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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 10:20

huelgamineros.jpegLa Fédération syndicale mondiale (FSM) soutient la lutte des mineurs en Espagne et dénonce la répression exercée contre eux


 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





La Fédération syndicale mondiale (FSM) apporte tout son soutien aux mineurs et à la lutte et à la grève qui, depuis près de deux mois, touche les bassins miniers d’Espagne.



La baisse de plus de 60% des aides aux mines de charbon que prévoit le gouvernement ultra-conservateur du Parti populaire, contraste avec les 100 milliards d’euros qui furent concédés aux banques et au grand capital par le même Etat sans la moindre contrepartie.



Ces coupes mettent en péril 8 000 emplois directs dans les mines et près de 30 000 postes indirects, et condamnerait rapidement le secteur des mines de charbon à disparaître.



Ces mesures du gouvernement du PP, articulés à toutes les autres mesures anti-sociales et anti-ouvrières qu’a adopté le même gouvernement (privatisations, dérégulation totale des conventions collectives, suppression des primes extraordinaires pour les fonctionnaires, diminution des prestations sociales et des allocations-chômage, etc.), frappent les travailleurs d’Espagne, et ont comme seul objectif de leur faire payer les conséquences de la crise capitaliste actuelle, dont les banques et le grand capital sont à l’origine. Ils veulent prendre l’argent des poches des travailleurs pour remplir les coffres des banques; c’est quelque chose que les travailleurs et les travailleuses ne doivent pas admettre.



Dans ce contexte, la lutte des mineurs est un exemple pour tous les travailleurs d’Espagne et d’Europe, puisque les mêmes politiques de casse sociale sont désormais mises en œuvre dans toute l’Union européenne (UE).


 

C’est pour cela que le gouvernement ultra-conservateur a répondu par une répression politique sauvage contre les mineurs, tant hier à Madrid (où il y eut de nombreuses personnes arrêtées et une dizaine de blessés, parmi eux une petite fille), que les jours précédents dans les bassins miniers.



La Fédération syndicale mondiale dénonce cette répression, se solidarise avec les blessés et les personnes incarcérées, demande que ces dernières soient libérées, et exige que les commanditaires policiers et les responsables politiques de cette répression soient démis de leurs fonctions.



Par ailleurs, la Fédération syndicale mondiale (FSM) réaffirme sa solidarité et son soutien aux mineurs en lutte et à leurs revendications, et nous lançons un appel aux travailleurs d’Espagne et de toute l’Europe pour que s’exprime un mouvement de soutien à leur lutte juste et à leurs revendications.



Vive la lutte des mineurs ! Non à la répression de la classe ouvrière !

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 12:00

Spain-miners.jpgLa grève illimitée des mineurs Asturiens continue

 

Retour sur une lutte historique contre la fermeture des mines espagnoles et un mouvement de classe contre la politique d'austérité



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





De la grande grève de 1934 au mouvement de luttes qui avait ébranlé le pouvoir franquiste en 1962, le bassin minier des Asturies, bastion communiste historique, a été au coeur des grands mouvements de lutte qu'a connu l'Espagne au XX ème siècle.



Les mineurs asturiens ont ouvert en mai dernier une nouvelle page de cette histoire, en opposant leur résistance à une politique d'austérité aux conséquences dramatiques pour le secteur minier.



24 milliards de renflouement pour Bankia, 200 millions d'aides en moins pour les mines : une austérité à deux vitesses



Une politique d'austérité qui touche tous les secteurs, menée en concertation entre le gouvernement central de droite de Mariano Rajoy et les gouvernements régionaux, souvent de droite mais aussi parfois socialistes. C'est le cas des gouvernements tout juste élus d'Andalousie et d'Asturies, soutenus par Izquierda Unida.



8 000 mineurs sont encore employés sur plus de 40 sites, essentiellement en Asturies dans un secteur fortement dépendant des aides publiques.



