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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 01:17

fbiLe parti communiste des Etats-unis condamne la vague répressive sans précédent du FBI contre les militants pacifistes et les défenseurs des droits de l'Homme


 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le Parti communiste des Etats-unis (CPUSA) condamne fermement les raids du 24 septembre dernier effectués aux domiciles d'une dizaine de militants pacifistes et solidarité des peuples en lutte menés par le FBI et la Force d'intervention anti-terroriste conjointe ainsi que les assignations à comparaître devant un grand jury.



Les suspects n'ont pas encore été accusé du moindre crime.



La violation de leurs domiciles, la confiscation de boîtes d'objets contenant des dessins d'enfants, est un affront fait à chaque Américain. Elles mettent en danger le Bill of Rights (1).



Les raids se sont multipliés depuis qu'ont été prises une série de lois répressives, à partir de l'adoption de l'Acte sur l'anti-terrorisme et l'effectivité de la peine de mortau Congrès et sa ratification par le Président Clinton en 1996, ainsi que le Patriot Actadopté dans la précipitation au Congrès après le 11 septembre 2001. Ces dispositions ont ensuite été renforcées par l'arrêt récemment rendu par la Cour suprême, dominé par l'extrême-droite, dans l'affaire Holder vs Humanitarian Law project.



L'adoption de ces lois a été justifiée sur la base de la lutte contre le terrorisme. Toutefois, des pans entiers de ces lois et de leur mise en œuvre va bien au-delà de la lutte contre le terrorisme. Ils mettent en réalité en danger les libertés civiles.



Nous n'ignorons pas le danger réel du terrorisme. Les agences de sécurité du gouvernement des Etats-Unis ont la responsabilité de protéger le peuple Américain contre les agissements violents d'extrémistes.



Cependant, à plusieurs reprises, les agences de renseignement des Etats-unis ont été les instigatrices d'actes violents qui peuvent être qualifiés de terroristes eux aussi. Par exemple, dans la guerre menée par les Contra soutenus par les Etats-unis en Amérique Centrale au cours des années 1980, la CIA a écrit et distribué des manuels sur la manière dont se commettait des attentats ainsi que des actes terroristes.



Et plus récemment, le journal local Cleveland Plain Dealera découvert un enregistrement qui semble prouver qu'un agent du FBI avait ouvert le feu le premier dans la fusillade commise par la Garde nationale de l'Ohio contre les étudiants de l'université de Kent State, tuant quatre d'entre eux le 4 mai 1970.



Ces derniers raids du FBI n'ont rien à voir avec la protection du peuple Américain contre le terrorisme, et a tout à voir avec la suppression du droit à la liberté d'expression de ces militants. Ils se sont tous opposés aux interventions militaires en Irak et en Afghanistan et à la politique des Etats-unis envers les gouvernements de droite en Colombie et en Israël.



Cela a tout à voir avec la mise au placard de la longue tradition tant louée du droit à la contestation.



Le CPUSA parle avec autorité sur cette question. Pendant la période McCarthyste, notre parti a été criminalisé comme un agent étranger et accusé de prôner le renversement violent du gouvernement. Nos dirigeants et nos militants ont été traînés devant des grand jurys, emprisonnés, licenciés de leurs emplois et mis sur liste noire, leurs familles séparées et ostracisées.



Mais l'hystérie et la persécution McCarthyste visait le peuple des Etats-unis dans son ensemble, toute la gauche, les mouvements syndicaux et pacifistes. Son objectif était d'ouvrir la voie à des politiques de Guerre froide étrangères et nationales réactionnaires. Elles ont fortement restreint la démocratie et la liberté d'expression, entaché notre constitution et déformé le discours politique pendant une génération.



Grâce au peuple Américain, le McCarthysme a été vaincu et les tribunaux ont déclaré ces attaques anti-constitutionnelles.



Nous craignons une érosion similaire des droits constitutionnels si cette affaire devenait un précédent. Cela a des implications plus larges pour ceux qui s'opposent à différents aspects de la politique nationale et étrangère des Etats-unis, y compris les syndicalistes et les écologistes.



Le FBI a une longue histoire sordide de répression, remontant à sa création dans les années 1920 lors des raids Palmer (2). Elle a agi de manière notoire comme une agence voyou par exemple avec le mouvement pour les Droits civiques, prenant comme cibles Martin Luther King Jr., les militants pacifistes opposés à la guerre du Vietnam, ainsi que les activistes religieux et syndicalistes, les actions provocatrices et l'espionnage du COINTELPRO (3) sur des organisations et de nouvelles connections apparaissent au grand jour avec son implication dans la fusillade de Kent State.



Un récent rapport récent de l'Inspecteur général pointait les dérives d'un FBI espionnant des activités protégées par le Premier amendement entre 2002 et 2006, et le fait que le FBI n'était pas soumis à des mécanismes de contrôle interne pour prévenir les abus.



La « Liste de surveillance anti-terroriste » du gouvernement des Etats-Unis compte désormais plus d'un million d'Américains.



La décision de la Cour Suprême dans l'affaire Holder vs Humanitarian Law Project est vue par beaucoup comme une menace pour le Bill of Rights. Il a donné du crédit à la définition gouvernementale vague et large de l' « aide matérielle » apportée à des organisations terroristes. Cela peut inclure une aide qui n'est pas liée directement au terrorisme ou à des actes violents.



Le gouvernement peut désigner toute organisation comme terroriste, comme il l'avait fait avec l'African National Congress, l'organisation qui a mené la lutte contre l'apartheid en Afrique du sud.



Nous appelons le Département de la Justice à mettre fin à cet harcèlement dont sont victimes les militants de la cause de la paix et de la justice, et le Congrès à abroger les aspects anti-démocratiques et répressifs du Patriot Act. cpusa.jpg



Communiqué du Parti communiste des Etats-unis (CPUSA)



Notes:

 

 

(1) – Bill of Rights: Dix premiers amendements de la Constitution Américaine ayant trait aux libertés fondamentales.


(2) – Raids Palmer: série de raids menés en 1919-1920 contre les syndicalistes, communistes et radicaux américains aboutissant à des arrestations massifs et instaurant un climat de terreur dans le pays

 

(3) – COINTELPRO: programme du FBI actif jusqu'en 1971 et chargé d'espionner et de déstabiliser les organisations révolutionnaires comme le PC ainsi que les mouvements pour les droits civiques

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 15:16

t pobres estados unidos 12345 millions de pauvres aux Etats-Unis, 1 états-unien sur 7 sous le seuil de pauvreté


 

Chiffre record depuis les années 1960 et les premières estimations statistiques de la pauvreté aux Etats-Unis

 

 

 

Article de Tom Mellen dans le Morning Star, quotidien du PC Britannique



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le nombre de personnes aux Etats-Unis engluées dans la pauvreté est sur le point de connaître une hausse record, avec des taux de personnes en âge de travailler pauvres approchant les niveaux des années 1960 qui avaient poussé Lyndon Jonhson à lancer sa guerre contre la pauvreté.


 

Les chiffres du recensement de 2009 – la récession a plombé la première année de la présidence Obama – sont sur le point d'être publiés la semaine prochaine et les démographes s'attendent à de sombres conclusions.


 

On s'attend à ce que les données mettent à jour l'impact négatif sur le long-terme des politiques néo-libérales de l'ancien président George W.Bush.


 

Mais cela arrive à un mauvais moment pour le président Obama et son parti juste sept semaines avant des élections importantes où le contrôle du Congrès sera en jeu.


 

La hausse anticipée du taux de pauvreté – de 13,2% à 15% - pourrait être un nouveau coup dur pour les Démocrates qui luttent pour persuader les électeurs de les maintenir au pouvoir malgré le niveau élevé du chômage.

 

Vendredi, M.Obama a déclaré lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche que « le plus important effort que l'on puisse faire contre la pauvreté est de faire croître l'économie et de s'assurer que des emplois soient créés en conséquence ».


 

Il a réaffirmé son engagement à aider les travailler les travailleurs pauvres à atteindre un statut de « classe moyenne » - c'est-à-dire avec un niveau de vie décent – et a affirmé: « Si nous pouvons faire croître notre économie à un rythme plus élevé et créer plus d'emplois, alors tout le monde sera emporté dans ce cercle vertueux. »


 

D'interviews avec six démographes qui suivent de près l'évolution de la pauvreté ressort un consensus assez large sur le fait que les chiffres de 2009 devraient afficher une hausse significative du taux de pauvreté qui oscillerait désormais entre 14,7 et 15%.


