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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 17:27

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Aux États-Unis, les grandes firmes et les millardaires décident du futur président à coups de centaines de millions de dollars



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Si les élections aux Etats-unis ont toujours été une affaire d'argent, le financement privé des candidats à la présidentielle américaine ne connaît désormais plus de limites. La campagne actuelle devrait dépasser le milliard de dollars, et selon certaines estimations pourrait atteindre entre trois et six milliards de dollars.



En septembre 2012, un rapport de la Commission mondiale sur les élections, la démocratie et la sécurité de l'ONU pointait du doigt dans les régimes libéraux occidentaux, en premier lieu les États-Unis, l'influence croissante de « financements dérégulés, secrets, illégaux et opaques », tendant à vider de leur sens les institutions démocratiques.



Aux États-Unis, depuis un arrêt de la Cour suprême de 2010, les dons de particuliers, associations, entreprises ne sont plus plafonnés. Au nom de la liberté d'expression.



Des dons privés dépassant déjà l'intégralité des dons depuis plus de vingt ans



Par le biais des « super PAC » (Comités d'action politique), les grandes entreprises et les milliardaires du pays peuvent désormais financer en toute légalité les campagnes des deux principaux candidats.



Là où hier les grandes entreprises devaient contourner les limites légales (30 000 $ par an et par candidat) pour investir plusieurs centaines de milliers dans les campagnes électorales, leurs dons se chiffrent désormais à plusieurs millions de dollars.



Selon le dernier rapport de la Commission électorale fédérale (CEF), les dons privés, prélevés par les super PAC ou d'autres associations du même type, s'élèvent à 500 millions de $ depuis le début de la campagne. Plus que l'intégralité des dons collectés depuis 1990.



Dans leur ensemble, les campagnes officielles du président Barack Obama et de Mitt Romey leur ont permis de collecter 915 millions de $ et de dépenser 756 millions de $, a indiqué la CEF. La campagne Obama a coûté à ce jour 462 millions de $, celle de Romney 294 millions.



Une lutte entre fractions du grand capital américain



Les richissimes donateurs injectent plusieurs millions de dollars dans la campagne.



Côté républicain, le magnat de l'immobilier Bob Perry a donné 10 millions de $ à Romney, le propriétaire de casinos Sheldon Anderson 5 millions. Les dix premiers donateurs particuliers ont versé 30 millions de dollars pour la campagne de Romney.



Du côté d'Obama, le patron de presse de Chicago Fred Eychaner (3,5 millions) ou le responsable de Dreamworks Jeffrey Katzenberg (3 millions) ont également contribué à cette campagne. 25 millions de $ ont été récoltés auprès des dix milliardaires les plus généreux parmi les soutiens du camp démocrate.



Dans l'ensemble, selon le Center for responsive politics, Barack Obama peut compter sur le soutien officiel des entreprises de haute technologie (Microsoft, Google, IBM), du divertissement (Warner), de la grande distribution (Wal-Mart) mais aussi de certains fonds de pension privés.



Mitt Romney bénéficie lui cette fois d'un soutien massif de Wall Street, avec l'appui des secteurs financiers, bancaires (Goldman Sachs, JP Morgan, Crédit Suisse) et immobiliers (52 millions de dons officiels). Les secteurs de l'énergie (pétrole texan, charbon, General Electrics) et de la santé privé figurent également parmi les principaux appuis financiers.



En 2008, le soutien massif du secteur bancaire et financier qu'Obama avait joué un rôle significatif dans son accession à la tête du pays.



A noter néanmoins que nombre de grandes entreprises américaines donnent à la fois le candidat démocrate et le candidat républicain pour mieux couvrir leurs arrières et s'assurer que leurs affaires continuent (« business as usual ») quel que soit le candidat élu.



Parmi les entreprises repérées par le Center for responsive politics : l'entreprise de conseils Deloitte ou encore une banque comme JP Morgan.



Un combat entre multi-millionnaires



La campagne est également un combat entre multi-millionnaires. Un affrontement gagné haut la main par Mitt Romney, dont les 250 millions de $ de fortune personnelle contrastent avec les 8 millions de $ de la famille Obama.



