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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 07:20

Semel MakiLe parti communiste israélien condamne l'attaque israélienne contre la Syrie



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Parti communiste d’Israël (PCI) a dénoncé dimanche les attaques militaires israéliennes contre la Syrie. « Nous condamnons cette atteinte injustifiable à la souveraineté de la Syrie », a déclaré le porte-parole du Parti, appelant toutes les parties en Syrie à parvenir à un accord politique afin de protéger les droits des Syriens.



« Le gouvernement Netanyahu prouve qu'il n'a tiré aucune leçon de l'histoire, la sécurité ne peut pas provenir d'un état de guerre. Le Parti communiste d’Israël et le Hadash (Front démocratique pour la paix et l'égalité) condamnent les frappes aériennes et appellent à la fin immédiate de l'escalade militaire. Le PCI et le Hadash mettent en garde contre un engrenage qui conduirait à une guerre régionale », a-t-il ajouté.



Selon le PCI, ces mesures bellicistes constituent un danger pour toute la région, et tous les peuples qui s'y trouvent. Sous prétexte de prévenir l'utilisation d'armes chimiques, le gouvernement israélien choisit de se mettre au service de la politique de l'impérialisme américain en défendant leurs intérêts dans la région. Le PCI s'oppose de façon véhémente à tout usage d'armes non-conventionnelles et exigent le désarmement immédiat pour de telles armes dans tout le Moyen-orient, Israël compris.

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 08:23
pclibdrapeauLa situation dans le Monde arabe et au Moyen Orient

A la lumière de l'échec de toutes les solutions à la crise capitaliste
 

 

Article de Marie Nassif-Debs, secrétaire Générale Adjointe du Parti communiste libanais, responsable des relations internationales repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Introduction


La crise capitaliste se poursuit et s'envenime, non seulement en Europe mais aussi et surtout aux Etats-Unis, malgré toutes les tentatives, politiques et économiques, qui ont visé, durant les années 2011-2012, à trouver une sortie de secours face à la récession galopante et à l'effondrement du PIB tandis que les dettes publiques, grandissantes, continuent à échapper au contrôle des lois économiques bourgeoises. Cette crise, qui avait entraîné dans son sillage la Grèce et autres pays du PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Espagne), a des effets de plus en plus virulents sur le reste du monde, surtout dans les pays du Sud de la Planète que les puissances capitalistes se disputent afin d'en faire des « chasses gardées », tant par les richesses qu'ils recèlent (pétrole, gaz, métaux précieux et, surtout, terrains fertiles et ressources hydrauliques) que par les marchés qu'ils peuvent constituer aux produits fabriqués.


1-Les tendances mondiales 2030


Ces constats sont consignées comme telles dans le rapport publié, à la fin de l'année passée 2012, par les 16 agences de la CIA et appelé « Global trends 2030 » (tendances mondiales 2030).


En effet, le rapport mentionné parle de la présence de 6 variables qui pourraient déterminer l'évolution, dans un futur proche, du système capitaliste. La première variable parle d'une économie toujours en crise tandis que les autres attirent l'attention sur les « instabilités régionales », la « recrudescence des conflits », les « chutes de régimes préétablis », l'influence « des nouvelles technologies » et, enfin, le « rôle des Etats-Unis » dans tout cela.


Ce qui nous intéresse dans ces titres, ce sont surtout les questions posées par la CIA pour chaque variante appelant l'administration de Barak Obama à « bien y réfléchir ».


Parmi ces questions, nous avons choisi trois qui ont un lien avec notre région.


●La première est: Les gouvernements (entendre : des puissances capitalistes) et les institutions internationales (entendre le Conseil de sécurité des Nations Unies, la Banque mondiale et le FMI) actuels seraient-ils capables de s'adapter rapidement afin d'exploiter les changements à leur avantage ou bien ces changements vont-ils les submerger ?


●La deuxième est : La présence des armées mondiales (l'OTAN) et régionales, surtout au Moyen Orient et dans le Sud asiatique, aurait-t-elle pour conséquence de créer un état d'instabilité sur le plan international ?


