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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 09:01

bashar-hafez-al-assad.jpgLes germes de l'offensive contre la Syrie



Article de Kenny Coyle, pour le Morning Star (quotidien du PC Britannique)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





La corruption, le néo-libéralisme et le « capitalisme parasitaire » ont affaibli la base de soutien populaire du Parti Baath – mais il s'agit désormais d'une guerre internationale.



Dans les décennies suivant l'arrivée au pouvoir d'Hafez al-Assad, dans les années 1970, le système politique et économique Syrien a semblé garantir la stabilité et l'indépendance du pays.



La version Baathiste du « socialisme Arabe » a maintenu le pays hors de portée des griffes de l'Occident, sa position anti-israélienne en a fait une puissance régionale et Arabe de premier plan et son secteur public a également permis au pays d'améliorer ses conditions de vie et de mener à bien sa modernisation.



Au début des années 1970, Assad renforçait les liens avec l'Union soviétique.



En 1972, il intégrait le Parti communiste syrien (PCS) à son Front national progressiste aux côtés de groupes arabes socialistes, nasséristes et nationalistes.



Du point de vue d'Assad, cela ne renforçait pas seulement la base du régime mais cela était aussi un moyen de transformer des forces potentiellement critiques en alliés subordonnés.



Alors que le PCS a tenté d'utiliser sa légalisation pour pousser dans le sens de transformations sociales plus profondes, son acceptation de l'ordre légal signifiait également qu'il était contraint d’œuvrer dans les limites définies par le Baath.



Bien qu'Assad ait amélioré ses relations avec l'Occident et avec d'autres États arabes – à l'exception de l'Irak, dirigé par un courant rival du Baathisme – l'Union soviétique était devenu un allié proche, militaire et économique, de la Syrie.



Les experts Soviétiques ont classé la Syrie comme un des pays d' « orientation socialiste » et assimilé le parti Baath au courant international des « démocrates révolutionnaires ».



Les deux termes supposaient certaines distinctions importantes entre la Syrie et ce que les Soviétiques estimaient être des États pleinement socialistes. Néanmoins, il était affirmé que le développement social de la Syrie posait les bases d'un développement socialiste.



Les évolutions ultérieures en Syrie et ailleurs – à plusieurs reprises, les auteurs soviétiques ont parlé également de l’Égypte, l'Algérie et l'Irak dans des termes idylliques analogues – ont démontré combien il était aisé d'inverser un tel processus. Par la suite, ces mêmes pays ont opté pour une orientation capitaliste sous couvert de régimes réactionnaires anti-démocratiques.



Et pourtant, tout au long des années 1960 et 1970, il semblait y avoir des raisons d'être optimiste.



Un rapport du Congrès américain notait que « dans les années 1960, la réforme agraire, la nationalisation des industries de base et la transformation socialiste de l'économie ont eu un impact sur le rythme et l'ampleur du développement économique. La croissance de l'économie, mesurée par le PIB aux prix du marché en dollars constants de 1980, a été en moyenne de 9,7% par an pendant les années 1970 ».



Malgré les performances exceptionnelles des années 1970, à partir du début des années 1980 des signes avant-coureurs s'étaient déjà fait jour.



Se développait, en parallèle à l'existence du secteur public, une forme particulière de développement capitaliste se nourrissant des appels d'offre publics lucratifs et détournant des fonds par la corruption et le marché noir.



Qualifiés par les marxistes de « bourgeoisie bureaucratique » ou de « bourgeoisie parasitaire », ces capitalistes clientélistes ont usé de leurs réseaux personnels et de leurs soutiens politiques pour amasser des fortunes.



Notant des évolutions similaires dans leur propre pays, les communistes sud-africains ont décrit de façon imagée cette couche économique comme celle des « tenderpreneurs » [NdT : jeu de mot en anglais à partir de tender, marché public et d'entrepreneur].



En juin 1984, le membre du Politburo du PCS Khalid Hammami écrivait dans la Revue marxiste mondiale que dans son pays « la bourgeoisie parasitaire était en plein essor et la corruption monnaie courante. Les cercles dirigeants sont méfiants et inquiets de toute initiative ou activité indépendante qui viendrait des masses ».



Cette vision est renforcée, selon un point de vue différent, par une étude récente réalisée par Jihad Yazigi, éditeur du magazine d'affaires Syria Report.



Il défend l'idée que dans le passé les avancées dans le secteur public ont permis au gouvernement Syrien d'acquérir une immense légitimité auprès des gens du peuple mais qu'elle a laissé place à « la désillusion depuis lors, après trois décennies de désinvestissement de l'Etat, de libéralisation du commerce, de mépris pour l'agriculture et les zones rurales, et de priorité mise sur le secteur des services ».



Yazigi fait remarquer que les efforts réalisés par Bashar al-Assad pour ouvrir l'économie ont également eu un impact négatif, puisque les accords de libre-échange et les réductions de droits de douane ont permis à la masse des produits étrangers d'écraser les producteurs locaux.



Parmi ceux qui ont été les plus durement frappés, les fermiers dans les zones rurales, touchés par la sécheresse mais aussi par les coupes dans les subventions publiques, qui « ont réduit la part de l'agriculture dans le PIB de 25 à 19% en moins d'une décennie. »



Les problèmes économiques actuels de la Syrie ont été aggravés par la croissance explosive des secteurs non-productifs du secteur privé, la « bourgeoisie parasitaire » contre laquelle Hammami nous mettait en garde.



L'économie marxiste Qadri Jamil estime que la corruption représente entre 20 et 40% du PIB syrien, nourrie par les contrats publics et l'exploitation des ressources de l’État, par exemple par la vente de biens subventionnés sur le marché noir.



Les proches et la famille de Bashar al-Assad en ont certainement été des bénéficiaires.



