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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 17:29

Italie : défaite des liquidateurs au congrès du PRC


Le 7ème congrès du Parti de la Refondation communiste, PRC, s’est achevé ce dimanche 27 juillet sur un résultat marquant qui doit appeler toute l’attention des communistes français.


La direction sortante a été mise en minorité. Le dauphin de Fausto Bertinotti, Nichi Vendola, a été battu dans l’élection du nouveau secrétaire général du Parti, par 142 voix contre 134. Le congrès a adopté une résolution, par 342 voix sur 646, affichant sans ambiguïté la rupture avec la stratégie et les pratiques politiques mises en œuvre jusqu’à présent.


Les points essentiels :


- La stratégie de « dépassement » du parti, de liquidation, dans une « gauche arc-en-ciel » ou une « chose rouge » est définitivement abandonnée. Même certains tenants de cette option ont été obligés de mettre de l’eau dans leur vin et de parler de « fédération ».


- L’existence du Parti, avec sa référence communiste, et la nécessité de son renforcement, politique et organisationnelle, sont au contraire soulignées dans le texte de résolution.


- La collaboration « organique » avec le Parti démocrate (social-libéral) est condamnée, comme la reproduction de la participation au gouvernement Prodi.


- La volonté a été actée de donner la priorité au mouvement populaire, aux luttes contre la politique de la droite berlusconienne et du patronat, à la reconquête du monde du travail par une action de masse. Des dates ont été prises pour des initiatives politiques en phase avec les luttes sociales. Le texte affirme aussi la nécessité de l’existence d’une véritable « gauche syndicale » (après que les principaux syndicats aient approuvé la casse des retraites par le gouvernement Prodi).


- L’opposition à l’OTAN et à l’extension de la base militaire de Vicenze est clairement marquée (alors que les parlementaires l’avaient votée suivant Prodi, malgré les manifestations).


- La nécessité de développer la démocratie dans le parti (dont l’unité semble préservée), partant des organisations de base, dans le respect de la diversité d’opinion, est affirmée.


Pour les communistes français, confrontés à une stratégie similaire à celle de l’ancienne direction du PRC, les conclusions du congrès du PRC, son « tournant à gauche », sont du plus haut intérêt, alors que notre propre congrès se prépare.

Le poids du bilan, l’effondrement électoral de la coalition « arc-en-ciel » (3% au lieu de 10%), la mobilisation des communistes italiens, auront eu raison du poids de l’appareil sortant qui avait pourtant réussi, après recomptage et annulation de certains votes, à atteindre 47% sur sa motion dans les structures locales.

 

Jusqu’au bout, l’issue du congrès est demeurée incertaine et les lignes ont bougé entre les tenants des différentes motions.


La résolution finale ne coupe pas les ponts avec le Parti de la gauche européenne, PGE, malgré l’expérience et le vote très serré et contesté d’adhésion en 2005. Elle précise cependant que Refondation communiste sera présente sous ses couleurs aux élections européennes, sans exclure des alliances notamment avec d’autres mouvements communistes. Le « projet alternatif » mentionné n’est pas explicitement socialiste.


Autre contradiction, Bertinotti, dont la ligne a été complètement désavouée, a pourtant été acclamé par une majorité du congrès en tant sans doute que « leader historique » du PRC.


Paolo Ferrero, 47 ans, a été élu secrétaire général du Parti à sa suite. Ouvrier chez Fiat à l’origine et militant syndical, Ferrero a adhéré au PRC au milieu des années 90, après avoir été membre du groupe « démocratie prolétarienne » dans les années 80. Il ne cache un engagement, qui peut déconcerter, dans l’église évangélique vaudoise. Il était aussi ministre, ouvertement critique, de Prodi.


Ce qui compte pour l’instant, c’est qu’il a été élu, contre l’ultra-réformiste Vendola, par la même majorité que celle qui a voté le texte de résolution et qu’il aura la charge de la mettre en œuvre.


Nos camarades italiens viennent de donner un signe fort qu’il est possible de rompre avec les stratégies de déclin et d’effacement des partis communistes et avec les directions qui les portent.


Vive le PRC !

 

AJ pour vivelepcf.

