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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 07:01

Illustration-for-Cubas-gl-011.jpgLes vies sauvées par les médecins cubains face à Ebola sont une honte pour les USA, pour le journal britannique Guardian



Article de Seamus Milne, pour le quotidien britannique The Guardian



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Cela fait quatre mois qu'a été déclaré l'état d'urgence contre Ebola qui a ravagé l'Afrique occidentale. Cuba mène la lutte contre l'épidémie, c'est le pays qui a apporté jusqu'alors le soutien direct le plus important.



Les Etats-unis et la Grande-Bretagne ont envoyé des milliers de soldats, ils ont promis – ainsi que d'autres pays – une aide qui tarde à se matérialiser. Mais, l'OMS insiste, ce dont a le plus besoin sur le terrain, ce sont des travailleurs de la santé.



L'île des Caraibes, avec une population d'à peine 11 million d'habitants et un revenu par tête de 4 500 € par an, a répondu à l'appel.



Ils étaient les premiers au front contre l'Ebola, et ont envoyé le plus large contingent de docteurs et d'infimiers – 256 sont déjà sur le terrain – 200 volontaires sont sur le départ.



Tandis que l'intérêt des médias occidentaux devient plus evanescent au fur et à mesure que la menace d'une infection mondiale s'éloigne, des centaines de travailleurs de la santé britannique se sont déclarés volontaires pour les rejoindre.



Les 30 premiers sont arrivés au Sierra Leone la semaine dernière, tandis que des soldats vont aller construire des cliniques. Mais les médecins cubains sont sur le terrain, en nombre, depuis octobre et ils sont là pour rester.



La situation ne peut être plus urgente. Plus de 6 000 personnes sont déjà mortes. L'opération Cubaine couvrait tellement les pays occidentaux de déshonneur que les politiciens britanniques et américains se sont sentis obligés d'envoyer leurs félicitations.



John Kerry a décrit la contribution de l'Etat que les Etats-unis essaient de subvertir depuis plus d'un demi-siècle d'« impressionnante ».



Le premier médecin cubain à contracter Ebola a été traité par les médecins britanniques, et les responsables américains ont promis qu'ils « collaboreraient » avec Cuba pour lutter contre Ebola.



Mais ce n'est pas la première fois que Cuba a livré la part du lion de l'aide médicale à la suite d'une catastrophe humanitaire.



Il y a quatre ans, après le tremblement de terre qui a ravagé un Haiti paupérisé, Cuba a envoyé le plus grand contingent médical et s'est occupé de 40 % des victimes.



A la suite du séisme du Cachemire en 2005, Cuba a envoyé 2 400 travailleurs médicaux au Pakistan et traité plus de 70 % de ceux touchés ; ils ont aussi laissé sur place 32 hôpitaux et donné un millier de bourses pour des études en médecine.



La tradition consistant à apporter une aide en situation d'urgence remonte aux premières années de la Révolution cubaine. Mais ce n'est qu'une facette de cet internationalisme médical global extraordinaire.



Il y a désormais 50 000 médécins et infirmiers cubains dans 60 pays en développement.



Comme le professeur canadien John Kirk l'explique : « L'internationalisme médical a cubain a sauvé des millions de vie ».Mais cette solidarité sans comparaison n'a trouvé que peu d'écho dans les médias occidentaux.



Les médecins cubains ont conduit 3 millions d'opérations des yeux dans 33 pays, principalement en Amérique latine et dans les Caraibes, et largement financés par le Vénézuela révolutionnaire.



Voilà comment Mario Teran, le sergent bolivien qui a tué Che Guevara, sur ordre de la CIA en 1967, a pu retrouver la vue 40 ans plus tard, grâce aux médecins cubains, dans une opération payée par le Venezuela, dans la Bolivie radicale d'Evo Morales.



Alors que le soutien d'urgence a souvent été financé par Cuba lui-même,les services médicaux globaux du pays sont habituellement payés par les gouvernements bénéficiaires et sont désormais devenus, de loin, le premier secteur d'exportation, liant idéaux révolutionnaires et développement économique.



Cela dépend en retour du rôle central de la santé et de l'éducation publiques à Cuba, puisque la Havane a construit une industrie de bio-technologie low-cost avec des infrastructures médicales et des programmes d'alphabétisation dans les pays en développement qu'il aide – plutôt que de pomper leurs médecins et infirmiers sur le modèle occidental.



L'internationalisme est dans l'ADN de Cuba. Comme la fille de Guevara, Aleida, elle-même médecin qui a servi en Afrique, le dit : « Nous sommes des Afro-latino américains, et nous assumons notre solidarité envers les enfants de ce continent ».



Mais ce qui a commencé comme une tentative de répandre la révolution cubaine dans les années 1960 et est devenu une intervention militaire décisive en soutien de l'Angola contre l'Apartheid dans les années 1980, s'est désormais transformé dans le projet de solidarité médicale le plus ambitieux du globe.



Son succès dépend du tournant progressiste qui s'est saisi de l'Amérique latine durant cette dernière décennie, inspiré par l'exemple socialiste de Cuba pendant les années de dictature militaire de droite.



Les gouvernements de gauche et de centre-gauche continuent d'être élus, ré-élus dans toute la région, permettant à Cuba de se renouer avec sa fonction de phare de l'humanitarisme international.



