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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 06:32

lac-megantic-disaster-firefighter.jpgDéraillement du train de Lac-Megantic au Canada : une tragédie provoquée par la privatisation du chemin de fer



Communiqué du Parti communiste de Canada (PCC)



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le 6 juillet dernier, un déraillement de wagons-citernes transportant du pétrole brut, au coeur de Lac-Méngantic fut une terrible catastrophe, causant la mort de près de 50 personnes, avec des dégâts considétables matériels comme environnementaux. Le Parti communiste du Canada et le Parti communiste du Québec expriment leurs condoléances aux familles et à la population de Lac-Megantic ayant souffert de cette tragédie.



Au milieu de cette tristesse et cette détresse, un profond sentiment de colère monte contre les reponsables – la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) et Transport Canada, et leurs politiques d'austérité, orientées vers le profit.



MMA gère 820 km de chemins de fer passant dans les villes du Québec et du Maine, et n'est qu'une des filliales de la Rail World, une multi-nationale basée dans l'Illinois, qui gère et investit dans les chemins de fer dans le monde entier, y compris en Pologne, Ukraine, Estonie, Lettonie et les Pays-Bas. L'objectif affiché de Rail World est « d'encourager la privatisation de l'industrie du chemin de fer en se rapprochant des agences gouvernementales désireuses de vendre leurs parts au capital privé, avec son expertise managériale. »



Rail Word a racheté MMA en 2003 pour 50 millions de $, avec près de 15 millions de $ investis par la Caisse de dépôts du Québec, et a donc reçu par la suite des dizaines de millions de dollars de prêts et de subventions au titre des programmes d'infrastructure gouvernementaux.



On connaît les pratiques agressives de MMA pour réduire les coûts : réduire les effectifs, négliger l'entretien de son réseau, utiliser des équipements hors d'usage ainsi que 111 wagons-citernes, déjà reconnus comme inadaptés au transport de pétrole. Entre 2003 et 2010, l'entreprise a viré 35% de son personnel et imposé une réduction de salaire de 15%.



L'an dernier, Transport Canada a accordé à MMA une dérogation aux règles de sécurité, permettant à l'entreprise de faire rouler des trains avec un seul mécanicien à bord. Dans le même temps, le gouvernement conservateur a imposé des coupes massives dans les dépenses à Transport Canada, dans le cadre de ses mesures d'austérité qui ont cassé de nombreux services publics. En mai 2013, près de 500 employés de Transport Canada ont reçu des avis de licenciements. Ces attaques contre les services publics ont directement compromis le droit qu'a la population à bénéficier de conditions de sécurité durables et fiables.



En parallèle à ces mesures d'austérité, le gouvernement conservateur accélère la privatisation de nombreux services publics. Les conservateurs et leurs prédécesseurs ont encouragé, facilité les privatisations, avec des subventions généreuses pour les rachats par des entreprises privées et une remise en cause des règles minimales de sécurité, afin d'augmenter les marges de profit. Pendant une dizaine d'années, le Québec avait une loi qui obligeait les entreprises de chemins de fer à fournir aux municipalités la liste des produits dangereux transportés sur son territoire. Toutefois, cette loi n'a jamais réellement été appliquée.



Parmi les éléments qui se trouvent derrière la tragédie de Lac-Megantic, c'est la campagne effrénée pour le développement et l'exportation massive d'hydrocarbures, y compris le pétrole des sables bitumineux d'Alberta. Une conséquence de cette politique, c'est une augmentation spectaculaire du transport de produits pétroliers par train. Canadian National, par exemple, a vu une augmentation du nombre de wagons-citernes de 5 000 par an en 2010 à 30 000 en 2012.



Pour MMA et Rail World, l'explosion du transport de pétrole est une opportunité de profit dans laquelle se sont engagées ces entreprises, fonçant sans se soucier des infrastructures inadaptées et peu sûres. Cette évolution augmente terriblement le risque de nouveaux accidents et de menaces pesant sur l'environnement, en particulier dans un contexte de coupes et de dérégulation de Transport Canada.



