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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 07:08

Flag-map of SyriaLe Parti communiste syrien livre son analyse de la situation en Syrie et appelle au renforcement de la résistance contre l'agression impérialiste

Communiqué du Parti communiste syrien

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Le Comité central du Parti communiste syrien a organisé une session élargie ce 5 décembre, présidée par le secrétaire-général Ammar Bagdache, auquel se sont joints les membres du Comité central, membres de la commission de contrôle et les secrétaires fédéraux. La session a commencé par une minute de silence en hommage à la mémoire du camarade Wissal Farha Bagdache, président du parti, et de deuil pour les martyrs morts pour la patrie.

 

Pendant la discussion sur la situation politique, le comité central s'est concentré sur l'évolution de la situation intérieure dans le pays, où les affrontements armés ne cessent de s'intensifier entre les forces gouvernementales qui défendent une approche nationale Syrienne opposée aux plans belliqueux et expansionnistes de l'impérialisme et du sionisme, et de l'autre côté les forces rebelles dont la force de frappe est constituée par des groupes terroristes loyaux à l'impérialisme et aux régimes réactionnaires arabes, qui veulent détruire la Syrie perçue comme une forteresse des forces de libération dans le monde arabe, et comme un point de repère important de la lutte internationale de libération anti-impérialiste.

 

En dépit de l'expansion de l'insurrection et de son intensification, ils n'ont pas atteint leurs objectifs : renverser le régime par la destruction de la capacité de combat de l'armée Syrienne, qui fait face courageusement aux attaques répétées des rebelles sur la capitale Damas, et Alep a résisté avec ténacité, orgueil, levant haut le drapeau de la dignité nationale. L'hostilité des masses Syriennes vis-à-vis des rebelles se renforce, au fur et à mesure que leur visage barbare se révèle au grand jour, avec les crimes commis contre les civils, en particulier dans les régions qui refusent de les rejoindre. Pour ce qui des méthodes de combat concrètes des rebelles, les opérations terroristes visant les quartiers et les cibles civils sont toujours plus nombreuses, renforçant d'autant plus la haine du peuple à leur égard.

 

Le Comité central estime qu'il n'est pas possible que l'insurrection ait pu prendre une telle ampleur, sans le soutien massif que reçoivent les rebelles des États impérialistes et des régimes arabes réactionnaires, en particulier des États du Golfe et de la Turquie d'Erdogan qui est le poste avancé de l'OTAN dans la région, acteur d'un travail incessant contre la Syrie, une œuvre qui n'a rien à voir avec les normes du droit international, et ne peut qu'être qualifié d'actes d'agression. Une des dernières manifestations de l'orientation belliciste de la Turquie, le déploiement du système de missiles Patriot sur son territoire.

 

La Turquie appuie également de façon éhontée les opérations depuis son territoire contre la Syrie, mais elle participe concrètement à ces opérations, comme cela s'est déroulé dans la ville de Ras al-Ain. Tout le monde sait que la Turquie soutient les bases de rebelles armés sur son territoire, tout comme la présence du centre Atlantique de renseignement, qui dirige et coordonne les efforts des rebelles se trouvant en Turquie.

 

Le Comité central a estimé que la première tâche des communistes, comme de tous les patriotes, est de défendre l'indépendance nationale de la Syrie et de défendre l'intégrité du territoire national, face à la conspiration impérialiste, sioniste, des régimes arabes réactionnaires et de s'opposer aux agissements criminels des ennemis de la patrie, des exécutants des volontés du colonisateur.

 

Pendant la discussion sur la situation socio-économique, les camarades présents ont fait écho des difficultés des masses vis-à-vis de la détérioration de leur condition de vie provoquée par la chute du pouvoir d'achat des familles syriennes, et la vague de hausse des prix conduisant à une dégradation dramatique des conditions de vie. La réunion a rapporté les nombreuses difficultés que rencontrent la production nationale et les producteurs. Le Comité central a jugé qu'une bonne part de la situation est due au siège imposé à la Syrie et aux actes de sabotage. Mais tant que le gouvernement ne prendra pas d'actions claires pour faire face à cette situation, ne s'éloignera pas de son approche économique libérale, qui a contribué finalement à créer les conditions de la crise que connaît actuellement la Syrie.

