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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 06:15

matteo-renzi-europa-flagNouveau coup d’État patronal et européen en Italie derrière un Berlusconi de gauche, Renzi, soutenu par les syndicats !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

L'Italie, stade suprême de dégénérescence anti-démocratique de l'Europe du capital. On croyait avoir tout vu, vingt-trois après la tragédie de la liquidation du Parti communiste italien. Est-ce le châtiment ? Non. L'expiation est encore longue.

 

Il y a trois mois nous annoncions que Matteo Renzi serait sans doute le futur Premier Ministre – avec pleine complaisance médiatique, confiance des milieux patronaux – mais on reste surpris par le mépris affiché par la classe politique italienne pour la démocratie bourgeoise.

 

Le démocrate-chrétien Renzi est le quatrième chef de gouvernement non-élu en trois ans : Mario Monti, Enrico Letta parachutés par la Commission européenne, soutenus par l' « Union sacrée » entre droite berlusconienne et gauche démocrate-libérale.

 

Cette fois, on atteint un nouveau cap. Renzi a proposé à la direction de son parti, le PD (ex-Parti communiste) un changement à la tête de l'exécutif, voté à la quasi-unanimité, avant de s'entendre avec Berlusconi pour obtenir le soutien de la droite et le coup d’État parlementaire est acté.

 

Le démocrate-chrétien européiste Enrico Letta est contraint, le couteau sous la gorge, humilié, à démissionner pour céder la place au démocrate-chrétien européiste Renzi. Comme le démocrate-chrétien européiste Monti avant lui. Que de changement décidément en Italie !

 

Les analystes analysent, se demandent qui se cache derrière ce coup d'Etat : les « guelfes » américains, les « gibelins » allemands. Que l'avenir de l'Italie se décide pour partie ailleurs qu'à Rome, c'est pas une découverte. Qu'il se décide sans le peuple italien, c'est une évidence.

 

Car le patronat italien est le premier responsable de ce coup d'Etat. Comme disait le politicien socialiste corrompu Bettino Craxi, si vous voulez savoir où va l'Italie, lisez le Corriere della Sera, le journal patronal milanais. Celui-ci a publié deux bombes, juste avant le coup d'Etat du 13 février.

 

D'abord, le 10 février, des extraits d'un livre du journaliste américain Alan Friedman qui révèle le complot anti-démocratique qui a conduit Mario Monti au pouvoir en 2011 : y sont impliqués le président Giorgio Napoletano, le banquier Corrado Passera (futur ministre de l'Economie) et le responsable de la BCE Mario Draghi. Un scandale connu de tous mais qui n'a pas fini d'éclater.

 

Ensuite, le 12 février. Un entretien avec Matteo Renzi où celui-ci parle de la « nécessité de courir » dans les réformes et évoque son plan pour l'Italie, son projet de « réformes structurelles », ses remerciements pour Letta, encore Président du Conseil … pour une dernière journée !

 

Matteo Renzi s'était fait connaître en Italie pour être le premier pour le « Mariage pour tous », qu'il a remisé depuis en « union libre ». Lui est avant tout pour l' « union libre » entre patronat, milieux européens, syndicats contre les droits démocratiques et sociaux des travailleurs italiens !

 

Mariage avec Berlusconi et l'Union européenne pour liquider ce qu'il reste de la démocratie et de l'unité italiennes !

 

Depuis le début de l'année 2011, la seule obsession des milieux financiers européens, des dirigeants de l'Union européenne, c'est l'instabilité, l'ingouvernabilité de l'Italie imputées aux mauvais bougres Berlusconi et Grillo. C'était le message transmis par Olli Rehn, commissaire à l'économie, et Mario Draghi en septembre 2013, à la publication des comptes publics italiens.

 

Tant les populismes aux relents fascisants de Berlusconi et Grillo que les manœuvres « putschistes » des centristes du PD et du PdL, avec le soutien de l'UE, ont contribué à discréditer la mascarade de la démocratie italienne. L' « Union sacrée » contre la démocratie, depuis 2011, l'a achevée.

 

La première mission de Renzi est de mettre fin à cette instabilité par une réforme électorale déjà négociée avec Berlusconi.

 

De fait, le passage de la proportionnelle à un système majoritaire : prime majoritaire si une force dépasse les 35 % au premier tour, seuil minimal entre 5 et 8 %, passage de 26 à 120 circonscriptions, un coup d'Etat dans le coup d'Etat qui va installer un bi-polarisme consensuel en Italie.

 

Seconde mission, réaliser la réforme de l'organisation de l’État : nouvelle vague de régionalisation et métropolisation. Cela va passer notamment par la suppression du Sénat (!), remplacé par une Chambre des grands maires et des présidents de région. Une vraie « Chambre des pairs » féodale !

 

Le gouvernement Renzi va poursuivre l’œuvre de Monti en supprimant les « provinces » (l'équivalent de nos départements) : vers l'Europe des métropoles, des super-régions, la casse du cadre national, Renzi en soldat zélé de l'Europe des régions voulue par le capital !

 

Mariage avec le patronat italien (et les milieux d'affaires euro-américains) pour réaliser les « réformes structurelles » !

 

Cela fait plusieurs années que le publicitaire de formation Renzi, maire de la ville des banquiers, Florence, assure sa promotion : l'Obama italien porte comme le disait Berlusconi « nos idées (celle du patronat) sous la bannière du PD ».

 

Appuyé par la Fondation patronale Big Bang, épaulé par les économistes libéraux de la Bocconi (la Dauphine italienne) comme Luigi Zingales, Renzi a élaboré le programme patronal, inspiré du blairisme : baisse des cotisations patronales et exonération fiscale, libéralisation du marché du travail et précarisation intégrale, coupes dans les dépenses publiques.

 

Il faut se souvenir de sa position en 2011 quand le patron de la FIAT lançait une attaque sans précédent contre les conditions de travail des ouvriers de Pomigliano (Napmes) et Mirafiori (Turin), actée par référendum interne, à l'exclusion de la FIOM, le syndicat de classe : Renzi avait dit alors qu'il aurait voté « sans hésitation » pour le PDG de la Fiat s'il avait été ouvrier (sic).

 

Car Renzi est né dans le monde patronal. Fils de Tiziano Renzi, ex-député démocrate-chrétien, entrepreneur qui contrôle la majorité de la distribution des journaux, de la publicité dans la région, à la tête d'un conglomérat financier et immobilier avec le groupe Baldassani-Tognozzi-Pontello.

 

Ami des patrons, Renzi l'est déjà à Florence, y compris chez les familles patriciennes historiques : les Frescobaldi (vins, patriciens), les Fratini (immobilier), les Folonari (vins), les Bini Smaghi (dont le dernier Lorenzo a été conseiller de la BCE puis nommé par Renzi président d'une Fondation!).

 

Des relations nouées surtout dans le milieu de l'immobilier et des médias : avec le groupe Poli (immobilier, médias, propriétaire de chaînes locales), l'éditeur Mario Curia (président du MEDEF local), Bassilichi (sous-traitant), les promoteurs Bacci et Bartaloni.