L'homme le plus riche du pays, Rami Makhlouf, est le cousin maternel d'Assad et possède des actifs allant de l'immobilier au principal opérateur de téléphone mobile du pays. Tous ces secteurs d'activité sont fortement tributaires des autorisations et des licences accordées par l’État.



Le chômage croissant – en particulier parmi les jeunes – la progression de la pauvreté et l'émergence visible d'une classe d’affairiste liée au pouvoir ont été des causes internes essentielles des troubles Syriens ainsi que des revendications portant sur une plus grande liberté politique.



Toutefois, les tentatives dans le passé pour pousser le parti Baath et le pays sur la voie des réformes politiques et du rajeunissement économique ont été vaines et le régime d'Assad a répondu mollement, et seulement après les manifestations de masse qui ont éclaté en 2011.



Depuis que la lutte a changé de nature, passant des manifestations civiles à la lutte armée, les doléances et revendications légitimes des manifestations initiales et les propositions de réforme d'Assad ont été rayées de l'ordre du jour.



Au lieu de cela, les vraies lignes de fractures sont tracées autour de questions d'importance régionale. La Syrie est un point d'appui fondamental dans la résistance à l'hégémonie américaine au Moyen-Orient, par les liens étroits qu'elle entretient avec le Hezbollah au Liban et avec l'Iran.



Il ne s'agit pas de réhabiliter l'ensemble de l'histoire de la politique étrangère de la Syrie. Hafez al-Assad est intervenu dans la guerre civile libanaise aux côtés des forces Maronites de droite en 1976 contre les Palestiniens et la gauche libanaise.



La Syrie a continué à occuper une bonne partie du Nord-Liban jusqu'en 2005. L'ingérence du « grand frère » Syrien au Liban a créé un énorme ressentiment qui perdure.



Dans la première guerre du Golfe de 1990-91, la Syrie a soutenu les États-Unis contre son voisin l'Irak. Le secrétaire d’État James Baker était à l'époque régulièrement invité à Damas.



Malgré tout, la Syrie a suivi en général une ligne indépendante au niveau international.



Désormais, les États-Unis perçoivent une occasion de changer la donne et de revendiquer une Syrie post-Assad, qui serait leur État client.



La stratégie américaine actuelle esquive l'intervention directe, optant plutôt par le recours à des forces agissant par procuration.



Le chroniqueur du Washington Post David Ignatius, bien informé généralement, écrivait le 19 juillet dernier que « la CIA travaille avec l'opposition Syrienne depuis des semaines, avec des directives non-létales, qui permet aux États-Unis de juger des groupes qu'il faut aider, dans le commandement et le contrôle des opérations. Des dizaines d'officiers de renseignement israéliens agissent également le long de la frontière Syrienne, tout en faisant profil bas ».



Ce en quoi consiste les directives létales et non-létales de la CIA est un point discutable, en particulier si on prend en compte les compte-rendus crédibles sur l'engagement direct de l'agence dans l'armement de milices triées sur le volet au sein de l'Armée syrienne libre. A côté des suspects habituels – les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne – la coalition internationale anti-Assad repose sur des partenaires plus improbables en apparence.



L'Arabie saoudite, qui fait face actuellement à des mouvements de protestation touchant sa population chiite, aimerait voir un régime pro-Riyad s'installer à Damas, privant ainsi l'Iran d'un allié essentiel.



Le gouvernement islamiste turc a assidûment courtisé la direction des Frères musulmans et reste la base logistique principale du commandement de l'Armée syrienne libre. En outre, il souhaiterait neutraliser les mouvements nationaux kurdes de Syrie, qui soutiennent la minorité kurde vivant en Turquie.



Israël continue à occuper des territoires non seulement palestiniens, mais aussi syriens et libanais. Israël s'est emparé des plateaux du Golan après la guerre de 1967 et la région abrite désormais certaines des technologies israéliennes d'espionnage les plus sophistiquées. Damas ne se trouve qu'à 50 km de là.



Dans une interview publiée dans le Miami Herald le 17 juillet, un haut responsable des services de renseignement israéliens, se trouvant à la frontière avec la Syrie, admettait qu’Israël réunissait des détails essentiels sur le déroulement du conflit.



« Nous savons, jusqu'aux noms des commandements de bataillons, ce qui se passe en Syrie », déclarait le responsable. « Ce sont des informations que nous partageons avec nos partenaires ».



On ne peut que devenir qui sont ces « partenaires », mais on peut raisonnablement supposer que, directement ou indirectement, ces informations militaires sensibles sont envoyées aux milices rebelles afin de leur permettre de coordonner leurs attaques.



La gauche en Grande-Bretagne, quelles que soient les critiques qu'elles puissent nourrir sur le gouvernement Assad, ne doit pas avoir beaucoup d'illusions sur qui sont les bénéficiaires actuels de la « révolution Syrienne ».

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 13:32

Flag-Pins-Syria-Algeria.jpgLe PADS appelle à condamner les agissements impérialistes en Syrie 

 

 

Communiqué du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

-Combattre les ingérences imperialistes

 

-Soutenir la mobilisation des forces patriotiques et progressistes contre la guerre déclenchée par les forces coalisées de l'impérialisme, de la réaction arabe et de l'obscurantisme 

 

Les Etats impérialistes ont franchi ces derniers jours un pas supplémentaire dans leur guerre déclarée contre la Syrie. Ils ne cachent plus leur volonté de passer outre l'opposition de la Russie et de la Chine au Conseil de Sécurité de l'ONU à leurs menées contre ce pays sous une couverture internationale "légale" dans le but de placer à sa tête des pantins serviles. La divulgation organisée des directives soi-disant secrètes d'Obama, directives donnant le feu vert à l'action de la CIA, est le signal d'une offensive sans précédent pour assassiner à l'aide de tous les moyens militaires les dirigeants, personnalités et militants qui refusent de se soumettre à leurs plans criminels et barbares d'asservissement des pays arabes. A travers cette divulgation, les USA officialisent des opérations secrètes programmées depuis des années et exécutées depuis l'an dernier en même temps qu'ils lançaient leurs opérations en Libye pour abattre le régime de Kaddafi. Ils donnent ouvertement le feu vert à la coordination des actions de toutes les forces impérialistes et réactionnaires internes pour détruire par la force la plus brutale un pays qui ne se plie pas à leurs volontés. 

