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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 06:24

KKE.jpgLe PC grec (KKE) dénonce la préparation d'une nouvelle guerre impérialiste contre la Syrie



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le peuple grec doit bien réfléchir et rejeter les vieilles ficelles dangereuses des impérialistes, avec l'organisation d'une campagne de propagande trompeuse visant à accuser le gouvernement syrien d'avoir utilisé des armes chimiques, afin de mieux justifier l'offensive militaire contre la Syrie.

 

Les Etars-unis, la France, la Grande-Bretagne, la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite qui soutiennent les forces anti-régime, jouent un rôle important dans cette campagne, sans la moindre preuve.

 

Ces forces qui interviennent dans les affaires intérieures de la Syrie du côté des forces armées anti-régime, mercenaires de tout poil, qu'ils alimentent en armes afin de faire avancer leurs plans stratégiques pour la région, jouent en réalité un rôle de tout premier plan.

 

Il faut que les gens se souviennent que les mêmes prétextes, ou des prétextes similaires, ont été utilisés pour justifier les guerres contre la Yougoslavie, l'Irak, l'Afghanistan et la Libye.

 

Il y a quelques mois, il y avait des preuves tangibles de l'usage d'armes chimiques en Syrie de la part des groupes anti-régime, mais ce fait a été délibérément occulté.

 

 

Le KKE dénonce l'intervention étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie et dans ceux des autres pays de la région, il dénonce les préparations d'une nouvelle guerre impérialiste et appelle notre peuple à exiger du gouvernement qu'il n'implique pas notre pays dans ces projets meurtriers.

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 06:59

nassif-debs.jpgEntretien avec la secrétaire-générale adjointe du Parti communiste libanais Marie Nassif-Debs



Entretien avec Marie Nassif-Debs réalisé par le magazine irlandais « Look left »



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



1 – Quelle est l'analyse du Parti communiste libanais (PCL) sur les origines des troubles en Syrie?



Pour comprendre la crise syrienne, il est nécessaire, dans le même temps, de jeter un coup d’œil à la situation intérieure du pays et aux troubles qui font rage dans la région depuis l'occupation de l'Irak en 2003. En fait, la situation intérieure syrienne connaît, depuis des décennies, des formes d'opposition aux politiques du parti Baas. Cette opposition n'est pas unifiée.



Il y a, tout d'abord, les démocrates et les groupes de gauche qui ont toujours tenté de créer, malgré la répression et l'incarcération, un processus de réformes sociales, économiques et politiques contre la politique dynastique, les abus de pouvoir, la corruption et tout particulièrement les politiques néo-libérales qui ont ravagé l'économie syrienne, essentiellement l'agriculture, mettant des centaines de milliers de Syriens au chômage. Il y a aussi l'opposition menée par les groupes islamistes, avec une majorité sunnite, qui essaient de prendre le pouvoir en instrumentalisant la religion, ou plutôt de prendre le pouvoir à la minorité alaouite.



Dans cette situation nationale instable, se sont ajoutés des facteurs extérieurs, à commencer par les tentatives américaines de briser l'alliance entre la Syrie, l'Iran et la Russie afin de mettre en place son projet dit du « Nouveau Moyen-orient », un plan géo-stratégique de la plus haute importance économique, avec les réserves de pétrole et de gaz que détient la région. Ils ont en outre la soutien d'Israel, celui des forces féodales du Golfe. Ils ont contribué à créer des groupes islamistes et salafistes qui se répandent dans tout le monde arabe. A cet égard, il est nécessaire de lire attentivement les directives de la politique étrangère de Washington, à commencer par le livre de Z.Brzezinski « Le grand échiquier » qui a inspiré la politique étrangère turque.



Bien entendu, deux ans après le début de la crise, les facteurs extérieurs sont devenus dominants, ce qui permet de dire qu'il y a une internationalisation du conflit, et que les troubles en Syrie vont hélas dans le sens d'une guerre civile communautaire qui rappelle celle qu'a connu le Liban entre 1975 et 1990. Dans de telles circonstances, une guerre aussi longue et destructrice ne pourra conduire qu'à l'effondrement de la Syrie.



2 – Est-ce que l'extrémisme religieux et les royaumes féodaux du Golfe ont désormais l'ascendant dans le monde arabe ou est-ce que les forces progressistes peuvent triompher à terme ?



Ce qui se passe en Syrie est un peu différent de la situation dans d'autres pays arabes, y compris en Egypte et en Tunisie. Les deux pays ont connu de véritables révolutions et les forces populaires qui en ont été à l'origine et se sont appuyées sur un vrai programme de changement et ce à tous les niveaux.



Il est vrai que ces révolutions ont été détournées un temps par les « Frères musulmans » et d'autres forces politiques islamistes payées par le Qatar et l'Arabie saoudite, mais la résurgence du mouvement en Egypte (sous le mot d'ordre du refus du règne de la Charia) et les préparatifs pour une révolte similaire en Tunisie font penser que les forces politiques démocratiques et progressistes sont bien ancrées dans le mouvement populaire et, par conséquent, peuvent triompher, et leur triomphe, en particulier en Egypte, influencera tout l'Orient arabe. Voilà pourquoi nous croyons que les tentatives des États-Unis, tout comme l'argent de l'Arabie saoudite et du Koweit (plus de 12 milliards de $) ne pourront pas empêcher le processus d'arriver à son terme.



