Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 07:01

Logo UJCE buenoLa lutte des JC espagnols pour la reconquête de leur organisation et l’importance de la formation


jcpvPar Patricia Santacruz, secrétaire à la formation des Jeunesses communistes du Pays Valencien (Espagne)

 

Sur l’intervention de l’après-midi : « Luttes et socialisme »

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Chers camarades,

 

présents aujourd’hui à cette rencontre internationale où nous mettons en commun expériences et faits marquants de la situation et de l’orientation des partis communistes ici représentés, je vous remercie de votre attention.

 

Je me présente, camarade Espagnole liée à la Jeunesse communiste où je réalise un travail en matière de formation, ainsi que dans d’autres structures au sein du Parti, sur tout mon territoire et dans les organisations de masses.

 

Je rappellerai, dans les lignes suivantes, le rôle des Jeunesses communistes, l’importance de la formation, colonne vertébrale du développement des futurs cadres du parti, à travers l’apprentissage du modèle d’organisation et de concepts-clés comme instruments d’analyse des luttes actuelles et futures alimentant les luttes internationales pour la construction d’un modèle de société socialiste.

 

Je cité Lénine dans le discours aux Jeunesses communistes en Russie en 1920 : « c’est précisément à la jeunesse qu’incombe la véritable tâche de créer la société communiste. »

 

Il faut combattre le capitalisme en s’organisant et cela ne peut se produire qu’à travers une prise de conscience et une organisation préalable.

 

Le pilier fondamental est la formation et l’étude à la base, à partir du premier chaînon où est formé le communiste.

 

Cela est essentiel car personne n’arrive de la société à l’organisation formé comme cadre politique, il s’agit d’éliminer les erreurs de comportement, les préjugés politiques et idéologiques.

 

L’homogénéisation idéologique et la discipline sont la base de l’unité d’action.

 

L’objectif principal, je le répète, est la formation de cadres et de futurs révolutionnaires qui guident et orientent les masses.

 

Il faut intégrer quelques piliers fondamentaux : la culture de l’organisation, la discipline organisationnelle et le fonctionnement collectif.

 

Ce sont les principaux collectifs et références que nous employons à tous les niveaux de notre formation. Une formation qui a été primordiale et fondamentale dans l’évolution, la croissance et le renforcement général de la JC en Espagne.

 

Pourquoi avoir fait de la formation un axe central ? Pour rassembler des forces dans le cadre d’une lutte organisationnelle.

 

Un rappel de l’histoire des JC d’Espagne et de ses congrès mettront en évidence la mise en œuvre de cette ligne et apporteront ainsi une première réponse.

 

En Juin 1977 se produit la légalisation de l’UJCE qui compte alors 50 000 adhérents. En 1981, a lieu le second Congrès, en 1984 la troisième. En 1988 se déroule le IVème, dans une organisation affaiblie et à la traîne des grandes mobilisations de 1986-87 où se produit l’incorporation formelle dans Izquierda Unida.

 

1990, c’est le Vème Congrès. Dans le cadre de la Perestroïka et de la chute du Mur de Berlin, on atteint un tournant idéologique critique dans un débat tendu où est proposée la dissolution de l’UJCE pour travailler au sein d’IU.

 

1993-96, VIème Congrès. On parvient à revenir aux principes du socialisme grâce à une nouvelle direction de l’UJCE formée dans le marxisme-léninisme mais la crise idéologique est toujours présente à la base et dans de nombreuses fédérations, et les révisionnistes se saisissent de cette situation pour s’attaquer à une UJCE désidéologisée qui en sort affaiblie.

 

1998 : L’année de la rupture dans l’organisation. Commence le VIIème congrès de la Jeunesse communiste d’Andalousie et au Pays valencien et dans une bonne partie du pays.

 

Les cadres et structures léninistes sont épurés par toute la coalition anti-communiste des opportunistes et révisionniste de tout poil.

 

Dès lors, les positions léninistes loin de s’effacer sont parvenues à conquérir des espaces de plus en plus importants dans l’organisation, croissant en structures et en cadres. Au contraire des positions révisionnistes qui, fruit de leurs propres contradictions internes et de la classe qu’ils prétendent représenter, sont plongées dans une crise permanente avec une perte de représentativité, de structures et de militants.

 

Comme Lénine le disait : « On ne peut pas faire de révolution si on ne s’organise pas ».

 

Et c’est en cela même que réside notre travail, celui du Parti communiste.

 

Face à toute cette répression qui tente de nous abattre, nous devons nous opposer et nous nous opposons déjà, nous devons nous engager dans la lutte organisée. Réunis, rassemblés et mettant en commun nos expériences, nous avons les principes et les moyens à notre portée pour les mettre en oeuvre. Il est urgent de créer, de s’organiser si nous voulons vaincre.

 

Le moment nous impose ainsi cette nécessité. Le rassemblement de forces comme condition indispensable.

 

Pour vaincre un ennemi puissant, il faut lutter unis, lui livrer bataille.

 

Le plénum extraordinaire du CC qui se tenait juste avant l’insurrection d’Octobre disait notamment : « Partant de cette situation, le problème cardinal pour assurer le triomphe de la révolution est celui de l’organisation et du rassemblement des forces révolutionnaires, sous une direction résolue et consciente de ses objectifs. »

 

Aujourd’hui est nécessaire la création et de développement de nos organisations dans l’unité d’action.

 

Voilà où nous en sommes, le moment ainsi que la situation actuelle du Parti nous réunit.

 

Il nous faut démontrer si nous sommes capables ou non de lutter pour lui, pour l’avenir et les événements qui s’annoncent.

 

Rien n’aura sens si nous n’apprenons pas à observer la réalité qui nous entoure.

 

Il nous revient de dresser les lignes directrices et d’analyser la situation.

 

Il nous faut de la force, l’unité et une capacité de réaction.

 

Et quelles sont les forces qui peuvent le faire ? Le parti communiste. Les jeunesses communistes.

 

Mais camarades ; si pour nous tous la nécessité de l’unité est aussi impérieuse, comment croyez-vous que la social-démocratie la ressent ?

 

Prenons-nous l’exemple du PGE avec la collecte de signatures pour finir dans les bras de l’ennemi ?

 

Ces messieurs du PGE sont bien mal placés pour parler d’internationalisme et de lutte contre l’impérialisme car leur exemple n’est pas le bon.

 

Voulons-nous réformer le système ou voulons-nous le transformer ?

 

En ce moment, coexistent deux visions au sein de la gauche dans nos pays respectifs. Ceux qui croient qu’il est nécessaire de le réformer qui ont abandonné définitivement la lutte de classes, croient que la question institutionnelle est au-dessus de tout, et défendent des projets nationaux et internationaux réformistes. Qu’ils s’appellent Refondation de Izquierda Unida, Front de gauche ou Parti de la gauche européenne. Une autre vision est celle que partagent les personnes qui sont ici, ceux qui croient qu’il est nécessaire de reconstruire et de renforcer les Partis communistes, non pour réformer le système mais pour en finir avec lui, pour le transformer et construire le socialisme.

 

Nous sommes convaincus que nous avons une grande responsabilité à l’intérieur de l’organisation, avec l’opportunisme qui s’est installé dans nos entrailles et qui nous empêche d’exercer le travail qui nous est imposé par l’exemple qu’ont montré les nôtres dans chacune des batailles historiques du parti et par la lutte contre le capitalisme destructeur.

 

Nous luttons et lutterons toujours pour la réalisation de notre programme maximal.

 

Et encore plus en ces moments, moments de graves périls qui nous menacent, menacent les travailleurs du monde entier.

 

Le temps presse, travaille contre nous. La réalité est ce qu’elle est, mais nous devons savoir qui nous sommes et à quel camp nous appartenons.

 

Pour quelle raison nous battons-nous ? En vue de quel but ?

 

Car l’ennemi est en nous et qu’aux portes se trouve un ennemi encore plus grand.

 

Nous l’avons déjà identifié, nous savons qui ils sont et ceux qu’ils sont disposés à faire.

 

Faisons une analyse. Assimilons les enseignements que l’histoire nous permet de tirer et ceux que, par la force des choses, nous avons appris à partir des expériences que nous sommes venus exposer.

 

Actualité du socialisme qui monte, se développe dans la JC, est l’âme de nos partis. Situons-nous à l’avant-garde. C’est le devoir de ceux qui furent, de ceux que nous sommes, et de ceux qui seront, viendront et en vertu de ce que nous sommes, construisons.

 

Face aux périls qui menacent notre survie, comme marxistes, analysons et apprenons à être plus forts.

 

Organisation – information – coordination – tactique – action – pratique

 

On dit : « L’ennemi vaincu se terre ».

 

Triomphons du révisionnisme, du réformisme qui envahissent nos programmes.

 

Intensifions le travail dans nos rangs.

 

Nous avons vu des exemples montrant qu’il est possible d’organiser des forces dans ce paysage économique, politique et social ravagé.

 

No pasarán! Voilà la consigne que portaient les nôtres il y a longtemps de cela.

 

Nous continuons à élargir nos rangs et à atteindre progressivement l’unité organique et politique.

 

Mettons nos actes à la hauteur de nos paroles…

 

Nous avançons jour après jour partout vers cet objectif.

 

Peu importent ceux qui cherchent à nous criminaliser.

 

Nous avons un parcours et une activité. Une ligne conséquemment révolutionnaire. Une efficacité et des acquis pour faire face à la situation actuelle du monde.

 

C’est seulement dans la mesure où nous serons capables de renforcer le Parti, ainsi que la discipline de parti, et nos JC que nous serons dans les conditions de livrer bataille.

