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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 22:20

estados-unidos-y-los-nazisLa CIA a garanti à des hauts dignitaires et tortionnaires Nazis un « refuge sûr » aux Etats-unis, révèle un rapport secret publié par le New York Times



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Extrait d'un article publié initialement dans le New York Times du 14 novembre 2010 et répercuté par le site CubaDebate



Une histoire secrète de l'opération de chasse aux Nazis du gouvernement des Etats-unis conclut que les responsables du renseignement Américain ont créé un « refuge sûr » aux Etats-unis pour les Nazis et leurs collaborateurs après la seconde guerre mondiale, et elle détaille des décennies de conflits, souvent dissimulés, avec d'autres nations sur le sort criminels de guerre ici et à l'étranger.



Le rapport de 600 pages, que le Département de justice a essayé de garder secret pendant quatre ans, fournit de nouvelles preuves sur plus d'une vingtaine parmi les cas les plus notoires de dignitaires Nazis sur les trois dernières décennies. (...)



Le rapport dresse la liste à la fois des succès et des échecs de la bande d'avocats, d'historiens et de chercheurs du Bureau des enquêtes spéciales (OSI) du Département de la justice, qui a été créé en 1979 pour extrader les Nazis.



Peut-être que les révélations les plus accablantes de ce rapport viennent de l'étude qui est faite de la collaboration de la CIA avec des émigrés Nazis. Des universitaires et de précédents rapports gouvernementaux avaient admis l'usage par la CIA de Nazis à des fins de renseignement après la guerre. Mais ce rapport va plus loin en nous informant sur le niveau de la complicité et de la tromperie Américaine dans de telles opérations.



Le rapport du Département de la Justice, décrivant ce qu'il appelle « la collaboration du gouvernement avec les persécuteurs », affirme que les enquêteurs de l'OSI ont appris que certains des Nazis « avaient reçu en toute connaissance de cause la permission d'entrer » aux Etats-unis, même quand les fonctionnaires étaient au courant de leurs antécédents. « L'Amérique, qui se targue d'être un refuge sûr pour les persécutés, est devenue – dans une certaine mesure – un refuge sûr pour les persécuteurs également », déclare-t-il.



Le rapport rend compte également des divisions au sein du gouvernement sur les efforts, et les écueils juridiques, concernant la prise en compte des témoignages des survivants de l'Holocauste datant d'il y a plusieurs décennies. Le rapport conclut également que le nombre de Nazis qui ont pu se réfugier aux Etats-unis était très certainement bien en-deça des 10 000, chiffre souvent cité par les responsables gouvernementaux.



Le département de la Justice a résisté à la publication de ce rapport depuis 2006. Sous la menace de poursuites judiciaires, elle a rendu une version lourdement expurgée le mois dernier à un groupe de recherche privé, le National security archive, mais même à ce moment-là, les partis les plus sensibles sur le plan légal et diplomatiques étaient omises. Une version complète a pu être obtenue par le New York Times.



Le Département de la Justice a déclaré que le rapport, produit de six années de travail, n'a jamais été formellement terminé et ne représente pas ses conclusions officielles. Il cite de « nombreuses erreurs factuelles et omissions », mais a refusé de spécifier où elles se trouvaient. (…)



von bronschwigEn retraçant les cas de Nazis qui ont été aidés par les agents du renseignement Américains, le rapport cite l'aide que les agents de la CIA ont apporté en 1954 àOtto von Bolschwing, un associé d'Adolf Eichmann qui avait contribué à développer les plans initiaux pour « purger l'Allemagne des Juifs » et qui a plus tard travaillé pour la CIA aux Etats-unis. Dans une série de notes de service, des responsables de la CIA débattent pour savoir quoi faire si von Bolschwing était attaqué sur son passé – soit nier toute affiliation Nazie soit « l'expliquer sur la base de circonstances atténuantes », affirme le rapport. (…)



Le rapport examine également le cas de Arthur L. Rudolph, un scientifique nazi qui gérait l'usine de munitions de Mittelwerk. Il a été amené aux Etats-unis en 1945 pour son expertise dans la fabrication de fusées dans le cadre de l'Opération Paperclip, un programme américain qui recrutait des scientifiques qui avaient travaillé en Allemagne nazie. Rudolph sera plus tard honoré par la NASA en tant que père de la fusée Saturne V.



Le rapport cite une note de service de 1949 du numéro 2 du Département de la Justice pressant des agents de l'immigration de laisser Rudolph revenir au pays après un séjour au Mexique, déclarant que si ce n'était pas le cas, cela « serait au détriment de l'intérêt national ».



Les chercheurs du Département de la Justice ont trouvé plus tard des preuves que Rudolph était engagé bien plus activement dans l'exploitation des travailleurs forcés à Mittelwerk que ce que lui ou les agents du renseignement Américains avaient admis, selon les dires du rapport. (…)



En 1980, les procureurs ont déposé une motion qui « dénaturait les faits » en affirmant que des vérifications dans les dossiers de la CIA et du FBI ne révélaient aucune information sur le passé Nazi de Tscherim Soobzokov, ancien soldat de la Waffen SS. En fait, selon le rapport, le Département de la Justice « savait que Soobzokov avait informé la CIA de ses liens avec la SS après son arrivée aux Etats-unis ». (…)



mengele4Le chapitre sur le Dr. Josef Mengele, un des Nazis les plus célèbres ayant pu échapper aux poursuites, détaille les efforts sophistiqués de l'OSI au milieu des années 1980 pour déterminer si il avait fui aux Etats-Unis et s'il pouvait être vivant.



Il décrit comment les chercheurs ont utilisé des lettres et des carnets apparemment écrites par le Dr.Mengele dans les années 1970, ainsi que des fiches dentaires Allemands et des annuaires Munichois pour suivre sa trace.



