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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 11:44

leukefeld.jpg« Parmi la population, personne ne veut de cette guerre »





Entretien de weltnetz.tv avec Karin Leukefeld, journaliste allemande indépendante installée en Syrie.

 

 



Traduction WM pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 



Mme Leukefeld, on entend constamment dans les médias que les insurgés se seraient désormais emparés de la capitale syrienne, qui serait « libérée ». Comment cette libération est vécue par la population syrienne? Comment la population syrienne perçoit-elle ces insurgés ?



Tout d'abord, je dois dire que cette représentation n'est pas tout à fait correcte. Damas est une ville de plusieurs millions d'habitants, près de deux millions dans le centre, quatre millions environ dans la banlieue. Les insurgés sont forts avant tout dans les communes autour de Damas. Ils y ont livré des combats qui les ont opposé aux forces de l'ordre et à l'armée. La semaine passée, il y eut ce qu'on a appelé l'opération Volcan de Damas, un assaut sur la ville de Damas. Depuis, les rebelles ont bien avancé vers le centre de Damas, prenant d'assaut plusieurs postes de police.



Ainsi dans le quartier où je réside, on a entendu très nettement ces affrontements. Ces derniers jours, les tirs se sont tellement rapprochés que je ne pouvais plus quitter ma maison. Mais ces groupes ont été repoussés après une opération militaire de grossse envergure. L'armée syrienne utilise tous les armements à sa disposition, chars et artillerie compris. Des hélicoptères auraient été détruits par ailleurs. De ce que j'ai pu voir, je ne peux le confirmer. Mais les dix derniers jours ont été marqués de façon ininterrompue par des opérations militaires de grosse ampleur, dans la périphérie de Damas. Depuis samedi dernier, la ville a toutefois retroué son calme. Les gens essaient de retrouver une vie quotidienne normale. Les marchés ont rouvert, le trafic routier a repris – à un rythme certes moins élevé que d'habitude, mais il faut dire qu'on est en plein Ramadan.



De quel soutien les insurgés bénéficient-ils au sein de la population, et plus précisément dans la population sunnite?



Je ne demande pas aux gens leur confession quand je leur parle... Je vis actuellement dans un petit hôtel qui était presque vide au départ, mais depuis le début des attaques, il affiche complet. Beaucoup de gens se sont placés avec leurs enfants et un peu d'affaires en sécurité car ils ne savent pas comment les choses vont évoluer. Ces gens n'ont aucune sympathie pour les insurgés armés. Même si ils sentent bien que quelque chose doit changer dans la politique Syrienne, ils rejettent la violence. Dans la banlieue de Damas, par exemple dans des communes comme Jdeideh Artuz, Qutseiya ou Tadmoun, il existe probablement une base de soutien pour les forces armées, sinon ils ne pourraient s'installer dans ces régions comme ils l'ont fait. Et on peut aussi se demander si le soutien de la population est vraiment volontaire. On entend beaucoup de cas d'intimidation. Des cas par exemple de personnes devant fermer leurs magasins. Des appels sont lancés à la population, pour qu'elle prenne les armes et rejoigne les insurgés. C'est un chef de famille qui m'a dit: « J'ai un couteau de famille, pourquoi prendre les armes! Je refuse. La sécurité de ma famille est la chose la plus importante. »



Je voudrais avoir des informations plus précises sur la situation des minorités ethniques et religieuses en Syrie. A Damas, 15% de la population est chrétienne – comment leur vie a changé depuis le déclenchement du conflit armé ?



