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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 06:35

NO-WAR-ON-SYRIA.jpg63 Partis communistes et ouvriers s'opposent à l'intervention militaire impérialiste contre la Syrie

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Nous, partis communistes et ouvriers, exprimons notre solidarité avec le peuple syrien et dénonçons l'attaque militaire contre la Syrie préparée par les impérialistes, les Etats-unis, l'OTAN et l'Union européenne de concert avec leurs alliés afin de défendre leurs intérêts dans la région.

 

Nous rejetons les prétextes des impérialistes qui, comme l'histoire nous l'a prouvé, ont également été utilisés dans la guerre contre l'Irak ainsi que dans d'autres guerres impérialistes contre la Yougoslavie, l'Afghanistan et la Libye.

 

Nous appelons la classe ouvrière, les peuples du monde entier à s'opposer et à condamner la nouvelle guerre impérialiste, à exiger des gouvernements de leurs pays qu'ils ne s'engagent pas ni ne soutiennent l'offensive militaire criminelle.

 

1 – Parti algérien pour la démocratie et le socialisme ;

2 – Parti communiste d'Australie

3 – Parti communiste d’Azerbaïdjan

4 – Tribune progressiste démocratique (Bahrein)

5 – Parti communiste de Biélorussie

6 – Parti du travail de Belgique

7 – Parti communiste de Belgique (Wallonie-Bruxelles)

8 – Parti communiste de Bohême-Moravie

9 – Parti communiste du Brésil

10 – Parti communiste brésilien

11 – Parti communiste de Grande-Bretagne

12 – Nouveau parti communiste de Grande-Bretagne

13 – Parti communiste du Canada

14 – Parti communiste du Chili

15 – Parti communiste de Cuba

16 – AKEL (Chypre)

17 – Parti communiste au Danemark

18 – Parti communiste de Finlande

19 – Parti communiste allemand

20 – Parti communiste unifié de Géorgie

21 – Parti communiste de Grèce

22 – Parti ouvrier hongrois

23 – Parti Tudeh d'Iran

24 – Parti communiste d'Irlande

25 – Parti des communistes italiens

26 – Parti communiste jordanien

27 – Parti socialiste de Lettonie

28 – Front populaire socialiste de Lituanie

29 – Parti communiste du Luxembourg

30 – Parti communiste de Malte

31 – Parti communiste du Mexique

32 – Parti communiste de Norvège

33 – Parti du peuple Palestinien

34 – Parti communiste palestinien

35 – Parti communiste du Pakistan

36 – Parti communiste philippin

37 – Parti communiste de Pologne

38 – Parti communiste portugais

39 – Parti communiste des peuples d'Espagne

40 – Parti communiste de Suède

41 – Parti communiste du Soudan

42 – Parti communiste de la Fédération de Russie

43 – Parti communiste ouvrier de Russie

44 – Parti communiste d'Union soviétique

45 – Parti communiste de Slovaquie

46 – Parti communiste syrien

47 – Parti communiste syrien (unifié)

48 – Parti communiste du Tadjikistan

49 – Parti communiste de Turquie

50 – Parti du travail de Turquie (EMEP)

51 – Parti communiste d'Ukraine

52 – Union des communistes d'Ukraine

53 – Parti communiste du Vénézuela

54 - Parti communiste d'Albanie

55 - Parti communiste du Danemark

56 - Parti ouvrier d'Irlande

57 - Parti communiste d'Israel

58 - Nouveau parti communiste de Yougoslavie

59 - Parti communiste d'Espagne

60 - Parti communiste des Etats-unis

61 - Parti populaire socialiste du Mexique

62 - Nouveau parti communiste des Pays-bas

63 - Parti communiste du Bangladesh

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 11:25

flag-pins-algeria-syriaNon à l'intervention militaire impérialiste en Syrie!

Non aux ingérences impérialistes dans les affaires intérieures des peuples!

Non à la guerre entre les peuples !

