Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 06:38

tsipras_obama.jpgAprès le maire de New York, au tour du président américain Obama d'apporter son soutien à Tsipras !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La presse française découvre, avec étonnement, le soutien du président américain à Tsipras depuis son élection. Etonnant ? Pas tant que cela, si on suit non seulement les dernières déclarations mais aussi les solutions proposées par les deux camps pour sortir de la crise.

 

On connaissait la formule du « communiste préféré de Washington », concernant Giorgio Napoletano, qui vient de quitter la présidence italienne. On a maintenant le « radical (socialiste) préféré de Washington », Alexis Tsipras.

 

Le maire de New York « solidaire dans leur lutte commune contre les inégalités »

 

Jeudi, le maire de New York, Bill de Blasio, a envoyé ses félicitations à Alexis Tsipras pour sa victoire, « saluant sa campagne ancrée fortement sur la question des inégalités ».

 

Le maire s'est déclaré « solidaire dans sa lutte commune contre les inégalités », ajoutant que « la victoire de Tsipras envoyait un message fort aux progressistes à travers le monde ».

 

Tsipras lui a répondu qu'il avait une « admiration pour New York, une des plus extraordinaires villes au monde. » Le nouveau Premier ministre grec a invité le maire nord-américain à Athènes, le Maire s'est déclaré intéressé à lui rendre visite.

 

Obama : « les USA aideront le gouvernement grec à sortir de l'austérité »

 

La nouvelle égérie de la gauche radicale a passé ses derniers jours au téléphone puisqu'il a reçu un autre coup de fil prestigieux le mercredi 28, celui du président américain Barack Obama qui l'a félicité. En des termes loin d'être de la langue de bois :

 

« Les Etats-unis prendront position pour aider le gouvernement grec à sortir des politiques d'austérité » et « ce soutien s'exprimera concrètement par la coopération entre les Ministres des Finances des deux pays ».

 

Le nouveau Ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a sans doute cultivé ses réseaux aux Etats-unis. Intervenant régulièrement dans la presse britannique et américaine, il était encore en 2014 professeur aux États-Unis, travaillant aussi pour une entreprise américaine de jeux vidéos.

 

Obama a précisé que l' « Europe devait sortir des politiques d'austérité, quelque chose que les Etats-unis ont fait, et adopter un agenda de développement fort ». Obama a conseillé à Tsipras « de prendre un repos après la campagne électorale, car vous aurez besoin d'énergie plus tard ».

 

Tsipras aurait répondu que c'était « difficile au vu des circonstances ». Obama lui a alors confié qu'il était confiant, Tsipras trouvera le temps, lui adressant un avertissement très personnel : « moi aussi j'ai commencé jeune, mais mes cheveux ont blanchi ».

 

Obama, acte 2 : « on ne peut pas continuer à pressurer des pays en dépression »

 

When Barack meets Alexis. Hier, Obama est monté au créneau sur CNN, soutenant la ligne de Tsipras – qui se cherche désormais des alliés auprès du PS français, du PD italien – contre l'intransigeance allemande :

 

«On ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression. A un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes ».

 

 

La position pro-greque et pro-SYRIZA du gouvernement américain n'est pas une totale surprise, si ce n'est dans sa précocité et son absence d’ambiguïté.

 

Obama et SYRIZA sur la même longueur d'onde : vive le New Deal !

 

Les économistes américains – dont les têtes de pont en Europe que sont Joseph Stiglitz, Paul Krugman, analystes avisés « progressistes » mais aussi libéraux-keynésiens pur jus – soulignent l'absurdité de la zone euro telle qu'elle est conçue, la nécessité d'un relâchement budgétaire, d'une relance monétaire, même d'un allégement de la dette pour ré-enclencher la croissance.

 

Depuis plusieurs mois, les Etats-unis mettent en garde l'Allemagne contre la poursuite d'une politique d'austérité et d'orthodoxie monétaire qui pénalisent la croissance, fait porter le fardeau de la crise au reste de l'Europe, nuit aux intérêts économiques et géo-politique du bloc trans-atlantique.

 

Sur ces deux points, les autorités américaines se trouvent sur la même longueur d'onde que les dirigeants de SYRIZA.

 

Ce n'est pas un hasard si Alexis Tsipras n'a cessé de faire des appels du pied outre-Atlantique, en reprenant la rhétorique symbolique des « progressistes » américains : « New Deal », « Plan Marshall ».

 

Lors de ses visites aux Etats-unis, il prenait Roosevelt et Obama comme modèles, la politique monétaire de la FED comme un exemple à suivre. Depuis l'idée de « New Deal » européen a été adoptée par Juncker, Renzi et Hollande, la relance monétaire en « Quantitative Easing » par Draghi.

 

Tsipras n'a cessé de répéter à ses futurs partenaires européens et américains qu'il « n'était pas dangereux ». Ce que révèlent ces déclarations, c'est qu'il a au moins convaincu l'administration américaine de son engagement au maintien de l'ordre établi.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
commenter cet article
28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 06:30

tsipras-kammenos.jpgQui sont les Grecs indépendants, ce parti de droite nationaliste, partenaire de SYRIZA ?

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Il a osé. Pas sectaire pour un sou, Tsipras élargit sa Coalitiond de gauche jusqu'à sa droite. Coup de génie tactique ? A voir. Coup préparé de longue date ? Assurément. Cela change radicalement la tournure du projet SYRIZA et de ses admirateurs en Europe.



UKIP, Front national, Ligue du nord, la droite extrême qui avance en Europe a salué la victoire de SYRIZA en Europe. Tout comme Podemos en Espagne, 5 étoiles en Italie, avec leur positionnement ambigu « ni droite, ni gauche ». Idem pour le PS français, le PD italien, pensant au projet de « New Deal » européen, du bond fédéral, partagé par Renzi, Hollande, Tsipras.



Quant aux marchés financiers, ils ne semblent pas avoir été pris de panique à l'annonce de la victoire de SYRIZA… c'est leur pacte avec la droite nationaliste qui crée le plus d'inquiétude.



L'alliance apparemment contre-nature avec la droite nationaliste – une scission de droite de la « Nouvelle démocratie », comparable toutes choses égales par ailleurs à UKIP en Grande-Bretagne – a pu sembler une surprise de dernière minute. Elle était préparée de longue date.



Aux origines du pacte SYRIZA/Grecs indépendants



« Si nous avons besoin de 5 voix de la part de M.Kammenos, des Grecs indépendants, et si il vient vers nous et nous donne un signe d'ouverture et de soutien, nous ne le jetterons pas. Nous ne dirons pas que nous ne voulons pas de lui ».



