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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 10:33

hands-off-cyprus.jpgCrise à Chypre : mise en échec des privatisations imposées par l'UE, chute du gouvernement ... grâce aux communistes ! 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La petite île chypriote est un grain de sable pour la « Troika » : ce vendredi, un plan de privatisation de trois entreprises publiques a été mis en échec par le Parlement, après des mobilisations populaires, le gouvernement a donné sa démission collective.



Peut-être n'est ce qu'un répit, mais au vu de l'affolement dans la presse économique européenne, c'est aussi un camouflet pour l'Union européenne, le FMI, les milieux financiers européens qui ont tenté d'imposer le bradage du patrimoine national chypriote.



« Nous n'accepterons pas le bradage du patrimoine national » (AKEL)



Le plan de privatisation de trois entreprises publiques majeures a été rejeté par le Parlement à 25 voix contre, 25 voix pour et 5 abstentions. Sur les 25 voix contre, 19 viennent des communistes de l'AKEL, 5 des socialistes de l'EDEK avec 1 écologiste. 5 parlementaires de droite se sont abstenus.



Le plan de privatisation est un élément-clé de l'accord conclu avec le FMI, l'UE l'an dernier de 10 milliards de $. Le leader du parti de droite DISY, Averof Neophytou, a réaffirmé que « les privatisations sont une nécessité ».



Le dirigeant du parti communiste AKEL a, lui, déclaré au Parlement qu'il n'accepterait pas « le bradage du patrimoine national », dénonçant le « chantage des prêteurs internationaux », visant l'UE et le FMI.



Le gouvernement a proposé ce vendredi la privatisation de trois fleurons nationaux : Cyprus Telecom (CyTA), l'Entreprise nationale électrique et les ports du pays, avec comme objectif de lever la somme de 1,4 milliards d'euros pour rembourser les créanciers européens.



Le gouvernement démissionne après le rejet du plan de privatisation



Le rejet de ce plan de privatisation s'inscrit dans le cadre d'une semaine de mobilisation populaire qui a culminé ce vendredi par une manifestation de plusieurs milliers de Chypriotes en colère, devant le Parlement, juste avant le vote.



Ce vendredi, les membres du gouvernement ont donné leur démission collective. Le président chypriote a accepté cette décision et devrait annoncer un nouveau Cabinet d'ici la mi-mars.



Le camouflet du vote contre le plan de privatisations au Parlement, ainsi que des désaccords dans la coalition gouvernement sur les pourparlers de paix autour de la « question nationale » expliquent cette crise politique.



AKEL : refus des privatisations, sortie de l'Euro et alternative à l'UE



AKEL s'est réjoui de cette victoire au Parlement et exige que le « le gouvernement respecte l'issue du vote (…) et ne fasse pas comme à l'accoutumée, méprisant le vote populaire ».



Les communistes chypriotes réaffirment à nouveau la nécessité « d'être ferme avec la Troika et de ne laisser passer aucune privatisation (…) nous sommes prêts à proposer des alternatives au bradage de notre patrimoine national ».



On se rappelle que l'AKEL avait décidé l'été dernier d'adopter officiellement la position de « sortie de l'Euro », après avoir appelé à une politique de rupture avec l'Union européenne et le FMI, faisant son auto-critique par rapport aux espoirs qu'elle avait pu avoir d'aménagement du cadre européen.



 

Un parti qui refuse les privatisations, exige de sortir de l'Euro, construit la mobilisation contre les politiques anti-sociales dans la rue et au Parlement : voilà ce dont nous aurions bien besoin dans la période, à Chypre et partout en Europe !

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 07:27

tsipras-schulz.jpgQuand SYRIZA et Alexis Tsipras mettaient leurs espoirs dans l'élection de François Hollande pour « changer l'Europe » !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ *

 

En ce début février, M.Alexis Tsipras était présent à Paris pour présenter sa candidature à la Commission européenne. Il n'avait pas de mots pour décrire sa déception face à la politique de François Hollande. Il faut dire qu'il avait fait sa campagne en 2012 … en Grèce !

 

Ce 3 février, Tsipras rendait publique sa profession de foi à Paris. Dans son discours, sept reprises, il a exprimé sa déception, son indignation, sa rage face à la politique de François Hollande, celle « du défenseur de la politique la plus à la droite que l'Europe ait subi ».

 

« Si le gouvernement Hollande était différent, l'Europe d'aujourd'hui serait différente » ! Avec des si …

 

Pourtant, Alexis ne peut éviter de nourrir la nostalgie de son rêve avorté d'un « Grand soir » électoral : « Si le gouvernement Hollande était différent, toute l'Europe d'aujourd'hui serait différente ! ». Avec des « si », on refonderait l'Europe !

