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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 20:32

logopads.gifContribution du Parti Algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) à la rencontre communiste internationale du 26 février 2011

 

par William Sportisse, dirigeant du PADS

 

 

Chers camarades,

 

Au nom de la direction du PADS nous vous remercions de votre invitation et vous souhaitons beaucoup de succès dans vos actions pour unir les communistes Français dans un parti de classe fidèle aux principes du marxisme-léninisme et à l’internationalisme. Notre contribution à vos travaux a pour objectif de vous informer sur les analyses et les positions de notre Parti concernant la situation en Algérie.

 

Il est évident que cette situation dans notre pays est liée aux grandes batailles de résistance qui se déroulent dans le monde contre les tentatives des dirigeants des pays impérialistes de réduire les effets de la crise systémique du capitalisme afin d’assurer au patronat un taux de profit maximum dans le processus d’exploitation des classes ouvrières et des autres couches laborieuses. Il deviendra de plus en plus évident aux classes ouvrières et aux peuples que les luttes sur le sol national dans chaque pays sont liées entre elles et qu’elles ont donc un caractère international, parce qu’elles sont dirigées contre des bourgeoisies capitalistes unies entre elles dans le cadre du système impérialiste.

 

Les victoires remportées en Tunisie et en Egypte sur les dictatures de Ben Ali et Moubarak qui ont été chassés du pouvoir constituent, malgré les limites des résultats acquis et des pressions impérialistes pour empêcher tout autre progrès en avant de ces peuples, un stimulant pour les luttes futures et pour d’autres défaites de l’impérialisme et des bourgeoisies locales à son service.

 

Au lendemain de la chute des clans de la bourgeoisie de Ben Ali et Moubarak, l’espoir d’arracher la liberté d’expression et d’organisation a été donné aux Algériens.

 

En Algérie, la première caractéristique de la situation s’exprime dans les actions pour des revendications sociales dont le nombre enregistré en 2010 s’élève à 10.000. Elles se sont exprimées sous la forme de grèves suivies par des travailleurs du secteur public industriel (SNVI) et privatisé (Complexe sidérurgique d’El Hadjar) dans les services publics ( travailleurs du rail , de la santé et de l’éducation nationale) ou sous la forme de barrages dressées sur les routes pour exiger une meilleure et régulière distribution de l’eau ou pour la maintenance des routes , ou sous la forme de révoltes contre les attributions arbitraires de logements sociaux à des personnes qui ne les méritent pas qui se terminent souvent par des empoignades violentes avec les policiers envoyés pour les réprimer , ou sous la forme de manifestations et de sit-in des étudiants devant les locaux du ministère de l’enseignement, ou sous la forme de manifestations de chômeurs pour l’obtention d’emplois. Toutes ces actions sont l’expression du mécontentement croissant des travailleurs et du peuple Algérien.

 

La deuxième caractéristique est que ce mécontentement résulte du fossé qui se creuse entre l’immense majorité des couches populaires et une petite minorité de riches trafiquants qui se sont immensément enrichis à la faveur du grand tournant vers l’ultralibéralisme capitaliste au début des années 1980 suivi ensuite par l’acceptation en 1994 par les partis et dirigeants bourgeois, y compris islamistes des exigences du FMI , sous prétexte que c’était un «  moindre mal » face aux difficultés de remboursement de la dette algérienne en raison de la baisse du prix du pétrole. Les pressions de l’impérialisme mondial s’exerçaient à ce moment là avec de plus force à la faveur des ravages causés au peuple par les organisations terroristes islamistes. Le relèvement du prix du pétrole depuis 1999 qui a suivi l’abrogation du monopole de l’état sur le commerce extérieur en 1994 a permis à quelques milliers de familles de partager l’essentiel des revenus pétroliers. Une poignée d’heureux élus du régime profite des crédits du secteur bancaire public qui souvent ne sont pas remboursés. Les trafiquants à la faveur de la privatisation du commerce extérieur et avec la complicité des fournisseurs étrangers accroissent leurs revenus par la surfacturation de leurs achats ce qui leur permet d’une part d’engranger dans leurs comptes ouverts dans des banques étrangères des devises volées au pays et d’autre part de vendre en Algérie les produits achetés à des prix supérieurs au prix de revient réel. Parallèlement de nombreuses entreprises du secteur public ont été fermées ou réduites à l’inactivité mettant au chômage des centaines de milliers de travailleurs. Les sociétés privées qui se sont constituées sont peu nombreuses dans l’industrie mais pullulent dans le commerce extérieur. Ces sociétés privées, en raison de l’extension du chômage dont est le plus victime la jeune génération, emploie des jeunes qui sont sous-payés et qui ne sont pas déclarées ni à la sécurité sociale ni à la fiscalité. A la campagne les terres agricoles nationalisées en 1973 ont été restituées à leurs anciens propriétaires qui en avaient été expropriées soit en raison de la limitation de la propriété foncière ou en raison de leur comportement hostile à la lutte libératrice contre le colonialisme. Des parcelles appartenant au domaine de l’état (terres abandonnées par la grosse colonisation terrienne au lendemain de l’indépendance et nationalisées) ont été vendues à des privés à des prix qui ne correspondent pas à leur valeur réelle. L’abandon de leurs terres par de nombreux paysans victimes du terrorisme islamiste a également permis des dépossessions dont on ignore l’ampleur réelle. La situation sociale de la petite paysannerie s’est aggravée.

 

La déclaration du 10 janvier 2011 de notre parti souligne à juste raison que : «  20 ans d’application d’une politique capitaliste et 30 ans de sabotage du secteur public économique n’ont apporté au peuple et au pays que misère plus grande, inégalités et injustices croissantes, arriération économique sans fin, destruction du tissu industriel que l’Algérie avait commencé à créer dans les années 1970 pour garantir l’avenir des nouvelles générations ».

 

L’Algérie a été engagé dans une impasse par les capitalistes algériens et les puissances impérialistes. Le PADS depuis sa naissance en 1994 a dénoncé ces orientations des représentants de cette bourgeoisie capitaliste qui a engagé notre pays dans cette impasse.

 

La troisième caractéristique de la situation est la crainte de cette bourgeoisie capitaliste et des puissances impérialistes face aux réactions des masses populaires devant cette impasse qui est un aspect de la crise du système capitaliste. Ces réactions se sont manifestées et se manifestent encore sous la forme de luttes qui se déroulent encore à l’échelle d’une localité, d’un quartier ou d’une entreprise dans diverses régions du pays, sans être coordonnées à l’échelle nationale. La crainte que ces réactions prennent une autre dimension suscite des tensions entre les divers clans de la bourgeoisie capitaliste algérienne. Une fraction du pouvoir actuel effrayée par des perspectives qui peuvent s’assombrir avec l’aggravation de la crise mondiale du système capitaliste et d’une chute du prix du pétrole tente de freiner l’hémorragie des devises sous couvert « d’un patriotisme économique » en resserrant le contrôle sur les relations financières de l’Algérie. Mais il serait faux de croire que cette frange du pouvoir a fini par comprendre qu’il faut revenir à une politique favorable aux masses populaires. Elle peut certes lâcher du lest pour étouffer toute réaction populaire, mais elle est également prête à user de la répression pour mâter tout mouvement populaire qui la dérangerait (exemple avec les étudiants). Ses velléités de relancer en partie le secteur public industriel en le réhabilitant peuvent être utiles aux masses populaires, mais ses intentions demeurent de renforcer ses intérêts capitalistes ce qui constitue un frein sérieux à un authentique développement économique global.

