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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 12:10

28_01_11_luzzi.jpg« 1921-2001: pour la reconstruction du Parti communiste »: Chronique d'une rencontre


Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Luzzi (Cosenza) – 28 janvier 2011



Vendredi 28 janvier, l'Association politico-culturelle « Marx XXI » a organisé à Luzzi (Cosenza) un débat public sous le titre « 1921-2011 – Pour la reconstruction du Parti communiste.



Dans la Salle communale de Luzzi, bien avant qu'arrivent tous les intervenants, étaient présents plus de 120 communistes de Cosenza, pour la plupart des dirigeants et militants du Parti de la refondation communiste (PRC) et du Parti des communistes italiens (PdCI), parmi lesquels de très nombreux jeunes. Outre les intervenants « officiels » (Oliviero Diliberto, Fosco Giannini, Michelangelo Tripodi – secrétaire régional du PdCI de Calabre), Nicola Corbino (secrétaire provincial PRC de Cosenza), de nombreux autres ont pris la parole dans le public, y compris le maire de Luzzi, qui a voulu saluer la tenue de cette rencontre.



Dans les interventions des dirigeants locaux, a été dressé le tableau social dramatique de la Calabre: misère, sous-développement et mafia, une situation qui « rend nécessaire – comme l'a dit avec force Tripodi – un retour en force des communistes et de la gauche de classe dans notre région ».



diliberto luzziL'ancien sénateur « Calabrais » Fosco Giannini a posé clairement la question de l'unité des communistes comme la première et nécessaire « accumulation de forces »dans l'objectif de la reconstruction du Parti communiste.« Quand nous posons le problème du Parti communiste – a affirmé Giannini – on nous oppose au moins deux grandes objections: la première relative au prétendu épuisement de la pensée communiste, la seconde relative à la soi-disant disparition du mouvement communiste et révolutionnaire dans le monde. Des objections aussi risibles que fallacieuses ».



« Le communisme – a ajouté Giannini – est à la fois science et histoire, et d'une grande actualité est la science marxiste tout comme est grande l'histoire concrète et transformatrice du communisme. La seconde objection – la disparition dans le monde du mouvement communiste, révolutionnaire, anti-impérialiste – est démentie de façon éclatante par les faits, par ce qui est en train de se passer dans le monde, de l'Amérique latine à l'Asie, en passant par l'Afrique ».



« Antonio Gramsci – a rappelé Giannini – dans un article apparu dans L'Ordine Nuovo du 13 janvier 1921 (quelques jours avant le 21 janvier de Livourne cad la fondation du PCI), écrivait: La classe ouvrière italienne sait qu'elle ne peut s'émanciper et ne peut émanciper toutes les autres classes opprimées et exploitées par le capitalisme national, si il n'existe pas un système de forces révolutionnaires mondiales coopérant en vue d'un objectif commun ».



« Voilà – a remarqué Giannini – ceux qui veulent relancer un Parti communiste en Italie ne sont pas seuls au monde, ils ne sont pas des visionnaires, mais ils savent qu'ils peuvent compter – à partir du Vénézuela, de Cuba, de l'Afrique du sud, de la Chine – sur ce système de forces révolutionnaires mondiales coopérant – comme le disait Gramsci – en vue d'un objectif commun ».



Conclusions de Oliviero Diliberto. « Nous sommes dans les ténébres de la République – a affirmé le secrétaire national du PdCI. »



sala luzzi« Le dessein d'asservir le mouvement ouvrier et le monde du travail dans son ensemble de la part de Marchionne est exactement conforme à l'air du temps. Comme est dans l'air du temps le caractère barbare et vulgaire de la conduite politique et morale de Berlusconi et de son système de pouvoir pourri. Le sens commun réactionnaire de masse – comme le décrivait Togliatti – est de retour et soutient ce régime. L'offensive violente contre l'école, l'Université n'est pas seulement une action néfaste et destructrice en soi; elle est le paradigme d'une volonté stratégique des droites et du capital: éteindre la culture, c'est éteindre la critique et l'opposition, éteindre les cerveaux. »



« Nous avons besoin – a poursuivi le secrétaire du PdCI – de proposer une alternative démocratique aux droites; une large alternative démocratique qui ait en soit la force de la gauche de classe et le coeur du Parti communiste ».