3 – Quelle est l'analyse que fait le PCL de l'implication du Hezbollah en Syrie ?



Le PCL a, dès le début de la crise syrienne, adopté une position basée sur l'analyse que je viens de développer. Cette position repose sur trois refus, et une affirmation : Non à la solution militaire prônée par le régime, non à la guerre civile communautaire défendue par l'opposition salafiste, non à toute intervention étrangère, oui à une solution politique interne reposant sur des changements radicaux.



Et quand nous parlons d'une solution interne syrienne sans intervention étrangère, cela signifie que nous sommes contre l'intervention du Hezbollah mais aussi des forces politiques libanaises alliées aux Etats-unis et à l'Arabie saoudite (et menées par l'ancien premier ministre Saad Hariri) dans les affaires intérieures syriennes. C'est pourquoi, depuis mars 2011, nous avons appelé à préserver le Liban et à donner à l'armée libanaise un appui politique pour empêcher que l'on utilise nos frontières pour fournir des armes aux rebelles syriens. Nous étions le seul parti politique à déclarer que la politique de « neutralité » adoptée par le gouvernement ne mènerait qu'à l'impasse dans le conflit au Liban, en raison des divisions politiques et religieuses.



4 – Quels sont les principaux effets de la crise syrienne sur le Liban ? Et comment le PCL tente de traiter la question de la division communautaire au Liban ?



Etant donné l'évolution du conflit syrien et les divisions communautaires verticales, qui ont toujours été à l'origine des problèmes libanais et qui vont aujourd'hui dans le sens d'un conflit sunnite-chiite (encouragé par l'Arabie saoudite mais aussi par l'Iran), nous croyons que le Liban est menacé par une nouvelle guerre communautaire, poussée par les différentes factions de la bourgeoisie libanaise qui ont construit leur régime sur la base des quotas communautaires. C'est ainsi que nous lisons les explosions militaires parfois à Tripoli, parfois dans le Bekaa, parfois dans le Sud, à quoi s'ajoute le retour des voitures piégées. C'est en ce sens que nous voyons également le développement des groupes salafistes, y compris ceux dans les camps de réfugiés palestiniens (avec le groupe « Al Nosra », un groupe proche d' « Al Qaeda »). Sans oublier les centaines de milliers de réfugiés syriens (certains liés à l'Armée syrienne libre) entrant légalement ou non dans le pays, avec tout les problèmes militaires et sociaux que cela soulève dans un petit pays comme le Liban (4,5 millions de personnes, dont 400 000 Palestiniens).



Par conséquent, l'initiative prise par notre parti consiste à créer un rassemblement politique et social sous le mot d'ordre de la préservation de la paix civile et du travail pour un changement démocratique, commençant par un appel à une Conférence constitutionnelle nationale.



Le but de cette conférence est de remettre en question les principes mêmes du système politique confessionnel et d'en proposer un nouveau sur les principes de la démocratie et de l'égalité, à commencer par des changements dans les statuts personnels confessionnels sur les états civils et en finissant par la modification de la Constitution.



5 – Comment êtes-vous entrée au Parti communiste ?



J'ai commencé ma vie de militante à l'âge de 16 ans, quand nous avons commencé à étudier le marxisme : j'ai découvert que mes révoltes contre la pauvreté et l'injustice avaient un nom qui pouvait changer la société par l'engagement politique.



J'ai donc commencé à lire mais aussi à étudier sur ce qui s'était passé au Liban et dans le monde arabe et à analyser le problème des divisions religieuses qui m'ont toujours gêné, en particulier pendant les heures de catéchisme où les musulmans n'étaient pas autorisés à assister aux cours.



Deux années après, en 1967, j'ai rejoint le Parti communiste libanais, pendant la Bataille du Second congrès, comme nous l'appelons. C'était la bataille pour remettre le PCL dans la voie du changement démocratique, car pendant 25 années l'ancienne direction avait suspendu tout congrès. C'est aussi ce Congrès qui a donné un nouveau souffle au communisme au Liban et dans la région, en corrigeant la ligne du PCL et en insistant sur l'union de la lutte de classe et de la lutte pour la libération nationale, avec au premier plan le problème palestinien comme problème central du mouvement de libération arabe.



6 – Quelle est la force du mouvement communiste dans la vie politique et le mouvement ouvrier libanais ?



Le mouvement communiste était et reste la base du mouvement syndical. Les militants syndicalistes du Parti communiste libanais ont été, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et jusqu'à présent, ont été les instigateurs de toutes les réformes en matière sociale : le Code du travail (1948), la sécurité sociale et médicale (1963), la loi sur les retraites etc. En outre, ce sont les militants communistes qui ont créé le mouvement syndical chez les enseignants (au début des années 1970) et, pendant 30 ans, nous avons lutté pour le changement des statuts dans la fonction publique, notamment sur les libertés syndicales. Et n'oublions pas le rôle des communistes dans l'agriculture, parmi les ouvriers agricoles et les pauvres paysans.



Le PCL est bien ancrée dans la classe ouvrière libanaise. Le parti a mené la lutte pour améliorer la situation à la campagne. C'est le seul parti, ou presque, qui travaille sur des bases sociales non-confessionnelles. Pour toutes ces raisons, il a une influence non-négligeable parmi les masses. Les statistiques nous donnent actuellement un peu moins de 12% des voix des électeurs, mais nous n'avons pas de députés à cause du système électoral confessionnel (sur la base de la représentation des confessions religieuses) que la bourgeoisie a adopté afin de pouvoir continuer à monopoliser le Liban. Voilà pourquoi nous, comme nous l'avions dit précédemment, optons pour la suppression complète du système confessionnel derrière lequel se cache la bourgeoisie. Elle l'utilise pour diviser les travailleurs et les masses populaires chaque fois qu'elle voit son système menacé.



