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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:50

PCP-PCEDéclaration commune des Partis communistes du Portugal et d'Espagne sur les grèves générales du 14 novembre au Portugal et en Espagne



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Dans une période marquée par une situation alarmante pour les travailleurs et les peuples du Portugal et d'Espagne, qui doivent faire face à une offensive brutale contre leurs droits et leurs acquis sociaux et démocratiques, le Parti communiste portugais et le Parti communiste d'Espagne considèrent que la crise au Portugal et en Espagne, avec des caractéristiques spécifiques à chaque pays traduit l'approfondissement de la crise du capitalisme et sa manifestation dans l'Union européenne, à laquelle le grand capital cherche à répondre par une offensive qui représente un violent recul de civilisation.



Les politiques suivies, au Portugal comme en Espagne, s'inscrivent dans la spirale brutale de l'austérité, l'intensification de l'exploitation, le chômage, les bas salaires et la précarité, la paupérisation, remettant en cause les droits et les conditions sociales, ainsi que les services essentiels à la nécessaire prestation des soins de santé, de l'éducation et de la sécurité sociale, créant des situations constituant une authentique catastrophe sociale.



Des politiques qui au Portugal et en Espagne ne servent que les intérêts des grands groupes économiques, du grand capital financier, des grandes puissances impérialistes et d'une Union européenne de plus en plus dirigée par le directoire des grandes puissances commandé par l'Allemagne – dont les intérêts sont, dans le fond, les responsables de la crise et qui continuent à accumuler des richesses, au prix de l'exploitation, du chômage, de la paupérisation et de la destruction de l'indépendance des États.



Le PCE et le PCP, réaffirmant que la situation appelle à une véritable rupture avec ces politiques – qui matérialisent des alternatives de progrès social, de développement économique, de coopération et de paix – soulignent et valorisent le rôle fondamental de la lutte de masses et, en particulier, de la lutte des travailleurs et du mouvement syndical de classe pour l'atteindre – une rupture qui ne manifeste pas la moindre complaisance avec les manœuvres d'une social-démocratie profondément compromise avec le grand capital.



Le PCE et le PCP réaffirment que la rupture avec le cap désastreux actuel passe par le rejet du dit « traité budgétaire » ; par la fin des « mémorandums d'accord », véritables pactes d'agression contre les travailleurs, les peuples ; le rejet des « réformes structurelles » de nature anti-sociales et néo-libérales ; par des mesures qui valorisent le travail et les travailleurs et qui assurent des droits et les conditions de vie des peuples ; par la taxation effective du grand capital et de la spéculation financière ; par des mesures qui garantissent le contrôle public des banques et des secteurs stratégiques de l'économie et misent sur le progrès social comme facteur essentiel du développement économique ; par des mesures qui préservent la démocratie et la souveraineté et un cadre de coopération en Europe.



Le PCE et le PCP expriment leur solidarité avec les travailleurs et les peuples du Portugal et d'Espagne qui, comme dans d'autres pays d'Europe, se soulèvent contre la brutale agression dont ils sont l'objet, organisant de grandes journées de lutte pour la défense de leurs droits et leurs conditions de vie et de la démocratie, contre les politiques de droite appliquées dans chacun des pays et les diktats et politiques néo-libérales de l'Union européenne et de son directoire de grandes puissances.



Le PCE et le PCP saluent la réalisation de deux grèves générales qui, en partant de la réalité gravissime et des conditions spécifiques de chaque pays, sont convoquées au Portugal et en Espagne le 14 novembre.



Les alternatives existent ! Par la voie de la lutte des travailleurs et des peuples d'Europe. Par la voie de la mise en échec des politiques d'austérité et de capitulation nationale des pactes d'agression. Par la voie de la rupture avec les politiques anti-sociales et anti-démocratiques, la voie de l'affirmation des droits des peuples. Par la voie des acquis et transformations de caractère anti-capitaliste et anti-monopoliste, en gardant le cap de la construction du socialisme. Par la voie de la solidarité internationaliste. Une autre Europe des travailleurs et des peuples est nécessaire et possible.



