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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclarations, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 06:28

protomagia-12.jpg1 er mai en Grèce : les travailleurs en première ligne pour la riposte, avec le syndicat de classe PAME



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Des milliers de manifestants à Athènes, Salonique et dans des dizaines de villes grecques ont participé à des manifestations lors de ce 1 er mai organisées par le Front militant des travailleurs (PAME).



Le PAME a organisé son rassemblement à Athènes dans la principale place de la ville, Syntagma, devant le Parlement.



Dans son discours principal, Giorgios Perros, membre du Secrétariat exécutif du PAME, a dénoncé le gouvernement turc qui a lancé l'assaut contre le 1 er mai des travailleurs à Istanbul.



G.Perros a fait également référence au 15 ème anniversaire de la création du PAME :



« Sa création a donné de la force, de la combativité, de l'espoir à la vie et l'activité du mouvement syndical. Il a contribué à la formation du mouvement sur des positions de classe et est devenu un pôle de rassemblement pour tous ceux qui subissent le joug des monopoles, de l'Union européenne et des partis qui estiment que l'UE et le cap du développement capitaliste sont la seule perspective ».



Il a ajouté qu' « il a contribué à la riposte commune et à la mobilisation de tous ceux qui subissent cette politique anti-populaire, dans l'optique du renforcement de l'alliance sociale des travailleurs, des petits commerçants et artisans, des petits paysans, des jeunes, des femmes ».



Giorgios Perros a précisé que « les mesures qui ont été prises, de réduction des salaires, des retraites, de casse de la sécurité sociale, de rallongement du temps de travail visent à gonfler les profits de la ploutocratie dans la phase d'expansion succédant à la crise, pour cette raison, elles ne sont pas temporaires. Elles sont faites pour durer ».



Il a révélé le fait que cette ligne politique n'est pas une erreur, mais reste le seul moyen pour le capitalisme de surmonter ses crises. Il a fait savoir que le cap du retour à la croissance capitaliste, la compétitivité et la profitabilité du capital exige des sacrifices encore importants de la part de la classe ouvrière.



« Nous ne devons pas laisser les travailleurs être dupés par les histoires qu'on nous raconte : du côté du gouvernement que les sacrifices sont terminés, ou ceux de l'opposition officielle que tout ce dont nous avons besoin pour que les loups deviennent des agneaux, est juste un changement de gouvernement ».



Il a ajouté que « la voie de la lutte pour mettre en échec ces politiques, qui sont fixées par l'UE et le grand capital, est la seule, elle a besoin d'un mouvement résolu, fort et responsable. Il est impératif de mener cette lutte et bien entendu dans la campagne pour les élections européennes, ces politiques doivent être le critère du vote, il faut sanctionner tous les partis qui soutiennent l'UE ».



Giorgios Perros a appelé les travailleurs à réaliser qu'ils peuvent changer la situation, qu'ils en ont les moyens, qu'ils peuvent compter les forces du PAME, PASEVE pour les travailleurs indépendants, PASY pour les agriculteurs, MAS pour les étudiants, OGE pour les travailleuses.



Par rapport aux élections du 18 et 25 mai, il a souligné que « notre intérêt est pour les forces qui soutiennent l'organisation de la classe ouvrière, ses luttes, que l'effort pour former une Alliance populaire en ressorte encore plus fort. Et elles continueront à se tenir aux côtés de ceux qui luttent ».



Il a mis en garde : « si ceci ne devait pas se produire, et que les travailleurs se retrouvent tiraillés parmi les pièges qui leur sont dressés, les choses ne feraient qu'empirer. Demain, ils devront affronter ces pièges. La ploutocratie gagnera le temps nécessaire pour se réorganiser et renouveler son personnel politique, afin de relancer son offensive, nous priver de toute perspective dans nos vies. Cela ne fera que renforcer la désillusion et la résignation parmi les travailleurs ».



