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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 07:39

Votacion11-580x748.jpgCuba et le reste du monde face aux États-Unis isolés : quasi-unanimité (188 contre 2) contre l’embargo à l’ONU

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Jamais les États-Unis n’avaient été aussi isolés dans leur politique criminelle imposée à Cuba. Ce 29 octobre, la 22 ème résolution cubaine appelant à la condamnation du blocus a été soutenue par 188 Etats, 2 la refusant, 3 s’abstenant de voter.

 

La tribune de l’Assemblée générale de l’ONU s’est transformée en plaidoyer pour le droit du peuple cubain à disposer de sa souveraineté, en conformité avec le droit international, et en mise en accusation de la politique suivie depuis 53 ans par les États-Unis.

 

En 1992, ils n’étaient que 59 Etats, au sortir de la guerre froide, à soutenir Cuba dans son rejet de ce blocus inique. Aujourd’hui, ils sont 188. Le record historique de 2012 égalé voire battu, si on prend en compte que seuls deux Etats s’opposent : les États-Unis et son allié israélien.

 

Les conséquences pour Cuba de l’embargo (« bloqueo ») sont terribles. Selon les chiffres du gouvernement cubain, la perte économique se chiffre à 1 157 milliards de $. Les hôpitaux du pays sont privés de l’accès à des médicaments ou matériel médical vitaux.

 

Cela n’empêche pas Cuba d’être à la pointe dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement de l’ONU, en tête des indicateurs de santé, d’éducation, de culture de tout le continent, rivalisant avec les pays les plus riches de la planète.

 

Comme l’a rappelle Bruno Parilla, ministre des Affaires étrangères, lors d’une intervention magistrale à la tribune, dès 1959, l’objectif était d’étrangler économiquement Cuba pour faire tomber un régime qui gênait les intérêts impérialistes américains.

 

Il a cité ce rapport édifiant et célèbre du sous-secrétaire d’Etat américain datant du 6 avril 1960 :

 

« La majorité des Cubains soutiennent Castro (…) Le seul moyen possible de leur faire perdre cette base de soutien, c’est créer  la désillusion, la déception en fomentant l’insatisfaction économique et la pénurie. Il faut rapidement mettre cela en pratique, par tous les moyens possibles, pour affaiblir la vie économique (…) priver Cuba d’argent et de fournitures afin de réduire les salaires, dans le but de créer la faim, le désespoir et la chute du gouvernement ».

 

Depuis, présidents démocrates et républicains se sont succédé, rien n’a changé.

 

Les espoirs suscités par l’élection de Barack Obama se sont envolés, le blocus s’est raffermi. Les États-Unis appliquent depuis 2008 des sanctions extra-territoriales, frappant durement les organismes nouant des relations commerciales et financières avec Cuba.

 

Comme l’a résumé Bruno Parrilla, la politique suivie depuis 53 ans par les gouvernements nord-américains « constituent une violation massive, flagrante et systématique des droits de l’Homme ».

 

Il serait fastidieux d’énumérer toutes les interventions, apportant un soutien sans failles à Cuba. Du Mexique à l’Inde, de la Chine au Vénézuela, du Vietnam à l’Egypte, en passant par l’Afrique du sud, la Syrie, l’Angola, le Brésil, l’Algérie, la liste est longue et significative.

 

Outre les Etats, il est à souligner que divers organismes – la Communauté des Etats d’Amérique latine et des Caraibes (CELAC), le Mouvement des non-alignés, le Groupe des Etats d’Afrique, l’Organisation de la coopération islamique, le MERCOSUR – sont intervenus à la tribune pour condamner vigoureusement le blocus.

 

L’Union européenne, si elle a finalement appuyé la motion cubaine, n’en a pas moins exprimé ouvertement ses critiques sur le système économique et politique cubain.

