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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 16:43
Si le Gouvernement des États-Unis souhaite vraiment aider le peuple cubain, le blocus doit être levé

La visite et l’accueil du président des Etats-Unis, Barack Obama, à Cuba du 20 au 23 mars 2016, marquent une nouvelle étape dans le processus de détente entre les deux pays, après le rétablissement des relations diplomatiques l’été dernier. L’affrontement politique et économique, depuis toujours inégal mais marqué par la formidable capacité de résistance du peuple cubain, persiste. Mais il prend une nouvelle forme, moins agressive, dans des conditions internationales, continentales et nationales qui ont changé. Derrières les sourires présidentielles cependant, de nombreuses questions restent en suspens. L’impérialisme US se garde toujours de restituer, par exemple, à Cuba la base militaire de Guantanamo. Il dose savamment le relâchement du blocus économique sans le lever. Sur ce sujet, nous reprenons ci-dessous une déclaration du ministre cubain des relations extérieures. Le gouvernement français suit l’impérialisme américain dans sa nouvelle stratégie, comme en a témoigné récemment la visite du président Raul Castro à Paris et le dîner donné en son honneur. On notera que les autorités françaises s’abstiennent, malgré le changement de cours, de demander aux Etats-Unis le remboursement, du moins pour du préjudice subi par le fisc français, des amendes indignes et scandaleuses qu’ils ont infligées au Crédit Agricole et à la BNP-Paribas pour leurs échanges avec Cuba… (Solidarité internationale PCF - vivelepcf)

 

Si le Gouvernement des États-Unis souhaite vraiment aider le peuple cubain, le blocus doit être levé

Déclaration du 17 mars 2016, de Bruno Rodriguez Parrilla, ministre cubain des relations extérieures, à propos de la visite à La Havane du président des Etats-Unis, Barack Obama, traduction reprise de l’édition en français du journal Granma, organe officiel du Comité central du Parti communiste cubain.

Le 15 mars, les Départements du Trésor et du Commerce ont émis de nouvelles dispositions qui modifient l’application de certains aspects du blocus exercé par les États-Unis contre Cuba.

Il s’agit de la quatrième annonce de ce genre de la part du gouvernement des USA après le 17 décembre 2014, date à laquelle les présidents des deux pays ont annoncé leur décision de rétablir les relations diplomatiques.

À l’heure actuelle, nous étudions leur portée afin de confirmer leur viabilité.

Toutefois, à titre préliminaire, on peut affirmer que ces mesures sont positives.

Certaines d’entre elles élargissent la portée de celles qui avaient adoptées auparavant, comme c’est le cas de la disposition autorisant les voyages individuels pour les échanges éducatifs « de peuple à peuple ». Cependant, il faut rappeler que l’interdiction aux citoyens des États-Unis de voyager librement à Cuba est toujours en vigueur, cette compétence relevant du Congrès.

L’autorisation d’utiliser le dollar dans les transactions internationales de Cuba, qui a été ajoutée à ce nouveau paquet de mesures, concerne un aspect important du blocus. Pour que cette mesure soit viable, il faudrait une déclaration politique et des instructions claires et précises de la part du Gouvernement des États-Unis offrant une sécurité juridique et politique aux banques, pour qu’une fin soit mise à la traque financière et inverser les effets intimidants des sanctions imposées au fil des ans aux institutions financières nord-américaines et de pays tiers pour avoir entretenu des rapports légitimes avec Cuba.

Dans les prochains jours, nous allons tenter d’effectuer des transferts en dollars pour vérifier s’ils peuvent vraiment être réalisés, et si les banques ont reçu les instructions leur permettant de faire des opérations avec Cuba sans crainte d’être pénalisées.

Par ailleurs, nous espérons que, dorénavant, des sanctions comme celles infligées à d’importantes banques comme la Commerzbank et le Crédit Agricole, pour ne mentionner que les cas les plus récents, ne se répéteront plus, et que des institutions financières étrangères ne refuseront plus d’entretenir des rapports avec notre pays.

La mesure concernant l’utilisation du dollar ne signifie pas une normalisation des relations bancaires entre Cuba et les États-Unis. Les banques cubaines ne peuvent pas ouvrir de comptes dans les banques nord-américaines. En conséquence, il nous faudra continuer de réaliser nos transactions à travers des pays tiers, ce qui renchérit le coût des opérations et complexifie les démarches.

Le reste des mesures mises en vigueur ne modifient pas l’application des éléments médullaires du blocus. Par exemple :

• On ne permet pas d’investissements dans notre pays au-delà de ceux déjà approuvés dans le secteur des télécommunications.