Indiquant l'issue à cette situation, il a mentionné entre autres qu'aujourd'hui « toutes les conditions matérielles nécessaires existent pour un emploi stable permanent, pour une réduction du temps de travail et pour l'allongement du temps de loisirs, pour des services exclusivement publics dans la santé, l'éducation, le logement social, la culture et les sports, encore plus de temps libre, pour une des salaires et des retraites à la mesure des besoins populaires de notre temps. Nous pouvons vivre dans un monde qui corresponde à nos efforts, notre travail, nos attentes. Dans un monde qui ne serait pas tourmenté par les guerres, le chômage, les médicaments, le stress et l'insécurité. Où nous vivrons pacifiquement, humainement, sans exploitation de l'homme par l'homme, sans oppression et la barbarie du système dans lequel nous vivons ».

 

Déclaration du secrétaire-général du KKE

 

Une délégation importante du KKE, menée par le secrétaire-général du KKE, Dimitris Koutsoumpas a accompagné le cortège.

 

Dans sa déclaration, il a insisté sur les points suivants : « Nous lançons un message au renforcement des luttes ouvrières, populaires, pour le rassemblement du mouvement populaire et ouvrier à partir de ce 1 er mai place Syntagma. Nous lançons un appel au peuple pour qu'ils joignent ses forces à celles du KKE, renforce le KKE, pour que le peuple devienne plus fort, afin pour nous de créer la chose dont notre peuple, notre pays ont besoin aujourd'hui. Une forte opposition ouvrière et populaire qui ouvrira la perspective, avec l'alliance populaire, qui permettra enfin de briser les chaînes de l'UE, des monopoles, afin d'ouvrir une nouvelle voie où ce sera vraiment le peuple qui aura le pouvoir. »



Plus tôt, le secrétaire-général du KKE, Dimitris Koutsoumpas, à la tête de la délégation du parti a déposé une gerbe sur le peloton d'exécution de Kaisariani, en hommage aux 200 communistes exécutés là le 1 er mai 1944 par les Nazis.

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 05:34

greek-protesters.jpgLa Grèce, de la « faillite sanitaire » organisée par l'Union européenne à la « crise humanitaire »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La Grèce, laboratoire de la barbarie de l'Union européenne du capital. En 2004, Giscard louait les origines « grecques » de la civilisation démocratique européenne pour faire passer sa constitution anti-démocratique. Dix ans après, l'Europe détruit la civilisation grecque, ce qu'il pouvait en rester de démocratique.

 

Le rapport publié dans la prestigieuse revue médicale britannique « The Lancet », impliquant des chercheurs de Londres, Cambridge et Oxford ne nous apprend hélas pas de scoops, elle ne fait que confirmer, synthétiser l'ampleur du désastre humanitaire, de la crise sanitaire que vit la Grcèe.

 

« Greece's health crisis: from austerity to denialism », ce rapport publié en février dernier, ne permet plus le déni (denialism) face au développement de maladies que l'on croyait éradiquées, l'explosion des troubles psychologiques, des épidémies, de la mortalité infantile.

 

On a peine à croire que l'OMS classait encore au début des années 2000 le système de santé public grec parmi les 15 plus performants au monde, devant celui allemand ou britannique. Aujourd'hui, le système de santé grec est en « tiers-mondisation », résultat d'un choix politique.

 

Saigné par les mesures de rigueur imposées par la « Troïka », le gouvernement grec a réduit le budget de la santé grecque de près de 40 % depuis 2009. Pour la seule année 2014, le budget de la santé subit une baisse de 19 %, celui de la Sécurité sociale de 30 % !

 

Pour l'hôpital public, la saignée

 

Les premières victimes, les hôpitaux grecs dont le budget a baissé de 26 % entre 2009 et 2011, et qui va connaître une réduction de 32 % seulement en 2014. Ils manquent de tout : lits, médicaments, matériels de base – y compris seringues, compresses, gants – et personnel.

 

Sur les 132 hôpitaux que compte le pays, 50 sont menacés de fermeture d'ici l'an prochain. 12 hôpitaux publics ont déjà fermé leurs portes à Athènes et Salonique au nom des « restructurations-fusions ». L'intégralité des hôpitaux psychiatriques devrait être démantelés en 2015.

 

En termes de lits, 10 000 ont été supprimés depuis le début de la crise.

 

Seconde victime, les travailleurs de la santé, dont l'embauche en contrat permanent est gelé.

 

On estime que 35 000 travailleurs de la santé, infirmières, docteurs ont perdu leur emploi depuis le début de la politique d'austérité, en premier lieu les travailleurs en CDD. Selon l'OMS, 26 000 travailleurs de la santé, dont 9 000 médecins, pourraient être licenciés dans les prochaines années.

