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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 06:42

article3952.w_l.jpgL'accord BCE-Syriza pour sauver l'Euro : allégement de la dette grecque contre poursuite des « réformes structurelles »

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

La BCE a choisi son camp en Grèce, elle accordera sa chance à Syriza, sous conditions. Le « quantitative easing » promu par Mario Draghi est un coup de poker attendu mais risqué, un vaste plan de rachat de dettes, d'injection de liquidités, une relance toujours conditionnée au maintien de l'austérité. Pour sauver l'Euro, « à tout prix », dixit Draghi et Tsipras.



C'était dans les cartons depuis des mois, avec des taux directeurs au plus bas. La dernière mesure pour tenter une relance de la zone euro, sauver l'euro, c'est le « Quantitative easing », de fait un vaste plan de rachat d'obligations d'Etat à hauteur de 1 000 milliards d'€ sur un an et demi.



La BCE espère un déplacement du crédit des obligations d’État vers les entreprises afin de relancer l'économie, tout en redonnant aux pays du Sud un accès au crédit ; une dépréciation de l'euro pour favoriser les exportations ; contre-balancer la tendance à la déflation. Les expériences américaines et japonaises laissent les observateurs prudents, voire sceptiques.



La « carotte » de Draghi à Tsipras : pour un accord Troika-Syriza



Pour la presse grecque et internationale, cela ne fait guère de doute, Draghi a envoyé un signe à Tsipras, du journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, « Draghi a choisi le candidat de la gauche radicale grecque, Tsipras »,au grec Journal des Rédacteurs, « Draghi a désarmé Samaras ».



Il ne s'agit pas d'une carte blanche. La Grèce est en effet temporairement exclue du plan, jusqu'en juillet. Officiellement pour raisons techniques, liées à la viabilité des obligations grecques, l'impossibilité d'un achat massif de dettes.



En réalité, c'est un moyen de pression puisque l'intégration de la Grèce supposera la signature d'un nouveau mémorandum avec la Troika(BCE, FMI, UE), ainsi qu'une concession à une Allemagne sceptique.



Ainsi, le journal grec Kathimerini, soulignant une « décision historique », mais claire de la part de la BCE : « la participation ou non de la Grèce à ce programme dépendra du nouveau gouvernement grec à négocier et appliquer un nouveau mémorandum, programme ».



Comme le note le journal économique américain Bloomberg, et l'expert auprès de la Bank of America Merill Lynch, Athanasios Vamvakidis : « Il s'agit d'une carrotte pour Syriza, afin de conclure un accord avec la troika. La BCE achètera des obligations en juillet, si il y a un accord. »



SYRIZA se félicite de la réponse de Draghi à l' « austérité extrême »



La réaction de SYRIZA a été très positive. Dans un communiqué, elle a salué une « décision importante que le futur gouvernement grec mettra en valeur pour l'intérêt du pays. Les annonces du président de la BCE démentent ceux qui ont semé la peur et la panique ».



Elle ajoute :« M.Draghi a donné une réponse aux politiques d'austérité extrêmes en se démarquant des voix néo-libérales extrêmes dont M.Samaras fait malheureusement partie ».



Alexis Tsipras, lors de son dernier meeting de campagne à Athènes – en présence du secrétaire du PCF et président du PGE Pierre Laurent – a clamé devant la multitude assemblée :



« Le Premier ministre Samaras est désemparé, il s'attendait à ce que la BCE prenne une mesure contre la Grèce. Il n'y a plus de peur, la Grèce et l'Europe changent. Demain, nous écrirons l'histoire, nous tournons la page, nous changeons d'ère ».



Les mesures de Draghi … sont celles que Tsipras préconisait il y a 6 mois !



Le flirt entre Tsipras et Draghi, la BCE n'est pas nouveau.

 

En septembre 2014, il louait au Forum Ambrosetti devant l'élite capitaliste européenne les propositions de Draghi et Monti,en parallèle d'un « Programme de Salonique » présenté au peuple grec, quelques mesures sociales correspondant à des filets de sécurité humanitaires.

 

Il regrettait sur les bords du lac de Côme que la proposition de Monti en 2012 de re-capitalisation des banques n'ait pas été réalisée à l'échelle européenne par la BCE.

 

Il avançait comme première (1) mesure un « quantitative easing », une « politique courageuse de la BCE » disait-il, dans la lignée des « propositions positives de Draghi ».

 

Les deux autres mesures étaient : relance au niveau européen suivant son idée d'un Plan Marshall, New Deal par l'injection de liquidités (2), allégement de la dette suivant le schéma de la Conférence de Londres de 1953 pour la RFA (3). Les mesures de la BCE vont exactement dans ce sens.

 

Les tractations entre Syriza, Berlin et la BCE : Asmussen, l'homme clé

 

Déjà, en septembre 2013, Alexis Tsipras avait déjà rencontré Jorg Asmussen – un homme clé du lien entre SYRIZA et l'UE –, alors au Comité exécutif de la BCE, homme de confiance de Merkel comme de Draghi. Les désaccords semblaient l'emporter, sur la poursuite de l'austérité.

 

Asmussen est depuis passé au gouvernement allemand, devenu Ministre du Travail de Merkel. Tsipras l'a de nouveau rencontré, mais à Athènes cette fois, en avril 2014. La rencontre semble avoir été plus fructueuse, sans que sa teneur ne soit dévoilée.

 

En décembre 2014, selonla Stampa, la BCE et l'Allemagne préparait déjà le gouvernement Tsipras. Le porte-parole de SYRIZA, Nikos Pappas, confirmait le deal : « il n'y aura plus de coupes mais nous ferons les réformes de l'administration publique pour attirer les investisseurs étrangers ».

 

Toujours la Stampaau 30 décembre 2014 confirmait alors que « Draghi était la clé », avec l'hypothèse d'un Quantitative easing, pour cette « entente avec Syriza ».

 

Tsipras ne s'y trompait pas. Dès le 3 janvier, il avertissait, propos repris par Reuters, que « la Grèce ne pouvait pas être exclue d'un éventuel Quantitative easing de la BCE ».

 

Plus récemment, dans une tribune publiée par le Financial Times, le 20 janvier, Tsipras dévoilait son manifeste. Pour Draghi. Des promesses : « respect de l'équilibre budgétaire, des objectifs chiffrés », « respect de l'économie sociale de marché », « restructurer la dette pour la payer » et surtout la fin : « nous ferons les réformes dont la Grèce a vraiment besoin ».