 

Communiqué du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les chefs des Etats impérialistes français, anglais et américains annoncent désormais publiquement qu'ils vont bombarder incessamment la Syrie. Ils pensent que leurs puissants moyens de désinformation et de mensonge ont préparé le terrain dans l'opinion pour qu'ils puissent se livrer en toute impunité, sans passer par une décision du Conseil de Sécurité de l'ONU, à une intervention militaire directe contre un pays et un Etat souverains. Le but déclaré est d'abattre le régime syrien, imposer au peuple syrien leurs volontés après avoir été mis en échec depuis plus de deux ans dans leurs tentatives de mettre en place un régime à leurs bottes.


Comme à chaque fois que les Etats impérialistes se préparent à une guerre, ils fabriquent les prétextes justifiant leurs agressions criminelles.

 

Les va-t-en guerre ont orchestré depuis le 21 août une campagne sans précédent en prétendant que les "lignes rouges" fixées par Obama ont été franchies avec l'usage d'armes chimiques par l'armée syrienne contre les populations civiles dans les faubourgs de Damas.

 

 

La ficelle est grosse. La campagne médiatique mondiale des cercles au service des intérêts impérialistes s'est amplifiée et accélérée au moment précis où arrivait en Syrie, après accord de son gouvernement légitime reconnu des instances internationales, une délégation onusienne chargée d'une enquête aux fins de vérification de l'utilisation des armes chimiques. Il faut rappeler que c'est le gouvernement syrien qui a réclamé cette enquête depuis mars dernier lorsque les rebelles ont attaqué par des armes chimiques et tué des dizaines de citoyens qui leur résistaient à Khan al-Assal, dans la région d'Alep. Des images, de toute évidence fabriquées de toutes pièces par les courants bellicistes, ont abreuvé depuis le 21 août les téléspectateurs accusant le gouvernement syrien d'être à l'origine de l'usage d'armes chimiques. Des chiffres invérifiables sur le nombre de victimes de cette attaque ont été répandus par les médias et des ministres comme Fabius dont le soutien inconditionnel à Israël est notoire.

Le gouvernement syrien a démenti catégoriquement ses responsabilités dans cette attaque et fourni les preuves indiquant la fabrication de gaz mortel par les rebelles. Il  a également  accepté que la délégation onusienne présente à Damas se rende sur les lieux pour enquêter et faire éclater la vérité sur le fondement de ces accusations. Il l'a autorisée à mener cette enquête malgré le fait que son mandat devait se limiter à enquêter sur les attaques chimiques opérées par les rebelles à Khan El Assal.  Le bon sens et la situation militaire réelle sur le terrain indiquent au contraire que les accusations portées contre le gouvernement syrien, qui n'a rien d'un gouvernement suicidaire, ne reposent sur aucun fondement. Craignant d'être pris la main dans le sac, les dirigeants français, anglais et américains, soutiennent maintenant que cette enquête ne présenterait plus aucun intérêt. Ils prétendent, au mépris de toute logique scientifique élémentaire, que l'armée syrienne aurait réussi par ses bombardements à effacer les traces de sa prétendue attaque chimique

 

Les hésitations du gouvernement Obama pour intervenir militairement, comme le désirent certains dirigeants des pays impérialistes et notamment les sociaux démocrates français Hollande et Fabius, traduisent simplement son souci tactique d'éviter de s'embourber dans un nouveau front dont il serait incapable de contrôler l'évolution. Il se peut également qu'il craigne d'être désigné un jour comme l'auteur de ces mensonges flagrants, lorsque la vérité finira par éclater comme elle avait éclaté en Irak, au Kosovo ou dans d'autres pays. Car nul ne peut oublier que c'est sur la base de mensonges, aujourd'hui reconnus, autour d'une prétendue détention d'armes de destruction massive déversés par Bush et ses acolytes néo- conservateurs alors au pouvoir à la Maison Blanche que la guerre a été déclenchée en Irak en 2003. Nul n'oublie les faux charniers de Timisouara en Roumanie qui avaient servi à légitimer l'exécution du chef de l'Etat Céausescou devenu gênant pour les impérialistes.

