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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 11:44

barack-obama-et-francois-hollande-portent-un-toast-lors-du.jpegQuand Hollande faisait allégeance à l'ambassadeur américain, en 2006

 

« Nous serons plus pro-européens et pro-américains que Chirac »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La visite de François Hollande aux Etats-unis en février marquait, au-delà des échanges d'amabilités, l'affirmation d'une convergence totale de vues sur une politique étrangère impérialiste. Rien de surprenant si on lit des documents secrets publiés par Wikileaks.

 

Rien de top secret dans les deux dépêches publiées par l'ambassade américaine et révélées par Wikileaks, deux rapports à un an d'intervalle – juillet 2005, juin 2006 – dans la foulée du « Non » à la Constitution européenne de 2005, dans la préparation des présidentielles de 2007.

 

L'ambassadeur américain décrit la prestation de François Hollande, le 30 juin 2005, comme impressionnante, son analyse « raisonnée et éclairante ».

 

Qu'a dit François Hollande lors de ces rencontres ? Il évoque ses manœuvres de politicien roué au sein du PS, ses prédictions plutôt justes sur l'issue des primaires puis des présidentielles, le besoin de « changement » et de difficiles « réformes » du pays (déjà!), enfin, surtout, son adhésion pleine et entière à l'intégration européenne, ainsi que sa foi dans l'avenir de la relation atlantique.

 

Sa conception de la politique n'est guidée que par un objectif, le pouvoir, un moyen les manœuvres politiciennes. L'ambassadeur américain raconte comment Hollande tout à coup devient « enjoué » lorsqu'il évoque sa tactique électorale.

 

« Les réformes en France sont difficiles à mettre en oeuvre »

 

Pourtant, Sarkozy estime la bataille serrée pour 2007 et surtout la possibilité de mettre en œuvre les réformes nécessaires : « le vainqueur de 2007 n'aura pas un mandat pour réformer la France », a confié Hollande à l'ambassadeur … ce qui explique que l'homme de pouvoir Hollande ne semble pas affecté plus que cela par sa prédiction que Royal serait la candidate aux présidentielles.

 

Réformes ? Le mot revient dans les deux rencontres affublé des termes « difficiles », « nécessaires ». Selon Hollande, au vu de la division de la France en 2007 sur la question (dans la France post-Non de 2005), c'est trop tôt.

 

Ainsi, en 2005, Hollande dénonce le fait que « les réformes en France sont difficiles à mettre en œuvre, car elles sont imposées par le parti majoritaire et ne sont pas l'objet d'un compromis entre les partenaires – un système qu'il a caractérisé comme inefficace ».

 

Vive le dialogue social, l'union sacrée, on connaît …

 

En 2006, Hollande, à l'approche des présidentielles, se disait inquiet que les « réformes ne soient introduites que très lentement, si ce n'est pas du tout » dans le mandat 2007-2012.

 

Sur le contenu de ces réformes, Hollande reste évasif pour la plus grande frustration de l'ambassadeur américain qui confie qu'il n'est pas sûr qu'Hollande « soit l'homme du changement » qu'il prétend être, notant qu'Hollande fait systématiquement référence au gouvernement Jospin.

 

A noter qu'en 2006, Hollande est présent à l'Ambassade avec un autre habitué visiblement, un certain Pierre Moscovici.

 

« Chirac parle de modèle social français, moi je parle de modèle social européen : ce modèle social français, personne n'en veut »

 

Un sujet sur lequel Hollande n'est pas évasif, c'est l'intégration européenne, vue par Hollande comme la seule voie pour l'avenir de la France.

 

Ainsi, sur le « Non » à la Constitution européenne, Hollande évoque un « déficit dans l'explication du traité » (vieille rengaine), le repli nationaliste, la peur de la mondialisation, et donc la nécessité de « relancer la construction européenne ».

 

Pour lui, il ne faut pas proposer un nouveau référendum sur la Constitution, on ne peut pas non plus la faire passer au Parlement (or, c'est ce qu'a fait Sarkozy avec le soutien des députés socialistes  !).

