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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 14:54

merkel-berlusconi-sarkozyTroisième 'manovra' du gouvernement Berlusconi : une offensive de classe contre le monde du travail face à un front syndicats/patronat/opposition de 'gauche' pour « une autre politique de rigueur »



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Moins d'un mois après la deuxième « manovra » (plan d'austérité) présentée par le ministre de l’Économie Giulio Tremonti, voici la troisième mouture d'un plan qui prévoit 49 milliards de sacrifices pour les travailleurs italiens (s'ajoutant aux 41 du plan de juillet 2011 et 27 milliards du plan de 2010). Un plan d'austérité concocté en collaboration pleine et entière avec la BCE, la Commission européenne et le directoire de fait de l'UE composé de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel.



Si la presse insiste sur les mesures les plus cosmétiques du plan d'austérité, telle que la taxation exceptionnelle des plus hauts revenus (de 5 à 10% pendant trois ans) touchant également la « classe politique » ou la suppression de 54 000 postes d'élus locaux, c'est pour mieux dissimuler l'ampleur de la casse sociale poursuivie par un gouvernement Berlusconi plus que jamais impopulaire.



Un État à démanteler : privatisations des services publics, suppression des échelons de proximité et remise en cause de la Constitution



Les plans d'austérité précédents avaient déjà préparé le terrain : gel des embauches de fonctionnaires, coupe dans les ministères de 10% d'ici 2014, suppression de 100 000 postes dans l’Éducation nationale d'ici trois ans. Cette nouvelle « manovra » ne fait que creuser encore un peu plus le terrain labouré.



Outre une nouvelle coupe dans les ministères de 9 milliards d'euros, les nouvelles cibles du gouvernement, du patronat et de l'UE sont les services publics locaux (infrastructures, transports, ramassage des déchets, énergie) dont le gouvernement prévoit la privatisation intégrale. Un marché juteux de 102 milliards d'euros, concernant 270 000 travailleurs italiens.



L'autre chantier est le démantèlement des échelons de proximité de l’État : les communes et les provinces (départements). Le regroupement des communes aboutira à la suppression de 2 000 communes tandis que 30 provinces seront également rayées de la carte pour des économies minimales mais un avec objectif idéologique fort : renforcer politiquement les communautés de commune et les régions, échelon local privilégié par l'UE.



Des régions qui ne sont pas pour autant épargnées par les coupes, s’élevant à 21 milliards dans les deux plans d'austérité précédents. En charge en Italie de services publics fondamentaux, les régions couperont en premier lieu dans ceux-ci, en premier lieu la Santé. Déjà en piteuse état, elle sera poussée de plus en plus à s'ouvrir au privé tout en faisant payer plus les usagers avec l'augmentation du ticket modérateur.



Des attaques gravissimes qui visent au cœur même de l’État italien républicain né sur les ruines du fascisme : la Constitution. Le gouvernement prévoit de modifier l'article 81 pour y instaurer le caractère intangible de l'équilibre budgétaire. Une façon de légitimer constitutionnellement des coupes drastiques dans la Sécurité sociale, en déficit structurel, en raison des cadeaux colossaux accordés aux entreprises (44 milliards d'aides publiques diverses aux entreprises en 2010).



Autre attaque majeure contre la constitution, la modification de l'article 41 qui remet en cause les limites constitutionnelles imposées aux pouvoirs du patron et instaure la liberté totale d'entreprise pour le patronat.



Une offensive de classe contre le monde du travail : le « modèle FIAT » étendu à toute l'Italie



Cette légitimation constitutionnelle de la liberté totale d'entreprise, sans aucune limite légale, est un signe fort envoyé au patronat italien, en particulier au PDG de la FIAT qui avait imposé au début de l'année à ses ouvriers une remise en cause totale de leurs droits sur fond de chantage à la délocalisation.



Le « modèle FIAT » s'imposera désormais à tous les travailleurs italiens.



Les accords d'entreprise conclus par référendums auront désormais valeur d'accord contraignant, supérieur aux conventions collectives nationales. Le fameux article 18 du code du Travail, interdisant les licenciements sans motif valable, sous le feu du gouvernement depuis le début des années 2000, est remis en cause, ouvrant la porte aux licenciements arbitraires.



Prêt à tout pour faire travailler plus les Italiens, suivant l'exemple Français pour le jour de Pentecôte, le gouvernement italien a annoncé la suppression de trois jours fériés, qui seront désormais célébrés un dimanche. Les trois dates n'ont pas été choisies au hasard : le 1er mai, jour du Travail, le 25 avril, jour de la libération du fascisme, le 2 juin, jour de la République.



Enfin, sur la contre-réforme des retraites, le gouvernement s'est montré plus prudent après avoir toutefois acté lors du dernier plan que l'âge de départ à la retraite serait calculé dès 2014 à partir de l'espérance de vie, permettant d'envisager un recul de cinq ans sur quatre décennies, pour atteindre les 70 ans en 2050.