La décision de réduire les subventions d'Etat, sous pression de l'Union européenne, de 300 millions d'euros à 100 millions d'euros met en péril le secteur, menace les puits espagnols de fermeture.



Au même moment où l'Etat espagnol renfloue Bankia à hauteur de 24 milliards d'euros, la suppression d'une aide de 200 millions d'euros pour les mines (soit cent fois moins que celle pour la banque multi-nationale) apparaît d'autant plus révoltante.



De la grève reconduite à la grève illimitée puis à la grève générale: les conditions d'une convergence des luttes



Le 28 mai, les mineurs Asturiens se sont lancés dans une grève reconduite jusqu'au premier juin où a été lancée une grève illimitée, qui a conduit à l'occupation des puits mais aussi des routes et chemins de fer menant aux sites d'extraction.



Le 18 juin, une journée de grève générale a même été convoquée par les deux principaux syndicats UGT et CC.OO dans les régions minières touchées par les mesures du gouvernement, en Castille, Andalousie, Aragon et en Asturies bien sûr.



Selon les organisations syndicales, la grève a été très largement suivie dans ces régions, avec une adhésion de 100% dans les bassins miniers concernés.



Un mouvement relayé par celui des enseignants, des ouvriers des chantiers navals et surtout des travailleurs des transports, qui ont embrayé par une grève illimitée dans les bassins miniers.



« Nous ne sommes pas des Indignés ! » : diversification des formes d'un mouvement de classe



En grève depuis près d'un mois, le mouvement des mineurs asturiens ne faiblit pas. Les formes de la contestation se diversifient, se radicalisent parfois mais restent toujours centrées sur la lutte de classe.



Les occupations des places des grandes villes Asturiennes, des lieux de pouvoir comme le siège du Conseil provincial de Léon se multiplient. Le 18 juin dernier, près de 15 000 mineurs et autres travailleurs ont manifesté dans les rues de Léon, tandis que 50 000 ont occupé les rues d'Oviedo, la principale ville des Asturies.



Les mineurs ont pris clairement leurs distances avec les formes de protestation et les perspectives affichées par le mouvement des indignés. Un des slogans affirmé et réaffirmé en des termes crus dans les occupations: « Nous ne sommes pas des indignés, nous en avons marre ! » (Nosotros no estamos indignados, estamos hasta los cojones).



Les mineurs des Asturies, d'Aragon et de Léon viennent d'entamer une « Marche noire » qui devrait arriver à Madrid le 11 juillet, une longue marche sous le mot d'ordre marqué sur les chemises des mineurs : « Non à la fermeture des mines ! »



Radicalisation du mouvement et refus de toute compromission



Le mouvement s'est radicalisé dans certains villages du bassin minier Asturien où, confrontés à la répression policière, de rudes affrontements ont opposé les mineurs, soutenus par la population du bassin minier aux forces de l'ordre.



des-mineurs-espagnols-armes-de-lance-roquettes-de-fortune-.jpegLes images de scène de guerre dans le village de Cinera, le 19 juin dernier, avec barricades en feu, tirs avec des lance-pétards improvisés en lance-roquettes ont fait la une de la presse espagnole. A Cinera comme ailleurs, face à l'unité indéfectible de la population avec la lutte des mineurs, les groupes d'intervention de la police ont dû reculer.



Depuis quatre ans, sous le gouvernement du socialiste José Luis Zapatero, l'Espagne a été précurseur dans l'adoption d'une politique d'austérité qui touche tous les travailleurs. Depuis trente ans, l'Espagne, essentiellement sous le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez, a été à l'avant-garde des libéralisations et privatisations.



Jusqu'à présent, malgré un potentiel de luttes énorme, aucun mouvement de lutte n'a pu se construire. La responsabilité des organisations syndicales réformistes, CC.OO et UGT, est claire. Le mouvement des indignés a pu croître sur ce terreau de colère sociale, mais a canalisé cette rage dans une impasse politique.