Je connais beaucoup de chrétiens en Syrie et j'ai des amis chrétiens ici – dont beaucoup vivent dans la vieille ville de Damas, près de Bab Touma, et c'est plutôt calme par là-bas. Les gens vaquent à leurs occupations quotidiennes. Il y a deux jours, je parlais à un jeune homme qui me demandait : « Que pensez-vous des informations venant de l'étranger », je lui ai répondu :« J'ai l'impression que beaucoup ne savent pas vraiment ce qui se passe ici ». Il était au bord des larmes pour me dire : « Nous ne savons pas quoi faire pour faire passer des informations à l'étranger, sur ce qui se passe réellement ici ». On se sent isolé, incompris, comme si on décrivait la situation d'un conflit dans un autre pays. Je crois que c'est un souci pour beaucoup de gens, qui ont l'impression que, hors de Syrie, on se fait une représentation déformée de ce qu'ils voient, ce qu'ils pensent de leur sort, et qui ne correspond pas à ce à quoi ils aspirent.



On a l'impression que le peuple est broyé entre les différentes parties avec leurs intérêts. D'une part, le gouvernement Assad avec l'armée et ses services secrets, d'autre part, les insurgés soutenus par l'Occident. Quelle influence le peuple Syrien a-t-il sur les événements en Syrie ?



A mon avis, aucune. Les manifestations qui se sont produites en mars, avril et mai 2011, exigeant des réformes politiques, sont désormais hors-jeu. L'opposition politique est elle aussi hors d'état, et la population est elle-même subie à de fortes pressions, d'ordre économique. Pour dire les choses clairement : les responsables de ces pressions économiques sont aussi les sanctions continuellement alourdies par l'Union européenne. Par exemple, il n'y a actuellement plus de gaz pour faire la cuisine. Tous les ménages sont concernés. Les gens doivent attendre jusqu'à six semaine voire plus pour obtenir une bouteille de gaz à un prix abordable. L'essence et le mazout manquent, car les sanctions touchent aussi le secteur pétrolier. Ce qui signifie que la vie quotidienne des Syriens est terriblement affectée par les sanctions, par les problèmes économiques et par la violence, ils n'ont donc plus la capacité de s'exprimer sur le plan politique.



Ce que vous nous décrivez s'applique avec d'autant plus de force à Alep, avec les événements de la dernière semaine. A Alep, il y a une explosion de violence en ce moment. Des compte-rendus font état de 4 000 rebelles qui auraient pris la ville. Quel rôle joue Alep dans le conflit en Syrie ?



Alep est la capitale économique du pays, très importante aussi par sa proximité avec la Turquie et l'Europe. C'est une ville qui se trouve sur la ligne reliant la Méditerranée et l'Asie. Il y a l'autoroute, le chemin de fer, des aéroports, une université. C'est une ville d'une grande importance. Combien de rebelles se trouvent dans la ville, je ne peux le vérifier. Hier, j'ai téléphoné à quelqu'un qui se trouve à Alep, qui m'a dit qu'une bonne partie de la ville est totalement calme. Les batailles se déroulent en périphérie, où les pauvres habitent – dans le sud et le nord-est. Et il m'a dit qu'il y avait des problèmes d'approvisionnement. L'électricité est limitée, le pain rationné, l'essence de plus en plus rare. C'est le même schéma que nous connaissons ici à Damas. Je crois aussi que l'importance d'Alep vient du fait qu'elle s'est révélée d'une neutralité totale au cours des 16 premiers mois du conflit. Comme à Damas, il y eut des petites manifestations sur le campus de l'université, que les forces de sécurité ont violemment réprimé... Mais la protestation ne s'est pas étendue aux trois millions d'habitants que compte Alep. Alep abrite une population très mélangée. Il y a les Arabes, les Kurdes, les Arméniens, les Turkmènes, beaucoup de chrétiens – plus de 20% de la population – et tout indique que la population ne veut pas de ce conflit. Cette guerre, on lui a imposé. Les gens veulent des réformes politiques, cela ressort clairement des nombreuses conversations que j'ai eu sur place. Mais ils ne veulent pas de cet affrontement militaire. Mais désormais la guerre est là, ce qui a sans doute à voir avec la proximité avec la Turquie, d'où les combattants bénéficient d'un appui logistique et militaire, c'est ce que l'on peut imaginer. Si cette ville est prise, on pourrait la séparer du reste de la Syrie et établir une zone tampon réclamé depuis longtemps.