Seul un changement de rythme a été acté, les femmes du privé seront touchées par l'augmentation du nombre d'années de travail dès 2015 et non 2020, avec comme objectif 67 ans en 2028.



Un front d'opposition patronat/syndicats/opposition pour « une autre politique de rigueur »



Une chose est sûre, ce plan d'austérité ne fait pas l'unanimité. Mais le « front » d'opposition hétéroclite formé par la Confindustria (patronat italien), les syndicats (dont la CGIL ex-communistes), les caciques de la droite et l'opposition de « gauche » ne se soucie guère du sort des travailleurs italiens. Ils réclament au contraire une « autre politique de rigueur ».



La présidente de la Confindustria, Emma Marcecaglia a annoncé la couleur, la manœuvre n'est pas satisfaisante pour le patronat car elle n'engage pas de réformes structurelles, qui devraient s'articuler autour de trois points : privatisation et libéralisation intégrales ; réforme de la fiscalité avec hausse de la TVA et baisse des impôts sur les entreprises et le revenu ; contre-réforme des retraites accélérée touchant également le montant des pensions actuellement versées.



Outre une partie de l'appareil du PdL, en particulier les dirigeants locaux, c'est le Parti démocrate (PD), de « gauche », qui se fait le héraut des revendications patronales. Le secrétaire du PD Pier-Luigi Bersani a certes affirmé son opposition à la « manovra » pour mieux se déclarer disponible à former un « gouvernement de transition » sans Berlusconi mais pas sans le centre-droit pour mener à bien la manœuvre. Il a même proposé publiquement sa « manovra » centrée sur une politique de libéralisations et de privatisations, et ouverte à un dialogue avec la droite sur l'augmentation de la TVA et une contre-réforme des retraites.



Sur le front syndical, comme à l'accoutumée, les syndicats jaunes de la CISL (catholique) et de l'UIL (socialiste) ont adhéré à la « manovra ».Hélas, l'ancien syndicat organiquement lié aux communistes, la CGIL, fait des pas de plus en plus clairs en direction de la « collaboration de classe » avec le patronat.



Après l'accord du 28 juin sur la représentativité syndicale signé par la CGIL limitant notamment le droit de grève et entérinant la fin effective des conventions collectives, la direction de la CGIL a signé avec le patronat et les autres syndicats le 4 août dernier le « pacte entre partenaires sociaux », s'accordant sur les nécessaires « réformes structurelles » à mener pour « moderniser l’État social ».



Un alignement pur et simple sur les positions patronales, qui permet de comprendre pourquoi en dépit d'un rapport de force inédit pour les forces de classe dans le pays – avec 1 millions de métallos dans les rues de Rome en octobre 2010 – aucun mouvement de grève d'ampleur n'a pu se dessiner dans le pays.



Le champ est laissé libre à l'extrême-droite qui se fait le champion de la défense des « petites gens » et des « classes moyennes » touchées par la 'manovra'. La Ligue du Nord a affirmé publiquement son opposition à toute contre-réforme des retraites, en en faisant un motif de rupture potentiel avec la majorité.



Et les communistes dans tout cela ? Ambiguïtés d'une politique d' « unité de la gauche » à tout prix



Et les communistes dans tout cela ? Ils s'opposent sans ambiguïté aux mesures proposées par la « manovra » et dénoncent une offensive de classe contre le monde du travail, que ce soit le PdCI ou Refondation communiste. Toutefois, les perspectives politiques étroitement institutionnelles qu'ils offrent dans le cadre de la Fédération de la gauche (FdS) contribuent à obscurcir leur opposition.



Comment envisager, comme le secrétaire de Refondation communiste Paolo Ferrero l'affirme, une alliance avec le PD pour le « tirer vers la gauche », lui qui est sur les questions économiques plus à droite que Berlsuconi lui-même ? Comment envisager un « pôle de la gauche d'alternative », objectif de la Fédération de gauche, avec le parti de Nichi Vendola (Gauche, écologie et libertés) et l'Italie des Valeurs (IdV) du juge DiPietro, alors que les deux leaders anti-communistes de « gauche » se sont affichés en faveur de la ligne d'une « autre politique de rigueur » du PD ?



L'ampleur de l'offensive du gouvernement contre le monde du travail, la fonction publique mais aussi la Constitution et l’État républicains italiens font ressentir de plus en plus le vide provoqué par la liquidation du Parti communiste italien, il y a vingt ans de cela. Face à des forces syndicales acquises à la collaboration de classe, une « gauche » plus à droite que la droite et enfin des communistes en manque de repère : plus que jamais, le peuple d'Italie a besoin du Parti communiste italien, et de sa reconstruction immédiate sans ambiguïtés ni compromissions !