Parti communiste d'Espagne (PCE)

Parti communiste du Portugal (PCP)

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 07:00

sindicato.jpgGrève lycéenne et étudiante massivement suivie en Espagne contre les coupes dans l'éducation

 

Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce jeudi 18 octobre marquait la troisième et dernière journée de la « semaine de lutte ». Un mouvement de grève national en Espagne lancé par le Syndicat des étudiants (SE) et suivi par une large majorité des lycéens et étudiants du pays.

 

Selon les syndicats étudiants, plus de 80% des lycéens espagnols ont suivi la grève, des chiffres qui s'élèvent à plus de 90% en Andalousie, dans les Asturies et en pays Valencian.

 

2 100 lycées n'ont pas ouvert leurs portes, tandis qu'une dizaine d'universités se sont joint au mouvement. Les deux universités madrilènes de Complutense et Autonoma ont ainsi été occupées par les étudiants.

 

La grève s'est accompagnée, mercredi 17 octobre, de manifestations étudiantes mobilisant près de 200 000 lycéens et étudiants dans les rues d'Espagne : plus de 40 000 à Madrid et à Barcelone, entre 10 et 15 000 à Séville, Valence, en Galice et dans les Asturies.


Le mot d'ordre central des manifestants, à Madrid comme ailleurs : la démission du ministre de l'éducation José Ignacio Wert et le retrait de la réforme de l'éducation.

 

Parmi les slogans les plus populaires, « Ces coupes, nous allons les mettre en échec » ou encore« L'argent des banquiers pour le lycée des ouvriers » ! Sur la banderole principale de la manifestation madrilène, on retrouvait : « Non à l'éducation franquiste : Wert, démission! ».

 

Ce que dénoncent les lycéens et les étudiants, c'est le plus grand plan de casse de l'éducation en Espagne depuis l'époque franquiste, un véritable démantèlement de l'éducation publique :

 

Un plan de démantèlement de l'éducation publique

 

10 milliards d'euros de coupes à répartir entre l’État central et surtout les communautés autonomes (régions) en charge de l'essentiel des prérogatives en terme d'éducation, dans un système presque intégralement décentralisé.

 

La première mesure touchera les professeurs. Ils travailleront plus pour gagner moins. Les professeurs, comme les autres fonctionnaires, ont vu leurs salaires baisser de 5%. Ils feront par contre plus d'heures de classe, de 18 à 20 dans le secondaire (35 à 37,5 heures en tout) et de 21 à 25 heures dans le primaire.

 

Dans le même temps, le gel de l'embauche des professeurs est confirmé tout comme le licenciement des contractuels dans nombre de régions. Selon les syndicats, ce sont 40 000 postes de professeurs qui seront supprimés d'ici cinq ans.

 

Conséquence immédiate, le nombre d'élèves par classe est déjà en hausse. Le gouvernement a rehaussé le plafond qui est déjà devenu la norme : 30 élèves par classe en primaire et 40 dans le secondaire.

 

La seconde vague de mesures touchera les parents. La TVA sur le matériel scolaire passe du taux réduit au taux normal ré-évalué, soit de 4 à 21%. 500 000 bénéficiaires actuels (sur 800 000) des aides pour la cantine et les manuels scolaires doivent désormais les payer de leurs poches.

 

Dans un contexte de crise, avec un nombre croissant de ménages tombant dans la pauvreté, les récits abondent depuis la rentrée pour décrire des élèves sans livres faute de moyens, ou alors déjeunant le midi au mieux d'un panier-repas frugal.

 

Si les conditions d'accès à une éducation publique, gratuite et de qualité se dégradent, l'accès à l'université devient de plus en plus un luxe pour les enfants des classes populaires.

 

Et la facture va s'alourdir à la rentrée pour les étudiants espagnols et leurs parents.

 

D'une part, le gouvernement central a autorisé les universités à doubler les frais de scolarité, passant de 700 à 1 300 €. D'autre part, les conditions d'accès aux bourses se durcissent, entre 20 et 35% des étudiants actuellement boursiers devraient perdre leurs financements dans les deux années à venir.