7 – Quelle est la situation du droit des femmes au Liban comparé aux autres Etats arabes ?



Les luttes pour les droits des femmes étaient une priorité du PCL depuis sa création en 1924. Par ailleurs, le mouvement des femmes au Liban est un des plus anciens du monde arabe et la femme arabe était une des premières dans cette partie du monde à voir reconnu son droit de vote et celui d'être éligible (1953).



Mais le problème persiste dans le régime libanais qui a donné ses prérogatives en termes de statut personnel et politique aux différents leaders confessionnels. Les discriminations continuent ainsi à peser lourd. Il est vrai qu'au cours des 12 dernières années, nous avons réalisé un grand pas en avant dans les luttes, nous avons contribué à faire changer les lois, mais nous avons encore un long chemin à parcourir, afin d'appliquer la parité dans la fonction publique et un quota de femmes dans les institutions de pouvoir (au parlement, il n'y a actuellement que 4 femmes sur 128 députés).



8 – Quels sont vos espoirs pour le mouvement communiste au Liban dans les années à venir ?



Nous espérons parvenir à imposer un changement démocratique radical, notamment un régime laic basé sur le code civil. Nous espérons également parvenir, par notre travail, à empêcher que notre pays sombre dans la guerre civile, et finalement, nous espérons libérer le reste de notre territoire sous occupation israélienne. Il reste un objectif : réaliser l'unité du mouvement de la gauche arabe (pour lequel nous travaillons depuis trois ans) afin de libérer des ressources et des richesses du pillage impérialiste et de réaliser le progrès social pour nos peuples sur la voie du socialisme.

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 06:30

Ammar-Bagdache.jpgEntretien avec Ammar Bagdash, secrétaire du Parti communiste syrien

 

 

Lors d'une rencontre publique à Rome avec le secrétaire du Parti communiste syrien, Ammar Bagdash et une interview collective pour connaître les causes, le déroulement et les conséquences de la guerre civile en Syrie. Ou autrement dit de la tentative de déstabilisation d'un pays qui ne correspond pas aux plans pour le contrôle impérialiste du Moyen-orient.

 

 

Entretien réalisé par Sergio Cararo, Marinella Correggia, Maurizio Musolino

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

 

 

Pourquoi cette attaque contre la Syrie ?

 

La Syrie constitue une digue contre l'expansionnisme nord-américain au Moyen-orient, surtout après l'occupation de l'Irak. Mais le véritable protagoniste de ce projet se trouve être en réalité le président israélien Peres, qui poursuit cet objectif depuis les années 1980. Les communistes syriens ont donné un nom à ce projet : la grande Sion. La Syrie a refusé tous les diktats des Etats-unis et d'Israel au Moyen-orient, a soutenu la résistance irakienne, celle libanaise et le droit national du peuple palestinien.

 

Mais comment est née la révolte, la crise et la guerre civile en Syrie ?

 

 

Dans l'analyse des communistes syriens, les conditions ont été posées également par les mesures libérales adoptées en 2005. Cette politique a eu trois effets négatifs : une augmentation des inégalités sociales ; l'exclusion sociale de plus en plus diffuse dans les banlieues de Damas ; la dégradation des conditions de vie de la population. Cela a favorisé les forces réactionnaires, comme les Frères musulmans, qui se sont appuyées sur le sous-prolétariat, surtout rural. Quand nous avons dénoncé tout cela jusqu'au Parlement, on nous a accusé d'adopter une posture idéologique et d'être des idiots.

 

 

En Syrie, ils veulent refaire ce qui s'est passé en Égypte et en Tunisie. Mais là il s'agissait de deux pays philo-impérialistes. Dans le cas de la Syrie, c'était différent. Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d'Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l'armée que dans l'autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d'infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenu. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. Communistes, nous avons réalisé cette équation : les discours et les actes doivent être confrontés aux discours et aux actes. Mais le terrorisme doit être confronté par la souveraineté de la loi, en rétablissant l'ordre.

 

Ensuite, on est passé à la troisième phase. La véritable révolte armée. Attentats et assassinats ciblés étaient le signal pour commencer l'attaque contre Damas. Puis les attaques se sont concentrées contre Alep, qui par sa position géographique rend plus facile le trafic et le ravitaillement depuis l'étranger. Le gouvernement a réagi en imposant l'hégémonie de la loi. Il convient de dire que l'intervention de l'armée et les bombardements aériens se sont produits dans une zone où l'essentiel des civils avaient déjà fui. A la contre-offensive de l'armée syrienne, les rebelles ont réagi de façon barbare, y compris dans les zones où il n'y avait pas de combattants. Et puis ils ont assiégé Alep.

 

Pourquoi la Syrie résiste, que cela signifie-t-il ?

 

Ces dix dernières années au Moyen-orient, l'Irak a été occupé, la Libye a dû capituler, la Syrie au contraire non. Par sa plus grande cohésion interne, ses forces armées plus puissantes, des alliances internationales plus solides ou parce qu'il n'y a pas encore eu d'intervention militaire directe des puissances impérialistes ?

