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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 11:46
Référendum Grèce/KKE : Nous ne choisissons pas entre les mesures antipopulaires d’UE, du FMI ou du gouvernement

Référendum Grèce/KKE : Nous ne choisissons pas entre les mesures antipopulaires d’UE, du FMI ou du gouvernement

Communiqué du Parti communiste grec (site), traduction ML pour Solidarité internationale PCF, 5 juillet 2015

Le KKE a tenu ce 2 juillet son meeting central avant la tenue du référendum le 5 juillet. Dimitris Koutsoumpas, secrétaire général du Comité central du KKE a pris la parole et notamment souligné ces éléments (extraits choisis par le KKE - NDT):

"Notre people est appelé à participer à un référendum et à s’exprimer par un OUI ou par un NON qui ne sont différents seulement qu’en apparence. »

« Aussi bien le OUI que le NON signifient l’acceptation d’un nouveau mémorandum, ensemble de mesures antipopulaires, peut-être le pire que nous ayons vu jusqu’à présent. Aussi bien le OUI que le NON conduiront le peuple à de nouvelles souffrances et tragédies. »

« Aussi bien le OUI que le NON sont synonymes de nouvelles mesures contre les travailleurs et contre le peuple. »

“Le referendum est un alibi pour faire passer un nouvel accord sur un mémorandum aux dépens du peuple grec ».

“ Le KKE appelle le peuple grec à rejeter tout ce chantage, à exprimer ses propositions dans l’urne et à dire:

NOUS NE VOULONS PAS DE MESURES ANTIPOPULAIRES. NOUS NE VOULONS PAS DE NOUVEAU MEMORANDUM. NOUS REJETONS LES FAUSSES ALTERNATIVES.

NOUS DISONS NON A LA PROPOSITION DE L’UE, DU FMI ET DE LA BCE ET NON A TOUTE PROPOSITION DE COMPROMIS DU GOUVERNEMENT, PARCE QU’ILS VEULENT TOUS LA FAILLITE DU PEUPLE.

NOUS DEMANDONS LE DESENGAGEMENT DE L’ALLIANCE PREDATRICE QU’EST L’UE AVEC LE PEUPLE VERITABLEMENT AUX RENES DU POUVOIR. »

« Le people doit mettre dans l’urne un bulletin qui ne prête pas à confusion. Un bulletin doit être déposé avec le contenu suivant: "NON à la proposition de l’UE, de la BCE et du FMI. NON à la proposition du gouvernement. Désengagement de l’UE avec le people tenant les rênes du pouvoir.

Même s’il est considéré comme un bulletin nul. »

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 16:39
Non au mémorandum de la Troïka, non au mémorandum de SYRIZA !

Non au mémorandum de la Troïka, non au mémorandum de SYRIZA !

Communiqué de presse du PAME (émanation syndicale du Parti communiste grec, KKE), 28 juin 2015 – traduction (depuis l’anglais) ML pour Solidarité internationale PCF

Le gouvernement de coalition entre le parti social-démocrate SYRIZA et le parti d’extrême-droite ANEL a approuvé cette nuit au Parlement la tenue d’un référendum le 5 juillet. Cette résolution a été adoptée au Parlement par 178 voix « pour » émanant principalement de trois groupes politiques : Syriza, le parti d’extrême-droite raciste ANEL et le parti néo-fasciste Aube Dorée.

La coalition SYRIZA-ANEL vise, avec ce référendum, à transférer la responsabilité au peuple grec. Au même moment, ils essaient de tromper les travailleurs avec de nombreux mensonges, comme par exemple le faux dilemme posé par le référendum. Le gouvernement grec a refusé d’inclure dans la question du référendum le mémorandum proposé par le gouvernement qui inclut des mesures – de l’ordre de 8 milliards d’euros – dirigées contre le peuple et les travailleurs et signé par le premier ministre Alexis Tsipras lui-même à destination de la Troïka.

Au lieu de cela, le référendum ne pose que la question de savoir si le peuple grec approuve ou non le mémorandum proposé par la Troïka qui, dans la réalité, est très peu différente de la proposition du gouvernement.