 

Une autre fraction dans le pouvoir et en dehors représentante des intérêts capitalistes qui refusent tout projet d’investissement pour toute réhabilitation du secteur industriel public. Ce sont les partisans de l’ultralibéralisme à outrance qui rejettent toute diminution des importations et de leur part dans le partage des devises produites par la vente du pétrole. Ils se dressent contre toute mesure tendant à réduire l’hémorragie des devises provoquée par la hausse vertigineuse des importations et des profits rapatriés par les sociétés étrangères. Ces fractions du pouvoir ont leurs relais dans la société civile à travers des partis politiques et les syndicats qu’ils ont domestiqué ou qu’ils manipulent pour la défense de leurs intérêts. Des partis ou personnalités politiques qui ne sont plus représentées dans le pouvoir ou qui l’ont quitté (c’est le cas notamment du RCD ou de l’ancien premier ministre Benbitour) qui se présentent comme une opposition qui ne cherche pas à remettre en cause les orientations capitalistes du pouvoir mais qui trouve qu’elles sont insuffisantes et souhaitent aller plus loin dans les accords passés par les dirigeants actuels et les puissances impérialistes ( accord avec l’Union européenne, adhésion à l’OMC et participation plus active aux organisations militaires de l’OTAN). Les autres «  opposants «  comme Aït Ahmed et son Parti FFS ou encore des personnalités membres du FLN comme Mehri qui ont été des artisans de la rencontre et d’un accord à San Egidio avec les islamistes ils multiplient leurs efforts en direction du pouvoir afin de trouver un compromis pour empêcher toute tentative d’engager un processus révolutionnaire mettant en difficulté le capitalisme algérien et ses soutiens impérialistes. Enfin, les islamistes qui ne combattent ni le capitalisme et ni l’impérialisme, ont vu leur influence décroître en raison des crimes commis par son aile radicale, de l’enrichissement de certains de ses responsables au cours de la décennie 1990, et de la participation au pouvoir de son aile dite « modérée » qui a été salie par plusieurs scandales financiers et dont de nombreux membres sont devenus des gros importateurs.

 

La quatrième caractéristique est l’intérêt accordé par les puissances impérialistes, notamment les USA, à l’Algérie en raison de ses réserves pétrolières et gazières et d’autres richesses minières qu’elles convoitent et désirent en avoir la mainmise. Prises de court par les grandes manifestations populaires de Tunisie et d’Egypte où les dictateurs qu’ils soutenaient ont été emportés par les soulèvements des masses populaires, les puissances impérialistes et en premier lieu les Etats Unis abandonnent leurs marionnettes et préparent la mise en place d’équipes de rechange qui resteront à leur dévotion en feignant de prôner l’instauration de la démocratie dans ces pays et dans d’autres qui pourraient être gagnés par le vent de la révolte. Comme on le sait ces puissances sont bien mal placées pour parler de démocratie, quand on se réfère aux crimes qu’elles ont commis en Irak, en Afghanistan et à leur comportement solidaire avec les crimes des colonialistes israéliens qui occupent la Palestine et s’opposent à la mise en place d’un état Palestinien conformément aux résolutions de l’ONU. En vérité ces puissances impérialistes veulent éviter que les peuples de ces régions soient maîtres de leurs richesses pétrolières ou autres. Les puissances impérialistes et notamment les Etats Unis veulent exploiter le mécontentement des peuples à leur profit. Elles encouragent leurs alliés internes et en même temps accentuent leurs pressions sur les gouvernants en place en vue d’obtenir d’eux plus de concessions en leur faveur. Comme le déclare la déclaration du PADS du 22 janvier : «  le but de leurs pressions ouvertes ou cachées est de porter à la tête de l’Etat des valets à leurs bottes pour piller à plus grande échelle les richesses du pays. » Cette déclaration ajoute encore à propos des impérialistes : «  Ils espèrent transformer l’Algérie en néo colonie et renforcer par son intermédiaire leur mainmise sur toute l’Afrique ».

 

Enfin une dernière caractéristique de la situation en Algérie c’est la méfiance des masses populaires exprimée envers les partis et personnalités politiques officiels qui sont au pouvoir ou hors du pouvoir. Ce qui explique en partie le refus de nombreux jeunes comme des masses populaires de rejoindre les dernières marches à Alger des 12 et 19 février à l’appel d’une coordination de partis et d’associations dont le RCD et le PLD qui ont réuni quelques centaines de personnes devant 30 000 policiers mobilisés par le pouvoir qui les ont empêché de défiler. Cette méfiance rejoint nos appréciations sur les orientations de ces marches qui font abstraction de la prise en charge des problèmes sociaux et économiques du pays et de l’alternative dont a besoin notre pays. C’est ce que rappelle la réponse en date du 12 février 2011 du PADS à la question d’un lecteur à propos de sa position sur ces marches. Dans cette réponse le PADS note : «  Nous ne sommes plus en 1988 quand toutes les classes sociales, ouvriers, bourgeois, féodaux, couches moyennes, ne voulaient plus du Parti unique devenu une entrave à l’expression de leurs intérêts sociaux opposés et un obstacle à leurs luttes pour le contrôle absolu de la machine d’Etat.

 

« Durant ces 20 dernières années, les classes dirigeantes ont réussi à imposer une démocratie de façade…«  Vingt ans après, les travailleurs n’acceptent pas de se ranger derrière n’importe quel appel « à la liberté et à la démocratie ». Leurs aspirations démocratiques sont chargées de revendications tel que le besoin d’avoir un travail que seule une société débarrassée des inégalités sociales peut garantir. Libertés démocratiques, travail, pain, logement, santé, éducation sont étroitement liés. La dignité ne peut être assurée que dans une société qui garantit le plein emploi, bannit l’exploitation, la domination des capitalistes et la dictature des possesseurs des sacs d’argent, la fameuse «  chkara »

 

Or ces revendications comme les aspirations démocratiques ne sont possibles que si l’Algérie tourne le dos à l’ultra libéralisme, au développement capitaliste et aux alliances avec l’impérialisme et ses institutions. Il faut chasser de l’Etat les barons de l’import, les spéculateurs et les exploiteurs et se battre pour un programme minimum alternatif que notre Parti propose dans sa déclaration du 22 janvier 2011 qui comprend notamment:

 

  • l’abrogation de la loi sur les partis, et des règlements scélérats qui empêchent la formation de vrais syndicats de classe indépendants, la liberté de réunion, d’expression , d’organisation de manifestation pacifique, l’accès à la radio et à la télévision publiques etc.

 

  • la reconstitution des entreprises publiques chargées de produire des biens et services de base comme le lait, le sucre, l’huile, la semoule et la farine, les médicaments etc.. afin de briser tout monopole privé dans quelque secteur que ce soit

 

  • La relance industrielle seule capable de créer de vrais emplois durables à travers la réhabilitation du secteur public comme moteur et colonne vertébrale du développement

 

  • La renationalisation des secteurs stratégiques privatisés

 

  • Une planification démocratique et scientifique

 

  • Une politique de logement social décent et d’aide au loyer pour les locataires à faibles revenus

 

  • L’application de la loi obligeant les employeurs à déclarer leurs salariés à la sécurité sociale, la lutte contre la précarisation des salariés

 

Cet alternatif sera le fruit des luttes dans la durée des masses laborieuses de notre pays. Ces luttes doivent être associées à la construction des instruments de mobilisation pour réaliser les aspirations : un parti communiste fort et enraciné au sein des travailleurs , des syndicats de classe de travailleurs indépendants, des organisations de jeunes, étudiants , paysans , de femmes et un Front démocratique et populaire de progrès.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 09:58

Die linkeLe PC Grec approfondit sa critique du PGE et de son vaisseau amiral Die Linke: « stratégie d'aménagement du système capitaliste ou plutôt stratégie de rupture révolutionnaire? »


Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Article du département des relations du Comité central du KKE (PC Grec)



Comme cela est bien connu, le KKE, dans sa lettre du 1er décembre 2010aux Partis communistes et ouvriers d'Europe, les appelait à saborder le PGE et à l'abandonner car il constitue un instrument visant à piégerles forces révolutionnaires dans la structure capitaliste et comme « voiture-balai » de la social-démocratie.



L'initiative du KKE a provoqué, comme cela était attendu, des discussions dans plusieurs partis, qui sont soit membres soit observateurs du PGE. Dans le même temps, elle est devenue la cible d'attaques venant de forces qui cherchent à éloigner encore plus le mouvement communiste de ses traditions et de ses principes révolutionnaires. Et ainsi, des critiques injurieuses et dénuées de tout fondement ont été formulées à l'égard de notre parti, que nous aurions prétendument lancé au PGE des « accusations fausses et sans fondement ». En effet, ils prétendent que le KKE est d'avis que « le PGE divise la gauche ». En réalité, un lecteur attentif de la lettre du KKE verra qu'il y ait fait référence au « rôle de division et de sape que joue le PGE contre le mouvement communiste international ». Une démonstration symbolique en a été l'organisation du congrès du PGE exactement aux mêmes dates que la Rencontre internationale des Partis communistes en Afrique du sud.