On le sait désormais de source officielle, cela a même filtré dans « Der Spiegel » du 26 juillet, que les États-Unis apportent un soutien militaire au Qatar et à l'Arabie saoudite depuis le mois de mai. Pourquoi l'Occident soutient des régimes fondamentalistes comme l'Arabie saoudite, et tentent de renverser des États laïques comme la Syrie ou la Libye ?



Il y a des raisons géostratégiques. Le Qatar et l'Arabie saoudite possèdent les plus importances ressources et matières premières au monde. Le pétrole, le gaz. Le Qatar et l'Arabie saoudite sont de puissants investisseurs d'économies en difficulté, en Europe et surtout aux États-Unis. Ils sont donc à bien des égards, avant tout sur le plan financier et dans la sécurisation de sources en hydrocarbures, des partenaires clés, que l'Occident veut protéger. Leur dessein est évident, depuis le Qatar et l'Arabie saoudite, construire des pipelines depuis la péninsule Arabique, via la Turquie et vers l'Europe. Et la Syrie serait d'une certaine manière également sur le chemin. On veut casser le lien qui existe entre la Syrie et l'Iran. C'est une situation géostratégique et politique très complexe dans la région. L'ingérence de l’Occident pour moi n'a rien à voir avec l'amélioration de la situation des droits de l'Homme et de la situation économique, mais tout à voir avec des raisons géostratégiques qui expliquent pourquoi on coopère avec certains régimes et qu'on tente de faire tomber certains autres. Je pense clairement qu'on a la preuve désormais qu'ils n'ont pas intérêt à une résolution politique du conflit en Syrie, ils veulent véritablement mener une guerre ici. Des interlocuteurs m'ont dit ici qu'il s'agit d'une sorte de troisième guerre mondiale entre les Etats-unis et la Russie, sur le dos des Syriens, en pays Syrien. Les Syriens vont en payer le prix fort, sans être aucunement associés à la solution du conflit.



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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 14:03

Syrian-rebels-seek-help-waging-civil-war-NTMV6M7-x-large.jpgLa Syrie est en guerre



Article d'Albano Nunes, membre du secrétariat du Parti communiste portugais pour Avante !



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La Syrie vit des moments dramatiques pour son peuple. Les combats touchent désormais les principales villes du pays, Damas tout d'abord puis Alep, la capitale économique de la Syrie. Par la frontière avec la Jordanie, entrent des dizaines de milliers de mercenaires(40 à 60 000 ces derniers jours, selon certaines sources) recrutés dans des pays comme la Libye et l'Afghanistan, nombre d'entre eux appartenant à des groupes terroristes.



Se poursuit et s'intensifie l'entrée d'armes dans le pays, notamment d'armes lourdes comme des dispositifs anti-chars et des lance-roquettes fournis par l'OTAN, via la Turquie et les monarchies dictatoriales du Conseil de Coopération du Golfe.Les groupes armés et financés à partir de l'étranger par une coalition de la terreur menée par les États-Unis, la France et l'Allemagne, opérant à partir de la Turquie et financés par le Qatar et l'Arabie saoudite, tentent de prendre des positions à la frontière pour faciliter l'entrée de nouveaux armements et de nouveaux hommes. Il est de plus en plus difficile de cacher la présence d'agents étrangers britanniques et français sur le terrain, et que les agents de la CIA entraînent et choisissent les hommes qui, à partir des camps d'entraînement en Turquie, sont infiltrés dans le pays. L'armée israélienne renforce ses positions et son action sur le plateau du Golan et fait peser une menace sur le gouvernement syrien. L'armée turque concentre d'énormes moyens militaires à la frontière avec la Syrie. Les « rebelles » exigent du Conseil de sécurité de l'ONU qu'il donne le feu vert aux bombardements sur un peuple qu'ils prétendent défendre. La Russie et la Chine, dans une résistance notable aux pressions et se défendant de ce qu'ils savent être un projet qui touche à leur propre sécurité et à leurs propres intérêts, bloquent sur le terrain diplomatique la légitimation de la guerre d'agression directe.