Après la mise en place des tests ADN, le morceau de cuir chevelu [conservé dans un tiroir d'un haut fonctionnaire du Département de la Justice]qui avait été rendu aux autorités Brésiliennes, s'est révélé être une preuve capitale pour établir que le Dr.Mengele avait fui au Brésil et y était mort en 1979 sans jamais être entré aux Etats-unis. (...)



demanjuk 505f5Un chapitre sur l'échec le plus médiatisé de l'OSI – l'affaire contre John Demanjuk, un ouvrier de l'automobile Américain à la retraite que l'on ait pas parvenu légalement à faire identifier comme le Ivan le Terrible de Treblinka – supprime des dizaines de détails, y compris une décision rendue par la Cour d'appel en 1993 qui a soulevé des accusations de caractère éthique envers certains hauts responsables du Département de la justice.

 

 

 

Cette section omet également un passage révélant que des émigrés Lettons sympathisants avec M.Demanjuk se sont secrètement arrangés pour que la poubelle de l'OSI leur soit livrés chaque jour entre 1985 et 1987. Les émigrés fouillaient les poubelles pour y trouver des documents classifiés qui auraient pu aider M.Demanjuk, qui est actuellement poursuivi dans un procès  à Munich, pour des accusations de crimes de guerre.



Mme Feigin, en charge du rapport, a déclaré qu'elle était abasourdie par la tentative du Département de la Justice de conserver secrète une part centrale de son histoire aussi longtemps. « C'est une histoire incroyable qui doit être racontée », a-t-elle déclaré.

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 01:17

fbiLe parti communiste des Etats-unis condamne la vague répressive sans précédent du FBI contre les militants pacifistes et les défenseurs des droits de l'Homme


 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le Parti communiste des Etats-unis (CPUSA) condamne fermement les raids du 24 septembre dernier effectués aux domiciles d'une dizaine de militants pacifistes et solidarité des peuples en lutte menés par le FBI et la Force d'intervention anti-terroriste conjointe ainsi que les assignations à comparaître devant un grand jury.



Les suspects n'ont pas encore été accusé du moindre crime.



La violation de leurs domiciles, la confiscation de boîtes d'objets contenant des dessins d'enfants, est un affront fait à chaque Américain. Elles mettent en danger le Bill of Rights (1).



Les raids se sont multipliés depuis qu'ont été prises une série de lois répressives, à partir de l'adoption de l'Acte sur l'anti-terrorisme et l'effectivité de la peine de mortau Congrès et sa ratification par le Président Clinton en 1996, ainsi que le Patriot Actadopté dans la précipitation au Congrès après le 11 septembre 2001. Ces dispositions ont ensuite été renforcées par l'arrêt récemment rendu par la Cour suprême, dominé par l'extrême-droite, dans l'affaire Holder vs Humanitarian Law project.



L'adoption de ces lois a été justifiée sur la base de la lutte contre le terrorisme. Toutefois, des pans entiers de ces lois et de leur mise en œuvre va bien au-delà de la lutte contre le terrorisme. Ils mettent en réalité en danger les libertés civiles.



Nous n'ignorons pas le danger réel du terrorisme. Les agences de sécurité du gouvernement des Etats-Unis ont la responsabilité de protéger le peuple Américain contre les agissements violents d'extrémistes.



Cependant, à plusieurs reprises, les agences de renseignement des Etats-unis ont été les instigatrices d'actes violents qui peuvent être qualifiés de terroristes eux aussi. Par exemple, dans la guerre menée par les Contra soutenus par les Etats-unis en Amérique Centrale au cours des années 1980, la CIA a écrit et distribué des manuels sur la manière dont se commettait des attentats ainsi que des actes terroristes.



Et plus récemment, le journal local Cleveland Plain Dealera découvert un enregistrement qui semble prouver qu'un agent du FBI avait ouvert le feu le premier dans la fusillade commise par la Garde nationale de l'Ohio contre les étudiants de l'université de Kent State, tuant quatre d'entre eux le 4 mai 1970.



Ces derniers raids du FBI n'ont rien à voir avec la protection du peuple Américain contre le terrorisme, et a tout à voir avec la suppression du droit à la liberté d'expression de ces militants. Ils se sont tous opposés aux interventions militaires en Irak et en Afghanistan et à la politique des Etats-unis envers les gouvernements de droite en Colombie et en Israël.



Cela a tout à voir avec la mise au placard de la longue tradition tant louée du droit à la contestation.



Le CPUSA parle avec autorité sur cette question. Pendant la période McCarthyste, notre parti a été criminalisé comme un agent étranger et accusé de prôner le renversement violent du gouvernement. Nos dirigeants et nos militants ont été traînés devant des grand jurys, emprisonnés, licenciés de leurs emplois et mis sur liste noire, leurs familles séparées et ostracisées.



Mais l'hystérie et la persécution McCarthyste visait le peuple des Etats-unis dans son ensemble, toute la gauche, les mouvements syndicaux et pacifistes. Son objectif était d'ouvrir la voie à des politiques de Guerre froide étrangères et nationales réactionnaires. Elles ont fortement restreint la démocratie et la liberté d'expression, entaché notre constitution et déformé le discours politique pendant une génération.



Grâce au peuple Américain, le McCarthysme a été vaincu et les tribunaux ont déclaré ces attaques anti-constitutionnelles.



Nous craignons une érosion similaire des droits constitutionnels si cette affaire devenait un précédent. Cela a des implications plus larges pour ceux qui s'opposent à différents aspects de la politique nationale et étrangère des Etats-unis, y compris les syndicalistes et les écologistes.



