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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 05:46

isis-mccainLes USA bombardent les islamistes en Syrie. Il y a un an, ils voulaient entrer en guerre à leurs côtés. De qui se moque-t-on ?

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Légende : Le chef républicain américain John McCain faisant un selfie avec des combattants islamistes syriens en 2013, dont plusieurs ont rejoint depuis l'EI (l'Etat islamique)

 

Il y a des nouvelles le matin qu'il faut écouter à deux fois avant d'y croire : les Etats-unis bombardent désormais le territoire syrien, sans l'accord du gouvernement, pour anéantir une opposition islamiste qu'ils ont soutenu, alimenté avec les guerres américaines en Irak.

 

Face à la crise du capitalisme et ses contradictions inextricables, les mensonges de l'impérialisme, la seule issue pour le capital : c'est la guerre. La destruction, la course aux armements alimentent des profits salutaires, les tensions communautaires permettent de « diviser pour mieux régner ».

 

Les frappes de la nuit dernière auraient fait 120 morts – 70 d'EI, 50 d'Al Qaeda – selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Huit civils, dont trois enfants sont également morts. Sans susciter autant d'indignation ici que les sinistres décapitations de journalistes américains.

 

D'après le récit qu'en fait une radio comme RFI, l'Arabie saoudite, le Qatar, la Jordanie et les Emirats arabes unis participeraient à des degrés divers à ses raids.

 

Ces quatre dictatures – dont l'Arabie saoudite et le Qatar parmi les plus obscurantistes du monde – forment une bien étrange « Sainte alliance » face à l'islamisme dont ils sont l'inspiration.

 

Qui a dit qu'au moment où James Foley était décapité, l'Arabie saoudite décapitait quatre hommes pour … possession de haschich ? On sait où l'EI trouve son inspiration.

 

Cela pose tout de même une série de questions urgentes :

 

Pourquoi ne dit-on rien sur notre soutien depuis 2011 à ces « rebelles syriens » que l'on bombarde maintenant ?

 

1 – Rien n'est dit sur le financement depuis 2011 d'une rebellion islamiste syrienne par nos alliés, l'Arabie saoudite et le Qatar.

 

C'est un secret de polichinelle que les deux monarchies absolues finançaient les islamistes sunnites, notamment « Al-Nosra » pour le Qatar et « EIIL » pour l'Arabie saoudite.

 

Depuis, l'EI continue à recevoir des donations de richissimes figures du Golfe « à titre individuel ». Quand on sait combien familles princières, milliardaires, réseaux islamistes sont liés dans ces pays, on peut pouffer.

 

Un étrange silence se maintient aussi sur la contribution des services secrets saoudiens menés par le prince Bandar – vieil ami de la famille Bush – depuis 2011 pour organiser ces forces islamistes, notamment à partir de camps d'entraînement en Jordanie.

 

On estime par ailleurs que les Saoudiens constituent le premier contingent étranger en Syrie et en Irak pour l'Etat islamique (EI).

 

2 – Rien n'est dit sur la complaisance d'un autre allié, la Turquie, avec les rebelles islamistes de Syrie.

 

Les rebelles islamistes se maintiennent depuis trois ans dans le nord de la Syrie, au long d'une frontière de 800 km avec la Turquie, et résistent à une des armées les plus puissantes de la région.

 

Jamais cela ne serait possible sans un soutien tacite du gouvernement islamiste d'Erdogan. Divers compte-rendus sortis dans la presse turque révèlent que les combattants islamistes trouvent en Turquie une base arrière pour se soigner, se restaurer, se ravitailler en armes et trouver une aide logistique.

 

Les services secrets turcs (le MIT) ont apporté une aide dont seule l'ampleur reste en débat, la police et la douane turques ferment les yeux face au flot de djihadistes passant majoritairement par la frontière turco-syrienne.

 

L'affaire du camion rempli d'armes et de munitions destiné à la Syrie, intercepté le 1er janvier 2014 à la frontière à Adana, est révélatrice. Ce camion appartenait à l'IHH (Fondation turque pour l'aide humanitaire), organisation de charité islamique liée à la famille Erdogan, paravant pour le financement de groupes djihadistes en Syrie. Les services secrets turcs étaient impliqués.