 

En quatre ans, le salaire des personnels de santé – médecins, infirmiers, aides – a subi des baisses allant de 30 à 100 %. Désormais, le recrutement des médecins hospitaliers se réalise à 1 000 € pour des horaires extensibles jusqu'à 48 h ou plus.

 

Troisième victime, les patients bien sûr. Selon le rapport de la revue « The Lancet », 800 000 Grecs seraient privés de toute couverture médicale. Le chiffre serait en réalité beaucoup plus élevé, sachant qu'en Grèce l'accès aux soins médicaux est conditionné au travail.

 

Selon le président de l'EOPYY (Instiut de sécurité sociale grec), Dimitris Kontos, ce seraient 3,1 millions de Grecs qui auraient perdu toute couverture médicale publique, soit près de 30 % de la population. Selon lui, 3,3 millions de personnes – notamment les commerçants au bord de la faillite – seraient sur le point de la perdre également.

 

Désormais, comme dans les pays du Tiers-monde, ce sont les ONG – tant locales qu'internationales – ainsi que les centres de santé communautaires qui constituent la seule alternative à cette faillite organisée du système public de santé.

 

au profit du privé, vive le serment d'Hypocrite !

 

A qui profite le crime ? On serait tenté de dire que le secteur privé subit la crise autant que le public, voire plus dans un pays où en 2010 près de 40 % des dépenses de santé étaient assurés par un secteur privé bien implanté dans les cliniques privées, centres de diagnostic, médecins libéraux.

 

En fait, l'emprise du secteur privé sur la santé grecque tend à se renforcer. D'une part, car le gouvernement – tout en diminuant les moyens accordés à l'hôpital public – continue de favoriser l'expansion des cliniques privées.

 

Ainsi, en 2012, comble du cynisme, le gouvernement grec parie encore sur le « tourisme médical », la marchandisation d'opérations cosmétiques ou bénignes (ex : chrirurgie esthétique), espérant faire venir en Grèce 100 000 touristes en cinq ans, attirés par l'expertise médicale grecque.

 

D'autre part, les cliniques privées ont affirmé, en octobre 2013, refuser désormais tous les « clients » assurés par l'organisme public de Sécurité sociale (l'EOPYY), pour la raison que l'EOPYY devait 800 millions de $ aux institutions de santé privées.

 

La marchandisation devient la norme, comme aux Etats-unis, présenter la carte bleue devient le passe pour espérer un traitement des pathologies les plus lourdes tels les cancers.

 

On se rappelle que le ministre de la Santé grec avait osé déclarer en 2013 que « les maladies comme le cancer ne sont pas considérées comme urgentes, sauf si vous êtes dans la phase avancée. » Avec un tel ministre de la Santé, vive le serment d'hypocrite!

 

Les déremboursements ont explosé depuis 2011, les patients devant prendre à leur charge en moyenne 25 % de leurs médicaments – plus 50 autres % si il n'est pas dans la liste de la Sécurité sociale.

 

Toutefois, la dette de l'organisme de Sécurité sociale envers les pharmaciens a poussé ces derniers à exiger des patients à « avancer » la somme intégrale de leur traitement. Ceux qui le peuvent, le font espérant un remboursement ultérieur, les autres qui ne peuvent pas payer se privent de traitement.

 

En 2011, le gouvernement avait augmenté le coût des consultations externes de 3 à 5 $. En 2014, il devait augmenter le coût de toute consultation médicale de 1 $, tout en faisant payer un forfait hospitalier de 25 $ par jour.

 

La responsabilité des grands laboratoires pharmaceutiques multi-nationaux ne peut non plus être minimisée, eux qui sont à l'origine d'une pénurie de médicaments en Grèce, aux conséquences désastreuses pour la santé des Grecs.

 

Les Roche, Pfizer, Sanofi, GSK fuient tous la Grèce, déclarée insolvable, empêchant la livraison de 200 médicaments parfois vitaux, ceux contre l'arthrose, l'hépatite C, le choléstérol, les anti-psychotiques, les anti-biotiques ou les produits anésthésiques.