« Depuis des années, je me bats – a poursuivi Diliberto – pour la reconstruction, en Italie, d'un Parti communiste plus grand (au moins un peu plus grand) que les deux partis communistes aujourd'hui existants: le PRC et le PdCI. A cette fin, j'ai proposé et continue à proposer l'unité des deux partis et l'unité des communistes. Je continue à le proposer au groupe dirigeant de Refondation communiste, qui n'a pas encore pris de décision, malgré le fait que l'unité des communistes soit perçu par la masse comme du bon sens, non comme une proposition géniale, mais comme une idée rationnelle, juste, inévitable. Malgré tout, toutefois, la construction du Parti communiste et l'unité des communistes est rendue nécessaire par l'objectivité des choses, par la souffrance sociale massive, par l'offensive très dure du capital. Pour cette raison, nous voulons que le prochain Congrès soit celui de la reconstruction du Parti communiste: un chantier ouvert à tous ceux – les communistes – qui veulent l'unité et la la relance d'un Parti communiste à la hauteur de notre temps et de l'affrontement de classe ».

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 00:04

pci ricostruireilpartitocomunista90ème anniversaire de la fondation du PCI (1) – La nécessité de la constitution du Parti communiste italien, article d'octobre 1920 du co-fondateur du PCI Antonio Gramsci


Introduction et traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Congrès de Livourne, 21 janvier 1921. Inspirés par l'élan de l'Octobre russe, animés par une volonté de rupture vis-à-vis de l'attitude capitularde du Parti socialiste dans le mouvement révolutionnaire des occupations d'usines qui secouait alors l'Italie, un groupe dirigeant mené par Antonio Gramsci et Palmiro Togliatti décidait de faire scission et de fonder le Parti communiste italien, section italienne de la IIIème internationale.


Pendant cinq ans, la lutte du noyau dirigeant communiste recoupant celui de la rédaction du journal de la section turinoise de l'ex-PSI « Ordine nuovo » (Gramsci, Togliatti, Terracini) – avec la bénédiction de Lénine qui voyait dans ces dirigeants les organisateurs du Parti communiste de l'avenir – sera âpre tant contre les tendances centristes et opportunistes que contre la direction sectaire de Amedeo Bordiga.


Certes, le fascisme privera le mouvement communiste de ces éléments les plus brillants et les plus valeureux, Gramsci en tête. Mais dans l'épreuve de la résistance se forgera le « Parti nouveau », le plus grand parti communiste d'Europe occidentale. Le parti de la Résistance au fascisme et de la démocratie progressive, le parti de la classe ouvrière et de la rupture avec la vieille Italie cléricale et bourgeoise.


La dissolution du Parti communiste en 1991 fut un traumatisme dont non seulement les communistes italiens mais l'ensemble de la classe ouvrière ne se sont pas remis. Après vingt ans de d'hésitations et d'équivoques quant aux tentatives de « refondation », la nécessité d'une reconstruction du Parti communiste italien, 90 ans après Livourne, 20 ans après la liquidation, est désormais mise au premier plan par nombre de dirigeants du PdCI et de Refondation communiste.


Afin de participer à ce travail de reconstruction, il paraît opportun de republier certains textes fondamentaux du fondateur, théoricien et dirigeant du Parti communiste italien, Antonio Gramsci, rappelant la raison d'être d'un Parti communiste en Italie.



GramsciLe Parti communiste



par Antonio Gramsci



« L'Ordine Nuovo », 9 octobre 1920

 

 

Le mouvement prolétarien, dans sa phase actuelle, tend à accomplir une révolution dans l'organisation des choses matérielles et des forces physiques; ses traits caractéristiques ne peuvent être les sentiments et les passions diffuses dans la masse sur lesquels repose la volonté de la masse; les traits caractéristiques de la révolution prolétarienne ne peuvent être recherchés que dans le parti de la classe ouvrière, dans le Parti communiste, qui existe et se développe pour autant qu'il est l'organisation disciplinée de la volonté de fonder un État, de la volonté d'apporter une organisation prolétarienne à l'ordre des forces physiques existantes et de poser les bases de la liberté populaire. (…)

 