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 17:30

Ouverture du congrès du PRC en Italie : les liquidateurs déjà mis en minorité

 

Le 7ème congrès du Parti de la Refondation communiste en Italie s’est ouvert ce 24 juillet 2008 près de Sienne. Il se tiendra jusqu’au 27.


Ce congrès revêt une importance encore plus décisive pour les communistes après les élections d’avril dernier.


Celles-ci ont vu la sanction sans appel de la stratégie de la direction sortante pilotée par Fausto Bertinotti. Les listes de coalition « arc-en-ciel », qui se voulaient l’embryon d’une nouvelle formation politique, vaguement à « gauche », dans laquelle le PRC se serait dilué, n’ont obtenu que 3% contre 10% en 2006.


La ligne d’effacement du parti et de l’identité communiste, l’affiliation au gouvernement Prodi, en reniant toutes les positions communistes fondamentales, ont créé une crise sans précédent dans les rangs du Parti que le congrès a pour défi de régler.


Après les réunions des sections (cercles) et fédérations du Parti, préparatoires au congrès lui-même, un élément important ressort déjà.


Malgré le contrôle de l’appareil, les tenants de la stratégie passée, sont en échec. Il est attesté que leur motion, celle de leur porte-parole Vendola et de Bertinotti, est minoritaire dans le Parti (40 à 47% officiellement). La poursuite du « dépassement » du Parti dans la constitution d’un nouvel ensemble de « gauche » est rejetée.


Pour le reste, la situation reste assez indéterminée.


Une motion, menée par une partie de la direction sortante dont l’ancien ministre de Prodi, Ferrero et par certains tenants au congrès précédent d’une ligne plus identitaire (« Essere communisti ») obtient de l’ordre de 40%. Cette motion, dans le cadre d’un vote bipolarisé, a visiblement rassemblé autour de sa volonté affichée de faire vivre le Parti et de regagner une autonomie à l’égard du Parti démocratique (PD : gauche « social-libérale »).


Une des questions du congrès est de savoir si les dirigeants de cette motion vont adopter une ligne commune et désigner une direction conjointe, sur la base d’un compromis incertain, avec les « sortants » ou bien si le congrès va engager le parti dans une orientation nouvelle.


La motion, arrivée 3ème avec 8%, définit clairement la voie du renouveau : reconstruire un Parti communiste de masse et de classe. Dans la suite de l’appel de Florence de décembre, lancé par 100 organisations de base du Parti, ces camarades se proposent de rassembler la « diaspora » communiste, notamment, mais pas seulement, le Parti des Communistes italiens (PdCI). L’affirmation de l’autonomie vis-à-vis du PD, mais aussi la définition d’un projet communiste de rassemblement des communistes pour les prochaines élections européennes seraient pour eux les conditions d’une synthèse avec la motion précédente permettant d’envisager l’avenir du Parti.


Une évolution à l’opposé d’une transformation en un parti vaguement de « gauche », comme un parti de la « tomate », « la Linke » allemande, ou le Parti de la gauche européenne » pour reprendre les expressions du dirigeant Fosco Giannini.


Dans le cadre de la préparation de notre propre congrès, en gardant en tête les différences historiques, en particulier la disparition du PCI, nous ne pouvons, communistes français, que regarder avec grand intérêt l’évolution de la situation des communistes italiens du PRC comme du PdCI. Et assurer nos camarades de nos meilleures pensées.

 

24 juillet 2008,


AJ pour vivelepcf

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 17:30

«Quelles perspectives pour le mouvement communiste en Italie ? »

Rencontre-débat avec Andrea CATONE, historien, militant du Parti de la Refondation Communiste, collaborateur de la revue « l’Ernesto ». A l'invitation d'Emmanuel Dang Tran et Claude Fainzang, membres du CN du PCF.

Paris, Ecole Normale Supérieure, le 17 mai 2008.


Retranscription de l’introduction d’Andrea CATONE (par JV pour vivelepcf – non revue par l’orateur)

 

La défaite des forces de gauche est inattendue et sans précédent.