 

3 – Rien n'est sur le soutien moral, politique, financier apporté par les Etats-unis aux rebelles syriens depuis 2011.

 

Encore en juin dernier, Obama a promis 500 millions de $ pour armer les « rebelles syriens », « modérés » bien sûr. On voit mal à quoi ressemble un islamiste armé modéré !

 

Depuis 2011, les Etats-unis ont été à l'avant-garde d'une campagne idéologique tendant à opposer de façon manichéenne un régime oppressif, sanguinaire à des civils indignés épris de liberté et de démocratie.

 

Une image qui a volé en éclats quand il est apparu que la « résistance » au régime laic et nationaliste d'Assad n'était composée que de militaires en quête de pouvoir, de bureaucrates corrompus dissidents nés des flancs de l'Ancien régime, et d'islamistes extrémistes.

 

4 – Rien non plus sur le bilan désastreux de 25 ans d'ingérences au Moyen-orient, en Irak.

 

Qu'ont apporté les deux guerres du Golfe, en particulier celle de 2003 ? On promettait la démocratie, la prospérité, la paix. On a eu l'obscurantisme, la misère, la guerre.

 

Le régime de Saadam longtemps soutenu par les Occidentaux, malgré ses aspects répressifs détestables, avait fait de son pays celui disposant du meilleur système de santé et d'éducation de la région. La minorité chrétienne était protégée, celle kurde disposait d'une relative autonomie.

 

Depuis 2003, le pays a sombré dans un conflit communautaire sanglant, sa « démocratie » a servi au pillage des richesses du pays (le pétrole) et a alimenté un régime communautaire corrompu. Sa population,dont 500 000 à 1 million de personnes sont mortes à cause de l'intervention américaine, est retourné à l' « âge de pierre » comme le promettaient Bush, père et fils.

 

Ceux qui s'étaient opposés à la guerre en Irak en 2003 soulignaient tous les risques de chaos dans la région, l'hypocrisie d'une guerre pour le pétrole, voire le rempart de régimes « nationalistes laics » comme ceux de Saadam, Kaddafi ou Assad contre l'islamisme extrémiste. Aujourd'hui, ce camp de la vérité remporte une victoire symbolique amère et superflue.

 

5 – Enfin, rien sur ce qu'on nous disait un an : qu'il fallait intervenir en Syrie aux côtés des rebelles contre Assad.

 

C'est le plus incroyable, on était il y a moins d'un an aux bords de la guerre … aux côtés des islamistes d'EI, d'Al Nosra contre le gouvernement d'Assad !

 

C'était l'histoire des armes chimiques soi-disant tirés par le régime syrien le 21 août. Dès le départ, plusieurs experts des renseignements américains ont souligné les contradictions de la version officielle.

 

Depuis, l'implication du MIT turc, des services saoudiens, et surtout la responsabilité pratique des islamistes dans le déclenchement de ces frappes se dessine nettement.

 

En dépit des va-t-en-guerre – dont la France de Laurent Fabius – les Etats-unis ont du rebrousser chemin, face à l'intransigeance russe, aux manœuvres ambigues des Saoudiens, conscients d'être impliqués dans un combat douteux, dont ils risquaient de ne pas maîtriser l'issue.

 

Un an après, il semble aux premiers abords que les Etats-unis se retrouvaient, malgré eux, dans un front commun avec Bachar al-Assad, l'Iran … contre les rebelles islamistes syriens qu'ils soutenaient il y a un an. On est pas en 2014, mais en 1984 !

 

Justifier l'ingérence en Syrie et en Irak … pour continuer à alimenter le chaos dans la région !

 

Mais les apparences sont peut-être trompeuses. Les Etats-unis n'ont toujours pas abandonné leur plan d'ensemble : le « Nouveau Moyen-orient », qui suppose l'élimination de l'Irak et de la Syrie comme puissances indépendantes, l'encerclement de l'Iran.

 

Concrètement, par une habile manœuvre géopolitique. On peut dégager quatre lignes cohérentes pour les USA avec ces premiers bombardements.

 

A – le but des USA, c'est de maintenir le chaos dans la région pour réduire à l'impuissance les grands États arabes.

 

L'Irak, la Syrie sont historiquement les deux grands Etats arabes du Moyen-orient, avec une population éduquée et progressiste, une armée forte et nationaliste, une sympathie pour la cause palestinienne.