Va Kammenos, je ne te hais point !Ainsi parlait Alexis Tsipras, en avril 2012, quelques semaines après l'annonce de la scission de droite de la Nouvelle Démocratie. Depuis, les contacts se sont multipliés, un « Front commun » s'est matérialisé en 2013 sur la question des banques chypriotes.



En octobre 2014, c'est le pacte entre Tsipras et Kammenos qui a scellé le sort du gouvernement :Tsipras soutenant la formation de droite sur un projet portant sur les prêts aux PME, Kammenos refusant le soutien à tout candidat présentiel, précipitant les élections anticipées.



Tsipras avait alors déclaré :« Il y a besoin de forces différentes, qui voit les choses depuis des points de vue différents, qui se rassemblent afin de mettre un terme aux politiques désastreuses du mémorandum, maintenant, pour ensuite reconstruire l'économie ».



Kammenos avait précisé après sa rencontre avec le leader de SYRIZA :« Nous pouvons trouver un terrain commun, chacun gardant ses lignes rouges, on peut aller de l'avant ».



La formation des Grecs indépendants était peu connue jusqu'à hier en France. Sur quoi se fonde son identité ? Elle est née en février 2012 comme scission du parti de droite conservateur Nouvelle Démocratie sur la base du rejet des plans d'austérité.



Un parti nationaliste intégral, mais pas anti-UE ni anti-euro !



Son idéologie est intégralement nationaliste. Elle ne rejette pas l'Union européenne en soi mais désire maintenir non-négociables « l'indépendance, la fierté, la souveraineté nationales », pour citer le premier point de sa Déclaration fondatrice, le 24 février 2012.



Elle désire une Europe réforméedans le sens de la coopération inter-étatique, non sa dissolution, ni celle de la zone euro. Toujours dans sa Déclaration fondatrice : « Nous croyons en une Europe unie de la solidarité et de la coopération, où les Etats membres seraient égaux ».



Ce qu'elle dénonce dans l'Union européenne, avec véhémence, c'est la « domination allemande »contre laquelle Kammenos a multiplié ces derniers temps les déclarations sous diverses variantes, plus ou moins injurieuses ou belliqueuses, selon laquelle la Grèce « ne se mettrait pas à genoux devant l'Allemagne », cette dernière étant gouvernée par « des néo-nazis, dans un IV ème Reich », alors que « Merkel et Schuable sont persona non-grata à Athènes ».



Le parti est déjà prêt à partir en croisade pour obtenir la réparation des dommages de guerre causés par l'Allemagne nazie pendant la Seconde guerre mondiale.



Elle dénonce aussi l'entrée potentielle de la Turquie et d'autres pays des Balkans comme l'Albanie ou la Macédoine dans l'Europe. Un type de position incompatible avec la sortie de la Grèce de l'UE.



Aux fondements de son identité, on retrouve une sainte trinité :



Le parti clérical : famille, religion, ordre



1 – Défense de l'Eglise, de sa place privilégiée dans la société, des valeurs conservatrices traditionnelles : c'était une des « lignes rouges » fixées par Kammenos au pacte avec SYRIZA. Pas de laicité, pas de séparation de l'Eglise avec l'Etat, pas de remise en cause des priviléges fiscaux de l'institution ecclésiastique.



Cela explique de façon très claire les ultimes rencontres de Tsipras avec les moines du mont Athos, les hauts dignitaires de la hiérarchie orthodoxe, pour les rassurer sur leurs privilèges.



Dans la Déclaration fondatrice, une des proclamations centrales est : « Nous croyons dans les valeurs et le caractère éternel de la religion orthodoxe ». En 2013, les Grecs indépendants ont opposé leur veto catégorique à tout abandon de l'enseignement religieux à l'école.



Le parti avait alors affirmé que c'est « sous prétexte de multi-culturalisme et de lutte contre la xénophobie et le racisme »que les cours de religion étaient remis en cause alors que « la culture orthodoxe, ses sacrements, les valeurs et vertus chrétiennes est au cœur des traditions grecques »et que « dans la société libertaire que certains veulent créer, la vie humaine ne vaudra rien ».



Dans ses valeurs traditionnelles, la famille, la religion, la patrie jouent un rôle central. Les Grecs indépendants prônent ainsi une restriction drastique de l'immigration, dont la population devrait être limitée à 2,5 % de la population résidente, à des niveaux « soutenables pour le pays ».



Face à un projet de loi supposé favoriser l' « intégration des étrangers » en avril 2014,le parti avait alors dénoncé le mythe du multi-culturalisme, en échec partout, affirmant l'impossibilité d'une intégration et assimilation de masse des étrangers et immigrés en période de crise.



Sur la famille, le Parti – et surtout certains de ses leaders comme le député Nikos Nikopoulos – a fermement rejeté toute tentative d'instaurer un mariage homosexuel en Grèce.



Nikopoulos s'est fendu l'an dernier en déclarations homophobes, ironisant sur l'enthousiasme du Premier ministre luxembourgeois avec un tweet polémique : « Nouvelles de l'Europe : les pédales s'accouplent ! Le premier ministre luxembourgeois va se marier avec sa chérie ».



On peut rappeler aussi les déclarations du leader Kammenos contre le Premier ministre de droite Samaras dans l'hypothèse d'une remise en cause partielle des privilèges de l'Eglise :



« Tout ce que le gouvernement fait va contre l'Eglise de Grèce : crémation, mariage gay, taxation de la religion orthodoxe.Les Bouddhistes, les Juifs, les Musulmans ne sont pas taxés, les Orthodoxes oui, et il y a même un risque qu'on perde le patrimoine monastérial ».



Le parti de l'Armée : une Grèce forte au service de l'OTAN



2 – Défense de l'Armée, et d'une politique étrangère indépendante et agressive.C'était la deuxième « ligne rouge » de Kammenos pour un pacte avec SYRIZA : obtenir le Ministère de la Défense, et l'engagement du maintien dans l'OTAN, d'une sanctuarisation du budget colossal de l'Armée.



Les Grecs indépendants représentent une frange si ce n'est cléricale et militariste de l'appareil d’État, en tout cas fortement lié à l'Eglise et l'Armée, convaincus de leur rôle de pilier dans l'ordre social grec.



Ainsi dans le programme de gouvernement élaboré en 2014 par les Grecs indépendants, y sont réaffirmés le rôle central de l'OTAN dans la politique étrangère grecque ainsi que la nécessité d'adopter une posture ferme sur les questions internationales : sur les ZEE, sur Chypre, sur les frontières avec la Macédoine, sur les projets de Grande Albanie.