 

Les aventures guerrières des impérialistes américains en Irak ou en Afghanistan tout comme celle qui a suivie en Libye n'ont pas apporté la démocratie dans ces pays, prétexte invoqué pour justifier les ingérences dans les affaires intérieures de ces peuples. Elles se sont soldées par des millions de morts et de blessés, la destruction des infrastructures  économiques et  la division des populations de ces pays sur une base ethnique ou religieuse. Les gouvernements portés au pouvoir dans ces pays, à la suite de ces interventions, n'ont rien de démocratique, ni ne sont à l'écoute des aspirations sociales de leurs peuples. Ce sont des pantins des puissances impérialistes.

 

En vérité, ce que les puissances impérialistes redoutent le plus c'est que le peuple syrien à la lumière de ces deux années de conflit qui déchire son pays et le divise, les souffrances qu'il a subies - des  dizaines milliers de civils et militaires syriens tués, blessés, des centaines de milliers de réfugiés - trouve le chemin susceptible de le conduire au rétablissement de la paix dans le cadre de la sauvegarde de sa souveraineté et de son unité territoriale. Le gouvernement légitime et son armée, qui jouissent de l'appui de la majorité du peuple syrien, étaient en train d'infliger une défaite à la stratégie d'ingérences des impérialistes et des monarques.

 

Cela ne pouvait évidemment par réjouir les va-t-en guerre impérialistes qui veulent contrôler les ressources énergétiques et les voies de leur acheminement de la région du proche et du Moyen-Orient.

 

C'est pourquoi ils menacent de recourir au pire pour abuser et  intimider les peuples de la région et du monde quand leurs plans machiavéliques ne réussissent pas.


L'intervention impérialiste en Syrie aura pour conséquences de semer le chaos et des malheurs décuplés dans ce pays et, par effet de dominos, dans l'ensemble des pays du Moyen Orient et d'Afrique du Nord. Une déflagration à grande échelle n'est pas à exclure.

 

Les communistes algériens appellent leur peuple et tous les peuples du monde à ne pas se laisser intimider et tromper. Ils les appellent à organiser une riposte de masse contre les menaces et les préparatifs bellicistes impérialistes. Ils doivent exiger et oeuvrer pour qu'un terme soit mis aux ingérences impérialistes criminelles dans les affaires internes des peuples, à leurs interventions militaires destinés à dicter leurs volontés aux peuples en proie à des conflits internes.

 

 

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 06:24

KKE.jpgLe PC grec (KKE) dénonce la préparation d'une nouvelle guerre impérialiste contre la Syrie



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le peuple grec doit bien réfléchir et rejeter les vieilles ficelles dangereuses des impérialistes, avec l'organisation d'une campagne de propagande trompeuse visant à accuser le gouvernement syrien d'avoir utilisé des armes chimiques, afin de mieux justifier l'offensive militaire contre la Syrie.

 

Les Etars-unis, la France, la Grande-Bretagne, la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite qui soutiennent les forces anti-régime, jouent un rôle important dans cette campagne, sans la moindre preuve.

 

Ces forces qui interviennent dans les affaires intérieures de la Syrie du côté des forces armées anti-régime, mercenaires de tout poil, qu'ils alimentent en armes afin de faire avancer leurs plans stratégiques pour la région, jouent en réalité un rôle de tout premier plan.

 

Il faut que les gens se souviennent que les mêmes prétextes, ou des prétextes similaires, ont été utilisés pour justifier les guerres contre la Yougoslavie, l'Irak, l'Afghanistan et la Libye.

 

Il y a quelques mois, il y avait des preuves tangibles de l'usage d'armes chimiques en Syrie de la part des groupes anti-régime, mais ce fait a été délibérément occulté.

 

 

Le KKE dénonce l'intervention étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie et dans ceux des autres pays de la région, il dénonce les préparations d'une nouvelle guerre impérialiste et appelle notre peuple à exiger du gouvernement qu'il n'implique pas notre pays dans ces projets meurtriers.

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 06:59

nassif-debs.jpgEntretien avec la secrétaire-générale adjointe du Parti communiste libanais Marie Nassif-Debs



Entretien avec Marie Nassif-Debs réalisé par le magazine irlandais « Look left »



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



1 – Quelle est l'analyse du Parti communiste libanais (PCL) sur les origines des troubles en Syrie?



