Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 02:39

nato---english.pngRencontre Internationale des Partis Communistes et Ouvriers à Lisbonne



Renforcer la coopération et avancer dans la lutte



En vue du sommet de l'OTAN de Novembre à Lisbonne: Pour la paix, Non à l'OTAN!



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce week-end dernier s'est réuni, à Lisbonne, le Groupe de Travail de la Rencontre Internationale des Partis Communistes et Ouvriers. Les participants ont préparé la 12ème Rencontre Internatioanle des Partis Communistes et Ouvriers, prévue pour les 3,4 et 5 décembre 2010, à Johannesbourg (Afrique du Sud), décidé de marquer le 65ème anniversaire de la victoire sur le nazisme et le fascisme et adopté une déclaration commune pour la paix et contre l'OTAN, dont le sommet aura lieu en Novembre au Portugal.



Le Groupe de Travail était dans la capitale portugaise, à l'invitation du Parti Communiste Portugais (PCP) et du Parti Communiste Sud-Africain (SACP), avec l'objectif de préparer la grande réunion des Partis Communistes et Ouvriers, dont l'hôte sera le SACP, qui se tiendra avec comme thème : « L'approfondissement de la crise systèmique du capitalisme; les tâches des communistes dans la défense de la souveraineté et dans l'approfondissement des alliances sociales, en renforçant le front anti-impérialiste dans la lutte pour la paix, le progrès et le socialisme ».



« Comme cela se passe habituellement, la réunion a été ouverte à tous les partis qui participent au processus des Rencontres Internationales », explique-t-on dans le communiqué de presse, après avoir noté la présence de « tous les membres du Groupe de Travail », souligne-t-on.



« La réunion a rendu possible un échange utile d'informations et de points de vue sur les plus récents développements de la situation internationale, en mettant en évidence l'approfondissement de la crise capitaliste et l'intensification de l'offensive exploiteuse et agressive de l'impérialisme, mais aussi la forte résistance des travailleurs et des peuples, une lutte avec laquelle a été déjà exprimée une solidarité internationaliste active », ajoute-t-on dans le texte diffusé à la presse.



En ce sens, les partis présents ont adopté une motion spécifique de solidarité avec Cuba socialiste (que nous transcrirons par la suite dans son intégralité), et « ont exprimé également leur solidarité avec la lutte du peuple Chypriote contre l'occupation turque et pour la réunification de leur patrie ».



Pendant les travaux, le Groupe de Travail a encore réaffirmé « son engagement à poursuivre dans la voie des lignes d'action adoptées lors de la Rencontre Internationale réalisée à Delhi, en Novembre 2009 » et, ainsi, a décidé « de marquer le 65ème anniversaire de la victoire sur le nazisme et le fascisme avec l'adoption d'une déclaration commune et l'appel à la réalisation d'actions populaires dans les différents pays, à l'occasion du 9 Mai 2010. »



Pour la paix, contre l'OTAN



A la réunion de Lisbonne, le Parti Communiste Sud-Africain (SACP), le Parti du Travail de Belgique (PTB), le Parti Communiste du Brésil (PcdoB), le Parti Communiste de Bohême-Moravie (KSCM), le Parti Progressiste des Travailleurs de Chypre (AKEL), le Parti Communiste de Cuba (PCC), le Parti Communiste d'Espagne (PCE), le Parti Communiste de Grèce (KKE), le Parti Communiste d'Inde (PCI), le Parti Communiste d'Inde-Marxiste (PCI-M), le Parti Communiste Libanais (PCL), le Parti Communiste Portugais (PCP) et le Parti Communiste de la Fédération Russe (KPRF) ont donné une égale importance à la décision de « promouvoir des actions communes contre l'OTAN et son expansion mondiale, contre la recrudescence de l'agressivité militaire impérialiste et contre les bases militaires étrangères. »



Etant donné « la réalisation du Sommet de ce bloc politico-militaire, prévue pour Novembre, au Portugal, les partis participants ont adopté une déclaration commune où ils en appellent aux travailleurs et aux peuples du monde entier, aux forces progressistes et de gauche, au mouvement ouvrier et aux autres organisations sociales qui se mobilisent dans la lutte pour la paix, contre la guerre et l'OTAN, saluent « la 'Campagne pour défendre la paix et contre le Sommet de l'OTAN au Portugal – Oui à la Paix! Non à l'OTAN! » et manifestent leur volonté que les actions de lutte contre l'OTAN et son nouveau concept stratégique prévues pour Novembre 2010 au Portugal aient une forte expression ».



Le texte que nous publions ici dans son intégralité a comme premiers signataires tous les partis présents à la réunion de Lisbonne et est ouverte à la signature de tous les partis qui participent au processus des Rencontres Internationales.



« Pour la paix! Non à l'OTAN! »



« Dans un contexte marqué par l'approfondissement de la crise structurelle du capitalisme, par l'approfondissement de l'exploitation des travailleurs et des peuples, par les rivalités inter-impérialistes et par des processus complexes de réagencement des forces à l'échelle internationale, l'impérialisme se lance dans de nouvelles dérives anti-démocratiques et des interventions militaristes et avance avec des solutions de force pour tenter de se perpétuer et de défendre ses intérêts de classe. »



« L'offensive militarisée menée par les puissances impérialistes et par l'OTAN a un caractère global et multiforme.