 

La stratégie américaine, ce sont de les briser en tant qu'Etat – éventuellement en allant jusqu'à leur partition. Les Etats-unis savent que l'alternative la plus probable au régime d'Assad, c'est un Etat islamiste, avec la bénédiction de leurs alliés du Golfe.

 

Les USA et surtout Israel n'y ont pas intérêt. La stratégie israélienne comme celle américaine est plutôt de maintenir les deux cas dans un état de guerre civile permanente, d'auto-destruction de la Syrie et de l'Irak, qui réduiraient ces deux Etats à l'impuissance, loin de la question palestinienne.

 

B – leur but, c'est aussi de créer un climat d'insécurité dans la région pour alimenter la course aux armements.

 

Le chaos permanent permet de donner un nouvel élan à la course aux armements dans la région, de créer un ennemi peut-être fantoche pour augmenter les budgets militaires, les commandes aux pays occidentaux.

 

Dans la « guerre contre la terreur », le business voit double ou triple, voire quadruple.

 

D'un côté, les marchands de canons américains, français, allemands, britanniques arment nos dictatures alliées – Arabie saoudite, Qatar, EAU – qui tirent les commandes occidentales. L'Arabie saoudite est ainsi le premier client de la France et de l'Allemagne.

 

De l'autre, ces dictatures saoudiennes ou qataris financent et arment en sous-main les rebelles islamistes (avec nos armes) et créent un ennemi qui légitiment de nouvelles commandes militaires, non seulement de ces dictatures, mais des autres puissances de la région et des pays occidentaux.

 

Ce n'est pas fini. Une fois la menace montée de toutes pièces par nos alliés, avec nos armes, nous légitimons ensuite l'armement de nouveaux rebelles, résistants (comme les Kurdes irakiens) que nous armons, finançons grâce à des dépenses militaires exceptionnelles payées par l'Etat, légitimant la re-militarisation de leur économie, ce que font les Allemands.

 

C – cela sert de prétexte à une intervention aérienne et bientôt terrestre contre Bachar al-Assad.

 

Le comble de la fourberie, il apparaît de plus en plus que la menace fantôme EIIL/EI soit une façon de légitimer de façon paradoxale une intervention armée en Syrie.

 

Ainsi, le président américain Obama a parlé d'une longue campagne, peut-être sur plusieurs années.

 

Il a évoqué la coordination avec la Jordanie, l'Arabie saoudite, les autres rebelles syriens d'une campagne militaire terrestre pour battre les islamistes d'EI, accompagnée d'une vague de bombardements.

 

Qui peut croire qu'une fois en Syrie, les troupes américaines, saoudiennes, jordaniennes – qui rêvent depuis 2011 de faire tomber Assad – s'arrêteront à la lutte contre EI, collaboreront même avec les troupes de l'armée régulière ?

 

La « guerre qui vient » approche, se rapproche. En ce centième anniversaire de la mort de Jaurès, une phrase reste gravée en nous : « le capitalisme porte la guerre, comme la nuée porte l'orage ». Son idéalisme pacifiste n'a pas triomphé du capitalisme belliqueux, espérons que les forces de paix trouveront les armes matérielles pour éradiquer ce mal à la racine !

 

 

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 06:17

widf_to_syria.jpgLa vice-secrétaire turque du Haut comité aux réfugiés de l'ONU virée ... à cause de son engagement pour la paix en Syrie !





Communiqué du secrétariat du Conseil mondial pour la paix



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Le Conseil mondial pour la paix exprime sa désapprobation catégorique de la mesure disciplinaire récemment prise par le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) contre Mme Umut Kuruc, représentante de Liberté et égalité pour les femmes de Turquie, membre de l'Association pour la paix de Turquie (Baris Dernegi) et membre du Comité de direction de la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIF), mesure qui a déchu Umut Kuruc de son poste de Vice-secrétaire du UNHCR basé à Ankara, après qu'elle a pris part à une délégation de la FDIF en Syrie des 19 au 22 octobre 2013.



L'action entreprise par le UNHCR est arbitraire et a des motivations politiques claires, puisque la délégation de la FDIF a, entre autres rencontres et visites en Syrie, également rencontré le président de la Syrie, Bachar-al-Assad. Umut Kuruc a été « sanctionnée » en raison de son engagement politique et social, son engagement pour la paix et la stabilité dans la région.



