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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 10:43

15 septembre 1982: le massacre de Sabra et Chatila



de Robert Fisk, grand reporter britannique (The Independent) spécialiste du Proche-Orient et du Liban en particulier



Repris par le Parti Communiste d'Australie, dans le numéro du 16 septembre du Guardian



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



A l'aube, le 15 septembre 1982, la Force Israélienne de Défense (Tsahal en hébreu) avait complètement encerclé les camps de Sabra et de Chatila au Liban, et contrôlé toutes les entrées et toutes les sorties par le biais de checkpoints. Tsahal occupait aussi un certain nombre de bâtiments à plusieurs étages comme des postes d'observation.



Le Ministre de la Défense Ariel Sharon et le Chef d'Etat-major Rafael Eitan avaient rencontré les unités miliciennes Phalangistes Libanaises, les invitant à entrer dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila. D'après le plan Israélien, les soldats Israéliens contrôleraient le périmètre autour des camps de réfugiés et apporteraient un soutien logistique pendant que les Phalangistes entreraient dans les camps, trouveraient les combattants de l'OLP et les livreraient aux forces Israéliennes.



Une heure plus tard, 1 500 miliciens se réunissaient à l'aéroport International de Beyrouth, occupé par Israël. Ils commençaient à se diriger vers les camps dans des jeeps fournies par Tsahal en suivant les ordres Israéliens sur la manière d'entrer dans les camps.

 

La première unité de 150 Phalangistes est entrée dans les camps à 6 heures. Une bataille s'ensuit que les Palestiniens eux-mêmes ont décrit comme un véritable peloton d'exécution pour les Palestiniens. Pendant la nuit, les Forces Israéliennes ont tiré des fusées éclairantes au-dessus des camps. Selon une infirmière Hollandaise, le camp était aussi éclairé « qu'un stade de football pendant un match ».



A 11 heures, un rapport était envoyé au QG de Tsahal à Beyrouth-Est, annonçant la mort de 300 personnes, parmi lesquelles des civils. Des rapports du même type se sont succédés tout au long de la nuit. Certains de ses rapports ont été transmis au gouvernement Israélien à Jérusalem et lus par un certain nombre de haut fonctionnaires Israéliens.

 

Pendant les 36 à 48 heures qui ont suivi, les Phalangistes ont massacré les habitants de Sabra et Chatila, pendant que les militaires Israéliens gardaient les sorties et continuaient à lancer des fusées éclairantes en pleine nuit.



Ce que nous avons trouvé dans le camp Palestinien à 10 heures du matin, le 16 septembre 1982, défie l'entendement, bien qu'il serait plus aisé d'en reparler dans la prose froide d'un examen médical. Il y avait eu des examens médicaux auparavant au Liban, mais rarement de cette ampleur et jamais supervisés par une armée régulière, soi-disant disciplinée. Dans la panique et la haine déchaînée par la guerre, des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées dans ce pays. Mais ces gens, des centaines, ont été exécutés alors qu'ils étaient sans armes. C'était un massacre de masse, un événement – combien il est facile d'utiliser le mot “événement” au Liban – c'était aussi une atrocité. C'est allé bien plus loin que ce que les Israéliens auraient appelé, en d'autres circonstances, une action terroriste. C'était un crime de guerre.



Dans un premier temps nous étions incapables d'exprimer notre indignation. Bill Foley de l'AP était avec nous. Tout ce qu'il a pu dire alors qu'il visitait le camp, c'était “Jésus Christ” encore et encore. Nous aurions pu témoigner de quelques exécutions; même d'une dizaine de corps, tués dans le feu du combat. Mais il y avait dans les maisons des femmes étendues avec leurs jupes déchirées au niveau de la taille et leurs jambes écartées, des enfants aux gorges tranchées, des rangées de jeunes gens abattus dans le dos après avoir été alignés au mur d'exécution. Il y avait des bébés – des bébés tout noirs car ils avaient été tués 24 heures auparavant et que leurs petits corps étaient déjà en état de décomposition – jetés dans des dépotoirs à côté de boîtes de rations Américaines abandonnées, de matériel de guerre Israélien et de bouteilles de whisky vides.

 

Où étaient les meurtriers? Ou pour utiliser le vocabulaire des Israéliens, où étaient les « terroristes »? Quand nous sommes redescendus en voiture vers Chatila, nous avons vu les Israéliens tout en haut des appartements de l'avenue Camille Chamoun mais ils n'ont pas essayé de nous arrêter. En fait, nous avions été conduit en premier lieu au camp de Bourj al-Barajneh car quelqu'un nous avait dit qu'il y avait eu un massacre là-bas. Tout ce que nous avons vu, c'était un soldat Libanais poursuivant un voleur de voitures dans la rue. C'était seulement quand on a repris notre chemin et dépassé l'entrée de Chatila que Jenkins a décidé d'arrêter la voiture. « Je n'aime pas ça », a-t-il dit. « Où sont-ils tous? Quelle est cette p....n d'odeur ? »



Juste à l'entrée-sud du camp, il y avait un certain nombre de petites maisons, aux murs en béton. J'avais réalisé de nombreuses interviews dans ces taudis à la fin des années 1970. Quand nous avons traversé l'entrée boueuse de Chatila, nous avons remarqué que ces bâtiments avaient été complètement dynamités. Il y avait des caisses de cartouches tout au long de la route principale. J'ai vu plusieurs douilles de fusées éclairantes Israéliens, toujours attachées à leurs petits parachutes. Des nuages de mouches volaient autour des décombres, attaquant en essaim.