 

Ces entreprises ont reconnu ne plus livrer de médicaments aux hôpitaux publics, aux pharmacies conventionnées en raison d'une dette de 2 milliards de $ contractée à partir de 2011, surtout face à la faible profitabilité du marché grec, la nécessité objective de casser les prix.



Enfin, la logique du privé s'impose de plus en plus dans les hôpitaux publics, celle de la tarification à l'activité, du « coût-profit » y compris au détriment de la vie humaine.



Le bilan, un « désastre humanitaire et sanitaire »

 

C'est le constat dressé dans l'article publié dans « The Lancet », il fait froid dans le dos, encore il s'appuie essentiellement sur les chiffres portant sur la période 2008-2011, et non sur la période maximale des coupes budgétaires, depuis 2011.

 

Ainsi, le nombre de personnes infectées par le virus du SIDA a doublé depuis 2008, passant de plus de 650 malades à 1 200 en 2012. Parmi les consommateurs de drogue, le chiffre a explosé, passant de 9 à 484.

 

En effet, les distributions de préservatifs, de seringues aux personnes dépendantes de la drogue – dans le cadre de travail de rue réalisé par les personnels de santé – ont chuté respectivement de 25 et 10 %, pour la seule année 2010.

 

Des maladies que l'on croyait disparues refont leur apparition. La malaria, que l'on imaginait éradiquée depuis 40 ans, se développe à nouveau en Grèce, avec la réduction des budgets locaux pour les dispositifs de prévention anti-moustiques.

 

Le virus du Nil occidental a également refait son apparition – pour les mêmes raisons. En 2011, il avait fait un retour foudroyant, contaminant une centaine de personnes, causant le décès de 9 résidents grecs.

 

L'indicateur souvent pris pour mesurer le degré de « développement » d'un pays peut nous aider à mesurer le degré de civilisation :le taux de mortalité infantile a grimpé de 43 % entre 2008 et 2010, après avoir connu une tendance séculaire à la baisse.

 

Le nombre de bébés souffrant d'un poids insuffisant à la naissance a augmenté de 19 % entre 2008 et 2010. On sait que le nombre d'enfants, par la suite, se rendant à l'école dans une situation de « précarité alimentaire » approche les deux-tiers, des chiffres bien supérieurs à ceux de pays africains comme le Malawi ou le Zimbabwe.

 

Enfin, la santé mentale des Grecs en pâtit, le taux de dépression dans la population a quasiment triplé, passant de 3 à 8 % entre 2008 et 2011. Le nombre de personnes ayant commis un suicide a augmenté de 45 % entre 2007 et 2011.

 

Au moment où la demande pour des aides psychologiques a augmenté de 120 % depuis le début de la crise, le gouvernement a déjà divisé par deux le soutien aux institutions publiques consacrées à la santé mentale.

 

Se souvenir du désastre sanitaire dans la transition au capitalisme en Russie

 

Le « traitement de choc » consacré à la Grèce n'est pas le premier. Nombre de pays africains, sud-américains, asiatiques ont connu les recettes miracles du FMI, elles l'ont payé par des tragédies humaines.

 

Comparaison adaptée, le traitement réservé à la Russie après la dissolution de l'URSS, le renversement du régime communiste, qui avait causé la vie à une million de personnes, selon une autre étude réalisée par la revue médicale « The Lancet » (voir ici : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-1-million-de-morts-imputables-directement-aux-politiques-de-privatisation-en-europe-de-l-est-apres-1989-39087819.html)

 

Une analyse extrêmement prudente, cherchant une corrélation directe entre privatisation de la santé et mortalité restreinte ici aux hommes en âge de travailler.

 

La conclusion du million de mort causé directement par la privatisation de la santé en Russie post-sovétique est donc sans doute sous-estimée. Certaines agences de l'ONU ont parlé de trois millions de morts. Où sont les pourfendeurs des « millions de morts » du communisme ?

 

En tout cas, le peuple grec, tout comme le peuple français, n'a qu'à regarder le sort tragique du peuple russe.

 

Les médecins, infirmières, personnels de santé, tout comme les usagers grecs ne s'y trompent pas. Eux qui mènent la lutte depuis quatre ans contre les fermetures d'hôpitaux, les licenciements dans la santé, les déremboursements.