         La gauche italienne vient de connaître une débâcle sans précédent, qui créé une situation inédite : pour la première fois depuis la fin du fascisme, la « gauche de classe » n’est plus représentée au Parlement. L’échec de la coalition de Gauche Arc en Ciel (GAC) est très grave : les groupes qui la composaient (Parti de la Refondation Communiste - PRC, Parti des Communistes Italiens - PdCI, Verts et Gauche Démocrate - SD) avaient recueilli 10,2 % des voix aux dernières élections, non compris les dissidents de la DS. Avec les dissidents de la social-démocratie, les SD, le potentiel électoral était de 12 % … pour un résultat de 3 % seulement ! Depuis 2006, date des dernières élections, les organisations formant la Gauche Arc en Ciel perdent près de 3 millions de voix. Où sont passés les électeurs ? Une petite partie s’est tournée vers le Parti Communiste des Travailleurs et la Gauche Critique, organisations dissidentes du PRC, qui ont regroupé environ 500.000 voix. Mais où sont partis les autres ? Vers l’abstention, vers le vote blanc ? Quelle partie s’est reportée sur le Parti Démocrate (PD), par un réflexe de « vote utile » ? Il faut voir que beaucoup d’électeurs sont partis vers la Ligue du Nord ou vers Italie des Valeurs, le mouvement social-libéral de l’ancien juge Antonio Di Pietro, allié du PD.

         A vrai dire, une défaite d’une telle ampleur était inattendue : on espérait dans les directions des organisations de la Gauche Arc en Ciel environ 7 ou 8 % à l’échelle nationale. L’échec est également très grave dans les Pouilles, région présidée depuis 3 ans par Nicchi Vendola du PRC, où la GAC ne recueille que 3 % des voix. La défaite de la GAC est homogène sur le territoire. Parallèlement, la victoire de Berlusconi et de la Ligue du Nord est éclatante, et ce sur l’ensemble du territoire. Plus inquiétant encore, la Ligue du Nord (LN), parti réactionnaire et xénophobe demandant la sécession du nord de la Péninsule, allié turbulent de Berlusconi, obtient à l’échelon national le meilleur score de son histoire. Le renforcement de son implantation est très net, avec des scores de 30 à 40 % localement, comme en Lombardie ou en Vénétie. La LN réalise aussi une percée dans les « régions rouges », notamment l’Emilie-Romagne ou la Toscane, y prenant vraisemblablement des voix aux organisations communistes.

         On comprend le désappointement des communistes italiens : en effet, quelles sont les perspectives pour le mouvement communiste italien, après une défaite de cette ampleur ? L’histoire des communistes italiens est-elle terminée ?

La gauche et le centre au gouvernement : le bilan des expériences est incontournable.


Les communistes italiens ont soutenu tous les gouvernements de centre-gauche depuis 1998. Il est donc indispensable de revenir sur la politique de Prodi et du bloc dont il a été la figure de proue pendant près de 10 ans : ce bloc a été à deux reprises aux affaires, une première fois avec les gouvernements Prodi, puis d’Alema et Amato, une seconde en 2006/2008 avec Prodi. On peut considérer que ces gouvernements ont loyalement servi les intérêts du capital européen : soutenus par le PRC et les Verts, avec le PDS comme force-pivot, ils ont systématiquement privatisé, en particulier dans le secteur de l’industrie lourde (historiquement à forte participation publique en Italie dès les années 1920, si bien qu’on a pu parler de « capitalisme d’Etat »). Même Berlusconi n’est pas allé aussi loin que Prodi et ses alliés dans la privatisation de l’industrie ! (Parenthèse : il ne s’agit pas de faire des nationalisations une fin en soi. Comme Engels le souligne dans l’Anti-Dühring, le capitalisme d’Etat reste du capitalisme. Les nationalisations n’amènent pas au dépassement du capitalisme : elles sont cependant une manière de sortir de capitalisme, une forme transitoire, qu’il s’agit de faire déboucher sur autre chose). Autre point, les contrats de travail, que les gouvernements Prodi se sont attelés à démanteler, tant et si bien qu’aujourd’hui en Italie la précarisation du travail est très avancée, et qu’il est presque impossible d’obtenir un CDI. Une telle politique n’aurait pas été possible sans le soutien de la CGIL (Confédération Générale Italienne des Travailleurs, principal syndicat ouvrier proche du PCI puis du PDS) au gouvernement Prodi et son absence d’opposition réelle à « l’autre fraction de la bourgeoisie » autour de Berlusconi. Après 1993 en effet, les syndicats italiens (CGIL et autres) se lancent avec les gouvernements successifs et la Cofindustria (confédération patronale italienne) dans une politique de modération salariale : aujourd’hui les salaires italiens sont parmi les plus faibles d’Europe Occidentale. Cette politique n’a pas réussi : l’Italie connaît un déclin économique réel (avec une chute des indicateurs économiques et une dégradation de la qualité des productions), le capitalisme privé ne s’est pas véritablement développé, et ce malgré les privatisations et la casse des contrats de travail.   