 

Moscovici garantit à l'ambassadeur qu'un gouvernement socialiste serait « plus pro-européen que ceux de Chirac ou Villepin ».

 

Hollande rajoute que lui, contrairement à Chirac ne parle pas de « modèle social français » mais de « modèle social européen ». En effet, selon le dirigeant socialiste d'alors, « ce modèle social français, personne n'en veut ailleurs » (sic).

 

« Avec les Etats-unis, les divergences doivent devenir l'exception » (Moscovici)

 

Et quelle politique étrangère pour la France ?

 

D'abord, Hollande ancre sa future politique dans l'Europe bien sûr, mais surtout en Afrique  : « la France a une responsabilité unique sur ce continent ». On l'a vu depuis, même si l'ambassadeur américain souligne que Hollande voit dans l'UE la « panacée » à tous les problèmes.

 

Sur l'Asie, Hollande souligne le malaise au sein du peuple français : « on peut pas dire aux travailleurs de plus travailler » (ce qu'il fait maintenant!), donc il faut des protections … mais surtout pas du protectionnisme, « juste que tout le monde joue les mêmes règles », donc le protectionnisme hypocrites à coups de normes sociales, environnementales, classique.

 

Enfin, sur la relation franco-américaine, le couple Hollande-Moscovici a de quoi séduire l'ambassadeur qui note que « on entend avec lui un ton singulièrement différent », évoquant l'intervention américaine en Irak.

 

Hollande critique alors Chirac, en 2006, sur son bras de fer avec les Etats-unis, comme un an auparavant, en 2005 il avait qualifié sa future politique étrangère de « ni Blair, ni Chirac », pas de soutien acritique, mais surtout pas d'obstruction gratuite à la politique américaine.

 

En 2006, on est plus proche de Blair que de Chirac en effet, Hollande affirmant la nécessité d'une «  politique étrangère ancrée plus fermement dans des valeurs universelles, tel le soutien à la démocratie, que dans une approche personnaliste comme celle de Chirac ».

 

Cela veut dire soutien aux interventions impérialistes américaines futures, avec sa propre politique.

 

Moscovici conclut par la nécessité de ne jamais aller au conflit avec les Etats-unis : « quand il y a des divergences, il faut ouvrir un dialogue, les différences doivent être l'exception, non la règle ».

 

Le commentaire fait par l'Ambassade révèle qu'ils ont été alors séduits par la prestation de François Hollande, bien que dubitatif sur sa capacité à incarner le changement en 2007. Sept ans après, le programme tracé par Hollande, évoqué plutôt à l'ambassade américaine que devant le peuple, est appliqué avec zèle.

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 06:26

obama-war-hope.jpgLes États-Unis restent de loin la première menace pour la paix mondiale, selon un sondage mené dans 65 pays

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

« D'après vous, quel pays représente la plus grande menace pour la paix mondiale ? », c'était une des questions posées par l'institut de sondage américain Gallup dans 65 pays, la réponse est éclairante : l'impérialisme américain arrive de loin en tête, l’État israélien suit de près.

 

Près d'une personne interrogée sur quatre (24 %) interrogée dans le monde pense que les Etats-unis constituent la plus grande menace pour la paix mondiale. Les autres pays arrivent loin derrière : Pakistan (8 %), Chine (6%) puis Israel (5%).

 

Les États-Unis, seul pays perçu universellement comme une menace pour la paix mondiale

 

1210-Menace-Paix-Monde-1.jpgCe qui est frappant, c'est que les États-Unis sont les seuls à être perçus universellement comme une menace pour la paix, arrivant en première place dans 39 pays sur 62 comptabilisés.

 

Cette crainte atteint des taux record dans les pays qui ont connu de près l'impérialisme américain au XX ème siècle et ses ravages : en Russie (54 %), Chine (49 %), Bosnie (49 %), Argentine (46 %), Grèce (45 %), Serbie (45 %), Pakistan (44 %) ou Mexique (37 %).

