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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 23:52

banner lernestoit finefestaFête de l'Ernesto (Parti de la refondation communiste) à Bologne



« L'unité des communistes est possible et nécessaire »



par Franco Tomassoni, dans Liberazione, journal du Parti de la Refondation communiste



Traduction AC http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Dimanche 29 août, à Bologne: se termine la Fête nationale de l'Ernesto entamée le 26: le grand Parc Togliatti est strié de rouge; au crépuscule, les drapeaux du Parti de la refondation communiste (PRC) et du Parti des Communistes Italiens (PdCI) s'entremêlent et flottent au vent à tous les coins de la Fête et les plusieurs centaines de camarades des deux partis venus de toute l'Italie, les jeunes hommes et les jeunes femmes des Jeunes communistes (GC) et de la Fédération des jeunes communistes italiens (FGCI) disent tout clairement: voilà, l'unité des communistes – comme point cardinal de l'unité de la gauche anti-capitaliste – est possible, nécessaire, facile à réaliser même. Il suffirait que les dirigeants nationaux favorisent cette volonté unitaire qui est déjà dans la conscience des militants et des cadres des deux partis.



« Nous savons – dit Fabio, un jeune du PRC venu d'Ancone qu'il existe entre nous et le PdCI des différences mais nous savons aussi que ce qui nous unit est plus important. Et puis l'attaque du capital est tellement forte que notre division est de plus en plus insensée; nous devons unir les deux partis pour en construire un plus fort, en le dotant – par la lutte sociale, et la recherche politique et théorique ouverte – d'un projet anti-capitaliste à la hauteur de notre temps, qui puisse être synthèse et unir par le haut la diaspora communiste italienne ».



Fosco Giannini – coordinateur national de l'Ernesto – nous dit: « Cela a été une Fête de masse et nous sommes très satisfaits de l'esprit général qui en est ressorti: dans la conscience de tant de camarades qui sont venus, tout sectarisme est banni et domine une conception mature de l'unité, des communistes et de la gauche d'alternative ».



festa bar21h: dans la grande salle, dansent un millier de citoyens et de camarades; dans les deux salles à manger, une centaine de camarades avec leurs familles – comme chaque soir – déguste les plats, vraiment particuliers, préparés pour cette Fête, qui a été véritablement une Fête grande, populaire, massive. Et expérimentale: pour la première fois ont été organisés des cours de l' « Université d'été »; jeudi 26, Alessandro Hobel, historien du mouvement ouvrier, a donné « une leçon » sur l'histoire du mouvement communiste italien, de Gramsci à aujourd'hui, mettant en évidence les phases finales et liquidatrices de cette histoire (de Ochetto à Bertinotti et Vendola) mais insistant surtout, pour repartir de l'avant, sur la grande leçon communiste italienne – de Gramsci, Secchia, Longo, Togliatti – en passant aussi par l'expérience communiste extérieure au PCI. Le vendredi 27, Fausto Sorini, Mauro Gemma et Francesco Maringio ont fait un rapport sur l'international et sur l'état des lieux des partis communistes et des forces anti-impérialistes et révolutionnaires mondiales, qui à travers leur rôle actif et transformateur ont démenti et tourné en ridicule la prophétie de Fukuyama, visant à ratifier « la fin de l'histoire » et la victoire éternelle du capital. Samedi 28, l'économiste Domenico Moro a fait la lumière – en réactualisant Marx – sur la crise économique du capital et dimanche 29, Andrea Catone a captivé une Assemblée fournie avec une leçon magistrale sur l'actualité du communisme au XXIème siècle. A l'université d'été – c'est l'élément important – ont participé en tout 200 camarades, pour grande partie des jeunes, témoignant du fait qu'il existe – parmi les militants – une grande soif de savoir, un besoin d'étudier, d'échanger, de se former.



La question palestinienne (avec Fabio Amato, PRC, Francesco Francescaglia, PdCI et Mila Pernice, du Forum Palestine) et la question ouvrière (avec Barbieri du PRC; Pagliarini du PdCI, des ouvriers délégués syndicaux de la Thyssen-Krupp, d'Eutelia, de FIAT, de Napoletana Gas et avec des dirigeants nationaux de la FIOM) ont représenté deux moments forts du débat politique. Des cadres ouvriers présent est sorti est un avertissement clair: la lutte sociale est centrale et les communistes, pour retrouver la crédibilité perdue et leur ancrage de masse, ne doivent jamais plus prendre le raccourci des gouvernements faibles et subordonnés au capital, mais faire leur la résistance des ouvriers de FIAT-Pomigliano et croire de nouveau en la lutte. Émouvantes, prenantes, ont été les rencontres avec le poète ouvrier Fabio Franzin et la soirée de « théâtre civil » d'Andrea Maurizi, « Le nez en sang », sur les violences de Gênes.



Sur le chemin du retour, tandis que la nuit tombe et que la Fête s'achève, deux jeunes gens rappellent la leçon d'Andrea Catone:« Le communisme est une nécessité sociale et historique et la réponse la plus élevée au risque de catastrophe pour l'humanité; son avènement, toutefois, n'est pas inévitable. Pour le préparer, il faut résister, lutter, être révolutionnaires. En construisant déjà la formation nécessaire à tout cela: le parti communiste. »

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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 15:50

dm-festa-de-l-unitaFête de l'Unità à Rome durant tout le mois de juillet: que reste-t-il de ce qui était la fête historique des communistes italiens?



