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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclarations, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 06:56

Le Parti communiste portugais sur les élections en Grèce150206_PCP_KKE.png

 

 

Traduction EDT pour vivelepcf reprise par Solidarité-internationale-PCF

 

 

 

Le PCP considère que les résultats électoraux en Grèce représentent une défaite des partis qui ont gouverné la Grèce au service du grand capital et qui, avec l’Union européenne, sont responsables de la politique désastreuse, économiquement et socialement, qui a été imposée au peuple grec. Cette défaite s’est traduite par le recul du pourcentage cumulé des partis « Nouvelle Démocratie » et PASOK.

 

Il s’agit aussi d’une défaite pour tous ceux qui, dans le cadre de l’Union européenne, au moyen de pressions, de chantages et d’ingérences inacceptables, cherchent à placer sous influence l’expression de profond mécontentement et la volonté de changement politique du peuple grec.

 

Les résultats électoraux montrent le rejet de la politique imposée par les « programmes d’ajustement » successifs, conclus avec la Troïka,  de l’intensification de l’exploitation des travailleurs, de la destruction des droits sociaux, de la négation des besoins élémentaires et essentiels, du déclin économique et de l’abdication de la souveraineté, sous les directives de l’Union européenne et de l’euro.

 

Le rejet de la voie de l’appauvrissement et du désastre économique et social, la volonté de changement politique, se sont traduits par la victoire de SYRIZA, la force politique qui est arrivée en tête. Le Parti communiste grec (KKE) a obtenu un résultat qui va contribuer à la poursuite de la lutte qu’il impulse pour la défense des intérêts des travailleurs grecs et du peuple, contre les politiques qui, au service du grand capital et de l’impérialisme, ont imposé tant de souffrances à la Grèce.

 

Le PCP met en garde contre les manœuvres de ceux qui, dans le cadre de l’Union européenne, comme ils l’ont déjà annoncé, vont chercher à garantir la continuation, pour l’essentiel, de la politique d’appauvrissement et de désastre économique et social en Grèce et la continuation de l’asservissement à l’Union européenne et au directoire de ses grandes puissances conduit par l’Allemagne.

 

Renouvelant sa solidarité avec les travailleurs et le peuple grecs, le PCP souligne que ce sont eux qui gagneront, par leur lutte, la réponse à leurs besoins, intérêts et aspirations légitimes pour une vie meilleure, la dignité et la souveraineté, le droit de décider, sans influence, de leur présent et de leur avenir.

 

Pour le PCP, cette voie nécessite la rupture avec les politiques de droite et la conduite de politiques de gauche patriotiques, conformes aux intérêts nationaux, préparant le pays à sa libération de la domination de l’euro, soutenant la production nationale, renforçant le pouvoir d’achat des travailleurs et du peuple, établissant le contrôle public des secteurs stratégiques, notamment le secteur financier, défendant et développant les services publics, combattant l’injustice fiscale, affirmant la primauté des intérêts nationaux, la défense de la souveraineté nationale et de l’indépendance du pays.

 

Au Portugal, également conduit sur la voie de l’exploitation, de l’appauvrissement et du déclin national, le peuple portugais a dans ses mains, par sa lutte et son vote, la possibilité d’ouvrir une autre voie, dans la suite des valeurs d’avril 1974. Pour sa part, le PCP a des solutions pour le pays et est prêt à assumer toutes les responsabilités que le peuple portugais lui confiera. En confiance, le PCP réaffirme qu’aucun obstacle ne saurait être insurmontable si un peuple décidé à prendre son présent et son avenir entre ses mains s’y affronte.

 

Le PCP adresse ses salutations fraternelles aux communistes grecs et ses félicitations pour le résultat obtenu par le PCG aux élections de janvier 2015

Bureau de presse du PCP, 27 janvier 2015, traduction vivelepcf reprise par Solidarité-internationale-PCF

 

Après avoir examiné le résultat des élections du 25 janvier en Grèce, le secrétariat du Comité central a adressé les salutations fraternelles du Parti communiste portugais aux communistes grecs et ses félicitations pour le résultat obtenu par le Parti communiste grec.

 

Dans son message, il exprime sa « conviction que la progression du PCG contribuera à l’intensification de la lutte des travailleurs et du peuple grecs pour la défense de leurs intérêts et de leurs aspirations contre les tentatives d’imposer la poursuite des politiques au service du grand capital et de l’impérialisme, qui ont déjà causé tant de souffrances en Grèce ».

 

Dans son message, il réaffirme aussi « la solidarité des communistes portugais avec les communistes, les travailleurs et le peuple grecs et sa pleine confiance dans leur détermination et leur lutte pour obtenir la réalisation de leurs aspirations légitimes ».

