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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 06:20

Les élections législatives libanaises

 

 

De Marie Nassif-Debs, responsable des relations internationales du PCL

 

Beyrouth, le 9 juin 2009

 

 

 

La loi de 1960 et les résultats prévus



Le lundi 8 juin, à midi, le ministre libanais de l’intérieur a publié les résultats officiels des élections législatives, annonçant la victoire de la majorité sortante, alliée des Etats-Unis et connue sous le nom de « Forces du 14 mars », sur l’opposition, alliée de la Syrie et de l’Iran et connue sous le nom de « Forces du 8 mars ». La différence étant de 14 sièges : 71 à 57.

Cette annonce a mis fin à une période d’escalade confessionnelle qui durait depuis plus de dix mois et dont la conséquence fut l’exacerbation des divisions qui suivirent l’agression israélienne de juillet 2006 et se répercutèrent dans des affrontements populaires et armés généralisés ; le point culminant fut, sans aucun doute, la bataille du 7 mai 2008 qui donna lieu à l’Accord de Doha et, par suite, à la loi selon laquelle se déroulèrent les élections du 7 juin 2009.


 

L’Accord de Doha et la loi de 1960


 

Cet accord, signé le 16 mai 2008, est formé de trois points essentiels :

 

1 - L’élection d’un président de consensus, mettant fin ainsi à plus de huit mois de vide constitutionnel.

 

2 - La formation d’un gouvernement dit « d’unité nationale » dans lequel le groupe du 8 mars serait représenté par le tiers, ce qui constituerait une garantie pour ce groupe et lui donnerait le droit de veto au cas où la majorité tenterait de faire passer des projets sur lesquels il ne serait pas d’accord.

 

3 - Le retour à la loi de 1960, basée sur le vote majoritaire et divisant le pays en 28 petites circonscriptions ayant, chacune, une couleur confessionnelle dominante. Un seul changement : un nouveau découpage des circonscriptions de la capitale, afin de permettre au mouvement de Saad Hariri de faire main basse sur tous les sièges sunnites.

 

Et, si les leaders présents à Doha avaient, dans leur majorité écrasante, dénigré, dès leur retour au pays, la loi de 1960, cependant ils ne firent rien pour s’en séparer ; bien au contraire : tous entérinèrent sans rechigner les clauses de l’accord, y compris celle se rapportant à la formation d’une liste commune entre le « Mouvement du futur » (14 mars), le Hezbollah et le « Mouvement AMAL » (8 mars) dans la seconde circonscription de Beyrouth. Ajoutons que,  vu les couleurs confessionnelles des circonscriptions, il était aisé de savoir, bien avant les élections, les résultats de quelques 100 sièges sur les 128 qui forment le parlement ; ce qui signifie que le peuple libanais n’a pas voté et que la majorité écrasante des députés étaient nommés et non élus.
 

Cette situation fait qu’il était quasi impossible de bien veiller sur la démocratie des élections, puisque la loi elle-même fausse les suffrages. A cela il faudra ajouter l’argent, l’abus de pouvoir et, cette fois, les quelques cent mille émigrés libanais (dont certains ne savent pas un mot d’arabe) appelés à la rescousse (à l’aide de billets payés à l’avance) dans les circonscriptions où les forces étaient égales.


 

Tous les moyens sont bons


 

En plus de toutes les formes d’ingérences, nous devrions noter les appuis internationaux aux deux camps, à celui du « 14 mars » notamment.

 

Citons à titre d’exemples :


1 - Les Etats-Unis ne se sont pas contentés de l’activité de leur ambassadrice et de son prédécesseur, Jeffry Feltman, devenu, depuis, le responsable du Moyen Orient ; ils ont, au contraire, supervisé la participation de l’émigration libanaise aux élections ; et, surtout, ils ont triplé la mise, à commencer par la visite de la ministre des Affaires étrangères Hillary Clinton suivie par celle du vice président Bayden, qui a réuni toute l’équipe du « 14 mars », et, enfin, celle de du président lui-même qui a tenu à parler de la minorité maronite du Liban dans le discours prononcé à l’université du Caire.

 

2 - Israël a utilisé toutes les armes politiques et militaires qu’il détient. Ainsi, durant plus d’un mois, ses éditorialistes et autres personnalités médiatiques ont « alerté » l’opinion libanaise sur les dangers que pourrait revêtir la victoire du Hezbollah. Il est allé même jusqu’au recours à des manœuvres dont le but réel était de dire que Tel Aviv se sentait prêt à intervenir directement dans la bataille.