 

 

Cuba si, bloqueo no ! La lutte continue pour le respect du droit cubain à pouvoir se développer librement. Il peut compter sur le soutien de la quasi-totalité des Etats de la planète. 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 04:45

cuba-angola-copie-1.jpgLes éducateurs cubains ont contribué à l'alphabétisation de 300 000 Angolais depuis 2009



Article paru dans CubaDebate, traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Plus de 300 000 adultes ont été alphabétisés grâce au programme cubain « Yo, si puedo », mis en œuvre dans une trentaine de pays.



Cette méthode pédagogique, utilisée en Angola depuis 2009, est désormais appliquée dans 37 communes, où on apprend à lire et à écrire avec des ressources complémentaires, tels que des supports audiovisuels ou des manuels scolaires adaptés.



Le plan d'alphabétisation s'est développé dans les provinces de Luanda, Bie, Huambo, Benguela, Bengo, Cuanza Norte, Cuanza Sul, Moxico et Huila.



Odalis Ortiz Torres, éducatrice au sein de cette mission internationaliste, a souligné à l'agence « Prensa Latina » l'importance d'adapter les outils pédagogiques aux Angolais afin qu'ils puissent combattre les fléaux que sont la faim et la pauvreté, et être prêt à se lancer dans une nouvelle vie.



« Yo, si puedo », a été appliqué avec succès dans d'autres pays, en Angola ce fut possible grâce au soutien que lui ont apporté le gouvernement, les autorités traditionnelles, les Églises et l'Organisation de la femme angolaise.



Selon les chiffres officiels, le nombre de personnes alphabétisées par cette méthode en Angola dépasse les 380 600 citoyens, dont 170 962 cette seule année.



Plus de sept millions de personnes dans le monde ont déjà bénéficié de « Yo, si puedo », matérialisation de la volonté de Cuba de contribuer à éradiquer l'analphabétisme.



Le programme a reçu en 2006 le Prix de l'Alphabétisation Rey Sejong, de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), accordé à l'Institut pédagogique latino-américain et des Caraibes de Cuba.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 05:04

educacion cuba-422x314Cuba affiche ses excellents résultats en cette Journée mondiale de l'alphabétisation



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Cuba fête ce dimanche la Journée mondiale de l'alphabétisation, décrétée par les Nations unies, en ayant répondu à cette aspiration depuis 1961 souligne le journal cubain Juventud Rebelde.



Le journal rappelle que cette nation s'est libérée de ce fléau avant même que l'ONU ne décrète en 1967 cette journée exceptionnelle pour encourager le monde entier à l'éradiquer.



Toutefois, 67 millions d'enfants dans le monde continuent à ne pas suivre des cours à l'école primaire et 72 millions d'adolescents ne profitent pas non plus du droit à l'éducation.



D'un autre côté, les cours ont repris depuis une semaine à Cuba et ses salles de classes ont accueilli 2 millions d'étudiants dans l'éducation primaire et secondaire ainsi que 200 000 autres dans l'enseignement universitaire.



La publication souligne que ce pays n'a pas seulement réussi des miracles chez lui, il aide également le monde entier à affronter cette situation et depuis 2001 s'est mis à travailler sur une méthode révolutionnaire pour l'alphabétisation



L'initiative en revient au leader historique de la révolution, Fidel Castro, et à l'engagement de la doctoresse cubaine Leonela Relys, créatrice au sein d'un collectif de travail du programme éducatif « Yo, si puedo ».



Le dispositif cubain a permis à plus de 7 millions de personnes, dans 30 pays, d'accéder au savoir à travers les lettres.



Grâce à cette méthode révolutionnaire, le Venezuela a pu être déclaré Territoire libéré de l'analphabétisme en 2003, ce qui fut le cas plus tard de la Bolivie et du Nicaragua.



Elle a permis à Cuba de mériter en 2001 et 2002 une mention honorifique du Prix de l'Alphabétisation Rey Seijong, accordé par le Fonds des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture.



En 2006, le pays a également obtenu cette distinction pour le développement de programmes pour l'apprentissage de base dans différentes parties du globe, là où « Yo, si puedo » a été transposé dans d'autres langues.



216 876 citoyens angolais furent alphabétisés grâce à la méthode cubaine, tandis qu'en Argentine ils apprirent à lire et à écrire à 24 000 personnes.