 

Si ces estimations se révélaient exactes, près de 45 millions de personnes dans ce pays, soit plus d'une personne sur sept, étaient pauvres l'année dernière.


 

Cela serait la plus forte hausse de la pauvreté en une seule année depuis que le gouvernement a commencé à calculer les chiffres de la pauvreté en 1959.


 

Parmi la population en âge de travailler de 18 à 64 ans, les démographes s'attendent à des taux dépassant les 12,4%, contre 11,7% aujourd'hui.


 

Cela serait le maximum depuis au moins 1965, quand un autre président Démocrate, Lyndon Johnson, a lancé la guerre contre la pauvreté qui a étendu le rôle du gouvernement fédéral dans les programmes d'aides sociales, de l'éducation à la couverture sociale.


 

Avant que ses successeurs ne commencent à le démanteler, ce programme progressiste a permis de réduire le pourcentage de citoyens Etats-uniens noirs en-dessous du seuil de pauvreté, de 55% en 1960 à 27% en 1968.


 

Elise Gould, économiste du think tank « Economic policy Institute », a déclaré: « La grande récession poussera sûrement le taux de pauvreté pour les personnes en âge de travailler à son maximum depuis 50 ans, ce qui signifie qu'il est grand temps de lancer une nouvelle campagne contre la pauvreté ».

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 13:22

cpusa.jpgVieilles luttes dans une « Nouvelle ère » : le Parti Communiste des Etats-Unis dans les années 1960


Par Norman Markowitz, professeur d'histoire à Rutgers University, et membre du Parti Communiste des Etats-Unis



Traduit par AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net


 

Bien que la législation McCarthyste et le harcèlement gouvernemental ciblant le Parti Communiste et ses membres aient continué dans les années 1960, les dirigeants et les militants du parti ont contribué à l'émergence d'un nouveau mouvement de masse qui s'est développé en opposition à la réaction politique et la stagnation sociale due à la mise en œuvre des politiques internes et internationales de Guerre Froide. Les communistes ont aussi lutté pour ralentir la course aux armes nucléaires dont la seule issue idéologique logique était ce que l'historien marxiste Britannique E.P.Thompson appelait « l'exterminisme ».



Au cours de cette décennie, le mouvement des droits civiques/de libération des Noirs Américains, dans lequel les Communistes ont joué un rôle central depuis les années 1920, a servi de catalyseur pour tous les autres, rendant les tactiques de protestation de masse, interdites par les mesures de Guerre Froide, légitimes aux yeux de millions de personne.



La Guerre Froide se réchauffe



La « doctrine Truman » de 1948 a mondialisé la « diplomatie de la canonnière » comme fondement de « l'endiguement » de Guerre Froide. La Révolution Cubaine a constitué le premier défi régional à un impérialisme Américain apparemment invincible dans cette décennie. Jusque là, Cuba avait servi de modèle régional pour la « diplomatie de la canonnière » Etats-unienne, au nom de la « liberté » et de « l'auto-détermination », depuis la guerre Hispano-Américaine. Au Vietnam, les Etats-Unis ont créé « un État tampon », une « nouvelle Corée du Sud » en violation des accords de Genève de 1954. Cela a mené à une escalade militaire ultérieure devant la défaite qui se profilait et qui conduira à la mort de millions d'indochinois et de près de 60 000 soldats Etats-uniens. Les Communistes aux Etats-Unis ont mené campagne, comme ils l'ont toujours fait, contre le racisme et l'impérialisme dans cette nouvelle période, cherchant à impulser et à renforcer les mouvements de masse populaires.



L'escalade Etats-Unienne de la guerre au Vietnam en 1965 a coïncidé avec la marche arrière de l'administration Johnson sur sa « guerre contre la pauvreté » et les programmes de la Grande Société. Ces répercussions ont débouché à la fois sur les révoltes urbaines et la radicalisation politique et culturelle. Pendant ce temps, les Communistes ont lutté pour rallier les travailleurs aux campagnes pour les droits civiques et pour la paix et pour s'opposer à la fragmentation qui se développait dans le mouvement pour les Droits Civiques. Nombre d'entre eux ont cherché à aider la mise en œuvre du programme de Martin Luther King, dans sa tentative dans les dernières années de sa vie de porter le mouvement jusqu'aux villes du Nord et de centrer la campagne sur la lutte pour la justice économique et sociale, en développant une définition plus profonde et plus large des droits fondamentaux des citoyens Afro-Américains.



Angela Davis, une intellectuelle et universitaire Afro-Américaine, est venue au Parti Communiste à partir de ces luttes. En 1969, le Bureau des Régents de l'Université de Californie – sous les ordres de Reagan – a viré Davis de son poste d'enseignant à l'UCLA sous prétexte qu'elle était une Communiste. En 1970, elle est accusée de complicité dans une « conspiration » qui a mené à une fusillade dans un tribunal Californien et l'a contrainte à vivre cachée. Davis a obtenu comme « distinction » d'être la troisième femme sur la Liste des 10 Femmes les plus recherchées par le FBI. Un jury l'a déclaré non-coupable en 1972, en partie parce qu'un mouvement international s'est levé pour la défendre et l'aider à gagner le droit à un procès équitable au tribunal. Elle a plus tard gagné la bataille pour récupérer son poste d'enseignant à l'Université de Californie. Les deux événements ont été des grandes victoires contre la culture politique de Guerre Froide.



Angela Davis a résumé avec éloquence ce que voulait dire être un Communiste dans les années 1960 quand elle écrivait « comme étudiante, comme Américaine et comme Communiste, j'ai participé dans des luttes communes pour les libertés démocratiques, pour les droits civiques et pour la paix (…) Je suis un membre du Parti Communiste parce que je vois que ce Parti a des principes qui combinent une vision particulièrement éclairée de la société avec un sens de l'humanité et de la paix que je n'ai trouvé nulle part ailleurs. »



« [Le CPUSA se bat pour] mettre fin à la pauvreté » écrivait Davis, « mettre fin au racisme; mettre fin à l'intervention états-unienne au Vietnam et en République Dominicaine (...) Au nom du sacro-saint anti-communisme, ce gouvernement a mené des chasses aux sorcières, exécuté et incarcéré ses victimes. Il a mené des guerres, renversé des gouvernements (par la force et par la violence) (…) Il est temps d'affirmer le droit d'être un Communiste, le droit pour les Communistes à parler et à agir; et le droit du peuple Américain à écouter et à penser par lui-même. »



Le Parti et le mouvement étudiant



Gagner ces droits à parler et à agir en tant que Communistes restait une bataille difficile. Contrairement à d'autres à gauche, on n'accordait même pas aux Communistes ce que le vieux professeur de philosophie de Davis, Herbert Marcuse, appelait la « tolérance répressive », c'est-à-dire la création de niches marginalisées dans lesquelles les voix dissidentes pouvaient s'exprimer mais restaient suffisamment isolées pour les empêcher de parvenir à une quelconque influence sérieuse. Les Communistes devaient toujours batailler dur pour le respect le plus élémentaire du Premier Amendement.



Des leaders éminents du CPUSA, Gus Hall, Ben Davis et James Jackson, entre autres, ont lutté pour regagner le droit à s'exprimer sur les campus universitaires. Quand Ben Davis a été invité à prononcer un discours au City College de New York (CCNY) en 1958, les autorités lui ont brutalement nié le droit à s'exprimer et, pour les étudiants qui l'avaient invité, à l'entendre. Le FBI, dans le cadre de son programme Cointelrpo, avait fait de l'interdiction des discours du CPUSA sur les campus une priorité.