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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 19:20

italia_vendita.gifLa ligne du patronat italien sur la dette publique : la relance de la politique de privatisations



par Domenico Moro, économiste membre du Parti des communistes italiens (PdCI)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



L'article de fond du Sole24ore [Les Échositalien]du samedi 9 juillet, au lendemain de l'attaque des marchés financiers contre l'Italie, expose les grandes lignes de la politique économique de la Confindustria [le MEDEF italien] qui, au lieu de sauver le « malade », peut définitivement l'achever. Tout en admettant l'importance de la croissance dans la résolution du problème de la dette publique, selon les deux éditorialistes, Perotti et Zingales, « il n'y a plus de temps à perdre pour agir ». Il faut agir rapidement pour donner une réponse rassurante aux marchés financiers. La réponse consisterait à « atteindre l'équilibre budgétaire en une année (…) Il s'agit du sang et des larmes. Mais les larmes et le sang couleront encore plus si nous n'avons pas le courage d'agir tout de suite ». Cela ne suffit pas d'augmenter les rentrées, il faut couper dans les dépenses, à commencer par la Sécurité sociale. Mais cela aussi ne serait pas suffisant. Pour résoudre la situation, « il faut relancer les privatisations (par exemple l'ENI, l'ENEL, la Poste, la Finmeccanica, la RAI) ». Nous y voilà, enfin, au cœur de la chose. La question de la dette publique devient le bélier pour réaliser la privatisation définitive de ce qui reste d'intervention publique dans l'économie. Il semblerait que l'on ait pas appris grand-chose de l'histoire. Une décennie de stagnation qui a suivi les grandes privatisations, a démontré que le problème de la dette publique non seulement ne sera pas résolu, mais il sera aggravé par les privatisations. Voyons-en les raisons :



1 – Les privatisations ont démantelé ou affaibli les quelques secteurs industriels où notre Pays était à l'avant-garde. La croissance du PIB italien des quinze dernières années a été en-deça de celle des principaux pays de l'UE, à cause de la diminution de la productivité. Cela s'est produit aussi parce que les entreprises publiques les plus avancées technologiquement, avec les investissements et le taux de productivité les plus élevés, ont été démantelées avec les privatisations et l'économie italienne s'est de plus en plus concentrée sur des secteurs moins productifs, moins intensifs en capital et basés sur de bas salaires.



2 –La structure industrielle italienne a été de moins en moins dotée, par rapport aux autres pays européens, en grandes entreprises en mesure d'être compétitives dans un marché de plus en plus mondial. La plupart de nos quelques groupes de dimension internationale étaient et sont publics. Les privatisations, en les éliminant, ont affaibli et affaibliront encore plus toute la structure productive italienne et sa capacité à être compétitive. Par ailleurs, les grands groupes privés sont beaucoup plus enclins à délocaliser, comme le montre le cas de Fiat.



3 –Les patrons italiens, aussi et surtout les grands, ont tendance à ne pas investir leurs capitaux propres, et comptent souvent sur le levier de l'endettement poussé à l'extrême (leverage buyout). Racheter des entreprises en s'endettant lourdement signifie devoir destiner les bénéfices vers le remboursement de la dette et non aux investissements et aux innovations, affaiblissant leur capacité à être compétitif. L'affaire de la TELECOM, à la suite de sa vente à Tronchetti-Provera, est un exemple emblématique des effets néfastes des privatisations. Tandis que dans la TELECOM publique, 61,7% des ressources étaient allouées à la modernisation et à l'innovation, dans la TELECOM privatisée seulement 31,8% sont destinées à cette fin.



4 –Les secteurs à privatiser sont des secteurs stratégiques, tels que l'énergie, les communications, etc. Privatiser signifie également priver notre pays du contrôle sur sa structure productive et potentiellement l'abandonner entre les mains de groupes et d'intérêts étrangers, aussi parce qu'il n'est pas dit que l'on trouve des capitaux privés italiens disponibles pour racheter, comme l'a démontré le cas Parmalat.



5 –L'intérêt à la privatisation des entreprises publiques provient du fait que ceux-ci opèrent dans des marchés monopolistiques, à l'abri de la concurrence, ou alors dans des services financiers lucratifs, comme la Banque postale. Ceux qui investiront pourront bénéficier de rentes de position, maintenant des prix de monopole élevés, qui ne diminueront certainement pas avec les privatisations (voir le cas des Autoroutes). Dans le même temps, avec le transfert des capitaux des secteurs les exposés à la concurrence vers les secteurs monopolistiques diminueront les investissements fixes, déjà déclinants, dans l'industrie manufacturière, la rendant encore moins compétitive.



6 – Enfin, la vente des « bijoux de famille » prive l’État de rentrées importantes pour son budget. L'ENI seul a versé en 2010 au Trésor un dividende de 1,21 milliards d'euros. Vendre des entreprises comme l'ENI, la Poste et l'ENEL n'a pas de sens, car cela signifie vendre les poules aux œufs d'or. Pour satisfaire les marchés financiers aujourd'hui, on se prive de rentrées sûres pour l'avenir.