L'ouvrier dans l'usine n'accomplit que des tâches purement d'exécution. Il ne saisit pas le processus général du travail et de la production; il n'est pas un point qui se met en mouvement pour créer une ligne; il est une épingle plantée en un poste déterminé et la ligne résulte de la succession des épingles qu'une volonté extérieure a disposées à ses propres fins. L'ouvrier tend à étendre cette façon d'être à tous les milieux dans lesquels il est impliqué; il se résigne facilement, partout, à son poste d'exécutant matériel, de « masse » guidée par une volonté qui lui est étrangère; il est paresseux intellectuellement, il ne sait pas et ne veut pas prévoir au-delà de l'immédiat, c'est en cela qu'il manque de tout critère dans le choix de ses chefs et se laisse duper facilement par les promesses; il veut croire qu'il peut obtenir sans grand effort de sa part et sans devoir trop penser.

 

Le Parti communiste est l'instrument et la forme historique du processus de libération intime par lequel l'ouvrier, d'exécutant devient créateur, de masse devient chef et guide, de bras devient cerveau et volonté; dans la formation du Parti communiste on peut voir le germe de la liberté qui aura son développement et sa pleine expansion après que l'Etat ouvrier aura organisé les conditions matérielles nécessaires. (...)

 

Le Parti communiste, même en tant que simple organisation, s'est révélé la forme particulière à la révolution prolétarienne. Aucune révolution du passé n'a connu les partis; ceux-ci sont nés après la révolution bourgeoise et se sont décomposés sur le terrain de la démocratie parlementaire. Même sur ce terrain s'est vérifiée l'idée marxiste que le capitalisme crée des forces qu'il ne parvient pas ensuite à dominer.

 

Les partis démocratiques servaient à faire remarquer les hommes politiques de valeur et à les faire triompher dans la compétition politique; aujourd'hui les hommes de gouvernement sont imposés par les banques, les grands journaux, les associations patronales; les partis se sont décomposés en une multiplicité de cliques personnelles.

 

Le Parti communiste, surgissant des cendres des partis socialistes, répudie ses origines démocratiques et parlementaires et révèle ses caractères essentiels qui sont originaux dans l'histoire: la révolution russe est la révolution accomplie par les hommes organisés dans le Parti communiste, qui dans le parti se sont façonnés une personnalité nouvelle, ont acquis de nouveaux sentiments, ont réalisé une vie morale qui tend à devenir conscience universelle et fin pour tous les hommes.

 

Les partis politiques sont le reflet des classes sociales, et contribuent à leur donner un nom. Ils surgissent, se développent et se décomposent, se renouvellent, selon que les diverses strates des classes sociales en lutte subissent des changements d'une réelle portée historique, voient leur conditions d'existence et de développement se transformer radicalement, acquièrent une conscience plus grande et plus claire d'elles-mêmes et de leurs intérêts vitaux.

 

Dans la période historique actuelle et à la suite de la guerre impérialiste qui a profondément transformé la structure de l'appareil national et international de production et d'échange, est devenue caractéristique la rapidité avec laquelle se déroule le processus de dissociation des partis politiques traditionnels, nés sur le terrain de la démocratie parlementaire, et d'apparition de nouvelles organisations politiques: ce processus général obéit à une logique interne implacable, alimentée par la désagrégation des vieilles classes et des vieilles couches sociales et par le vertigineux passage d'une condition à une autre connu par des strates entières de la population sur tout le territoire de l'Etat, sur tout le territoire du domaine capitaliste.

 

Le Parti socialiste s'auto-proclame champion des doctrines marxistes; le parti devrait donc trouver, dans ces doctrines, une boussole pour s'orienter à travers la complexité des événements, il devrait posséder cette capacité de prévision historique qui caractérise les partisans intelligents de la dialectique marxiste, il devrait avoir un plan général d'action, basé sur cette prévision historique, et être en mesure de lancer à la classe ouvrière en lutte des mots d'ordre clairs et précis; au contraire le Parti socialiste, le parti champion du marxisme en Italie est, comme le Parti populaire, comme le parti des classes les plus arriérées de la population italienne, exposé à toutes les pressions des masses etse met en action et se distingue quand les masses se sont déjà mises en action et déjà distinguées. En vérité ce Parti socialiste, qui se proclame guide et dirigeant des masses, n'est rien d'autre qu'un piètre notaire qui enregistre les opérations accomplies spontanément par les masses; ce pauvre Parti socialiste, qui se proclame chef de la classe ouvrière, n'est rien d'autre que les impedimentade l'armée prolétarienne.