 

Au moment de la crise de l'Union européenne, instrument de domination du grand capital discrédité auprès des peuples, il ne propose encore dans son discours que de « réunifier l'Europe », « reconstruire l'Union européenne », « changer l'Europe ».

 

Le tout sur la base d'un « New Deal » européen, un « Plan Marshall » pour l'Europe, un allégement de la dette semblable à celui de la RFA en 1953. De drôle de références à la fois keynésiennes et atlantistes, pour un candidat présenté comme « radical » dans la presse dominante.

 

On sait que ces derniers mois Alexis Tsipras n'a pas manqué de rassurer les grands de ce monde : le ministre de l’Économie allemand à Berlin, les responsables du FMI à Washington, jusqu'à envoyer une lettre à Mario Draghi, à Herman van Rompuy et José Barroso avec le même discours : « Je ne suis pas dangereux, je veux sauver l'Euro et l'Europe, aidez-moi ».

 

Alors pourquoi – lui qui sème encore tant d'illusions – expriment ces illusions perdues face à Hollande ? Il faut revenir sur les déclarations de SYRIZA, en particulier, de M.Tsipras entre 2010 et 2012 pour comprendre cet acte d'apostasie.

 

Hollande, Tsipras et le « vent du changement » en Europe

 

SYRIZA, en particulier Alexis Tsipras, avait depuis longtemps préparé le terrain opposant l' « Europe des Merkel-Sarkozy » au « vent du changement » que pouvait compter l'élection d'un président « de gauche » en France, pouvant faire basculer l'Europe à gauche.

 

Dès 2010, Tsipras disait qu'il « ne serait pas possible pour la Grèce d'avoir un gouvernement engagé dans le mémorandum si le ministre de l’Économie français déclarait que le pacte budgétaire devait être modifié ».

 

C'était le 17 mai 2010, devant le groupe parlementaire de SYRIZA. De quoi laisser un espoir de changer la situation en Grèce … si un gouvernement « progressiste » était élu en France !

 

Trois jours après, toujours en 2010, il ajoutait au Comité central de SYRIZA : « la volonté populaire est nécessaire pour sortir de la voie à sens unique des néo-libéraux ». Par néo-libéraux, il faut attendre Sarkozy-Markel. Par volonté populaire, vote bien sûr.

 

Si des doutes subsistaient, l'euphorie du côté de SYRIZA en 2012 – année électorale en Grèce comme en France – suffit à les dissiper. Pour Tsipras, l'élection de Hollande marquait le « vent du changement » capable de faire basculer l'Europe à gauche.

 

« Il y a une forte exigence de renverser les talibans du néo-libéralisme, je souhaite que cela vienne d'une victoire de Hollande en France »

 

L'égérie des plateaux télé, la députée Rena Dourou, responsable de SYRIZA aux Affaires étrangères, allait plus loin en mars 2012 quand elle disait de François Hollande :

 

« que le degré de son engagement à renégocier (le pacte d'austérité) dépendra en fin de compte du pourcentage du candidat du Front de gauche (…) qui permettra de peser de façon efficace sur Hollande (…) Si le résultat des urnes confirme les bons sondages, ce sera la preuve que l'unité de la gauche peut changer la donne – une leçon que n'a pas apprise le KKE chez nous ! »

 

Un autre dirigeant de premier plan de SYRIZA, Papadimoulis, pouvait rajouter une couche sur les ondes de Radio FM, le 4 mai, entre les deux tours : « il y a une forte exigence de renverser les talibans du néo-libéralisme, et je souhaite que cela vienne d'une victoire de Hollande en France ».

 

Si on continue dans l'image, Hollande est aux talibans du néo-libéralisme ce que Bush est à Ben Laden : son alter ego.

 

« Si j'étais Français, je ferais comme Mélenchon : je voterai Hollande au deuxième tour, sans conditions »

 

Et Tsipras lui-même, Qu'en pensait-il ?

 

Il défend Mélenchon dans un entretien avec le site protagon.gr le 4 mai, quand celui-ci annonçait qu'il voterait pour Hollande sans conditions au deuxième tour. « Je ferais pareil si j'étais Français »disait-il, « sans illusions ». Ces illusions, il les gardait pour le peuple grec !

 

Après la première place de Hollande au 1er tour, Tsipras criait au triomphalisme en conférence de presse, le 29 avril : « la mobilisation des peuples européennes devient une force de changement qui vient renverser les politiques destructrices de Sarkozy-Merkel ». Le changement, c'est maintenant !

