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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 06:24

revolucion-gamonal.jpgUne révolte populaire massive à Burgos, en Espagne, met en échec un projet de spéculation immobilière : la lutte paye !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Que se passe-t-il à Burgos ?Cette ville moyenne de 200 000 habitants, située en Castille-Léon est au centre de toutes les attentions en Espagne ces derniers jours : une révolte populaire met en échec un projet de spéculation immobilière, pendant que l’État répond par la force.

 

La municipalité de Burgos ressemble à beaucoup d'autres en Espagne : gérée par la droite (ici le Parti populaire, ailleurs le PS), elle combine clientélisme, corruption marchés publics truqués, privatisation des services municipaux, impôts locaux gonflés et dette vertigineuse.

 

Burgos est même un cas d'école. La ville a accumulé 500 millions d'euros de dette, a quasiment tout privatisé, augmenté trois fois les impôts ces deux dernières années, pendant que la ville compte 18 000 chômeurs.

 

Pourtant le maire de droite Javier Lacalle trouve encore 9 millions d'euros pour lancer un grand projet de rénovation du centre, de la rue Vitoria, située dans le quartier de Gamonal pour en faire le « grand boulevard » de la ville : le projet pharaonique « Gamonal XXI ».

 

Depuis le 9 janvier, les habitants de la ville ont dit Non. Par milliers ils ont bloqué les chantiers de construction, étudiants, chômeurs, femmes au foyer, travailleurs.

 

Ils ont subi la répression des forces de l'ordre, les arrestations, les passages à tabac. Mais ils sont revenus chaque jour depuis : le 11, le 12, le 13 et ce 15 janvier.

 

Ce vendredi 16 janvier, le maire de la ville Javier Lacalle a annoncé l'arrêt définitif du chantier de construction de grand boulevard dans le quartier de Gamonal, tandis que 3 000 manifestants se réunissaient dans le quartier pour fêter la nouvelle. Retour sur une lutte qui a payé.

 

Spéculation et gentrification à Gamonal : les pauvres exclus du travail, saignés … et maintenant chassés de leur quartier !

 

Burgos est une ville espagnole comme une autre, avec ses 18 000 chômeurs. Mais Gamonal est le quartier qui concentre tous les problèmes sociaux. Ce quartier ouvrier – qui concentre la moitié de la population de la ville – connaît les chiffres les plus élevés de pauvreté, de chômage.

 

A Gamonal, les ouvriers souvent immigrés ont déjà perdu leur emploi et leur revenu (la moitié des chômeurs n'ont plus d'aide publique), ils ont perdu leurs services publics, ils risquent maintenant d'être dépossédés de leur quartier.

 

Le nouveau Gamonal n'est pas pour eux : les maisons vont être rénovés, le quartier va devenir commerçant, les rues privatisées. Au nom du développement durable (sic), c'est la gentrification du quartier qui s'annonce et l'expulsion des pauvres hors du centre.

 

Heureusement, les habitants de Gamonal peuvent compter sur leur solidarité, ce qu'il reste d'associations de riverains combatives, d'engagement syndical et politique de classe – surtout auprès du Parti communiste, pour résister.

 

Corruption, privatisation, spéculation : quand le peuple se soulève contre le consensus patronal mafieux

 

Car ce que dénoncent les habitants de Gamonal à Burgos va bien au-delà de ce projet de spéculation immobilière : c'est tout ce système qui régit l'Espagne, responsable de la crise, un capitalisme qui allie corruption, privatisation, décentralisation et collusion entre élites politiques et économiques.

 

Décentralisation et dette publique. Rappelons que l'Espagne est un modèle de « décentralisation », les services publics ont été transférés aux municipalités, aux régions, sans les moyens correspondants, laissant l'alternative : privatisations ou/et coupes, sans oublier hausse des impôts !

 

A Burgos, la dette atteint la somme vertigineuse de 500 millions d'euros. Elle a servi de prétexte aux coupes dans les services sociaux, à l'augmentation des impôts locaux, aux privatisations.

 

Privatisation intégrale. Tout a été privatisé à Burgos ou presque. La municipalité s'attaquant désormais à la santé (hôpitaux), à l'eau et à l'éducation (université). Le projet de « boulevard » s'intègre à cette politique de privatisation de la ville.

