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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 07:46

tr}tkp4La Turquie est en guerre



Article de Kemal Okuyan dans le quotidien soL du Parti communiste de Turquie (TKP)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Il n'y a aucune définition communément acceptée de la guerre. C'est vrai également en termes de droit international. Des concepts purement descriptifs comme ceux d'« état de guerre » et « déclaration de guerre » sont insuffisants. Quel type de conflit armé peut-on entendre comme une guerre ou alors définir par un concept moins « fort » ? Cela ne se base pas sur des critères objectifs mais sur les diverses approches des parties impliquées.

 

Tandis que certains définissent la guerre comme une lutte armée menée par un seul État ou un groupe d’État pour imposer leurs intérêts à un autre État ou groupe d’État, d'autres considèrent que des critères comme un état de guerre permanent et la « mobilisation totale » qu'elle implique, entrent également en ligne de compte.

 

La loi 2941 sur la Mobilisation et l'état de guerre, dans son article 3, définit la guerre selon la loi turque : « Une lutte armée nécessitant la mobilisation de toutes les forces et toutes les ressources de l’État, matérielles ou morales, en particulier les Forces armées, sans aucune restriction, afin de préserver la continuité de l’État et de réaliser les objectifs fixés par la nation ».

 

Le problème ne peut pas être résolu, car cet article a été écrit avec l'état d'esprit d'un coach d'une équipe sportive qui essaie de motiver ses joueurs en les sermonnant : « Les gars, il va falloir mettre le paquet ! ». Par ailleurs, il n'est pas facile de savoir comment toutes les ressources d'un pays vont pouvoir être mobilisées.

 

En dépit du flou qui entoure ces définitions, tant au niveau du droit national qu'international, si l'on observe l'évolution de la situation, on peut être assuré que la Turquie mène actuellement une guerre avec des forces limitées mais avec une mission simple : renverser le gouvernement légitime en Syrie.

 

Ceux qui avaient des doutes sur le déroulement des incidents ont vu leurs doutes confirmés. Le dessein de la Turquie, derrière les échanges de tirs à Akçakale et Yayladağ pendant trois jours et les barrages d'artillerie qui ont suivi de la part de l'armée Turque, est devenu évident.

 

La Turquie est engagée dans une guerre non-déclarée contre la Syrie. Et la Turquie intervient activement dans le conflit armé en cours en territoire syrien. Basés en Turquie depuis un bon bout de temps, des groupes armés ont établi une relation directe avec l'armée turque ainsi qu'avec les services de renseignements turcs. Ces derniers jours, des tirs d'artillerie continus visent depuis la Turquie des cibles en Syrie.

 

Est-on en guerre ou non ?

 

La stratégie de l'AKP (Parti de la justice et du développement) est évidente : après avoir apporté un soutien logistique et livré des informations secrètes aux milices combattantes sunnites, la Turquie a commencé à mettre la pression sur l'armée Syrienne en faisant parler son artillerie. La Turquie intensifie les offensives et essaie de prendre l'initiative dans cette guerre non-déclarée en attendant que la Syrie riposte. La Turquie essaie d'unir les opposants au gouvernement Syrien, qui ont besoin du soutien provenant des Forces armées turques, sous le commandement de l'AKP. Un élément important dans cette stratégie est de créer une zone tampon au moment opportun.

 

Si la Turquie riposte, alors, cela sera un prétexte pour faire entrer l'OTAN dans la danse. Dans le cas d'une intervention de l'OTAN, à côté d'une guerre potentielle au sol, des raids aériens et la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne seront des stratégies militaires plausibles.

 

Il semble entendu que le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan et le ministre des Affaires Etrangères Ahmet Davutoğlu vont obtenir une forme de consensus, qu'apparemment ils ne pouvaient pas trouver ni en Turquie ni à l'étranger après l'incident d'Akçakale incident, cette fois par la « manipulation ».

 

La société turque, d'une certaine façon, pense que « nous ne sommes pas encore en guerre ». Mais les derniers événements prouvent que c'est une illusion.