 

En Syrie, à la différence de l'Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n'aurait pas pu résister en comptant seulement sur l'armée. Elle a résisté parce qu'elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l'alliance avec l'Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu'il deviendra clair qu'il existe d'autres voies. Notre lutte est internationaliste. Un expert russe m'a dit : « Le rôle de la Syrie ressemble à celui de l'Espagne contre le fascisme ».

 

Quels effets peuvent avoir les événements en Égypte sur la situation actuelle en Syrie ?

 

Il y a un rapport dialectique entre ce qui s'est passé en Égypte et ce qui se passe en Syrie. La base commune, c'est le mécontentement populaire, mais la résistance syrienne a accéléré la chute du régime des Frères musulmans en Égypte et cela aidera beaucoup la Syrie car cela montre que les Frères musulmans ont été rejetés par le peuple.

 

Dans un entretien récent, la président syrien Assad a affirmé : « En Syrie, nous avons mis en échec l'offensive de l'islamisme politique ». Qu'en pensez-vous ?

 

Nous, communistes syriens, n'utilisons pas la catégorie d'Islam politique. L'Islam connaît une certaine diversité en son sein. Il y a des réactionnaires pro-impérialistes comme les Frères musulmans et des progressistes comme le Hezbollah et même l'Iran. Je ne suis pas un admirateur du modèle iranien mais ce sont nos alliés dans la lutte contre l'impérialisme. Depuis notre V ème Congrès, nous avons jugé l'Iran sur la base de sa position sur l'impérialisme. Notre mot d'ordre est : pour un Front international contre l'impérialisme.

 

En Italie, une grande partie de la gauche pense que les rebelles combattent un régime fasciste, celui d'Assad. Que pouvez-vous répondre à cette position ?

 

Si nous partons de la définition du fascisme – un mouvement réactionnaire qui use de moyens violents dans les intérêts du capitalisme monopoliste – en Syrie, ce n'est pas le capitalisme monopoliste qui domine. Ce sont plutôt les rebelles qui représentent les intérêts du grand capital. Les révoltes, comme nous l'enseigne l'histoire, ne sont pas toujours des révolutions. Pensons aux Contra au Nicaragua, aux franquistes en Espagne et il y en a d'autres.

 

Mais l'opposition à Assad est-elle toute réactionnaire ? Ou, comme le démontrent les affrontements internes entre Armée libre syrienne et militants djihadistes, ou ces derniers jours entre kurdes et djihadistes, existent-ils des éléments progressistes avec qui on peut entamer un dialogue ?

 

Parmi les opposants, certains ont passé plusieurs années dans les prisons syriennes et nous avons réclamé et nous sommes battus pour leur libération. Ces opposants à Assad sont toutefois contre toute ingérence, intervention étrangère. Certains vivent à Damas et nous travaillons ensemble pour le dialogue national. Même Haytham Menaa de la Coordination démocratique condamne l'usage de la violence de la part de l'opposition armée ainsi que les ingérences extérieures. D'autres comme Michel Kilo viennent de la gauche, mais ont trahi ces idées mais ils ne peuvent de toute façon pas changer la nature réactionnaire de la rébellion.

 

Comment expliquez-vous l'intensification des divergences entre Arabie saoudite et Qatar, et qui se répercute également dans les divisions au sein des milices rebelles ?

 

C'est vrai, l'influence et le rôle du Qatar diminuent, ceux de l'Arabie saoudite augmentent. L'affaire des affrontements avec les kurdes, c'est une autre histoire. Il y a eu des affrontements entre kurdes de l'Union démocratique kurde et les militants djihadistes d'Al Nusra, mais il y a eu également des affrontements entre divers groupes kurdes.

 

Que se passe-t-il pour les Palestiniens qui vivent dans les camps de réfugiés en Syrie ?

 

J'ai rencontre récemment le responsable de l'OLP et il m'a dit : « Si la Syrie tombe, adieu la Palestine ». Le Hamas a agi parfois dans la précipitation, il a fait beaucoup d'erreurs et a causé des problèmes. Nous pouvons dire que l'organisation, qui appartient au monde des Frères musulmans, est revenue à ses origines et elle est désormais sous l'aile du Qatar. Mais c'est dangereux également pour eux. Maintenant, après ce qui s'est passé en Egypte, que se passera-t-il à Gaza ? La majorité des militants qui sont entrés dans les camps de réfugiés palestiniens en Syrie n'étaient pas palestiniens. La majorité des Palestiniens est totalement contre toute ingérence dans les affaires syriennes.

 

A Yarmouk, 70% des habitants sont syriens car les camps de réfugiés en Syrie ne sont pas des ghettos comme dans les autres pays. Il y a encore des combats à Yarmouk mais la population syrienne est partie. Le Comité exécutif de l'OLP s'est rendu deux fois en Syrie pour poser la question de la protection des camps de réfugiés. Yarmouk a été assiégé par Al Nusra avec l'aide du Hamas qui a cherché à provoquer l'armée, laquelle a reçu l'ordre de ne pas réagir.

 

On en parle peu, mais quel rôle joue la Jordanie dans la crise et la guerre civile en Syrie ?

 

La monarchie jordanienne a toujours collaboré avec l'impérialisme et il y a une intense activité des Frères musulmans. La Jordanie a accepté la présence de militaires états-uniens sur son territoire et la quatrième attaque contre Damas est partie justement du territoire jordanien.

