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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 15:07

La seconde patrie d’un républicain sincère qui combattit pour libérer le Vietnam

De l’Indochine coloniale au Vietnam libre. Je ne regrette rien,

d’Albert Clavier, Éditions Les Indes Savantes, 2008, 208 pages, 23 euros.


Voilà un parcours clairement décrit… et fièrement revendiqué ! Albert Clavier a lié sa vie (au point, parfois, souvent, de la risquer) au combat du peuple vietnamien, il y a plus d’un demi-siècle. Jeune, à dix-huit ans, il s’engage, en 1945, dans l’armée, sans trop, à vrai dire y avoir réfléchi. 1945 : fin d’une guerre, celle menée victorieusement contre le nazisme ; mais aussi début d’une autre, que le colonialisme français va imposer aux peuples d’Indochine. Et, très vite, notre soldat bien peu motivé va comprendre que ce conflit-là n’est pas le sien. Contrairement à bien d’autres, il s’interroge, il cherche à comprendre le Vietnam, il ouvre le dialogue avec des gens du peuple. Au point de commettre des imprudences : la sûreté risque de le repérer. En décembre 1949, il rejoint les rangs de l’armée populaire. « Déserteur » ? L’auteur préfère mettre des guillemets : « Je ne trahis pas mon pays, ma patrie. Je l’aime et je suis fidèle à ses idéaux, liberté, égalité, fraternité, en soutenant la lutte de libération d’un peuple. » Commence alors une partie de sa vie dont le récit, pour le lecteur, pour l’historien, est la plus captivante. Car ce témoin partage tous les combats, toutes les aspirations des maquisards, mais aussi toutes leurs souffrances, leur vie rudimentaire. Albert Clavier décrit remarquablement bien le climat politique qui régnait alors dans les rangs du viêt-minh : confiance en la victoire, fraternité vraie, égalité, parfois égalitarisme, entre les hommes. Sans masquer cependant la méfiance, çà et là, de la part de cadres hostiles, voyant des traîtres partout. Le livre montre également la montée en puissance de la lutte, passant de la guérilla à l’organisation d’unités aguerries, jusqu’à l’assaut final de Dien Bien Phu. L’auteur précise d’ailleurs qu’il s’est toujours refusé à participer aux combats - et, d’ailleurs, les Vietnamiens n’avaient ni le besoin, ni la volonté de le lui demander -, ne voulant en aucun cas tirer sur ses compatriotes. Que faire alors ? Il participe à la propagande en direction des soldats du corps expéditionnaire, notamment en étant l’un des voix françaises de la radio.

Puis, après Diên Biên Phu et l’arrivée à Hanoi commencent dix années tout aussi intéressantes, mais bien moins exaltantes. C’est alors le quotidien d’un socialisme en construction que Clavier nous décrit. Avec, là encore, une sincérité qui ne cache rien. L’épisode de la maoïsation du Parti vietnamien, qui aboutit à des méfiances détestables, est par exemple décrit. Saluons au passage le portrait de Duong Bac Mai, un grand militant justement réhabilité, victime de cette maoïsation. Albert Clavier, qui ne peut supporter cette évolution, est isolé. En 1963, dépité, il quitte cette terre du Vietnam où il vient de passer ses meilleures années. Le reste n’est pas moins intéressant, mais sans conteste moins spectaculaire : une permanence au siège de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, à Budapest, un travail particulier, à Interagra, dans les affaires avec le monde socialiste d’alors. C’est pourtant, encore et toujours, au Vietnam que sont consacrées les dernières pages du livre. Malgré les cicatrices du passé, malgré les incertitudes du présent (le maoïsme égalitariste est bien loin…), Albert Clavier observe sa seconde patrie et écrit : « Je ne regrette rien. »

 .

Alain Ruscio, historien (Dernier ouvrage publié : Cambodge An 01, Les Indes savantes 2008)
article tiré de l'Huma du 18 octobre

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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 12:33

40ème anniversaire de la mort de Che Guevara

Le 9 octobre 1967, Che Guevara était assasiné en Bolivie par des mercenaires à la solde de la CIA. Devenu mythe, son personnage donne lieu à toutes les récupérations. Elles ne parviennent cependant pas à déprécier le puissant symbole révolutionnaire, ni à effacer la vérité historique. Che Guavara a placé son action révolutionnaire et internationaliste dans la fidélité à ses convictions marxiste et communiste. Il a joué un rôle déterminant, derrière Fidel Castro, dans la révolution cubaine qu'il a défendue jusqu'au bout. On ne peut que s'étonner aujourd'hui de voir certains en France tenter de s'arroger l'image du Che tout en refusant de défendre l'héritage de la révolution cubaine.

Nous reproduisons ci-dessous la lettre d'adieu du Che à Fidel Castro en 1965 ainsi que le message de Fidel Castro à l'occasion des cérémonies du 40ème anniversaire à La Havane. 


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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 12:27

LA HAVANE


Fidel,


 

 

Je me souviens en ce moment de tant de choses : du jour où j'ai fait ta connaissance chez Maria Antonia, où tu m'as proposé de venir et de toute la tension qui entourait les préparatifs. Un jour, on nous demanda qui devait être prévenu en cas de décès, et la possibilité réelle de la mort nous frappa tous profondément. Par la suite, nous avons appris que cela était vrai et que dans une révolution il faut vaincre ou mourir (si elle est véritable). De nombreux camarades sont tombés sur le chemin de la victoire.