Mais l'île continue d'étouffer sous l'embargo commercial américainqui a maintenu un étau économique et politique sur le pays pendant un demi-siècle.



Si Barack Obama veut faire quelque chose qui en vaut la peine pendant ses dernières années comme président, il peut utiliser le rôle de Cuba dans la crise d'Ebola pour lancer le processus de levée du blocus, et pour mettre un terme à la guerre de déstabilisation américaine.



Cuba a le vent en poupe.



Dans ce qui ressemble à une tentative de forcer la main de l'administration,le New York Times a publié six éditoriaux dans les dernières semaines, en octobre et novembre, louant le bilan médical global de Cuba, demandant la fin de l'embargo, s'attaquant aux efforts visant à pousser les médecins cubains à déserter, et appelant à un échange négocié de prisonniers.



Cette campagne de presse a accompagné le vote à l'Assemblée générale de l'ONU qui a voté pour la 23 ème fois, par 188 voix contre 2 (États-Unis et Israël), pour exiger la levée du blocus américain, d'abord imposé en représailles à la nationalisation d'entreprises américaines, et désormais justifié sur la base des droits de l'Homme – par un Etat allié à certains des régimes les plus répressifs au monde.



L'embargo ne peut être abandonné que par le Congrès, ce qu'empêchent les héritiers d'une dictature soutenue par les Etats-unis, que Fidel Castro et Guevara ont renversé.



Mais le président américain a, dans le champ de son pouvoir exécutif, le pouvoir d'assouplir considérablement et rétablir les relations diplomatiques.



Il peut commencer en libérant les trois « Cinq de Miami » qui restent, des agents du renseignement cubains emprisonnés il y a 13 ans pour des opérations espionnage visant des groupes militants anti-cubains liés au terrorisme.



Le moment opportun pour qu'Obama mette un terme à 50 ans de campagne américaine contre l'indépendance américaine, ce serait le Sommet des Amériques d'avril prochain – que les gouvernements latino-américains ont menacé de boycotter à moins que Cuba ne soit invité.



La plus grande contribution que ceux qui sont vraiment préoccupés par les libertés démocratiques à Cuba puisse apporter, ce serait de laisser revenir Cuba dans cet organisme.



Si le blocus venait réellement à être démantelé, ce ne serait pas seulement la légitimation du bilan remarquable de Cuba en termes de justice sociale au pays et dans leur solidarité à l'étranger, soutenus par une Amérique latine indépendante, qui prend de plus en plus confiance en elle-même.



Ce serait aussi à l'avantage des millions de personnes à travers le monde qui profiteraient de l'émancipation de Cuba – et une preuve de ce qui peut être réalisé quand on met les peuples avant les profits des grandes entreprises.

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 06:02

votacion-de-bloqueo_0.jpg188 pays disent Non au blocus américain contre Cuba à l'ONU. Les Etats-unis et Israel seuls face au reste du monde !

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le vote de 2013 a été confirmé en 2014. Les Etats-unis sont toujours isolés dans leur politique criminelle imposée à Cuba. Ce 28 octobre, la 23 ème résolution cubaine appelant à la condamnation du blocus a été soutenue par 188 Etats, 2 la refusant, 3 s’abstenant de voter.

 

Comme l'an dernier, comme chaque année depuis 1992, l'ONU a résonné des appels au respect du droit international, au droit du peuple cubain à diposer de sa souveraineté et à poursuive son développement selon le modèle social qu'il préconise.



Cuba a proposé la résolution A/69/L.4 sur « la nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-unis d'Amérique contre Cuba ». Cela fait 54 ans que les Etats-unis imposent un blocus aux conséquences terribles pour le peuple cubain.



L’embargo (« bloqueo »), selon les chiffres du gouvernement cubain, a causé une perte économique accumulée de 1 112 milliards de $ - l'équivalent du PIB annuel de l'Inde, 15 années de production cubaine. Les hôpitaux du pays sont privés de l’accès à des médicaments ou matériel médical vitaux.



En 1992, ils n’étaient que 59 Etats, au sortir de la guerre froide, à soutenir Cuba dans son rejet de ce blocus inique. Aujourd’hui, ils sont 188. Le record historique de 2013 est égalé, sachant que deux Etats s’opposent : les États-Unis et son allié israélien.



Malgré l'embargo, Cuba est à la pointe dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement de l’ONU, en tête des indicateurs de santé, d’éducation, de culture de tout le continent, rivalisant avec les pays les plus riches de la planète.



Ce fut rappelé dans l'intervention de Bruno Parilla, ministre des Affaires étrangères, à la tribune mais Cuba n'est pas seule, elle n'est plus seule. Elle a le monde entier avec elle, face aux seuls Etats-unis.



Il a évoqué l'existence d'un nombre croissant de leaders religieux, de figures de l'émigration cubaine, d'entrepreneurs américains mais aussi de congressistes qui s'expriment en faveur de la levée du blocus.



Le New York Times – ournal de l'intelligentsia nord-américaine – a multiplié les éditoriaux critiques envers la politique américaine. Le titre de l'article relatant le vote à l'ONU est évocateur : « Sur l'embargo cubain, les Etats-unis et Israel à nouveau seuls contre le reste du monde ».



