les chiffres de l'année qui vient de s'achever révèlent que les taux supérieurs à la moyenne nationale de 4,9 (pour 1 000) ne dépassent jamais 7,9.



Les États-Unis, qui poursuivent une guerre économique criminelle depuis plus d'un demi-siècle contre notre pays, enregistrent un taux de mortalité infantile de 7 pour 1 000, bien qu'il cache des inégalités révoltantes entre riches et pauvres. Dans les quartiers où résident la populations la plus déshéritée, le taux est, au mieux, 2,5 fois supérieur. Et près de 7 millions d'enfants n'ont pas de couverture santé.



Comme nous le savons, le taux de mortalité infantile, qui mesure le risque de décès durant la première année de vie – le moment le plus critique dans la survie d'un être humain – exprime la qualité des soins et l'attention portée à l'enfant et à la mère dans un pays, à leur santé, leur sécurité matérielle, leur éducation et leur socialisation. C'est en cela un indicateur démographique international qui résume ces avancées.



Selon des données préliminaires livrées à Granma, pour ce premier janvier, par la Direction des statistiques du Ministère de la santé publique, en 2011, ont été enregistrées 133 063 naissances, ce qui représente 5 317 de plus par rapport à l'année 2010.



Sept provinces enregistrent des taux en dessous de 4,9 pour 1 000. Ce sont Las Tunas (3,5), Artemisa (3,9), Pinar del Río (4,0), Holguín (4,0), La Habana (4,3), Ciego de Ávila (4,4) et Granma (4,4). Parmi les 168 communes que compte le pays, 17 n'ont enregistré aucun décès infantile.



Lorsque nous interrogeons chaque année des experts sur les raisons pour lesquelles Cuba réalise des taux aussi positifs de mortalité infantile, les réponses sont toujours de la même teneur: volonté et décision politique, un haut degré de scolarisation de la population, un programme de vaccination intégral avec une couverture de la quasi-totalité des enfants, et un système de santé universel, accessible et gratuit, qui préserve la conception initiale du « Programme du médecin et de l'infirmière de famille » pour parvenir à un système de santé efficace et durable.



A cela s'ajoute la haute qualification scientifico-technique de nos travailleurs de la santé, avec leur dévouement proverbial et leur esprit de solidarité.



On connaît toute la palette des soins dont bénéficient les femmes enceintes dans notre pays. Au vu de la gravité des menaces pesant sur la sécurité et le bien-être des familles, il convient de rappeler à titre d'exemple les soins qui sont offerts par les services de génétique dans le domaine de la santé.



Au début de la grossesse est mise en place une classification du risque génétique : étude de l'électrophorèse d'hémoglobine pour identifier les porteurs de drépanocytose (anémie falciforme) ; si la mère est porteuse, on pratique l'étude ensuite sur l'époux, si les deux le sont, on livre le diagnostic de la condition l'enfant qui va naître : sain, porteur ou malade.



On réalise également des échographies génétiques au premier et second trimestre de grossesse, et une étude d'alpha-foetoprotéine pour identifier les déficiences du système nerveux central. Pour les mères de 37 ans ou plus, celles qui ont le risque le plus élevé d'avoir un bébé souffrant de maladies dues à des anomalies chromosomiques (syndrome Down, par exemple), il est offert la possibilité de réaliser une étude pré-natale cytogénétique.



D'après les spécialistes du Programme de soins pour les mères et les enfants, il est possible de parvenir à meilleure sécurisation pour la mère et son enfant, et ils lancent un appel à l'auto-responsabilisation des femmes en âge de procréer afin qu'elles se fixent une planification familiale adaptée, qui supposerait des recherches préalables afin de s'assurer de sa bonne santé pendant la grossesse et de minimiser ainsi les risques.



Les médecins de famille prodiguent ces soins et font le suivi des troubles liés aux risques précédant la conception. Une consultation au moins six mois avant la planification d'une grossesse désirée est ainsi suggérée. Ces soins sont principalement liés à la mal-nutrition, à l'anémie, à l'hypertension, au diabète sucré, à l’hypothyroïdie, à des infections des appareils reproductif, urinaire et respiratoire (asthme).