 

Lors de sa rencontre avec Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 21 mai, juste après l'élection de Hollande, le sourire aux lèvres, Alexis Tsipras pouvait prophétiser :

 

« Il y a un vent de changement, une ambiance de rupture en Europe »… même si il conseillait amicalement à Hollande de « faire attention à ne pas devenir 'Hollandreou' ».

 

On était alors en Grèce dans la campagne pour les secondes élections législatives, qui virent SYRIZA faire un bond électoral de 4,5 % en 2009 à 26,9 % en 2012, à grand renfort de couverture médiatique et de transfuges du navire PASOK en train de prendre l'eau !

 

Tsipras pouvait conclure un meeting électoral place Omonia à Athènes, le 14 juin 2012 : « oui, l'Europe de Juin est bien différente de celle de Mai. L'atmosphère politique a changé ».

 

Que s'est-il passé entre mai et juin ? L'élection de François Hollande, porteur d'un « vent du changement », devait changer la France, changer l'Europe, offrir des perspectives au peuple grec. Deux ans après, que reste-t-il de ces illusions semées par Tsipras ?

 

Les modèles de Tsipras : Soares, Papandreou, Mitterrand, les fossoyeurs de l'alternative !

 

Le peuple grec continue à mourir sous les coups de l'austérité coordonnée par Merkel et Hollande – qui est venu en février 2013 pour encourager la poursuite des coupes sociales, des privatisations dont les monopoles français espèrent tirer profit.

 

Ce 3 février, M.Tsipras peut bien pester contre Hollande. Quelle est sa référence pour changer l'Europe ?

 

Lisons sa déclaration : l'Union de la gauche de 1981, menée par des « vrais socialistes » qui avaient pour nom Soares au Portugal, Papandreou en Grèce, Mitterrand en France : les fossoyeurs de l'espoir,les tueurs d'alternative en Europe.

 

Méfiance, face aux fausses alternatives, « veillons et armons-nous en pensée », comme disait le révolutionnaire allemand Georg Buchner !

 

* nous avons puisé dans les propos tenus par les dirigeants de SYRIZA dans les médias grecs, et nous remercions en cela nos camarades grecs de nous avoir indiqué certaines des déclarations citées ci-dessus

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 07:28

euro-greeceNoël à Athènes : les familles réduites au chauffage au bois ... pendant que les armateurs se chauffent aux cadeaux fiscaux !



Article d'Arnold Schultzer, pour Junge Welt (journal communiste allemand)





Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

 

Noël 2013 dans l'UE : lundi, la chancelière allemande Angela Merkel est à la une, à St-Moritz, pour deux semaines de vacances.

 

 

Le même jour, l'information nous parvient qu'en Grèce, après les dernières mesurées dictées par Berlin, votées la semaine dernière au Bundestag à la fois par le SPD et la CDU/CSU, dans 6 000 entreprises grecques, la prime de Noël est supprimée, ou leurs employés contraints de faire un faux témoignage, pour dire qu'ils ont reçu la prime.

 

Pour les retraités grecs, la prime de fin d'année est déjà supprimée depuis le début de la crise.

 

 

De longues queues se formaient lundi devant les sièges des bureaux de perception, de plus en plus de gens déclarent se séparer de leurs voitures.

 

 

Et le ministre de la Santé Adonis Georgiades a tiré la sonnette d'alarme parce que les pauvres, désespérés, se chauffent désormais avec du bois et que la pollution de l'air a pris des proportions alarmantes dans presque toutes les villes du pays.

 

 

Ce n'est pas la pauvreté qui l'inquiète, mais les particules d'air, le ministre ! S'il y a trop de particules, il n'y a qu'à mettre l'électricité à peu de frais à disposition des chômeurs et des pauvres qui en ont besoin.

 

 

Toutes les familles avec moins de 12 000 € devraient y avoir le droit. Chaque enfant supplémentaire élèverait la limite de 3 000 €.

 

 

Depuis 2009, le revenu en Grèce a diminué en moyenne, selon les syndicats, de près de 40 %.

 

 

Cependant, l'article 107 de la Constitution grecque n'a pas bougé : il garantit aux armateurs du pays une exemption d'impôt.

 

 

C'était le 6 décembre dans le Suddeutsche Zeitung : « Au début du mois de novembre, le gouvernement a forcé les armateurs à mettre la main à la poche pour la première fois, dans le cadre d'un nouveau plan d'austérité, à hauteur de 140 millions d'euros. »

 

 

Ils devraient s'en remettre. Cela correspond à un millième des bénéfices qu'ont fait quelque 700 familles dans les années 2000.