 

Ce qui est aussi frappant, c'est le fait qu'il arrive en première place dans des pays pourtant sous hégémonie américaine, subissant sa propagande impériale : c'est le cas en Australie, Autriche, Finlande, Allemagne, Irlande, Lettonie, Portugal, Suisse, Suède, Turquie et même au Royaume-Uni.

 

Aux États-Unis même, la puissance américaine est perçue comme le troisième plus grand danger pour la paix mondiale, juste derrière l'Iran et l'Afghanistan naturellement.

 

Israël, deuxième menace la plus souvent citée pour la paix mondiale

 

Le deuxième pays le plus fréquemment évoqué comme menace pour la paix mondiale est Israël, même si la réponse est concentrée dans les pays arabes. Israël est ainsi cité à cinq reprises en première place : au Bangladesh, en Irak, au Liban, au Maroc et en Tunisie.

 

En ce qui concerne les autres pays cités, ils sont généralement liés à des conflits locaux ou régionaux : c'est le Pakistan (pour l'Afghanistan, l'Inde), la Chine (pour le Vietnam, le Japon), la Russie (pour la Pologne, la Géorgie) ou la Corée du nord (pour la Corée du sud).

 

En France, la propagande médiatique fonctionne à plein : la Syrie et l'Iran, une menace pour la paix ?

 

Et pour ce qui est de la France, les résultats sont aussi éclairants qu'inquiétants.

 

D'une part, la France est un des rares pays à identifier un État qui n'est ni une super-puissance conflictuelle, ni un Etat frontalier menaçant comme principal péril pour la paix. Au contraire, elle est un de ces pays qui s'identifie le plus à la propagande impériale sur l' « Axe du mal ».

 

En effet, on retrouve dans certains États en situation particulièrement subalternes par rapport à l'impérialisme américain ce type d'identification à une menace suprême : l'Afghanistan (pour l'Italie), l'Iran (Etats-unis, Canada, Roumanie) et la Syrie (Bulgarie, Fidji, France ou Belgique).

 

Ainsi les Français identifient la Syrie comme première menace (13%), ex-aequo avec l'Iran (13 %) et enfin la Corée du nord (5%) en troisième position. Les Etats-unis n'arrivent qu'en septième place avec … 2,5 % des interrogés qui abondent en ce sens.

 

Aucun autre pays de l'OTAN n'atteint des taux aussi bas de dénonciation de l'impérialisme américain, Pologne exceptée. Aucun autre pays ne livre le tiercé de l' « Axe du Mal » avec une telle précision. C'est dire le travail de propagande réalisé ces derniers mois par nos médias « libres ».

 

Même aux Etats-unis, dont la population est souvent raillée comme inculte, les Etats-unis sont identifiés comme troisième menace à la paix mondiale, avec près de 13 % des interrogés.

 

Pourquoi la France n'est pas dans le top 10 des pays les plus menaçants ? Les limites du sondage

 

On aurait pu s'étonner par ailleurs que la France n'entre pas dans le Top 10 des États les plus menaçants avec les quatre guerres lancées ces trois dernières années : Côte d'Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique (on pourrait ajouter Syrie).

 

On peut l'expliquer partiellement par la réputation de notre pays comme rempart contre l'impérialisme américain, en train de s'étioler. Elle s'explique surtout par le mode de calcul choisi par l'institut de sondage américain, montrant bien ses limites.

 

Dans les 65 pays sélectionnés, une sur-représentation de l'Europe ou de l'Amérique mais surtout une absence quasi-totale des pays d'Afrique sub-saharienne (avec la seule présence du Kenya!).

 

Le sondage évacue quasi intégralement les anciennes colonies françaises, notamment en Afrique, premières victimes de l'impérialisme néo-colonial français, encore aujourd'hui.

 

En tout cas malgré ses limites, ce sondage montre que notre combat, celui du XX ème siècle et celui du XXI ème siècle, contre l'impérialisme, en premier lieu américain mais pas seulement, n'est pas du passé, il est celui qui correspond aux attentes des peuples de notre planète !