A l'heure actuelle, près d'un congressiste américain sur deux (250 sur 535) est millionnaire, selon les chiffres du Center for responsive politics.



Le revenu médian net d'un sénateur américain est de 2,6 millions de $, un chiffre relativement plus élevé côté démocrate (2,8 millions de $) que côté républicain (2,4 millions de $).



Parmi les cinq congressistes les plus fortunés, l'ancien candidat démocrate à la présidence, prédécesseur d'Obama, John Kerry dont la fortune est estimée à 230 millions de $.



Sources de départ : CubaDebate, Avante, ML Today, Center for responsive politics



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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 06:46

chicago-teachers-strike-465px.jpgUne première depuis vingt-ans dans la troisième ville des Etats-unis

 

25 000 enseignants en grève à Chicago pour lutter contre la dévalorisation du métier d'enseignant

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

« On a subi offense après offense. Trop c'est trop »,c'est en ces termes que la présidente du Syndicat des enseignants de Chicago (CTU) a justifié au journal local, Chicago Tribune, l'arrêt de travail du personnel de la ville.

 

Les enseignants du primaire et du secondaire luttent contre les réformes avancées par le maire de Chicago : augmentation du temps de travail, réforme du système d'évaluation des professeurs et précarisation de l'emploi.

 

Il faut rappeler qu'aux États-Unis, l'éducation est décentralisée, prise en charge par les États fédérés et les municipalités. Une loi fédérale en 2011 a notamment permis aux maires des grandes villes de modifier le temps de travail scolaire.

 

Ce sont 25 000 enseignants syndiqués qui ont décidé d'entamer une grève ce lundi pour lutter contre ce projet, défendre la stabilité de l'emploi, et réclamer une augmentation de salaire de 30% en échange de l'augmentation du temps de travail désiré par l’État.

 

Au cœur de la grève, la volonté du maire de Chicago d'introduire une nouvelle dose de rémunération au mérite. Non contents d'être évalués par les parents, leur chef d'établissement, les professeurs seraient désormais rémunérés en fonction des résultats de leurs élèves aux résultats nationaux.

 

Dans une ville où dominent les quartiers difficiles, où 80% des élèves bénéficient des aides à la cantine faute de revenus familiaux suffisants, il s'agit d'une part d'une baisse de salaire déguisée, et d'autre part d'une façon de culpabiliser les professeurs pour des problèmes dont la société américaine est responsable.

 

Les chefs d'établissement se verraient par ailleurs renforcés dans leurs prérogatives vis-à-vis du corps professoral. L'autonomie des établissements, déjà en vigueur, autorise ainsi les proviseurs à licencier leurs enseignants sans le moindre motif valable.

 

La grève touche 144 établissements scolaires de la ville, maternelles, écoles, collèges et lycées laissant 400 000 élèves sans cours, dans ce qui est la troisième ville et le troisième district éducatif des États-Unis.

 

Il s'agit de la première grève enseignante à Chicago depuis vingt-cing ans, une grève qui avait alors duré 19 jours. Dans les années 1970 et 1980, les grèves étaient monnaie courante dans le secteur. Chicago avait connu en deux décennies huit mouvements de grèves, et des luttes tous les deux ans sur les salaires et les conditions de travail.

 

La grève prend, à deux mois de l'élection présidentielle américaine, une tournure politique. Le maire de Chicago, Rahm Emanuel, est en effet une des figures montantes du Parti démocrate et un des proches de Barack Obama.

 

Le candidat républicain Mitt Romney a déjà exprimé son opposition catégorique au mouvement de grève tandis que le candidat démocrate continue à soutenir son poulain, dans une ville et un État de tradition démocrate.

 

En plein cœur du centre de commandement du système capitaliste, la grève historique des enseignants de Chicago est un signe positif de la possibilité de résister, même dans les conditions les plus difficiles qui soient.