Dès 1959, l’objectif était d’étrangler économiquement Cuba pour faire tomber un régime qui gênait les intérêts impérialistes américains. Depuis, présidents démocrates et républicains se sont succédé, rien n’a changé.

 

Les espoirs suscités par l’élection de Barack Obama se sont envolés, le blocus s’est raffermi. Les États-Unis appliquent depuis 2008 des sanctions extra-territoriales, frappant durement les organismes nouant des relations commerciales et financières avec Cuba.



Ainsi, les Etats-unis ont appliqué des amendes exceptionnelles de 11 milliards d'euros envers 38 banques – dont une record contre la française BNP Paribas – qui réalisent des transactions commerciales avec Cuba, et d'autres pays qui sont sur la liste noire des Etats-unis tel l'Iran.



Les interventions apportant un soutien à Cuba, critiquant la politique américaine, ont été encore plus nombreuses : Brésil, Argentine, Colombie, Bolivie, Vénézuela, Equateur, Nicaragua mais aussi Afrique du sud, Iran, Egypte, Chine, Russie, Vietnam, Algérie, Inde.



La quasi-intégralité des pays d'Amérique latine, mais aussi les grands pays émergents ont exprimé une condamnation ferme et sans ambiguité du blocus.



Ce ne fut le cas des pays de l'Union européenne – comme la France – qui ont voté pour la levée du blocus, mais se sont dispensés de toute critique de la politique nord-américaine.



Outre les Etats, il est à souligner que divers organismes – la Communauté des Etats d’Amérique latine et des Caraibes (CELAC), le Mouvement des non-alignés, l'Union africaine, le MERCOSUR, le groupe des 77 – sont intervenus pour condamner vigoureusement le blocus.

 

L’Union européenne, si elle a finalement appuyé la motion cubaine, n’en a pas moins exprimé ouvertement ses critiques sur le système économique et politique cubain.

 

Cuba si, bloqueo no ! La lutte continue pour le respect du droit cubain à pouvoir se développer librement. Il peut compter sur la planète dans son ensemble. Comme dans la lutte contre l'apartheid, une poignée d'Etats ne peuvent bloquer les peuples en marche pour leur liberté.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 05:51

WSJ460Le Wall Street Journal fait l'éloge des médecins de Cuba, pays communiste seul en Afrique à lutter contre le virus Ebola !



William Hearst, reviens, ils sont devenus fous !



Lire un article louant le travail des médecins cubains en Afrique, critiquant en comparaison la faible implication des pays européens, des puissances émergentes, des Etats-unis pour lutter contre le virus Ebola, et le trouver dans l'organe central de finance mondialisée – le Wall Street Journal – seule une époque aussi folle rend possible de telles expériences.



Pour vous permettre de prendre connaissance de cet article qui ne fait que restituer des faits têtus – tout en tentant de présenter positivement l'attitude américaine qui profite de la crise pour renforcer sa présence militaire sur le continent – en voici une traduction intégrale :



Article du Wall Street Journal, datant du 9 octobre 2014



Traduction AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Les docteurs cubains en première ligne dans la lutte contre le virus Ebola



L'île caribéenne surpasse les grands pays dans l'envoi de personnel médical : un partenaire improbable pour les Etats-unis



Alors que le risque est croissant qu'Ebola puisse s'envoler vers d'autres cieux, les Etats-unis appellent les nations du monde entier à envoyer des docteurs, des infirmières en Afrique occidentale, où des milliers de vie sont en jeu. Rares sont ceux qui ont répondu à l'appel, un pays a répondu en force : Cuba.



Dans les semaines qui ont suivi l'envoi par le président Obama de près de 4 000 troupes en Afrique occidentale, la lutte pour éradiquer Ebola a créé des tandems insolites. Rien n'est plus étrange que le spectacle de médecins cubains rejoignant les militaires américains pour lutter contre Ebola en Afrique occidentale. Cuba est depuis longtemps dans une relation de conflit avec son voisin du nord : les Etats-unis.



Les puissances émergentes comme la Chine, l'Inde, la Russie font des affaires en Afrique, mais leurs contributions à la lutte contre l'épidémie d'Ebola ont été plutôt décevantes jusque-là. Et les nations bénéficiant des meilleurs systèmes de santé ont fourni une aide trop faible, trop tardive à la crise, selon les leaders des pays touchés par Ebola.



Jeudi, le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à une « multiplication par 20 de l'aide », comprenant « un personnel de santé bien formé ».



« La réponse internationale a été lente », a déclaré la présidente du Liberia Johnson Sirleaf. Jeudi, elle a plaidé pour l'envoi de plus de personnel médical, s'adressant depuis la capitale Monrovia à la conférence de la Banque mondiale à Washington. « Plus que jamais, nous avons besoin de personnels qualifiés et dévoués pour participer à la lutte contre Ebola ».



Cuba a répondu à cet appel. Elle a envoyé 165 travailleurs de la santé au Sierra Leone, durement touché, un nombre exceptionnellement élévé pour une petite île de 11 millions d'habitants. Ils ont rejoint les travailleurs médicaux en Afrique occidentale de plusieurs nations qui sont sous les auspices des groupes d'assistance. Médecins sans frontières (MSF) doit que près de 250 travailleurs médicaux internationaux se trouvent la région et près de 3 000 contre Ebola sur place dans son ensemble.