L'attentat terroriste de la semaine dernière contre le siège de la sécurité nationale syrienne, qui a tué trois haut-responsables du gouvernement syrien, dont le ministre de la Défense, Daud Rajha, nous indique bien jusqu'où est prêt à aller la prétendue Armée libre syrienneet les puissances impérialistes impliquées dans le projet de soumission de la Syrie. La version officielle des événements parie sur un attentat suicide, mais des récits circulent sur la possibilité d'une attaque aérienne de drones, les avions sans pilote nord-américains qui tuent des centaines de civils au Yémen et au Pakistan. Si cette version venait à se confirmer, nous serions face à une preuve éclairante du degré d'implication des États-Unis, ce qui est confirmé d'ailleurs par les actions de ces derniers jours, comme le blocage du signal satellite de la chaîne Al-Douniasyrienne ou le piratage du compte Twitterde cette même chaîne par la CIA.



La Syrie est en guerre, voilà la vérité. Une guerre montée sur le terrain pendant plus d'un an, programmée dans les couloirs du Pentagone des temps de l'administration Bush, financée depuis des années par une chaîne criminelle de financement et l'injection de millions de dollars qui a alimenté des mercenaires politiques, pantins de Washington et de l'OTAN, qui intègrent aujourd'hui le Conseil national syrien. Des gens qui défilent dans les réunions du Club Bilderberg, vivent confortablement à Paris (comme Kodami, une des figures de proue du CNS) ou à Coventry (comme Rami Abdel Rahman), le visage du sinistre Observatoire syrien des droits de l'Homme). Le pays qui pendant des décennies n'a pas connu de conflits ethniques ou communautaires ; le pays où chiites, sunnites, alaouites, druzes, kurdes et chrétiens coexistaient pacifiquement ; le pays où les religions musulmanes et chrétiennes coexistaient pacifiquement dans un des seuls États arabes laïcs du monde, ce pays, un des seuls éléments de stabilité dans la région troublée du Moyen-Orient, est entraîné par l'impérialisme dans une guerre dont les fondements reposent sur l'incitation à la violence communautaire, qui peut condamner le peuple syrien à des années, si ce n'est des décennies, de guerre et qui peut dégénérer en guerre régionale qui, au vu de l'internationalisation à laquelle elle est sujette, peut conduire à un conflit aux dimensions imprévues.



Mais rien n'est jamais totalement écrit. L'opération Volcan de Damass'est conclue par une énorme défaite militaire des « rebelles » et l'armée syrienne reprend le contrôle de diverses régions du pays. C'est une lutte pour la souveraineté du peuple syrien, et aussi incroyable que cela puisse paraître, au vu de la violence des combats, pour la paix au Moyen-Orient et dans le monde.

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 09:23

Flag-map of SyriaPour la paix en Syrie, agir contre l’entreprise impérialiste d’asservissement et de dissolution du pays


Article EDT pour http://vivelepcf.fr/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Les événements de Syrie sont dramatiques. La situation de guerre, longtemps confinée à quelques villes, semble s’étendre à l’ensemble du pays. Il y a déjà des milliers de morts. Cela risque de n’être qu’un début.

Début 2011, un mouvement pacifique et légitime s’est développé porteur d’aspirations sociales et démocratiques. Il a été réprimé d’une façon inacceptable avant une libéralisation politique relative et bien trop tardive.

Les Etats-Unis, ses alliés européens de l’OTAN, Israël, ainsi que des dictatures du Golfe et la Turquie s’en servent comme prétexte à une ingérence massive, attisant la guerre, avec comme modèle et perspective, un scénario à la libyenne ou à l’irakienne, des dizaines de milliers de morts, une décomposition du pays, la fin de sa souveraineté, le pillage de ses richesses.