 

Et quel jeu joue Israel en Syrie ?

 

Israel soutient les rebelles armés, mais quand ils n'arrivent pas à toucher leurs objectifs, ce sont les avions de combat israéliens qui prennent le relais. Cela s'est passé à Damas mais aussi il y a quelques jours à Latakia.

 

Comment sortir de la tragédie ?

 

 

On ne peut réaliser aucun progrès social, ou la démocratie, si on est soumis à des forces extérieures. Le mot d'ordre est de défendre la souveraineté nationale et les conditions de vie de notre peuple. Comme je l'ai déclaré à l'ANSA, le principal moyen de sortir du massacre syrien passe d'abord par un arrêt des aides à l'opposition armée de la part des pays réactionnaires et impérialistes. Une fois que les aides extérieures seront arrêtées, on pourra mettre un terme à toutes les opérations militaires, y compris de la part du gouvernement syrien. Et relancer un processus démocratique avec des élections législatives et des réformes politiques, ce qui n'est évidemment pas possible dans cette phase de la lutte armée. L'avenir politique de la Syrie se décidera par les élections, notamment celles présidentielles de 2014.

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 06:51

jabhaLe Parti communiste condamne la décision de l'Union européenne


Et appelle à la rejeter comme une atteinte à la souveraineté nationale

 

Communiqué du Bureau politique du Parti communiste libanais

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le Parti communiste libanais (PCL) condamne la décision qui a été prise par l'Union européenne (UE) plaçant sur la liste noire ce qu'elle appelle la « branche armée » du Hezbollah. Cette décision a été prise dans le but de satisfaire la volonté de l'impérialisme américain et Israël. Elle ignore toutes les normes dans les relations nouées avec un État indépendant et souverain, tout particulièrement lorsque le président libanais écrit une lettre, quelques temps auparavant, avertissant du danger que cette décision aurait pour la stabilité et la paix au Liban.


 

Le Parti communiste libanais voit dans cette nouvelle capitulation face aux diktats des États-Unis et d’Israël le retour sur des vieux sentiers, ne prenant en compte ni les intérêts des peuples d'Europe ni les aspirations des peuples arabes à la libération, l'indépendance et au changement démocratique. Ici, nous mentionnons le soutien plein et entier à l’État sioniste d’Israël qui est évident, pas seulement dans la résolution 1701, avec ses conséquences négatives sur la résistance nationale … tandis que l'ennemi continue d'occuper les fermes de Chebaa et les collines de Kfarchouba, ce qui ne fait que s'ajouter à ses agressions quotidiennes sur notre territoire, et dans nos eux territoriales.


 

Sur ces bases, le PC libanais appelle les autorités à rejeter cette décision qui constitue une atteinte à la souveraineté nationale et appelle aussi à prendre les mesures nécessaires pour répondre à ces États qui ont approuvé cette agression.

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 06:51

Flag-map of SyriaLe PC syrien salue la résistance nationale et appelle à consolider sa base sociale à partir d'un « programme de rupture avec le libéralisme économique »



Communiqué du Comité central du Parti communiste syrien



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Le Comité central du Parti communiste syrien a organisé une session élargie, le 2 juin 2013, présidée par le secrétaire-général le camarade Ammar Bagdache. Cette rencontre comptait sur la présence de membres du Comité central, de membres du Comité de surveillance et de secrétaire des Comités régionaux.



Pendant la discussion sur la situation politique, le Comité central a estimé que le cours pris par les événements ne faisait que confirmer ce qui avait été annoncé par le Parti dès le début, que la résistance n'est pas seulement un devoir, elle est possible. Cette résistance doit beaucoup aux masses syriennes pétries de patriotisme, prêtes à sacrifier tout ce qu'ils ont pour défendre l'indépendance nationale, c'est ce que prouve notre histoire récente, c'est que ce qu'on peut voir aujourd'hui dans le sang versé par nos martyrs, enfants d'ouvriers et paysans, des villes comme des champs, qui a irrigué l'autel de la souveraineté nationale et de la dignité.



Des facteurs internationaux ont également contribué à renforcer la résistance nationale syrienne, la solidarité de tous les peuples libres du monde arabe et ceux qui dans le monde font fait et cause avec le peuple syrienne face à l'agression des forces obscurantistes impérialistes, sionistes et réactionnaires.



Des gestes de soutien se sont manifestées également sur la scène régionale et internationale, exprimés avec force par la République fédérale de Russie et la République populaire de Chine ainsi que par la République islamique d'Iran qui ont joué un rôle crucial dans la défense de la résistance nationale syrienne.



L'escalade belliciste contre la Syrie se poursuit, ce qui se manifeste par des attaques militaires sionistes et par les décisions prises par l'Union européenne de soutenir ouvertement les bandes armées dans notre pays, avec la poursuite et l'extension de sanctions économiques et politiques injustes prises par ce bloc impérialiste contre la Syrie, avec la bénédiction et même sous inspiration des Etats-unis, ce premier ennemi de la liberté des peuples. Les régimes qui ont fait allégeance à l'impérialisme (de Doha à Ankara) prennent des mesures qui n'ont rien à voir avec les règles du droit international, participant à l'agression en finançant, ravitaillement et soutenant de toutes les façons possibles les forces armées de nature terroriste.