• L’interdiction frappant les importations de produits cubains aux États-Unis, y compris de médicaments et de produits biotechnologiques, est toujours en vigueur, si bien que le commerce bilatéral restreint autorisé demeure essentiellement unidirectionnel. Seule la prohibition absurde aux citoyens étasuniens de consommer des produits et recevoir des services cubains dans des pays tiers a été modifiée.

• Les restrictions en vigueur concernant les exportations des USA vers Cuba ne changent pas. Elles sont limitées et excluent des secteurs clés de l’économie cubaine.

• La disposition qui interdit l'accès aux ports nord-américains, pour une période de 180 jours, aux navires de tiers pays ayant qui mouillent dans des ports cubains –ce qui occasionne des pertes au titre des frets –, est toujours en vigueur. La seule disposition adoptée à ce sujet n’avait pas pour but de favoriser Cuba, mais de rendre plus rentables les opérations des compagnies de navigation étasuniennes.

• Des citoyens et des entreprises cubaines et d’autres pays figurent toujours sur une liste arbitraire connue comme « nationaux spécialement désignés », qui les empêche de réaliser des transactions avec des entités des États-Unis et leurs filiales.

Toutes ces restrictions peuvent être éliminées à travers des décisions exécutives.

La réalité, c’est que le blocus est toujours en vigueur. Le Secrétaire du Trésor Jack Lew a lui-même reconnu, il y a deux jours, que le blocus limite encore « très, très significativement» le volume des transactions entre Cuba et les États-Unis.

Le blocus a aussi des composantes dissuasives et punitives. Voici quelques exemples :

• Des entreprises étasuniennes et étrangères ont encore récemment été condamnées à verser des amendes pour avoir offert des services et du matériel d’origine étasunien à Cuba.

• Des entreprises étrangères qui commercialisent du nickel et du rhum cubain ont été privées de leurs lignes de crédits, et leurs transferts ont été refusés, même dans des monnaies autres que le dollar US.

• Des banques étrangères ont fermé les comptes bancaires dans d’autres monnaies à du personnel de la santé cubain qui apporte sa coopération dans des pays d’Afrique.

• Des filiales d’entreprises étasuniennes dans des pays tiers refusent leurs services aux missions diplomatiques et aux entités cubaines à l’étranger.

Le blocus constitue le principal obstacle au développement économique de Cuba et impose des privations au peuple cubain.

C’est pourquoi son élimination sera essentielle pour normaliser les relations entre nos deux pays.

De hauts fonctionnaires étasuniens ont affirmé que l’objectif des mesures approuvées était d’ « autonomiser » le peuple cubain. Si le Gouvernement des États-Unis souhaite vraiment aider le peuple cubain, le blocus doit être levé.

Nous reconnaissons la position du président Obama contre le blocus, ainsi que les nombreux appels qu’il a lancés au Congrès en faveur de sa levée.

Nous espérons que le Congrès des États-Unis agira en conséquence face à une revendication quasi-unanime de la communauté internationale et de secteurs de plus en plus vastes de la société et de l’opinion publique des États-Unis.

Cuba est engagée dans la construction d’une nouvelle relation avec les États-Unis, dans le plein respect de sa souveraineté et fidèlement attachée à ses principes de justice sociale et de solidarité.

Cependant, personne ne peut prétendre que Cuba doive renoncer à un seul de ses principes, ni à sa politique extérieure engagée envers les causes justes du monde et la défense de l’autodétermination des peuples.

Dans les prochains jours, nous accueillerons le Président des États-Unis avec l’hospitalité qui nous distingue, et avec le respect et la considération qui lui sont dues en sa qualité de chef d’État.

Ce sera pour lui l’occasion de connaître notre réalité et un peuple noble, digne et doté d’un sens élevé du patriotisme, un peuple qui lutte pour un avenir meilleur malgré toutes les adversités qu’il a dû affronter.

Le président des États-Unis pourra apprécier directement une nation absorbée dans son développement économique et social, dans son travail pour améliorer le bien-être de ses citoyens. Un peuple qui jouit de droits et peut afficher des acquis qui constituent une chimère pour beaucoup de pays du monde, en dépit des limitations découlant de son double statut de pays soumis à un blocus et de pays sous-développé.

Ce sera aussi une occasion importante pour identifier les nouveaux pas qui pourraient être franchis dans les prochains mois, comme une contribution au processus d’amélioration des relations, sur des bases de respect et d’égalité, au profit de nos deux pays et de nos deux peuples.