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 10:03

600_classe_spokesperson_cp_120522.jpgEntretien avec Gabriel Nadeau-Dubois, leader du mouvement étudiant québécois

 

« La meilleure des solidarités avec notre mouvement, c'est de mener la lutte aussi ailleurs »





Traduction AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Gabriel Nadeau-Dubois est le porte-parole de CLASSE (Coalition large de l'ASSE), une des organisations-clés du mouvement de grève étudiant que connaît le Québec. Etudiant à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), il a été élu Secrétaire à la communication de l'ASSE en avril 2010, et est devenu co-porte-parole de CLASSE, avec Jeanne Reynols, cette année-là. Depuis le début de la grève étudiante au Québec de 2012, il est devenu la voix de l'aile-gauche du mouvement étudiant, une personnalité médiatique, et un symbole de la résistance contre le gouvernement. Une disposition particulièrement vicieuse de la Loi 78 a été renommée « clause Gabriel Nadeau-Dubois » car elle permet à la loi de se greffer sur des accusations déjà existantes, et il a déjà des charges contre lui qui pourraient lui valoir une amende de 50 000 $ ou un séjour en prison si il était déclaré coupable.



People's Voice, organe du Parti communiste du Canada, a interviewé Gabriel Nadeau-Dubois à la sortie du dernier congrès de CLASSE





Sur quoi ont porté les travaux de votre Congrès ?



Le principal débat, en tant qu'organisation, c'était de savoir si nous voulions défier publiquement cette loi ? Voulons-nous respecter cette loi ? Si nous voulons la défier, comment ? C'est un congrès important, une décision importante pour le mouvement étudiant que de décider de se mettre ouvertement hors-la-loi.



Pouvez-nous dire quelques mots sur cette loi ?



Je pense que c'est la dernière carte du gouvernement pour arrêter notre mouvement. Ils ont essayé de nous diviser, ils ont usé de la brutalité policière, il ont réalisé des offres médiatiques espérant que les étudiants dans les assemblées générales arrêteraient la grève, et ils encouragent les étudiants qui sont contre la grève à demander des injonctions devant les tribunaux pour forcer les enseignants à donner cours. Toutes ces tentatives ont échoué. Donc, désormais, le gouvernement essaie désespérément de tuer le mouvement au moment où il se renforce.



Pouvez-vous nous expliquer votre slogan – grève étudiante, lutte populaire ?



Nous sommes partis sur cette question particulière de la hausse des frais de scolarité, mais rapidement les étudiants ont commencé à parler dans les AG sur le fait que la hausse des frais s'inscrivait dans une vague bien plus large de réformes néo-libérales, pas seulement au Québec mais dans le monde entier. Nous avons de plus en plus de citoyens venant à nos manifestations et qui ne sont pas étudiants. Nous avons lancé un appel aux travailleurs afin qu'ils nous rejoignent, et ça a marché – travailleurs, citoyens, populations des quartiers, jeunes non-étudiants. La grève porte sur la possibilité pour les mouvements sociaux de continuer à contester les décisions du gouvernement... Cela a donné naissance au mot d'ordre selon lequel la grève est une question étudiante mais une lutte qui concerne tout le monde.



Qu'est-ce que la Coalition de la Main Rouge ?



On l'a fondé il y a trois au moment du budget Bachand, le premier budget qui s'est réellement attaqué aux services publics, dans un climat de terreur et de privatisations. Dans le même budget, nous avions la hausse des frais, et l'imposition d'une taxe annuelle sur la santé de 200 $ par citoyen. Cette vaste coalition a été créé, regroupant le mouvement étudiant, les syndicats d'enseignant et de la santé, les associations de quartier, pour protester non seulement contre ces mesures spécifiques mais aussi contre la vision de la société et de l'Etat qui se trouvait au cœur de ce budget. Depuis, il s'agit du principal lieu de coordination des mouvements sociaux.



De quel soutien avez-vous besoin de la part du Canada anglophone ?



Au Québec, nous avons un mouvement étudiant très actif. Le meilleur soutien que nous puissions avoir, c'est que les étudiants ailleurs au Canada et dans le monde se mobilisent contre les hausses des frais. Nous l'observons de plus en plus, et nous recevons de plus en plus de courriers, mails et appels téléphoniques allant dans ce sens.

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 08:57

angela-davis-now-n-thenAngela Davis: Des espoirs déçus, de la solidarité et du combat qui continue



En tant que symbole et icône du mouvement pour les droits civiques américains, elle est aussi connue que Martin Luther King et Malcolm X., Mais, au contraire des deux personnages précités, Angela Davis a survécu aux années 1960 et, aujourd’hui, elle est toujours aux avant-postes de la lutte pour l’égalité des droits, sans distinction de race, de sexe ou de classe. La semaine dernière, elle a reçu les insignes de Docteur honoris causa de l’ULB.