Aujourd'hui, la grève historique des mineurs des Asturies, et d'ailleurs, pose peut-être le cadre du développement d'un mouvement de luttes radicalisé, sur des positions de classe, refusant toute compromission avec le patronat, l’État et l'Union européenne.

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 23:39

jesus-iglesias-cayo-lara-y-valderasLes bases d'Izquierda Unida désavouent leur direction réformiste et refusent d'entrer dans un gouvernement social-libéral en Asturies

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

Nous avons relaté ces dernières semaines la situation en Andalousie (cf Des communistes en colère en Espagne : le gouvernement socialiste en Andalousie soutenu par Izquierda Unida annonce comme première mesure la baisse du salaire des fonctionnaires), avecla collaboration des directions d'Izquierda Unida dans un gouvernement socialiste dont la première mesure est de mettre en place un plan d'austérité draconienprévoyant baisses de salaires, augmentation du temps de travail et hausse des impôts.

 

En Asturies, la question de la participation au gouvernement régional s'est posée dans les mêmes termes pour Izquierda Unida. En effet, avec 13,78% et 5 sièges, Izquierda Unida a réalisé dans ce bastion communiste minier un bon score, sur la base d'une opposition au système « PPSOE », au consensus libéral dominant.

 

Or, la nouvelle configuration de la Chambre régionale a contraint la direction d'IU de sortir de leur posture d'opposition pour se ranger derrière le PSOE. Un PS qui, avec 17 sièges, avait besoin des 5 sièges d'IU pour espérer atteindre la majorité à 23 sièges.

 

Un « pacte de gouvernement » avec le Parti socialiste et les libéraux centristes

 

Cependant, à droite, le Parti populaire et les régionalistes de droite du Forum des Asturies (FAC) avaient eux aussi 22 sièges. C'est donc au petit parti centriste libéral UpyD, avec son seul siège qu'est revenu le choix décisif de soutenir un gouvernement de centre-gauche ou de droite. Après des négociations avortées avec le PP, les centristes se sont finalement ralliés à un gouvernement de centre-gauche, un gouvernement à la teneur plus libérale que sociale.

 

Car le candidat du Parti socialiste, Javier Fernandez, ne s'est pas caché à l'heure des négociations avec Izquierda Unida et les centristes de l'UPyD. Il a promis l' « austérité », de « respecter les objectifs du déficit » et s'est refusé à être une « arête » dans les flancs du gouvernement central de droite de Mariano Rajoy.

 

C'est dans ces conditions extrêmement défavorables d'une austérité annoncée comme inévitable et particulièrement dure que la direction d'Izquierda Unida a non seulement annoncé sa décision de soutenir l'investiture du gouvernement socialiste-libéral mais aussi d'entrer au gouvernement, en signant un « pacte de gouvernement » avec le PSOE.

 

Un « pacte de gouvernement » sans le moindre engagement programmatique mais qui répartissait déjà les places dans le futur gouvernement, IU récupérant deux des huit chancelleries.

 

Comme en Andalousie, le « pacte de gouvernement » a été soumis aux militants d'IU. Comme en Andalousie, le scrutin était bien contrôlé, verrouillé. Mais l'opposition des bases, ainsi que les tensions internes à la direction Asturienne, était trop forte.

 

Des directions réformistes mises en échec par leurs bases

 

Ce jeudi 24 mai, l'accord a donc été soumis aux quelques 4 000 militants officiels d'Izquierda Unida en Asturies. 1 300 ont participé au vote et le scrutin s'est joué à quelques voix. 648 ont voté pour la participation au gouvernement (48,72%), 664 ont voté contre (49,92%), 18 se sont abstenus.

 

Dans les grosses sections des villes, comme à Gijon où le Non a gagné avec 62% des votes, et dans le bassin minier comme à Lagreo, Mieres ou Lena, les directions réformistes ont donc été mis lourdement en échec par leurs bases.

