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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 05:48

we-podemos.jpgPodemos, le « Yes we can » made in Spain : non, le possibilisme médiatique « ni droite, ni gauche » n'est pas dangereux pour le système (capitaliste) !


Analyse AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Il y a deux ans le mouvement des « Indignés » finissait sur une impasse politique. Il y a un an, Izquierda Unida menée par le PCE grimpait dans les sondages, frôlant les 20%. Il en faut moins aux médias dominants pour faire émerger un mouvement inoffensif pour le système, reprenant et dévoyant certaines aspirations des « Indignés » : Podemos de Pablo Iglesias.



Les modes médiatiques et politiques circulent aussi vite que les derniers i-phone, avec une baisse correspondante de leur valeur : après Die Linke, SYRIZA, c'est maintenant Podemos qui semble faire briller les pupilles de certains leaders de la pourtant modérée « gauche radicale ».



Podemos a neuf mois. Un beau bébé né en janvier 2014 de l'esprit fécond du professeur d'université en science politique et figure télévisuelle, Pablo Iglesias, regroupant autour de lui d'autres universitaires, et quelques cadres du groupuscule trotskiste « Izquierda anti-capitalista ».



Le succès de Podemos surfe sur le « mouvement des Indignés » de 2011 dont il reprend certaines aspirations idéalistes, les slogans populistes, la confusion idéologique pour alimenter un mouvement électoraliste aussi vague politiquement que soutenu par les médias du système.



Sans la moindre organisation, histoire, financement, le mouvement de Pablo Iglesias était dans tous les médias pour la campagne des européennes, bénéficiant d'une complaisance qui lui a permis d'obtenir 7,98 % et 5 députés. Podemos est donné à 20 % dans les sondages.



Alors, pourquoi l'idéologie dominante, les médias du système ne craignent-ils pas les « anti-système » auto-proclamés comme Iglesias et son mouvement Podemos ?



Un vocabulaire inter-classiste confusionniste :

la « Caste » contre les « citoyens », une capitulation idéologique



Une partie importante du succès de Podemos, c'est le vocabulaire qu'il emploie : proche des « gens », accessible, loin de toute « idéologie », dixit Pablo Iglesias.



C'est la « Caste » (les 1%, les « partis », les bureaucrates, les financiers) contre les « citoyens » (les 99 %, gens honnêtes, profs de fac, petits patrons, docteurs en sociologie au chômage, designers en freelance). N'en déplaise au Dr.Iglesias, le choix de ce vocabulaire est très idéologique.



La « Caste » devient l'ennemi, identifiée au pouvoir politique, aux « élites traditionnelles » associés aux partis mais aussi aux syndicats. Ce sont les « mauvais » patrons, liés au pouvoir, les financiers, les bureaucrates, qui ternissent l'image des patrons « honnêtes ».



Pas touche par contre à l'université, aux médias, comme chiens de garde de l'idéologie dominante. On me mord pas la main qui vous nourrit.



Le terme même de « caste » pose problème. Pas seulement parce qu'il est du répertoire de l'extrême-droite lepéniste en France, néo-fasciste en Italie, recyclant un poujadisme (ou qualunquisme en Italie) qui trouve sa concrétisation dans le « Mouvement 5 étoiles » de Grillo en Italie.



Sur le plan théorique, le terme de classe renvoie à la « science politique italienne », comme le confie presque naivement Cristina Hernandez, responsable à l'analyse politique du mouvement, dans une interview au journal communiste allemand Junge Welt.



Le livre « La casta » publié en 2007 par des journalistes du Corriere della Sera (le Figaro italien) a rencontré un franc succès, alimenté le discours « Tous pourris », « anti-parti » en Italie contre la « classe politique », les « élites » privilégiées, l' « Etat » et la « bureaucratie » vampirisatrice, repris par Beppe Grillo avec des relents fascisants.



Cette critique de l'élitisme vient de loin, de Pareto, Mosca et Michels à la fin du XIX ème siècle, subtils critiques de la confiscation du pouvoir en « démocratie » par des « oligarchies », des « élites » qui se maintiennent par la force et par la ruse, donc la manipulation, et ne meurent que pour être remplacées par de nouvelles élites.



La conclusion qu'ils en tiraient ? Il est impossible de construire des organisations révolutionnaires, une alternative socialiste (ou communiste) face à cette « loi d'airain de l'oligarchie ». Pareto (libéral de souche) et Michels (d'abord anarcho-communiste) ont fini par adhérer au fascisme.



Chez les « citoyens », tout le monde est le bienvenu. Face aux « patrons voyous », les patrons honnêtes, qui créent de l'emploi, travaillent dur. Face aux « partis corrompus », un mouvement neuf, vierge de toute souillure historique. Face aux « experts dominants », les experts critiques.



Le discours de « Podemos » prétend englober « tout le peuple » espagnol : or, il n'évoque jamais les conditions d'exploitation des travailleurs d'Espagne, la souffrance concrète des familles expropriées, leurs fins de mois difficiles, se contenant de souligner abstraitement le sort de ces milliers de jeunes sur-diplômés, promis à l'ascension sociale, et réduits à l'Agence pour l'emploi.



Ce n'est pas une découverte théorique, c'est un retour en arrière de deux siècles. Marx soulignait combien le concept du « citoyen » (ou d' « humain ») dans la société bourgeoise, c'est l'universalité abstraite, les droits formels, la fausse conscience, pendant et voile de l' « homme » concret, le travailleur exploité, privé de ses droits au quotidien, aliéné dans la production.



Théoriquement, le terme de « citoyen » sert de voile idéologique à la classe dominante, pour masquer les antagonismes de classe, l'hypocrisie idéologique de la démocratie des riches. Conquérir la « citoyenneté », la « démocratie », c'est soit une illusion naïve, soit un projet politique calculé.



Analyse de classe du phénomène Podemos : un « humanisme de la chaire » pour classes supérieures



Un projet politique, porté par qui et pour qui ? « Podemos » se veut représentant de la « société civile » le peuple (contre la « société politique », les « partis »). Cette mystification naît d'un mépris manifeste pour les rapports économiques, sociaux de production, les fractures de classe.



Alors, partons de la base économique, passons « Podemos » au crible de l'analyse de classe.