Simple arithmétique ou... « algèbre » politique?



Ceux qui engagent des polémiques contre le KKE, afin d'appuyer leur choix de se fondre dans le PGE, ont recours à un « comptage » des partis qui participent au PGE, même ceux qui ont été au Congrès en tant qu'observateurs. Ce dont ne parlent pas ces gens, c'est le contenu politique, soit la direction opportuniste dont le PGE est à l'avant-garde et les tentatives d'entraîner ces partis dans son sillage. La question n'est pas le nombre de partis qui y participent, mais la nature de chaque parti pris individuellement. Nombre de ces partis ont été des forces qui dans le passé se sont alignées sur le courant opportuniste de l' « Eurocommunisme », des partis communistes et d'autres forces qui ont renoncé au socialisme et se sont « social-démocratisés » après les contre-révolutions en URSS et en Europe de l'Est, des forces qui ont consacré leurs forces à l'anti-communisme. Ce n'est donc pas un hasard si ces partis jouent un rôle important dans le PGE aujourd'hui et s'efforcent de réaliser ce qu'ils n'ont pas été capables de faire auparavant, en finir avec le mouvement communiste et les Partis communistes qui ont résisté à la tempête des contre-révolutions. L'objectif des opportunistes reste le même, que les Partis communistes ne formulent pas une stratégie révolutionnaire moderne. La question du PGE n'est pas une question de simple « arithmétique »(combien y participent), mais d' « algèbre » politique (c'est-à-dire quelle « qualité » politique est créée par ceux qui y participent).




La stratégie opportuniste du PGE




La base de l'argumentation que le KKE a avancé dans sa lettre du 1er décembre est étayée dans la lettre même, et par le contenu des documents et résolutions issus du 3ème Congrès du PGE.



La référence plutôt répandue du « socialisme avec démocratie » (sapant le socialisme que nous avons connu en URSS et dans les autres pays socialistes en affirmant qu'ils auraient été « anti-démocratiques ») cherche à brouiller les pistes! Le PGE en réalité, comme cela est clairement visible dans son document de congrès, a d'autres objectifs, qui sont contenus dans son slogan: « Nous ne pouvons pas améliorer le monde si nous le sauvons pas, mais nous pouvons sauver le monde en l'améliorant ». Ce que le PGE admet dans ce slogan, c'est qu'il lutte pour un capitalisme humanisé, amélioré. Dans une période où les impasses du capitalisme deviennent de plus en plus claires aux yeux des travailleurs, encore plus désormais que le travailleur peut comprendre à partir de sa propre expérience que le capitalisme, tant dans sa période de développement que dans celle de crise, est barbare et agressif, le PGE a pris l'initiative de faire un lifting au capitalisme, laissant intentionnellement l'exploitation capitaliste et le pouvoir du capital intact.



« La transformation de la mission de la Banque centrale européenne. Grâce à l'émission de liquidités et sur la base de critères sociaux, la BCE devrait accorder des crédits à faible taux d'intérêt aux Etats-membres (…) émettre des euro-obligations pour permettre à des Etats-membres d'emprunter à des taux d'intérêt raisonnables (…) Une autre Europe est possible (…) Nous luttons pour une refondation démocratique de l'Europe et de l'UE ». Le PGE avec sa position prouve qu'il propose des mesures qui s'inscrivent dans le cadre du système capitaliste, vise à sa gestion et sont utopiques, car elles exigent que le capitalisme revienne à sa phase antérieure pré-monopoliste. De cette façon, on parviendrait à l' « humanisation » du capitalisme, à l'épuration de l'UE des profiteurs et du « néo-libéralisme ». Le désir ardent du PGE de « refondation » de l'UE, d' « épuration » et de transformation de la BCE en une institution bienveillante et populaire, démontre que ses positions n'ont rien à voir avec une approche de classe et une analyse de la nature impérialiste de l'UE. Néanmoins, les communistes qui suivent une ligne Marxiste-Léniniste savent très bien ce qui existe objectivement au sein de la société capitaliste, que ce système basé sur l'exploitation ne peut pas être amélioré par diverses réformes, tout comme les organisations impérialistes ne peuvent être refondées sur une base favorable au peuple – il ne peut être que renversé.



« Si l'UE n'est pas mesure d'arrêter la spéculation, qui le peut? », demande le PGE. Il est donc clair que les illusions et les espoirs évoqués dans les documents du Congrès du PGE dépassent même ceux que l'on peut trouver dans les documents de l'UE impérialiste elle-même. La prise de position pour un Parti européen s'explique par le fait que la condition préalable à son existence est son acceptation (dans son document fondateur et dans ses Statuts) des principes de l'UE, le caractère éternel de cette union impérialiste, et donc de l'exploitation capitaliste– ainsi des illusions sont nourries sur l'existence possible de capitalistes qui ne cherchent pas à faire des profits.



Quand le PGE est en faveur d'un « nouveau processus démocratique basé sur la participation active du peuple, des parlements Européens et nationaux via de nouveaux pouvoirs et droits participatifs », il ressert une vision lavée de tout soupçon des parlements bourgeois qui vise à piéger le mouvement ouvrier et populaire au sein de la logique pourtant en faillite de l'Eurocommunisme.



Quand le PGE écrit que « cela signifie que nous voulons créer un front politique et social contre le néo-libéralisme aux niveaux nationaux tout comme européens », il fait beaucoup de mal au mouvement populaire, car il diffuse de faux espoirs sur le fait que pour le capitalisme pourrait résoudre les problèmes politiques d'aujourd'hui, tout en laissant intacts les rapports économiques capitalistes et sa superstructure politique. Ce qui est promu dans le cadre de ces dangereux et trompeurs « fronts anti-néolibéraux », c'est la solution des réformes bourgeoises pourtant en échec, laissant la porte ouverte à la social-démocratie.



Dans la période où les sociaux-démocrates constituent la « force de frappe » de base du capital afin de faire passer l'offensive barbare contre les travailleurs et l'expansion massive de la pauvreté en Europe (ex: Espagne, Grèce, Portugal), le PGE dénonce de manière hypocrite la « gestion néo-libérale », allant suffisamment loin pour lui attribuer la responsabilité de la crise capitaliste. Et ainsi il affirme qu'il ne voit pas la caractérisation de la crise comme celle du système capitaliste même, comme une crise de sur-accumulation capitaliste qui repose sur la contradiction fondamentale capital/travail, comme les Partis communistes l'ont conclu dans leur Rencontre internationale en Afrique du sud. Au contraire, les forces du PGE laissent intactes les véritables causes de la crise capitaliste mondiale.



Ils limitent avec cette ligne tout développement des luttes ouvrières en dénonçant « la mauvaise Droite » (ex: Sarkozy en France) et donc en travaillant fondamentalement pour le retour de la social-démocratie, qui a fait ses preuves en reprenant et poursuivant de façon barbare des projets anti-populaires laissés par les gouvernements libéraux. Les Partis communistes qui jouent le rôle de partenaire dans des gouvernements où la social-démocratie défend la même ligne opportuniste, afin de mettre en œuvre des politiques contraires aux intérêts des travailleurs, une ligne qui, comme cela est bien connu, a mené à la castration idéologique des Partis communistes en Europe dans un passé récent, à la rupture des liens avec la classe ouvrière et les masses populaires.

 

 

La stratégie révolutionnaire du KKE




Les forces de collaboration de classe dans le mouvement communiste, défendent comme idéal une ligne où les Partis communistes jouent un rôle de « force d'appoint » de la social-démocratie afin de créer une « majorité sociale et solidaire ». Le modèle d' « unité de la gauche » a été défendu dans ce cadre-là, en Grèce et ailleurs.