« La guerre impérialiste s'intensifie à l'échelle mondiale sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Les blocs impérialistes, comme l'OTAN, se renforcent. La militarisation de l'Union Européenne s'accélère avec l'adoption frauduleuse du Traité de Lisbonne dans lequel est inscrit la conception de l'Union comme pilier européen de l'OTAN. La course aux armements se poursuit ainsi que l'investissement dans de nouvelles armes encore plus meurtrières. Les dépenses militaires atteignent des chiffres record, notamment aux Etats-Unis et dans l'Union Européenne. L'élargissement des zones d'influence et des alliances militaro-stratégiques impérialistes progresse, notamment à travers ce qu'on appelle 'les partenariats pour la paix', en Asie, dans les territoires d'ex-URSS, tout comme en Afrique.



Le maillage mondial des bases militaires des Etats-Unis et des pays de l'OTAN se densifie et leurs forces militaires se déploient de l'Amérique Latine à l'Afrique; du Moyen-Orient, de l'Océan Indien et de l'Asie Centrale à l'Europe de l'Est, au Caucase et à la Mer Noire.



« Les occupations de l'Afghanistan et de l'Irak se poursuivent et on se lance dans des agressions militaires contre plusieurs pays. Les conspirations et les manœuvres d'ingérence se succèdent en Amérique Latine et dans plusieurs pays du continent Africain et les provocations se multiplient, comme au Liban. La question palestinienne n'est toujours pas réglée, comme celle du Sahara Occidental, alors que les crimes impérialistes continuent à rester impunis. Les provocations s'intensifient contre la République Populaire de Chine, dont la vente d'armes à Taiwan par les Etats-Unis constitue un exemple particulièrement grave, ainsi que les menaces proférées contre des pays comme l'Iran et la Syrie.



« Les attaques contre la souveraineté des Etats s'intensifient, notamment à travers des modifications de frontières, dont l'indépendance auto-proclamée de la province serbe du Kosovo est un grave exemple. Le Droit International, produit du rapport de force résultant de la défaite du nazisme et du fascisme lors de la Seconde guerre mondiale, est sérieusement remis en cause et la cible d'un processus qui vise à sa destruction.



« Au nom de la 'sécurité' et du 'combat contre le terrorisme', on relance des dérives sécuritaires, on attise le nationalisme xénophobe et l'intolérance religieuse et culturelle, des crimes se commettent contre les droits de l'Homme, comme contre les droits économiques, sociaux, démocratiques et de participation et d'organisation politique et sociale; des campagnes anti-communistes se développent et on persécute les forces qui résistent à l'offensive de l'impérialisme et défendent les droits sociaux et nationaux des peuples.



La réalité dément les campagnes de réhabilitation de l'impérialisme



« La réalité mondiale de ce début de XXIème siècle dément les campagnes de réhabilitation de l'image de l'impérialisme nord-américain déclenchées autour de l'élection de Barack Obama. La nature et les objectifs de la politique des Etats-Unis et de l'OTAN sont clairs désormais: la domination sur les ressources natures et énergétiques, le contrôle des technologies, l'expansion des marchés, la domination militaire et géo-stratégique. Autrement dit, une réponse par la force à l'affaiblissement relatif de la position des Etats-Unis au niveau international.



« La rhétorique du 'multilatéralisme' et du 'dialogue' est démasquée par la politique belliciste et interventionniste des Etats-Unis, l'Union Européenne et l'OTAN, par l'offensive impérialiste en cours et par le risque réel de nouveaux conflits militaires du Moyen-Orient et de l'Asie Centrale à l'Amérique Latine. En dépit des antagonismes entre les Etats-Unis et l'Union Européenne, les deux convergent dans l'offensive contre les droits sociaux et nationaux des peuples.



« La guerre et l'agression sont l'autre visage de la mondialisation économique impérialiste et l'OTAN est une pièce maitresse de sa stratégie de domination hégémonique et de persécution des forces et des pays qui s'y opposent. L'OTAN joue un rôle central dans la militarisation des relations internationales et dans la course aux armements, en étant le principal fauteur des conflits et de la tension qui rythment l'actualité. Sous l'allusion aux 'nouvelles menaces globales' – doctrine qui se substitue au vieux prétexte de 'menace communiste' – l'OTAN impose une escalade belliciste et militariste à grande échelle – dont la guerre en Afghanistan est un élément clé.



« L'OTAN organisera, en Novembre, au Portugal, un Sommet dans lequel elle cherchera à rénover sa doctrine stratégique et qui représentera un nouveau et extrêmement dangereux saut qualitatif dans le rôle, la mission et les objectifs de l'Organisation.



« Avec sa nouvelle doctrine stratégique, l'OTAN envisage de changer sa doctrine pour y inscrire ce qu'elle fait déjà en pratique: étendre son champ d'intervention et la projection de ces forces sur l'ensemble du globe; élargir le cadre de ses missions à des questions comme l'énergie, l'environnement, les migrations et les questions de sécurité interne des Etats; se réaffirmer comme un bloc militaire nucléaire malgré la rhétorique du désarmement militaire, en prévoyant l'usage de l'arme nucléaire dans des attaques militaires; développer davantage le complexe militaro-industriel et la recherche militaire et exiger de tous leurs membres une augmentation des dépenses militaires; inclure dans ses missions des actions d'ingérence directe et d'occupation sous couvert de missions d'interposition et de maintien de la paix; aller plus loin dans l'instrumentalisation de l'ONU pour poursuivre ses objectifs et approfondir son rôle de bras armé de l'impérialisme.