 

Cette aide solidaire encourage également la poursuite et la reprise d'études dans d'autres projets comme « Ya puedo leer y escribir » et « Yo, si puedo seguir ».

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 05:40

jose-luis-farinas-fidel-2006.jpg« J'ai vécu pour lutter »



Message de Fidel aux chefs de délégations en visite à Cuba pour les festivités du 60e anniversaire de l'attaque des casernes Moncada et Carlos Manuel de Cespedes repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



CHERS amis,



Le vendredi 26 juillet, nous commémorons le 60e anniversaire de l’attaque du régiment de la Moncada, à Santiago de Cuba, et de la caserne Carlos Manuel de Cespedes, à Bayamo. J’ai appris que de nombreuses délégations s’apprêtaient à se rendre à Cuba pour commémorer avec nous cette date, date à laquelle notre petit pays exploité décida de poursuivre la lutte inachevée pour l’indépendance de la Patrie.



Déjà à l’époque, notre Mouvement était fortement influencé par les idées novatrices qui se débattaient dans le monde.



Rien ne se répète exactement à l’identique dans l’Histoire. Simon Bolivar, le Libertador de l’Amérique, émit un jour le souhait de créer en Amérique la plus grande et la plus juste des nations, avec pour capitale l’isthme de Panama. Créateur et visionnaire infatigable, il lança plus tard un avertissement prémonitoire en déclarant que les États-Unis semblaient destinés par la Providence à couvrir l’Amérique de misères au nom de la Liberté.



Cuba a souffert, au même titre que l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et le Mexique, dont le territoire lui fut arraché à feu et à sang par la voracité insatiable du voisin du Nord, qui s’appropria son or, son pétrole, ses fabuleuses forêts de séquoia, ses meilleures terres et ses riches et ses abondantes eaux de pêche.



Je ne serai cependant pas avec vous à Santiago de Cuba, étant tenu de respecter la résistance évidente des gardiens de ma santé. Je peux par contre écrire et transmettre des idées et des souvenirs, qui seront toujours utiles, du moins à celui qui les écrit.



Il y a quelques jours, alors que j’observais depuis mon siège du milieu d’un véhicule de double traction, ce qui avait dû être un ancien centre génétique pour la production de lait, j’ai pu lire une très brève synthèse d’un seul paragraphe de mon discours prononcé le 1er Mai 2000, il y a déjà plus de 13 ans.



Le temps effacera ces paroles écrites en lettre noires sur un mur blanchi à la chaux :



« Révolution […] c’est lutter avec audace, intelligence et réalisme ; c’est ne jamais mentir et ne violer aucun principe éthique ; c’est la conviction profonde qu’il n’existe aucune force au monde capable d’écraser la force de la vérité et des idées. Révolution, c’est l’unité, c’est l’indépendance, c’est lutter pour nos rêves de justice, pour Cuba et pour le monde, ce qui est la base de notre patriotisme, de notre socialisme et de notre internationalisme. »



Nous commémorons aujourd’hui les 60 ans de cet événement qui s’est produit en 1953 ; une action courageuse qui témoigne de la capacité de notre peuple à créer et à assumer à partir de rien n’importe quelle tâche. L’expérience ultérieure nous a montré qu’il aurait été plus sûr de commencer la lutte par les montagnes, ce que nous pensions faire si la forteresse de la Moncada une fois prise, nous n’avions pas pu résister à la contre-offensive militaire de la tyrannie avec les armes dont nous nous serions emparés à Santiago de Cuba, et qui étaient plus que suffisantes pour vaincre dans cette action, et ce beaucoup plus vite que le temps qu’elle devait nous prendre par la suite.



Les 160 hommes choisis pour cette opération avaient été sélectionnés parmi les 1 200 candidats dont nous disposions ; des jeunes entraînés originaires des anciennes provinces de La Havane et de l’est de Pinar del Rio, affiliés à un parti radical de la nation cubaine, au sein duquel l’esprit petit bourgeois inculqué par les propriétaires étrangers et leurs moyens de propagande avaient une influence plus ou moins importante dans tous les recoins du pays.