 

Si cet attitude étrange du Parti socialiste, si cette condition bizarre du parti politique de la classe ouvrière n'ont pas encore à ce jour provoqué une catastrophe, c'est qu'ils se trouvent au sein de la classe ouvrière, dans les sections urbaines du Parti, dans les syndicats, dans les usines, dans les villages, des groupes énergiques de communistes conscients de leur rôle historique, énergiques et réfléchis dans l'action, capables de guider et d'éduquer les masses locales du prolétariat; c'est qu'il existe potentiellement, au sein du Parti socialiste, un Parti communiste auquel ne manque que l'organisation explicite, la centralisation et sa discipline propre pour se développer rapidement, conquérir et renouveler l'ensemble du parti de la classe ouvrière, donner une nouvelle orientation à la Confédération générale du travail et au mouvement coopératif.

 

Le problème immédiat de cette période, qui succède à la lutte des ouvriers métallurgiques et précède le congrès où le Parti devra prendre une position sérieuse et précise vis-à-vis de l'Internationale communiste, celle justement d'organiser et de centraliser ces forces communistes déjà existantes et opérantes.

 

Le Parti socialiste, de jour en jour, avec une rapidité fulgurante, se décompose et part en lambeaux; les tendances dans un laps de temps très court, ont déjà acquis une nouvelle configuration; placés face aux responsabilités de l'action historique et aux engagements pris au moment de l'adhésion à l'Internationale communiste, les hommes et les groupes se sont recomposés, ont changé; l'équivoque centriste et opportuniste a gagné une partie de la direction du Parti, a jeté le trouble et la confusion dans les sections.

 

Le devoir des communistes, dans cette débâcle générale des conscience, des fois, de la volonté, dans ce déchainement de bassesses, de lâcheté, de défaitisme est celui de resserrer les rangs, de se mettre d'accord, de se tenir prêts à entendre les mots d'ordre qui seront lancés. Les communistes sincères et désintéressés, sur la base des thèses adoptées par le IIème Congrès de la IIIème Internationale, sur la base de la discipline loyale à l'autorité suprême du mouvement ouvrier mondial, doivent réaliser le travail nécessaire afin que, dans les plus brefs délais, soit constituée la fraction communiste du Parti socialiste italienne, qui, pour se vêtir du nom correct du prolétariat italien, doit, au Congrès de Florence, devenir, de nom et de fait, le Parti communiste italien, section de la IIIème Internationale communiste;afin que la fraction communiste se constitue avec un appareil de direction organique et fortement centralisé, avec ses propres articulations disciplinées dans tous les lieux dans lesquels travaille, se réunit et lutte la classe ouvrière, avec un ensemble de services et d'instruments pour le contrôle, pour l'action, pour la propagande qui la mettent en condition de fonctionner et de se développer dès maintenant comme un véritable parti.

 

Les communistes, qui dans la lutte des métallurgistes ont, avec leur énergie et leur esprit d'initiative, sauvé d'un désastre la classe ouvrière, doivent aller jusqu'aux ultimes conclusions de leur attitude et de leur action: sauver la cohésion primordiale (en la reconstruisant) du parti de la classe ouvrière, donner au prolétariat italien le Parti communiste qui soit capable d'organiser l'État ouvrier et les conditions de l'avènement de la société communiste.

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 23:21

apicella fiatfiom« Nous résisterons au fascisme patronal » de la FIAT, déclarait le secrétaire-général de la FIOM avant le référendum à Mirafiori sur la remise en cause des droits des travailleurs du site



Le patron de la FIAT Sergio Marchionne espérait faire du référendum du 15 janvier un plébiscite. Au prix du maintien de l'activité sur le site historique de FIAT-Mirafiori les travailleurs du site étaient sommés d'abdiquer leurs droits sociaux et syndicaux.

 

Certes, le projet patronal est passé. Mais 46% des salariés du site ont tout de même opposé un courageux « Non » à cette odieuse tentative réitérée de chantage et d'intimidation. Le couteau sous la gorge, lâchés par une gauche syndicale (la FIM-CISL membre de la CES tout comme la CGIL) et politique réformiste (le Parti démocrate) plus berlusconienne que Berlusconi lui-même, les ouvriers de FIAT Mirafiori ont résisté en masse.