 

Que tous ceux qui croient qu’ils nous ont battus, ceux qui tentent de liquider la gauche et le Parti communiste, sachent que nous n’allons pas les laisser faire.

 

Unité politique par-dessus tout.

 

Nous progessons (humblement) de ce que je connais et ce que je vois.

 

Face aux révolutionnaires de façade dans notre camp, attaquons.

Contre le révisionnisme, défendons la formation.

 

Coupons court à la méfiance, aux soupçons et à la haine envers notre mouvement.

 

Démontrons qui nous sommes, lutteurs résolus sans défaillances.

 

Faisons preuve d’une ligne politique juste et unitaire.

 

Marchons dans la voie de la transformation et du progrès.

 

Je conclus par la phrase d’un des dirigeants les plus importants de l’histoire du PCE, José Diaz :

« L’unité a rendu possible notre résistance. Par l’unité, nous vaincrons ».

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 06:22

pci ricostruireilpartitocomunistaRencontre internationale de communistes à Paris le 26 février 2011

 

La situation des communistes en Italie

 

par L.-A. Sanchi

 

 

            Bien que souvent comparée à la France, l’Italie s’en distingue sur plusieurs points qui font d’elle un pays réactionnaire « classique » : elle a notamment inventé le fascisme, accueille en son sein un État théocratique médiéval, le Vatican, et se bat contre de multiples mafias, preuve de l’arriération économique et politique de vastes régions du pays. Mon exposé chronologique sera nécessairement tortueux au vu des nombreux rebondissements que l’histoire comporte ; toutefois, j’essaierai de m’en tenir à trois axes centraux :

 

-          Les conséquences de l’éclatement du PCI, avec la dynamique liquidatrice vers la gauche européenne chez Rifondazione comunista ;

 

-          Le contexte de la « Deuxième république » italienne et des gouvernements de centre-gauche, qui ont provoqué deux vagues de scissions, en 1998 et en 2008 ;

 

 

-          Les efforts qui ont été entrepris jusqu’ici pour la reconstitution d’un PC unifié en réponse à la poussée des luttes syndicales.

 

 

La liquidation du Parti communiste italien et la « Refondation communiste ».

 

Le PCI a été liquidé entre 1989 et 1991 à l’initiative d’Achille Occhetto, alors secrétaire général du Parti, selon une méthode peu conventionnelle qui a consisté à soumettre sa proposition de dépassement du parti directement à la première séance plénière du Congrès de 1989 : sans passer donc par la discussion au sein du Comité central qui aurait sans nul doute bloqué la tentative. Le processus s’est étiré sur deux années au bout desquelles la majorité du PCI a donné naissance au Parti des Démocrates de Gauche (Partito Democratico di Sinistra, ou PDS). Menée par Armando Cossutta, la minorité créera sur ses conseils non pas un nouveau PC, mais un « Parti de la Refondation communiste » (Partito della Rifondazione comunista), formule derrière laquelle se cachait un dessein fourre-tout gauchisant, allant jusqu’à rassembler des formations trotskystes et, seule force politique organisée, le parti post-soixante-huitard Démocratie prolétarienne (Democrazia proletaria).

 

La Deuxième république et l’arrivée de Fausto Bertinotti.

 

Entre 1992 et 1994, le paysage politique change radicalement en Italie. Outre le PCI, deux autres grands partis de l’après-guerre, le PSI et la Démocratie Chrétienne (ou DC) sortent de scène, notamment du fait de l’opération judiciaire dite « Mains propres » combinée à un mouvement de réforme électorale qui réussit à imposer par un référendum le scrutin majoritaire et le vote uninominal. Ce mécanisme favorise la personnalisation de la vie politique au détriment des partis, des idées et des programmes. L’entrée au PRC en 1994 de Bertinotti, en provenance du PDS, a été le fait d’Armando Cossutta. Trois mois seulement après son entrée au Parti, Bertinotti accède au poste de secrétaire sur recommandation de Cossutta et codirige le Parti avec lui. Avant son entrée, Bertinotti a été membre du PSIUP, petite formation à la gauche du PSI, du PSI dans la minorité de gauche, du PCI et du PDS. Jusqu’à sa sortie de RC en 2008, Bertinotti a été une sorte de gourou de Rifondazione comunista, sa personnalité conquérante lui assurant un véritable succès médiatique et faisant ainsi taire les courants minoritaires, qui profitaient eux aussi de la prospérité commune.

 

Naissance du PdCI et évolution du PRC (1998-2002).

 

Après un premier gouvernement Berlusconi et un exécutif de transition, en 1996 la direction des affaires passe au rassemblement classé de centre-gauche, avec l’appui extérieur de RC, et dirigé par Romano Prodi, qui conduira l’Italie dans les clous de Maastricht et dans l’euro. Mais en 1998 les tensions liées à la participation à cette coalition amènent le Parti de la Refondation communiste à une scission dramatique : une minorité guidée par Cossutta donne naissance au Parti des Communistes italiens (Partito dei Comunisti italiani ou PdCI) qui entre au gouvernement et accompagnera, outre les privatisations et les mesures antipopulaires, l’opération de l’OTAN contre la Yougoslavie. Imitant les attitudes de l’ancien PCI, le PdCI de Cossutta entend donner l’impression d’un Parti discipliné, « responsable » et réaliste. Il s’appuie sur un nouveau dauphin, Oliviero Diliberto, ministre de la Justice à qui il confiera le poste de secrétaire. Cependant une partie de communistes léninistes sont restés au sein de Rifondazione, posant de ce fait la question de l’unité des communistes en Italie.

 

Or Bertinotti accélère la mutation de RC. Surfant sur la « galaxie des mouvements » (altermondialistes, antagonistes, ONG, etc.), épousant les thèses de Hardt et Negri sur l’avènement de « l’Empire » (censé dépasser les analyses de Lénine) comme celles de J. Rifkin sur « la fin du travail », Bertinotti prend donc position contre la théorie marxiste et contre l’organisation léniniste du parti. À l’heure où, de son côté, le PDS invite à clore le clivage de 1943-45 en posant l’égalité des victimes des partisans et des fascistes, Bertinotti liquide également la vision d’une « Résistance angélique » en lançant le débat sur les « crimes » des partisans communistes (les « foïbe »). Ce sont ces thèses qu’il présente au congrès de 2002, au cours duquel le courant « Essere comunisti » (qui publie la revue L’Ernesto) propose des thèses alternatives de type léniniste et obtient 25% des suffrages. Entre-temps, l’Italie a élu en juin 2001 un nouveau gouvernement de droite et extrême droite dirigé par Berlusconi et, immédiatement après, a vécu le traumatisme du G8 de Gênes, avec de multiples violences policières. Cela sonne brutalement le glas des « mouvements » que la RC de Bertinotti souhaitait épauler, incarner et diriger.

 

Des grèves de 2002 à la victoire électorale de 2006

 

Une période de luttes syndicales et citoyennes contre la politique de Berlusconi s’ouvre en 2002, arrivant jusqu’à rassembler trois millions de manifestants à Rome en mars 2003 (pour le maintien d’un verrou légal contre les licenciements abusifs, menacé d’abrogation), un mois après un immense défilé d’un million de citoyens protestant contre la guerre d’occupation de l’Irak. C’est le moment des « Girotondi » [mouvement de citoyens touchant la plupart des villes Italiennes, lancé pour la défense de la démocratie et des libertés, contre la politique du gouvernement Berlusconi mais aussi contre la faiblesse politique de l’opposition de centre-gauche] où Sergio Cofferati, dirigeant syndical de la CGIL jusqu’en septembre 2002, s’illustre comme leader alternatif de l’opposition italienne à Berlusconi, face au parti des Démocrates de gauche (DS), jugé peu combatif et uniquement intéressé par l’alternance gouvernementale. Pour contrer alors la création d’un « Parti du travail » de la part de Cofferati, entraînant un éclatement des DS, la direction de ce parti parvient à l’écarter de la lutte politique en lui proposant d’être candidat aux élections municipales de Bologne. Bertinotti, quant à lui, lance pour les élections européennes de 2004 le parti transnational de la « Gauche européenne » (GE, ou Sinistra europea, SE) dont il est le premier président.

 

Au sein des deux formations communistes, les équilibres sont progressivement bousculés dans une dérive parfois opportuniste. Au PdCI, Cossutta et Diliberto entament un virage centralisateur qui affadit les débats internes et pousse à l’extérieur du Parti de nombreux militants ; au sein du courant léniniste de RC, on assiste à une scission en 2005 : le groupe de la revue L’Ernesto, sous ce même nom et sous la direction de F. Sorini et F. Giannini, directeur de la revue, se détache d’« Essere Comunisti » qui reste constitué sous la conduite de C. Grassi et essaie de composer avec la direction du Parti. En vue des élections de 2006, Bertinotti a pu convaincre le PRC d’appuyer la nouvelle coalition de Prodi pour empêcher le retour de Berlusconi. Ainsi la principale raison de la scission de 1998 est éliminée, mais nul ne songe à réunifier les deux partis. Au contraire, après la victoire électorale du centre-gauche le PRC décide cette fois d’entrer au gouvernement et conquiert pour son secrétaire le fauteuil de président du Parlement italien, tandis que le PdCI se borne à proposer des noms extérieurs au Parti pour le ministère qu’on lui accorde.