Mais les étudiants du CCNY n'avaient pas abandonné l'idée d'inviter Davis sur le campus. Davis a vaincu les autorités en gagnant le droit à s'exprimer au CCNY trois ans plus tard. Quelques années après ces événements, moi-même, étudiant au CCNY, l'ai vu s'exprimer lors d'un meeting du Club de Débat Marxiste (dont je dois dire, hélas, qu'en être membre me faisait peur à l'époque). Il était le premier Communiste que je voyais en chair et en os, et j'étais impressionné. Gus Hall, secrétaire-général du CPUSA, qui était une cible prioritaire du harcèlement du FBI (de manière honteuse, ils ont utilisé le fait qu'il avait été emprisonné sous l'Act Smith pour lui refuser tout une série de droits fondamentaux, y compris l'accès à un permis de conduire), a parlé à plus de 19 000 étudiants dans le cadre d'une tournée des universités de la Côte Pacifique en 1962. En parlant de cette tournée, Hall a insisté sur la performance mais l'a replacé dans un contexte Marxiste: « Les réalités des années 1930, c'était la Dépression et la montée du fascisme. Comparée aux réalités complexes de notre temps, elles était relativement simples. »



Hall poursuivit en disant que « cette magnifique nouvelle jeune génération » voulait le débat et non l'agitation, comprenant que le droit des Communistes à jouir du Premier Amendement n'était pas seulement fondamental pour respecter les droits de tous, mais était aussi un désir d'entendre les Communistes présenter leur analyse. Mais Hall devait admettre que les préjugés contre les Communistes étaient « énormes », étant donné le pouvoir qu'avait les milliards de dollars dépensés en propagande à la fois pour isoler le CPUSA et « déformer et créer la confusion dans la façon dont les Américains pouvaient comprendre le vrai problème, les vrais ennemis qu'ils avaient à affronter. » Hall voyait dans cet isolement « le véritable obstacle. Un élément qui sonne encore juste aujourd'hui (…) surtout si nous nous isolons nous-mêmes (…) Nous devons abattre le mur idéologique que nous avons construit entre nous-mêmes et les gens. »



Libération des Noirs Américains



Abattre les murs idéologiques a toujours été une partie importante du travail du Parti dans le mouvement de libération Afro-Américain. Claude Lightfoot, un leader Afro-Américain du parti à Chicago, que le FBI voyait comme une menace majeure, a écrit de manière très subtile sur les « rébellions des ghettos » dans une analyse importante publié par International Publishers en 1968 (La haine personne de J.Edgar Hoover pour Lightfoot provenait d'un rapport de surveillance indiquant qu'il avait dansé avec une femme blanche. Hoover se moquait de lui en privé en le traitant de « danseur »). A l'époque où l'ensemble de la presse établie les appelait « émeutes des ghettos » au mieux, « émeutes raciales » au pire. Lightfoot a insisté sur les causes et les facteurs sociaux, la pauvreté de masse, le chômage et l'absence de services publics – motivés par un racisme institutionnel – qui ont poussé tant de personnes dans les zones urbaines à exprimer leur mécontentement et à se révolter.



Si l'on veut vraiment comprendre ce qui se passait du côté de Watts à 1965 ou de Newark et de Detroit en 1967, The Daily Worker, édité par James Jackson, un important théoricien du mouvement de libération Noir, était probablement le meilleur endroit où aller. Ils n'étaient pas des Communistes dogmatiques dans leurs analyses, comme la légion de leurs ennemis établis n'ont cessé de le répéter.



Par exemple, dans un compte-rendu de la rébellion de Watts à Los Angeles en 1965, William Taylor, président de la Commission du CPUSA chargée de la Libération des Noirs, a écrit en termes positifs sur le livre de l'ancien président d'Harvard James Conant, Slums and Suburbs (Bidonvilles et banlieues), dans son analyse de l'événement comme une rébellion contre la pauvreté contre laquelle l'Administration Johnson avait déclaré la guerre. Taylor a aussi exprimé son approbation du travail de Michael Harrington, L'Autre Amérique (Harrington était un socialiste anti-communiste qui s'est opposé aux militants du CPUSA qui faisaient partie d'organisations de masse).



La militarisation est une question de classe



Les Communistes ont aussi pointé du doigt les fondements économiques de la politique militaire états-unienne dans la période. Bien que l'historien Richard Hofstadter (lui-même figure éminente de l'establishment libéral et ancien membre du Parti Communiste) ait parlé de « Keynésianisme militaire » quelques années auparavant, le théoricien du Parti Communiste Hyman Lumer avait traité la question du « Rôle Économique des Dépenses Militaires » à un Colloque sur le Désarmement en 1960, une année avant que Dwight Eisenhower ait utilisé le terme « complexe militaro-industriel » dans son Discours d'adieu de 1961 – une phrase et un concept qui retentit toujours à travers le monde.



Lumer soutenait que mis à part l'effet de stimulation de la demande à court-terme que cela aurait pu avoir, les dépenses militaires prenaient des fonds aux programmes sociaux nécessaires, « écoles, hôpitaux, logement à loyer modéré et autres besoins sociaux vitaux ».



Le désarmement était fondamentalement une question de classe, un domaine majeure de la lutte de classe aux Etats-Unis. En des termes qui sont plus d'actualité aujourd'hui qu'ils ne l'étaient même en 1960, Lumer concluait: « Puisque les effets [la stimulation de la demande par les dépenses militaires] sont temporaires et limités, ils peuvent seulement être prolongés par de nouvelles augmentations des dépenses militaires. Une telle ligne d'action, si elle est poursuivie jusqu'au bout, mène à la militarisation totale de l'économie, accompagnée par une paupérisation extrême des travailleurs. »



Cuba



La révolution Cubaine, initialement accueillie favorablement par un grand nombre d'Américains, alors qu'elle choisissait la voie socialiste, a déclenché les foudres des administrations Eisenhower et Kennedy. Le CPUSA a soutenu activement la révolution et souligné ses réalisations. Dans leurs groupes et organisations locales, les Communistes ont dénoncé le blocus lancé contre Cuba par l'administration Eisenhower, l'invasion désastreuse de la Baie des Cochons menée par l'administration Kennedy, et la crise Cubaine des missiles, qui a failli engendré une guerre nucléaire.



Pendant la crise des missiles, les Communistes ont travaillé avec une grande variété de militants pacifistes pour organiser des actions de protestation et des manifestations visant à arrêter l'escalade des tensions. En outre, le CPUSA a indiqué que la fin de la crise, qui a été saluée aux Etats-Unis comme une victoire sur l'Union Soviétique, devrait fournir la base d'une réflexion sobre. « Heureux d'être vivant, disent 10 000 personnes devant les Nations Unies », pouvait-on lire à la une du Worker à la fin de la crise. The Worker a également montré l'absurdité de la position de l'administration Kennedy puisqu'elle reposait en fait sur l'idée suivante: « Voulons-nous que l'Union Soviétique arrête, recherche ou coule nos bâteaux à destination des ports Turcs? Voulons-nous que la Chine arrête, recherche ou coule nos bâteaux à destination du Japon ou d'Okinawa? »



Plutôt que de dénoncer simplement la politique Etats-Unienne, the Worker, en réponse à la gravité de la situation, soutenait que « les différends avec Cuba pouvaient attendre des négociations et trouver un règlement à la table des négociations mais que la menace de guerre, que porte en lui ce blocus inconscient, ne peut attendre (…) [Nous lançons tous un appel pour] demander que le Président Kennedy respecte les sages conseils des Nations Unies d'entrer en négociations immédiates avec Cuba et l'Union Soviétique pour un règlement sensé et pacifique des questions en débat. »



Rétablir les libertés civiques



Les Communistes ont également contribué à la renaissance de l'intérêt dans le Marxisme, enracinée dans la vie réelle des années 1960. Les jeunes et les étudiants ont particulièrement trouvé un intérêt croissant dans les écrits et la pensée Marxiste, que les fanatiques de la Guerre Froide étaient parvenues à marginaliser pendant la période d'après-guerre. En 1964, Herbert Aptheker, historien éminent de l'esclavage et militant de premier plan du CPUSA, fondait l'Institut Américain d'Etudes Marxistes (AIMS) qui a aidé à soutenir les travaux qui permettraient au Marxisme d'avoir une audience aussi large que possible.



Les militants de la Jeunesse Communiste ont aussi fondé les Clubs d'Amérique W.E.B. Du Bois à San Francisco en 1964. Les clubs ont rapproché les étudiants et les jeunes travailleurs. Dès leurs débuts, les Clubs Du Bois étaient la cible privilégiée à la fois de la droite et du gouvernement Etats-Uniens. Quand le QG national des clubs Du Bois a été attaqué à l'explosif, le FBI a refusé d'enquêter sur l'accident. En 1967, dix ans après la mort de Joe McCarthy, le Département de la Justice a tenté de détruire les Clubs Du Bois. Cette même année, la Cour Suprême a entendu l'affaire les Clubs d'Amérique W.E.B. Du Bois contre Clark. Après que le ministre de la Justice Ramsey Clark a porté réclamation auprès du McCarthyste Bureau de Contrôle des Activités Subversives en en faisant une organisation du « Front Communiste », les Clubs ont contre-attaqué et ont poursuivi les dispositions concernant les organisations du « Front Communiste », en tentant des les faire invalider comme anti-constitutionnelles.