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 06:16

pame-png.jpgLe syndicat de classe grec PAME dénonce le rôle négatif de SYRIZA dans le mouvement syndical grec



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr



Dans la perspective des élections en Grèce le 25 janvier 2015, nous assistons au déploiement, dans les médias et dans d'autres organismes, d'une campagne pour soutenir le parti SYRIZA en Grèce. Cette campagne a créé une fausse image de SYRIZA, comme représentant de la gauche et des travailleurs de Grèce, ce qui est un cas extrême de science-fiction. Dans l'esprit de cette campagne, le Trade Union Network of Europe (TUNE) a récemment invité ses membres à signer une résolution pour soutenir SYRIZA.



Le PAME, qui représente le mouvement syndical de classe de Grèce, et affronte chaque jour les forces du patronat et du capital, développant une riche activité internationale, a le devoir d'informer les forces syndicales sur les développements politiques en Grèce et le rôle de SYRIZA dans le mouvement syndical de Grèce.



Ce qui est la preuve du rôle que joue toute organisation, politique ou syndicale, ce sont ses positions et la cohérence de ses paroles avec ses actes. SYRIZA, bien qu'il se présente en tant que parti politique sans « péché gouvernemental », fait des efforts pour obtenir le soutien des capitalistes, adoptant des positions tout à fait réactionnaires. Dans le même temps, déjà en pratique, ses petites forces dans le mouvement syndical et les syndicats que SYRIZA contrôle, ont une sale histoire forgée dans leurs liens avec le patronat, et de capitulation des droits sociaux des salariés. Ici, nous allons vous en donner quelques exemples précis.



Les positions de SYRIZA et son rôle dans le mouvement syndical



Dans le mouvement syndical européen



Les forces de SYRIZA dans les syndicats sont les promoteurs de la CES (Confédération européenne des syndicats) qui est l'appareil de l'Union européenne et du Capital dans le mouvement syndical, et la branche européenne de la CSI. Les forces de SYRIZA, participant à la CES et aux autres organisations internationales, n'a pas fait la moindre critique au soutien de la CES aux réformes anti-ouvrières de l'UE, son soutien aux interventions impérialistes en Syrie, Ukraine, Libye pour ses positions contre la juste lutte du peuple palestinien. C'est pourquoi ce n'est pas un hasard si SYRIZA jouit du soutien des syndicalistes et de leurs organisations européennes, qui ces dernières années ont mené l'attaque contre les droits des travailleurs dans leur pays, telles les Commissions ouvrières (CC.OO) en Espagne.



Dans le mouvement syndical grec



Les syndicats contrôlés par SYRIZA en Grèce sont les protagonistes de la collaboration de classe, la subordination des travailleurs aux exigences du patronat. Il est emblématique que le plus grand syndicat que contrôle SYRIZA (le Syndicat des travailleurs des super-marchés d'Athènes) est très connu pour être un syndicat sous influence patronale. Il agit sous contrôle des gérants de super-marchés qui l'utilise pour terroriser et soumettre les travailleurs. Il n'a pas fait la moindre mobilisation, ni publier la moindre déclaration, ni fait la plus minime action.



Dans les branches où SYRIZA ont signé des conventions collectives, les travailleurs ont subi des coupes salariales massives. Quelques exemples de ces coupes convenues :



Employés du commerce de détail : - 6,7 %

Pétrole grec (ELPE) : - 10 % (avec une augmentation du temps de travail)

Employés des super-marchés : - 12 %

Travailleurs dans les chemins de fer : - 35 %

Les marins : - 15 %



L'opposition de SYRIZA aux luttes ouvrières s'est exprimée à de nombreuses reprises dans la dernière période. Rien de plus typique que les déclarations du président de SYRIZA contre la grève des marins, qu'il a qualifié de « scandaleuse ». Dans le même temps, les syndicalistes de SYRIZA agissent souvent comme des briseurs de grève, avec de nombreux exemples dans les banques, les hôpitaux, l'éducation, les super-marchés, et dabs bien d'autres cas encore.



Le rôle pro-patronal des forces de SYRIZA s'exprime aussi par son alliance déclarée dans un certain nombre de syndicats, avec les syndicalistes du PASOK social-démocrate et des néo-conservateurs de Nouvelle Démocratie (que bien sûr au moment des élections SYRIZA condamne, afin de prendre le pouvoir). Nous mentionnons seulement quelques syndicats où il y a une coalition déclarée de forces entre SYRIZA, le PASOK et la Nouvelle démocratie, car la liste est très longue :



La Fédération des travailleurs de l'industrie pharmaceutique

La Fédération des travailleurs de l'agro-alimentaire

La Fédération des travailleurs de l'entreprise DEYA (Fournisseur en eau)

Les travailleurs des compagnies d'assurance OASE

Le syndicat régional de Laconia

Le syndicat régional de Mesologi



Dans sa tentative de faire barrage au syndicat sur des positions de classe, les forces de SYRIZA coopèrent même avec les néo-nazis de l'Aube dorée (c'est le cas dans le Syndicat des employés municipaux de Perama, le Syndicat des employés municipaux de Leivadia et d'autres encore).