On peut dire ainsi que « la gauche n’a pas su faire son travail » au gouvernement. La dégradation de la condition des travailleurs est réelle, les réformes fiscales ont augmenté les impôts pesant sur la petite bourgeoisie et les travailleurs (notamment les impôts locaux), des coupes sombres ont été effectuées dans les budgets sociaux. Le pire est que les mouvements sociaux qui ont porté le bloc Prodi au pouvoir en 2006 ont été trahis dans leurs aspirations : fin 2003, 3 millions de personnes manifestaient à Rome contre la guerre en Irak ; à la même époque, des centaines de milliers de travailleurs se battaient contre la réforme du droit du travail touchant aux modalités des licenciements. Or le gouvernement Prodi a fait voter les crédits militaires pour l’OTAN, en autorisant l’installation d’une base à Vicence ; allant plus loin que Berlusconi, il a fait passer un projet d’allongement d’un an du temps de cotisation pour les retraites. Dans une telle perspective, la présence des communistes au gouvernement est donc au mieux inutile, au pire dangereuse, en servant de caution progressiste à des politiques de régression sociale.


Il est nécessaire d’analyser la victoire de la droite : la constitution d’un « bloc social » berlusconien.

 

         Quelle analyse faire de cette droite ? Le problème est que celle-ci n’a pas été menée par la gauche italienne, toutes tendances confondues, qui s’est contentée de diaboliser le personnage Berlusconi et sa manière de gouverner l’Etat au service de ses intérêts. Depuis 15 ans que « l’entrepreneur médiatique » Berlusconi dirige la droite, ce ne sont pas moins de 150 livres qui ont paru sur lui : mais cet « anti-berlusconisme » primaire n’a jamais tenté d’analyser le contenu social, la nature de classe du berlusconisme. Or le fait est que Berlusconi est parvenu à construire un « bloc social », en s’appuyant sur la puissance de ses média et en jouant sur son image de self-made-man. « Il a vendu des rêves ».

On peut dire globalement que le « bloc Berlusconi » est une coalition du peuple et des petits entrepreneurs plutôt opposés à l’UE (ne serait-ce que parce que Prodi a loyalement servi les intérêts du grand capital à Bruxelles comme président de la Commission européenne puis à Rome). Au l’inverse, les européistes sont plutôt anti-Berlusconi, et plus ou moins clairement pro-Prodi : Berlusconi représente en fait une droite non européiste, voire potentiellement anti-UE. La petite entreprise familiale a en Italie une importance économique et culturelle qu’on soupçonne difficilement en France : Berlusconi est parvenu à exprimer les aspirations des petits entrepreneurs. Ce que les communistes italiens n’ont pas vu, c’est que si le capital est généralement uni contre les travailleurs, il n’en n’existe pas moins des contradictions réelles au sein du capital entre les différents types de capitaux : entre la petite entreprise et le grand capital notamment. A destination des classes populaires, le bloc Berlusconi mène des campagnes sécuritaires et racistes aussi, hélas avec succès : les travailleurs ont voté pour la droite, surtout dans le nord.

Le problème est que le déficit d’analyse des partis communistes italiens s’étend aussi à l’évolution du PDS. Au nom de « l’anti-berlusconisme », ils ont accordé leur soutien à Prodi. Depuis 1991 le PDS ne se référait plus à la social-démocratie, mais à la « démocratie » et à la « gauche », ce qui pose la question du contenu de ces deux termes. Par son nom même le PDS n’a plus vocation à soutenir le monde du travail et à lutter avec lui. La notion de bloc social ayant été occultée dans leur analyse politique, les communistes étaient dans l’incapacité à agir contre la constitution du bloc social berlusconien et à réorganiser le mouvement ouvrier italien en conséquence.

Retour sur la constitution de la Gauche Arc en Ciel : l’aboutissement d’un processus de plusieurs années.