Bien que l'Acte McCarran ait été grandement affaibli au cours de la décennie précédente, et que beaucoup ont vu dans la manœuvre de Clark une tentative d'effrayer des membres potentiels du Club de le rejoindre, la majorité de la Cour a confirmé que le Département de la Justice avait le « droit » de défendre leur cause. Lors de cet arrêt, le juge William O.Douglas a exprimé avec éloquence une voix dissidente, rejoint par le juge Hugo Black. Ils ont écrit: « Les membres des Clubs Du Bois peuvent ou peuvent ne pas être Communistes. Mais, comme je l'ai dit, je ne vois pas de possibilités sous notre constitution de condamner quelqu'un parce qu'il a telle ou telle croyance. Les Clubs Du Bois peuvent défendre des causes qui rejoignent la pensée Communiste ou des activités communistes. Ils apparaissent, par exemple, comme défendant la fin des hostilités au Vietnam. Mais tant qu'il s'agit de plaidoyer, je ne vois pas de moyen constitutionnel de limiter leur liberté aussi longtemps que nous avons le premier amendement. »



La majorité du Tribunal n'a pas opposé d'objections philosophiques sur ce point, qui avait été développé depuis de nombreuses années – choisissant plutôt de s'attarder sur des questions procédurales. Ramsey Clark, ironiquement, des années après avoir quitté l'administration Johnson, est devenu le chantre d'initiatives et de politiques anti-impérialistes souvent plus radicales que celles pour lesquelles les Communistes ont été poursuivis. Une petite note comique à cette affaire, c'est que Richard Nixon a mené une campagne contre les Clubs Du Bois tellement loin que ses supporteurs ont commencé à dire que les « Boys Clubs d'Amérique » [sorte d'organisation de jeunesse charitable et conformiste] étaient une organisation Communiste!



Bien que la répression anti-communiste ait continué, les droits civiques des Communistes ont été peu à peu restitués. Une lutte importante à cet égard s'est concentrée autour de l'Acte Landrum-Griffin, un acte additionnel anti-communiste à l'Acte anti-ouvrier Taft-Hartley adopté en 1959 soi-disant pour combattre le « racket du travail. » Quand Archie Brown, membre de premier plan du CPUSA, a été élu au Bureau National de l'ILWU, il a été poursuivi et condamné à 6 mois de prison pour avoir gagné une élection, puisque les communistes se voyaient interdits d'occuper une quelconque position de direction syndicale. Cette fois, les avocats de l'ILWU, rejoints par ceux l'ACLU (qui ne défendait pas les droits des Communistes une décennie plus tôt), a gagné l'annulation de la décision soit inversée en cour d'Appel en 1964 avant de remporter une victoire éclatante à la Cour Suprême des Etats-Unis en 1965. Dans sa décision, le Juge suprême Earl Warren a déclaré que la loi telle qu'elle s'appliquait envers Archie Brown « constituait manifestement un Bill d'attainder ».



Dans le fond, toutes les lois anti-Communistes dès le début ont été des Bills d'attainder, c'est-à-dire des lois ciblant un individu ou un groupe et les privant d'une protection égale devant la loi. Pendant une génération, peu ont eu le courage de le dire. Désormais, le Juge en chef de la Cour Suprême le dit.



Dans la lutte contre la répression visant les Clubs Du Bois et les droits des travailleurs, les Communistes ont aidé à faire progresser la cause des libertés civiques et de la liberté d'expression aux Etats-Unis.



Enfin la paix?



Les Communistes ont également contribué fortement au développement du mouvement contre la guerre au Vietnam aux Etats-Unis. Alors que l'administration Johnson lançait l'escalade militaire en 1965, la militante du Parti Communiste Betty Gannett écrivait un pamphlet puissant, « Mettre fin à la guerre au Vietnam ». Elle y exposait une analyse historique concise de l'engagement des Etats-Unis au Vietnam – ce type d'analyse qui a aidé le mouvement pacifiste à se développer et qui est aujourd'hui est largement accepté dans une version édulcorée dans les textes d'histoire. Gannett y détallait le rôle du colonialisme Français, le soutien des Etats-Unis à la France dans sa guerre coloniale, juste après la seconde guerre mondiale, en Indochine, au mépris de l'histoire anti-coloniale des Etats-Unis, la violation des accords de Genève de 1954 et l'installation de Ngo Dinh Diem, un tyran du Nord sur le Sud à prédominance Bouddhiste, tout cela en se servant de sources issues des médias dominants



Avec un œil pour ce qui était important, Betty Garnett a cité l'éditeur du magazine Look, qui avaient ses entrées dans les hautes sphères du pouvoir et qui écrivait sur Diem: « Le Secrétaire d'Etat John Foster Dulles l'a choisi », retranscrivait-elle. « Le Sénateur Mike Mansfield (alors chef de la majorité démocrate) a donné son aval. Francis Cardinal Spellman, farouchement anti-communiste et soupçonné de corruption en tant que Cardinal du diocèse de New York l'a loué. Le vice-président Richard Nixon l'aimait et le Président Dwight D.Eisenhower le trouvait OK. » Plutôt, je dirais, la façon dont un membre du gouvernement est choisi en consultation avec les chefs de groupe au Sénat.



Les jeunes communistes ont joué aussi un rôle important dans le développement d'une opposition de la base à la guerre. En 1966, trois conscrits issus de la classe ouvrière, James Johnson, un Afro-Américain, Dennis Mora et David Samas refusèrent de servir au Vietnam et ont été traînés devant la cour Martiale. Mora était membre des clubs du Bois, et Johnson fut plus tard un des éditeurs du Daily World. Cette affaire est devenue une cause nationale encourageant la résistance à la conscription et l'opposition à la guerre au sein même de l'armée, bien que tous aient été traînés devant la cour martiale et condamnés à de longues peines de travaux forcés. Dans une affaire distincte, Donald Lockman, membre du club Du Bois de Philadelphie, fut condamné à une peine de 2 ans et demi dans une prison fédérale de très haute sécurité à Leavenworth pour avoir refusé d'aller au Vietnam.



Le mouvement ouvrier bascule dans le mouvement contre la guerre



La direction anti-communiste de l'AFL-CIO sous la coupe de George Meany a soutenu activement la guerre du Vietnam. Les Communistes ont travaillé pour organiser un bloc contre la guerre de gauche au sein du mouvement syndical. En novembre 1967, plusieurs membres du syndicat opposés à la guerre, soutenus par des syndicalistes de gauche de nombreux pays, ont tenu une Assemblée des directions syndicales pour la Paix des Dirigeants syndicaux, au cours de laquelle s'est exprimé le pasteur Martin Luther King.



En écrivant sur cette Assemblée, George Meyers, le secrétaire au Travail du CPUSA et ancien président du CIO du Maryland, a noté l'ampleur de ce rassemblement. On y trouvait des militants de la « vieille gauche » comme Harry Bridges de l'ILWU [International Langshore and Warehouse Union – syndicat de masse des dockers de la côte Ouest] et James Matles de l'UE [Syndicat des Electriciens], des anti-communistes de gauche comme Victor Reuther et Emil Mazey de l'UAW [United Auto Workers – le syndicat des travailleurs de l'Automobile], et d'autres militants syndicaux tels que Cleveland Robinson, président plein d'éloquence du Conseil Ouvrier Noir Américain. Parmi les intervenants, on trouvait Eugène McCarthy, sénateur démocrate du Minnesota, qui annoncera sa candidature pour l'investiture Démocrate à la présidentielle un mois plus tard (avec le soutien de nombre de ces syndicalistes). La candidature de McCarthy poussera l'administration Johnson à entreprendre une tentative très limitée de ralentir l'effort de guerre en mettant fin à trois ans de renforts continus, et d'entamer des négociations.