J’avais eu le privilège de faire des études, et, une fois à l’université, j’avais acquis une conscience politique à partir de zéro. Il n’est pas inutile de répéter que ce j’ai raconté à plusieurs reprises : que j’ai créé la première cellule marxiste du Mouvement avec Abel Santamaria et Jesus Montané, à partir d’une biographie de Karl Marx de Franz Mehring.



Le Parti communiste, composé de personnes sérieuses et dévouées à Cuba, supportait les avatars du Mouvement communiste international. La Révolution, reprise le 26 juillet, se nourrit des expériences de notre histoire, de l’esprit dévoué et combatif de la classe ouvrière, de l’intelligence et de l’esprit créatif de nos écrivains et de nos artistes, ainsi que des capacités dormantes de notre personnel scientifique, qui s’est décuplé depuis. Aujourd’hui, rien ne ressemble au passé. Nous mêmes, ceux auxquels le hasard a confié un rôle de dirigeant, notre ignorance et la limite de nos connaissance nous feraient rougir de honte. Le jour où nous n’aurons rien appris, sera un nouveau jour de perdu.



L’être humain est le produit des lois rigoureuses qui régissent la vie. Depuis quand ? Depuis des temps infinis. Jusqu’à quand ? Jusqu’à des temps infinis. Et les réponses le sont également.



C’est pourquoi, même si je ne les partage pas, je respecte le droit des êtres humains à trouver des réponses divines, des questions qu’ils peuvent se poser, pourvu qu’elles ne servent pas à justifier la haine, au lieu de promouvoir la solidarité au sein de notre propre espèce, une erreur dans laquelle beaucoup de ces réponses sont tombées à un moment donné de l’histoire.



L’action téméraire que nous avons menée voici 60 ans ne fut en aucun cas improvisée ; j’admets cependant, qu’à partir de l’expérience accumulée jusqu’ici, il aurait été plus réaliste et plus sûr de commencer cette lutte par les montagnes de la Sierra Maestra. Avec les 18 fusils que nous avions pu récupérer après le très dur revers essuyé à Alegria de Pio, en partie à cause de notre manque d’expérience et pour ne pas avoir exécuté les instructions du Mouvement à Cuba, et aussi par excès de confiance quant à la puissance de feu des membres de l’expédition, qui possédaient plus d’une cinquantaine de fusils à lunette, et à l’entraînement au tir qu’ils avaient reçu. Attentifs aux vols en rase-mottes des avions de combat ennemis, nous avons négligé la surveillance à terre et avons été attaqués depuis une petite élévation située à quelques mètres de notre emplacement. Jamais plus nous ne nous sommes laissés surprendre de la sorte par l’ennemi.



À tous les combats que nous avons livrés par la suite, c’est nous qui avons surpris l’ennemi, et dans les actions finales, avec moins de 300 combattants, après 70 jours de combats incessants, nous avons brisé l’offensive de ses troupes d’élite et de ses plus de 10 000 hommes. Lors des combats que nous avons livrés pendant deux ans, les bombardiers et les chasseurs ennemis venaient sur nous en une vingtaine de minutes. Cependant, il n’a été fait état d’aucun combattant tué pendant un raid aérien tout au long de cette lutte difficile. Tout changea dans les décennies suivantes avec la nouvelle technologie développée par les États-Unis, mise au service des forces réactionnaires en Amérique latine et dans le monde, qui étaient leurs alliées. Les peuples trouveront toujours des formes adéquates de lutte.



Vous serez-là, sur le théâtre du premier combat.



Je me souviens que, tout de suite après l’action de ce 26 juillet 1953, le dernier de nos véhicules s’approche et on m’invite à monter. Je m’installe à l’arrière, qui est déjà plein. Un autre combattant s’approche sur la droite ; je descends pour lui céder ma place. La voiture repart et je me retrouve seul. Jusqu’au moment où l’on m’a repêché la première fois en plein milieu de la rue, armé d’un fusil semi-automatique Browning calibre 12, je tentais d’empêcher deux hommes postés sur le toit du bâtiment central du camp militaire de se servir de leur mitrailleuse calibre 50. C’est la seule chose qu’on pouvait voir dans cette bataille généralisée.