Article et reportage AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Durant tout le mois de juillet, cette année comme chaque année depuis 1945, Rome accueille la « Festa dell'Unità », patronée par le journal qui était jusqu'en 1991, l'organe officiel du Parti communiste italien (PCI).



Depuis la dissolution du PCI, transformé en Parti de gauche, d'abord PDS (parti des démocrates de gauche) puis PD (Parti démocrate), l'Unità – comme journal et comme fête – se fait la voix de la gauche la plus réformiste existant en Italie. Pour le visiteur pour qui la « Fête de l'Unità » n'est ni plus ni moins que la « Fête de l'Humanité » italienne, le choc n'en est que plus saisissant. Encore que l'état actuel de l'animation politique à la Fête de l'Unità peut être une mise en garde contre certaines dérives récentes constatées par les camarades à la Fête de l'Huma.


En flânant dans les allées de cette fête en taille réduite qui se déroule désormais à quelques pas du Cirque Maxime et des Thermes de Caracalla (transformées en Opéra durant l'été), on se raccroche à tout ce qui peut nous rappeler la vieille Fête de l'Unità.


 

 

Que reste-t-il de la fête politique communiste?




Presque rien si ce n'est un peu de folklore, des jeunes arborant parfois t-shirts avec les symboles communistes d'un Parti qu'ils n'ont jamais connu, le portrait du Che omniprésent mais vidé de son sens, un stand cubain réduit à la vente de Mojito et à la salsa et quelques unes historiques de l'Unità, notamment celles de la Libération censées inscrire l'Unità actuelle dans une continuité historique.




Que reste-t-il même d'une fête politique?




Pas grand-chose non plus. Si le PD contrôle désormais entièrement la fête, les stands proprement politiques sont rarissimes: quelques sections, le stand du PD-Rome et c'est presque tout. L'immense majorité des stands sont des stands de restauration – parfois gérées par des coopératives –, des stands de livres où peut se trouver des vieux livres politiques communistes qui par leur simple consultation nous renseigne sur la pauvreté théorique de l'état actuel de la gauche italienne, des stands de marchands de tout et de rien, des vêtements au bijoux de pacotille. Dans cette fête où la politique est réduite à sa part congrue, les débats sont rares et tous contrôlés par le PD et ses caciques: chaque soir est rythmé par un débat sur le stand PD sur les questions urbaines contrôlé par un responsable du parti local et un autre plus politique sur la grande scène avec comme plateau récurrent des intellectuels de gauche, une figure du « mouvement social », un leader du PD et un élu municipal démocrate.




Où sont les mots d'ordre de lutte contre la politique du patronat et du gouvernement?




Il n'est pas excessif de dire que l'opposition de fond du PD au gouvernement Berlusconi est plus timide que celle du PS en France au gouvernement Sarkozy. Aucune pancarte, banderole, aucun débat ou presque sur la question de la résistance à cette politique et la question de l'alternative, en particulier après le plan d'austérité (la "manoeuvre") adopté par le gouvernement il y a quelques mois qui va toucher durement fonctionnaires et familles populaires.


festa dell unita 2010(2)La fête était placée sous le signe des 150 ans de l'unité italienne avec comme mot d'ordre: « Una festa per i suoi 150 anni. unita e democratica », ce qui pourrait être un message fort contre les vélléités fédéralistes et autoritaires de la droite revancharde mais qui perd presque beaucoup de sa crédibilité adossée à une « Miss Italia » au sourire éclatant, un bouquet de fleurs à la main.



Multipliant les slogans plus publicitaires que politiques comme les déclarations d'amour à Rome rappelant les affiches de l'Office du Tourisme, le PD se révèle un parti d'opposition plus que conciliant pour le pouvoir. Dans le même temps, dans les débats, les drapeaux et banderoles, dominent des préoccupations qui donnent un vernis de gauche à moindre coût: anti-racisme et mise en avant des « communautés », pacifisme au rabais (limités aux fameux drapeaux « PACE » arc-en-ciel), valorisation des « différences » et de la « diversité », tolérance et valorisation de diverses associations culturelles alternatives.



Il peut être étrange à celui qui ne connaît pas la réalité italienne de constater que ces valeurs empruntées à une certaine gauche radicale puissent cohabiter avec une pratique la plus réformiste qui soit. En réalité, c'est une vieille tradition en Italie, datant des dernières années du PCI et reprise tant par le PDS que par Refondation Communiste: le « minestrone idéologique » censé mélanger toutes les « luttes », toutes les « questions » pour n'en faire ressortir qu'une bouillie informe susceptible d'être dissoluble dans l'idéologie dominante.




Que reste-il de l'Unità, publication historique des communistes?




