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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 06:12

part-par-par8096150-1-1-0.jpgTsipras fait les yeux doux à l'ultra-libérale OCDE pour forger un nouveau plan de « réformes structurelles »



Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Tsipras est prêt à jouer toutes les cartes institutionnelles, même les plus improbables. En parallèle à ses négociations avec la Troïka (UE, BCE, FMI), il est disposé à envisager de tendre la main à l'OCDE. Petit rappel de ce que propose l'institution pour la Grèce et la France.



Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre grec présenté comme de « gauche radicale », et Angel Gurria, secrétaire-général de l'ultra-libérale OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique). Ils se sont dit oui. Oui.



D'un côté, Tsipras réaffirme qu'il n'appliquera que les « réformes structurelles qu'il décidera », ou celles qui ne seront pas directement dictées par la Troika. De l'autre Gurria se dit disposé à proposer les services de l'OCDE pour élaborer un plan d'ajustement structurel alternatif, allégé.



Aux origines de l'OCDE : plan Marshall et unité européenne sous influence américaine



Tsipras aime manier les mots pour faire passer une réalité guère différente sur le fond – exit les termes de « mémorandums », de « troika » dans les discussions avec l'UE –, il aime les dangereuses rodomontades entre la « nation prolétaire » grecque et la « nation bourgeoise » allemande.



Jusqu'à sortir l'OCDE du placard. Le symbole est fort. L'organisation (l'OECE) avait été créée fin des années 1940 par les Etats-unis pour répartir les aides conditionnées et les prêts intéressés du « Plan Marshall », censé fournir un barrage au communisme.



Un plan qui avait bénéficié à la Grèce, sous protectorat américain et une dictature de droite. Un plan conditionné à la création d'un embryon d'unité européenne. L'ancêtre de la CEE puis de l'UE.



Un symbole qui n'est pas fortuit quand on sait combien Tsipras a usé et abusé dans sa rhétorique de la référence au Plan Marshall, pour défendre à tout prix l'Euro, l'Union européenne, les sauver de ses propres dirigeants devenus fous.



Le programme « tsipraso-compatible » de l'OCDE pour la Grèce : réformes structurelles contre filet de sécurité sociale



Alors, que proposait en 2013 l'OCDE pour la Grèce ?



Tout d'abord elle faisait le bilan du plan d'ajustement depuis 2010 soulignant les « progrès impressionnants dans la lutte contre les déséquilibres fiscaux et externes, et la mise en place des réformes structurelles pour améliorer la flexibilité du marché du travail et la compétitivité du travail ».



Certes, une impression contre-balancée par la dépression, la hausse du chômage, une croissance faiblement portée par une demande en berne mais l'OCDE reste optimiste : « la reprise est en vue », soulignant les effets positifs de la baisse du coût du travail sur la compétitivité et les exportations.



L'OCDE donne trois pistes pour la future administration grecque (à la fin de l'année 2013) :



  • la réforme de l'Etat : passant par les habituelles « lutte contre le fardeau administratif » et l' « inefficacité chronique des services publics » dont celle du « secteur de santé », qui sont généralement le prélude à une attaque contre les services publics, même si l'OCDE l'articule à la lutte contre l'évasion fiscale et à la création d'un cadre favorable à la libre concurrence ;

 

  • réforme du marché du travail : l'OCDE encourage la flexibilisation de la force du travail, dont elle salue les effets positifs sur le rétablissement de la compétitivité, tout en souhaitant l renforcement du corps des inspecteurs du travail pour « s'assurer que la libéralisation du marché du travail, nécessaire pour améliorer la compétitivité, ne détériore pas les conditions de travail » ;

 

  • un filet de sécurité sociale conditionnée aux revenus : c'est la grande thèse sociale de l'OCDE. Oui à une Sécurité sociale mais strictement limitée aux « plus nécessiteux », car selon l'organisation la crise a eu un impact social aggravé par l'absence d'un filet de sécurité global et par la faible capacité à concenter les dépenses sociales sur d'autres domaines que les retraites ;



Les dernières déclarations du nouveau Premier Ministre – faite de fidélité à son « Programme de Salonique » aux accents sociaux et de compromis sur les « réformes structurelles » voulues par l'UE – cadrent parfaitement avec l'agenda dessiné par l'OCDE pour la Grèce en 2013.