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 07:03

7768382098_francois-hollande-un-sabre-a-la-main-lors-d-une-.jpgFrançois Hollande et l' « Entente cordiale » avec l'Arabie saoudite : une leçon d'hypocrisie en sept temps

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Ce week-end François Hollande continuait sa tournée des États réactionnaires de la région, après les Émirats arabes unis, Israël ou le Qatar récemment, désormais l'Arabie saoudite, l'occasion de génuflexion devant la sinistre dynastie des Saoud.

 

François Hollande a salué « la sagesse » du roi Abdallah, rappelé l' « entente » entre la France et l'Arabie saoudite, appelé à trouver des « solutions modérées » aux crises régionales, sur lesquelles les deux pays « sont pleinement d'accord ».

 

De qui se moque-t-on ? Le discours plein d'hypocrisie – ou peut-être de vérité – du président socialiste tranche avec la réalité de la politique saoudienne, interne et extérieure.

 

1er temps : « la diplomatie des droits de l'Homme et de la démocratie » … s'arrête aux portes de Riyad

 

Hollande disait faire de la « diplomatie des droits de l'Homme et de la démocratie sa priorité » … mais ça s'était hier, en Libye, au Mali, en Syrie.

 

Et à Riyad ? François pourquoi tu tousses ? Juste, l'Arabie saoudite est une monarchie absolue de droit divin, dont le système juridique repose sur la charia.

 

Rappelons que l'Arabie saoudite fut le seul pays en 1948 (avec l'Afrique du sud de l'apartheid) à s'opposer, par principe, à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. Notamment parce qu'elle garantissait l'égalité homme-femme.

 

Aujourd'hui encore, il n'y aucun parti politique, aucune élection nationale, aucune liberté de réunion, de la presse, d'expression : toute critique de la religion est un blasphème, celle du régime un crime de lèse-majesté.

 

Depuis 2011, la vague des dites « révoltes arabes » a touché l'Arabie saoudite, malgré la censure et une répression féroce qui a fait au moins 17 morts et une centaine de blessés sérieux. Aucune inquiétude pour les occidentaux : l'ordre règne à Riyad.

 

2 ème temps : « le ministère du droit des femmes » … à Paris

 

Hollande disait faire de sa priorité la « défense des droits des femmes » avec le ministère confié à la potiche Belkacem. Pour l'égalité salariale, la lutte contre les temps partiels, elles pourront repasser.

 

Cette même Najat Belkacem qui trouvait qu'entre Qatar et les droits des femmes, il n'y avait pas de contradiction. Et l'Arabie saoudite ? Un pays où chaque femme est « mineure » à vie, sous la dépendance d'un tuteur (kafil) masculin qui prend toutes les décisions à leur place.

 

En Arabie saoudite, les femmes ne peuvent travailler, étudier, voyager sans autorisation de leur kafil. Elles sont mêmes interdites de conduire. Le mouvement pour permettre aux femmes de conduire est devenu le symbole de la lutte pour la liberté en terre saoudienne.

 

En 2013, le film « Wadjda » racontait l'histoire douloureuse des femmes en lutte pour l'égalité, avec la fiction d'une jeune fille décidée à faire du vélo malgré l'interdit … c'était le premier film tourné par une saoudienne. La sortie du Moyen-âge est encore longue.

 

3 ème temps : où sont les homosexuels en Arabie saoudite ?

 

Hollande a été prompt et pesant pour agiter en France la diversion du « mariage pour tous », détournant le droit des homosexuels à vivre leur différence, pour mieux faire passer la normalisation de cette institution conservatrice qu'est le mariage.

 

Mais en Arabie saoudite, être homosexuel est un crime passible de peines de prison allant de plusieurs semaines à plusieurs mois, de coups de fouets voire de la peine de mort.

 

La sodomie (liwat) est un crime grave selon la tradition remontant au XI ème siècle, servant de base juridique à l'Arabie saoudite, dont le châtiment est : lapidation jusqu'à la mort. Pourquoi Hollande n'a en a pas dit un mot aux dirigeants saoudiens face à ces châtiments d'un autre temps ?

 

4ème temps : dénoncer l'anti-sémitisme depuis Riyad, un comble !