 

3 - Presque tous les gouvernements européens avaient exprimé leur anxiété quant à l’évolution de la situation au Liban, à tel point qu’ils avaient oublié les élections européennes qui avaient lieu le 7 juin… De même, tous ont exprimé leur soulagement à la suite de la « victoire » des amis des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite

 

4  -L’envoi par les gouvernements du Golfe, arabes et autres, de délégations dont le rôle consistait à convaincre, par différents moyens, tel ou tel responsable (ou parti) politique de changer de cap (comme cela s’est passé avec la Jamaa islamiya à Saїda.

 

5 - Les visites ininterrompues de certains responsables du « Groupe du 8 mars » à Damas, dans le but de discuter des listes.

 

6 - L’appel du patriarche maronite à voter pour des forces politiques spécifiques.

 

7 - La non application des clauses de la loi sur l’information et la publicité électorales. Ce qui fait que les têtes de listes, propriétaires des chaînes télévisées, ont déployé toutes leurs armes confessionnelles devant les Libanais, tandis que les candidats indépendants étaient presque inexistants.

 

8 - Les différences, par milliers de voix, existant entre les listes de votants envoyées, quelques mois plus tôt, aux municipalités et celles remises aux bureaux de vote le jour des élections.

 

9 - Le rôle que certains ont voulu faire endosser au président de la République dans les listes pro « 14 mars » à Jbeil et dans le Kesrouan ; et, ce, en prévision de la formation de ce qu’on a commencé à appeler « le groupe du centre ».

 

 

Le Parti Communiste libanais


 

Il est vrai que le Parti Communiste libanais fut le premier à refuser la loi de 1960 ; d’abord, à partir de sa position de principe en ce qui concerne la nécessité de créer au Liban une société civile non  confessionnelle ; ensuite, parce qu’il croit que le point de départ de tout changement démocratique réel se trouve dans une loi électorale basée sur la proportionnelle qui constitue la base de la meilleure représentativité.

 

Il est vrai aussi que le PCL a affirmé à plusieurs reprises qu’il mènerait une bataille politique contre la loi de 1960, à partir de cinq principes qui sont : la proportionnelle, la suppression du confessionnalisme, le Liban une seule circonscription, le quota féminin temporaire et le vote à 18 ans.

 

Il est vrai, enfin, que le PCL a précisé qu’il pourrait faire des recoupements avec certaines forces politiques sur la base d’un programme minimum politique (la loi électorale) et socio économique (la suppression des taxes nouvelles et des mesures antisociales votées lors de la troisième conférence de Paris).

 

Cependant, et vu que ses appels n’ont pas trouvé de réponses concrètes, ses candidats sont restés seuls dans les cinq circonscriptions où ils se sont présentés. Et, là, nous devrions dire que le PCL a commis une erreur tactique ; il aurait dû se retirer de la bataille électorale tout en poursuivant la bataille politique contre la loi. Parce qu’en plus de la défaite, le parti n’a pas pu regrouper tout son électorat dont une partie a préféré « le vote utile ».


 

Les résultats et les prévisions


 

Certains pensent que les résultats des élections législatives furent bien contrôlés par les Grands électeurs internationaux et régionaux qui ne sont pas pressés de rompre le statu quo né de l’Accord de Doha. Cependant, ces élections, ainsi que la campagne électorale qui les a précédées, ont exacerbé encore plus la division verticale de la société libanaise. Le discours confessionnel et les ingérences extérieures ont accentué les problèmes déjà existants, de telle manière qu’il n’est pas faux de dire que le pays peut reprendre la route de la violence, à un moment où des dizaines de cellules d’espionnage pro israéliennes continuent à être démantelées. Ajouter à cela les répercussions de la crise capitaliste mondiale sur un pays très endetté et dont les secteurs économiques productifs battent de l’aile, sans que l’alliance de classe au pouvoir ait tenté de trouver des solutions valables, se contentant de suivre les directives du Fonds monétaire international en ce qui concerne la suppression du secteur public et des services de base. D’ailleurs, les deux groupes de la bourgeoisie, celui du « 8 mars » comme celui du « 14 mars », ont proclamé à plusieurs reprises leur attachement aux privatisations à outrance et aux clauses des trois conférences de Paris : Le président de la Chambre, Nabih Berri, l’a bien spécifié lors d’une interview trois jours seulement avant les élections. Il a aussi proclamé qu’il était candidat au poste qu’il venait de quitter.