 

Le rapprochement n'a rien d'un flirt sans lendemain.

 

L'OCDE cible en France les 35 heures, le SMIC et l'Education nationale !

 

Pour conclure, on pourrait rappeler l'analyse que réalise l'OCDE de la situation de l'économie française et ce qu'elle préconise, si on reprend le rapport commandé par la présidence française à l'OCDE en 2013.

 

L'OCDE loue bien entendu le CICE (Crédit impôt compétitivité emploi), vaste cadeau fait au patronat se chiffrant à plus de 20 milliards d'euros. Elle fait feu de tout bois sur trois points :

 

- la baisse du niveau d'éducation et de formation, imputé à l'organisation actuelle de l'Education nationale publique ;

 

- le faible nombre d'heures travaillées en France – faisant fi du très haut niveau de productivité –, les 35 heures auraient été pour l'économie française le début du décrochage face au voisin allemand ;

 

- le niveau beaucoup trop élevé du SMIC – 80 % par rapport à la moyenne de l'OCDE, qui serait le principal obstacle des jeunes ;

 

France/Grèce, deux contextes très différents, des recettes différentes mais la même logique pour l'OCDE : intensifier l'exploitation (« flexibiliser le marché »), casser les services publics (en les « réformant »), baisser les salaires (quitte à rétablir des filets de sécurité).

 

Il n'y a rien à attendre de l'OCDE. Pas plus qu'il n'y a à attendre du FMI et surtout de la BCE, de l'Euro et de l'Union européenne. Ce n'est pas en jouant l'un contre les autres, jouer les « manchots » de l'OCDE pour rendre « muets » la Troika ? C'est toujours la langue et les mains du peuple grec que l'on coupe, priorité aux luttes pour dessiner une alternative !

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 06:30

tsipras-juncker.jpgGrèce : le retour au SMIC à 750 € est reporté … il sera négocié et conditionné à des cadeaux aux entreprises

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Le temps des folles promesses semble déjà révolu pour le nouveau gouvernement grec, l'heure est au réalisme. Face à la levée de boucliers patronale, Tsipras et ses ministres rassurent : le SMIC à 750 €, ce n'est pas maintenant et ce ne sera pas sans compensation pour le patronat.



Le syndicat de classe PAME – lié fortement au Parti communiste grec – avait mis en garde la semaine dernière sur l'intention du gouvernement SYRIZA de revenir sur ses promesses électorales, et de ne pas rétablir le SMIC à son niveau d'avant 2012, soit 750 €.



La presse grecque confirme et relaie les propos du Ministre du Travail Panos Skourletis qui se veulent rassurants, enfin pour le patronat grec.



Skourletis a confirmé que l'augmentation-rétablissement du salaire minimum de 480 à 750 € ne serait pas mise en œuvre dans l'immédiat ni appliquée en une seule fois, elle serait négociée avec les « partenaires sociaux » et graduelle.



Tentant de souffler le chaud et le froid, le Ministre a insisté sur une « situation contradictoire », où il veut prendre des mesures mais est confronté aux résultats de la situation antérieure : « le tout, c'est que le bilan soit positif. Que le vent du changement souffle ».



Au-delà de ce lyrisme réaliste, Skourletis a confié une autre réalité bien prosaïque : aucune augmentation du salaire minimum sans contre-partie pour les entreprises.



« Elle (tout augmentation du salaire minimum) devra être articulée à des arrangements spécifiques qui donneront aux entreprises un peu d'air. Par exemple, les dettes des entreprises vis-à-vis des banques et fonds de pension pourront être reconsidérées ».



Le ministre a également évoqué une série d'exonérations fiscales patronales, qu'il souhaiterait voir appliquer avant tout aux petites et moyennes entreprises. Des déclarations qui ont de quoi susciter un scepticisme légitime :



les « PME » ne sont-ils pas toujurs l'alibi pour des exonérations fiscales au moyen et grand capital ? La « reconsidération » des dettes des entreprises, au cas par cas, n'est-ce pas la porte ouverte à une nouvelle forme de clientélisme ?