 

Pas étonnant qu'en dix ans passées à Florence, un culte de la personnalité ait été entretenu par la presse locale puis nationale : ceux qui tiennent les médias sont souvent les mêmes qui ont profité de sa politique de grands travaux, de sa casse des services municipalisés !

 

Un patronat local qui a fait sa publicité au niveau national, par l'entremise également de l'entrepreneur immobilier Marco Carrai et de l'homme d'affaires Davide Serra, les deux proches des milieux financiers anglais et américains, qui ont construit son image de « Tony Blair » et « Obama » italien.

 

Parmi les patrons italiens « de gauche » (sic) qui ont soutenu publiquement Renzi : les patrons de Tod's, Olivetti, Vodafone, Prada, Unicredit, de Agostini (édition), Generali, Gucci.

 

Comme le disait le banquier d'affaires Guido Roberto Vitale : « Renzi parle comme quelqu'un de la gauche moderne, civilisée, qui ne diabolise pas le capitalisme et n'a pas lu Marx » (re-sic).

 

Quels que soient ses réseaux, Renzi a déjà bénéficié de l'adoubement du président de la CONFINDUNSTRIA (MEDEF italien) Giorgio Squinzi qui avait déclaré en juin 2012 : « Si je pouvais, je voterais pour lui » !

 

Plus récemment, il a affirmé son accord avec les propositions pour le « marché du travail » de Renzi en décembre 2013. Les deux se sont rencontrés le 6 février dernier à une rencontre sur les « métropoles » à Florence.

 

Le jour même Squinzi lance un ultimatum à Letta : « Si le 19 février, il n'a rien à proposer aux industriels, alors nous nous tournerons vers le Président pour former un nouveau gouvernement ». Une semaine après, Letta tombe, Renzi le remplace. Sic transit gloria mundi.

 

Mais alors quels sont ces réformes promises au patronat italien tant attendu ? Comme si Monti n'avait pas déjà tout donné (hausse de la TVA, suppression de postes de fonctionnaires, réforme des retraites, flexibilisation du travail). Mais les patrons ont toujours soif.

 

Le cadeau numéro 1, c'est un plan de cadeaux fiscaux d'une ampleur inédite, au nom de la « baisse du coût du travail » et de la « restauration de la compétitivité ». Il a promis déjà une baisse de 10 % de la taxe professionnelle.

 

Mais surtout, Renzi a annoncé une baisse drastique des cotisations sociales patronales et de nouvelles exonérations pour les « entreprises qui embauchent », les opposant à celles qui soi-disant privilégient la finance.

 

Suivons Renzi dans le Corriere : « Bon, les revenus financiers sont taxés à 20 %, le travail pratiquement 50 % : on rééquilibre ? ». Nul besoin de dire dans quel sens, si on suit Renzi, c'est la casse des cotisations sociales patronales, des cadeaux de plusieurs dizaines de milliards en perspective !

 

On voit tout le danger, soit dit en passant, du discours trompeur opposant entreprises « industrielles » et « financières » – ce sont les mêmes depuis 150 ans –, des propos dangereux sur la « modulation des cotisations sociales », sur la « taxation de la finance plutôt que de travail » : cela sert à des blairistes comme Renzi pour casser la cotisation sociale, gaver le patronat !

 

Le cadeau numéro 2, c'est le plan de casse intégrale du Code du Travail.

 

Inspiré par les réformes de Clinton aux Etats-unis, Blair en Grande-Bretagne, Schroder en Allemagne, Renzi propose d'instaurer un « Revenu minimum universel » (RMI italien) et de supprimer les allocations-chômage après le premier refus d'une offre d'emploi, avec obligation de suivre un cursus de formation professionnelle (une adaptation de la flexsécurité nordique).

 

Renzi propose également un « Contrat unique d'insertion » pour toute nouvelle embauche, un CDI de façade avec une période d'essai de trois ans laissant une facilité totale de licenciement, en contradiction avec le sacro-saint article 18 de la Constitution interdisant les licenciements non-motivés ! C'est la version italienne du CPE français refusé en 2006.

 

« Union libre » avec les syndicats pour faire passer un plan de casse du code du travail !

 

Une attaque sans précédent contre le Code du travail, des cadeaux monstres pour les entreprises, une liquidation de la démocratie née de la résistance : que font les syndicats ?

 

Sans surprise, les syndicats jaunes CISL et l'UIL signent. Raffaele Bonnani, secrétaire-général de la CISL : « On est favorables. La flexibilité nous convient, si elle est mieux payée. L'idée d'avoir un contrat unique nous plaît aussi, si cela permet d'éliminer les contrats bidons ».

 

On attendrait de la CGIL, le syndicat historiquement proche du Parti communiste, une condamnation ferme et sans équivoque. C'est peine perdue. Voici la position de la secrétaire-générale Susanna Camusso :

 

« On espérait une plus grande ambition (sic) », mais elle salue le revenu minimum, le contrat unique d'insertion et ajoute : « Il ne suffit pas de dire que la libre initiative du marché des entreprises, peut-être avec quelques incitatifs, favorisera la relance. Ce sont des choses utiles, toutes, mais il faut des moyens pour créer des emplois ».

 

Oui, vous avez bien entendu : la secrétaire de la CGIL qui se félicite de la casse du Code du travail, des cadeaux aux patrons comme seule issue à la crise mais reproche que cela n'aille pas assez loin. Étonnant ? Hélas non.

 

On se rappelle qu'en juillet 2012 lors des « Rencontres de la CGIL » Susanna Camusso et Giorgio Squinzi (président de la CONFINDUNSTRIA) étaient tombés d'accord sur tout ou presque : coupes dans les dépenses publiques, réforme des retraites, réforme du code du travail, intégration européenne !

 

En septembre 2013, la CGIL a signé un texte commun avec la CISL, l'UIL mais aussi la Confindunstria pour demander une « Loi de stabilité pour l'emploi et la croissance ».

 

Dans ce document édifiant, est posée comme valeur première la « stabilité », la « gouvernabilité », le respect des « orientations de l'UE », comme leitmotiv : « la réduction des charges fiscales sur le travail et les entreprises ».

 

Parmi les réformes avancées alors par les syndicats : réduire les cotisations sociales, la part travail de la taxe professionnelle, aides publiques aux projets innovants, métropolisation, régionalisation et contrôle des dépenses publiques. Un programme aujourd'hui fait sien par Renzi !

 

Gravissime la façon dont la CGIL identifie les intérêts du « travail » avec ceux des « entreprises » (capital). Quand Camusso se félicite que Renzi « mette au centre les préoccupations du travail », il faut comprendre les entreprises bien sûr.

 

Où est la gauche … elle achève le divorce avec les classes populaires, légitime la casse de la démocratie dans le cadre national !

 

Les travailleurs italiens saignés, la démocratie italienne liquidée par les héritiers de l'ancien Parti communiste. Que fait la gauche ? Que font les héritiers « vivants » du PCI ?