Les récentes hausses des intérêts sur les dettes du Portugal et de la Grèce démontrent que les politiques des « larmes et du sang » et les privatisations sont inefficaces contre la spéculation financière internationale sur la dette souveraine. Tandis que la crise internationale de ces dernières années met en évidence le fait que le marché auto-régulé ne fonctionne pas. En outre, l'histoire italienne récente démontre que les patrons du privé, comme l'a bien souligné Massimo Mucchetti dans « Licencier les padrons ? » ont été des gestionnaires beaucoup moins bons que l’État. Donc, « les larmes et le sang » couleront encore plus l'avenir si aujourd'hui nous finissions de démanteler la base productive du pays, en achevant la transformation de l'économie italienne en ce que l'on pourrait définir comme un « capitalisme monopolistique parasitaire ». Le fardeau de la dette, en tout cas, risque de s'alourdir. En effet, vu que la dette est calculée en pourcentage du PIB, tailler dans les bases structurelles de ce dernier signifie augmenter la dette future indépendamment des efforts réalisés pour la réduire. L'unique politique économique digne de ce nom est l'exact opposé de la recette de la Confindustria : en plus d'empêcher de nouvelles privatisations, il faut aussi et surtout relancer l'intervention publique dans l'économie, à partir de la re-nationalisation des secteurs privatisés.

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 20:52

berlusconi napolitano tremontiDeuxième « Manovra » du gouvernement Berlusconi : casse de la fonction publique et nouvelle saignée pour les travailleurs avec la complicité de l' « opposition » et des syndicats dont la CGIL

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La nouvelle « manovra » – nom donné en Italie à ces mesures d'austérité drastiques – présentée par le ministre de l'Economie Giulio Tremonti augure d'une véritable saignée pour les travailleurs et achève la casse de la fonction publique italienne. Ces mesures s'ajoutant à celles de l'an dernier, cela fera 68 milliards d'euros de sacrifices pour les Italiens d'ici à 2014, dont 41 milliards prévus par cette seule deuxième vague de mesures anti-sociales.



Fatalement discrédité non seulement auprès du peuple italien, qui l'a doublement désavoué aux dernières municipales et au référendum sur la privatisation de l'eau, mais aussi auprès du patronat qui prépare sa succession, Berlsuconi a présenté son plan comme une façon de sauver l'Italie de la banqueroute et de « défendre l'euro ».



Berlusconi avait multiplié les grandes déclarations sur sa volonté de taxer les transactions financières ou de limiter le salaire des élus et membres du gouvernement. Aucune de ces mesures, cosmétiques par ailleurs, n'ont été retenues dans le projet final.



Car, en Italie comme ailleurs, tout le monde n'est pas dans le même bateau en temps de crise et ce sont les travailleurs qui paient la crise du capitalisme.



Le gouvernement maintient le cap sur la casse de la fonction publique nationale et territoriale



Dans l'ensemble, le gouvernement ne fait que confirmer et approfondir le plan d'austérité voté à l'été 2010. Rien de moins qu'une démolition de la fonction publique italienne.



Le gouvernement confirme le gel du salaire des fonctionnaires au moins jusqu'en 2014. Dans un pays où l'inflation officielle tourne, sur les cinq dernières années, à 2% de moyenne, cela constitue donc une perte sèche de près de 10% de pouvoir d'achat sur la période.



Ensuite, la nouvelle « manovra » ne déroge pas à la règle du gel de l'embauche des fonctionnaires, avec comme objectif a minima le non-remplacement d'un fonctionnaire sur cinq. Elle prévoit par ailleurs toujours une baisse des budgets des ministères de 10% par an jusqu'en 2014.



C'est dans l'éducation que ces coupes seront les plus drastiques avec l'objectif de 100 000 postes supprimés d'ici 2014. Cette année, ce sont 25 000 postes d'enseignants qui ont été supprimés ainsi que 35 000 postes d'auxiliaires.



Nouvelles coupes dans les aides aux régions : vers le fédéralisme fiscal



Outre la fonction publique, ce sont également les collectivités territoriales qui seront découpées non pas au « ciseau », comme le répète le gouvernement, mais à la hache.



9 milliards de subventions aux régions supprimés s'ajoutant aux 13 milliards déjà actés l'an dernier. Dans les faits, le modèle régionaliste italien favorise déjà le creusement des inégalités entre régions riches et pauvres, alors que des compétences centrales de l’État sont déléguées aux régions comme la santé.



Il ne fait aucun doute que cette diminution des aides de l’État préfigure un passage plus net au « fédéralisme fiscal », qui en créant la concurrence entre régions riches et pauvres, concentrera évidemment les richesses dans les premières et réduira à la misère les secondes, mais aboutira à un recul fiscal et social généralisé.



Dans cette optique, le gouvernement a déjà entériné l'adoption d'un système de « bonus-malus » pour les régions 'vertueuses' atteignant l'équilibre budgétaire. Une façon de favoriser les régions contrôlées par la droite capable de dégager des ressources fiscales colossales, et ceci en pratiquant le dumping fiscal à outrance.



Du neuf avec du vieux : fiscalité à deux vitesses et accélération de la contre-réforme des retraites

 

Parmi les nouveautés de cette deuxième version de la « manovra », une réforme fiscale d'autant plus injuste qu'elle contredit l'argumentaire spécieux du gouvernement sur les économies nécessaires. Ces réformes vont faire peser un fardeau fiscal encore plus important sur les ménages les plus modestes tout en allégeant celui des plus riches et des entreprises.