 

En effet, la rue et le sol seront privatisés. La rue, jusqu'ici 2 x 2 voies seraient réservés désormais aux transports institutionnels (taxis, bus) déjà privatisés et onéreux, ou à la circulation en vélos, développement durable oblige. La circulation des riverains serait, elle, entravée.

 

Le sol serait privatisé, un exemple significatif : le parking public de 350 places serait remplacé par un parking souterrain de 250 places, privatisé, où la place coûterait 20 000 € à l'année !

 

Corruption généralisée. L'Espagne est le pays des accommodements véreux, des contrats publics arrangés, des projets immobiliers destinés à gonfler la dette publique comme les profits privés.

 

Ces deux dernières années, deux conseillers de droite de la ville ont été démis de leur mandat pour faits de corruption avérés. Ce n'est qu'un début pour les élus locaux communistes.

 

A qui est confié le projet ?A la « M.B.G. Ingeniería y Arquitectura SL », du magnat de l'immobilier Mendez Pozo, ce dernier est un ami proche du maire Javier Lacalle. Il a même été condamné à deux ans de prison pour faux en écriture pour une affaire de travaux publics … à Burgos, justement.

 

Collusion entre milieux d'affaires et monde politique. Bien au-delà de la corruption, c'est bien la question de la nature des liens entre milieux patronaux et hommes politiques, tout comme la concentration monopolistique de l'économie espagnole qui est en cause.

 

Il suffit de penser que le vice-maire Angel Ibanez a fait le tour de force d'être à la fois le chef de l'Agence de recrutement de l'Université de Burgos (35 000 € par an), vice-président de la Caisse du Burgos, filiale de la banque Caixa (19 000 € par an) et enfin conseiller de l'entreprise de travaux publics Fomento, spécialisée dans les marchés des collectivités locales (20 000 € par an).

 

Qui a dit conflit d'intérêts ?

 

On peut aussi évoquer le patron véreux Mendez Pozo, président de la Chambre de commerce de Burgos, fondateur de six sociétés immobilières (qui lui permettent d'effacer ces compromissions) mais aussi premier propriétaire des médias de la région de Castille-Leon !

 

Ainsi, Mendez Pozo contrôle les journaux suivants : el Diario de Burgos, Diario Palentino, El dia de Valladolid, Diario de Ávila, ainsi que l'ensemble des journaux de Las Tribunas de Castilla la Mancha.

 

Il est aussi propriétaire de la chaine de télévision 4 de Castilla y León et président de l'Agence d'informations Ical.

 

Pas étonnant que le mouvement de résistance des habitants ait été répercutée par les médias locaux comme une émeute d'une violence inédite, mettant en avant les voitures brûlées, les devantures des magasins fracturées, les échauffourées provoquées par des jeunes déchaînés.

 

« Loi de sécurité citoyenne » : un test pour le pouvoir dans sa répression des mouvements populaires

 

En Espagne, la répression contre les mouvements populaires prend une tournure fascisante. La dite « Loi de sécurité citoyenne » surnommée « Loi baillon » (Ley mordaza) par ses détracteurs, votée en décembre dernier, prévoit 51 infractions passibles d'amendes plus ou moins lourdes.

 

Parmi les « infractions graves » (entre 1 000 et 60 000 € d'amende !) : désobéissance à des agents de l'ordre et refus de s'identifier ; manifestation sans autorisation ; offense à l'Espagne et ses symboles ; faire obstruction à des décisions légales (comme lors des expulsions) ; trouble à l'ordre public.

 

Il s'agit ouvertement d'une atteinte à la liberté d'expression, de réunion et de manifestation.

 

Burgos est un test pour cette nouvelle loi. L' « état d'urgence » a été déclarée, plusieurs dizaines de troupes anti-émeute mobilisées sur place. Au 15 janvier 2014, 40 personnes avaient été arrêtés et incarcérés par les forces de police espagnoles.

 

Le ministre de l'Intérieur a ciblé des « groupes violents, extrémistes, anti-système » qui perturbaient l'ordre public et devaient être réprimés par la force. On voit le danger de la nouvelle loi adoptée, les frontières floues entre « trouble à l'ordre public » et « expression d'une opposition ».