 

Ce 27 mars, les pharmaciens ont lancé une grève de 24 heure contre le projet de la « Troika » d'accorder des licences à des chaînes de pharmacie privées, ou à des points de vente dans les supermarchés du pays.

 

La lutte continue en Grèce pour redonner au « serment d'Hippocrate » sa raison d'être, en repoussant toute logique de marchandisation de ce besoin inaliénable de l'homme, la santé !

 

Source du rapport publié dans la revue « The Lancet » : http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2813%2962291-6/abstract

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 07:03

euro-greeceLa Commission européenne autorise le gouvernement grec à vendre des produits périmés en Grèce !

 

Article JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La nouvelle est passée quelque peu inaperçue en fin d'année dernière, l'occasion de la rappeler. Elle dépasse les limites de l'horreur en Grèce, pays où depuis le début de la saignée orchestrée par l'UE et le FMI prolifèrent les maladies que l'on pensait éradiquées en Europe.

 

Vendre des produits périmés dans les super-marchés : c'est légal en Grèce depuis le 1er septembre 2013, alors qu'a été modifié en ce sens le code de réglementation de la grande distribution, ce que révélait le site EurActiv dès l'été dernier.

 

Pour le gouvernement grec, c'est la solution miracle : de quoi casser les prix, doper les ventes des commerçants, relancer la consommation … quitte à jouer avec la santé et la vie des Grecs.

 

Cette mesure a suscité l'indignation de la population. Le gouvernement a tenu à rassurer la population, attention, les produits seront étiquetés et devront être à tarif réduit. Les Grecs auront-ils une réduction à l'hôpital ou à la morgue, après avoir ingurgité de telles insanités ?

 

Les responsables de la Comission européenne à la Santé et à la Sécurité donnent leur feu vert !

 

Surtout, le gouvernement a tenu à faire savoir que « ce nouveau code est tout simplement plus conforme à la réglementation de l'Union européenne », de la bouche du vice-ministre grec au développement, Athanasios Skordas.

 

En effet, le gouvernement a garanti qu'il avait consulté divers responsables de la Commission à la santé et à la sécurité qui leur ont donné leur feu vert, confirmant que cette mesure ne rentrait pas en contradiction avec la législation communautaire (sic).

 

On se souvient du scandale touchant l'Agence de sécurité alimentaire européenne, la majorité des «  experts » étant liés aux grandes entreprises de l'agro-alimentaire, dans des situations de conflit d'intérêt ouvert ou latent.

 

« Le gouvernement ne fait que créer des présentoirs de super-marchés pour les pauvres »

 

L'Association des consommateurs grecs, Paremvasia, a dénoncé le fait que « les prix sont élévés. Nous voulons les diminuer, surtout pour les denrées alimentaires, mais pas comme ça ».

 

En effet, dans la seule année 2012, le prix du sucre a augmenté de 15 %, celui des œufs de 7 %.

 

Selon Paremvasia, il s'agit de créer un système à deux vitesses, dont les pauvres – de plus en plus nombreux – seront les victimes : « le gouvernement ne fait que créer des présentoirs de supermarchés destinés aux pauvres ».

 

De quoi alimenter le désastre humanitaire et sanitaire en Grèce. Dans un pays où désormais 30 % de la population est privée de couverture médicale, les maladies et les troubles psychologiques atteignent des proportions inédites.

 

De quoi alimenter le désastre humanitaire en Grèce

 

Les hôpitaux publics, privés de médicaments, ayant perdu 35 000 infirmières, docteurs, travailleurs de la santé depuis 2008, sont débordés, incapables de traiter ces malades. C'est les cliniques privées hors de prix qui en profitent, elles ont vu leur fréquentation augmenter de 25 % depuis 2008.

 

Traitement des cancers, accompagnement des accouchements, suivi des troubles psychologiques : ces opérations lourdes, coûteuses mais vitales sont les premières à subir les coupes de plus de 40 % du budget consacré à la santé depuis 2008.

 

Les conséquences chiffrées sont effrayantes : hausse du taux de mortalité infantile de 40 %, le nombre de dépressions a doublé, les suicides ont augmenté de 45 %, celui du nombre d'infectés du SIDA a été multiplié par trois.

 

Des maladies que l'on croyaient éradiquées ressurgissent, de la malaria au virus du nil occidental.