En France, nous ne pouvons pas l’accepter, nous ne pouvons rester sans rien faire.

Ce qui se passe en Syrie, c’est bien une guerre et non la répression d’une révolte populaire. Elle oppose deux forces armées, celle du régime en place d’une part, celle, d’autre part, structurée progressivement depuis des mois à partir d’éléments disparates et puissamment équipée par les puissances impérialistes qui ont intérêt à sa chute voire à l’éclatement de la Syrie. Les armes affluent via l’Arabie Saoudite et le Qatar. La Turquie sert de base arrière.



Une propagande mondiale est mise en œuvre pour justifier l’entreprise de déstabilisation de la Syrie. La télévision qatarienne Al Jezira inonde le monde arabe. La propagande est caricaturale en France. Elle n’est pas sans rappeler, par son outrance, celle qui précéda les guerres du Golfe.



Mais même les observateurs, lointains, « des droits de l’Homme », basés depuis des décennies à Londres ou à New York, à qui l’impérialisme a conféré un contrôle mondial totalitaire de « l’information », commencent à être obligés de reconnaître la situation de guerre. Il est ainsi maintenant avéré que le journaliste français Gilles Jacquier a été tué en janvier par un tir d’obus des « rebelles ». Les morts des « massacres » sont unilatéralement imputés à la cruauté du régime mais il se vérifie qu’ils ont été victimes aussi bien des armes et des crimes des uns que des autres, de l’horreur de la guerre. On ne peut plus cacher que, dans la population ou parmi les réfugiés, l’adhésion politique à la « rébellion » (ou au régime) est aussi faible que le refus de la guerreet l’inquiétude pour l’avenir du pays sont grands.

 

120724_Bacahr_Sarko.jpgComme d’habitude, la démocratie a bon dos.  Ceux qui font semblant de découvrir que le régime, dont Bachar El Assad a hérité de son père, est un régime autoritaire, fondé entre autres sur un appareil répressif, prennent l’opinion publique pour des imbéciles. Ce sont les mêmes, qui tel Sarkozy sur la tribune du défilé du 14 juillet 2008, place de la Concorde, faisaient hier encore l’accolade au président syrien. Dans la croisade anti-syrienne pour la « démocratie » figurent, sans que cela n’émeuve les « amis de la démocratie » de sordides dictatures obscurantistes comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite…



Les forces impérialistes occidentales ont changé de stratégie vis-à-vis de la Syrie.



Après la disparition de son allié soviétique en 1991, elles avaient cherché à renforcer leur influence, en s’accommodant du système en place, sans se soucier, ici comme ailleurs, de liberté politique, mais en forçant la « libéralisation » de l’économie du pays. Le peuple l’a payé d’une remise en cause d’une partie ses acquis sociaux et d’une nouvelle montée de la corruption.



A la faveur du mouvement de protestation populaire comme dans d’autres pays arabes en 2011, l’impérialisme a trouvé le moyen politique de tenter d’abattre l’Etat syrien.



Les « révoltes arabes » lui ont déjà permis d’intervenir militairement en Libye et de faire éclater la république pétrolière dans l’intérêt de ses multinationales. En Tunisie et en Egypte, l’impérialisme a adroitement accompagné la substitution au pouvoir des dictatures d’hier par de nouvelles équipes dirigeantes islamistes ultra-réactionnaires, qui préservent au mieux ses intérêts et ceux des capitalistes locaux et ne laissent aucun espoir de libéralisation démocratique réelle, encore moins d’amélioration des conditions d’exploitation des travailleurs. Au Barheïn, il a laissé son allié saoudien écraser la révolte populaire par les armes.