Meyers a également noté l'activité de Jay Lovestone, qui fut un temps secrétaire général du CPUSA et qui plus tard a glissé vers la droite et est apparu après guerre comme l'organisateur au sein de l'AFL-CIO, en relation étroite avec la CIA, des activités syndicales anti-communistes. Meyers l'appelait le « Secrétaire de la Guerre Froide » de George Meany. Lovestone avait essayé d'intimider les syndicales pour faire capoter l'Assemblée, déclarant que ce n'était pas « la pratique de l'AFL-CIO d'envoyer des représentants dans des assemblées organisées par d'autres, là où les véritables décisions étaient prises. »



Alors que le mouvement contre la guerre s'intensifiait, le mouvement ouvrier s'est engagé de plus en plus contre la guerre. Les Communistes en ont fait aussi une des questions majeures sur lesquelles ils pouvaient battre en brèche l'image du travailleur chauvin ou « réac » que les médias et la droite cultivaient, et qu'une bonne partie de la gauche culturelle acceptait, dénoncer ceux qui écrivaient que la classe ouvrière organisée était désespérément réactionnaire et raciste, les bénéficiaires du « privilège de la peau blanche. »



Le cap de la cinquantaine



Bien que les effectifs du CPUSA restent limités, le parti sentit qu'il pouvait proposer un candidat pour les présidentielles de 1968, pour la première fois depuis 1940. En dépit du fait que les cercles dirigeants continuaient à refuser systématiquement l'accès du CPUSA aux médias dominants et de déclarer que le « Parti Communiste était mort », la campagne de 1968 et la re-publication du journal du Parti, the Worker, en tant que qoutidien, the Daily Worker, était la preuve que la longue période de répression politique appelée McCarthysme, certes toujours pas morte, perdait de son pouvoir institutionnel, ainsi que de son pouvoir idéologique.



Alors que le CPUSA passait le cap de la cinquantaine, Richard Nixon, ce vieux casseur de rouge qu'Adlai Stevenson appelait à juste titre un « McCarthyste en col blanc », était président, cherchant à refouler tous les mouvements populaires et à rétablir le consensus de la guerre froide. Le CPUSA aura de nouveaux défis complexes à affronter dans la prochaine décennie avec l'épuisement de la longue période d'expansion économique entamée pendant la seconde guerre mondiale, et avec le développement de crises politiques et économiques encore plus complexes.

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 01:23

bush-obama-morphLes Etats-Unis d'Obama prolongent et étendent les dispositions du Patriot Act


Article du Morning Star, quotidien du PC Britannique, du vendredi 26 février


 

Traduit par AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

Les députés états-uniens ont voté l'extension des dispositions controversées du fameux Patriot Act datant de l'ère Bush, ce jeudi.



La Chambre des Députés a adopté le projet de loi par 315 votes contre 97, un jour après son adoption au Sénat.



Le Président Barack Obama devrait le rendre effectif ce week-end [c'est le cas depuis ce dimanche - NdT]



Des mesures de protection de la vie privée qui auraient limité le pouvoir du gouvernement à espionner les citoyens et à enregistrer leurs conversations ont été écartées après que les Démocrates au Sénat n'ont pu obtenir la super-majorité de 60% pour les faire passer.



Les députés ont renouvelé trois sections du Patriot Act, qui avaient initialement été adoptées dans la précipitation par les deux chambres du Congrès tout de suite après les attaques terroristes du 11 septembre.



Une d'entre elles autorise des écoutes téléphoniques, sous protection judiciaire, qui permettent la surveillance sur plusieurs postes téléphoniques.



Une autre permet de surveiller un soi-disant « loup solitaire », un citoyen non-américain supposé être impliqué dans des activités terroristes, tout en n'étant pas membre d'un groupe terroriste reconnu.



Et la très controversée section 215, connue comme la « disposition d'enregistrement des bibliothèques », permet aux agences gouvernementales d'avoir accès à l'historique de chaque individu dans les bibliothèques de tout le pays.



Le député Démocrate Dennis Kucinich a déclaré que, malgré des années d'abus constatés et documentés de ces dispositions sous l'administration Bush, « le Département de la Justice a tout fait pour mettre les hauts fonctionnaires de l'administration Bush hors d'atteinte d'une accusation pour espionnage domestique illégal en interdisant que toute poursuite soit menée contre eux ».



M.Kucinich a cité un article récent du New York Times qui rend compte du fait que la NSA [National Security Agency – agence de surveillance des systèmes d'information] avait intercepté des e-mail privés et des appels téléphoniques de citoyens états-uniens dans les derniers mois « sur une échelle allant bien au-delà des limites légales » et que la pratique était « importante et systématique ».



Il a affirmé que l'adoption de cette législation « continue de rendre le Congrès complice de ces violations de nos droits constitutionnels fondamentaux ».



M.Kucinich a insisté sur le fait que les membres du Congrès doivent jurer de protéger les droits et les libertés civiles garantis par la constitution des Etats-Unis.



« Nous avons la responsabilité d'exercer pleinement nos pouvoirs de contrôle et de réformer en profondeur le Patriot Act, en s'assurant que la vie privée et les libertés civiles de tous les Américains sont pleinement protégés », a-t-il déclaré, en mettant en garde contre le fait que les citoyens sont désormais les témoins de la montée d'un « Etat de surveillance Américain. »



« Nous en sommes venus à aimer plus nos peurs que nos libertés, » déplore M.Kucinich.





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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 15:25

communist-party-usaRépression McCarthyste et résistance communiste: Le Parti Communiste des Etats-Unis de 1949 à 1959


 

par Norman Markowitz, pour Political Affairs, mensuel du Parti Communiste des Etats-Unis


 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« Le procès-verbal montre que notre objectif, ainsi que la perspective de reconstituer le Parti Communiste, était de devenir une force ouvrière plus influente et plus efficace dans la lutte de l'après-guerre pour préserver notre peuple de la force et de la violence de la réaction monopoliste, des lynchages et de la guerre atomique (…) Probablement que la plupart d'entre vous, jurés, n'avaient jamais vu un Communiste en chair et en os avant de venir à Foley Square. Peut-être étiez-vous surpris de trouver à la direction de notre parti des descendants de Daniel Bonne, de John et Priscilla Alden ainsi que des descendants d'esclaves Noirs héroïques. Vous devez avoir noté que près de la moitié de ces témoins étaient des vétérans de la Seconde Guerre Mondiale (…) Personne n'a à être ni un communiste ni un sympathisant communiste, même un progressiste ou un syndicaliste pour reconnaître la différence entre des personnes de bonnes et de mauvaises intentions. Personne n'a à comprendre un seul principe Marxiste, ou à être en accord avec un seul mot écrit par Lénine, pour reconnaître la véritable conspiration symbolisée par cette persécution avec ses faux témoins; ou pour reconnaître que les accusés et les témoins de la défense soient des hommes et des femmes qui sont dévoués à la défense des intérêts du peuple Américain – Noirs et blancs, et cherchent à promouvoir la paix et le progrès démocratique. » Eugène Dennis, « Défense de votre liberté » (Procès à Foley Square/Smith Act, 1949), dans Highlights of Fighting History: 60 Years of the Communist Party, USA, p 280-281



Le plus grand procès politique de l'histoire américaine a commencé fin 1949. L'année précédente, l'administration Truman avait inculpé 12 membres du bureau politique du Parti Communiste pour 'conspiration', lorsqu'ils ont aidé à reconstituer le Parti Communiste en 1945, un événement public largement diffusé par la presse de l'époque.



William Z.Foster, le célèbre dirigeant du Parti Communiste, a été jugé séparément. Les 11 autres accusés ont dû affronter le juge fédéral Harold Medina, un vieux briscard de la politique qui se plaignait que des agents communistes tentaient, dans l'audience du tribunal, de l'hypnotiser. Medina s'est montré extrêmement méfiant envers la défense tout au long du procès. Mais tout était joué d'avance, puisque l'accusation et le juge avait soigneusement choisi le jury, tout comme dans d'autres grands procès politiques de l'époque – le second procès Hiss et le procès Rosenberg – pour s'assurer qu'ils n'auraient aucune sympathie envers les accusés et qu'ils ne seraient pas disposés à défendre les droits de ceux avec qui ils avaient des désaccords politiques.



Ces premiers procès sous les termes du Smith Act n'étaient que le début. Des procès ultérieurs se sont tenus après l'arrestation et l'incarcération de Elizabeth Gurley Flynn et d'autres dirigeants moins connus du Parti Communiste. Avec la guerre de Corée qui fait rage en 1950, le Congrès adopte l'acte McCarran dit de Sécurité Intérieure passant outre le veto de Truman. Son grand promoteur a été le sénateur de droite du Nevada, Pat McCarran, qui a plus tard servi comme modèle de sénateur corrompu dans le roman de Mario Puzo Le Parrain et dans le film « Le Parrain II »



La loi qui a inventé les catégories d'organisations « sous contrôle communiste » et « sous influence communiste » a mis en place un Bureau de contrôle des activités subversives pour forcer les responsables de ces organisations à s'inscrire et à présenter leurs listes d'adhérents au Bureau sous peine de devoir affronter de lourdes amendes ou des peines de prison. La loi a également créé une disposition spéciale, introduit à l'origine par le sénateur Démocrate libéral Hubert Humphrey, comme alternative au projet de loi, la constitution d'une liste d'individus à arrêter, sans procédure régulière d'arrestation, et placés dans des camps de détention en cas « d'urgence nationale ».