 

Il y a joute sur le « quantitative easing tant attendu »,qu'il l'espère à une « grande échelle, telle qu'elle pourra guérir la zone euro, et sauver l'Euro 'à tout prix' ».

 

Tout est dit : allègement de la dette, recul des formes extrêmes d'austérité mais mémorandum négocié pour des « réformes structurelles », paiement de l'intégralité de la dette restante, défense 'à tout prix' (ce sont les mots de Draghi) de la monnaie unique.

 

Tsipras encourage désormais ses électeurs à voter en masse pour SYRIZA pour « changer le rapport de force » afin de peser au niveau grec face aux exigences de la Troika, peser au niveau grec avec des partenaires (« le bloc des pays du Sud », l' « axe Paris-Rome ») face à Berlin.

 

Pour le KKE, « Syriza trompe les gens sur les mesures de Draghi »

 

En ce sens, la ligne défendue par nos camarades du KKE (Parti communiste de Grèce) a le mérite de ne laisser aucune illusion sur ce changement d'équipe gouvernemental, qui n'a à proposer qu'un « alter-capitalisme », « alter-européiste » qui ressemble plus à une « alter-austérité ».

 

Leur communiqué après l'annonce des mesures de Draghi souligne « que le rachat des obligations d'Etat sera nécessairement accompagné d'un mémorandum, qui sera impopulaire. Cela révèle bien ce que propose SYRIZA qui essaie de tromper les gens sur ce Quantitative easing, présenté comme un changement positif dans l'UE ».

 

« Il est maintenant clair que la politique de Quantitative easing ne profitera dans l'UE qu'aux monopoles, et que les peuples en paieront le prix. Le peuple devra condamner l'UE et les partis qui la servent lors des prochaines élections, en renforçant le KKE. ».

 

Le prochain gouvernement sera dominé par SYRIZA, avec entre 30 et 35 % des voix, sans doute la majorité absolue. Telle est la volonté d'un peuple grec, radicalisé et rempli d'espérance et de colère. Telle est aussi, entre acceptation et pari, celle de Bruxelles et de Francfort. De quoi inciter à la vigilance, et souhaiter le score maximal pour le KKE.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 06:45

 

AKROPOLI1Il faut un KKE fort au lendemain des élections !



Pour une opposition populaire forte et la lutte pour la rupture avec ce système !



Communiqué du Parti communiste de Grèce (KKE)



Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Ouvriers, employés, travailleurs indépendants, chômeurs, paysans, retraités, jeunes gens et femmes des couches populaires : nous en appelons à votre soutien afin de renforcer le KKE lors des prochaines élections.



Vous devez penser au fait que dès le lendemain des élections, quelle que soit la couleur du gouvernement, l'UE et les « mémorandums permanent », avec les mesures anciennes ou nouvelles qui seront exigées par le capital afin de le rendre plus compétitif sur le marché capitaliste mondial, seront toujours là et continueront à saigner le peuple.



Les lois anti-populaires seront toujours en place, dans leur intégralité. Des lois qui ont été votées par tous les gouvernements et qu'ils ne sont pas prêts de remettre en cause.



La dette insoutenable sera toujours là, ce que reconnaissent ND, PASOK, SYRIZA et les autres partis qui soutiennent l'UE. Ils appellent le peuple à la payer. Ceux qui n'en sont pas à l'origine et qui ne doivent rien.



Les contradictions et les chicanes dans la zone euro seront là. Des querelles qui tournent atour de la gestion des déficits et des dettes qui ont été créées par les capitalistes et sont remboursées dans le but d'accroître les profits capitalistes, le pouvoir des plus forts, toujours aux dépens des intérêts du peuple.



Surtout, le capital, les monopoles, à la fois locaux et étrangers, seront là. Ce sont eux qui ont les clés de l'économie, le véritable pouvoir et qui vont demander plus de privilèges dans la phase de reprise, toujours aux dépens du peuple. Ils vont demander une main d’œuvre moins chère et plus soumise, en échange de leurs investissements. Le chômage sera là, même s'il y a de nouveaux investisseurs.



Le pouvoir du capital sera là, l’État qui sert toujours les intérêts des monopoles au dépens du peuple et délimite le rôle de chaque gouvernement.



Quelle que soit la teneur des négociations avec la Troïka et la transition à une nouvelle phase de contrôle, les monopoles demandent de nouvelles mesures anti-populaires, telle que le démantèlement intégral du système de sécurité sociale, de nouvelles baisses de salaire et des revenus populaires, des privatisations, les restrictions sur les activités syndicales.



Pour cette raison, il n'y aura pas d’amélioration pour les travailleurs dans la crise ou la phase de reprise sans lutte, sans confrontation avec les intérêts du capital.



Pour cette raison, les travailleurs ont besoin d'un KKE fort après les élections au parlement, partout, une force pour la résistance des travailleurs et du peuple, pour la riposte.



C'est la garantie certaine, au beau milieu de l'incertitude et l'insécurité, sur laquelle les travailleurs et le peuple peuvent s'appuyer.



Un KKE fort, pour ouvrir la voie à la seule solution pour le peuple, l'annulation unilatérale et complète de la dette, le retrait de l'UE et de l'OTAN, la socialisation des monopoles, pour la prospérité du peuple, avec la classe ouvrière et le peuple au pouvoir, la perspective socialiste.



Le peuple a besoin de son propre gouvernement – pouvoir populaire, avec le KKE jouant un rôle dirigeant. Afin que les idéaux et les valeurs du peuple puissent devenir une réalité, pour une société libérée de l'exploitation de l'homme par l'homme.



Un KKE fort,afin que le peuple ne soit pas trompé à nouveau par le chantage et les illusions. Car ils auront à affronter des gouvernements qui proposeront une forme ou une autre de gestion bourgeoise, qui non seulement ne garantissent pas la reconquête de ce que le peuple a perdu, mais suivront la même voie qui mènera à des périls encore plus grands et tentera de nous amadouer avec des miettes.



Le KKE jouera un rôle dirigeant, dans et hors du parlement, afin qu'il puisse y avoir une opposition populaire combative qui puisse exercer une réelle pression sociale. C'est quelque chose qui n'a pas existé jusqu'alors, faute à des hésitations ou illusions semées.