 

Certains ont vu dans ses déclarations socio économiques et politiques des signes précurseurs d’un accord possible qui le grouperait, en plus de Saad Hariri et Walid Joumblatt, dans une nouvelle formation politique, le Centre droit, dont l’image de marque serait « la modération » à l’exemple de celle préconisée puis réalisée par l’ex ministre des Affaires étrangères étasuniennes Condoleeza Rice entre l’Egypte, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et la Jordanie.

 

Voilà pourquoi la bourgeoisie libanaise (surtout celle des finances et des affaires) et une partie des représentants du féodalisme politique pensent qu’une telle formation redonnerait du tonus au régime libanais branlant et près de s’effondrer. Voilà pourquoi, profitant du retour, précaire, à la normale dans les relations entre Riad et Damas, mais aussi le flirt entre Washington et Damas, et craignant de ne pas pouvoir sauver leur régime à temps, ils croient que cette solution, en plus d’un peu de lest « démocratique » jeté aux jeunes (le vote à 18 ans), leur épargnerait les changements brusques qu’ils avaient cru avoir enterré pour toujours quand ils avaient liquidé le mouvement syndical, dans la première moitié des années quatre-vingt-dix…Surtout que le mouvement de la gauche libanaise et les démocrates, en général, n’ont pas pu encore émerger de la crise existentielle qui les avait secoués à la fin de la guerre civile : ils restent prisonniers des slogans réformistes assez éloignés des appels au changement qu’ils avaient lancés dans les années soixante-dix du siècle dernier.


Site du Parti Communiste Libanais: http://www.lcparty.org

Répercuté par: http://www.solidnet.org  
 

 

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 06:34

Résumé de la situation au Liban

 

Communiqué du Parti Communiste Libanais

 

Traduit par JC pour Solidarité-Internationale-PCF

 

Ce communiqué récapitule les plus importants événements qui ont eu lieu depuis notre dernier communiqué daté du 21 avril 2009. Il prend acte des derniers changements dans les domaines des élections législatives Libanaises, de la situation socio-économique, de l'état général du pays et de la situation régionale.

 

Premièrement: la situation régionale

 

Notre évaluation de la situation dans la région est directement liée à l'évaluation que le parti fait des projets Américains pour le présent et pour l'avenir de notre région. Ces projets sont caractérisés par les traits suivants:

 

• L'importance de garder le contrôle des hydrocarbures (pétrole et gaz) et de leurs routes d'approvisionnement respectives. C'est nécessaire non seulement pour garantir la satisfaction des besoins du marché intérieur Américain mais surtout pour utiliser le contrôle du pétrole comme un moyen de pression sur l'Europe, le Japon et la Chine. Cette hégémonie peut être directe ou indirecte via un « deal » dans le futur avec certaines puissances régionales pour protéger les intérêts des Etats-Unis même si cela suppose la reconnaissance de la légitimité des ambitions de la Turquie et/ou de l'Iran dans la région.


• Pour conserver cette hégémonie, les Etats-Unis cherchent à exacerber les divisions ethniques, sectaires et religieuses existantes dans la région, et à en créer de nouvelles: que ce soit à l'intérieur de chaque pays ou entre les différents pays.


• La militarisation de la région afin de soutenir l'économie Américaine et le complexe militaro-industriel.


• Créer les conditions pour mettre fin à la lutte Israélo-Arabe en vue de créer et de favoriser l'émergence de nouvelles contradictions dans la région.

Ces projets impliquent plusieurs changements majeurs et soulèvent plusieurs questions qu'il faut surveiller et suivre attentivement:


• Le rôle de l'Europe et de la France qui tentent de se démarquer du rôle joué par les Etats-Unis, à la rechercher d'un rôle indépendant, et d'une sphère d'influence, dans la région


• Le rôle émergent de la Turquie encouragé par les Etats-Unis


• L'affaiblissement de la position d'Israel à la veille de la guerre de 2006, où on a assisté au début de son déclin dans son rôle de protecteur des intérêts américains dans la région (même si c'est encore trop tôt pour affirmer avec certitude que nous avons asisté à une perte définitive et irréversible de son rôle et de son capacité à le tenir). Il faut admettre que cet affaiblissement a été accompagné d'une montée de la nouvelle droite Israélienne qui est encore plus raciste que la gauche Israélienne.