Certains points sur la position de SYRIZA vis-à-vis du PAME



Les forces de SYRIZA dans le mouvement syndical se caractérisent par leur fort anti-communisme, leur haine envers le mouvement de classe, contre le PAME. Ils ont attaqué la fondation du PAME comme « diviseuse », « sectaire », « sabotant l'unité du mouvement », etc. parce que le PAME s'est opposé et a dénoncé les relations des syndicats bureaucratiques avec le patronat. Un autre exemple est leur attaque contre les initiatives d'action du PAME. Le récent rassemblement national du PAME, qui a réuni 100 000 travailleurs et a été organisé par 1 000 syndicats et organisations sociales, a été durement attaqué par les syndicalistes de SYRIZA. L'attitude des syndicalistes de SYRIZA vis-à-vis de la grève héroïque de 9 mois des métallurgistes est aussi symptomatique, ils ont appelé les grévistes à arrêter leur mouvement et adopté comme revendications que le gouvernement fournisse de l'électricité à moindre coût à leur patron !



Une revendication que SYRIZA a ensuite élargi à tous les patrons de l’industrie !



Puisque le TUNE a affirmé sa conviction qu'un gouvernement SYRIZA « représenterait un feu vert pour le changement en Europe », nous sommes obligés de demander aux syndicats combatifs de bien réfléchir à si le mouvement syndical doit soutenir les positions suivantes de SYRIZA dans leurs pays respectifs, à savoir :



  • SYRIZA est pour le maintien de la Grèce dans l'OTAN et l'Union européenne ;

 

  • SYRIZA s'est engagé à ne pas abolir les mémorandums et les lois contre les travailleurs qui sont passées ;

 

  • SYRIZA a intégré dans ses candidats d'éminents anciens ministres, ainsi que d'anciens députés du PASOK qui ont voté des lois contre le monde du travail ;



Dans le cadre de son Alliance du Sud, SYRIZA exprime des avis positifs sur les gouvernements de guerre contre le monde de travail, ceux de Rajoy en Espagne, Renzi en Italie, Hollande en France. De façon plus caractéristique, le 12 janvier, le président de SYRIZA a déclaré que « Merkel n'avait rien à craindre d'un gouvernement SYRIZA. »



Est-ce que le mouvement syndical en Italie, France, Espagne croit que leurs gouvernements sont en faveur des travailleurs ? Est-ce que le mouvement syndical soutient l'UE, l'OTAN, le FMI ?



Sur les événements en :



  • Ukraine, SYRIZA a occulté le sale rôle de l'Union européenne dans le coup d'Etat qui a renversé le gouvernement élu en Ukraine, menant le pays à la guerre civile ;

 

  • Syrie, SYRIZA a soutenu les plans des Etats-unis pour déstabiliser la région et appelé à « un soutien politique et financier aux forces de l'opposition ». Un soutien qui a fini dans les poches de l'Etat islamique ;



Est-ce que le mouvement syndical international peut soutenir les interventions impérialistes, l'incitation aux guerres civiles, la déstabilisation de régions entières ?



La position du PAME


 

Le mouvement syndical de classe est séparé par un abîme de la logique de collaboration de classe, du syndicalisme bureaucratique et patronal. Le PAME rejette comme une trahison de la classe ouvrière la position d'un gouvernement qui adoptera comme positions la compétitivité du capital, la participation dans des organisations impérialistes telles que l'OTAN et l'UE, des positions qui ne répondront pas aux besoins de la classe ouvrière. Les travailleurs du monde entier subiront la crise capitaliste et ses conséquences, les attaques contre les droits des travailleurs et leurs libertés, que ce soient sous des gouvernements conservateurs ou sociaux-démocrates.



Les syndicats rassemblés avec le PAME, le mouvement syndical de classe de Grèce, dans les élections du 25 janvier insiste sur le fait que quelque soit le gouvernement qui sera élu, il devra être faible afin qu'il ne puisse pas imposer son programme contraire au monde du travail. Le lendemain des élection, l'idée que l'Union européenne et le capitalisme sont la seule voie doit être la plus faible possible. L'opposition populaire et ouvrière doit être la plus forte possible. Le PAME assume le devoir, aux lendemains des élections d'être dans la rue, dans les usines, dans les lieux de travail, de défendre les droits des travailleurs pour lutter pour la réalisation de leurs besoins.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 06:38

tsipras_obama.jpgAprès le maire de New York, au tour du président américain Obama d'apporter son soutien à Tsipras !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La presse française découvre, avec étonnement, le soutien du président américain à Tsipras depuis son élection. Etonnant ? Pas tant que cela, si on suit non seulement les dernières déclarations mais aussi les solutions proposées par les deux camps pour sortir de la crise.