●La troisième est : Les Etats-Unis pourraient-ils collaborer avec de nouveaux partenaires dans la réorganisation du Régime mondial et pourraient-ils se créer de nouveaux rôles dans un Régime mondial qui va s'élargissant (entendre : à la suite de la création du second pôle, le BRICS) ?


Ce choix est bien clair, parce qu'il montre que l'impérialisme étasunien a choisi ses cibles futures, ou bien il a réitéré ses choix, et que notre région constitue toujours le noyau dur dans la stratégie étasunienne, non seulement à cause de son importance sur le plan énergétique (sources et routes principales du pétrole et du gaz), mais aussi à cause de son importance géostratégique entre la Méditerranée et l'Océan indien, mais aussi à cause de sa proximité avec la Russie et l'Iran (la Turquie) et la Chine, surtout que ces deux grandes puissances « émergentes » font de l'ombre au leader capitaliste, tant en Asie qu'en Afrique.


Ce choix veut dire aussi, si nous lisons bien les deux premières questions, la deuxième notamment, que le Monde arabe en ébullition depuis deux ans déjà est choisi comme cible de prédilection pour des guerres futures, à l'exemple de ce qui s'était passé en Libye, et dont les préliminaires se trouvent dans l'appui inconditionnel que les amis de Washington, l'Arabie Saoudite et le Qatar en particulier, sans oublier la Turquie pour autant, fournissent aux forces islamistes fondamentalistes qu'ils combattent soi-disant en Afghanistan ou au Mali.


2-La situation au Moyen Orient


D'abord, une mise au point sur le plan de la terminologie.


Que se passe-t-il dans le monde arabe ? Pourquoi certains l'appellent-ils « printemps » et d'autres, au contraire, « hiver » ?


Il nous faut préciser rapidement qu'il y a beaucoup de différences entre ce qui s'était passé en Tunisie et en Egypte de ce qui se passe en Syrie, et que les divisions, confessionnelles, au Bahreïn n'ont aucun rapport avec le soulèvement du peuple yéménite.


Qu'est-ce qu'une Révolution pour un marxiste ou un marxiste-léniniste ? N'est-ce pas la volonté d'un changement radical dirigé par la classe ouvrière, directement ou à travers les partis la représentant... Donc, un changement social, de classe ?


Si nous prenons pour exemple la Tunisie et l'Egypte, nous sommes devant une tentative de changement révolutionnaire qui n'a pas encore abouti, qui est combattu et que l'impérialisme tente de récupérer, « d'exploiter à son avantage » ; mais, c'est un révolution quand même, menée par une alliance entre les représentants de la classe ouvrière (PC Egyptien, Nasséristes de gauche, syndicalistes) et les représentants de la petite bourgeoisie (cadres, intellectuels démocrates). Leurs slogans constituent un programme pour le futur : « pain, liberté, justice sociale, dignité humaine ». Les « frères musulmans » ont adhéré à ce projet après qu'il ait pris corps et pour mieux le récupérer. Mais, ils ont vite échoué ; et ce qui se passe ces derniers jours tant en Egypte qu'en Tunisie montre clairement que le processus déclenché est loin d'être récupérable, malgré tout l'argent dépensé.


Une fois cette mise au point faite, nous devrions ajouter que le rapport des forces internationales n'étant pas à l'avantage des forces du changement, en général, il est compréhensible que ces forces avancent et reculent... mais pour mieux se lancer. Ce que certains partis ou régimes progressistes sur le plan international ne voient pas ou refusent de voir. Ces mêmes partis qui avaient déjà soutenu des régimes de dictature appelés soi-disant anti impérialistes, comme la Libye, l'Irak ou la Syrie, tandis que ces régimes prônaient la politique de la terreur et de la répression contre les Communistes et autres forces démocratiques. Ce qui fait qu'aujourd'hui ils ne comprennent pas très bien ce qui se passe puisqu'ils se sont placés délibérément devant un faux dilemme : entre le mal (les régimes de dictatures qui ont suivi, depuis plus de 50 ans, une politique de flirt avec les puissances impérialistes) et le pire (les salafistes soutenus par ce même impérialisme), nous devrions choisir le moindre mal.