Parmi les mesures concrètes, l'augmentation de la TVA de 1 point, à 11 et 21% et la refonte de l'impôt sur le revenu de cinq (23-28-38-41-43) à trois tranches (20-30-40) érodant la progressivité de l'impôt.



Parmi les promesses les plus 'radicales', la suppression progressive de la taxe professionnelle collectée régionalement (IRAP), un pactole pour les entreprises et un énorme manque-à-gagner pour les régions qui pourrait mettre en péril le système de santé italien, déjà déliquescent et largement dépendant de ces ressources.



Pour ce qui est de la contre-réforme des retraites enfin, pas de changement de cap mais un changement de rythme. Le gouvernement italien a déjà annoncé qu'il rehaussait immédiatement de cinq ans l'âge de départ à la retraite des femmes fonctionnaires, de 60 à 65 ans, en conformité avec la législation européenne sur l'égalité Hommes-femmes.



Par ailleurs, à partir de 2014 et non 2015 comme prévu initialement, l'âge de départ à la retraite des salariés italiens sera calculé en fonction de l'espérance de vie moyenne, ce qui permettrait potentiellement un recul de cinq ans sur quatre décennies, montant l'âge de départ à la retraite à 70 ans.

 


 

Complicité de l'opposition officielle démocrate qui prépare une « autre politique d'austérité »





Cette série de mesures iniques aurait dû entraîner une condamnation ferme de l'opposition. Le Parti démocrate (PD), préparant l'alternance et la relève de l'austérité, s'est montré plus prudent dans son opposition tactique au projet.



Ainsi, Pier-Luigi Bersani, secrétaire du Parti démocrate (PD), dénonce tout « un tas de coupes et aucune réforme. En trois ans, le gouvernement n'a fait aucune réforme. Sans un peu de croissance, les comptes de public ne se mettront pas au vert ».



Cette nécessité de (contre-)réformes structurelles, c'est la politique qu'a défendu Bersani à l'Assemblée de la Confindustria (MEDEF italien) en mai dernier trouvant un écho chez la présidente Marcecaglia. C'est aussi celle que propage le responsable à l'économie du PD, Stefano Fassina, qui avoue honnêtement que son parti porte « une politique différente mais de rigueur ».



Le reste de la gauche s'est contentée d'une opposition rivée sur les institutions, portant en particulier ses espoirs sur une non-ratification du président Napolitano, ancien dirigeant droitier et liquidateur du PCI et collaborateur fin de la politique du patronat.



Non seulement Napolitano a ratifié le décret-loi, mais il l'a même défendu activement comme une nécessité pour rééquilibrer les comptes en vertu des accords européens, et a même déclaré qu'il « ne suffisait pas et qu'il fallait désormais d'autres mesures ».



Seuls les communistes ont défendu une opposition cohérente et conséquente au projet de loi gouvernemental comme Oliviero Diliberto, secrétaire du Parti des communistes italiens (PdCI) pour qui « ces coupes éhontées dans l'école, la santé et les retraites sont une honte »et qui lance un appel « à la contre-attaque, à la rébellion ». Toutefois, la seule perspective tangible qu'offrent actuellement les communistes reste institutionnelle, avec le projet de Fédération de la Gauche (FdS), l'ambition de constituer un « pôle de la gauche d'alternative » avec les partis anti-communistes du juge Di Pietro et du liquidateur Nichi Vendola pour « tirer le PD vers la gauche ».


 

 

La CGIL passe à la collaboration de classe ouverte avec la signature de l'accord sur la « représentativité »



Mais c'est sur le plan syndical que la politique de collaboration de classe atteint un point de non-retour. En toute logique, les syndicats jaunes de l'UIL (tradition socialiste) et de la CISL (tradition catholique) ont apporté leur soutien 'critique' à la « manovra » et la CGIL (tradition communiste, aujourd'hui proche du PD) a manifesté son opposition officielle au projet et s'est dit prête à la mobilisation.



Toutefois, depuis un an, la CGIL n'a jamais créé les conditions d'une mobilisation. Pire, elle a même freiné des quatre fers quand sa branche métallurgique restée sur des positions de classe, la FIOM, a appelé à un mouvement de grève générale en octobre dernier.



La complicité active de la direction de la CGIL avec le pouvoir et le patronat apparaît au grand jour après l'accord sur la « représentativité » signé entre la CGIL, l'UIL, la CISL et la Confindustria (MEDEF) le 29 juin dernier et dénoncé par la seule FIOM.



Cet accord prévoit entre autres la remise en cause des conventions collectives nationales avec la normalisation de la pratique des accords d'entreprise, la limitation légale du droit de grève et enfin la possibilité de faire passer ces accords sans consultation des salariés si la majorité de la RSU (Représentation syndicale unitaire) est atteinte.



En somme, la CGIL vient de signer l'arrêt de mort des conventions collectives, de l'idée de démocratie à l'entreprise et à terme du droit de grève.