         La constitution de la GAC s’ancre dans les derniers mois du gouvernement Prodi. Celui-ci tombe « sur sa droite », quand des centristes quittent le gouvernement à propos du projet de référendum en juillet sur la loi électorale, l’idée étant d’aller vers un scrutin de type majoritaire. Ici, une parenthèse s’impose. Dès la Libération, le PCI est le principal soutien à la constitution de la République italienne, imprégnée de l’esprit de la Résisitance : il s’agissait de conjurer toute nouvelle expérience fasciste et de contrecarrer toute tentative de pouvoir autoritaire, d’où un tour très anti-présidentialiste et très parlementariste. Mais dès la fin des années 1970, des démocrates-chrétiens et des socialistes, regroupés entre autres dans la loge maçonnique P2, se battent contre le pouvoir du parlement. Dans un contexte de luttes sociales très fortes, qui se prolongent 10 ans après 1968, il s’agit de conjurer la lutte des classes en réorganisant la politique autour d’un centre-gauche et d’un centre-droit pratiquant l’alternance sans changer fondamentalement de politique. La fonction de ce bipartisme, comme dans le cas américain, est d’écarter la représentation des travailleurs et de favoriser l’alliance des différentes factions de la bourgeoisie. C’est en ce sens qu’en 1993 est introduite la prime majoritaire pour les élections « politiques » (parlementaires), position soutenue à bout de bras par Achille  Occhetto, artisan de la transformation du PCI en PDS. La boucle est bouclée : il s’agit de rendre impossible la représentation des communistes, des progressistes, … au Parlement. On a ici un des aspects de l’offensive contre les travailleurs et leurs moyens d’expression politiques.

Les deux grands partis (Forza Italia et le PD) avaient comme projet commun de renforcer le bipartisme, sur le modèle américain, en constituant deux blocs politiques : le berlusconisme (centre-droit allié aux fascistes et postfascistes) d’une part, alliance des DS et de La Marguerite de l’autre. La comparaison avec les Etats-Unis n’est pas fortuite : elle imprègne les dirigeants du PDS et de la Marguerite (démocrates-chrétiens de centre-gauche), qui se sont fondus en un « Parti Démocrate ». L’orientation de celui-ci est claire : Veltroni a dit refuser la lutte des classes, qui « engendre la haine ». Cofindustria : présente sur les listes du PD, qui se présentait sur une ligne « interclassiste », prétendant se tenir à mi-chemin des travailleurs et des entrepreneurs. On savait en fait que le bloc Prodi allait perdre. Les élections locales de mai 2007 avaient été une défaite pour lui, les communistes connaissant à cette occasion un grave échec, notamment dans l’électorat ouvrier du nord. Les organisations communistes ont par exemple perdu plus de la moitié de leurs voix dans le nord, notamment dans la banlieue de Milan. Sachant qu’il allait perdre, Veltroni a fait le choix de la « normalisation » politique, en refusant toute alliance avec les communistes. Il s’agissait de se débarrasser des communistes en tant que force politique, et de rechercher les convergences au centre : au fond, les programmes de Veltroni et Berlusconi étaient interchangeables.

         Le PD ayant exclu toute alliance avec la gauche, celle-ci s’est ainsi trouvée prise au dépourvu et menacée de ne pas être représentée au parlement à cause des seuils électoraux : la GAC est donc une alliance improvisée et de circonstance. Son projet n’a pas été clairement défini, tout comme ses rapports avec le PD : définition d’autant plus difficile à trouver que la Gauche Démocratique, membre de la gauche arc-en-ciel est issue du PDS, qui avait tourné le dos au communisme ! A vrai dire, on a là encore l’aboutissement d’un processus d’effacement du combat de classe et de la référence communiste au sein des organisations communistes italiennes, initié par le dirigeant historique du PRC, Fausto Bertinotti. En 2001, il formulait le projet de dépasser PRC en le fondant dans les différents mouvements (altermondialistes, anti-guerre.) ; en 2004, il s’agissait de s’allier avec Prodi au sein de l’Union pour battre Berlusconi. Avant les élections, Bertinotti proposait ainsi avant les élections le dépassement du PRC dans un « sujet de gauche », qu’il comparait à la formation du PGE en Europe. Pour lui, le communisme était amené à rester une « tendance culturelle » au sein du parti de la gauche : une « réserve indienne » ... 