 

Dans une ruelle à notre droite, à pas plus de 50 mètres de l'entrée, s'entassait une pile de cadavres. Il y en avait plus d'une douzaine: des jeunes gens dont les bras et les jambes avait été entrelacés dans l'agonie de la mort. Tous avaient été abattus à bout-portant d'une balle dans la joue, arrachant complètement la chair jusqu'à l'oreille et entrant dans le cerveau. Certains avaient des plaies ouvertes ou des balafres noires autour de leurs gorges. Un d'entre eux avait été castré.



Les yeux de ces jeunes hommes étaient tout ouverts. Les plus jeunes avaient seulement 12 ou 13 ans. Ils étaient habillés en jeans et avec des T-shirts de couleur, le tissu collait de manière absurde à leur chair maintenant que leurs corps commençaient à gonfler dans la chaleur ambiante. Ils n'ont pas été volés. Sur un poignet noirci une montre Suisse indiquait l'heure exacte, la seconde main bougeant au rythme du tic-tac, en vain elle dépensait ainsi les dernières énergies de son propriétaire mort.



De l'autre côté de la route principale, en suivant des traces à travers les débris, nous avons trouvé les corps de cinq femmes et de plusieurs enfants. Les femmes étaient d'âge moyen et leurs cadavres étaient entassés sur une pile de gravats. Une était étendue sur le dos, sa robe toute déchirée et la tête d'une petite fille se dégageait derrière elle. La fille avait des cheveux bruns, courts et bouclés, ses yeux nous fixaient et elle fronçait les sourcils. Elle était morte.

 

Un autre enfant était couché sur la route comme une poupée désarticulée, sa robe blanche tâchée de boue et de poussière. Elle ne pouvait pas avoir plus de trois ans. Une des femmes tenait aussi un tout petit bébé sur son corps. La balle qui a traversé sa poitrine a aussi tué le bébé.

 

Alors que nous restions au même endroit, nous avons entendu un cri en Arabe venant des ruines, « Ils reviennent », criait un homme. Donc nous avons couru vers la route. Je pense, rétrospectivement, que c'était probablement la rage qui nous a empêché de partir, car nous attendions maintenant près de l'entrée du camp pour entrevoir les visages des hommes qui étaient responsables de tout cela. Ils avaient dû être envoyés ici avec permission Israélienne. Ils devaient être armés par les Israéliens. Leur ouvrage avait manifestement été suivi – minutieusement observé – par les Israéliens qui continuaient à nous surveiller à travers leurs jumelles.

 

Quand un meurtre devient une atrocité? Quand une atrocité devient un massacre? Ou, pour poser la question différemment, combien de meurtres font un massacre? Trente? Cent? Trois cent? Quand un massacre n'est-il pas un massacre? Quand les chiffres ne sont pas assez élevés? Ou quand le massacre est mené par les amis d'Israël plutôt que par les ennemis d'Israël?

 

Cela, je m'en doutais, était le véritable argument. Si les troupes Syriennes avaient traversé Israël, encerclé un Kibboutz et permis à leurs alliés Palestiniens de massacrer les habitants Juifs, aucune agence de presse Occidentale n'aurait perdu son temps après-coup à discuter pour savoir s'il fallait le considérer comme un massacre ou non.

 

Mais à Beyrouth, les victimes étaient des Palestiniens. Les coupables étaient certainement des miliciens Chrétiens – de quelle unité en particulier, nous n'en sommes toujours pas sûrs – mais les Israéliens étaient aussi coupables. Si les Israéliens n'avaient pas pris part aux massacres, ils avaient sans aucun doute envoyé la milice dans le camp. Ils les avaient entraîné, leur avaient donné des uniformes, des rations militaires américaines et du matériel médical Israélien. Ensuite ils ont observé les meurtriers dans les camps, ils leur apporté un soutien militaire – la Force Aérienne Israélienne a parachuté toutes ces fusées éclairantes pour aider les hommes qui étaient en train de massacrer les habitants de Sabra et Chatila – et ils ont établi des contacts militaires avec les meurtriers dans les camps.



Site du PC d'Australie: http://www.cpa.org.au/



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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 07:12

Le PC Libanais en appelle à préparer la résistance au projet Netanyahu-Obama



Déclaration du Bureau Politique du Parti Communiste Libanais


Beyrouth, 21 juin


Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Une fois de plus, les leaders de l'ennemi Sioniste ont mis le monde Arabe au bord du gouffre tandis qu'aucun des dirigeants Arabes n'a levé le petit doigt en réaction.

 

Une fois de plus, Benjamin Netanyahu, détenteur de la double nationalité Américaine et Israélienne, défie les Arabes, et les Palestiniens en particulier, en réaffirmant d'une manière brutale, digne d'un régime d'apartheid, qu'Israel doit rester l'Etat ultime pour tous les Juifs du monde; que la Jérusalem arabe doit être unifiée sous la bannière Sioniste pour devenir la capitale de l'Etat sioniste; qu'il n'y a pas de droit au retour pour les réfugiés Palestiniens; et que les nouvelles colonies ne seront pas démantelées mais au contraire que le gouvernement Israelien apportera toute l'aide nécessaire aux nouveaux colons.