Aujourd’hui, le président de la République, Prokopis Paulopoulos, approuvera la loi décidant la tenue du référendum. Il est important de noter que le président de la République est élu par le Parlement, que son nom a été choisi par SYRIZA et qu’il a obtenu les votes de SYRIZA, ANEL et des néoconservateurs de la Nouvelle Démocratie. Le président de la République actuel a également été député pendant 16 ans ainsi que ministre pendant 7 ans. Dans les faits, durant la période 2004-2009, il a fait office de « super-ministre » de l’intérieur et chef des services secrets de Grèce.

Le 5 juillet, la classe ouvrière de notre pays doit dénoncer par son vote, à la fois le mémorandum de la Troïka et celui du gouvernement. Pour dénoncer l’Union Européenne, le FMI et la Banque centrale européenne et pour exiger l’autonomie vis-à-vis de ces organisations impérialistes. Le mouvement de classe doit utiliser ces cinq jours pour informer toute les couches populaires. Le gouvernement appelle à un référendum sur une si courte période dans l’objectif clair d’empêcher toute discussion de fond.

Au même moment nous appelons la classe ouvrière à dénoncer les forces politiques qui acceptent l’Union Européenne comme la seule voie possible car elles ont une responsabilité considérable dans la ce qui arrive actuellement à notre peuple.

 

Le bureau de presse du PAME.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 06:20

pavlopoulos.jpgUn nouveau président de droite pour la Grèce qui fait polémique : le symbole douteux de l'Etat clientélaire et policier

 



Article pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



C'est la gueule de bois. La décision de nommer Prokopis Pavlopoulos comme Président passe mal, un personnage que l'extrême-gauche a adoré détester, comme le symbole du pire de la classe dirigeante, de sa droite corrompue et encore marquée par l'héritage de la dictature.



C'est l'Union sacrée ou presque. Le candidat proposé par SYRIZA pour la Présidence a obtenu une majorité écrasante, bien au-delà du gouvernement Tsipras, avec 233 voix sur 300. Ls partis de droite ANEL (Grecs indépendants) et surtout la « Nouvelle démocratie » ont soutenu le choix de SYRIZA.



M.Prokopis Pavlopoulos jouit d'une certaine respectabilité, destinée à rassurer l'oligarchie grecque et les bailleurs de fonds : ancien ministre de l'Intérieur d'un gouvernement conservateur, juriste formé à Assas et professeur d'université en droit. Pour le premier président nommé par un « gouvernement de ('la vraie') gauche », difficile de faire plus droitier.



Alexis Tsipras présente ce choix celui comme d'une personne qui a montré sa « haute sensibilité démocratique, un sens aigu de la conscience nationale et qui bénéficie d'un très large soutien dans la société et dans le Parlement ».



Malgré les dires de leur leader, certains soulignent à SYRIZA que Pavlopulos n'a pas pris ouvertement et clairement position contre les plans d'austérité. Il bénéficie surtout de la réputation d'être un européiste convaincu.



Pour l'aile-gauche du mouvement, la décision reste en travers de la gorge. Et c'est surtout son passage au Ministère de l'Intérieur de 2004 à 2009 qui suscite le plus de controverses, écornant le « vaste soutien » que Tsipras pense reconnaître à Pavlopoulos au sein la société grecque.



Premièrement, parce qu'il est connu pour avoir été une des figures marquantes du clientélisme grec. Il a embauché à l'Intérieur plus de 80 000 fonctionnaires, dont beaucoup d'amis et partisans de droite, du parti traditionnel de la Nouvelle Démocratie.



Si la pratique était courante, elle atteignait des proportions inédites, prétexte facile pour les plans d'austérité et licenciements ultérieurs enclenchés par ses successeurs. Loin d'être un pourfendeur de l'austérité, Pavlopoulos a surtout été le pilier d'un système corrompu que Tsipras dit combattre.