D'abord sur sa composition, si on prend la liste pour les européennes des 64 candidats – échantillon très imparfait, mais qui donne une idée, sachant que ce sont les « adhérents » qui les ont voté lors de primaires, on peut y voir une image fiable du profil des adhérents – on voit que:



La catégorie dominante est celle des « professeurs de fac, chercheurs, docteurs, spécialistes universitaires » qui compte pour 33 % des candidats. Suivent les professeurs du secondaire, avec 18 % des candidats. On est déjà à une majorité de 51 % de professeurs, chercheurs !



Puis, suivent d'autres « professions intellectuelles supérieures », « libérales » : les juristes (3%), les ingénieurs (3 %), les cadres de la culture (7%), les écrivains/journalistes (5%), ainsi qu'une commerçante (2%), un cadre financier (2%), une psychologue (2%), une comptable-chef (2%). Dans ce fatras social, tout de même de 30 % de « capacités », comme on disait au XIX ème !



Et pour les autres ? Des miettes pour les « professions intermédiaires », à 6 % : une infirmière (2%), une gestionnaire de cantine scolaire (2%), un chef d'une caserne de pompier (2%).



Et il y a bien sûr une faible caution populaire : une vendeuse (2%), un éboueur (2%), soit 4 % pour les employés et ouvriers. Aucun ouvrier d'industrie, comme il n'y aucun agriculteur !



Seul point nuançant l'analyse, la présence de sept chômeurs sur les listes (12%), tous se distinguent par leur sur-diplômes, avancés fièrement : « docteurs », titulaires d'un « master », « professeurs, journalistes, cadres » au chômage.



En somme, Podemos apparaît comme un parti sous hégémonie des « professeurs de fac », « université », « docteurs », puis des capacités, professions intellectuelles, libérales, cadres, enfin des couches intellectuelles prolétarisées, frustrées dans leur ascension sociale promise et trahie. Les « classes populaires » (terme déjà élastique) ne sont présents qu'à titre de témoignage.



L'électorat de Podemos est à l'image de ses candidats. Aux élections européennes, Podemos – selon le Centre de recherche sociologique (CIS) – obtient ses meilleurs scores chez les « nouvelles classes moyennes » (14,4 %) ou les « classes supérieures/moyennes-supérieures » (12,6 %), où il est le deuxième parti, devant le PS.



Il est également le premier parti chez les jeunes de moins de 35 ans (23 %), le deuxième parti chez ceux ayant une éducation supérieure (14%) et premier parti chez ceux avec une éducation scondaire-supérireure (17,5 %). Ces résultats sont catastrophiques chez ceux n'ayant pas suivi d'études (4%), ou des études primaires seulement (5%).



Pour les prochaines élections législatives, le profil de l'électeur-type : Podemos se révèle « inter-classiste » mais hégémonique chez les « classes moyennes et supérieures » où il devient le premier parti, tout comme chez ceux ayant réalisé des études supérieures.



Cela renforce Podemos dans son discours qui prétend à la fois être « accessible » à tout le monde, (car les gens ne peuvent pas tout comprendre), mais s'adresse aux « gens intelligents » susceptible d'accéder au discours de bon sens des professeurs de fac.



On reste dans l'illusion de l' « intellectuel » au-dessus des classes, qui éclaire les masses l' « intellectuel sans attache » loué par le libéral idéaliste Karl Mannheim.



Ce type d'intellectuel que critique vertement non seulement Marx comme les « socialistes de la chaire », confortablement installés dans leurs postes universitaires, Antonio Gramsci (repris à tort par certains des promoteurs de Podemos) les dénoncera comme « intellectuel traditionnels », intellectuels qui se pensent au-dessus des classes, en réalité ancré dans le système, là où ils devraient prendre le parti du Parti communiste, de l'immersion dans les masses laborieuses.



Mais cet « humanisme de la chaire » n'a que faire de devenir les « intellectuels organiques », les porte-parole de la classe ouvrière, de l'alternative révolutionnaire !



« Ni droite ni gauche », contre les « partis » :

danger du populisme et mépris des luttes



Sur la vague de la fin des idéologies (marxiste), de la critique de la politique (révolutionnaire), Podemos a repris deux slogans en apparence radicaux et novateurs, en réalité conservateurs et anciens : « On est ni de droite, ni de gauche », « tous (les partis, les politiques) les mêmes ».



Certes la critique envers la notion de gauche est à faire, l'utilisation par le PC espagnol de la « Gauche unie » : masquant l'identité de classe, la dimension idéologique derrière une notion trans-classiste, électoraliste, structurellement parlementaire. La « gauche » a justifié en Espagne la mise en place des politiques du capital par le PSOE, la collaboration d'Izquierda Unida à cette politique.



Toutefois « ce ni droite, ni gauche » va en fait plus loin dans l'électoralisme, le populisme, le trans-classisme, encore plus intégré au système derrière sa rhétorique anti-système. Comme le dit la responsable à l'analyse politique Carolina Hernandez dans une interview à Junge Welt : « nous pensons que cet axe droite-gauche n'est plus opportun ».



« Ni droite, ni gauche », bien sûr c'est un des mots d'ordre du Front national en France, Beppe Grillo lui-même en Italie affirme que son mouvement « non è di destra, né di sinistra ». On peut faire remarquer qu'en Espagne c'était le cri de ralliement … de la Phalange de José Antonio Primo de Rivera, cette organisation fasciste qui a répondu à l'appel du général Franco.



Le populismed'Iglesias n'est pas fascisme, loin s'en faut. Mais il profite des effets et crée les conditions d'une confusion idéologique, d'un vide politique, d'espoirs vite déçus, qui risque d'alimenter la résignation, le ressentiment, la démobilisation, propices à ce type de mouvement.



Cette absence de repère idéologique, politique (au-delà de la question de classe) a pu conduire Iglesias à accepter comme conseiller le théoricien fascisant franco-espagnol Jorge Verstrynge qu'il présentait comme « un honneur », lui qui aurait « évolué dans sa manière de voir les choses ».



Verstrynge est un copain des bancs de l'Université de Madrid connu pour avoir créé « Alianza popular » en 1976, une organisation d'extrême-droite composée de figures franquistes. Il dit avoir été adhérent du PSOE, d'Izquierda Unida. C'est un admirateur de Marine Le Pen.



« Tous les partis (et les syndicats) sont les mêmes ». Encore une fois, la trahison de l'UGT et du PSOE, la collaboration intermittente des CC.OO voire du PC espagnol donnent du grain à moudre à cette thèse. Mais elle est excessivement dangereuse.