Entretien réalisé par Nick Dobbelaere pour le Parti du travail de Belgique (PTB) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



À l’occasion de sa venue à Bruxelles pour recevoir les insignes de Docteur honoris causa à l’ULB, l’emblématique figure du militantisme aux États-Unis a rencontré quelques journalistes, pour évoquer le monde d’aujourd’hui. Voici un bref compte-rendu de cette rencontre.

Sur Obama



« En fait, il était inévitable que nous soyons déçus, surtout vu la façon dont, il y a quatre ans, la campagne pour Obama a été menée. Bien des gens, partout dans le monde, ont projeté leur espoir sur ce seul individu. Et le fait que, pour la première fois, un Noir soit devenu le président des États-Unis est historique. Mais le pays dont il est devenu le président est resté le même. Son élection n’a rien changé à la nature des États-Unis. Les États-Unis sont un pays impérialiste. En fait, Obama ne pouvait que nous décevoir.



Il aurait cependant pu faire certaines choses qu’il n’a pas faites. Nous avions espéré, par exemple, qu’il allait fermer immédiatement la prison de Guantanamo. Nous n’aurions certainement pas pensé non plus qu’il allait entamer une guerre en Afghanistan, après s’être exprimé contre la guerre en Irak. Mais, malgré ces déceptions, son élection reste historique et sa victoire n’a été possible que parce que beaucoup de gens — surtout des jeunes — ont refusé de croire qu’il était impossible que quelqu’un comme Obama puisse être élu comme président.



L’erreur que nous avons commise après avoir élu Obama, c’est que nous n’avons pas maintenu la pression. Directement après sa prestation de serment, nous aurions dû mobiliser et exercer des pressions sur lui afin de ramener les soldats dans leurs foyers, de fermer Guantanamo, d’améliorer les soins de santé… Alors, il se serait trouvé dans une meilleure position pour réaliser plus de choses qu’il n’en a réalisé.



Le défi pour les prochaines élections présidentielles est donc de créer à nouveau un enthousiasme comme il y a quatre ans. Mais, cette fois, nous ne pouvons pas concentrer cet enthousiasme sur la personne d’Obama. Nous devons susciter un enthousiasme pour créer un mouvement qui se battra pour les droits des travailleurs, des femmes, l’égalité, la fin de l’exclusion massive aux États-Unis, etc. »

Sur le système carcéral aux États-Unis



« Une grande partie de mon travail militant concerne aujourd’hui le “complexe industriel carcéral” (le fait qu’en raison de l’influence politique des entreprises carcérales privées, le secteur américain des prisons est devenu un secteur industriel qui a besoin d’un nombre sans cesse croissant de détenus, NdlR). Un adulte américain sur 100 est derrière les barreaux. Un adulte sur 31, aux États-Unis, est contrôlé d’une façon ou d’une autre par l’appareil judiciaire. Et une majorité écrasante de ces prisonniers sont des Noirs, surtout des hommes. Il y a aujourd’hui plus de Noirs dans les prisons et sous contrôle de l’appareil judiciaire qu’il n’y avait d’esclaves en 1850. Voilà l’exemple le plus dramatique de la façon dont l’héritage de l’esclavage est toujours bien vivant.

La grande majorité des gens en prison — et pas seulement aux États-Unis — y sont parce qu’ils sont pauvres ou illettrés, parce qu’ils n’ont pas eu la chance de bénéficier des services que la société est censée leur proposer. Des choses comme l’enseignement pour tous, les soins de santé, un toit, un boulot…

Nous pouvons également nous poser la question de savoir comment nous pouvons créer un système juridique qui résoudrait vraiment les problèmes. Prenons la violence contre les femmes. Au cours des trois ou quatre dernières décennies, la violence contre les femmes est devenue une chose perçue comme un méfait dont les auteurs doivent aller en prison. Mais que constatons-nous ? La violence contre les femmes n’a pas diminué ! Fourrer les gens en prison n’a donc rien fait pour résoudre ce problème. Si nous voulons bannir cette sorte de violence de notre société, nous ne devons pas reporter nos espoirs sur les prisons, car, alors, on répond à la violence par encore plus de violence. »

Sur le racisme



« Le racisme est toujours une force très active dans la vie politique et sociale des États-Unis. Les gens pensent que le racisme concerne un comportement individuel ou des limitations légales, mais la plupart des lois qui étaient explicitement racistes ont été abrogées entretemps. C’est tout le mérite du mouvement pour les droits civiques.