Les peuples luttent et résistent



« L'impérialisme paraît être tout-puissant, mais il ne l'est pas. Comme la réalité nous le montre, aux grands dangers résultant de la réponse par la force de l'impérialisme à la crise du capitalisme s'opposent à la lutte progressiste et révolutionnaire des peuples. Dans de nombreuses régions du monde, les peuples prennent entre leurs mains la défense de leurs droits et de la souveraineté et de l'indépendance de leurs pays, résistent sous les formes les plus variées et imposent des revers importants à la stratégie de domination impérialiste.



« En ce sens, et en exprimant notre profonde conviction que, par la lutte, il est possible de mettre en échec l'OTAN et ses objectifs bellicistes et militaristes, il est possible de construire un avenir de paix, de progrès et de justice sociale, où chaque peuple peut décider librement de son destin, inséparable de la lutte pour le socialisme, nous, Partis Communistes et Ouvriers signataires de cette déclaration:



« Exigeons la fin de la course aux armements, le désarmement nucléaire en commençant par les plus grandes puissances nucléaires du Monde, comme les Etats-Unis, la destruction complète des armes chimiques et biologiques, la fin des bases militaires étrangères.



« Lançons un appel aux travailleurs et aux peuples du monde entier, aux forces progressistes et de gauche, au mouvement ouvrier et aux autres organisations sociales qui se mobilisent et renforcent la lutte pour la paix, contre la guerre et l'OTAN. Nous réaffirmons notre soutien de toujours au mouvement pour la paix. Nous félicitons le Conseil Mondial de la Paix pour son 60ème anniversaire et pour sa campagne contre l'OTAN.



« Déclarons notre intention de marquer les 65 ans de la victoire sur le nazisme et le fascisme comme une importante journée de lutte pour la paix et contre la distorsion monumentale de l'Histoire qui tente d'effacer le rôle central des communistes dans la libération des peuples du joug nazi et fasciste et mettre sur le même plan nazisme et communisme.



« Réaffirmons notre solidarité avec les peuples qui résistent aux occupations, agressions et ingérences de l'impérialisme et qui mènent de rudes batailles pour leur auto-détermination et leur indépendance, notamment avec les peuples du Moyen-Orient, les peuples palestiniens, libanais et syrien, et d'Asie Centrale. Nous exigeons le retrait immédiat de toutes les troupes engagées en Irak et en Afghanistan et dans toutes les autres interventions impérialistes dans le monde.



« Exigeons la dissolution de l'OTAN et soutenons le droit souverain des peuples à décider de la sortie de leurs pays de cette alliance agressive. Nous réaffirmons notre opposition frontale à la militarisation de l'Union Européenne et à sa politique militariste et impérialiste, à l'élargissement de l'OTAN et à la mise en place du nouveau 'système anti-missile' des Etats-Unis et de l'OTAN en Roumanie et en Bulgarie. Nous exprimons notre solidarité avec le peuple de Chypre (Greco-Chypriotes et Turco-Chypriotes) et à sa lutte contre l'occupation turque et pour la réunification de leur patrie, pour une solution juste au problème chypriote.



« Exigeons la fin des provocations et des ingérences en Amérique Latine et dans les Caraibes. Nous exprimons notre solidarité avec Cuba Socialiste et avec les peuples, les forces politiques et les gouvernements nationaux de nature démocratique, progressiste, populaire et anti-impérialiste de la région comme ceux du Vénézuela Bolivarien, de la Bolivie, de l'Équateur et du Nicaragua. Nous exigeons la libération des cinq patriotes cubains injustement prisonniers aux Etats-Unis. Nous réitérons notre soutien à la lutte du peuple hondurien pour la démocratie et contre le régime putschiste et pour son droit à décider de son avenir. Nous exigeons le retrait de la IV ème Flotte Nord-Américaine dirigée contre l'Amérique Centrale et du Sud, la fermeture des bases militaires des Etats-Unis dans la région, notamment celle de Guantanamo et les bases en Colombie. Nous dénonçons l'intervention militaire des Etats-Unis à Haïti et réclamons que les Nations Unies interviennent, dans le cadre d'une mission civile, dans ce Pays. Nous revendiquons que les actions de solidarité et de coopération avec le peuple haïtien contribuent au renforcement de l'État national indépendant et au développement économique et social du pays.



« Exprimons notre solidarité avec les peuples d'Afrique dans leur lutte pour le droit au développement et avec le peuple du Sahara Occidental pour le droit à son auto-détermination. Nous exigeons la fin de la militarisation et de l'ingérence impérialiste sur le continent, notamment sur les côtes de Somalie, dans toutes la région de la corne de l'Afrique, en République Démocratique du Congo et au Soudan. Nous réaffirmons notre engagement à poursuivre la lutte contre le commandement militaire nord-américain sur le continent (AFRICOM)



« Exprimons notre soutien au mouvement de la paix, au mouvement syndical de classe, de jeunesse, des femmes et à d'autres organisations qui au Portugal ont animé la Campagne pour la Paix et contre l'OTAN. Nous prenons l'engagement de faire tout ce qui est à notre pouvoir pour soutenir et mobiliser pour des actions de lutte contre l'OTAN et sa nouvelle doctrine stratégique prévues pour Novembre de cette année au Portugal.