 

Dérives du gouvernement Prodi II, 2006-2008

 

Le gouvernement de Prodi ne dure que deux ans au milieu de graves tensions dues, entre autres, à sa politique antipopulaire qu’avalise aussi le PRC et à son soutien actif à la présence militaire en Afghanistan, malgré l’opposition de quelques députés de RC dont deux du groupe « L’Ernesto ». Pour la première fois, au cours d’un grand mouvement de grèves en octobre 2007, les militants des deux partis communistes défilent ensemble en unissant les deux drapeaux de RC et du PdCI. Ce tournant détermine un changement d’attitude de la part de Diliberto, secrétaire du PdCI auparavant orienté lui aussi vers une démarche de mutation sous la houlette de Cossutta et en accord avec l’aile droite du PdCI, tandis que l’aile gauche de Marco Rizzo entendait rester fidèle au nom et au symbole communiste, dont le maintien électoral faisait déjà débat. Au sein de Refondation communiste, la division entre « l’Ernesto » et « Essere comunisti » complique la tâche d’unification des communistes en Italie. Accusé de tacticisme, « L’Ernesto » ne parvient pas à fédérer autour de soi une dynamique de rassemblement et perd des dirigeants (Pegolo en 2007, Masella un peu plus tard).

 

Défaite de l’« Arc-en-ciel », marginalisée par le nouveau Parti démocrate, et ses effets

 

Le mouvement de dispersion des communistes s’accélère avec la campagne électorale perdante de 2008. Trois éléments la caractérisent : le mécanisme électoral prévoit un barrage à 4% des voix pour l’admission de tout groupe aux Chambres ; les petits partis de gauche, rouges et verts, s’unissent sous le drapeau uniquement électoral de « La Gauche – L’Arc-en-ciel » (Sinistra-Arcobaleno) ; au centre-gauche, W. Veltroni a lancé le « Parti démocrate » (Partito democratico, PD) en unissant une partie des DS et quelques formations ex-démocrates-chrétiennes. Surtout, il refuse tout accord électoral avec l’Arc-en-ciel, comptant drainer vers le PD les voix « responsables ». Mission accomplie : la coalition arc-en-ciel échoue et, pour la première fois depuis 1945, il n’y a plus de communistes au parlement italien. Berlusconi a remporté les élections. Deux semaines après la catastrophe électorale et à l’initiative, en coulisses, de « l’Ernesto » et de Diliberto, un Appel des communistes demande l’unité et l’autonomie des communistes au sein d’un nouveau Parti dépassant les deux actuels. On rassemble plusieurs milliers de signatures sans pour autant parvenir à un résultat.

 

La défaite aux élections a des conséquences de taille chez les deux partis communistes : au congrès de 2008, la majorité de Bertinotti est battue, il décide de quitter immédiatement le PRC avec son dauphin Niki Vendola, qui fonde le parti « Gauche, Écologie et Liberté » (Sinistra, ecologie e libertà, ou SEL),  mais en laissant en son intérieur quelques fidèles pour contrôler la nouvelle minorité. La nouvelle majorité est constituée d’un groupe loyaliste détaché de Bertinotti et conduit par l’ancien ministre Paolo Ferrero, allié à présent du courant « L’Ernesto » auquel s’est rallié aussi « Essere comunisti », sur un programme de reconstitution du Parti en vue de l’unité des communistes qui, cependant, ne parviendra pas à exécution ; bientôt « L’Ernesto » sera marginalisé jusque dans le quotidien du parti, Liberazione. Le PdCI a perdu son fondateur Cossutta pendant la campagne électorale, qui, en contraste avec Diliberto, donne vie à un éphémère rassemblement rouge-vert. Diliberto, qui a pris les distances par rapport à l’Union européenne, mûrit ses positions internationalistes et liquide le projet d’une « gauche » (= Die Linke) au profit de l’unité des communistes, perd également l’aile droite, hostile au programme de l’unité des communistes lancé fin 2007, mais aussi le groupe de M. Rizzo, qui accuse avec fracas Diliberto d’être affilié à la Franc-maçonnerie et fonde un mini-parti, « Gauche communiste populaire » (Sinistra comunista popolare), à l’occasion des élections européennes de 2009.

 

Atomisation des communistes et nouveaux appels à l’unité

 

En 2009 est lancé un deuxième appel en faveur de l’unité des communistes, partant toutefois d’une position différente de celui de 2008 : « Comunisti uniti », le groupe qui le fonde, animé pour la plupart d’éléments extérieurs aux deux partis constitués, désormais impatient, estime que seule la table rase des groupes dirigeants actuels pourra libérer la place pour faire naître un véritable Parti communiste affranchi des hésitations et du tacticisme qui freinent le processus actuel. De leur côté, les promoteurs de l’appel précédent poussent les dirigeants du PdCI et du groupe de l’Ernesto à se doter au moins d’un organisme unitaire orienté à la formation et à la réflexion théorique : ce sera l’association « MarxXXI », lancée début 2010 lors d’une cérémonie internationaliste. « MarxXXI » s’investit en une campagne de colloques, réunions et débats, culminant début 2011 avec la commémoration de la naissance du PCI. Une forte poussée du monde syndical se réalise entre fin 2010 et début 2011 en réponse aux attaques sans précédent du PdG de Fiat. La branche métallurgie de la CGIL, la FIOM, devient le symbole de la résistance ouvrière. La direction de ce syndicat voit l’entente d’éléments trotskystes comme G. Cremaschi (issu de RC) et d’autres, comme G. Rinaldini et M. Landini, anciens du PCI, à présent proches du SEL de Niki Vendola et hostiles à l’unité des communistes en raison de leurs positions mouvementistes, syndical-révolutionnaires, sur le modèle d’une SPD allemande alliée du syndicat IG-Metall (dans un contexte où le PD italien est bien plus à droite que la SPD).

 

Par rapport à ce groupe de dirigeants syndicaux, l’Ernesto comme le PdCI sont peu implantés dans le monde du travail. Or la poussée des luttes FIOM en début de 2011 a favorisé le lancement d’un troisième appel pour l’unité des communistes, dans le nouveau climat de lutte. Cela permettra peut-être de contrer l’actuelle politique consistant à créer une fédération de la gauche (RC+PdCI) au sein de laquelle l’unité des communistes reste encore à fonder. C’est dire combien la question de l’autonomie est loin de se poser. Pour conclure sur ce contexte politique, en février 2001, en pleine débâcle de Berlusconi suite à ses frasques judiciaires, Vendola, leader (catholique) de SEL, fait la proposition d’une alliance antiberlusconienne allant de SEL jusqu’aux ex-fascistes de Fini, sous la direction de la candidate alternative Rosy Bindi, dirigeante de l’aile catholique traditionnaliste du PD.

 

Situation actuelle (début 2011)

 

À l’heure actuelle, donc, l’unité des communistes est toujours à réaliser. Elle n’est devenue un thème politique que depuis 2007-2008, soit dix ans après la scission PRC-PdCI et presque vingt après la liquidation du PCI. Le projet d’une « Gauche » suivant l’exemple allemand reste vivant malgré les défaites électorales en 2008 et 2009, car il est porté par les successeurs de Bertinotti et entre dans les plans du Parti démocrate. Les dirigeants communistes et les militants sont plus dispersés que jamais après un nombre presque ridicule de scissions tant au sein du PRC qu’au sein du PdCI, depuis 2005. Ni l’une ni l’autre de ces deux forces ne semble avoir la capacité politique de promouvoir un projet unitaire, malgré les bonnes intentions affichées sous l’impulsion d’une base de militants et de sympathisants sans cesse réveillés par les luttes dans le monde du travail. Dans cet ensemble brille l’incapacité des intellectuels communistes à agir concrètement (et de concert) comme levain de l’unité face à des dirigeants peut-être trop pragmatiques.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 21:25

federazionesinistraLa situation en Italie et le rôle des communistes

 l'ernesto logo web

Par Andrea Catone, directeur de la revue L’Ernesto *

 

 

 

 

 

 

 

La grande crise capitaliste pousse les classes dirigeantes européennes à l’adoption de solutions socialement et politiquement de droite.

 

Voilà les particularités de la situation italienne:

 

Premièrement, une faiblesse structurelle du capitalisme italien par rapport aux autres pays capitalistes occidentaux. Le modèle établi dans les années 80 avec la diffusion des petites et moyennes entreprises (à commencer par le Nord-est) est devenu prédominant, suite au démantèlement (réalisé en grande partie par les gouvernements de centre-gauche dans les années 90) de la grande industrie d’Etat. Ce modèle était aidé par des périodiques «dévaluations compétitives» de la lire, ce qui est devenu impossible avec l'euro. Le poids de la petite entreprise est devenu prédominant. Par sa petite taille, elle est de moins en moins en mesure d’être compétitive sur le marché mondial.

 

La solution choisie par le capitalisme italien est réactionnaire. Il repose sur un faible investissement dans les innovations et les nouvelles technologies, vit de bas salaires, de la sur-exploitation, d’emplois de plus en plus précaires et au noir. Le « micro-capitalisme » italien constitue la base sociale de la Ligue du Nord.

 

Deuxièmement, la « transition politique italienne » n’est pas encore achevée, c’est-à-dire l’abolition du cadre constitutionnel garanti par la Constitution de 1948 pour passer à une forme constitutionnelle fondée sur le système électoral majoritaire, le bipartisme et le présidentialisme selon le modèle des Etats-unis : une constitution libérale des propriétaires, en opposition à la Constitution de 1948, qui prévoyait certaines formes de limitation du pouvoir absolu de la propriété et de l’entreprise capitaliste (voir les attaques explicites de Silvio Berlusconi contre l'art. 1, l’art. 41, etc).