• Le dilemme des pays qui ne sont pas associés au projet américains pour la région (Iran et Syrie), alors que leurs derniers succès dans la lutte contre les Etats-Unis risquent de connaître un coup d'arrêt, voire même d'être réduits à néant, sauf si tous les aspects de la lutte et de l'affrontement soient pris en compte y compris les aspects socio-économiques, et s'ils s'engagent à faire un sérieux effort pour revoir leur position sur plusieurs problèmes, en particulier vis-à-vis des négociations avec Israel.


• La capacité pour la résistence Palestinienne, toutes factions confondues, à dépasser ses divisions actuelles et dangereuses.


• L'émergence d'une tendance au déplacement de l'attention américaine vers l'Afghanistan et le Pakistan qui pourrait faciliter un nouveau deal pour se partager les sphères d'influence au Moyen-Orient avant de centrer son attention sur un autre région.


• Prudence et appréhension de la part des « régimes Arabes modérés » envers tout « deal » à venir qui pourrait mettre en péril la « légitimité » de leurs régimes ainsi que leurs intérêts. Ainsi, ils pourraient jouer sur l'exacerbation des conflits communautaires pour protéger leurs intérêts et renforcer la « légitimité » de leurs régimes.

Les événements du mois dernier montrent que toutes les questions précédemment citées sont liées et interagissent entre elles, tout en soulignant bien que toutes les options sont encore possibles et que chaque partie essaie d'améliorer sa position en vue des négociations à venir. Dans ce contexte, il est utile de se souvenir des leçons de l'histoire qui montrent que les guerres sont souvent utilisées comme un prétexte pour justifier les conditions imposées par un traité de paix qui pourraient sans cela être inacceptables pour le peuple.



Deuxièmement: la situation intérieure Libanaise



Le dernier mois est caractérisé par les traits et évenements suivants:



• Des tentatives répétées d'arriver à un accord entre l'Arabie Saoudite, les Etats-Unis et la Syrie sur la période post-électorale au Liban. En fait, les nombreuses visites de dignitaires étrangers dans notre pays, y compris la visite du vice-président Américain, doivent être considérées dans ce contexte. Cela signifie que, comme d'habitude, ce seront les puissances régionales et internationales, et non le peuple lui-même, qui fixeront la ligne politique et la composition même du prochain gouvernement Libanais.


• Intensification des tensions entre les deux camps formés par l'alliance de classe représentée par le gouvernement et l'opposition (qui est aussi représentée au gouvernement) au fur et à mesure que la date des élections législatives approche (les élections législatives sont prévues pour le 7 juin).


• La découverte et le démantèlement d'un grand nombre de réseaux d'espionnage, qui a eu lieu juste avant la plus grande manoeuvre militaire dans l'histoire d'Israel, qui était prévue pour le 31 mai. Ces événements coincident également avec des rumeurs qui font état de préparatifs Israéliens pour une opération majeure de type « opération de sécurité », ce qui peut inclure l'orchestration de conflits communautaires internes en particulier après les informations révélées par l'article du Der Spiegel, suivies par l'accusation lancée par le ministre des Affaires Etrangères d'Israel contre le Hezbollah, qu'il implique dans l'assassinat du dernier Premier Ministre du Liban, Rafiq Hariri. Tout cela s'est déroulé après la libération de quatre généraux qui était accusés de l'assasinat d'Hariri. Les généraux ont été libérés par le tribunal international après qu'il ait apparu au grand jour, comme on s'y attendait, que leur arrestation était motivée par une décision politique et n'était appuyée par aucune preuve matérielle qui pourraient en faire ne serait-ce que des supects (selon le communiqué rendu par le tribunal pour justifier leur libération).


• Abaissement de la majorité électorale de 22 à 18 ans.


• L'émergence de contradictions à la fois à l'intérieur du gouvernement et à l'intérieur des alliances nouées dans l'opposition, qui montre la faiblesse de ces alliances en particulier des alliances gouvernementales.