Un KKE fort, car il s'agit d'une force qui, sans capitulation ni reniement, joue un rôle dirigeant dans l'organisation des luttes populaires pour l'abolition de toutes les lois liées au mémorandum et pour la reconquête des acquis populaires.



Elle lutte de façon cohérente et désintéressée pour la juste cause des ouvriers, employés, pour les droits des jeunes, des femmes, des chômeurs, des travailleurs indépendants, des petits paysans afin d'organiser la solidarité populaire.



Un KKE fort,car il lutte contre la participation de la Grèce aux alliances et guerres impérialistes qui ont lieu ou se préparent dans l'intérêt des grands groupes privés. Il défend le intérêts souverains du pays, contre l'OTAN et l'UE, contre ceux qui essaient de piéger le peuple en disant que ces organisations impérialistes protégeront les droits souverains du peuple, la paix et la sécurité. Il lutte pour le départ de la Grèce de l'OTAN. Il lutte pour que la Grèce arrête de soutenir et de participer à des interventions militaires au détriment des peuples.



Un KKE fort, afin que le mouvement populaire et ouvrier connaisse un nouvel élan, afin que l'alliance sociale populaire contre les monopoles et le capitalisme puisse être mise sur pied et renforcée. Il lutte pour isoler et vaincre l'idéologie et l'activité fasciste de l'Aube dorée nazie.



Travailleurs et travailleuses, jeunes gens, chômeurs et retraités.



Dans la bataille électorale, le gouvernement de coalition ND-PASOK et les figures de l'UE se confondent en propos alarmistes afin de piéger le peuple et lui soutirer son consentement à la poursuite de la même ligne anti-populaire.



Ils invoquent la stabilité et le besoin supposé de ne pas mettre en péril les sacrifices faits par le peuple grec. Leurs intimidations ne tournent pas fondamentalement autour de leurs querelles politiciennes avec SYRIZA.



Le gouvernement sait très bien que SYRIZA ne remet pas en cause l'UE et le système capitaliste. Leurs chantages s'adressent surtout au peuple, et visent à s'assurer la soumission du peuple à la même ligne anti-populaire et aux nouveaux périls qui s'annoncent.



Le gouvernement ment lorsqu'il prétend que le nouvelles mesures anti-populaires peuvent être empêchées, si la stabilité politique et les créanciers sont assurés. Car les vieilles comme les nouvelles mesures anti-populaires ne sont pas juste des exigences des créanciers.



Il y a eu pendant de nombreuses années des directives de l'UE, intégrées à la stratégie du grand capital en Grèce et en Europe afin que la force de travail soit encore moins chère. De telles réformes anti-populaires sont menées dans tous les pays de la zone euro, de l'UE par des gouvernements de droite (Allemagne) comme sociaux-démocrates (France, Italie).



C'est pour cette raison aussi que le gouvernement et les autres centres de l'establishment (les médias, la Fédération des industriels grecs etc.) parlent constamment du « besoin de continuer les réformes, même si on n'exige pas cela de nous ». SYRIZA occulte cette réalité au peuple. Les réformes qu'il propose suivent les désirs de l'UE et des hommes d'affaires.



SYRIZA ne représente pas une solution alternative pour le peuple. Dans sa quête pour la victoire électorale, il a rapidement achevé sa transformation en un parti bourgeois, prêt à une gestion anti-populaire du système. Il occulte les causes de la crise économique capitaliste et exonère la face exploitatrice du capitalisme, le pouvoir du capital.



La direction de SYRIZA non seulement apporte des garanties aux créanciers, à l'UE, aux « marchés » sur le fait qu'il n'agira pas unilatéralement, mais il les enjoint à les croire et à soutenir un gouvernement SYRIZA car il pourra mieux défendre leurs intérêts (voir les rencontres avec des fonds d'investissement à la City de Londres).



Il a, même au niveau des slogans, abandonné les déclarations sur l' « annulation » et l' « abolition » du mémorandum et de la législation qui y est liée, sur la reconquête des acquis populaires, le retour du 13 ème et 14 ème mois de salaire, du 13 ème et 14 ème mois de retraite, l'abolition des impôts injustes. Il ne remet pas en question les mécanismes de contrôle de l'UE ou l'équilibre budgétaire, les semestres européens, soit les « mémorandums permanents » au dépens du peuple. Dans ce cadre-ci, il s'engage à des alliances avec d'anciens cadres, ministres, députés du PASOK, la Gauche démocratique (Dimar) qui a soutenu les mémorandums et les mesures anti-populaires.



Dans le même temps, en profitant de la trompeuse rhétorique « radicale » de certaines forces opportunistes en son sein, en particulier la « Plate-forme de gauche », SYRIZA essaie de piéger les gens de gauche, les jeunes travailleurs qui sont conscients et ont une position politique militante.



C'est une répétition des tactiques bien connues de la social-démocratie, du PASOK dans la passé, qui présente une « tendance de gauche » qui est censée faire pression sur la direction mais en réalité lui apporte une caution de gauche. Dans la même veine, les alliances électorales formées par Antarsya sont trompeuses. Ils pointent certains objectifs, comme « la sortie de l'Euro », sans rupture avec le cadre économique contrôlé par le pouvoir du capital aujourd'hui.



SYRIZA, tout particulièrement après les deux dernières années, s'est révélé utile au capital pour casser le mouvement ouvrier et populaire. Ce n'est pas juste qu'il n'utilise pas ses bons scores pour renforcer les mobilisations populaires, mais au contraire il renforce le discours du « wait and see » (attendons et voyons)du peuple qui livre son sort entre les mains d'autres acteurs, limitant l'intervention populaire à la participation aux élections et au choix du gouvernement qui mettra en place les politiques anti-populaires. Cela démontre qu'il n'a aucun désir de rentrer en conflit avec les intérêts capitalistes en Grèce et en Europe. L'expérience a montré que plus les scores de SYRIZA sont bons, plus il agit contre la lutte ouvrière et populaire.



Travailleurs, travailleuses, jeunes gens, chômeurs, retraités,



Il est devenu encore plus évident dans la période récente que la lutte entre le gouvernement et SYRIZA se concentre sur les « marchés », c'est-à-dire sur le capital, en particulier sur qui des deux obtiendra ses « faveurs ». Ils cherchent à jouer le rôle du médiateur le plus compétent dans les intérêts du capital, pas dans ceux du peuple. Les deux parlent de « consensus national », ce qui signifie paix de classe/sociale, assujettissement du peuple aux intérêts du capital.