 

La divulgation des directives d'Obama est intervenue au moment même où de toutes parts affluent vers la Syrie des groupes d'obscurantistes mercenaires grassement payés par l'Arabie saoudite et le Qatar, entraînés par des agents des USA, de la France et de la Grande-Bretagne, abondamment dotés d'armements modernes et de munitions de tout genre, de matériel de téléphonie sophistiqué. Des infiltrations massives ont lieu à partir de la Turquie, principalement, mais aussi de la Jordanie et des régions libanaises contrôlées par les forces de Hariri, pour semer la mort et les destructions dans les villes et les campagnes syriennes. L'Union européenne participe activement à ces opérations. Sous la direction du parti socialiste, la France impérialiste multiplie les menaces et les actes pour participer au dépeçage de la Syrie. L'envoi de militaires français à la frontière jordano-syrienne sous couvert d'aide médicale aux réfugiés syriens dissimule hypocritement des opérations d'espionnage préludant à une intervention militaire directe, comme au bon vieux temps du colonialisme quand la droite et la sociale-démocratie se relayaient pour satisfaire les intérêts de la bourgeoisie en bombardant Damas, menant la guerre contre le peuple algérien, aéroportant leurs paras à Suez, etc. L'Allemagne de son côté ne se croise pas les bras. Elle préside les commissions d'experts composés de représentants des multinationales et de harkis syriens qui s'affairent, avant même d'avoir remporter la partie, à distribuer les richesses de la Syrie entre les rapaces impérialistes sans oublier d'appâter les hommes d'affaires syriens qui accepteront une petite carotte en échange de leur félonie et de leur allégeance aux puissances étrangères.

 

Une insurrection armée qui n'a rien à voir avec les libertés démocratiques  

 

 

Il est évident depuis déjà l'an dernier que l'insurrection armée en Syrie soutenue par les puissances impérialistes et les monarchies théocratiques du Golfe n'a rien à voir avec un quelconque combat pour les libertés démocratiques et le progrès social. L'insurrection armée est le fait de groupes qui cachent de moins en moins leur volonté d'instaurer un Etat sectaire, remettant en cause la liberté de conscience et les libertés confessionnelles, qui ont fait jusqu'ici la particularité de la Syrie par rapport aux pays arabes et musulmans, et utilisant l'Islam pour faire accepter par les travailleurs et la paysannerie une exploitation des plus féroces. Seuls des gens de mauvaise foi ou à la solde de la grande bourgeoisie impérialiste peuvent continuer à afficher leur sympathie pour cette insurrection, à souhaiter l'intervention impérialiste et à répandre des mensonges pour tenter de la justifier. Il est clair comme le jour que les objectifs réels des puissances impérialistes sont de contrôler les richesses pétrolière des pays arabes, de soumettre les travailleurs de cette région à une surexploitation sans précédent pour régler sur leur dos les conséquences de la crise du système capitaliste. Il est clair que ces puissances cherchent à faire avorter les aspirations des peuples arabes à de vrais changements, à l'avènement de régimes démocratiques populaires qui expriment les intérêts des travailleurs, de la paysannerie laborieuse, des couches intermédiaires vivant du revenu de leur travail, qui mettent fin à l'accaparement et à  l'exploitation des richesses et du fruit du travail des producteurs par les multinationales et une minorité d'exploiteurs et de profiteurs locaux. 

 

Même si le régime syrien a changé de nature de classe et n'exprime plus depuis des années les intérêts fondamentaux des classes laborieuses de la Syrie, il est impossible de le placer sur le même plan que les terroristes islamistes et les puissances impérialistes. L'insurrection armée en Syrie a un caractère nettement réactionnaire, en raison des objectifs obscurantistes et de la vision sociale et économique ultra-libérale de ses chefs, de sa dépendance politique, financière et militaire des pays impérialistes et des monarchies théocratiques du Golfe, de son rôle de bras armé de cette coalition de forces étrangères. Ayant perdu le soutien d'une partie de la population qui avait sympathisé au début avec eux et qui avait été trompée par la propagande menée sous le masque de l'Islam, les chefs de l'insurrection tentent de s'imposer par la terreur et la violence la plus sauvage.

 

La responsabilité principale des malheurs qui se sont abattus sur le peuple syrien incombe aux dirigeants et aux politiciens bourgeois ou sociaux-démocrates des pays impérialistes. Les criminels de guerre sont ceux qui incitent depuis le début des troubles au refus de toute solution pacifique, au départ préalable du chef de l'Etat syrien, malgré le fait qu'il jouit du soutien de plus de la moitié de la population. C'est en premier lieu Hillary Clinton qui a appelé les rebelles intégristes à ne pas cesser la lutte armée au moment précis où hypocritement les USA donnaient leur accord au plan Annan. Ce sont aussi les dirigeants turcs, tunisiens, ceux de la France, de droite ou de "gauche" qui abritent les réunions des faux "Amis de la Syrie" ou celles des marionnettes syriennes baptisées CNS.  En fait les Etats impérialistes n'ont cherché qu'à discréditer les forces opposées à leur diktat. Ils ont manoeuvré pour obtenir un désarmement unilatéral de l'Etat syrien face aux groupes armés, avec l'aide habile de Kofi Annan et du chef des observateurs de l'ONU qui viennent de jeter le masque par leur déclaration sur l'inéluctabilité du départ du président syrien. Sous le mensonge grossier de faire reconnaître le droit à manifester, Hillary Clinton et ses féaux européens ont activement encouragé les groupes armés à poursuivre l'investigation de quartiers et de territoires en de nombreux points de la Syrie avec le renfort d'intégristes de toutes nationalités, turcs, libyens, tunisiens, algériens, etc. Ils leur ont donné le signal pour commettre des crimes sauvages imputés systématiquement et au mépris de la vérité à l'armée syrienne, comme ceux de Houlé de Treimsa et de bien d'autres. Comme par hasard ces crimes étaient à chaque fois organisés à la veille de rencontres internationales ou de réunions du Conseil de Sécurité de l'ONU pour arracher des décisions autorisant l'intervention de l'OTAN à l'instar de ce qui s'est passé en Libye.