 

 

Izquierda Unida contre le PP à Burgos … mais alliée à la droite pour à Oviedo, capitale des Asturies, quelle cohérence ?

 

Dans ce combat, le Parti communiste local – intégré dans Izquierda Unida – a adopté une position digne, cohérente, combative, qui a pu servir de repère aux manifestants.

 

On peut sourire aux larmes versées sur le « non-respect de la démocratie participative » (sic) par la mairie de droite, mais sa dénonciation de la corruption des édiles au Conseil municipal, de la politique de privatisation est tout à fait juste.

 

Ce qui est plus dommageable – et qui pèse sur l'image que peut donner cette formation bariolée,cette auberge espagnole qu'est Izquierda Unida – c'est que toutes les Fédérations, sections d'Izquierda Unida (IU) sont loin de partager la même ligne.

 

On pourrait gloser sur Izquierda Unida en Andalousie qui collabore au gouvernement socialiste, connu pour son niveau de corruption à côté duquel Burgos est une cité propre, connu pour ses politiques d'austérité qui saignent les fonctionnaires locaux et ceux dépendant des aides sociales.

 

On peut aussi prendre des cas de collaboration active avec la droite. C'est le cas en Extrémadure où le PP peut compter sur le soutien d'Izquierda Unida pour gouverner. C'est le cas surtout à 200 km de là, à Oviedo, la capitale de la région des Asturies.

 

A Oviedo, Izquierda Unida a tout simplement choisi de signer un pacte budgétaire, de facto un accord politique de gouvernement avec le Parti populaire, la droite. Un accord dénoncé comme il se doit par le Parti communiste local, mais qui crée un certain malaise, au-delà des Asturies.

 

Oviedo connaît pourtant les mêmes dynamiques que Burgos : privatisations, coupes dans les dépenses sociales, corruption et clientélisme (à niveau certes inférieur à Burgos, mais c'est une question de degré).

 

Izquierda Unida se présente comme une formation à géométrie variable – avec la droite dans les Asturies ou Extrémadure, avec les socialistes en Andalousie, bientôt à Madrid, dans l'opposition en Castille-Léon –, c'est la conséquence de son absence de ligne claire, de toute autre boussole politique … que celle de conserver un maximum d'élus locaux.

 

Même si IU devrait progresser électoralement (on l'annonce à 12 %), bénéficiant de la ligne droitière du PSOE, de l'absence d'alternative à gauche, ainsi que de la radicalisation de la population espagnole, cette ligne floue laisse le mouvement populaire espagnol sans réelle perspective de victoire nationale.

 

Quoi qu'il en soit, la lutte des riverains de Burgos montre que la lutte paye. Vive le Parti communiste d'Espagne quand il joue son rôle d'impulsion des luttes ! Vive le peuple et les travailleurs d'Espagne unis dans le rejet des politiques de casse sociale !

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 08:09

ujce-abort.jpgLes jeunes communistes espagnol(e)s dénoncent la remise en cause de l'avortement et sa « privatisation » larvée

 

 

Communiqué de l'Union des jeunes communistes d'Espagne (UJCE)

 

Traduction pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ (repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/)

 

La contre-réforme de la Loi sur la santé sexuelle et l'Interruption volontaire de grossesse est déjà actée. Avec l'adoption de cette loi, de la part du Conseil des ministres, on piétine de nouveau les droits sexuels et reproductifs des femmes.

 

Le gouvernement du Parti populaire (droite) vise à changer la loi en vigueur sur les délais, elle devrait être plus régressive et restrictive que la loi de 1985.

 

Quels vont être les nouveaux changements, et que vont-ils signifier ?

 

D'une part, cela va signifier la fin des délais qui donnent accès à la libre interruption de grossesse des femmes jusqu'aux 14 semaines et à avorter pour les mineurs de 16 et 17 ans sans nécessité d'autorisation maternelle/paternelle, remettant en cause notre capacité de décision sur nos vies.

 

Une décision qui, selon une étude des Nations unies, est plus que solide, puisque les adolescentes ont les capacités suffisantes pour prendre ce genre de résolution, tout comme sur toutes les questions portant sur leur avenir et tout ce qui affecte leur vie.