Mais ce que nous appelons aujourd’hui le mouvement pour les droits civiques était appelé à l’époque “freedom movement” (mouvement pour la liberté) par les militants. Les droits civiques n’étaient qu’un aspect de la lutte. Ceux-ci se sont concrétisés — bien que pas encore pour tous —, mais le racisme, lui, est toujours présent dans les soins de santé, l’enseignement, le logement, les services sociaux… Il existe un racisme structurel, institutionnalisé, indépendamment du préjugé raciste individuel, ou même sans qu’il y ait une loi qui discrimine les Noirs ou les Latinos.


Prenons la mort de Trayvon Martin (adolescent noir abattu par un garde civique en Floride en février dernier, NdlR). La plupart des gens semblent considérer ce meurtre comme un incident exceptionnel. Ils concentrent leur attention sur les personnes impliquées à titre individuel. Mais, même si l’auteur est condamné à perpétuité — ce qui ne sera sans doute pas le cas —, le problème de la violence des gardes civiques ou de la police n’en sera pas résolu pour autant. Cela prouve que les peines de prison ne fonctionnent pas, car arrêter l’auteur et l’enfermer n’empêche pas que des crimes similaires se reproduisent.


Nous devons trouver une stratégie d’éradication du racisme. Mais, avant cela, nous allons encore devoir mobiliser et lutter très longtemps. Cela ne se fera pas en un mois, ni en un an, dix ans ou toute une génération. Cela prendra plusieurs générations. Aux États-Unis, nous n’avons pas encore abordé cet effort à long terme. C’est pourquoi le racisme continue de se présenter sous tant de formes différentes. »


Sur les mouvements de protestation actuels



« Je ne suis pas une spécialiste, vous savez. Les mouvements radicaux se constituent pendant qu’ils opèrent. Je ne voudrais pas freiner un mouvement en donnant des conseils sur la base de mon vécu. Mais il est quand même important de tirer des leçons des expériences du passé. Ainsi, en Palestine occupée, des jeunes ont emprunté des bus qui étaient réservés aux seuls colons israéliens, tout comme les jeunes Noirs des années 1960 le faisaient avec les bus réservés aux Blancs et, à l’instar des militants de l’époque, ils se font appeler les “Freedom riders” (usagers de la liberté). Cette sorte de solidarité par-delà les frontières du temps et de l’espace peut être très importante. Je ne suis ici aujourd’hui que parce que des gens en Belgique et dans toute l’Europe, en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique latine, sont descendus dans la rue pour défendre ma liberté. La solidarité internationale est essentielle.



Personne n’aurait pu prédire que le mouvement Occupy allait avoir un tel impact sur la façon dont les gens perçoivent notre système économique mondial. Grâce à ce mouvement, un nouveau terrain est né pour le débat politique. C’est le plus grand mérite du mouvement. “Nous sommes les 99 %” est un slogan important. Mais nous devons percevoir ces 99 % comme un groupe très hétérogène. Ceux qui se trouvent dans la couche supérieure de ces 99 % sont bien plus près des “1 %” que de la couche inférieure des 99 %. Comment crée-t-on une unité entre des gens dont les intérêts matériels et les contextes idéologiques sont différents ? Comment convaincre les gens de la classe moyenne de lutter pour des détenus qui, souvent, proviennent des couches inférieures des 99 % ? Comment intégrer les problèmes de la population native américaine ou des Palestiniens au mouvement Occupy ? Le véritable défi consiste à placer tous ces thèmes à l’intérieur d’un cadre dans lequel tout le monde luttera pour les droits des travailleurs du monde entier. »

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 07:49

22-avri.jpg« Printemps érable » dans les universités québécoises : cent jours d'une lutte qui met en échec le projet d'augmentation des frais de scolarité du gouvernement libéral



Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



En dépit des manœuvres de division et de diversion, des intimidations et de la répression, la plus grande manifestation étudiante qu'ait connue le Québec rentre dans sa 14ème semaine de grève.