Troisièmement: la situation socio-économique



En général, les effets différés de la crise économique mondiale au Liban sont dûs aux chocs combinés des prix élevés du pétrole et de la baisse des taux d'intérêts, les deux ayant contribué à l'afflux de capitaux vers le Liban. Cependant, cela ne signifie pas du tout qu'il n'y a pas de crise au Liban ou qu'elle ne nous touchera pas. En fait, on s'attend à ce que l'afflux de capital vers notre pays diminue; en particulier si on prend en compte que la norme jusque-là était de déposer l'argent dans les banques qui à leur tour l'investissaient et était utilisé par le gouvernement pour éponger la dette publique, et que le gouvernement est aujourd'hui au bord de la faillite. La baisse prévue des dépôts bancaires impliquera que le paiement de la dette publique aura lieu dans des conditions économiques mondiales encore plus difficiles. En parallèle, le budget Libanais accuse un lourd déficit dû à la hausse des dépenses. De plus, la tendance à l'émigration qui tendaient à alléger les problèmes de chômage s'inverse, alors que les revenus des familles Libanais diminuent et qu'il leur est donc plus difficile de rapatrier leurs économies.



Du fait de ce qui a été dit précedemment, un grand nombre d'indicateurs ont récemment pointé que les conditions socio-économiques allaient sérrieusement se déteriorer; à un moment où à la fois le gouvernement et l'opposition manquent d'un projet sérieux et cohérent pour traiter les problèmes qui se posent pour l'économie Libanaise et ne concentrent leur attention que sur un « partage équitable » des fonds issus de la privatisation des actifs gouvernementaux à l'avenir.



En conséquence, notre parti a intensifé ses efforts et ses activités, car il constate que la situation actuelle montre aux yeux de tous que le gouvernement et l'opposition ont les mêmes intérêts de classe, et que seul le Parti Communiste Libanais est le seul et véritable défenseur des intérêts de la classe ouvrière, des paysans, des pauvres et des exclus en général.



Quelques indicateurs socio-économiques dans différents secteurs:



• Les indicateurs liés aux revenus: le pourcentage de familles pauvres a augmenté de 42,8% en 1995 à 51,6% en 2004.

• Les indicateurs liés à l'éducation: le pourcentage de familles n'y ayant pas accès est passé de 32,8% en 1995 à 24,1% en 2004

• Les indicateurs liés à l'accès l'eau courante et à un système d'évacuation des eaux usagées: le pourcentage de familles n'y ayant pas accès est passé de 18.9% en 1995 à 16.6% en 2004.

• Les indicateurs liés au logement: le pourcentage de personnes sans-abris ou mal-logés est passé de 25.9% en 1995 à 16.6% en 2004.

• La dette étrangère a atteint les 47,2 milliards de dollars au début du mois de mars 2007.

• Le chômage pour les plus de 15 ans a augmenté de 7,9% en 2004 à 9% en 2007 jusqu'à atteindre entre 14 et 25% en 2009 selon les différentes estimations.

• On estime que le chômage chez les jeunes (entre 15 et 35 ans) a dépassé les 35%

 

Quatrièmement: les élections au Liban



Malgré le caractère anti-constitutionnel, non-représentatif et injuste de la loi électorale, notre parti a décidé de participer aux prochaines élections, les considérant comme une étape dans la lutte pour revendiquer une réforme politique et en particulier dans la lutte pour la constitution d'une nouvelle loi électorale plus représentative basée sur la représentation proportionnelle avec une seule circonscription, le Liban, et la lutte pour une meilleure représentation des femmes ainsi qu'un plus grand partage du pouvoir en leur faveur. Les candidats du parti pour les prochaines élections sont:



• Le camarade Farouq Dahrouj, ancien secrétaire général du parti, est candidat dans le district de la Bekaa occidentale.

• Le camarade Saadallah Mazaraani, membre du Bureau Politique, est candidat dans le district de Marjayoun – Hasbaya.

• Le camarade Dr. Semaan Al-Laqis est candidat dans le district du Koura

• Le camarade Jihad El-Moalem, président du syndicat des travailleurs dans la Bekaa, est candidat dans le district de Zahlé/centre de la Bekaa.

• Le camarade Dr. Tariq Harb est candidat dans le district de Baabda.



Parti Communiste Libanais

Affaires Internationales



Beyrouth, 26 mai 2009

 

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 17:16
Comment faire face à la crise. Et mettre fin à la politique "d’expédients"

Parti Communiste Libanais, 8 mai 2009


« Le travail avant tout, votez pour nous ».

« L'économie avant tout, votez pour nous ».