Ensuite, M.Pavlopoulos avait été au cœur de la polémique qui avait frappé la en Grèce, en 2008 étant un des éléments déclencheurs des manifestations des années suivantes : l'assassinat par les forces de police du jeune de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos.



Le Ministre de l'Intérieur avait alors été critiqué pour avoir couvert le rôle de la police dans cet assassinat, qui avait déclenché une série d'émeutes urbaines durement réprimées par une police encore héritière sur bien des aspects des pratiques brutales de celle de la dictature.



Enfin, plus récemment, bien que ce soit plus anecdotique, la population grecque avait été choquée en 2012 par l'agression sur un plateau télévisé du porte-parole du parti néo-nazi Aube dorée, Ilias Kasidiaris, contre la députée communiste Liana Kanelli, sous les yeux de Pavlopoulos.



Accusé par Rena Dorou, de Syriza, le responsable néo-nazi lui avait jeté un verre d'eau au visage avant de s'en prendre à sa voisine communiste et de la frapper trois fois en plein visage.



M.Pavlopoulos n'était alors pas intervenu, restant stoïque face à l'agression dont étaient victimes les deux femmes politiques de gauche mais en particulier la députée du KKE, suscitant une polémique dans les médias, bien que Pavlopoulos ait reconnu par la suite avoir été choqué par le comportement du cadre de la formation néo-nazie.



Le plus inquiétant est que Prokopis Pavlopoulos n'était peut-être pas le premier choix de Tsipras.



Selon certaines sources, il aurait envisagé d'accorder la place à Kostas Karamanlis, le cacique de la Nouvelle démocratie, ancien premier ministre de 2004 à 2009, issu de la dynastie de droite des Karamanlis, dont l'oncle fut à plusieurs reprises Premier ministre de 1955 à 1981. Et il aurait été écarté pour ses relations jugées trop cordiales avec la Russie de Poutine.



Ce qui est certain, c'est que le poste avait été ouvert d'abord pour Dimitris Avramopoulos, une des figures les plus établies de la droite grecque: ancien maire d'Athènes, il fut surtout entre 2011 et 2013 ministre des Affaires étrangères et deux fois Ministre de la Défense.



Il représentait une option plus sûre par ses positions et ses relations au niveau de l'Union européenne comme de l'OTAN – et un appel du pied décisif vers le compromis européen de la part de Tsipras – mais Jean-Claude Juncker aurait mis son veto, ne voulant pas se séparer de celui qui était devenu le Comissaire européen à l'Intérieur depuis 2014.



L'illusion lyrique n'aura décidément pas duré longtemps. Les vieux renards (de droite) de la politique grecque gardent les postes de pouvoir, l'Etat clientaire se recompose doucement avec un nouveau pôle de gauche. Gare à la désillusion, et à la déception des attentes du peuple grec.

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 06:12

part-par-par8096150-1-1-0.jpgTsipras fait les yeux doux à l'ultra-libérale OCDE pour forger un nouveau plan de « réformes structurelles »



Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Tsipras est prêt à jouer toutes les cartes institutionnelles, même les plus improbables. En parallèle à ses négociations avec la Troïka (UE, BCE, FMI), il est disposé à envisager de tendre la main à l'OCDE. Petit rappel de ce que propose l'institution pour la Grèce et la France.



Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre grec présenté comme de « gauche radicale », et Angel Gurria, secrétaire-général de l'ultra-libérale OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique). Ils se sont dit oui. Oui.



D'un côté, Tsipras réaffirme qu'il n'appliquera que les « réformes structurelles qu'il décidera », ou celles qui ne seront pas directement dictées par la Troika. De l'autre Gurria se dit disposé à proposer les services de l'OCDE pour élaborer un plan d'ajustement structurel alternatif, allégé.



Aux origines de l'OCDE : plan Marshall et unité européenne sous influence américaine



Tsipras aime manier les mots pour faire passer une réalité guère différente sur le fond – exit les termes de « mémorandums », de « troika » dans les discussions avec l'UE –, il aime les dangereuses rodomontades entre la « nation prolétaire » grecque et la « nation bourgeoise » allemande.