Les différences portent sur la formule de gestion du développement capitaliste. Les deux enjolivent son contenu de classe et anti-populaire. SYRIZA demande le relâchement de la discipline fiscale stricte, rejoignant la France et l'Italie, qui prennent pourtant des mesures contre leurs peuples, afin d'exercer plus de pression sur l'Allemagne.



Dans le même temps, toutefois, tant le gouvernement que SYRIZA ne disent pas que ni la restructuration de la dette ni le relâchement de la discipline fiscale ne conduiront à l'amélioration du sort du peuple, mais au renforcement du soutien de l'Etat envers les groupes industriels locaux et les investisseurs. L'allégement de la dette, que ce soit par la proposition de la droite ou celle de SYRIZA, ne se produira que par un accord avec les partenaires, et sera donc accompagné par de nouveaux engagements anti-populaires, comme pour le « haircut » du PSI en 2012, et comme cela s'est produit également dans d'autres pays.



Cependant, aucun changement dans la formule de gestion du système ne pourra effacer la crise ou mener à un développement capitaliste en faveur du peuple. Les exemples des Etats-unis et du Japon le prouvent.



Le gouvernement de coalition ND-PASOK comme SYRIZA, en dépit de leurs différences, trompent le peuple, promettant la même chose : que si l'économie capitaliste se renforce, le peuple en profitera. Ils mentent. Toute forme de reprise économique se construira sur les ruines des droits des travailleurs et des gens, elle ne garantira pas un travail décent aux millions de chômeurs. Les soi-disant avantages « comparatifs » pour la reconstruction de l'économie du pays qui sont invoquées par SYRIZA sont liés à la potentialité pour le grand capital d'améliorer sa rentabilité.



La reprise, si elle se concrétise, sera faible et se produira dans une période de récession pour les plu grandes économies capitalistes et l'endettement des Etats qui présage d'un nouveau cycle de crise encore plus aigu. Pour cette raison, le capital insiste aussi sur le « consensus national », qui n'est pas rejeté par ND-PASOK et SYRIZA, piégeant les gens dans le carcan des intérêts du capital. La querelle porte sur qui aura le dessus.



Le peuple n'aura que des miettes de ce nouveau festin du capital. Le gouvernement et SYRIZA ne rivalisent pour ne promettre que des miettes pour les personnes en « extrême pauvreté », qui ne se matérialiseront que par la saignée des autres travailleurs et s'évaperont le lendemain avec toutes les mesures anti-populaires adoptées. Et les deux camps défendent la ligne politique de l'UE et du capital, avec les mesures de ce type qui « prennent aux pauvres pour aider les démunis » et qui ne coûtent rien au capital. Ils servent l'objectif du capital, qui est que la base pour les salaires et les retraites doit être le revenu minimum garanti de pauvreté.



L'un distribue des « dividendes sociaux », l'autre promet des soupes populaires et le retour du 13ème mois des retraites pour les plus démunis. Même la proposition de salaire minimum portée par SYRIZA est un mot creux, puisqu'il ne touche pas les milliers de travailleurs, en particulier les jeunes, qui travaillent dans la précarité et ne reçoivent même pas le salaire minimum réduit. Elle renforce, dans le fond, la propagande réactionnaire sur les travailleurs « privilégiés » et « non-privilégiés » ouvrant la voie à une attaque plus forte contre la majorité des travailleurs qui ont des salaires plus élevés. De plus, la hausse du salaire minimum dans de nombreux pays de l'UE seul, sans retour aux accords de conventions collectives, a été utilisée pour réduire les salaires moyens.



On ne doit pas s'engager pour des miettes. Les besoins des gens, de leurs enfants doivent être un critère décisif dans la lutte. Un critère important doit aussi être les énormes possibilités qu'offre la technologie, la science, le potentiel de développement du pays afin de satisfaire les besoins populaires, si toutes ces choses étaient placées au service du peuple.



Travailleurs, travailleuses, jeunes gens, chômeurs, retraités.



Nous nous adressons à vous, comprenant votre aspiration à être libérés des mémorandums, des politiques injustes et des gouvernements anti-populaires. Nous ressentons votre anxiété sur votre avenir, vos enfants, avec l'espoir de pouvoir vivre des jours meilleurs.



Nous avons confiance dans le peuple, sa force. Le peuple a la force et la responsabilité non pas d'être des spectateurs passifs ou désillusionnés des attaques anti-populaires menées par les gouvernements de l'UE et du capital. Il peut tirer des conclusions lucides et empêcher que ne se répète le système bi-partisan, anti-populaire que l'on a connu.



Nous avons besoin d'un KKE fort, partout, car c'est le seul réel adversaire des monopoles, de leur pouvoir, des mémorandums permanents de l'UE, des gouvernements anti-populaires. Il y aura un gouvernement après les élections. En tout cas, il y a plusieurs formations, à la durée de vie limitée, qui sont prêt à y contribuer. Ce qui est important pour le peuple, c'est qu'il y ait un KKE fort, afin que le peuple puisse lui-même être fort.



Vous savez que le KKE est une force cohérente, indéfectible dans la lutte contre toute les offensives anti-ouvrières, anti-populaires. Vous savez ce que le KKE a fait depuis 96 ans et qu'il est la seule force de l'opposition populaire et ouvrière, dans et hors du parlement sur ces trois dernières années, depuis les élections de 2012. Où que vous portiez votre regard, vous voyez la contribution et l'impact des luttes des communistes. Cependant, vous savez que l'inflexion électorale du KKE a eu un impact négatif sur le dynamisme et le caractère de masse du mouvement ouvrier et populaire. Vous savez qu'en dépit de tout cela, le KKE ne lâche pas. Il soutient les employés, les paysans, les travailleurs indépendants, les retraités, les étudiants, les lycéens pour leur droit à la santé, à la sécurité sociale, aux retraites, à l'éducation, à la défense de leurs revenus, à leur logement, aux biens des travailleurs indépendants et de paysans pressés par les prêts usuriers et les taxes. Le KKE n'a jamais menti aux gens.