 

L'impérialisme destructeur des nations  

 

      L'impérialisme ne se contente plus d'obtenir des nations économiquement dominées qu'elles livrent complètement leurs richesses aux appétits insatiables de ses multinationales. Il ne se satisfait pas de réformes politiques à l'ombre desquelles les classes possédantes jouent la comédie de la démocratie bourgeoisie formelle. Chaque fois que sa tendance à la domination sans frein se heurte à une résistance interne, quand bien même elle serait exprimée de façon timorée par ces classes, il est porté à détruire ces nations, à les morceler sur des bases confessionnelles ou ethniques sans se préoccuper des tragédies qu'il provoque au sein des peuples livrés à la logique folle de la course pour les surprofits. Indépendamment de la nature de classe des régimes dirigeants, la défense de la nation et de son intégrité territoriale, conquête importante et progressiste du mouvement de libération moderne, le combat pour empêcher le retour rétrograde au tribalisme, aux solidarités claniques ou aux communautarismes religieux, devient un aspect crucial de la lutte antiimpérialiste. Cette lutte ne peut être dissociée de la défense des intérêts et des aspirations sociales et politiques des classes laborieuses. Ce sont les masses populaires qui sont les meilleurs défenseurs des intérêts généraux de la nation. Les classes exploiteuses et affairistes, les couches sociales qui contribuent à la défense des intérêts de ces classes et des positions des multinationales, cherchent constamment le compromis avec l'impérialisme pour le convaincre de leur laisser quelques miettes du gâteau. 

 

L'attitude scandaleusement passive du pouvoir algérien face aux ingérences des pays impérialistes au Moyen Orient ou en Afrique n'est pas de nature à étonner. Elle reflète sa nature de classe antipopulaire, les liaisons financières et organiques qui se sont consolidées ces dernières années entre la bourgeoisie et les oligarchies impérialistes.

 

Les classes exploiteuses et affairistes ont plus peur des masses populaires que de l'impérialisme. C'est auprès de lui qu'elles cherchent la protection contre le mécontentement des classes populaires indignées par l'approfondissement des inégalités sociales et l'accaparement des richesses du pays par une minorité parasitaire.

 

Le PADS exprime sa solidarité aux forces antiimpérialistes et progressistes syriennes dans leur résistance héroïque à la guerre fomentée par la coalition des forces impérialistes, monarcho-théocratiques et des groupes qui utilisent l'Islam pour masquer leurs objectifs ultra-réactionnaires et leur trahison.

 

Il appuie les communistes syriens dans leur lutte pour lier la résistance à l'agression impérialo-réactionnaire, à la mobilisation démocratique des masses, à la mise en oeuvre d'une politique économique et sociale favorable aux intérêts de la classe ouvrière, de la paysannerie laborieuse, des petits producteurs, et rompant avec les mesures ultra-libérales qui ont affaibli l'économie syrienne, appauvri les masses populaires, enrichi une minorité de syriens et d'affairistes du Golfe. C'est cette politique qui a provoqué le mécontentement populaire et encouragé la réaction interne à se lancer dans une insurrection pour la prise du pouvoir sous le mot d'ordre démagogique et mensonger de la "liberté". Il appuie les efforts politiques et idéologiques déployés pour donner à leur action un caractère de classe indépendant des vues des courants antiimpérialistes petits-bourgeois ou de certaines tendances bourgeoises objectivement patriotiques.

 

Le PADS appelle à la condamnation des agissements impérialistes  

 

Le PADS dénonce le silence des responsables algériens devant les ingérences impérialistes en Syrie, la caution qu'ils apportent aux rôle interventionniste réactionnaire de la Ligue arabe dans les affaires de ce pays. La Ligue arabe est devenue un foyer de pressions et d'ingérences aux mains des régimes monarcho-théocratiques arabes actionnés par l'impérialisme. L'Algérie doit se retirer de cet organisme transformé en institution hostile aux intérêts des peuples arabes et à leur indépendance.

 

Le silence du gouvernement algérien et du chef de l'Etat sur ce sujet lors de la visite du ministre français des Affaires étrangères, l'absence de démenti aux propos de ce dernier sur la similitude de vues entre les responsables algériens et français sur les événements qui se déroulent au Mali et aux frontières de l'Algérie avec ce pays, événements créés par les intrigues impérialistes, français et américains notamment, pour contrôler le Sahel et ses richesses, ont encouragé les Etats impérialistes à intensifier leurs manoeuvres contre les peuples arabes et africains.

 

Le PADS dénonce le rôle des médias et des journaux algériens qui participent à la propagation des mensonges des puissances impérialistes pour justifier les sanctions prises et la guerre menée contre la Syrie.

 

Il appelle les antiimpérialistes algériens à combattre cette propagande, à dénoncer ceux qui la relayent consciemment et à condamner les agissements des puissances impérialistes et de leurs valets internes.

 

le 10 août 2012

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 11:44

leukefeld.jpg« Parmi la population, personne ne veut de cette guerre »





Entretien de weltnetz.tv avec Karin Leukefeld, journaliste allemande indépendante installée en Syrie.