 

Par ailleurs, les programmes d'aide pour les élèves en échec scolaire sont également coupés par le gouvernement : les classes du soir pour les élèves en difficulté au lycée (PROA), le programme de lutte contre l'abandon scolaire ou encore les cours de langue pour les étudiants immigrés.

 

Les associations de parents avec les étudiants : « Nous défendons aujourd'hui l'éducation de nos enfants »

 

 

Devant ce plan de guerre contre les lycéens, les étudiants et les professeurs, même la Confédération espagnole des associations des parents d'élèves (CEAPA) a appuyé le mouvement et s'est joint à l'appel à la grève le jeudi 18 octobre. Une première depuis trente ans.

 

José Luis Pazos, porte-parole de la CEAPA explique cette décision : « C'est de plus en plus difficile chaque jour de se lever, de regarder nos enfants et de leur expliquer pourquoi ils doivent arrêter leurs études, pourquoi ils ne peuvent pas manger au collège et pourquoi ils n'ont plus de livres gratuits ».

 

Face à ce qu'il dénonce comme un plan de démantèlement de l'éducation publique, Pazos apporte une réponse claire : « Nous défendons aujourd'hui l'éducation de nos enfants ».

 

Le ministre de l’Éducation conservateur, José Ignacio Wert, s'est empressé de dénoncer des parents « irresponsables »,cédant à une « grève exclusivement politique »convoquée par « l'organisation la plus radicale parmi les associations étudiantes, inspirée par l'extrême-gauche radicale et anti-système ».

 

Du côté étudiant, le secrétaire général du Syndicat des étudiants, Tohil Delgado, a résumé les revendications des manifestants à la fin du rassemblement de mercredi : redonner à l’Éducation les 4 milliards de coupes déjà actées, ré-embaucher les 50 000 enseignants contractuels licenciés par le gouvernement et les régions, retirer le projet de Loi sur l'amélioration de la qualité de l'éducation (LOMCE) et enfin la démission du ministre de l’Éducation.

 

Pour Tohil Delgado, la lutte continue : « c'est notre dernier jour de grève, mais la lutte pour nos droits ne s'arrête pas ici ».

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 07:42

las-fotos-de-la-historia-de-Santiago-Carrillo--2-.jpgDécès de Santiago Carrillo, théoricien et protagoniste de l' « euro-communisme » et de la liquidation du Parti communiste d'Espagne (PCE)



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



De Juan Carlos à Mariano Rajoy en passant par José Luis Zapatero, l'ensemble de l'establishment espagnol a rendu hommage au dirigeant historique du Parti communiste d'Espagne (PCE) décédé ce mardi 18 septembre, à l'âge de 97 ans



Si on trouve souvent des qualités au mort qu'on niait au vivant, dans le cas de Carrillo, les éloges de la classe dominante ont précédé sa mort. Tous ont souligné dans son éloge funèbre un « personnage fondamental de la Transition ».



Tous ont en tête le rôle qu'il a joué dans la transformation-liquidation d'un des trois grands Partis communistes d'Occident, chez celui qui fut de 1960 à 1982 le secrétaire-général du Parti communiste d'Espagne, et finit compagnon de route du PSOE.



De l'opposition à la ligne révolutionnaire de la Pasionaria à l'accession à la tête du Parti sur fond de « déstalinisation »



Carrillo a commencé sa carrière politique comme dirigeant de la Jeunesse socialiste. Il participe, avec l'aval de Staline, à l'unification des Jeunesses communistes et socialistes en 1936 et adhère alors au Parti communiste, participant à la défense de Madrid pendant la guerre civile.



Après-guerre, il hérite du poste stratégique de responsable à l'organisation du PCE en Espagne. Au début des années 1950, ses positions droitières, notamment sur la « politique de réconciliation nationale », conduisent à un affrontement avec les dirigeants révolutionnaires historiques du PCE, menés par la Pasionaria, Dolorès Ibarruri.



Marginalisé dans le parti, menacé d'exclusion, le mouvement de « déstalinisation » entamé après 1956 lui permet non seulement de sauver sa place, mais finalement d'accéder à la tête du PCE en 1960.