Jusqu'à sortir l'OCDE du placard. Le symbole est fort. L'organisation (l'OECE) avait été créée fin des années 1940 par les Etats-unis pour répartir les aides conditionnées et les prêts intéressés du « Plan Marshall », censé fournir un barrage au communisme.



Un plan qui avait bénéficié à la Grèce, sous protectorat américain et une dictature de droite. Un plan conditionné à la création d'un embryon d'unité européenne. L'ancêtre de la CEE puis de l'UE.



Un symbole qui n'est pas fortuit quand on sait combien Tsipras a usé et abusé dans sa rhétorique de la référence au Plan Marshall, pour défendre à tout prix l'Euro, l'Union européenne, les sauver de ses propres dirigeants devenus fous.



Le programme « tsipraso-compatible » de l'OCDE pour la Grèce : réformes structurelles contre filet de sécurité sociale



Alors, que proposait en 2013 l'OCDE pour la Grèce ?



Tout d'abord elle faisait le bilan du plan d'ajustement depuis 2010 soulignant les « progrès impressionnants dans la lutte contre les déséquilibres fiscaux et externes, et la mise en place des réformes structurelles pour améliorer la flexibilité du marché du travail et la compétitivité du travail ».



Certes, une impression contre-balancée par la dépression, la hausse du chômage, une croissance faiblement portée par une demande en berne mais l'OCDE reste optimiste : « la reprise est en vue », soulignant les effets positifs de la baisse du coût du travail sur la compétitivité et les exportations.



L'OCDE donne trois pistes pour la future administration grecque (à la fin de l'année 2013) :



  • la réforme de l'Etat : passant par les habituelles « lutte contre le fardeau administratif » et l' « inefficacité chronique des services publics » dont celle du « secteur de santé », qui sont généralement le prélude à une attaque contre les services publics, même si l'OCDE l'articule à la lutte contre l'évasion fiscale et à la création d'un cadre favorable à la libre concurrence ;

 

  • réforme du marché du travail : l'OCDE encourage la flexibilisation de la force du travail, dont elle salue les effets positifs sur le rétablissement de la compétitivité, tout en souhaitant l renforcement du corps des inspecteurs du travail pour « s'assurer que la libéralisation du marché du travail, nécessaire pour améliorer la compétitivité, ne détériore pas les conditions de travail » ;

 

  • un filet de sécurité sociale conditionnée aux revenus : c'est la grande thèse sociale de l'OCDE. Oui à une Sécurité sociale mais strictement limitée aux « plus nécessiteux », car selon l'organisation la crise a eu un impact social aggravé par l'absence d'un filet de sécurité global et par la faible capacité à concenter les dépenses sociales sur d'autres domaines que les retraites ;



Les dernières déclarations du nouveau Premier Ministre – faite de fidélité à son « Programme de Salonique » aux accents sociaux et de compromis sur les « réformes structurelles » voulues par l'UE – cadrent parfaitement avec l'agenda dessiné par l'OCDE pour la Grèce en 2013.

 

Le rapprochement n'a rien d'un flirt sans lendemain.

 

L'OCDE cible en France les 35 heures, le SMIC et l'Education nationale !

 

Pour conclure, on pourrait rappeler l'analyse que réalise l'OCDE de la situation de l'économie française et ce qu'elle préconise, si on reprend le rapport commandé par la présidence française à l'OCDE en 2013.

 

L'OCDE loue bien entendu le CICE (Crédit impôt compétitivité emploi), vaste cadeau fait au patronat se chiffrant à plus de 20 milliards d'euros. Elle fait feu de tout bois sur trois points :

 

- la baisse du niveau d'éducation et de formation, imputé à l'organisation actuelle de l'Education nationale publique ;

 

- le faible nombre d'heures travaillées en France – faisant fi du très haut niveau de productivité –, les 35 heures auraient été pour l'économie française le début du décrochage face au voisin allemand ;

 

- le niveau beaucoup trop élevé du SMIC – 80 % par rapport à la moyenne de l'OCDE, qui serait le principal obstacle des jeunes ;

 

France/Grèce, deux contextes très différents, des recettes différentes mais la même logique pour l'OCDE : intensifier l'exploitation (« flexibiliser le marché »), casser les services publics (en les « réformant »), baisser les salaires (quitte à rétablir des filets de sécurité).