Le Comité central confirme que les dernières évolutions positives sur le champ de bataille, avec les ripostes aux offensives récurrentes des forces armées de la rébellion, et les succès importants remportés par les forces armées syriennes qui ont repoussé les bandes armées et réduit sa sphère d'influence, ont joué et jouent un grand rôle. Elles ouvrent des perspectives de résolution de la crise sur une base nationale, c'est-à-dire en maintenant la Syrie comme un pays à la souveraineté inaliénable, rejetant les diktats de l'impérialisme et du sionisme, luttant avec courage contre toutes les tentatives de faire plier la Syrie.



Le Comité central a exprimé le soutien du Parti communiste syrien aux grandes lignes du programme pour résoudre la crise syrienne, révélées dans le discours du président Bachar al-Assad le 6 janvier 2013. La condition nécessaire et fondamentale pour trouver un début de solution à la crise syrienne consiste à ce que les forces de la rébellion arrêtent leurs opérations terroristes et qu'on arrête d'aider des groupes armés terroristes depuis l'extérieur. Sans cette condition préalable, il est impossible d'aller plus loin dans la résolution de la crise, du point de vue de l'intérêt national et de l'aspiration du peuple à vivre dans la dignité dans un pays libre. Le Comité central estime aussi que toutes les propositions de réforme contenues dans ce programme pour résoudre la crise syrienne, telle que l'adoption d'une Charte nationale, les changements à la Constitution et l'adoption de lois politiques fondamentales doivent être actés par des assemblées représentatives élues de façon démocratique.



Le Comité central constate que les progrès réalisés dans le renforcement de la résistance nationale contraignent les forces adverses à changer de tactique. Les États-Unis ont approuvé la décision de reprendre les négociations, commencées à la Conférence de Genève. Avec le soutien du Parti communiste à la décision du gouvernement syrien de participer cette conférence, nous avions appelé dans le même temps à la vigilance face aux manœuvres de l'impérialisme car l'impérialisme américain et le sionisme israélien sont les deux principaux ennemis des peuples arabes en général et du peuple syrien, ainsi que de l'indépendance nationale syrienne, en particulier.



Le Comité central pense que les forces adverses, inquiètes face à l'échec de la tentative séditieuse de renversement du système actuel, commencent à diriger tous leurs efforts vers le prolongement de la crise et l'épuisement de la Syrie, car il s'agit d'une pierre angulaire placée face au plan d'asservissement de la région, le « nouveau Grand Moyen-Orient », une tentative de créer un « Grand Sion » pour mettre en place, dans ce cadre, l'asservissement et l'exploitation de tous les peuples de la région par l'impérialisme américain et le sionisme international, avec l'appui des forces arabes traîtresses.



Le cours des événements rend nécessaire le renforcement de tous les éléments qui composent la résistance nationale, sur le plan politique, économique comme social. Le Comité central fait remarquer que l'évolution socio-économique du pays ne servent pas la cause de la résistance nationale, bien au contraire. La chute terrible du niveau de vie des masses syriennes est le cœur du problème, ces masses qui forment la base de la résistance nationale.



L'économie nationale a connu un sérieux recul, en conséquence d'actes de sabotage organisés par les forces de l'insurrection armée. Les infrastructures de production sont détruites, celles tombant momentanément sous leur contrôle voient le matériel pillé et vendu hors du pays, en particulier à la Turquie, et le même sort est réservé aux stocks importants de céréales.



Plusieurs installations pétrolières ont été sabotées, les oléoducs et les gazoducs coupés. Tout cela a conduit à des difficultés sérieuses, mettant en péril la satisfaction des besoins essentiels de la population, qui a quitté massivement leurs lieux de résistance, partant se réfugier en lieu sûr. Le chômage a augmenté, en particulier chez les travailleurs du secteur privé. Un phénomène qui s'est accru avec le départ d'un certain nombre d'hommes d'affaire qui ont fermé leurs boutiques et sont allés délocaliser leur activité à l'étranger. Les sanctions injustes prises par les centres de l’impérialisme mondial ont eu une grande influence sur l'évolution de l'économie nationaleet des conditions de vie de la majorité des citoyens.



Les conditions socio-économiques auraient pu être moins terribles, si ce n'étaient les politiques économiques libérales adoptées par le pays il y a déjà plusieurs années de cela. Les orientations économiques libérales ont joué un grand rôle, étant à l'origine de la crise qu'a connue le pays, creusant les inégalités sociales, et marginalisant un certain nombre de producteurs tout en appauvrissant les masses. Cette tendance économique libérale, avec les conditions qu'elle a créées, en particulier en sapant le rôle de l’État, n'ont pas permis de trouver des solutions efficaces pour protéger la production nationale ainsi que les vies des citoyens tout en maintenant le niveau de richesse général.



Jour après jour, le pouvoir d'achat de l'immense majorité des citoyens chute, avec la faible valeur de la monnaie nationale couplée à la flambée des prix. C'est une des principales raisons à l'origine de la situation actuelle, les grands bourgeois ont retiré les dépôts dans les banques nationales et les ont transférés à l'étranger. Ce qui a un impact négatif important sur la stabilité et la valeur de la livre syrienne. Ce processus s'est déroulé sous les yeux des agences gouvernementales sans qu'elles n'aient rien fait pour l'empêcher ou le freiner, sous prétexte qu'il n'existait pas de législations adéquates. La méthode consistant à placer des réserves en devise étrangères de l'Etat sur le marché de change n'a joué aucun rôle pour renforcer la monnaie nationale, au contraire, ce procédé a eu des conséquences dangereuses, avec l'épuisement des réserves en devise étrangère.