Venant de Turquie, où se trouvent des centaines de milliers de réfugiés syriens, Umut Kuruc était et reste préoccupée par les causes profondes du drame des réfugiés, exprimant aux côtés des femmes de plusieurs pays (dont la présidente de la FDIF Marcia Campos) leur solidarité avec les femmes et l'ensemble de la population syrienne.



Le Conseil mondial pour la paix dénonce les projets actuels de déstabilisation de la Syrie, les ingérences armées étrangères de milliers de « djihadistes » en Syrie, assumées et soutenues par les États-Unis, l'Union européenne et ses alliés régionaux de la Turquie, du Qatar, de l'Arabie saoudite cherchant à faire naître un changement de régime dans la violence.



Umut Kuruc pointait justement du droit cette situation, se sentant concernée par les souffrances vécues par les Syriens, d'où les mesures prises contre elles, véritable « sanction » contre ses convictions et son engagement social.



Le Conseil mondial pour la paix demande au UNHCR de retirer les mesures disciplinaires prises et de la restaurer dans son poste. Le NHCR comme corps de l'ONU n'a aucun droit de s'ingérer de la sorte dans le conflit en Syrie, en intimidant des membres de son personnel et des représentants d'organisations internationales comme la FDIF, qui a également un statut consultatif dans le système de l'ONU.

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 05:40

22israel600.2.jpgL'armée israélienne s'entraîne pour une nouvelle invasion du Liban et se prépare à réprimer une insurrection populaire



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La nouvelle a été relayée avec préoccupation par le Parti communiste d'Israel, elle a d'abord été publiée par le site de l'armée israélienne puis reprise par le média sioniste Arutz Sheva : l'armée israélienne se prépare pour une invasion future du Liban. Voici la traduction de la nouvelle, telle quelle, reprise dans la presse israélienne.



L'armée israélienne répète des scénarios d'émeutes de masse articulées à une guerre de guérilla, tel que cela pourrait se produire en cas d'invasion du Liban et d'occupation de villages sur place.



La nouvelle a été rendue publique par les officiers israéliens dans un rapport se trouvant sur le site officiel de l'armée – et constitue un avertissement international envers le Liban et le Hezbollah que l'armée israélienne est en mesure d'envahir son voisin du nord.



Le rapport affirme que l'armée israélienne se prépare à la possibilité que dans une réaction spontanée à la conquête d'un village par des forces israéliennes, les résidents organisant une émeute massive.



« Nous nous préparons à quelque chose de similaire à ce que les Américains vivent en Afghanistan », a expliqué le commandant du 7 ème régiment, le Colonel Nadav Lotan, selon le rapport paru le site de l'armée israélienne.



« Plus l'armée israélienne restera dans le village, plus grande sera l'agitation », a expliqué le lieutenant-colonel Neria Yeshurun, commandant du 82 ème bataillon.



« Il est important d'être prêt à tout », a déclaré Yeshurun sur le site de l'armée. Se préparer à cette éventualité comprend une préparation logistique pour les chars d'assaut qui pourraient être intégrés à ce scénario de guérilla urbaine.



Les tensions entre Israel et la milice chiite libanaise du Hezbollah ont été fortes dernièrement.



Le Commandement nord de l'armée israélienne a annoncé la semaine dernière avoir changé ses ordres quant à la zone frontalière fermée du Golan : quiconque venant du côté syrien devra s'attendre à être exécuté, a déclaré l'armée israélienne.



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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 06:44

war-crime.pngUn rapport sur les « crimes de guerre commis contre le peuple syrien » remis à l'ONU : les pacifistes turcs accusent

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

* Pour trouver le rapport de son intégralité (en anglais), allez sur le lien : http://pwlasowa.blogspot.fr/2014/01/war-crimes-committed-against-people-of.html

 

Ils accusent. 45 avocats, journalistes, députés, syndicalistes, artistes turcs viennent de publier un rapport accablant sur les « crimes commis contre le peuple de Syrie » transmis à l'ONU. Visés : les agissements des groupes djihadistes, la guerre d'agression contre la Syrie.