Telle est la situation en Syrie, par exemple.

 
Cependant, il nous faut dire que, malheureusement, l'irréparable est fait. Le régime de Bachar Assad a raté de multiples occasions de pouvoir s'ouvrir une issue en appelant l'opposition démocratique et pacifique à négocier, en lui jetant du lest au moins ; voilà pourquoi, après 2 ans de crise, la Syrie suit l'exemple de l'Irak qui continue à subir les affres de la guerre confessionnelle et va vers la partition en trois Etats. Et, nous pensons que le rôle de la Russie, leader du second pôle, va plutôt dans le sens de sa mainmise sur la Syrie et non d'une solution politique réelle ; la Russie de Poutine n'est pas la Russie de Lénine. Et, si nous regardons bien la carte des combats des dernières semaines, nous voyons clairement qu'elles dessinent les frontières des mini-Etats que les deux camps vont se partager. Sans oublier que le retour au confessionnalisme est bien mis en avant, et ses effets sont bien visibles dans les pays frontaliers de la Syrie. Telle est la situation de la Turquie sous la coupe d'Erdogan, qui veut revenir à l'empire ottoman en usant de l'arme sunnite, que du Liban, qui se trouve, dans la mêlée de la crise syrienne, passible d'une nouvelle guerre civile entre Chiites et Sunnites, une guerre latente mais non lointaine, malheureusement, puisque des explosions armées marquent de leur empreinte meurtrière toutes les régions, notamment les deux frontières Nord et Est, et surtout à cause de l'infiltration des bandes dites « djihadistes » dont le mouvement « An Nousra », frère siamois d'Al Qaeda, constitue l'avant-garde (certains parlent de plusieurs centaines de ces djihadistes dans le seul camp palestinien de Aïn al Héloué).


Donc, deux courants s'affrontent aujourd'hui au Moyen Orient, l'un qui tente d'entrainer les peuples arabes vers leur perte par l'utilisation de l'arme confessionnelle, l'autre (plus faible) vers le changement par la poursuite des soulèvements populaires. Et, le rôle du mouvement de la gauche et du progrès se trouve dans le second camp ; d'où, il incombe aux partis communistes et ouvriers sur le plan international de se solidariser avec les partis communistes arabes, mais aussi avec « Le Forum de la gauche arabe », créé sous l'instigation du PCL quelques mois avant les premiers soulèvements et qui regroupe actuellement 23 partis œuvrant dans 11 pays arabes, allant de la Tunisie au Maroc et au Soudan et traversant l'Egypte, la Jordanie et la Palestine pour aller dans le Golfe (Bahreïn et Kuweit) et repasser par l'Iraq vers la Syrie et le Liban.


3-La cause palestinienne


Dans cette situation complexe, la cause palestinienne passe inaperçue, malgré que le peuple palestinien subit une colonisation très poussée, surtout autour d'Al Quds ; et la deuxième visite de Barak Obama dans la région n'est pas aussi suivie que celle de son ministre des affaires étrangères James Kerry.


Pourtant, cette visite aura, beaucoup plus que la première, un impact certain sur la Palestine et le reste du monde arabe.