 

C'est là que la tragédie italienne devient farce. Refondation communiste met toute son énergie dans … les élections européennes.

 

La dernière idée issu du cerveau fécond de M.Paolo Ferrero, secrétaire de Refondation : ne pas présenter une tête de liste communiste italienne mais … Alexis Tsipras, le leader de SYRIZA grec, imposé par le PGE comme candidat supra-national à la Commission européenne.

 

Nul besoin de re-présenter Tsipras – ses positions franchement keynésiennes, son adhésion au projet européen, ses propositions de collaboration aux dirigeants de l'UE, sa lutte contre le Parti communiste en Grèce – on le connaît trop bien.

 

C'est sur le principe même que le bât blesse, comme le souligne le Parti des communistes italiens (PdCI). Au moment où l'Union européenne méprise jusqu'à la démocratie italienne, les droits sociaux conquis dans le cadre national :

 

comment oser faire acte d'allégeance à l'UE avec cette « liste Tsipras », en portant la candidature supra-nationale d'un européiste à l'institution la plus anti-démocratique de cette UE des monopoles ?

 

Nul doute que le divorce sans cesse consommé entre Refondation – en pleine dérive droitière depuis une quinzaine d'années – et les classes populaires en Italie va continuer à s'accélérer.

 

 

Le ridicule ne tue pas pour Refondation, le PGE. Hélas, le plan d'austérité concocté par Renzi avec les milieux patronaux italiens, européens, co-signé par les syndicats, oui. Il va assassiner la démocratie sociale italienne, les miettes de ce qu'il en reste depuis la liquidation du PCI.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Italie
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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 06:43

img1024-700_dettaglio2_MOVIMENTO-FORCONI-600x400.jpgDe quoi les « Forconi » sont-ils le nom ? Jacquerie instrumentalisée, dérive fascisante et faillite de l’organisation de classe en Italie



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce qui se passe en Italie ne peut qu’attirer notre attention. Un mouvement parallèle aux « bonnets rouges », dans un contexte analogue, enraciné dans une même exaspération collective, une même récupération patronale, une même faillite des organisations de classe.



De quoi les « Forconi » sont-ils le nom ? Un mouvement de classe, peut-être mais de quelle classe. Une vague anti-système « spontanée » mais pourtant si bien organisée. Une impulsion de masse à la caractérisation difficile : entre jacquerie et poujadisme, populisme a-politique et proto-fascisme.



Derrière les étiquettes simplistes, il convient de revenir sur la base (et la direction) de classe du mouvement, les intérêts qu’il sert et la place qu’il occupe dans le système.

 

La base de classe du mouvement des « Forconi »  : un mouvement de la petite-bourgeoisie désemparée

 

La base de classe du mouvement s’ancre dans une petite-bourgeoisie traditionnelle, écrasée par la crise, engagée dans une « révolte anti-fiscale »  : chauffeurs routiers, petits commerçants et artisans, agriculteurs et éleveurs.

 

Une fronde aux accents de jacquerie et de poujadisme à l’italienne, avec la même explosion de colère confuse contre le pouvoir central, l’Etat, les taxes, les « politiques ».

 

Anti-parti, anti-politique, anti-Etat, c’est le triptyque du mouvement basé sur un rejet populiste de la transformation sociale par l'organisation  : « tutti a casa » (Qu’ils s’en aillent tous), « non ce le facciamo piu » (on nous la fait plus) sont les slogans qui reviennent dans le mouvement.

 

Une « révolte » qui a pris aussi progressivement un caractère de plus en plus anti-européen mais nationaliste, la référence omniprésente à la « nation », aux « trois couleurs » gomme tout antagonisme de classe, sert d’alternative vague aux affiliations partisanes ou idéologiques.

 

Ce mouvement est parti début 2012 en Sicile d’une série de blocages routiers organisés par les chauffeurs routiers, suivis par les agriculteurs, avant de s’étendre à la fin de cette année à toute l’Italie, à partir d’une manifestation nationale le 9 décembre.



A Naples, Turin, Milan, Parme, Bari, du nord au sud, toute l’Italie a été touchée par la vague des « Forconi  ». Les cortèges urbains ont été remplis de jeunes chômeurs, de marchands ambulants, mais aussi d'étudiants de jeunes travailleurs – souvent infiltrés par des groupes d'extrême-droite comme « CasaPound » ou « Forza nuova », présents parmi les jeunes des quartiers populaires.

 

C’est par cette alliance entre une petite-bourgeoisie rurale en déclin mais fortement organisée, et d’un lumpen prolétariat urbain agité mais sans direction claire que les « Forconi » ont pris forme.

 

Il serait par ailleurs naïf de penser que le mouvement est né « spontanément ». Tant dans les villes, avec les centres sociaux, les groupes de supporters ultra que dans les campagnes, avec les puissants syndicats catégoriels, le mouvement est fortement encadré et organisé.

 

Qui est derrière le mouvement  ? Les mains des franges les plus réactionnaires du patronat

 

Pour comprendre le mouvement des « Forconi », il faut saisir ceux qui en sont à l’origine, l’encadrent et l’instrumentalisent. Ce sont des organisations incarnées par des personnages pas du tout « a-politiques », avançant leurs intérêts dans la confusion générale.

 

D’abord, ce sont des syndicats (patronaux) catégoriels – proche de la droite extrême. Loin de souhaiter un affrontement général, il s’agit de faire du lobbying et du chantage auprès de l’Etat pour obtenir des « allégements de charge  », des avantages fiscaux

 

C’était la perspective des syndicats de chauffeurs routiers et agriculteurs siciliens  : obtenir une baisse des taxes sur les carburants (tout en bénéficiant des subventions publiques  !). Sur la satisfaction de cette revendication, les chauffeurs routiers ont déjà arrêté le mouvement.

 

Les leaders syndicaux n’ont rien de neutre. Du côté des routiers, Salvatore Bella, leader d’AITRAS (Association italienne des transporteurs siciliens) est un ancien de Forza Italia, le parti de Berlusconi, le « Mouvement autonome des transporteurs » se revendique de … l’Aube dorée grecque  !

 

Parmi les syndicats agricoles, les liens avec les mouvements d'extrême-droite sont étroits.



Azione Rurale est l'héritière de la branche « agricole » de l’ex-parti fasciste Alleanza Nazionale  ; les « COBAS du lait » sont réputés pour leurs liens avec la Ligue du nord, tandis que la Ligue pour la terre est l’émanation du groupuscule néo-fasciste, « Force nouvelle » (FN). Tout un programme.

 

Ensuite, ce sont des leaders «  autonomistes » et pro-européens qui pilotent le mouvement. Si la base reprend des slogans anti-européens, nationaux, les directions sont tentées par la révolte autonomiste, quasi-féodale, intégrée à une « Europe des régions ».



En premier lieu la « troika » dirigeante  : le propriétaire agricole latin Danilo Calvani (venu à Rome rencontrer les manifestants en jaguar!), l'artisan-menuisier vénitien Luca Chiavegato et le gros agriculteur sicilien Mariano Ferro.