Que faire ?

         Les forces progressistes sont, en Europe, dans une situation extrêmement difficile. Le rapport de forces globalement défavorable, les attaques contre les organisations communistes, notamment en République Tchèque, sont très dures. Cela va dans le sens de la politique du capital. Parallèlement les organisations communistes sont tentées par des mutations de ligne. Le PRC a par exemple une ligne historique d’opposition à la participation des soldats italiens aux opérations de l’Otan. L’Italie compte 12000 soldats en tout en mission pour l’OTAN : au Kosovo et en Afghanistan surtout. Actuellement, Nicchi Vendola, dont il a déjà été question, n’exclut pas une participation accrue à l’OTAN. Ainsi, tout n’est pas question de changement de noms et de symboles ! C’est le contenu politique des combats qui est aussi en jeu.

         Le PRC comprend aujourd’hui plusieurs tendances, qui vont s’affronter lors du congrès de cet été. La première autour de la direction sortante, qui envisage la dissolution du PRC dans un « sujet de gauche », ce que propose par exemple Nicchi Vendola. Une deuxième tendance entend conserver l’organisation PRC : elle regroupe une partie de l’ancien courant majoritaire et le groupe « Être communistes ». Fondamentalement, elle cautionne les orientations du PGE. Une troisième tendance veut tenter une réunification des communistes, sur une base communiste : cela passe par une réorganisation (syndicale et politique) du mouvement populaire sur la base d’une opposition progressiste au gouvernement. Il s’agirait ainsi de s’opposer aussi aux directions syndicales, notamment celles de la CGIL, et à leur politique de cogestion du capitalisme avec le patronat. L’idée serait de faire du mouvement syndical une courroie de transmission, mais dans l’autre sens que celui que l’on a pu connaître : le parti doit relayer les luttes sociales.

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 17:31

Enseignements de l’expérience des communistes italiens (1)

 

Le débat organisé à Paris le 17 mai dernier avec Andrea Catone, historien, militant du Parti de la Refondation communiste (PRC) et collaborateur de la revue l’Ernesto s’est révélé extrêmement instructif sur la situation politique en Italie, l’état du mouvement communiste après la débâcle électorale, sur l’état du mouvement communiste en Europe.

Une retranscription de ces échanges est en cours. Je livre ci-dessous quelques éléments de mes interventions dans la discussion et de ma réflexion depuis suite au développement des analyses d’Andrea Catone.

Les expériences récentes du PCF et du PRC frappent d’abord par leurs étroites similitudes. On constate que les mêmes recettes donnent les mêmes résultats et que les appareils dirigeants à l’œuvre dans les deux pays appliquent la même orientation stratégique, suivant des méthodes comparables. Le Parti de la gauche européenne, le PGE se confirme être le lieu de leur coordination.

Le cinglant échec électoral d’avril dernier en Italie rappelle le résultat de Marie-George Buffet aux présidentielles de 2007 ou celui de Robert Hue en 2002.

Par son ampleur, inattendue, d’abord: 3,1% à la « gauche arc-en-ciel » contre plus de 10% à ses composantes en 2006, dont plus de 8% pour les deux partis communistes (PRC et PdCI, parti des communistes italiens, scission du PRC). Il n’y a plus aucun parlementaire communiste.

SUITE

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 19:46
Elections en Italie :

La résultat catastrophique de la coalition "Arc-en-ciel" (arcobalena) sanctionne une stratégie d'abandon de l'identité communiste. L'examen de cette situation est riche d'enseignements pour les communistes français, confirmant notamment les analyses que nous avions faites suite aux présidentielles de 2007
* (en italien ici) et aux cantonnales du mois dernier*.
Ci-dessous, plusieurs liens vers des articles d'analyse et des tribunes de communistes italiens parus sur les sites Vive le PCF et Caius Gracchus

Appel de communistes. "Communistes, commençons par nous"

L'échec du projet de la « Gauche-Arc-en-ciel »

Sanction sans appel de l'arc-en-ciel - Fosco Giannini (04/04): "Congrès tout de suite" du PRC

La « gauche arc-en-ciel », privée de la couleur rouge, peu à même de contrer le bipartisme

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