Le FBI a une longue histoire sordide de répression, remontant à sa création dans les années 1920 lors des raids Palmer (2). Elle a agi de manière notoire comme une agence voyou par exemple avec le mouvement pour les Droits civiques, prenant comme cibles Martin Luther King Jr., les militants pacifistes opposés à la guerre du Vietnam, ainsi que les activistes religieux et syndicalistes, les actions provocatrices et l'espionnage du COINTELPRO (3) sur des organisations et de nouvelles connections apparaissent au grand jour avec son implication dans la fusillade de Kent State.



Un récent rapport récent de l'Inspecteur général pointait les dérives d'un FBI espionnant des activités protégées par le Premier amendement entre 2002 et 2006, et le fait que le FBI n'était pas soumis à des mécanismes de contrôle interne pour prévenir les abus.



La « Liste de surveillance anti-terroriste » du gouvernement des Etats-Unis compte désormais plus d'un million d'Américains.



La décision de la Cour Suprême dans l'affaire Holder vs Humanitarian Law Project est vue par beaucoup comme une menace pour le Bill of Rights. Il a donné du crédit à la définition gouvernementale vague et large de l' « aide matérielle » apportée à des organisations terroristes. Cela peut inclure une aide qui n'est pas liée directement au terrorisme ou à des actes violents.



Le gouvernement peut désigner toute organisation comme terroriste, comme il l'avait fait avec l'African National Congress, l'organisation qui a mené la lutte contre l'apartheid en Afrique du sud.



Nous appelons le Département de la Justice à mettre fin à cet harcèlement dont sont victimes les militants de la cause de la paix et de la justice, et le Congrès à abroger les aspects anti-démocratiques et répressifs du Patriot Act. cpusa.jpg



Communiqué du Parti communiste des Etats-unis (CPUSA)



Notes:

 

 

(1) – Bill of Rights: Dix premiers amendements de la Constitution Américaine ayant trait aux libertés fondamentales.


(2) – Raids Palmer: série de raids menés en 1919-1920 contre les syndicalistes, communistes et radicaux américains aboutissant à des arrestations massifs et instaurant un climat de terreur dans le pays

 

(3) – COINTELPRO: programme du FBI actif jusqu'en 1971 et chargé d'espionner et de déstabiliser les organisations révolutionnaires comme le PC ainsi que les mouvements pour les droits civiques

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 15:16

t pobres estados unidos 12345 millions de pauvres aux Etats-Unis, 1 états-unien sur 7 sous le seuil de pauvreté


 

Chiffre record depuis les années 1960 et les premières estimations statistiques de la pauvreté aux Etats-Unis

 

 

 

Article de Tom Mellen dans le Morning Star, quotidien du PC Britannique



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le nombre de personnes aux Etats-Unis engluées dans la pauvreté est sur le point de connaître une hausse record, avec des taux de personnes en âge de travailler pauvres approchant les niveaux des années 1960 qui avaient poussé Lyndon Jonhson à lancer sa guerre contre la pauvreté.


 

Les chiffres du recensement de 2009 – la récession a plombé la première année de la présidence Obama – sont sur le point d'être publiés la semaine prochaine et les démographes s'attendent à de sombres conclusions.


 

On s'attend à ce que les données mettent à jour l'impact négatif sur le long-terme des politiques néo-libérales de l'ancien président George W.Bush.


 

Mais cela arrive à un mauvais moment pour le président Obama et son parti juste sept semaines avant des élections importantes où le contrôle du Congrès sera en jeu.


 

La hausse anticipée du taux de pauvreté – de 13,2% à 15% - pourrait être un nouveau coup dur pour les Démocrates qui luttent pour persuader les électeurs de les maintenir au pouvoir malgré le niveau élevé du chômage.

 

Vendredi, M.Obama a déclaré lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche que « le plus important effort que l'on puisse faire contre la pauvreté est de faire croître l'économie et de s'assurer que des emplois soient créés en conséquence ».


 

Il a réaffirmé son engagement à aider les travailler les travailleurs pauvres à atteindre un statut de « classe moyenne » - c'est-à-dire avec un niveau de vie décent – et a affirmé: « Si nous pouvons faire croître notre économie à un rythme plus élevé et créer plus d'emplois, alors tout le monde sera emporté dans ce cercle vertueux. »


 

D'interviews avec six démographes qui suivent de près l'évolution de la pauvreté ressort un consensus assez large sur le fait que les chiffres de 2009 devraient afficher une hausse significative du taux de pauvreté qui oscillerait désormais entre 14,7 et 15%.


 

Si ces estimations se révélaient exactes, près de 45 millions de personnes dans ce pays, soit plus d'une personne sur sept, étaient pauvres l'année dernière.


 

Cela serait la plus forte hausse de la pauvreté en une seule année depuis que le gouvernement a commencé à calculer les chiffres de la pauvreté en 1959.


 

Parmi la population en âge de travailler de 18 à 64 ans, les démographes s'attendent à des taux dépassant les 12,4%, contre 11,7% aujourd'hui.


 

Cela serait le maximum depuis au moins 1965, quand un autre président Démocrate, Lyndon Johnson, a lancé la guerre contre la pauvreté qui a étendu le rôle du gouvernement fédéral dans les programmes d'aides sociales, de l'éducation à la couverture sociale.


 

Avant que ses successeurs ne commencent à le démanteler, ce programme progressiste a permis de réduire le pourcentage de citoyens Etats-uniens noirs en-dessous du seuil de pauvreté, de 55% en 1960 à 27% en 1968.


 

Elise Gould, économiste du think tank « Economic policy Institute », a déclaré: « La grande récession poussera sûrement le taux de pauvreté pour les personnes en âge de travailler à son maximum depuis 50 ans, ce qui signifie qu'il est grand temps de lancer une nouvelle campagne contre la pauvreté ».