Pour comprendre la crise syrienne, il est nécessaire, dans le même temps, de jeter un coup d’œil à la situation intérieure du pays et aux troubles qui font rage dans la région depuis l'occupation de l'Irak en 2003. En fait, la situation intérieure syrienne connaît, depuis des décennies, des formes d'opposition aux politiques du parti Baas. Cette opposition n'est pas unifiée.



Il y a, tout d'abord, les démocrates et les groupes de gauche qui ont toujours tenté de créer, malgré la répression et l'incarcération, un processus de réformes sociales, économiques et politiques contre la politique dynastique, les abus de pouvoir, la corruption et tout particulièrement les politiques néo-libérales qui ont ravagé l'économie syrienne, essentiellement l'agriculture, mettant des centaines de milliers de Syriens au chômage. Il y a aussi l'opposition menée par les groupes islamistes, avec une majorité sunnite, qui essaient de prendre le pouvoir en instrumentalisant la religion, ou plutôt de prendre le pouvoir à la minorité alaouite.



Dans cette situation nationale instable, se sont ajoutés des facteurs extérieurs, à commencer par les tentatives américaines de briser l'alliance entre la Syrie, l'Iran et la Russie afin de mettre en place son projet dit du « Nouveau Moyen-orient », un plan géo-stratégique de la plus haute importance économique, avec les réserves de pétrole et de gaz que détient la région. Ils ont en outre la soutien d'Israel, celui des forces féodales du Golfe. Ils ont contribué à créer des groupes islamistes et salafistes qui se répandent dans tout le monde arabe. A cet égard, il est nécessaire de lire attentivement les directives de la politique étrangère de Washington, à commencer par le livre de Z.Brzezinski « Le grand échiquier » qui a inspiré la politique étrangère turque.



Bien entendu, deux ans après le début de la crise, les facteurs extérieurs sont devenus dominants, ce qui permet de dire qu'il y a une internationalisation du conflit, et que les troubles en Syrie vont hélas dans le sens d'une guerre civile communautaire qui rappelle celle qu'a connu le Liban entre 1975 et 1990. Dans de telles circonstances, une guerre aussi longue et destructrice ne pourra conduire qu'à l'effondrement de la Syrie.



2 – Est-ce que l'extrémisme religieux et les royaumes féodaux du Golfe ont désormais l'ascendant dans le monde arabe ou est-ce que les forces progressistes peuvent triompher à terme ?



Ce qui se passe en Syrie est un peu différent de la situation dans d'autres pays arabes, y compris en Egypte et en Tunisie. Les deux pays ont connu de véritables révolutions et les forces populaires qui en ont été à l'origine et se sont appuyées sur un vrai programme de changement et ce à tous les niveaux.



Il est vrai que ces révolutions ont été détournées un temps par les « Frères musulmans » et d'autres forces politiques islamistes payées par le Qatar et l'Arabie saoudite, mais la résurgence du mouvement en Egypte (sous le mot d'ordre du refus du règne de la Charia) et les préparatifs pour une révolte similaire en Tunisie font penser que les forces politiques démocratiques et progressistes sont bien ancrées dans le mouvement populaire et, par conséquent, peuvent triompher, et leur triomphe, en particulier en Egypte, influencera tout l'Orient arabe. Voilà pourquoi nous croyons que les tentatives des États-Unis, tout comme l'argent de l'Arabie saoudite et du Koweit (plus de 12 milliards de $) ne pourront pas empêcher le processus d'arriver à son terme.



3 – Quelle est l'analyse que fait le PCL de l'implication du Hezbollah en Syrie ?



Le PCL a, dès le début de la crise syrienne, adopté une position basée sur l'analyse que je viens de développer. Cette position repose sur trois refus, et une affirmation : Non à la solution militaire prônée par le régime, non à la guerre civile communautaire défendue par l'opposition salafiste, non à toute intervention étrangère, oui à une solution politique interne reposant sur des changements radicaux.