 

On connaissait la formule du « communiste préféré de Washington », concernant Giorgio Napoletano, qui vient de quitter la présidence italienne. On a maintenant le « radical (socialiste) préféré de Washington », Alexis Tsipras.

 

Le maire de New York « solidaire dans leur lutte commune contre les inégalités »

 

Jeudi, le maire de New York, Bill de Blasio, a envoyé ses félicitations à Alexis Tsipras pour sa victoire, « saluant sa campagne ancrée fortement sur la question des inégalités ».

 

Le maire s'est déclaré « solidaire dans sa lutte commune contre les inégalités », ajoutant que « la victoire de Tsipras envoyait un message fort aux progressistes à travers le monde ».

 

Tsipras lui a répondu qu'il avait une « admiration pour New York, une des plus extraordinaires villes au monde. » Le nouveau Premier ministre grec a invité le maire nord-américain à Athènes, le Maire s'est déclaré intéressé à lui rendre visite.

 

Obama : « les USA aideront le gouvernement grec à sortir de l'austérité »

 

La nouvelle égérie de la gauche radicale a passé ses derniers jours au téléphone puisqu'il a reçu un autre coup de fil prestigieux le mercredi 28, celui du président américain Barack Obama qui l'a félicité. En des termes loin d'être de la langue de bois :

 

« Les Etats-unis prendront position pour aider le gouvernement grec à sortir des politiques d'austérité » et « ce soutien s'exprimera concrètement par la coopération entre les Ministres des Finances des deux pays ».

 

Le nouveau Ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a sans doute cultivé ses réseaux aux Etats-unis. Intervenant régulièrement dans la presse britannique et américaine, il était encore en 2014 professeur aux États-Unis, travaillant aussi pour une entreprise américaine de jeux vidéos.

 

Obama a précisé que l' « Europe devait sortir des politiques d'austérité, quelque chose que les Etats-unis ont fait, et adopter un agenda de développement fort ». Obama a conseillé à Tsipras « de prendre un repos après la campagne électorale, car vous aurez besoin d'énergie plus tard ».

 

Tsipras aurait répondu que c'était « difficile au vu des circonstances ». Obama lui a alors confié qu'il était confiant, Tsipras trouvera le temps, lui adressant un avertissement très personnel : « moi aussi j'ai commencé jeune, mais mes cheveux ont blanchi ».

 

Obama, acte 2 : « on ne peut pas continuer à pressurer des pays en dépression »

 

When Barack meets Alexis. Hier, Obama est monté au créneau sur CNN, soutenant la ligne de Tsipras – qui se cherche désormais des alliés auprès du PS français, du PD italien – contre l'intransigeance allemande :

 

«On ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression. A un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes ».

 

 

La position pro-greque et pro-SYRIZA du gouvernement américain n'est pas une totale surprise, si ce n'est dans sa précocité et son absence d’ambiguïté.

 

Obama et SYRIZA sur la même longueur d'onde : vive le New Deal !

 

Les économistes américains – dont les têtes de pont en Europe que sont Joseph Stiglitz, Paul Krugman, analystes avisés « progressistes » mais aussi libéraux-keynésiens pur jus – soulignent l'absurdité de la zone euro telle qu'elle est conçue, la nécessité d'un relâchement budgétaire, d'une relance monétaire, même d'un allégement de la dette pour ré-enclencher la croissance.

 

Depuis plusieurs mois, les Etats-unis mettent en garde l'Allemagne contre la poursuite d'une politique d'austérité et d'orthodoxie monétaire qui pénalisent la croissance, fait porter le fardeau de la crise au reste de l'Europe, nuit aux intérêts économiques et géo-politique du bloc trans-atlantique.

 

Sur ces deux points, les autorités américaines se trouvent sur la même longueur d'onde que les dirigeants de SYRIZA.

 

Ce n'est pas un hasard si Alexis Tsipras n'a cessé de faire des appels du pied outre-Atlantique, en reprenant la rhétorique symbolique des « progressistes » américains : « New Deal », « Plan Marshall ».

 

Lors de ses visites aux Etats-unis, il prenait Roosevelt et Obama comme modèles, la politique monétaire de la FED comme un exemple à suivre. Depuis l'idée de « New Deal » européen a été adoptée par Juncker, Renzi et Hollande, la relance monétaire en « Quantitative Easing » par Draghi.

 

Tsipras n'a cessé de répéter à ses futurs partenaires européens et américains qu'il « n'était pas dangereux ». Ce que révèlent ces déclarations, c'est qu'il a au moins convaincu l'administration américaine de son engagement au maintien de l'ordre établi.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 06:30

tsipras-kammenos.jpgQui sont les Grecs indépendants, ce parti de droite nationaliste, partenaire de SYRIZA ?

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Il a osé. Pas sectaire pour un sou, Tsipras élargit sa Coalitiond de gauche jusqu'à sa droite. Coup de génie tactique ? A voir. Coup préparé de longue date ? Assurément. Cela change radicalement la tournure du projet SYRIZA et de ses admirateurs en Europe.