Pour que l'indicateur de mortalité infantile, expression de l'indice de développement humain, puisse continuer à baisser, il faut nécessairement des efforts de la part de notre système de santé et, également, un engagement individuel et collectif plus massif dans l'adoption de mesures conduisant à des grossesses responsables.



Source : Granma

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 08:17

ujcLes jeunes cubains sont mobilisés



Entretien avec Liudmila Dueñas et Leira Valdivia, dirigeantes de la JC Cubaine, réalisé par Avante, organe du PC Portugais



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.overPM-blog.net/

 

Profitant de la présence au Portugal de l'Union des jeunes communistes de Cuba (UJC), organisation qui a participé à l'Assemblée de la Fédération mondiale de la Jeunesse communiste, Avante a échangé avec les deux jeunes dirigeants communistes qui assurent qu'à Cuba la jeunesse n'est pas spectatrice des transformations en cours dans le Pays, mais participe activement à la décision et à la mise en œuvre des orientations politiques.



Le processus de transformations en cours dans le pays, dont l'objectif affiché est de stimuler la production, de sauvegarder les acquis de la révolution et d'atteindre un nouveau cap en terme de développement économique et de progrès social, voit la jeunesse cubaine jouer un rôle central.



Et c'est qu'assure Liudmila Dueñas, première secrétaire de l'UJC, pour qui « il y a une réelle participation des jeunes, non seulement en tant que militants de notre organisation mais aussi en tant qu'étudiants ou travailleurs ».



Un exemple en est, affirme-t-elle, sa large participation au débat qui a précédé le VIème congrès du Parti communiste de Cuba, réalisé en avril 2011. Pendant cette période, « la jeunesse a exprimé librement ses opinions, critiques, suggestions qui ont été prises en compte », ce qui « s'est finalement reflété dans la proposition finale adoptée », a-t-elle ajoutée.



Concrètement, souligne-t-elle, on peut constater des changements pour ce qui est de l'accès au logement et de la réforme structurelle du système éducatif. Dans ce dernier cas, il a été conclu que bien que la formation supérieure devait rester un droit inaliénable de tous les cubains, il était nécessaire de rendre attractive « les filières de formation tournées vers la production industrielle et agricole ».



Dès le lancement du processus de débat, « près de 30 000 jeunes ont été intégrés au travail de la terre ». Leur contact avec la réalité a permis de mieux saisir les transformations dans ce secteur d'activité, par exemple « pour ce qui est de la politique des prix » ou « de la diversité des cultures », ce qui, à son tour, a eu des résultats positifs en termes de diminution des importations, en permettant de libérer les ressources nécessaires à la« consolidation de notre système social », a expliqué Liudmila Dueñas.



« Il est évident que toutes ses inquiétudes et ses aspirations des jeunes cubains ne vont pas trouver une réponse immédiate », concède la première secrétaire de l'UJC. Mais ce que l'on peut observer, c'est que les appels à « l'efficacité et à la discipline au travail » ont été bien reçus par les jeunes.



Renforcer la conscience de la jeunesse



Une part centrale de ce processus tient dans le renforcement de la conscience de la jeunesse quant au « contexte international dans lequel se trouve Cuba – pays pauvre et sous blocus depuis plus de 50 ans – et à la construction de solutions pour aller de l'avant, en dépit de toutes les difficultés qui nous sont imposées », a par ailleurs souligné la dirigeante.



« Plus de 70% de la population de Cuba est née après la révolution » rappelle, de son côté, Leira Valdivia, responsable de la section internationale de l'UJC. « Ce qui signifie qu'ils n'ont jamais vécu de période d'apaisement économique, étant toujours confrontés au blocus des États-Unis avec ses conséquences ».



Pourtant, poursuit Leira Valdivia, « dans tous les processus d'ajustement auxquels nous avons été contraints, ce sont toujours les jeunes cubains qui ont été à l'avant-garde dans la prise des décisions et dans leur mise en oeuvre ». Ce n'est pas différent cette fois-ci, insiste-t-elle, concluant qu'il « existe dans notre société un dialogue permanent entre institutions et peuple », ce que l'on peut constater « en ce moment dans l'analyse des résultats réalisée par l'ensemble de nos organisations politiques », dans « l'application des grandes orientations adaptées aux limites et au potentiel de chaque province ou de chaque centre de production », dans« la responsabilisation de tous » dans l'effort collectif.