 

Mais des voix discordantes se sont fait entendre au sein même de la direction, certains clans dirigeants saisissant l'ampleur de la fronde des bases, ont préféré prudemment appeler à un soutien critique du PSOE depuis l'extérieur plutôt qu'à un gouvernement avec les socialistes.

 

Il faut dire que la direction régionale d'IU en Asturies est réputée pour être une des plus droitières du pays. Dominée par les « gasparistes » [du nom de l'ancien secrétaire d'IU Gaspar Llamazares, favorables aux alliances sans conditions avec le PS], elle avait déjà participé à un gouvernement social-libéral en 2003, et elle mène une lutte sans merci contre les communistes au sein d'IU et jusque dans les rangs du Parti communiste des Asturies qui a connu des purges importantes au moment des élections locales de 2010.

 

Face à une aile-droite aussi prompte à la collaboration avec le PSOE et à l'anti-communisme, un courant plus à gauche n'a guère de difficultés à se manifester au sein de la direction, bien qu'il s'inscrive tout autant dans les alliances institutionnelles avec le PSOE.

 

L'essentiel est ailleurs. Comme en Extrémadure en 2011, les militants d'Izquierda Unida refusent les pressions exercées sur eux par les directions d'Izquierda Unida et n'acceptent pas de cautionner un gouvernement social-libéral.

 

La lutte de nos camarades en Espagne est éclairante pour tous ceux qui refusent de servir de caution de gauche à des gouvernements sociaux-libéraux, en France comme ailleurs.

 

Plus que jamais le peuple Espagnol a besoin d'un Parti communiste qui rompe avec le carcan institutionnel que représente Izquierda Unida!

 

Légende: le coordinateur général d'Izquierda Unida Cayo Lara avec les deux coordinateurs régionaux impliqués dans les pactes de gouvernement avec le PSOE: Diego Valderas (Andalousie) à sa gauche, Jesus Iglesias (Asturies) à sa droite

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 08:31

iu-psoeDes communistes en colère en Espagne : le gouvernement socialiste en Andalousie soutenu par Izquierda Unida annonce comme première mesure la baisse du salaire des fonctionnaires

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Nous avions déjà souligné la colère des bases militantes d'Izquierda Unida face à l'accord signé entre les dirigeants d'IU et du PSOE pour gouverner en Andalousie, voire en Asturies. Les premières mesures annoncées par la Junte d'Andalousie ne vont pas faire diminuer la tension.

 

En effet, après une campagne axée sur le rejet des politiques libérales menées en alternance par le PP, la droite, ou le PSOE, Izquierda Unida a obtenu un bon score, 12% aux élections régionales d'Andalousie qui se tenaient le 25 mars dernier.

 

Après une campagne démagogique anti-PS, volte-face des dirigeants d'Izquierda Unidaqui négocient dès la fin mars un 'pacte de gouvernement' avec le PSOE, concrétisé le 18 avril en un « Accord pour l'Andalousie » fixant les « conditions d'un gouvernement stable »pour les quatre années à venir.

 

Comment faire accepter aux communistes et aux progressistes le reniement de leurs positions défendues dans la campagne?

 

La colère des bases d'Izquierda Unida est légitime. Elle conduit à une première consultation officieuse qui conduit au rejet le 5 mars, dans la banlieue de Séville, par 32 organisations de base d'IU à la participation à tout gouvernement régional mené par les socialistes.

 

Une consultation non-reconnue et bientôt supplantée par un référendum officiel, le 24 avril, contrôlé et verrouillé par les directions locales et régionales et où l'alternative se réduisait soit à un « pacte de gouvernement » soit à un « pacte de législature », en somme soit aller au gouvernement socialiste, soit le soutenir pendant quatre ans.