 

Nous n'avons pas du tout été surpris par le contenu du discours de Netanyahu à Bar Ilan, il y a une semaine, puisqu'il constituait la suite logique et attendue de la position exprimée par le Ministre Israélien des Affaires Etrangères, Avigdor Liberman. En fait, cette position a été renforcée par le discours du Président des Etats-Unis, où il invitait les Arabes à reconnaître le droit des “Juifs” au viol et au pillage de la patrie Palestinienne. Nous avons toutefois été mis en colère (mais pas surpris) par la réaction des dirigeants Arabes, que ce soit en Palestine ou dans tout le monde Arabe, qui ont simplement condamné ces déclarations sans même essayer de mettre en place une session d'urgence des ministres des Affaires Etrangères, sans parler d'un sommet Arabe d'urgence.

 

Ce n'est certainement pas la première fois dans l'histoire récente que les dirigeants Arabes, qu'ils soient dirigeants de régimes Arabes reconnus officiellement ou non, abandonnent leurs devoirs laissant ainsi l'initiative aux Sionistes, et aux Etats-Unis en arrière-plan. Ensuite, quand un laps de temps suffisant est passé, et quand c'est trop tard, ils pleurent pour tout ce qui a été perdu.

 

Le contenu du discours de Netanyahu, et avant cela du discours d'Obama, est vraiment très dangereux. Il ouvre la voie à de nouveaux massacres contre les Palestiniens, alors que nous n'avons pas encore oublié le dernier massacre à Gaza, qui pour Netanyahu fait partie du territoire Judéen. La recrudescence des discussions sur l'alternative d'un “transfert de population” vers le Liban et la Jordanie n'est un secret pour personne depuis qu'elles ont été révélées au grand jour en 2003. Ce qui a été écrit et publié aux Etats-Unis, confirme que des projets sont en cours pour une nouvelle vague d'immigration forcée et de nettoyage ethnique contre le peuple Palestinien pas seulement à Gaza et en Cisjordanie mais aussi pour tous ces Palestiniens vivant sur les territoires originaux de la Palestine de 1948. En réalité, cela a été aussi exposé par les Néo-Conservateurs, qui sont alliés aux Sionistes les plus extrêmistes, et qui sont actuellement représentés dans l'administration Américaine d'Obama dans les mêmes proportions qu'à l'époque de George Bush Junior.

 

Voilà l'Etat “juif”qui est l'objet de toutes les discussions en ce moment entre Washington et Tel Aviv. C'est l'Etat pur, religieux, raciste qui sera construit par de nouvelles injustices et par le nettoyage ethnique contre le peuple Palestinien et sa cause juste. Dans ce contexte, on doit reconnaître que les Juifs n'ont jamais constitué une nation ou une ethnie, et que ce n'est pas la véritable raison pour laquelle les Etats-Unis soutiennent Israel. Au contraire, Israel est un Etat qui se prépare à jouer un rôle majeur dans la relance du projet pour un Nouveau Moyen-Orient, qui est basé sur le morcellement et la division du monde Arabe en de petits Etats religieux, communautaires se querellant et se faisant la guerre entre eux pendant qu'ils sont tous contrôlés et sous la sphère d'influence des Etats-Unis et d'Israel. Israel est l'Etat qui agit comme une rampe de lancement pour permettre aux Etats-Unis de reprendre le contrôle de tous les pays Arabes et de leurs ressources naturelles; prenant ainsi le contrôle de cette position stratégique qui permet de contrôler les mers adjacentes et par-là les routes d'approvisionnement mondiales du pétrole et du gaz.

 

Le projet Américain relooké, qui a été mis en échec par l'Intifada du peuple palestinien, et ensuite par la résistance héroique du peuple Libanais en Juillet 2006, constitue un nouveau danger et une menace pour le peuple Arabe, pour leurs ressources naturelles, leur sécurité et leur indépendance. Il constitue une menace pour l'existence et les droits du peuple Palestinien. Il constitue également une menace pour le peuple Libanais qui peut être l'objet d'une nouvelle agression Israélienne ou pourrait avoir à porter le poids des nouvelles vagues d'immigration venant de Palestine ou alors de l'établissement définitif de centaines de milliers de réfugiés Palestiniens au Liban. Résister à ce projet nécessite la concentration des efforts, des moyens et des compétences pour une résistance populaire totale et nécessite la mobilisation d'une aide internationale en vue d'une telle résistance.

 

Donc, le bureau politique du Parti Communiste Libanais en appelle à tous les progressistes, les Arabes de gauche et communistes, et en appelle à tous ceux qui résistent, pour qu'ils acceptent leurs responsabilités, en concentrant les efforts nécessaires, et pour qu'ils se préparent à mettre en échec ce nouveau projet Américain. Il en appelle aussi à tous pour qu'ils luttent contre l'inflexion continue des régimes Arabes dans le processus de normalisation des relations avec l'ennemi Sioniste: premièrement en imposant une rupture des relations diplomatiques et commerciales avec Israel et deuxièmement en luttant pour pousser les régimes Arabes à revoir leurs relations avec les Etats-Unis, en particulier en réexaminant les accords pétroliers, commerciaux et militaires qui ont été signés avec les Etats-Unis.

 

Le parti en appelle aussi aux partis Communistes et Ouvriers à travers le monde pour qu'ils mobilisent promptement des forces dans leurs propres pays en soutien au peuple Palestinien et au peuple Arabe dans leur résistance à la machine de guerre Sioniste et dans leur résistance aux projets Américains.