Durant sa première visite, Obama avait évoqué la nécessité de donner aux juifs un Etat sécurisé et en paix avec ses voisins, acceptant ainsi l'idée d'un Etat des juifs dans le monde. Sa visite d'aujourd'hui vise deux objectifs : le premier consiste en la réalisation de cet Etat, après avoir tenté d'empêcher la reconnaissance par l'ONU de la Palestine en tant qu'Etat observateur ; le second, plus dangereux, vise à étudier le rôle futur de cet « Etat des juifs » dans un monde arabe sans grande possibilité de se défendre (disparition, l'une après l'autre, des armées qui avaient fait les guerres contre Israël) et où on vient de découvrir de nouveaux gisements de gaz et de pétrole, notamment au Liban. Ces faits, et vu la situation de crise continue dans le monde capitaliste, nous poussent à dire que le rôle d'Israël sera renforcé afin d'aider l'impérialisme, étasunien surtout, à sortir de la crise en lui ouvrant de nouvelles portes sans qu'il ait à s'en mêler. Cela rappelle quelque peu les années qui ont suivi la première guerre mondiale et les « principes de Wilson », dont la politique des mandats accordés à la grande Bretagne et à la France au Moyen Orient pour un petit laps de temps, afin de « pacifier » la région avant d'entreprendre de mettre la main dessus. N'est-ce pas ce qui transparait aujourd'hui, après la Libye, en Syrie où la France, la Grande Bretagne et, en partie la Turquie, ont le rôle guerrier tandis que les Etasuniens continuent les négociations.


Sommes-nous devant un nouveau Sykes-Picot ? Ou, plutôt le projet du « Nouveau Moyen Orient » serait-il ce nouveau Sykes-Picot suivant le dessin fait par Zbigniew Brezinski dans son livre « Le Grand échiquier » ?
Peu importe.


Les deux projets sont presque les mêmes. Leur résultat sera le même, si nous nous laisserions faire : la disparition du monde arabe dans des guerres sans fin et, bien entendu, la disparition de la Palestine pour toujours. Cela veut dire aussi que ni la Turquie ni les autres grandes puissances de la région ne seraient épargnées. Elles auront à subir des partitions, elles aussi.


Cela nous pousse à dire que notre responsabilité est grande, nous les partis communistes et ouvriers du Moyen Orient.


Cette responsabilité consiste à œuvrer rapidement afin de former une alliance dont le but sera d'empêcher toute nouvelle intervention étrangère, en Syrie ou ailleurs, mais aussi de lutter tous ensemble, avec les forces de la gauche dans le monde arabe et la région afin de forcer nos pays à démanteler les bases militaires de l'OTAN et, en même temps, à se retirer de cette organisation impérialiste qui n'a fait que semer la mort et a destruction chez nous. N'est-ce pas ainsi que se réalise la souveraineté ?


A cela nous devons ajouter la démocratisation de nos sociétés (surtout par le refus de toute relation entre les confessions religieuses et les Etats, le refus d'appliquer la Charia ou toute autre loi religieuse) et de nos économies qui, vu les richesses que notre région recèle, doivent se baser sur les deux secteurs productifs essentiels, tout en donnant une plus grande importance aux campagnes, aux paysans qui sont les plus pauvres parmi les plus pauvre, mais aussi une plus grande attention aux ressources d'eau.


Je crois qu'il n'est pas téméraire de dire que nous sommes actuellement au pied du mur. Ou bien nous saurons comment y faire face ou bien nous serons ecrases et nos peuples avec nous.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 08:17

hollande kerrySyrie : le soutien militaire direct des puissances impérialistes occidentales aux rebelles se précise

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Coordonnée par la visite diplomatique du secrétaire d'Etat John Kerry, la position officielle des puissances impérialistes occidentales s'est précisée cette semaine dans le sens d'un soutien militaire direct à la rébellion syrienne.

 

Devant les difficultés sur le terrain des rebelles de l'Armée syrienne dite libre (ASL) face aux troupes du régime de Bachar el-Assad, les puissances occidentales ont officialisé cette semaine leur soutien logistique à la rébellion.

 

Les États-Unis ont préparé leur grand bond en avant dans le soutien à la rébellion par le tour diplomatique de John Kerry, auprès des alliés de l'OTAN en Europe (France, Grande-Bretagne, Allemagne et Italie) et au Proche-Orient (Turquie, Arabie saoudite, Qatar, Égypte et Emirats).

 

Une promesse concrète lors de la Conférence des « Amis de la Syrie » à Rome, mercredi dernier, les États-Unis accorderont officiellement une aide de 60 millions de $, pour les rebelles, constituée de vivres et d'équipements militaires non-léthaux (sic), notamment des véhicules blindés.