Et quand nous parlons d'une solution interne syrienne sans intervention étrangère, cela signifie que nous sommes contre l'intervention du Hezbollah mais aussi des forces politiques libanaises alliées aux Etats-unis et à l'Arabie saoudite (et menées par l'ancien premier ministre Saad Hariri) dans les affaires intérieures syriennes. C'est pourquoi, depuis mars 2011, nous avons appelé à préserver le Liban et à donner à l'armée libanaise un appui politique pour empêcher que l'on utilise nos frontières pour fournir des armes aux rebelles syriens. Nous étions le seul parti politique à déclarer que la politique de « neutralité » adoptée par le gouvernement ne mènerait qu'à l'impasse dans le conflit au Liban, en raison des divisions politiques et religieuses.



4 – Quels sont les principaux effets de la crise syrienne sur le Liban ? Et comment le PCL tente de traiter la question de la division communautaire au Liban ?



Etant donné l'évolution du conflit syrien et les divisions communautaires verticales, qui ont toujours été à l'origine des problèmes libanais et qui vont aujourd'hui dans le sens d'un conflit sunnite-chiite (encouragé par l'Arabie saoudite mais aussi par l'Iran), nous croyons que le Liban est menacé par une nouvelle guerre communautaire, poussée par les différentes factions de la bourgeoisie libanaise qui ont construit leur régime sur la base des quotas communautaires. C'est ainsi que nous lisons les explosions militaires parfois à Tripoli, parfois dans le Bekaa, parfois dans le Sud, à quoi s'ajoute le retour des voitures piégées. C'est en ce sens que nous voyons également le développement des groupes salafistes, y compris ceux dans les camps de réfugiés palestiniens (avec le groupe « Al Nosra », un groupe proche d' « Al Qaeda »). Sans oublier les centaines de milliers de réfugiés syriens (certains liés à l'Armée syrienne libre) entrant légalement ou non dans le pays, avec tout les problèmes militaires et sociaux que cela soulève dans un petit pays comme le Liban (4,5 millions de personnes, dont 400 000 Palestiniens).



Par conséquent, l'initiative prise par notre parti consiste à créer un rassemblement politique et social sous le mot d'ordre de la préservation de la paix civile et du travail pour un changement démocratique, commençant par un appel à une Conférence constitutionnelle nationale.



Le but de cette conférence est de remettre en question les principes mêmes du système politique confessionnel et d'en proposer un nouveau sur les principes de la démocratie et de l'égalité, à commencer par des changements dans les statuts personnels confessionnels sur les états civils et en finissant par la modification de la Constitution.



5 – Comment êtes-vous entrée au Parti communiste ?



J'ai commencé ma vie de militante à l'âge de 16 ans, quand nous avons commencé à étudier le marxisme : j'ai découvert que mes révoltes contre la pauvreté et l'injustice avaient un nom qui pouvait changer la société par l'engagement politique.



J'ai donc commencé à lire mais aussi à étudier sur ce qui s'était passé au Liban et dans le monde arabe et à analyser le problème des divisions religieuses qui m'ont toujours gêné, en particulier pendant les heures de catéchisme où les musulmans n'étaient pas autorisés à assister aux cours.



Deux années après, en 1967, j'ai rejoint le Parti communiste libanais, pendant la Bataille du Second congrès, comme nous l'appelons. C'était la bataille pour remettre le PCL dans la voie du changement démocratique, car pendant 25 années l'ancienne direction avait suspendu tout congrès. C'est aussi ce Congrès qui a donné un nouveau souffle au communisme au Liban et dans la région, en corrigeant la ligne du PCL et en insistant sur l'union de la lutte de classe et de la lutte pour la libération nationale, avec au premier plan le problème palestinien comme problème central du mouvement de libération arabe.



6 – Quelle est la force du mouvement communiste dans la vie politique et le mouvement ouvrier libanais ?



Le mouvement communiste était et reste la base du mouvement syndical. Les militants syndicalistes du Parti communiste libanais ont été, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et jusqu'à présent, ont été les instigateurs de toutes les réformes en matière sociale : le Code du travail (1948), la sécurité sociale et médicale (1963), la loi sur les retraites etc. En outre, ce sont les militants communistes qui ont créé le mouvement syndical chez les enseignants (au début des années 1970) et, pendant 30 ans, nous avons lutté pour le changement des statuts dans la fonction publique, notamment sur les libertés syndicales. Et n'oublions pas le rôle des communistes dans l'agriculture, parmi les ouvriers agricoles et les pauvres paysans.