 

La lutte contre la faim redevient une question vitale en Grèce. Nous avions révélé en octobre dernier que les deux-tiers des enfants grecs vont à l'école la faim au ventre dépassant les chiffres constatés au Mozambique ou au Zimbabwe !

 

Dans certains quartiers populaires d'Athènes, le nombre de personnes qui dépendent de la banque alimentaire et des soupes populaires dépasse désormais les 90 %, alertent les associations de terrain dans un article repris par le journal britannique The Guardian en août dernier.

 

Face à ce désastre humanitaire, au cœur de l'Europe, le gouvernement grec et la Commission européenne n'ont qu'une chose à proposer : déprécier la valeur des marchandises, déprécier la valeur des vies humaines. Détruire les produits, détruire les vies.

 

Socialisme ou barbarie, l'alternative posée par Rosa Luxembourg est toujours actuelle. Il est temps de changer de système économique : rompre avec le capitalisme, rompre avec l'UE du capital, c'est urgent !

 

A relire : La majorité des élèves grecs vont en classe la faim au ventre : conséquence tragique des politiques imposées par l'Union européenne

 

Conflit d'intérêt à l'Agence de sécurité alimentaire européenne : plus de la moitié des « experts » liés à l'industrie agro-alimentaire

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 10:33

hands-off-cyprus.jpgCrise à Chypre : mise en échec des privatisations imposées par l'UE, chute du gouvernement ... grâce aux communistes ! 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La petite île chypriote est un grain de sable pour la « Troika » : ce vendredi, un plan de privatisation de trois entreprises publiques a été mis en échec par le Parlement, après des mobilisations populaires, le gouvernement a donné sa démission collective.



Peut-être n'est ce qu'un répit, mais au vu de l'affolement dans la presse économique européenne, c'est aussi un camouflet pour l'Union européenne, le FMI, les milieux financiers européens qui ont tenté d'imposer le bradage du patrimoine national chypriote.



« Nous n'accepterons pas le bradage du patrimoine national » (AKEL)



Le plan de privatisation de trois entreprises publiques majeures a été rejeté par le Parlement à 25 voix contre, 25 voix pour et 5 abstentions. Sur les 25 voix contre, 19 viennent des communistes de l'AKEL, 5 des socialistes de l'EDEK avec 1 écologiste. 5 parlementaires de droite se sont abstenus.



Le plan de privatisation est un élément-clé de l'accord conclu avec le FMI, l'UE l'an dernier de 10 milliards de $. Le leader du parti de droite DISY, Averof Neophytou, a réaffirmé que « les privatisations sont une nécessité ».



Le dirigeant du parti communiste AKEL a, lui, déclaré au Parlement qu'il n'accepterait pas « le bradage du patrimoine national », dénonçant le « chantage des prêteurs internationaux », visant l'UE et le FMI.



Le gouvernement a proposé ce vendredi la privatisation de trois fleurons nationaux : Cyprus Telecom (CyTA), l'Entreprise nationale électrique et les ports du pays, avec comme objectif de lever la somme de 1,4 milliards d'euros pour rembourser les créanciers européens.



Le gouvernement démissionne après le rejet du plan de privatisation



Le rejet de ce plan de privatisation s'inscrit dans le cadre d'une semaine de mobilisation populaire qui a culminé ce vendredi par une manifestation de plusieurs milliers de Chypriotes en colère, devant le Parlement, juste avant le vote.



Ce vendredi, les membres du gouvernement ont donné leur démission collective. Le président chypriote a accepté cette décision et devrait annoncer un nouveau Cabinet d'ici la mi-mars.



Le camouflet du vote contre le plan de privatisations au Parlement, ainsi que des désaccords dans la coalition gouvernement sur les pourparlers de paix autour de la « question nationale » expliquent cette crise politique.



AKEL : refus des privatisations, sortie de l'Euro et alternative à l'UE



AKEL s'est réjoui de cette victoire au Parlement et exige que le « le gouvernement respecte l'issue du vote (…) et ne fasse pas comme à l'accoutumée, méprisant le vote populaire ».



Les communistes chypriotes réaffirment à nouveau la nécessité « d'être ferme avec la Troika et de ne laisser passer aucune privatisation (…) nous sommes prêts à proposer des alternatives au bradage de notre patrimoine national ».