Cuba joue depuis longtemps un rôle énorme en Afrique, envoyant des troupes pour lutter afin de bouter l'armée sud-africaine de l'Apartheid hors d'Angola, et entrainant des guérillas qui ont rejoint la lutte armée de Nelson Mandela contre l'apartheid. Au début des années 1960, Che Guevara s'est rendu en Afrique pour fomenter une révolte dans la tout juste indépendante République démocratique du Congo – bien qu'il ait jugé par la suite qu'ils étaient peu intéressés par le socialisme mondial et plus par le brigandage.



« Nous ne pouvons libérer nous-mêmes un pays qui ne veut pas combattre », a-t-il écrit dans une lettre découragée au leader cubain Fidel Castro.



En revanche, le médecin argentin devenu révolutionnaire cubain a suggéré que Cuba y envoie autre chose : les docteurs. Depuis, Cuba envoyé des dizaines de milliers de travailleurs de la santé à l'étranger. Le pays a envoyé 2 500 travailleurs de la santé au Pakistan après le tremblement de terre de 2005, et 1 500 à Haiti après le séisme de 2010, a déclaré Jorge Delgado Bustillo, responsable de la Brigade médicale cubaine au Sierra Leone.



En comparaison, les 165 médecins représentent presque une réponse prudente.



« Nous travaillons sur la malaria, le choléra, la dengue, une situation de désastre, inondations au Vénezuela, au Guatemala, au Belize », dit M.Bustillo. « Mais Ebola ? C'est une première pour les Cubains ».



Dans un discours datant de ce mois-ci, M.Castro semblait rappeler les exploits militaires de Cuba face au déploitement de docteurs au Sierra Leone. Il les a nommé « une armée de blouses blanches » et a lancé : « Honneur, gloire à nos combattants valeureux de la cause de la santé et de la vie ! » selon les extraits de son discours publié dans le journal Granma.



Les Cubains minimisent l'idée de toute rivalité avec les Américains. « Contre Ebola, nous devons travailler avec tout le monde », dit M.Bustillo. « Les Etats-unis ? Oui, nous pouvons le faire ».



Mercredi, le drapeau cubain flottait sur le mur du palais des congrès ici, alors que les docteurs bouillant d'impatience sur leurs chaises, attendant plus d'une heure que le gouvernement du Sierra Leone ne les accueille officiellement.



Un officiel australien de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chargé de les formes sur Ebola, les regardait avec inquiétude alors que les Cubains multipliaient les mains serrées, les tapes dans le dos et autres gestes hasardeux quoique sincères. Les officiels mettent en garde : Ebola peut se diffuser au contact, le virus peut avoir comme vecteurs des fluides corporels tels que la sueur.



« Ce sont des gens très calins (sic) », dit Katrina Roger, responsable technique à l'agence de l'ONU. « Demain, on va leur expliquer pourquoi il faut qu'ils arrêtent de serrer des mains et de se partager les choses qu'ils touchent ».



Le secrétaire d'Etat John Kerry, mercredi, a demandé à ce qu'un plus grand nombre de nations envoie des travailleurs de la santé ainsi que d'autres formes d'aide. « Nous avons besoin de gens pour aller plus loin », a-t-il dit.



Que les Etats-unis se trouvent désormais depéndants de leur rival de Guerre froide souligne la réponse humanitaire dissymétrique à l'épidémie d'Ebola. Les USA sont la première nation donatrice, ayant promis d'envoyer près de 4 000 soldats et près de 400 millions de $ en aides diverses. Ils ont envoyé 65 responsables du Service public de santé pour former un service Ebola auprès des agents de santé au Liberia. Plus de 2 600 volontaires de santé ont accepté, sur le site du gouvernement, d'aller en Afrique pour aider les organisations de santé sur place.



Le premier partenaire commercial de l'Afrique, la Chine, a dit qu'elle fournirait 1 millions de $ en cash, 2 millions de $ en nourriture et spécialistes pour chacun des pays suivants : Liberia, Sierra Leone et Guinée.



Le géant asiatique envoie aussi 170 travailleurs de la santé au Liberia, a déclaré l'agence de presse Xinhua. Actuellement, 58 chinois forment une équipe de traitement d'Ebola et de tests sanguins, dans une clinique construite par les Chinois. Sur ces 58 personnes, 35 sont des conducteurs, personnels techniques et cadres, selon Guo Tongshing, chef de la clinique.



L'Inde, qui a d'importants liens commerciaux et des connections aériennes avec l'Afrique occidentale, a récemment promis de contribuer à hauteur de 12,5 millions de $ mais sans envoyer de personnel médical. Le Brésil, qui courtise depuis près d'une décennie les nations africaines, a donné 413 000 $.



La Russie, qui cherche aussi à raviver certains liens issus de la Guerre froide, a envoyé une équipe de huit virologistes en Guinée, jadis un avant-poste soviétique, et des vêtements de protection.



L'Afrique du sud – un pays désireux d'affirmer son rôle de leader sur le continent – a envoyé un laboratoire mobile au Sierra Leone. Il n'y a aucune trace de contribution monétaire venant de ce pays.



Les travailleurs de la santé africains sont intégrés à la riposte, toutefois. L'Union africaine a envoyé 75 travailleurs de la santé, et l'Ouganda, qui a une expérience certaine avec Ebola, en a envoyé 15.