La Turquie est la première visée hors de l'UE, ce en quoi la Grèce a besoin de ses partenaires dans l'OTAN et l'UE. Tout comme l'Allemagne est désignée comme l'adversaire dans l'UE, pour la « nation prolétaire » grecque.



On comprend plus aisément les déclarations de ces derniers mois de Tsipras avec les hauts responsables de l'armée grecque, sa rencontre avec les responsables de l'OTANil y a un an, visant à les assurer sur son maintien dans l'OTAN.



Un capitalisme national d'Etat, mieux inséré dans l'UE et la mondialisation



3 – Défense d'un capitalisme national compétitif dans la mondialisation. Les Grecs indépendants concentrent toute leur énergie sur l'abandon des mémorandums avec la BCE, le FMI et l'UE qu'ils voient comme un « complot international » contre la Grèce.



Ils s'inscrivent dans la stratégie d'une fraction du capitalisme grec décidée à entrer en conflit avec le capital allemanden particulier pour obtenir un maximum de concessions comme un allégement de la dette et des plans d'austérité, afin de relancer l'économie locale.



Dans sa Déclaration fondatrice, il affirmait clairement croire en un « développement basé sur le capitalisme, avec une répartition équitable des richesses », qui ne soit pas perverti par les « requins de la finance, les spéculateurs et les usuriers ».



Dans son programme de 2014, on retrouve 8 mesures clés qu'on peut résumer ainsi : (1) le rejet de la « dette illégitime » ; (2) l'abrogation des mémorandums, accords de prêt et lois liés à ces accords ; (3) politique de guerre économique avec réparations de guerre allemandes et lutte pour les ZEE et les ressources off-shore ; (4) nationalisation de la Banque de Grèce et relance de l'économie.



La relance de l'économie, telle que les Grecs indépendants, la conçoivent est une relance inscrite dans une logique d'un capitalisme national encadré, facilité, soutenu par l’État dans le but d'affronter la compétition internationale.



Ainsi dans son Programme de gouvernement – destiné à un « Front patriotique et démocratique », dixit le parti – le parti de droite insiste sur un Plan de Reconstruction et de développement national comprenant :



  • la réduction de l'impôt sur les sociétés pour supporter la compétition internationale, ainsi qu'un allégement des dettes consécutives aux prêts contractés par les PME ;

  • un « soutien au fonctionnement du capital grec, un soutien à l'attraction des IDE » qui serait facilité par une Banque de Grèce nationalisée qui emprunterait directement à la BCE pour financer ensuite les entreprises nationales ;

  • le « renforcement de la Marine » pour peser dans la lutte pour les ZEE et leurs ressources off-shore, perçues comme capitales pour relancer l'économie ;

  • le développement de « Pôles régionaux d'innovation », sur la base de Partenariats publics-privés (PPP), facilités par une « aide publique à l'internationalisation » ;



Convergences entre la dite « gauche radicale » et la vraie « droite réac »



L'annonce du pacte de gouvernement a suscité une interrogation : des partis venant d'horizons si différents peuvent-ils former une coalition durable, stable et unie face à l'épreuve de force qui s'annonce, notamment avec la Troika, après le « Quantitative easing » de Draghi ?



La réponse est incertaine mais Tsipras a remarquablement préparé le terrains : il a verrouillé les « lignes rouges » de la droite dure sur l'Eglise, l'Armée, voire l'immigration et le mariage gay. Il a obtenu leur soutien sur le « Programme de Salonique », un plan limité mais réel de soutien aux ménages les plus modestes pour soulager la misère galopante.



Mais sur le fond, les convergences existent entre les deux forces : maintien dans l'OTAN, dans une UE réformée ; rapport de force institutionnel pour obtenir des concessions de l'UE, de l'Allemagne sur la dette, les mémorandums ; vision partagée d'un capitalisme keynésien basée sur des réformes structurelles, une intervention accrue de l’État au service des entreprises.



L'avenir nous en dira plus sur la solidité de cette alliance, et surtout ses répercussions en Grèce et en Europe. Le spectacle peut commencer. Plein d'incertitudes et de périls à l'horizon. En France, le FN attend son tour. Et jubile du nouveau tour de la tragédie grecque.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
commenter cet article
26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 06:23

KKELe KKE (PC grec) résiste à la vague, progresse et dépasse les socialistes du PASOK : 5,5 % des voix, 15 sièges

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La vague. La radicalisation de la population grecque face à une insupportable austérité, l'effondrement de la social-démocratie traditionnelle et une certaine complaisance médiatique ont permis à SYRIZA de remporter un triomphe électoral. Le KKE a fait mieux que résister.

 

L' « Union sacrée » derrière SYRIZA ?Jamais une nouvelle n'avait été accueillie avec autant d'enthousiasme en France.De Moscovici à Hamon, de Le Pen à Mélenchon, de Libération à l'Humanité, les communiqués se multiplient, louant cette surprise attendue.

 

François Hollande s'est fendu d'un communiqué très politique sur « son désir de poursuivre une coopération étroite entre nos deux pays au service de la croissance et de la stabilité de la zone euro, dans un esprit de progrès, de solidarité et de responsabilité qui est au cœur des valeurs européennes que nous partageons. »

 

L'électorat social-démocrate radicalisé : du PASOK à SYRIZA

 

Sauver l'Europe, à tout prix.C'est l'objectif partagé de Tsipras, Hollande tout comme de Mario Draghi qui a lancé un vaste plan de rachat de dettes, de relance monétaire (« Quantitative easing ») compatible avec le programme de SYRIZA : un peu moins d'austérité, une dette allégée, mais des « réformes structurelles » pour les investisseurs, le maintien de l'Euro.

 

Il est vrai que le score de SYRIZA était inimaginable il y a 5 ans. En 2009, le parti était en crise avec 4,5 % des voix, 13 sièges. En mai 2012, il passe à 16 % des voix (52 sièges), en juin 2012 à 27 % (79 sièges). Cette fois, en 2015, il réalise un score historique : 36 %, 149 sièges.

 

Ce n'est pas un hasard, les résultats du PASOK (Parti socialiste) suivent exactement la courbe inverse : de 43,9 % en 2009 (160 sièges), à 12,3 % en 2012 (33 sièges), puis 4,7 % en 2015 (13 sièges). Par un système de vases communicants, les voix du PASOK sont passées à SYRIZA.

 

Derrière SYRIZA, la droite incarnée par la Nouvelle démocratie (27 %, en baisse de 2 points), suivent trois partis dans un mouchoir de poche : les néo-nazis de l'Aube dorée (6,3 %, 17 sièges), le nouveau parti pro-européen de centre-droit la Rivière (6 %, 17 sièges) et le Parti communiste de Grèce/KKE (5,5 %, 15 sièges).