Nous nous adressons en particulier à ceux qui pensent à juste titre que la situation ne peut plus continuer comme cela, qu'ils « doivent s'en aller tous ». Nous devons rejeter le gouvernement actuel en rejetant la stratégie de l'UE du capital et non en choisissant un autre gouvernement qui mettra en place la même stratégie, avec certaines différences qui n'affectent pas la peuple de façon positive. Il nous faut tous considérer la chose suivante : ces dernières années les gouvernements de coalition sont passés, soutirant les voies populaires souvent par la peur du « pire » ou par les illusions sur le « moindre mal ». Qu'est-ce qui a changé pour le peuple ? Tant qu'un gouvernement gère le sort du peuple et du pays, enserré dans les chaînes de l'UE et du type de développement capitaliste, qui est obsolète et pourrissant, ce piège du moindre mal continuera à mener à de nouveaux gouvernements anti-populaires. Le peuple doit se libérer de tous les gouvernements anti-populaires et de leur ligne populaire, il doit prendre le pouvoir. La situation actuelle, en Grèce comme au niveau international, ne nous permet pas de perdre de temps.



Nous nous adressons à ceux qui se sentent radicaux, de gauche, progressistes, qui ont de l'expérience et de la mémoire, et ont participé à des luttes et qui aujourd'hui pensent voter pour SYRIZA, avec le cœur gros et peu d'espoir, sur la base du raisonnement du « moindre mal ». Aujourd'hui, vous pouvez voir plus clairement ce que la direction de SYRIZA, avec les assurances qu'il apporte au capital et aux organisations impérialistes, coupe tout lien avec l'histoire du mouvement populaire. Il offre l'opportunité aux forces les plus réactionnaires de cracher sur les traditions militantes de notre peuple. Il prend rapidement la place de la social-démocratie, et même une version pire qu'avant car la situation du capitalisme est pire, et que la situation dans le mouvement ouvrier est encore pire.



Nous nous adressons à vous qui n'êtes pas d'accord avec le KKE sur tout ou avez des réserves sur certaines de ses positions, mais qui comprennent que le KKE est la force qui défend de façon cohérente les intérêts du peuple. Tout ce qui a été gagné par le peuple l'a été par des luttes, dont le KKE a été en première ligne. Quand le mouvement et le KKE s'affaiblissent, le peuple perd.



Pensez à la force demain qui sera la prochaine à être en première ligne de la lutte pour les salaires, les emplois, leurs droits.



Le KKE appelle tout jeune conscient, tout travailleur ou retraité, tous ceux qui ne sont pas accablés par la misère et le défaitisme à joindre ses forces aux nôtres.



Il vous appelle à voter pour le KKE et à le renforcer partout. Afin que le peuple soit plus fort et que la résistance et la lutte populaire soient renforcées. Afin que l'Alliance populaire contre les monopoles et le capitalisme soit renforcé, afin que l'on puisse ouvrir la voie à la perspective d'un pouvoir ouvrier et populaire.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 07:00

tsipras-europa.jpgTsipras drague l’élite capitaliste européenne au Bildeberg italien … et y loue les politiques de Draghi (BCE), Monti !

 

Introduction et traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Alexis Tsipras règnera-t-il sur la Grèce ? Assurément. Changera-t-il la face de la Grèce ? Sûrement pas, nous le craignons.


 Les articles se multiplient dans la presse française pour faire avancer l’idée que la finance internationale craindrait l’arrivée du leader d’une formation issue de la gauche radicale. Une vision plutôt déformée de la réalité.


Non que certaines fractions du capital financier – celles craignant le plus une inévitable restructuration de la dette grecque – n’aient de réelles craintes sur Tsipras, mais l’ensemble du capital européen ne semble pas hostile à l’arrivée d’un leader dont ses solutions impliquent toutes un bond fédéraliste européen, le maintien de l’euro et le paiement de la dette (restructurée).


Pour donner une idée du programme d’Alexis Tsipras, nous publions ici un document que nous avions en réserve, la traduction de l’intervention de M.Tsipras à une rencontre organisée le 5 septembre 2014, au Forum Ambrosetti, sur le lac de Come.


Le Forum Ambrosetti est moins connu que le Club Bildeberg, mais il participe de la même logique : réunir les leaders politiques dominants, l’élite des grands groupes capitalistes et des économistes libéraux pour dessiner les contours du maintien du système capitaliste italien et européen.

L’invitation lancée par le Forum et acceptée par Tsipras est significative. Il y côtoyait des hommes politiques clés de l’UE : Joaquin Almunia, Michel Barnier, José Barroso, Enrico Letta, Mario Monti, Romano Prodi, Jean-Claude Trichet.


Des ministres clés de l’économie et des finances ou des affaires sociale d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas, d’Autriche étaient présents. On y trouvait aussi les PDG de JP Morgan, Fiat, Goldman Sachs pour ne citer que les cas les plus célèbres.


Laissons la parole à Tsipras, présenté aux grands d’Europe comme « président de SYRIZA. Leader de l’opposition en Grèce. Vice-président du PGE ». Nous publions le texte en intégral, nous nous contenterons de souligner et commenter certains passages.


Eloges pour la politique de Mario Draghi à la tête de la BCE, celle de Monti précédemment (pour une recapitalisation européenne des banques). Nécessité des réformes structurelles, d’un plan de privatisation efficace. Identification de l’ennemi euro-sceptique, urgence de penser une alternative à la crise renforçant l’intégration européenne. A méditer.


Intervention d’Alexis Tsipras au 40 ° Forum de la fondation Forum Ambrosetti


« Mes chers amis,


Je voudrais commencer mon intervention, en reconnaissant que l’invitation qui m’a été envoyée repose sur deux raisons.


La première raison, c’est que vous savez que je vous présenterai une vision différente, peut-être hérétique diront certains, une analyse critique de la politique actuelle, de la politique dominante dans l’UE.


La deuxième raison, c’est que je représente un parti en Grèce, le pays où, par le biais la troïka, on a appliqué le programme d’ajustement le plus violent jamais réalisé en Europe.

 

J’ai entendu il y a peu M.Barroso, presqu’en excusant, dire qu’il n’y avait pas à avoir honte des résultats de nos efforts pour sortir de la crise. Je ne sais pas si quelqu’un aurait en réalité à avoir honte, mais on ne peut certainement ni célébrer ni être fiers de ces résultats.