Par rapport à la question des alliances, le KKE n'a pas cédé aux pressions qui se sont exercées sur elle en Grèce à travers l'argumentaire de l' « unité de la gauche » . Un argumentaire qui dans notre pays a été défendu par le parti-membre du PGE, Synapsismos (Une union de forces opportunistes, certaines d'entre elles ont quitté le KKE en 1968 sous la bannière de l'euro-communisme et en 1991 sous la bannière du « Gorbachevisme »)



Le fait que le KKE ait rejeté l'impasse de la pseudo « unité de la gauche » signifie que le KKE a une politique d'alliance qui répond aux intérêts de la classe ouvrière, des couches populaires et des besoins de la lutte de classe. Nous concentrons notre attention sur l'alliance socio-politique, qui repose sur l'unité d'action et la communauté d'intérêts, sur une ligne commune de lutte entre la classe ouvrière et les indépendants urbains et ruraux. Une alliance qui rentrera en conflit avec les monopoles, l'impérialisme, tout comme la lutte pour une autre voie de développement pour notre pays, la voie du pouvoir et de l'économie populaire, où les moyens de production seront socialisés, où existera une planification centralisée de l'économie sous contrôle ouvrier. Pour les communistes, il ne peut y avoir de « pouvoir intermédiaire » ou de « système intermédiaire » entre capitalisme et socialisme. Pour les communistes, le pouvoir et l'économie populaire signifient société socialiste.



Le KKE juge que vous ne pouvez pas avoir une situation aussi négative dans le mouvement ouvrier aujourd'hui où les partenaires du PGE, les bureaucrates jaunes de la CSI, dominent et d'autre part au niveau politique l'existence d'une alliance politique radicale



Aujourd'hui, les Partis communistes ont accumulé une expérience importante et peuvent se libérer de la perspective selon laquelle une politique d'alliance signifie réunir des forces qui ont fait défection au mouvement communiste. Les conclusions nécessaires doivent être tirées de cette défection. Car ils n'ont pas quitté les rangs des Partis communistes et créé des groupes/partis opportunistes par hasard, non parce qu'il existait des désaccords de détail mais bien sur le fond, et qu'ils ont capitulés et se sont soumis au système capitaliste, contribuant à perpétuer le système d'exploitation. Leur réponse à la question cruciale: « avec le peuple ou les monopoles? » est que, en théorie comme en pratique, ils sont du côté des derniers. Et tout en pouvant évoquer leurs racines communistes, ils mènent une offensive anti-communiste et anti-socialiste systématique contre le Marxisme-Léninisme; ils cherchent à corrompre la corruption et le désarmement politique et idéologique des Partis communistes, leur dissolution dans des formations opportunistes qui finissent dans les bras de la social-démocratie. Ce ne sont pas des forces « qui ne disent pas les choses aussi bien les communistes », mais des forces qui leur sont hostiles.



Au lieu de l'habituelle union des directions avec les formations et partis opportunistes ainsi qu'avec la social-démocratie au nom de l' « unité de la gauche », dont le mouvement communiste a tant pâti dans le passé, la tâche principale aujourd'hui pour les Partis communistes est la libération massive de la classe ouvrière et des forces populaires sous influence des partis bourgeois, tant sociaux-démocrates que libéraux. Sur cette base, les conditions préalables à la concentration des forces pour qu'une alliance sociale soit possible en Grèce seront créées, à travers le rassemblement de forces dans des fronts communs d'action d'organisations comme le Front militant des travailleurs (PAME), le Rassemblement militant de paysans (PASEVE), la Fédération des femmes grecques (OGE) et le Front militant des étudiants (MAS). C'est cette activité commune qui déterminera le temps qu'il nous faudra pour avoir une alliance socio-politique pleinement formée au niveau politique des forces anti-impérialistes et anti-monopolistes. Seul ce travail peut créer des liens avec la classe ouvrière et les masses populaires. En tout cas, les communistes ne peuvent rien construire sans un travail constant parmi les masses, guidés constamment par leur objectif stratégique du socialisme et par l'alliance qui les y mènera, en renforçant leur parti, qui est la force dirigeante irremplaçable de la classe ouvrière.



C'est la ligne politique que le KKE a suivi après le départ des forces opportunistes en 1990, et il a été démontré que le KKE n'était non seulement pas « isolé des masses », comme certains l'avaient espéré, mais avait même renforcé ses liens avec la classe ouvrière et les masses populaires. Cela est ressorti de façon patente dans les mobilisations et les grèves, où les communistes ont été à l'avant-garde. C'est patent aussi dans les résultats électoraux, qui ne sont pas l'indicateur le plus important pour les communistes, mais seulement un parmi tant d'autres. Lors des premières élections après la scission (1993) avec les opportunistes, le KKE a obtenu 4.5% (300 000 voix), en 2010 il a obtenu près de 11% et 600 000 voix.



Notre but de renversement de l'impérialisme au lieu de son humanisation, c'est plus que jamais d'actualité pour le KKE. Pour le KKE le front stable contre l'opportunisme est caractéristique de notre identité communiste, Marxiste-Léniniste. Cette identité et sa défense sont fondées aujourd'hui sur le rejet du PGE, son abandon par les Partis communistes qui en sont soit membres soit observateurs. Cette expérience n'est pas liée aux particularités de chaque pays pris individuellement. Au contraire, elles font partie du patrimoine collectif d'expériences du mouvement communiste. Ce sont des principes qui sont des préalables nécessaires à toute période et sont vrais pour chaque PC afin qu'ils puissent répondre au défi des luttes de classe les plus dures, du renversement du pouvoir des capitalistes et de construction du socialisme et du communisme.




La prise de position par rapport à l'anti-communisme est un critère fondamental




Vingt ans après le renversement du socialisme en URSS et en Europe centrale et orientale, dans les conditions de la crise capitaliste mondiale, les régimes bourgeois et leurs appareils idéologiques intensifient leur assaut contre le mouvement communiste et continuent à calomnier l'URSS et les autres démocraties populaires. Nous avons un exemple récent de cela en Allemagne.



Le prétendu « moteur » de l'Europe, doit être bien « assemblé » afin qu'il puisse « booster » la profitabilité du capital. Toutes les forces politiques dominantes, qu'elles soient de « gauche » ou de « droite » sont appelées à contribuer à leur façon à cet effort.



Dans ce pays, ont été en vigueur pendant des décennies des proscriptions envers les communistes travaillant à divers niveaux du secteur public. Le déclencheur d'une nouvelle flambée d'anti-communisme a été donné par l'intention de Gesine Lötzsch, présidente du Parti de gauche (Die Linke), de faire un discours à un meeting qui comprenait le mot « communisme » dans son intitulé. Cet événement a provoqué des réflexes de classe « durs » de la part des partis bourgeois Allemands, tout comme de la part des media, qui ont ont accusé le parti en question et son président de … glisser vers le « communisme ».




La « démocratie »... bourgeoise allemande




« Celui qui pose le communisme comme son objectif attaque l'ordre libéral-démocratique de notre constitution », dit le communiqué du Parti chrétien-démocrate (CDU) au pouvoir. Alors que le Parti social-démocrate (SPD), dans la déclaration du secrétaire de son groupe parlementaire, Tomas Oberman, a insisté sur les remous internes causés au sein de Die Linke par la présence de son président à un tel meeting, concluant que la « gauche a éclaté au niveau de ses directions ». Le secrétaire-général de l'Union social-chrétienne (CSU), Alexander Dobrindt, a demandé que « Die Linke soit surveillé au niveau national par les services de renseignement nationaux ».



Voici la tant vantée « démocratie bourgeoise » qui sert de modèle Européen et les « réalisations Européennes » du « moteur » de l'Europe, qui déclare ouvertement son anti-communisme et persécute quiconque qui ose poser la question du renversement du système capitaliste d'exploitation et la nécessité de la construction d'une société sans exploitation de l'Homme par l'Homme.




Les déclarations de Die Linke renonçant au communisme




Néanmoins, comme cela est le cas dans de telles situations, il y a souvent des « dommages collatéraux ». Le président de Die Linke tout en essuyant les tirs « hostiles » a aussi subi des tirs « amis » de la part de cadres de son propre parti. Même si elle a rendu de nombreuses déclarations « renonçant au communisme », affirmant qu'elle est « une socialiste et non une communiste », rappelant le « Stalinisme » et condamnant les « crimes du communisme ». Ils maudissent le « socialisme réel » et prêtent des serments d'allégeance au prétendu « socialisme démocratique »!



Les cadres de Die Linke s'alignent pour assurer de la fidélité de leur parti et pour louer la démocratie bourgeoise. Par exemple, Lothar Bisky, dirigeant et ancien président du parti, a déclaré il y a quelques jours que « la réunification de l'Allemagne a garanti les libertés et les droits individuels et nous a apporté une constitution exceptionnelle. Et si je peux parler à un niveau personnel – mes étudiants et mes enfants peuvent s'épanouir dans ce pays d'une façon qui aurait été auparavant au-delà de nos rêves les plus fous. »



Néanmoins, toutes ces tentatives d'... « exorciser le communisme » ne semblent pas avoir aidé Die Linke.