Après les 250 000 manifestants dans les rues de Montréal le 22 mars, le mouvement tend à s'intensifier avec la présence de plus de 300 000 étudiants, lycéens de CEGEP, professeurs et travailleurs dans les rues de Montréal le 22 avril dernier. Ils étaient sans doute autant ce 22 mai pour fêter le centième jour d'une grève qui ébranle le gouvernement libéral de la province.



Depuis deux semaines, chaque soir, les étudiants grévistes de Montréal entament une manifestation dans les rues de la cité québécoise avec comme mot d'ordre : « Tous les soirs jusqu'à la victoire ! »



L'objectif du mouvement est d'obtenir le retrait du projet du gouvernement provincial d'augmenter les frais de scolarité de 1 625 $ sur cinq ans, soit 75%.



Il faut savoir qu'à l'heure actuellele système universitaire public québécois est un de ceux où les frais de scolarité les plus faibles du Canadaet même d'Amérique du nord, en dépit d'une hausse de 50% depuis 2007. Une année d'études coûte en moyenne 2 000 $ au Québec, contre 4 800 $ en Colombie-Britannique, 5 600 $ en Alberta et 6 640 $ dans la province voisine d'Ontario.



Face à cette mobilisation inédite, le gouvernement libéral de Jean Charest a eu recours à toutes les méthodes pour venir à bout du mouvement.



Rappelons tout d'abord deux choses.



Premièrement, que si le « Parti libéral » est perçu comme un parti de droite néo-libéral au Québec, il est à l'échelle du Canada un parti... de 'gauche', l'équivalent du Parti démocrate américain. Cela souligne le décalage entre la vie politique canadienne et celle québécoise, cette dernière plus à gauche, bien que polarisée avant tout par la question de l'indépendance, brouillant la ligne de fracture traditionnelle gauche-droite.



Deuxièmement, Jean Charest est un récidiviste. En 2005, il avait déjà dû reculé après avoir proposé un projet analogue qui avait entraîné plus de 200 000 étudiants dans les rues de Montréal. Reculé pour mieux sauter puisque une première hausse des frais de scolarité avait été entérinée en 2007.



Trois stratégies gouvernementales pour un seul objectif : casser la plus grande grève étudiante qu'ait connu le Québec



Face au mouvement, le gouvernement a eu recours à trois méthodes, successives mais aussi simultanées, visant à casser le mouvement :



  • la stratégie du pourrissement, pendant deux mois, le gouvernement libéral est resté ferme sur ses principes et a refusé toute négociation. Il a parié sur l'essoufflement du mouvement, jouant sur la corde de la 'prise d'otages' des étudiants sérieux par les grévistes. Si le nombre d'étudiants en grève illimitée est passé de la moitié à un tiers des étudiants grévistes, il reste énorme et le front syndical unitaire FEUQ/CLASSE n'a pas cédé ;



  • la stratégie de la division par l'ouverture de négociations partielles. C'est la proposition lancée par Jean Charest le 27 avril. Étalement de la hausse des frais de scolarité sur sept ans au lieu de cinq, changement des conditions des prêts étudiants et réduction des frais de scolarité annexes... à condition que les étudiants participent à la gestion des coupes dans les dépenses de fonctionnement de l'université. Des coupes supervisées par un comité dirigé par des représentants des pouvoirs publics, de l'université et de grandes entreprises privées. « Un cheval de troie pour la privatisation », selon la Jeunesse communiste Québecoise. 18 des 19 AG en grève ont refusé cet accord visant, comme en 2005, à tuer le mouvement pour mieux faire passer la contre-réforme