Car ce « tous pourris » alimente la défiance envers l'organisation politique et syndicale (révolutionnaire), elle construit la démobilisation dans la lutte forcément perdante dans un mouvement qui sanctifie la « non-violence », pense que la seule lutte est entre « ceux d'en bas » (les gens) face à « ceux d'entre haut » (les politiques), une lutte qui doit passer par les urnes.



Car Pablo Iglesias, ses copains universitaires de Podemos manifestent un souverain dédain pour les luttes, le mouvement social … par contre il est omniprésent sur les « plateaux des médias », il a même accepté une invitation des « Déjeuners du Ritz », où se retrouve le gotha économique, politque espagnol. N'est-ce pas là qu'il faut peser pour changer de politique ?



Une organisation anti-démocratique derrière le chef



Podemos se félicite de ne « pas être un parti comme les autres », de ne pas avoir d'organisation rigide (avec son honni centralisme démocratique).



Pourtant, il est bien un parti, et sa non-organisation ne garantit pas l'expression démocratique, la prise de pouvoir des bases, mais la concentration du pouvoir par quelques-uns, la manipulation des masses. Le « politologue » Iglesias n'a-t-il pas lu Pareto, Michels … ou les a-t-il trop bien lus ?



Iglesias parle d' « horizontalité », d' « assembléisme », de « référendums permanents ». Il y a vingt ans, en Italie – laboratoire ultime de la destruction politique ! – Fausto Bertinotti théorisait la même destruction créatrice d'organisation qui légitimait la captation de Refondation communiste par un clan dirigeant, des tendances minoritaires. L'organisation de masse, de classe a fini d'être liquidée.



L'histoire ne se répète jamais à l'identique. Voyons concrètement ce qui est proposé dans les statuts de Podemos, chapitre 3 : « Organes de réprésentation, gouvernement et administration ».



L'Assemblée citoyenne est souveraine, elle est composée de tous les adhérents de Podemos, elle est convoquée deux fois par an (!) à l'appel du Conseil citoyen, constitué de 80 membres, organisé par secteurs de travail, se réunissant lui tous les trois mois, élu par l'Assemblée.



Enfin, le Conseil de coordination est composé de 10 à 15 personnes, il se réunit tous les mois. Ses membres sont nommés par le Conseil citoyen sur proposition du porte-parole (Pablo Iglesias). Le Conseil (les amis d'Iglesias) et le porte-parole (Iglesias) sont les organes exécutifs du parti.



Selon les statuts, c'est au Conseil de coordination mené par Iglesias d'assurer la continuité de la ligne politique consentie par les Assemblées et de les « adapter aux circonstances du moment ».



On peut admirer le tour de force du politologue Iglesias qui a recréé dans son organisation les ruses de l'illusion de la démocratie bourgeoise : donner au peuple une souveraineté formelle, aussitôt ôtée par la représentation, la délégation, l'élection de représentants qui disposent du pouvoir effectif (« assurer la continuité de la ligne », l' « adapter aux circonstances »), des élections par ailleurs biaisée par la « légitimité charismatique » (et « bureaucratique ») du chef.



Le chef, c'est bien ce qui a fait le succès de Podemos, Pablo Iglesias en convient, au prix d'une extrême personnalisation et dépendance médiatique. Podemos a poussé le vice jusqu'à choisir comme logo la tête d'Iglesias pour ses listes aux élections européennes.



Personnalisation à outrance, délégation bureaucratique masquée par la duperie représentative, culte de l'élection divinisée : Podemos représente l'illusion maximale de la démocratie bourgeoise, dans une organisation qui incarne son hypocrisie.



Un programme possibiliste vague miné par l'électoralisme : sur l'euro, les nationalisations, vous verrez !



Il reste maintenant à s'attaquer au contenu des propositions de Podemos. On peut le résumer à une phrase, son intitulé :« Podemos », « Nous pouvons », ou en anglais « Yes, we can » !



La reprise du mot d'ordre de Barack Obama en 2008 est tout sauf fortuite. Iglesias prétend reconstruire l' « espoir » sur un volontarisme abstrait (« Nous pouvons changer les choses », « Nous voulons décider »), dont l'électoralisme le prive de toute proposition concrète.

Les propositions de Podemos, c'est ce que les électeurs veulent bien y mettre dedans, c'est du « Venez comme vous êtes », le Fast food de la politique.



Comprendre les propositions de Podemos, c'est tant analyser son Programme fourre-tout que les déclarations (encore plus prudentes) d'Iglesias et de ses acolytes dans la presse.



Sur les nationalisations / privatisations. Le programme de Podemos est souvent cité comme épouvantail par les médias droitiers. Or, il est prudent et vague, il parle de « contrôle public sur les secteurs stratégiques » par « acquisition de parts dans les entreprises privatisées ». Le tout se ferait sans remettre en cause la concurrence libre et non-faussée.



Dans d'autres passages (un peu plus concrets) du programme, Podemos est encore plus prudent. Sur les banques et le secteur financier, il parle de les « réformer » dans un sens plus éthique et citoyen, en créant éventuellement une banque publique dans un océan de financiers privés.



Sur les médias (chéris), pas de nationalisations, mais bien une stratégie de limitation de la puissance des monopoles privés et la possibilité de monter des « médias participatifs » à la marge.



En public, Iglesias n'évoque quasiment jamais la ré-appropriation publique des secteurs stratégiques. Éclairante, un échange avec la journaliste de droite (vulgaire) Isabel San Sebastian, le 11 février, sur la 4 ème chaine, où il explicite sa conception du « contrôle public » sur l'économie :



« IglesiasJ'ai parlé de contrôle public, nationaliser peut être une option, il y en a beaucoup d'autres, comme favoriser les énergies renouvelables … Il y a dans ce pays beaucoup de patrons honnêtes, le problème c'est qu'on en a qui sont des bureaucrates, pas des entrpreneurs (…) ils se disent libéraux, mais ils sont proches du pouvoir et se passent les bakchiches (…) Un gouvernement responsable pourrait établir des mécanismes de contrôle public.



San Sebastian – Ce ne serait pas un gouvernement responsable, mais un pouvoir communiste !



IglesiasCommuniste, quoi ? Comment ? C'est normal d'avoir un contrôle sur l'électricité, comme en France (sic). Ce n'est pas un pays communiste que je sache. Les pays normaux (re-sic) ont une intervention publique, des mesures protectionnistes comme aux Etats-unis (re-re-sic). Ca, c'est l'histoire économique, nous on a que des bureaucrates, des voyous !