On se rappelle que l'AKEL avait décidé l'été dernier d'adopter officiellement la position de « sortie de l'Euro », après avoir appelé à une politique de rupture avec l'Union européenne et le FMI, faisant son auto-critique par rapport aux espoirs qu'elle avait pu avoir d'aménagement du cadre européen.



 

Un parti qui refuse les privatisations, exige de sortir de l'Euro, construit la mobilisation contre les politiques anti-sociales dans la rue et au Parlement : voilà ce dont nous aurions bien besoin dans la période, à Chypre et partout en Europe !

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 07:27

tsipras-schulz.jpgQuand SYRIZA et Alexis Tsipras mettaient leurs espoirs dans l'élection de François Hollande pour « changer l'Europe » !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ *

 

En ce début février, M.Alexis Tsipras était présent à Paris pour présenter sa candidature à la Commission européenne. Il n'avait pas de mots pour décrire sa déception face à la politique de François Hollande. Il faut dire qu'il avait fait sa campagne en 2012 … en Grèce !

 

Ce 3 février, Tsipras rendait publique sa profession de foi à Paris. Dans son discours, sept reprises, il a exprimé sa déception, son indignation, sa rage face à la politique de François Hollande, celle « du défenseur de la politique la plus à la droite que l'Europe ait subi ».

 

« Si le gouvernement Hollande était différent, l'Europe d'aujourd'hui serait différente » ! Avec des si …

 

Pourtant, Alexis ne peut éviter de nourrir la nostalgie de son rêve avorté d'un « Grand soir » électoral : « Si le gouvernement Hollande était différent, toute l'Europe d'aujourd'hui serait différente ! ». Avec des « si », on refonderait l'Europe !

 

Au moment de la crise de l'Union européenne, instrument de domination du grand capital discrédité auprès des peuples, il ne propose encore dans son discours que de « réunifier l'Europe », « reconstruire l'Union européenne », « changer l'Europe ».

 

Le tout sur la base d'un « New Deal » européen, un « Plan Marshall » pour l'Europe, un allégement de la dette semblable à celui de la RFA en 1953. De drôle de références à la fois keynésiennes et atlantistes, pour un candidat présenté comme « radical » dans la presse dominante.

 

On sait que ces derniers mois Alexis Tsipras n'a pas manqué de rassurer les grands de ce monde : le ministre de l’Économie allemand à Berlin, les responsables du FMI à Washington, jusqu'à envoyer une lettre à Mario Draghi, à Herman van Rompuy et José Barroso avec le même discours : « Je ne suis pas dangereux, je veux sauver l'Euro et l'Europe, aidez-moi ».

 

Alors pourquoi – lui qui sème encore tant d'illusions – expriment ces illusions perdues face à Hollande ? Il faut revenir sur les déclarations de SYRIZA, en particulier, de M.Tsipras entre 2010 et 2012 pour comprendre cet acte d'apostasie.

 

Hollande, Tsipras et le « vent du changement » en Europe

 

SYRIZA, en particulier Alexis Tsipras, avait depuis longtemps préparé le terrain opposant l' « Europe des Merkel-Sarkozy » au « vent du changement » que pouvait compter l'élection d'un président « de gauche » en France, pouvant faire basculer l'Europe à gauche.

 

Dès 2010, Tsipras disait qu'il « ne serait pas possible pour la Grèce d'avoir un gouvernement engagé dans le mémorandum si le ministre de l’Économie français déclarait que le pacte budgétaire devait être modifié ».

 

C'était le 17 mai 2010, devant le groupe parlementaire de SYRIZA. De quoi laisser un espoir de changer la situation en Grèce … si un gouvernement « progressiste » était élu en France !

 

Trois jours après, toujours en 2010, il ajoutait au Comité central de SYRIZA : « la volonté populaire est nécessaire pour sortir de la voie à sens unique des néo-libéraux ». Par néo-libéraux, il faut attendre Sarkozy-Markel. Par volonté populaire, vote bien sûr.

 

Si des doutes subsistaient, l'euphorie du côté de SYRIZA en 2012 – année électorale en Grèce comme en France – suffit à les dissiper. Pour Tsipras, l'élection de Hollande marquait le « vent du changement » capable de faire basculer l'Europe à gauche.