  • la stratégie de l'intimidation, par la répression et les campagnes médiatiques dépréciatives. C'est l'ultime recours. De l'explosion de bombes fumigènes dans le métro de Montréal à une manifestation qui dégénère devant le congrès du Parti libéral à Victoriaville le 4 mai dernier, une poignée de casseurs donne prétexte à des répressions brutales de la part des forces de l'ordre, à des campagnes médiatiques stigmatisant les « casseurs » voire même les « terroristes ». Le 4 mai dernier, à Victoriaville, la police n'a pas hésité à matraquer, user de bombes lacrymogènes faisant 9 blessés dont 2 graves. Selon le récit de Marianne Breton-Fontaine, leader de la JC Québecoise, « Un jeune étudiant est aveugle désormais, un autre entre la vie et la mort après que la police l'ait chargé et ait refusé de l'aider. La police a refusé d'appeler les ambulance pour les manifestants blessés ». La fameuse loi 78 adoptée le 18 mai par le Parlement québécois restreignant le droit de manifestation et de grève est le dernier recours d'un gouvernement illégitime prêt à nier les droits fondamentaux des citoyens québécois ;



Les communistes pour la convergence des luttes face à un gouvernement discrédité



L'enjeu de ce « printemps québecois » est bien de créer les conditions d'une double convergence des luttes, convergence entre luttes des étudiants et des travailleurs au Québec, convergence entre les revendications des étudiants québécois et ceux du reste du Canada.



Les conditions préalables existent face à un gouvernement provincial affaibli par des scandales de corruption et par sa gestion autoritaire et libérale rejetée par plus de 70% des Québecois.



Le « carré rouge » des manifestants est devenu l'emblème de la colère des étudiants, mais aussi celui de leurs parents et de leurs professeurs, face aux contre-réformes libérales qui ne contribuent qu'à l'endettement généralisé.



Le mot d'ordre combatif de la coalition étudiante sur des positions de lutte, CLASSE, est de plus en plus entendu : « Le mouvement pour le droit à l'éducation va bien au-delà de la simple question de la hausse des frais – il a rendu possible l'expression claire de notre ras-le-bol de devoir accepter que notre avenir soit défini par l'agenda de l'élite économique et politique ».



Les conditions d'une convergence des luttes étudiantes se créent au Québec comme dans le reste du Canada. Inimaginable un an de cela, le fait que l'université anglophone élitiste de McGill se joigne au mouvement est tout un symbole.



D'après un sondage récent, 62% des étudiants canadiens étaient prêts à exprimer concrètement leur solidarité avec les étudiants québécois en participant à de telles mobilisations dans leurs provinces, si jamais il avait lieu.



Le Parti communiste du Canada a lancé un appel à la solidarité avec la lutte des étudiants québécois, pour le droit à l'éducation mais aussi par une convergence des luttes qui passerait par une grève générale nationale. L'appel se conclut ainsi :



« Nous répétons notre revendication de toujours, celui d'une éducation gratuite du berceau à la tombe, une allocation d'autonomie pour les étudiants, la fin des dettes étudiants et le remplacement des prêts par des bourses, le droit des étudiants de s'organiser de façon autonome sans ingérence extérieure, de mettre en échec la privatisation en redonnant et à augmentant les dépenses publiques pour l'éducation ».



La lutte des étudiants québécois montrent que la mobilisation peut payer, peut se construire dans l'unité la plus large autour d'objectifs clairs. Si le mouvement est loin d'être terminé, le rapport de force permet d'entrevoir des possibilités de victoire. La démission de la ministre de l'Education le 14 mai, Line Beauchamp, est la preuve aussi de l'impasse dans laquelle se trouve le gouvernement.



Un gouvernement qui ne trouve d'autre solution que la négation pure et simple du droit de grève avec l'adoption de la loi 78 qui soumet toute manifestation de plus de 50 personnes à l'approbation préalable des forces de police sous peine d'amendes s’élevant jusqu'à 125 000 $.



Battu sur le fond, battu par un mouvement de luttes inédit depuis 1968 au Québec, le gouvernement libéral ne trouve d'autre réponse que la répression. Le syndicat CLASSE a déjà appelé à la désobéissance civile, soutenu directement par la formation de gauche radicale Québec Solidaire, à laquelle sont intégrés les communistes, et de manière plus ambigu par le Parti québécois, indépendantiste.



La lutte continue au Québec pour le droit à une éducation publique, gratuite et universelle !

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