Lisbonne, 14 Mars 2010

 

Les participants à la réunion du Groupe de Travail de la Rencontre Internationale des Partis Communistes et Ouvriers



Parti Communiste Portugais (PCP)

Parti Communiste Sud-Africain (SACP)

Parti du Travail de Belgique (PTB)

Parti Communiste du Brésil (PCdoB)

Parti Communiste de Bohême-Moravie (KSCM)

Parti Progressiste des travailleurs (AKEL)

Parti Communiste de Cuba (PCC)

Parti Communiste d'Espagne (PCE)

Parti Communiste de Grèce (KKE)

Parti Communiste d'Inde (Marxiste)

Parti Communiste d'Inde

Parti Communiste Libanais

Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF)

 

 

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 00:54

8marsURSSLutte de classes et droits des femmes


par Isabel Cruz,



de la Commission du Comité Central du PC Portugais pour la lutte et le mouvement des femmes



Traduit par AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« L'émancipation de la femme, comme de tout le genre humain, ne deviendra une réalité que le jour où le travail s'émancipera du capital. C'est seulement dans une société socialiste que les femmes, comme les travailleurs en général, accèderont à la pleine possession de leurs droits. »


Clara Zetkin, 1889 (Extrait du Discours prononcé au Congrès International Ouvrier de Paris)


 

La Journée Internationale de la Femme a été proclamée sous proposition de la révolutionnaire allemande Clara Zetkin, le 26 Août 1910 [Pendant la seconde Conférence des Femmes de la Seconde Internationale, réalisée à Copenhague, où étaient présentes 100 déléguées de 17 pays]. Le texte de cette proclamation a été publiée très jours après dans le journal Die Gleichheit (L'Egalité).

 

Commémorée le 19 Mars 1911, la première Journée Internationale de la Femme a mobilisé plus d'1 million de femmes dans plusieurs villes d'Allemagne, de Suisse, d'Autriche et du Danemark. Alexandra Kollontai a décrit l'événement qui a alors dépassé toutes les attentes: « (…) l'Allemagne et l'Autriche furent ce jour-ci une mer débordante et agitée de femmes (…) Ce fut certainement la première démonstration de militantisme des femmes travailleuses (…) Cette première Journée Internationale des Femmes (…) sous le mot d'ordre 'Le droit de vote pour les travailleuses' et 'unir les forces dans la lutte pour le socialisme' »

 

Le débat impulsé par le mouvement ouvrier et révolutionnaire, notamment par Clara Zetkin, autour des revendications politiques, civiques et syndicales des femmes prolétaires a contribué à lancer les bases organiques de la lutte des travailleuses à partir de revendications spécifiques, d'objectifs de classes et de leur intégration dans la lutte pour le socialisme. La décision de créer une Journée Internationale de la Femme s'adressant aux travailleurs a correspondu à la nécessité de donner une forte impulsion à la lutte organisée des ouvrières, à une époque où l'entrée massive des femmes dans le travail en usine et le développement du mouvement communiste ont conduit à l'intensification de la lutte des femmes pour de meilleures conditions de travail, de meilleurs salaires et pour des droits sociaux et politiques.

 

Le mot d'ordre de la première commémoration a été réitéré lors de la conférence qui a proclamé la Journée Internationale de la Femme: « (…) le suffrage universel, accordé à toutes les femmes majeures sans condition liée à la propriété, ni à l'impôt, ni au niveau d'instruction, sans toutes les autres conditions qui excluent les membres de la classe ouvrière de la jouissance de ce droit » [Résolutions de la Conférence Internationale des Femmes Socialistes, ténue à Copenhague le 25 et 26 août 1919, et communiquées au Congrès Socialiste International]

 

Contrairement aux exigences des femmes bourgeoisies qui faisait de cette lutte « un objectif final », cette revendication centrale reposait sur les commentaires de Clara Zetkin sur la nécessité de mobilisation des ouvrières:

 

« (…) nous considérons sa conquête comme une étape hautement souhaitable de la lutte pour notre objectif final. Le droit de vote (…) arme des femmes prolétaires dans la lutte qu'ils mènent contre l'exploitation et la domination de classe pour réussir à être reconnues comme des êtres humains à part entière. Il leur donne le moyen de participer, de manière plus large, à la conquête du pouvoir politique par le prolétariat, en vue de triompher du capitalisme et d'instaurer le système socialiste, seule solution au problème des femmes... » (discours prononcé au Congrès de Stuttgart de la Seconde Internationale, en 1907)

 

Le droit de vote pour toutes les femmes a intégré, dans les dernières décennies du XIXème siècle, les programmes des partis ouvriers [le Parti Ouvrier Français en 1879 – le SPO en 1888 le SPD en 1890, le Parti Bolchévique depuis sa fondation en 1903 – le Congrès de Paris de 1900 entérine le principe au sein de la Seconde Internationale] sous la forme de la revendication du suffrage universel pour les deux sexes. Mais en dépit des faits historiquement vérifiés, apparaissent d'abondantes vulgarisations selon lesquelles le mouvement ouvrier et révolutionnaire aurait « troqué » le droit de vote des femmes pour s'assurer la primauté du vote des ouvriers (hommes), ou que, d'autre part, cette revendication aurait été seulement portée par les féministes dites de la « première vague ».