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 12:21
Evo Morales et Nicola Maduro ont rendu visite à Fidel Castro pour son anniversaire

Evo Morales et Nicola Maduro ont rendu visite à Fidel Castro pour son anniversaire

Repris de l'édition en français de Granma, organe officiel du Parti communiste cubain, 13 août 2015, jour du 89ème anniversaire de Fidel Castro

La réalité et les rêves, par Fidel Castro

" Écrire est une manière d’être utile, si tu estimes que notre humanité meurtrie doit être plus et mieux éduquée face à l’incroyable ignorance qui nous entoure tous, à l’exception des savants qui cherchent dans la science une réponse satisfaisante. C’est un mot qui implique en peu de lettres son contenu infini.

Dans notre jeunesse, nous avons tous entendu parler une fois ou l’autre d’Einstein, surtout après les largages des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, qui mirent fin à la guerre cruelle qui opposa le Japon et les États-Unis. Lorsque ces bombes furent lancées, à la suite de la guerre qui éclata après l’attaque de la base de Pearl Habor, l’empire japonais était déjà vaincu. Les États-Unis, dont le territoire et les industries avaient été épargnés par la guerre, émergèrent comme le pays le plus riche et le mieux armé de la Terre face à un monde détruit, rempli de morts, de blessés et d’affamés.

À eux deux, l’URSS et la Chine avaient perdu plus de 50 millions de vies et subi d’énormes destructions matérielles. Presque tout l’or du monde alla atterrir dans les coffres des États-Unis. Aujourd’hui, on estime la totalité des réserves monétaires en or de ce pays à 8133 tonnes de ce métal. Cependant, faisant fi des engagements contractés à Bretton Woods, les États-Unis annoncèrent unilatéralement leur refus d’honorer leur engagement à garantir leur papier-monnaie sur la valeur de l'once d'or.

Cette mesure fut décrétée par Nixon au mépris des engagements contractés par le président Franklin Delano Roosevelt. Selon de nombreux experts en la matière, ils créèrent ainsi les bases d’une crise qui, entre autres désastres, menaçait de frapper durement le modèle économique de ce pays.

Entre-temps, l’on doit à Cuba les indemnisations de dommages, qui s’élèvent à de nombreux millions de dollars, comme l’a dénoncé notre pays avec des arguments et des données irréfutables lors de ses maintes interventions aux Nations Unies.

Comme l’a très clairement exprimé le Parti et le Gouvernement de Cuba, en gage de bonne volonté et de paix entre tous les pays de cet hémisphère et l’ensemble des peuples qui forment la famille humaine, et ainsi contribuer à garantir la survie de notre espèce dans le modeste espace que nous habitons dans l’univers, jamais nous ne cesserons de lutter pour la paix et le bien-être de tous les êtres humains, peu importe la couleur de la peau ou le pays d’origine de chaque habitant de la planète, ainsi que pour le plein droit de tous à avoir ou non une croyance religieuse.

L’égalité d’accès de tous les citoyens à la santé, à l’éducation, au travail, à l’alimentation, à la sécurité, à la culture, à la science, et au bien-être, autrement dit aux mêmes droits que nous avons proclamés au commencement de notre lutte, plus ceux émanant de nos rêves de justice et d’égalité pour les habitants de notre monde, c’est ce que je souhaite à vous tous ; à ceux qui partagent en tout ou en partie les mêmes idées, ou supérieures mais allant dans la même direction, je vous remercie, chers compatriotes."

 

Fidel Castro Ruz

Le 13 août 2015

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 14:59
Cuba/USA : rétablissement des relations diplomatiques. Extrait de l’allocution de Raul Castro prononcée le 15 juillet 2015 devant l’Assemblée nationale cubaine.

Repris de l’édition en français de Granma par Solidarité internationale PCF. Lien vers l’ensemble de l’allocution de Raul Castro.

 

"Le 20 juillet prochain, comme résultat des négociations qui se sont déroulées de façon respectueuse et sur un pied d'égalité, les relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis seront officiellement rétablies et que des ambassades seront rouvertes dans les capitales respectives ; d'abord la nôtre.

Ainsi aura pris fin la première phase du processus amorcé le 17 décembre et commencera alors une nouvelle étape, longue et complexe, sur le chemin conduisant à la normalisation des relations, qui exigera de la volonté pour trouver des solutions aux problèmes qui se sont accumulés durant plus de 5 décennies et qui affectent les liens entre nos pays et peuples. Comme nous l'avons dit, il s'agit de créer un nouveau type de liens entre nos deux États, différents de ceux de toute notre histoire commune.

Comme le signale la Déclaration du gouvernement révolutionnaire du 1er juillet, il est impossible de concevoir, tant que le blocus sera maintenu, des relations normales entre Cuba et les États-Unis.