Les rares camarades qui, avec Ramiro Valdés, avaient pénétré dans le premier baraquement ont réveillé les soldats qui dormaient, et qui, d’après ce qu’on m’a expliqué, se trouvaient en petite tenue.



Je n’ai pu parler ni à Abel ni aux membres de son groupe qui, du haut d’un immeuble situé au fond de l’hôpital civil, dominaient la partie arrière des dortoirs. Je pensais que pour lui, ce qui se passait était évident. Peut-être a-t-il pensé que j’étais mort.



Raul, qui se trouvait avec le groupe de Lester Rodriguez, avait une vision claire de la situation, et il pensait que nous étions morts. Lorsque le chef de cette escouade décide de descendre, ils prennent l’ascenseur et, une fois en bas, Raul se précipite et arrache le fusil des mains d’un sergent, qui n’oppose aucune résistance, pas plus d’ailleurs que les soldats qui l’accompagnaient.



Ma principale préoccupation à ce moment-là, c’était le groupe de camarades censés avoir occupé la caserne de Bayamo, qui n’avaient aucune nouvelle de nous. Pour ma part, j’avais suffisamment de munitions et je pensais vendre cher ma vie en combattant les soldats de la tyrannie.



Tout à coup, une autre voiture arrive ; on vient me chercher. Une nouvelle fois, j’ai l’espoir de pouvoir venir en aide aux camarades de Bayamo par une action à la caserne d’El Caney.



Plusieurs véhicules étaient stationnés au bout de l’avenue, d’où je pensais partir en direction de ce bâtiment militaire. Mais le camarade qui conduisait notre véhicule a emprunté un autre itinéraire, et nous nous sommes dirigés vers la maison d’où nous étions partis à l’aube. Il a changé de vêtements. J’ai changé d’arme ; j’ai pris un fusil semi-automatique calibre 22 avec des balles en acier, un peu plus puissant que le fusil calibre 22, quelques vêtements et, à plusieurs mètres de là, nous avons traversé une barrière de barbelés défendue par une quinzaine d’hommes armés, dont l’un était blessé. D’autres camarades ont laissé leurs armes et ont tenté de trouver une issue. J’étais accompagné de Jesus Montané et d’autres chefs. Nous avons marché pendant des heures par cet après-midi torride sur le flanc nord de la Gran Piedra, une montagne que nous devions franchir pour nous rendre à Realengo 18, un chemin en pente d’où, selon l’excellent écrivain révolutionnaire Pablo de la Torriente, un homme armé d’un fusil pouvait résister à une armée. Mais, Pablo est mort au combat en Espagne pendant la Guerre civile espagnole, où environ un millier de Cubains ont appuyé la lutte de ce peuple contre le fascisme. J’avais lu Pablo, mais jamais je n’ai pu lui parler, car il était déjà parti en Espagne lorsque j’ai commencé mon baccalauréat.



Nous avons pu continuer vers ce chemin en pente, et sommes restés au sud de la cordillère. Ma zone préférée pour engager la lutte de guérillas était située entre le sanctuaire d’El Cobre et la sucrerie Pilon. J’ai donc décidé de traverser en direction de l’autre côté de la baie de Santiago de Cuba par un point que je connaissais depuis l’époque où j’étudiais au Collège de Dolores, dans la ville où vous allez vous réunir. Une grande partie de notre petit groupe était épuisé par la faim et la fatigue. Un blessé avait été évacué, et Jesus Montané tenait à peine debout. Deux autres camarades qui avaient moins de responsabilités, mais étaient en meilleure forme, m’accompagneraient vers la zone ouest de ces montagnes. Mais les événements les plus dramatiques et les moins encourageants nous attendaient. Dans l’après-midi, je donnai l’instruction au reste des camarades de cacher leurs maigres armes dans le maquis, et de se rendre à la tombée de la nuit chez un paysan aisé qui vivait au bord de la route reliant Santiago de Cuba à la plage. Ce paysan possédait du bétail et une liaison téléphonique avec la ville. Les armes furent vraisemblablement interceptées par l’ennemi, qui connaissait la zone dans laquelle nous nous trouvions.