 

Il est clair qu'il a existé une tentative de « troc », patronnée non pas par les partis révolutionnaires mais par certains partis réformistes, au Congrès de Stuttgart de la IInde Internationale (1907), position qui fut combattue par Clara Zetkin et Lénine:

 

« (…) Le Congrès a rejeté inconditionnellement cette proposition et s'est déclaré favorable à ce que les travailleurs fassent campagne, non pas avec les bourgeoises des droits des femmes, mais avec les partis de classe du prolétariat. Le Congrès a reconnu que, en ce qui concerne la campagne pour le suffrage féminin, il sera nécessaire de maintenir pleinement les principes du socialisme et de l'égalité des droits pour les femmes et les hommes sans dénaturer ces principes sous des pressions opportunistes... »

 

Les divergences existantes entre le mouvement des femmes prolétaires et les bourgeoises reflètent un antagonisme de classe. Le vote des « dames » ne signifiait que la fin des privilèges des hommes de la même classe et ne modifiait en rien les rapports de pouvoir entre les classes, comme en témoignent les positions de plusieurs féministes de renom qui, dans de nombreux pays, tout en étant favorables au vote des femmes, limitaient ce droit à certaines catégories sociales, ou seulement aux propriétaires, en excluant les femmes ouvrières.

 

Au Portugal, les positions de Ana de Castro Osório, républicaine, fondatrice de l'Association de Propagande Féministe et défenseur du vote restreint qui discriminait la majorité des femmes (9), révèlent un schéma significatif des intérêts des femmes de la classe dominante. L'antagonisme de cette féministe républicaine était également « naturel » dans d'autres domaines. Par exemple, lors de la grève des ouvrières de la conserverie de Setúbal, en mars 1911, avec la répression sanglante orchestrée par la Garde Nationale Républicaine dans l'usine Costa et Carvalho et qui a causé la mort de deux ouvriers, une femme et un homme, la célèbre féministe a défendu l'intérêt de la propriétaire de l'usine, sœur de Paulino de Oliveira, son mari et républicain bien connu. La grève pour l'augmentation des salaires revendiquée par les ouvrières a été condamnée par Ana de Castro Osório, avec de tristes commentaires dans « Féminisme. Réponse à une ouvrière », article publié dans le journal, propriété de son mari, où elle écrivait d'innombrables chroniques et articles issue de ses thèses féministes. Le féminisme anti-ouvrier de Ana de Castro Osório a été également belliciste et s'est fait connaître pour son soutien ardent en faveur de la participation portugaise à la Première guerre mondiale.

 

Au début du XXème siècle, dans un contexte de grand antagonisme social, au Portugal comme dans d'autres pays, la poignée de femmes (et d'hommes) féministes qui ont fait leur la nécessité de réformes pour l'amélioration de la condition des femmes, ont défendu avant tout leur intérêts de classe, faisant obstacle aux transformations sociales revendiquées par les femmes travailleuses unies aux masses populaires. Et la jeune République, en qui avaient été placés de grands espoirs, n'a même pas été capable de garantir l'égalité des droits politiques entre femmes et hommes.

 

En ce centenaire de la Révolution de 1910 qui a instauré la République, bourgeoise et libérale, il convient de rappeler que toutes les féministes républicaines, et maçonniques, ne constituent pas de véritables exemples de défense des droits des femmes, et qu'il est nécessaire de s'opposer à « l'image idéalisée sans rapport avec la réalité concrète d l'intense lutte de classes qui a marqué les 16 ans de son existence ».


 

La Révolution d'Octobre


 

La Journée Internationale des Travailleuses, animée par les femmes du Parti Bolchévique, a été célébrée pour la première fois, en 1913, à Moscou et à St-Petersbourg mais, l'année suivante, les préparatifs furent interrompus par la police et ses animateurs incarcérés, ce qui rendit impossible la célébration.

 

Le 23 février 1917 du calendrier grégorien (8 mars du calendrier julien), les ouvrières russes manifestent à St-Petersbourg pour demander du pain, le retour des maris envoyés au front, la paix et la République. La grève s'étend rapidement à tout le prolétariat, se transforme en une insurrection et au bout de cinq jours, le tsarisme russe est renversé.

 

Avec la victoire de la Révolution Socialiste d'Octobre, le pouvoir soviétique installé, Lénine a souligné le rôle des femmes dans la victoire de cette révolution: « Sans elles, nous n'aurions pas vaincu, ou nous n'aurions remporté qu'une demi-victoire » (Souvenirs de Lénine par Clara Zetkine). En 1918, Alexandra Kollontai conduisit les commémorations de la Journée Internationale des Travailleuses avec un hommage aux ouvrières de St-Petersbourg.