 

Site du Parti Communiste Libanais: http://test1.lcparty.org/


Répercuté en anglais par: http://www.solidnet.org/

 

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 06:20

Les élections législatives libanaises

 

 

De Marie Nassif-Debs, responsable des relations internationales du PCL

 

Beyrouth, le 9 juin 2009

 

 

 

La loi de 1960 et les résultats prévus



Le lundi 8 juin, à midi, le ministre libanais de l’intérieur a publié les résultats officiels des élections législatives, annonçant la victoire de la majorité sortante, alliée des Etats-Unis et connue sous le nom de « Forces du 14 mars », sur l’opposition, alliée de la Syrie et de l’Iran et connue sous le nom de « Forces du 8 mars ». La différence étant de 14 sièges : 71 à 57.

Cette annonce a mis fin à une période d’escalade confessionnelle qui durait depuis plus de dix mois et dont la conséquence fut l’exacerbation des divisions qui suivirent l’agression israélienne de juillet 2006 et se répercutèrent dans des affrontements populaires et armés généralisés ; le point culminant fut, sans aucun doute, la bataille du 7 mai 2008 qui donna lieu à l’Accord de Doha et, par suite, à la loi selon laquelle se déroulèrent les élections du 7 juin 2009.


 

L’Accord de Doha et la loi de 1960


 

Cet accord, signé le 16 mai 2008, est formé de trois points essentiels :

 

1 - L’élection d’un président de consensus, mettant fin ainsi à plus de huit mois de vide constitutionnel.

 

2 - La formation d’un gouvernement dit « d’unité nationale » dans lequel le groupe du 8 mars serait représenté par le tiers, ce qui constituerait une garantie pour ce groupe et lui donnerait le droit de veto au cas où la majorité tenterait de faire passer des projets sur lesquels il ne serait pas d’accord.

 

3 - Le retour à la loi de 1960, basée sur le vote majoritaire et divisant le pays en 28 petites circonscriptions ayant, chacune, une couleur confessionnelle dominante. Un seul changement : un nouveau découpage des circonscriptions de la capitale, afin de permettre au mouvement de Saad Hariri de faire main basse sur tous les sièges sunnites.

 

Et, si les leaders présents à Doha avaient, dans leur majorité écrasante, dénigré, dès leur retour au pays, la loi de 1960, cependant ils ne firent rien pour s’en séparer ; bien au contraire : tous entérinèrent sans rechigner les clauses de l’accord, y compris celle se rapportant à la formation d’une liste commune entre le « Mouvement du futur » (14 mars), le Hezbollah et le « Mouvement AMAL » (8 mars) dans la seconde circonscription de Beyrouth. Ajoutons que,  vu les couleurs confessionnelles des circonscriptions, il était aisé de savoir, bien avant les élections, les résultats de quelques 100 sièges sur les 128 qui forment le parlement ; ce qui signifie que le peuple libanais n’a pas voté et que la majorité écrasante des députés étaient nommés et non élus.
 

Cette situation fait qu’il était quasi impossible de bien veiller sur la démocratie des élections, puisque la loi elle-même fausse les suffrages. A cela il faudra ajouter l’argent, l’abus de pouvoir et, cette fois, les quelques cent mille émigrés libanais (dont certains ne savent pas un mot d’arabe) appelés à la rescousse (à l’aide de billets payés à l’avance) dans les circonscriptions où les forces étaient égales.


 

Tous les moyens sont bons


 

En plus de toutes les formes d’ingérences, nous devrions noter les appuis internationaux aux deux camps, à celui du « 14 mars » notamment.

 

Citons à titre d’exemples :


1 - Les Etats-Unis ne se sont pas contentés de l’activité de leur ambassadrice et de son prédécesseur, Jeffry Feltman, devenu, depuis, le responsable du Moyen Orient ; ils ont, au contraire, supervisé la participation de l’émigration libanaise aux élections ; et, surtout, ils ont triplé la mise, à commencer par la visite de la ministre des Affaires étrangères Hillary Clinton suivie par celle du vice président Bayden, qui a réuni toute l’équipe du « 14 mars », et, enfin, celle de du président lui-même qui a tenu à parler de la minorité maronite du Liban dans le discours prononcé à l’université du Caire.

 

2 - Israël a utilisé toutes les armes politiques et militaires qu’il détient. Ainsi, durant plus d’un mois, ses éditorialistes et autres personnalités médiatiques ont « alerté » l’opinion libanaise sur les dangers que pourrait revêtir la victoire du Hezbollah. Il est allé même jusqu’au recours à des manœuvres dont le but réel était de dire que Tel Aviv se sentait prêt à intervenir directement dans la bataille.

 

3 - Presque tous les gouvernements européens avaient exprimé leur anxiété quant à l’évolution de la situation au Liban, à tel point qu’ils avaient oublié les élections européennes qui avaient lieu le 7 juin… De même, tous ont exprimé leur soulagement à la suite de la « victoire » des amis des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite

 

4  -L’envoi par les gouvernements du Golfe, arabes et autres, de délégations dont le rôle consistait à convaincre, par différents moyens, tel ou tel responsable (ou parti) politique de changer de cap (comme cela s’est passé avec la Jamaa islamiya à Saїda.

 

5 - Les visites ininterrompues de certains responsables du « Groupe du 8 mars » à Damas, dans le but de discuter des listes.

 

6 - L’appel du patriarche maronite à voter pour des forces politiques spécifiques.

 

7 - La non application des clauses de la loi sur l’information et la publicité électorales. Ce qui fait que les têtes de listes, propriétaires des chaînes télévisées, ont déployé toutes leurs armes confessionnelles devant les Libanais, tandis que les candidats indépendants étaient presque inexistants.

 

8 - Les différences, par milliers de voix, existant entre les listes de votants envoyées, quelques mois plus tôt, aux municipalités et celles remises aux bureaux de vote le jour des élections.