Nous saluons l'appel du Président Obama au Congrès nord-américain à lever le blocus contre Cuba, réitéré dans sa déclaration du 1er juillet dernier et nous espérons qu'il continuera d’user de ses facultés exécutives, c'est-à-dire, celles qu'il peut exercer, sans la participation du Congrès, pour démanteler certains aspects de cette politique qui cause des dommages et des carences à notre peuple. Le reste des mesures du blocus sont, comme c'est normal, du ressort du Parlement, à savoir de son Congrès.

Pour normaliser les liens bilatéraux, il faudra aussi restituer le territoire illégalement occupé par la Base navale à Guantanamo ; mettre fin aux émissions de radio et de télévision en direction de Cuba ; éliminer les programmes destinés à promouvoir la subversion et la déstabilisation internes et indemniser le peuple cubain pour les dommages humains et économiques provoqués par les politiques des États-Unis.

Changer tout qui doit être changé est une question souveraine et exclusive des Cubains. Le gouvernement révolutionnaire est dans la disposition d'avancer sur la voie de la normalisation des relations, avec la conviction que nos deux pays peuvent coopérer et coexister de façon civilisée, dans l’intérêt mutuel, au-delà des divergences que nous avons et que nous aurons, et contribuer ainsi à la paix, à la sécurité, à la stabilité, au développement et à l'équité dans notre continent et dans le monde. »

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 06:41

commerzbank.jpgAprès la BNP, la banque allemande Commerzbank paiera 1 milliard de $ aux Etats-unis pour avoir commercé avec Cuba

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

La normalisation des relations entre Etats-unis et Cuba est encore loin d'avoir une traduction sur le plan économique. L'embargo, qui pèse sur le développement de l'île, est bien vivace, il se matérialise dans la série d'amendes qu'impose les USA aux banques européennes.

Après la français BNP Paribas, au tour de l'allemande Commerzbank. Le gouvernement américain frappe les géants bancaires européens, alliés géopolitiques mais concurrents économiques, d'amendes se chiffrant en milliards de $.

Commerzbank est la deuxième banque allemande – dont le premier actionnaire reste l’État allemand – elle fait partie des 20 principales institutions bancaires d'Europe.

C'est la banque allemande du commerce international, bien implantée en Europe de l'est, en Russie, en Chine, où elle devient un concurrent des banques américaines et un partenaire des banques et entreprises locales, avec lesquelles les Etats-unis voient les rivalités géopolitiques s'exacerber.

Selon le Wall Street Journal, Commerzbank est prêt à payer la somme de 1 milliard de $ au gouvernement américain pour avoir mené des transactions commerciales entre autres avec Cuba, en violation des sanctions imposées par les Etats-unis

Le Financial Times souligne que l'institution financière allemande avait convenu de payer 650 millions de $ en septembre 2014, avant de devoir ré-évaluer à la hausse l'amende sous pression américaine.

Le New York Times rappelait que le Département du Trésor américain avait d'abord estimé l'amende à 500 millions de $, le 9 juillet dernier, pour transactions illégales entre ses filiales américaines et des partenaires à Cuba, en Corée du nord, en Iran, ou au Soudan.

Le Département de la Justice américain, le Bureau du procureur du district de Manhattan et le Super-intendant aux services financiers de New-York ont lancé l'enquête en 2008, visant en particulier les liens avec des entreprises iraniennes, au beau milieu de la querelle sur le programme nucléaire iranien.

On est loin de l'amende record infligée à la BNP-Paribas, de 9 milliard de $, en juillet dernier. Mais la logique est la même : continuer le siège économique de Cuba, et surtout l'utiliser comme prétexte dans une guerre économique pour engranger des profits commerciaux maximum. De la rapine pure.

Le gouvernement américain ne compte pas s'arrêter là. Il a lancé des enquêtes contre l'allemande Deutsch Bank, les françaises Crédit Agricole et Société Générale, enfin l'italienne UniCredit. Avec la BNP Paribas, ce sont cinq des dix plus grandes banques européennes.

Des mesures en totale contradiction avec la volonté de l'immense majorité des nations du globe. Le 28 octobre, pour la 23 ème année d'affilée, l'Assemblée générale de l'ONU condamnait le blocus américain contre Cuba et demandait son levée, à 188 voix contre 2, celles des USA et d'Israel.

Moins d'une semaine après les annonces-choc du président Obama, cette nouvelle a de quoi confirmer la réception prudente de la dite normalisation des relations Etats-unis/Cuba. La guerre économique est toujours en vigueur contre Cuba.