Les mots « corruption », « dette » et « pauvreté » sont rayés, sans pour autant disparaître…. 


Voilà quelques spécimens de slogans, choisis parmi des centaines d’autres et à travers lesquels la majorité et l’opposition, réunies dans un même gouvernement, ont décidé d’attirer à eux l’attention des citoyens libanais durant ces jours électoraux. Et, tandis que les batailles battent leur plein entre les deux parties de l’alliance qui nous gouverne, les cris de l’argent qui nous vient des Orients nous disent : « Si vous votez, d’abord, pour moi et je vous ferais votre fortune ».

 

Ce qui attire l’attention dans ces slogans, c’est que les deux parties au pouvoir (entendre : les deux groupes du « 8 mars » et du « 14 mars ») parlent des soucis causés au peuple libanais (par qui ?) et essayent de miroiter des moyens pouvant diminuer le poids de la crise sous lequel il ploie. De même, si l’on croit les différents programmes électoraux bien détaillés, on se croirait en train de préparer l’avènement prochain de la «République» de Platon.

 

Ainsi, donc, tous ceux qui ont pressuré le peuple tentent, aujourd’hui, de le séduire en lui faisant les doux yeux, tandis qu’il est ailleurs, très loin des slogans qui envahissent les rues et les deux côtés des routes du pays. Ses travailleurs et ses paysans, ses employés et ses fonctionnaires vivent dans les impasses des problèmes quotidiens. Ils cherchent des solutions au chômage grandissant. Ils luttent pour leur pain quotidien, pour en finir avec la paralysie causée par la crise actuelle du capitalisme envenimée, encore plus, par les divisions entre les émirs des différents confessions politico-religieuses sur le partage du gâteau.

 

La crise prend des aspects de faillite ; elle ressemble de plus en plus à une bête féroce dont les mâchoires grandes ouvertes risquent de se refermer sur le Liban.

 

 

En effet, le rapport du Fonds monétaire international, paru il y a quelques semaines, montre clairement que le Liban traverse une période très difficile. Le même rapport ajoute que les difficultés vont grandissant et atteindront un stade très dangereux durant la seconde moitié de l’an 2009, tandis que le gouvernement ne fait rien pour lutter contre la récession galopante.

 

Quant aux études parues dernièrement, elles font, toutes, état des grands changements négatifs qui se sont opérés depuis la première moitié des années quatre-vingt-dix du siècle passé et qui concerne tous les domaines de la vie, contrairement aux bilans mensongers des deux gouvernements de Fouad Sanioura…

 

Le pays vit, aujourd’hui, « d’expédients », comme on disait à la veille de la Révolution française de la fin du XVIII° siècle.

 

Il vit parce des rentrées dues à la hausse hebdomadaire du  prix de l’essence et aux rentrées de la TVA. Parce que les secteurs productifs battent de l’aile et qu’il n’y a plus beaucoup  dans les caisses de l’Etat… On se demande, d’ailleurs, s’il reste encore quelque chose des retraites des pauvres dans les caisses de la Sécurité sociale.

 

Donnons quelques chiffres pour étayer nos dires :

 

-La dette nationale a dépassé 50 milliards de dollars.

 

-90% des rentrées provenant des taxes et des impôts sont engloutis par les intérêts de la dette.

 

-Le nombre des pauvres a augmenté de 400 000, entre 1995 et2005, atteignant le chiffre de deux millions, tandis qu’un tiers des Libanais vivent sous le seuil de la pauvreté (avec moins de trois euros par jour).

 

-Le taux du chômage a dépassé les 24%, même si le gouvernement déclare 14% seulement. Et les rapports d’ajouter que 35% des jeunes entre 20 et 30 ans sont des chômeurs. Mais le plus grand taux est réservé aux femmes qui ont, aussi, à subir la discrimination dans les salaires et les allocations sociales.

 

-120 000 familles ne possèdent aucune source d’eau potable ; elles n’ont pas, non plus, ni moyens pour se réchauffer ni égouts.

 

-52% de Libanais n’ont ni sécurité sociale ni sécurité médicale.