Dès lors, Carrillo va se faire le héraut d'une ligne de rupture avec l'héritage révolutionnaire du PCE.



Un pionnier de l'Euro-communisme : européisme de gauche, perspective réformiste et union de la gauche



Élément moteur du mouvement dit « euro-communiste », avec l'italien Enrico Berlinguer, son ouvrage « Euro-communiste et État » constitue un manifeste du mouvement.



Il y préconise, comme son compère italien, la critique ouverte du bloc soviétique et la défense d'un européisme de gauche, la recherche de l'union de la gauche en vue de la conquête du pouvoir et de l'adoption de mesures d'aménagement du système.



Carillo va plus loin que l'Italien Berlinguer sur la question du Parti. Il avance même dans son ouvrage publié en 1977 la création d'une « nouvelle force politique de gauche », qui devrait se supplanter ou se superposer au Parti communiste.



Le secrétaire-général du PCE ne tarde pas à mettre sa stratégie à l’œuvre.



Le compromis historique avec la monarchie et le renoncement à la République



Sur la question des alliances pour le pouvoir, non sans rapport avec le programme mis en œuvre par Berlinguer en Italie, Santiago Carrillo décide de signer un compromis historique avec la monarchie espagnole.



En échange de la légalisation du PCE, Carrillo promet en 1977 au chef du gouvernement, l'ancien jeune loup du franquisme et protégé du roi Adolfo Suarez, le soutien des communistes à la Transition, leur acceptation de la monarchie restaurée par Franco et du drapeau franquiste, et le renoncement à la perspective révolutionnaire tout comme au rétablissement de la république.

 

Les dernières révélations sur le rôle joué par la CIA dans la transition dévoilent que l'agence nord-américaine a maintenu des contacts avec le dirigeant communiste pendant toute la période. Carrillo a été en outre le premier dirigeant communiste, en 1977, à effecteur une visite politique aux Etats-unis.



L'échec de la liquidation du Parti communiste et le ralliement au PS



Sur le plan de l'organisation du Parti, Carrillo tente de mettre en pratique son projet liquidateur au début des années 1980.



Plombé par la ligne modérée prônée par le secrétaire-général, le PCE pourtant premier parti après la chute du franquisme avec ses 200 000 militants, connaît des résultats électoraux décevants en 1979 et surtout en 1982, avec 4% des voix.

 

Santiago Carrillo propose alors la création d'une nouvelle formation politique « de gauche ». Il se trouve marginalisé à la fois par l'aile révolutionnaire du PCE, attachée au Parti, et par les centristes rénovateurs.



En 1985, Carrillo fonde son nouveau parti, le Parti des travailleurs d'Espagne, une formation qui ne dépassera jamais le stade du groupuscule. Les dirigeants carrillistes rejoindront par la suite en bloc le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).



« Si nous avions consulté les militants, jamais nous n'aurions réalisé ces virages »



Dans une des dernières interview avant sa mort, pour un documentaire de la TVE, Carrillo confessait : « Si nous avions consulté les militants, jamais nous n'aurions réalisé ces virages ».



Pour un certain nombre de communistes espagnols, le « carrillisme » a été synonyme d'absence de démocratie interne, de glissade vers des positions réformistes, de liquidation passive de l'organisation communiste.



L'aveu de Carrillo, c'est aussi celui du choix d'une mutation-transformation-liquidation d'un des trois principaux partis communistes d'Europe de l'Ouest, un choix qui ne fut jamais porté devant les militants du PCE, un choix que les « rénovateurs » porteront sous la forme intermédiaire d'Izquierda Unida.



Un choix qui a pesé lourd dans l'effacement du seul parti qui a porté historiquement la rupture révolutionnaire avec le système capitaliste, avec cette monarchie héritée du franquisme. Le seul parti à avoir proposé historiquement une alternative à ce système en faillite.