Le PCL est bien ancrée dans la classe ouvrière libanaise. Le parti a mené la lutte pour améliorer la situation à la campagne. C'est le seul parti, ou presque, qui travaille sur des bases sociales non-confessionnelles. Pour toutes ces raisons, il a une influence non-négligeable parmi les masses. Les statistiques nous donnent actuellement un peu moins de 12% des voix des électeurs, mais nous n'avons pas de députés à cause du système électoral confessionnel (sur la base de la représentation des confessions religieuses) que la bourgeoisie a adopté afin de pouvoir continuer à monopoliser le Liban. Voilà pourquoi nous, comme nous l'avions dit précédemment, optons pour la suppression complète du système confessionnel derrière lequel se cache la bourgeoisie. Elle l'utilise pour diviser les travailleurs et les masses populaires chaque fois qu'elle voit son système menacé.



7 – Quelle est la situation du droit des femmes au Liban comparé aux autres Etats arabes ?



Les luttes pour les droits des femmes étaient une priorité du PCL depuis sa création en 1924. Par ailleurs, le mouvement des femmes au Liban est un des plus anciens du monde arabe et la femme arabe était une des premières dans cette partie du monde à voir reconnu son droit de vote et celui d'être éligible (1953).



Mais le problème persiste dans le régime libanais qui a donné ses prérogatives en termes de statut personnel et politique aux différents leaders confessionnels. Les discriminations continuent ainsi à peser lourd. Il est vrai qu'au cours des 12 dernières années, nous avons réalisé un grand pas en avant dans les luttes, nous avons contribué à faire changer les lois, mais nous avons encore un long chemin à parcourir, afin d'appliquer la parité dans la fonction publique et un quota de femmes dans les institutions de pouvoir (au parlement, il n'y a actuellement que 4 femmes sur 128 députés).



8 – Quels sont vos espoirs pour le mouvement communiste au Liban dans les années à venir ?



Nous espérons parvenir à imposer un changement démocratique radical, notamment un régime laic basé sur le code civil. Nous espérons également parvenir, par notre travail, à empêcher que notre pays sombre dans la guerre civile, et finalement, nous espérons libérer le reste de notre territoire sous occupation israélienne. Il reste un objectif : réaliser l'unité du mouvement de la gauche arabe (pour lequel nous travaillons depuis trois ans) afin de libérer des ressources et des richesses du pillage impérialiste et de réaliser le progrès social pour nos peuples sur la voie du socialisme.

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 06:30

Ammar-Bagdache.jpgEntretien avec Ammar Bagdash, secrétaire du Parti communiste syrien

 

 

Lors d'une rencontre publique à Rome avec le secrétaire du Parti communiste syrien, Ammar Bagdash et une interview collective pour connaître les causes, le déroulement et les conséquences de la guerre civile en Syrie. Ou autrement dit de la tentative de déstabilisation d'un pays qui ne correspond pas aux plans pour le contrôle impérialiste du Moyen-orient.

 

 

Entretien réalisé par Sergio Cararo, Marinella Correggia, Maurizio Musolino

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

 

 

Pourquoi cette attaque contre la Syrie ?

 

La Syrie constitue une digue contre l'expansionnisme nord-américain au Moyen-orient, surtout après l'occupation de l'Irak. Mais le véritable protagoniste de ce projet se trouve être en réalité le président israélien Peres, qui poursuit cet objectif depuis les années 1980. Les communistes syriens ont donné un nom à ce projet : la grande Sion. La Syrie a refusé tous les diktats des Etats-unis et d'Israel au Moyen-orient, a soutenu la résistance irakienne, celle libanaise et le droit national du peuple palestinien.

 

Mais comment est née la révolte, la crise et la guerre civile en Syrie ?

 

 

Dans l'analyse des communistes syriens, les conditions ont été posées également par les mesures libérales adoptées en 2005. Cette politique a eu trois effets négatifs : une augmentation des inégalités sociales ; l'exclusion sociale de plus en plus diffuse dans les banlieues de Damas ; la dégradation des conditions de vie de la population. Cela a favorisé les forces réactionnaires, comme les Frères musulmans, qui se sont appuyées sur le sous-prolétariat, surtout rural. Quand nous avons dénoncé tout cela jusqu'au Parlement, on nous a accusé d'adopter une posture idéologique et d'être des idiots.