Sans Sebastian – Ah non, les Etats-unis, c'est justement pas l'exemple d'un contrôle public ! »



Contrôle public, c'est donc « mécanismes de régulation publique » de la concurrence entre acteurs publics, entreprises publiques dans la compétition avec les monopoles privés. Nationaliser, c'est une option à ranger au même niveau que les énergies renouvelables !



Sur l'Euro, l'Union européenne. Le programme de Podemos est plus clair : il parle de « refondation de l'Union européenne », de « réorienter la BCE », de « prévoir des mécanismes d'intégration et de coopération dans l'UE », désire renforcer les « pétitions européennes », un « budget européen social », fonder une « agence européenne de notation » …



En tout, nous avons noté 14 points qui poussent ouvertement à un renforcement de l'intégration européenne, à sa réorientation au service des citoyens, des gens. A noter qu'aucune fois la question de la monnaie unique, l'Euro, n'est évoquée, bien que nombreux sont ceux à gauche – d'ATTAC au PCE – qui posent la question de la sortie de l'Euro pour mener une politique alternative.



Dans une interview à El Pais, le 23 mai (juste avant le scrutin européen), Pablo Iglesias est obligé à des numéros d'équilibristes :



« El Pais – Vous proposez la sortie de l'euro ?

Iglesias – Retrouver sa souveraineté, c'est notre idée, dans la politique monétaire, c'est avoir une stratégie avec les autres pays du sud de l'Europe, ceux qui se trouvent dans une politique similaire. Ce qui est sûr, c'est que cet Euro n'est pas bon. On ne veut pas revenir en arrière, à la peseta. On dit que c'est inacceptable d'avoir une monnaie unique qui ne soit pas contrôlée par des institutions démocratiques. La BCE n'agit pas pour protéger les citoyens.

El Pais – alors, c'est quoi votre proposition ?

IglesiasCela dépend. Il faut démocratiser l'économie. Si cela passe par une nouvelle monnaie qui porte un autre nom, si cela passe par la poursuite dans l'euro, si il faut en finir avec l'euro, si il faut construire un nouvel espace monétaire, on verra en fonction des circonstances ».



Podemos, tel quel. Notre programme : « cela dépend », « vous verrez ». Dans l'immédiat : « ré-orienter la BCE », « démocratiser l'euro », « retrouver sa souveraineté dans le fédéralisme ». Le refus des idéologies, des utopies conduit le possibilisme de Podemos aux plus grandes chimères !



Mais, enfin, si Podemos n'a rien à proposer sur les nationalisations, sur la sortie de l'euro – outre « cela dépend », « c'est une option » –, il ne dit rien de la « réforme agraire », des « occupations », que peut-il proposer maintenant dans son « possibilisme » ?



La responsable à l'analyse politique de Podemos Carolina Hernandez confiait à Junge Welt (29 juillet) : « d'abord, instaurer des mesures anti-corruption (…) ensuite abolir les paradis fiscaux ». Un vague programme a-politique, au possible, de « moralisation » de la finance, la politique.



Mais Podemos est-il vraiment contre le système capitaliste ? Hernandez répond : « le système capitaliste n'est pas facile à changer. Mais cela ne veut pas dire que nous ne commençons pas à changer beaucoup de choses qui suivent la logique du capital ».



Iglesias ne dit pas autre chose dans l'interview à El Pais du 23 mai : « Cela n'a pas de sens de se dire 'contre le système' (capitaliste), il n'y a pas de dedans et dehors (…) Nous utilisons les moyens qui sont à notre portée pour tenter de changer les choses ».



Podemos, c'est l'obamisme en action, c'est aussi un vieux resucée dans des termes si proches du « possibilisme » théorisé par Paul Brousse (d'abord anarco-syndicaliste!) fin XIX ème siècle : la révolution est impossible, il faut donc « faire notre possible », en agissant pour des réformes possibles, une démocratisation de l'économie, avant tout à l'échelle locale.



Sur l'international : à l'est rien de nouveau … si ce n'est quelque soutien aux « indignés à crânes rasés » de Maidan !



Sur les questions internationales, Iglesias et Podemos surprend par son mutisme. Outre la question de l'UE, sur l'OTAN – question identitaire pour la gauche en Espagne, la fondation d'Izquierda Unida date des manifestations contre l'entrée dans l'OTAN en 1986 – Iglesias ne dit pas un mot.



Sur les événements en Syrie, en Ukraine, silence radio, Podemos semble ignorer que le monde est en guerre, que les rivalités inter-impérialistes, les manœuvres des Etats-unis et des pays de l'UE (qu'il prend en modèles) contre la souveraineté des peuples.



Le seul à s'être exprimé, c'est l'universitaire Santiago Alba Rico – un des idéologues du mouvement, issu de l'Université de Madrid – qui a écrit un article « Podemos en Ukraine », où il loue les putschistes de Kiev, les milices d'extrême-droite comme « une rebellion, un mouvement vaste et spontané de citoyens indignés (…) qui a fait tomber un gouvernement grâce à l'action desespérée, héroique et spontanée de milliers d'Ukrainiens ». Indignés à crâne rasé, la croix gammée sur le torse, mais indignés quand même !



Ce n'est pas une première pour Alba Rico qui a déjà salué l'intervention de l'OTAN en Libye, elle qui « sauvé des vies » et « n'a pas bombardé les Libyens mais uniquement Kaddafi ». Il faut dire que M.Alba Rico pense que les « Etats-unis ne sont pas intervenus militairement depuis 10 ans ».



Enfin, les médias droitiers – prêts à encenser Iglesias comme leur idiot utile – prépare déjà les armes pour l'ensevelir vivant : leur cible préférée, ses « liens supposés avec les dictatures de Cuba et du Vénézuela ».



Les réponses d'Iglesias ne visent jamais à défendre les processus révolutionnaires d'Amérique latine. Il botte en touche sur le Vénézuela. Sur Cuba, en réponse à la présidente de la région de Madrid, la PP Esperanza Aguirre il dit qu'il y a du bon et du mauvais : « le fait qu'il n'y ait pas de pluralisme, cela ne me plaît pas (…) mais si le blocus était levé, Cuba pourrait réaliser les changements que nous voulons tous ». La restauration du capitalisme ?



Les communistes, voilà l'ennemi ? En tout cas du système, oui !