Les États-unis et les forces Européennes cherchent une issue en Syrie, une issue qui pourrait alléger le fardeau sur les épaules, dans une certaine mesure tout du moins. Il semble que le gouvernement AKP ait trouvé la formule qui leur convient.

 

Nous savons que l'AKP est dans une impasse. Pourtant, l'AKP est en mesure de plonger dans la région et les peuples de la région dans la guerre. Ce cabinet belliciste, qui est devenu intransigeant après la résolution sur la Syrie*, doit être mis en échec. Deux-tiers des Turcs sont contre la guerre, il ont un certain pouvoir. Mais tant que nous prendrons les salves d'artilleries au sérieux, et non comme des tirs anodins, comparables à ceux d'un match de volley ou de tennis.

 

*La résolution sur la Syrie a été adoptée par le parlement turc après un bombardement non-authentifié provenant du territoire syrien. Elle autorise les actions militaires en Syrie.

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 07:15

bagdache.jpgEntretien avec le secrétaire-général du Parti communiste syrien Ammar Bagdache

 

« Le gouvernement Assad est anti-impérialiste, mais sa politique capitaliste a constitué un terreau pour la rébellion »





Traduction par Jilata pour Le grand soir reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Ernesto Gómez Abascal : Comment le Parti Communiste de Syrie (PCS) juge t-il le gouvernement de Bachar Al Assad ?



Ammar Bagdache : Pour le Parti Communiste de Syrie, c’est un gouvernement patriotique, anti-impérialiste et antisioniste, malgré qu’il applique un modèle économique clairement capitaliste. Même si le Parti Baas, qui était et est toujours la force dirigeante du gouvernement, a proclamé le socialisme arabe en Syrie, il n’est pas socialiste au sens marxiste du terme. Cependant, le PCS fait partie du Front Progressiste composé aujourd’hui de 10 partis.

Nous avons un ministre dans le gouvernement et nous considérons, qu’à ce niveau du parcours, c’est la meilleure option. Nous sommes et nous avons toujours été disposés à améliorer le système. En 2005 nous nous sommes opposés à des changements calqués sur le modèle néolibéral, nous avons la preuve aujourd’hui qu’ils ont été le terreau d’une catégorie marginale que l’opposition armée a su s’attirer. Des erreurs ont été commises, maintenant il faut les corriger.



EGA : Y a-t-il des forces et des partis de gauche parmi ceux qui combattent pour renverser le gouvernement de Bachar Al Assad ? Face au gouvernement actuel, existe-t-il une alternative de gauche ?



AB : Quelques personnes qui étaient de gauche, y compris des marxistes, vivent à l’extérieur du pays depuis pas mal de temps, mais elles ont changé. Certains avaient fait de la prison en Syrie, aujourd’hui ils ont renoncé au marxisme, plusieurs ont même rejoint les Frères Musulmans, d’autres sont devenus les agents des monarchies du Golfe.

En Syrie, il y a des gens qui se considèrent de gauche et qui veulent des changements et des réformes, mais ce sont des individualités, pas des partis ou des forces politiques organisées, ils sont tout de même opposés à l’intervention étrangère. Le gouvernement que nous avons en Syrie a une position constructive pour réaliser des changements importants, ils commençaient à être adoptés mais l’intervention armée étrangère empêche, pour le moment, leur mise en application normale.

Si le gouvernement actuel venait à être renversé, la seule éventualité serait la prise du pouvoir par les Frères Musulmans, ce qui constituerait un grand bond en arrière pour un peuple qui, depuis pas mal d’années, bénéficie d’un système laïque moderne, ne connait pas le sectarisme et n’a jamais vécu avec de telles tensions. Mais nous sommes optimistes, même si la lutte dure encore un certain temps, nous sommes certains qu’ils ne pourront pas nous vaincre.



EGA : Sur la situation militaire, comment voyez-vous la suite ?