 

Ce qu'il faut désormais, c'est renforcer le contrôle étatique sur les secteurs stratégiques de l'économie nationale, accroître son rôle en particulier dans le secteur commercial lié aux produits de base, restaurer ses positions dans le commerce extérieur, tout particulièrement pour ce qui est des matières premières stratégiques nécessaires pour assurer la continuité de la production et satisfaire les besoins des citoyens. Le Comité central a estimé que tout ce qui était avancé par certains dignitaires gouvernementales pour renvoyer à demain cette question, renvoyer le choix d'une politique économique alternative à après la crise, ne fait que prolonger la crise avec ses conséquences prévisibles.

 

Il est devenu clair que après que les puissances coloniales ne sont pas parvenus à remporter une victoire militaire rapide sur la Syrie, elles cherchent à mener une guerre d'usure contre elle, pour faire en sorte que la Syrie qui sorte de la crise soit incapable de s'opposer aux plans expansionnistes de l'impérialisme et du sionisme dans la région.

 

D'où l'importance du Front social et économique, l'importance de suivre une autre politique économique qui protège et renforce la production nationale, réponde aux intérêts des masses qui sont le pilier de la résistance nationale syrienne, et cela ne passe que par un changement de cap radical dans les orientations sociales et économiques du gouvernement, et une rupture avec le libéralisme économique sous toutes ses formes.

 

Le Comité central a noté qu'il y avait une condamnation de plus en plus forte, à l'échelle mondiale, des actions perpétrées par l'impérialisme international et ses fidèles serviteurs contre la Syrie, une de ses manifestations les plus patentes a été le communiqué de solidarité avec la Syrie publié par les partis communistes et ouvriers participant à la 14ème Rencontre internationale. Le rejet de l'intervention militaire directe contre la Syrie progresse également au niveau des États, et même des centres impérialistes. C'est également le cercle de ceux comprenant les risques découlant des conséquences de la crise syrienne qui s'élargit.

 

Cette situation renforce la furie des régimes arabes réactionnaires contre la Syrie. Ces régimes réalisent que leur existence serait menacée en cas d'échec des plans contre la Syrie. Cela conduit à alimenter la fièvre belliciste de ces régimes et leur soutien à toutes les opérations bellicistes et subversives visant la Syrie, en pleine coopération avec la Turquie et ses dirigeants réactionnaires.

 

Le Parti communiste syrien confirme, comme il l'avait déjà fait auparavant, que la résistance n'est pas seulement un devoir mais qu'elle est possible. Toutes les preuves sont là au niveau national, régional et international pour le confirmer. La chose importante désormais est de soutenir, renforcer tout ce qui va dans le sens d'une mobilisation des masses, d'un renforcement de la capacité combattante de l'armée syrienne et du maintien de la production nationale.

Le Comité central s'est arrêté sur la participation de notre parti à la rencontre des partis et coalitions nationales, insistant sur l'importance de l'alliance de toutes les forces nationales et de leur unité tout particulièrement dans les circonstances difficiles que rencontre notre pays. L'unité du Front national est un devoir face aux forces réactionnaires.

 

La scène politique arabe nous montre la face sombre et le contenu obscurantiste des forces réactionnaires, qui s'opposent aux concepts de démocratie et de progrès, et aux questions de civilisation et humanistes. C'est ce que nous prouvent les événements en Tunisie et en Libye, et en particulier la situation en Égypte, où les masses résistent aux tentatives d'imposer un régime dictatorial et obscurantiste tout aussi fidèle à l'impérialisme que ces prédécesseurs. Les évolutions rapides des événements dans le monde arabe laissent présager de sérieux changements de cap dans la voie suivie par le mouvement de libération nationale arabe.