 

Un des premiers actes du jeune pouvoir soviétique, sur le plan législatif, fut l'affirmation de l'égalité totale de l'homme et de la femme, et de nombreuses aspirations et revendications émancipatrices des femmes ont trouvé pour la première fois une expression dans la vie réelle, ont eu une répercussion mondiale et sont devenues un étendard pour la lutte des femmes de tous les continents.

 

La fondation de l'Internationale Communiste, en 1919, a déterminé une nouvelle impulsion dans les formes d'organisation de la lutte des femmes pour leurs droits et pour la transformation sociale. Si d'une part, dans la Russie des Soviets, l'égalité de droits fut inscrite immédiatement dans la nouvelle législation, il fallait entreprendre une nouvelle étape dans la construction de la nouvelle société, en favorisant une plus large participation des femmes. D'autre part, il s'agissait aussi d'organiser la lutte des femmes dans les pays capitalistes (et dans les pays envahis ou colonisés), qui selon les termes de Lénine devrait « (…) mettre fortement l'accent sur le lien indissoluble qui existe entre la situation sociale et humaine de la femme et la propriété privée des moyens de production. Cela permettra de tracer la ligne claire, la ligne indélébile qui nous sépare du féminisme bourgeois. Cela fournira, par ailleurs, la base d'une conception de la question féminine comme partie intégrante de la question sociale, de la question ouvrière, et (…) qui la lie solidement à la lutte des classes prolétaires et à la révolution » (Souvenirs de Lénine par Clara Zetkin).

 

En 1921, à l'occasion de la Seconde Conférence des Femmes Communistes, ont été discutées les thèses sur les Méthodes et les Formes de Travail entre les Femmes des Partis Communistes, plus tard présentées par Clara Zetkin au Congrès de la IIIème Internationale Communiste. L'organisation annuelle de la Journée Internationale de la Femme a été définie comme une des fonctions des organismes responsables du travail parmi les femmes. Il a été également de décider de fixer la date du 8 mars pour la célébration de la Journée Internationale des Travailleuses.


 

Les années de la guerre et du fascisme.


 

En Europe, en 1915 et 1916, la guerre et la répression policière dans presque tous les pays a rendu quasiment impossible toute célébration de masse et légale. En 1915, Clara Zetkin a appelé les femmes des pays non-belligérants à manifester en faveur de la Paix lors de la Journée Internationale de la Femme et, ce même mois, elle organisait à Berne une Conférence Internationale des Femmes pour la Paix. En Norvège, Alexandra Kollontai réussit alors à organiser une manifestation contre la guerre, à Christiana, aujourd'hui Oslo.

 

Dans les années précédant la seconde guerre mondiale, furent fondées dans le monde entier diverses organisations de femme qui, avec les organisations syndicales, ont donné sens aux célébrations de la Journée Internationale de la Femme. Le 8 Mars fut, en de nombreuses occasions, un moment emblématique utilisée par les femmes pour, de manière organisée, protester contre la guerre, le fascisme, pour la paix, pour leurs droits comme travailleuses. Ce fut aussi un prétexte pour, dans des actes clandestins, renforcer les organisations spécifiques de femmes et, à travers elles, organiser des réseaux clandestins de solidarité et de soutien aux armées libératrices ou aux prisonniers politiques.

 

En 1934, est créé le Comité Mondial des Femmes contre la Guerre et le Fascisme lors de la Conférence Mondiale des Femmes, qui a réuni 1300 déléguées. Lors de la Journée Internationale de la Femme, en 1936, la dirigeante du Parti Communiste d'Espagne, Dolores Ibarruri prit la tête d'une manifestation de 200 000 femmes contre le fascisme, et la même année est créée, au Portugal, l'Association Féminine pour la Paix, rassemblant les femmes qui luttent pour la paix et pour les droits des femmes, comme Francine Benoit, Isabel Aboim Inglez, Manuela Porto et Maria Alda Nogueira.

 

Lors d'une réunion semi-clandestine, réalisée à Londres le 8 mars 1945, quelques mois avant la capitulation nazie (Mai), des femmes préparaient déjà la formation de ce qui serait leur organisation la plus combative, la Fédération Démocratique Internationale des Femmes, qui fit de la Journée Internationale de la Femme une journée mondiale d'action des femmes pour leurs droits, contre toutes les formes de discrimination.

 

Au Portugal, malgré la répression fasciste, la Journée Internationale de la Femme est marquée par les femmes communistes en 1953, et en 1962, est réalisée, à Porto, la première grande manifestation du 8 mars.


 

L'occultation et la réécriture de l'histoire


 

En raison de son caractère révolutionnaire profondément lié à la lutte des travailleuses, les célébrations de la Journée Internationale de la Femme furent interdites dans la majorité des pays, et son histoire fut particulièrement occultée et dissimulée des annales de l'historiographie bourgeoise (ou féministe) pendant des décennies, ne pouvant pourtant reprendre l'excuse (bien faible) de l'absence de sources ou de documents.