 

Troisièmement, une profonde crise morale, un système politique fondé sur le clientélisme et les dépenses excessives, hypertrophiques par rapport aux autres pays capitalistes occidentaux. Le « berlusconisme », la mise au service d’intérêts privés du patrimoine, a fait le reste.

 

L’Italie traverse alors une crise dans la crise. Compte tenu de la faiblesse structurelle du capitalisme italien et de la destruction du secteur étatique de l'économie, les classes possédantes ont choisi le repli, le « roque », pour défendre leurs privilèges. La « manœuvre » (nom du plan d’austérité du gouvernement italien) du ministre de l’économie Tremonti en est un modèle exemplaire: il frappe les intérêts du peuple, sans rien toucher aux grands revenus.

 

Le modèle de l’administrateur délégué de la FIAT, Sergio Marchionne est l'expression la plus claire de ces tendances du capitalisme italien. Le capital exige la pleine liberté de mouvement, un pouvoir total et absolu sur l’usage de la main-d'œuvre à l'usine. Pour obtenir cela, il accentue les représailles politiques et syndicales, sous la menace permanente du licenciement. Toute conquête syndicale et politique des années 1967-1977 est remise en question, le prolétariat italien est ramené un siècle en arrière.

 

Contre le choix du syndicat Fiom, qui a compris la signification politique de l'attaque de Marchionne, s’est formé un bloc des propriétaires qui va bien au-delà du gouvernement de Berlusconi et comprend, outre les syndicats jaunes, une grande partie du PD et les principaux moyens de communication de masse. La résistance de la classe ouvrière a donc été d'autant plus importante.

 

La grande crise capitaliste va durer encore longtemps. Au-delà des manifestations ponctuelles, des jeux de pouvoir et d'ambitions personnelles, à la base des « fibrillations » du gouvernement – le clash Berlusconi-Fini, les tensions entre  le PDL et la Lega – se trouve la crise économique. Ce sont des dizaines et des centaines de petites entreprises qui ferment.

 

Un signe évident du rapport entre crise économique et crise politique a été l'affrontement entre les gouverneurs régionaux, les représentants du gouvernement local et Tremonti, qui a finalement réussi à imposer sa ligne politique de coupes lourdes dans les transferts aux régions. Le fédéralisme fiscal revendiqué par la Ligue du Nord va exacerber l'affrontement entre régions pour l'allocation des ressources tout en sapant l'unité du pays.

 

Les classes propriétaires italiennes ne sont pas un seul bloc et sont divisés quant à leur relation avec l'UE.

 

Dans la UE s’est affirmée la ligne économique fondée sur le capital allemand (l'Allemagne représente plus de ¼ du PIB de l'UE) qui a imposé, dans la crise de la dette souveraine grecque, portugaise, espagnole, etc. (crise qui exprimait également l'attaque du dollar contre l’euro dans la compétition inter-impérialiste entre les deux zones monétaires) une politique du sang et des larmes pour tous les partenaires subalternes de l'UE. Politique à laquelle se sont pliés soit les gouvernements de droite, soit - et souvent avec plus de zèle – ceux de centre-gauche (Zapatero, Papandreou).

 

La bourgeoise italienne ne se montre pas en mesure de fournir un moyen de sortir de la crise. Tout ce qu’elle sait faire, c’est reproposer le vieux modèle de l'attaque contre les conditions des masses, la réduction des dépenses publiques sociales (salaire indirect), des pensions (salaire différé) et des salaires directs, en demandant le pouvoir total et absolu sur la force de travail. Un modèle qui mène à une contraction accrue de la consommation interne, donc à une aggravation de la crise.

 

Au-delà de cela, il n'y a pas de politique industrielle italienne. Le démantèlement des entreprises d’Etat et le refus d'une intervention publique sous contrôle démocratique dans l'économie continuent d'être la pierre angulaire non seulement du gouvernement Berlusconi, mais aussi des partis de l'opposition parlementaire (PD, IDV, UDC).

 

L’unique formation qui, plutôt timidement, a abordé la question de l’intervention publique dans l’économie a été le syndicat CGIL (dans son dernier congrès), mais au parlement aucun parti ne se positionne sur cette ligne.

 

Berlusconi est submergé par de nombreux scandales et perd du soutien. La fraction de la  bourgeoisie «éclairée», dont l’expression est le groupe éditorial De Benedetti-L'Espresso (le journal « La Repubblica »), dont Eugenio Scalfari est un de ses principaux dirigeants, recherche des solutions alternatives, est à la recherche d'une république bourgeoise «normale», sans les excès de Berlusconi. En temps de crise économique, la richesse ostentatoire et la corruption, le conflit d'intérêts, l'utilisation privée du bien public - comme c'est le cas avec le gouvernement Berlusconi - peuvent être dangereux. Il est donc en train de se composer, au sein des classes possédantes, une coalition qui vise à un dépassement de Berlusconi, sans revenir sur sa politique antipopulaire (voire en la réaffirmant et en l’approfondissant, en la libérant de ses traits démagogiques et « populistes »), en la posant mieux sous la direction de la grande bourgeoisie européenne.

 

Cependant, le succès de Berlusconi, malgré ses excès et son intempérance, n'est pas éphémère ou occasionnel. Il a démontré être en mesure de servir d’arbitre entre les différentes fractions du capital italien et d’obtenir un soutien populaire. Son affirmation a été accompagnée et facilitée par une personnalisation extrême de la politique, la transformation des statuts des régions italiennes dans la direction du présidentialisme (1999), le choix d'adopter le modèle américain des élections « primaires » qui posent au premier plan les personnalités plutôt que le programme d'une organisation collective, du parti politique.

 

Sur ce terrain-ci, les élections « primaires » sont devenu le cheval de bataille du président de la région Puglia, Niki Vendola, ex dirigeant du Parti de la Refondation communiste et actuel leader du parti « Gauche, écologies et liberté », qui est un amalgame de refus du communisme, de social-démocratie de gauche, de populisme, d’idéologie plébiscitaire, de démagogie.

 

La crise italienne, dans laquelle se mêlent la question d'une transition réactionnaire encore inachevée – de la République démocratique-sociale de 1948 à la république néo-libérale - et celle de la grande crise capitaliste, laisse ouverte plusieurs solutions possibles, dans une situation encore magmatique et encore mouvante.

 

L'opposition de classe

 

Des résistances et une volonté d'opposition aux politiques capitalistes se manifestent. L’opposition des ouvriers métallurgiques aux chantages de la FIAT (jusqu’à la grève de la FIOM du 28 janvier) ; plusieurs luttes ouvrières dans tout le pays contre les licenciements ou la fermeture d’usines ; les luttes des enseignants précaires, des chercheurs et des étudiants contre la politique de réductions des fonds pour la recherche ; le million et demi de signatures recueillies dans la campagne pour le referendum d’abolition de la loi de privatisation de l’eau… La résistance est possible, mais il existe un énorme fossé entre l'opposition sociale et son expression politique. Aujourd'hui, il y a un vide politique dramatique.

 

La nécessité historique du parti communiste

 

Dans cette situation de crise, très grave est le manque d’un parti ouvrier de classe fort et organisé, du parti communiste. La crise économique, politique, sociale, morale, italienne, dans le contexte de la crise mondiale, qui a connu une accélération dramatique dans les révoltes des pays arabes des deux derniers mois (qui sont porteurs toutefois de signaux contradictoires et dont l’issue n’est pas encore définie) rend nécessaire une direction politique de classe, qui, dans le feu des luttes et sur la base d’une analyse marxiste-léniniste, soit en mesure d’élaborer une ligne politique, une stratégie, un programme de transition : un parti communiste en mesure d'être la plaque tournante d'une politique d'alliances sociales et politiques, dans un front de résistance populaire.

 

La nécessité d’un tel parti nait de l’analyse objective de la situation historique concrète. C’est un problème posé par le développement de l’histoire mondiale et de l’Italie, il ne s’agit pas d’une proposition volontariste ou subjectiviste. C’est un problème auquel il faut apporter au mieux et le plus tôt possible sa solution dans la situation historique concrète dramatique dans laquelle nous sommes plongés.

 

La proposition de reconstruction du parti communiste en Italie nait évidemment du constat de l’échec des tentatives de refondation en Italie d’un véritable parti communiste. Comme on le dit dans un manifeste politique qui appelle à la reconstruction du parti, « après la dissolution du PCI n'ont pas été posées les bases saines sur lesquels reconstruire un nouveau parti communiste à la hauteur de notre temps ». La fragilité et l'hétérogénéité des bases stratégiques originelles de Rifondazione ont causé fractures et scissions et désormais, vingt ans après, ce qu'il en reste est un assemblage éclectique. L'absence d'une pensée forte partagée et d'un ciment idéologique suffisamment solide, a empêché ce parti de résister aux pressions causées par les grands tournants de l'histoire.

 

La nécessité de reconstruction du parti communiste exige aussi un bilan analytique et critique sur l’histoire du mouvement communiste international, des expériences des pays socialistes, du Parti communiste italien : en particulier sur les tournants qui le conduisent à la fin des années 70 et dans les années 80 à rejeter le marxisme, et à embrasser progressivement une idéologie libéral-démocrate plutôt que social démocrate, ce qui permettra au dernier secrétaire Occhetto de conduire entre 1989 et 1991 (les années de la crise aigue de l’URSS et des pays socialistes européens) le plus grand parti communiste en Occident par ses effectifs à la défaite.