Pendant de temps, le Japon, troisième économie du monde après les Etats-unis et la Chine, envoie 40 millions de $ pour la cause, mais pas de personnel. Toyota envisage de donner des voitures pour aider au transport des patients.



Même la France, le pays européen qui dispose du plus grand nombre de bases militaires en Afrique, a été lent à envoyer des personnels médicaux. L'ancienne puissance coloniale construira et gérera une clinique de 50 lits en Guinée, avec 15 médecins français envoyés sur place, en plus des volontaires de la Croix Rouge, d'après ce qu'a dit l'agence publique gérant les réservistes médicaux.



La Grande-Bretagne envoie 750 personnes pour aider à construire des dizaines de cliniques au Liberia et au Sierra Leone. Les cliniques sont nécessaires pour isoler les patients de leurs familles et briser la chaîne virale de transmission. Mais on ne sait toujours pas clairement qui gérera ces cliniques.



Le Liberia a besoin à lui seul de près de 10 000 travailleurs de la santé qualifiés, et un nombre similaire est nécessaire au Sierra Leone, d'après ce qu'en dit le gouvernement américain. Jusqu'à présent, la plus grande brigade médicale, c'est celle de Cuba au Sierra Leone.



« Cuba est le seul pays, à ma connaissance, à répondre avec des ressources humaines, en termes de médecins et d'infimières », déclare Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de l'Union africaine et ex-femme du président sud-africain Jacob Zuma.



Ce ne sera pas suffisant, affirme Abdoulaye Baratay, porte-parole du gouvernement sierra-léonais : « Même si nous apprécions les Cubains (…) nous pensons qu'à la vitesse où le virus se répand, nous aurons besoin de plus de gens sur le terrain ».



Les gouvernements, Chine compris, se plaignent du fait qu'ils n'ont tout simplement pas assez d'expérience avec Ebola pour envoyer du personnel en nombre : « c'est un grand défi pour nos scientifiques », a affirmé Qian Jun, chef d'équipe du Centre chinois pour le contrôle de la maladie dans l'équipe du laboratoire mobile au Sierra Leone.



En fait, il n'y avait aucune station pour se laver les mains et les pieds à l'arrivée de l'équipe Ebola chinoise dans la capitale du Sierra Leone, Freetown, une mesure de sécurité vitale. Par contre, il y avait une famille de chats vivant dans l'embrasure de la porte, l'un dormant sur les marches.



« Chaque jour qui passe, nos médecins, nos infirmières viennent à l'heure ici », déclare M.Guo, chef de la clinique. « Mais parfois, les Sierra-léonais, eux, ne viennent pas ».



Voilà le vide que remplit Cuba. Tandis que les consultants du Centre américain pour le contrôle de la maladie et sa prévention sont longés à l'hôtel Radisson Blu – 200 $ la nuit – les 165 médecins cubains vivent à trois dans une salle dans un des hôtels bon marché de Freetwon. Les toilettes de l'hôtel sont cassés. Les mouches bourdonnent autour de nappes sales, sur lesquels les Cubains mangent sur le pouce.



« Ce n'est pas le Sierra Leone qui a besoin de nous », dit Yosvany Vera, docteur cubain de 36 ans se frayant un chemin, un plat graisseux de riz à la main : « c'est le monde qui a besoin de nous ».

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 05:52

Flag-Pins-Cuba-Palestine.jpgSolidarité à la cubaine : des tonnes de médicaments pour Gaza, une centaine de médecins en Afrique contre le virus Ebola

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La nouvelle a percé le mur médiatique, pour une fois, noyée dans les brèves. Simultanément, le modeste État socialiste cubain a fait un geste pour deux peuples, l'un saigné par la brutalité d'une agression impérialiste, les deux meurtris par l'inaction des pays occidentaux.

 

« La capacité de Cuba à former des médecins et infirmiers exceptionnels, et sa générosité pour aider les pays sur la voie du progrès sont reconnues dans le monde entier », disait ce 12 septembre la directrice-générale de l'OMS, Margaret Chan, saluant l'aide apportée par Cuba aux pays africains.

 

Cuba socialiste à l'avant-garde de l'aide pour les pays africains victimes d'Ebola

 

Le virus Ebola a déjà fait 2 600 morts en Afrique de l'ouest, dont une bonne partie en Afrique de l'ouest, en particulier au Sierra Leone. Les pays occidentaux, la Grande-Bretagne, les Etats-unis, l'Allemagne tardent à réagir, promettant une aide financière pas encore concrétisée.

 

Mais comme le rappelle Mme Chan : « Ce n'est pas ce qui compte le plus. Oui, l'argent, le matériel sont importants, mais ce n'est pas cela qui va empêcher la transmission d'Ebola. Nous avons besoin surtout de gens ».

 

C'est là où le geste de Cuba compte, le ministre de la Santé cubain, Roberto Morales, a annoncé que Cuba enverra dès octobre au Sierra Leone une brigade médicale de 62 médecins et 103 infirmiers expérimentés, rompus aux missions humanitaires, avec le matériel adéquat.

 

Pour la directrice de l'OMS, il s'agit tout simplement de « la plus grande contribution en personnel de soins qu'un pays ait faite pour nous aider à maîtriser l'épidémie ».