 

 

Ces chiffres expriment l’échec de l’alliance au gouvernement, la majorité qui détient les deux tiers du pouvoir aussi bien que l’opposition du groupe du 8 mars qui a le troisième tiers, à trouver les solutions capables de sortir le pays de la crise due, d’ailleurs, aux politiques économiques pratiquées depuis la fin de la guerre civile, et plus précisément depuis 1992 ; à commencer par le plan décennal pour arriver aux trois conférences de Paris et, enfin, à la conférence de Beyrouth… Et nous pensons que ceux qui parlent aujourd’hui d’une certaine issue à la crise, grâce à l’argent dispensé pour les élections législatives du 7 juin (on parle de deux milliards de dollars), tentent de nous leurrer une fois de plus afin que nous les laissions faire ce qu’ils veulent.

 

Ils ont peur de nous, même s’ils sont parvenus à paralyser, ou presque, le mouvement syndical et donner de l’élan au confessionnalisme. Cependant, les mouvements sociaux des derniers mois, surtout chez les enseignants et certaines fédérations syndicales, laisse prévoir des possibilités solides de lancer un large mouvement revendicatif dont les deux piliers sont :

 

 • L’imposition aux deux parties (même divisées) de l’alliance de la classe bourgeoise et des restes du féodalisme politique  de mettre fin aux dérives économiques et de prendre les mesures capable d’inverser la vapeur pour mettre le pays sur la voie conduisant à le sortir de la crise.

 

• La mise en route des réformes politiques et administratives nécessaires, en premier lieu la décentralisation, le développement équilibré des différentes régions ainsi que la réforme de la loi électorale dans le sens de la proportionnelle et de la suppression du confessionnalisme.

 

Est-ce notre dernière chance de sauver notre pays ? Prenons-la.

Site du Parti Communiste Libanais: http://test1.lcparty.org/

Lien vers un article d'Avante sur l'histoire et l'actualité du Parti Communiste Libanais: Quatre jours avec les communistes libanais

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 18:46

 

Le choix inévitable de la résistance



Le PCP a été un des partis qui a répondu positivement à l'invitation du Parti Communiste Libanais pour assister aux travaux de son 10ème Congrès, qui a eu lieu à Beyrouth entre le 26 et le 28 février. Bien que l'agenda bien rempli des travaux n'ait pas laissé beaucoup de place aux visites et aux rencontres, en écoutant les interventions au Congrès et en discutant avec les camarades libanais, cela a été possible de connaître les conditions difficiles dans lesquelles luttent les communistes dans ce pays.



«Les communistes de Beyrouth furent les premiers libanais à prendre les armes contre Israël », affirme Jihad Chalhoub, tandis qu'ils nous guidait dans les rues animées de Beyrouth sur le chemin jusqu'au bureau de l'UNESCO, où avait commencé depuis un petit moment la session d'ouverture du Congrès. Vétéran de la guerre contre l'occupation, pendant laquelle il fut artilleur dans les forces communistes du Front de la Résistance Nationale Libanaise, Chalhoub raconte que les militants les plus jeunes « me voient, moi et les autres anciens combattants, comme une sorte d'exemple ». Mais, garantit-il, « nous avons seulement accompli notre devoir de communiste ».


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14 juillet 2006 5 14 /07 /juillet /2006 18:41
A toutes les forces de la gauche et du progrès dans le monde

Les forces israéliennes mènent une agression de grande envergure contre le Liban. Cette agression fait suite à l’opération de la "Résistance islamique" qui a abouti à la prise de deux militaires israéliens et qui est une opération légale dans le contexte de la résistance face à Israël qui continue à occuper une partie du territoire libanais et à détenir des prisonniers libanais, dont Samir Qantar.

La nouvelle agression a eu pour conséquence la destruction d’une partie de l’infrastructure au Liban- Sud... Sans oublier les civils, morts ou blessés, et les menaces d’élargir cette agression à d’autres régions, dont la capitale Beyrouth.

Le Parti Communiste Libanais, qui appuie la résistance face à l’agression israélienne, appelle toutes les forces de la gauche et du progrès dans le monde à affirmer leur solidarité avec notre peuple, mais aussi à faire pression sur Israël, afin d’arrêter son agression, et sur les Etats Unis qui la soutiennent.

Il appelle aussi à une plus grande solidarité dans le but de libérer les territoires libanais encore occupés et les détenus libanais et arabes dans les prisons israéliennes et afin de mettre un terme final aux provocations quotidiennes d’Israël contre l’intégrité territoriale du Liban.

Le Bureau Politique Du Parti Communiste Libanais

Beyrouth le 12/7/2006

http://www.lcparty.org/130706_3.html
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