 

Concernant la « véritable origine historique » du 8 mars, beaucoup de textes ont été (ré)écrits, à partir d'un certain type de recherche, dont l'objectif s'est centré non seulement sur la tentative d'effacer l'origine révolutionnaire et communiste de la Journée Internationale de la Femme, mais surtout sur la construction d'une conception erronée selon laquelle le 8 Mars aurait connu une « renaissance » avec une nouvelle vitalité et un nouveau sens en 1970, comme si pendant six décennies il n'y avait eu aucune célébration, comme si pendant des décennies les femmes avaient renoncé à la lutte. Au Portugal, ces idées largement diffusées ont comme principal objectif de cacher le rôle des femmes communistes et du PCP « la force la plus éclairée, la plus conséquente dans la lutte pour l'émancipation des femmes et dont la lutte tout au long de son existence se confond avec la lutte des femmes travailleuses » [Le PCP sur les droits de la femme, Ed.Avante, 2008]

 

La tentative continue de dissimuler l'étroite relation entre les importantes conquêtes obtenues au XXème siècle et la lutte des travailleuses, du mouvement des femmes (dans ses différentes expressions), et de l'action du mouvement ouvrier et du mouvement communiste, en y opposant l'exaltation de figures individuelles historiques féministes ou la tenue d'actes symboliques. Cette première décennie du XXIème siècle, comme celle du début du XXème siècle, est marquée par un stratagème identique – toujours quand les antagonismes de classe s'aiguisent ressurgit avec une plus grande intensité le rôle d'acteur historique attribué à des « nouvelles » héroïnes associé à la conception d'une certaine « fraternité féminine ». Les femmes ne forment pas une classe sociale ou un groupe socialement homogène, elles constituent avant tout un groupe social hétérogène du point de vue de classe, c'est pourquoi il est indispensable de dénoncer les grands fantasmes autour d'une « communauté des femmes ».


 

L'actualité des commémorations du 8 Mars


 

En ce centenaire de la proclamation de la Journée Internationale de la Femme, il est important de démontrer la relation historique étroite entre la lutte des femmes travailleuses pour leur émancipation politique, économique et sociale. Une journée qui depuis sa création a été animée par le mouvement révolutionnaire qui s'en est emparé comme d'un jour de lutte des femmes pour leurs droits, contre toutes les formes de discrimination, un symbole internationaliste et de solidarité entre les femmes du monde entier.

 

S'il est vrai que l'institutionnalisation du 8 Mars par l'ONU (1975) a fini par dissiper la matrice originelle, ouvrière et révolutionnaire, son symbole doit survivre aux cérémonies futiles et à la rhétorique creuse qui entourent actuellement les commémorations officielles, marquées par la visibilité exclusive des gouvernements et des organisations inter-gouvernementales, par l'occultation délibérée des célébrations d'origine plus authentique, ou populaire, et des demandes des organisations de femmes plus conséquentes. C'est un défi qui est posé au présent et à l'avenir aux organisations de femmes travailleuses et progressistes et aux forces révolutionnaires qui les soutiennent.

 

Dans un contexte de modification du rapport de forces et de violente offensive du capitalisme néo-libéral et impérialiste, qui intensifie l'exploitation, l'oppression, le militarisme et la guerre, et d'affaiblissement conjoncturel des mouvements et organisations de femmes, on assiste à une offensive politique prolongée contre les droits des femmes appuyée par une offensive idéologique qui a progressé sans de nombreux revers.

 

Avec un fort appui médiatique, l'idéologie dominante a réussi à faire passer l'idée de célébration du 8 Mars comme un jour des femmes « en général » unies pour des causes « communes », sans distinction d'intérêts ou de classe, mais la vérité c'est qu'il « n'est pas possible de transformer radicalement la condition des femmes sans abolir le mode de production capitaliste, ni de réussir pleinement l'objectif de transformation de la condition sociale des femmes des classes travailleuses, ni de concrétiser l'ensemble de leurs droits économiques, sociaux, politiques et culturels » [Le PCP sur les droits de la femme, Ed.Avante, 2008].

 

Dans cette première décennie du XXIème siècle, l'actualité du 8 Mars découle non seulement de la célébration d'un patrimoine historique de lutte, symbolisé par le désir de justice de générations de femmes exploitées, soumises et infantilisées, mais surtout parce que le chemin fut, et est toujours, celui de la lutte collective et de classe, faisant de la lutte des femmes et de leurs revendications spécifiques un élément enrichissant la lutte commune, celle pour la transformation sociale et la construction du socialisme.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 01:14

Rencontre de Partis Communistes d'Europe sur la distorsion de l'histoire de la Seconde guerre mondiale dans l'éducation


education


Traduction reprise depuis Solidnet par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 



4e rencontre communiste européenne sur l’éducation


Bruxelles, 5 février 2010

 

« La distorsion de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale dans l’éducation »

 

 

 

Il n’y a qu’une seule vérité historique, celle qui est écrite par les peuples !

 

La 4e rencontre communiste européenne sur l’éducation s’est tenue à Bruxelles le 5 février. Cette année, la rencontre abordait le problème de la distorsion de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale dans le processus de l’éducation.

 

La rencontre était organisée par le Parti communiste de Grèce et a eu lieu dans le bâtiment du Parlement européen.

 

Vingt-cinq représentants de partis communistes ou ouvriers communistes ont participé à la rencontre. Au cours de celle-ci, les participants ont présenté des exemples concrets, tirés de livres scolaires ou académiques, sur la falsification de la Seconde Guerre mondiale; ils ont dévoilé les objectifs de cette campagne et ont fait part de leur expérience dans l’action contre la manipulation idéologique des jeunes.