 

Sur une reconstruction critique de l’histoire du PCI la revue « L’ernesto » a publié et publie des essais, afin d’apprendre les leçons de l’histoire des communistes (c’est la section intitulée « Notre histoire »), pour bâtir un parti solide. L’association « Marx XXI » a organisé plusieurs colloques scientifiques à l’occasion du 90e anniversaire de sa fondation sur l’histoire du parti communiste (à Bari, Roma, Napoli…).

 

Ce travail politique et culturel, que Rifondazione pendant 20 années n’a jamais voulu faire de manière systématique, n’est pas évidemment une exigence « académique », mais est une partie importante du travail politique d’une organisation communiste, comme le recommandaient toujours Lénine et Gramsci.

 

« L’ernesto » et les milliers de signataires du manifeste politique pour la reconstruction du parti communiste en Italie sont engagés à présent dans la lutte pour la reconstruction du parti. Dans les conditions historiques concrètes de l’Italie, le manifeste politique voit, dans la proposition du PdCI d'ouvrir dans son prochain congrès un véritable chantier pour la reconstruction du parti communiste,  le chemin pour mettre en place le difficile processus de reconstruction du parti, tout en sachant, comme le dit le Manifeste, que la crise des communistes en Italie est globale et qu'ils n'existent pas d' « îles heureuses ». Limites et erreurs ont ainsi marqué l'expérience du PdCI, mais elles ont fait l'objet d'une réflexion ultérieure, comme dans le cas de la réflexion auto-critique sur la participation au gouvernement de la guerre contre la Yougoslavie. Son groupe dirigeant estime qu'aujourd'hui n'existent pas les conditions et les rapports de force pour gouverner avec le centre-gauche et prend acte de l'évolution réactionnaire de l'Union européenne, considérant que cela n'était pas évident dans les phases antérieures. Et il n'est pas dénué de sens qu'ils n'aient ni renié l'histoire du mouvement communiste du XXème siècle, ni mené des campagnes hostiles envers d'autres partis communistes ou pays suivant des orientations socialistes, ni soutenu le projet de la « Gauche européenne » (qui a gravement divisé les communistes en Europe), et contrairement à d'autres, ils ont rejeté l'idée d'un parti organisé en courants.

               

                Comme nous montrent les événements de ces jours, l’histoire peut connaitre des brusques accélérations. La crise mondiale est en train de déterminer et déterminera des changements profonds non seulement dans les rapports de forces entre les classes, mais aussi dans le cadre de la géopolitique mondiale : les vieux équilibres entre les états et les grandes puissances vont changer, même radicalement, les contradictions inter-imperialistes peuvent devenir plus aigues, la tentation de la solution militaire est à l’ordre du jour.

 

C’est pour ça que la coordination et l’entente entre les forces communiste et anti-imperialistes a une importance toujours majeure.

 

* Bien qu'Andrea n'ait finalement pu venir, retenu par un empêchement de dernière minute, il nous a aimablement transmis l'intervention qu'il avait préparé et qui fut lu devant les camarades présents à la rencontre internationale

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 15:13

pceLa leçon du désastre de l’expérience Izquierda Unida et de la liquidation progressive du PCE pour les communistes français

 

Intervention à la rencontre internationale le 26 février 2011

 

 

 


larepublica.espar Javier Parra, directeur du journal la Republica

 

secrétaire de la section de Paterna, et membre de la direction fédérale du Parti communiste du pays Valencien

 

Chers camarades,

 

Je voudrais remercier les organisateurs pour m’avoir invité à être parmi vous lors de cette rencontre, leur transmettre à eux tout comme à vous tous, venus de plusieurs pays, les salutations non seulement de toute la rédaction du journal La Republica, mais aussi l’accolade fraternelle des militants et dirigeants communistes de diverses régions d’Espagne qui considèrent, comme ceux qui participent à cette rencontre, que la reconstruction et le renforcement des Partis communistes est une nécessité historique.

 

« Un spectre hante l’Europe, le spectre du communisme », disait le Manifeste il y a plus d’un siècle et demi cela, est la phrase reste plus d’actualité que jamais. Durant les trente dernières années, depuis ces jours radieux que furent les années 1960 et 1970 où les Partis communistes faisaient une démonstration en Europe de toute leur force, s’est développée petit à petit une liquidation idéologique et organisationnelle de ces Partis dans de nombreux pays, à tel point que le moment est venu de dire que cela suffit.

 

Je veux vous expliquer à vous tous, et en particulier aux camarades français qui commencent à endurer un processus similaire à celui que vivons en Espagne depuis 25 ans, le processus d’affaiblissement qu’a subi le Parti communiste d’Espagne depuis le début des années 1980, l’importance qu’a eu en cela la création d’Izquierda Unida, et les défis que les communistes espagnols ont devant eux pour reconstruire le Parti communiste. J’espère m’expliquer le mieux possible, mais en tout cas, je suis disposé à répondre aux interrogations que vous me poserez.

 

Izquierda Unida nait en 1986 dans le sillage de l’important mouvement social et politique émergeant lors de la campagne contre l’OTAN, préalable au référendum qui a finalement placé l’Espagne dans l’organisation atlantique. Izquierda Unida n’est donc pas née comme une organisation politique de nature social-démocrate, ni non plus  en suivant le modèle classique du parti politique, mais bien comme une proposition unitaire, un mouvement politique et social de nature anti-capitaliste et anti-impérialiste.

 

Izquierda Unida n’est pas née non plus pour en finir par s’allier avec le Parti socialiste ni pour se rapprocher de la social-démocratie, mais pour s’affronter à elle, et pour la remplacer.

 

Cependant, les années de rayonnement et de croissance imparable d’Izquierda Unida ont coincidé avec le processus de liquidation passive du Parti communiste car, si on reprend les termes du secrétaire-général de l’époque, l’esprit du Parti communiste s’était transféré à Izquierda Unida, avait mué en elle. Julio Anguita, le dirigeant politique de gauche le plus estimé de ces 25 dernières années a porté IU à ses pics électoraux, a été porteur devant la société d’un discours radicalement de gauche, a exposé la « théorie des deux bords », où il marquait une distance importante avec la social-démocratie : « Vous, vous êtes avec le capitalisme, nous,  nous sommes contre le capitalisme ». Toutefois, la lucidité dans le discours de Julio Anguita, et son charisme incomparable ne laissaient pas voir de ce que beaucoup dénonçaient déjà : que l’on laissait mourir le Parti communiste et que Izquierda Unida était déjà infecté d’un cancer qu’elle porte encore et qui n’en finit pas de tuer, sans pour autant l’achever définitivement.

 

Je répète qu’Izquierda Unida n’a pas émergé comme une organisation social-démocrate, et pourtant, pendant 25 ans, nombre de ses membres ont fini par l’abandonner pour finir dans les rangs du PSOE, ou par graviter autour de lui. Et nombre de ses membres – également membres du PCE – ont fini par faire un travail de sape de l’intérieur pour dynamiter le projet et par partir, emportant avec eux cadres et élus, d’IU au PSOE.

 

Durant le temps qu’a duré le mirage selon quoi Izquierda Unida pouvait finir par doubler et dépasser le Parti socialiste – ce que l’on a appelé le « sorpaso » – se sont produites une série de circonstances qu’ont affaibli profondément le Parti communiste et que j’aimerais exposer devant vous, principalement pour les camarades français, de façon à ce que l’expérience leur serve à éviter un affaiblissement analogue du PCF durant les prochaines années :

 

-          Une des causes principales de l’affaiblissement du PCE a été le manque de discipline et de position unique à l’intérieur d’Izquierda Unida. En de nombreuses occasions, dans des processus d’éléctions de dirigeants au sein d’IU, ou bien dans des processus pré-électoraux il y eut des militants du PCE s’affrontant sur des listes différentes au sein d’Izquierda Unida. Ne pas avoir su éviter cela a représenté un des principaux problèmes et peut-être la cause majeure de division interne dans le Parti communiste, et par conséquent de son affaiblissement.

 

-          Une autre des grandes causes de l’affaiblissement du Parti communiste : la question économique. L’argent provenant des postes d’élus n’allait plus directement dans les caisses du PCE, mais dans celles d’Izquierda Unida. Les élus n’avaient plus à rendre de comptes au Parti, mais à IU. Cette dernière était censée conclure un accord pour renverser la partie qui revenait au Parti, mais elle ne l’a pas fait, laissant les comptes du PCE dans le rouge.

 

 

-          Cela ne s’arrête pas, mais pendant une certaine période, une partie du patrimoine du Parti communiste a été livré, sans rien recevoir en retour, à Izquierda Unida. C’est ce qui s’est passé par exemple avec le siège principal du Parti communiste, auparavant propriété du PCE, et qui est passé ensuite sous contrôle d’Izquierda Unida, sans qu’elle n’ait rien eu à payer. Imaginons que demain le siège du PCF à Colonel Fabien soit placé sous le nom du « Front de gauche », sans que le Parti ne reçoive aucune contre-partie. C’est ce qui s’est passé en Espagne.

 

-          La faucille et le marteau. Les symboles communistes, et le fait même de parler de Parti communiste a été pendant un temps proscrits au sein d’Izquierda Unida.