Avant l’aube, une escouade du commandement militaire fortement armée nous réveilla avec les canons de leurs fusils. Les veines du cou et le visage de ces soldats bien nourris étaient déformés par l’excitation. Nous avons compris que notre sort était joué d’avance lorsqu’une discussion éclata. On ne m’avait pas encore reconnu. Lorsque les soldats m’avaient fermement ligoté et m’avaient demandé de décliner mon identité, je leur avais ironiquement balancé un nom que nous utilisions dans des plaisanteries de la pire espèce. Je n’arrivais pas à croire qu’ils ne s’étaient rendu compte de rien ! L’un d’entre eux, le visage déformé par la rage, s’époumonait à répéter qu’ils étaient les défenseurs de la patrie. D’une voix forte et sûre, je lui répondis qu’ils étaient les oppresseurs, au même titre que les soldats espagnols dans la lutte de notre peuple pour son indépendance.



Le chef de la patrouille était un homme noir qui avait du mal à tenir ses hommes. « Ne tirez pas ! », ne cessait-il de crier aux soldats.



Il répétait à voix basse ; « Les idées ne peuvent pas être tuées, les idées ne peuvent pas être tuées ». Profitant d’un moment de confusion, il s’est approché de moi et m’a dit :



« Vous êtes très courageux, les gars ». À ces paroles, j’ai répondu : « Lieutenant, je suis Fidel Castro ». Il m’a soufflé : « Ne le dites à personne ». Et nous nous sommes retrouvés une nouvelle fois à la merci du hasard.



Le lieutenant n’était pas un officier du régiment. Il avait d’autres responsabilités légales dans la région de l’Oriente.



Mais d’autres événements encore plus importants allaient se dérouler par la suite.



Je donne l’instruction aux camarades qui doivent se démobiliser de garder les armes, qui seront acheminées vers l’endroit où nous devons prendre contact avec les gens de l’évêque.



L’opinion publique de Santiago de Cuba avait réagi avec colère devant les crimes horribles commis contre les révolutionnaires par l’armée de Batista.



Monseigneur Perez Serantes, évêque de Santiago de Cuba, avait obtenu certaines garanties suite à ses démarches pour le respect de la vie des révolutionnaires prisonniers. Cependant il restait à [Pedro] Sarria une bataille à livrer contre le commandement du régiment qui, cette fois, confia la tâche de transférer les détenus à la caserne Moncada au sbire le plus acharné de la boucherie imposée par le chef militaire de Santiago de Cuba.



C’est la première fois dans notre Patrie que les jeunes avaient démarré une telle lutte contre ce qui devait être jusqu’au 1er Janvier 1959 : une colonie yankee.



En arrivant aux abords de la maison du voisin près de la route étroite qui relie la ville à la plage de Siboney, une camionnette attendait. Sarria me fit asseoir entre lui et le chauffeur. Une centaine de mètres plus loin, ils croisent le véhicule du commandant Chaumont qui exige qu’on lui remette le prisonnier. Comme dans un film de science fiction, le lieutenant discute et affirme qu’il gardera le prisonnier pour le conduire au bivouac de Santiago de Cuba et non au siège du régiment. Cet incident me rappelle une expérience bien étrange.



Il est impossible en un temps aussi bref d’exposer à nos illustres invités les idées que m’évoquent les temps incroyables que nous sommes en train de vivre.



Je ne peux imaginer que dans dix ans, pour le 70e anniversaire, j’écrirais un livre. Malheureusement, personne ne peut garantir qu’il y aura un 70e, un 80e, un 90e ou un 100e anniversaire de l’attaque de la caserne Moncada. À la Conférence internationale sur l’environnement, à Rio de Janeiro, j’ai dit qu’une espèce était en danger d’extinction : l’Homme. Mais à ce moment-là, je pensais qu’il s’agirait d’une question de siècles.