 

Ainsi, le leader du mouvement au Nord, Luca Chiavegato est un militant indépendantiste vénitien, européiste, fondateur du mouvement LIFE (les Libres entrepreneurs fédéralistes européistes !) dont le drapeau reprend le drapeau de la Vénétie et celui de l'Union européenne.

 

En Sicile, tant Salvatore Bello que la figure du mouvement, Mariano Ferro, sont des cadres de la branche sicilienne (« le Parti des Siciliens ») du « Mouvement pour les autonomies » (MPA), qui a fait une percée spectaculaire aux dernières élections régionales, avec 10 % de voix.

 

Le « Parti des siciliens », dont Ferro et Bello sont des représentants, est un partenaire historique de la « Ligue du nord », désormais un allié du Parti des libertés de Berlusconi – son fondateur a été condamné dernièrement à 10 ans d'inéligibilité pour liens avec la Mafia, ce qui soulève des questions sur les véritables instigateurs du mouvement des Fourches.

 

Il suffit de voir le programme des « Forconi » en 2012 pour comprendre son orientation politique  : baisse de la charge fiscale sur les entreprises, rétablir des formes de protectionnisme pour soutenir la compétitivité des firmes italiennes. Un programme clairement des petits et moyens patrons.

 

Le «  fascisme des origines  » ? Un parallèle troublant quoique limité

 

A-t-on affaire à un mouvement proto-fasciste  ? Nombre sont ceux qui appellent au loup – à des finalités politiciennes –, la réalité est à la fois troublante de parallèles historiques, mais elle incite objectivement à la prudence face à de tels rapprochements.

 

Le rejet viscéral de la politique, des partis, syndicats, la seule référence à la nation (les cris « Italia, Italia »), tout comme l’indifférence (le « me ne frego » des fascistes, je m’en fous, proche de celui des Forconi), la haine, la destruction (l’ « anti-tout ») ont formé le terreau du fascisme en Italie.

 

Déjà, les manifestations dans le nord de l’Italie ont dégénéré en assauts contre les centres de travail de la CGIL au nord du pays, plusieurs librairies se sont retrouvés attaquées, leurs livres incendiés.

 

Le mot d’ordre des « forconi »  : « arrêtons l’Italie » ne doit passer ni par une grève générale ni par le syndicat, mais plutôt dans la collaboration avec les forces de l’ordre, comme ce fut constaté en divers lieux, comme l’appelle de ses vœux un Beppe Grillo.

 

Un des leaders du mouvement, Danilo Calvani, a même souhaité la mise en place d’un « gouvernement militaire de transition » à la place du gouvernement en place. Certains avaient appelé à une « marche sur Rome » le 11 décembre, finalement annulée.

 

Tout comme la récupération de thèmes sociaux, voire traditionnellement accolés aux organisations de classe, est typique du fascisme des origines : la critique de l’Europe du grand patronat, la défense de l’emploi industriel, le parti des « petits  » contre les « gros ».

 

Le parallèle est troublant jusque dans le choix du symbole. Le fascisme avait repris le « fascio », ce fagot de bois devenu le symbole des syndicats agricoles siciliens début du XX ème siècle, tout comme le mouvement a pris la « forca  », la fourche, typique des jacqueries.

 

Le parallèle fasciste trouve une résonance dans la faillite de la classe politique italienne, discréditée et impuissante à trouver une « solution normale », à la merci des apprentis sorciers Berlusconi et Grillo, prêts à saborder la « démocratie bourgeoise » pour des aventures populistes incertaines.

 

Toutefois, le parallèle rencontre aussi des limites.



Le mouvement n’a pas encore de centre organisé, il ne rencontre pas une force antagoniste révolutionnaire – contre laquelle le fascisme constitue nécessairement une réaction – enfin, le mouvement est lui-même tiraillé par des contradictions internes.

 

La faillite de la « gauche » : protester contre les protestations plutôt que mener des manifestations sur des positions de classe  



La responsabilité de la « gauche » italienne dans ce mouvement de colère périlleux est lourde. Les jeux politiciens détestables se multiplient, s’entremêlent, quitte à jeter par-dessus-bord ce qu’il reste de la démocratie italienne.

 

Le PD (Parti démocrate) n’hésite pas à gonfler le mouvement pour pouvoir ensuite se présenter comme un rempart face aux « Forconi » et Grillo  : une gauche « responsable », européiste, libérale face à un mouvement populiste, anti-européen, nationaliste et fascisant.



Même son de cloche du côté de l’aile libérale du Parti des Libertés (PdL), chez un Angelino Alfano ou chez les deux derniers présidents du conseil centristes Mario Monti ou Enrico Letta, soudant l’ « Union sacrée » bourgeoise contre le populisme, peut-être demain avec Matteo Renzi à sa tête, le jeune loup du PD, un ultra-libéral à faire passer Berlusconi pour un modéré  !

 

Mais c’est surtout du côté de ce qu’il reste du mouvement de classe, des organisations révolutionnaires que la faillite est totale.

 

Les héritiers du PCI – le PdCI et Refondation communiste – sont incapables d’impulser un mouvement social de classe de cette ampleur. Refondation et d’autres lorgnent déjà vers la constitution d’un « Parti de gauche » à l’italienne, nouvelle combinaison politicienne.

 

Du côté du syndicat, la dérive est encore plus tragique.

 

La CGIL, syndicat de classe historique, a signé un texte commun en octobre dernier avec le patronat (Confindustria) et les syndicats de collaboration (CISL, UIL) réclamant … la baisse du coût du travail par des allégements fiscaux  !



C’est pour masquer cette collaboration ouverte, l’absence totale de mouvement social – si ce n’est la grève du 18 novembre lancée par les syndicats de base de l’USB, notamment dans les transports – que la CGIL tente désormais de se faire entendre dans l’opposition au populisme des « forconi ».

 

La CGIL, si discrète face à la boucherie patronale, a été prompte à dénoncer légitimement les actes violents de certains manifestants contre les sièges du syndicat, à mettre en garde contre les «  solutions autoritaires  ».

 

Les « Forconi » (tout comme Grillo dans un créneau analogue) jouent ainsi un rôle plaisant pour le système  :



ils permettent de renforcer l' « Union sacrée » contre le fascisme montant ; de faire monter une opposition assimilée à la réaction, et canalisée dans une impasse ; enfin surtout de dévoyer des positions sur l'Union européenne, la fiscalité, le rejet du consensus dominant.



 

Le mouvement des «  Forconi  » ne se laisse pas facilement analyser, seul l'histoire nous dira de quoi il était porteur. Néanmoins, comme en France, il est révélateur autant des potentialités de la colère populaire que des risques qu'ils portent, ils révèlent surtout le pire que peut receler la liquidation des organisations de classe, révolutionnaires.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Italie
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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 11:56

sciopero.jpgVers la grève générale en Italie ? Réticences des syndicats de concertation après le succès de la grève du 18 octobre, lancée par le syndicat de lutte USB

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Des mois que les travailleurs italiens attendaient un appel clair à la riposte contre la politique de casse sociale massive. Celui lancé par la confédération syndicale de classe USB, à une grève le 18 octobre suivie d'une manifestation dans les rues de Rome, a été massivement entendu.