Aucune action sérieuse n'a été entreprise pour revoir de façon radicale les tendances économiques libérales de la période précédente, et suivre une politique de capitalisme d’État avec un État social. Au contraire, des décisions ont été prises de relever les prix de l'énergie. On continue dans cette voie néfaste pour la production nationale, comme pour les vies des citoyens en général, avec l'augmentation des prix de l'électricité et du carburant. Ce qui conduira à une nouvelle hausse générale des prix, et donc à une paupérisation des travailleurs, une partie d'entre eux devant désormais lutter contre la faim.



L'augmentation des prix de l'énergie, avec ses énormes effets négatifs sur les conditions de vie – déjà misérables – des masses populaires, met en péril toute la production nationale dans son ensemble. Cela signifie une augmentation des coûts de la production industrielle, et poussera ce qui reste des industriels à partir à l'étranger et à investir leur argent dans les pays voisins. Cela augmentera également le coût de la production agricole, avec la réticence d'une partie importante des producteurs à rester dans le secteur, portant donc un nouveau coup à ce qu'il reste de la sécurité alimentaire du pays, pourtant atteinte dans un passé pas si lointain. Cela porterait donc un coup terrible à l'industrie et à l'agriculture, et sans la contribution de ces deux branches de la production matérielle, il sera très difficile de surmonter les effets du déclin économique issu de la crise, et d'entamer de façon positive le processus de reconstruction du pays.



Il est clair que cela va intensifier la pression sur le peuple, et faire porter sur ses épaules les conséquences d'actes coupables commis par les ennemis de la patrie, et par leur force sociale dans le pays, la bourgeoisie compradore. Le libéralisme économique exprime les intérêts économiques de la bourgeoisie compradore, cette bourgeoisie dont les intérêts sont étroitement liés aux intérêts des monopoles mondiaux et donc fondamentalement incompatibles avec les intérêts du pays.



Le Comité central met en garde contre de nouveaux projets suspects, désormais sous la bannière de la « reconstruction de la Syrie », à la place des oripeaux précédents déchirés, défendus avec les mêmes arguments que ceux qui ont présidé aux tendances économiques libérales que nous avons connues il y a pas si longtemps. Ils défendent cette même ligne sous prétexte d'un « plan Marshall » pour la Syrie, dont le contenu est le suivant : une approche économique libérale, plaçant le pays sous le contrôle total des monopoles étrangers et des représentants locaux de la bourgeoisie compradore. Ces cercles cherchent à atteindre par des moyens économiques ce qu'ils n'ont pas pu réaliser par des moyens politiques et militaires, soit transformer la Syrie en un pays suiviste, à leur merci.



Cette tendance menace la souveraineté et l'indépendance nationale, elle rend nécessaire le rassemblement de toutes les forces nationales et progressistes afin de rompre pleinement et entièrement avec le libéralisme économique et de rétablir le rôle central de l'Etat dans la protection de la production nationale et de répondre aux intérêts des producteurs, répondre aux besoins fondamentaux de notre peuple.



Cette tendance qui protégera la résistance nationale syrienne et renforcera la base de masse de la résistance, étendra cette base nécessite qu'on adopte une série de mesures :



1Défense de la production nationale dans tous les secteurs, toute forme de propriété confondue, avec une attention spéciale portée au secteur public et soutien aux branches productives fondamentales : industrie et agriculture ;



2 – Renforcement du rôle des institutions étatiques dans le commerce intérieur et rétablissement de son rôle dans le commerce extérieur. Réprimer les spéculateurs, même si cela est important, ne suffit pas. Cela doit être couplé par l'instauration d'un concurrent sérieux, l'Etat ;



3 – Lien des prix avec les salaires et limitation des hausses de prix. Cela nécessite tout d'abord d'éradiquer l'évasion fiscale, y compris l'économie informelle, en défendant un système fiscal où plus on fait des profits, plus on paie d'impôts ;



4 – Attaque contre le profit parasitaire, sous toutes ces formes, en insistant dans la phase actuelle sur le traitement strict et efficace de ceux qui spéculent sur les biens alimentaires du peuple, construisant de grandes fortunes au prix de tragédies pour notre peuple ;



5 – Traitement global de la corruption pour être efficace. La corruption repose sur le pillage de l'Etat et du peuple, ce pillage est orchestré par la bourgeoisie parasitaire, en coopération étroite avec la bourgeoisie parasitaire.



6 – Changement radical de la politique monétaire, ce dont a besoin le pays actuellement, coupant court à tous les procédés conduisant à l'épuisement des réserves de devise étrangère du pays ;



7 – Soutien à l'agricultureen termes d'objectifs de production et de demande sur le marché, tout en renforçant le rôle de l'Etat dans le domaine, en aidant les agriculteurs, en travaillant à la renaissance de coopératives efficaces ;



8 – Réforme du code du travail dans les intérêts des travailleurs, en particulier pour empêcher les licenciements injustifiés ;



9 – Nationalisation du pétrole et du gaz, ce qui offrirait une base potentielle considérable à la reconstruction du pays, sur une base nationale ;



10 – Nationalisation de l'électricité et des télécoms ;



11 – Renforcement du rôle de l'Etat dans le domaine social, retour de l'Etat dans certains domaines, retour sur les mesures qui ont mis en péril l'éducation, la démocratie et le système de santé. Le concept, actuellement défendu, qu'il faudrait « donner une aide à ceux qui le méritent », transforment ce qui était une fonction sociale en charité, ce qui conduit à l'abandon des aides sociales ;



12 – Rupture totale avec les politiques économiques libérales, ce qui rend nécessaire l'adoption d'une base légale à cette fin. Cela nécessite l’annulation de toutes les lois, décisions de « libéralisation » qui ont cassé des branches de la production et n'ont profité qu'au capital parasitaire, tout en augmentant la déformation structurelle de l'économie nationale.