 

Un programme secret de formation des cadres de l'Armée rebelle par la CIA est déjà en cours, a averti Kerry, entamé à partir de camps militaires en Jordanie1.

 

Les sommets américains hésiteraient encore sur la méthode : entre CIA, Pentagone et Département d’État prônant un soutien militaire direct aux rebelles et la Maison blanche craignant pour la légitimité politique de l'opération, risquant d'associer trop étroitement les rebelles aux États-Unis.2

 

En Europe, la Grande-Bretagne et la France poussent pour un soutien militaire direct aux insurgés

 

Tout comme en Libye puis au Mali, c'est en Europe que la balance penche vers l’interventionnisme le plus ouvert.

 

Ce qui s'insère par ailleurs dans les plans américains visant à déléguer certaines interventions en Afrique du nord et au Proche-orient à leurs vassaux européens pour se consacrer à l'endiguement de la Chine en Extrême-orient.3

 

Sous pression de la Grande-Bretagne, les ministres des affaires étrangères l'Union européenne ont voté le 18 février la levée de l'embargo, sous un délai de trois mois, sur l'envoi de « matériel militaire non-létal et l'assistance technique » aux rebelles.4

 

Soutenue par l'Italie et surtout la France, la Grande-Bretagne a poussé pour la levée immédiate de l'embargo sur les armes létales, essuyant les réticences de la majorité des États, en premier lieu de l'Allemagne.

 

William Hague, ministre des affaires étrangères britannique, a confirmé que la Grande-Bretagne allait intensifier son soutien à l'opposition par tous les moyens possibles, d'abord l'envoi d'équipements militaires non-léthaux mais l'envoi ultérieur d'armes létales n'est « pas à exclure ».5

 

Derrière le fer de lance belliciste britannique, la France de François Hollande, déjà en guerre au Mali s'inscrit dans la continuité de l’œuvre de son prédécesseur Nicolas Sarkozy en Libye.

 

La visite de John Kerry à Paris mercredi fut d'une part l'occasion pour les États-Unis d'apporter leur soutien, prudent, à l'entreprise militaire française au Mali, d'autre part une opportunité pour adopter une position commune de soutien ouvert à l'opposition syrienne.

 

Le ministre des affaires étrangères française, Laurent Fabius, après s'être félicité de la levée partielle de l'embargo européen (« c'était la position de la France »6) a appuyé la position de « nos amis américains », de soutien militaire à l'opposition :

 

« La France a été la première à reconnaître la Coalition nationale syrienne. Maintenant, si nous voulons un nouveau régime, il nous faut soutenir l'opposition. »7

 

La poussée britannique et française n'est que la formalisation d'un état de fait, d'ores et déjà leurs services de renseignement accordent un soutien logistique sous formes d'informations et renseignements secrets8, de formation militaire dans les camps de Jordanie ou de Turquie9.

 

En Allemagne même, le débat fait rage. Le diplomate Wolfgang Ischinger, ancien secrétaire d'Etat au moment de la guerre de Yougoslavie et partisan historique d'une ligne d'alignement sur les Etats-unis, a déjà lancé un appel à armer les rebelles10 :

 

« Il est temps que l'Allemagne et ses partenaires discutent du soutien à apporter aux rebelles syriens, et cela comprend les armes (…) si les occidentaux livrent eux-mêmes des armes, il y a des chances qu'on puisse influencer ceux qui vont les utiliser ».

 

Les monarchies absolues du Golfe et la Turquie continuent d'armer la rebellion, malgré leurs calculs stratégiques divergents

 

Les principaux bailleurs de fonds de la rébellion continuent leur tâche. Qatar et Arabie saoudite soutiennent des groupes islamistes rivaux, combattants proches des Frères musulmans pour les premiers, les salafistes fondamentalistes pour les seconds.11

 

Des sources fiables au sein du renseignement américain ont révélé dernièrement le parcours aussi stupéfiant que banal du trafic d'armes vers la Syrie.12

 

Des milliers d'armes lourdes croates (bravant l'embargo de l'UE), des lances-roquettes anti-char aux mitrailleuses issus des stocks de la guerre de Yougoslavie, seraient achetées par l'Arabie saoudite et transportées aux rebelles via la monarchie absolue jordanienne.