Les grands groupes pétroliers, et les gouvernements qui les singent, utiliseront le désastre de Lac-Megantic comme d'un argument pour le développement des oléoducs. Le lendemain, le Globe and Mail avançait que « la tragédie au Québec nous rappelle que les oléoducs sont le moyen le plus sûr pour transporter le pétrole », et qu' « il est temps d'accélérer l'adoption du plan de construction d'un nouvel oléoduc en Amérique du nord. »



De telles observations opportunistes, qui exploitent la tragédie pour maximiser les profits, sont honteuses et doivent être condamnées. Ce dont on a besoin en toute urgence, d'autre part, c'est un débat public général sur les politiques économiques menées, et comment elles sont liées à d'autres questions d'intérêt public, telle que la sécurité, la préservation de l'environnement, l'emploi et les besoins sociaux. Comme l'affirme Amir Khadir, député de Québec solidaire : « la tragédie de Lac-Megantic doit, je crois, nous conduire à réfléchir sur la place qu'occupe le pétrole dans notre économie ». Les sables bitumineux sont, en soi, une catastrophe écologique. Il est nécessaire de passer une industrie énergétique privée, centrée sur les ressources non-renouvelables, à une industrie publique et contrôlée démocratiquement, engagée dans la voie des énergies renouvelables.



L'enquête en cours sur la tragédie de Lac-Megantic se focalisera sur l'enchaînement des événements qui ont conduit au déraillement du train, et elle pourra détermine certaines responsabilités individuelles. Mais se focaliser uniquement sur les causes immédiates, et les acteurs impliqués dans le déraillement, ne permettra pas d'identifier les causes profondes de la catastrophe et d'empêcher que de tels événements ne se produisent à nouveau.



Le problème est bien plus vaste et se trouve dans la logique même du capitalisme – la quête du profit avant tout, les pressions à la privatisation et la dérégulation massive ces dernières décennies. Tout comme nous luttons pour reconstruire Lac-Megantic et améliorer la sécurité du rail, nous devons aussi lutter pour un système qui mette les besoins des gens avant la soif de profits des entreprises, pour le socialisme.



Le Parti communiste appelle :



  • à renforcer et faire appliquer immédiatement les régulations sur la sécurité du chemin de fer ;



  • à la nationalisation des chemins fer, les plaçant sous propriété publique et contrôle démocratique, et des réparations et améliorations immédiates du réseau et des infrastructures ferroviaires ;

 

  • à la nationalisation de toutes les ressources naturelles, énergétiques, pour former la base d'une économique qui mettra la priorité sur les besoins et les intérêts des gens et de l'environnement plutôt que sur ceux des grandes entreprises ;

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 06:55

Detroit_city_limits.jpgLe capitalisme est la cause de la faillite de Détroit


Par John Rummel, responsable du Parti communiste des États-Unis dans le Michigan

 

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

C'est le « point culminant de 60 années de déclin ». Voilà les mots du gouverneur républicain Rick Snyder quand il a annoncé que la ville de Détroit allait déposer le bilan.

 

Toutefois, en attribuant à certains les responsabilités de ce déclin, avec les solutions que Snyder et son nouveau gestionnaire de crise Kevyn Orr proposaient, on faisait en sorte de blanchir ceux qui ont joué un rôle décisif dans ce déclin.

 

Snyder a dit que la « classe politique » de Détroit était le principal obstacle au redressement de la ville.

 

Un écho aux allégations des Républicains et du Tea Party pour qui le Parti démocrate – qui a longtemps gouverné la ville – ainsi que les syndicats de la ville portent la plus grande responsabilité dans la situation actuelle.

 

Une bonne partie des critiques émises envers Détroit portent une dose malsaine de racisme, insinuant que le principal problème de la ville, c'est l'existence d'une importante population composée de minorités vivant des aides publiques.

 

Si on parle de vivre sur le dos de la communauté, Exxon Mobil a fait 45 milliards de $ de profits en 2009 mais n'a pas payé un centime de taxes.

 

General Electric a réalisé 10,3 milliards de $ et a reçu pour 1,1 milliards de $ d'abattement fiscal, Wells Fargo avait des profits de 19 milliards de $ et reçut des crédits fiscaux de 19 milliards de $ après avoir racheté Wachovia Bank.