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 13:22

cpusa.jpgVieilles luttes dans une « Nouvelle ère » : le Parti Communiste des Etats-Unis dans les années 1960


Par Norman Markowitz, professeur d'histoire à Rutgers University, et membre du Parti Communiste des Etats-Unis



Traduit par AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net


 

Bien que la législation McCarthyste et le harcèlement gouvernemental ciblant le Parti Communiste et ses membres aient continué dans les années 1960, les dirigeants et les militants du parti ont contribué à l'émergence d'un nouveau mouvement de masse qui s'est développé en opposition à la réaction politique et la stagnation sociale due à la mise en œuvre des politiques internes et internationales de Guerre Froide. Les communistes ont aussi lutté pour ralentir la course aux armes nucléaires dont la seule issue idéologique logique était ce que l'historien marxiste Britannique E.P.Thompson appelait « l'exterminisme ».



Au cours de cette décennie, le mouvement des droits civiques/de libération des Noirs Américains, dans lequel les Communistes ont joué un rôle central depuis les années 1920, a servi de catalyseur pour tous les autres, rendant les tactiques de protestation de masse, interdites par les mesures de Guerre Froide, légitimes aux yeux de millions de personne.



La Guerre Froide se réchauffe



La « doctrine Truman » de 1948 a mondialisé la « diplomatie de la canonnière » comme fondement de « l'endiguement » de Guerre Froide. La Révolution Cubaine a constitué le premier défi régional à un impérialisme Américain apparemment invincible dans cette décennie. Jusque là, Cuba avait servi de modèle régional pour la « diplomatie de la canonnière » Etats-unienne, au nom de la « liberté » et de « l'auto-détermination », depuis la guerre Hispano-Américaine. Au Vietnam, les Etats-Unis ont créé « un État tampon », une « nouvelle Corée du Sud » en violation des accords de Genève de 1954. Cela a mené à une escalade militaire ultérieure devant la défaite qui se profilait et qui conduira à la mort de millions d'indochinois et de près de 60 000 soldats Etats-uniens. Les Communistes aux Etats-Unis ont mené campagne, comme ils l'ont toujours fait, contre le racisme et l'impérialisme dans cette nouvelle période, cherchant à impulser et à renforcer les mouvements de masse populaires.



L'escalade Etats-Unienne de la guerre au Vietnam en 1965 a coïncidé avec la marche arrière de l'administration Johnson sur sa « guerre contre la pauvreté » et les programmes de la Grande Société. Ces répercussions ont débouché à la fois sur les révoltes urbaines et la radicalisation politique et culturelle. Pendant ce temps, les Communistes ont lutté pour rallier les travailleurs aux campagnes pour les droits civiques et pour la paix et pour s'opposer à la fragmentation qui se développait dans le mouvement pour les Droits Civiques. Nombre d'entre eux ont cherché à aider la mise en œuvre du programme de Martin Luther King, dans sa tentative dans les dernières années de sa vie de porter le mouvement jusqu'aux villes du Nord et de centrer la campagne sur la lutte pour la justice économique et sociale, en développant une définition plus profonde et plus large des droits fondamentaux des citoyens Afro-Américains.



Angela Davis, une intellectuelle et universitaire Afro-Américaine, est venue au Parti Communiste à partir de ces luttes. En 1969, le Bureau des Régents de l'Université de Californie – sous les ordres de Reagan – a viré Davis de son poste d'enseignant à l'UCLA sous prétexte qu'elle était une Communiste. En 1970, elle est accusée de complicité dans une « conspiration » qui a mené à une fusillade dans un tribunal Californien et l'a contrainte à vivre cachée. Davis a obtenu comme « distinction » d'être la troisième femme sur la Liste des 10 Femmes les plus recherchées par le FBI. Un jury l'a déclaré non-coupable en 1972, en partie parce qu'un mouvement international s'est levé pour la défendre et l'aider à gagner le droit à un procès équitable au tribunal. Elle a plus tard gagné la bataille pour récupérer son poste d'enseignant à l'Université de Californie. Les deux événements ont été des grandes victoires contre la culture politique de Guerre Froide.



Angela Davis a résumé avec éloquence ce que voulait dire être un Communiste dans les années 1960 quand elle écrivait « comme étudiante, comme Américaine et comme Communiste, j'ai participé dans des luttes communes pour les libertés démocratiques, pour les droits civiques et pour la paix (…) Je suis un membre du Parti Communiste parce que je vois que ce Parti a des principes qui combinent une vision particulièrement éclairée de la société avec un sens de l'humanité et de la paix que je n'ai trouvé nulle part ailleurs. »



« [Le CPUSA se bat pour] mettre fin à la pauvreté » écrivait Davis, « mettre fin au racisme; mettre fin à l'intervention états-unienne au Vietnam et en République Dominicaine (...) Au nom du sacro-saint anti-communisme, ce gouvernement a mené des chasses aux sorcières, exécuté et incarcéré ses victimes. Il a mené des guerres, renversé des gouvernements (par la force et par la violence) (…) Il est temps d'affirmer le droit d'être un Communiste, le droit pour les Communistes à parler et à agir; et le droit du peuple Américain à écouter et à penser par lui-même. »



Le Parti et le mouvement étudiant



Gagner ces droits à parler et à agir en tant que Communistes restait une bataille difficile. Contrairement à d'autres à gauche, on n'accordait même pas aux Communistes ce que le vieux professeur de philosophie de Davis, Herbert Marcuse, appelait la « tolérance répressive », c'est-à-dire la création de niches marginalisées dans lesquelles les voix dissidentes pouvaient s'exprimer mais restaient suffisamment isolées pour les empêcher de parvenir à une quelconque influence sérieuse. Les Communistes devaient toujours batailler dur pour le respect le plus élémentaire du Premier Amendement.