 

Il est également mentionné des cas portant sur l'intégrité du fœtus et la mise en péril de la vie de la mère.

 

Les cas de malformation pourront être différenciés en deux classes : les incapacités physiques et la malformation grave ou incompatible avec la vie. C'est-à-dire, que l'on permettra l'interruption de grossesse uniquement dans le deuxième cas.

 

Cependant, nous ne croyons pas que le débat doit être de savoir si la malformation est grave ou légère, mais plutôt sur où et de quelle manière on défend les droits les plus fondamentaux des femmes.

 

Nous sommes sujets de droit, capables d'exprimer un avis, de choisir et d'agir librement face aux décisions concernant nos vies.

 

Toutefois, c'est un retour en arrière, à des temps où on nous considérait comme des mineures, incapables de prendre nos décisions, à cause d'une législation adoptée par des hommes et par l’Église catholique.

 

Cela nous conduit à une autre des grandes incertitudes qui se trouve derrière cette réforme : qui exercera la responsabilité d' « approuver » l'accès d'une femme à l'avortement ?

 

Si actuellement, il fallait déjà surmonter les démarches auprès d'une série de professionnels, il semble que désormais le gouvernement pourra encore compliquer la phase bureaucratique, exigeant des critères et des signatures de plus de professionnels liés aux cliniques où se pratiquent les avortements et créant des comités détachés des hôpitaux publics, favorisant ainsi la réalisation de l'avortement dans le domaine privé et, par conséquent, à la portée des femmes bénéficiant de plus de ressources économiques.

 

Les critères sur lesquels repose cette loi trouvent leur origine dans les valeurs patriarcales les plus archaïques.

 

Tous ces changements ne vont signifier qu'un recul plus brutal pour la santé physique et psychologique des femmes, vu que se soumettre à l'interruption de grossesse résultera d'un processus encore plus fastidieux et interminable.

 

Cela forcera même un grand nombre de femmes, en majorité immigrées et en situation irrégulière, à pratiquer l'avortement dans des cliniques privées, et dans de très nombreux cas clandestines.

 

Par conséquent, nous Union des Jeunesses communistes d'Espagne, exigeons :

 

  • Que le fait d'être mère soit un choix ;

 

  • L'avortement libre et gratuit, c'est-à-dire, dans le système de santé public, que l'on ne mette pas en péril la vie des femmes, qu'on ne pose pas les tests psychologiques comme condition, sans autorisation de personne ni temps de réflexion préalables ;

 

  • Une réforme du système éducatif qui favorise l'éducation sexuelle, encourageant l'utilisation de méthodes contraceptives, qui réaffirme les femmes comme des égaux et, par conséquent, comme des sujets de plein droit, avec capacité de décider de leur corps et de leur vie.

 

 

Dans nos utérus et dans vies, c'est nous qui décidons !

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 06:58

20131115_logo_xix_congreso.jpgXIX ème Congrès du PC espagnol : la position de rupture avec l'UE et l'Euro avance … non sans contradictions !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Du 15 au 17 novembre avait lieu le XIX ème Congrès du Parti communiste espagnol (PCE). Avec comme thème central, la position du parti sur l'intégration européenne et la question de la sortie de l'Euro.

 

C'est le débat qui anime les partis communistes d'Europe, il traverse le PCE comme il traverse une société espagnole de plus en plus hostile à une Union européenne et un Euro qui contribue à l'appauvrissement des Espagnols.

 

Le PCE, partie prenante d'Izquierda Unida (IU) et à travers elle, du Parti de la gauche européenne (PGE) connaît depuis plusieurs semaines un débat animé, entre partisans de la « réforme » de l'UE et de l'Euro et adeptes de la « rupture » avec l'intégration européenne.

 

Dans la lignée de la dernière Conférence nationale d'IU en décembre 2012, puis de la Conférence sur l'Union européenne organisée par IU en juin dernier, la direction du PCE a proposé des « thèses politiques », très critiques envers l'UE et l'Euro, mais toujours euro-compatibles.