 

La crise de l'immobilier provoquée par les banques, avec les saisies de maisons, induisant des pertes de rentrées fiscales a considérablement réduit la base fiscale de Détroit.

 

On peut continuer à disserter mais ces rentrées fiscales perdues auraient pu mettre fin, une bonne fois pour toutes, aux problèmes de Détroit et d'autres municipalités.

 

Ce n'est pas une surprise que Détroit connaisse des problèmes financiers. Il s'agit d'une ville mono-industrielle qui est passée de 12 usines d’automobile à une seule.

 

La mondialisation, l'automation et la recherche de profits encore plus importants ont fait que toutes les entreprises du secteur automobile, américaines ou étrangères, délocalisent la production.

 

Tout cela a contribué à ce que Détroit perde 90% de ses emplois et de sa base fiscale. Aucune ville ne pouvait survivre à une telle perte.

 

Si il y a une classe politique à accuser de corruption ou de dysfonctionnement, Snyder devrait plutôt regarder du côté de son propre parti, et sa liste interminable d'actions extrémistes, autoritaires et à ses politiques anti-démocratiques.

 

Orr disait : « On ne peut pas noyer le poisson plus longtemps ».

 

C'est un sentiment louable, mais au lieu de rogner sur les retraites et les dépenses publiques, nous devrions plutôt rogner sur les profits des entreprises et l'évasion fiscale.

 

Le système capitaliste, mettant les profits avant les gens, a accumulé des richesses immenses, fruit du travail des ouvriers de Détroit.

 

On est en droit d'attendre que tous les élus agissent dans l'intérêt public. Mais le problème principal que rencontre Détroit et d'autres zones urbaines, de banlieue et rurales n'est pas la corruption ou que les syndicats demandent des salaires et des allocations sociales décentes.

 

Le principal problème, ce n'est pas un manque d'argent – c'est qu'il y a trop d'argent entre si peu de mains.

 

Les inégalités croissantes, et non les déficits budgétaires, sont le problème numéro un. Jusqu'à ce que ce problème soit résolu, les autres ne le seront pas non plus.

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 06:42

idlenomore.jpgLe Parti communiste du Canada solidaire des luttes des Amérindiens : les autochtones portent les droits de tous

SOLIDARITÉ AVEC LE MOUVEMENT « IDLE NO MORE » ! 

Déclaration du comité central du Parti communiste du Canada reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le 10 Décembre, Journée internationale des droits humains de l’Organisation des Nations Unies, les peuples autochtones sont descendus par milliers dans les rues des villes et des villages du Canada. Le Comité central du Parti communiste du Canada exprime sa plus profonde solidarité avec le mouvement « Idle no more » qui a initié cette lutte historique contre le projet de loi C-45 et l’ensemble du programme raciste du gouvernement conservateur d’Harper.


Les actions de décembre, qui reflètent une forte augmentation des protestations chez les peuples autochtones, ont fait voler en éclat l’arrogant mensonge colonial prétendant que le Canada serait un pays d’égalité, d’équité et de justice sociale. Au Canada, aujourd’hui, les peuples autochtones souffrent de taux élevés de pauvreté, de chômage et d’incarcération, et une durée de vie nettement plus courte. À Attawapiskat et dans d’autres réserves, et même dans les centres urbains, beaucoup vivent dans des conditions de logement épouvantables. Plus de 100 communautés parmi les Premières Nations n’ont pas d’eau potable. Au Manitoba, plus de 2000 membres de la communauté de Lac St. Martin demeurent sans abri 18 mois après que leur réserve ait été délibérément inondée pour épargner Winnipeg et d’autres communautés des grandes inondations de 2011. Malgré des siècles de traités promettant un traitement équitable rompus, et des décennies de protestation et de rapports, cette situation ne s’est pas améliorée. Parmi les plus récents exemples se retrouve le projet de loi C-45 qui supprime la protection fédérale de l’environnement pour des milliers de lacs, de ruisseaux et de rivières qui sont cruciaux pour le bien-être des peuples autochtones dans toutes les régions du Canada, et le gouvernement conservateur bafoue les droits sur le territoire et sur l’eau des Premières Nations qui s’opposent à l’expansion des exportations de sables bitumineux.