Comme la soulignait avec gravité Maurizio Landini, secrétaire de la FIOM lors du Comité central du 30 juin : « La CGIL a tout faux, l'accord non seulement ne prévoit pas de faire voter les travailleurs mais affaiblit également les conventions collectives. Et puis on ne peut nier la limitation du droit de grève ».



Ces accords signés par la FIAT ne font que graver dans le marbre les coups de force du directeur de la FIAT Sergio Marchionne aux usines de Mirafiori et à Turin, et les coups de sabre qu'il avait alors porté dans le Code du Travail.



Un Parti démocrate plus que jamais parti de l'alternance sans alternative et de l'alter-austérité, des communistes déboussolés résignés à tirer « le PD vers la gauche », le syndicat de classe historique collaborant activement avec le pouvoir et ratifiant la mort des conventions collectives sans oublier un président de la République récompensé par son poste d'avoir liquidé le Parti communiste et qui continue à appuyer la politique du pouvoir avec zèle.



Vingt ans après la liquidation du PCI, le vide laissé par un parti qui a incarné pendant sept décennies le refus de la compromission avec le pouvoir et le patronat, la défense de la démocratie et des droits de la classe ouvrière, la perspective d'une alternative inscrite dans la lutte et la rupture avec le système capitaliste, est patent et laisse la classe ouvrière désorganisée face à l'offensive sans précédent du patronat, du pouvoir et de l'Union européenne.



Plus que jamais le peuple d'Italie a besoin d'un Parti communiste italien. L'inversion du rapport de force social, politique et idéologique ne sera pas possible sans sa reconstruction.

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 22:27

theeconomistLe peuple Italien rejette à 95% la privatisation de l'eau et un gouvernement Berlusconi discrédité : le Parti Démocrate soutenu par le patronat s'apprête à prendre la relève de l'austérité



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce dimanche 12 juin, le gouvernement Berlusconi a sans doute perdu le peu de légitimité qui lui restait.



Le peuple italien a rejeté à plus de 95% le projet de loi gouvernemental portant principalement sur la privatisation de l'eau. Dans le cadre du même référendum, le retour au nucléaire ainsi que l'immunité pour le chef du gouvernement étaient soumises au vote, des mesures également massivement rejetées.



La proposition d'un référendum abrogatif avait été lancée par « les mouvements pour l'eau publique » et avait obtenu en 2010 les 500 000 signatures requises pour obtenir le droit de soumettre le projet de privatisation de l'eau au vote des italiens



Le gouvernement espérait annuler les résultats du référendum à travers le non-respect du quorum fixé à 50%.



Le peuple italien a répondu par une participation sans commune mesure avec les derniers scrutins de ce type. 57% des Italiens se sont déplacés pour exprimer massivement leur opposition à la politique de privatisation, de libéralisation ainsi qu'aux pratiques anti-démocratiques du gouvernement Berlusconi.



Il s'agit d'une victoire incontestable pour le peuple italien.



Après la déroute des municipales de mai 2011, les jours du gouvernement Berlusconi semblent compter, sans plus la moindre légitimité populaire et avec un roi nu désormaisdevant la justice italienne.



Le Parti démocrate prépare l'alternance avec le centre démocrate-chrétien et les ex-communistes



Le secrétaire-général du Parti démocratePier-Luigi Bersani, conscient de la faiblesse du gouvernement, a saisi la balle au bond. Il s'est empressé de noter « le divorce entre le gouvernement et le pays » et de demander « la démission du gouvernement », qui avait déjà failli tomber sur un vote de confiance au Parlement au début de l'année.



Car le Parti démocrate prépare l'alternance. A sa droite, il flirte de plus en plus ouvertement avec les démocrates-chrétiens de l'UDC tandis qu'un inimaginable accord – de moins en moins grotesque– avec le dirigeant néo-fasciste Gianfranco Fini, pour faire éclater le bloc berlusconien, avait même été évoqué par la nouvelle égérie de la gauche italienne, Nichi Vendola.



L'ancien secrétaire-général de Refondation communiste, adorateur de Zapatero, Jean Paul II et laudateur de l'Etat d’Israël, aujourd’hui patron incontesté du parti Gauche, écologie et libertéssous perfusion médiatique, est le pion du PD sur sa gauche. Il est même envisagé comme futur candidat investi par le PD pour les prochaines élections législatives. C'est autour de lui que le Parti démocrate compte rabattre sur des positions « réformistes radicales » ce qu'il reste des lambeaux de l'ancien Parti communiste.



Les communistes italiens empêtrés dans leurs calculs politiciens se dirigent-ils vers le soutien à un gouvernement Prodi bis comme en 2006 ?



Car, empêtrés dans leurs calculs politiciens dans une « Fédération de la Gauche » pourtant en basses eaux électorales, les dirigeants communistes de PdCI et surtout de Refondation n'offrent comme perspective que l'union de la gauche en vue de la formation d'une majorité gouvernementale, précise-t-on « sans le centre ».