Des positions étrangères aux valeurs, traditions et à l'histoire du mouvement communiste




Dans le même temps, l'alliance idéologique des opportunistes avec l'idéologie bourgeoise est encore une fois manifeste. En tout cas, tant Die Linke que les partis du « Parti de la gauche européenne » (PGE) se réunissent dans l'opposition à la lutte de classe et à la construction du socialisme. Ce n'est pas un hasard si on s'appuie sur ses statuts; le PGE participe activement à la grossière campagne anti-communiste en Europe, condamnant l'histoire de la construction socialiste en URSS.



Nous devrions méditer un moment sur ce que cette attitude pourrait bien avoir en commun avec la prise de position courageuse de milliers de Grecs et d'autres communistes, qui face aux pelotons d'exécution, à la torture et à l'exil n'ont pas faibli et n'ont pas signé des déclarations renonçant au communisme, que les tortionnaires exigeaient d'eux? La réponse est – rien! Et Die Linke et le PGE n'ont rien en commun avec les traditions, l'histoire, les valeurs et l'expérience du mouvement communiste et ouvrier.



Leur affirmation qu'ils luttent pour un... « socialisme démocratique » opposé à un « communisme arbitraire », « totalitaire » et « dictatorial » n'est pas nouvelle. Ils poursuivent la voie du « socialisme démocratique » de Bernstein (qui a été formulée il y a cent ans de cela), un argumentaire renvoyant à la position de la 2nde Internationale vis-à-vis de la prise pacifique du pouvoir par la voie parlementaire, qui a été adoptée par le « courant euro-communiste ».



Comme le 18ème Congrès du KKE l'a estimé: « La propagande bourgeoise et opportuniste, parlant de l'absence de libertés et de régimes anti-démocratiques, déploient les concepts de « démocratie » et de « liberté » dans leur contenu bourgeois, identifiant la démocratie au parlementarisme et aux libertés bourgeoises et à la propriété capitaliste privée. La véritable essence de la liberté et de la démocratie sous le capitalisme est la coercition économique du travail salarié et la dictature du capital, dans la société en général et en particulier dans les entreprises capitalistes. Notre approche critique vis-à-vis du contrôle et de la participation ouvrière et populaire n'a rien à voir avec les polémiques bourgeoises et opportunistes en matière de démocratie et de 'droits' en URSS ».



Le KKE qui, contrairement au PGE, défend les réalisations du socialisme, après avoir étudié l'expérience de construction socialiste en URSS en vient entre autres à la conclusion suivante: « Afin de résoudre les problèmes qui se sont posés dans le pays, les voies et les moyens qui appartenaient au passé étaient usés. Avec la mise en œuvre de politiques de « marché », au lieu de renforcer la propriété sociale et la planification centralisée, l'homogénéisation de la classe ouvrière (avec l'élargissement des capacités et des compétences en vue de la multi-spécialisation, de l'alternance dans la division technique du travail), la participation ouvrière dans l'organisation du travail, le contrôle ouvrier de bas en haut, les tendances contre-révolutionnaires ont commencé à se renforcer ».




Différents aspects du front idéologique




En réalité, les affirmations des opportunistesconcernant le « socialisme démocratique » sont la « feuille de vigne » par laquelle les opportunistes cherchent à dissimuler leur rejet et leur opposition à la nécessité de la lutte révolutionnaire!



Le soi-disant « socialisme démocratique » est la « feuille de vigne » par laquelle les opportunistes cherchent à dissimuler leur conformité complète avec le système bourgeois, leur soumission à la « démocratie » bourgeoise, au pouvoir de la dictature du capital!



Le « socialisme démocratique » est la « mission », que les forces opportunistes ont fait leur, dans la campagne de calomnie hostile lancée par le système bourgeois contre le communisme scientifique, contre la lutte de classe. Une campagne qui n'est pas seulement opérationnelle dans les conditions capitalistes, mais est également une position claire contre l'expérience de construction socialiste en URSS et dans d'autres pays Européens! Ainsi, les forces politiques bourgeois, en choeur avec les opportunistes de Die Linke et du PGE avec leurs discours sur la « démocratie socialiste », critiquant d'une façon a-historique diverses périodes historiques, ont comme objectif évident le déni de la contribution de la construction socialiste. Parfois, ils attaquent en bloc les 70 ans d'histoire de l'URSS, en d'autres occasions ils s'attaquent à la période où les bases socialistes ont été posées sous la direction de Joseph Staline.



En fait, la direction de ce parti opportuniste Allemand en particulier « s'est surpassée » dans les hommages qui ont été rendus pour l'anniversaire de l'assassinat des dirigeants communistes d'Allemagne, Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, de la façon suivante: elle a placé sur le cimetière des militants socialistes et communistes une plaque commémorative pour les... « Victimes du stalinisme ». La persévérance de Die Linke dans cette provocation est manifeste pour la quatrième année consécutive, puisque la plaque, naturellement, provoque de fortes réactions.



Par ces actions, ils ont réussi à démontrer « le cordon ombilical » qui relie la « démocratie » bourgeoise à l'opportunisme. Comme un duo comique bien connu, dans lequel l'un forge tous les arguments pour les apologistes de la démocratie bourgeoise – les arguments qui dénoncent le socialisme, les principes fondamentaux de sa construction, et les arguments en faveur de la gestion capitaliste.



C'est ce membre de ce duo comique qui sert aux travailleurs le slogan « les gens avant le profit ». Au moment même où tous les aspects de la situation actuelle (crise capitaliste, chômage, guerres impérialistes, le récent scandale alimentaire concernant les dioxines en Allemagne etc) posent la nécessité de la suppression des profits capitalistes et du système d'exploitation qui en est à l'origine.



Quoiqu'ils disent, une chose est certaine: La lutte de classe n'a pas été abolie, les révolutions n'ont pas été abolies tout comme ceux qui les mènent n'ont pas à en donner la permission à la bourgeoisie. L'expérience de construction socialiste en URSS et dans d'autres pays, où à travers des luttes sans précédent la construction du socialisme a été tentée, est pour les communistes une contribution irremplaçable aux révolutions sociales de l'avenir!

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 17:36

Faire vivre et renforcer le PCF

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INVITATION

 

Rencontre communiste internationale


Paris, le 26 février 2011 

 

La crise capitaliste porte un coup important à l'idéologie dominante qui, il y a vingt ans de cela, proclamait la « fin du communisme » et avec lui « la fin de l'histoire ».


Un peu partout dans le monde, de grands mouvements de lutte se développent, porteurs d’une recherche de rupture avec le capitalisme.


En Tunisie, en Algérie, en Egypte, sur une base de classe, les peuples ébranlent les dictatures au service de l’impérialisme. En Amérique latine, des expériences d’édification du socialisme se poursuivent.

 

La question du socialisme revient au cœur de l’affrontement idéologique malgré le matraquage sur l’échec du « socialisme réel ».


Dans les pays d’Europe, sous l’égide de l’UE, la remise en cause, sans précédent depuis 1945 (à l’ouest), des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs rencontre une large opposition, des mobilisations nombreuses.


L’existence et le renforcement des organisations politiques révolutionnaires, marxistes et léninistes, c'est-à-dire des partis communistes, sont plus que jamais essentiels.

 

Leur affaiblissement théorique et organisationnel des dernières décennies pèse très lourd sur l’issue des luttes, sur le mouvement syndical.


Nous faisons ces constats dans notre pays, au sortir des immenses manifestations de cet automne contre la casse du système de retraite.


Dans le même temps, parmi les travailleurs, dans la jeunesse se manifeste un intérêt plus grand pour le communisme pour tout ce que continue à représenter notre Parti dans l’histoire de notre pays. Le 90ème anniversaire du PCF a suscité une attention renouvelée, un grand nombre d’initiatives à travers le pays.

 

L’histoire et l’avenir des partis communistes sont devenus en eux-mêmes un enjeu majeur de la lutte des classes. La pression est très forte, à l’extérieur comme à l’intérieur, pour renier la raison d’être de nos partis, mener à bout les processus de transformation en partis réformistes, de « gauche ». Le Parti de la gauche européenne est l’instrument international de cette entreprise coordonnée en Europe, avec la Confédération européenne des syndicats.