A côté des actes Smith et McCarran, les autorités locales et fédérales ont commencé à mettre sur la liste noire des fonctionnaires, des ouvriers, des gens de la culture, des scientifiques et des intellectuels que l'on pensait associés d'une manière ou d'une autre avec le Parti Communiste.



Rien de nouveau...



Les « Red Scares » (La peur des rouges) et la répression politique n'étaient pas quelque chose de nouveau aux Etats-Unis. En fait, le Parti Communiste s'est tout d'abord organisé dans un climat de terreur et de répression, financée par le patronat, contre la Gauche en 1919. Mais personne n'avait jamais encore vu quelque chose comme les méthodes répressives du gouvernement Américain dans les années 1950.



Les actes Alien et Sedition de la fin des années 1790 ont duré seulement quelques années. Les tentatives politiques pour enlever les droits constitutionnels des abolitionnistes avant la Guerre Civile ont connu un échec cuisant dans les états non-esclavagistes, et les Red Scares précédentes contre les organisations ouvrières ont été relativement clémentes.



Dans les années 1950, les dirigeants du Parti Communiste et certains de ces membres ont été contraints de se cacher, et le gouvernement a fini par incarcérer un certain nombre d'entre eux. Les responsables d'organisations qui ont refusé de se conformer aux dispositions de l'acte McCarran, qui exigeait d'eux qu'ils s'enregistrent et qu'ils fournissent une liste d'adhérents « subversifs », ont également été menacés d'emprisonnement. Durant toute la période, le Parti Communiste a refusé de s'inscrire selon les dispositions de l'Acte McCarran. La loi visait à isoler le Parti Communiste et toute autre organisation que le gouvernement désapprouvait. L'objectif fondamental de la loi était de créer une ligne de démarcation politique qui pouvait être tracé par les autorités fédérales pour « protéger » le grand public de la dissidence politique.



A l'échelle nationale, ces politiques ont fini par être associées à Joseph McCarthy, ce sénateur républicain originaire du Wisconsin, instable psychologiquement et alcoolique notoire. McCarthy s'est fait connaître au cours de l'hiver 1950, à l'extrême-droite de l'échiquier politique, lorsqu'il a lancé des accusations largement infondées contre des dizaines voire des centaines (les chiffres variaient constamment) d' « agents communistes » au sein du Département d'Etat. Ces subversifs étaient supposément responsables de tout depuis la Révolution Chinoise jusqu'à l'explosion d'une bombe atomique Soviétique. McCarthy s'est rapidement aperçu qu'il pouvait s'en sortir en continuant de lancer de telles accusations, que la presse diffusait consciencieusement. Il s'est également rendu compte que plus la charge était grossière et violente, plus son étoile brillait.



Le Parti Communiste a reconnu le danger particulier représenté par McCarthy, que les Communistes et les non-communistes, que ce soient aux Etats-Unis ou dans le monde, voyaient comme un leader fasciste potentiel. Ils ont aussi compris que les réactionnaires étaient en train d'utiliser de manière cynique les déclarations violentes de McCarthy pour passer du nouveau « consensus anti-communiste » (qui était déjà parvenu à saper le Bill of Rights et à entamer les forces ouvrières et progressistes) à l'hystérie la plus totale.


Ce qui est si remarquable à propos de cette répression, et si instructif pour les étudiants en histoire américaine, c'est sa longévité et son caractère multiforme. A la fin des années 1950, les décisions de la Cour Suprême ont affaibli l'Acte Smith et mis fin aux persécutions, et d'illustres figures comme Paul Robeson et W.E.B. Du Bois, à qui on avait refusé le droit à voyager à cause de leurs liens supposés avec le Parti Communiste, ont pu récupérer leurs passeports. Le gouvernement a continué à persécuter à la fois les Communistes et les anciens Communistes en vertu de l'acte McCarran, cependant. L'administration Kennedy, par exemple, a poursuivi en 1961 le Parti communiste pour ne pas s'être inscrit comme le prévoyait l'Acte McCarran, et est logiquement parvenu à accuser et faire condamner les dirigeants du parti Gus Hall et Benjamin Davis, tandis qu'ils infligeaient au parti une amende de 120 000 dollars. Davis est décédé en 1964, les poursuites contre Gus Hall et le Parti Communiste ont été finalement abandonné en 1966 et 1967, respectivement.



Résister à la répression



En général, les faits concernant la répression d'après-guerre sont bien connus. Bien moins connue, toutefois, est la résistance communiste et sa contribution d'une part au déclin du McCarthysme et d'autre part à la mise en échec du danger bien réel représenté par l'avènement d'un fascisme pur et dur, qui dans les années 1950 aurait apporté avec lui la probabilité d'une troisième guerre mondiale nucléaire.



Les Communistes ont adopté une politique que l'on pourrait appeler de « semi-clandestinité ». Une grande partie de la direction du Parti s'est trouvée soit dans la clandestinité soit dans la lutte pour sortir de prison. L'ensemble des adhérents du Parti ont dû affronter un harcèlement implacable de la part du FBI. Dans de nombreux cas, les Communistes ont été contraints d'abandonner les organisations qu'ils avaient aidé à construire dans les années 1940. Pendant toutes ces années, les Communistes ont lutté pour maintenir leur visée stratégique de long-terme, qui liait la lutte pour les droits des travailleurs avec la lutte pour la paix et contre le racisme.



McCarthyand CohnTout d'abord, regardons brièvement ce qui en est du déclin du McCarthysme. Les Communistes sont arrivés à obtenir un soutien populaire grâce à la campagne de masse « Joe Must Go » (Joe doit s'en aller), lancée initialement par des Républicains libéraux du Wisconsin en 1952, et ils ont continué à faire campagne même après la ré-élection de McCarthy au Sénat en 1952. McCarthy aimait à dire que le Parti Communiste avait inventé le terme McCarthysme, ce que, bien sûr, il ne cessait de répéter, dans son style tout à fait égocentrique. Bien que toute la carrière de McCarthy ne soit basée que sur des mensonges, il n'avait pas complètement tort à cet égard. Le « consensus anti-communiste » était ancré dans des politiques brutales de type dictatorial qui ont à la fois précédé McCarthy et qui ont survécu à sa chute, des actes mis en oeuvre par le FBI, des bureaucrates et des hommes politiques tout à fait hors de contrôle du jeune sénateur du Wisconsin.



Le « programme de loyauté » de Truman, la liste du Procureur Général, l'arrestation de la direction nationale du Parti, l'attaque raciste de la foule à Peekskill (New York) contre Paul Robeson et tolérée par l'Etat, ainsi que les purges et les listes noires, tout cela n'était que des violations de la Constitution Américaine et du Bill of Rights – qu'elles soient mises en oeuvre par des dirigeants syndicaux comme Walter Reuther, par le Président Démocrate Harry Truman, ou tolérées par l'Union des Libertés Civiles Américaines, qui refusait de défendre les communistes. Bon nombre de ces abus ont été justifiés publiquement par le fait que les Communistes devaient être purgés pour sauver les syndicats ou sauver les acquis sociaux, alors que les Communistes ont joué un rôle un rôle central pour les obtenir. Pour utiliser la fameuse description du Richard Nixon de 1952 par Adlai Stevenson, il y avait de nombreux « McCarthystes en col blanc », des McCarthystes respectables avec des positions institutionnelles qui tentaient justement d'institutionnaliser la répression.



Mais avec McCarthy, l'extrémisme et l'injustice de tout ce processus ne pouvaient plus être dissmulé. En concentrant toutes les attentions sur McCarthy et ses sbires, les militants du Parti Communiste ont donné à tout ce processus un nom et un visage et ont contribué à ce que l'ensemble de la gauche la combatte de manière plus efficace. Tout cela s'est déroulé dans un climat où les manifestations anti-McCarthystes dans les campus universitaires et les quartiers autour du slogan « Joe Must Go » - et plus tard la campaigne universitaire « Green Feather » (La plume verte – campagnée lancée dans l'université d'Indiana après que la rectrice de l'université ait envisagé d'interdire Robin des Bois de l'enseignement au nom de son message supposé communiste. En protestation, les étudiants ont adopté la plume verte de Robin des Bois comme signe dinstinctif)- ont été assez peu relayées par la presse, mais ces campagnes ont encouragé des libéraux tels que Edward R.Murrow à risquer de faire le jour sur certains abus de McCarthy à la télévision. A Milwaukee, par exemple, les militants du Parti ont imprimé et distribué plus de 20 000 tracts anti-McCarthystes, bien qu'ils aient été poursuivis et harcelés par des agents du FBI.