 

Le KKE progresse, dépasse le PASOK et bat l'Aube dorée à Athènes !

 

Pour le KKE, c'est une progression par rapport aux résultats de 2012 : il passe de 4,5 à 5,5 %, de 270 000 à 300 000 voix, gagnant 2 députés. Dans un contexte de vague SYRIZA, le résultat est plus qu'honorable. Il arrive même à devancer le PASOK, une première depuis la fin de la dictature.

 

Dans nombre de régions, ce fut un bras de fer. Ce fut le cas à Athènes où – si on cumule les deux circonscriptions – le KKE a battu d'un fil l'Aube dorée. Les deux partis ont 4 députés, mais le KKE obtient 75 000 voix contre 68 000 pour les néo-nazis, avec un peu plus de 6,6 % des voix.

 

Le Parti communiste grec obtient son meilleur score dans ses bastions que sont les îles de Samos (15 %), Lesbos (11 %), Lefkada (10 %), Céphalonie (9 %) et Zante (8,6 %). Il obtient également de très bons scores dans la deuxième circonscription, industrielle, du Pirée (8 %).

 

Au niveau national, si l'Aube dorée recule – passant de 6,9 à 6,3 % (de 420 à 340 000 voix) – le symbole est contre-balancé par le fait qu'elle est désormais formellement la troisième force du pays, rassemblant encore des parties importantes de la population, en sous-prolétarisation accélérée.

 

SYRIZA vers un gouvernement de coalition avec la « nouvelle droite » ?

 

Le discours de Tsipras à l'annonce des résultats partiels a été lyrique. Il a parlé de « changement de cap », de «  la fin de la troika », du jour « où le peuple grec a écrit l'histoire ».

 

Pour tout de suite, mettre les choses au clair : « il va négocier avec les partenaires européens, pour un plan de réformes sans déficit, ni excédent irréalisable ».SYRIZA sera un bon élève de l'Europe.Magnanime, « sans vainqueurs, ni vaincus », il élaborera un « gouvernement de tous les Grecs ».

 

Du lyrisme pour les foules, on va vite passer au réalisme politique et aux manœuvres de couloir. Selon les dernières estimations, SYRIZA n'obtiendra pas la majorité absolue des 151 sièges. Il doit donc négocier ferme.

 

Ce sera sans les partenaires naturels sociaux-démocrates de DIMAR, recalés, ni le PASOK infréquentable. Le KKE refuse de participer à un gouvernement de coalition. Mais Tsipras ne désespère pas d'obtenir un « vote de tolérance » au moment de l'investiture gouvernementale.

 

Tsipras va donc se tourner vers la droite. Mais vers qui ?

 

La Rivièrea déjà fait les yeux doux. Animé par le médiatique présentateur télévision S.Teodorakis, parti de centre-droit, résolument pro-européen, libéral économiquement mais aussi libéral sur les mœurs, La Rivière se présente comme un parti neuf, moderne, responsable.

 

Son leader a affirmé à l'annonce des résultats qu'il était prêt à négocier avec Tsipras pour former un gouvernement de coalition.Il semble néanmoins refuser un accord avec les nationalistes des Grecs indépendants, jugés trop « anti-européens ». L'accord avec cette formation semblait le plus plausible, indiquant un virage nettement pro-européen, modéré de Tsipras.

 

Les dernières nouvelles, très tard dans la soirée, iraient plutôt vers la possibilité d'un gouvernement de coalition entre SYRIZA (Coalition de gauche radicale) et … les Grecs indépendants (ANEL) de Panos Kamenos, une scission de droite de la Nouvelle Démocratie.

 

Les Grecs indépendants sont présentés comme « populistes », « euro-sceptiques », combinant positions anti-immigration et anti-austérité, avec sa proximité avec l’Église orthodoxe. Le rejet du mémorandum, celui de la Troika, de la « colonisation allemande » est fondateur du parti.

 

Au niveau européen, les Grecs indépendants se sont rapprochés ces derniers mois du UKIP de Nigel Farage– dont il ambitionne de jouer un rôle semblable en Grèce. Ce n'est sans doute pas une coïncidence si Marine Le Pen, qui rêverait d'un schéma similaire dont elle serait la force hégémonique, a salué une potentielle victoire de SYRIZA.

 

La presse grecque évoque une rencontre entre Tsipras et Kamenos à 10 h 30 lundi, avec en discussion un pacte de gouvernement SYRIZA-ANEL, et l'octroi aux Grecs indépendants d'un ministère important.

 

Les prochains mois avec la révélation du véritable agenda de SYRIZA, sans doute même les prochains jours avec le dévoilement du nouveau gouvernement, risquent d'être révélateurs d'un nouveau cap peut-être éloigné de celui de millions d'électeurs. Après (ou avec) la vague SYRIZA, c'est aussi à la vague droitière qu'il faut résister. Avec un KKE fort.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
commenter cet article
24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 06:42

article3952.w_l.jpgL'accord BCE-Syriza pour sauver l'Euro : allégement de la dette grecque contre poursuite des « réformes structurelles »

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

La BCE a choisi son camp en Grèce, elle accordera sa chance à Syriza, sous conditions. Le « quantitative easing » promu par Mario Draghi est un coup de poker attendu mais risqué, un vaste plan de rachat de dettes, d'injection de liquidités, une relance toujours conditionnée au maintien de l'austérité. Pour sauver l'Euro, « à tout prix », dixit Draghi et Tsipras.



C'était dans les cartons depuis des mois, avec des taux directeurs au plus bas. La dernière mesure pour tenter une relance de la zone euro, sauver l'euro, c'est le « Quantitative easing », de fait un vaste plan de rachat d'obligations d'Etat à hauteur de 1 000 milliards d'€ sur un an et demi.



La BCE espère un déplacement du crédit des obligations d’État vers les entreprises afin de relancer l'économie, tout en redonnant aux pays du Sud un accès au crédit ; une dépréciation de l'euro pour favoriser les exportations ; contre-balancer la tendance à la déflation. Les expériences américaines et japonaises laissent les observateurs prudents, voire sceptiques.



La « carotte » de Draghi à Tsipras : pour un accord Troika-Syriza



Pour la presse grecque et internationale, cela ne fait guère de doute, Draghi a envoyé un signe à Tsipras, du journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, « Draghi a choisi le candidat de la gauche radicale grecque, Tsipras »,au grec Journal des Rédacteurs, « Draghi a désarmé Samaras ».