 

L'ampleur de la mobilisation des 18 et 19 octobre a surpris. C'était la première riposte organisée, dans la rue, à la politique de casse sociale du « gouvernement de coalition » Parti démocrate/Parti des libertés gouverné par Enrico Letta, homme de Bruxelles et du capital financier en Italie.

 

Les médias ont préféré insister sur la manifestation bariolée du samedi. 70 000 manifestants, un cortège hétérogène – militants du droit au logement, de défense des immigrés, contre le projet de TGV Lyon-Turin, indignés – et les habituels débordements des agents provocateurs.

 

Cette manifestation d'indignation ne doit pourtant oublier la manifestation du vendredi où 50 000 manifestants avaient déjà occupé la place San Giovanni à Rome.

 

En tête de cortège, immigrés et réfugiés devenus des symboles après la tragédie de Lampedusa, mais aussi les travailleurs précaires, invisibles de la crise, ainsi que les ouvriers de plusieurs entreprises menacées par les plans sociaux.

 

Manifestation significative aussi car concluant une journée de grève massivement suivie, lancée par la seule USB (Union des syndicats de base), confédération de syndicats de lutte refusant la voie de la concertation sociale suivie par la « troika » syndicale (CGIL, UIL, CISL)

 

Une grève du 18 octobre massivement suivie : les transports paralysés dans toute l'Italie

 

Seul contre tous, face au « front commun syndical » de la collaboration sociale, l'USB, qui a adhéré l'an dernier à la Fédération syndicale mondiale avec ses 250 000 adhérents, a réussi son pari.

 

Le mouvement a connu une forte adhésion dans les services publics – en particulier la santé, l'éducation, les collectivités territoriales –, ainsi que les grandes entreprises menacées par des plans sociaux : la FIAT (automobile), l'ILVA (sidérurgie), SIGMA Tau (industrie pharmaceutique), Telecom Italia ou encore d'Alitalia.

 

Toutefois, c'est dans les transports, bastion de l'USB, que l'adhésion a été la plus spectaculaire, paralysant les réseaux de transports urbains (bus, métro, train de banlieue) des grandes villes du nord, de la capitale et des anciennes villes rouge du centre.

 

Ainsi, à Rome, la grève a paralysé 65 % du réseau de bus et des trains de banlieue. A Milan, le métro a été totalement fermé tandis que 75 % des bus sont restés dans les dépôts.

 

Ailleurs, les taux de grévistes dans les transports sont significatifs : dans le Sud, 40 % en Calabre, 70% en Sicile (bus régionaux) ont été paralysés ; dans le Nord, ce fut le cas de 70 % des transports à Turin, 70 % pour le transport maritime et 80 % pour le transport routier à Venise.

 

Enfin dans le Centre, en Emilie-Romagne, 95 % du fret a été interrompu et 75 % du transport de passagers annulé, tandis que ville par ville : on passe de 45 % à Livourne, 65 % à Ferrara, 80 % à Bologne, 90 % à Terni et jusqu'à 100% dans la ville de Pise.

 

Le syndicaliste Pierpaolo Leonardi, de l'exécutif de l'USB a insisté sur l'importance de ce mouvement de grève :

 

« Cette manifestation nous montre qu'il existe une alternative syndicale. Sur les lieux de travail, la CGIL, la CISL, l'UIL construisent la résignation, arrivant même à organiser des manifestations de soutien au gouvernement Letta en crise.

 

Un gouvernement qui, avec la « loi de stabilité » maintient inchangée l'actuelle distribution inégale des richesses, et poursuit avec cette politique de casse sociale sous la dictature de l'UE et de la troika. Mais le monde du travail ne se fait pas duper et ne plie pas ».

 

Un pas de plus dans l'offensive de classe avec le Parti démocrate et la droite ... contre Berlusconi et Grillo !

 

Effectivement, la « loi de stabilité » – ou loi des finances – 2014, adoptée par le gouvernement de coalition Parti démocrate/Parti des libertés d'Enrico Letta passe un cap dans l'offensive de classe.

 

D'une part, des cadeaux aux entreprises sans précédent, avec 5 milliards d'exonérations de cotisations sociales patronales au nom de la diminution du « coin fiscal », autrement dit de la diminution du coût du travail pour les entreprises.

 

De l'autre, une augmentation du fardeau fiscal pour le commun des Italiens : augmentation de la TVA de 21 à 22 % et hausse des impôts locaux ayant trait au ramassage des déchets et à la taxe foncière.

 

Dans le même temps, la casse du secteur public continue. Outre les coupes massives sur la santé de 1 milliard sur deux ans, une nouvelle vague de privatisations est prévue à l'horizon 2015 visant notamment les services publics municipaux : ramassage des déchets, transports.

 

Enrico Letta, lui le démocrate-chrétien de gauche, européen jusqu'au bout des ongles, appointé par l'Union européenne et le FMI – comme Prodi et Monti avant lui – se présente comme un chantre de la rigueur, négociant âprement le moindre mal avec Bruxelles.

 

Dans la mise en scène, Letta peut compter sur l'appui total du Parti démocrate (PD), au centre-gauche qui insiste sur le fait qu'il « n'y a pas d'alternative » et qu'il faut « faire barrage au populisme » (entendre l'opposition à l'austérité et l'UE incarnée par Grillo, Berlusconi, la Ligue).

 

Cela n'empêche pas, avant les primaires du 8 décembre, les caciques du PD de tirer dans le dos de l'impopulaire Letta.

 

Parmi les deux principaux candidats, l'ultra-libéral maire de Florence Matteo Renzi joue théâtralement un rôle d'opposant – reprochant à Letta son manque de fermeté dans l'austérité! – tandis que l'ex-apparatchik du PCI Giuseppe Civati soutient sans conditions Letta.

 

A droite, autre mise en scène, la majorité des élus du Parti des libertés (PdL) a voté la confiance à Letta, derrière le droitier Angelino Alfano, secrétaire du PDL, ministre de l'Intérieur.

 

Alfano incarne la « nouvelle droite », tout aussi ultra-libérale, pro-patronale, sécuritaire que celle du père Berlusconi. Le populisme à tout crin, anti-européen et anti-establishment, en moins. De quoi rassurer la Confindustria (MEDEF) et Bruxelles

 

Et comble de l'ironie, c'est à Silvio Berlusconi que revient la mission, avec des calculs politiciens et personnels patents, d'incarner l'opposition « sociale » (sic), populiste au gouvernement, notamment sur l'augmentation des impôts pour les plus pauvres, d'abord la TVA.

 

Cela n'a pas empêché Berlusconi finalement d'appeler à voter la confiance à Letta, qui obtient 235 voix pour et 70 contre. Qui a voté contre alors ?