 

 



Traduction WM pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 



Mme Leukefeld, on entend constamment dans les médias que les insurgés se seraient désormais emparés de la capitale syrienne, qui serait « libérée ». Comment cette libération est vécue par la population syrienne? Comment la population syrienne perçoit-elle ces insurgés ?



Tout d'abord, je dois dire que cette représentation n'est pas tout à fait correcte. Damas est une ville de plusieurs millions d'habitants, près de deux millions dans le centre, quatre millions environ dans la banlieue. Les insurgés sont forts avant tout dans les communes autour de Damas. Ils y ont livré des combats qui les ont opposé aux forces de l'ordre et à l'armée. La semaine passée, il y eut ce qu'on a appelé l'opération Volcan de Damas, un assaut sur la ville de Damas. Depuis, les rebelles ont bien avancé vers le centre de Damas, prenant d'assaut plusieurs postes de police.



Ainsi dans le quartier où je réside, on a entendu très nettement ces affrontements. Ces derniers jours, les tirs se sont tellement rapprochés que je ne pouvais plus quitter ma maison. Mais ces groupes ont été repoussés après une opération militaire de grossse envergure. L'armée syrienne utilise tous les armements à sa disposition, chars et artillerie compris. Des hélicoptères auraient été détruits par ailleurs. De ce que j'ai pu voir, je ne peux le confirmer. Mais les dix derniers jours ont été marqués de façon ininterrompue par des opérations militaires de grosse ampleur, dans la périphérie de Damas. Depuis samedi dernier, la ville a toutefois retroué son calme. Les gens essaient de retrouver une vie quotidienne normale. Les marchés ont rouvert, le trafic routier a repris – à un rythme certes moins élevé que d'habitude, mais il faut dire qu'on est en plein Ramadan.



De quel soutien les insurgés bénéficient-ils au sein de la population, et plus précisément dans la population sunnite?



Je ne demande pas aux gens leur confession quand je leur parle... Je vis actuellement dans un petit hôtel qui était presque vide au départ, mais depuis le début des attaques, il affiche complet. Beaucoup de gens se sont placés avec leurs enfants et un peu d'affaires en sécurité car ils ne savent pas comment les choses vont évoluer. Ces gens n'ont aucune sympathie pour les insurgés armés. Même si ils sentent bien que quelque chose doit changer dans la politique Syrienne, ils rejettent la violence. Dans la banlieue de Damas, par exemple dans des communes comme Jdeideh Artuz, Qutseiya ou Tadmoun, il existe probablement une base de soutien pour les forces armées, sinon ils ne pourraient s'installer dans ces régions comme ils l'ont fait. Et on peut aussi se demander si le soutien de la population est vraiment volontaire. On entend beaucoup de cas d'intimidation. Des cas par exemple de personnes devant fermer leurs magasins. Des appels sont lancés à la population, pour qu'elle prenne les armes et rejoigne les insurgés. C'est un chef de famille qui m'a dit: « J'ai un couteau de famille, pourquoi prendre les armes! Je refuse. La sécurité de ma famille est la chose la plus importante. »



Je voudrais avoir des informations plus précises sur la situation des minorités ethniques et religieuses en Syrie. A Damas, 15% de la population est chrétienne – comment leur vie a changé depuis le déclenchement du conflit armé ?



Je connais beaucoup de chrétiens en Syrie et j'ai des amis chrétiens ici – dont beaucoup vivent dans la vieille ville de Damas, près de Bab Touma, et c'est plutôt calme par là-bas. Les gens vaquent à leurs occupations quotidiennes. Il y a deux jours, je parlais à un jeune homme qui me demandait : « Que pensez-vous des informations venant de l'étranger », je lui ai répondu :« J'ai l'impression que beaucoup ne savent pas vraiment ce qui se passe ici ». Il était au bord des larmes pour me dire : « Nous ne savons pas quoi faire pour faire passer des informations à l'étranger, sur ce qui se passe réellement ici ». On se sent isolé, incompris, comme si on décrivait la situation d'un conflit dans un autre pays. Je crois que c'est un souci pour beaucoup de gens, qui ont l'impression que, hors de Syrie, on se fait une représentation déformée de ce qu'ils voient, ce qu'ils pensent de leur sort, et qui ne correspond pas à ce à quoi ils aspirent.



On a l'impression que le peuple est broyé entre les différentes parties avec leurs intérêts. D'une part, le gouvernement Assad avec l'armée et ses services secrets, d'autre part, les insurgés soutenus par l'Occident. Quelle influence le peuple Syrien a-t-il sur les événements en Syrie ?



A mon avis, aucune. Les manifestations qui se sont produites en mars, avril et mai 2011, exigeant des réformes politiques, sont désormais hors-jeu. L'opposition politique est elle aussi hors d'état, et la population est elle-même subie à de fortes pressions, d'ordre économique. Pour dire les choses clairement : les responsables de ces pressions économiques sont aussi les sanctions continuellement alourdies par l'Union européenne. Par exemple, il n'y a actuellement plus de gaz pour faire la cuisine. Tous les ménages sont concernés. Les gens doivent attendre jusqu'à six semaine voire plus pour obtenir une bouteille de gaz à un prix abordable. L'essence et le mazout manquent, car les sanctions touchent aussi le secteur pétrolier. Ce qui signifie que la vie quotidienne des Syriens est terriblement affectée par les sanctions, par les problèmes économiques et par la violence, ils n'ont donc plus la capacité de s'exprimer sur le plan politique.



Ce que vous nous décrivez s'applique avec d'autant plus de force à Alep, avec les événements de la dernière semaine. A Alep, il y a une explosion de violence en ce moment. Des compte-rendus font état de 4 000 rebelles qui auraient pris la ville. Quel rôle joue Alep dans le conflit en Syrie ?