Aujourd’hui, je ne suis plus aussi optimiste. Quoi qu’il en soit, rien ne me préoccupe, la vie continuera d’exister dans la dimension sans fin de l’espace et du temps.



En attentant, je ne dis qu’une seule chose, puisque chaque jour se lève pour tous les habitants de Cuba et de la planète :



Les dirigeants de n’importe laquelle des plus de 200 grandes et petites nations, révolutionnaires ou pas, doivent continuer à vivre. La tâche qui consiste à créer la justice et le bien-être est si difficile que les dirigeants de chaque pays ont besoin d’autorité, car dans le cas contraire, ce sera le chaos.



Récemment, l’on a tenté de calomnier notre Révolution, en voulant présenter le chef de l’État et du gouvernement de Cuba comme agissant dans le dos de l’Organisation des Nations Unies et d’autres chefs d’État, en l’accusant de jouer double jeu.



Je n’hésite pas à affirmer que même si pendant des années nous avons refusé de signer des accords sur l’interdiction de telles armes parce que nous refusions d’attribuer ces prérogatives à aucun État, jamais nous ne tenterions de fabriquer des armes nucléaires.



Nous sommes opposés à toutes les armes nucléaires. Aucune nation, grande ou petite, ne doit posséder cet instrument d’extermination, capable de mettre fin à l’existence humaine sur la planète. Quiconque de ceux qui disposent de telles armes en possède déjà suffisamment pour provoquer une catastrophe. Jamais la peur de mourir n’a empêché les guerres nulle part dans le monde. Aujourd’hui, les armes nucléaires, mais aussi le changement climatique sont les dangers les plus imminents qui, en moins d’un siècle, peuvent rendre impossible la survie de l’espèce humaine.



Je tiens à rendre aujourd’hui un hommage spécial à un leader latino-américain et mondial pour ce qu’il a fait en faveur de notre peuple et d’autres peuples de la Caraïbe et du monde, il s’agit d’Hugo Chavez Frias. Il serait présent aujourd’hui parmi nous s’il n’avait pas perdu son vaillant combat pour la vie. Lui, comme nous, n’a pas lutté pour vivre : il a vécu pour lutter.

 

Fidel Castro Ruz

le 26 juillet 2013

6h05
 

 

 

firma-15ene

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 06:59

Acto-en-el-Moncada-580x386.jpg60 ème anniversaire du début de la révolution cubaine : hommage massif du peuple cubain et des présidents latino-américains

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce 26 juillet, plusieurs milliers de cubains ainsi que plusieurs présidents latino-américains ont assisté à la cérémonie officielle à Santiago de Cuba du 60 ème anniversaire de l'assaut contre la caserne de Moncada, le point de départ du processus qui mène à la révolution.

 

Échec militaire, victoire politique. L'assaut mené par une centaine de combattants révolutionnaires le 26 juillet 1953, ne permit pas la prise de la caserne de la Moncada, qui gardait la deuxième ville du pays, Santiago. Mais l'assaut fut le tournant de l'organisation de la guérilla révolutionnaire.

 

D'abord, avec le procès imposé par la dictature et dans lequel le jeune Fidel, âgé de 25 ans, retourne l'accusation. Son discours « L'histoire m'absoudra » en fait définitivement le leader du mouvement révolutionnaire sur l'île, malgré un exil imposé.

 

De retour à Cuba en 1955, Fidel crée alors le « Mouvement du 26 juillet », en hommage à l'assaut. Réorganisé à partir de la guérilla de la Sierra Maestra, la révolution triomphe finalement avec la prise de Santiago le 1er janvier 1959.

 

Ce vendredi, c'est non seulement le peuple cubain mais tout ce que l'Amérique latine compte de gouvernements progressistes qui a rendu hommage au processus révolutionnaire cubain

 

Une révolution qui a lancé la seconde phase de l'indépendance des pays d'Amérique latine, celle réelle, passant par la construction du socialisme, et par la solidarité continentale contre l'impérialisme nord-américain.