 

9 - Le rôle que certains ont voulu faire endosser au président de la République dans les listes pro « 14 mars » à Jbeil et dans le Kesrouan ; et, ce, en prévision de la formation de ce qu’on a commencé à appeler « le groupe du centre ».

 

 

Le Parti Communiste libanais


 

Il est vrai que le Parti Communiste libanais fut le premier à refuser la loi de 1960 ; d’abord, à partir de sa position de principe en ce qui concerne la nécessité de créer au Liban une société civile non  confessionnelle ; ensuite, parce qu’il croit que le point de départ de tout changement démocratique réel se trouve dans une loi électorale basée sur la proportionnelle qui constitue la base de la meilleure représentativité.

 

Il est vrai aussi que le PCL a affirmé à plusieurs reprises qu’il mènerait une bataille politique contre la loi de 1960, à partir de cinq principes qui sont : la proportionnelle, la suppression du confessionnalisme, le Liban une seule circonscription, le quota féminin temporaire et le vote à 18 ans.

 

Il est vrai, enfin, que le PCL a précisé qu’il pourrait faire des recoupements avec certaines forces politiques sur la base d’un programme minimum politique (la loi électorale) et socio économique (la suppression des taxes nouvelles et des mesures antisociales votées lors de la troisième conférence de Paris).

 

Cependant, et vu que ses appels n’ont pas trouvé de réponses concrètes, ses candidats sont restés seuls dans les cinq circonscriptions où ils se sont présentés. Et, là, nous devrions dire que le PCL a commis une erreur tactique ; il aurait dû se retirer de la bataille électorale tout en poursuivant la bataille politique contre la loi. Parce qu’en plus de la défaite, le parti n’a pas pu regrouper tout son électorat dont une partie a préféré « le vote utile ».


 

Les résultats et les prévisions


 

Certains pensent que les résultats des élections législatives furent bien contrôlés par les Grands électeurs internationaux et régionaux qui ne sont pas pressés de rompre le statu quo né de l’Accord de Doha. Cependant, ces élections, ainsi que la campagne électorale qui les a précédées, ont exacerbé encore plus la division verticale de la société libanaise. Le discours confessionnel et les ingérences extérieures ont accentué les problèmes déjà existants, de telle manière qu’il n’est pas faux de dire que le pays peut reprendre la route de la violence, à un moment où des dizaines de cellules d’espionnage pro israéliennes continuent à être démantelées. Ajouter à cela les répercussions de la crise capitaliste mondiale sur un pays très endetté et dont les secteurs économiques productifs battent de l’aile, sans que l’alliance de classe au pouvoir ait tenté de trouver des solutions valables, se contentant de suivre les directives du Fonds monétaire international en ce qui concerne la suppression du secteur public et des services de base. D’ailleurs, les deux groupes de la bourgeoisie, celui du « 8 mars » comme celui du « 14 mars », ont proclamé à plusieurs reprises leur attachement aux privatisations à outrance et aux clauses des trois conférences de Paris : Le président de la Chambre, Nabih Berri, l’a bien spécifié lors d’une interview trois jours seulement avant les élections. Il a aussi proclamé qu’il était candidat au poste qu’il venait de quitter.

 

Certains ont vu dans ses déclarations socio économiques et politiques des signes précurseurs d’un accord possible qui le grouperait, en plus de Saad Hariri et Walid Joumblatt, dans une nouvelle formation politique, le Centre droit, dont l’image de marque serait « la modération » à l’exemple de celle préconisée puis réalisée par l’ex ministre des Affaires étrangères étasuniennes Condoleeza Rice entre l’Egypte, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et la Jordanie.

 

Voilà pourquoi la bourgeoisie libanaise (surtout celle des finances et des affaires) et une partie des représentants du féodalisme politique pensent qu’une telle formation redonnerait du tonus au régime libanais branlant et près de s’effondrer. Voilà pourquoi, profitant du retour, précaire, à la normale dans les relations entre Riad et Damas, mais aussi le flirt entre Washington et Damas, et craignant de ne pas pouvoir sauver leur régime à temps, ils croient que cette solution, en plus d’un peu de lest « démocratique » jeté aux jeunes (le vote à 18 ans), leur épargnerait les changements brusques qu’ils avaient cru avoir enterré pour toujours quand ils avaient liquidé le mouvement syndical, dans la première moitié des années quatre-vingt-dix…Surtout que le mouvement de la gauche libanaise et les démocrates, en général, n’ont pas pu encore émerger de la crise existentielle qui les avait secoués à la fin de la guerre civile : ils restent prisonniers des slogans réformistes assez éloignés des appels au changement qu’ils avaient lancés dans les années soixante-dix du siècle dernier.


Site du Parti Communiste Libanais: http://www.lcparty.org

Répercuté par: http://www.solidnet.org  
 

 

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 06:34

Résumé de la situation au Liban

 

Communiqué du Parti Communiste Libanais

 

Traduit par JC pour Solidarité-Internationale-PCF

 

Ce communiqué récapitule les plus importants événements qui ont eu lieu depuis notre dernier communiqué daté du 21 avril 2009. Il prend acte des derniers changements dans les domaines des élections législatives Libanaises, de la situation socio-économique, de l'état général du pays et de la situation régionale.