 

Seuls avec leur syndicat de classe, la FIOM (branche métallurgiste de la CGIL), désormais interdite sur le site de Mirafiori à la suite de ce référendum anti-démocratique. Le spectre des accords de Vidoni signés en 1925 entre État fasciste, syndicats corporatistes et patronat plane sur cet honteux plébiscite.

 

A Mirafiori comme dans le reste de l'Italie, la lutte ne ne fait que commencer.


Nous publions ici le communiqué livré par le secrétaire-national de la FIOM avant la tenue du référendum qui reste toujours d'actualité après le scrutin.



Introduction et traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Cf nos articles précédents:

 

Le précédent de FIAT-Pomigliano: Chantage du patron de FIAT à l'usine de Pomigliano: alignement sur les conditions de travail des ouvriers polonais ou fermeture de l'usine

 

Les enjeux du chantage à FIAT-Mirafiori: Remise en cause historique des droits syndicaux par le patron de FIAT à Mirafiori-Turin: le syndicat des métallurgistes FIOM crie au « néo-corporatisme » et appelle à la grève le 28 janvier



fiom-cgil.jpgNous résisterons au fascisme patronal




de Giorgio Cremaschi, secrétaire-national de la FIOM



Quelque soit l'issue du référendum à Mirafiori, nous irons de l'avant. La lutte contre l'autoritarisme et le fascisme patronal de Marchionne et pour que le travail retrouve sa dignité et sa liberté continuera.



C'est la FIAT qui a voulu ce référendum, comme l'ont démontré également les revendications malavisées émises par certains syndicats pour le repousser. C'est la FIAT qui a voulu le jugement de Dieu définitif sur les conventions collectives nationales, ainsi que sur les droits et les libertés syndicales.



Les travailleurs de Mirafiori devraient voter au nom de tous les travailleurs italiens le renoncement à tout. Ce référendum n'a aucune légitimité formelle ou morale, il s'agit seulement d'une extorsion brutale au détriment des travailleurs et travailleuses qui, si il se trouvait dans des conditions de liberté, voteraient Non sans l'ombre d'un doute. La FIAT dès le départ a déclaré ne pas être disposée à accepter le « Non » menaçant dans le cas de fermer l'usine. Pourquoi alors, dans le cas contraire, la FIAM devrait accepter le « Oui »? Sachant que ceux qui voteront « Oui » le feront également avec la rage et la larme aux yeux?



Que le principal parti d'opposition, qui s'auto-qualifie de démocrate, ne voit pas la violation des principes constitutionnels de la démocrate dans ce plébiscite autoritaire, c'est la plus grande victoire de Berlusconi. Ce référendum est illégitime formellement et moralement, également parce que, dans les termes de l'accord, cela devrait être la dernière fois que l'on vote. Comme dans toutes les tyrannies, on vote de ne plus jamais voter. On l'élira plus jamais de représentations syndicales, et les assemblées actuelles devraient être les dernières libres. L'adhésion à la FIOM sera interdire, tout comme toute forme de libre adhésion syndicale. Comment appeler cela, si ce n'est du fascisme patronal? D'autre part, pour imposer les conditions de super-exploitation que veut la FIAT, on ne peut que créer une régime de chantage permanent. Même après le vote, si le « Oui » venait à l'emporter, les travailleurs subiront toujours la menace soit du licenciement individuel, avec les clauses qu'ils seront contraints de signer un par un la corde au cou, soit celle de la fermeture de l'usine, comme cela est inscrit dans l'accord.



Face à cette honte, tous les mots paraissent insuffisants, et peut-être que seules les larmes du retraité de la FIAT, que l'on a retrouvé sur toutes les chaînes de TV, expriment le drame. Celui qui y voit le progrès est soit un voyou soit un idiot.



Quelque soit l'issue du vote, les travailleurs ne resteront pas seuls car ils auront la FIOM à leur côté, dans et hors de l'usine, dans l'initiative syndicale comme devant les juges. La FIOM ne signera jamais cet accord et continuera la lutte pour le renverser. Les allemands ne sont pas parvenir à détruire Mirafiori en 1945, Marchionne n'y réussira pas aujourd'hui.