Toutes ces mesures permettraient un retour à l'ancienne forme de l'économie syrienne, qui était une économie productive. Ces mesures satisferont les besoins et les intérêts des producteurs qui constituent la colonne vertébrale de la résistance nationale syrienne, ce sera une une base solide pour relancer le pays sur la voie du progrès social. Le Comité central a ré-affirmé que la défense des intérêts du peuple renforcera les bases de la résistance nationale.



Le Comité central a concentré son attention sur les façons de profiter de la récolte agricole prometteuse. Il a jugé qu'il fallait faire plus d'effort pour profiter de cette récolte pour renforcer la sécurité alimentaire, et garantir une juste rémunération aux agriculteurs, qui ont fait beaucoup d'efforts pour atteindre ces résultats. Profiter de ces récoltes, les stocker pour partie, est d'une grande importance, en particulier dans ce contexte. Il est très important d'accorder plus d'attention à ce secteur, surtout à l'Est et au Nord-est.



Si on en revient à la situation internationale, le Comité central pense que l'intensification de la crise structurelle du capitalisme aura un impact sur l'évolution de la scène mondiale. L'affrontement entre travail et capital, dans de nombreuses régions du monde, y compris dans les centres impérialistes, s'intensifie. Ces affrontements sont exacerbés par l'apparition de signes sérieux annonciateurs de nouvelles crises capitalistes périodiques. Dans la plupart des pays capitalistes, une nouvelle crise survient juste après la fin d'une première phase de récession ou de reprise toute relative, une crise qui porte le péril d'une nouvelle vague de conflits.



Cette tendance belliciste de l'impérialisme s'accentue en dépit de la contraction de la base matérielle de cette tendance, due à l'approfondissement de la crise. Parmi les manifestations les plus visibles de cette tendance belliciste, ce qui se produit dans notre région et dans une bonne partie de l'Afrique, où l'impérialisme européen, en particulier l'impérialisme français, agit de façon ouvertement belliciste au Mali. L'affrontement entre les centres mondiaux, en particulier entre les centres impérialistes traditionnels et les dits pays émergents, s'aiguise, prenant des formes très variées de par le monde.



En Turquie, un grand mouvement de masse s'est levé contre le régime réactionnaire. Ce mouvement, résultat d'une série de facteurs provenant du ressentiment populaire croissant face aux mesures réactionnaires prises dans les domaines politique, social, par le gouvernement turc. La plupart des Turcs refusent la politique belliciste adoptée par les cercles dirigeants turcs contre la Syrie. Les événements en Turquie marquent le début de l'effondrement de ce modèle réactionnaire qui se pare d'un vernis hypocrite, démocratique et religieux, un modèle que l'impérialisme américain tente d'imposer dans les pays de la région afin de mieux les contrôler. Le Parti communiste syrien adresse des messages de solidarité aux forces nationales et démocratiques en Turquie, ainsi qu'aux masses qui se sont levées pour défendre leur dignité et les vraies valeurs progressistes.



Les événements en Égypte et en Tunisie marquent le début de la faillite totale de ce modèle obscurantiste et réactionnaire, ainsi que des instigateurs de ces mouvements réactionnaires.



Des mouvements de masse montent, avec des mots d'ordre de liberté, de démocratie, de laïcité et de justice sociale. Les communistes en Syrie tendent leur main aux démocrates du monde arabe, soulignant qu'il n'y a pas de dignité, de progrès, de prospérité et de démocratie sans maintien de l'indépendance nationale. Le premier combat se porte contre les agents du colonialisme, ils doivent être vaincus.



Le Comité central a pris note d'un rapport sur l'activité internationaliste du parti, couvrant la situation de la résistance nationale syrienne dans les médias communistes progressistes qui contribuent aux activités de solidarité avec la résistance. Le Comité central a informé de la participation de représentants du parti dans un certain nombre d'événements, tels que le 15 ème Congrès du Parti communiste de la Fédération de Russie, qui a publié une déclaration de solidarité avec la Syrie, ainsi que les actions de solidarité du Conseil mondial de la paix en collaboration avec le Conseil de la paix en Turquie et avec le Parti communiste turc, condamnant l'attaque impérialiste réactionnaire dans la région, et en solidarité avec la résistance syrienne. Le Comité central a salué le rôle des représentants du parti dans ces initiatives internationalistes.



Le Comité central a également pris note de rapports sur l'activité d'organisations du parti dans cette situation très difficile que connaît le pays et juge que, en dépit des difficultés, les organisations du parti font généralement leur travail de mobilisation de masse. Les événements montrent un haut niveau d'engagement des Communistes syriens sur les questions nationales, tout en montrant leur position particulière sur les questions de classe. Le Comité central a encouragé les organisations du parti à persévérer dans la lutte, dépendant des conditions concrètes de chaque région, afin de satisfaire les revendications des masses et de défendre leurs droits.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Liban-Syrie
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