L'analyse de Podemos peut paraître dure, car, oui, en dépit de ses proclamations « ni droite, ni gauche », Podemos a les traits d'un « mouvement de gauche » : il attire d'ailleurs des électeurs qui se qualifient de gauche, autour de revendications « humanistes », « démocratiques ».



C'est en cela qu'il est dangereux, c'est en cela que consiste son rôle dans le système : canaliser la « gauche radicale » vers une impasse politique, la confusion idéologique ; isoler le mouvement de protestation de la classe qui veut le changement radical, la classe ouvrière ; liquider ce qui reste du mouvement communiste, seule force radicalement alternative.



Dire qu'Iglesias, les militants de Podemos sont anti-communistes, c'est subjectivement plutôtfaux. Iglesias peut défendre l'histoire du PCE en public face à des révisionnistes anti-communistes, son rôle dans la résistance, la figure de la « Pasionaria », manifester ses sympathies pour ses militants.



Il est même prêt à dire qu'il a « la gauche dans son ADN, parce que son grand-père, socialiste, était commandant de l'Armée républicaine » (Publico, 15 janvier 2014). Le coup du 'j'ai un grand-père de gauche, je sais d'où je viens', chaque militant communiste l'a vécu une fois dans sa vie !



Toutefois, sa mission objective, c'est bien celle de faire obstacle à la résistible ascension purement électorale attendue pour Izquierda Unida (IU, menée par le PC espagnol) qui était annoncée à 20 % fin 2013, et qui aujourd'hui est descendue en-dessous des 5 %.



Déjà, les médias dominants font pression sur la direction d'IU pour qu'elle s'allie avec Podemos dans le rapport de force le plus défavorable qui soit : avec Podemos à 20 %, IU à 5%, histoire de noyer le poisson communiste (tiède) dans l'océan glacé du possibilisme sans rivages.



Dans les Asturies, la direction droitière d'IU – qui a purgé les communistes il y a trois ans pour mieux s'allier avec le PS – est à l'avant-garde de l'alliance avec Podemos et les verts d'Equo.



Ailleurs, comme à Madrid, c'est du 50/50 entre ceux qui veulent s'allier avec le PS au premier tour, et c'est ceux qui veulent « refonder la gauche » avec Podemos pour former un « pôle de radicalité » … qui va s'allier avec le PS au second tour. On connaît cette douce mélodie !



Si cela se concrétise, il y a de quoi faire une lourde auto-critique du parcours d'Izquierda Unida fondée en 1986 – longtemps incarnée par l'incorruptible Julio Anguita – ce « mouvement de gauche » conçu par Santiago Carrillo (le Robert Hue espagnol, aujourd'hui à la botte du PSOE).



Carrillo voulait liquider doucement le PCE pour mieux converger vers le PSOE, Anguita a forgé l'illusion électoraliste d'un « dépassement » du PSOE dans les urnes, Llamazares a collaboré partout avec le PSOE. Aujourd'hui, Cayo Lara sera-t-il prêt à se fondre avec Podemos, pour détruire ce qu'il reste du communisme espagnol et fournir une ultime caution de gauche au PSOE ?



Ceci est de la science politique fiction mais peut-être pas pour longtemps. Pendant ce temps, le mouvement social – qui peut mobiliser des millions de personnes dans les rues – est toujours réduit à l'impuissance en Espagne, laissé à l'abandon par les syndicats dominants (UGT, CC.OO), par son parti de référence (le PCE) embourbé dans les calculs politiciens, électoralistes d'Izquierda Unida.



Si compare simplement le développement des luttes au Portugal et en Espagne, le contraste est saisissant, avec une CGTP sous hégémonie communiste. Tout comme il l'est pour la santé des deux Partis communistes : le PC Portugais compte 65 000 membres, le PC espagnol 12 000. L'Espagne est pourtant quatre fois plus peuplée que son voisin portugais !



 

Pour nous, en France, c'est un avertissement. Pas de salut dans ce type de rassemblements politiciens tournant le dos aux luttes, dans les illusions forgées par les médias dominants incarnées par des chefs auto-proclamés. Renforcer le Parti communiste, pour construire une alternative dans les luttes, maintenant, sans attendre 2017 !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Espagne
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 05:40

meeyer-luxembourg.jpgDémission du député d'Izquierda Unida et figure du PGE Willy Meyer ... pris dans un scandale financier au Parlement européen

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La nouvelle a secoué les camarades espagnols : une figure historique du PC espagnol et d'Izquierda Unida a annoncé sa démission de son poste de député européen, après l'annonce d'un « scandale » financier qui l'a éclaboussé ainsi que trois autres députés espagnols.

 

Sic transit gloria mundi. Il y a un mois, Willy Meyer était réélu pour la deuxième fois consécutive à son siège au Parlement européen, en tant que tête de liste de la « Gauche plurielle » (Izquierda Plural) menée par IU et qui obtenait près de 10 % des voix.

 

Pester contre la « domination de la finance » …

 

puis participer à un fonds de pension en SICAV pour les députés européens !

 

En l'espace d'une journée, Willy Meyer vient sans doute de clôturer sa carrière politique vieille de plus de trois décennies, lui qui occupait encore hier des postes de membre du Comité exécutif du PCE et de la direction fédérale d'IU, en tant que secrétaire à l'international.

 

Meyer met un terme à une longue carrière dans les salons feutrés des Parlements : député provincial d'Andalousie de 1987 à 1991, député national entre 1996 et 2000, et enfin député européen depuis dix ans (2004) sous la bannière d'Izquierda Unida.

 

Mais il a fallu moins de 24 heures pour contraindre Meyer à la démission, sous pression de la direction nationale d'IU, comme de sa fédération d'Andalousie qui exigeaient « une explication convaincante ou la démission immédiate ». Il n'y avait plus d'autre choix que se démettre.

 

Pourtant Willy Meyer n'a rien commis d'illégal, c'est bien ce qui rend le scandale dans lequel il est englué d'autant plus susceptible de soulever l'indignation des citoyens espagnols.

 

Le député d'IU a en effet participé activement à un fonds de pension volontaire des députés européens géré sous la forme d'une SICAV enregistrée au Luxembourg. Un fonds à très haute rentabilité, et à très faible taxation, de l'ordre de 0,01 %.

 

Meyer prétend ne jamais avoir su que la contribution volontaire qu'il apportait pour sa retraite s'intégrait à un circuit contribuant à des mécanismes d'évasion fiscale, profitant de l'existence de paradis fiscaux au sein même de l'Europe.