Depuis 1991 et peut-être avant,l'Unità n'a cessé de glisser à droite, affirmant ouvertement vouloir devenir d'abord le référent de toute « la gauche » puis au moins celui de la « gauche responsable », s'alignant même un temps sur les idées du « New Labour » de Tony Blair. Hélas pour elle, dans ce créneau, les concurrents sont nombreux et ne trainent pas le « boulet » de l'histoire glorieuse de l'Unitàcommuniste. Tant par sa qualité actuelle que par ce qu'elle véhicule comme représentation dans le sens commun, l'Unitàne peut soutenir la comparaison au centre-gauche avec la Repubblica par exemple et ne survit actuellement que par l'aide que lui apporte le PD qui a besoin de la légitimité historique de ce journal pour capter ce qu'il reste de l'héritage PCI. A coté de l'Unità, d'autres publications ont vu le jour ces dernières années, à la diffusion extrêmement limitée et qui restent des vitrines pour le PD. Leurs noms sont tout un programme: le quotidien du PD Europaet sa revue supposée théorique: Left. A ces publications, le soin de trouver une cohérence théorique dans le minestrone idéologique qui est celui du PD




De minces espaces de liberté tout de même pour des voix plus combatives...




eutelia protesta fi--400x300Comme dans toute fête de ce genre, un espace de liberté limité est laissé à des voix plus combatives. Au fond de la fête, quelques rares petits stands semblent porter un message plus politique comme le « Réseau pour la défense de la recherche publique » et surtout un stand des travailleurs syndiqués à la FIOM d'Eutelia (informatique) rappelant la lutte de 2 000 salariés licenciés après une sordide opération financière qui les a vu changer deux fois de propriétaire jusqu'à tomber entre les mains d'une société fantôme dont le but était ouvertement de faire couler les entreprises rachetées.

 


L'affaire Eutelia est alors devenue une affaire nationale, les patrons condamnés, mais les travailleurs d'Eulitalia ne veulent qu'une chose: trouver un repreneur, rouvrir l'usine et reprendre le travail.



draquila-l-italia-che-trema-da4ceA une autre scène dans le fond, documentaires et animations culturelles militantes animent une Fête de l'Unità plus conviviale et politique. Ainsi, dans la soirée du 24 juillet était diffusé en première partie le documentaire de Sabina Guzzanti Draquila, sur la récupération politique du drame de l'Aquila par le gouvernement Berlusconi. Si le film a le mérite de mettre à jour pour un public assez large les dessous du tremblement de terre: les liens étroits entre gouvernement, hauts fonctionnaires et patronat; l'utilisation politique anti-démocratique de l'état d'urgence étendu à toute situation, il souffre aussi d'une mise en scène parfois douteuse. Sur la forme, où Guzzanti multiplie les effets spectaculaires donnant peu de force de persuasion supplémentaire au documentaire. Et sur le fond surtout, où en condamnant la personnalisation à outrance autour de Berlusconi, Guzzanti semble ne parvenir qu'à paradoxalement qu'à renforcer cette personnalisation. Sans oublier même quelque raccourci déplacé entre Berlusconi et des « dictateurs » comme Fidel Castro, et la tribune politique qu'elle offre aux élus PD, Italia dei Valori et aux journalistes du PD (Left, L'Unità) avec de bien timides remises en cause de la collusion de la gauche modérée avec les pouvoirs établis.



fabrizioEn seconde partie de soirée, les travailleurs en lutte d'Eutelia ont proposé un spectacle de grande qualité: lecture de poèmes de grands écrivains du XXème siècle: Pier Paolo Pasolini, Cesare Pavese, Salvatore Quasimodo, Alda Merini et surtout interprétation de chansons d'un des plus grands chanteurs à texte italiens: Fabrizio de André, véritable poète Génois inspiré par Brassens entre autres, et dont les textes profondément humains et engagés politiquement ont bercé toute une génération d'Italiens. Allant du thème de l'amour et de la rupture à celui de la lâcheté du « sens commun » des « gens normaux » (à propos de l'assassinat de Pasolini), de la lutte contre toutes les guerres à la mémoire de la résistance anti-fasciste, émaillés de petits a-parte politiques sur la guerre en Afghanistan ou les desseins de réhabilitation du fascisme en Italie dernièrement, le spectacle qui a commencé avec deux heures de retard à cause de la représentation d'Aida aux Thermes a été un grand succès et la centaine de courageux qui sont restés jusqu'à 2h du matin près du Cirque Maxime ne l'ont pas regretté.





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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 10:34

CGIL 2Plus d'1 million de manifestants en Italie ce 25 juin à l'appel de la CGIL et de la FIOM contre la « manœuvre » du gouvernement Berlusconi



Article d'AC http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



10 000 manifestants à Cagliari et Bari; 20 000 à l'Aquila en présence du secrétaire-général de la FIOM Maurizio Landini; 25 000 à Palerme; plus de 40 000 à Rome; 70 000 à Naples et Milan; 80 000 dans toute la Vénitie et enfin 100 000 à Bologne avec à la tête du défilé la vice-secrétaire de la CGIL, Susanna Camusso.


La journée de grève générale convoquée par la seule CGIL, ce mercredi 25 juin a mobilisé plus de 1 million de manifestants, qui sont descendus dans la rue aux quatre coins de l'Italie.


Dans un climat social tendu, marqué par le scandaleux chantage de FIAT envers ses salariés de Pomigliano (cf Chantage du patron de FIAT à l'usine de Pomigliano: alignement sur les conditions de travail des ouvriers polonais ou fermeture de l'usine), les travailleurs italiens ont opposé un Non clair et résolu au « budget d'austérité » préparé par le gouvernement Berlusconi et adopté en mai dernier, et qui prévoit des coupes massives dans la fonction publique, les collectivités locales ou encore la sécurité sociale.