Alep est la capitale économique du pays, très importante aussi par sa proximité avec la Turquie et l'Europe. C'est une ville qui se trouve sur la ligne reliant la Méditerranée et l'Asie. Il y a l'autoroute, le chemin de fer, des aéroports, une université. C'est une ville d'une grande importance. Combien de rebelles se trouvent dans la ville, je ne peux le vérifier. Hier, j'ai téléphoné à quelqu'un qui se trouve à Alep, qui m'a dit qu'une bonne partie de la ville est totalement calme. Les batailles se déroulent en périphérie, où les pauvres habitent – dans le sud et le nord-est. Et il m'a dit qu'il y avait des problèmes d'approvisionnement. L'électricité est limitée, le pain rationné, l'essence de plus en plus rare. C'est le même schéma que nous connaissons ici à Damas. Je crois aussi que l'importance d'Alep vient du fait qu'elle s'est révélée d'une neutralité totale au cours des 16 premiers mois du conflit. Comme à Damas, il y eut des petites manifestations sur le campus de l'université, que les forces de sécurité ont violemment réprimé... Mais la protestation ne s'est pas étendue aux trois millions d'habitants que compte Alep. Alep abrite une population très mélangée. Il y a les Arabes, les Kurdes, les Arméniens, les Turkmènes, beaucoup de chrétiens – plus de 20% de la population – et tout indique que la population ne veut pas de ce conflit. Cette guerre, on lui a imposé. Les gens veulent des réformes politiques, cela ressort clairement des nombreuses conversations que j'ai eu sur place. Mais ils ne veulent pas de cet affrontement militaire. Mais désormais la guerre est là, ce qui a sans doute à voir avec la proximité avec la Turquie, d'où les combattants bénéficient d'un appui logistique et militaire, c'est ce que l'on peut imaginer. Si cette ville est prise, on pourrait la séparer du reste de la Syrie et établir une zone tampon réclamé depuis longtemps.



On le sait désormais de source officielle, cela a même filtré dans « Der Spiegel » du 26 juillet, que les États-Unis apportent un soutien militaire au Qatar et à l'Arabie saoudite depuis le mois de mai. Pourquoi l'Occident soutient des régimes fondamentalistes comme l'Arabie saoudite, et tentent de renverser des États laïques comme la Syrie ou la Libye ?



Il y a des raisons géostratégiques. Le Qatar et l'Arabie saoudite possèdent les plus importances ressources et matières premières au monde. Le pétrole, le gaz. Le Qatar et l'Arabie saoudite sont de puissants investisseurs d'économies en difficulté, en Europe et surtout aux États-Unis. Ils sont donc à bien des égards, avant tout sur le plan financier et dans la sécurisation de sources en hydrocarbures, des partenaires clés, que l'Occident veut protéger. Leur dessein est évident, depuis le Qatar et l'Arabie saoudite, construire des pipelines depuis la péninsule Arabique, via la Turquie et vers l'Europe. Et la Syrie serait d'une certaine manière également sur le chemin. On veut casser le lien qui existe entre la Syrie et l'Iran. C'est une situation géostratégique et politique très complexe dans la région. L'ingérence de l’Occident pour moi n'a rien à voir avec l'amélioration de la situation des droits de l'Homme et de la situation économique, mais tout à voir avec des raisons géostratégiques qui expliquent pourquoi on coopère avec certains régimes et qu'on tente de faire tomber certains autres. Je pense clairement qu'on a la preuve désormais qu'ils n'ont pas intérêt à une résolution politique du conflit en Syrie, ils veulent véritablement mener une guerre ici. Des interlocuteurs m'ont dit ici qu'il s'agit d'une sorte de troisième guerre mondiale entre les Etats-unis et la Russie, sur le dos des Syriens, en pays Syrien. Les Syriens vont en payer le prix fort, sans être aucunement associés à la solution du conflit.



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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 14:03

Syrian-rebels-seek-help-waging-civil-war-NTMV6M7-x-large.jpgLa Syrie est en guerre



Article d'Albano Nunes, membre du secrétariat du Parti communiste portugais pour Avante !



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La Syrie vit des moments dramatiques pour son peuple. Les combats touchent désormais les principales villes du pays, Damas tout d'abord puis Alep, la capitale économique de la Syrie. Par la frontière avec la Jordanie, entrent des dizaines de milliers de mercenaires(40 à 60 000 ces derniers jours, selon certaines sources) recrutés dans des pays comme la Libye et l'Afghanistan, nombre d'entre eux appartenant à des groupes terroristes.



Se poursuit et s'intensifie l'entrée d'armes dans le pays, notamment d'armes lourdes comme des dispositifs anti-chars et des lance-roquettes fournis par l'OTAN, via la Turquie et les monarchies dictatoriales du Conseil de Coopération du Golfe.Les groupes armés et financés à partir de l'étranger par une coalition de la terreur menée par les États-Unis, la France et l'Allemagne, opérant à partir de la Turquie et financés par le Qatar et l'Arabie saoudite, tentent de prendre des positions à la frontière pour faciliter l'entrée de nouveaux armements et de nouveaux hommes. Il est de plus en plus difficile de cacher la présence d'agents étrangers britanniques et français sur le terrain, et que les agents de la CIA entraînent et choisissent les hommes qui, à partir des camps d'entraînement en Turquie, sont infiltrés dans le pays. L'armée israélienne renforce ses positions et son action sur le plateau du Golan et fait peser une menace sur le gouvernement syrien. L'armée turque concentre d'énormes moyens militaires à la frontière avec la Syrie. Les « rebelles » exigent du Conseil de sécurité de l'ONU qu'il donne le feu vert aux bombardements sur un peuple qu'ils prétendent défendre. La Russie et la Chine, dans une résistance notable aux pressions et se défendant de ce qu'ils savent être un projet qui touche à leur propre sécurité et à leurs propres intérêts, bloquent sur le terrain diplomatique la légitimation de la guerre d'agression directe.