 

François Hollande, le tartuffe, se permet de dénoncer « l'anti-sémitisme » depuis Riyad.

 

L'Arabie saoudite est un pays où l'Islam est religion d’État, bénéficiant d'une « police religieuse », la muttawa, chargée de faire respecter la morale pudibonde. Toute personne non-musulmane, ou non-sunnite, n'a aucun droit à sa défense, son témoignage aucune foi face à la « justice ».

 

Surtout, la liberté de culte et même de conscience – religieuse ou politique – est combattue en Arabie saoudite wahhabite, cette branche particulièrement fondamentaliste de l'Islam.

 

Les chiites sont victimes de discriminations économiques et politiques (certains parlent d' « apartheid religieux »), les catholiques victimes de tentatives de conversion forcée, tandis que les Juifs sont privés d'entrée dans le royaume, passible si découverts de la peine de mort !

 

Cet anti-sémitisme viscéral cohabite néanmoins avec une « entente cordiale » avec l'Etat sioniste israélien, les deux Etats ayant les mêmes objectifs communs : détruire les Etats laics, la puissance chiite iranienne, balkaniser et semer le chaos dans la région en alliance avec les Etats-unis.

 

La coexistence de l'anti-sémitisme et du philo-sionisme n'est pas une nouveauté.

 

On sait que l'Allemagne nazie avait d'abord tenté de négocier avec les sionistes une « déportation » en Palestine ou à Madagsacar, tandis que le Parti national sud-africain pro-apatheid avait fait passer des lois anti-sémites (Alien act) … tout en nouant une alliance stratégique avec Israel !

 

5ème temps : défendre la paix chez le principal trafiquant d'armes de la région

 

François Hollande prétend défendre la « paix » dans la région avec l’État saoudien.

 

Avec l'Arabie saoudite belliciste, c'est un comble. Le pays est le deuxième au monde (derrière la Corée du nord) pour ses dépenses militaires rapportées au PIB : 11,5 % pour l'armée, c'est le 8 ème pays pour ses dépenses militaires, devant l'Italie, l'Inde ou le Brésil !

 

L'armée saoudienne est le « gendarme du Moyen-orient » avec son armée de 650 000 hommes lourdement équipée en matériel high-tech : chars d'assaut, avions de chasse, missiles sol-air, lance-roquettes multiples, hélicoptères de combat.

 

Qui est le premier fournisseur de l'Arabie saoudite ? La France des droits de l'Homme qui en 2010 a fourni 70 % du matériel saoudien, pour 2,2 milliards de $ sur 3,1 milliards d'achats saoudiens loin devant l'Italie et la Grande-Bretagne, qui tournent à 300 millions de $.

 

On sait désormais que le roi Abdallah d'Arabie saoudite monte sur pied, avec ses alliés du Conseil de coopération du Golfe (CCG) une armée de 100 000 hommes pour aller épauler les dits « combattants de la liberté » en Syrie qui décapitent leurs opposants. Drôle de pacifistes.

 

Hasard fortuit également. Juste après la mort de Mohammed Shatah au Liban, l'Arabie saoudite promet à la France d'apporter une aide à l'armée libanaise pour qu'elle se finance … en armes françaises. Le hasard fait bien les choses, jusqu'à dire que les Saoudiens seraient derrière le coup.

 

6ème temps : je déclare la guerre aux terroristes au Mali … et fais des courbettes à ceux qui les financent !

 

Au Mali on a fait une guerre « aux terroristes islamistes », et en Arabie saoudite, on tourne la tête.

 

Il est de notoriété publique que l'Arabie saoudite est, avec le Qatar, le principal soutien financier, logistique et politique des groupes terroristes islamistes dans le monde. En Egypte, en Tunisie, en Libye, au Mali, en Afghanistan, les groupes salafistes sont financés par les deniers saoudiens.

 

Tout comme le Pakistan, l'Arabie saoudite joue double jeu (ou son jeu tout court) avec Al Qaeda : condamnation formelle, soutien en sous-main. Oussama ben Laden était lui-même un produit de la caste au pouvoir, dont le djihad en Afghanistan fut financé par les Saoudiens.