Il ne s'agit pas d'une carte blanche. La Grèce est en effet temporairement exclue du plan, jusqu'en juillet. Officiellement pour raisons techniques, liées à la viabilité des obligations grecques, l'impossibilité d'un achat massif de dettes.



En réalité, c'est un moyen de pression puisque l'intégration de la Grèce supposera la signature d'un nouveau mémorandum avec la Troika(BCE, FMI, UE), ainsi qu'une concession à une Allemagne sceptique.



Ainsi, le journal grec Kathimerini, soulignant une « décision historique », mais claire de la part de la BCE : « la participation ou non de la Grèce à ce programme dépendra du nouveau gouvernement grec à négocier et appliquer un nouveau mémorandum, programme ».



Comme le note le journal économique américain Bloomberg, et l'expert auprès de la Bank of America Merill Lynch, Athanasios Vamvakidis : « Il s'agit d'une carrotte pour Syriza, afin de conclure un accord avec la troika. La BCE achètera des obligations en juillet, si il y a un accord. »



SYRIZA se félicite de la réponse de Draghi à l' « austérité extrême »



La réaction de SYRIZA a été très positive. Dans un communiqué, elle a salué une « décision importante que le futur gouvernement grec mettra en valeur pour l'intérêt du pays. Les annonces du président de la BCE démentent ceux qui ont semé la peur et la panique ».



Elle ajoute :« M.Draghi a donné une réponse aux politiques d'austérité extrêmes en se démarquant des voix néo-libérales extrêmes dont M.Samaras fait malheureusement partie ».



Alexis Tsipras, lors de son dernier meeting de campagne à Athènes – en présence du secrétaire du PCF et président du PGE Pierre Laurent – a clamé devant la multitude assemblée :



« Le Premier ministre Samaras est désemparé, il s'attendait à ce que la BCE prenne une mesure contre la Grèce. Il n'y a plus de peur, la Grèce et l'Europe changent. Demain, nous écrirons l'histoire, nous tournons la page, nous changeons d'ère ».



Les mesures de Draghi … sont celles que Tsipras préconisait il y a 6 mois !



Le flirt entre Tsipras et Draghi, la BCE n'est pas nouveau.

 

En septembre 2014, il louait au Forum Ambrosetti devant l'élite capitaliste européenne les propositions de Draghi et Monti,en parallèle d'un « Programme de Salonique » présenté au peuple grec, quelques mesures sociales correspondant à des filets de sécurité humanitaires.

 

Il regrettait sur les bords du lac de Côme que la proposition de Monti en 2012 de re-capitalisation des banques n'ait pas été réalisée à l'échelle européenne par la BCE.

 

Il avançait comme première (1) mesure un « quantitative easing », une « politique courageuse de la BCE » disait-il, dans la lignée des « propositions positives de Draghi ».

 

Les deux autres mesures étaient : relance au niveau européen suivant son idée d'un Plan Marshall, New Deal par l'injection de liquidités (2), allégement de la dette suivant le schéma de la Conférence de Londres de 1953 pour la RFA (3). Les mesures de la BCE vont exactement dans ce sens.

 

Les tractations entre Syriza, Berlin et la BCE : Asmussen, l'homme clé

 

Déjà, en septembre 2013, Alexis Tsipras avait déjà rencontré Jorg Asmussen – un homme clé du lien entre SYRIZA et l'UE –, alors au Comité exécutif de la BCE, homme de confiance de Merkel comme de Draghi. Les désaccords semblaient l'emporter, sur la poursuite de l'austérité.

 

Asmussen est depuis passé au gouvernement allemand, devenu Ministre du Travail de Merkel. Tsipras l'a de nouveau rencontré, mais à Athènes cette fois, en avril 2014. La rencontre semble avoir été plus fructueuse, sans que sa teneur ne soit dévoilée.

 

En décembre 2014, selonla Stampa, la BCE et l'Allemagne préparait déjà le gouvernement Tsipras. Le porte-parole de SYRIZA, Nikos Pappas, confirmait le deal : « il n'y aura plus de coupes mais nous ferons les réformes de l'administration publique pour attirer les investisseurs étrangers ».

 

Toujours la Stampaau 30 décembre 2014 confirmait alors que « Draghi était la clé », avec l'hypothèse d'un Quantitative easing, pour cette « entente avec Syriza ».

 

Tsipras ne s'y trompait pas. Dès le 3 janvier, il avertissait, propos repris par Reuters, que « la Grèce ne pouvait pas être exclue d'un éventuel Quantitative easing de la BCE ».

 

Plus récemment, dans une tribune publiée par le Financial Times, le 20 janvier, Tsipras dévoilait son manifeste. Pour Draghi. Des promesses : « respect de l'équilibre budgétaire, des objectifs chiffrés », « respect de l'économie sociale de marché », « restructurer la dette pour la payer » et surtout la fin : « nous ferons les réformes dont la Grèce a vraiment besoin ».

 

Il y a joute sur le « quantitative easing tant attendu »,qu'il l'espère à une « grande échelle, telle qu'elle pourra guérir la zone euro, et sauver l'Euro 'à tout prix' ».

 

Tout est dit : allègement de la dette, recul des formes extrêmes d'austérité mais mémorandum négocié pour des « réformes structurelles », paiement de l'intégralité de la dette restante, défense 'à tout prix' (ce sont les mots de Draghi) de la monnaie unique.

 

Tsipras encourage désormais ses électeurs à voter en masse pour SYRIZA pour « changer le rapport de force » afin de peser au niveau grec face aux exigences de la Troika, peser au niveau grec avec des partenaires (« le bloc des pays du Sud », l' « axe Paris-Rome ») face à Berlin.

 

Pour le KKE, « Syriza trompe les gens sur les mesures de Draghi »

 

En ce sens, la ligne défendue par nos camarades du KKE (Parti communiste de Grèce) a le mérite de ne laisser aucune illusion sur ce changement d'équipe gouvernemental, qui n'a à proposer qu'un « alter-capitalisme », « alter-européiste » qui ressemble plus à une « alter-austérité ».

 

Leur communiqué après l'annonce des mesures de Draghi souligne « que le rachat des obligations d'Etat sera nécessairement accompagné d'un mémorandum, qui sera impopulaire. Cela révèle bien ce que propose SYRIZA qui essaie de tromper les gens sur ce Quantitative easing, présenté comme un changement positif dans l'UE ».

 

« Il est maintenant clair que la politique de Quantitative easing ne profitera dans l'UE qu'aux monopoles, et que les peuples en paieront le prix. Le peuple devra condamner l'UE et les partis qui la servent lors des prochaines élections, en renforçant le KKE. ».