 

Le Comité central affiche sa solidarité avec tous ceux épris de liberté dans le monde arabe qui rejettent la tutelle coloniale et les autorités réactionnaires sous toutes les formes, pointe le risque représenté par les forces réactionnaires.

 

Durant la discussion de la situation internationale, le Comité central a poursuivi l'analyse du parti sur l'escalade actuelle de contradictions impérialistes, en particulier dans les circonstances de la crise structurelle vécue dans les centres impérialistes et l'aiguisement du conflit en leur sein entre travail et capital, ainsi que la renaissance d'un mouvement de libération nationale globale dans la résistance aux politiques de paupérisation et aux tentatives d'imposer une domination absolue du capital financier global.

 

Le Comité central a envoyé ses salutations à toutes les forces progressistes et anti-impérialistes dans le monde, tout particulièrement aux partis communistes en première ligne de la lutte contre le pouvoir du capital. Soulignant que la lutte des communistes syriens pour renforcer la résistance nationale syrienne est également une tâche internationale, celle de renforcer le front mondial anti-impérialiste.

 

Le Comité central a également écouté le rapport des activités consacrées au centième anniversaire de la naissance du camarade Khalid Bagdache, dirigeant historique des communistes syriens, qui a maintenu les organisations du parti dans tout le pays dans des conditions difficiles, qui s'est concentré sur les aspects de la lutte de classe, nationale et internationale, du Parti communiste syrien.

 

Le Comité central a également discuté de certaines questions d'organisation et a pris les décisions nécessaires et les recommandations dans ce domaine. Le Comité central a salué les activités des organisations du parti et la lutte des camarades communistes côte à côte avec tous les patriotes pour la défense de la patrie, de sa souveraineté et de sa dignité

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 08:43

pclibdrapeauEnsemble pour consolider la paix civile

 

Ensemble pour le changement démocratique radical



Communiqué du Parti communiste libanais repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le Parti Communiste libanais a publié, à l'occasion du 88ème anniversaire de sa création, le communiqué suivant adressé au peuple libanais, spécialement aux Communistes :
 

Libanaises, Libanais,

 

Le 88ème anniversaire de la création du PCL coïncide cette année avec de grands dangers qui menacent notre pays dans son unité et peuvent l'entrainer, si nous n'y prenons pas garde, dans le cercle vicieux de la violence basée sur les divisions confessionnelles abhorrés.


En effet, depuis l'assassinat du général Wissam El Hassan, chef de la division de l'information au sein des FSI, les deux parties de la classe dirigeante, surtout les représentants des forces du 14 mars, cherchent toute sorte d'opportunités afin de déstabiliser « la partie adverse », s'appuyant pour y faire sur les divisions confessionnelles qu'ils avaient déjà utilisées afin de renforcer leur régime et d'augmenter leurs parts et leurs intérêts. Tandis que ceux qui se trouvent aujourd'hui au gouvernement ne font rien pour atténuer la crise sociale qui sévit, bien au contraire, ils renforcent cette crise et, en même temps, se désintéressent de la sécurité des Libanais, ouvrant les portes de la patrie aux vents des guerres qui nous viennent des régions alentour.


Libanais, Camarades,


Les gens du régime tentent de remettre notre pays dans l'œil du cyclone. Ne peut-on voir dans les événements des derniers jours, à Beyrouth, Tripoli et tout le long de la route côtière, du Nord au Sud, une tentative de remettre en avant les projets visant à émietter le territoire national et à diviser le peuple ? Ce qui veut dire en clair la liquidation du Liban et la transformation du peuple libanais en une multitude de groupes confessionnels ?


N'avons-nous pas appris des quinze années de guerre civile, entrecoupée de plusieurs agressions israéliennes et multinationales, que la division ne peut que mener notre pays à la mort et nos concitoyens à la désespérance et à l'émigration ? N'avons- nous pas assez payé de notre vie et avons-nous oublié si rapidement que notre résistance et notre unité, il y a trente ans, ont pu libérer notre pays ; bien plus, elles ont créé un exemple suivi par les peuples arabes.