 

D'abord, la « Ligue du nord », la formation d'extrême-droite régionaliste. Et ensuite le « mouvement 5 étoiles » du populiste Beppe Grillo, présentée dans les médias comme le seul mouvement anti-système, fustigeant les coupes budgétaires … comme une fonction publique pléthorique.

 

Les dernières sorties médiatiques de Grillo ont semé encore la confusion. En appelant à « briser le tabou de l'immigration », avec des relents racistes, le comique troupier italien conduit à assimiler ses postures anti-européennes, anti-euro à des positions de plus en plus xénophobes.

 

Comme ailleurs en Europe, avec des formations plus nettement identifiées à l'extrême-droite, le mouvement de Grillo sert à la fois à canaliser la colère vers une impasse, à dévoyer des positions justes et à renforcer le consensus dominant par opposition.

 

patronat et syndicats pour réduire encore le coût du travail pour les entreprises et réduire les dépenses publiques !

 

En Italie, l' « union sacrée » ne se limite pas aux forces politiques, elle implique pleinement syndicats et patronat, dans une logique de concertation sociale, sur des positions désormais ouvertement patronales.

 

Le 2 septembre dernier, la Confindustria (MEDEF italien) signait ainsi un texte commun avec les trois principaux syndicats : la CISL, l'UIL et la CGIL (l'ex-syndicat de classe, proche du PCI), sous le nom : « une loi de stabilité pour l'emploi et la croissance ».

 

Le document, édifiant, défend la nécessité de la réduction du coût du travail pour les entreprises comme moyen de restaurer la compétitivité, donc de relancer l'emploi et la croissance.

 

Le document parle d'un « système fiscal efficace, qui ne soit pas hostile à l'activité des entreprises, ne décourage pas les investisseurs », faisant le choix de « réduire les charges sociales pesant sur le travail et les entreprises ».

 

Il propose concrètement une longue liste d'exonérations de cotisations sociales pour les entreprises :

 

abolir la composante « travail » de l'impôt sur les sociétés (IRAP), crédits d'impôts pour les entreprises qui investissent dans la recherche, financement public de grands projets d'innovation, d'investissement à des fins privés. La liste est longue encore.

 

 

Enfin, ce texte insiste sur la nécessité de diminuer les dépenses publiques. D'abord, par une restructuration des collectivités territoriales, dans le sens de l'Europe des régions : suppression des provinces (l'équivalent de nos départements), regroupement des communes, métropolisation.

 

Ensuite, en instaurant un « spending review », une révision annuelle des dépenses permettant de réaliser des coupes budgétaires ciblées plutôt que linéaires.

 

Une révision basée elle-même sur les « costi standard », un niveau de dépenses publiques maximal sur lequel devront se baser les futures lois de finance.

 

Les syndicats, dont la CGIL, partagent pleinement l'optique patronale : réduire le coût du travail (donc impôts, cotisations sociales pour les entreprises), réduire les dépenses publiques (donc services sociaux, allocations), en partant du postulat que les entreprises créent les richesses, l'emploi et non les travailleurs.

 

On peut rappeler également que le secrétaire actuel du Parti démocrate, premier partisan de l'austérité n'est nul autre que … Guglielmo Epifani, ancien secrétaire-général de la CGIL. C'est comme si Bernard Thibault était demain secrétaire-général du Parti socialiste !

 

Vers une grève générale ? Les syndicats préfèrent un débrayage de 4 heures pour peser sur les parlementaires !

 

Dans un tel contexte de consensus entre tous les « partenaires sociaux », la grève lancée par l'USB vendredi dernier a mis un coup de pied dans la fourmilière. Elle a contraint les syndicats reconnus officiellement, depuis la loi sur la « représentativité » votée l'an dernier, à durcir leur position.

 

Pas un hasard si les directions des trois syndicats se sont réunis lundi pour adopter un appel à la grève … de 4 heures d'ici le 15 novembre, date de l'adoption de la « loi de stabilité » au parlement.

 

Pour la secrétaire-générale de la CGIL, pas d'appel à la grève générale : « Nous avons choisi de ne pas appeler à une grève générale parce que nous avons devant nous le temps du débat parlementaire et nous pensons que notre forme de mobilisation sera plus utile ».

 

Pour la CGIL, comme pour les autres syndicats de concertation, l'objectif est de peser sur les parlementaires pour obtenir des modifications, des amendements de la loi.

 

Comme le dit Luigi Angeletti, secrétaire de l'UIL, « nous mettrons sur le terrain toutes nos forces pour obtenir une modification de cette loi, à travers le débat parlementaire ».

 

Sur qui les syndicats espèrent peser ? Le seul parlementaire « démocrate » qui n'a pas voté la confiance en quittant la Chambre au moment du vote ? Sur les révoltés berlusconiens ? Sur les partisans de la « Ligue du nord » ? Ou sur les égarés du mouvement de Grillo ?

 

La ligne des syndicats italiens, de plus en plus ouvertement en collaboration avec le gouvernement, le patronat et l'UE dans la mise en œuvre ne fait pas illusion. Toutefois, le mouvement qui s'est levé avec la grève du 18 octobre laisse espoir qu'il existe effectivement une « alternative syndicale ». L' « alternative politique » est, elle, à construire ou à reconstruire.

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 06:12

non-possiamo.jpg100 000 manifestants à Rome à l'appel de la FIOM, le syndicat des métallos, face à l' « union sacrée » politique et syndicale



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



100 000 manifestants dans les rues de Rome ce samedi 18 mai ont répondu à l'appel lancé par le syndicat des métallurgistes, la FIOM sous le slogan : « Ca suffit, nous ne pouvons plus attendre ».



Face à l' « union nationale » entre la droite de Berlusconi et le centre-gauche démocrate, aux nouvelles réformes à venir contre le monde de travail, en collaboration avec l'UE, la réponse exprimée dans les rues de Rome ce samedi 18 mai a été massive



Et pourtant, aucune des trois principales formations syndicales CISL, UIL et surtout CGIL n'ont appelé à manifester laissant la seule FIOM, le syndicat des métallurgistes, lancer un appel à remettre au centre des priorités du pays le monde du travail.



La classe ouvrière, celle touchée par les restructurations, dans la sidérurgie comme à ILVA-Taranto, dans le pneu à Bridgestone-Bari, touchée par le chantage patronal à FIAT-Pomigliano, a répondu présent. Des dizaines de milliers de « tutte blu » (cols bleu) étaient dans les rues.



Après deux ans d' « austérité » imposée par le gouvernement non-élu de l'ex-commissaire européen Monti, le non moins europhile Enrico Letta prétend appliquer une « politique de relance ».



Relance, cela signifie de nouveaux cadeaux pour le capital :



on commence par la suppression d'une partie de la taxe foncière IMU pour satisfaire la base sociale berlusconienne, puis on attaque le programme de cadeaux aux plus riches avec une nouvelle contre-réforme de flexiblisation du travail, de nouvelles exonérations fiscales pour les entreprises.