 

 

En Syrie, ils veulent refaire ce qui s'est passé en Égypte et en Tunisie. Mais là il s'agissait de deux pays philo-impérialistes. Dans le cas de la Syrie, c'était différent. Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d'Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l'armée que dans l'autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d'infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenu. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. Communistes, nous avons réalisé cette équation : les discours et les actes doivent être confrontés aux discours et aux actes. Mais le terrorisme doit être confronté par la souveraineté de la loi, en rétablissant l'ordre.

 

Ensuite, on est passé à la troisième phase. La véritable révolte armée. Attentats et assassinats ciblés étaient le signal pour commencer l'attaque contre Damas. Puis les attaques se sont concentrées contre Alep, qui par sa position géographique rend plus facile le trafic et le ravitaillement depuis l'étranger. Le gouvernement a réagi en imposant l'hégémonie de la loi. Il convient de dire que l'intervention de l'armée et les bombardements aériens se sont produits dans une zone où l'essentiel des civils avaient déjà fui. A la contre-offensive de l'armée syrienne, les rebelles ont réagi de façon barbare, y compris dans les zones où il n'y avait pas de combattants. Et puis ils ont assiégé Alep.

 

Pourquoi la Syrie résiste, que cela signifie-t-il ?

 

Ces dix dernières années au Moyen-orient, l'Irak a été occupé, la Libye a dû capituler, la Syrie au contraire non. Par sa plus grande cohésion interne, ses forces armées plus puissantes, des alliances internationales plus solides ou parce qu'il n'y a pas encore eu d'intervention militaire directe des puissances impérialistes ?

 

En Syrie, à la différence de l'Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n'aurait pas pu résister en comptant seulement sur l'armée. Elle a résisté parce qu'elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l'alliance avec l'Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu'il deviendra clair qu'il existe d'autres voies. Notre lutte est internationaliste. Un expert russe m'a dit : « Le rôle de la Syrie ressemble à celui de l'Espagne contre le fascisme ».

 

Quels effets peuvent avoir les événements en Égypte sur la situation actuelle en Syrie ?

 

Il y a un rapport dialectique entre ce qui s'est passé en Égypte et ce qui se passe en Syrie. La base commune, c'est le mécontentement populaire, mais la résistance syrienne a accéléré la chute du régime des Frères musulmans en Égypte et cela aidera beaucoup la Syrie car cela montre que les Frères musulmans ont été rejetés par le peuple.

 

Dans un entretien récent, la président syrien Assad a affirmé : « En Syrie, nous avons mis en échec l'offensive de l'islamisme politique ». Qu'en pensez-vous ?

 

Nous, communistes syriens, n'utilisons pas la catégorie d'Islam politique. L'Islam connaît une certaine diversité en son sein. Il y a des réactionnaires pro-impérialistes comme les Frères musulmans et des progressistes comme le Hezbollah et même l'Iran. Je ne suis pas un admirateur du modèle iranien mais ce sont nos alliés dans la lutte contre l'impérialisme. Depuis notre V ème Congrès, nous avons jugé l'Iran sur la base de sa position sur l'impérialisme. Notre mot d'ordre est : pour un Front international contre l'impérialisme.

 

En Italie, une grande partie de la gauche pense que les rebelles combattent un régime fasciste, celui d'Assad. Que pouvez-vous répondre à cette position ?

 

Si nous partons de la définition du fascisme – un mouvement réactionnaire qui use de moyens violents dans les intérêts du capitalisme monopoliste – en Syrie, ce n'est pas le capitalisme monopoliste qui domine. Ce sont plutôt les rebelles qui représentent les intérêts du grand capital. Les révoltes, comme nous l'enseigne l'histoire, ne sont pas toujours des révolutions. Pensons aux Contra au Nicaragua, aux franquistes en Espagne et il y en a d'autres.

 

Mais l'opposition à Assad est-elle toute réactionnaire ? Ou, comme le démontrent les affrontements internes entre Armée libre syrienne et militants djihadistes, ou ces derniers jours entre kurdes et djihadistes, existent-ils des éléments progressistes avec qui on peut entamer un dialogue ?