 

Nombre d'organisations de base ont refusé ce simulacre de référendum, les retours de militants dégoûtés et prêts à déchirer leur carte abondent mais force est de constater que la direction régionale d'IU, menée par Diego Valderas, et soutenue par les directions nationales d'IU et du PCE a atteint son but : réussir un virage à 180 degrés et participer à un gouvernement social-libéral en Andalousie.

 

Car l'Andalousie n'est pas une région comme les autres en Espagne. Région la plus peuplée d'Espagne avec 8 millions d'habitants, troisième région la plus productive du pays, elle représente 17% de la population espagnole et 14% de son PIB.

 

Elle représente aussi un enjeu pour Izquierda Unida puisqu'il s'agit de sa première fédération non seulement en termes d'adhérents mais aussi en termes d'élus.

 

Depuis trente-quatre ans, l'Andalousie est gouvernée par le Parti socialiste, suivant une politique en rien différente de celle menée nationalement par Felipe Gonzalez puis José Luis Zaptero. Une politique social-libérale de coupes et d'ajustements, qui ne s'en distingue que par un goût très local pour les combines et les arrangements, qui ont éclaté régulièrement en autant de scandales de corruption.

 

Au plus fort de la crise capitaliste en Espagne, au plus fort de la droitisation du Parti socialiste, le choix non plus seulement de soutenir un gouvernement socialiste en Andalousie, mais bien d'y participer pour la première fois en 34 ans est pour le moins surprenant.

 

Surtout que les socialistes n'avaient rien promis à IU dans leur « Accord pour l'Andalousie ».

 

Baisses de salaires des fonctionnaires, hausse des impôts locaux, augmentation du temps de travail: les masques tombent

 

 

L'investiture du président socialiste José Antonio Grinan a poussé le responsable régional d'Izquierda Unida à une déclaration de foi dans ce gouvernement unique PS-IU, pour Valderas il s'agira d'un « gouvernement pluriel mais avec une seule politique » destinée à trouver une « issue à la crise en partant d'une position sociale » et il a affirmé « avoir foi et espoir » dans les budgets régionaux de 2013 malgré des comptes qui s'annoncent « très difficiles ».

 

Un « gouvernement de gauche plurielle avec une seule politique ». Izquierda Unida va donc devoir annoncer à ses militants qu'il soutient un gouvernement qui baisse le salaire de ses fonctionnaires et augmente leurs impôts.

 

En effet, les premières mesures annoncées par Grinan est la baisse des salaires des fonctionnaires de l'administration locale et régionale, une hausse générale de l'Impôt sur le revenu (IRPF) et enfin l'augmentation du temps de travail de 35 à 37,5h.

 

L'union sacrée des syndicats CC.OO et UGT pour l'entrée au gouvernement d'Izquierda unida dans le gouvernement socialiste démontre bien l'ampleur de la connivence entre les appareils des syndicats réformistes, de la gauche réformiste radicale et de la social-démocratie au pouvoir.

 

Le nouveau président régional José Antonio Grinan avait vendu la mèche dans une rencontre récemment organisée avec le patronat d'Andalousie, celui-ci ayant manifesté ses inquiétudes après la signature d'un pacte « socialo-communiste » en Andalousie.

 

Grinan les avait rassuré par un simple : « C'est moi qui commande ».

 

Il avait ajouté : « Ces conseillers, je les ai entre mes mains, c'est moi le président de la Région et c'est mon gouvernement qui prend les décisions ».

 

Des voix discordantes se font entendre au sein des organisations communistes

 

Rares ont été ceux qui ont su garder leur dignité dans la période post-électorale, alors que les directions régionales et nationales d'Izquierda Unida et même du Parti communiste ont joué la collaboration pleine et entière avec le PSOE.

 

En première ligne des collaborateurs, le responsable régional d'Izquierda Unida, Diego Valderas, qui a dû après l'annonce des mesures d'austérité du gouvernement socialiste les a qualifié d'une « douloureuse nécessité » et a dit assumé la co-responsabilité de ces plans de rigueur.