Des leaders éminents du CPUSA, Gus Hall, Ben Davis et James Jackson, entre autres, ont lutté pour regagner le droit à s'exprimer sur les campus universitaires. Quand Ben Davis a été invité à prononcer un discours au City College de New York (CCNY) en 1958, les autorités lui ont brutalement nié le droit à s'exprimer et, pour les étudiants qui l'avaient invité, à l'entendre. Le FBI, dans le cadre de son programme Cointelrpo, avait fait de l'interdiction des discours du CPUSA sur les campus une priorité.



Mais les étudiants du CCNY n'avaient pas abandonné l'idée d'inviter Davis sur le campus. Davis a vaincu les autorités en gagnant le droit à s'exprimer au CCNY trois ans plus tard. Quelques années après ces événements, moi-même, étudiant au CCNY, l'ai vu s'exprimer lors d'un meeting du Club de Débat Marxiste (dont je dois dire, hélas, qu'en être membre me faisait peur à l'époque). Il était le premier Communiste que je voyais en chair et en os, et j'étais impressionné. Gus Hall, secrétaire-général du CPUSA, qui était une cible prioritaire du harcèlement du FBI (de manière honteuse, ils ont utilisé le fait qu'il avait été emprisonné sous l'Act Smith pour lui refuser tout une série de droits fondamentaux, y compris l'accès à un permis de conduire), a parlé à plus de 19 000 étudiants dans le cadre d'une tournée des universités de la Côte Pacifique en 1962. En parlant de cette tournée, Hall a insisté sur la performance mais l'a replacé dans un contexte Marxiste: « Les réalités des années 1930, c'était la Dépression et la montée du fascisme. Comparée aux réalités complexes de notre temps, elles était relativement simples. »



Hall poursuivit en disant que « cette magnifique nouvelle jeune génération » voulait le débat et non l'agitation, comprenant que le droit des Communistes à jouir du Premier Amendement n'était pas seulement fondamental pour respecter les droits de tous, mais était aussi un désir d'entendre les Communistes présenter leur analyse. Mais Hall devait admettre que les préjugés contre les Communistes étaient « énormes », étant donné le pouvoir qu'avait les milliards de dollars dépensés en propagande à la fois pour isoler le CPUSA et « déformer et créer la confusion dans la façon dont les Américains pouvaient comprendre le vrai problème, les vrais ennemis qu'ils avaient à affronter. » Hall voyait dans cet isolement « le véritable obstacle. Un élément qui sonne encore juste aujourd'hui (…) surtout si nous nous isolons nous-mêmes (…) Nous devons abattre le mur idéologique que nous avons construit entre nous-mêmes et les gens. »



Libération des Noirs Américains



Abattre les murs idéologiques a toujours été une partie importante du travail du Parti dans le mouvement de libération Afro-Américain. Claude Lightfoot, un leader Afro-Américain du parti à Chicago, que le FBI voyait comme une menace majeure, a écrit de manière très subtile sur les « rébellions des ghettos » dans une analyse importante publié par International Publishers en 1968 (La haine personne de J.Edgar Hoover pour Lightfoot provenait d'un rapport de surveillance indiquant qu'il avait dansé avec une femme blanche. Hoover se moquait de lui en privé en le traitant de « danseur »). A l'époque où l'ensemble de la presse établie les appelait « émeutes des ghettos » au mieux, « émeutes raciales » au pire. Lightfoot a insisté sur les causes et les facteurs sociaux, la pauvreté de masse, le chômage et l'absence de services publics – motivés par un racisme institutionnel – qui ont poussé tant de personnes dans les zones urbaines à exprimer leur mécontentement et à se révolter.



Si l'on veut vraiment comprendre ce qui se passait du côté de Watts à 1965 ou de Newark et de Detroit en 1967, The Daily Worker, édité par James Jackson, un important théoricien du mouvement de libération Noir, était probablement le meilleur endroit où aller. Ils n'étaient pas des Communistes dogmatiques dans leurs analyses, comme la légion de leurs ennemis établis n'ont cessé de le répéter.



Par exemple, dans un compte-rendu de la rébellion de Watts à Los Angeles en 1965, William Taylor, président de la Commission du CPUSA chargée de la Libération des Noirs, a écrit en termes positifs sur le livre de l'ancien président d'Harvard James Conant, Slums and Suburbs (Bidonvilles et banlieues), dans son analyse de l'événement comme une rébellion contre la pauvreté contre laquelle l'Administration Johnson avait déclaré la guerre. Taylor a aussi exprimé son approbation du travail de Michael Harrington, L'Autre Amérique (Harrington était un socialiste anti-communiste qui s'est opposé aux militants du CPUSA qui faisaient partie d'organisations de masse).



La militarisation est une question de classe



Les Communistes ont aussi pointé du doigt les fondements économiques de la politique militaire états-unienne dans la période. Bien que l'historien Richard Hofstadter (lui-même figure éminente de l'establishment libéral et ancien membre du Parti Communiste) ait parlé de « Keynésianisme militaire » quelques années auparavant, le théoricien du Parti Communiste Hyman Lumer avait traité la question du « Rôle Économique des Dépenses Militaires » à un Colloque sur le Désarmement en 1960, une année avant que Dwight Eisenhower ait utilisé le terme « complexe militaro-industriel » dans son Discours d'adieu de 1961 – une phrase et un concept qui retentit toujours à travers le monde.



Lumer soutenait que mis à part l'effet de stimulation de la demande à court-terme que cela aurait pu avoir, les dépenses militaires prenaient des fonds aux programmes sociaux nécessaires, « écoles, hôpitaux, logement à loyer modéré et autres besoins sociaux vitaux ».