AB : Plus le temps passe, plus il est clair qu’ils ne pourront pas nous vaincre. Ils [l’opposition armée, NdT] n’ont pu prendre le contrôle d’aucune ville importante, malgré leur plan initial et l’arrivée de milliers de mercenaires extrémistes et salafistes, assistés des services spéciaux US et leurs alliés de l’OTAN qui travaillent depuis la Turquie, pays avec qui nous partageons une longue frontière. Le Qatar et l’Arabie saoudite leur apportent également le soutien économique et militaire. Bien sûr, notre gouvernement est soutenu par la majorité de la population. Les forces armées de la nation et les milices populaires restent unies et en ordre combatif. Malgré la situation compliquée dans laquelle se trouve le pays, les institutions fonctionnent.



EGA : Pensez-vous qu’en Libye, il y avait la possibilité de soutenir quelque force révolutionnaire ou progressiste pour une alternative au gouvernement de Kadhafi ?

AB : Le cas de la Libye est totalement différent à celui de la Syrie. Même si le peuple libyen jouissait du meilleur niveau de vie d’Afrique, avec le PIB par habitant le plus important, la personnalité de Kadhafi était très contestée, il était très incohérent dans ses positions et il a souvent abusé de méthodes anticommunistes. Il s’était réconcilié avec l’occident, mais il n’existait ni parti ni aucune force organisée connue, avec un programme révolutionnaire, progressiste ou anti-impérialiste, qui aurait pu recevoir un soutien en tant qu’alternative au gouvernement de Kadhafi.

Le positionnement approprié des révolutionnaires était de laisser les libyens résoudre leurs problèmes et s’opposer par tous les moyens à l’intervention de l’alliance impérialiste et la réaction arabe. Notre parti n’avait aucune sympathie pour Kadhafi, mais c’est l’OTAN qui l’a renversé et non le peuple libyen. Aujourd’hui, le gouvernement installé à Tripoli est assujetti aux intérêts des impérialistes.



EGA : Comment le PCS caractérise t-il le Hezbollah et l’Iran, un parti et un pays à caractère islamique ?

AB : Nous voyons qu’ils maintiennent des positions patriotiques, contre l’impérialisme et le sionisme, par conséquent ils sont des alliés. Le Hezbollah au Liban dirige un mouvement dans lequel participent aussi des partis et des organisations chrétiennes, sunnites et même marxistes. Il y a des musulmans de sensibilités politiques différentes et notre parti, part du principe qu’avec la situation actuelle dans la région, la place d’une force politique est d’être du côté des intérêts du peuple, d’être anti-impérialiste et antisioniste. C’est pourquoi nous considérons Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, comme étant un véritable révolutionnaire.



EGA : Pensez-vous qu’un parti ou une force de gauche puisse parvenir au pouvoir dans un pays de la région ?

AB : Nous n’écartons pas cette possibilité, cela dépend des masses, du peuple. En 1958, je crois que peu de gens dans le monde avait prévu qu’une révolution allait triompher à Cuba, et deux ans plus tard qu’elle proclamerait le socialisme. Le rôle d’un leadership est également très important et on ne peut pas l’exclure totalement.



EGA : Le président égyptien Mohammed Mursi, des Frères Musulmans, a tenu un discours, lors de la dernière assemblée générale de l’ONU il y a quelques jours, qui semble montrer que ce grand pays est en train de reprendre la main sur sa politique extérieure. Qu’en pensez-vous ?

AB : Je pense qu’il agit selon la volonté des masses, du peuple égyptien qu’il ne peut ignorer. Ce qu’il déclare ne doit pas faire plaisir aux USA et encore moins à Israël. Il est possible que Mursi travaille à redonner à l’Égypte le leadership du monde arabe. De plus, il est impossible d’être plus grande marionnette de l’impérialisme que Moubarak, ce serait très difficile. À l’Assemblée Générale de l’ONU, s’il a déclaré qu’il était opposé à une intervention extérieure contre mon pays, c’est parce qu’il a vu que le peuple syrien organise la résistance contre l’agression que lui soumettent l’occident et les pays du golfe, cela peut influer ses positions. Il faudra voir par la suite s’il maintient une ligne contraire aux USA et Israël.