 

Le prochain gouvernement sera dominé par SYRIZA, avec entre 30 et 35 % des voix, sans doute la majorité absolue. Telle est la volonté d'un peuple grec, radicalisé et rempli d'espérance et de colère. Telle est aussi, entre acceptation et pari, celle de Bruxelles et de Francfort. De quoi inciter à la vigilance, et souhaiter le score maximal pour le KKE.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
commenter cet article
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 06:45

 

AKROPOLI1Il faut un KKE fort au lendemain des élections !



Pour une opposition populaire forte et la lutte pour la rupture avec ce système !



Communiqué du Parti communiste de Grèce (KKE)



Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Ouvriers, employés, travailleurs indépendants, chômeurs, paysans, retraités, jeunes gens et femmes des couches populaires : nous en appelons à votre soutien afin de renforcer le KKE lors des prochaines élections.



Vous devez penser au fait que dès le lendemain des élections, quelle que soit la couleur du gouvernement, l'UE et les « mémorandums permanent », avec les mesures anciennes ou nouvelles qui seront exigées par le capital afin de le rendre plus compétitif sur le marché capitaliste mondial, seront toujours là et continueront à saigner le peuple.



Les lois anti-populaires seront toujours en place, dans leur intégralité. Des lois qui ont été votées par tous les gouvernements et qu'ils ne sont pas prêts de remettre en cause.



La dette insoutenable sera toujours là, ce que reconnaissent ND, PASOK, SYRIZA et les autres partis qui soutiennent l'UE. Ils appellent le peuple à la payer. Ceux qui n'en sont pas à l'origine et qui ne doivent rien.



Les contradictions et les chicanes dans la zone euro seront là. Des querelles qui tournent atour de la gestion des déficits et des dettes qui ont été créées par les capitalistes et sont remboursées dans le but d'accroître les profits capitalistes, le pouvoir des plus forts, toujours aux dépens des intérêts du peuple.



Surtout, le capital, les monopoles, à la fois locaux et étrangers, seront là. Ce sont eux qui ont les clés de l'économie, le véritable pouvoir et qui vont demander plus de privilèges dans la phase de reprise, toujours aux dépens du peuple. Ils vont demander une main d’œuvre moins chère et plus soumise, en échange de leurs investissements. Le chômage sera là, même s'il y a de nouveaux investisseurs.



Le pouvoir du capital sera là, l’État qui sert toujours les intérêts des monopoles au dépens du peuple et délimite le rôle de chaque gouvernement.



Quelle que soit la teneur des négociations avec la Troïka et la transition à une nouvelle phase de contrôle, les monopoles demandent de nouvelles mesures anti-populaires, telle que le démantèlement intégral du système de sécurité sociale, de nouvelles baisses de salaire et des revenus populaires, des privatisations, les restrictions sur les activités syndicales.



Pour cette raison, il n'y aura pas d’amélioration pour les travailleurs dans la crise ou la phase de reprise sans lutte, sans confrontation avec les intérêts du capital.



Pour cette raison, les travailleurs ont besoin d'un KKE fort après les élections au parlement, partout, une force pour la résistance des travailleurs et du peuple, pour la riposte.



C'est la garantie certaine, au beau milieu de l'incertitude et l'insécurité, sur laquelle les travailleurs et le peuple peuvent s'appuyer.



Un KKE fort, pour ouvrir la voie à la seule solution pour le peuple, l'annulation unilatérale et complète de la dette, le retrait de l'UE et de l'OTAN, la socialisation des monopoles, pour la prospérité du peuple, avec la classe ouvrière et le peuple au pouvoir, la perspective socialiste.



Le peuple a besoin de son propre gouvernement – pouvoir populaire, avec le KKE jouant un rôle dirigeant. Afin que les idéaux et les valeurs du peuple puissent devenir une réalité, pour une société libérée de l'exploitation de l'homme par l'homme.



Un KKE fort,afin que le peuple ne soit pas trompé à nouveau par le chantage et les illusions. Car ils auront à affronter des gouvernements qui proposeront une forme ou une autre de gestion bourgeoise, qui non seulement ne garantissent pas la reconquête de ce que le peuple a perdu, mais suivront la même voie qui mènera à des périls encore plus grands et tentera de nous amadouer avec des miettes.



Le KKE jouera un rôle dirigeant, dans et hors du parlement, afin qu'il puisse y avoir une opposition populaire combative qui puisse exercer une réelle pression sociale. C'est quelque chose qui n'a pas existé jusqu'alors, faute à des hésitations ou illusions semées.



Un KKE fort, car il s'agit d'une force qui, sans capitulation ni reniement, joue un rôle dirigeant dans l'organisation des luttes populaires pour l'abolition de toutes les lois liées au mémorandum et pour la reconquête des acquis populaires.



Elle lutte de façon cohérente et désintéressée pour la juste cause des ouvriers, employés, pour les droits des jeunes, des femmes, des chômeurs, des travailleurs indépendants, des petits paysans afin d'organiser la solidarité populaire.



Un KKE fort,car il lutte contre la participation de la Grèce aux alliances et guerres impérialistes qui ont lieu ou se préparent dans l'intérêt des grands groupes privés. Il défend le intérêts souverains du pays, contre l'OTAN et l'UE, contre ceux qui essaient de piéger le peuple en disant que ces organisations impérialistes protégeront les droits souverains du peuple, la paix et la sécurité. Il lutte pour le départ de la Grèce de l'OTAN. Il lutte pour que la Grèce arrête de soutenir et de participer à des interventions militaires au détriment des peuples.



Un KKE fort, afin que le mouvement populaire et ouvrier connaisse un nouvel élan, afin que l'alliance sociale populaire contre les monopoles et le capitalisme puisse être mise sur pied et renforcée. Il lutte pour isoler et vaincre l'idéologie et l'activité fasciste de l'Aube dorée nazie.



Travailleurs et travailleuses, jeunes gens, chômeurs et retraités.



Dans la bataille électorale, le gouvernement de coalition ND-PASOK et les figures de l'UE se confondent en propos alarmistes afin de piéger le peuple et lui soutirer son consentement à la poursuite de la même ligne anti-populaire.



Ils invoquent la stabilité et le besoin supposé de ne pas mettre en péril les sacrifices faits par le peuple grec. Leurs intimidations ne tournent pas fondamentalement autour de leurs querelles politiciennes avec SYRIZA.



Le gouvernement sait très bien que SYRIZA ne remet pas en cause l'UE et le système capitaliste. Leurs chantages s'adressent surtout au peuple, et visent à s'assurer la soumission du peuple à la même ligne anti-populaire et aux nouveaux périls qui s'annoncent.