Le désarmement était fondamentalement une question de classe, un domaine majeure de la lutte de classe aux Etats-Unis. En des termes qui sont plus d'actualité aujourd'hui qu'ils ne l'étaient même en 1960, Lumer concluait: « Puisque les effets [la stimulation de la demande par les dépenses militaires] sont temporaires et limités, ils peuvent seulement être prolongés par de nouvelles augmentations des dépenses militaires. Une telle ligne d'action, si elle est poursuivie jusqu'au bout, mène à la militarisation totale de l'économie, accompagnée par une paupérisation extrême des travailleurs. »



Cuba



La révolution Cubaine, initialement accueillie favorablement par un grand nombre d'Américains, alors qu'elle choisissait la voie socialiste, a déclenché les foudres des administrations Eisenhower et Kennedy. Le CPUSA a soutenu activement la révolution et souligné ses réalisations. Dans leurs groupes et organisations locales, les Communistes ont dénoncé le blocus lancé contre Cuba par l'administration Eisenhower, l'invasion désastreuse de la Baie des Cochons menée par l'administration Kennedy, et la crise Cubaine des missiles, qui a failli engendré une guerre nucléaire.



Pendant la crise des missiles, les Communistes ont travaillé avec une grande variété de militants pacifistes pour organiser des actions de protestation et des manifestations visant à arrêter l'escalade des tensions. En outre, le CPUSA a indiqué que la fin de la crise, qui a été saluée aux Etats-Unis comme une victoire sur l'Union Soviétique, devrait fournir la base d'une réflexion sobre. « Heureux d'être vivant, disent 10 000 personnes devant les Nations Unies », pouvait-on lire à la une du Worker à la fin de la crise. The Worker a également montré l'absurdité de la position de l'administration Kennedy puisqu'elle reposait en fait sur l'idée suivante: « Voulons-nous que l'Union Soviétique arrête, recherche ou coule nos bâteaux à destination des ports Turcs? Voulons-nous que la Chine arrête, recherche ou coule nos bâteaux à destination du Japon ou d'Okinawa? »



Plutôt que de dénoncer simplement la politique Etats-Unienne, the Worker, en réponse à la gravité de la situation, soutenait que « les différends avec Cuba pouvaient attendre des négociations et trouver un règlement à la table des négociations mais que la menace de guerre, que porte en lui ce blocus inconscient, ne peut attendre (…) [Nous lançons tous un appel pour] demander que le Président Kennedy respecte les sages conseils des Nations Unies d'entrer en négociations immédiates avec Cuba et l'Union Soviétique pour un règlement sensé et pacifique des questions en débat. »



Rétablir les libertés civiques



Les Communistes ont également contribué à la renaissance de l'intérêt dans le Marxisme, enracinée dans la vie réelle des années 1960. Les jeunes et les étudiants ont particulièrement trouvé un intérêt croissant dans les écrits et la pensée Marxiste, que les fanatiques de la Guerre Froide étaient parvenues à marginaliser pendant la période d'après-guerre. En 1964, Herbert Aptheker, historien éminent de l'esclavage et militant de premier plan du CPUSA, fondait l'Institut Américain d'Etudes Marxistes (AIMS) qui a aidé à soutenir les travaux qui permettraient au Marxisme d'avoir une audience aussi large que possible.



Les militants de la Jeunesse Communiste ont aussi fondé les Clubs d'Amérique W.E.B. Du Bois à San Francisco en 1964. Les clubs ont rapproché les étudiants et les jeunes travailleurs. Dès leurs débuts, les Clubs Du Bois étaient la cible privilégiée à la fois de la droite et du gouvernement Etats-Uniens. Quand le QG national des clubs Du Bois a été attaqué à l'explosif, le FBI a refusé d'enquêter sur l'accident. En 1967, dix ans après la mort de Joe McCarthy, le Département de la Justice a tenté de détruire les Clubs Du Bois. Cette même année, la Cour Suprême a entendu l'affaire les Clubs d'Amérique W.E.B. Du Bois contre Clark. Après que le ministre de la Justice Ramsey Clark a porté réclamation auprès du McCarthyste Bureau de Contrôle des Activités Subversives en en faisant une organisation du « Front Communiste », les Clubs ont contre-attaqué et ont poursuivi les dispositions concernant les organisations du « Front Communiste », en tentant des les faire invalider comme anti-constitutionnelles.



Bien que l'Acte McCarran ait été grandement affaibli au cours de la décennie précédente, et que beaucoup ont vu dans la manœuvre de Clark une tentative d'effrayer des membres potentiels du Club de le rejoindre, la majorité de la Cour a confirmé que le Département de la Justice avait le « droit » de défendre leur cause. Lors de cet arrêt, le juge William O.Douglas a exprimé avec éloquence une voix dissidente, rejoint par le juge Hugo Black. Ils ont écrit: « Les membres des Clubs Du Bois peuvent ou peuvent ne pas être Communistes. Mais, comme je l'ai dit, je ne vois pas de possibilités sous notre constitution de condamner quelqu'un parce qu'il a telle ou telle croyance. Les Clubs Du Bois peuvent défendre des causes qui rejoignent la pensée Communiste ou des activités communistes. Ils apparaissent, par exemple, comme défendant la fin des hostilités au Vietnam. Mais tant qu'il s'agit de plaidoyer, je ne vois pas de moyen constitutionnel de limiter leur liberté aussi longtemps que nous avons le premier amendement. »



La majorité du Tribunal n'a pas opposé d'objections philosophiques sur ce point, qui avait été développé depuis de nombreuses années – choisissant plutôt de s'attarder sur des questions procédurales. Ramsey Clark, ironiquement, des années après avoir quitté l'administration Johnson, est devenu le chantre d'initiatives et de politiques anti-impérialistes souvent plus radicales que celles pour lesquelles les Communistes ont été poursuivis. Une petite note comique à cette affaire, c'est que Richard Nixon a mené une campagne contre les Clubs Du Bois tellement loin que ses supporteurs ont commencé à dire que les « Boys Clubs d'Amérique » [sorte d'organisation de jeunesse charitable et conformiste] étaient une organisation Communiste!