 

Premièrement: la situation régionale

 

Notre évaluation de la situation dans la région est directement liée à l'évaluation que le parti fait des projets Américains pour le présent et pour l'avenir de notre région. Ces projets sont caractérisés par les traits suivants:

 

• L'importance de garder le contrôle des hydrocarbures (pétrole et gaz) et de leurs routes d'approvisionnement respectives. C'est nécessaire non seulement pour garantir la satisfaction des besoins du marché intérieur Américain mais surtout pour utiliser le contrôle du pétrole comme un moyen de pression sur l'Europe, le Japon et la Chine. Cette hégémonie peut être directe ou indirecte via un « deal » dans le futur avec certaines puissances régionales pour protéger les intérêts des Etats-Unis même si cela suppose la reconnaissance de la légitimité des ambitions de la Turquie et/ou de l'Iran dans la région.


• Pour conserver cette hégémonie, les Etats-Unis cherchent à exacerber les divisions ethniques, sectaires et religieuses existantes dans la région, et à en créer de nouvelles: que ce soit à l'intérieur de chaque pays ou entre les différents pays.


• La militarisation de la région afin de soutenir l'économie Américaine et le complexe militaro-industriel.


• Créer les conditions pour mettre fin à la lutte Israélo-Arabe en vue de créer et de favoriser l'émergence de nouvelles contradictions dans la région.

Ces projets impliquent plusieurs changements majeurs et soulèvent plusieurs questions qu'il faut surveiller et suivre attentivement:


• Le rôle de l'Europe et de la France qui tentent de se démarquer du rôle joué par les Etats-Unis, à la rechercher d'un rôle indépendant, et d'une sphère d'influence, dans la région


• Le rôle émergent de la Turquie encouragé par les Etats-Unis


• L'affaiblissement de la position d'Israel à la veille de la guerre de 2006, où on a assisté au début de son déclin dans son rôle de protecteur des intérêts américains dans la région (même si c'est encore trop tôt pour affirmer avec certitude que nous avons asisté à une perte définitive et irréversible de son rôle et de son capacité à le tenir). Il faut admettre que cet affaiblissement a été accompagné d'une montée de la nouvelle droite Israélienne qui est encore plus raciste que la gauche Israélienne.


• Le dilemme des pays qui ne sont pas associés au projet américains pour la région (Iran et Syrie), alors que leurs derniers succès dans la lutte contre les Etats-Unis risquent de connaître un coup d'arrêt, voire même d'être réduits à néant, sauf si tous les aspects de la lutte et de l'affrontement soient pris en compte y compris les aspects socio-économiques, et s'ils s'engagent à faire un sérieux effort pour revoir leur position sur plusieurs problèmes, en particulier vis-à-vis des négociations avec Israel.


• La capacité pour la résistence Palestinienne, toutes factions confondues, à dépasser ses divisions actuelles et dangereuses.


• L'émergence d'une tendance au déplacement de l'attention américaine vers l'Afghanistan et le Pakistan qui pourrait faciliter un nouveau deal pour se partager les sphères d'influence au Moyen-Orient avant de centrer son attention sur un autre région.


• Prudence et appréhension de la part des « régimes Arabes modérés » envers tout « deal » à venir qui pourrait mettre en péril la « légitimité » de leurs régimes ainsi que leurs intérêts. Ainsi, ils pourraient jouer sur l'exacerbation des conflits communautaires pour protéger leurs intérêts et renforcer la « légitimité » de leurs régimes.

Les événements du mois dernier montrent que toutes les questions précédemment citées sont liées et interagissent entre elles, tout en soulignant bien que toutes les options sont encore possibles et que chaque partie essaie d'améliorer sa position en vue des négociations à venir. Dans ce contexte, il est utile de se souvenir des leçons de l'histoire qui montrent que les guerres sont souvent utilisées comme un prétexte pour justifier les conditions imposées par un traité de paix qui pourraient sans cela être inacceptables pour le peuple.



Deuxièmement: la situation intérieure Libanaise



Le dernier mois est caractérisé par les traits et évenements suivants:



• Des tentatives répétées d'arriver à un accord entre l'Arabie Saoudite, les Etats-Unis et la Syrie sur la période post-électorale au Liban. En fait, les nombreuses visites de dignitaires étrangers dans notre pays, y compris la visite du vice-président Américain, doivent être considérées dans ce contexte. Cela signifie que, comme d'habitude, ce seront les puissances régionales et internationales, et non le peuple lui-même, qui fixeront la ligne politique et la composition même du prochain gouvernement Libanais.


• Intensification des tensions entre les deux camps formés par l'alliance de classe représentée par le gouvernement et l'opposition (qui est aussi représentée au gouvernement) au fur et à mesure que la date des élections législatives approche (les élections législatives sont prévues pour le 7 juin).


• La découverte et le démantèlement d'un grand nombre de réseaux d'espionnage, qui a eu lieu juste avant la plus grande manoeuvre militaire dans l'histoire d'Israel, qui était prévue pour le 31 mai. Ces événements coincident également avec des rumeurs qui font état de préparatifs Israéliens pour une opération majeure de type « opération de sécurité », ce qui peut inclure l'orchestration de conflits communautaires internes en particulier après les informations révélées par l'article du Der Spiegel, suivies par l'accusation lancée par le ministre des Affaires Etrangères d'Israel contre le Hezbollah, qu'il implique dans l'assassinat du dernier Premier Ministre du Liban, Rafiq Hariri. Tout cela s'est déroulé après la libération de quatre généraux qui était accusés de l'assasinat d'Hariri. Les généraux ont été libérés par le tribunal international après qu'il ait apparu au grand jour, comme on s'y attendait, que leur arrestation était motivée par une décision politique et n'était appuyée par aucune preuve matérielle qui pourraient en faire ne serait-ce que des supects (selon le communiqué rendu par le tribunal pour justifier leur libération).