Les taux de grévistes calculés par le gouvernement, avec les 2% annoncés par le ministre du Travail, frisent le ridicule puisque cela supposerait qu'il y aurait presque moins de grévistes que de manifestants.


bologna 25 giugnoLa CGIL a tenu à rétablir la vérité et a mis en avant la forte mobilisation dans les transports urbains (50% de grévistes à Rome ou Milan) ou encore dans le transport aérien (plus de 80 vols annulés à Fiumicino-Rome). La FIOM avance le chiffre de 70% de grévistes chez les métallurgistes, avec des pics à 95% à IVECO-Milan, ou 90% à Maserati-Modène.


Le plan du gouvernement Berlusconi (dit la « manoeuvre ») est en réalité une véritable saignée qui touchera avant tout les fonctionnaires mais qui n'épargnera aucune famille populaire, directement ou indirectement.



Asphyxie des collectivités locales et service public en miettes: le processus de régionalisation arrivé à son terme



Des 25 milliards d'économies prévues par le gouvernement Berlusconi, au moins 15 milliards proviennent de coupes dans les aides accordées aux administrations locales: 10 milliards d'aides en moins pour les régions, 1 milliard pour les provinces, 4 pour les communes. Sans oublier la baisse de 10% du budget alloué au Fonds pour les régions sous-développées.


Présenté pendant des années comme un modèle par certains, le régionalisme italien reposait d'abord sur une délégation de certaines compétences dévolues antérieurement à l'État et, depuis 2001, sur la délégation de l'ensemble des compétences hormis celles définies comme revenant exclusivement à l'État (principe européen de subsidiarité). C'est dans ce cadre légal que la santé est devenue une compétence exclusivement régionale et l'éducation une compétence partagée.


Corollaire de cette décentralisation, une autonomie financière permettant légalement aux régions de fixer les niveaux de fiscalité de manière autonome, un « fédéralisme fiscal » qui jusqu'ici n'a jamais été appliqué pleinement, car il équivaudrait à l'éclatement de facto de l'État unitaire. Umberto Bossi, leader de la Ligue du Nord, en a fait la condition de ses alliances locales avec le parti de Berlusconi.


Ces nouvelles coupes dans les aides aux entités locales déboucheront logiquement sur l'asphyxie des collectivités locales, les forçant soit à dégrader le service rendu, soit à augmenter la fiscalité locale, soit enfin à sous-traiter le service public. Dans tous les cas, les inégalités entre régions riches et pauvres en sortiront renforcées.



La fonction publique, victime expiatoire du gouvernement



Si le mécanisme de décentralisation/externalisation des services publics aboutit tant à la dégradation générale du service rendu, des conditions de travail du personnel, qu'à l'abolition du caractère universel, unitaire et national du service public, cela n'empêche pas le gouvernement de promettre la purge également dans les secteurs partiellement décentralisés.


milano 25 giugnoD'un côté, 2,68 milliards d'euros d'économies sur le dos du personnel de la Santé. De l'autre Gelmini, ministre de l'éducation, maintient le cap des 120 000 suppressions de postes dans l'Education Nationale en 3 ans. Avec l'année prochaine, déjà 60 000 postes en moins dont 25 000 emplois d'enseignants. Comme le scandaient les enseignants à Milan mercredi: « Quand Gelmini coupe (taglia), l'Education gueule (raglia) ».

 


La recherche ne sera pas épargnée par la casse de l'Education nationale avec la fermeture de 40% des instituts de Recherche.


Aucun secteur de la fonction publique n'est épargné par le plan d'austérité, avant tout avec la réduction annuelle de 10% des budgets des ministères entre 2011 et 2013. Cette baisse de 20% devrait se traduire dans l'immédiat par le non-renouvellement des contractuels et par le gel des embauches.


L'objectif fixé par le gouvernement reste le remplacement de seulement 20% des fonctionnaires partant à la retraite... et pendant ce temps on demande aux fonctionnaires ayant droit à la retraite après avoir cotisé 40 ans de rester un an de plus.


L'illustration d'une réforme du « bon sens » qui marche sur la tête.



Les retraites dans le collimateur: 61 ans pour 2013, 63 ans pour 2015 et les femmes alignées par Bruxelles!



En dépit de l'extrême complexité du système de retraites italien avec une différenciation public/privé, hommes/femmes, et entre une pension « vieillesse » (sorte de minimum vieillesse par répartition) auquel tout salarié a droit après 65 ans pour les hommes, 60 pour les femmes, et 20 ans de cotisation, et une pension « ancienneté » (assimilable à une retraite à taux plein) après 59 ans et 36 ans de cotisations, l'essentiel de la réforme peut se résumer ainsi: tout le monde devra travailler plus longtemps.


Le gouvernement prévoit d'augmenter l'âge de départ à la retraite pour toutes les pensions:


Pour la pension « vieillesse », à 66 ans pour les hommes, 61 ans pour les femmes en 2015. Puis à 69 ans pour les hommes et 64 pour les femmes d'ici 2050.