 

L'explication ne fut pas jugée convaincante par l'organisme dirigeant suprême d'IU, convoqué hier de toute urgence.

 

Ce qui a contraint, en présence du coordinateur d'IU Cayo Lara et du secrétaire-général du PCE, José Luis Centella, Willy Meyer à démissionner de son poste de député européen et de « toute responsabilité politique ».

 

Willy Meyer n'est pas le seul député européen éclaboussé par le scandale. Au moins trois autres noms sont sortis : ceux du député de droite (PP) Miguel Arias Canete, administrateur de la SICAV, de la député centriste (UpyD) Rosa Diez et de la socialiste Elena Valenciano.

 

Toutefois, la position de Meyer était de loin la plus intenable, révélant une hypocrisie, un hiatus entre discours et pratique, mettant en péril l'avenir même de la formation Izquierda Unida.

 

Lui qui a construit sa campagne de 2014 sur l'indignation face au « règne de la finance » et à la corruption « du système bi-partisan PP/PSOE », sur des propositions (utopiques) de « taxation des revenus financiers » à l'échelle européenne, est pris à son propre piège.

 

Une tête pensante du PGE déboulonnée ...

 

mais un départ susceptible d'accélérer la liquidation de l'organisation communiste

 

La démission de Meyer ne concerne pas seulement nos camarades espagnols. Meyer était bien plus que cela, en tant que membre du Comité exécutif du PGE (Parti de la gauche européenne).

 

Il représentait depuis la fondation du PGE, en 2004, une des têtes pensantes – avec les allemands Lothar Bisky et Gregor Gysi, le français Francis Wurtz ou l'italien Fausto Bertinotti – de ce projet de transformation des Partis communistes révolutionnaires en formations de gauche réformistes, euro-compatibles.

 

Depuis son élection au Parlement européen, Willy Meyer a incarné toutes les ambiguïtés – piur ne pas dire hypocrisies – de la ligne IU sur l'Europe : euro-constructif, Meyer a relayé pendant des années la ligne de réforme de l'UE au sein d'IU, avant d'infléchir, de radicaliser son discours lors de la dernière campagne … sans jamais remettre en cause ni l'Euro, ni l'UE, ni même l'OTAN.

 

Le retrait de la vie politique de Meyer représente un coup dur pour le projet liquidateur, réformiste du PGE. Toutefois, son instrumentalisation pourrait paradoxalement renforcer la liquidation de l'organisation communiste en Espagne.

 

Les médias dominants – qui ont tout fait pour mettre en avant les Indignés, avec leur représentation politique officielle, le mouvement sociétal-populiste « Podemos » – utilisent le scandale pour discréditer le « communiste » Meyer, et le « parti » Izquierda Unida.

 

Une campagne intégrée au dénigrement de tout ce qui est lié à l'héritage communiste, et tout ce qui est organisation partisane structurée autour d'une idéologie.

 

Au sein même d'IU, la démission de Meyer ouvre un espace à des courants liquidateurs prêts à utiliser également le score de Podemos pour proclamer la nécessité de « l'élargissement d'IU » à toutes les forces politiques, de la remise en cause de la forme-parti, d'une idéologie figée (communiste) qui empêche l'expression d'une « gauche plurielle ».

 

Le PGE est en crise, au-delà de sa recomposition. La course à la droitisation touche les Tsipras, Gysi, Vendola, toujours plus prêts à la compromission avec la social-démocratie, la défense de l'Union européenne, la liquidation de l'organisation communiste.

 

Le « scandale Meyer » ne fait qu'ajouter à la confusion. Au-delà de la vérité sur le personnage, l'hypocrisie mise à jour, il ne préfigure rien de bon pour la continuité d'un parti communiste en Espagne.

 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 06:23

ujce-aragon.jpgPour la troisième République, tout le pouvoir au peuple !

 

 

Communiqué du Parti communiste d'Espagne (PCE) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Confronté à l'annonce de la part du chef du gouvernement de l'abdication du Chef d'Etat, le PCE lance un appel à ses militants, travailleurs et travailleuses, à tous les citoyens à se mobiliser pour exiger la convocation d'un référendum contraignant sur « Monarchie ou République » et mettre en échec les plans du bipartisme pour consolider leur régime oligarchique et anti-populaire.

 

La peur des travailleurs a accéléré la feuille de route du bipartisme visant à bloquer toute issue sociale à la crise.

 

Le résultat des élections européennes a révélé la faiblesse du régime né de la transition, et le poids des forces qui réclament un processus constituant pour que notre pays trouve une réponse aux problème que rencontrent les gens, les peuples d'Espagne.

 

En plus d'être une institution anti-démocratique et obsolète, la monarchie est, dans notre pays, le symbole du régime du bipartisme monarchique, le symbole du bipartisme au service de l'oligarchie, de ceux qui profitent des souffrances des gens pour conserver leurs privilèges.

 

Nous exigeons que ce soient les citoyens, les citoyennes qui décident de la forme de l'Etat. Un référendum contraignant est nécessaire. Nous appelons dès aujourd'hui à des mobilisations unitaires sur toutes les places du pays, à participer à celles déjà convoquées par la JER (Junte étatique républicaine / regroupant une cinquantaine d'organisations sociales et politiques républicaines)et d'autres organisations et à préparer une grande mobilisation pour la défense d'une République qui enclenche un processus constituant que les travailleur ont réclamé dans la rue et dans les urnes.

 



José Luis Centella, secrétaire-général du PCE

 


Gloria Aguilar, secrétaire du Mouvement Républicain

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 11:15

StopPRIVATIZACIONES.jpgLes services publics plus efficaces et moins chers que ceux privatisés : c'est la Cour des comptes espagnole qui le dit !

 

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

* à partir d'un article d'Avante, journal du PC portugais

 

Qui peut encore croire à l'efficacité des privatisations ? En Espagne, un rapport de la Cour des Comptes révèle que la gestion publique des services d'utilité publique locaux est plus efficace et moins chère que la gestion sous-traitée au secteur privé.

 

 

Un rapport évoqué à la fin de l'année dernière par l'agence de presse espagnole EFE analyse la prestation de services de nettoiement urbain et de collecte des déchets, sous gestion municipale et à la charge d'entreprises concessionnaires, en 2011.



Le nettoiement urbain 71 % moins plus cher avec le privé !