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 23:25

apicella fiatfiomRemise en cause historique des droits syndicaux par le patron de FIAT à Mirafiori-Turin


Le syndicat des métallurgistes FIOM crie au « néo-corporatisme » et appelle à la grève le 28 janvier

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le patronat et la classe dirigeante italienne continuent leur oeuvre de démolition systématique de tous les acquis sociaux gagnés dans la Résistance au fascisme, en particulier grâce à l'action décisive du Parti communiste italien.



Après l'accord séparé concernant l'usine de Pomigliano (Naples) signé en juin dernier (cf Chantage du patron de FIAT à l'usine de Pomigliano: alignement sur les conditions de travail des ouvriers polonais ou fermeture de l'usine), c'est encore le patron de la FIAT, Sergio Marchionne qui est à l'initiative d'un accord symbolisant une nouvelle étape dans la remise en cause des droits fondamentaux des travailleurs italiens.



Cette fois-ci, c'est au site historique de Turin, Mirafiori, que s'attaque le président de la FIAT. Marchionne avait annoncé son intention, en juillet dernier, de produire finalement les futures Fiat Ideaet Multiplasur le site serbe de Kragujevac, condamnant les salariés de Mirafiori à des périodes de chômage technique récurrentes en cette fin d'année.



Or, comme à Pomigliano auparavant, la pratique du chantage est la norme pour le patron de la FIAT.



En échange d'un plan d'investissement, présenté comme celui de la dernière chance pour Mirafiori, conjoint de Fiat et Chrysler pour la production de jeep et de berlines Alfa Romeo,le patron de la FIAT exige des travailleurs qu'ils renoncent à l'essentiel de leurs droits et qu'ils acceptent une augmentation intenable des cadences.



L'accord proposé est en tout point semblable à celui signé à Pomigliano: réduction de 25% du temps de pause; nouveau système de chronométrage informatisé; système de rotation du personnel en 3-8 7 jour sur 7, 24 heures sur 24; augmentation du quota d'heures supplémentaires imposées; suppression des droits aux allocations-maladie en cas d'absentéisme jugé « anormal » par la direction etc.




Une attaque contre le monde du travail et les acquis de la résistance: vers un néo-corporatisme de réminiscence fasciste




Pour le président de la FIOM, syndicat des métallurgistes affilié à la CGIL et resté sur des positions de classe, Giorgio Cremaschi: « Il s'agit de l'acte anti-démocratique le plus grave envers le monde du travail depuis l'époque fasciste ».



Il s'agit également d'une attaque en règle contre l'existence même de syndicats indépendants du patronat, représentant les intérêts du monde du travail, ainsi que contre le droit du Travail même.



Le principe des conventions collectives nationales est piétiné, et avec lui le terrain sur lequel l'inégalité fondamentale entre patron et ouvrier au sein d'une entreprise pouvait être contre-balancé par la reconnaissance de droits collectifs nationaux conquis dans la lutte.



Avec le retour aux accords d'entreprise, les travailleurs, sur le terrain du patron, se retrouvent désarmés et contraints à signer les diktats patronaux.



Le secrétaire-national de la FIOM Giorgio Airaudo évoque à juste titre le fait que la « FIAT impose dans l'usine et dans le système italien des relations de travailun modèle d'entreprise et néo-corporatiste ».



Car tel est l'ultime but du patronat italien, revenir aux accords de Vidoni signés en 1925 entre le patronat et l'État fasciste. Ces accords mettaient alors fin à l'indépendance des syndicats vis-à-vis du patronat et installaient un système dit « corporatiste ». A travers l'instauration de « syndicats maison », sous contrôle patronal et étatique, la bourgeoisie italienne s'assurait la collaboration loyale des syndicats à la gestion des entreprises et un contrôle total sur la main d'œuvre ouvrière.



En excluant la FIOM, qui refuse de signer cet accord ignominieux de toute représentation future dans l'entreprise, le patronat compte bien pouvoir mettre en œuvre ce plan avec les « syndicats maison » et collaborationnistes, membres de la CES, qui ont eux signé l'accord et accepté, sinistre première, l'interdiction de fait d'un autre syndicat.