 

En Syrie, l' « Armée syrienne libre » totalement noyautée par les islamistes d'Al-Nosra (proche d'Al Qaeda) est financée largement par les Saoudiens, qui ont même pris le dessus sur leur rival qatari.

 

Il y a quelques mois l'Arabie saoudite avait utilisé la menace de ses chiens de garde salafistes contre la … Russie, promettant si cette dernière lâchait la Syrie « de contrôler les terroristes tchétchènes, qui sont à nous, pour les Jeux olympiques de l'an prochain ».

 

Tout ce qui se passe à Volgograd est un pur hasard naturellement.

 

7ème temps : quel soutien aux « révolutions arabes » chez le gendarme du Moyen-orient ?

 

La France déclare soutenir les « révolutions arabes »

 

… Enfin en Libye et en Syrie, c'est-à-dire celles qui n'en sont pas, les sécessions armées soutenues par les Saoudiens. En Egypte comme en Tunisie, dans un premier temps, on a soutenu nos dictateurs comme Ben Ali, auquel on souhaitait apporter un soutien armé !

 

L'Arabie saoudite, phare des révolutions ? Rions ensemble. Outre que les Saoud traitent leurs propres manifestants à coups de canons (avec nos véhicules blindés AMX-30, vive la France !), ils jouent les gendarmes de la région, force armée du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

 

Ainsi en 2011, l'Etat voisin du Bahrein, seul État – hors Arabie saoudite – à disposer d'une majorité de nationaux, qui plus est chiites donc discriminés, a connu des manifestations inédites dans le Golfe persique qui ont pu mobiliser jusqu'à 500 000 manifestants.

 

Le pouvoir débordé est au bord de l'implosion, le patronat en appelle directement au CCG. Les chars saoudiens entrent dans la capitale, détruisent le monument de la « place de la Perle » symbole de la révolte, et tuent entre 60 et 80 manifestants. L'ordre règne à Manama, comme à Riyad.

 

Alors, de qui se moque-t-on ? Combien de temps va-t-on abuser de notre prétendue crédulité ? François Hollande agit plus que jamais en commis des grands monopoles français, en représentant de l'impérialisme français, subordonné à l'impérialisme nord-américain.

 

Dans les valises de François Hollande : les PDG de Thalès, Areva, la SNCF, EDF, Veolia, des représentants de Sanofi, GDF, Vinci, la BNP. Alstom a déjà gagné le projet de métro à Riyad, Total la raffinerie de Jubail.

 

Les prochains contrats sentent bon la « paix » et la « démocratie » : un projet de défense aérienne avec Thalès (4 milliards d'€), un autre de frégates et sous-marins (15-20 milliards), enfin la construction de 16 centrales nucléaires, sur lesquelles EDF et Areva entendent au portillon.

 

 

Stop à l'hypocrisie ! Hollande ne fait plus illusion. Menons campagne chez nous contre ce va-t-en guerre : pas un sou, pas un soldat pour les aventures impérialistes à l'étranger ! Pas un contrat pour financer des dictatures responsables du chaos dans la région !

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 06:04

NO WAR ON SYRIAFront contre la guerre impérialiste – Pas de complaisance


 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

En août 2013, 77 partis communistes et ouvriers du monde entier ont adopté une position prenant la forme d’une Déclaration commune contre la guerre impérialiste en Méditerranée orientale, dans laquelle ils lançaient l’appel suivant :


 

« Nous, partis communistes et ouvriers, exprimons notre solidarité avec le peuple syrien et dénonçons l'attaque militaire contre la Syrie préparée par les impérialistes, les États-Unis, l'OTAN et l'Union européenne de concert avec leurs alliés afin de défendre leurs intérêts dans la région.

 

Nous rejetons les prétextes des impérialistes qui, comme l'histoire nous l'a prouvé, ont également été utilisés dans la guerre contre l'Irak ainsi que dans d'autres guerres impérialistes contre la Yougoslavie, l'Afghanistan et la Libye.