Les McCarthystes vont trop loin



Finalement, l'administration Eisenhower, elle-même menacée par la tentative de McCarthy d'obtenir une commission de l'Armée pour son homme de main G. David Schine, a rendu public certaines de ses activités, ce qui a conduit à des auditions télévisées qui ont sérieusement nui à l'image du sénateur.



L'anti-communisme, sous toutes ses formes, a été le principal obstacle à l'organisation d'une campagne anti-McCarthyste efficace. La droite a attaqué tous ceux qui ont refusé de courber l'échine face à la répression comme étant des « anti-anti-communistes », et beaucoup sont tombés dans le piège, contre-balançant leurs critiques sur les actions de McCarthy par des condamnations du mouvement Communiste. Truman a lancé cette mode en 1950 quand, en réponse à la première série d'accusations de McCarthy, il a caractérisé McCarthy comme étant « le meilleur atout du Kremlin ». De nombreux autres ont rejoint le choeur en prétendant que McCarthy, en sapant la confiance dans le gouvernement, « aidait les communistes ».



Harcelés par la droite, de nombreux politiciens Démocrates ont utilisé l'anti-communiste pour sauver leurs carrières. En 1954, candidat à sa ré-élection, le sénateur du Minnesota Hubert Humphrey, comme l'histoire le raconte, a été accosté par un homme qui ne cessait de le traiter de Communiste. Humphrey lui a répondu alors qu'il était un « anti-communiste », ce à quoi l'homme a pu répliquer, « Je me fiche de savoir quel type de communiste vous êtes ». Humphrey a consolidé sa base de soutien en parrainant une nouvelle législation anti-communiste, que la presse a crûment appelé: « L'Acte de contrôle des Communistes »



Pourtant, beaucoup de gens ont vu dans les élections de 1954 un référendum sur le McCarthysme. Les Démocrates ont repris le contrôle des deux chambres du Congrès, ce qui a été interprété judicieusement comme une défaite importante à la fois pour McCarthy et pour le McCarthysme. McCarthy a été rapidement abandonné par ceux qui l'avaient soutenu jusqu'alors et a sombré encore plus profondément dans l'alcoolisme qui devait le tuer trois ans plus tard. Mais McCarthy n'a pas changé. Il a continué à lancer de violentes accusations, et sans doute il était arrivé à croire à certaines d'entre elles, mais de moins en moins de personnes les prenaient au sérieux, désormais.



Les accusations du genre de celles que lançait McCarthy sont devenues un petit plus que de fragiles théories du complot. Par exemple, quand David Greenglass, dont le témoignage a envoyé sa soeur et son beau-frère, Ethel et Julius Rosenberg, à la chaise électrique en 1953 en tant qu' « espions Soviétiques » qui avaient volé « le secret de la bombe atomique », a porté l'idée en 1957, après le lancement du satellite Sputnik, que Julius Rosenberg avait donné la technologie spatiale aux Soviétiques, personne en dehors de l'extrême-droite a pris l'attaque au sérieux.



Ces déclarations tapageuses et ce genre de théories du complot ont en fait divisé le Parti Républicain. L'extrême-droite, y compris les industriels et les chefs militaires à la retraite enragés par le changement de politique qu'il voyait au sein de l'administration Eisenhower, a formé la société John Birch pour faire revivre le McCarthysme. Leur leader, le fabriquant de bonbons Robert Welch, a même prétendu que les manquements à la lutte contre le communisme et au combat pour la destruction de l'Union Soviétique fournissaient la preuve que le Président Eisenhower était un communiste. Certains des partisans de McCarthy ont proposé Welch comme candidat Républicain potentiel au début des années 1950. A la fin des années 1950, cependant, les méthodes McCarthystes, autrefois au cœur du Parti, ont été de plus en plus marginalisées à l'extrême-droite.



La disgrâce de McCarthy et le déclin du McCarthysme pouvaient également être vus à la manière dont agissait la direction du FBI, dans le cadre de son Programme de Contre-Espionnage (Cointelpro). Dirigé exclusivement contre le Parti Communiste, depuis sa fondation en 1956, le Cointelpro a mené des milliers de provocations contre les communistes. Mais il a été contraint de le faire en cachette, ce qui contrastait avec le harcèlement à visage découvert du Parti Communiste immédiatement après la Seconde guerre mondiale.



Ainsi, la campagne anti-McCarthyste du Parti communiste a contribué à sauver les Américains du cauchemar politique dans lequel voulait nous plonger l'aile McCarthyste de la droite.



La lutte continue



Les purges dans les syndicats ont été particulièrement dévastatrices pour les syndicalistes Afro-Américains, qui étaient dans leur immense majorité des militants de gauche. Les communistes avec d'autres ont organisé le Conseil ouvrier noir américain (National Negro Labor Council) en 1951, qui, s'il devait être de courte durée face à la persécution politique, a servi de centre de recrutement de militants Afro-Américains qui allaient plus tard se distinguer dans les luttes ouvrières ainsi que pour les droits civils. Les communistes ont également joué un rôle de premier plan avec une campagne aux Etats-Unis, et dans le monde entier, contre l'exécution de Julius et Ethel Rosenberg entre 1951, quand la peine de mort a été prononcée, et 1953 quand elle a été exécutée. William Patterson, grande figure communiste Afro-Américaine, a su emmener 3 000 manifestants à la prison de Sing Sing en 1953 où l'exécution se déroulait. Cet événement, que les médias ont refusé de couvrir, était un acte de grand courage, comme l'a été la manifestation beaucoup plus importante organisée à Union Square, à New York, alors que l'heure de l'exécution approchait.



Les communistes ont condamné l'intervention militaire Américaine en Corée et ont révélé au grand jour l'instrumentalisation de l'ONU par l'administration Truman, à une époque où peu à gauche se prononçaient sur la question. Dans ce qui a été probablement la plus grande réalisation du Parti Communiste dans la période, les adhérents du Parti et leurs alliés ont réuni 2,5 millions de signatures pour la pétition sur l'Appel de Stockholm contre la militarisation, la prolifération nucléaire et la guerre.



Les communistes ont apporté une contribution majeure à la lutte contre la terreur raciste qui s'est intensifiée dans les premières années de la Guerre Froide. Les communistes, blancs et noirs, aux côtés d'autres militants progressistes dans les syndicats et dans les organisations de quartier pour les droits civils se sont retrouvés dans une lutte sur deux fronts, pour la défense des droits civils des opprimés et pour leurs propres libertés civiles, alors même que des organisations majeures comme le NAACP était plus timides. Par exemple, le Congrès des Droits Civils (Civil Rights Congress – CRC), fondé par les Communistes et ses alliés après la Seconde guerre mondiale, s'est saisi de batailles juridiques majeures dans lesquelles la NAACP craignait de s'engager, et a aidé à rassembler des données sur les délits à caractère raciste à tel point que le CRC est devenu une cible privilégiée des attaques du FBI.



En 1951, le dirigeant du CRC William Patterson et Paul Robeson ont rendu leur « Nous accusons de Génocide: Pétition historique aux Nations Unies pour une enquête sur le crime du gouvernement des Etats-Unis contre le peuple Noir » au Bureau du Secrétaire-général des Nations Unies à New York. Alors que le document est resté largement ignoré ou, si ce n'est pas mentionné du tout, en tout cas méprisé par les médias américains dominants, il a été publié dans le monde entier et a introduit de nombreuses personnes, en particulier dans les nations émergeant du colonialisme, à la sordide histoire du racisme aux Etats-Unis. En dénonçant le racisme à la face du monde à une époque où les Etats-Unis combattaient, dans le cadre de la guerre froide, contre les mouvements de libération nationale, Communistes et anti-racistes, « Nous accusons de génocide » a contribué à faire de la question du racisme américain un boulet pour les Etats-Unis et a donc renforcé dans notre pays le développement du mouvement pour les droits civils.