Bien que la répression anti-communiste ait continué, les droits civiques des Communistes ont été peu à peu restitués. Une lutte importante à cet égard s'est concentrée autour de l'Acte Landrum-Griffin, un acte additionnel anti-communiste à l'Acte anti-ouvrier Taft-Hartley adopté en 1959 soi-disant pour combattre le « racket du travail. » Quand Archie Brown, membre de premier plan du CPUSA, a été élu au Bureau National de l'ILWU, il a été poursuivi et condamné à 6 mois de prison pour avoir gagné une élection, puisque les communistes se voyaient interdits d'occuper une quelconque position de direction syndicale. Cette fois, les avocats de l'ILWU, rejoints par ceux l'ACLU (qui ne défendait pas les droits des Communistes une décennie plus tôt), a gagné l'annulation de la décision soit inversée en cour d'Appel en 1964 avant de remporter une victoire éclatante à la Cour Suprême des Etats-Unis en 1965. Dans sa décision, le Juge suprême Earl Warren a déclaré que la loi telle qu'elle s'appliquait envers Archie Brown « constituait manifestement un Bill d'attainder ».



Dans le fond, toutes les lois anti-Communistes dès le début ont été des Bills d'attainder, c'est-à-dire des lois ciblant un individu ou un groupe et les privant d'une protection égale devant la loi. Pendant une génération, peu ont eu le courage de le dire. Désormais, le Juge en chef de la Cour Suprême le dit.



Dans la lutte contre la répression visant les Clubs Du Bois et les droits des travailleurs, les Communistes ont aidé à faire progresser la cause des libertés civiques et de la liberté d'expression aux Etats-Unis.



Enfin la paix?



Les Communistes ont également contribué fortement au développement du mouvement contre la guerre au Vietnam aux Etats-Unis. Alors que l'administration Johnson lançait l'escalade militaire en 1965, la militante du Parti Communiste Betty Gannett écrivait un pamphlet puissant, « Mettre fin à la guerre au Vietnam ». Elle y exposait une analyse historique concise de l'engagement des Etats-Unis au Vietnam – ce type d'analyse qui a aidé le mouvement pacifiste à se développer et qui est aujourd'hui est largement accepté dans une version édulcorée dans les textes d'histoire. Gannett y détallait le rôle du colonialisme Français, le soutien des Etats-Unis à la France dans sa guerre coloniale, juste après la seconde guerre mondiale, en Indochine, au mépris de l'histoire anti-coloniale des Etats-Unis, la violation des accords de Genève de 1954 et l'installation de Ngo Dinh Diem, un tyran du Nord sur le Sud à prédominance Bouddhiste, tout cela en se servant de sources issues des médias dominants



Avec un œil pour ce qui était important, Betty Garnett a cité l'éditeur du magazine Look, qui avaient ses entrées dans les hautes sphères du pouvoir et qui écrivait sur Diem: « Le Secrétaire d'Etat John Foster Dulles l'a choisi », retranscrivait-elle. « Le Sénateur Mike Mansfield (alors chef de la majorité démocrate) a donné son aval. Francis Cardinal Spellman, farouchement anti-communiste et soupçonné de corruption en tant que Cardinal du diocèse de New York l'a loué. Le vice-président Richard Nixon l'aimait et le Président Dwight D.Eisenhower le trouvait OK. » Plutôt, je dirais, la façon dont un membre du gouvernement est choisi en consultation avec les chefs de groupe au Sénat.



Les jeunes communistes ont joué aussi un rôle important dans le développement d'une opposition de la base à la guerre. En 1966, trois conscrits issus de la classe ouvrière, James Johnson, un Afro-Américain, Dennis Mora et David Samas refusèrent de servir au Vietnam et ont été traînés devant la cour Martiale. Mora était membre des clubs du Bois, et Johnson fut plus tard un des éditeurs du Daily World. Cette affaire est devenue une cause nationale encourageant la résistance à la conscription et l'opposition à la guerre au sein même de l'armée, bien que tous aient été traînés devant la cour martiale et condamnés à de longues peines de travaux forcés. Dans une affaire distincte, Donald Lockman, membre du club Du Bois de Philadelphie, fut condamné à une peine de 2 ans et demi dans une prison fédérale de très haute sécurité à Leavenworth pour avoir refusé d'aller au Vietnam.



Le mouvement ouvrier bascule dans le mouvement contre la guerre



La direction anti-communiste de l'AFL-CIO sous la coupe de George Meany a soutenu activement la guerre du Vietnam. Les Communistes ont travaillé pour organiser un bloc contre la guerre de gauche au sein du mouvement syndical. En novembre 1967, plusieurs membres du syndicat opposés à la guerre, soutenus par des syndicalistes de gauche de nombreux pays, ont tenu une Assemblée des directions syndicales pour la Paix des Dirigeants syndicaux, au cours de laquelle s'est exprimé le pasteur Martin Luther King.



En écrivant sur cette Assemblée, George Meyers, le secrétaire au Travail du CPUSA et ancien président du CIO du Maryland, a noté l'ampleur de ce rassemblement. On y trouvait des militants de la « vieille gauche » comme Harry Bridges de l'ILWU [International Langshore and Warehouse Union – syndicat de masse des dockers de la côte Ouest] et James Matles de l'UE [Syndicat des Electriciens], des anti-communistes de gauche comme Victor Reuther et Emil Mazey de l'UAW [United Auto Workers – le syndicat des travailleurs de l'Automobile], et d'autres militants syndicaux tels que Cleveland Robinson, président plein d'éloquence du Conseil Ouvrier Noir Américain. Parmi les intervenants, on trouvait Eugène McCarthy, sénateur démocrate du Minnesota, qui annoncera sa candidature pour l'investiture Démocrate à la présidentielle un mois plus tard (avec le soutien de nombre de ces syndicalistes). La candidature de McCarthy poussera l'administration Johnson à entreprendre une tentative très limitée de ralentir l'effort de guerre en mettant fin à trois ans de renforts continus, et d'entamer des négociations.