Refusant d’accepter ces politiques génocidaires, quatre femmes autochtones de la Saskatchewan ont pris l’initiative l’automne dernier de lancer la campagne Idle No More, en utilisant les médias sociaux et des séminaires pour passer le mot. Leur courageux exemple a inspiré à un certain nombre de chefs de porter leur cause directement au premier ministre Stephen Harper, pour être empêchés finalement d’entrer dans le Parlement. Maintenant, ce mouvement a pris racine dans les communautés de toutes les régions du pays.


Le Parti communiste du Canada appelle les mouvements ouvriers et démocratiques à renforcer leur solidarité avec le mouvement Idle no more et la lutte générale pour les droits des peuples autochtones, y compris la grève de la faim de la chef Theresa Spence d’Attawapiskat et le jeûne entrepris par d’autres femmes.


Le manifeste de Idle No More place véritablement cette lutte dans le contexte de la question nationale au sein de l’État canadien. Comme cette déclaration le dit: «Les traités sont des accords de nation à nation entre le Canada et les Premières nations, qui sont des nations souveraines. Les traités sont des accords qui ne peuvent pas être modifiés ou brisés unilatéralement par une des deux nations qui s’y sont engagées. L’esprit et l’intention de ces traités étaient à l’effet que les peuples des Premières Nations accepteraient de partager la terre, mais conserveraient leurs droits inhérents aux terres et aux ressources. Au lieu de cela, les Premières nations ont connu une histoire de colonisation qui a donné lieu à des revendications territoriales laissées en suspens, au manque de ressources et à un financement inéquitable pour des services tels que l’éducation et le logement. Le Canada est devenu l’un des pays les plus riches au monde en exploitant la terre et ses ressources. Les entreprises canadiennes de l’exploitation minière, forestière, du pétrole et de la pêche sont les plus puissantes dans le monde en raison de la terre et des ressources. Certaines des communautés des Premières Nations parmi les plus pauvres (comme Attawapiskat) ont des mines ou d’autres développements sur leurs terres, mais n’obtiennent aucune part des bénéfices. L’exploitation des ressources a laissé de nombreuses terres et eaux empoisonnées – les animaux et les plantes meurent dans de nombreuses régions du Canada. Nous ne pouvons pas vivre sans la terre et l’eau Nous avons des lois plus anciennes que de ce gouvernement colonial sur la façon de vivre avec la terre. Actuellement, ce gouvernement essaie de faire passer plusieurs lois pour que les terres des réserves puissent également être achetées et vendues par les grandes entreprises pour tirer profit des ressources. Ils promettent de partager cette fois… Pourquoi ces promesses seraient-elles différentes des promesses passées? Nous nous retrouverons avec rien sinon l’eau, la terre et l’air empoisonné. C’est une tentative visant à retirer la souveraineté et le droit inhérent à la terre et aux ressources des peuples des Premières Nations. Nombreux sont les exemples d’autres pays en mouvement vers le développement durable, et nous devons exiger du développement durable aussi. Nous croyons en des communautés en bonne santé, justes, équitables et durables et nous avons une vision et un plan sur la façon de les construire. S’il vous plaît joignez-vous à nous pour créer cette vision. »


Ce manifeste profond confronte le programme destructeur des Conservateurs d’Harper, et présente une alternative qui place les intérêts du peuple et de l’environnement avant les profits des entreprises. Le Parti communiste du Canada se réjouit de ce manifeste pour l’avenir des peuples de ce pays. Nous nous engageons à renforcer et à trouver de nouvelles façons de construire l’alliance des mouvements ouvrier et démocratiques avec les peuples autochtones, dont l’objectif est d’obtenir une pleine justice et le respect des droits nationaux des peuples autochtones au Canada, et la création d’une société plus juste et sans racisme pour toutes et tous.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 13:15

studentloans2.jpgLe cauchemar de la dette étudiante aux États-Unis : une dette de 26 000 $ par étudiant, 1 000 milliards de $ de dette cumulée



Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





L'endettement d'un pays se mesure non pas au poids de sa dette publique mais bien à celui de sa dette globale, publique et privée. Avec une dette totale de 50 000 milliards de $, soit trois fois et demi le PIB du pays, les États-Unis restent un des pays les plus endettés du monde.