 

Les autorités palestiniens saluent le « noble geste » de Cuba

 

Au même moment, ce 11 septembre, le gouvernement cubain – qui a été un des premiers à condamner l'agression israélienne contre Gaza – a livré par le biais de son ambassade en Egypte au conseiller de la légation de Palestine, Bachir Abou Hatab et au Croissant-Rouge égyptiens, l'équivalent de 6 tonnes de médicaments et matériel médical au peuple palestinien.

 

« Cette aide de notre peuple réaffirme le soutien historique de la Révolution cubaine à la cause du peuple palestinien, victime de la politique agressive d'Israel, comme le démontre la récente agression contre Gaza, qui a coûté la vie à 2 000 civils », a déclaré le diplomate cubain Alexander Pellicer.

 

Les autorités palestiniennes ont remercié Cuba au nom du peuple palestinien le qualifiant de « noble geste de Cuba, qui est resté inflexible sur sa position historique au côté de la juste cause de nos frères ».

 

Elles ont souligné l'apport important de ces dons pour soulager la situation vécue à Gaza, avec une pénurie de médicaments, de matériel médical, mettant les hôpitaux dans une situation critique.

 

Un certain nombre d'hôpitaux, de centres de soins, de maisons de retraite furent la cible de l'aviation et l'artillerie israélienne, bien que certains étaient gérés par l'ONU.

 

Le gouvernement cubain a aussi proposé d'accueillir des blessés palestiniens, victimes de l'agression israélienne, ce qui lui a valu également la reconnaissance des autorités palestiniennes.

 

50 ans au service de la solidarité internationale en Afrique, Asie, Amérique

L'aide internationaliste de Cuba s'inscrit dans l'ADN de ce pays depuis la révolution socialiste de 1959. En plus de cinquante ans, 135 000 médecins cubains ont prodigué des soins à près de 100 millions de personnes à travers le monde.

 

Actuellement, ce sont 50 000 Cubains qui œuvrent dans plus de 70 pays du globe pour soigner, vacciner, opérer les populations parmi les plus pauvres du monde. Cuba accorde aujourd'hui une aide médicale supérieure aux pays du Tiers-monde à celle de tous les pays du G-8 réunis !

Quelques exemples :

 

En Afrique, 4 000 professionnels de la santé aident aux campagnes de vaccination de masse. Dans 16 pays d'Afrique, le programme de lutte cubain contre la malaria a été appliqué avec succès. Au Ghana, le taux de mortalité du à la malaria a pu être baissé l'an dernier de 70 %.

 

En Amérique latine, dans un pays comme le Venezuela, l' « Operacion Milagro » a permis de traiter les problèmes de vue de près de 6 millions de Vénézuéliens. Le programme s'étend désormais à 12 autres pays du continent.

 

La mission « Barrio Adentro » au Venezuela, animée par les médecins cubains, a contribué à l'accès de plus en plus généralisé pour les habitants les pauvres du pays à des soins de santé. De 1995 à 2005, par exemple, le taux de mortalité infantile a baissé de 50 %.

 

Même un pays comme le Brésil, sixième puissance économique au monde, a sollicité dernièrement l'aide de 6 000 médecins cubains pour intervenir dans les régions les plus sinistrées du pays.L'OMS classe Cuba à la 39 ème place mondiale, le Brésil à la 125 ème.

 

Cuba a également toujours été prêt à apporter une aide aux victimes de catastrophe. C'était le cas d'abord en 1986 pour Tchernobyl, ce fut le cas pour l'ouragan Katrina aux Etats-unis en 2005 (refusée par le gouvernement américain), ou encore lors du tremblement de terre à Haiti, en 2010.

 

Cuba avait alors envoyé à Haïti une brigade d'intervention « Henry Reeve » de 3 000 hommes, installé une trentaine d'hôpitaux de campagne pour assister les sinistrés. Aujourd'hui encore, il reste 500 médecins sur place venant de Cuba, dont la moitié sont des haïtiens formés à Cuba.

 

Car l’École latino-américaine de médecine (ELAM) accueille chaque année de 10 à 15 000 étudiants venant de près de 50 pays, leur offrant une formation de haute qualité en échange d'un hébergement et de frais d'inscription totalement gratuits.

Israel et les USA exportent leurs armes, Cuba ses médecins !

Et pour le peuple cubain, les résultats du système de santé entièrement gratuit donnent le vertige.

 

Chaque année, Cuba forme plus de médecins (10 000) aujourd'hui qu'il n'en comptait au moment de la révolution, 6 000 en 1959. Avec 75 000 médecins et 1 médecin pour 160 habitants, Cuba connaît la plus forte densité de médecins du continent américain.

 

Une espérance de vie supérieure à 78 ans, un taux de mortalité de 4,5 enfants décédés pour 1 000 en font le pays d'Amérique latine avec les meilleurs indices de santé, selon l'OMS, dépassant même régulièrement les États-Unis, pourtant première économie du monde.

 

Aujourd'hui, contrairement à tous les autres pays du Tiers-monde, les problèmes de santé sont ceux de pays développés. Les premières causes de décès sont le cancer et les maladies cardio-vasculaires.

 

A noter que le système cubain, tout en assurant une densité d'offre de santé maximale, est un système bien moins coûteux que celui américain.