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 06:46

Libre-los-5-free_3.jpgRaul Castro se félicite du retour des 5 à Cuba, des relations normalisées avec les USA mais, pour lui, la lutte continue



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Mes chers compatriotes,



Depuis mon élection en tant que Président des conseils d’état et des ministres, j’ai réitéré, à maintes reprises, notre disposition à entretenir avec le gouvernement étasunien, un dialogue respectueux, reposant sur une souveraineté mutuellement reconnue, pour aborder réciproquement les thèmes les plus divers, sans porter atteinte ni à l'indépendance nationale ni à l’autodétermination de notre peuple.



Il s’agit d’une position qui a été exprimée au gouvernement des Etats-unis, en public et en privé, par le camarade Fidel, tout au long de notre grand combat, avec l'idée d'entamer des discussions et régler nos désaccords par la voie des négociations, sans renoncer à un seul de nos principes.



L’héroïque peuple cubain a démontré, face aux grands périls, les agressions, adversités et sacrifices, qu’il est et saura rester fidèle à ses idéaux d’indépendance et de justice sociale. Au cours de ces 56 années de Révolution, nous sommes restés unis et nous avons gardé une profonde loyauté pour ceux qui sont tombés en défendant ces principes depuis le début de nos guerres d’indépendance en 1868.



Maintenant, nous sommes en train d'oeuvrer, malgré les difficultés, à l’actualisation de notre modèle économique pour bâtir un socialiste prospère et durable.



A la suite d’un dialogue au plus niveau, y compris d'un entretien téléphonique que j’ai eu hier avec le Président Barack Obama, nous avons pu avancer dans le résolution de certaines questions de première ordre pour les deux nations.



Comme Fidel l’avait promis, en juin 2001, lorsqu’il a dit, je cite : « Ils reviendront ! », aujourd’hui, ils reviennent dans notre patrie, Gerardo, Ramón et Antonio.



L’immense joie de leurs proches et de tout un peuple mobilisé inlassablement vers cet objectif, s’étend aux centaines de comités et groupes de solidarité, gouvernements, parlements, organisations, institutions et personnalités qui pendant 16 ans se sont battus et donné corps et âme pour obtenir leur libération. Nous leurs exprimons, à tous, notre gratitude la plus profonde.



Cette décision du Président Obama, mérite le respect et la reconnaissance de notre peuple.



Je tiens à remercier et reconnaître le soutien du Vatican, et tout particulièrement du Pape François, en vue de l’amélioration des relations entre Cuba et les Etats-unis. Nous remercions également le gouvernement du Canada qui a facilité la réalisation du dialogue, au plus haut niveau, entre les deux pays.



A notre tour, nous avons décidé de libérer et de renvoyer aux États-Unis, un espion d’origine cubaine qui était au service de ce pays. D’autre part, pour des raisons humanitaires, aujourd’hui, nous avons renvoyé dans son pays, le citoyen nord-américain Alan Gross.



De façon unilatérale, car telle est notre pratique, et qu'elle est conforme à nos lois, certains prisonniers qui intéressaient le gouvernement des Etats-unis ont connu des remises de peine, d'autres leur libération.



De même, nous avons convenu de la reprise de relations diplomatiques.



Ceci ne veut pas dire que l’essentiel soit réglé. Le blocus économique, commercial et financier nous causant d'énormes préjudices humains et économiques doit cesser.



Bien que les mesures du blocus soient devenues loi, le Président des États-Unis peut modifier leur application en vertu de ses compétences exécutives.



Nous proposons au gouvernement étasunien l'adoption de mesures mutuelles en vue de l’amélioration du climat bilatéral et de l’avancée vers la normalisation des liens entre nos deux pays, conformément aux principes du droit international et à la charte des Nations unies.



Cuba réitère sa disposition à maintenir la coopération dans les organismes multilatéraux, comme l’Organisation de Nations unies.



Tout en reconnaissant que nous avons de profonds désaccords, principalement sur la souveraineté nationale, la démocratie, les droits de l’homme et la politique extérieure, je confirme notre volonté de dialoguer sur tous ces sujets.



J’invite le gouvernement des États-Unis à surmonter les obstacles qui empêchent ou restreignent les liens entre nos peuples, nos familles et les citoyens des deux pays, en particulier, en ce qui concerne les voyages, le service postal direct et les télécommunications.



Les progrès atteints lors de nos échanges montrent qu’il est possible de résoudre beaucoup de problèmes. Comme que nous l’avons répété, il nous faut apprendre l’art de coexister, d’une façon civilisée, avec nos désaccords



Nous aurons l'occasion de reparler de toutes ces questions ultrérieurement

Je vous remercie beaucoup

Raul Castro, président de l'Etat cubain

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