En Syrie, dans ce contexte global, à défaut de possibilité, pour l’instant, si près d’Israël, d’intervention militaire directe, l’impérialisme a œuvré par la propagande, par l’action des services secrets, par l’action extérieure massive. Le travail de déstabilisation et d’organisation d’une opposition armée s’est révélé long et laborieux. Les groupes d’opposition politiques sont très divisés et peu représentatifs, en dehors des islamistes, notamment les bourgeoisies émigrées. Le régime El Assad, échaudé par la situation de ses voisins, a fait des concessions politiques comme la fin de l’état d’urgence et tenue d’élections pluripartites. Sa cohésion, construite sur des décennies de dictature, reste grande.



L’entreprise impérialiste et ses relais locaux se sont employés à détourner le mouvement social, légitime et pacifique, l’aspiration à une libéralisation politique, pour établir un climat de violence, à provoquer la réaction l’appareil répressif d’El Assad, à exacerber, par le sang, les divisions religieuses historiques, à dévoyer un par un des cadres du régime, à inonder d’argent et d’armes les candidats potentiels à la rébellion. Indéniablement, leur plan avance maintenant plus rapidement. Vers quelle perspective ? La plus sombre pour le peuple syrien.



Pourquoi la coalition impérialiste associant l’Occident, USA, UE, Israël, la Turquie, les dictatures du Golfe veut-elle détruire l’Etat syrien ? C’est le dernier Etat du monde arabe à affichage laïque et socialiste, non aligné historiquement sur l’impérialisme occidental. Il se situe géographiquement sur les routes du pétrole. Il possède la dernière armée non asservie à l’impérialisme occidental. La Syrie a été un point d’appui décisif dans la mise en échec en 2006 de la guerre israélienne au Liban. L’Etat colonialiste, fer de lance de l’impérialisme, ne le tolère pas et exige sa destruction. Pour la Turquie, dirigée par des islamistes, c’est aussi l’occasion d’étendre sa zone d’influence économique à ses portes, de renforcer la pression sur le peuple Kurde.



Le risque est maintenant réel d’un scénario à l’iraquienne avec décomposition de l’Etat, éclatement du pays, affrontements intercommunautaires, captation des richesses et paupérisation générale. Il n’y a pas d’illusion à avoir, c’est le choix de l’impérialisme. La « paix » en Irak depuis 2004 a fait entre 115.000 et 140.000 morts violentes. En Syrie, dans les années 20, les colonialistes français avaient déjà échafaudé un plan de partition du pays entre zones sunnite, alaouite etc.



120725_Syrie-300x261.jpgLa Russie, animée par ses seuls intérêts géostratégiques et économiques, s’efforce d’empêcher cette perspective, de rendre possible une transition politique qui maintienne une certaine cohésion et indépendance du pays, sous protectorat conjoint des puissances impérialistes.



L’urgence, c’est l’arrêt du processus de guerre. En France, nous pouvons agir pour la paix en Syrie.



François Hollande et Laurent Fabius se sont empressés mettre leurs pas dans ceux de Sarkozy, Hollande envisageant même une intervention militaire directe. La France confirme son rôle d’éclaireur de l’impérialisme américano-européen. Les leçons des expéditions derrière l’OTAN, décidées par les gouvernements successifs, en Afghanistan, en Irak et en Libye, dramatiques pour ces pays, lourdes pour le nôtre, ne suffisent donc pas !



Nous condamnons ces positions graves des gouvernants français. Nous demandons que la France exclue et condamne toute intervention militaire, sous l’égide de l’ONU ou non. Nous demandons qu’elle agisse, notamment à la tribune de l’ONU, pour :



-          Un cessez-le-feu immédiat et l’ouverture de pourparlers entre les parties en guerre;



-          L’interdiction, sous peine de sanction, de toute livraison d’armes à l’un ou l’autre des belligérants;



-          La condamnation de toute intervention politique étrangère en Syrie;



-          La défense des droits élémentaires de la femme et de l’homme en Syrie comme dans tous les pays de la région, dont l’Arabie Saoudite;



-          La restauration de l’intégrité territoriale de la Syrie avec l’évacuation par Israël du Plateau du Golan illégalement annexé;



-          Pour une reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-est comme capitale, clef de la paix dans toute la région;



La paix en Syrie passe par l’arrêt de l’ingérence impérialiste.  L’avenir de la Syrie passe le respect du droit de son peuple syrien de lui-même et des richesses de son pays. Il passe par la paix.  