Je veux ainsi commencer par une introduction. La crise est encore ici. Et ce n’est pas juste que la crise est encore là, mais c’est qu’elle n’en finit pas de résister, qu’elle crée des métastases. Nous luttons depuis cinq ans contre la crise, mais nous ne sommes pas parvenus à en réchapper. La crise est partie des banques, elle est passée à l’économie réelle, et de l’économie réelle elle est passée désormais dans la société, menace la cohésion sociale, et l’Europe se trouve face à une triple crise. Crise politique, économique, mais aussi crise du système politique, crise de confiance. Cela est révélé par les résultats des élections européens, cela démontre le fait qu’une immense majorité des citoyens européens ne croit pas que, nous ( !) qui discutons ici, nous pouvons apporter une solution efficace aux problèmes qu’ils doivent affronter, et ils tournent le dos à la politique. Cela se manifeste par la percée inquiétante de l’extrême-droite populiste, mais aussi par la montée inquiétante de l’anti-européisme.


Si aujourd’hui « un spectre hante l’Europe », ce n’est pas celui du communisme ( !), comme disait Marx dans le Manifeste du Parti communiste, mais le populisme de l’extrême-droite anti-européiste, c’est le spectre de l’euro-scepticisme et de l’anti-européisme ( !!).


Permettez-moi d’apporter brièvement quelques chiffres pour vous prouvez la faillite du programme en Grèce. En seulement quatre années, le PIB a reculé d’un quart, une chose sans précédent pour un pays en temps de paix. Le taux de chômage officiel est arrivé à 28 %, ce qui est inacceptable pour un pays au cœur de l’Europe, et nous avons une dette publique qui de 126 % du PIB se chiffre aujourd’hui à 175 % et augmente encore. Et nous avons également toute une série de dés-investissements. Je pense ensuite que, partant du présupposé que le traitement qui a été donné au patient a aggravé la maladie, nous devons tous nous mettre d’accord sur le fait que ce traitement doit être interrompu. Et je pense que la majorité des citoyens en Europe pense justement que la troika, comme institution qui a été imposée dans le schéma institutionnel européen, doit être abolie.


Je pense donc que nous avons besoins de changer de stratégie, personne ne dit – au moins, nous, nous le disons pas – qu’il faut revenir à l’époque des déficits. Mais la persévérance dans cette voie, avec un dévouement dogmatique et religieux, ne mène nulle part.


En premier lieu, tout simplement, parce qu’aucun pays dans l’histoire économique moderne ne peut faire face à une dette qui s’élève à près du double de son PIB, un PIB qui ne cesse de se contracter, du moment que ce pays doit payer chaque année plus de 10 milliards d’€ d’intérêts, et il doit émettre un excédent de 4,5 % qui ira intégralement au paiement de la dette. Tout simplement, de façon mathématique, le développement est impossible dans un tel cadre. Et sans croissance, on ne sortira pas de la crise. Même si nous croyons qu’il y a des richesses, surtout en Grèce, qui ces dernières années restent intactes, ces richesses doivent être taxées, et nous sommes en mesure de trouver ainsi des ressources mais nous devons avoir la perception que nous avons besoin de créer de nouvelles richesses pour sortir de la crise. Et sans croissance, on ne produit pas de richesses.


En second lieu, le programme de privatisations, qui était censé être un instrument pour sortir de la crise, ne peut pas fonctionner dans un contexte de désinvestissements et dévaluation des valeurs. Ils pensaient récupérer 50 milliards par les privatisations, nous en avons trouvé 2,9 milliards et dans le meilleur des cas, si le programme continue, nous trouverons 9 milliards.


En troisième lieu, les réformes structurelles. Les réformes structurelles vont dans la direction opposée des nécessaires réformes structurelles. Nous n’affrontons pas les grandes pathologies de l’économie grecque : l’évasion fiscale, l’Etat clientélaire. Avec une application dogmatique, ils promeuvent des réformes qui n’ont plus rien d’autre à proposer que la libéralisation des licenciements dans une économie qui compte près de 30 % de chômeurs. Je crois qu’il y a de nombreuses opportunités dans le cadre européen, mais pas dans l’adhésion dogmatique à la logique de l’austérité, pas dans le contexte de la troïka.


La troïka a failli, elle doit être arrêtée. Il existe d’autres solutions. Ici je veux rappeler cela, en juin 2012, M.Monti avait proposé que la re-capitalisation des banques soit réalisée directement par le MES(Mécanisme euroépen de stabilité), sans plomber les dettes publiques. Cette proposition, si elle avait été suivie, nous aurait permis d’aller beaucoup mieux à l’heure qu’il est.


Ainsi, aujourd’hui, nous sommes confrontés à une réalité qui est caractérisée par la stagnation, le risque de déflation, le creusement des dettes publiques et privées. Pour faire face à cette réalité, nous avons besoin :


-         En premier lieu, d’une politique courageuse de la BCE, un « quantitative easing ». Les propositions de Draghi vont pour nous dans une direction positive, mais il faut des mesures encore plus radicales pour traiter le problème ;

 

-         En second lieu, nous avons besoin d’initiatives pour le développement, à l’échelle européenne pour affronter la récession, en étendant le rôle de la Banque européenne pour les investissements ;

 

-         En dernier lieu, nous devons résoudre – nous aurions déjà du le faire, il y a des années, quand a commencé la crise – le problème de la dette. Nous proposons une solution européenne, pour trouver une base durable, dans une logique de solidarité, dans la logique de la Conférence de 1953 qui a traité la dette de l’Allemagne. Ce fut un grand moment de solidarité pour l’Europe. Nous devons redécouvrir ces valeurs fondatrices de l’Europe. Solidarité, démocratie, cohésion sociale. »

 

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 12:12

kaisarianh-ekloges-7.jpg_205347674.jpgUne 5 ème municipalité communiste en Grèce, dans la banlieue d'Athènes ! Le KKE bat SYRIZA au 2nd tour

 

Communiqué du Parti communiste grec (KKE)



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



La municipalité de Kaisariani (26 000 habitants), dans la banlieue est d'Athènes, est passée entre les mains des « rouges » le 30 novembre, après le 2ndtour des élections municipales.



Il convient de noter que lors des élections organisées en mai, la liste du « Rassemblement populaire », soutenue par le KKE, a obtenu 22,36 % (2 766 voix) et a été injustement exclue du 2nd tour pour 1 voix.