 

 

-          Une autre question capitale qui a affaibli profondément l’organisation a été le fait qu’un grand nombre d’adhérents et de militants l’ont vue comme un mode de vie, une agence pour l’emploi. Placer à des postes éligibles lors des élections des personnes sans conscience de parti, sans conscience du fait que nous ne sommes pas un parti comme les autres, mais que nous sommes une organisation pour laquelle beaucoup ont été disposés, au cours de l’histoire, à donner leur vie, a été à l’origine du fait qu’après une période où on vivait de la politique – comme élus ou permanents – beaucoup ont voulu continuer à vivre de cela et à cette fin se sont alliés avec tous les courants possibles et imaginables afin de conserver leur paye et leur mode de vie. Je suis sûr que ce problème est tranversal et commun à tout type d’organisations, mais que cela se passe au Parti communiste doit être considéré, tout simplement, comme inadmissible. En Espagne, cela s’est passé et cela continue de se passer. Mais nous commençons à tracer une ligne rouge entre ceux qui vivent du Parti et ceux qui vivent pour le Parti, et c’est précisément la ligne de front de la bataille qui nous occupe en ce moment.

 

-          Autre question. Dans une Izquierda Unida formée par des personnes venant de formations de gauche bien différentes, le Parti communiste fut dès le départ l’organisation majoritaire. Pour cette raison, au nom d’une prétendue pluralité, et pour attirer d’autres sections de la gauche non-communiste, depuis vingt-cinq ans on a concédé des espaces dans les organes de direction d’Izquierda Unida, tout comme sur les listes électorales, à des personnes et des groupes qui ne représentaient que très peu de choses, et auxquels ils n’auraient pu accéder si ce n’est qu’en raison de la générosité du Parti. Ce que l’on essaie de nous vendre comme quelque chose de positif a également une des principales causes d’affaiblissement du parti. Pourquoi ? Bien, parce que la quasi-totalité de ces groupes et de ces personnes, quand ils sont parvenus à accéder et à s’emparer de ces espaces, les ont utilisés pour attaquer le Parti communiste, pour tenter de l’affaiblir et pour l’accuser de vouloir rechercher l’hégémonie dans le mouvement, quand ce sont justement les communistes qui leur ont donné un espace qu’ils n’auraient jamais acquis autrement.

 

Ce sont, avec de nombreuses autres, quelques unes unes des causes de l’affaiblissement organisationnel du Parti durant les trois dernières décennies.

 

J’aimerais désormais vous exposer brièvement quelques exemples concrets de processus de tentatives directes d’annihilation du PCE par IU et d’autre part, d’autres processus concrets d’expériences de reconstruction sur plusieurs territoires. Pour simplifier les choses, je me concentrerai sur deux territoires que je connais bien. Les Asturies et Valence.

 

Les Asturies :

 

800 militants communistes ont été expulsés d’Izquierda Unida dans la fédération des Asturies en 2005. A partir de ce moment, des centaines de communistes Asturiens restent en dehors de toute participation à Izquierda Unida, et de plus, sans possibilité de se présenter aux élections ni d’avoir un référent électoral étant donné que selon les statuts du Parti communiste d’Espagne, les communistes peuvent seulement se présenter sur les listes d’Izquierda Unida.

 

Izquierda Unida d’Asturies commence alors à gouverner avec le Parti socialiste en Asturies et les gens qui ont expulsé les communistes entrent au gouvernement de la région. Un gouvernement de couleur libérale qui en outre, il y a quelques mois de cela, a soutenu la réforme du marché du travail, remettant en cause les droits des travailleurs.

 

La guerre sale d’Izquierda Unida contre le Parti communiste n’a pas connu d’interruption au fil des ans, à tel point d’empêcher l’entrée des communistes dans les locaux du PCE, ou au point de falsifier des documents portant l’emblème du Parti communiste des Asturies afin de créer la confusion parmi les militants.

 

Jeunes d’Esquerra Unida (Valence) :

 

Au mois de janvier dernier, les Jeunes d’Izquierda Unida ont organisé à Valence une assemblée où devait être élue une nouvelle direction. Ont assisté à l’Assemblée tous les courants d’Izquierda Unida de la région, parmi lesquels les Jeunes communistes. Et bien, 60% de l’Assemblée était composée par les jeunes communistes. Vous pouvez imaginer ce qui s’est passé ? Quand la minorité anti-communiste s’est rendue compte que les communistes étaient majoritaires, ils ont dissous l’Assemblée, l’ont quitté et ont poussé à Izquierda Unida à intervenir dans l’Assemblée pour éviter que la nouvelle direction soit prise par la direction communiste. Et ce fut fait.

 

Le panorama, au jour d’aujourd’hui, est désolant en Asturies, en Extrémadure, dans une partie de la Castille-Leon, une partie de la Castille-La Mancha, et sur d’autres territoires.

 

Que fait-on face à cela ? Quelle est la réponse à apporter ? La seule réponse possible est : Reconstruire le Parti communiste par le bas, et à partir de ces sections et directions régionales qui ont cet objectif comme priorité.

 

Reconstruire l’organisation et renforcer la formation des cadres. Le travail de la jeunesse communiste sur divers territoires a été fondamental, et adapter les formes de lutte à chaque territoire est crucial.

 

En ce moment, la priorité des communistes ne sont pas les élections, mais nous avons appris que la place qu’occupe un communiste, un anti-communiste ne l’occupera pas, par conséquent nous accompagnons le processus de Reconstruction de la bataille pour avoir des candidats communistes et pour éviter la présence d’anti-communistes sur tous les territoires possibles. Et en cela, la forme d’action sur chaque territoire est différente.

 

Par exemple, en Asturies, le Parti communiste – qui est expulsé d’Izquierda Unida – a tenté de se présenter avec le sigle du Parti communiste aux prochaines élections municipales. Comme cela serait impossible car incompatible avec les statuts du Parti, la formule choisie a été de présenter des candidats communistes sous un sigle différent, à la façon des portugais. Dans les Asturies, les candidatures communistes porteront l’étiquette « Frente de la Izquierda », qui n’a rien à voir ni sur le plan idéologique ni sur celui organisationnel avec le « Front de gauche » français. Le modèle est celui d’un Parti fort disposant de toutes ses compétences, actif de façon permanente dans la société, et se présentant aux échéances électorales sous une simple « étiquette électorale ».

 

Une autre stratégie est celle que nous avons suivi dans ma ville, Paterna, et que nous suivons dans d’autres endroits où nous n’avons pas été expulsés d’Izquierda Unida. Au mois de décembre dernier, nous nous sommes réunis le peu de militants qu’il reste dans ma section et, étant donné que le nombre d’adhérents à Izquierda Unida est relativement peu élevé, nous avons décidé de nous ré-organiser, de nommer un nouveau Comité de section, et d’essayer d’obtenir la majorité à l’Assemblée locale d’Izquierda Unida, de prendre la direction, pour ensuite imposer un candidat communiste aux élections locales sous le sigle Izquierda Unida.

 

Et bien, cela nous l’avons fait et nous y sommes parvenus. Nous avons gagné la direction d’Izquierda Unida et imposé un candidat communiste pour les municipales. Que ferons-nous désormais ? Bien, fondamentalement renforcer le Parti communiste, le refaire vivre, nous réunir dans des Comités d’entreprise, dans des associations, associations de quartier, dans les écoles, les universités, chez les étudiants, les professeurs, les retraités. Retourner toutes les pierres pour retrouver les communistes qui se cachent dessous, et reconstruire une puissante section. Limiter l’activité d’Izquierda Unida à une question purement institutionnelle et électorale, et que le Parti communiste reprenne l’initiative de la réanimation du tissu social de gauche, et par ailleurs, en contrôlant la direction d’Izquierda Unida et les décisions des élus à la Mairie.

 

Est c’est que camarades, si nous communistes avons appris quelque chose durant ces 25 dernières années, c’est que la seule chose que l’on ne peut remettre en cause, c’est l’existence du Parti communiste, et que là où nous avons une organisation forte du Parti, personne, ni même la pire Izquierda Unida est capable d’en finir avec elle. Là où il y a une organisation du Parti communiste qui pose les choses clairement, on est parvenu à éviter toutes ces questions que je vous exposais précédemment  à travers lesquelles on a affaibli le Parti.

 

Camarades français, si je devais vous donner des conseils pour votre lutte :

 

-          Discipline et position unique dans les fronts de masse. Eviter et lutter contre l’existence de communistes sur différentes listes lors des élections, ou dans les processus internes des fronts auxquels le Parti participe. Porter les décisions importantes d’abord devant le Parti ensuite devant les Fronts de masse.

 

-          Autonomie économique et ne permettez jamais la cession de votre patrimoine à d’autres fronts, et que vous élus rendent des comptes directement au Parti.

 

-          Qu’on ne vous oblige jamais à cacher vos symboles. Si un jour, on vous dit que la faucille et le marteau et le fait de mentionner le Parti communiste sont de trop, c’est que les temps les plus durs sont proches.

 

-          Vivez à travers et pour le Parti et démontrez-le par l’exemple. Dénoncez à l’intérieur ceux qui vivent du Parti et luttez contre ceux qui voient l’organisation comme une façon de vivre, comme une agence pour l’emploi, et promouvez des camarades d’extrême confiance pour les postes éligibles.

 

-          Dans les fronts de masse, ne cédez pas le moins du monde à des organisations ou collectifs qui ne représentent rien. Soyez démocratiques, mais ni idiots ni excessivement confiants. Ou un jour, vous le regrettez comme nous l’avons regretté.

 

Et fondamentalement, construisez tous les ponts possibles pour partager des expériences entre camarades de tous les territoires de France et avec l’étranger. Vous le faites très bien et fort à propos, nous en Espagne nous avons trop tardé à le faire, et l’effort que nous devons faire est immense. Ce que l’on perd en un an, on met cinq ou dix ans à le récupérer. Perdez-en le moins possible et partez à la reconquête de tout ce que vous pouvez.