Le manque à gagner, rien qu'avec la refonte de la taxe foncière, est estimé au moins à 5 milliards d'€. En continuant à creuser le déficit et la dette, le but est de justifier de nouvelles coupes budgétaires dans le secteur public.



La casse du système de Sécurité sociale est même à présager au vu des déclarations rassurantes de Letta sur l'extension de la protection sociale aux plus « démunis », le tout au prix d'une refonte du système.



Ambiguités et débats internes à la FIOM : une manifestation contre le gouvernement ?



La crise profonde du mouvement syndical en Italie peut être révélée par les positions hésitantes de son aile révolutionnaire, représentée par la FIOM.



landini_fiom.jpegLe secrétaire de la FIOM, Maurizio Landini, a insisté sur le fait que la « manifestation n'était pas contre le gouvernement », le but étant de peser sur le gouvernement pour le forcer à adopter des mesures pour l'emploi.



Le mot d'ordre « Nous ne pouvons plus attendre » de la FIOM répondait au discours de Letta devant la Chambre des députés : « Les politiques en faveur de la relance ne peuvent plus attendre ».



Parmi les propositions de Landini, pas de plan de bataille contre les mesures envisagées par Letta mais des propositions éclectiques : augmentation des salaires, interdiction des licenciements et taxation des revenus financiers, sans oublier revenu de citoyenneté et vote des étrangers.



L'ancien dirigeant de la FIOM, Giorgio Cremaschi, n'a pas épargné ses critiques contre le mot d'ordre de la FIOM, appelant d'une part à préparer la lutte contre les mesures du gouvernement, d'autre part à préparer l'alternative au gouvernement, enfin à rompre avec l'intégration européenne.



Collaboration des trois centrales syndicales : de l' « union sacrée » syndicale à l' « union sacrée » politique



Les débats internes à la FIOM sont pourtant bien loin de la position des trois principales centrales syndicales, et en particulier celle de la CGIL, héritière du syndicat de classe historiquement lié au Parti communiste italien.



La CGIL n'a pas appelé à manifester le 18 mai, lié de plus en plus organiquement au Parti démocrate, force dominante du nouveau gouvernement.



Il suffit de rappeler que l'ancien secrétaire-général de la CGIL entre 2002 et 2012, Guglielmo Epifani, s'est retrouvé propulsé le 12 mai à la tête du Parti démocrate, récompensé de sa politique de collaboration sous les gouvernements sociaux-libéraux de Prodi (2002-06) et Monti.



monti-camusso-ridonoQuant à l'actuelle secrétaire de la CGIL Susanna Camusso, elle ne peut cacher sa satisfaction face au nouveau gouvernement : « Le discours d'investiture de Letta nous a enchanté, il a mis au centre le travail. Mais les paroles ne suffisent pas, il nous faut des réformes concrètes. »



Susanna Camusso a appelé le gouvernement surtout à négocier avec tous les « partenaires sociaux », patronat et syndicats. Comme Camusso l'avait fait pour la fameuse réforme Fornero, de précarisation du travail, négociée avec le patronat et le gouvernement Monti.



Dans l'institutionnalisation du « dialogue social », les trois centrales (UIL, CISL, CIGL) ont signé un nouvel accord sur la « représentativité syndicale », concerté avec la Confindustria (Medef italien) limitant la représentativité aux seuls syndicats signataires, intégrant le « dialogue social ».



Dans le même temps, dans un grand élan unitaire, les trois centrales – l'UIL et la CISL ont soutenu les mesures de Monti, la CGIL a négocié avant de claquer la porte, sans mobiliser pour autant – annoncent une grande manifestation unitaire le 22 juin, avant les vacances.



L'objectif de la manifestation ne sera pas de lutte contre l'austérité qui vient, mais de proposer des mesures constructives au gouvernement pour sortir de la crise.



Camusso peut saluer la « fin de la période des divisions syndicales ».



Avec la représentativité syndicale et la présence d'un dirigeant de la CGIL à la tête du PD, l' « union sacrée » syndicale légitime l' « union sacrée » politique, dans la soumission à la politique au service de la Confindustria.

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 06:23

berlusconi_andreotti.jpgGiulio Andreotti, les mains sales de la bourgeoisie italienne

 

Un demi-siècle au service de la lutte contre le communisme

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le décès de Giulio Andreotti, à 95 ans, a suscité dans la presse bourgeoisie française et italienne des traitements gênés, devant celui qui a incarné pendant 60 ans la bourgeoisie italienne, présent dans tous les gouvernements, trempés dans presque tous les scandales.

 

Andreotti aurait pu camper le rôle principal d'un « citoyen au-dessus de tout soupçon ». Derrière le masque de respectabilité chrétienne-démocrate avec bénédiction papale, la duplicité permanente, les basses besognes, les mains sales.

 

Trois casquettes, l'homme du Vatican, l'homme des monopoles, l'homme des États-Unis

 

Giulio Andreotti a commencé comme commis du Vatican. Sous le fascisme, il est repéré par le futur pape Paul VI. Comme les de Gasperi, Moro, il deviendra une équipe de substitution pour une papauté confondue dans des liaisons dangereuses avec le fascisme.

 

Lui qui cultivait sa réputation d' « homme des papes », ami intime de Jean-Paul II, conseiller de Pie XII au début de sa carrière, il fut l'agent du Vatican au cœur du système politique italien.

 

Il fut aussi l'homme des monopoles italiens, la boussole de la droite de la démocratie chrétienne (DC) : intégrisme religieux, libéralisme économique, anti-communisme de combat, il représenta la boussole de la droite italienne, face aux courants dits « sociaux-démocrates » de la DC.

 

Il fut enfin l'homme de la relation spéciale avec les Etats-unis. Dans l'après-guerre, dans l'ombre d'Alcide de Gasperi, il participe à l'ancrage de l'Italie dans le bloc de l'Ouest, d'abord avec l'OTAN mais aussi avec la construction européenne, dont il fut un ardent promoteur, de Rome à Maastricht.

 

Connu pour ses revirements tactiques tout italiens, maître dans l'hypocrisie diplomatique pontificale, Andreotti n'eut qu'une boussole : l'anti-communisme. Il fut la plaque-tournante du bloc conservateur : appareil d’État héritier du fascisme, Eglise, monopoles, impérialisme américain.

 

Dans cette lutte à mort face à l'ennemi communiste, tous les moyens furent bons. Retracer l'histoire de Giulio Andreotti, c'est surmonter un monceau de cadavres politiques, retracer le parcours des coups d’État manqués, des attentats politiques commandités.

 

Tout visiteur savait qu'il devait traiter avec Andreotti, le vrai représentant des « pouvoirs forts » en Italie. Lui qui occupa les postes-clés des gouvernements italiens des années 50 aux années 90 : ministre de la Défense, de l'Intérieur, de l’Économie, président du Conseil naturellement.