Il ne faut pas non plus oublier que le parti de droite extrême « Grecs indépendants » est connu – outre sa défense des privilèges des armateurs et de l'Eglise, et sa promotion d'une Armée forte – pour son insistance sur le soutien aux entrepreneurs endettés et criblés d'impôts.



La négociation d'un compromis SYRIZA-Grecs indépendants – hausse du salaire minimum vs exonérations fiscales patronales – est probable. On voit mal en quoi ce compromis constituerait une solution progressiste à la situation de travailleurs de Grèce.



Dans le même temps, le ministre de l’Économie Varoufakis indiquait lundi que si la privatisation du port du Pirée serait suspendue, il excluait toute « remise en cause des privatisations déjà réalisées », prétendant que ce serait « peu sage ». Une nouvelle version du « Ni-ni »



Combien de temps le « moment SYRIZA » va-t-il encore durer ? Au rythme des promesses déjà remisées, des espoirs en un bras de fer institutionnel qui semblent briser sur le « mur de l'Union européenne », la question se pose d'ores et déjà.

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 06:56

Le Parti communiste portugais sur les élections en Grèce150206_PCP_KKE.png

 

 

Traduction EDT pour vivelepcf reprise par Solidarité-internationale-PCF

 

 

 

Le PCP considère que les résultats électoraux en Grèce représentent une défaite des partis qui ont gouverné la Grèce au service du grand capital et qui, avec l’Union européenne, sont responsables de la politique désastreuse, économiquement et socialement, qui a été imposée au peuple grec. Cette défaite s’est traduite par le recul du pourcentage cumulé des partis « Nouvelle Démocratie » et PASOK.

 

Il s’agit aussi d’une défaite pour tous ceux qui, dans le cadre de l’Union européenne, au moyen de pressions, de chantages et d’ingérences inacceptables, cherchent à placer sous influence l’expression de profond mécontentement et la volonté de changement politique du peuple grec.

 

Les résultats électoraux montrent le rejet de la politique imposée par les « programmes d’ajustement » successifs, conclus avec la Troïka,  de l’intensification de l’exploitation des travailleurs, de la destruction des droits sociaux, de la négation des besoins élémentaires et essentiels, du déclin économique et de l’abdication de la souveraineté, sous les directives de l’Union européenne et de l’euro.

 

Le rejet de la voie de l’appauvrissement et du désastre économique et social, la volonté de changement politique, se sont traduits par la victoire de SYRIZA, la force politique qui est arrivée en tête. Le Parti communiste grec (KKE) a obtenu un résultat qui va contribuer à la poursuite de la lutte qu’il impulse pour la défense des intérêts des travailleurs grecs et du peuple, contre les politiques qui, au service du grand capital et de l’impérialisme, ont imposé tant de souffrances à la Grèce.

 

Le PCP met en garde contre les manœuvres de ceux qui, dans le cadre de l’Union européenne, comme ils l’ont déjà annoncé, vont chercher à garantir la continuation, pour l’essentiel, de la politique d’appauvrissement et de désastre économique et social en Grèce et la continuation de l’asservissement à l’Union européenne et au directoire de ses grandes puissances conduit par l’Allemagne.

 

Renouvelant sa solidarité avec les travailleurs et le peuple grecs, le PCP souligne que ce sont eux qui gagneront, par leur lutte, la réponse à leurs besoins, intérêts et aspirations légitimes pour une vie meilleure, la dignité et la souveraineté, le droit de décider, sans influence, de leur présent et de leur avenir.

 

Pour le PCP, cette voie nécessite la rupture avec les politiques de droite et la conduite de politiques de gauche patriotiques, conformes aux intérêts nationaux, préparant le pays à sa libération de la domination de l’euro, soutenant la production nationale, renforçant le pouvoir d’achat des travailleurs et du peuple, établissant le contrôle public des secteurs stratégiques, notamment le secteur financier, défendant et développant les services publics, combattant l’injustice fiscale, affirmant la primauté des intérêts nationaux, la défense de la souveraineté nationale et de l’indépendance du pays.