 

Nous appelons la classe ouvrière, les peuples du monde entier à s'opposer et à condamner la nouvelle guerre impérialiste, à exiger des gouvernements de leurs pays qu'ils ne s'engagent pas ni ne soutiennent l'offensive militaire criminelle. »


 

Les signataires de la présente motion affirment que cette Déclaration commune qui a eu un grand impact international continue d’être actuelle en dépit des manœuvres des puissances impérialistes, en dépit de leurs ententes prédatrices.

 

Et c’est parce que les raisons fondamentales qui exacerbent les contradictions inter-impérialistes, qui provoquent les interventions et les guerres impérialistes, continuent à exister dans la région.

 

Nous appelons les travailleurs à ne montrer aucune complaisance !

 

Le péril de guerre impérialiste est toujours là, dans d’autres parties du monde également.

 

Nous vous appelons travailleurs à être vigilants, à être prêts à s’opposer à cette guerre impérialiste, à empêcher la participation de vos pays dans ce conflit, à exprimer votre solidarité avec les peuples en lutte, à défendre le droit de chaque peuple à choisir son propre modèle de développement, sans ingérence étrangère.

 

Lisbonne 8-10 novembre

 

Signataires :

 

1 – PADS (Algérie)

2 – Parti communiste d’Australie

3 – Parti du travail de Belgique

4 – Parti communiste du Brésil

5 – Parti communiste de Grande-Bretagne

6 – AKEL – Chypre

7 – Parti communiste de Bohême-Moravie

8 – Parti communiste au Danemark

9 – Parti communiste du Danemark

10 – Parti communiste de Finlande

11 – Parti communiste allemand

12 – Parti communiste de Grèce

13 – Parti communiste guadeloupéen

14 – Parti progressiste populaire de Guyana

15 – Parti communiste d’Irlande

16 – Parti des communistes italiens

17 – Parti communiste du Luxembourg

18 – Parti communiste de Malte

19 – Parti communiste du Mexique

20 – Nouveau Parti communiste des Pays-Bas

21 – Parti du peuple, Panama

22 – Parti communiste du Pologne

23 – Parti communiste portugais

24 – Parti communiste de la Fédération de Russie

25 – Parti communiste sud-africain

26 – Parti communiste des peuples d’Espagne

27 – Parti des communistes de Catalogne

28 – Parti communiste soudanais

29 – Parti communiste d’Ukraine

 30  – Parti communiste des Etats-unis

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 11:07

An-Iraqi-prisoner-of-war-008Dix ans après l'invasion américaine en Irak : « Une décennie de barbarie impérialiste »



Article publié dans Avante, organe du Parti communiste portugais (PCP)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les services secrets nord-américains et britanniques savaient que l'Irak ne possédait pas d'armes de destruction massive (ADM), information fournie par deux hauts responsables du régime de Saddam Hussein – le ministre des Affaires étrangères de l'époque et le chef des services secrets irakien – mais l'ont délibérément ignoré, affirme une étude menée par la BBC. Selon l'émission, la CIA et le MI-6 ont également nié ce fait dans leurs enquêtes ultérieures.



La possession d'ADM a été le principal argument avancé par les États-Unis et la Grande-Bretagne pour déclencher la guerre contre l'Irak, dont le dixième anniversaire de son lancement vient d'être commémoré.



Au total, les victimes du conflit varient selon les critères et l'objectif des études.



L'Université de Brown et le projet Irak Body count, par exemple, estiment que les victimes civiles entre mars 2003 et décembre 2011 oscillent entre 110 et 134 000, mais les deux admettent avoir utilisé des méthodes très prudentes.



The Lancetet l'Opinion Research Business, de leur côté, chiffrent le nombre de morts entre 650 000 et 1 millions d'êtres humains. Les réfugiés avaient déjà atteint le nombre de 5 millions dans un pays de près de 26 millions d'habitants.



Un crime sans châtiment



Au sein de la population irakienne, il est difficile de trouver quelqu'un qui n'ait pas un proche, un ami ou un voisin mort pendant le conflit. Des centaines de milliers de personnes furent soit victimes de torture soit connaissent quelqu'un qui l'a été.