Pour la pension « ancienneté », à 61 ans pour tous pour 2013, puis 63 ans en 2015 et enfin 66 ans en 2050.


Une mesure a symbolisé l'injustice de cette réforme: le passage de 60 ans à 65 de l'âge de départ à la retraite des femmes fonctionnaires... au nom de l'égalité Homme/Femme.


Sans surprise, c'est bien la Commission Européenne et la Cour de Justice Européenne, dans une décision datant de 2008, qui ont fait pression sur le gouvernement italien pour qu'il restaure l'égalité Homme/Femme dans ce domaine.


« La Cour de justice européenne et les directives européennessont claires. Depuis vingt ans, il aurait fallu adapter la législation, maintenant la Cour a dit ça suffit et le gouvernement italien doit le faire », a sermonné la commissaire européenne à la Justice et l'égalité des chances, Viviane Reding, qui a trouvé un interlocuteur compréhensif avec le gouvernement Berlusconi



Le Code du Travail en danger, la Constitution en péril



roma 25 giugnoLa plus insidieuse des contre-réformes prévue par le gouvernement est celle qui passe sans doute le plus aperçu. Et dont le scandale de Pomigliano est l'exemple même: la remise en cause du Code du Travail (Statuto dei Lavoratori) et de la Constitution dans laquelle il s'insère.


Les conditions de travail et salariales fixées jusqu'ici par des conventions collectives nationales seraient désormais déterminées par des accords séparés, de branche et surtout d'entreprises, tandis que l'individualisation du contrat de travail deviendrait la norme.


Parmi les mesures les plus frappantes, l'introduction de la notion d'arbitraire dans le licenciement d'un salarié et la remise en cause du droit à porter les litiges entre employeurs et employés devant un juge, comme cela est constitutionnellement reconnu.


Car la suppression des conventions collectives, la non-justification des licenciements et enfin le droit à porter un conflit avec son patron devant une Cour sont autant de droits constitutionnellement garantis, et que le gouvernement et le patronat cherchent désormais à détruire méthodiquement.


Des syndicats en ordre dispersé: une FIOM combative et une CGIL hésitante



Au-delà des syndicats réformistes les plus droitiers (CISL et UIL) adhérant pleinement au projet gouvernemental, la CGIL n'a pas non plus manifesté une absolue clarté dans son opposition au projet gouvernemental. Certes, elle a mobilisé massivement pour cette journée de grève, certes le mot d'ordre « Tout sur nos épaules? Non à la manœuvre » se veut offensif. Toutefois, le discours dominant chez les dirigeants confédéraux est moins intransigeant. « Nous sommes en attente d'un retour à la table des négociations » pour Nicola Nicoloni secrétaire confédral de la Calabre, « On peut changer la réforme, la corriger dans le sens d'une plus grande justice (…) Nous n'avons jamais dit qu'une réforme n'était pas nécessaire » pour Vera Lamonica, secrétaire confédéral de la Sicile. Même état d'esprit pour la numéro 2 de la CGIL Susanna Camusso, en tête du corège Bolognais: « Personne ne nie que nous devons faire des économies, mais ces réductions doivent être justes et tournées vers l'avenir, plutôt que de tailler dans les dépenses ».



En somme, pour les dirigeants confédéraux de la CGIL, après la contestation vient le temps de la négociation, de concessions à la surface qui ne toucheront pas à l'essentiel. Une réforme est nécessaire, suffit-il de la rendre un peu plus juste.



dignitaCe n'est pas tout à fait la ligne de la FIOM, syndicat des métallurgistes affilié à la CGIL. Sous le mot d'ordre « A l'usine, au bureau, à l'école, à la maison: sans droits, on est des esclaves », les syndiqués de la FIOM ont volé la vedette à la CGIL dans le cortège Milanais. Groupés derrière 8 lettres de 2 mètres de haut « D.I.G.N.I.T.A », les métallurgistes ont repris le discours de leur fédération: « Contre l'arrogance de la FIAT et du patronat, contre la manœuvre du gouvernement, contre la nouvelle législation du travail (…) pour la défense de l'emploi, des salaires, des droits, pour la Convention collective nationale, pour l'extension des amortisseurs sociaux, pour l'arrêt des licenciements, pour que ce soient les riches et les évadés fiscaux qui payent, pour le Code du Travail (Statuto dei lavoratori), pour le droit de grève et pour défendre la Constitution de la République ».


Un patronat qui en veut toujours plus et un gouvernement toujours aussi arrogant et revanchard


Au lendemain de l'annonce du plan, si le patronat a manifesté sa satisfaction, il s'est rangé derrière Mario Draghi, gouverneur de la banque d'Italie: « Si la manœuvre était inévitable, il faut maintenant des réformes ». Toujours plus! Cette phrase est aussi une annonce: cette contre-réforme n'est qu'un hors d'œuvre.


Pourtant confronté à une CGIL ouverte au « dialogue social », le gouvernement se veut arrogant et revanchard, comme le ministre du Travail Sacconi « Je souhaite que ce soit la dernière grève du XXème siècle italien, c'est-à-dire que ce soit le dernier fruit d'une approche idéologique des problèmes ».