Important dans la préservation d'une conscience sur la situation de Cuba a été également « un travail d'information constant pour que les jeunes n'oublient pas que c'est la politique nord-américaine de sanctions qui empêche Cuba de se développer pleinement », et « sa législation extra-territoriale qui interdit à de nombreuses nations et entreprises d'entretenir des relations avec notre pays », affirme Leira Valdivia.



« Les jeunes doivent réaliser combien est limitée notre marge de manœuvre, pour qu'ils soient plus efficaces et conséquents », souligne-t-elle.



Des exemples à ne pas oublier : les Cinq cubains

 

Ont également joué un rôle important dans la formation des jeunes cubains, les Cinq patriotes cubains, incarcérés illégalement et injustement aux Etats-unis. Une fois épuisés les recours légaux, il ne reste qu'à « insister sur l'amplification de la solidarité et de la revendication de sa libération », en particulier « chez les jeunes nord-américains », qui sont ceux qui vont « poursuivre la bataille », a rappelé Liudmila Dueñas.



Les jeunes cubains le feront également, a-t-elle également, si « nous continuons à réaliser un intense travail d'information sur le cas de ces Cinq héros », et « l'exemple qu'ils nous offrent » étant donné que, « même dans les conditions les plus difficiles, ils n'ont jamais trahi leur peuple ni leurs idées ».



« Si nous y parvenons – a ajouté Leira Valdivia – les jeunes cubains vont rester du côté de ceux qui, lorsqu'ils étaient plus jeunes, ont défendu le plein exercice de la souveraineté et le droit d'un peuple à décider de lui-même ».



Et nous en avons conclu que cela signifiait plus qu'exiger la libération de cinq combattants, mais bien se battre pour que tout un peuple conserve sa liberté.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 06:57

condena-bloqueoPour la vingtième année consécutive, l'ONU adopte une résolution votée par 186 pays, contre la seule opposition des États-Unis et d’Israël, condamnant l'embargo américain contre Cuba



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les Nations unies ont conclu aujourd'hui deux décennies de condamnations annuelles consécutives du blocus imposé par les États-Unis à Cuba depuis près d'un demi-siècle et exigé sa levée.

 

Le rejet du blocus nord-américain fut réaffirmé par l'assemblée plénière de l'Assemblée générale de l'ONU par 186 voix pour, deux contre (États-Unis et Israël) et trois abstentions (Iles Marshall, Micronésie et Palau). La Libye et la Suède n'ont pas participé au vote.

 

La quasi-unanimité enregistrée lors du vote a ratifié le rejet mondial de l'embargo états-unien contre l'île caribéenne et l'isolement de Washington dans le maintien de cette mesure.

 

L'assemblée suprême de l'organisation a adopté une résolution intitulée : Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d'Amérique contre Cuba.

 

Le texte exige le respect strict des principes de la Charte de l'ONU, entre autres l'égale souveraineté des États, la non-intervention et la non-ingérence dans leurs affaires internes et la liberté de commerce et de navigation internationales.

 

Il insiste également sur les déclarations des sommets ibéro-américains sur la nécessité d'éliminer l'application unilatérale de mesures à caractère économique et commercial contre un autre État qui affectent le libre développement du commerce international.

 

Il exprime par ailleurs ses préoccupations que certains Etats-membres de l'ONU continuent la promulgation et l'application de lois et de règlements comme la Loi Helms-Burton datant de 1996.

 

Et il souligne que ce type de normes ont des effets extra-territoriaux qui touchent à la souveraineté d'autres États, aux intérêts légitimes d'entités ou de personnes sous sa juridiction ainsi qu'à la liberté de commerce et de navigation.

 

La résolution prend acte des déclarations et des résolutions de divers assemblés inter-gouvernementales, d'organes et de gouvernements qui expriment le rejet de la communauté internationale et de l'opinion publique envers la promulgation et l'application de ce type de mesures.