 

Au Portugal, également conduit sur la voie de l’exploitation, de l’appauvrissement et du déclin national, le peuple portugais a dans ses mains, par sa lutte et son vote, la possibilité d’ouvrir une autre voie, dans la suite des valeurs d’avril 1974. Pour sa part, le PCP a des solutions pour le pays et est prêt à assumer toutes les responsabilités que le peuple portugais lui confiera. En confiance, le PCP réaffirme qu’aucun obstacle ne saurait être insurmontable si un peuple décidé à prendre son présent et son avenir entre ses mains s’y affronte.

 

Le PCP adresse ses salutations fraternelles aux communistes grecs et ses félicitations pour le résultat obtenu par le PCG aux élections de janvier 2015

Bureau de presse du PCP, 27 janvier 2015, traduction vivelepcf reprise par Solidarité-internationale-PCF

 

Après avoir examiné le résultat des élections du 25 janvier en Grèce, le secrétariat du Comité central a adressé les salutations fraternelles du Parti communiste portugais aux communistes grecs et ses félicitations pour le résultat obtenu par le Parti communiste grec.

 

Dans son message, il exprime sa « conviction que la progression du PCG contribuera à l’intensification de la lutte des travailleurs et du peuple grecs pour la défense de leurs intérêts et de leurs aspirations contre les tentatives d’imposer la poursuite des politiques au service du grand capital et de l’impérialisme, qui ont déjà causé tant de souffrances en Grèce ».

 

Dans son message, il réaffirme aussi « la solidarité des communistes portugais avec les communistes, les travailleurs et le peuple grecs et sa pleine confiance dans leur détermination et leur lutte pour obtenir la réalisation de leurs aspirations légitimes ».

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 06:16

pame-png.jpgLe syndicat de classe grec PAME dénonce le rôle négatif de SYRIZA dans le mouvement syndical grec



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr



Dans la perspective des élections en Grèce le 25 janvier 2015, nous assistons au déploiement, dans les médias et dans d'autres organismes, d'une campagne pour soutenir le parti SYRIZA en Grèce. Cette campagne a créé une fausse image de SYRIZA, comme représentant de la gauche et des travailleurs de Grèce, ce qui est un cas extrême de science-fiction. Dans l'esprit de cette campagne, le Trade Union Network of Europe (TUNE) a récemment invité ses membres à signer une résolution pour soutenir SYRIZA.



Le PAME, qui représente le mouvement syndical de classe de Grèce, et affronte chaque jour les forces du patronat et du capital, développant une riche activité internationale, a le devoir d'informer les forces syndicales sur les développements politiques en Grèce et le rôle de SYRIZA dans le mouvement syndical de Grèce.



Ce qui est la preuve du rôle que joue toute organisation, politique ou syndicale, ce sont ses positions et la cohérence de ses paroles avec ses actes. SYRIZA, bien qu'il se présente en tant que parti politique sans « péché gouvernemental », fait des efforts pour obtenir le soutien des capitalistes, adoptant des positions tout à fait réactionnaires. Dans le même temps, déjà en pratique, ses petites forces dans le mouvement syndical et les syndicats que SYRIZA contrôle, ont une sale histoire forgée dans leurs liens avec le patronat, et de capitulation des droits sociaux des salariés. Ici, nous allons vous en donner quelques exemples précis.



Les positions de SYRIZA et son rôle dans le mouvement syndical



Dans le mouvement syndical européen



Les forces de SYRIZA dans les syndicats sont les promoteurs de la CES (Confédération européenne des syndicats) qui est l'appareil de l'Union européenne et du Capital dans le mouvement syndical, et la branche européenne de la CSI. Les forces de SYRIZA, participant à la CES et aux autres organisations internationales, n'a pas fait la moindre critique au soutien de la CES aux réformes anti-ouvrières de l'UE, son soutien aux interventions impérialistes en Syrie, Ukraine, Libye pour ses positions contre la juste lutte du peuple palestinien. C'est pourquoi ce n'est pas un hasard si SYRIZA jouit du soutien des syndicalistes et de leurs organisations européennes, qui ces dernières années ont mené l'attaque contre les droits des travailleurs dans leur pays, telles les Commissions ouvrières (CC.OO) en Espagne.