La FIOM seule contre tous (1) – la gauche syndicale réformiste signe des deux mains




Car les autres syndicats de l'entreprise, en particulier le syndicat réformiste FIM-CISL, membre de la CES, et les syndicats-maison UILM et FISMIC, ont signé l'accord des deux mains. Cet accord de capitulation, présenté par tous les syndicats comme une nécessité inéluctable, est même présenté par la FISMIC comme un accord « historique ».



Si les syndicats-maison et jaunes ont ouvertement soutenu l'accord, la position de la direction de la CGIL– syndicat historiquement identifié à une expression de classe dans le pays et auquel est affilié la FIOM – révèle au-delà des ambiguïtés, également une certaine capitulation devant cette attaque gravissime envers le monde du travail.



En effet, la nouvelle secrétaire-générale de la CGIL Susanna Camusso a reproché publiquement à la FIOM son « intransigeance » et invité la FIOM à signer l'accord en cas de victoire du « Oui » au référendum interne organisé par l'entreprise pour légitimer son coup de force. Pire, cette dernière envisagerait de faire front commun avec le MEDEF (Confindustria) italien pour signer de nouveaux accords nationaux sur la représentativité syndicale, pour proposer donc une alternative nationale corporatiste... au néo-corporatisme de Marchionne.




La FIOM seule contre tous (2) – face à la capitulation de la gauche réformiste, une attente envers les communistes




Sur la scène politique, le Parti démocrate (PD) démontre une nouvelle fois son alignement presque total sur les positions de la droite patronale italienne. Par la voix de ces chefs, tels Piero Fassino déclarant qu'il voterait « Oui » s'il était ouvrier de la FIAT, le PD se range derrière un patronat revanchard.



A côté des oppositions stériles des chouchous médiatiques Antonio di Pietro et Nichi Vendola, les communistes sont incontestablement réduits au silence par les médias dominants. Toutefois le décalage entre leurs préoccupations souvent politiciennes et les attentes des travailleurs de la FIAT contribuent également à ce manque de lisibilité politique.



Les communistes apparaissent comme étant « aux côtés des travailleurs en lutte », dans une posture de soutien, sans pour autant répondre à l'attente de plus en plus forte d'une force politique non seulement représentant la classe ouvrière italienne mais également capable, à partir d'une démarche ancrée dans les luttes, de proposer une perspective politique au mouvement.



Centrées sur l' « unité de la gauche » et la perspective institutionnelle, pourtant rendue vaine par les positions de la gauche syndicale et politique réformiste, les perspectives des partis communistes, regroupés désormais dans une Fédération de gaucheeffaçant identités et positions autonomes des communistes, ne cadrent pas avec la perspective de gagner, ici et maintenant dans les luttes, le bras de fer entamé avec le patronat par les métallurgistes.




Après la grève lancée par la FIOM le 28 janvier à la FIAT, à quand la convergence des luttes?




Pourtant, la FIOM indique la voie depuis plusieurs mois. Après être parvenu à mobiliser plus d'un million de métallurgistes, ainsi que des travailleurs d'autres secteurs, dans les rues de Rome le 16 octobre dernier et lancé un appel à la grève générale à cette occasion (cf Près d'1 million de métallurgistes dans les rues de Rome à l'appel de leur syndicat de classe pour leurs conditions de travail et pour préparer les conditions de la grève générale), la FIOM relance le mouvement en refusant le référendum bidon du 28 janvier , organisée par la direction pour orner d'un vernis démocratique l'acte le plus anti-démocratique qui soit, et appelant ce jour même à une grève de 8 heures à FIAT. En cette même journée, seront organisées des manifestations de solidarité dans toute l'Italie.



Des perspectives inédites de convergences des luttes existent actuellement en Italie. De la manifestation historique du 16 octobre à l'ébullition estudiantine de novembre-décembre (cf Les étudiants à l'avant-garde de la lutte contre la politique du gouvernement Berlusconi en Italie: absence de convergence des luttes et responsabilité des communistes), le rapport de forces existe potentiellement pour faire plier le patronat et le gouvernement.



Or, la FIOM, syndicat de branche, ne peut remplir le rôle du parti de classe qu'elle n'est pas. Le « Parti FIOM » est identifié par certains médias comme un parti de classe par défaut, se substituant à celui qui devrait remplir ce rôle d'impulseur, d'animateur et de directeur des luttes, participant à leur convergence et leur donnant une perspective révolutionnaire: le Parti communiste.