C'est le même Sacconi qui avait déclaré après l'accord honteux présenté par la direction de FIAT aux ouvriers de Pomigliano: « Cet accord fera école ». Avec la généralisation prévue, par le plan d'austérité, de ces méthodes anti-sociales à l'échelle nationale, cette petite phrase prend tout son sens.


Les forces existent en Italie aussi pour mettre en échec un gouvernement et un patronat revanchards, mais dans un contexte politico-culturel différent, c'est toujours l'affaiblissement dramatique des forces de classe, révolutionnaires après la liquidation du PCI en 1991, qui pèse terriblement sur la capacité du mouvement ouvrier italien à ouvrir une alternative aux politiques du capital, quelque soient les forces qui les portent.

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 00:22

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« Dieu rend aveugle celui qu'il veut perdre »



par Fosco Giannini,

 

membre de la direction nationale du Parti de la Refondation communiste (PRC), sénateur honoraire, et dirigeant du courant de l'Ernesto

 


dans Liberazione, journal du Parti de la Refondation Communiste, le 9 juin 2010



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net



Ceux qui aujourd'hui pose la question de l'unité de la gauche en supprimant la « question communiste » ne contribue pas seulement à aggraver la condition du mouvement communiste italien, mais affaiblit jusqu'au projet même de l'unité à gauche. Alors que ce dont nous avons besoin, face aux dures politiques libérales de l'UE et du gouvernement Berlusconi, c'est une grande gauche de classe qui ait comme coeur et comme moteur un parti communiste uni et plus fort.



La crise va porter atteinte, et ce pour une longue période, la vie matérielle des peuples et des travailleurs dans toute l'Union Européenne, Italie y compris. Le taux de chômage des pays de la zone euro est de 9,7%, le taux le plus élevé depuis 1999, tandis que le taux de l'UE à 27 est de 9,2%, le plus élevé depuis 2000. Les chômeurs en chair et en os sont 22 millions et 123 mille, dont 15 millions et 324 mille dans la zone euro (Rapport Eurostat). Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, a prévu pour 2011 un taux de chômage, pour l'UE, de 11%, avec le danger, « en perspective et si ne se dégage pas une stratégie de sortie de crise, que l'Europe atteigne les 50 millions de chômeurs ».



La gravissime crise grecque et celles qui frappent les autres pays de la zone Euro s'ajoutent à la radiographie déjà impitoyable du FMI, confirmant le caractère structurel, systèmique, de l'involution hyper-libérale de l'Europe de Maastricht, d'Amsterdam et de Bolkenstein et la nécessité d'une contre-offensive internationaliste, anti-capitaliste et de classe aux attaques anti-ouvrières et anti-populaires inhérents au code génétique de cette UE.

 

Les politiques des gauches modérées européennes par rapport à la « ligne d'Amsterdam » ont été utilisées au service du libéralisme de l'UE. Pour ceux qui insistent dans la recherche du réformisme mou, convient le diction selon lequel « Dieu rend aveugle celui qu'il veut perdre ».



Frappante, de ce point de vue, la re-lecture du passage du texte Vendola au dernier Congrès du PRC, dans lequel il chantait des louanges répétées à Zapatero, identifié comme le nouveau phare de l'ensemble de la gauche européenne. Frappante parce qu'aujourd'hui c'est le même Zapatero qui est parmi les premiers à se mettre à genoux devant les diktats de l'UE, annonçant la mise en œuvre de politiques du sang et des larmes. Et frappant le fait qu'aujourd'hui, au sein du PRC, certains dirigeants d' « Essere Comunisti » identifient dans Vendola – qui, avec sa scission, marquée par la volonté de liquidation historique du parti communiste, a frappé au coeur Rifondazione – le point cardinal de la construction d'une sorte de Die Linke italienne (évoquée de façon incongrue par le camarade Grassi, au vu de la différence historique et politique entre la formation allemande et la gauche modérée vendolienne), Linke dans laquelle se trouveraient aussi en son sein des communistes, réduits – dans cette optique – à n'être qu'une composante d'une force, d'un parti, de gauche. Tandis qu'il est tout à fait évident que pour la relance d'un parti communiste dans notre pays, est absolument prioritaire la nécessité de l'autonomie politique, culturelle et organisationnelle des communistes, autonomie qui ne s'oppose en rien à un élan unitaire à gauche.



Face à crise structurelle du capital, avec l'attaque contre les conditions de vie et de travail des masses, et au danger concret de graves involutions anti-démocratiques et autoritaires, si ce n'est bellicistes, nous devons nous poser la question – elle fait partie de la profonde culture communiste – de la construction d'un bloc social, d'un « front populaire » pour défendre le travail et la démocratie, unissant les forces politiques qui représentent les intérêts du prolétariat et des classes et des groupes sociaux touchés par la crise. La construction de la Fédération de Gauche peut être une première réponse partielle à cette exigence.



Mais si avec cette question ne se pose plus la question communiste, le fait est qu'on l'évacue et on ne travaille plus, explicitement, pour construire un parti communiste plus solide, plus fort et socialement et politiquement plus incisif que les petits partis communistes aujourd'hui présent dans notre Pays – PRC et PdCI – la question même de l'unité à gauche perd de sa valeur, perd du contenu et son caractère stratégique, glissant vers une opération politiquement molle et peu mobilisatrice pour les milliers de militants communistes qui en constituent l'ossature.