Dans le mouvement syndical grec



Les syndicats contrôlés par SYRIZA en Grèce sont les protagonistes de la collaboration de classe, la subordination des travailleurs aux exigences du patronat. Il est emblématique que le plus grand syndicat que contrôle SYRIZA (le Syndicat des travailleurs des super-marchés d'Athènes) est très connu pour être un syndicat sous influence patronale. Il agit sous contrôle des gérants de super-marchés qui l'utilise pour terroriser et soumettre les travailleurs. Il n'a pas fait la moindre mobilisation, ni publier la moindre déclaration, ni fait la plus minime action.



Dans les branches où SYRIZA ont signé des conventions collectives, les travailleurs ont subi des coupes salariales massives. Quelques exemples de ces coupes convenues :



Employés du commerce de détail : - 6,7 %

Pétrole grec (ELPE) : - 10 % (avec une augmentation du temps de travail)

Employés des super-marchés : - 12 %

Travailleurs dans les chemins de fer : - 35 %

Les marins : - 15 %



L'opposition de SYRIZA aux luttes ouvrières s'est exprimée à de nombreuses reprises dans la dernière période. Rien de plus typique que les déclarations du président de SYRIZA contre la grève des marins, qu'il a qualifié de « scandaleuse ». Dans le même temps, les syndicalistes de SYRIZA agissent souvent comme des briseurs de grève, avec de nombreux exemples dans les banques, les hôpitaux, l'éducation, les super-marchés, et dabs bien d'autres cas encore.



Le rôle pro-patronal des forces de SYRIZA s'exprime aussi par son alliance déclarée dans un certain nombre de syndicats, avec les syndicalistes du PASOK social-démocrate et des néo-conservateurs de Nouvelle Démocratie (que bien sûr au moment des élections SYRIZA condamne, afin de prendre le pouvoir). Nous mentionnons seulement quelques syndicats où il y a une coalition déclarée de forces entre SYRIZA, le PASOK et la Nouvelle démocratie, car la liste est très longue :



La Fédération des travailleurs de l'industrie pharmaceutique

La Fédération des travailleurs de l'agro-alimentaire

La Fédération des travailleurs de l'entreprise DEYA (Fournisseur en eau)

Les travailleurs des compagnies d'assurance OASE

Le syndicat régional de Laconia

Le syndicat régional de Mesologi



Dans sa tentative de faire barrage au syndicat sur des positions de classe, les forces de SYRIZA coopèrent même avec les néo-nazis de l'Aube dorée (c'est le cas dans le Syndicat des employés municipaux de Perama, le Syndicat des employés municipaux de Leivadia et d'autres encore).



Certains points sur la position de SYRIZA vis-à-vis du PAME



Les forces de SYRIZA dans le mouvement syndical se caractérisent par leur fort anti-communisme, leur haine envers le mouvement de classe, contre le PAME. Ils ont attaqué la fondation du PAME comme « diviseuse », « sectaire », « sabotant l'unité du mouvement », etc. parce que le PAME s'est opposé et a dénoncé les relations des syndicats bureaucratiques avec le patronat. Un autre exemple est leur attaque contre les initiatives d'action du PAME. Le récent rassemblement national du PAME, qui a réuni 100 000 travailleurs et a été organisé par 1 000 syndicats et organisations sociales, a été durement attaqué par les syndicalistes de SYRIZA. L'attitude des syndicalistes de SYRIZA vis-à-vis de la grève héroïque de 9 mois des métallurgistes est aussi symptomatique, ils ont appelé les grévistes à arrêter leur mouvement et adopté comme revendications que le gouvernement fournisse de l'électricité à moindre coût à leur patron !



Une revendication que SYRIZA a ensuite élargi à tous les patrons de l’industrie !