 

L' « Association turque pour la paix » et les « Avocats pour la justice » préparent depuis plusieurs mois un rapport préliminaire à des poursuites contre les criminels de guerre en Syrie, et leurs commanditaires.

 

Poursuite devant les tribunaux turcs, et surtout devant les cours internationales. Le rapport vient d'être remis à la Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur les crimes commis en Syrie.

 

L'idée est de mettre sur pied l'équivalent du Tribunal Russell pour les crimes de guerre au Vietnam dans les années 1960, expérience répétée pour les guerres en Irak et en Palestine, pour juger des crimes perpétrés par l'impérialisme.

 

A leur crédit, les avocats et journalistes turcs connaissent très bien le terrain, que ce soient du côté des régions frontalières turques, ou en tant que cas que participant à des équipes d'enquêteurs en visite ponctuelle en Syrie, ou même comme reporter de guerre en Syrie.

 

Les avocats turcs se basent sur le « Statut de Rome » prévu par la Cour Pénale internationale (CPI) et classent les crimes commis en Syrie en trois types : crimes d'agression, crimes de guerre et crimes contre l'Humanité.

 

Le premier fonde la poursuite judiciaire, les deux autres sont étroitement liés dans l'action des bandes criminelles en Syrie.

 

Une guerre d'agression : un crime contre le peuple syrien

 

Le cœur de l'accusation repose sur le concept de « guerre d'agression » reconnue par un amendement du statut de Rome datant de 2005, concernant normalement un Etat agresseur.

 

Toutefois, « l'envoi au nom d'un Etat de bandes, groupes armées, troupes irrégulières ou mercenaires pour mener une lutte armée contre un Etat » est aussi inclus dans la définition.

 

Donc, pour l'Association pour la paix, il s'agit d'abord de dénoncer les instigateurs, les soi-disant « Amis de la Syrie », réunis à Tunis en février 2012, à Doha en juin 2013, qui ont dès le début reconnu le Conseil national syrien, donc apporté leur soutien à la rébellion armée.

 

Sur la liste des accusés, cinq noms ressortent : États-Unis, Arabie saoudite, Qatar, Israël, Turquie.

 

Pour les Etats-unis, rien de nouveau sous le soleil, l'Association rappelle les plans pour éliminer tout obstacle à son plan de « Grand moyen-orient », Irak, puis Syrie, enfin Iran. Ils dialoguent avec les groupes armés, les coordonnent, leur apportent un soutien financier et logistique avéré.

 

L'Arabie saoudite cherche, elle, à isoler l'Iran et à créer une Syrie sunnite sous patronage saoudien. La puissance saoudienne investit des milliards pour armer les combattants, les entraîner, et les commander directement en vue de ses objectifs de puissance régionale.

 

Quant au Qatar, il a soutenu dès le début la rébellion armé, accueilli la rencontre de Doha en juin 2013, son premier ministre déclarant alors que le « soutien armé était la seule façon d'obtenir la paix ». Il a depuis ménagé sa position, cherchant une conciliation via l'Autorité palestinienne.

 

Enfin, l'intervention d’Israël ne s'est pas limitée au soutien aux groupes armées : livraison de véhicules aux rebelles, recours à des frappes à l'uranium appauvri, accueil de combattants dans des hôpitaux israéliens, enfin projet d'intervention internationale coordonnée par Israël.

 

La Turquie, base arrière de la rébellion armée, premier au banc des accusés

 

C'est sur la Turquie toutefois que le dossier est le plus fourni, sa politique impérialiste néo-ottomane rentrant de plus en plus en contradiction avec la dite « politique de zéro problème avec ses voisins », qui avait conduit d'abord à des relations pacifiques avec la Syrie.

 

La Turquie a abrité l'acte de naissance du Conseil national syrien en août 2011, en mai 2012 les relations diplomatiques avec la Syrie étaient suspendues, les diplomates syriens exclus.

 

Enfin, en septembre 2012, Erdogan confiait même au Washington Port que la Turquie apportait un soutien logistique aux rebelles avant de rajouter, en analogie à l'intervention américaine en Irak : « Nous devons faire ce qui est nécessaire, et nous allons le faire ».