 

Au sein du PCF, nous faisons partie de ceux qui combattent ce processus liquidateur depuis plusieurs congrès.


Nous observons avec grand intérêt ce qui se développe dans les autres partis communistes le travail de coordination dont la 12ème rencontre des partis communistes et ouvriers à Johannesburg en décembre 2010 a traduit les nouveaux progrès. Nous tâchons de faire connaître ces expériences dans nos publications, entre autres avec le site internet http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/.

 

Mais nous éprouvons la nécessité d’intensifier les échanges avec nos camarades d’autres partis.


C’est dans cet objectif que nous organisons une rencontre communiste internationale fin février 2011 à Paris.

 

Des représentants du Parti communiste grec (KKE), du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS), de l’Ambassade de Cuba, des camarades d’Italie, d’Espagne (PCE – La Republica), d’Autriche (KPÖ – Styrie), de Tunisie ont confirmé leur participation.

 

Nous vous invitons à participer aux deux débats prévus le samedi 26 février au Patronage laïque du 15ème, 72 avenue Félix Faure (métro Boucicaut)

 

De 9h00 à 12h00 : « Internationalisme ou intégration européenne ? – les PC face à la logique réformiste et liquidatrice du PGE ».

 

De 14h30 à 17h30 : « Luttes nationales et actualité du socialisme »

 

Une table de livres sera tenue à l’entrée. Le n°4 du journal Cahiers communistes rendra compte de cette rencontre.

 

La solidarité entre partis communistes de différents pays, la confrontation d’expériences de lutte et de résistance ne peuvent que nous aider communistes français.

 

Fraternellement,

 

Corinne Bécourt, Frédéric Bernabé, Emmanuel Dang Tran, Claude Fainzang, Eric Jalade, Dominique Negri, membres du Conseil national du PCF

 

 

A votre disposition pour toute information complémentaire :

 

Contact :  anthony.crezegut@orange.fr ; pcf15@wanadoo.fr  

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 23:10

plath-newDéclaration commune des Partis communistes des Balkans réunis à Salonique: priorité au renforcement de la lutte anti-impérialiste contre les desseins de l'OTAN et de l'UE


Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce 22 janvier à Salonique, à l'initiative du KKE (Parti communiste grec), une rencontre de 10 partis communistes et ouvriers provenant de 8 pays des Balkans s'est tenue – d'Albanie, Bulgarie, Grèce, Croatie, Macédoine, Roumanie, Serbie et Turquie.

 

Cette rencontre a contribué à l'échange de vues concernant l'évolution de la situation dans les Balkans et en Méditerranée orientale, dans les conditions de la crise économique capitaliste internationale, l'intensification de l'agression impérialiste et des contradictions inter-impérialistes.

 

Les partis communistes et ouvriers des Balkans estiment que la véritable cause de la crise doit être trouvée dans l'aiguisement de la contradiction centrale du capitalisme, la contradiction entre le caractère social de la production et l'appropriation capitaliste de ses produits. Les problèmes du peuple dans son ensemble s'aggravent également, la pauvreté augmente, et la misère tant relative qu'absolue concernent une proportion importante de la population des pays des Balkans.

 

La découverte de nouvelles sources énergétiques dans les Balkans et en Méditerranée orientale, et l'intensité de leur exploitation par le capital, non seulement n'apportera pas la paix et la stabilité à notre région comme le prétendent les impérialistes et leurs gouvernements mais au contraire alimentera l'exacerbation de nouvelles rivalités. Dans le même temps, les peuples paieront beaucoup plus pour l'électricité, l'essence, le gaz naturel car les gros gisements énergétiques ne sont pas propriété du peuple, mais sont investis par les monopoles et des consortiums d'entreprises nationales et étrangères.

 

Les partis communistes et ouvriers des Balkans dans ces conditions saluent les luttes qui ont été menées en Grèce, en Roumanie et ailleurs pour que la ploutocratie et non le peuple paye pour la crise capitaliste.Ils saluent également les luttes contre l'impérialiste, pour défendre les droits et les acquis populaires et ouvriers, contre le nationalisme et le racisme, pour les droits des immigrés, qui se sont déroulés dans la période récente dans notre région. Les Partis communistes et ouvriers sont appelés à être en première ligne, en organisant toutes ces luttes.

 

Les participants à cette rencontre ont également exprimé leur disposition à affronter et à combattre la campagne de propagande et de chantage à grande échelle à la fois de l'OTAN et de l'UE.L'objectif de cette propagande et du chantage est l'adhésion et l'assimilation pleines et entières des pays des Balkans aux plans impérialistes, sur la base du nouveau « Concept stratégique de l'OTAN » qui a récemment été adopté à Lisbonne.

 

A côté de l'OTAN et de l'UE, les classes bourgeoises des états-membres candidats, les ONG, et les forces opportunistes, telles que le Parti de la gauche européenne (PGE), jouent un rôle de premier plan dans cette propagande visant à créer des illusions.

 

L'adhésion des pays des Balkans à l'UE et à l'OTAN, l'élargissement de ces deux organisations impérialistes dans les Balkans ne profitera pas aux peuples ou ne leur apportera pas la paix et la prospérité, mais tout le contraire. Par ailleurs, les peuples des Balkans et d'autres pays Européens qui sont déjà membres ont acquis une expérience hautement négative et peuvent témoigner que l'assimilation à l'OTAN et l'UE apporte à la classe ouvrière et le peuple pauvreté et autres problèmes. Bien sûr, dans le même temps, cela assure au grand capital des profits encore plus élevés et de nouveaux privilèges.

 

Le soi-disant rêve de l'adhésion à l'UE et à l'OTAN qui est mis en avant par les classes bourgeoises ne peut pas effacer la mémoire et la nostalgie des peuples des Balkans pour le socialisme qu'ils ont connu.En effet, ils ont l'expérience irréfutable que les problèmes et les besoins du peuple peuvent être résolus par une autre forme de pouvoir étatique, sans exploitation de l'Homme par l'Homme, le socialisme, en dépit de ses faiblesses.

 

Le désir commun exprimé lors de la rencontre fut celui de renforcer et d'accroître les activités communes ainsi que la coordination de nos Partis, tout comme la promotion d'une activité anti-impérialiste plus large, dans la direction suivante:

 

  • La solidarité envers les luttes syndicales/ouvrières sur des positions de classe, le développement des luttes pour les droits des travailleurs, des jeunes, des femmes qui ont éclaté dans les Balkans;

 

  • Le renforcement et l'élargissement du mouvement pour la paix, contre l'OTAN, anti-impérialiste dans les Balkans;

 

  • Le renforcement de la condamnation des peuples de l'anti-communisme et de l'identification historique du communisme avec le fascisme, qui a été mise en avant par l'UE et les classes bourgeoises;

 

  • Le développement de la solidarité avec les peuples en lutte, comme le peuple Palestinien. Et pour la libération des 5 révolutionnaires cubains des prisons Américaines et pour la fin du blocus économique de Cuba;



Afin que la lutte populaire contre la présence militaire impérialiste dans les Balkans se renforce, contre le soi-disant bouclier anti-missiles, contre les bases et armées étrangères, contre la participation de forces militaires des pays des Balkans aux missions de l'UE et de l'OTAN dans d'autres pays. Afin que nos pays se désengagent des plans et des organisations impérialistes:



Nous exigeons



Que nos pays n'aient aucune implication dans les nouvelles guerres impérialistes, au Moyen-Orient, en Afrique, dans le Caucase et dans les menaces qui sont adressées aux peuples qui remettent en question et luttent contre l' « ordre mondial » impérialiste.



Partis qui ont participé:



Parti communiste d'Albanie

Parti communiste de Bulgarie

Parti des communistes bulgares

Parti communiste de Grèce

Parti ouvrier socialiste de Croatie.