Puisque le TUNE a affirmé sa conviction qu'un gouvernement SYRIZA « représenterait un feu vert pour le changement en Europe », nous sommes obligés de demander aux syndicats combatifs de bien réfléchir à si le mouvement syndical doit soutenir les positions suivantes de SYRIZA dans leurs pays respectifs, à savoir :



  • SYRIZA est pour le maintien de la Grèce dans l'OTAN et l'Union européenne ;

 

  • SYRIZA s'est engagé à ne pas abolir les mémorandums et les lois contre les travailleurs qui sont passées ;

 

  • SYRIZA a intégré dans ses candidats d'éminents anciens ministres, ainsi que d'anciens députés du PASOK qui ont voté des lois contre le monde du travail ;



Dans le cadre de son Alliance du Sud, SYRIZA exprime des avis positifs sur les gouvernements de guerre contre le monde de travail, ceux de Rajoy en Espagne, Renzi en Italie, Hollande en France. De façon plus caractéristique, le 12 janvier, le président de SYRIZA a déclaré que « Merkel n'avait rien à craindre d'un gouvernement SYRIZA. »



Est-ce que le mouvement syndical en Italie, France, Espagne croit que leurs gouvernements sont en faveur des travailleurs ? Est-ce que le mouvement syndical soutient l'UE, l'OTAN, le FMI ?



Sur les événements en :



  • Ukraine, SYRIZA a occulté le sale rôle de l'Union européenne dans le coup d'Etat qui a renversé le gouvernement élu en Ukraine, menant le pays à la guerre civile ;

 

  • Syrie, SYRIZA a soutenu les plans des Etats-unis pour déstabiliser la région et appelé à « un soutien politique et financier aux forces de l'opposition ». Un soutien qui a fini dans les poches de l'Etat islamique ;



Est-ce que le mouvement syndical international peut soutenir les interventions impérialistes, l'incitation aux guerres civiles, la déstabilisation de régions entières ?



La position du PAME


 

Le mouvement syndical de classe est séparé par un abîme de la logique de collaboration de classe, du syndicalisme bureaucratique et patronal. Le PAME rejette comme une trahison de la classe ouvrière la position d'un gouvernement qui adoptera comme positions la compétitivité du capital, la participation dans des organisations impérialistes telles que l'OTAN et l'UE, des positions qui ne répondront pas aux besoins de la classe ouvrière. Les travailleurs du monde entier subiront la crise capitaliste et ses conséquences, les attaques contre les droits des travailleurs et leurs libertés, que ce soient sous des gouvernements conservateurs ou sociaux-démocrates.



Les syndicats rassemblés avec le PAME, le mouvement syndical de classe de Grèce, dans les élections du 25 janvier insiste sur le fait que quelque soit le gouvernement qui sera élu, il devra être faible afin qu'il ne puisse pas imposer son programme contraire au monde du travail. Le lendemain des élection, l'idée que l'Union européenne et le capitalisme sont la seule voie doit être la plus faible possible. L'opposition populaire et ouvrière doit être la plus forte possible. Le PAME assume le devoir, aux lendemains des élections d'être dans la rue, dans les usines, dans les lieux de travail, de défendre les droits des travailleurs pour lutter pour la réalisation de leurs besoins.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 06:38

tsipras_obama.jpgAprès le maire de New York, au tour du président américain Obama d'apporter son soutien à Tsipras !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La presse française découvre, avec étonnement, le soutien du président américain à Tsipras depuis son élection. Etonnant ? Pas tant que cela, si on suit non seulement les dernières déclarations mais aussi les solutions proposées par les deux camps pour sortir de la crise.

 

On connaissait la formule du « communiste préféré de Washington », concernant Giorgio Napoletano, qui vient de quitter la présidence italienne. On a maintenant le « radical (socialiste) préféré de Washington », Alexis Tsipras.

 

Le maire de New York « solidaire dans leur lutte commune contre les inégalités »

 

Jeudi, le maire de New York, Bill de Blasio, a envoyé ses félicitations à Alexis Tsipras pour sa victoire, « saluant sa campagne ancrée fortement sur la question des inégalités ».