Le candidat du nouveau parti social-démocrate SYRIZA accédait au 2ndtour avec 26,26 % des voix (3 249 voix) face au candidat de l'ancien parti social-démocrate PASOK avec 22,36 % (2 767 voix). Le représentant de SYRIZA avait alors remporté le 2ndtour (avec 61,5 % des voix).



Toutefois, l'appel en justice déposé par le « Rassemblement populaire » a été reçu, montrant que plusieurs votes du « Rassemblement populaire » avaient été déclarés nuls, sans raisons valables.



Par conséquent, ce 30 novembre 2014, il y a eu un nouveau vote pour le 2nd vote des élections municipales à Kaisariani entre le candidat soutenu par SYRIZA et le candidat soutenu par le KKE.



Le représentant du « Rassemblement populaire », le communiste Ilias Stamelos, a remporté 51,52 % des voix (3 917 voix) contre 48,48 % (3 686) pour son opposant de SYRIZA.



Kaisariani devient donc une nouvelle municipalité communiste qui s'ajoute aux quatre autres (Patras, Petroupoli, Haidari, Ikaria) où un candidat des listes du « Rassemblement populaire », soutenu par le KKE, a été élu à la tête de l'autorité communale.



On peut noter que Kaisariani, qui était à l'origine un espace consacré aux réfugiés venant de Grèce après la guerre gréco-turque de 1922 (venant essentiellement d'Izmir et des villages voisins) a des liens de sang et de lutte avec le KKE.



Pendant l'occupation fasciste, le mouvement de résistance était très fort dans ces quartiers, ouvrant une des pages les plus héroïques de l'histoire grecque contemporaine, lorsque les Nazis ont exécuté 200 communistes grecs dans le stand de tir de Kaisariani, le 1er mai 1944.



Voici la déclaration du Bureau de presse du KKE sur les résultats des élections municipales à Kaisariani :



« Nous saluons les citoyens de Kaisariani qui ont choisi le « Rassemblement populaire » comme nouvelle autorité municipale. Nous les appelons dès demain à continuer à apporter leur soutien, par leur engagement militant et leur participation, aux efforts de la nouvelle municipalité pour aider les familles populaires de la ville et être un point d'appui dans leurs problèmes quotidiens comme dans leurs luttes.



Kaisairiani rejoint Patras, Petroupoli, Haidari et Ikaria comme municipalités élues sur les listes du « Rassemblement populaire », elles déjà en place depuis mai, qui ont lutté dès les premiers instants contre la ligne politique du gouvernement et le cadre réactionnaire étouffant de l'administration locale afin d'aider les couches populaires, les travailleurs, les chômeurs par des mesures changeant radicalement les choses, afin de faire barrage aux plans du gouvernement qui visent les travailleurs municipaux et afin de soutenir concrètement les luttes quotidiennes partant de la population.



Le résultat à Kaisariani est un message positif de lutte et de résistance contre l'idéologie alimentant tant l'idée de collaboration dans le système que la résignation face à une ligne politique allant contre les intérêts du peuple, une ligne suivie par les autorités municipales et régionales, dont la couleur politique va de la coalition gouvernementale actuelle (PASOK/Nouvelle démocratie) à SYRIZA.



La population de Kaisariani, avec leur histoire et leurs traditions militantes, peuvent contribuer à la lutte plus générale du peuple grec contre le vol organisé par le gouvernement, ainsi que contre ceux qui bercent les gens de nouvelles illusions, de réelles impasses, et qui poursuivent la même voie : celle de l'UE du Capital, celle de l'acceptation et de la reconnaissance de la dette.



Elle doit contribuer au renforcement du mouvement ouvrier et populaire, de l'Alliance populaire, renforcer le KKE, pour qu'émerge une solution réellement dans les intérêts du peuple ».

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 06:06

tsipras1.jpgLe président de SYRIZA Tsipras en visite au mont Athos pour rassurer l’Église sur ses privilèges fonciers et fiscaux !



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Alexis Tsipras, leader du parti grec SYRIZA, était en visite du 7 au 9 août au mont Athos, lieu sacré de l'orthodoxie, qui dispose avec ses vingt monastères d'un « statut spécial » en Grèce. Le symbole d'une Église grecque arc-boutée sur ses privilèges, ses abus, son hypocrisie.



Ceux qui voient encore en Tsipras un leader de « gauche radicale » en Grèce ont eu du mal à en croire leurs yeux. Comment ? Lui, la figure montante du « PGE » (Parti de la gauche européenne) et de SYRIZA au Mont Athos ?



La « sainte montagne », lieu saint de l'orthodoxie mais aussi passage obligé pour les futurs gouvernants de la Grèce, halte de prestige pour les « Grands » de ce monde : de Poutine aux oligarques russes, de la famille royale britanniques aux armateurs grecs.



Le mont Athos : Une étape dans la normalisation de SYRIZA, un pas obligé pour tout « honnête » Premier Ministrable



La « normalisation » est en marche, une étape de plus dans la route vers le pouvoir.



Après les assurances envers les dirigeants de l'UE, du FMI, de l'OTAN sur sa volonté de « sauver l'Euro et l'UE », de restaurer la « stabilité sociale » en Grèce, il s'agit maintenant de rassurer les piliers de l'ordre social en Grèce : le patronat, l'armée et maintenant l’Église.



Tsipras a pourtant fort à faire tant l'identité « de gauche », progressiste en Grèce se lie à l'anti-cléricalisme, le ressentiment face à une Eglise au rôle contre-révolutionnaire depuis deux siècles, alliée des régimes dictatoriaux, nantie de privilèges dignes de l'Ancien régime, jouant avec l'Armée la vieille mélodie du 'sabre et du goupillon'.



Alors, que retiendra-t-on de Tsipras au Mont Athos ? M.Tsipras tient à insister qu'il nti'est venu sur ce mont sacré regroupant 20 monastères intégrés à une « république théocratique du Mont Athos » que sur invitation personnelle de la communauté monastique.



Il est néanmoins accompagné de ses deux conseillers aux affaires religieuses Yannis Amanatidis et Makis Lykopoulos, ainsi que de Nikos Pappas, son bras droit. On voit mal ce que ces trois personnes influentes dans la ligne politique (et ici religieuse du parti) auraient à faire dans une simple « visite de courtoisie ».