UKIP, Front national, Ligue du nord, la droite extrême qui avance en Europe a salué la victoire de SYRIZA en Europe. Tout comme Podemos en Espagne, 5 étoiles en Italie, avec leur positionnement ambigu « ni droite, ni gauche ». Idem pour le PS français, le PD italien, pensant au projet de « New Deal » européen, du bond fédéral, partagé par Renzi, Hollande, Tsipras.



Quant aux marchés financiers, ils ne semblent pas avoir été pris de panique à l'annonce de la victoire de SYRIZA… c'est leur pacte avec la droite nationaliste qui crée le plus d'inquiétude.



L'alliance apparemment contre-nature avec la droite nationaliste – une scission de droite de la « Nouvelle démocratie », comparable toutes choses égales par ailleurs à UKIP en Grande-Bretagne – a pu sembler une surprise de dernière minute. Elle était préparée de longue date.



Aux origines du pacte SYRIZA/Grecs indépendants



« Si nous avons besoin de 5 voix de la part de M.Kammenos, des Grecs indépendants, et si il vient vers nous et nous donne un signe d'ouverture et de soutien, nous ne le jetterons pas. Nous ne dirons pas que nous ne voulons pas de lui ».



Va Kammenos, je ne te hais point !Ainsi parlait Alexis Tsipras, en avril 2012, quelques semaines après l'annonce de la scission de droite de la Nouvelle Démocratie. Depuis, les contacts se sont multipliés, un « Front commun » s'est matérialisé en 2013 sur la question des banques chypriotes.



En octobre 2014, c'est le pacte entre Tsipras et Kammenos qui a scellé le sort du gouvernement :Tsipras soutenant la formation de droite sur un projet portant sur les prêts aux PME, Kammenos refusant le soutien à tout candidat présentiel, précipitant les élections anticipées.



Tsipras avait alors déclaré :« Il y a besoin de forces différentes, qui voit les choses depuis des points de vue différents, qui se rassemblent afin de mettre un terme aux politiques désastreuses du mémorandum, maintenant, pour ensuite reconstruire l'économie ».



Kammenos avait précisé après sa rencontre avec le leader de SYRIZA :« Nous pouvons trouver un terrain commun, chacun gardant ses lignes rouges, on peut aller de l'avant ».



La formation des Grecs indépendants était peu connue jusqu'à hier en France. Sur quoi se fonde son identité ? Elle est née en février 2012 comme scission du parti de droite conservateur Nouvelle Démocratie sur la base du rejet des plans d'austérité.



Un parti nationaliste intégral, mais pas anti-UE ni anti-euro !



Son idéologie est intégralement nationaliste. Elle ne rejette pas l'Union européenne en soi mais désire maintenir non-négociables « l'indépendance, la fierté, la souveraineté nationales », pour citer le premier point de sa Déclaration fondatrice, le 24 février 2012.



Elle désire une Europe réforméedans le sens de la coopération inter-étatique, non sa dissolution, ni celle de la zone euro. Toujours dans sa Déclaration fondatrice : « Nous croyons en une Europe unie de la solidarité et de la coopération, où les Etats membres seraient égaux ».



Ce qu'elle dénonce dans l'Union européenne, avec véhémence, c'est la « domination allemande »contre laquelle Kammenos a multiplié ces derniers temps les déclarations sous diverses variantes, plus ou moins injurieuses ou belliqueuses, selon laquelle la Grèce « ne se mettrait pas à genoux devant l'Allemagne », cette dernière étant gouvernée par « des néo-nazis, dans un IV ème Reich », alors que « Merkel et Schuable sont persona non-grata à Athènes ».



Le parti est déjà prêt à partir en croisade pour obtenir la réparation des dommages de guerre causés par l'Allemagne nazie pendant la Seconde guerre mondiale.



Elle dénonce aussi l'entrée potentielle de la Turquie et d'autres pays des Balkans comme l'Albanie ou la Macédoine dans l'Europe. Un type de position incompatible avec la sortie de la Grèce de l'UE.



Aux fondements de son identité, on retrouve une sainte trinité :



Le parti clérical : famille, religion, ordre



1 – Défense de l'Eglise, de sa place privilégiée dans la société, des valeurs conservatrices traditionnelles : c'était une des « lignes rouges » fixées par Kammenos au pacte avec SYRIZA. Pas de laicité, pas de séparation de l'Eglise avec l'Etat, pas de remise en cause des priviléges fiscaux de l'institution ecclésiastique.



Cela explique de façon très claire les ultimes rencontres de Tsipras avec les moines du mont Athos, les hauts dignitaires de la hiérarchie orthodoxe, pour les rassurer sur leurs privilèges.



Dans la Déclaration fondatrice, une des proclamations centrales est : « Nous croyons dans les valeurs et le caractère éternel de la religion orthodoxe ». En 2013, les Grecs indépendants ont opposé leur veto catégorique à tout abandon de l'enseignement religieux à l'école.