Seul un parti communiste – qui, en tant que tel, lutte pour « une alternative socialiste de système » et est donc anti-capitaliste – peut-être le point cardinal d'une coalition de gauche plus large en mesure de tenir tête au néo-impérialisme européen et aux involutions anti-démocratiques. Autrement, la gauche italienne sera vouée à sa défaite définitive, courant derrière l'idée vendolienne de servir de caution de gauche au centre-gauche et de glisser vers une position de subordination envers le PD et la libéral-démocratie. Tout comme l'expérience communiste italienne serait vouée à sa perte si nous ne posions plus, comme question centrale dans notre Pays, la reconstruction d'un parti communiste qui puisse, dans la période donnée, servir à nouveau à la classe ouvrière de point de référence crédible et rouvrir, à temps, un horizon de transformation sociale radicale. Cette force, par ailleurs, si ce n'est celle communiste, pourrait saisir l'essence stratégique de la promesse de carnage social qui aujourd'hui vient du gouvernement Berlusconi et organiser, en l'élargissant à gauche, la réponse de classe.



Pendant un long moment, au PCI qui « s'occhiettisait » et ensuite même au PRC, il y eut (et il reste) un ostracisme idéologique par rapport au Parti communiste de Grèce (KKE). Aujourd'hui que le message de lutte lancé par le KKE aux peuples européens depuis l'Acropole d'Athènes s'empare des jeunes et des mouvements de lutte de toute l'Europe, nous devrions, avec plus de détermination et de liberté intellectuelle, nous poser le problème prioritaire de la reconstruction, dans notre pays, d'un parti communiste en mesure d'impulser, d'organiser la lutte et d'unir les forces de la gauche de classe, porteuse d'alternative.



Les involutions modérées, fussent-elles en mesure d'obtenir à court-terme quelque succès électoral, pourraient bien au contraire mener à une défaite stratégique.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 23:56

apicella Fiat voluntas PomiglianiChantage du patron de FIAT à l'usine de Pomigliano: alignement sur les conditions de travail des ouvriers polonais ou fermeture de l'usine



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net



Quelques mois après avoir annoncé la fermeture de l'usine de Termini-Imerese (Sicile) pour 2011 et le licenciement de 1 500 ouvriers, alors que des rumeurs de plans sociaux concernant 5 000 ouvriers de l'entreprise dont 2 500 à Turin se font de plus en plus insistantes, le PDG de Fiat, Sergio Marchionne, a présenté son offre comme une offrande. Un cadeau empoisonné, en fait.



L'alignement des conditions de travail des ouvriers italiens sur celles de leurs collègues polonais



Alors que la production de Fiat est délocalisée pour une grande partie en Pologne, à l'usine de Tychy, où sont assemblées les mythiques Cinquecentoet Panda, Marchionne a proposé de produire la nouvelle Panda  à Pomigliano, lieu de production historique d'Alfa Romeo (racheté depuis par FIAT), situé dans la banlieue napolitaine. Ce changement permettrait à l'usine en déshérence de tourner à plein régime, et de passer de 35 000 unités à l'an à 270 000. Pour une usine dont la fermeture semblait inéluctable, cela semble un beau cadeau.



Mais tout cadeau suppose une contre-partie. Dans le plan de FIAT, cela suppose l'alignement des conditions de travail des travailleurs italiens sur celles de leurs collègues polonais. Une proposition à prendre ou à laisser:



  • réduction du temps de pause journalier de 25%, de 40 minutes à 30 minutes;



  • augmentation du nombre d'heures supplémentaires annuelles, 80 heures de plus, soit 2 semaines supplémentaires de travail;



  • installation de 18 rotations hebdomadaires, selon le système des 3-8, 6 jours sur 7, 24 heures sur 24;



  • augmentation des cadences avec mise en place de nouvelles méthodes de calcul chronométriques imformatisées basées sur le modèle dit WMC qui automatise le calcul du temps nécessaire à chaque opération et supprime les coefficients de difficulté de réalisation de certaines tâches. Par exemple, il est désormais estimé que chaque ouvrier doit réaliser son opération en 72 secondes, et doit effectuer 350 opérations de ce type en 8 heures.



  • suppression des indemnités-maladie en cas d'absentéisme jugé « anormal » par la direction de l'usine;



  • procédures pénales allant jusqu'au licenciement en cas de non-respect de clauses de l'accord, ce qui de fait aboutit à menacer toute grève contre ces mesures comme passible du licenciement;



Augmentation de la plus-value relative (productivité) et absolue (allongement du temps de travail), menace sur les droits sociaux et syndicaux des travailleurs, et à qui profite le forfait? Au patron, dont l'objectif reste de produire 25 voitures de plus par jour, et 6 650 supplémentaires à l'an.

 

 

La direction et le ministre du Travail salue la « collaboration » des syndicats réformistes

 

 

Devant ce plan d'exploitation généralisée, le refus catégorique du côté syndical semble s'imposer. Et pourtant, le 11 juin dernier, c'est avec fierté que Marchionne pouvait brandir le papier de l'accord signé par quatre des cinq syndicats de l'usine: la FIM-CISL, l'UGL, FISMIC et l'UILM. Les deux premiers sont des syndicats réformistes membres de la CES, les deux derniers des « syndicats maison ». Sacconi, ministre du Travail, s'est fait une joie de saluer la « collaboration »des partenaires sociaux.