• Abaissement de la majorité électorale de 22 à 18 ans.


• L'émergence de contradictions à la fois à l'intérieur du gouvernement et à l'intérieur des alliances nouées dans l'opposition, qui montre la faiblesse de ces alliances en particulier des alliances gouvernementales.



Troisièmement: la situation socio-économique



En général, les effets différés de la crise économique mondiale au Liban sont dûs aux chocs combinés des prix élevés du pétrole et de la baisse des taux d'intérêts, les deux ayant contribué à l'afflux de capitaux vers le Liban. Cependant, cela ne signifie pas du tout qu'il n'y a pas de crise au Liban ou qu'elle ne nous touchera pas. En fait, on s'attend à ce que l'afflux de capital vers notre pays diminue; en particulier si on prend en compte que la norme jusque-là était de déposer l'argent dans les banques qui à leur tour l'investissaient et était utilisé par le gouvernement pour éponger la dette publique, et que le gouvernement est aujourd'hui au bord de la faillite. La baisse prévue des dépôts bancaires impliquera que le paiement de la dette publique aura lieu dans des conditions économiques mondiales encore plus difficiles. En parallèle, le budget Libanais accuse un lourd déficit dû à la hausse des dépenses. De plus, la tendance à l'émigration qui tendaient à alléger les problèmes de chômage s'inverse, alors que les revenus des familles Libanais diminuent et qu'il leur est donc plus difficile de rapatrier leurs économies.



Du fait de ce qui a été dit précedemment, un grand nombre d'indicateurs ont récemment pointé que les conditions socio-économiques allaient sérrieusement se déteriorer; à un moment où à la fois le gouvernement et l'opposition manquent d'un projet sérieux et cohérent pour traiter les problèmes qui se posent pour l'économie Libanaise et ne concentrent leur attention que sur un « partage équitable » des fonds issus de la privatisation des actifs gouvernementaux à l'avenir.



En conséquence, notre parti a intensifé ses efforts et ses activités, car il constate que la situation actuelle montre aux yeux de tous que le gouvernement et l'opposition ont les mêmes intérêts de classe, et que seul le Parti Communiste Libanais est le seul et véritable défenseur des intérêts de la classe ouvrière, des paysans, des pauvres et des exclus en général.



Quelques indicateurs socio-économiques dans différents secteurs:



• Les indicateurs liés aux revenus: le pourcentage de familles pauvres a augmenté de 42,8% en 1995 à 51,6% en 2004.

• Les indicateurs liés à l'éducation: le pourcentage de familles n'y ayant pas accès est passé de 32,8% en 1995 à 24,1% en 2004

• Les indicateurs liés à l'accès l'eau courante et à un système d'évacuation des eaux usagées: le pourcentage de familles n'y ayant pas accès est passé de 18.9% en 1995 à 16.6% en 2004.

• Les indicateurs liés au logement: le pourcentage de personnes sans-abris ou mal-logés est passé de 25.9% en 1995 à 16.6% en 2004.

• La dette étrangère a atteint les 47,2 milliards de dollars au début du mois de mars 2007.

• Le chômage pour les plus de 15 ans a augmenté de 7,9% en 2004 à 9% en 2007 jusqu'à atteindre entre 14 et 25% en 2009 selon les différentes estimations.

• On estime que le chômage chez les jeunes (entre 15 et 35 ans) a dépassé les 35%

 

Quatrièmement: les élections au Liban



Malgré le caractère anti-constitutionnel, non-représentatif et injuste de la loi électorale, notre parti a décidé de participer aux prochaines élections, les considérant comme une étape dans la lutte pour revendiquer une réforme politique et en particulier dans la lutte pour la constitution d'une nouvelle loi électorale plus représentative basée sur la représentation proportionnelle avec une seule circonscription, le Liban, et la lutte pour une meilleure représentation des femmes ainsi qu'un plus grand partage du pouvoir en leur faveur. Les candidats du parti pour les prochaines élections sont:



• Le camarade Farouq Dahrouj, ancien secrétaire général du parti, est candidat dans le district de la Bekaa occidentale.

• Le camarade Saadallah Mazaraani, membre du Bureau Politique, est candidat dans le district de Marjayoun – Hasbaya.

• Le camarade Dr. Semaan Al-Laqis est candidat dans le district du Koura

• Le camarade Jihad El-Moalem, président du syndicat des travailleurs dans la Bekaa, est candidat dans le district de Zahlé/centre de la Bekaa.

• Le camarade Dr. Tariq Harb est candidat dans le district de Baabda.



Parti Communiste Libanais

Affaires Internationales



Beyrouth, 26 mai 2009

 

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 17:16
Comment faire face à la crise. Et mettre fin à la politique "d’expédients"

Parti Communiste Libanais, 8 mai 2009


« Le travail avant tout, votez pour nous ».

« L'économie avant tout, votez pour nous ».

Les mots « corruption », « dette » et « pauvreté » sont rayés, sans pour autant disparaître…. 


Voilà quelques spécimens de slogans, choisis parmi des centaines d’autres et à travers lesquels la majorité et l’opposition, réunies dans un même gouvernement, ont décidé d’attirer à eux l’attention des citoyens libanais durant ces jours électoraux. Et, tandis que les batailles battent leur plein entre les deux parties de l’alliance qui nous gouverne, les cris de l’argent qui nous vient des Orients nous disent : « Si vous votez, d’abord, pour moi et je vous ferais votre fortune ».