 

Outre les présidents bolivien Evo Morales et vénézuélien Nicolas Maduro, nouvelles figures de l'Amérique latine anti-impérialiste, les vieux compagnons de Cuba, ex-guérilleros, l'uruguayen Pepe Mujica et le nicaraguayen Daniel Ortega étaient là.

 

Présence forte aussi sur le plan symbolique, celle des représentants d’États des Antilles : Sainte-Lucie Saint-Vincent et Grenadines, Antigua et Barbuda et la Dominique.

 

Les présidents d'Amérique latine et des Caraïbes, après avoir visité l'ancienne caserne transformée en cité scolaire, ont tous rendu hommage à l'exemple qu'a constitué la révolution cubaine. Laissons-leur la parole.

 

Vieil ami de la révolution cubaine, le sandiniste Daniel Ortega a rappelé combien sa visite à Cuba, dans les lieux de la caserne de la Moncada, avait eu un impact sur son engagement anti-impérialiste, alors qu'il n'était encore qu'un militant étudiant, dans les années 1960.

 

Ortega a qualifié Cuba « d'étoile solidaire irradiant cette immense force morale en Amérique latine et dans les Caraibes. Dans tout ce qu'elle a réalisé, était présent l'esprit des gens de la Moncada, de Fidel, Raul et de ce peuple héroique ».

 

Le leader nicaraguayen a tenu à rappeler que la révolution cubaine continue d'inspirer les peuples d'Amérique latine.

 

Ancien leader de la guérilla Tupamaros, fortement influencée par la révolution cubaine, le président uruguayen Pepe Mujica a rendu aussi un hommage appuyé à la révolution « qui a été celle de la dignité, de l'auto-estime des latino-américains ».

 

Cuba a fait passer les latino-américains, éternels « don Quichotte » remplis de rêves, à des acteurs de leur propre changement. Qu'il y ait eu dans cette construction collective des erreurs, des résussites, des compromis et des sacrifices, c'est inévitable dans toute révolution, selon Mujica.

 

maduro-en-acto-del-moncada.jpgMorales et Maduro, les deux représentants des deux Etats apportant le soutien le plus ferme au gouvernement cubain aujourd'hui, continuateurs de l’œuvre à la fois de transformation sociale et d'unité continentale entreprise par les révolutionnaires, sont allés de leur hommage.

 

Pour le président vénézuélien, c'est l'actualité de cet acte historique qui prédomine, « renforçant l'espoir des peuples d'Amérique latine, leur confirmant que cela valait la peine de lutter ».

 

Rappelant l'amour infini du commandant Chavez pour Cuba, Fidel et la révolution, Maduro a tenu à signifier que « ce sont les peuples qui ont fait que l'Amérique est aujourd'hui debout, qu'elle progresse aujourd'hui dans l'intégration régionale ».

 

evo-y-daniel-580x439.jpgEnfin, l'hommage est tout aussi passionné pour Evo Morales pour qui la lutte du peuple cubain n'a jamais été une erreur : « la Révolution cubaine est la mère de la révolution en Amérique latine et dans le monde ».

 

Rappelant avec émotion ses échanges avec Fidel, l'importance qu'il accorde à la solidarité internationale, selon Evo, « si il n'y avait pas eu Fidel, et Chavez par ailleurs, on n'aurait pas pu consolider la révolution bolivienne, et le peuple cubain le sait bien ».

 

Raul Castro, dans son discours de clôture, a insisté sur la solidarité avec les processus révolutionnaires et les peuples d'Amérique latine, il a aussi insisté sur le parti-pris de la « révolution cubaine qui continuera à être celle des humbles, par les humbles et pour les humbles ».

 

Raul conclut son discours par la fameuse invective du Che, toujours vivante tant à Cuba que dans toute l'Amérique latine, toujours en lutte pour son indépendance réelle, soixante ans après le début du processus : « Hasta la victoria siempre ! »

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Cuba
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