 

L'Arabie saoudite et le Qatar ont multiplié les déclarations ces dernières semaines pour pousser les puissances occidentales à accorder une aide militaire directe aux rebelles :

 

« Mon pays estime que la brutalité du régime syrien contre son peuple rend nécessaire l'armement du peuple syrien », selon les termes du ministre des affaires étrangères saoudien Saoud-al-Faisal.

 

Même son de cloche pour le premier ministre qatari : « Nous soutenons l'opposition, peu importe ce dont elle a besoin, même si ce sont des armes pour se défendre ».13

 

Dans un conflit qui ressemble de plus en plus à jeu de puissances, l'Iran et la Russie apportant leur soutien logistique en sous-main au régime d'Assad, la Turquie reste toutefois l'allié proche le plus sûr de la rébellion.

 

Elle constitue non seulement une base arrière de repli capitale au nord, à Adana ou Gaziantep, mais aussi un canal de livraison pour les équipements militaires venus du Golfe et contrôlés par les services de renseignement occidentaux.14

 

La Turquie est le premier soutien du « Conseil national syrien » dont le QG se trouve à Istanbul. Pilotée par Ankara, la rébellion est sous hégémonie islamiste sunnite, autour des Frères musulmans, soutenus également par le Qatar.

 

Pour la Turquie, l'objectif est double :

 

D'une part, créer les conditions d'un État islamiste en Syrie et surtout utiliser les islamistes comme une arme contre les minorités en Syrie, chrétienne, alaouite mais surtout kurde. Le soutien aux islamistes de Jabet-al-Nousra, aux exactions reportées contre la minorité kurde, va dans ce sens.

 

D'autre part, étendre la sphère d'influence de la Turquie, dans le cadre de la constitution d'un impérialisme régional. Le nord de l'Irak et le nord de la Syrie sont d'ores et déjà compris dans la sphère d'influence économique et politique turque.15

 

Information relayée par certains médias occidentaux, mascarade éhontée, les premières « élections libres » en Syrie ont vu 250 combattants islamistes élire 30 représentants militaires pour la province d'Alep. Un vote « démocratique » organisé dans la ville turque de Gaziantep.16

 

Le seul perdant à coup sûr de la guerre civile syrienne est le peuple syrien lui-même, victime du grand jeu des puissances impérialistes tantôt rivales tantôt complices, plus que jamais hors d'état de décider du sort de son propre pays.


1Le Figaro, 1er mars, "Des forces spéciales américaines entraînent des rebelles syriens en Jordanie"

2The Wall Street Journal, 12 février, "Obama blocked rebel arms"

3Les Echos, 19 février "Les premières leçons de l'intervention au Mali"

4AFP, 18 février

5BBC, 3 mars, "William Hague 'won't rule out' arming Syrian rebels"

6AFP, 18 février

7US dept of State, 27 février

8Sunday Times, 19 août 2012, "Syria rebels aides by UK intelligence"

9The Times, 1er mars, "US and allies are training rebels in fight against Assad"

10Der Spiegel, 4 mars, "EU may provide training to syrian rebels"

11The Guardian, 10 octobre 2012, "Arms supplies to Syrian rebels dry up amid rivalries and divisions"

12New York Times, 25 février, "Saudis Step Up Help for Rebels in Syria With Croatian Arms"

13Reuters, 20 février

14New York Times, 21 juin 2012, "CIA said in steering arms to syrian rebels"

15New York Times, 27 février, Turkey’s Foray Into the Fertile Crescent

16AFP, 2 mars

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 08:13

syrian-cp-logoSyrie : appel du Parti Communiste unifié sur les graves conséquences de l’ingérence impérialiste





Traduction proposée et remanée par la rédaction d'Alger Républicain reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Vous savez que notre pays- la Syrie - vit depuis plus de vingt mois, une guerre déclenchée contre elle par de nombreux pays impérialistes, aux côtés d’autres pays qui tournent autour d’eux comme des satellites. Leur but est de détruire l’Etat syrien qui se tient comme un obstacle sur le chemin de ceux qui essaient d’imposer le plan d’un " Grand Moyen Orient", après avoir brisé les Etats de la région en les divisant en petites entités se combattant les unes les autres, afin d’imposer une domination absolue sur les ressources pétrolières et en gaz ; éliminer le problème palestinien d’une manière entièrement opposée aux intérêts du peuple palestinien.