 

Les actes de collaboration concrète entre Turquie et rebelles se comptent par centaines, les rebelles utilisant la Turquie comme base arrière de repli, circuit de ravitaillement privilégié,

 

Il suffit de rappeler que des bases d'entraînement de la dite Armée syrienne libre se trouvent dans la province frontalière turque d'Hatay, que les camps de réfugiés se révèlent être des bases de repli pour les djihadistes, enfin que la Turquie est le pays de transit pour les armes venant du Golfe.

 

Il est de plus en plus probable que c'est par la Turquie que les rebelles ont pu se doter d'un équipement chimique, ce qui est pointé par une lettre soumise par 12 anciens haut responsables des service de renseignement américains au président Obama.

 

Dernier scandale en date, le 15 décembre dernier, où il fut révélé que depuis juin 2013 ce sont pas moins de 47 tonnes d'armes et de munitions qui ont circulé entre la Turquie et la Syrie, selon une enquête réalisée par l'ONU !

 

L'Etat turc a volontairement fait de la frontière une zone de non-droit, où prospèrent trafics en tout genre (armes, voitures de luxe). Les contrôles frontaliers deviennent impossibles, la frontière la chasse gardée des milices islamistes, des bandes de voyous, trafiquants en tout genre.

 

Toutefois, le gouvernement turc contrôle in fine les informations vitales. Les avocats donnent l'exemple de ce djihadiste turc (Burak Yazici) mort en Syrie, que les autorités turques avaient bien repéré mais laissé passer pour aller combattre le régime d'Assad.

 

Les djihadistes membres d'Al Qaeda patrouillent dans les rues des villes du sud de la Turquie. Human Rights Watch s'indigne de l'hypocrisie turque qui « accorde un refuse sûr à des criminels de guerre, des personnes qui ont violé les droits de l'Homme ».

 

On a même trouvé le 7 novembre dernier un camion rempli de lances-roquettes, de bombes et d'armes fabriquées dans la manufacture turque de Konya, destiné à la Syrie, conduit par Heysem Topalca, combattant en Syrie mais jamais inquiété … car proche des services secrets turcs.

 

L' « armée du crime » : six groupes terroristes, une seule vague de terreur sous couvert de religion

 

Al-Qaeda, Armée syrienne libre (ASL), djihadistes et opposants en tout poil, qui sont les rebelles syriens ? Qui sont ces criminels de guerre en acte, agissant sur ordre des responsables de cette guerre d'agression contre le peuple syrien ?

 

L'association divise ces groupes en six, une distinction complexe et mouvante. Elle souligne que l'ASL et Al Qaeda dirigent ces groupes, bien qu'il faille les concevoir comme des organisations faiblement structurées, à l'emprise sur les noyaux combattants assez lâches.

 

Seules les livraisons d'armes saoudiennes, coordonnées par la CIA, ont pu unir un temps ces groupes, tout en conduisant à des rivalités régulières pour le partage du butin.

 

Par ailleurs, distinguer les groupes proches de l'ASL ou d'Al Qaeda est souvent impossible, les deux fonctionnant souvent ensemble. Un exemple, Osman Karahan, un turc travaillant comme avocat pour Al Qaeda, mort à Alep en juin 2012 alors qu'il combattait pour l'ASL.

 

Donc, premier groupe djihadiste en Syrie : le Front islamique syrien, de 13 à 20 000 hommes, reposant sur la Brigade Ahrar Al-Sham. Ce groupe a des liens importants avec la Turquie, l'Irak, est lié avec l'ASL et vise surtout les régions Kurdes.

 

Deuxième groupe, le Front islamique de libération, avec cinq brigades. Celle de Tawhid à Alep est liée à l'ASL, celle de Farouk à Alep et Homs est plutôt proche de la Turquie, les brigades Islam (Damas) et Al Haq (à Homs) rattachés à l'Arabie saoudite. Enfin la cinquième, Suquour al-Sham, proche d'Al Qaeda, est financée par le Qatar.

 

Cette dernière compte 3 000 combttants, la brigade de l'Islam 10 000.

 

Troisième groupe, Ghuraba al-Sham composé d'un grand nombre de citoyens turcs et spécialisée, cela va de soi, dans les attaques contre les zones kurdes.

 

Quatrième groupe, la Brigade des martyrs d'Idlib, de plus en plus chapeautée par l'organisation islamiste radicale Suquour al-Sham, financée par les Qataris, liée à Al-Qaeda. La brigade Al-Resul, une autre organisation islamiste radicale, instaurée et soutenue par le Qatar.