Le parti avait alors affirmé que c'est « sous prétexte de multi-culturalisme et de lutte contre la xénophobie et le racisme »que les cours de religion étaient remis en cause alors que « la culture orthodoxe, ses sacrements, les valeurs et vertus chrétiennes est au cœur des traditions grecques »et que « dans la société libertaire que certains veulent créer, la vie humaine ne vaudra rien ».



Dans ses valeurs traditionnelles, la famille, la religion, la patrie jouent un rôle central. Les Grecs indépendants prônent ainsi une restriction drastique de l'immigration, dont la population devrait être limitée à 2,5 % de la population résidente, à des niveaux « soutenables pour le pays ».



Face à un projet de loi supposé favoriser l' « intégration des étrangers » en avril 2014,le parti avait alors dénoncé le mythe du multi-culturalisme, en échec partout, affirmant l'impossibilité d'une intégration et assimilation de masse des étrangers et immigrés en période de crise.



Sur la famille, le Parti – et surtout certains de ses leaders comme le député Nikos Nikopoulos – a fermement rejeté toute tentative d'instaurer un mariage homosexuel en Grèce.



Nikopoulos s'est fendu l'an dernier en déclarations homophobes, ironisant sur l'enthousiasme du Premier ministre luxembourgeois avec un tweet polémique : « Nouvelles de l'Europe : les pédales s'accouplent ! Le premier ministre luxembourgeois va se marier avec sa chérie ».



On peut rappeler aussi les déclarations du leader Kammenos contre le Premier ministre de droite Samaras dans l'hypothèse d'une remise en cause partielle des privilèges de l'Eglise :



« Tout ce que le gouvernement fait va contre l'Eglise de Grèce : crémation, mariage gay, taxation de la religion orthodoxe.Les Bouddhistes, les Juifs, les Musulmans ne sont pas taxés, les Orthodoxes oui, et il y a même un risque qu'on perde le patrimoine monastérial ».



Le parti de l'Armée : une Grèce forte au service de l'OTAN



2 – Défense de l'Armée, et d'une politique étrangère indépendante et agressive.C'était la deuxième « ligne rouge » de Kammenos pour un pacte avec SYRIZA : obtenir le Ministère de la Défense, et l'engagement du maintien dans l'OTAN, d'une sanctuarisation du budget colossal de l'Armée.



Les Grecs indépendants représentent une frange si ce n'est cléricale et militariste de l'appareil d’État, en tout cas fortement lié à l'Eglise et l'Armée, convaincus de leur rôle de pilier dans l'ordre social grec.



Ainsi dans le programme de gouvernement élaboré en 2014 par les Grecs indépendants, y sont réaffirmés le rôle central de l'OTAN dans la politique étrangère grecque ainsi que la nécessité d'adopter une posture ferme sur les questions internationales : sur les ZEE, sur Chypre, sur les frontières avec la Macédoine, sur les projets de Grande Albanie.



La Turquie est la première visée hors de l'UE, ce en quoi la Grèce a besoin de ses partenaires dans l'OTAN et l'UE. Tout comme l'Allemagne est désignée comme l'adversaire dans l'UE, pour la « nation prolétaire » grecque.



On comprend plus aisément les déclarations de ces derniers mois de Tsipras avec les hauts responsables de l'armée grecque, sa rencontre avec les responsables de l'OTANil y a un an, visant à les assurer sur son maintien dans l'OTAN.



Un capitalisme national d'Etat, mieux inséré dans l'UE et la mondialisation



3 – Défense d'un capitalisme national compétitif dans la mondialisation. Les Grecs indépendants concentrent toute leur énergie sur l'abandon des mémorandums avec la BCE, le FMI et l'UE qu'ils voient comme un « complot international » contre la Grèce.



Ils s'inscrivent dans la stratégie d'une fraction du capitalisme grec décidée à entrer en conflit avec le capital allemanden particulier pour obtenir un maximum de concessions comme un allégement de la dette et des plans d'austérité, afin de relancer l'économie locale.



Dans sa Déclaration fondatrice, il affirmait clairement croire en un « développement basé sur le capitalisme, avec une répartition équitable des richesses », qui ne soit pas perverti par les « requins de la finance, les spéculateurs et les usuriers ».



Dans son programme de 2014, on retrouve 8 mesures clés qu'on peut résumer ainsi : (1) le rejet de la « dette illégitime » ; (2) l'abrogation des mémorandums, accords de prêt et lois liés à ces accords ; (3) politique de guerre économique avec réparations de guerre allemandes et lutte pour les ZEE et les ressources off-shore ; (4) nationalisation de la Banque de Grèce et relance de l'économie.



La relance de l'économie, telle que les Grecs indépendants, la conçoivent est une relance inscrite dans une logique d'un capitalisme national encadré, facilité, soutenu par l’État dans le but d'affronter la compétition internationale.