EGA : Quelle devrait être la position de la gauche internationale, des révolutionnaires, par rapport à l’intervention manifeste de l’impérialisme et la réaction arabe pour produire des changements de régime ?

AB : Notre parti estime que les forces révolutionnaires et progressistes internationales doivent soutenir les gouvernements et les partis anti-impérialistes et antisionistes face à l’agression de la réaction, de l’impérialisme avec sa politique interventionniste et d’ingérence qui transgresse les lois internationales. De nos jours, c’est cela qui caractérise une position de principes et révolutionnaire.

On ne peut se réclamer de gauche ou se dire progressiste et révolutionnaire et en même temps adhérer à ce que disent et font les Hillary Clinton, les monarques corrompus du Golfe et les dirigeants de l’OTAN.



Ernesto Gómez Abasca est écrivain et journaliste cubain, ex-ambassadeur dans différents pays du Proche-Orient.



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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 07:14

armee-suisse-448x293.gifLes communistes suisses dénoncent l'hypocrisie de la « neutralité » suisse avec un gouvernement qui finance indirectement la guerre civile en Syrie

 

 

Communiqué du Parti communiste du Tessin

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a alloué 50 000 € pour les dépenses logistiques des réunions à Berlin destinées à préparer l'opposition syrienne à un éventuel départ du président de la République arabe de Syrie, Bashar al-Assad. Concrètement, Berne aide explicitement des groupes fondamentalistes islamistes à prendre le pouvoir par la voie armée dans un pays qui n'a rien fait de mal au peuple suisse.

 

Il s'agit, de la part du gouvernement suisse, d'une tentative éhontée d'ingérence dans les affaires d'un pays souverain, qui subit une guerre civile en grande partie organisée par les États-Unis et par certains pays de l'Union européenne (la France en premier lieu) pour imposer aux syriens un gouvernement plus loyal envers les intérêts économiques des multi-nationales occidentales. Nous rappelons que l'opposition libyenne (le CNT) a promis au gouvernement français l'exploitation de 35% des ressources pétrolières libyennes, lorsque l'Elysée a décidé d'envahir militairement le pays.

 

La Suisse a encore une fois abandonné sa « neutralité » officielle pour s'afficher aux côtés des puissances néo-colonialistes qui se préparent à une nouvelle guerre de rapine comme ce fut le cas en Irak et en Libye, qui ne plonge pas seulement le Moyen-Orient dans le chaos, mais qui provoque de façon irresponsable la Chine et la Russie, mettant grandement en péril la paix mondiale. Exprimant notre solidarité envers le peuple syrien, aux partis communistes et syndicats syriens engagés à préserver l'indépendance du pays, la laïcité et les droits sociaux, comme anti-impérialistes nous réaffirmons le fait que la Suisse, en tant que pays neutre, doit juste agir pour favoriser le dialogue entre les parties en conflit, et certainement pas pour en aider une des deux, d'autant plus au vu d'une opposition syrienne loin d'être démocratique.

 

Source : Resistenze

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 06:23

siria-islamitas.jpgAgression impérialiste contre la Syrie : l' « opposition » accusée de crimes par les ONG et les organismes de l'ONU chargés de la défense des droits de l'Homme

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Le Haut commissariat aux droits de l'Homme des Nations unies, Human Rights Watch(HRW) et le rapporteur de la commission d'enquête de l'ONU pour la Syrie admettent que l' « opposition syrienne » commet toutes sortes d'atrocités dans la campagne pour renverser le gouvernement de Bachar el-Assad.



S'adressant au Conseil des droits de l'Homme, Navi Pillay, qu'on ne peut guère soupçonner de sympathies pour le gouvernement syrien, a dénoncé le fait que « les groupes anti-gouvernementaux utilisent des mineurs comme soldats », un crime qui s'ajoute au « recours à des franc-tireurs qui tirent sur des civils » et les « tortures, détentions arbitraires et exécutions sommaires », des pratiques qui, insiste la responsable, sont constatées également du côté du gouvernement.