 

« Il y a une forte exigence de renverser les talibans du néo-libéralisme, je souhaite que cela vienne d'une victoire de Hollande en France »

 

L'égérie des plateaux télé, la députée Rena Dourou, responsable de SYRIZA aux Affaires étrangères, allait plus loin en mars 2012 quand elle disait de François Hollande :

 

« que le degré de son engagement à renégocier (le pacte d'austérité) dépendra en fin de compte du pourcentage du candidat du Front de gauche (…) qui permettra de peser de façon efficace sur Hollande (…) Si le résultat des urnes confirme les bons sondages, ce sera la preuve que l'unité de la gauche peut changer la donne – une leçon que n'a pas apprise le KKE chez nous ! »

 

Un autre dirigeant de premier plan de SYRIZA, Papadimoulis, pouvait rajouter une couche sur les ondes de Radio FM, le 4 mai, entre les deux tours : « il y a une forte exigence de renverser les talibans du néo-libéralisme, et je souhaite que cela vienne d'une victoire de Hollande en France ».

 

Si on continue dans l'image, Hollande est aux talibans du néo-libéralisme ce que Bush est à Ben Laden : son alter ego.

 

« Si j'étais Français, je ferais comme Mélenchon : je voterai Hollande au deuxième tour, sans conditions »

 

Et Tsipras lui-même, Qu'en pensait-il ?

 

Il défend Mélenchon dans un entretien avec le site protagon.gr le 4 mai, quand celui-ci annonçait qu'il voterait pour Hollande sans conditions au deuxième tour. « Je ferais pareil si j'étais Français »disait-il, « sans illusions ». Ces illusions, il les gardait pour le peuple grec !

 

Après la première place de Hollande au 1er tour, Tsipras criait au triomphalisme en conférence de presse, le 29 avril : « la mobilisation des peuples européennes devient une force de changement qui vient renverser les politiques destructrices de Sarkozy-Merkel ». Le changement, c'est maintenant !

 

Lors de sa rencontre avec Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 21 mai, juste après l'élection de Hollande, le sourire aux lèvres, Alexis Tsipras pouvait prophétiser :

 

« Il y a un vent de changement, une ambiance de rupture en Europe »… même si il conseillait amicalement à Hollande de « faire attention à ne pas devenir 'Hollandreou' ».

 

On était alors en Grèce dans la campagne pour les secondes élections législatives, qui virent SYRIZA faire un bond électoral de 4,5 % en 2009 à 26,9 % en 2012, à grand renfort de couverture médiatique et de transfuges du navire PASOK en train de prendre l'eau !

 

Tsipras pouvait conclure un meeting électoral place Omonia à Athènes, le 14 juin 2012 : « oui, l'Europe de Juin est bien différente de celle de Mai. L'atmosphère politique a changé ».

 

Que s'est-il passé entre mai et juin ? L'élection de François Hollande, porteur d'un « vent du changement », devait changer la France, changer l'Europe, offrir des perspectives au peuple grec. Deux ans après, que reste-t-il de ces illusions semées par Tsipras ?

 

Les modèles de Tsipras : Soares, Papandreou, Mitterrand, les fossoyeurs de l'alternative !

 

Le peuple grec continue à mourir sous les coups de l'austérité coordonnée par Merkel et Hollande – qui est venu en février 2013 pour encourager la poursuite des coupes sociales, des privatisations dont les monopoles français espèrent tirer profit.

 

Ce 3 février, M.Tsipras peut bien pester contre Hollande. Quelle est sa référence pour changer l'Europe ?

 

Lisons sa déclaration : l'Union de la gauche de 1981, menée par des « vrais socialistes » qui avaient pour nom Soares au Portugal, Papandreou en Grèce, Mitterrand en France : les fossoyeurs de l'espoir,les tueurs d'alternative en Europe.

 

Méfiance, face aux fausses alternatives, « veillons et armons-nous en pensée », comme disait le révolutionnaire allemand Georg Buchner !

 

* nous avons puisé dans les propos tenus par les dirigeants de SYRIZA dans les médias grecs, et nous remercions en cela nos camarades grecs de nous avoir indiqué certaines des déclarations citées ci-dessus

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
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