C'est pourquoi nous nous adressons aujourd'hui à vous, pour vous demander de refuser tout appel à la division lancé par ceux qui veulent nous diviser pour asseoir leurs pouvoir et leurs privilèges.


Nous vous appelons à l'unité afin de préserver la paix civile.


Nous vous appelons à faire front commun contre les comploteurs et ceux qui propagent le terrorisme et la mort, de créer une unité populaire solide basée sur un programme de changement radical revalorisant l'esprit du « Front de Resistance patriotique libanaise ». Un programme ayant pour fondement les reformes politiques nécessaires visant à mettre fin à l'Etat des quotas confessionnels et préparant notre avancée vers un Liban souverain, indépendant, démocratique, arabe.


Ensemble nous bâtirons un pays où règnent l'égalité et la justice sociale.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 18:14

WFDY.jpgSur les événements au Moyen-Orient et en Syrie





Communiqué de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD)



Traduction AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les contradictions et les agressions impérialistes dans la région du Moyen-Orient et en Méditerranée orientale s'intensifient, visant la Syrie depuis plus d'un an désormais.



La dernière agression en date est l’œuvre de l'Etat turc, lorsque le parlement Turc a autorisé l'armée à réaliser des « opérations trans-frontalières » contre la Syrie « si nécessaire ». Le gouvernement turc ne veut pas seulement renforcer son rôle de promoteur des intérêts de l'OTAN dans la région, mais aussi s'affirmer comme une puissance régionale.



Tous ces événements ne peuvent pas être analysés indépendamment du plan des États-Unis, de l'OTAN et de leurs alliés (régionaux et internationaux) de créer un « Nouveau Moyen-Orient ». Les intérêts des monopoles se focalisent sur qui aura la plus grosse part de ce Moyen-Orient reconfiguré.



La semaine dernière, l'agression turque a été soutenue par l'OTAN, par la voix de son secrétaire-général. Dans le même temps, les tensions à la frontière Turco-syrienne s'intensifient.



La Fédération mondiale de la jeunesse démocratique condamne encore une fois l'agression impérialiste contre la Syrie. Nous soulignons que les derniers événements et l'agression impérialiste contre la Syrie sont non seulement dangereux pour le peuple syrien mais aussi pour les peuples de toute la région, au vu de la complexité des intérêts impérialistes en jeu.



Nous appelons les membres de nos organisations, chaque jeune homme et jeune femme du monde entier à exprimer leur opposition à une autre guerre impérialiste.



La Fédération mondiale de la jeunesse démocratique insiste sur le fait que les intérêts et le sort du peuple Syrien ne peuvent et ne doivent être décidés que par eux-mêmes, loin de toute menace, intervention et guerre étrangères.



Une fois encore, nous exprimons notre solidarité et notre soutien le plus total à la lutte de la jeunesse syrienne.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 07:46

tr}tkp4La Turquie est en guerre



Article de Kemal Okuyan dans le quotidien soL du Parti communiste de Turquie (TKP)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Il n'y a aucune définition communément acceptée de la guerre. C'est vrai également en termes de droit international. Des concepts purement descriptifs comme ceux d'« état de guerre » et « déclaration de guerre » sont insuffisants. Quel type de conflit armé peut-on entendre comme une guerre ou alors définir par un concept moins « fort » ? Cela ne se base pas sur des critères objectifs mais sur les diverses approches des parties impliquées.

 

Tandis que certains définissent la guerre comme une lutte armée menée par un seul État ou un groupe d’État pour imposer leurs intérêts à un autre État ou groupe d’État, d'autres considèrent que des critères comme un état de guerre permanent et la « mobilisation totale » qu'elle implique, entrent également en ligne de compte.

 

La loi 2941 sur la Mobilisation et l'état de guerre, dans son article 3, définit la guerre selon la loi turque : « Une lutte armée nécessitant la mobilisation de toutes les forces et toutes les ressources de l’État, matérielles ou morales, en particulier les Forces armées, sans aucune restriction, afin de préserver la continuité de l’État et de réaliser les objectifs fixés par la nation ».