 

C'est hélas du côté du député provincial nationaliste de gauche Juan Manuel Sanchez Gordillo qu'il faut trouver la position la plus conséquente, lui qui a refusé de soutenir ce gouvernement social-libéral et qui a été suspendu en cela par la direction d'Izquierda Unida. Le dirigeant historique d'IU, le communiste Julio Anguita, a également refusé de soutenir un tel gouvernement.

 

Dans les organisations communistes, le choix de la part de la direction régionale et nationale du Parti communiste de soutenir le projet de gouvernement socialiste en Andalousie est passé difficilement dans les sections. L'annonce des coupes dès la première semaine a suscité des réactions plus ouvertement virulentes.

 

Le Parti communiste de Séville a ainsi demandé l'ouverture d'un débat dans le Parti et dans Izquierda Unida sur les coupes et a demandé que les élus du Parti et d'IU votent contre ces mesures au Parlement andalou.

 

De son côté, la Jeunesse communiste d'Andalousie (JCA) s'est aussi désolidarisé de la politique de coupes dans la fonction publique territoriale réalisée par le gouvernement, soulignant le contexte national défavorable mais aussi-delà d'une « Europe du capital dominée par les grandes entreprises ».

 

Les masques sont tombés bien vite en Andalousie, en Espagne, sur les possibilités à partir d'un bon score électoral de tirer le PS vers la gauche. Au contraire, le PS a su renforcer son emprise, en tirant les communistes vers la droite, en les enfermant dans des solutions institutionnelles où les socialistes ont la main pour mener à bien leur politique anti-sociale.

 

Plus que jamais, les communistes espagnols ont besoin de rompre avec ce carcan politique que constitue Izquierda Unida, machine à canaliser la colère sociale vers des solutions compatibles avec la « rigueur de gauche » prônée par la social-démocratie !

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 07:35

sopa-de-siglasGrogne chez les militants d'Izquierda Unida en Espagne

 

Les directions utilisent les bons scores des régionales pour conclure des pactes de gouvernement avec le PSOE!

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La colère monte au sein des bases d'Izquierda Unida (IU), au vu des derniers événements en Andalousie et en Asturies.

 

Aux illusions d'une gauche indépendante du PS succèdent les tractations de couloirs entre directions d'IU et du PSOE pour conclure des « pacte de gouvernement » qui donneront leur blanc-seing à une nouvelle législature de la gauche social-libérale dans ces deux régions

 

Le 25 mars dernier, IU parvenait à s'imposer comme troisième force avec 11,98% lors des élections régionales partielles en Andalousie, et 13,78% en Asturies, sur un discours fustigeant le système « PPSOE », c'est-à-dire le consensus libéral droite-PS.

 

Dans la foulée, les directions locales d'IU annonçaient en Andalousie leur souhait de parvenir à un accord de gouvernement avec le PS et les négociations commençaient.

 

Rupture entre les bases militantes et les directions d'Izquierda Unida sur l'indépendance vis-à-vis du PS

 

Les militants d'IU en Andalousie ont refusé ce qu'ils ont ressenti comme une trahison de leur engagement.

 

Le 5 avril, 32 organisations de base d'IU-Anfalousie réunis dans la banlieue de Séville marquaient leur refus total de signer quelque « pacte de gouvernement » ou « pacte de législature » avec le PSOE. Le débat restant ouvert uniquement sur l'investiture du candidat socialiste, soit une acceptation selon des conditions strictes soit une abstention pure et simple.

 

La rupture est nette entre les aspirations gouvernementales des directions d'Izquierda Unida et les aspirations trahies, bien que floues, de la base à une gauche indépendante du PS.