Et à la gauche de la gauche, la constitution d'un « Pôle de gauche » avec le parti du liquidateur Vendola et le parti Italie des Valeurs du juge anti-communiste di Pietro ouverte par le secrétaire-général de Refondation communiste Paolo Ferrero offre un mécanisme semblable à celui des poupées russes. Chaque parti communiste imbriqué dans des formations « unitaires » plus larges, toutes aussi insipides les unes que les autres, et de plus en plus réformistes politiquement lors qu'on approche de son cœur.



Or, la perspective d'une énième « union de la gauche » et d'un nouveau gouvernement arc-en-ciel, en particulier après l'expérience traumatisante du gouvernement Prodi entre 2006 et 2008 est celle d'une alternance sans alternative, tant le PD partage le fond de la politique menée par le gouvernement Berlusconi.



Le Parti démocrate adoubé par un patronat italien exaspéré des frasques de Berlusconi



Le Parti démocrate plaît même plus aux milieux d'affaires italiens que Berlusconi lui-même. Berlusconi agace le patronat italien, ses gesticulations et ses frasques, son irrespect pour l’État de droit et sa pratique généralisée de la fraude et de la corruption, sans compter son scepticisme tout tactique et lunatique vis-à-vis de l'Union européenne, instaure un climat négatif pour les affaires.



Le 26 mai dernier, la présidente de la Confindustria, Emma Marcecaglia, dans le cadre d'une grande assemblée de l'association patronale a pesté contre l'attitude du gouvernement Berlusconi et un « agenda national qui ne fait rien pour mettre la croissance comme priorité »et contribue à la montée du populisme. La représentante du patronat en a appelé à la mise en place d'« institutions fortes et faisant autorité, des institutions qui sachent retrouver la confiance des citoyens et des entreprises, qui aujourd’hui est gravement érodée. »



Lors de cette assemblée de la Confindustria, c'est le secrétaire-général du PD Bersani lui-même qui a tenu à rassurer la dirigeante patronale, refusant que l'on mette tous les hommes politiques dans le même panier. Car il y a « politique et politique, comme il y a patrons et patrons »dit-il alors. Bersani a ensuite questionné les choix du gouvernement de « coupes linéaires du gouvernement »ne s'accompagnant d' « aucunes réformes structurelles »et donc d'aucune croissance.



Des actes plutôt que des beaux discours, des réformes plutôt que des gesticulations. Tout ce que le patronat italien voulait attendre.



Le Parti démocrate propose une autre politique de rigueur, avec réformes de structure et coordination à l'échelle européenne



Car le PD ne propose rien d'autre qu'une politique de rigueur différente, avec des contre-réformes de fond. Tel est le projet économique du PD confessé sans mal par le responsable à l'économie du PD, Stefano Fassina, dans une interview à la Stampa le 18 octobre 2010. Le journaliste lui demandait alors : « Si le PD avait été au gouvernement, qu'aurait-il fait ? ». L'économiste du PD répond sans langue de bois : « Une politique différente, de rigueur, mais accompagnée de la croissance. Puis nous aurions essayé, dès le début de la crise, de chercher le consensus en Europe ».



Voilà ce que recherche désormais le patronat italien et international : de la stabilité et la consolidation d'un État de droit, un gouvernement prêt à entamer des réformes de fond sans populisme ni clientélisme, auprès d'un Parti longtemps dirigé par l'ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, dont le gouvernement a plus privatisé que celui de Berlusconi même.


Le vénérable journal britannique des milieux d'affaires The Economist faisait récemment sa une sur « l'homme qui a foutu en l'air tout un pays ». La plupart des fractions du grand capital italien et international vouent désormais aux gémonies l'imprévisible Berlusconi et attendent l'alternance de la part des trop prévisibles bons gestionnaires européistes du PD.



Pour les communistes italiens, il s'agit d'être vigilants et de sortir de la perspective d' « union de la gauche » et de « gouvernement majoritaire à gauche » mortifère pourtant offerte actuellement par le secrétaire-général de Refondation communiste.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Italie
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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 08:37

elezioni-amministrative-2011Municipales en Italie : la droite déconfite, le centre-gauche par défaut et les communistes empêtrés dans une « Fédération de la gauche » en basses eaux



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ces 15 et 16 mai avaient lieu les élections municipales et provinciales partielles en Italie, test pour le gouvernement de centre-droit de Silvio Berlusconi.

 

Les élections provinciales comptaient sur 3 millions d'électeurs autour de 9 « provinces », équivalent de nos départements. Mais tous les yeux étaient tournés vers les élections municipales. 10 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour élire 1 274 maires dont ceux de 15 villes de plus de 100 000 habitants parmi lesquelles Milan, Turin, Naples ou Bologne.


 

Milan et Naples en ballottage favorable pour le centre-gauche : la droite en déroute


 

Le premier constat est que la droite sort très affaiblie de ce scrutin.