 

Le problème ne peut pas être résolu, car cet article a été écrit avec l'état d'esprit d'un coach d'une équipe sportive qui essaie de motiver ses joueurs en les sermonnant : « Les gars, il va falloir mettre le paquet ! ». Par ailleurs, il n'est pas facile de savoir comment toutes les ressources d'un pays vont pouvoir être mobilisées.

 

En dépit du flou qui entoure ces définitions, tant au niveau du droit national qu'international, si l'on observe l'évolution de la situation, on peut être assuré que la Turquie mène actuellement une guerre avec des forces limitées mais avec une mission simple : renverser le gouvernement légitime en Syrie.

 

Ceux qui avaient des doutes sur le déroulement des incidents ont vu leurs doutes confirmés. Le dessein de la Turquie, derrière les échanges de tirs à Akçakale et Yayladağ pendant trois jours et les barrages d'artillerie qui ont suivi de la part de l'armée Turque, est devenu évident.

 

La Turquie est engagée dans une guerre non-déclarée contre la Syrie. Et la Turquie intervient activement dans le conflit armé en cours en territoire syrien. Basés en Turquie depuis un bon bout de temps, des groupes armés ont établi une relation directe avec l'armée turque ainsi qu'avec les services de renseignements turcs. Ces derniers jours, des tirs d'artillerie continus visent depuis la Turquie des cibles en Syrie.

 

Est-on en guerre ou non ?

 

La stratégie de l'AKP (Parti de la justice et du développement) est évidente : après avoir apporté un soutien logistique et livré des informations secrètes aux milices combattantes sunnites, la Turquie a commencé à mettre la pression sur l'armée Syrienne en faisant parler son artillerie. La Turquie intensifie les offensives et essaie de prendre l'initiative dans cette guerre non-déclarée en attendant que la Syrie riposte. La Turquie essaie d'unir les opposants au gouvernement Syrien, qui ont besoin du soutien provenant des Forces armées turques, sous le commandement de l'AKP. Un élément important dans cette stratégie est de créer une zone tampon au moment opportun.

 

Si la Turquie riposte, alors, cela sera un prétexte pour faire entrer l'OTAN dans la danse. Dans le cas d'une intervention de l'OTAN, à côté d'une guerre potentielle au sol, des raids aériens et la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne seront des stratégies militaires plausibles.

 

Il semble entendu que le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan et le ministre des Affaires Etrangères Ahmet Davutoğlu vont obtenir une forme de consensus, qu'apparemment ils ne pouvaient pas trouver ni en Turquie ni à l'étranger après l'incident d'Akçakale incident, cette fois par la « manipulation ».

 

La société turque, d'une certaine façon, pense que « nous ne sommes pas encore en guerre ». Mais les derniers événements prouvent que c'est une illusion.


Les États-unis et les forces Européennes cherchent une issue en Syrie, une issue qui pourrait alléger le fardeau sur les épaules, dans une certaine mesure tout du moins. Il semble que le gouvernement AKP ait trouvé la formule qui leur convient.

 

Nous savons que l'AKP est dans une impasse. Pourtant, l'AKP est en mesure de plonger dans la région et les peuples de la région dans la guerre. Ce cabinet belliciste, qui est devenu intransigeant après la résolution sur la Syrie*, doit être mis en échec. Deux-tiers des Turcs sont contre la guerre, il ont un certain pouvoir. Mais tant que nous prendrons les salves d'artilleries au sérieux, et non comme des tirs anodins, comparables à ceux d'un match de volley ou de tennis.

 

*La résolution sur la Syrie a été adoptée par le parlement turc après un bombardement non-authentifié provenant du territoire syrien. Elle autorise les actions militaires en Syrie.