Dans ses conclusions, il souligne que le coût moyen du nettoiement urbain s'élève à 18,01 € par habitant. Toutefois, cette valeur descend à 16,23 €, quand le service est assuré directement par les municipalités, et s'élève à 27,83 €, soit 71 % plus cher, quand il est livré par une entreprise bénéficiant d'une concession, d'un contrat par les collectivités locales.



Selon le document élaboré par la Cour des Comptes, plus de 80 % des services de nettoiement urbain étaient gérés directement par les communes en 2011, toutefois ce pourcentage diminue sensiblement dans le cas des grandes villes.



Et ce sont aussi dans les plus grands centres urbains que le coût moyen du serivce atteint les valeurs les plus élevées, pouvant monter jusqu'à 32,19 € par habitant, quand il s'agit d'une concession privée, ou 19,07 € par une gestion publique.



Mais la gestion publique n'est pas seulement moins chère, elle est aussi de meilleure qualité, peut-on déduire du rapport, selon quoi le prix plus élevé du privé ne se traduit pas dans les indices de qualité du service.



Au contraire, tandis que dans les petites localités le service municipal garantit en moyenne le maintien de 36 poubelles pour 100 habitants, cette proportion tombe à 6 pour 100 quand le service est privatisé.



Pour ce qui est des grandes villes, l'étude évoque le fait que ce rapport se stabilise autour d'1 poubelle pour 100 habitants, que la gestion soit privée ou publique.



Collecte des déchets : même constat



Concernant la collecte des déchets urbains, le coût moyen par habitant s'élève à 48,76 €, et il se révèle que c'est de nouveau la gestion publique qui est la plus économe pour le contribuble, avec une valeur moyenne de 42,55 € par habitants contre 53,90 € pour le service privatisé.



Les économies d'échelle se vérifient aussi dans ce cas, c'est-à-dire que plus grande est la ville et moins chère se révèle le service. Ainsi, tandis que le coût moyen du service public dans les grandes villes chute à 37,54 €, l'offre privée se chiffre à 52,33 €.



Ces différences significatives, désormais prouvées officiellement par la Cour des comptes d'Espagne, ont déjà conduit plusieurs municipalités importantes, c'est le cas de la ville de Leon, au Nord-ouest, à remunicipaliser la prestation du nettoiement urbain et de la récolte des déchets, ayant permis des économies chiffrées à 8 millions d'€.

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 06:43

iu-psoeLe syndicat des travailleurs d'Andalousie dénonce la collaboration d'Izquierda Unida au gouvernement socialiste régional d'austérité

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

L'Andalousie, la première région d'Espagne, cristallise les contradictions de la situation espagnole : corruption massive et austérité inhumaine, combativité des travailleurs espagnol et alternative verrouillée, incarnée par la collaboration d'Izquierda Unida avec le PS.

 

L'Andalousie ce n'est pas seulement la première région d'Espagne par sa population (8 millions d'habitants), la troisième par son économie (145 milliards d'€, l'équivalent du Vietnam!).

 

C'est aussi un concentré des problèmes de l'Espagne : une corruption massive, une pauvreté et un chômage endémique. La région compte 1,3 millions de chômeurs (36 % des travailleurs de la région) et 3 millions de pauvres (35 % de la population).

 

Les travailleurs d'Andalousie souffrent de la politique d'austérité de l'Etat espagnol mais aussi de la politique anti-sociale du gouvernement socialiste en coalition avec Izquierda Unida (IU)

 

Ce 19 janvier, le congrès de la formation CUT-BAI – branche politique du Syndicat des travailleurs andalous (SAT), qui réunit le combatif Syndicat des ouvriers ruraux (SOC) – a livré une critique radicale du pacte de gouvernement régional PS-IU. L'occasion de revenir sur la situation locale.


« Exproprier les expropriateurs » : l'action du SAT, de l'occupation de terres aux distributions de produits de première nécessité

 

 

L'expérience des syndicalistes andalous a circulé jusqu'en France, notamment dans les médias alternatifs, constituant un exemple de « volontarisme » dans une situation où la résignation domine.

 

D'abord, depuis près de deux ans, par les occupations des terres abandonnées par leurs propriétaires, latifundiaires ou pouvoirs publics.

 

Ce fut le cas en 2012 de la propriété de Sormonte (400 ha) appartenant au gouvernement d'Andalousie, et celle de las Turquillas appartenant au Ministère de la Défense (1 200 ha).

 

Les syndicalistes ont été délogés par la Guardia civil, et condamnés en novembre 2013 par la Cour d'Andalousie à une amende pour « désobéissance à l'autorité » et « délit d'usurpation ».

 

Ensuite, ce furent les opérations coup de poing dans les super-marchés d'Andalousie pour prendre des produits de première nécessité et les distribuer dans les quartiers populaires de Séville. Ce fut le cas en août 2012 à Ecija, près de Séville et dans un Carrefour de la banlieue de Cadix.

 

Une centaine de syndicalistes ont rempli vingt caddies remplis de riz, de pâtes, d'olives, de lait, distribués notamment dans la communauté « Corrala Utopia », un immeuble vide occupé par 36 familles expulsées de leur ancien logement.

 

Comme le rappelle justement le dirigeant du SAT, député au parlement d'Andalousie Juan Manuel Sanchez Gordillo : « Dans cette période de crise, où on exproprie le peuple, nous voulons exproprier les expropriateurs : les latifundiaires, les banques et les grandes surfaces, qui gagnent de l'argent en pleine crise économique ».

 

Certes, ces opérations ont leurs limites. Le volontarisme se heurte à la question du pouvoir, les solutions locales à une alternative nationale. Mais face à la résignation ambiante, face à la répression de la police et de la justice bourgeoisies, c'est un exemple à saluer !

 

Pourtant, quelle fut la réaction d'Izquierda Unida ? Le député européen Willy Meyer a tenu à souligner que ces expériences « n'avaient rien à avoir avec IU », que ce « type d'opérations d'avant-gardes ne servaient à rien, pouvant même devenir un obstacle. » Obstacle à quoi, on se le demande ?

 

Le vice-président de la région Andalousie, dirigeant d'Izquierda Unida, Diego Valderas, a lui fait savoir qu'il ne « partageait pas la forme prise par cet acte symbolique », suivant avec plus de nuance l'invective du président socialiste Grinan pour qui il s'agissait d'un « acte barbare » (sic).