Le gouvernement ment lorsqu'il prétend que le nouvelles mesures anti-populaires peuvent être empêchées, si la stabilité politique et les créanciers sont assurés. Car les vieilles comme les nouvelles mesures anti-populaires ne sont pas juste des exigences des créanciers.



Il y a eu pendant de nombreuses années des directives de l'UE, intégrées à la stratégie du grand capital en Grèce et en Europe afin que la force de travail soit encore moins chère. De telles réformes anti-populaires sont menées dans tous les pays de la zone euro, de l'UE par des gouvernements de droite (Allemagne) comme sociaux-démocrates (France, Italie).



C'est pour cette raison aussi que le gouvernement et les autres centres de l'establishment (les médias, la Fédération des industriels grecs etc.) parlent constamment du « besoin de continuer les réformes, même si on n'exige pas cela de nous ». SYRIZA occulte cette réalité au peuple. Les réformes qu'il propose suivent les désirs de l'UE et des hommes d'affaires.



SYRIZA ne représente pas une solution alternative pour le peuple. Dans sa quête pour la victoire électorale, il a rapidement achevé sa transformation en un parti bourgeois, prêt à une gestion anti-populaire du système. Il occulte les causes de la crise économique capitaliste et exonère la face exploitatrice du capitalisme, le pouvoir du capital.



La direction de SYRIZA non seulement apporte des garanties aux créanciers, à l'UE, aux « marchés » sur le fait qu'il n'agira pas unilatéralement, mais il les enjoint à les croire et à soutenir un gouvernement SYRIZA car il pourra mieux défendre leurs intérêts (voir les rencontres avec des fonds d'investissement à la City de Londres).



Il a, même au niveau des slogans, abandonné les déclarations sur l' « annulation » et l' « abolition » du mémorandum et de la législation qui y est liée, sur la reconquête des acquis populaires, le retour du 13 ème et 14 ème mois de salaire, du 13 ème et 14 ème mois de retraite, l'abolition des impôts injustes. Il ne remet pas en question les mécanismes de contrôle de l'UE ou l'équilibre budgétaire, les semestres européens, soit les « mémorandums permanents » au dépens du peuple. Dans ce cadre-ci, il s'engage à des alliances avec d'anciens cadres, ministres, députés du PASOK, la Gauche démocratique (Dimar) qui a soutenu les mémorandums et les mesures anti-populaires.



Dans le même temps, en profitant de la trompeuse rhétorique « radicale » de certaines forces opportunistes en son sein, en particulier la « Plate-forme de gauche », SYRIZA essaie de piéger les gens de gauche, les jeunes travailleurs qui sont conscients et ont une position politique militante.



C'est une répétition des tactiques bien connues de la social-démocratie, du PASOK dans la passé, qui présente une « tendance de gauche » qui est censée faire pression sur la direction mais en réalité lui apporte une caution de gauche. Dans la même veine, les alliances électorales formées par Antarsya sont trompeuses. Ils pointent certains objectifs, comme « la sortie de l'Euro », sans rupture avec le cadre économique contrôlé par le pouvoir du capital aujourd'hui.



SYRIZA, tout particulièrement après les deux dernières années, s'est révélé utile au capital pour casser le mouvement ouvrier et populaire. Ce n'est pas juste qu'il n'utilise pas ses bons scores pour renforcer les mobilisations populaires, mais au contraire il renforce le discours du « wait and see » (attendons et voyons)du peuple qui livre son sort entre les mains d'autres acteurs, limitant l'intervention populaire à la participation aux élections et au choix du gouvernement qui mettra en place les politiques anti-populaires. Cela démontre qu'il n'a aucun désir de rentrer en conflit avec les intérêts capitalistes en Grèce et en Europe. L'expérience a montré que plus les scores de SYRIZA sont bons, plus il agit contre la lutte ouvrière et populaire.



Travailleurs, travailleuses, jeunes gens, chômeurs, retraités,



Il est devenu encore plus évident dans la période récente que la lutte entre le gouvernement et SYRIZA se concentre sur les « marchés », c'est-à-dire sur le capital, en particulier sur qui des deux obtiendra ses « faveurs ». Ils cherchent à jouer le rôle du médiateur le plus compétent dans les intérêts du capital, pas dans ceux du peuple. Les deux parlent de « consensus national », ce qui signifie paix de classe/sociale, assujettissement du peuple aux intérêts du capital.



Les différences portent sur la formule de gestion du développement capitaliste. Les deux enjolivent son contenu de classe et anti-populaire. SYRIZA demande le relâchement de la discipline fiscale stricte, rejoignant la France et l'Italie, qui prennent pourtant des mesures contre leurs peuples, afin d'exercer plus de pression sur l'Allemagne.



Dans le même temps, toutefois, tant le gouvernement que SYRIZA ne disent pas que ni la restructuration de la dette ni le relâchement de la discipline fiscale ne conduiront à l'amélioration du sort du peuple, mais au renforcement du soutien de l'Etat envers les groupes industriels locaux et les investisseurs. L'allégement de la dette, que ce soit par la proposition de la droite ou celle de SYRIZA, ne se produira que par un accord avec les partenaires, et sera donc accompagné par de nouveaux engagements anti-populaires, comme pour le « haircut » du PSI en 2012, et comme cela s'est produit également dans d'autres pays.



Cependant, aucun changement dans la formule de gestion du système ne pourra effacer la crise ou mener à un développement capitaliste en faveur du peuple. Les exemples des Etats-unis et du Japon le prouvent.



Le gouvernement de coalition ND-PASOK comme SYRIZA, en dépit de leurs différences, trompent le peuple, promettant la même chose : que si l'économie capitaliste se renforce, le peuple en profitera. Ils mentent. Toute forme de reprise économique se construira sur les ruines des droits des travailleurs et des gens, elle ne garantira pas un travail décent aux millions de chômeurs. Les soi-disant avantages « comparatifs » pour la reconstruction de l'économie du pays qui sont invoquées par SYRIZA sont liés à la potentialité pour le grand capital d'améliorer sa rentabilité.



La reprise, si elle se concrétise, sera faible et se produira dans une période de récession pour les plu grandes économies capitalistes et l'endettement des Etats qui présage d'un nouveau cycle de crise encore plus aigu. Pour cette raison, le capital insiste aussi sur le « consensus national », qui n'est pas rejeté par ND-PASOK et SYRIZA, piégeant les gens dans le carcan des intérêts du capital. La querelle porte sur qui aura le dessus.