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 07:15

bagdache.jpgEntretien avec le secrétaire-général du Parti communiste syrien Ammar Bagdache

 

« Le gouvernement Assad est anti-impérialiste, mais sa politique capitaliste a constitué un terreau pour la rébellion »





Traduction par Jilata pour Le grand soir reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Ernesto Gómez Abascal : Comment le Parti Communiste de Syrie (PCS) juge t-il le gouvernement de Bachar Al Assad ?



Ammar Bagdache : Pour le Parti Communiste de Syrie, c’est un gouvernement patriotique, anti-impérialiste et antisioniste, malgré qu’il applique un modèle économique clairement capitaliste. Même si le Parti Baas, qui était et est toujours la force dirigeante du gouvernement, a proclamé le socialisme arabe en Syrie, il n’est pas socialiste au sens marxiste du terme. Cependant, le PCS fait partie du Front Progressiste composé aujourd’hui de 10 partis.

Nous avons un ministre dans le gouvernement et nous considérons, qu’à ce niveau du parcours, c’est la meilleure option. Nous sommes et nous avons toujours été disposés à améliorer le système. En 2005 nous nous sommes opposés à des changements calqués sur le modèle néolibéral, nous avons la preuve aujourd’hui qu’ils ont été le terreau d’une catégorie marginale que l’opposition armée a su s’attirer. Des erreurs ont été commises, maintenant il faut les corriger.



EGA : Y a-t-il des forces et des partis de gauche parmi ceux qui combattent pour renverser le gouvernement de Bachar Al Assad ? Face au gouvernement actuel, existe-t-il une alternative de gauche ?



AB : Quelques personnes qui étaient de gauche, y compris des marxistes, vivent à l’extérieur du pays depuis pas mal de temps, mais elles ont changé. Certains avaient fait de la prison en Syrie, aujourd’hui ils ont renoncé au marxisme, plusieurs ont même rejoint les Frères Musulmans, d’autres sont devenus les agents des monarchies du Golfe.

En Syrie, il y a des gens qui se considèrent de gauche et qui veulent des changements et des réformes, mais ce sont des individualités, pas des partis ou des forces politiques organisées, ils sont tout de même opposés à l’intervention étrangère. Le gouvernement que nous avons en Syrie a une position constructive pour réaliser des changements importants, ils commençaient à être adoptés mais l’intervention armée étrangère empêche, pour le moment, leur mise en application normale.

Si le gouvernement actuel venait à être renversé, la seule éventualité serait la prise du pouvoir par les Frères Musulmans, ce qui constituerait un grand bond en arrière pour un peuple qui, depuis pas mal d’années, bénéficie d’un système laïque moderne, ne connait pas le sectarisme et n’a jamais vécu avec de telles tensions. Mais nous sommes optimistes, même si la lutte dure encore un certain temps, nous sommes certains qu’ils ne pourront pas nous vaincre.



EGA : Sur la situation militaire, comment voyez-vous la suite ?



AB : Plus le temps passe, plus il est clair qu’ils ne pourront pas nous vaincre. Ils [l’opposition armée, NdT] n’ont pu prendre le contrôle d’aucune ville importante, malgré leur plan initial et l’arrivée de milliers de mercenaires extrémistes et salafistes, assistés des services spéciaux US et leurs alliés de l’OTAN qui travaillent depuis la Turquie, pays avec qui nous partageons une longue frontière. Le Qatar et l’Arabie saoudite leur apportent également le soutien économique et militaire. Bien sûr, notre gouvernement est soutenu par la majorité de la population. Les forces armées de la nation et les milices populaires restent unies et en ordre combatif. Malgré la situation compliquée dans laquelle se trouve le pays, les institutions fonctionnent.



EGA : Pensez-vous qu’en Libye, il y avait la possibilité de soutenir quelque force révolutionnaire ou progressiste pour une alternative au gouvernement de Kadhafi ?