 

Cette fracture recoupe celle constatée au niveau syndical, avec des bases, notamment de l'ex-syndicat de classe des Commissions ouvrières (CC.OO), refusant la politique de collaboration affichée par les directions avec le PSOE et même avec l'actuel gouvernement de droite de Rajoy.

 

Ce n'est pas un hasard si les deux secrétaires de l'UGT et des CC.OO ont tenu une conférence de presse le 8 avril dernier pour demander à Izquierda Unida de rejoindre un gouvernement mené par le Parti socialiste.

 

Une même volonté au sein des directions : trouver la bonne formule pour participer au gouvernement régional socialiste

 

Au sein des directions d'Izquierda Unida, si les rôles se répartissent, la même volonté de participer, sous des formules différentes, au prochain gouvernement régional se manifeste.

 

Le coordinateur général d'Izquierda Unida-Andalousie, Diego Valderas, insistait dès le 8 avril sur les « points de convergence » entre les programmes du PSOE et d'IU.

 

Le coordinateur général d'Izquierda Unida, Cayo Lara, lui martelait son mot d'ordre : « La droite ne gouvernera pas » et déclarait que toutes les options étaient ouvertes (pacte de gouvernement, de législature ou accord budgétaire) mais toutes se réduisaient de fait à une alliance de gouvernement, plus ou moins étroite, avec le PSOE.

 

Le coup de force a été réalisé ce 18 avril, avec la signature d'un pacte de gouvernement appelé « Accord pour l'Andalousie » qui dit fixer les « conditions d'un gouvernement stable » pour les quatre prochaines années, autour de vagues engagements sur les services publics et la création d'emplois.

 

De fait, tout est joué, et le coordinateur régional d'IU Valderas a pu se féliciter du fait que le futur gouvernement andalou mené par le PSOE « mettra en place les politiques que nous défendons ».

 

Les bases militantes d'IU qui ont voté contre tout « pacte de gouvernement » ou de « législature » ne partagent pas cette opinion. Mais elles n'auront pas vraiment leur mot à dire. On leur forcera la main lors d'un référendum biaisé, ce mardi 24 avril, où l'alternative sera fondamentalement entre « pacte de gouvernement » et « pacte de législature ».

 

Toutes les voix ne sont pas concordantes dans les directions d'IU. Si les dirigeants du sérail IU s'affichent pour un « pacte de gouvernement », les dirigeants du PC Andalou se maintiennent dans une réserve prudente tandis que ce sont paradoxalement les nationalistes de gauche du CUT-BAI qui expriment haut et fort leur opposition et récupèrent tout le crédit d'une posture d'opposition vis-à-vis du PSOE.

 

Il faut dire que le nouveau député régional Juan Manuel Sanchez Gordillo, dirigeant nationaliste a de la matière, lui qui critiquait ce vendredi un soutien au PSOE qui « serait apporter sa bénédiction à un régime qui depuis 32 ans ne nous a apporté en Andalousie qu'un 1,2 millions de chômeurs, 3 millions de pauvres et des scandales de corruption à foison ».

 

En Asturies, même coup de force des directions d'Izquierda Unida pour l'alliance avec le PS

 

Mais la crise en Andalousie n'est ni une première ni une exception. A chaque fois qu'Izquierda Unida s'est trouvé récemment dans une position où elle devait choisir entre gouverner avec le PSOE, et donc trahir ses engagements électoraux, et rester dans l'opposition, les mêmes fractures se sont manifestées, révélant la duplicité de la posture électoraliste des directions d'IU.

 

En Asturies, les directions d'IU ont d'abord pensé pour pouvoir éviter un tel dilemme, puisque la droite était en mesure de gouverner avec le parti du centre UpyD. Mais les conditions semblent désormais réunies pour une grande coalition « Iu-PSOE-UPyD ».

 

Il faut rappeler d'abord le contexte en Asturies, puisque les communistes ont été purgés début 2011 au moment des législatives. Les communistes du PCA avaient en effet osé présenter démocratiquement une liste communiste, en dehors d'IU. 800 militants et cadres du parti ont alors été exclus du parti et ne sont toujours pas réintégrés à ce jour.