 

La reconstruction et le renforcement des Partis communistes doivent se faire en construisant tous les ponts nécessaires entre tous les territoires, locaux, régionaux, nationaux et internationaux qui sont sur cette même ligne d’action.

 

Aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire que, communistes d’Europe et du monde entier, nous mettions en commun nos expériences, nos visions, et nos points communs pour renforcer les Partis communistes, car l’Histoire n’est pas terminé et que nous devons encore partir à l’assaut du ciel.

 

Merci beaucoup

 

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 22:37

KKE« La coordination des Partis communistes, alternative au PGE, parti européen cherchant à les piéger dans la gestion du capitalisme, à la remorque de la social-démocratie »

 

 

Intervention de Nikos Seretakis, du département international du KKE, à la rencontre communiste internationale du 26 février reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

 

 

Comme cela est connu, dès le début, le KKE a manifesté son opposition à la création de ce parti « européen » qu’est le PGE. L’opposition au PGE est dictée par le caractère révolutionnaire de notre parti, par la voie radicale qu’il met en avant, une voie en rupture avec les monopoles et l’impérialisme, pour le pouvoir populaire et l’économie populaire, le socialisme.

 

Le cours du PGE confirme qu’il est un élément institutionnel de l’UE, une force de soutien de sa politique. Dans ses documents fondamentaux (Statut et programme politique) le PGE refuse tout ce qui est communiste, rejette les traditions révolutionnaires, se place en tant qu’adversaire du socialisme scientifique, de la lutte des classes, de la révolution socialiste. L’action du PGE confirme notre prédiction qu'il constitue un moyen de mutation totale des partis qui gardent encore le nom de « communiste » ou qui en ont gardé, à des degrés divers, même symboliquement, certaines de ses caractéristiques.

 

Dans sa lettre du 1er décembre 2010 aux Partis communistes et ouvriers d'Europe, le KKE les appelait à affaiblir le PGE et à l'abandonner car il constitue un instrument visant à piéger les forces révolutionnaires dans la structure capitaliste, pour qu’elles deviennent la « voiture-balai » de la social-démocratie.

 

L'initiative du KKE a provoqué, comme cela était attendu, des discussions dans plusieurs partis, qui sont soit membres soit observateurs du PGE. C’est encourageant qu’il y ait eu des partis et des forces communistes qui ont réagi de façon positive, que l’idée de la nécessité d’un front contre le PGE mûrit. Nous évaluons comme positive le fait que la rencontre de 10 partis communistes de Balkans qui a eu lieu le 22 /1/2010, condamne les illusions que les « classes bourgeoises des pays-candidats, des ONG mais aussi des forces opportunistes, comme le PGE »  sèment à propos de l’OTAN et l’UE.

 

 

Dans le même temps, elle est devenue la cible d'attaques venant de forces qui cherchent à éloigner encore plus le mouvement communiste de ses traditions et de ses principes révolutionnaires. Et ainsi, des accusations ont été formulées à l'égard de notre parti, que nous aurions prétendument lancé au PGE des « accusations fausses et sans fondement ». En effet, ils prétendent que le KKE est d'avis que « le PGE divise la gauche ». En réalité, un lecteur attentif de la lettre du KKE verra qu'il y ait fait référence au « rôle de division et de sape que joue le PGE contre le mouvement communiste international ». Une démonstration symbolique en a été l'organisation du congrès du PGE exactement aux mêmes dates que la Rencontre internationale des Partis communistes en Afrique du sud.

 

 

Ceux qui engagent des polémiques contre le KKE, afin d'appuyer leur choix de se fondre dans le PGE, ont recours à un « comptage » des partis qui participent au PGE, même ceux qui ont été au Congrès en tant qu'observateurs. Ce dont ne parlent pas ces gens, c'est le contenu politique, soit la direction opportuniste dont le PGE est à l'avant-garde et les tentatives d'entraîner ces partis dans son sillage. La question n'est pas le nombre de partis qui y participent, mais la nature de chaque parti pris individuellement. Nombre de ces partis ont été des forces qui dans le passé se sont alignées sur le courant opportuniste de l' « Eurocommunisme », des partis communistes et d'autres forces qui ont renoncé au socialisme et se sont « social-démocratisés » après les contre-révolutions en URSS et en Europe de l'Est, des forces qui ont consacré leurs forces à l'anti-communisme. Ce n'est donc pas un hasard si ces partis jouent un rôle important dans le PGE aujourd'hui et s'efforcent de réaliser ce qu'ils n'ont pas été capables de faire auparavant, en finir avec le mouvement communiste et les Partis communistes qui ont résisté à la tempête des contre-révolutions. 

 

La base de l'argumentation que le KKE a avancé dans sa lettre du 1er décembre est étayée dans la lettre même, et par le contenu des documents et résolutions issus du 3ème Congrès du PGE.

 

Le PGE en réalité, comme cela est clairement visible dans son document de congrès, a d'autres objectifs, qui sont contenus dans son slogan: « Nous ne pouvons pas améliorer le monde si nousne le sauvons pas, mais nous pouvons sauver le monde en l'améliorant ». Ce que le PGE admet dans ce slogan, c'est qu'il lutte pour un capitalisme humanisé, amélioré. Dans une période où les impasses du capitalisme deviennent de plus en plus claires aux yeux des travailleurs, encore plus désormais que le travailleur peut comprendre à partir de sa propre expérience que le capitalisme, tant dans sa période de développement que dans celle de crise, est barbare et agressif, le PGE a pris l'initiative de faire un lifting au capitalisme, laissant intentionnellement l'exploitation capitaliste et le pouvoir du capital intact.

 

 

Le PGE sème plus d’illusions que l’UE impérialiste elle-même. Il propose des mesures de gestion dans le cadre du système capitaliste. C’est de cette façon qu’ils entendent réussir à « humaniser » du capitalisme, à épurer l’UE des spéculateurs et du « néolibéralisme » :

 

« La transformation de la mission de la Banque centrale européenne. Grâce à l'émission de liquidités et sur la base de critères sociaux, la BCE devrait accorder des crédits à faible taux d'intérêt aux Etats-membres (…) émettre des euro-obligations pour permettre à des Etats-membres d'emprunter à des taux d'intérêt raisonnables (…) Une autre Europe est possible (…) Nous luttons pour une refondation démocratique de l'Europe et de l'UE (…) Si l'UE n'est pas en mesure d'arrêter la spéculation, qui le peut? » , se demande le PGE.

 

Dans une période où les sociaux-démocrates constituent la « force de frappe » de base du capital afin de faire passer l'offensive barbare contre les travailleurs et l'expansion massive de la pauvreté en Europe (ex: Espagne, Grèce, Portugal), le PGE dénonce de manière hypocrite la « gestion néo-libérale », allant suffisamment loin pour lui attribuer la responsabilité de la crise capitaliste. Et ainsi il affirme qu'il ne voit pas la caractérisation de la crise comme celle du système capitaliste même, comme une crise de sur-accumulation capitaliste qui repose sur la contradiction fondamentale capital/travail, comme les Partis communistes l'ont conclu dans leur Rencontre internationale en Afrique du sud. Au contraire, les forces du PGE laissent intactes les véritables causes de la crise capitaliste mondiale.

 

Ils limitent avec cette ligne tout développement des luttes ouvrières en dénonçant « la mauvaise Droite » (ex: Sarkozy en France) et donc en travaillant fondamentalement pour le retour de la social-démocratie, qui a fait ses preuves en reprenant et poursuivant de façon barbare des projets anti-populaires laissés par les gouvernements libéraux. Les Partis communistes qui jouent le rôle de partenaire dans des gouvernements où la social-démocratie défend la même ligne opportuniste, afin de mettre en œuvre des politiques contraires aux intérêts des travailleurs, une ligne qui, comme cela est bien connu, a mené à la castration idéologique des Partis communistes en Europe dans un passé récent, à la rupture des liens avec la classe ouvrière et les masses populaires.

 

Quand le PGE écrit que « cela signifie que nous voulons créer un front politique et social contre le néo-libéralisme aux niveaux nationaux tout comme européens », il fait beaucoup de mal au mouvement populaire, car il diffuse de faux espoirs comme quoi le capitalisme pourrait résoudre les problèmes politiques d'aujourd'hui. Les forces du compromis dans le mouvement communiste, ont comme idéal une ligne de lutte dans laquelle le PC aura un rôle «complémentaire» à la social-démocratie afin de créer une pseudo «majorité sociale de solidarité». C’est dans ce cadre-là qu’en Grèce mais aussi plus généralement le modèle de la dite «unité de la gauche» est mis en avant.

 

Le fait que le KKE ait rejeté l'impasse de « l’unité de la gauche » signifie que le KKE a une politique d'alliance qui répond aux intérêts de la classe ouvrière, des couches populaires et des besoins de la lutte de classe. Nous concentrons notre attention sur l'alliance socio-politique, qui repose sur l'unité d'action et les intérêts communs, sur une ligne commune de lutte entre la classe ouvrière et les indépendants urbains et ruraux. Une alliance qui rentrera en conflit avec les monopoles, l'impérialisme, tout comme la lutte pour une autre voie de développement pour notre pays, la voie du pouvoir et de l'économie populaire, où les moyens de production seront socialisés, où existera une planification centralisée de l'économie sous contrôle ouvrier. Pour les communistes, il ne peut y avoir de « pouvoir intermédiaire » ou de « système intermédiaire » entre capitalisme et socialisme. Pour les communistes, le pouvoir et l'économie populaire signifient société socialiste.