 

Le maire s'est déclaré « solidaire dans sa lutte commune contre les inégalités », ajoutant que « la victoire de Tsipras envoyait un message fort aux progressistes à travers le monde ».

 

Tsipras lui a répondu qu'il avait une « admiration pour New York, une des plus extraordinaires villes au monde. » Le nouveau Premier ministre grec a invité le maire nord-américain à Athènes, le Maire s'est déclaré intéressé à lui rendre visite.

 

Obama : « les USA aideront le gouvernement grec à sortir de l'austérité »

 

La nouvelle égérie de la gauche radicale a passé ses derniers jours au téléphone puisqu'il a reçu un autre coup de fil prestigieux le mercredi 28, celui du président américain Barack Obama qui l'a félicité. En des termes loin d'être de la langue de bois :

 

« Les Etats-unis prendront position pour aider le gouvernement grec à sortir des politiques d'austérité » et « ce soutien s'exprimera concrètement par la coopération entre les Ministres des Finances des deux pays ».

 

Le nouveau Ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a sans doute cultivé ses réseaux aux Etats-unis. Intervenant régulièrement dans la presse britannique et américaine, il était encore en 2014 professeur aux États-Unis, travaillant aussi pour une entreprise américaine de jeux vidéos.

 

Obama a précisé que l' « Europe devait sortir des politiques d'austérité, quelque chose que les Etats-unis ont fait, et adopter un agenda de développement fort ». Obama a conseillé à Tsipras « de prendre un repos après la campagne électorale, car vous aurez besoin d'énergie plus tard ».

 

Tsipras aurait répondu que c'était « difficile au vu des circonstances ». Obama lui a alors confié qu'il était confiant, Tsipras trouvera le temps, lui adressant un avertissement très personnel : « moi aussi j'ai commencé jeune, mais mes cheveux ont blanchi ».

 

Obama, acte 2 : « on ne peut pas continuer à pressurer des pays en dépression »

 

When Barack meets Alexis. Hier, Obama est monté au créneau sur CNN, soutenant la ligne de Tsipras – qui se cherche désormais des alliés auprès du PS français, du PD italien – contre l'intransigeance allemande :

 

«On ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression. A un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes ».

 

 

La position pro-greque et pro-SYRIZA du gouvernement américain n'est pas une totale surprise, si ce n'est dans sa précocité et son absence d’ambiguïté.

 

Obama et SYRIZA sur la même longueur d'onde : vive le New Deal !

 

Les économistes américains – dont les têtes de pont en Europe que sont Joseph Stiglitz, Paul Krugman, analystes avisés « progressistes » mais aussi libéraux-keynésiens pur jus – soulignent l'absurdité de la zone euro telle qu'elle est conçue, la nécessité d'un relâchement budgétaire, d'une relance monétaire, même d'un allégement de la dette pour ré-enclencher la croissance.

 

Depuis plusieurs mois, les Etats-unis mettent en garde l'Allemagne contre la poursuite d'une politique d'austérité et d'orthodoxie monétaire qui pénalisent la croissance, fait porter le fardeau de la crise au reste de l'Europe, nuit aux intérêts économiques et géo-politique du bloc trans-atlantique.

 

Sur ces deux points, les autorités américaines se trouvent sur la même longueur d'onde que les dirigeants de SYRIZA.

 

Ce n'est pas un hasard si Alexis Tsipras n'a cessé de faire des appels du pied outre-Atlantique, en reprenant la rhétorique symbolique des « progressistes » américains : « New Deal », « Plan Marshall ».

 

Lors de ses visites aux Etats-unis, il prenait Roosevelt et Obama comme modèles, la politique monétaire de la FED comme un exemple à suivre. Depuis l'idée de « New Deal » européen a été adoptée par Juncker, Renzi et Hollande, la relance monétaire en « Quantitative Easing » par Draghi.

 

Tsipras n'a cessé de répéter à ses futurs partenaires européens et américains qu'il « n'était pas dangereux ». Ce que révèlent ces déclarations, c'est qu'il a au moins convaincu l'administration américaine de son engagement au maintien de l'ordre établi.

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