 

 

3760 navires appartiennent à des armateurs grecs, mais seulement 862 sont sous pavillon grec. Les bénéfices issus de la navigation internationale sont exemptés d'impôt, les navires grecs sont imposés selon une loi de 1957 non en fonction des gains, mais d'après le tonnage.

 

 

Les putschistes fascistes à la solde de l'OTAN avaient inscrit cette exemption fiscale dans la Constitution.

 

 

L'argent grec a ensuite été placé soit en Suisse soit dans l'immobilier, en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Il est là bien au chaud, chez les Merkel and co.

 

 

Sinon les données publiées lundi parlent d'elles-mêmes : selon les estimations de l'industrie automobile, on constate une perte d'un million de véhicules depuis 2009.

 

 

De janvier à novembre, les nouvelles immatriculations ont chuté de près de 40 %, pour atteindre les 55 000 véhicules. Il s'agit de la plus forte baisse au sein de l'Union européenne.

 

 

Dans une interview accordée à Bild, l'ancien chancelier Helmut Schmidt (SPD) a mis en garde, lors de son 95 ème anniversaire lundi, la crise de l'UE et de ses institutions rattrapera l'Allemagne l'an prochain « et mettra toutes les autres questions de côté ».

 

 

 

Il faudra un allègement de la dette de la Grèce, l'économie ne pourra pas être sauvée autrement.

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 15:13

akel.jpgLes communistes chypriotes (AKEL) critiquent l’hypocrisie des fonds de cohésion européens, « cheval de Troie de l’austérité »

 

 

Au moment où le Parti de la gauche européenne (PGE) se réunit à Madrid pour lancer son mot d’ordre de « refondation de l’Europe », axé sur l’exigence de ré-orienter les institutions européennes, et de créer des « fonds de solidarité européens », la position de l’AKEL dénonçant l’hypocrisie des « fonds de solidarité européens » est digne à être rappelée :

 

 

Communiqué du Parti des travailleurs chypriotes, l’AKEL

 

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

 

Le 20 novembre dernier, la session du Parlement européen a adopté de nouvelles règles pour la Politique de cohésion de l’Union européenne concernant la période allant de 2014 à 2020.

 

 

En ce qui concerne Chypre, nous considérons que lier les fonds de cohésion sociale avec la mise en place des réformes du Mémorandum est inacceptable.

 

 

Pas le moindre montant supplémentaire n’est accordé par l’UE à Chypre qui se trouve au beau milieu d’une crise profonde, qui va en s’intensifiant, en raison des mesures imposées par le Mémorandum.

 

 

Au contraire, même les montants prévus pour la période précédente, sont remis en cause.

 

 

Toute la philosophie des fonds de l’Union européenne est guidée par les « lois » de la pérennité et de la compétitivité des grandes entreprises. Nous faisons juste remarquer que, concernant les PME, toutes les entreprises employant jusqu’à 250 salariés sont comprises.

 

 

Clairement, l’analyse qui est faite n’est liée qu’à la situation économique des grandes entreprises et n’évoquent pas du tout les véritables petites entreprises, qui sont en lutte permanente pour la survie ou sont forcés par les monopoles à fermer leurs portes.

 

 

Nous soulevons la question suivante : avec quels fonds le gouvernement apportera sa propre contribution, étant donné que nous sommes accablés par ce cadre étouffant, pieds et poings liés comme pays par le Mémorandum ?

 

 

Même avec l’augmentation de la part de la contribution de l’UE, d’autres paramètres complexes doivent être pris en compte pour rendre ces programmes efficaces, des paramètres qui ne sont pas réunis.

 

 

 

AKEL a voté contre la philosophie des Fonds structurels pour la reconstruction car ils ne nous ressortent que les mêmes politiques néo-libérales, en échec, celles qui ont mené à l’approfondissement de la crise capitaliste, bien que nous n’ayons pas voté contre les programmes concrets, en affirmant notre propre position.

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 05:50

kke 390 1309Le Parti communiste grec dénonce les coupes dans la santé, les déremboursements de médicaments … et la fausse opposition de SYRIZA

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le gouvernement de coalition Nouvelle démocratie-PASOK, avec une bonne dose d’hypocrisie, a fait passer un amendement législatif prétendument pour garantir des médicaments bon marché à la population.

 

En réalité, l’objectif est de réduire les dépenses publiques pour l’assurance médicale, ce qui suppose des coupes brutales et la remise en cause d’une série d’avantages sociaux sur les médicaments, les examens, les soins infirmiers etc., touchant les couches populaires.