 

Une ligne de « refondation » de l'UE défendue par Izquierda unida, relayée par la direction du PCE

 

En effet, le document avance l'idée que « la situation actuelle révèle la véritable nature de la construction européenne depuis les années 1950, accélérée par Maastricht ».

 

Sur l'Euro, le document du PCE analyse bien ses conséquences : pression à la modération salariale, alliance du bloc dominant espagnol avec le capital financier européen, spécialisation productive inégale, contrôle des budgets par des institutions supra-nationales sans contrôle des peuples.

 

Pourtant, les ambiguïtés subsistent. Abondent les références à l'absence d'une « union fiscale européenne » (est-elle souhaitée, déplorée?) à l'origine de cet « échec » et était rejetée de façon claire l'idée de « sortie unilatérale de l'Euro » perçue comme non-viable économiquement.

 

Finalement, le document reprenait finement le programme du PGE : audit et négociation sur la dette d'un côté, refondation de l'Union européenne de l'autre.

 

« Rupture » avec l'UE et l'Euro ou « refondation » de l'Europe : la vraie alternative

 

Or, ce programme a été vivement débattu ce week-end. Les débats du samedi tournant exclusivement autour de la question de la poursuite de l'intégration européenne ou de la rupture avec cette Union européenne et la monnaie unique, la seule alternative.

 

Des voix s'étaient élevées ces dernières semaines pour une « rupture » ou une « sortie » de la monnaie unique, elles venaient de l'ancien secrétaire charismatique d'IU Julio Anguita, de la Jeunesse communiste espagnole (UJCE) ou encore de fédérations, comme celle du Pays Valencien.

 

Même le secrétaire du PCE, José Luis Centella, avait dû admettre dans un entretien à Publico que : « le débat n'est pas oui ou non à l'Euro, le seul débat tourne autour de savoir comment on en finit avec l'Euro, car c'est un échec ».

 

De son côté, Izquierda Unida lors de sa conférence de juin sur l'Europe avait affirmé « défendre l'Euro dans une Union européenne refondée », insistant, selon les termes du député européen Willy Meyer sur la « démocratisation de la BCE » (sic).

 

Vers la rupture avec l'intégration européenne ? On avance

 

Cette position n'a pu être défendue jusqu'au bout pendant la conférence. Au contraire, sous l'impulsion du secrétaire de la Fédération d'Andalousie, José Manuel Mariscal, un amendement capital a été proposé et voté à une large majorité, avançant l'idée de rupture avec cette Europe.

 

Il fustige une « Union européenne, construction politique commune des classes dominantes européennes, un projet du capital contre son ennemi commun : les travailleurs (…) une union à caractère impérialiste subalterne à l'impérialisme nord-américain ».

 

Il analyse par ailleurs l'euro comme le « lubrifiant qui facilite la concurrence entre capitaux, entre travailleurs, conditions nécessaires à la reproduction du capital comme rapport social ».

 

Et enfin, il indique la perspective du PCE : « la seule alternative dans les intérêts du peuple, c'est la rupture stratégique tant de l'Union européenne que de l'Euro ».

 

Alors où est le problème … c'est Izquierda Unida !

 

A y regarder de plus près, la victoire autour de cet amendement « euro-critique » emmène quelques nuances, voire même de sérieuses inflexions.

 

Tout d'abord, l'amendement a permis de clore le débat dans le Congrès et de saper les conditions de tout débat démocratique et éventuellement toute contestation ultérieure, autour d'un amendement intégré à un texte de congrès bientôt remisé dans les cartons.

 

Le prochain débat a été renvoyé … à l'automne 2014, avec une Conférence économique sur l'UE bien après les échéances décisives pour IU et le PGE : les européennes de printemps 2014, et surtout le congrès du PGE qui a lieu à Madrid, en décembre prochain.

 

Ensuite, la position a été qualifiée de « compromis » par José Manuel Mariscal. Car non seulement elle évacue la question de la « sortie de l'Euro », mais surtout parce qu'elle pose la « rupture de l'UE et de l'Euro » et non « la rupture avec l'UE et l'Euro ».

 

Loin d'être un débat byzantin, chaque mot compte, dans son ambiguïté. La rupture avec l'Union européenne, l'Euro est un processus qui suppose la lutte contre l'intégration européenne. La rupture de l'UE et de l'Euro actuelle peut conduire à une refondation d'une autre Europe.