Les communistes restent indissociablement liés au mouvement pour les droits civiques. En 1953, le Parti a proposé un nouveau programme centré sur la promotion de la lutte pour la libération de l'ensemble du peuple du Sud. Le leader du Parti, James Jackson, a rédigé « Le programme commun des peuples du Sud », qui a lié la question de l'abolition de la ségrégation à celle de la lutte contre les politiques anti-sociales et anti-démocratiques, et a montré comment le dépassement de telles politiques serait profitable économiquement et socialement à tous les travailleurs du Sud. Plus de 100 000 exemplaires du programme ont été distribués dans tout le Sud en une seule journée, une stratégie ingénieuse qui a réussi à contrer les tentatives du FBI et des racistes locaux pour empêcher la diffusion du document.



Les Communistes ont soutenu activement la campagne réussie de boycott des bus de Montgomery, une victoire qui a ouvert une nouveau chapitre dans la lutte pour l'égalité des Afro-Américains. L'école Highlander Folk, où les communistes ont joué un rôle important, a servi comme centre de formation des militants des campagnes pour les droits civiques à la fois avant et après Montgomery. Bien que l'historien Maurice Issermann et d'autres aient beaucoup écrit sur le rôle des « anciens membres du Parti » dans ces campagnes comme dans d'autres, le rôle capital joué par ceux qui n'avaient pas quitté le parti et par le parti lui-même n'a pas encore été suffisamment étudié en détail. Cela est dû, en grande partie, à une déformation de l'histoire du mouvement pour les droits civiques, qui vient de loin, et qui a été alimentée par l'idéologie et les politiques anti-communistes, pendant une période où toutes les attaques contre le Parti étaient acceptés sans même les sous-peser ou les mettre en doute.





La plupart de ceux qui ont quitté le Parti entre 1946 et 1956 l'ont fait à cause de la répression. Certains ont quitté la politique. D'autres ont continué à travailler avec d'anciens camarades dans de nouvelles organisations, comme la Lutte des Femmes pour la Paix. Les anti-communistes présents dans les mouvements pour la paix, les droits civiques, les organisations de jeunesse ainsi que les syndicats ont, cependant, constamment sapé ces organisations en consacrant tout leur temps et leur énergie à lutter contre « l'infiltration communiste ». Aussi, une fois que vous aviez gratté la surface du libéralisme anti-communiste de gauche, il devenait évident que leur opposition aux communistes était utilisée pour dissimuler leurs propres pratiques conservatrices ou leur opposition à l'activité militante sous n'importe quelle forme. Ainsi, ceux à la direction de groupes comme le Comité pour une politique nucléaire SAINE, les Etudiants pour une société démocratique, et dans d'autres organisations de masse, qui se définissent d'ordinaire comme des libéraux, ont en réalité été des conservateurs masqués qui recherchaient une légitimité de la part des institutions qu'ils étaient censés combattre. Comme leurs homologues dans les syndicats, cela ne faisait que les rendre plus hypocrites et plus virulents dans leurs attaques contre les communistes, et contre la gauche plus largement, que les conservateurs eux-même.



Ce qui est le plus remarquable sur cette période, c'est que des milliers de membres sont restés au Parti, même confrontés à une sévère répression.



Luttes entre factions



En 1956, un « rapport secret » du Secrétaire général du PCUS Nikita Khrouchtchev au 20ème congrès du Parti communiste de l'Union soviétique dénonce la politique de Joseph Staline et appelle à la «déstalinisation» des institutions soviétiques. Un transfuge polonais donne alors le rapport à la CIA, qui le publie immédiatement. En plus des critiques exprimées vis-à-vis de la politique soviétique en Pologne et en Hongrie, le discours a aussi produit des conflits entre factions et des pertes d'adhérents dans de nombreux pays et la constitution de partis communistes dissidents dans certains cas. Aux Etats-Unis, John Gates, éditeur du journal du Parti Communiste, le Daily Worker, a décidé de son propre chef que le discours de Khrouchtchev serait l'occasion pour émettre une série de critiques sur la direction et la ligne du Parti, provoquant dissensions et conflits au sein même des sections du Parti. Le FBI et les autres institutions policières ont vu dans ce conflit une grand succès de leurs activités puisqu'ils ont intensifié leur campagne pour semer la discorde dans le parti.



La lutte entre factions au sein du Parti Communiste a débouché sur une des plus dures périodes de répression qui a vu la majorité de la direction du parti emprisonnée ou poursuivie et les adhérents soumis à des attaques continues. Des dirigeants chevronnés du Parti à tous les niveaux, qui auraient pu être mieux armés pour organiser de larges débats dans le Parti sur les événements en Union Soviétique, se sont trouvés pris dans des batailles juridiques ou dans la clandestinité et incapable de répondre aux attaques de Gates. Alors que la lutte entre factions s'intensifiait, cela a fait la une des journaux dans tout le pays. Les luttes des communistes contre le McCarthysme, pour les droits des travailleurs, les droits civils et la paix étaient invisibles dans les médias américains pendant toutes ces années. Maintenant, cependant, des experts libéraux ou de la gauche autorisée ont pu avancer l'idée que cela signifiait la fin du Parti Communiste, et a pu proclamer son inutilité et affirmer qu'en quelque sorte, comme par magie, après qu'il a cessé d'exister, cela permettrait l'émergence d'une sorte de « gauche démocratique ».



A l'intérieur du Parti, Gates et ses partisans ont été désapprouvés et ont quitté le parti. D'autres ont suivi puisque les querelles internes couplées à la répression extérieure les avaient usé. Ces luttes n'ont pas signifié la fin du Parti Communiste, bien que l'histoire officielle a entretenu le mythe qu'il n'a plus, dès lors, joué un rôle important aux Etats-Unis.



La lutte entre factions a nui gravement au Parti à ce moment crucial. Les pertes d'adhérents ont affaibli le Parti Communiste à un moment où les forces progressistes se regroupaient autour des luttes pour les droits civils et pour la paix. Dans les luttes syndicales en particulier, les pertes d'adhérents ont limité la possibilité pour les Communistes et la gauche d'effectuer un retour en force à une époque où la clause anti-Communiste de l'Acte Taft-Hartley était rejetée dans les tribunaux



Le Parti Communiste a soutenu la fusion AFL-CIO en 1955 comme une nécessité face aux attaques contre les droits des travailleurs. Mais le parti a été très critique de l'échec des directions de l'AFL-CIO à porter les revendications salariales et de réduction du temps de travail, son soutien aux heures supplémentaires comme une rustine pour gonfler artificiellement les salaires des travailleurs syndiqués au lieu à la fois d'augmenter le salaire horaire et de créer des emplois, et son refus de mettre en avant des politiques qui réduiraient l'écart salarial entre les travailleurs blancs et Afro-Américains. Est-ce qu'un Parti Communiste plus grand et plus fort aurait utilisé sa présence dans les usines pour porter plus efficacement des politiques progressistes au sein de l'AFL-CIO sur la question des droits civils, des droits des travailleurs, et de la paix, ou de faire le lien avec les nouveaux mouvements sociaux qui ont fleuri dans les années 1960? Bien sûr. Mais nous pouvons aussi dire que la vision et la stratégie articulées par le Parti Communiste dans cette période difficile ont continué à offrir la meilleure voie pour un changement progressiste à long-terme. Pourtant, nous pouvons seulement imaginer ce que l'histoire aurait pu être si le Parti était parvenu à retrouver dans les années 1960 le même nombre d'adhérents et de sympathisants qu'il avait dans les années 1930.



A la fin de l'année 1959, alors que le Parti entrait dans sa cinquième décennie de vie avec de moindres forces, des millions d'Américains avaient répudié les conséquences du McCarthysme, incarnées dans un conservatisme sur la défensive et sclérosé dont les slogans de l'époque étaient « Ne faisons pas de vagues » ou « Pensons à nous d'abord ». Dans le même temps, des Démocrates typiques de la Guerre Froide comme le sénateur John F.Kennedy ont décidé de laisser la chasse au sorcière des années 1950 derrière eux et ont parlé « de remettre de nouveau le pays en ordre de marche », bien qu'il refusait de dire dans quelle direction et dans quel but. Rapidement, les sit-ins étudiants dans le Sud ont ouvert une nouvelle étape dans l'engagement pour le mouvement des droits civils, et les conflits de Guerre Froide à Cuba et au Viet-Nam ont donné un nouvel élan aux effortds pour la paix. Le Parti Communiste, toujours sous le feu des attaques massives des autorités fédérales, a commencé cette nouvelle période avec à sa tête trois vétérans communistes Gus Hall, Ben Davis et Elizabeth Gurley Flynn.



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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Etats Unis-Canada
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