En ce sens, l'analyse du dirigeant du Parti de la refondation communiste Fosco Giannini, membre du courant de L'Ernesto, dans Liberazionedu 31 décembre, est pertinente sur les défis qui attendent les communistes italiens dans les semaines à venir: « Il n'est plus l'heure de faire rire le patronat (…) de notre incapacité à répondre à la lutte de classe lancée par le capital. Il faut réagir, unir les communistes et la gauche de classe, construire le parti communiste dans le feu de la lutte, en arrêtant de l'éroder dans les guerres de courants, dans le refus de l'unité des forces communistes (…). Et y être, être présents dans la rue et les manifestations, tisser des liens avec la FIOM, le mouvement ouvrier et étudiant, être pour eux un repère politique et social, œuvrer en tant que communistes à l'unité des ouvriers et des étudiants dans la lutte ».

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 16:50

i29217monicellifu1Le parti de la Refondation communiste rend hommage au « camarade Mario Monicelli », dernier grand du cinéma italien et communiste non-repenti

 

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

En mémoire d'un révolutionnaire

 

 

 

 

Communiqué de Paolo Ferrero, secrétaire-général du Parti de la refondation communiste (PRC)

 

 

Mario Monicelli a décidé de ne plus être parmi nous. A travers le cinéma, ce grand homme caché sous une apparence fluette s'est toujours battu, avec dignité et sens de l'humour, pour la justice et l'égalité. Il a parlé de guerre, d'amitié, de communisme, d'histoire, de féminisme, et il y a encore quelques mois de cela, de « révolution ». Son regard a toujours été celui des humbles, de ceux qui luttent.

 

Voilà pourquoi il n'est pas particulièrement nécessaire d'être cultivé ou passionné de cinéma pour aimer ce grand réalisateur. La résignation de Capannelle, se mettant à manger des pâtes et des pois chiches après avoir échoué à faire le trou dans le mur, dans le Pigeon, nous nous en rappelons tous. Tout comme nous nous rappelons tous de la sympathie et de l'énergie vitale de Monica Vitti, dans La Fille au pistolet. Ou du désespoir de Alberto Sordi quand, dans Un bourgeois tout petit petit, il voit mourir son fils victime d'une attaque à main armée.

 

Mario Monicelli a fait tellement de films, et il a non seulement su raconter notre Italie mais il en a souligné les traits, mis en évidence les spécificités. Monicelli a su produire de l'art de très haut niveau à travers la transposition à l'écran de la vraie vie vécue et des particularités des gens de chez nous. Il y a bien plus de compréhension de l'Italie dans nombre de ses films que dans tant de traités sociologiques.

 

J'aime à penser que Monicelli a su faire cela parce qu'il était justement communiste, révolutionnaire. Monicelli n'était pas un réalisateur et ensuite un communiste. Il a fusionné les deux termes, d'une part en assumant un point de vue particulier d'observation du monde – par le bas – et d'autre part en soulevant le problème de la transcendance de la réalité ici et maintenant, de la rébellion. « L'espoir, disait-il, est un piège inventé par les patrons. Il faut avoir le courage de se rebeller... et aller chercher notre salut, ce qui en Italie n'a jamais été le cas ».

 

Il y a dans cette phrase une force énorme; d'un communisme qui n'est pas réduit à une pratique religieuse de l'espérance future mais, au contraire, le communisme vécu comme urgence du changement, ici et maintenant. Le courage de se révolter est cette étincelle, ce décalage, qui nous parle de la possible construction d'une subjectivité qui ne se conçoive pas sous l'empire de ceux qu'il appelait justement les patrons. L'aversion pour le pouvoir, pour l'arrogance, pour l'oppression, pour le cynisme et un véritable intérêt envers tout ce qui a trait à la dignité humaine. Le même sens de la dignité humaine qui l'a emmené probablement à s'enlever la vie pour ne pas finir, malade, par devoir dépendre d'on ne sait quel appareil médical.

 

Nous voulons nous le rappeler ainsi, communiste non-repenti, qui nous a accompagné avec ses films, nous a fait l'honneur d'avoir été militant de Refondation communiste et de nous avoir soutenu dans les campagnes électorales.

 

Merci Mario, pour ce que tu as été et pour ce que tu as fait.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Italie
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