C'est en ce sens qu'il faut comprendre les hommages unanimes de la classe dirigeante espagnole au « communiste » Carrillo.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 14:33

bierzo.jpgLes mineurs espagnols reprennent à contrecœur le travail, à l'appel des syndicats réformistes UGT et CC.OO, après deux mois d'une grève héroïque

 

Légende de l'image: AG des mineurs de Bierzo, refusant l'arrêt de la grève

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

C'est la fin de soixante-sept jours de grève illimitée pour les mineurs Asturiens, Castillans et Aragonais pour sauver les mines de la fermeture programmée par le gouvernement espagnol et l'Union européenne.

 

Deux mois de sacrifices pour les familles des 8 000 mineurs en grève, des sacrifices qui laissent un goût amer. En effet, ce jeudi 2 août, ce sont les syndicats réformistes dominants de l'UGT et des Commissions ouvrières (CC.OO) qui ont appelé les mineurs à reprendre le travail.

 

« Nous avons décidé de réorienter les mobilisations, c'est pourquoi nous demandons aux travailleurs occupant les différents puits d'en sortir, et demain 3 août de reprendre le travail dans les mines », selon le communiqué rendu par l'UGT, auquel se sont joint les CC.OO.

 

La montée en puissance d'un mouvement de classe, germe d'une convergence des luttes

 

 

Les mineurs mènent depuis la fin du mois de mai une lutte déterminée contre la réduction de deux-tiers des aides accordées au secteur minier, de 300 à 100 millions d'euros. Une politique qui condamnerait à la fermeture des mines, au moment même où l’État espagnol renfloue Bankia à hauteur de 24 milliards d'euros.

 

Le mouvement avait pourtant connu une montée en puissance.

 

Un mouvement de classe impliquant dès le 28 mai l'intégralité des mineurs concernés, puis les populations des bassins miniers, notamment dans les Asturies. Le mouvement s'est étendu ensuite à tous les travailleurs des régions minières, avec la grève générale du 18 juin suivie à près de 100% dans tous les secteurs d'activités.


Un mouvement qui a acquis un élan de solidarité nationale, devenant un symbole de la résistance à la politique de casse sociale du gouvernement et de l'UE, avec plusieurs centaines de milliers de personnes accueillant l'arrivée de la « Marche noire » des mineurs le 11 juillet dernier.

 

Les travailleurs sont donc sommés de retourner au travail sans rien avoir obtenu. Les syndicats ont beau pester, la dernière réunion avec les représentants du Ministère de l'Industrie a montré l'inflexibilité du gouvernement.

 

Tous les mineurs n’acceptent pas la décision d'arrêter la grève

 

La majorité des bassins a donc repris le travail, les occupations de puits ont cessé. Dans la désillusion générale, avec aussi la pression de deux mois sans salaires. Une pression habilement utilisée par le patronat et le gouvernement, qui a laissé pourrir la grève.

 

Tous les mineurs n'ont cependant pas accepté l'appel des deux centrales syndicales.

 

Dans la province de Castille-Leon, les mineurs de l’entreprise de l'Union minière du nord(UMINSA) des puits de Bierzo, du Haut-Bierzo et de Hijos de Baldomero Garcíaont refusé d'obéir aux directives syndicales et de reprendre le travail.

 

Une décision suivie par deux bassins miniers des Asturies, ceux de Degañaet Tineo.

 

L'assemblée-générale des mineurs de Bierzo a notamment débouché sur une critique de la ligne syndicale générale avec une remise en cause de la « rupture de la ligne d'unité d'action » qui nous « a affaibli face au gouvernement ».

 

santacruz.jpgLes cinq mineurs occupant le puits de Santa Cruz de Sil depuis le 11 juillet ont également fait pencher la bataille lors de l'AG en exprimant leur refus clair et net d'abandonner le combat.

 

Pour ceux qui ont repris le travail en Leon, la « pilule est amère ». Abandonner la protestation « sans rien avoir obtenu »si ce n'est « une plus grande conscience de notre force et de notre unité », selon un mineur aux Hulleras vasco leonesa(HVL), occupant depuis 59 sièges le siège de l'Assemblée régionale du Leon.