Pillay n'avait jamais admis officiellement les atrocités commises par les terroristes en Syrie. Ses déclarations – qui insistent également sur des accusations réitérées de bombardements contre les civils, supposément perpétrés par les autorités de Damas – sortent après que le rapporteur de la Commission de l'ONU pour le pays, Paulo Pinheiro, a lancé une mise en garde contre la progression exponentielle des « violations flagrantes des droits de l'Homme, en nombre, rythme et intensité ».



Dans son rapport, Pinheiro a confirmé également la présence « croissante et alarmante » de combattants islamistes étrangers parmi les miliciens et les a accusé de radicaliser le conflit.



Dans la même veine, Human Rights Watch a accusé les bandes armées de torturer et d'exécuter les prisonniers, en donnant les exemples de plus d'une dizaine de cas documentés à Idleb, Alep, Latakia.



Pinheiro et Pillay défendent l'idée que le Conseil de Sécurité adopte une position interventionniste en Syrie, dont l'objectif, disent-ils, serait de mettre un terme au conflit, une position à laquelle la Russie et la Chine ont opposé leur veto.



Moscou et Pékin exigent d'abord que les puissances impérialistes cessent de soutenir les insurgés. Le fait est que toutes les semaines des éléments se font jour attestant de ce soutien.



Ces derniers jours, l'armée du Liban a annoncé la confiscation d'une nouvelle livraison d'armes destinée aux mercenaires syriens. Par ailleurs, sont parvenus entre les mains de l' « opposition » 400 tonnes d'équipement lourd, a affirmé ce vendredi 14 septembre le quotidien britannique Times. Parmi ces armes lourdes, des missiles sol-air et des lance-roquettes provenant de Libye.



Le trafic se produit via la Turquie, où, selon un ancien responsable de la CIA, Philip Giraldi, dans un entretien à un quotidien turc, se trouveraient des agents secrets nord-américains, français, allemands, britanniques chargés de soutien les groupes armés.



Une partie de leur mission est de trier les candidats au mercenariat, des candidats qui pourraient augmenter significativement si se confirmerait l'accord secret signé récemment entre les Etats-unis, l'Arabie saoudite et un seigneur de guerre yéménite pour le transfert de milliers de djihadistespour la Syrie.

 

Source: Avante, organe du Parti communiste portugais

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 06:13

pclibdrapeauLa lutte et les défis des peuples arabes

 



Intervention de Marie Nassif-Debs, secrétaire générale adjointe du PC Libanais, au Festival de l'Avante, repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le Monde arabe se trouve aujourd’hui à un croisement de chemins que certains historiens comparent à celui dans lequel les peuples arabes furent placés durant les années Cinquante (et, même, Soixante) du XXème siècle, à la suite de la « Nakba » du peuple palestinien et de la partition, par l’ONU, de la Palestine en deux Etats, dont l’un (la Palestine) ne vit pas le jour tandis que l’autre (Israël), créé de toutes pièces, continue à s’agrandir par les guerres, les agressions et, surtout, les colonisations.

 

Mais si cette comparaison trouve quelque fondement historique dans les appels, lancés actuellement comme jadis, par les peuples arabes pour mettre fin à des régimes de dictature, inféodés à l’étranger et faisant la politique des grandes puissances capitalistes, il n’en va pas moins que les deux situations sont très différentes, tant par les slogans que par les forces qui les portent.

 

En effet, les années Cinquante (et Soixante) furent celles d’un mouvement dit « de libération nationale » contre le colonialisme, tant britannique que français. Ce mouvement, ayant à sa tête des militaires appartenant à des partis politiques nouveaux, formés dans la petite bourgeoisie, tels le Baas, le Mouvement des nationalistes arabes et, plus tard, le Nassérisme, préconisait le coup d’Etat comme moyen de changement. Il était mené par des idéaux nationalistes arabes, dont, en premier lieu, le refus de la partition de la Palestine, la fin du colonialisme et l’unité arabe. A ces idéaux s’ajoutait, chez certains, celui d’un socialisme basé sur une réforme agraire, mais aussi sur l’élargissement du secteur public et les nationalisations.