A la base de cette édifice, une dette des ménages américains colossale, équivalant à 115% du PIB. Chaque ménage américain doit en moyenne rembourser une dette de 100 000 $ par an.



Si la dette des ménages diminue légèrement depuis la crise, une seule partie de celle-ci ne cesse d'augmenter : la dette étudiante.



Selon une enquête du Pew Research center, le montant total de la dette étudiante s'élève désormais à plus de 1 000 milliard de $, soit ce qui correspondrait au PIB... du Mexique.



Un ménage américain sur cinq (20%) doit rembourser une dette étudiante (contre 9% en 1990), c'est 40% des foyers de moins de 35 ans.



Le montant moyen de la dette étudiante se chiffre à 26 000 $ (9 000 $ il y a vingt ans). 10% de ces dettes sont supérieures à 60 000 $.



Le rapport confirme également des inégalités sociales criantes face à la dette étudiante.



Si les plus riches sont plus enclins à contracter des prêts (par l'accès de plus en plus barré pour les plus pauvres à l'université), le poids de la dette rapporté aux revenus et au patrimoine est bien moindre.



Pour les ménages aux revenus inférieurs à 20 000 $ par an (20% les plus pauvres), la dette impayée correspond à 25% de leur revenu annuel. Elle ne représente que 2% du revenu annuel des ménages aux revenus supérieurs à 150 000 $ par an (les 10% les plus riches).



Un système universitaire privatisé

 

Le fonctionnement du système universitaire américain constitue une mise en garde pour tous les promoteurs de l'autonomie puis de la privatisation des universités.



Le système américain est construit historiquement sur une base d'universités publiques d’État, de niveau inégal mais minimal garanti et quasi-gratuites, et sur une tête d'universités privés élitistes, de niveau mondial et aux frais exorbitants.



Depuis une vingtaine d'années, c'est la course à la hausse des frais de scolarité.



Les universités publiques, au niveau des États, demandent désormais un minimum de 6 000 $ par an, la moyenne étant supérieure à 10 000 $. Les plus prestigieuses, les seules à livrer une formation réellement valorisable sur le marché du travail, exigent des frais supérieurs à 15 000 $ par an, on peut penser à Berkeley en Californie.



Quant aux universités privées d'élite, la moyenne des frais de scolarité est de 26 000 $ par an. Mais il faut compter en moyenne 40 000 $ pour étudier à Stanford, 45 000 $ à Yale et 50 000 $ par an à Harvard.



Nouveaux venus sur le « marché universitaire » américain, les facultés privées à but lucratif connaissent un boom depuis une quinzaine d'années : un nombre d'étudiants multiplié par trois en dix ans, deux millions d'étudiants à ce jour soit 10% des étudiants américains.



De piètre qualité mais peu exigeantes sur la sélection, elles constituent une opportunité en trompe-l’œil pour des ménages modestes, souvent originaires des minorités ethniques (la moitié des étudiants des facs privés), abusés par les promesses d'emploi illusoires de ces facs peu cotées.



Ces facultés privées sont les plus chères de toutes, avec des frais de scolarité supérieurs en moyenne à 30 000 $ par an.



Pourtant, ce sont ces universités qui dépenses le moins par étudiant : 2 000 $ par an par étudiant, contre 10 000 $ dans les universités publiques, selon le National Center for Education Statistics.



Des « facs privées » dont par ailleurs la moitié du budget est pourtant financé par l’État, via des subventions à l'éducation privée. 25% des aides fédérales à l'université sont dirigées vers ces universités privées à but lucratif.



Baisse générale du niveau de l'éducation, université à deux vitesses, privatisation de l'enseignement supérieur, le tout alimenté par une hausse des frais de scolarité et des subventions aux établissements privés. Explosion de la dette étudiante plaçant des centaines de milliers d'ex, actuels et futurs étudiants dans une situation de précarité existentielle dramatique.



Le « cauchemar américain » nous incite à lutter en France contre ce discours dominant sur l'autonomie-privatisation des universités, elle n'est dans l'intérêt ni des étudiants ni des contribuables, mais seulement dans celui des grands groupes économiques qui font du profit sur l'éducation !