Il s'est même permis d'ajouter une phrase lourde de sens: « L'accord de Pomigliano est un accord qui fera école ».

 

 

La FIOM (syndicat de classe) seule contre tous, même contre sa maison-mère la CGIL

 

 

fiom-cgil.jpgUn seul syndicat s'est élevé contre cet accord, la FIOM, à la fois branche métallurgiste de la CGIL et syndicat aux structures autonomes, la FIOM est connue pour avoir maintenu une ligne de classe face à une maison-mère qui glissait de plus en plus vite vers le réformisme et la collaboration de classe. La FIOM a manifesté son refus catégorique de signer l'accord considérant « impossible que le texte soit signé, car il présente des éléments juridiques illégitimes ». La FIOM appelle déjà à une journée de grève à Pomigliano pour le 25 juin, jour de la grève générale en Italie.

 

 

Si la FIOM a adopté une position claire, c'est loin d'être le cas de la CGIL, syndicat historiquement lié au Parti Communiste Italien. Par la voix de son secrétaire-général Guglielmo Epifani, dans une interview accordée au Corriere della Sera, elle a tenu à se distancier des positions de la FIOM: « la FIOM aurait dû en discuter avec nous d'abord ». Le secrétaire-général critique « deux points qui touchent les droits fondamentaux de la grève et de la maladie »mais se dit prêt à un accord« si ces deux points sont révisés dans la proposition de la direction ». On cède sur les deux mesures-phares et on laisse passer le reste. L'essentiel. C'est peu ou prou, entre les lignes et derrière les envolées lyriques, la position exprimée par Nicky Vendola – ancien dirigeant liquidateur du Parti de la Refondation Communiste et coqueluche des médias depuis – dans il Manifesto.

 

 

Un référendum « le couteau sous la gorge »: acceptation de l'accord ou fermeture de l'usine

 

 

Pour faire passer un accord qui n'a aucune valeur sans la signature de la FIOM, la direction est prête au coup d'Etat dans les urnes. Un référendum « le couteau sous la gorge » ouverts à tous les salariés de l'usine, le 22 juin prochain, où ils auront le choix de la sauce à laquelle ils seront mangés. Soit ils acceptent le plan, soit l'usine ferme, comme le précise posément le PDG de la Fiat: « Nos demandes ne sont pas extraordinaires (sic), soit on trouve un accord et la production démarrera en 2011, sinon on la fera ailleurs ».



federazionesinistraDans de telles conditions, avec la « collaboration »des quatre syndicats maison et avec une FIOM minoritaire, le secrétaire-général du Parti des Communistes Italiens (PdCI), Oliviero Diliberto, parle d'un « coup de force (golpe) envers les droits des travailleurs ». Le secrétaire-général du Parti de la Refondation Communiste (PRC), Paolo Ferrero, a raison de parler d'un accord « diktat » et d'un référendum « plébiscite » et de considérer que « ce référendum n'a aucune valeur ».

 

 

Un accord qui s'insère dans la remise en cause générale de la Constitution née de la Résistance




A juste titre, le secrétaire-général de Refondation Communiste insère cet accord dans l'attaque générale contre les conventions collectives (garantie par l'article 39 de la constitution), avec l'individualisation des contrats de travail. Avec l'introduction de l'arbitraire dans les procédures de licenciement (article 18), c'est l'ensemble de la Constitution italienne démocratique qui est remise en cause, et en premier lieu son article 1: « La république italienne est fondée sur le travail ».



Un accord qui s'inscrit donc dans la remise en cause de la Constitution démocratique et sociale, fortement empreinte des idées du Parti Communiste Italien et de la lutte nationale dans la Résistance, objectif affiché ouvertement par Berlusconi.

 

 

Vers l'économie sociale de marché? Dévoiler l'idéologie et la réalité de l'UE en action à Pomigliano

 

 

Pour la remplacer par quoi? Laissons Giulio Tremonti, ministre de l'Economie, proche de la Ligue du Nord, lâcher le mot: « la bonne voie est celle de l'économie sociale de marché, la bonne voie est celle de Pomigliano ».



Économie sociale de marché, idée indissociable de cette Europe sociale, idéologie destinée à mieux faire passer la pilule de cette Europe du patronat qui est l'idée et l'action qui a guidé et guide toujours la construction européenne. Mise en concurrence des travailleurs, remise en cause des droits démocratiques et sociaux conquis dans le cadre national, valorisation des « partenaires sociaux »membres de la CES, tout cela auréolé d'une idéologie européenne « sociale »reprise même par les ministres d'extrême-droite, voilà l'Europe en action que l'on retrouve à Pomigliano.



Si les forces de la FIOM semblent bien faibles pour faire face à la machine de guerre économique, médiatique, syndicale et politique que peut mobiliser le patronat, si un Parti Communiste fort et uni fmanque toujours cruellement à nos camarades italiens, on ne peut refuser de se battre, car en plus de la lutte contre l'exploitation et pour les droits fondamentaux des ouvriers de Pomigliano, c'est in finela lutte pour la démocratie italienne en péril qui se joue sur ce terrain.

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