 

Ce dernier projet PGE-comptatible, c'est celui qu'on dessiné les économistes d'Izquierda Unida tel José Antonio Garcia Rubio qui a proposé à la conférence de juin d'IU une « autre Europe, avec une autre monnaie », comme alternative à la sortie de l'Euro.

 

José Manuel Mariscal, dans les explications qu'il donne à son amendement va dans ce sens, en posant « le contrôle sur le mouvement des capitaux » (à l'échelle européenne) comme préalable à l'abandon de l'Euro … il faudrait donc paradoxalement plus d'intégration européenne !

 

Enfin, c'est surtout sur la question organisationnelle que se pose le cœur du problème. Il y a quatre ans, le PCE était au bord de la liquidation intégrale, Izquierda Unida au bord de la disparition électorale.

 

Aujourd'hui, le PCE se reconstruit très lentement, après deux saignées de liquidation dans le projet IU qui conserve encore aujourd'hui toutes les compétences politiques, électorales et financières. Le PCE est toujours hélas réduit à l'état de coquille vide, malgré sa reconstruction.

 

Et maintenant, ce projet Izquierda Unida trouve mécaniquement un espace électoral – face au discrédit qui touche la droite et le PS – qui lui promet 10, 15, qui sait 20 % de voix. Rappelons que IU était à 3 % en 2008 !

 

Pour occuper cet espace, tout en suivant la ligne du PGE, Izquierda Unida doit finasser : jouer sur la colère populaire contre l'UE et l'Euro (d'où la critique plus aiguisée contre cette Europe et cette Euro), tout en canalisant vers une solution euro-compatible (« la refondation de l'Europe »).

 

De quoi avait besoin donc Izquierda Unida dans ce congrès du PCE ? D'abord qu'il n'y ait aucun remous d'ici les européennes, donc étouffer le débat sur la « sortie de l'Euro », animé par le leader historique Julio Anguita ou le nouveau responsable du Parti du Pays Valencien Javier Parra.

 

Et ensuite, de renforcer l'intégration de l'organisation satellite du PCE dans l'organisation centrale d'Izquierda Unida. Ainsi derrière les appels au « renforcement du Parti », le secrétaire-général du PCE Centella a aussi lancé un appel pour que « tous les communistes intègrent IU ».

 

Ainsi, Centella a considéré qu'il « fallait en finir de façon urgente avec le fait qu'il existe des militants du PCE qui restent en dehors d'IU ».

 

 

Plus que jamais, ce dont a besoin le peuple d'Espagne, ce n'est pas d'une vague « formation de gauche » attrape-tout électoral, fondant sa ligne sur ambiguïté permanente, mais bien d'un Parti communiste fort, sur des positions claires, de classe et de masse. 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 05:03

espana-desigual.jpgEn Espagne, l'austérité conduit à l'explosion des inégalités : deux fois plus de millionnaires et de personnes dans la misère depuis 2008


Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

En Espagne, comme ailleurs, l'hypocrisie du discours sur le « fardeau des sacrifices » à supporter équitablement vole en éclats : la politique d'austérité se révèle une politique de classe pour transférer les richesses des travailleurs vers le capital.

 

Deux études publiées cette semaine en Espagne révèlent les effets des politiques suivies depuis 2008 en Espagne au nom du sauvetage de l'Euro et de l'UE : austérité et appauvrissement pour la majorité des travailleurs, cadeaux et prospérité pour les entreprises et les riches.

 

D'un côté, l'organisme de charité religieux « Caritas » révèlent que l'Espagne compte désormais 3 millions de personnes vivant dans l'extrême pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 300 € par mois. Leur nombre a doublé depuis le début de la crise, en 2008.

 

« Caritas » souligne qu'elle aide désormais 1,3 millions d'Espagnols, un nombre trois fois plus élevé qu'en 2009. La « Croix-Rouge », elle, déclare assister 2,4 millions de personnes. Elle a livré 1 millions de colis alimentaires en 2012, 350 000 produits d'hygiène et vêtements

 

La progression de la charité privée est en proportion inverse du désengagement de la solidarité publique. Depuis 2008, les gouvernements socialistes comme conservateurs ont réduit les allocations-chômage, maternité ou encore logement.