 

Parmi les opposants, certains ont passé plusieurs années dans les prisons syriennes et nous avons réclamé et nous sommes battus pour leur libération. Ces opposants à Assad sont toutefois contre toute ingérence, intervention étrangère. Certains vivent à Damas et nous travaillons ensemble pour le dialogue national. Même Haytham Menaa de la Coordination démocratique condamne l'usage de la violence de la part de l'opposition armée ainsi que les ingérences extérieures. D'autres comme Michel Kilo viennent de la gauche, mais ont trahi ces idées mais ils ne peuvent de toute façon pas changer la nature réactionnaire de la rébellion.

 

Comment expliquez-vous l'intensification des divergences entre Arabie saoudite et Qatar, et qui se répercute également dans les divisions au sein des milices rebelles ?

 

C'est vrai, l'influence et le rôle du Qatar diminuent, ceux de l'Arabie saoudite augmentent. L'affaire des affrontements avec les kurdes, c'est une autre histoire. Il y a eu des affrontements entre kurdes de l'Union démocratique kurde et les militants djihadistes d'Al Nusra, mais il y a eu également des affrontements entre divers groupes kurdes.

 

Que se passe-t-il pour les Palestiniens qui vivent dans les camps de réfugiés en Syrie ?

 

J'ai rencontre récemment le responsable de l'OLP et il m'a dit : « Si la Syrie tombe, adieu la Palestine ». Le Hamas a agi parfois dans la précipitation, il a fait beaucoup d'erreurs et a causé des problèmes. Nous pouvons dire que l'organisation, qui appartient au monde des Frères musulmans, est revenue à ses origines et elle est désormais sous l'aile du Qatar. Mais c'est dangereux également pour eux. Maintenant, après ce qui s'est passé en Egypte, que se passera-t-il à Gaza ? La majorité des militants qui sont entrés dans les camps de réfugiés palestiniens en Syrie n'étaient pas palestiniens. La majorité des Palestiniens est totalement contre toute ingérence dans les affaires syriennes.

 

A Yarmouk, 70% des habitants sont syriens car les camps de réfugiés en Syrie ne sont pas des ghettos comme dans les autres pays. Il y a encore des combats à Yarmouk mais la population syrienne est partie. Le Comité exécutif de l'OLP s'est rendu deux fois en Syrie pour poser la question de la protection des camps de réfugiés. Yarmouk a été assiégé par Al Nusra avec l'aide du Hamas qui a cherché à provoquer l'armée, laquelle a reçu l'ordre de ne pas réagir.

 

On en parle peu, mais quel rôle joue la Jordanie dans la crise et la guerre civile en Syrie ?

 

La monarchie jordanienne a toujours collaboré avec l'impérialisme et il y a une intense activité des Frères musulmans. La Jordanie a accepté la présence de militaires états-uniens sur son territoire et la quatrième attaque contre Damas est partie justement du territoire jordanien.

 

Et quel jeu joue Israel en Syrie ?

 

Israel soutient les rebelles armés, mais quand ils n'arrivent pas à toucher leurs objectifs, ce sont les avions de combat israéliens qui prennent le relais. Cela s'est passé à Damas mais aussi il y a quelques jours à Latakia.

 

Comment sortir de la tragédie ?

 

 

On ne peut réaliser aucun progrès social, ou la démocratie, si on est soumis à des forces extérieures. Le mot d'ordre est de défendre la souveraineté nationale et les conditions de vie de notre peuple. Comme je l'ai déclaré à l'ANSA, le principal moyen de sortir du massacre syrien passe d'abord par un arrêt des aides à l'opposition armée de la part des pays réactionnaires et impérialistes. Une fois que les aides extérieures seront arrêtées, on pourra mettre un terme à toutes les opérations militaires, y compris de la part du gouvernement syrien. Et relancer un processus démocratique avec des élections législatives et des réformes politiques, ce qui n'est évidemment pas possible dans cette phase de la lutte armée. L'avenir politique de la Syrie se décidera par les élections, notamment celles présidentielles de 2014.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Liban-Syrie
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