 

Avec les autres coupes comprises, les dépenses publiques pharmaceutiques seront réduites de 5,3 millions d’euros en 2009 à 2 milliards en 2014.

 

Globalement, les dépenses de santé dans le budget seront diminuées de 5,4 milliards en 2013 à 4,3 milliards d’euros en 2014. Une baisse de 19,7 %, une coupe de 1,1 milliard d’euros.

 

L’argent économisé par l’amendement gouvernemental n’est qu’à l’extrême marge sur les super-profits de l’industrie pharmaceutique, mais après une longue période où leurs profits ont augmenté, même dans un contexte de crise, et après que des mesures anti-populaires ont été prises, augmentant la somme d’argent que les patients devaient payer pour la santé.

 

Nous faisons remarquer qu’en Grèce, dans le contexte de la crise capitaliste, le secteur pharmaceutique a triplé ses profits nets en 2012, en comparaison avec 2011 (3,6 % contre 1,2%). Une nouvelle hausse des profits est attendue pour 2013.

 

Dans les six premiers mois, le volume de la production a augmenté de 10,7 %, selon les données de l’Institut statistique grec.

 

Dans ces conditions, des centaines de médicaments ont été retirés de la liste prise en charge par la Sécurité sociale, et les patients doivent désormais les payer à 100 % de leurs coûts. Il y a aussi des médicaments pour lesquels la contribution est passée de 0 à 10 ou 25 %.

 

Donc, tandis qu’il y a eu une diminution du prix des médicaments et une hausse de la diffusion des médicaments génériques qui sont moins chers, les patients en fin de compte payent encore plus pour acheter leurs médicaments.

 

Cela, à cause de l’augmentation rapide de la contribution de ceux remboursés par la Sécu, dont la prise en charge par le patient est passée de 9 % en 2010 à 24% aujourd’hui, et des hausses sont encore prévues dans un avenir proche.

 

La politique du gouvernement provoque des réactions, mais elles n’ont pas toutes les mêmes motivations.

 

L’opposition officielle, SYRIZA, a dénoncé le gouvernement qui s’en prend aux industries pharmaceutiques locales avec ces mesures en faveur des multi-nationales et a promis qu’un « gouvernement de gauche, patriotique », que ce parti entend former s’il remporte les élections, soutiendra l’ « industrie pharmaceutique nationale ».

 

Il est évident que SYRIZA ne s’oppose pas au gouvernement à partir des intérêts réels du peuple. Sa critique s’identifie et exprime ceux d’une fraction de l’industrie pharmaceutique qui cherche à maintenir ou développer ses parts de marché.

 

Sa position est une conséquence de son acceptation du médicament comme une marchandise produite par des groupes capitalistes.

 

Le KKE, qui considère que les médicaments doivent être un bien social et non une marchandise, a répondu « présent » et refusé à contribuer par un vote positif ou négatif pour une fraction du capital au sein du secteur pharmaceutique, pour faire plus ou moins de profits.

 

SYRIZA et le gouvernement sont les deux faces de la même pièce pour l’industrie pharmaceutique, et ses diverses fractions selon la formule de gestion qu’ils préfèrent pour leur développement capitaliste.

 

Ils sont pour des exonérations de cotisations salariales patronales et pour que les patients paient pour les médicaments et les services de santé et que seuls les plus démunis se voient accordés certains services gratuits par le biais des « réseaux de charité ».

 

Les travailleurs n’ont aucun intérêt à la controverse qu’exprime la lutte politique autour du prix gouvernemental.

 

Les travailleurs n’ont pas à choisir quelle fraction du capital les exploitera, qui leur fera dépenser tout leur argent pour acheter des médicaments, qui les fera chanter par la fourniture de médicaments afin d’engranger plus de profits.

 

La vraie question pour le mouvement populaire est de porter ses propres couleurs face aux groupes industriels, locaux ou étrangers, contre la ligne politique et les partis qui soutiennent ces groupes, et de lutter pour des médicaments gratuits pour tous, qu’ils aient une couverture sociale ou non, avec financement 100 % public.

 

Il doit lutter pour la voie populaire de développement comme perspective, avec socialisation de l’industrie pharmaceutique, organisation étatique de la recherche, de la production, de l’importation et de la libre distribution des médicaments par les hôpitaux publics et les centres de santé, et un réseau public de pharmacies dans tout le pays.

 

 

Quelque chose qui ne nécessite pas seulement un changement de gouvernement, mais un changement de la classe qui est au pouvoir.

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