Ainsi dans son Programme de gouvernement – destiné à un « Front patriotique et démocratique », dixit le parti – le parti de droite insiste sur un Plan de Reconstruction et de développement national comprenant :



  • la réduction de l'impôt sur les sociétés pour supporter la compétition internationale, ainsi qu'un allégement des dettes consécutives aux prêts contractés par les PME ;

  • un « soutien au fonctionnement du capital grec, un soutien à l'attraction des IDE » qui serait facilité par une Banque de Grèce nationalisée qui emprunterait directement à la BCE pour financer ensuite les entreprises nationales ;

  • le « renforcement de la Marine » pour peser dans la lutte pour les ZEE et leurs ressources off-shore, perçues comme capitales pour relancer l'économie ;

  • le développement de « Pôles régionaux d'innovation », sur la base de Partenariats publics-privés (PPP), facilités par une « aide publique à l'internationalisation » ;



Convergences entre la dite « gauche radicale » et la vraie « droite réac »



L'annonce du pacte de gouvernement a suscité une interrogation : des partis venant d'horizons si différents peuvent-ils former une coalition durable, stable et unie face à l'épreuve de force qui s'annonce, notamment avec la Troika, après le « Quantitative easing » de Draghi ?



La réponse est incertaine mais Tsipras a remarquablement préparé le terrains : il a verrouillé les « lignes rouges » de la droite dure sur l'Eglise, l'Armée, voire l'immigration et le mariage gay. Il a obtenu leur soutien sur le « Programme de Salonique », un plan limité mais réel de soutien aux ménages les plus modestes pour soulager la misère galopante.



Mais sur le fond, les convergences existent entre les deux forces : maintien dans l'OTAN, dans une UE réformée ; rapport de force institutionnel pour obtenir des concessions de l'UE, de l'Allemagne sur la dette, les mémorandums ; vision partagée d'un capitalisme keynésien basée sur des réformes structurelles, une intervention accrue de l’État au service des entreprises.



L'avenir nous en dira plus sur la solidité de cette alliance, et surtout ses répercussions en Grèce et en Europe. Le spectacle peut commencer. Plein d'incertitudes et de périls à l'horizon. En France, le FN attend son tour. Et jubile du nouveau tour de la tragédie grecque.

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 06:23

KKELe KKE (PC grec) résiste à la vague, progresse et dépasse les socialistes du PASOK : 5,5 % des voix, 15 sièges

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La vague. La radicalisation de la population grecque face à une insupportable austérité, l'effondrement de la social-démocratie traditionnelle et une certaine complaisance médiatique ont permis à SYRIZA de remporter un triomphe électoral. Le KKE a fait mieux que résister.

 

L' « Union sacrée » derrière SYRIZA ?Jamais une nouvelle n'avait été accueillie avec autant d'enthousiasme en France.De Moscovici à Hamon, de Le Pen à Mélenchon, de Libération à l'Humanité, les communiqués se multiplient, louant cette surprise attendue.

 

François Hollande s'est fendu d'un communiqué très politique sur « son désir de poursuivre une coopération étroite entre nos deux pays au service de la croissance et de la stabilité de la zone euro, dans un esprit de progrès, de solidarité et de responsabilité qui est au cœur des valeurs européennes que nous partageons. »

 

L'électorat social-démocrate radicalisé : du PASOK à SYRIZA

 

Sauver l'Europe, à tout prix.C'est l'objectif partagé de Tsipras, Hollande tout comme de Mario Draghi qui a lancé un vaste plan de rachat de dettes, de relance monétaire (« Quantitative easing ») compatible avec le programme de SYRIZA : un peu moins d'austérité, une dette allégée, mais des « réformes structurelles » pour les investisseurs, le maintien de l'Euro.

 

Il est vrai que le score de SYRIZA était inimaginable il y a 5 ans. En 2009, le parti était en crise avec 4,5 % des voix, 13 sièges. En mai 2012, il passe à 16 % des voix (52 sièges), en juin 2012 à 27 % (79 sièges). Cette fois, en 2015, il réalise un score historique : 36 %, 149 sièges.

 

Ce n'est pas un hasard, les résultats du PASOK (Parti socialiste) suivent exactement la courbe inverse : de 43,9 % en 2009 (160 sièges), à 12,3 % en 2012 (33 sièges), puis 4,7 % en 2015 (13 sièges). Par un système de vases communicants, les voix du PASOK sont passées à SYRIZA.

 

Derrière SYRIZA, la droite incarnée par la Nouvelle démocratie (27 %, en baisse de 2 points), suivent trois partis dans un mouchoir de poche : les néo-nazis de l'Aube dorée (6,3 %, 17 sièges), le nouveau parti pro-européen de centre-droit la Rivière (6 %, 17 sièges) et le Parti communiste de Grèce/KKE (5,5 %, 15 sièges).