 

L'Assemblée générale va plus loin en réaffirmant les préoccupations de l'ONU vis-à-vis de la poursuite de la promulgation et de l'application de nouvelles mesures visant à renforcer et étendre le blocus économique, commercial et financier contre Cuba.

 

L'organe suprême manifeste également ses inquiétudes « sur les effets négatifs de ces mesures sur la population cubaine et les nationaux Cubains résidant dans d'autres pays ».

 

La résolution exhorte « les États où existent et continuent à s'appliquer des lois et des mesures de ce type que, dans les délais les plus brefs possibles et conformément à leur propre législation, à prendre les mesures nécessaires pour les abroger ou les rendre sans effet ».

 

De la même façon, elle prie le secrétaire-général de l'ONU de préparer un rapport sur l'application de la résolution adoptée à la lumière des propositions et principes de la Charte et du droit international pour le présenter l'an prochain.

 

Elle a également décidé d'inclure dans le programme provisoire de sa soixante-sixième session la question suivante formulée ainsi : « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-unis d'Amérique contre Cuba ».

 

Le premier vote de condamnation du blocus a eu lieu le 24 novembre 1992 lorsque la 47ème session ordinaire de l'Assemblée générale a adopté par 59 voix pour, trois contre et 71 abstentions la première résolution allant dans ce sens.

 

L'an dernier et dans la même assemblée plénière de l'ONU, 187 pays ont condamné ce blocus, face aux seules voix négatives des États-Unis et d’Israël et aux abstentions des Îles Marshall, de la Micronésie et du Palau.

 

Article de Granma, quotidien cubain

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 07:15

La-hija-del-Che-dice-temer-a-las-reformas-de-CubaLa fille du Che, Aleida Guevara, « simple militante communiste » s'exprime sur les réformes économiques entreprises à Cuba entre espoirs et inquiétudes

 

 

Interview pour le journal brésilien A folha (extraits)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



 

Elle dit qu'elle est juste une militante de base du Parti communiste cubain, mais elle porte le nom d'un mythe de la gauche. A 50 ans, la pédiatre Aleida Guevara s'occupe de faire vivre la mémoire de son père et propose une défense passionnée du modèle de l'île. Dans cette interview, elle exprime ses craintes personnelles que les réformes en cours sur l'île, qui ont permis la vente de biens immobiliers et de véhicules, n’affectent la conscience sociale de la population, et puisse aboutir à une montée de l'individualisme.





Comment vont les choses à Cuba?



Nous sommes dans une situation où il nous faut trouver des solutions à des problèmes réels qui existent depuis longtemps. Et il y a les problèmes actuels que le pays subit en raison de la crise économique, qui touche tous les pays du monde. Nous sommes en train de discuter de ces problèmes avec l'ensemble du peuple, en les analysant sur les lieux de travail, dans les quartiers. Le congrès du parti a analysé tout ce qui est sorti de ces réunions populaires et est arrivé à un consensus sur le fait que nous devrons opérer quelques changements dans l'économie domestique. Résoudre le problème de familles, de personnes qui sont sans emploi en ce moment car l’État ne peut pas continuer à payer des personnes qui travaillent sans produire. Lorsque nous avons perdu le camp socialiste européen, Cuba a subi une crise brutale et l’État a garanti la sécurité de l'emploi à tout le monde sur toute la période. Aujourd'hui, la situation de notre économie s'est améliorée. Par conséquent, des possibilités réelles s'ouvrent à ces personnes pour qu'elles travaillent de façon indépendante. C'est pourquoi on en arrive à cette possibilité de travail individuel. Pour ce qui est de la Constitution, il nous faudra analyser quels sont les articles de la Constitution actuelle qui entrent en contradiction avec ces changements. Voilà pourquoi il nous faut cette analyse populaire, profonde, et s'il est nécessaire de changer un article de la Constitution, que le peuple sache ce qui se trame et pourquoi. Et le référendum qui devrait être organisé le sera plus rapidement et plus facilement.



Qu'est-ce qu'il faudrait changer dans la Constitution ?