Meyers a également noté l'activité de Jay Lovestone, qui fut un temps secrétaire général du CPUSA et qui plus tard a glissé vers la droite et est apparu après guerre comme l'organisateur au sein de l'AFL-CIO, en relation étroite avec la CIA, des activités syndicales anti-communistes. Meyers l'appelait le « Secrétaire de la Guerre Froide » de George Meany. Lovestone avait essayé d'intimider les syndicales pour faire capoter l'Assemblée, déclarant que ce n'était pas « la pratique de l'AFL-CIO d'envoyer des représentants dans des assemblées organisées par d'autres, là où les véritables décisions étaient prises. »



Alors que le mouvement contre la guerre s'intensifiait, le mouvement ouvrier s'est engagé de plus en plus contre la guerre. Les Communistes en ont fait aussi une des questions majeures sur lesquelles ils pouvaient battre en brèche l'image du travailleur chauvin ou « réac » que les médias et la droite cultivaient, et qu'une bonne partie de la gauche culturelle acceptait, dénoncer ceux qui écrivaient que la classe ouvrière organisée était désespérément réactionnaire et raciste, les bénéficiaires du « privilège de la peau blanche. »



Le cap de la cinquantaine



Bien que les effectifs du CPUSA restent limités, le parti sentit qu'il pouvait proposer un candidat pour les présidentielles de 1968, pour la première fois depuis 1940. En dépit du fait que les cercles dirigeants continuaient à refuser systématiquement l'accès du CPUSA aux médias dominants et de déclarer que le « Parti Communiste était mort », la campagne de 1968 et la re-publication du journal du Parti, the Worker, en tant que qoutidien, the Daily Worker, était la preuve que la longue période de répression politique appelée McCarthysme, certes toujours pas morte, perdait de son pouvoir institutionnel, ainsi que de son pouvoir idéologique.



Alors que le CPUSA passait le cap de la cinquantaine, Richard Nixon, ce vieux casseur de rouge qu'Adlai Stevenson appelait à juste titre un « McCarthyste en col blanc », était président, cherchant à refouler tous les mouvements populaires et à rétablir le consensus de la guerre froide. Le CPUSA aura de nouveaux défis complexes à affronter dans la prochaine décennie avec l'épuisement de la longue période d'expansion économique entamée pendant la seconde guerre mondiale, et avec le développement de crises politiques et économiques encore plus complexes.

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 01:23

bush-obama-morphLes Etats-Unis d'Obama prolongent et étendent les dispositions du Patriot Act


Article du Morning Star, quotidien du PC Britannique, du vendredi 26 février


 

Traduit par AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

Les députés états-uniens ont voté l'extension des dispositions controversées du fameux Patriot Act datant de l'ère Bush, ce jeudi.



La Chambre des Députés a adopté le projet de loi par 315 votes contre 97, un jour après son adoption au Sénat.



Le Président Barack Obama devrait le rendre effectif ce week-end [c'est le cas depuis ce dimanche - NdT]



Des mesures de protection de la vie privée qui auraient limité le pouvoir du gouvernement à espionner les citoyens et à enregistrer leurs conversations ont été écartées après que les Démocrates au Sénat n'ont pu obtenir la super-majorité de 60% pour les faire passer.



Les députés ont renouvelé trois sections du Patriot Act, qui avaient initialement été adoptées dans la précipitation par les deux chambres du Congrès tout de suite après les attaques terroristes du 11 septembre.



Une d'entre elles autorise des écoutes téléphoniques, sous protection judiciaire, qui permettent la surveillance sur plusieurs postes téléphoniques.



Une autre permet de surveiller un soi-disant « loup solitaire », un citoyen non-américain supposé être impliqué dans des activités terroristes, tout en n'étant pas membre d'un groupe terroriste reconnu.



Et la très controversée section 215, connue comme la « disposition d'enregistrement des bibliothèques », permet aux agences gouvernementales d'avoir accès à l'historique de chaque individu dans les bibliothèques de tout le pays.



Le député Démocrate Dennis Kucinich a déclaré que, malgré des années d'abus constatés et documentés de ces dispositions sous l'administration Bush, « le Département de la Justice a tout fait pour mettre les hauts fonctionnaires de l'administration Bush hors d'atteinte d'une accusation pour espionnage domestique illégal en interdisant que toute poursuite soit menée contre eux ».



M.Kucinich a cité un article récent du New York Times qui rend compte du fait que la NSA [National Security Agency – agence de surveillance des systèmes d'information] avait intercepté des e-mail privés et des appels téléphoniques de citoyens états-uniens dans les derniers mois « sur une échelle allant bien au-delà des limites légales » et que la pratique était « importante et systématique ».



Il a affirmé que l'adoption de cette législation « continue de rendre le Congrès complice de ces violations de nos droits constitutionnels fondamentaux ».



M.Kucinich a insisté sur le fait que les membres du Congrès doivent jurer de protéger les droits et les libertés civiles garantis par la constitution des Etats-Unis.



« Nous avons la responsabilité d'exercer pleinement nos pouvoirs de contrôle et de réformer en profondeur le Patriot Act, en s'assurant que la vie privée et les libertés civiles de tous les Américains sont pleinement protégés », a-t-il déclaré, en mettant en garde contre le fait que les citoyens sont désormais les témoins de la montée d'un « Etat de surveillance Américain. »



« Nous en sommes venus à aimer plus nos peurs que nos libertés, » déplore M.Kucinich.





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