 

Le KKE progresse, dépasse le PASOK et bat l'Aube dorée à Athènes !

 

Pour le KKE, c'est une progression par rapport aux résultats de 2012 : il passe de 4,5 à 5,5 %, de 270 000 à 300 000 voix, gagnant 2 députés. Dans un contexte de vague SYRIZA, le résultat est plus qu'honorable. Il arrive même à devancer le PASOK, une première depuis la fin de la dictature.

 

Dans nombre de régions, ce fut un bras de fer. Ce fut le cas à Athènes où – si on cumule les deux circonscriptions – le KKE a battu d'un fil l'Aube dorée. Les deux partis ont 4 députés, mais le KKE obtient 75 000 voix contre 68 000 pour les néo-nazis, avec un peu plus de 6,6 % des voix.

 

Le Parti communiste grec obtient son meilleur score dans ses bastions que sont les îles de Samos (15 %), Lesbos (11 %), Lefkada (10 %), Céphalonie (9 %) et Zante (8,6 %). Il obtient également de très bons scores dans la deuxième circonscription, industrielle, du Pirée (8 %).

 

Au niveau national, si l'Aube dorée recule – passant de 6,9 à 6,3 % (de 420 à 340 000 voix) – le symbole est contre-balancé par le fait qu'elle est désormais formellement la troisième force du pays, rassemblant encore des parties importantes de la population, en sous-prolétarisation accélérée.

 

SYRIZA vers un gouvernement de coalition avec la « nouvelle droite » ?

 

Le discours de Tsipras à l'annonce des résultats partiels a été lyrique. Il a parlé de « changement de cap », de «  la fin de la troika », du jour « où le peuple grec a écrit l'histoire ».

 

Pour tout de suite, mettre les choses au clair : « il va négocier avec les partenaires européens, pour un plan de réformes sans déficit, ni excédent irréalisable ».SYRIZA sera un bon élève de l'Europe.Magnanime, « sans vainqueurs, ni vaincus », il élaborera un « gouvernement de tous les Grecs ».

 

Du lyrisme pour les foules, on va vite passer au réalisme politique et aux manœuvres de couloir. Selon les dernières estimations, SYRIZA n'obtiendra pas la majorité absolue des 151 sièges. Il doit donc négocier ferme.

 

Ce sera sans les partenaires naturels sociaux-démocrates de DIMAR, recalés, ni le PASOK infréquentable. Le KKE refuse de participer à un gouvernement de coalition. Mais Tsipras ne désespère pas d'obtenir un « vote de tolérance » au moment de l'investiture gouvernementale.

 

Tsipras va donc se tourner vers la droite. Mais vers qui ?

 

La Rivièrea déjà fait les yeux doux. Animé par le médiatique présentateur télévision S.Teodorakis, parti de centre-droit, résolument pro-européen, libéral économiquement mais aussi libéral sur les mœurs, La Rivière se présente comme un parti neuf, moderne, responsable.

 

Son leader a affirmé à l'annonce des résultats qu'il était prêt à négocier avec Tsipras pour former un gouvernement de coalition.Il semble néanmoins refuser un accord avec les nationalistes des Grecs indépendants, jugés trop « anti-européens ». L'accord avec cette formation semblait le plus plausible, indiquant un virage nettement pro-européen, modéré de Tsipras.

 

Les dernières nouvelles, très tard dans la soirée, iraient plutôt vers la possibilité d'un gouvernement de coalition entre SYRIZA (Coalition de gauche radicale) et … les Grecs indépendants (ANEL) de Panos Kamenos, une scission de droite de la Nouvelle Démocratie.

 

Les Grecs indépendants sont présentés comme « populistes », « euro-sceptiques », combinant positions anti-immigration et anti-austérité, avec sa proximité avec l’Église orthodoxe. Le rejet du mémorandum, celui de la Troika, de la « colonisation allemande » est fondateur du parti.

 

Au niveau européen, les Grecs indépendants se sont rapprochés ces derniers mois du UKIP de Nigel Farage– dont il ambitionne de jouer un rôle semblable en Grèce. Ce n'est sans doute pas une coïncidence si Marine Le Pen, qui rêverait d'un schéma similaire dont elle serait la force hégémonique, a salué une potentielle victoire de SYRIZA.

 

La presse grecque évoque une rencontre entre Tsipras et Kamenos à 10 h 30 lundi, avec en discussion un pacte de gouvernement SYRIZA-ANEL, et l'octroi aux Grecs indépendants d'un ministère important.

 

Les prochains mois avec la révélation du véritable agenda de SYRIZA, sans doute même les prochains jours avec le dévoilement du nouveau gouvernement, risquent d'être révélateurs d'un nouveau cap peut-être éloigné de celui de millions d'électeurs. Après (ou avec) la vague SYRIZA, c'est aussi à la vague droitière qu'il faut résister. Avec un KKE fort.

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