Ces pays ont exploité les erreurs et les défauts du régime d’un côté, et les mouvements s’opposant à ces défauts, de l’autre. Ces mouvements étaient au début pacifiques. Ensuite certains se transformèrent en mouvements armés recevant le soutien sur une vaste échelle de l’alliance qui a émergé comprenant les USA, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite. La Turquie a occupé la frontière existante avec la Syrie pour aider à la contrebande des armes, l’entrée de milliers de mercenaires se nommant eux-mêmes "Jihadistes". Ils ont ouvert des camps pour l’entraînement de leurs soutiens et de leurs alliés. Des milliards de pétrodollars US ont été dispensés dans ce but. Ils ont eu recours aux formes les plus provocantes de la guerre psychologique, relayées par les l’action d’environ une centaine de stations de TV pour semer le sectarisme et les conflits ethniques dans les esprits et parmi les membres d’un même peuple. Ensuite, les prétendus groupes djihadistes se sont mis à détruire l’économie syrienne. Ils ont déclaré la guerre contre le peuple syrien en décrétant l’embargo économique et les sanctions. Des attaques armées furent déclenchées contre les propriétés populaires et privées. Des explosifs et des véhicules chargés d’explosifs furent aussi utilisés.



Les stations génératrices d’électricité ont été dynamitées. Les câbles des réseaux d’électricité ont été détruits, les puits de pétrole incendiés, les tankers transportant le pétrole brûlés. Des milliers de tonnes d’acier ont été dérobés et passés en contrebande en Turquie. Environ un millier d’usines et ateliers d’Alep ont été pillés. Les machines de ces usines ont été revendues en pièces détaches en Turquie à de bas prix. Les projets d’irrigation et également les centres d’élevage des animaux ont été attaqués, les routes reliant les villes et les cités entre elles à travers la Syrie fermées ; les centres de santé, les écoles et les universités ciblées. Des scientifiques, des docteurs ont été ciblés, kidnappés ou capturés et souvent assassinés.



Des milliers de soldats et également des civils ont été kidnappés. Il a été découvert que les gangs armés ont mis à exécution les massacres. Les corps des victimes ont été jetés dans les rivières.



Certaines victimes ont été décapitées. D’autres ont été mutilées. Ces formes de crimes appartiennent au moyen âge.



Peu de jours après, les criminels mirent à exécution une série de crimes au moyen de véhicules chargés d’explosifs, particulièrement à Alep où 85 étudiants de l’université ont été tués et des centaines blessés.



Aujourd’hui la Syrie est directement la cible de la Turquie à travers une guerre directe. La Turquie a admis publiquement qu’elle fournit aux terroristes et aux criminels, des armes de toutes sortes, des assassins qui appartiennent à 20 pays.



Ces actions sont contraires de façon flagrante au droit international qui interdit à tout pays d’utiliser ses territoires pour attaquer ses voisins. Nous savons que la Turquie, seule, ne peut pas du tout accomplir ces choses sans le soutien des Etats américain, européens et du Golf. De toute manière, la Syrie qui est un pays en auto-défense résiste à cette agression et inflige de lourdes pertes à ces gangs. En conséquence, les criminels et aussi bien les terroristes ne sont pas en mesure d’atteindre tous leurs objectifs. Mais les Syriens paient un lourd prix dans leur résistance.



La Syrie ne croit pas non plus que la solution du problème est militaire. Au contraire, elle s’est prononcée depuis la naissance du problème pour une solution pacifique et politique à travers un dialogue national d’ensemble. En même temps, l’alliance agressive impose des conditions préalables au dialogue national de façon à rendre impossible la solution politique.