Parti communiste de Macédoine

Parti communiste de Roumanie

Nouveau parti communiste de Yougoslavie

Parti communiste de Turquie

Parti du Travail (EMEP), Turquie

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 01:03

africaconferenceDéclaration finale de la 12ème rencontre des Partis communistes et ouvriers


 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

Déclaration de Tshwane




La 12ème Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers s'est tenue à Tshwane [l'agglomération de Tshwane comprend la ville de Pretoria], en Afrique du sud du 3 au 5 décembre 2010 sous le thème: « L'approfondissement de la crise systémique du capitalisme. Les tâches des Communistes dans la défense de la souveraineté, l'approfondissement des alliances sociales, et le renforcement de la lutte anti-impérialiste dans la lutte pour la paix, le progrès et le Socialisme ».



102 délégués représentant 51 pays participants de 43 pays et de tous les continents du monde se sont rassemblés afin de faire avancer les efforts déjà réalisés dans les rencontres précédentes, et afin de promouvoir et de développer des actions communes et convergences autour d'une perspective partagée.




L'approfondissement de la crise capitaliste




La situation internationale continue d'être dominée par la persistance et l'approfondissement de la crise du capitalisme. Cette réalité confirme les analyses esquissées dans les déclarations de la 10ème rencontre de Sao Paulo de 2008 et la 11ème de New Delhi en 2009. La crise mondiale actuelle du capitaliste souligne ses limites historiques et la nécessité de son renversement révolutionnaire. Elle montre l'intensification de la contradiction fondamentale du capitalisme entre le caractère social de la production et son appropriation capitaliste privée



La crise est systémique en dépit des illusions antérieures à 2008 concernant une tendance conjoncturelle contraire, le capitalisme ne peut échapper à sa tendance lourde inhérente, systémique à traverser des cycles d'expansion et de récession. La crise mondiale actuelle est l'expression particulièrement intense d'une crise économique occasionnée par une sur-production capitaliste. Maintenant, comme dans le passé, il n'y a pas de réponse, dans la logique du capitalisme, à ces crises périodiques autres que la crise elle-même, marquée par la destruction massive et socialement irrationnelle de richesses – ce qui comprend des plans sociaux de masse, des fermetures d'usine, et une attaque généralisée contre les salaires, les retraites, la sécurité sociale et l'érosion du niveau de vie des couches populaires. C'est pourquoi, à nos deux précédentes rencontres, nous avons bien affirmé que la crise actuelle n'était pas seulement imputable à des défaillances subjectives, à l'avidité des banquiers ou des spéculateurs financiers. Cela reste une crise ancrée dans les caractéristiques systémiques du capitalisme même.



La persistance de la crise est renforcée par d'importants changements dans le rapport de forces international. En particulier, on constate l'actuel déclin relatif de l'hégémonie mondiale économique des Etats-unis, la stagnation générale de la production dans les économies capitalistes les plus avancées, et l'émergence de nouvelles puissances économiques mondiales, notamment la Chine. La crise a intensifié la concurrence entre les centres impérialistes et également entre puissances établies et puissances émergentes. Ceci comprend la guerre des monnaies menée par les Etats-unis; la concentration et la centralisation de la puissance économique et politique au sein de l'Union Européenne renforce sa nature de bloc impérialiste menée par ses principales puissances capitalistes; une nette accentuation des luttes inter-impérialistes pour les marchés et l'accès aux matières premières; l'expansion du militarisme, comprenant le renforcement des alliances agressives (par exemple, le sommet de Lisbonne de l'OTAN avec son « nouveau » et dangereux concept stratégique), la profusion de points régionaux de tension et d'agression (notamment au Proche-orient, en Asie et en Afrique), les coups d'Etat en Amérique Latine, l'intensification des tendances néo-impérialistes à attiser les conflits ethniques et la militarisation croissante de l'Afrique à travers, entre autres, l'AFRICOM.



Dans le même temps, il devient clair que la course du capitalisme à la maximisation du profit, qui nous jette tête baissée vers la destruction des ressources, et de l'environnement en général, pose une grave menace à la pérennité de la civilisation humaine même. Les élites politiques dans les Etats capitalistes dominants avec leurs diverses propositions pour des « technologies vertes » et de commerce du carbone représente, au mieux, des ajustements qui améliorent la profitabilité du capital tout en approfondissant la marchandisation de la nature, et le transfert des crises du changement climatique vers les pays les moins développés. La crise du système capitaliste que nous affrontons, en tant qu'Humanité, est directement liée à l'incapacité du capitalisme de se reproduire autrement que la poursuite vorace d'une croissance infinie. C'est une crise qui ne peut être dépassée que par l'abolition du capitalisme lui-même.



Confronté à ces réalités, partout le capital contre-attaque, cherchant à maintenir les profits et à transférer le poids de la crise sur le dos des travailleurs en intensifiant l'exploitation basée sur le genre et l'âge, les pauvres ruraux et urbains, et un large éventail des couches moyennes. L'exploitation s'intensifie, l'État est utilisé pour venir à la rescousse des banquiers privés et des établissements financiers tandis que l'on expose les générations futures à des niveaux d'endettement insoutenables, et que des efforts s'intensifient pour revenir sur les acquis sociaux.



Dans l'ensemble du monde capitaliste, les acquis sociaux, économiques, politiques des travailleurs ainsi que le droit à la sécurité sociale sont en train d'être supprimés. Dans le même temps, les systèmes politiques deviennent de plus réactionnaires, restreignant les libertés démocratiques et civiles, en particulier les droits syndicaux. La politique de réduction des dépenses, ce qui comprend les coupes massives dans les dépenses dans le secteur public, ont un impact dévastateur sur les travailleurs et en particulier sur les travailleuses. Il existe également des tentatives de détournement de la détresse et de l'insécurité populaires vers la démagogie réactionnaire, le racisme et la xénophobie, tout comme de légitimation de forces fascistes. Ce sont des expressions de tendances anti-démocratiques et autoritaires également marquées par l'escalade des offensives et campagnes anti-communistes, dans de nombreuses parties du monde. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, nous sommes les témoins du fait que sont imposés aux peuples de nouvelles machines d'oppression nationale et de classe, ce par l'utilisation de moyens économiques, financiers, politiques et militaires tout comme par le déploiement de toute une série d'ONG pro-impérialistes.



Cependant, pour la grande masse des peuples, en particulier en Afrique, en Asie et en Amérique latine, il est important de rappeler que, même avant la crise économique mondiale actuelle, la vie sous le capitalisme a été une crise continue, une lutte quotidienne pour la simple survie. Même avant la crise mondiale actuelle, un milliard de personnes vivaient dans des bidonvilles misérables, et la moitié de la population mondiale survivait avec moins de 2 dollars par jour. Avec la crise, ces réalités se sont grandement aggravées.



La plupart de ces pauvres urbains et ruraux, ainsi que les membres de leur famille travaillant comme immigrants vulnérables en pays étrangers, sont des personnes déplacées victimes de ce développement capitaliste agraire accélérée en cours en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Le capitalisme mondial, dont les fers de lance sont les grandes entreprises multi-nationales du secteur agro-alimentaire, a déclaré la guerre à près de la moitié de l'humanité – ces trois millions restant les ruraux d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine.



Dans le même temps, des obstacles inhumains sont mis en place contre les immigrants et les réfugiés. Il y a prolifération constante des bidonvilles urbains et semi-urbains peuplés par des masses marginalisées désespérées généralement impliquées dans une variété d'activités pour survivre. La transformation capitaliste agraire accélérée dans les pays avec un niveau de développement capitaliste moindre a des implications génocidaires.


 

 

L'importance des luttes de résistance de la classe ouvrière et des forces populaires

 


Partout dans le monde, les tentatives du capital de faire porter tout le poids de la crise par les travailleurs et les pauvres se heurtent à la résistance du peuple et de la classe ouvrière.



Au cours de l'année écoulée, les offensives anti-populaires contre les droits des travailleurs, le droit à la sécurité sociale et les salaires a provoqué une escalade des luttes populaires, notamment en Europe.



Les agressions impérialistes au Moyen-orient, en Asie et en Amérique latine continue à affronter une résistance populaire résolue.



En Afrique et en Amérique latine, les forces anti-impérialistes, les syndicats et les mouvements soicaux ont intensifié leurs luttes pour les droits du peuple et contre le pillage par les multi-nationales. Ces luttes ont, dans certains cas, mené à l'émergence de gouvernements progressistes, national-populaires qui s'affichent programmatiquement pour la souveraineté nationale, les droits sociaux, le développement et la protection de leurs ressources naturelles et de la bio-diversité, donnant un élan nouveau à la lutte anti-impérialiste.