 

Cet extrême dénuement trouve une explication partielle dans les chiffres record du chômage : six millions d'Espagnols sont au chômage en septembre 2013, 26% de la population active, 56% des moins de 25 ans.

 

Une situation dont les travailleurs ne sont plus exclus. Le développement massif de la précarité, lot obligé de la jeunesse espagnole, conduit à l'explosion des travailleurs pauvres. Selon Caritas, le taux de pauvreté en Espagne est désormais de 21%, soit 12 millions de personnes.

 

Il cache aussi une misère plus ordinaire : 40% des Espagnols ne peuvent faire face à des dépenses imprévues, 15% n'arrivent plus à boucler les fins de mois tandis qu'un ménage sur huit est en « précarité énergétique », dans l'incapacité de payer ses factures d'énergie.

 

Les expulsions de logement ont également explosé depuis le début de la crise, 250 000 depuis 2008 avec un nouveau triste record de 75 000 expulsions en 2008.

 

De l'autre côté, le « Crédit Suisse » a publié son rapport sur l'évolution des grandes fortunes mondiales. L'Espagne se porte bien : dixième pays au monde pour son nombre de grandes fortunes.

 

L'Espagne compte en effet 402 000 millionnaires, soit 13% de plus qu'en 2012, 45 000 nouveaux élus. Depuis 2007, leur chiffre a connu une progression spectaculaire, ils étaient alors près de 170 000.

 

Selon la banque suisse, cette irrésistible ascension devrait se poursuivre. D'ici 2017, leur chiffre devrait atteindre les 600 000, doublant depuis 2011.

 

Conséquences des plans d'austérité cyniques adoptés depuis 2008, d'abord par le gouvernement socialiste de Zapatero

 

Ces chiffres déchirent le voile du cynisme de la classe dominante espagnole et européenne, et de ceux qui la servent – partis de droite comme le PP (Parti populaire) ou supposés de gauche comme le PSOE.

 

Car le premier responsable de cette explosion des inégalités, c'est le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero qui a appliqué dès 2008 un « plan de relance » (le plan E) destiné aux grandes entreprises et aux plus riches.

 

Cette année-là, l'Etat accordait plusieurs milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises des secteurs en crise (immobilier, automobile, tourisme, banques), baissait l'Impôt sur les Sociétés de 2,5 points tout en supprimant l'Impôt sur les grandes fortunes.

 

Dans le même temps, en particulier avec le plan d'austérité de 2010, il baissait les salaires des fonctionnaires de 5 %, déremboursait une série de médicaments, réduisait ou supprimait les allocations sociales, tandis qu'il augmentait de deux points la TVA.

 

La « réforme du marché du travail », entamée sous Zapatero a, elle, trouvé une continuité dans le dernier plan d'austérité du gouvernement de droite de Mariano Rajoy. La dernière réforme assouplit encore les conditions d'emploi et de licenciement, dans les intérêts exclusifs de l'employeur.

 

Le Premier ministre espagnol s'est même félicité récemment (mais au Japon) que la « flexibilisation de la main d'oeuvre » entreprise sous son mandat ait conduit à la baisse des salaires réels dans le secteur privé, une baisse confirmée par une étude de la « Banque d'Espagne ».

 

La colère monte en Espagne contre la politique menée par les deux partis du consensus dominant, par la politique d' « austérité » à sens unique, les concessions faites à la « Troika » (UE, BCE, FMI) pour mieux défendre les intérêts de la classe dominante espagnole.

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 05:24

santiagocompostela.jpgL'Espagne lance la libéralisation du transport intérieur de voyageurs, malgré la dernière catastrophe ferroviaire

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Silence, on privatise ! La nouvelle n'a pas fait la une des médias espagnols comme français, une semaine après l'accident dramatique de St-Jacques de Compostelle mais ce 31 juillet s'est ouverte la première phase de la libéralisation du transport de voyageurs en Espagne

 

Cela faisait partie des « réformes structurelles » adoptées en juillet 2012 par le gouvernement de droite de Rajoy, en conformité avec le quatrième paquet ferroviaire européen de libéralisation du rail : la libéralisation du transport de voyageurs intérieur.