 

« Du côté des propriétaires » : la collaboration d'Izquierda Unida au gouvernement socialiste, champion de l'austérité

 

Ces réactions hallucinantes nous emmènent au cœur du problème : la collaboration depuis mars 2012 d'Izquierda Unida à un gouvernement socialiste en Andalousie, qui mène la politique la plus droitière qu'est connue la région depuis la chute du franquisme.

 

Les premières mesures du gouvernement « de gauche plurielle » PSOE-IU, c'est l'austérité maximale : la baisse de 5 à 10 % du salaires des fonctionnaires territoriaux, une hausse générale de l'Impôt sur le revenu et l'augmentation du temps de travail hebdomadaires de 35 à 37,5 heures !

 

Le gouvernement andalou vient d'annoncer son deuxième budget, pour l'année 2014. Non rien n'a changé, l'austérité va continuer : un budget en baisse de 3,5 %, soit 1 milliard d'euros en moins, 2,5 milliards depuis l'arrivée du gouvernement de « gauche » !

 

Les conséquences vont être terribles. Déjà le gouvernement annonce pour la troisième année consécutive le non-paiement des primes de fin d'année, la baisse de 10 % de la paye des travailleurs en contrat temporaire, le gel du salaire pour les autres.

 

Le gouvernement andalou prétend que c'est pour la défense de l'emploi. Or, depuis 2011, 16 000 emplois ont été supprimés par la Région, essentiellement par non-renouvellement des contrats temporaires. Une baisse de 7 % des effectifs qui fait de l'Andalousie la championne de l'austérité !

 

Il est loin le discours qui avait fait avaler la pilule de la participation au gouvernement aux adhérents d'IU, aux militants communistes, le fameux discours sur le « gouvernement rempart » contre la politique du pouvoir central, dominé par la droite.

 

Depuis 2012, le gouvernement régional socialiste d'Andalousie est un relais de la politique de coupes du pouvoir central. En 2014, le budget de la santé et de l'éducation seront réduits de 2,5 % (350 millions de coupes cumulées), celui des aides sociales de 1,5 % (25 millions de coupes).

 

Aujourd'hui, IU préfère le discours de la résignation : « on ne peut pas faire autrement », c'est la faute au pouvoir central qui nous impose des coupes sur les aides aux régions.

 

Juste un rappel : qui a fait passer en 2011 avec le Parti populaire de droite l'article constitutionnel sur la « Règle d'or », le retour à l'équilibre des comptes de toutes les Administrations (dont les régions) pour se conformer aux contraintes européennes ?

 

Le Parti socialiste, ce parti avec qui Izquierda Unida pacte aujourd'hui dans la première région d'Espagne !

 

Où va Izquierda Unida ? « Ne pas perdre sa raison d'être » pour les syndicalistes andalous

 

Le Syndicat des travailleurs andalous (SAT) ne cache plus son impatience face à la collaboration d'IU avec le PS en Andalousie.

 

 

Dans un entretien accordé à un média alternatif, le secrétaire du SAT Diego Canamero déclare :

 

 

« ils nous ont embarqué dans un pacte gouvernemental que nous ne voulions pas, avec un parti pro-capitaliste, corrompu, qui soutient les propriétaires terriens. C'est une honte, une indignité, ce gouvernement. »

 

 

Ce 19 janvier 2014 avait lieu le Congrès de la formation CUT (Collectif d'unité des travailleurs), référent politique du Syndicat des travailleurs andalous.

 

 

La CUT, dans sa résolution finale, a dénoncé le « virage à droite » de la direction régionale d'IU, sa « politique suicidaire de recherche permanente et desespérée d'accords de gouvernement avec le PSOE (…) qui rend son projet impossible à différencier de celui du PSOE ».

 

 

Pour la formation de gauche radicale, « il faut séparer unité d'action du concept plus large de politique d'alliances » et mettre « la cohérence du programme au-dessus de tout poste gouvernemental ».

 

 

Certs, il faut faire barrage à la droite mais « cela n'implique pas de faire partie d'un gouvernement avec le PSOE pour éviter un gouvernement du PP ».

 

Mise en garde, « la conversion de la gauche alternative en une force subalterne aux politiques néo-libérales du PSOE ne peut que conduire à une perte d'identité et de sa raison d'être. »

 

 

Pour conclure, pour la formation andalouse, « l'expérience gouvernementale d'IU en Andalousie est néfaste » après une « négociation à l'aveuglette » avec le PSOE qui a conduit à une « première », la participation d'IU à un gouvernement régional, marquée « par la soumission, l'acceptation et la complicité aux coupes sociales, entrant en totale contradiction avec nos positions historiques ».

 

 

Si la CUT a décidé finalement de ne pas quitter Izquierda Unida, pour ne pas prêter le flanc aux attaques venant de la droite, la politique droitière d'IU dans certaines régions, ces alliances à géométrie variable, avec le PS en Andalousie ou bientôt à Madrid, avec la droite dans les Asturies ou en Extrémadure, conduisent à un certain malaise dans les bases militantes.



Dans ce malaise, ce vide politique, certains tentent de jouer leur carte, quitte à appuyer sur les deux contradictions fondamentales de la formation Izquierda Unida : son soutien explicite ou implicite au PS (hier au gouvernement Zapatero, aujourd'hui dans certaines régions) ; son soutien à l'Union européenne, à l'Euro, sur injonction du PGE, malgré d'énormes contradictions.



C'est le cas du respectable dirigeant historique d'Izquierda Unida, Julio Anguita, et de son projet « Front civique : nous sommes la majorité » qui se veut un « Mouvement de citoyens » par-dessus les partis, partant notamment du rejet de l'Euro et de l'UE du capital financier.



C'est aussi le cas du jeune politologue, présentateur de télévision Pablo Iglesias qui vient de fonder son mouvement : « Podemos » (Nous pouvons) qui axe son discours sur le rejet des partis traditionnels, la désobéissance à l'Union européenne des monopoles.



Bénéficiant d'un coup de publicité dans les médias dominants, ces forces ne représentent pas une réelle alternative, le but étant de la fragmenter, en faisant tenir des positions parfois justes (sur le PS, l'UE) par des forces qui n'ont rien à proposer.



Iglesias et son ami politologue Modenero sont les théoriciens de l' « indignation », du « mouvement du 15 mai », autrement dit de l'impuissance du mouvement populaire espagnol.



Toutefois, les contradictions explosives de la situation espagnole – un mouvement populaire combatif face à une gauche pseudo-radicale institutionnalisée et intégrée au système espagnol – doivent nous faire réfléchir et nous mettre en garde contre un processus similaire chez nous.



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