 

En 2006 Cuba investissait 350 $ par habitant et par an, soit 7 % du PIB, tandis que les États-Unis dépensaient 6 700 $ par habitant et par an, soit 15 % du PIB, tout en laissant près de 50 millions de ses concitoyens sans couverture santé.

 

Pendant qu'Israel est le quatrième exportateur d'armes mondial (7 milliards de $ en 2013), concurrençant la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, Cuba est un des leaders mondiaux du secteur de la santé : voilà deux conceptions du monde strictement opposées !

 

 

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Cuba
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 06:39

cubanos.jpg6 000 médecins cubains en aide au Brésil, sixième économie du monde, confrontée aux limites de sa santé privatisée

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La nouvelle a déchaîné les passions au Brésil: 6 000 médecins cubains sont appelés à la rescousse d'un État brésilien incapable ou non-désireux, par sa politique de privatisation de la santé, d'assurer les soins de sa population dans les régions déshéritées du pays.



Ce 28 janvier, 2 000 nouveaux médecins cubains sont arrivés en terre brésilienne, se joignant aux 4 000 déjà présents, appelés par l’État brésilien dans le cadre du programme « Mais médicos para Brasil » (Plus de médecins pour le Brésil).



MaisMedicosCubanos.jpgCe programme vise à répondre aux graves insuffisances du système de santé brésilien, d'abord les inégalités sociales et territoriales renforcées par la privatisation d'un système de santé déficient sous la dictature, puis privatisé dans la vague néo-libérale des années 1980-1990.



Les habitants du « Nordeste », région la plus pauvre du pays a un taux de mortalité deux fois supérieur à celui des régions du Sud (23 pour 1 000, entre le Zimbabwe et la Mongolie!), une espérance de vie inférieure de 5 ans, de 71 ans (au niveau du Maroc).



La présidente brésilienne insiste, elle, sur les « déserts médicaux », essentiellement le « Nord » amazonien (1 médecin pour 1 300 habitants, l'équivalent du Sri Lanka) avec des conséquences désastreuses, semblables à celles connues dans le Nordeste.



L'arrivée des médecins cubains – tous polyglottes, ayant déjà effectué deux missions à l'international, dotés d'une formation de qualité – a suscité la levée de boucliers de l'Ordre des médecins brésiliens.



Pourtant, la comparaison entre les systèmes cubains et brésiliens ne laisse aucune place au doute.



Une comparaison Cuba-Brésil sur la santé qui fait honte à la 6 ème économie du monde !



Face à ce déchaînement d'anti-communisme dans la presse bourgeoise brésilienne, certains médecins progressistes brésiliens ont rétabli la vérité.



Cuba est numéro un mondial pour le nombre de médecins par habitants (1 pour 150), aujourd'hui il compte 80 000 médecins (contre 6 000 en 1959), tandis que 30 000 médecins opèrent dans des missions de solidarité à l'étranger dans une soixantaine de pays.



A ce jour, Cuba forme à part égale 5 000 médecins cubains dans ses 25 facultés publiques et 5 000 médecins étrangers, essentiellement latino-américains, recevant une formation gratuite dans l’École latino-américaine de médecine (ELAM).



La « crise médicale » au Brésil se répercute déjà dans les chiffes : le pays compte 1 médecins pour 550 habitants en moyenne (guère mieux qu'en Bolivie ou en Équateur), l'Etat du Maranhao (au Nord) en compte 1 … pour 1 638 !



Les résultats se passent de commentaires : Cuba dispose d'une espérance de vie de 78 ans, un taux de mortalité infantile de 4 pour 1 000 – des chiffres comparativement meilleurs à ceux des Etats-unis – tandis qu'au Brésil l'espérance de vie est de 73 ans, le taux de mortalité infantile de 17 pour 1 000.



Piètres performances pour la sixième économie du monde qui cachent d'énormes inégalités héritées d'une société coloniale, des dictatures réactionnaires du XX ème siècle patronnées par les Etats-unis puis du tournant néo-libéral des années 1980 maintenu par l'actuel gouvernement.



Brésil : catastrophe sanitaire, privatisation de la santé et illusions perdues du « Parti des travailleurs »



Qu'a changé l'arrivée de Lula et Dilma, l'espoir du « Parti des travailleurs » au Brésil ? Peu de choses. Certes, les indicateurs de santé se sont lentement mais sûrement améliorés (selon une dynamique séculaire) mais les inégalités sociales et territoriales se sont consolidées.



Lula a hérité en 2003 à la fois des promesses du « Système unique de Santé » institué en 1988 à la fin de la dictature, censé garantir un accès universel et gratuit à la santé, et de la réalité d'un cap néo-libéral orienté vers la privatisation de la santé, creusant les inégalités.



Lula a choisi de poursuivre sur la voie de la privatisation, par plusieurs biais, conduisant uniformément à une baisse de la qualité du service public, le développement d'un marché privé de la santé, la précarisation des personnels :



Ce sont d'abord les coupes dans la santé publique : en 2013, le gouvernement brésilien a coupé 1,5 milliard d'euros dans le budget de la santé, ce qui va se traduire par la dégradation d'un service public déjà dévasté.