 

Des questions soulevées sur la ligne suivie par les deux syndicats réformistes espagnols

 

L'arrêt de cette grève au moment, où la mobilisation montait pourtant en puissance, pose des questions sur la ligne suivie par les deux syndicats espagnols, des questions posées par les mineurs lors des dernières AG :

 

Pourquoi avoir conduit les mineurs à une grève illimitée de 67 jours pour finalement l'arrêter au moment décisif ?

 

Pourquoi ne pas avoir utilisé cet énorme potentiel de lutte pour créer un mouvement de convergences des luttes en Espagne contre la politique d'austérité du gouvernement ?

 

Quel sens d'appeler à une « réorientation des mobilisations », si ce n'est alimenter le découragement et la résignation après une lutte aussi dure ?

 

Hélas, la ligne de la Fédération de l'industrie de l'UGT et des CC.OO, en dépit d'un ton plus combatif, ne diffère guère de celle des deux directions confédérales, fer de lance de la Confédération européenne des syndicats (CES) :

 

appeler à la négociation et la correction des contre-réformes, discréditer la grève comme moyen d'action pour privilégier des mobilisations inoffensives pour le capital, éluder les responsabilités de l'UE et du PSOE dans les politiques d'austérité.

 

La lutte n'est pas encore terminée pour les mineurs espagnols, décidés à sauver les mines et leurs emplois, mais l'occasion décisive de construire un mouvement de convergence des luttes d'ampleur nationale, allant au-delà de l'indignation, semble passée.

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 09:29

atraco.jpegFace au plan d'austérité drastique concerté entre le gouvernement Espagnol et l'UE, une colère sociale massive en mal d'organisation

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La scène politique espagnole ne fait plus illusion.

 

Après avoir joué l'opposition de façade aux premières mesures d'austérité du gouvernement socialiste de Zapatero, le parti de droite du Parti populaire (PP) de Rajoy met désormais en œuvre le plan d'austérité le plus dur depuis le début de la crise, et laisse au PSOE le soin de feindre l'opposition parlementaire.

 

Le gouvernement Rajoy évoque des mesures « peu agréables » mais « indispensables », se lamente sur la nécessité d'appliquer les recommandations de l'UE. Le même discours est répercuté au niveau des régions, y compris celles de « gauche », comme en Andalousie et en Asturies.

 

La mise sous tutelle réelle du budget espagnol par l'Union européenne ne peut masquer l'ampleur du consensus entre le PSOE et la droite sur les réformes structurelles, consensus marqué par la continuité des politiques à l'échelle nationale comme régionale.

 

Le dernier plan d'austérité du gouvernement Rajoy prévoit des coupes de 65 milliards d'euros qui toucheront uniquement les travailleurs, tout en épargnant soigneusement les grandes entreprises et les plus riches. Parmi les mesures annoncées :

 

  • Hausse des impôts les plus injustes : avec l'augmentation de la TVA de 18 à 21%, et du tarif réduit de 8 à 10% ;

 

  • Baisse des cotisations sociales, notamment patronales : elle baissera de un point en 2013, un point de plus en 2014, faisant de l'augmentation de la TVA une sorte de « super TVA sociale », répondant à l'objectif de « baisse du coût du travail » porté par le patronat ;

 

  • Baisse indirecte du salaire des fonctionnaires : avec la suppression de la prime de Noël, soit une baisse moyenne de 7% de leur rémunération ;

 

  • Baisse des allocations-chômage : passant de 60 à 50% à partir du sixième mois, sachant qu'officiellement un espagnol sur quatre est sans emploi ;

 

  • Privatisation des entreprises publiques : selon des termes encore mal définis, il s'agit de « réduire la taille des entreprises publiques » et de fermer des « services publics » notamment au niveau local. Le projet d'une privatisation du transport ferroviaire, portuaire et aéroportuaire est déjà avancé, tout comme celui d'une libéralisation supplémentaire du secteur énergétique ;

 

  • Casse de la fonction publique : avec une réduction de 600 millions d'euros du budget des ministères, alors qu'ils ont déjà perdu 20% de leur budget depuis le début de l'année et que les régions – détentrices de compétences fondamentales comme celles ayant trait à l'éducation et à la santé, avaient déjà mis en œuvre des plans d'austérité d'une valeur totale estimée à 49 milliards d'euros ;

 

 

Une colère en mal d'organisation


 

Face à ce plan de coupes sans précédents, la colère est massive. Sous la forme des manifestations monstres, des mobilisations des indignés l'an dernier, elle fut exprimée par millions. Mais sans perspective de rupture donnée par des organisations de classe, elles se sont essoufflées.