 

Ajoutons à cela que la présence de l’Union soviétique, et du camp socialiste, aida à asseoir ces mouvements, surtout à la suite de leur arrivée au pouvoir, tant en Egypte (1952) qu’en Irak (1958) ou en Syrie (à la suite de l’échec de l’unité de la bourgeoisie syrienne avec l’Egypte nassériste en 1961). Des relations bilatérales bien solides poussèrent même les théoriciens de l’Union soviétique du temps de Khroutchev, à présenter des thèses concernant la possibilité d’un changement suivant une nouvelle voie appelée « la voie du développement non capitaliste » basée sur la petite bourgeoisie et ses représentants au pouvoir et qui ne nécessitait nullement la présence d’une classe ouvrière ou d’un parti communiste pouvant la représenter… Ce qui aida la nouvelle petite bourgeoisie au pouvoir à liquider ou à interdire les partis communistes dans plusieurs pays, dont l’Egypte ou l’Algérie…

 

Que se passe-t-il actuellement, dans le Monde arabe, au Maghreb (partie occidentale) comme au Machreq (partie orientale) ?

 

Comment pouvons-nous évaluer les mouvements de masse qui s’étendent, depuis deux ans déjà sur ce monde ?

Quels sont les défis auxquels les peuples arabes sont soumis et quels enjeux font que les territoires arabes sont de nouveaux le centre d’une possible troisième guerre mondiale où pourraient s’affronter le vieux impérialisme, mené par les Etats-Unis, et les nouvelles puissances capitalistes, appelées aussi puissances émergentes, ayant à leur tête la Russie?

 

Commençons, d’abord, par préciser que le Monde arabe actuel est en ébullition. Dans tous les pays arabes, se créent des mouvements appelant à la chute des régimes, tant ceux que le colonialisme mit en place ou créa de toutes pièces (monarchies et émirats) que ceux qui naquirent des coups d’Etat nationalistes des années Cinquante et qui, une fois bien assis, oublièrent ce pourquoi ils luttèrent et s’impliquèrent tout aussi bien que leurs adversaires dans la corruption et la dictature…

 

Ce qui se passe dans notre monde ?

 

Certains théoriciens bourgeois, proches des vues impérialistes, lui donnent le nom emphatique de « printemps arabe » par analogie à ce qui fut nommé « le printemps de Prague » et à ce qui s’en est suivi jusqu’à l’implosion de l’Union soviétique. Tandis que d’autres, appartenant au monde de la petite bourgeoisie qui disparaît, trouvent dans les soulèvements populaires qui envahissent presque tous les pays arabes un « automne arabe » né du complot impérialiste universel visant à mettre fin au rôle qu’ils peuvent jouer dans la lutte anti impérialiste et anti sioniste et, par suite, à liquider la cause palestinienne et normaliser les relations avec Israël.

 

Nous pensons que les deux groupes se trompent dans leurs analyses.

 

Il est vrai que le projet du « Nouveau Moyen Orient » constitue un nouveau complot perpétré par l’impérialisme, un nouveau « Sykes-Picot » visant à imploser le Monde arabe en une multitude de mini Etats se faisant la guerre sur des bases religieuses ou ethniques. Il est vrai aussi que ce projet a enregistré quelques succès en envenimant dans plusieurs pays les dissensions entre Sunnites et Chiites. Cependant, réduire les soulèvements qui ont eu lieu à un simple complot et réduire les peuples en de simples marionnettes que l’on peut bouger comme on veut et quand on veut c’est suivre à l’envers le courant de l’Histoire.