L'attentat terroriste de la semaine dernière contre le siège de la sécurité nationale syrienne, qui a tué trois haut-responsables du gouvernement syrien, dont le ministre de la Défense, Daud Rajha, nous indique bien jusqu'où est prêt à aller la prétendue Armée libre syrienneet les puissances impérialistes impliquées dans le projet de soumission de la Syrie. La version officielle des événements parie sur un attentat suicide, mais des récits circulent sur la possibilité d'une attaque aérienne de drones, les avions sans pilote nord-américains qui tuent des centaines de civils au Yémen et au Pakistan. Si cette version venait à se confirmer, nous serions face à une preuve éclairante du degré d'implication des États-Unis, ce qui est confirmé d'ailleurs par les actions de ces derniers jours, comme le blocage du signal satellite de la chaîne Al-Douniasyrienne ou le piratage du compte Twitterde cette même chaîne par la CIA.



La Syrie est en guerre, voilà la vérité. Une guerre montée sur le terrain pendant plus d'un an, programmée dans les couloirs du Pentagone des temps de l'administration Bush, financée depuis des années par une chaîne criminelle de financement et l'injection de millions de dollars qui a alimenté des mercenaires politiques, pantins de Washington et de l'OTAN, qui intègrent aujourd'hui le Conseil national syrien. Des gens qui défilent dans les réunions du Club Bilderberg, vivent confortablement à Paris (comme Kodami, une des figures de proue du CNS) ou à Coventry (comme Rami Abdel Rahman), le visage du sinistre Observatoire syrien des droits de l'Homme). Le pays qui pendant des décennies n'a pas connu de conflits ethniques ou communautaires ; le pays où chiites, sunnites, alaouites, druzes, kurdes et chrétiens coexistaient pacifiquement ; le pays où les religions musulmanes et chrétiennes coexistaient pacifiquement dans un des seuls États arabes laïcs du monde, ce pays, un des seuls éléments de stabilité dans la région troublée du Moyen-Orient, est entraîné par l'impérialisme dans une guerre dont les fondements reposent sur l'incitation à la violence communautaire, qui peut condamner le peuple syrien à des années, si ce n'est des décennies, de guerre et qui peut dégénérer en guerre régionale qui, au vu de l'internationalisation à laquelle elle est sujette, peut conduire à un conflit aux dimensions imprévues.



Mais rien n'est jamais totalement écrit. L'opération Volcan de Damass'est conclue par une énorme défaite militaire des « rebelles » et l'armée syrienne reprend le contrôle de diverses régions du pays. C'est une lutte pour la souveraineté du peuple syrien, et aussi incroyable que cela puisse paraître, au vu de la violence des combats, pour la paix au Moyen-Orient et dans le monde.

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 09:23

Flag-map of SyriaPour la paix en Syrie, agir contre l’entreprise impérialiste d’asservissement et de dissolution du pays


Article EDT pour http://vivelepcf.fr/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Les événements de Syrie sont dramatiques. La situation de guerre, longtemps confinée à quelques villes, semble s’étendre à l’ensemble du pays. Il y a déjà des milliers de morts. Cela risque de n’être qu’un début.

Début 2011, un mouvement pacifique et légitime s’est développé porteur d’aspirations sociales et démocratiques. Il a été réprimé d’une façon inacceptable avant une libéralisation politique relative et bien trop tardive.

Les Etats-Unis, ses alliés européens de l’OTAN, Israël, ainsi que des dictatures du Golfe et la Turquie s’en servent comme prétexte à une ingérence massive, attisant la guerre, avec comme modèle et perspective, un scénario à la libyenne ou à l’irakienne, des dizaines de milliers de morts, une décomposition du pays, la fin de sa souveraineté, le pillage de ses richesses.

En France, nous ne pouvons pas l’accepter, nous ne pouvons rester sans rien faire.

Ce qui se passe en Syrie, c’est bien une guerre et non la répression d’une révolte populaire. Elle oppose deux forces armées, celle du régime en place d’une part, celle, d’autre part, structurée progressivement depuis des mois à partir d’éléments disparates et puissamment équipée par les puissances impérialistes qui ont intérêt à sa chute voire à l’éclatement de la Syrie. Les armes affluent via l’Arabie Saoudite et le Qatar. La Turquie sert de base arrière.



Une propagande mondiale est mise en œuvre pour justifier l’entreprise de déstabilisation de la Syrie. La télévision qatarienne Al Jezira inonde le monde arabe. La propagande est caricaturale en France. Elle n’est pas sans rappeler, par son outrance, celle qui précéda les guerres du Golfe.



Mais même les observateurs, lointains, « des droits de l’Homme », basés depuis des décennies à Londres ou à New York, à qui l’impérialisme a conféré un contrôle mondial totalitaire de « l’information », commencent à être obligés de reconnaître la situation de guerre. Il est ainsi maintenant avéré que le journaliste français Gilles Jacquier a été tué en janvier par un tir d’obus des « rebelles ». Les morts des « massacres » sont unilatéralement imputés à la cruauté du régime mais il se vérifie qu’ils ont été victimes aussi bien des armes et des crimes des uns que des autres, de l’horreur de la guerre. On ne peut plus cacher que, dans la population ou parmi les réfugiés, l’adhésion politique à la « rébellion » (ou au régime) est aussi faible que le refus de la guerreet l’inquiétude pour l’avenir du pays sont grands.

 

120724_Bacahr_Sarko.jpgComme d’habitude, la démocratie a bon dos.  Ceux qui font semblant de découvrir que le régime, dont Bachar El Assad a hérité de son père, est un régime autoritaire, fondé entre autres sur un appareil répressif, prennent l’opinion publique pour des imbéciles. Ce sont les mêmes, qui tel Sarkozy sur la tribune du défilé du 14 juillet 2008, place de la Concorde, faisaient hier encore l’accolade au président syrien. Dans la croisade anti-syrienne pour la « démocratie » figurent, sans que cela n’émeuve les « amis de la démocratie » de sordides dictatures obscurantistes comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite…



Les forces impérialistes occidentales ont changé de stratégie vis-à-vis de la Syrie.