 

Il n'y a rien à attendre de l'OCDE. Pas plus qu'il n'y a à attendre du FMI et surtout de la BCE, de l'Euro et de l'Union européenne. Ce n'est pas en jouant l'un contre les autres, jouer les « manchots » de l'OCDE pour rendre « muets » la Troika ? C'est toujours la langue et les mains du peuple grec que l'on coupe, priorité aux luttes pour dessiner une alternative !

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 06:30

tsipras-juncker.jpgGrèce : le retour au SMIC à 750 € est reporté … il sera négocié et conditionné à des cadeaux aux entreprises

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Le temps des folles promesses semble déjà révolu pour le nouveau gouvernement grec, l'heure est au réalisme. Face à la levée de boucliers patronale, Tsipras et ses ministres rassurent : le SMIC à 750 €, ce n'est pas maintenant et ce ne sera pas sans compensation pour le patronat.



Le syndicat de classe PAME – lié fortement au Parti communiste grec – avait mis en garde la semaine dernière sur l'intention du gouvernement SYRIZA de revenir sur ses promesses électorales, et de ne pas rétablir le SMIC à son niveau d'avant 2012, soit 750 €.



La presse grecque confirme et relaie les propos du Ministre du Travail Panos Skourletis qui se veulent rassurants, enfin pour le patronat grec.



Skourletis a confirmé que l'augmentation-rétablissement du salaire minimum de 480 à 750 € ne serait pas mise en œuvre dans l'immédiat ni appliquée en une seule fois, elle serait négociée avec les « partenaires sociaux » et graduelle.



Tentant de souffler le chaud et le froid, le Ministre a insisté sur une « situation contradictoire », où il veut prendre des mesures mais est confronté aux résultats de la situation antérieure : « le tout, c'est que le bilan soit positif. Que le vent du changement souffle ».



Au-delà de ce lyrisme réaliste, Skourletis a confié une autre réalité bien prosaïque : aucune augmentation du salaire minimum sans contre-partie pour les entreprises.



« Elle (tout augmentation du salaire minimum) devra être articulée à des arrangements spécifiques qui donneront aux entreprises un peu d'air. Par exemple, les dettes des entreprises vis-à-vis des banques et fonds de pension pourront être reconsidérées ».



Le ministre a également évoqué une série d'exonérations fiscales patronales, qu'il souhaiterait voir appliquer avant tout aux petites et moyennes entreprises. Des déclarations qui ont de quoi susciter un scepticisme légitime :



les « PME » ne sont-ils pas toujurs l'alibi pour des exonérations fiscales au moyen et grand capital ? La « reconsidération » des dettes des entreprises, au cas par cas, n'est-ce pas la porte ouverte à une nouvelle forme de clientélisme ?



Il ne faut pas non plus oublier que le parti de droite extrême « Grecs indépendants » est connu – outre sa défense des privilèges des armateurs et de l'Eglise, et sa promotion d'une Armée forte – pour son insistance sur le soutien aux entrepreneurs endettés et criblés d'impôts.



La négociation d'un compromis SYRIZA-Grecs indépendants – hausse du salaire minimum vs exonérations fiscales patronales – est probable. On voit mal en quoi ce compromis constituerait une solution progressiste à la situation de travailleurs de Grèce.



Dans le même temps, le ministre de l’Économie Varoufakis indiquait lundi que si la privatisation du port du Pirée serait suspendue, il excluait toute « remise en cause des privatisations déjà réalisées », prétendant que ce serait « peu sage ». Une nouvelle version du « Ni-ni »



Combien de temps le « moment SYRIZA » va-t-il encore durer ? Au rythme des promesses déjà remisées, des espoirs en un bras de fer institutionnel qui semblent briser sur le « mur de l'Union européenne », la question se pose d'ores et déjà.

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