 

Un projet précisé et délimité pour l'instant, d'après le décret d'application de mars, aux seuls transports de voyageurs intérieurs à finalité touristique.

 

Une étape dans la libéralisation totale du secteur, au calendrier encore indéterminé, pour les AVE (TGV), les trains à moyenne distance et les trains de banlieue, les gros morceaux de la « RENFE », la SNCF espagnole.

 

La casse du monopole public de la « RENFE », la SNCF espagnole, en jeu

 

Cette mesure marque une nouvelle étape de la casse dy monopole public de la « RENFE ». Le fret avait été ouvert à la concurrence en 2003, le transport international de voyageurs en 2010.

 

Le démantèlement avait déjà commencé en 2005 avec la division, imposée par Bruxelles, entre le gestionnaire de l'infrastructure, l'ALDIF, et l'opérateur RENFE Operadora.

 

En septembre, c'est l'éclatement de la « RENFE » qui est programmé avec le découpage en quatre entités distinctes : voyageurs, fret, maintenance et gestion du matériel roulant.

 

Austérité et Coupes dans le chemin de fer : une menace pour le service public …

 

Le prétexte invoqué pour les coupes dans le secteur est comme en France, la dette du rail public : 20 milliards d'euros. Une dette inéluctable dans un secteur économique structurellement déficitaire, et avec les missions de service public que doit assurer la « RENFE ».

 

La dette est un prétexte tout d'abord pour fermer des lignes : 48 sont menacées d'ici la fin de l'année tout comme 172 gares. C'est une offre réduite de 32%, et 1,6 millions d'usagers qui seront touchés.

 

En réalité, les dessertes pour Madrid et les liaisons longue distance en TGV, rentables, seront privilégiées. Par contre, les trains régionaux et les liaisons à moyenne distance dans les régions déshéritées et dans les zones rurales, pas viables, vont être progressivement démantelés.

 

Le gouvernement et la direction RENFE prétendent que les liaisons seront assurés par les « trajets longue distance » sauf que les fréquences comme les prix ne sont pas comparables. En Galice, par exemple, la différence sera au moins de 1 à 2 entre un train régional et un TGV.

 

Dans le même temps, des coupes dans le personnel de la RENFE sont prévues : de 1 500 à 2 000 travailleurs cette année. Il faut rappeler que l'Espagne est le pays d'Europe qui compte le moins de cheminots par habitants et par km de rail en Europe.

 

Moins de service public pour les couches populaires ... et plus cher. Le 1er mai 2012, la RENFE a augmenté les billets de banlieue et de moyenne distance de 11 et 12 % respectivement. Ce qui fait une augmentation de 30% des tarifs du rail depuis cinq ans.

 

et la sécurité après l'accident de Saint-Jacques de Compostelle ?

 

La sécurité aussi est en danger. Les causes, multiples sans doute, de l'accident de St-Jacques de Compostelle, qui a fait au moins 80 morts, n'ont pas encore été élucidées. Mais les directions de la RENFE et de l'ADIF se sont empressés de rejeter la faute sur le seul conducteur.

 

Or, les premiers éléments de l'enquête montrent un faisceau de raisons dans lesquelles on trouve le manque d'investissements dans le matériel roulant, les infrastructures ainsi que le manque de cohérence des systèmes de signalisation et de sécurité.

 

En février dernier, l'UGT, les Commissions ouvrières ainsi que la CGT ont rejeté le « Plan de sécurité » pour l'année 2013 de l'ADIF qui prévoyait des coupes dans les budgets affectés à la sécurité des infrastructures et à la surveillance du réseau.

 

En Grande-Bretagne, laboratoire de la libéralisation puis de la privatisation des chemins de fer dans les années 1990, la casse du monopole public avait été suivi par une série d'accidents meurtriers qui avaient fait plusieurs centaines de morts.

 

Les derniers événements dramatiques en Espagne – comme le bilan de la privatisation en Grande-Bretagne – sont instructifs pour notre lutte en France, au moment où la « réforme ferroviaire » entame le processus de casse du monopole public de la SNCF.

 

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Espagne
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