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 07:37

NYSE-American-Flag« Le capital sera le grand gagnant des élections américaines »

 

 

 

 

 

 

Article du Morning Star, quotidien du Parti communiste britannique



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



On ne connaîtra pas le résultat avant mercredi, et les derniers sondages indiquent que cela sera très serré. Pourtant, en réalité, nous savons déjà ce que la plupart des Américains pensent des deux prétendants.



Barack Obama comme Mitt Romney seront bien loin de récolter les suffrages de la majorité des citoyens américains.



Près de 82 millions de personnes aux États-Unis n'ont pas le droit de vote ou ne sont pas enregistrés sur les listes, sur une population adulte de 232 millions de personnes.



Les prédictions les plus optimistes parlent de guère plus de 136 millions de personnes, soit deux-tiers de l'électorat, qui iront réellement voter.



Si on exclut un improbable tremblement de terre de dernière minute, à peu près 70 millions d'électeurs, au maximum, opteront pour le gagnant, qu'il soit Obama ou Romney.



Le prochain président américain, et la personne la plus puissante sur terre, recevra le soutien de moins de 30% de la population adulte du pays, soit moins d'un tiers de l'électorat.



Des chiffres totalement disproportionnés de chômeurs, de jeunes, d'Asiatiques et d'Hispaniques ne joueront aucun rôle dans le processus.



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En termes de participation aux processus électoraux, les États-Unis se rangent à la 139ème place sur 172 pays, selon le Centre d'étude de l'électorat américain.



Il n'est pas dur d'en comprendre la raison.



Dans toutes les sociétés capitalistes développées, le système politique est dominé par les intérêts du grand capital. Ce n'est nul part ailleurs plus évident que dans la plus grande, la plus développée de toutes les sociétés capitalistes.



Aux États-Unis, les monopoles jouent un rôle central en finançant les principaux candidats et leurs machines électorales.



C'est vrai pour Obama et les Démocrates, bien que les syndicats américains jouent un rôle important pour lutter contre le déséquilibre qui favorise traditionnellement le parti le plus à droite, le Parti républicain.



Les lobby religieux fanatiques et aveuglément pro-israéliens exercent également une influence importance, notamment parce qu'eux aussi comptent dans leurs rangs des personnes fortunées et des grandes entreprises.



Les médias de masse qui contrôlent et construisent les flux d'information sont pour l'essentiel entre les mains de millardaires et leurs grands groupes, bien qu'il reste une différence non-négligeable entre Murdoch et son empire farouchement de droite Fox News d'une part, et Ted Turner et le grand groupe CNN, un peu plus objectif, de l'autre.



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Néanmoins, les monopoles médiatiques imposent l'essentiel de l'agenda politique, décidant quelles questions sont à traiter et évacuant les préoccupations des travailleurs, des pauvres, des personnes marginalisées, exclues et tous ceux qui portent des alternatives politiques.



Tous ces éléments ne conduisent pas seulement à fermer le débat public. Ils réduisent également les différences politiques entre les principaux partis et leurs candidats, s'assurant que leurs politiques reflètent dans une large mesure les intérêts du capital monopolistique américain et de l'impérialisme, chez eux comme à l'étranger.



Cela ne veut pas dire que les différences qui restent ne sont pas assez importantes pour ne pas exprimer une préférence.



La plupart des progressistes, des radicaux, des socialistes et des communistes du monde entier préféreraient une victoire d'Obama, en dépit de ses concessions honteuses sur la couverture santé, sa trahison sur Guantanamo et la Palestine et des atrocités des attaques de drone au Pakistan.



Un régime Romney-Ryan s'en prendrait aux droits des femmes, achèveraient la paupérisation des pauvres tout en plongeant le Moyen-Orient dans le chaos le plus total.



Mais une victoire d'Obama ne changerait rien à la réalité des États-Unis qui sont, selon la caractérisation classique de Lénine, une « démocratie pour les riches ».



Peu importe pour qui le peuple votera, ou pas, la classe dominante l'emportera jusqu'à ce que le capitalisme monopolistique lui-même soit remis en cause.

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