 

A noter que des organisations basées non pas en Syrie mais au Liban, en Irak participent désormais aux combats en Syrie, comme la brigade Abdullah Azzam, une organisation salafiste basée au Liban, proche d'Al Qaeda ou encore Jund al-Sham composée de djihadistes palestiniens.

 

On peut penser aussi à l'Armée libre irakienne, mise sur pied récemment par des gens proches de l'ancien président irakien Tarik Al Hashimi. La plupart de ces groupes fonctionnent directement avec Al-Qaeda.

 

Cinquième groupe et pas le moindre, le Front Al Nosra, organisation islamiste fondamentaliste, qui a juré allégeance à Al Qaeda en avril 2013. On estime à 70 le nombre d'attentats à la bombe commis par cette organisation terroriste d'ici à juin 2013. Elle tend à prendre le dessus dans la rébellion.

 

On pourrait ajouter finalement l'Etat islamique en Irak et Sham (ISIS), fort à Homs, Ar-Raqqah et Azez, dont les troupes mènent régulièrement des attaques contre les Kurdes et vont et viennent à travers la frontière turco-syrienne, mais aussi jordanienne.

 

Crimes de guerre, crimes contre l'Humanité : une longue liste du martyr du peuple syrien

 

Les avocats turcs dénotent au moins 19 cas de crimes de guerre recensés par les Statuts de Rome et 10 de crimes contre l'Humanité reconnus par l'article 7 des Statuts, les deux définitions se confondant souvent dans le cas de la dite Guerre civile de Syrie.

 

Meurtres et massacres : L'Association donne comme preuve le cas de 22 attaques meurtrières, essentiellement des attentats à la bombe, ayant été directement imputée aux groupes rebelles, revendiqués par eux.

 

Parmi les plus marquants, on peut penser aux véhicules bourrés d'explosifs qui ont explosé le 28 novembre 2012 dans un quartier multi-ethnique, peuplé de Chrétiens et de Druzes, à Jaramana. Bilan : 34 morts et 83 blessés.

 

Le 29 janvier 2013, 80 cadavres ont été retrouvés, la plupart d'enfants, exécutés les mains attachés ans le dos le long de la rivière Quiq à Alep, une région contrôlée par l'ASL.

 

Enfin, le 21 février 2013, une série d'explosions revendiquées par Al Qaeda a fait, à Damas, 161 morts et 500 blessés.

 

Extermination de groupes raciaux et religieux : les attaques visant les minorités religieuses (Chrétiens, Chiites) ou ethniques (Kurdes, Druzes, Alaouites) se multiplient. On peut penser aux attaques dans les villages alaouites et kurdes à Latakia.

 

Les militants d'Al-Nosra ont attaqué le 4 août huit villages de Latakia. Après les avoir bombardé, les djihadistes les ont massacré à l'aide de haches, de couteaux et de machettes. Plusieurs centaines de morts : tous les habitants du village de Hrrata sont morts, seuls 12 ont survécu à Nabata.

 

A Balluta, les djihadistes ont d'abord pris soin de massacrer les enfants rassemblés sur la place du village puis les adultes. Selon le rapport d'Human Rights Watch, 190 personnes auraient été massacrées, 200 enlevées, les chiffres pouvant être beaucoup plus élevés.

 

Le recours à des armes chimiques : Leur utilisation est avérée, tout du moins pour l'attaque dans la région orientale de Guta, à Damas, le 21 août. Si la Syrie d'Assad a été rapidement pointée du doigt par les agresseurs, les faits montrent une autre direction.

 

La Russie avait déjà souligné que les missiles avaient été lancés depuis une zone contrôle par Liwa al-Islam, milice islamiste. En mai 2013, l'Armée syrienne avait déjà capturé sur des soldats d'Al-Nosra des échantillons de gaz sarin, ou d'armes de destruction massive plus raffinées.

 

Plus tard, en octobre 2013, une explosion à la bombe à la frontière turque, sur un poste contrôlé par les Kurdes à Ras al Ayn, pourrait bien avoir été accompagnée d'armes chimiques, au vu des symptômes d'empoisonnement chez certains combattants, et de la fumée jaune due à l'explosion.