Dans la réalité actuelle, c'est un impératif historique que les Partis communistes et ouvriers participent au renforcement et à la transformation de ces batailles populaires défensives en luttes offensives pour l'acquisition de nouveaux droits populaires et sociaux et pour l'abolition du capitalisme.



En mettant en avant cet agenda stratégique, les communistes soulignent l'importance que l'organisation de la classe ouvrière, et le développement des luttes du mouvement ouvrier sur des positions de classe, a dans la lutte pour la conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière et ses alliés.



Dans le cadre de cette lutte, nous attachons une importante toute particulière à:



  • La défense, la consolidation et le progrès de la souveraineté nationale et populaire;

  • L'approfondissement des alliances sociales;

  • Le renforcement du front anti-impérialiste pour la paix, pour le droit à des emplois stables à temps plein, pour des droits sociaux des travailleurs, tels que la santé et l'éducation gratuites.



La défense, la consolidation et le progrès de la souveraineté populaire




Face à l'intensification de l'agression par le capital trans-national, la lutte contre l'occupation impérialiste de certains pays, contre la dépendance économique et politique et pour la défense de la souveraineté populaire est devenue de plus en plus cruciale. Dans ces luttes, il est important pour les communistes d'intégrer ces luttes à la lutte pour l'émancipation sociale et de classe.



Les communistes, luttant contre l'impérialisme, luttent pour des relations internationales équitables entre les Etats et les peuples, sur une base mutuellement avantageuse.



La défense, la consolidation et le progrès de la souveraineté populaire est d'une importance particulière en Afrique et pour les autres peuples qui ont enduré des décennies voire des siècles d'oppression coloniale et semi-coloniale. 2010 marque le 50ème anniversaire des débuts du processus formel de dé-colonisation en Afrique. Pourtant partout dans le monde, y compris dans la diaspora Africaine, le sombre héritage de la traite des esclaves, de la dépossession et du pillage coloniaux persistent. Malgré 50 ans de décolonisation formelle, partout les interventions impérialistes se renforcent, la domination des monopoles se consolide avec l'aide du capital national. La lutte contre eux nécessite que les masses populaires soient unies et jouent un rôle de premier plan dans la conquête de nouveaux droits démocratiques et populaires.




L'approfondissement des alliances sociales




La crise actuelle du capitalisme et sa contre-attaque anti-civilisationnelle crée les conditions de la construction de larges alliances sociales anti-monopolistes et anti-impérialistes capables de conquérir le pouvoir et de faire avancer des transformations profondes, progressistes, radicales et révolutionnaires.



L'unité de la classe ouvrière est un facteur fondamental dans la garantie de la construction d'alliances sociales effectives avec la paysannerie, la masse des pauvres ruraux et urbains, les couches moyennesurbaines et les intellectuels. Une attention particulière doit être apportée aux aspirations et aux défis auxquels est confrontée la jeunesse.



La question de la terre, la réforme agraire et le développement rural sont des questions importantes pour le développement de la lutte populaire dans les pays moins développés. Elles sont inextricablement liées à la souveraineté et la sécurité alimentaires, la pérennité des conditions de vie, la défense de la bio-diversité, la protection des ressources naturelles, et la lutte contre les monopoles agro-alimentaires et leurs agents locaux.



Dans ces luttes, les aspirations légitimes et progressistes des peuples autochtonespour la défense de leurs cultures, langues et environnements ont un rôle important.




Le rôle des communistes dans le renforcement du front anti-impérialiste pour la paix, un environnement durable, le progrès et le socialisme




La crise et la contre-attaque de l'impérialisme mènent à l'élargissement et la diversification des forces qui objectivementprennent une position patriotique et anti-impérialiste. Partout, dans nos réalités diverses, les Communistes ont une responsabilité pour élargir et renforcer le front politique et social anti-impérialiste, les luttes pour la paix, la durabilité environnementale, le progrès et pour les intégrer à la lutte pour le socialisme. Le rôle indépendant des Communistes et le renforcement des partis Communistes et ouvriers est d'une importance vitale pour assurer une perspective anti-impérialiste conséquentede constitution de fronts et de mouvements plus larges.



Une attention particulière doit être accordée à la relation existant entre les différentes luttes de résistance et la nécessaire offensive idéologique pour la visibilité de l'alternative du socialisme et de la défense et du développement du socialisme scientifique. La lutte idéologique du mouvement communiste est d'une importance vitale afin de repousser l'anti-communisme actuellement à l'œuvre, d'affronter l'idéologie bourgeoise, les théories anti-scientifiques et les courants opportunistes qui rejettent la lutte de classe, et de combattre le rôle des forces sociales-démocrates qui défendent et mettent en oeuvres les politiques anti-populaires et pro-impérialistes en soutenant la stratégie du capital. Nous avons un rôle-clé à jouer en établissant les liens essentiels dans la théorie et surtout en pratiqueentre les différentes scènes de la lutte populaire dans le développement d'une solidarité internationaliste de classe.



Nous vivons dans une époque historique où la transition du capitalisme au socialisme est devenue un impératif civilisationnel. La crise totale du capitalisme souligne une fois de plus la nature inséparable des tâches de libération nationale et d'émancipation sociale, nationale et de classe.



Face à l'approfondissement de la crise capitaliste, les expériences de construction socialiste démontrent les conditions de la supériorité du socialisme.



Le renforcement de la coopération entre Partis communistes et ouvriers et le renforcement du front anti-impérialiste, devraient aller l'un dans l'autre.



Nous, partis Communistes et ouvriers réunis à Tshwane, dans une situation marquée par une offensive massive contre les travailleurs et les forces populaires, mais également avec de nombreuses possibilités pour le développement de la lutte, exprimons notre profonde solidarité avec les travailleurs et les peuples et leurs luttes intense, réaffirmant notre détermination à agir et à lutter cote à cote avec les masses laborieuses, les jeunes, es femmes et toutes les couches populaires victimes de l'exploitation et de l'oppression capitalistes.



Nous réaffirmons notre appel le plus large aux forces populaires afin de nous rejoindre dans une lutte commune pour le socialisme qui est la seule alternative pour l'avenir de l'humanité.



Nous indiquons les principaux axes suivants pour le développement de nos actions communes et convergentes:



  1. Avec l'approfondissement de la crise capitaliste, nous allons nous concentrer sur le développement des luttes ouvrières et populaires pour les droits sociaux et les droits des travailleurs, le renforcement du mouvement syndical sur des positions de classe; la promotion d'alliances sociales avec les paysans et les autres couches populaires. Une attention particulière doit être accordée aux problèmes des femmes et des jeunes qui sont parmi les premières victimes de la crise capitaliste.

 

  1. Face à l'agression impérialiste tout azimuts et à l'intensification des rivalités inter-impérialistes, nous allons intensifier la lutte anti-impérialiste pour la paix, contre les guerres et les occupations impérialistes, contre la dangereuse « nouvelle » stratégie de l'OTAN et les bases militaires étrangères, et pour le démantèlement de toutes les armes nucléaires. Nous allons étendre la solidarité internationale active avec tous les peuples et mouvements affrontant et résistant à l'oppression, aux menaces et aux agressions impérialistes.

 

  1. Nous allons avec résolution lutter contre l'anti-communisme, les lois, mesures et la persécution anti-communistes; pour demander la légalisation des Partis communistes là où ils ont été interdits. Nous allons défendre l'histoire du mouvement communiste, la contribution du socialisme au progrès de la civilisation humaine.

 

  1. Nous affirmons notre solidarité avec les forces et les peuples engagés dans la lutte pour la construction du socialisme. Nous réaffirmons notre solidarité avec le peuple Cubain et leur révolution socialiste, et nous continuerons à nous opposer vigoureusement au blocus et à soutenir la campagne internationale pour la libération des 5 cubains.

 

  1. Nous contribuerons, dans le contexte particulier de nos réalités nationales, au renforcement des organisations de masses internationales anti-impérialistes, telles que la FSM, le Conseil mondial pour la paix, la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, la Fédération démocratique internationale des femmes. Nous accueillons et saluons tout particulièrement la tenue du 17ème Festival mondial de la jeunesse et des étudiants en Afrique du sud, du 13 au 21 décembre 2010.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
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