 

Ce qui se passe dans nos pays constitue un vrai mouvement révolutionnaire, tant par les slogans qu’il développe que par les forces qui le dirigent. Ce mouvement est né de la lutte menée, depuis l’année 1982, par le « Front de Résistance Patriotique Libanaise » que les Communistes ont créé contre l’occupation israélienne, suivi par la première Intifada du peuple palestinien et par les dizaines de milliers de mouvements de masses en Egypte, au Soudan, en Tunisie. Tout cela, et non l’argent saoudien et qatari ou les directives impérialistes constitue la toile de fond de la révolte ouvrière et populaire de Sidi Bouzid, en décembre 2010, et de la révolution du 25 janvier 2011 en Egypte.

 

Les slogans étaient des slogans de classe basés sur la lutte sociale et nationale en même temps ; ils visaient le changement basé sur la dignité humaine et les libertés démocratiques, tout en stigmatisant l’inféodation des régimes sortant à l’impérialisme et à ses politiques néolibérales. Quant aux forces qui furent à la base de ces mouvements, elles appartenaient, en majorité, à la classe ouvrière, aux marginaux et aux groupes fragilisés de cette classe, chômeurs et intermittents, jeunes en recherche d’un premier emploi et femmes subissant la discrimination sur le lieu du travail tout aussi bien que dans leur foyer.

 

Il est vrai que les forces de la réaction arabe, tant la grande bourgeoisie que les partis politiques islamistes, tentent de récupérer ou d’occuper le pouvoir. Surtout les islamistes qui s’étaient démarqués de la foule en refusant de participer aux mouvements avant de voir que ceux-ci allaient réussir, et qui avaient brandi la religion comme paravent ; mais, malgré leur succès, tant en Tunisie qu’en Egypte, ils n’ont pas longtemps résisté avant d’être mis à découvert, puisqu’ils utilisent tous les moyens mis à leur portée, la répression sauvage en premier lieu, afin de mater les masses populaires qui font face à leur politique visant à transformer les régimes de ces deux pays en « républiques islamiques » suivant la Charia.

 

Il nous faudra ajouter que de tels agissements ne nous surprennent pas ; ce qui aurait pu surprendre, c’est que la bourgeoisie arabe, tant laïque que recouverte du manteau de la religion, ne réagisse pas à la perte de ses prérogatives ou que l’impérialisme, les Etats-Unis comme l’Union européenne, surpris par la révolution tunisienne ou par les millions d’Egyptiens qui ont fait face aux sbires de Hosni Moubarak, se laisse faire sans réagir. Surtout que les Etats-Unis pataugeant dans le sable mouvant de l’Irak, étaient obligés de se retirer de ce pays, et que le mouvement de protestation et de révolte avait vite gagné le Bahreïn, le Yémen, la Libye, le Kuweit et l’Arabie saoudite, mettant en péril les gros intérêts des compagnies pétrolières et, surtout, le Nouveau régime mondial, né, il y a vingt ans, à la suite de l’implosion de l’Union soviétique et dominé, jusqu’en 2011, par le seul impérialisme étasunien. Sans oublier, non plus, que ce nouveau régime mondial avait, plus que jamais,  besoin de rasseoir son autorité et de mettre fin à la concurrence de la Russie et de la Chine, tant en Afrique qu’au Moyen Orient. Rappelons que le gazoduc Nabuko a mis le feu en Géorgie-Ossétie et qu’il est une des raisons principales des vetos russes.

 