Le gouvernement syrien a fait une déclaration importante en lançant une nouvelle initiative pacifique, en accord total avec le droit international qui interdit l’ingérence dans les affaires des pays voisins. Les initiatives soulignent encore plus le besoin de réformes démocratiques, une nouvelle Constitution, à côté d’un nouveau pacte général et national qui serait préparé par toutes les forces y compris l’opposition. Le pacte insisterait sur la fin de toutes les opérations militaires conduites d’une part par l’Armée Syrienne, et d’autre part la cessation de l’infiltration de mercenaires en Syrie. Malheureusement, l’initiative a été immédiatement refusée par les groupes armés terroristes et par ceux qui les soutiennent et qui incitent à la poursuite de la violence et du terrorisme.



La situation a connu il y a deux jours un nouveau développement, susceptible de changer la direction des événements en Syrie. Que signifie l’agression soudaine d’Israël contre le centre de recherche scientifique de Syrie près des frontières syriennes et libanaises ? En commettant une telle agression, Israël a dévoilé sa nature réelle, ses tentatives de manipuler les événements actuels en Syrie pour affaiblir l’armée syrienne et ouvrir de nouveaux fronts.



Plus encore le peuple syrien doit payer un très lourd prix, des dizaines de milliers de civils ont été tués. Aujourd’hui la Syrie est exposée à une catastrophe humanitaire.



Environ trois millions de citoyens syriens ont fui leurs domiciles et deviennent des réfugiés constamment déplacés dans les pays voisins vivant dans des conditions misérables incroyables et ils ont des besoins en nourriture et en médicaments. Ces réfugiés en appellent à l’opinion publique internationale pour faire pression sur les gouvernements des USA et d’Europe, du Qatar et de l’Arabie Saoudite afin qu’ils mettent un terme au siège économique et aux sanctions imposées à la Syrie. En outre, ils demandent que le soutien armé aux gangs cesse immédiatement, parce qu’il menace non seulement la Syrie mais un grand nombres de régions dans le monde.



Votre solidarité et votre soutien à notre peuple seront hautement appréciés par notre peuple en ces jours. Plus encore, ils représentent une autre preuve indiquant l’unité et la solidarité des forces révolutionnaires dans le monde entier.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 14:53
Flag-Pins-Lebanon-Syria.jpgLe Parti communiste libanais condamne le massacre des étudiants à Alep 

Il propose aux forces démocratiques syriennes de s'unir

 

 

Communiqué du Parti communiste libanais repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Une fois de plus, le crime et le terrorisme frappent la Syrie, attaquant, cette fois, l'Université d'Alep et laissant derrière eux des dizaines de martyrs et des centaines de blessés.


Le Parti Communiste libanais, tout en condamnant sévèrement l'explosion terroriste contre ceux qui tentent de faire face à ceux qui poussent leur peuple vers le suicide collectif, exprime sa solidarité avec les parents des victimes. Il réaffirme que la seule voie pour en finir avec la crise grave qui ébranle la Syrie réside dans le dialogue qui mènerait à une conférence nationale ayant pour but de mettre fin massacres et à la destruction. A cela doit s'ajouter, comme nous l'avons maintes fois répété, le refus de toute ingérence extérieure, et, ce, afin de construire un Etat civil, démocratique et militant en Syrie.


Le PCL réaffirme aussi la nécessité pour les forces de la gauche et de la démocratie, tant au sein du gouvernement que dans l'opposition, de s'unir sous le slogan d'une troisième alternative faisant en même temps face aux solutions préconisés par le régime et par la partie de l'opposition qui appelle à une intervention étrangère, jouant ainsi délibérément le rôle du cheval de Troie pour les projets politiques des Etats-Unis dans la région.


Il voit dans une telle solution la possibilité d'atténuer les souffrances du peuple syrien et d'empêcher la Syrie de glisser vers une guerre civile confessionnelle qui se profile de plus en plus à l'horizon.


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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Liban-Syrie
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