En décembre, il était prêt à taxer les croyants … en août, il évoque son « respect pour l'Eglise » !



La visite de Tsipras fait suite à une délégation de la communauté monastique à Athènes avec le leader de « gauche » en décembre.



Il y a huit mois, Tsipras aurait évoqué l'hypothèse non d'une nationalisation des biens du clergé, mais d'une taxe sur tous les croyants, comme cela est le cas en Allemagne. Les moines avaient alors encouragé M.Tsipras à mûrir sa position et à venir les rencontrer à Athos.



Tsipras a mûri sa position. Selon ce qu'en rapporte la presse, il aurait cité Nietzsche et Héraclite, devisé sur Dieu et l'homme, la vocation monastique. Au diable les préoccupations mondaines, les taxes foncières non acquittées, les exonérations fiscales maintenues, la laïcisation de l'Etat.



Tsipras aurait par la suite manifesté « son profond respect pour l'Eglise grecque », pour ensuite trouver bien des points communs entre les moines d'Athos et son parti : des valeurs d' « honnêteté (sic) et de respect », les mêmes idéaux « d'égalité et de solidarité ».



L'abbé (bien-nommé) Philotheos lui a rendu la pareille, confiant tout le bien qu'il pense de son attitude auprès des moines, lui confiant : « On suit votre parcours, nous prions pour que la Grèce, les Grecs puissent avoir de bons gouverneurs ». Amen.



Le pacte : Tsipras ne touchera pas aux privilèges de l'Eglise, en échange elle ne fera pas obstacle à son élection



La presse grecque ne s'est pas trompée sur le sens de cette visite « touristique » de Tsipras.Le leader de « gauche » sait qu'il ne peut être majoritaire si il s'aliène le vote des croyants (79 % des Grecs croient en Dieu).



Il sait que ce vote dépend du pouvoir social énorme de l’Église, qu'aucun premier ministre ne peut être élu sans recevoir la bénédiction de l'institution ecclésiastique.



D'où un pacte simple, tacite, forgé durant ce séjour : (1) – un gouvernement mené par SYRIZA ne remettra pas en cause les privilèges de l'Eglise, sa situation prédominante ; (2) – l'Eglise ne fera pas obstacle à l'accession au pouvoir de Tsipras, lui accordant sa bénédiction.



Ce type de marchandages politiciens, bradant l'héritage des luttes populaires pour l'émancipation de la domination cléricale, a indigné un certain nombre de militants mais aussi de cadres de SYRIZA, telle Hélène Portaliou, membre du Comité central, dirigeante du Parti à Athènes.



Elle a dénoncé dans son article « Alexis Tsipras au mont Athos » le fait que « notre dirigeant (Tsipras) est prêt à aller à la pêche aux voix qu'il espère ramener par la voie religieuse ».



Il a osé le slogan zapatiste « Tout est à tous, rien est à nous ici » … dans le temple des privilèges de l'Eglise grecque, riche et corrompue !



Une phrase du leader de « gauche » a particulièrement choqué. Louant le mode de vie monastique, Tsipras a repris le mot d'ordre zapatiste : « Ici, on peut dire que vous vivez sous ce slogan : 'tout est à tout le monde, rien est à nous' ! ».



Serait-ce à Athos, le socialisme du XXI ème siècle ? Cela pourrait prêter à sourire, si les « moines du Mont Athos » ne représentaient pas pour les travailleurs grecs tout ce qu'il y a de plus scandaleux dans la toute-puissance de l'Eglise grecque dans la société.



Rappelons : (1) qu'il n'y a pas de séparation en Grèce entre Eglise et Etat. C'est ce qui explique le voyage de Tsipras à Athos, hors de l'Eglise point de salut pour les dirigeants de Grèce dans un pays où la Constitution impose « le christianisme orthodoxe comme religion d'Etat ».



Cela signifie aussi que les prêtres grecs sont payés par l’État. Une facture qui s'élève à 200 millions d'euros chaque année.



(2)que l'Eglise est le premier propriétaire foncier dans le pays. Un patrimoine (sous-) évalué entre 1 et 2,5 milliards d'euros. Outre les bâtiments religieux, l’Église contrôle 130 000 ha de terres, des réseaux d'hôpitaux et écoles privés, et même des hôtels et restaurants de luxe.



(3)qu'elle bénéficie de privilèges fiscaux exorbitants. Quand on sait que l’Église n'a payé que 12 millions d'euros en 2012, on est loin du compte, au vu du patrimoine officiel. Il faut dire que, jouant de son influence sur le pouvoir politique, l’Église a continué à voir ses privilèges intacts.



En 2010, le gouvernement socialiste avait aboli la taxe de 35 % sur le denier du culte. En 2011, il avait exempté l’Église du paiement de la taxe sur la propriété foncière qui a touché tous les Grecs via la facture d'électricité.



(4)que les moines d'Athos sont un exemple de la richesse fraduleuse de l’Église. Que Tsipras puisse présenter les moines comme un modèle d' « honnêteté », un communisme théocratique en acte, c'est proprement incroyable, pour tout connaisseur de la Grèce.



Athos et l'argent, pour un Grec, c'est le plus grand scandale immobilier, de corruption, de vol du patrimoine public de ces dernières années.



En 2005, alors que les moins entament la rénovation onéreuse du monastère de Vatopedi, ils découvrent lors de fouilles des droits de propriété pluri-séculaires sur des terrains au Nord de la Grèce autour du lac de Vistonida.



Des terres de faible valeur que les moines – par l'entremise du pieux père Ephraim – s'empressent de troquer à l'Etat en échange de terrains publics à haut potentiel immobilier.



Les moines re-vendent immédiatement les terrains et dégotent une plus-value chiffrée entre 100 millions et 1 milliards d'€.



En 2011, le scandale éclate, père Ephraim est rattrapé par la justice : 200 millions d'€ sont retrouvés sur son compte en banque. Ce genre d'opérations de spéculation immobilière sous patronage ecclésiastique n'est hélas pas une exception en Grèce, où elles se chiffraient à plusieurs dizaines.



 

« Tout est à eux, rien est à nous : tout ce qu'ils ont, ils l'ont volé! ». Ce slogan qu'on connaît bien, chaque militant de gauche en Grèce l'entonne depuis des décennies face à une force qui a fait systématiquement obstacle au changement, et qui désormais est prêt à bénir Saint-Alexis.

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