AB : Le cas de la Libye est totalement différent à celui de la Syrie. Même si le peuple libyen jouissait du meilleur niveau de vie d’Afrique, avec le PIB par habitant le plus important, la personnalité de Kadhafi était très contestée, il était très incohérent dans ses positions et il a souvent abusé de méthodes anticommunistes. Il s’était réconcilié avec l’occident, mais il n’existait ni parti ni aucune force organisée connue, avec un programme révolutionnaire, progressiste ou anti-impérialiste, qui aurait pu recevoir un soutien en tant qu’alternative au gouvernement de Kadhafi.

Le positionnement approprié des révolutionnaires était de laisser les libyens résoudre leurs problèmes et s’opposer par tous les moyens à l’intervention de l’alliance impérialiste et la réaction arabe. Notre parti n’avait aucune sympathie pour Kadhafi, mais c’est l’OTAN qui l’a renversé et non le peuple libyen. Aujourd’hui, le gouvernement installé à Tripoli est assujetti aux intérêts des impérialistes.



EGA : Comment le PCS caractérise t-il le Hezbollah et l’Iran, un parti et un pays à caractère islamique ?

AB : Nous voyons qu’ils maintiennent des positions patriotiques, contre l’impérialisme et le sionisme, par conséquent ils sont des alliés. Le Hezbollah au Liban dirige un mouvement dans lequel participent aussi des partis et des organisations chrétiennes, sunnites et même marxistes. Il y a des musulmans de sensibilités politiques différentes et notre parti, part du principe qu’avec la situation actuelle dans la région, la place d’une force politique est d’être du côté des intérêts du peuple, d’être anti-impérialiste et antisioniste. C’est pourquoi nous considérons Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, comme étant un véritable révolutionnaire.



EGA : Pensez-vous qu’un parti ou une force de gauche puisse parvenir au pouvoir dans un pays de la région ?

AB : Nous n’écartons pas cette possibilité, cela dépend des masses, du peuple. En 1958, je crois que peu de gens dans le monde avait prévu qu’une révolution allait triompher à Cuba, et deux ans plus tard qu’elle proclamerait le socialisme. Le rôle d’un leadership est également très important et on ne peut pas l’exclure totalement.



EGA : Le président égyptien Mohammed Mursi, des Frères Musulmans, a tenu un discours, lors de la dernière assemblée générale de l’ONU il y a quelques jours, qui semble montrer que ce grand pays est en train de reprendre la main sur sa politique extérieure. Qu’en pensez-vous ?

AB : Je pense qu’il agit selon la volonté des masses, du peuple égyptien qu’il ne peut ignorer. Ce qu’il déclare ne doit pas faire plaisir aux USA et encore moins à Israël. Il est possible que Mursi travaille à redonner à l’Égypte le leadership du monde arabe. De plus, il est impossible d’être plus grande marionnette de l’impérialisme que Moubarak, ce serait très difficile. À l’Assemblée Générale de l’ONU, s’il a déclaré qu’il était opposé à une intervention extérieure contre mon pays, c’est parce qu’il a vu que le peuple syrien organise la résistance contre l’agression que lui soumettent l’occident et les pays du golfe, cela peut influer ses positions. Il faudra voir par la suite s’il maintient une ligne contraire aux USA et Israël.



EGA : Quelle devrait être la position de la gauche internationale, des révolutionnaires, par rapport à l’intervention manifeste de l’impérialisme et la réaction arabe pour produire des changements de régime ?

AB : Notre parti estime que les forces révolutionnaires et progressistes internationales doivent soutenir les gouvernements et les partis anti-impérialistes et antisionistes face à l’agression de la réaction, de l’impérialisme avec sa politique interventionniste et d’ingérence qui transgresse les lois internationales. De nos jours, c’est cela qui caractérise une position de principes et révolutionnaire.

On ne peut se réclamer de gauche ou se dire progressiste et révolutionnaire et en même temps adhérer à ce que disent et font les Hillary Clinton, les monarques corrompus du Golfe et les dirigeants de l’OTAN.



Ernesto Gómez Abasca est écrivain et journaliste cubain, ex-ambassadeur dans différents pays du Proche-Orient.



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