Les crimes commis par les occupants restent impunis. La justice est une caricature et les exécutions par pendaison ou les exécutions réalisées par des escadrons de soldats et de mercenaires sont l'image du recul civilisationnel imposé.



Abu Grahib et Fallujah sont des noms marqués du sceau de la cruauté. Dans cette dernière ville, hormis la destruction des services et infrastructures publiques les plus élémentaires (scénario hélas étendu au reste du territoire), le recours par les États-Unis aux ADM a contaminé l'environnement et provoqué des dégâts qui subsisteront pendant plusieurs générations, comme le prouvent l'augmentation exponentielle de nouveaux-nés avec des malformations congénitales ou le nombre de patients atteints de cancer.



L'Irak est aujourd'hui un des pays les plus corrompus au monde, gouffre pour ses ressources propres et les fonds dits pour la reconstruction. La corruption et le clientélisme dans les affaires est la base de la chaine de pouvoir qui permet à Nuri al-Maliki de conserver, depuis 2006, la tête d'un pouvoir réparti en factions qui défendent leurs positions par la violence, selon des motivations apparentes confessionnelles, mais, en réalité, expression de la lutte pour l'accumulation de richesses.



Ces dernières années, l'Irak, un des premiers possesseurs de réserves d'hydrocarbures au monde, a payé 30 milliards de dollars en importation d'énergie. Dans la capitale, Bagdad, le nombre moyen d'heures où on peut bénéficier de l'énergie électrique tourne autour de six heures par jour.



Un coût insupportable



Au moment le plus critique de la guerre, les envahisseurs ont transporté plus de 200 000 hommes sur le terrain, sans compter les forces de sécurité privées. Les États-Unis sont le pays qui ont participé le plus massivement, parmi les 40 nations, en envoyant des contingents pour l'occupation.



Il n'est pas surprenant que ce soit accumulé un grand nombre de victimes, estimées, officiellement, en décembre 2011, à 4 487.



S'ajoutent plus de 32 000 blessés graves et estropiés, nombre qui n'inclut pas les centaines de milliers de militaires qui ont subi des troubles psychologiques, nombre d'entre eux également invalidés, comme l'admet l'insoupçonnable site « Stars and Stripes » qui cite des données du Département des Affaires des vétérans du Pentagone.



Le coût total de la guerre pour les États-Unis est difficile à jauger, mais un chiffre tournant autour de deux billions (mille milliards) de dollars est communément admis, chiffre qui pourrait tripler dans les prochaines décennies avec le versement des pensions et traitement aux vétérans, dont les sollicitations d'aides étatiques dépassent déjà celles constatées après les guerres de Corée et du Vietnam.



A tout cela, s'ajoute le coût de l'arbitraire des autorités des États-Unis sur leur propre territoire. Ainsi, le 15 mars dernier, un tribunal fédéral a déclaré inconstitutionnelle la disposition qui permet au FBI d'obtenir des informations privées sur les personnes « suspectes de terrorisme », sans nécessité d'un mandat judiciaire, et a interdit l'émission de nouvelles « lettres de sécurité nationale », pratique renforcée par l'entrée en vigueur du « Patriot Act », défendu par l'administration Bush et prolongé par les cabinets dirigés par Barack Obama. Pour la seule année 2011, le FMI a publié plus de 16 500 « lettres de sécurité nationale ».



Ces derniers jours, à Guantanamo – la prison qu'en janvier 2009 Obama avait promis de fermer mais où continuent à croupir des dizaines d'hommes trainés ici sans aucun motif d'accusation – les prisonniers mènent une grève de la faim. Commencée le 6 février, la protestation est le recours ultime contre le non-respect des règles minimales de détention, critiquées par les Nations unies.



Jeudi, 45 avocats de la défense des prisonniers ont envoyé une lettre ouverte au nouveau secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, appelant à une action urgente face au danger pour la vie des prisonniers, dont les allégations de torture constituent la marque de la barbarie impérialiste qui, il y a dix ans de cela, en Irak, ouvrait un nouvel épisode tragique.

 

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Impérialisme
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