Aujourd'hui, tout a un ton moins dramatique, parce que nous somme plus mûrs ; mais les faits se répètent. J'ai l'impression d'avoir accompli la part de mon devoir qui me liait à la Révolution cubaine sur son territoire, et je prends congé de toi, des compagnons, de ton peuple qui est maintenant aussi le mien.


Je démissionne formellement de mes fonctions à la Direction du Parti, de mon poste de ministre, je renonce à mon grade de commandant et à ma nationalité cubaine. Rien de légal ne me lie plus aujourd'hui à Cuba en dehors de liens d'une autre nature qu'on n'annule pas comme des titres ou des grades.


En passant ma vie en revue, je crois avoir travaillé avec suffisamment d'honnêteté et de dévouement à la consolidation du triomphe révolutionnaire. Si j'ai commis une faute de quelque gravité, c'est de ne pas avoir eu plus confiance en toi dès les premiers moments dans la Sierra Maestria et de ne pas avoir su discerner plus rapidement tes qualités de dirigeant d'hommes et de révolutionnaire.


J'ai vécu des jours magnifiques et j'ai éprouvé à tes côtés la fierté d'appartenir à notre peuple en ces journées lumineuses et tristes de la Crise des Caraïbes. Rarement, un chef d'Etat fut aussi brillant dans de telles circonstances, et je me félicite aussi de t'avoir suivi sans hésiter, d'avoir partagé ta façon de penser, de voir et d'apprécier les dangers et les principes.


D'autres terres du monde réclament le concours de mes modestes efforts. Je peux faire ce qui t'est refusé, en raison de tes responsabilités à la tête de Cuba et l'heure est venue de nous séparer.


Je veux que tu saches que je le fais avec un mélange de joie et de douleur; je laisse ici les plus pures de mes espérances de constructeur et les plus chers de tous les êtres que j'aime...et je laisse un peuple qui m'a adopté comme un fils. J'en éprouve un déchirement. Sur les nouveaux champs de bataille je porterai en moi la foi que tu m'as inculquée, l'esprit révolutionnaire de mon peuple, le sentiment d'accomplir le plus sacré des devoirs : lutter contre l'impérialisme où qu'il soit ; ceci me réconforte et guérit les plus profondes blessures.


Je répète une fois encore que je délivre Cuba de toute responsabilité, sauf de celle qui émane de son exemple. Si un jour, sous d'autres cieux, survient pour moi l'heure décisive, ma dernière pensée sera pour ce peuple et plus particulièrement pour toi. Je te remercie pour tes enseignements et ton exemple ; j'essaierai d'y rester fidèle jusqu'au bout de mes actes. J'ai toujours été en accord total avec la politique extérieure de notre Révolution et je le reste encore. Partout où je me trouverai, je sentirai toujours peser sur moi la responsabilité d'être un révolutionnaire cubain, et je me comporterai comme tel. Je ne laisse aucun bien matériel à mes enfants et à ma femme, et je ne le regrette pas ; au contraire, je suis heureux qu'il en soit ainsi. Je ne demande rien pour eux, car je sais que l'Etat leur donnera ce qu'il faut pour vivre et s'instruire.


J'aurais encore beaucoup à te dire, à toi et à notre peuple, mais je sens que c'est inutile, car les mots ne peuvent exprimer ce que je voudrais, et ce n'est pas la peine de noircir du papier en vain.


Jusqu'à la victoire, toujours.  La Patrie ou la Mort !


Je t'embrasse avec toute ma ferveur révolutionnaire


ERNESTO CHE GUEVARA

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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 13:08

Le Che ,

par Fidel Castro, le 8 octobre 2007

Je fais une trêve dans la lutte quotidienne pour m’incliner avec respect et gratitude devant le combattant exceptionnel qui est tombé un 8 octobre, voilà quarante ans. Devant celui qui traversa à la tête de sa colonne de guérilleros les terrains marécageux au sud des anciennes provinces d’Oriente et de Camagüey, poursuivie par des forces ennemies, devant le libérateur de Santa Clara, le créateur du travail bénévole, l’acteur de brillantes missions politiques à l’étranger, le messager de l’internationalisme militant dans l’Est du Congo et en Bolivie, le semeur de conscience dans notre Amérique et dans le monde. 

Je le remercie de ce qu’il a tenté de faire sans y parvenir dans son pays natal, parce qu’il a été en quelque sorte une fleur arrachée prématurément de sa tige. 

Il nous a laissé son style bien à lui de relater, élégant, bref et vrai, chaque détail qui lui traversait l’esprit. Il était un prédestiné, mais il ne le savait pas. Il se bat avec nous et pour nous. 

Hier, voilà trente et un ans, un avion cubain explosait en plein vol, tuant ses passagers et son équipage, et voilà bientôt presque dix ans que nos cinq héros antiterroristes souffrent un emprisonnement cruel et injuste. 

J’ai vu et écouté avec beaucoup d’émotion le meeting commémoratif à la télévision.

Fidel Castro Ruz




Aleida Guevara, fille de Che Guevara, était à Paris en septembre, ici le 18 à l'ambassade de Cuba dans le 15ème. Médecin comme son père, qui l'avait confiée à la protection de Fidel Castro, militante communiste cubaine, elle a fait part avec une grande sincérité de l'héritage politique de son père et de la lutte du peuple cubain aujourd'hui. 


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