 

Le KKE juge qu’aujourd’hui, on ne peut pas avoir, d’une part, une situation aussi négative dans le mouvement ouvrier où sont dominants les partenaires du PGE, les bureaucrates jaunes de la CSI, et d'autre part, au niveau politique, l'existence d'une alliance politique radicale.

 

Aujourd'hui, les Partis communistes ont accumulé une expérience importante et peuvent se libérer de la perspective selon laquelle une politique d'alliance signifie réunir des forces qui ont fait défection au mouvement communiste. Les conclusions nécessaires doivent être tirées de cette défection. Car ils n'ont pas quitté les rangs des Partis communistes et créé des groupes/partis opportunistes par hasard,  parce qu'il existait des désaccords de détail mais bien parce qu’ils existaient des désaccords de fond. Ils se sont rendus et se sont soumis au système capitaliste, contribuant à perpétuer le système d'exploitation. Leur réponse à la question cruciale: « avec le peuple ou les monopoles? » est que, en théorie comme en pratique, ils sont du côté des derniers. Et même s’ils évoquent parfois leurs racines communistes, ils mènent une offensive anti-communiste et anti-socialiste systématique contre le Marxisme-Léninisme; ils cherchent à corrompre et à désarmer politiquement et idéologiquement les Partis Communistes, à lesdissoudre dans des formations opportunistes qui finissent dans les bras de la social-démocratie. Ce ne sont pas des forces « qui ne disent pas les choses aussi bien que les communistes », mais des forces qui leur sont hostiles.

 

Au lieu de l'habituelle union des directions avec les formations et partis opportunistes ainsi qu'avec la social-démocratie au nom de l' « unité de la gauche », dont le mouvement communiste a tant pâti dans le passé, la tâche principale aujourd'hui pour les Partis communistes est la libération massive de la classe ouvrière et des forces populaires qui se trouvent actuellement sous l’influence des partis bourgeois, tant sociaux-démocrates que libéraux. Sur cette base, les conditions préalables à la concentration des forces pour qu'une alliance sociale soit possible en Grèce seront créées, à travers le rassemblement de forces dans des fronts communs d'action d'organisations comme le Front militant des travailleurs (PAME), le Rassemblement militant de paysans (PASEVE), la Fédération des femmes grecques (OGE) et le Front militant des étudiants (MAS). C'est cette activité commune qui déterminera le temps qu'il nous faudra pour avoir une alliance socio-politique pleinement formée au niveau politique des forces anti-impérialistes et anti-monopolistes. Seul ce travail peut créer des liens avec la classe ouvrière et les masses populaires.

 

C'est la ligne politique que le KKE a suivi après le départ des forces opportunistes en 1990, et il a été démontré que le KKE n'était non seulement pas « isolé des masses », comme certains l'avaient espéré, mais avait même renforcé ses liens avec la classe ouvrière et les masses populaires. Cela est ressorti de façon patente dans les mobilisations et les grèves, où les communistes ont été à l'avant-garde. C'est patent aussi dans les résultats électoraux, qui ne sont pas l'indicateur le plus important pour les communistes, mais seulement un parmi tant d'autres. Lors des premières élections après la scission (1993) avec les opportunistes, le KKE a obtenu 4.5% (300 000 voix), en 2010 il a obtenu près de 11% et 600 000 voix.

 

Notre but de renversement de l'impérialisme au lieu de son humanisation, est plus que jamais d'actualité pour le KKE. Pour le KKE le front stable contre l'opportunisme est caractéristique de notre identité communiste, Marxiste-Léniniste. Cette identité et sa défense sont fondées aujourd'hui sur le rejet du PGE, son abandon par les Partis communistes qui en sont soit membres soit observateurs. Cette expérience n'est pas liée aux particularités de chaque pays pris individuellement. Au contraire, elles font partie du patrimoine collectif d'expériences du mouvement communiste.

 

Vingt ans après le renversement du socialisme en URSS et en Europe centrale et orientale, dans les conditions de la crise capitaliste mondiale, les régimes bourgeois et leurs appareils idéologiques intensifient leur assaut contre le mouvement communiste et continuent à calomnier l'URSS et les autres démocraties populaires. Ce n'est pas un hasard que dans les documents du PGE, il n’y ait aucune référence à la déformation de l’Histoire réalisée par l’UE, le Conseil de l’Europe et d’autres organismes impérialistes au détriment de l’Histoire du mouvement ouvrier et communiste en Europe. Les forces à la tête du PGE étaient parmi celles qui ont combattu, avec les libéraux et les sociaux-démocrates, l’URSS et les autres pays socialistes. Aujourd’hui encore ils acceptent et utilisent entièrement l’argumentation de la classe bourgeoise, qui aboutit à identifier le fascisme et le communisme.

 

 

 Nous avons un exemple récent de cela en Allemagne.

 

Le prétendu « moteur » de l'Europe, doit être bien « assemblé » afin qu'il puisse « booster » la profitabilité du capital. Toutes les forces politiques dominantes, qu'elles soient de « gauche » ou de « droite » sont appelées à contribuer à leur façon à cet effort.

 

Dans ce pays, ont été en vigueur pendant des décennies des proscriptions envers les communistes travaillant à divers niveaux du secteur public. Le déclencheur d'une nouvelle flambée d'anti-communisme a été donné par l'intention de Gesine Lötzsch, présidente du Parti de gauche (Die Linke), de faire un discours à un meeting qui comprenait le mot « communisme » dans son intitulé. Cet événement a provoqué des réflexes de classe « durs » de la part des partis bourgeois Allemands, tout comme de la part des media, qui ont accusé le parti en question et son président de … glisser vers le « communisme ».

 

 

Néanmoins, la présidente du Die Linke, tout en essuyant les tirs « hostiles », a aussi subi des tirs « amis » de la part de cadres de son propre parti, même si elle a fait de nombreuses déclarations « renonçant au communisme », affirmant qu'elle est « une socialiste et non une communiste », rappelant le « Stalinisme » et condamnant les « crimes du communisme ». Ils maudissent le « socialisme réel » et prêtent des serments d'allégeance au prétendu « socialisme démocratique »!

 

Dans le même temps, l'alliance idéologique des opportunistes avec l'idéologie bourgeoise est encore une fois manifeste. En tout cas, tant Die Linke que les partis du « Parti de la gauche européenne » (PGE) se réunissent dans l'opposition à la lutte de classe et à la construction du socialisme. Ce n'est pas un hasard si on s'appuie sur ses statuts; le PGE participe activement à la grossière campagne anti-communiste en Europe, condamnant l'histoire de la construction socialiste en URSS. Et ce n’est pas par hasard non plus si au 3ème Congrès du PGE a été élu trésorier Diether Dehm qui en juillet 2010 avait fait une déclaration qui assimilait Hitler à Staline, disant qu’il s’agissait de la même chose, comme la peste et le choléra!

 

Leur affirmation qu'ils luttent pour un... « socialisme démocratique » opposé à un « communisme arbitraire », « totalitaire » et « dictatorial » n'est pas nouvelle. Ils poursuivent la voie du « socialisme démocratique » de Bernstein (qui a été formulée il y a cent ans de cela), un argumentaire renvoyant à la position de la 2nde Internationale vis-à-vis de la prise pacifique du pouvoir par la voie parlementaire, qui a été adoptée par le « courant euro-communiste ».

 

En fait, la direction de ce parti opportuniste Allemand en particulier « s'est surpassée » dans les hommages qui ont été rendus pour l'anniversaire de l'assassinat des dirigeants communistes d'Allemagne, Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, de la façon suivante: elle a placé sur le cimetière des militants socialistes et communistes une plaque commémorative pour les... « Victimes du stalinisme ». La persévérance de Die Linke dans cette provocation est manifeste pour la quatrième année consécutive, puisque la plaque, naturellement, provoque de fortes réactions.

 

Le scandale qui a éclaté avec les révélations du Wikileaks est aussi très révélateur du rôle de sape que jouent ces forces dans la lutte anti-impérialiste. Il a été révélé que Gregor Gysi, Président du Groupe Parlementaire de la «gauche» allemande, avait rassuré l’ambassadeur américain au sujet de la revendication de «dissolution de l’OTAN», en lui disant que «dangereuse serait la revendication du désengagement de l’Allemagne de l’OTAN et non la revendication générale de dissolution. Chose qui de toute façon n’est pas possible, puisque pour la dissolution de l’Organisme le consentement des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni est nécessaire, et que cela n’est pas réaliste».

 

Affaiblir davantage ce parti de «gauche» de l’UE, renforcer la collaboration égale des Partis Communistes et Ouvriers sur la base du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétaire, loin des limites et des conditions de l’UE, voilà le seul espoir pour la reconstruction du mouvement communiste européen et la seule réponse crédible à l’agressivité du capital européen contre les droits des travailleurs.

 

L’actualité récente, la crise capitaliste qui s'approfondit, l’aiguisement des contradictions de l’impérialisme et de l’agressivité du capital, accroissent le niveau de responsabilité des communistes envers la classe ouvrière et les couches populaires pour l’organisation de la lutte et son orientation vers le but de renversement du pouvoir des monopoles et du système exploiteur dans chaque pays et de construction de la nouvelle société socialiste-communiste.

 

Nous renvoyons à l’article fondamental du KKE sur la question du PGE, dont s’inspire fortement l’intervention de notre camarade Nikos Seretakis : Le PC Grec approfondit sa critique du PGE et de son vaisseau amiral Die Linke: « stratégie d'aménagement du système capitaliste ou plutôt stratégie de rupture révolutionnaire? »

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article