 

Mafia, attentats politiques, stratégie de la tension : dans la salle des machines de la « démocratie bourgeoise » italienne

 

Sa véritable action, Andreotti la menait dans l'ombre du pouvoir légal : en lien avec les services secrets italiens et américains, en lien avec les organisations criminelles du pays, dans la fameuse loge P2 dans laquelle il aurait joué le rôle de lien entre services secrets et monde politique légal.

 

Sa collusion avec la mafiaa été au cœur de toutes ses manœuvres politiques, par l'entremise de son homme de main en Sicile : l'entrepreneur et politicien local Salvo Lima, trempé jusqu'au cou dans les trafics de la Casa Nostra.

 

Les révélations des « pentiti » (repentis) ont mis en avant les liens personnels avec le capo dei capi Toto Riina dans les années 1980. Devant l'évidence des faits, la justice, elle, a admis ses liens mafieux... au moins avant les années 1980.

 

La pratique des attentats politiques, avec une épaisse part d'ombre. En premier lieu, l'enlèvement de l'ancien président du Conseil Aldo Moro par les Brigades rouges. Andreotti, alors chef de gouvernement choisit l'intransigeance, qui conduit à la mort de son rival.

 

Partisan de la ligne de « compromis historique » avec le Parti communiste, Moro avait subi, dans les congrès de la DC, les manœuvres d'Andreotti, farouche opposant de tout rapprochement avec le PCI. La relation entre les deux hommes était devenue extrêmement tendue.

 

Divers témoignages, tant ceux de la famille de Moro que ceux de « repentis » de la Mafia, alors prête à intervenir contre les groupes d'extrême-gauche pour aider leur parrain, accréditent la thèse d'une volonté délibérée chez Andreotti de laisser mourir son adversaire politique.

 

Lorsque le journaliste Carmine Pecorelli s'apprête à révéler l'ampleur des magouilles d'Andreotti, des crimes couverts ou commandités par lui, celui-ci est subitement exécuté probablement par la Mafia, sans doute avec l'aval d'Andreotti et des têtes de la fameuse loge P2

 

Le coup d'Etat permanent et la stratégie de la tension : la loge P2 (Propaganda-Due) dirigée par l'entrepreneur mafieux Licio Gelli, réunissant les élites conservatrices italiennes : chefs de la police, hauts gradés, patrons conservateurs et enfin hommes politiques de droite, dont Andreotti.

 

Un seul ennemi pour cette loge : le Parti communiste. Tous les alliés les plus divers sont bons dans la lutte : CIA, mafia, Vatican. Sans doute numéro 2, peut-être numéro 1, Andreotti a rendu plus d'un service à la loge.

 

Ministre de la Défense au début des années 1960, il récupère les papiers de la SIFAR pour la loge P2, ces services secrets des forces armées qui ont accumulé des milliers de fiches sur les hommes de pouvoir, pour les faire chanter, comme sur les opposants, pour les faire taire.

 

La tentation du coup d'Etat fasciste : putsch Borghese, réseau Gladio et stratégie de la tension

 

Andreotti a aussi couvert les commanditaires du coup d’État fasciste raté du prince Borghese en 1970. Un putsch ourdi par la loge P2, animé par les nostalgiques du fascisme dans les hautes sphères de l'armée, soutenu par les sommets mafieux, avalisé par les États-Unis.

 

Les États-Unis auraient alors appuyé le coup, sous condition que leur homme fort, Andreotti, soit placé à la tête de l'Etat nouveau. La position d'Andreotti semble trouble : refus d'une opération risquée ou manipulation de Borghese afin de justifier l'adoption de mesures répressives.

 

En tout cas, Andreotti aurait profité de son poste stratégique à la Défense pour remettre un dossier, réalisé par les services secrets italiens, volontairement lacunaire, protégeant ainsi nombre de ses proches, auprès de la loge P2 ou dans la mafia sicilienne.

 

Enfin, il est désormais avéré, Andreotti l'a lui-même admis, que le vieux renard démocrate-chrétien était un des hommes-clés du « réseau Gladio » : cette organisation parallèle, liant services secrets italiens et américains, préparant un éventuel coup d'Etat en cas de révolution communiste.

 

C'est dans cette perspective également de lutte contre le communisme qu'il faut comprendre le maintien d'une « stratégie de la tension » par la démocratie-chrétienne. Non seulement l’intransigeance face aux Brigades rouges, mais le soutien aux groupes terroristes d'extrême-droite.

 

Le massacre de Piazza Fontana, en décembre 1969, fait 17 morts et 88 blessés, un attentat d'abord attribué à des groupes d'extrême-gauche, en réalité orchestrées par des terroristes d'extrême-droite, liés aux services secrets italiens.

 

Difficile de mesurer l'ampleur de l'implication de celui qui était alors Ministre de la Défense. Une décennie plus tard, appelé par la justice, il se retranche derrière le secret d'Etat, dévoilant néanmoins que les services d'Etat ont couvert le principal accusé, Guido Giannettini, journaliste de façade, agent secret de profession.

 

Andreotti, « anti-Berlusconi »... ou plutôt son ancêtre tragique

 

Inquiété à 27 reprises par la justice, Giulio Andreotti était toujours celui par qui le « scandale arrivait ». Il est impliqué dans quasiment tous les crimes de la deuxième moitié du XX ème siècle, trempé dans tous les organismes parallèles mafieux, criminels et fascisants.

 

Prétendre, comme le fait Il Manifesto, qu'Andreotti était un « anti-Berlusconi » (les deux étaient dans la loge P2!) par sa probité et son sens de l’État révèle d'une grave erreur d'analyse politique (et d'un mensonge). Autant Andreotti représente la tragédie, autant Berlusconi incarne la farce.

 

Andreotti fut, avec Bettino Craxi du Parti socialiste, un des poulains de Berlusconi, qu'il lui concéda son empire médiatique – par la réforme de libéralisation de l'audiovisuel qu'il a impulsé dans les années 1980.

 

Le triangle CAF (Craxi-Andreotti-Forlani) gérait encore l'Italie des années 1980 dans un contexte de scandales qui explose à partir de 1992. Entre-temps, Andreotti s'était fait nommé sénateur à vie par Cossiga, lui-aussi architecte de la loge P2 et personnage central de l'Italie depuis les années 50.

 

Après le scandale du financement des partis politiques (Mani pulite) et l'implosion des partis du système, dont la Démocratie chrétienne. Andreotti s'inscrit au Parti populaire, qui rejoindra La Marguerite, parti libéral-social-chrétien prétendument de gauche (sic).

 

Un symbole de la dérive à droite de la vie politique italienne. Avant que la figure du liquidateur du PCI Giorgio Napoletano, la figure d'Andreotti a même été avancé comme « sauveur de la nation », président honorifique, modèle moral. Un symbole de l'état de la vie politique italienne.

 

Poursuivi à maintes reprises par la justice, souvent confondu par les témoignages concordant des acteurs de l'époque, Andreotti ne fut jamais condamné.

 

Ces crimes ont été pardonnés par le Vatican, adoubés par Washington, chiffrés par la Confindustria : les crimes de l'anti-communisme ne pèsent décidément pas lourd dans la balance.

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