 

Parmi les grandes villes, la victoire du centre-gauche est nette et sans bavure au premier tour à Bologne (50,5%), Sienne (54,71%) et de façon triomphale à Turin (56%) où le leader du Parti démocrate Piero Fassino est élu maire de la capitale piémontaise. La gauche remporte également six autres chef-lieu de province parmi lesquels Arezzo, Ravenne ou Savona.

 

Face à cette marée démocrate, le PDL de Berlusconi et la Ligue du nord plongent. La coalition gouvernementale n'est assurée de conserver que la capitale calabraise Reggio Calabria où elle obtient un retentissant 56% au premier tour.

 

La surprise est venue des deux grands fiefs de la droite mis au scrutin, Naples et Milan, où les candidats du pouvoir sont mis en ballottage. A Milan, dans le fief de Silvio Berlusconi, le candidat du centre-gauche obtient 48% au premier tour devançant de sept points le candidat de la droite. A Naples, l'issue est plus incertaine, mais les deux listes de gauche rassemblent 47% des voix contre 36% pour le candidat de droite.


 

La stratégie liquidatrice « Fédération de la gauche » en échec


 

Et les communistes dans tout cela ? Nous les avions quitté aux dernières régionales de 2010 sur un score historiquement bas (2,8%) obtenu toutefois sous l'étiquette « Fédération de la gauche » et non proprement communiste, bien que l'on maintienne le symbole (faucille et marteau) sur affiches et propagande.

 

Ce scrutin ne marque pas un rebond. La stratégie « Fédération de la gauche » ne prend pas.

 

Les résultats des provinciales ne sont guère significatifs, puisque la stratégie Fédération de la gauche n'a été appliquée que dans six des neuf provinces d'importance mineure par ailleurs.

 

Aux municipales, les résultats des communistes cachés sous l'étiquette « Fédération de la gauche » ne sont pas bons du tout.

 

Dans nos fiefs historiques, comme Sienne (2,17%) ou Bologne (1,46%), les scores sont faméliques.

 

Dans les autres villes du centre et du nord, les résultats ne sont guère meilleurs : 1,44% à Novara, 1,96% à Rimini et surtout 1,15% à Turin, ville des grandes luttes ouvrières, ville où s'est forgé le PCI de Gramsci et de Togliatti.

 

Des résultats moyens apparaissent presque comme de grandes victoires, au-delà de Ravenne, les scores sont honorables dans des milieux difficiles, comme les grandes métropoles Milan (3,10%) et Naples (3,66%).


 

2% dans les grandes villes historiques, 6% dans un fief de droite... où la stratégie « Fédération de la gauche » n'est pas appliquée !


 

Seule éclaircie dans ce sombre ciel, le bon score des communistes à Reggio Calabria – pourtant fief inexpugnable de la droite – avec 5,8%. Comment l'expliquer ? Reggio Calabria fut une des rares grandes villes où la stratégie « Fédération de la gauche » ne s'est pas appliquée. Les deux candidats communistes ont concouru séparément, avec symboles, nom et identité communiste et ce choix de marquer sa différence communiste a payé.

 

Il est presque impossible d'agréger les données d'élections locales, a fortiori municipales.

 

Toutefois si on agrège les scores des candidats « Fédération de la gauche » dans les dix plus grandes villes du pays, la Fédération n'obtient que 2,2%, à la quatrième place à gauche derrière le PD bien sûr, mais aussi derrière l'Italie des valeurs (IdV) du juge Di Pietro (3,6%) et Gauche, écologie et libertés (SEL) du chouchou des médias Nichi Vendola (4,8%).


 

Quelle perspective ? Unir la gauche institutionnelle et tirer le PD vers la gauche oureconstruire le Parti communiste dans les luttes et les moments électoraux


 

Face à ce constat d'échec, le secrétaire-général de Refondation communiste, Paolo Ferrero, choisit la méthode Coué notant une « croissance de la Fédération de la gauche lors de ces élections locales ». Au vu des exemples guère convaincants mis en avant par l'ancien dirigeant de Democrazia proletaria, lui-même est contraint de concéder que ceux-ci n'ont « rien d'extraordinaire ».

 

Toutefois, le projet politique reste le même, gauche plurielle derrière le PD libéral, maison commune de la gauche avec des liquidateurs comme Nichi Vendola et essayer de tirer vers la gauche le PD :

 

« La possibilité concrète de battre les droites à travers une alliance des forces de centre-gauche – sans alliance avec le centre – et la nécessité d'unir les forces de gauche (Fédération de la gauche, SEL, IdV) afin de modifier profondément le programme et la politique du centre-gauche », déclare Ferrero après le scrutin.

 

Où va s'arrêter le résistible déclin des communistes italiens ? Plus que jamais, le peuple d'Italie a besoin d'un Parti communiste vingt ans après sa dissolution. Il n'a pas besoin d'une énième liquidation, qu'elle prenne le nom de « Fédération de la gauche » comme hier de « Démocrates de gauche » ou de « Gauche arc-en-ciel ». Aux communistes italiens de se réapproprier leur parti, de le reconstruire, de réaffirmer la nécessité du Parti communiste dans les moments électoraux et dans les luttes !

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