Il a été convenu dans la Constitution que Cuba est une société socialiste. Dans cette société socialiste, il y a des normes, des règles. Quand on dit aujourd'hui qu'il y a des personnes qui vont travailler pour leur propre compte, cela peut supposer louer sa maison, ce qui n'existait pas auparavant. Ces personnes qui travaillent actuellement pour leur propre compte, si elles veulent embaucher d'autres personnes, doivent payer un salaire juste, garanti par la loi. Par exemple, si vous voulez louer une pièce de votre maison et embaucher quelqu'un pour faire le ménage. Avant cette personne n'était protégée par aucune loi. Désormais, avec ces changements, cette personne sera protégée également par les lois de l’État cubain. Ces lois doivent être introduites dans la Constitution.



Le dernier congrès du parti a ouvert la possibilité d'une appropriation privée des bâtiments et des voitures...



Disons que ce n'est pas de la propriété privée. Moi avant, par exemple, si je me payais une voiture, c'était la mienne. Le problème, c'est que je n'avais pas le droit de la vendre. Aujourd'hui, j'ai ce droit. Ce qui a changé, c'est que le citoyen qui est propriétaire de sa voiture puisse la vendre légalement. C'est sa propriété, c'est son droit. C'est la même chose pour les maisons. Si une maison est légalement la tienne, tu peux la vendre.



Mais c'est reconnaître la propriété privée



Dans ce qui existait déjà, dans la propriété individuelle. Que tu peux appeler privée, si tu veux. C'est la tienne. Le problème, c'est de légaliser cette propriété de façon à ce que tu puisse en user comme tu le désires.



Vous ne trouvez pas que cela rentre en conflit avec le principe socialiste ?



Non. Cela ne pose aucun type de problème avec les principes socialistes. Le problème, ce n'est pas de vendre ta maison ou ta voiture ou de l'échanger. Cela me paraît une très bonne chose que nous puissions le faire librement, sans aucune entrave. Le problème, c'est qu'il existe aujourd'hui des travailleurs qui travaillent pour leur propre compte. Ces travailleurs vont rechercher leur bénéfice personnel. Ma crainte personnelle – comme simple citoyenne, je n'ai rien à voir avec la direction du gouvernement cubain, je suis une médecin cubaine – ma crainte est que les personnes qui travaillent pour elles-mêmes perdent un peu de vue la question sociale, perdent leur conscience sociale. En vivant dans une société socialiste, nous travaillons pour tout un peuple. Quand tu commences à travailler pour remplir ton porte-feuille, pour ton bien-être personnel, il y a le risque de perdre ce lien social que nous avons toujours maintenu. C'est ma préoccupation personnelle. L’État socialiste continue d'être socialiste car il n'y a pas privatisation des grands moyens de production. Ce n'a pas eu lieu et cela n'aura pas lieu. Le peuple cubain continue d'être le propriétaire de tout ce qui se produit dans le pays. Tu peux être le propriétaire de ce que tu produis dans ta maison, dans un restaurant, un salon de beauté, des services produits. Mais les grands moyens de production, tout est entre les mains de l’État, donc, du peuple. Dans cette perspective, il n'y a aucun changement.



Les réformes ont été faites pour libérer quelque peu l'Etat du poids de personnes qui...



Exactement. De personnes qui seront laissés sans travail par l’État, car l’État ne peut pas continuer à soutenir cette situation. Nous avons connu des améliorations économiques. Ces personnes restent libres de travailler pour l’État et d'avoir leur propre travail. Et l’État se libère de cette situation difficile où il faudrait garder ceux qui ne produisent pas.



Votre crainte, c'est que cette réforme, qui peut être lue comme plus privatisante, affecte la conscience sociale ?



L'homme pense comme il vit. C'est ma préoccupation, tout simplement. Si tu vis juste en étant intéressé par la rénovation de ta maison, par l'accroissement de la quantité d'argent que tu as dans ton porte-feuille, par l'amélioration de ta garde-robe, tu oublies que l'école du coin, où tes enfants et tes petit-enfants étudient, aura besoin d'un petit coup de peinture. Tu serais capable de donner un peu de ton argent à cette école ? Si tu en es capable, je ferme ma bouche et me voilà satisfaite. C'est ma préoccupation, que l'on perde cette perspective, que l'on ne soit plus concerné par la perspective de la communauté sociale, qui est ce que nous sommes et continue d'être notre raison d'être.

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