La guerre menée par l’impérialisme étasunien contre les peuples arabes est, donc, une guerre pour contrôler les sources d’énergie, les routes et les marchés du pétrole et du gaz, tant au Moyen Orient qu’en Afrique, afin d’échapper au triste sort résultant de la crise virulente dans laquelle il se trouve depuis 2002 et qui avait explosé en 2008. La mainmise sur l’Egypte, la Libye, le Yémen, le sud du Soudan (après la division de ce pays) et la tentative de mettre la main sur la Syrie vont dans ce sens. Et, pour y parvenir, il est nécessaire de fomenter une multitude de conflits armés internes et régionaux, dont la base serait la religion, ou ce qui fut appelé le retour à l’histoire des luttes musulmanes intestines afin de recréer les deux « croissants » antagonistes, le chiite et le sunnite, mais aussi de pousser les Kurdes, disséminés dans plusieurs pays de la région à créer leur Etat. C’est pourquoi, nous pensons que la carte du lieutenant – colonel US Ralph Peters, publié en 2006 dans « Armed Force Journal » ne relève pas de l’imaginaire  d’un militaire étasunien, tout comme ne l’était pas le contenu du livre de zbigniew Brezinski « Le Grand échiquier » sur les intérêts directs des Etats-Unis en Eurasie et la façon de gérer ces intérêts, surtout au Liban, ventre mou de la Syrie qui constitue, d’après Brezinski, la porte centrale de l’Eurasie.

 

D’où les agressions israéliennes répétées contre le Liban. Et, d’où les défis immenses que les peuples arabes, les Libanais surtout, doivent résoudre afin de contrecarrer les projets impérialistes tout en sauvant leurs aspirations au changement.

 

Deux défis essentiels se présentent à nous :

 

Le premier est de développer le mouvement de résistance anti-impérialiste et antisioniste sur tous les plans, y compris la résistance armée, que le parti Communiste libanais a utilisée depuis la fin des années Soixante, tant aux côtés de la Résistance palestinienne que seul. La création de « La Garde populaire », en 1968, afin de stopper les attaques israéliennes contre le Sud, et des  « Forces des partisans », en 1970, a facilité, douze ans plus tard, la naissance du « Front de Résistance Patriotique Libanaise » qui mit fin à l’occupation israélienne d’une grande partie du territoire libanais, depuis Beyrouth et jusqu’au Sud.

 

Le second est la nécessité de lier le changement intérieur à la résistance généralisée contre les plans impérialistes, vu que les deux sont complémentaires et indissociables. Il est impensable, en effet, de pouvoir instaurer un tel changement démocratique de la société arabe, ou de le consolider, sans mener une lutte bien ciblée contre les projets de l’impérialisme dans la région, surtout ceux se rapportant à la géostratégie et à l’économie. Cette lutte doit  aller à la rencontre de celle que mènent les Partis Communistes et Ouvriers sur le plan international afin de faire face à la crise, de contrecarrer les plans de mainmise des grandes puissances capitalistes sur les richesses que recèle notre planète et de mettre fin à la présence de l’OTAN afin d’empêcher les guerres impérialistes.

 

Dans cet objectif, nous devons, en tant que gauche arabe, consacrer un partie essentielle de notre lutte politique et idéologique à contrer les nouveaux pouvoirs politiques islamistes instaurés et qui sont, en fait, une nouvelle forme de la bourgeoisie, vu que leurs représentants appartiennent à cette classe et que les politiques économiques et sociales, prévues ou adoptées, sont celles que les régimes bourgeois avaient appliquées. Surtout que ces nouveaux pouvoirs ont fait amende honorable en ce qui concerne les accords déjà signés avec Israël et se déclarent prêts à poursuivre les mêmes politiques extérieures que celles adoptées par leurs prédécesseurs.

 

Il est nécessaire que la gauche arabe s’unisse dans un Front de lutte ayant un programme politique, économique, social et idéologique bien défini. C’est ce qui a guidé la création de la « Rencontre de la gauche arabe » qui a tenu trois conférences à Beyrouth et qui regroupe déjà plus de 24 partis œuvrant dans dix pays arabes. Il est vrai qu’une certaine dissension continue à exister entre ces partis, surtout en ce qui concerne la vision de l’avenir et les politiques à suivre sur le plan arabe. Cependant de grands pas ont pu être faits, tant sur le plan des priorités que sur celui de l’organisation d’actions communes ou la lutte pour le socialisme.

 

Il est vrai que rien n’est encore acquis, mais agir quand il faut peut raccourcir le chemin du changement.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Liban-Syrie
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