 

N'oublions pas que Carla del Ponte, membre de la Commission d'enquête de l'ONU, a elle-même confirmé qu'il n'y avait aucune indication que le gouvernement syrien avait utilisé ces armes, mais que cela pouvait bien être le cas des rebelles syriens.

 

Attaques contre des bâtiments éducatifs, religieux, culturels : ils sont fréquents, plus de 2 000 établissements scolaires ont été détruits dans les combats. En janvier 2013, l'hôpital français d'Alep a été victime d'une voiture piégée signée Al-Nosra.

 

Le 28 mars 2013, l'Université de Damas a été victime d'une attaque au mortier qui a fait 15 morts et 20 blessés. Le 21 mars, c'était la mosquée Eman qui était visée lors de la prière du vendredi, l'imam pro-Assad Sheikh Mohammed Said Ramadan al-Buti tué, ainsi que 42 autres personnes.

 

Les plus grands monuments de la riche histoire syrienne, classés à l'UNESCO, ont déjà été lourdement endommagés, pillés : on peut penser au Krak des Chevaliers, Palmyre, la vieille ville de Damas, les édifices moyen-âgeux d'Alep, le bazar d'Al-Madinah ou la Grande mosquée d'Alep.

 

Harcèlement sexuel et viols : il est avéré qu'Al Qaeda et les organisations liées à l'ASL ont violé des milliers de femmes et d'enfants. Selon l'ONG « Femmes en état de siège », en 2012, 100 cas de viols avérés ont eu lieu, 80 % contre des femmes ou jeunes filles. Les chiffres seraient largement sous-estimés.

 

Toutes les plaintes déposées par les « Avocats pour la justice » en Turquie n'ont abouti à aucune poursuite concrète contre les criminels de guerre et leurs complices.

 

Pourtant, l'attentat islamiste à Reyhanli, à la frontière turco-syrienne en mai dernier, qui a fait 46 morts a éveillé la conscience du peuple turc. Ce fut le point de départ de la « rébellion de juin » qui a ébranlé le régime autoritaire d'Erdogan, aujourd'hui en train de vaciller sous le poids des scandales.

 

Désormais, les avocats épris de justice, les journalistes amis de la paix, les députés soucieux de vérité s'en tournent à l'opinion publique internationale : il faut que s'exprime un grand mouvement de solidarité avec le peuple syrien, victime d'une guerre d'agression, que la vérité soit dite et justice soit faite face aux criminels de guerre qui sévissent en Syrie !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Liban-Syrie
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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 07:21

libanais bp israelLe PC libanais dénonce l'attentat contre Mohammed Shatah et ceux qui attisent la « guerre civile communautaire »





Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Bureau politique du Parti communiste libanais condamne avec la plus grande fermeté l'attentat à la bombe qui a conduit à l'assassinat de l'ancien ministre Mohammed Shatah, et à la mort d'un certain nombre de personnes innocentes ainsi qu'à des dizaines de blessés.



Nous le percevons comme une suite de la spirale de violence et de morts qui frappe le Liban, une tentative de plonger le pays dans l'abîme de la guerre civile communautaire, destructrice pour la communauté nationale.



Les partis au pouvoir sont embourbés dans des débats stériles sur leurs différences et leurs intérêts particuliers, loin des préoccupations des Libanais et de leurs besoins, dans des intérêts contraires à ceux du Liban, la nécessité de sortir de la crise et d'en finir avec les effets négatifs qui pèse sur tous.



Le Bureau politique du Parti communiste libanais réitère sa mise en garde contre la poursuite de ce chemin pour le pays, qui ne représente pas seulement une menace réelle pour la stabilité et la sécurité du pays mais met en péril l'existence même de notre nation.



Nous invitons les Libanais à être vigilants et attentifs face à ce qui se trame dans ce pays, nous tenons aussi les autorités comme responsables de ce chaos, en laissant agir le terrorisme pour fomenter la discorde, semer le chaos et revenir à un état de guerre civile.



 

En tant que bureau politique du Parti, nous adressons à la famille du défunt Mohammed Shatah ainsi qu'autres disparus nos plus sincères condoléances, ainsi que des vœux de prompt rétablissement aux blessés.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Liban-Syrie
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