Au-delà des effets d'annonce, le budget de la santé publique nationale s'élève en 2013 à 22 milliards d'euros, il était en 1995 de 27 milliards d'euros.



C'est le développement de la sous-traitance des hôpitaux et centres de santé à des organismes privés, les « Organisations sociales » (OS) qui sont désormais majoritaires (deux-tiers des établissements de santé au Brésil sont privés), au nom d'une pseudo « efficacité ».



Si on prend le cas de l’État de São Paulo, l’État le plus riche du Brésil, 34 des 58 hôpitaux sont gérés par des OS. Seulement 4 ont un bilan comptable positif, les scandales de sur-facturation (ou fausses factures), de népotisme, de détournement de fonds publics, sont légion.



A Sao Paulo, les achats de médicaments et d'équipement médical coûtent six fois plus chers dans les OS que dans les hôpitaux publics. En général, les coûts de fonctionnement sont 50 % plus élevés dans les organismes sous-traités au privé.



A quoi a servi cette « tertiarisation » des hôpitaux publics ?



D'une part à alimenter les profits des industriels proches des autorités, d'autre part à précariser les personnels – avec la fin du recrutement national, les contrats temporaires, la politique du chiffre – enfin à réduire encore l'accès à la santé pour la population (en 2009, à Sao Paulo, 700 000 personnes ont perdu l'accès au programme public de santé !)



C'est d'autre part le soutien à une industrie privée de la santé, un lobby pharmaceutique allant de pair avec l' « autonomie » des centres hospitaliers et des laboratoires de recherche : là, c'est directement la politique de Lula puis Dilma depuis 2007, l'achèvement de la privatisation.



En 2008, Lula a fait passer la loi sur les « Fondations publiques de droit privé », un statut qui permettait aux établissements publics (dont les hôpitaux, labos) d'obtenir une autonomie financière, de contractation avec des entreprises privées, de gérer l'établissement selon ses propres critères.



En 2010, le dispositif a été étendu à tous les hôpitaux universitaires avec la création de l'Entreprise brésilienne des services hospitaliers (EBSERH).



Cette privatisation larvée facilite désormais la conclusions de partenariats publics-privés, notamment dans la recherche.



Fonds publics, profits privés, puisqu'en 2013 le gouvernement vient d'offrir un Crédit impôt de 3 milliards d'euros pour que 15 laboratoires publics et 35 laboratoires privés travaillent ensemble sur la réalisation de 61 nouveaux médicaments.



Enfin, c'est la politique d'appui direct ou indirect au développement des fonds d'assurance santé privés.



Par les exemptions fiscales pour les opérateurs, financement public des dispositifs pour fonctionnaires ou les déductions d'impôt sur le revenu aux consommateurs : ce sont officiellement 1,5 milliard qui y sont dévolus chaque année, autant que les coupes dans la santé de cette année !



En dix ans, le nombre de Brésiliens dépendants d'un système d'assurance-santé privé est passé de 32 à 47 millions. Aujourd'hui, 54 % des dépenses de santé au Brésil sont assurées par le secteur privé (contre 15% en France), un schéma à la nord-américaine.



Dernièrement, les industriels du secteur des assurances-santé – dans la lignée de l'Obamacare – ont proposé que soient adoptés de gigantesques exemptions fiscales en échange de plans d'assurance-privé rendus accessibles aux couches populaires, une solution reprise par Dilma.



Un palliatif intégré au système de santé à plusieurs vitesses brésilien ?



Le Parti communiste de Brésilien (PCB), reprenant les déclarations des Associations de médecins progressistes souligne à la fois le geste de Cuba, la possibilité de faire avancer l'idée d'un Service national de santé 100 % public, gratuit, universel, mais aussi la duperie du gouvernement.



Pour le gouvernement brésilien, les médecins cubains ne sont qu'un « palliatif », une solution de circonstance en forme d' « externalisation » à une main d’œuvre dévouée, bon marché, excellemment formée. Cela ne résoudra pas non plus le problème de manque de structure.



Comme le fait déjà l'Etat brésilien avec les ONG (les « Organisations de la société civile et d'intérêt public »/OSCIP), il s'agit sans nul doute de combiner au Système de santé public pauvre pour les pauvres, au Système de santé privée coûteux pour les riches, un troisième système : un service d'assistanat tertiarisé.

 

 

Ceci, les communistes brésiliens en sont conscients. Toutefois, ils soulignent aussi d'une part que cela peut être un point d'appui pour faire monter la campagne pour une santé 100 % publique, gratuite, universelle. D'autre part, cela constituera un soulagement appréciable pour des millions de brésiliens en manque de soins urgents, dont la vie est mise en péril par ce système de santé inique.

 

 

Lors du dernier sommet du CELAC, le Brésil de Dilma a tenté une opération séduction envers Cuba, proposant de « renforcer la coopération économique entre les deux États ».



Cette coopération médicale participe à cette nouvelle politique économique. Le Brésil financera, comme premier projet de coopération, un port à conteneurs de Mariel, une sorte de première « zone économique spéciale » financée à 70 % par le Brésil.



Au-delà des doutes sur cette opération, encore une fois, l'aide internationaliste cubaine ne peut qu'être soulignée : vive la « solidarité des faibles » comme l'appelait Ernesto 'Che' Guevara, l'internationalisme socialiste, dont Cuba est le principal acteur !

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