 

Depuis le mois de mai, la lutte des mineurs Asturiens donne un nouvel élan à ce mouvement de résistance à la politique du pouvoir et de l'UE.

 

Mouvement de classe, organisé, déterminé, prenant ses distances avec le mouvement spontané des indignés (« Nous ne sommes pas des indignés », slogan repris par les mineurs), il est porteur d'une lutte radicalisée, dans ses méthodes comme dans ses objectifs, non seulement pour sauver les mines mais aussi pour mettre en échec le pouvoir sur le fond de sa politique anti-ouvrière.

 

La marche noire des 200 mineurs des Asturies, de Castille et d'Aragon a été accueillie par près de 500 000 personnes à Madrid, le 11 janvier, au moment même où le gouvernement annonçait ses nouvelles mesures d'austérité.

 

Le 13 et le 16 juillet dernier, ce sont plusieurs milliers de fonctionnaires qui se sont réunis spontanément dans les rues de Madrid pour protester contre les mesures de casse de la fonction publique sous le slogan : « Mains en l'air, ceci est un hold-up ! »

 

Face à une telle pression des bases, un tel potentiel de mobilisation, les deux principaux syndicats espagnols, les CC.OO et l'UGT ont déjà appelé à manifester contre les nouvelles coupes du gouvernement.

 

Une mobilisation qui ne prend toutefois pas pour l'instant la forme d'une grève générale. Elle commence ce 19 juillet par une manifestation dans les rues d'Espagne, reprenant le thème des « mobilisations citoyennes », organisées l'an dernier le samedi ou le dimanche.

 

Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire des Commissions ouvrières (CC.OO), le syndicat de classe traditionnel en Espagne, glissant depuis sur des positions de concertation sociale, développe un discours à double tranchant :

 

D'un côté, il dénonce un plan d'austérité qui va « retarder la reprise, approfondir la récession, augmenter le chômage et provoquer un appauvrissement général de la population » ;

 

Mais de l'autre, il ne fait de la grève qu'une triste nécessité : « C'est au gouvernement de se donner les moyens d'éviter une nouvelle grève générale. Si le gouvernement continue sur la voie des coupes, alors la grève sera inévitable. Et je crains que nous allions sur cette voie »

 

Un discours appelant implicitement, derrière une rhétorique plus combative, le gouvernement à ouvrir des négociations sur des réformes à corriger plus qu'à combattre, tout comme les syndicats avaient déjà appelé le gouvernement non pas à retirer mais à amender sa réforme de libéralisation du marché du travail adopté fin 2011.

 

Du côté des partis politiques, guère de surprise à constater l'hypocrisie du PSOE qui, sous le gouvernement Zapatero, a mis en œuvre les trois premiers plans d'austérité, et aujourd'hui vocifère sur les rangs de l'Assemblée contre les coupes de la droite.

 

Un double discours que partage aussi Izquierda Unida (IU), dont le coordinateur général Cayo Lara s'est empressé de dénoncer publiquement des coupes qui vont « alimenter les luttes », mais qui dans le même temps a apporté son soutien à l'entrée d'IU dans les gouvernements régionaux d'Andalousie et des Asturies, porteur de coupes massives dans le nombre comme dans la rémunération des employés des communautés autonomes.

 

Enfermés depuis vingt-cinq ans dans le carcan institutionnel que représente Izquierda Unida (IU), les communistes espagnols peinent à faire jouer au PCE le rôle qu'il devrait jouer dans la période : celui de force motrice des luttes, indiquant une perspective de rupture avec le système capitaliste et l'UE, qu'il ait une façade de « gauche » ou de « droite ».

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