Le peuple n'aura que des miettes de ce nouveau festin du capital. Le gouvernement et SYRIZA ne rivalisent pour ne promettre que des miettes pour les personnes en « extrême pauvreté », qui ne se matérialiseront que par la saignée des autres travailleurs et s'évaperont le lendemain avec toutes les mesures anti-populaires adoptées. Et les deux camps défendent la ligne politique de l'UE et du capital, avec les mesures de ce type qui « prennent aux pauvres pour aider les démunis » et qui ne coûtent rien au capital. Ils servent l'objectif du capital, qui est que la base pour les salaires et les retraites doit être le revenu minimum garanti de pauvreté.



L'un distribue des « dividendes sociaux », l'autre promet des soupes populaires et le retour du 13ème mois des retraites pour les plus démunis. Même la proposition de salaire minimum portée par SYRIZA est un mot creux, puisqu'il ne touche pas les milliers de travailleurs, en particulier les jeunes, qui travaillent dans la précarité et ne reçoivent même pas le salaire minimum réduit. Elle renforce, dans le fond, la propagande réactionnaire sur les travailleurs « privilégiés » et « non-privilégiés » ouvrant la voie à une attaque plus forte contre la majorité des travailleurs qui ont des salaires plus élevés. De plus, la hausse du salaire minimum dans de nombreux pays de l'UE seul, sans retour aux accords de conventions collectives, a été utilisée pour réduire les salaires moyens.



On ne doit pas s'engager pour des miettes. Les besoins des gens, de leurs enfants doivent être un critère décisif dans la lutte. Un critère important doit aussi être les énormes possibilités qu'offre la technologie, la science, le potentiel de développement du pays afin de satisfaire les besoins populaires, si toutes ces choses étaient placées au service du peuple.



Travailleurs, travailleuses, jeunes gens, chômeurs, retraités.



Nous nous adressons à vous, comprenant votre aspiration à être libérés des mémorandums, des politiques injustes et des gouvernements anti-populaires. Nous ressentons votre anxiété sur votre avenir, vos enfants, avec l'espoir de pouvoir vivre des jours meilleurs.



Nous avons confiance dans le peuple, sa force. Le peuple a la force et la responsabilité non pas d'être des spectateurs passifs ou désillusionnés des attaques anti-populaires menées par les gouvernements de l'UE et du capital. Il peut tirer des conclusions lucides et empêcher que ne se répète le système bi-partisan, anti-populaire que l'on a connu.



Nous avons besoin d'un KKE fort, partout, car c'est le seul réel adversaire des monopoles, de leur pouvoir, des mémorandums permanents de l'UE, des gouvernements anti-populaires. Il y aura un gouvernement après les élections. En tout cas, il y a plusieurs formations, à la durée de vie limitée, qui sont prêt à y contribuer. Ce qui est important pour le peuple, c'est qu'il y ait un KKE fort, afin que le peuple puisse lui-même être fort.



Vous savez que le KKE est une force cohérente, indéfectible dans la lutte contre toute les offensives anti-ouvrières, anti-populaires. Vous savez ce que le KKE a fait depuis 96 ans et qu'il est la seule force de l'opposition populaire et ouvrière, dans et hors du parlement sur ces trois dernières années, depuis les élections de 2012. Où que vous portiez votre regard, vous voyez la contribution et l'impact des luttes des communistes. Cependant, vous savez que l'inflexion électorale du KKE a eu un impact négatif sur le dynamisme et le caractère de masse du mouvement ouvrier et populaire. Vous savez qu'en dépit de tout cela, le KKE ne lâche pas. Il soutient les employés, les paysans, les travailleurs indépendants, les retraités, les étudiants, les lycéens pour leur droit à la santé, à la sécurité sociale, aux retraites, à l'éducation, à la défense de leurs revenus, à leur logement, aux biens des travailleurs indépendants et de paysans pressés par les prêts usuriers et les taxes. Le KKE n'a jamais menti aux gens.



Nous nous adressons en particulier à ceux qui pensent à juste titre que la situation ne peut plus continuer comme cela, qu'ils « doivent s'en aller tous ». Nous devons rejeter le gouvernement actuel en rejetant la stratégie de l'UE du capital et non en choisissant un autre gouvernement qui mettra en place la même stratégie, avec certaines différences qui n'affectent pas la peuple de façon positive. Il nous faut tous considérer la chose suivante : ces dernières années les gouvernements de coalition sont passés, soutirant les voies populaires souvent par la peur du « pire » ou par les illusions sur le « moindre mal ». Qu'est-ce qui a changé pour le peuple ? Tant qu'un gouvernement gère le sort du peuple et du pays, enserré dans les chaînes de l'UE et du type de développement capitaliste, qui est obsolète et pourrissant, ce piège du moindre mal continuera à mener à de nouveaux gouvernements anti-populaires. Le peuple doit se libérer de tous les gouvernements anti-populaires et de leur ligne populaire, il doit prendre le pouvoir. La situation actuelle, en Grèce comme au niveau international, ne nous permet pas de perdre de temps.



Nous nous adressons à ceux qui se sentent radicaux, de gauche, progressistes, qui ont de l'expérience et de la mémoire, et ont participé à des luttes et qui aujourd'hui pensent voter pour SYRIZA, avec le cœur gros et peu d'espoir, sur la base du raisonnement du « moindre mal ». Aujourd'hui, vous pouvez voir plus clairement ce que la direction de SYRIZA, avec les assurances qu'il apporte au capital et aux organisations impérialistes, coupe tout lien avec l'histoire du mouvement populaire. Il offre l'opportunité aux forces les plus réactionnaires de cracher sur les traditions militantes de notre peuple. Il prend rapidement la place de la social-démocratie, et même une version pire qu'avant car la situation du capitalisme est pire, et que la situation dans le mouvement ouvrier est encore pire.



Nous nous adressons à vous qui n'êtes pas d'accord avec le KKE sur tout ou avez des réserves sur certaines de ses positions, mais qui comprennent que le KKE est la force qui défend de façon cohérente les intérêts du peuple. Tout ce qui a été gagné par le peuple l'a été par des luttes, dont le KKE a été en première ligne. Quand le mouvement et le KKE s'affaiblissent, le peuple perd.



Pensez à la force demain qui sera la prochaine à être en première ligne de la lutte pour les salaires, les emplois, leurs droits.



Le KKE appelle tout jeune conscient, tout travailleur ou retraité, tous ceux qui ne sont pas accablés par la misère et le défaitisme à joindre ses forces aux nôtres.



Il vous appelle à voter pour le KKE et à le renforcer partout. Afin que le peuple soit plus fort et que la résistance et la lutte populaire soient renforcées. Afin que l'Alliance populaire contre les monopoles et le capitalisme soit renforcé, afin que l'on puisse ouvrir la voie à la perspective d'un pouvoir ouvrier et populaire.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
commenter cet article