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 09:59

Flag-Pins-Turkey-Syria.jpgUne centaine d'intellectuels turcs s'adressent au gouvernement Turc pour arrêter la machine de guerre contre la Syrie


 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Une centaine d'intellectuels, d'artistes, d'universitaires et d'hommes politiques ont publié un communiqué appelant les institutions étatiques Turques, principalement le Premier ministre, le chef d'Etat-major et le ministre des Affaires étrangères à s'excuser auprès de la Turquie et de la Syrie, une déclaration signée également par plusieurs dirigeants du Parti communiste de Turquie (TKP).

 

Le communiqué a été publié par plusieurs quotidiens en Turquie et a eu un impact important à un moment où le gouvernement mené par l'AKP est de plus en plus critiqué pour sa politique vis-à-vis de la Syrie, et s'inquiètent sérieusement des sondages qui révèlent que la majorité des Turcs n'approuvent pas ces politiques et s'opposent à toute agression contre la Syrie.


 

De la part des intellectuels au pouvoir politique: Excusez-vous auprès des peuples de Turquie et de Syrie


 

Les derniers événements à la frontière Syrienne nous inquiètent, comme ils inquiètent notre peuple qui choisit résolument le camp de la paix.

 

Citoyens et intellectuels de ce pays, nous nous adressons aux institutions qui sont directement responsable des dernières évolutions de la relation avec ce pays voisin, et des tout derniers événements.

 

Nous, au moins autant que le peuple Syrien lui-même, désirons qu'il puisse vivre en liberté, dans la justice et la prospérité. Or, nous plaçons notre confiance dans les forces progressistes et les intellectuels de ce pays, et réaffirmons un sentiment de fraternité, qui s'est noué tout d'abord dans la lutte contre le colonialisme, entre personnes de croyances et de communautés différentes.

 

Nous n'estimons pas que l'OTAN ou tout autre organisation impérialiste fera une œuvre de « bienfaisance » en Syrie.

 

Nous, tout d'abord, nous adressons au Premier Ministre, au Ministre des Affaires étrangères et au chef d’État-major et à l'ensemble des hauts fonctionnaires :

 

Arrêtez les provocations ouvrant la voie à opération de l'OTAN en Syrie. Arrêtez d'armer des forces hostiles dans ce pays voisin.

 

Nous nous opposons fermement à ce que l'on mente à notre peuple, à ce qu'on l'abreuve de propagande belliciste, et à ce que l'on suive la voie de l'occupation d'un pays ou de sa mise sous tutelle par une force internationale occupante. Stop!

 

Nous nous adressons à toutes les institutions en question et exigeons que vous vous excusiez auprès des peuples de Turquie et de Syrie, de vos méthodes reposant sur « la duperie et le mensonge » à laquelle vous eurent recours lors de l'affaire de l'avion de chasse Turc, dont nous croyons fermement qu'il a été abattu dans l'espace aérien Syrien.

 

Premiers signataires (ordre alphabétique):

 

Abdullah Aydın, éditeur d'un journal révolutionnaire
Abdullah Nefes, poète, éditeur
Abdurrahman Bayramoğlu, avocat
Abidin Yağmur, journaliste
Adnan Serdaroğlu, secrétaire général du syndicat DISK (Confédération des syndicats révolutionnaires), président du syndicat des travailleurs de la métallurgie

Ahmet Abakay, président de l'Association des journalistes
Ahmet Alpay Dikmen, professeur
Ahmet Atalık, président de la branche agronomique du syndicat des ingénieurs et architectes (TMMOB)