Après la disparition de son allié soviétique en 1991, elles avaient cherché à renforcer leur influence, en s’accommodant du système en place, sans se soucier, ici comme ailleurs, de liberté politique, mais en forçant la « libéralisation » de l’économie du pays. Le peuple l’a payé d’une remise en cause d’une partie ses acquis sociaux et d’une nouvelle montée de la corruption.



A la faveur du mouvement de protestation populaire comme dans d’autres pays arabes en 2011, l’impérialisme a trouvé le moyen politique de tenter d’abattre l’Etat syrien.



Les « révoltes arabes » lui ont déjà permis d’intervenir militairement en Libye et de faire éclater la république pétrolière dans l’intérêt de ses multinationales. En Tunisie et en Egypte, l’impérialisme a adroitement accompagné la substitution au pouvoir des dictatures d’hier par de nouvelles équipes dirigeantes islamistes ultra-réactionnaires, qui préservent au mieux ses intérêts et ceux des capitalistes locaux et ne laissent aucun espoir de libéralisation démocratique réelle, encore moins d’amélioration des conditions d’exploitation des travailleurs. Au Barheïn, il a laissé son allié saoudien écraser la révolte populaire par les armes.



En Syrie, dans ce contexte global, à défaut de possibilité, pour l’instant, si près d’Israël, d’intervention militaire directe, l’impérialisme a œuvré par la propagande, par l’action des services secrets, par l’action extérieure massive. Le travail de déstabilisation et d’organisation d’une opposition armée s’est révélé long et laborieux. Les groupes d’opposition politiques sont très divisés et peu représentatifs, en dehors des islamistes, notamment les bourgeoisies émigrées. Le régime El Assad, échaudé par la situation de ses voisins, a fait des concessions politiques comme la fin de l’état d’urgence et tenue d’élections pluripartites. Sa cohésion, construite sur des décennies de dictature, reste grande.



L’entreprise impérialiste et ses relais locaux se sont employés à détourner le mouvement social, légitime et pacifique, l’aspiration à une libéralisation politique, pour établir un climat de violence, à provoquer la réaction l’appareil répressif d’El Assad, à exacerber, par le sang, les divisions religieuses historiques, à dévoyer un par un des cadres du régime, à inonder d’argent et d’armes les candidats potentiels à la rébellion. Indéniablement, leur plan avance maintenant plus rapidement. Vers quelle perspective ? La plus sombre pour le peuple syrien.



Pourquoi la coalition impérialiste associant l’Occident, USA, UE, Israël, la Turquie, les dictatures du Golfe veut-elle détruire l’Etat syrien ? C’est le dernier Etat du monde arabe à affichage laïque et socialiste, non aligné historiquement sur l’impérialisme occidental. Il se situe géographiquement sur les routes du pétrole. Il possède la dernière armée non asservie à l’impérialisme occidental. La Syrie a été un point d’appui décisif dans la mise en échec en 2006 de la guerre israélienne au Liban. L’Etat colonialiste, fer de lance de l’impérialisme, ne le tolère pas et exige sa destruction. Pour la Turquie, dirigée par des islamistes, c’est aussi l’occasion d’étendre sa zone d’influence économique à ses portes, de renforcer la pression sur le peuple Kurde.



Le risque est maintenant réel d’un scénario à l’iraquienne avec décomposition de l’Etat, éclatement du pays, affrontements intercommunautaires, captation des richesses et paupérisation générale. Il n’y a pas d’illusion à avoir, c’est le choix de l’impérialisme. La « paix » en Irak depuis 2004 a fait entre 115.000 et 140.000 morts violentes. En Syrie, dans les années 20, les colonialistes français avaient déjà échafaudé un plan de partition du pays entre zones sunnite, alaouite etc.



120725_Syrie-300x261.jpgLa Russie, animée par ses seuls intérêts géostratégiques et économiques, s’efforce d’empêcher cette perspective, de rendre possible une transition politique qui maintienne une certaine cohésion et indépendance du pays, sous protectorat conjoint des puissances impérialistes.



L’urgence, c’est l’arrêt du processus de guerre. En France, nous pouvons agir pour la paix en Syrie.



François Hollande et Laurent Fabius se sont empressés mettre leurs pas dans ceux de Sarkozy, Hollande envisageant même une intervention militaire directe. La France confirme son rôle d’éclaireur de l’impérialisme américano-européen. Les leçons des expéditions derrière l’OTAN, décidées par les gouvernements successifs, en Afghanistan, en Irak et en Libye, dramatiques pour ces pays, lourdes pour le nôtre, ne suffisent donc pas !



Nous condamnons ces positions graves des gouvernants français. Nous demandons que la France exclue et condamne toute intervention militaire, sous l’égide de l’ONU ou non. Nous demandons qu’elle agisse, notamment à la tribune de l’ONU, pour :



-          Un cessez-le-feu immédiat et l’ouverture de pourparlers entre les parties en guerre;



-          L’interdiction, sous peine de sanction, de toute livraison d’armes à l’un ou l’autre des belligérants;



-          La condamnation de toute intervention politique étrangère en Syrie;



-          La défense des droits élémentaires de la femme et de l’homme en Syrie comme dans tous les pays de la région, dont l’Arabie Saoudite;



-          La restauration de l’intégrité territoriale de la Syrie avec l’évacuation par Israël du Plateau du Golan illégalement annexé;



-          Pour une reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-est comme capitale, clef de la paix dans toute la région;



La paix en Syrie passe par l’arrêt de l’ingérence impérialiste.  L’avenir de la Syrie passe le respect du droit de son peuple syrien de lui-même et des richesses de son pays. Il passe par la paix.  

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