 

Ce qui attire l’attention dans ces slogans, c’est que les deux parties au pouvoir (entendre : les deux groupes du « 8 mars » et du « 14 mars ») parlent des soucis causés au peuple libanais (par qui ?) et essayent de miroiter des moyens pouvant diminuer le poids de la crise sous lequel il ploie. De même, si l’on croit les différents programmes électoraux bien détaillés, on se croirait en train de préparer l’avènement prochain de la «République» de Platon.

 

Ainsi, donc, tous ceux qui ont pressuré le peuple tentent, aujourd’hui, de le séduire en lui faisant les doux yeux, tandis qu’il est ailleurs, très loin des slogans qui envahissent les rues et les deux côtés des routes du pays. Ses travailleurs et ses paysans, ses employés et ses fonctionnaires vivent dans les impasses des problèmes quotidiens. Ils cherchent des solutions au chômage grandissant. Ils luttent pour leur pain quotidien, pour en finir avec la paralysie causée par la crise actuelle du capitalisme envenimée, encore plus, par les divisions entre les émirs des différents confessions politico-religieuses sur le partage du gâteau.

 

La crise prend des aspects de faillite ; elle ressemble de plus en plus à une bête féroce dont les mâchoires grandes ouvertes risquent de se refermer sur le Liban.

 

 

En effet, le rapport du Fonds monétaire international, paru il y a quelques semaines, montre clairement que le Liban traverse une période très difficile. Le même rapport ajoute que les difficultés vont grandissant et atteindront un stade très dangereux durant la seconde moitié de l’an 2009, tandis que le gouvernement ne fait rien pour lutter contre la récession galopante.

 

Quant aux études parues dernièrement, elles font, toutes, état des grands changements négatifs qui se sont opérés depuis la première moitié des années quatre-vingt-dix du siècle passé et qui concerne tous les domaines de la vie, contrairement aux bilans mensongers des deux gouvernements de Fouad Sanioura…

 

Le pays vit, aujourd’hui, « d’expédients », comme on disait à la veille de la Révolution française de la fin du XVIII° siècle.

 

Il vit parce des rentrées dues à la hausse hebdomadaire du  prix de l’essence et aux rentrées de la TVA. Parce que les secteurs productifs battent de l’aile et qu’il n’y a plus beaucoup  dans les caisses de l’Etat… On se demande, d’ailleurs, s’il reste encore quelque chose des retraites des pauvres dans les caisses de la Sécurité sociale.

 

Donnons quelques chiffres pour étayer nos dires :

 

-La dette nationale a dépassé 50 milliards de dollars.

 

-90% des rentrées provenant des taxes et des impôts sont engloutis par les intérêts de la dette.

 

-Le nombre des pauvres a augmenté de 400 000, entre 1995 et2005, atteignant le chiffre de deux millions, tandis qu’un tiers des Libanais vivent sous le seuil de la pauvreté (avec moins de trois euros par jour).

 

-Le taux du chômage a dépassé les 24%, même si le gouvernement déclare 14% seulement. Et les rapports d’ajouter que 35% des jeunes entre 20 et 30 ans sont des chômeurs. Mais le plus grand taux est réservé aux femmes qui ont, aussi, à subir la discrimination dans les salaires et les allocations sociales.

 

-120 000 familles ne possèdent aucune source d’eau potable ; elles n’ont pas, non plus, ni moyens pour se réchauffer ni égouts.

 

-52% de Libanais n’ont ni sécurité sociale ni sécurité médicale.

 

 

Ces chiffres expriment l’échec de l’alliance au gouvernement, la majorité qui détient les deux tiers du pouvoir aussi bien que l’opposition du groupe du 8 mars qui a le troisième tiers, à trouver les solutions capables de sortir le pays de la crise due, d’ailleurs, aux politiques économiques pratiquées depuis la fin de la guerre civile, et plus précisément depuis 1992 ; à commencer par le plan décennal pour arriver aux trois conférences de Paris et, enfin, à la conférence de Beyrouth… Et nous pensons que ceux qui parlent aujourd’hui d’une certaine issue à la crise, grâce à l’argent dispensé pour les élections législatives du 7 juin (on parle de deux milliards de dollars), tentent de nous leurrer une fois de plus afin que nous les laissions faire ce qu’ils veulent.

 

Ils ont peur de nous, même s’ils sont parvenus à paralyser, ou presque, le mouvement syndical et donner de l’élan au confessionnalisme. Cependant, les mouvements sociaux des derniers mois, surtout chez les enseignants et certaines fédérations syndicales, laisse prévoir des possibilités solides de lancer un large mouvement revendicatif dont les deux piliers sont :

 

 • L’imposition aux deux parties (même divisées) de l’alliance de la classe bourgeoise et des restes du féodalisme politique  de mettre fin aux dérives économiques et de prendre les mesures capable d’inverser la vapeur pour mettre le pays sur la voie conduisant à le sortir de la crise.

 

• La mise en route des réformes politiques et administratives nécessaires, en premier lieu la décentralisation, le développement équilibré des différentes régions ainsi que la réforme de la loi électorale dans le sens de la proportionnelle et de la suppression du confessionnalisme.

 

Est-ce notre dernière chance de sauver notre pays ? Prenons-la.

Site du Parti Communiste Libanais: http://test1.lcparty.org/

Lien vers un article d'Avante sur l'histoire et l'actualité du Parti Communiste Libanais: Quatre jours avec les communistes libanais

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