C'est cette direction droitière d'Izquierda Unida-Asturies qui a ratifié un « accord de gouvernement », ratifié par les voix de 80% de son Conseil politique, compromis censé permettre de gouverner non seulement avec la gauche social-libérale mais donc aussi avec le centre libéral, allié potentiel de la droite.

 

Le précédent en Extrémadure : les menaces puis les sanctions contre ceux coupables d'indépendance par rapport au PS !

 

La crise est loin d'être née en 2012. Lors de la première phase des élections régionales, en 2011, les bons résultats en Extrémadure, avec 5,6% et surtout 3 députés, avaient permis à IU d'être l'arbitre du prochain gouvernement, condition sine qua non d'un gouvernement socialiste.

 

En effet, les socialistes avaient 30 députés, la droite 32. C'étaient bien aux 3 députés d'Izquierda Unida de prendre leurs responsabilités, et de tenir ou non leur engagement de lutte contre le système « PPSOE ».

 

Les semaines précédant l'investiture avaient alors marqué les mêmes lignes de fracture.

 

D'un côté, les bases d'IU, les militants communistes, mais aussi deux députés régionaux refusaient tout accord de gouvernement.

 

De l'autre, une minorité de la direction régionale mais surtout les directions nationales d'IU et même du PCE soutenait un « pacte de gouvernement » avec le PSOE et soumettaient à d'énormes pressions politiques et économiques les dirigeants et députés d'Extrémadure.

 

Les députés avaient finalement décidé de respecter la volonté souveraine de leurs militants et avaient refusé l'investiture du gouvernement socialiste. Depuis les menaces de Cayo Lara, de sanctions et d'exclusions, se sont matérialisées.

 

Dans une lettre rendue publique le 16 avril, un des candidats d'IU en Extrémadure, numéro huit sur la liste aux régionales, Domingo Escobar Munoz donne un aperçu des représailles exécutées par la direction nationale envers les félons estrémègnes :

 

« Les arguments d'Extrémadure n'ont pas été entendus par la direction nationale : les 28 années de népotisme et de clientélisme d'un parti dit de gauche, la volonté des estrémègnes exprimée dans les urnes, le respect des bases d'IU. Ils n'ont pas fait de manières. Et ce fut le début d'une guerre cruelle avec tous ses ingrédients : on a utilisé les menaces, les cinquièmes colonnes, les mensonges et la déstabilisation interne qui continue à l'heure actuelle.

 

Et tout cela, parce que nous militants estrémègnes, nous ne voulons pas être des acteurs secondaires du spectacle actuel, mais parce que nous voulons décider de ce qui nous concerne, écrire notre propre histoire.

 

Nous voulons être maîtres de nos propres décisions. Nous voulons être libres de bien choisir ou de nous tromper dans nos agissements. Nous voulons être respectés, et si ils ne nous soutiennent pas depuis Madrid, alors, tout simplement, qu'ils nous laissent tranquilles ».


Quelque soit le résultat de la consultation des bases militantes d'Izquierda Unida ce 24 avril, les derniers événements d'Extrémadure, des Asturies et d'Andalousie révèlent une fracture nette entre les bases militantes et les directions réformistes d'IU.

 

Ils dénotent aussi toute la duplicité et l'hypocrisie de discours électoralistes anti-PS aussitôt désavoués par de petits accords politiciens avec la social-démocratie, à tous les niveaux.

 

C'est le cas en Espagne, mais c'est la ligne coordonnée dans toute l'Europe par le Parti de la gauche européenne (PGE) : canaliser la colère et l'aspiration à une rupture avec les politiques de droite vers la social-démocratie. Le laboratoire espagnol ne peut être que forts d'enseignements pour la suite des événements en France même.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Espagne
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