Ahmet Borazan, délégué syndical à Manisa du syndicat de la santé SES
Ahmet Kale, éditeur
Ahmet Meriç Şenyüz, journaliste
Akif Akalın, médecin, écrivain
Ali Abbas Akkaya, journaliste
Ali Çerkezoğlu, Secrétaire général du Syndicat des médecins d'Istanbul

Ali Çetin, vice-président de la Fédération des associations de consommateurs (TUDEF)

Ali Kemal Akgül, membre de la direction du syndicat SES à Izmir

Ali Kenanoğlu, président de l'association culturelle Hubyar Sultan Alevi
Ali Ozan Emre, poète, auteur
Ali Rıza Aydın, ancien rapporteur de la Cour constitutionnelle
Ali Yiğit, ancien président du syndicat des ingénieurs électriciens (EMO)
Alinur Uğurpakkan, artiste graphique
Alper Birdal, membre du Comité central du Parti communiste turc (TKP)
Alper Taş, co-président du Parti de la liberté et de la solidarité (ÖDP)
Arda Kavaklıoğlu, acteur de théâtre
Arif Berberoğlu, poète, traducteur
Arif Okay, chercheur, écrivain
Arslan Dağlı, président du centre culturel PSAKD de Samsun
Arzu Çerkezoğlu, présidente du Syndicat révolutionnaire des travailleurs de la santé (DISK)
Aslı Kayabal, écrivaine
Atilla Özsever, journaliste
Attila Aşut, journaliste, écrivain
Aydemir Güler, membre du comité central du Parti communiste turc (TKP)
Ayhan Erdoğan, avocat
Aylin Topal, enseignant
Aysan Sümercan, actrice de théâtre
Ayşe Kaygusuz, poète et écrivaine
Ayşegül Alpak, actrice de théâtre
Ayten Akbayram, peintre (...)

 

cf la liste intégrale des signataires: http://haber.sol.org.tr/soldakiler/aydinlardan-iktidara-turkiye-ve-suriye-halklarindan-ozur-dileyin-haberi-57186

 



 
 
 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 18:59

tr}tkp4Le Parti communiste turc (TKP) dénonce les manoeuvres bellicistes du gouvernement Erdogan contre la Syrie

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

L'abattage d'un avion de reconnaissance Turc sur l'espace aérien Syrien démontre l'ampleur des sales et sanglantes manœuvres du gouvernement AKP sous les auspices des États-Unis et d’Israël. Il ne s'agit pas de la première provocation du gouvernement AKP contre la Syrie. Des bandes armées sont entraînées sur le territoire turc, avec des armes fournies par des agents de la CIA et les autorités Turques.

 

Personne ne peut effacer, sous un discours d' « unité nationale », le fait qu'un avion de guerre volait dans un autre pays afin de récolter des informations pour les États-Unis et Israël.

 

Le gouvernement AKP est coupable. Et le crime ne peut pas être dissimulé par des cris de guerre et des déclarations inculpant la Syrie. Sur quelle base pouvez-vous les tenir pour responsable ? Vous voulez l'emporter en disant : 'Nous sommes en train de comploter contre votre pays, et vous osez défendre votre territoire' ?

 

Justice, droit et vérité sont des vertus humaines dont vous êtes loin. Ces valeurs autant que le droit international suffisent à placer le gouvernement AKP sur le banc des accusés. Il faut payer le prix de cette provocation. Erdogan doit démissionner.

 

Le Parti populaire républicain (CHP), qui se prétend être le principal parti d'opposition, ferait mieux de se taire. CHP critique l'AKP sur son bellicisme, et joue sur la corde d'un pseudo-héroisme en disant « si la patrie est en jeu, nous nous unirons » ; toutefois, ils doivent savoir que l'opération conduite avec l'aide des États-Unis et d’Israël est clairement une trahison.

 

Le Parti communiste de Turquie appelle le peuple à mettre en échec les plans du gouvernement, à faire taire les tambours de guerre et à tourner le dos aux vautours qui appellent à « donner une leçon à la Syrie ».

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Liban-Syrie
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