 

À l’issue de cette rencontre, la déclaration commune suivante a été publiée:

 

 

==================

Déclaration commune

 

Nous, les partis soussignés, condamnons la campagne anticommuniste acharnée qui s’opère dans l’Europe tout entière. Les organisations impérialistes telles que l’Union européenne, l’OTAN, mais aussi l’OSCE, le Conseil de l’Europe ainsi que presque tous les gouvernements bourgeois européens ont lancé et intensifié une campagne anticommuniste mensongère et diffamatoire dans l’objectif stratégique de contaminer la conscience des peuples et des travailleurs par un anticommunisme éhonté. Leur objectif est d’effacer la contribution sans précédent du socialisme au 20e siècle et d’affirmer la permanence présumée du système capitaliste. Dans le cadre d’une crise capitaliste, l’anticommunisme est le fer de lance de la promotion de l’offensive la plus cinglante contre les travailleurs. Cette offensive, menée par l’Union européenne, la classe bourgeoise et les gouvernements qui les soutiennent (libéraux et sociaux-démocrates), cherche à assurer une rentabilité maximale au capital. Ils promeuvent l’anticommunisme à propos de tous les évènements historiques, altérant le sens de toutes les révolutions socialistes et même nationales, de la lutte des classes et des évolutions historiques. Ils ciblent surtout les jeunes afin qu’ils ne puissent pas apprendre la vérité historique et qu’ils adoptent la propagande antisocialiste.

 

La falsification de l’Histoire, et en particulier de l’histoire de l’URSS, n’a qu’un but : empêcher les peuples et les travailleurs européens de concevoir, ne serait-ce qu’un instant, la nécessité de renverser l’insupportable système capitaliste pour le remplacer par le socialisme.

 

Un des principaux moyens de cet assaut idéologique et politique est la distorsion de la Seconde Guerre mondiale. La tentative d’assimiler formellement le socialisme et le communisme au fascisme ne repose sur aucune base historique quand on sait que le nazisme et le fascisme s’appuient sur une idéologie de haine et de xénophobie, alors que le communisme et le socialisme se basent sur une idéologie de solidarité et de justice sociale. Les deux idéologies sont diamétralement opposées. Suite aux efforts particuliers pour déformer les causes de la Seconde Guerre mondiale, le 23 août a été déclaré jour du souvenir anticommuniste. La tentative de violer la vérité historique se poursuit à travers la dépréciation du rôle pourtant incontournable de l’URSS dans la grande victoire antifasciste et dans l’après-guerre. La propagande antisocialiste et les évènements récents à l’occasion du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin ne font pas exception à cette voie réactionnaire de falsification de la vérité historique.

 

La vérité historique ne peut pas être effacée. La contribution du socialisme à la défaite du fascisme, aux droits des peuples, à la confiance envers le futur et aux réalisations du peuple dans les pays socialistes est indiscutable. N’oublions pas l’impact positif de ces exploits sur la classe ouvrière dans les pays capitalistes, qui a forcé les capitalistes à faire des concessions à la lutte des peuples. Malgré des faiblesses et des défauts, les réalisations du socialisme sont aujourd’hui un rêve pour les peuples, alors que le capitalisme ne pourra pas et ne voudra pas résoudre les problèmes qui affligent les populations.

 

Nous apportons notre soutien inconditionnel à la lutte pour la défense et la valorisation des vérités historiques et scientifiques dans les écoles, les institutions et les universités. Nous demandons l’éradication de l’anticommunisme dans les manuels scolaires et dans l’enseignement universitaire. Il est nécessaire que les jeunes générations apprennent la vérité historique sur la Seconde Guerre mondiale, les lois de la nature et de la société humaine. Ils devraient en particulier apprendre la théorie de l’évolution de Darwin et la théorie marxiste de la structure de classe, de la lutte des classes et de l’analyse du capitalisme en tant que système économique. Le rôle des Partis communistes et ouvriers ainsi que celui des organisations de jeunesse communistes sont vitaux en ce qui concerne le travail dans les masses, et plus particulièrement parmi les jeunes travailleurs et les étudiants. Le travail à la fois scientifique et d’éclaircissement des scientifiques, des éducateurs, des personnalités intellectuelles et sociales pourrait contribuer grandement à cet effort. La classe ouvrière et les couches populaires défavorisées ont le droit de lutter pour une société sans exploitation, pour le socialisme.

 

Nous condamnons fermement la persécution et la condamnation des partis communistes et des organisations de jeunesse communistes ; nous exprimons notre solidarité aux victimes des attaques anticommunistes ainsi que de la chasse aux sorcières. Ce que cache la « démocratie » de l’Union européenne, du capitalisme et des multinationales devient de plus en plus évident : elle a un contenu de classe, elle n’est démocratie que pour la minorité et signifie l’exploitation et l’oppression pour la majorité.

 


Les partis communistes signataires:



Parti du Travail de Belgique

Parti Communiste de Grande-Bretagne

Nouveau Parti Communiste de Grande-Bretagne

Parti des Communistes Bulgares

Parti Socialiste Ouvrier de Croatie

AKEL, Chypre

Parti Communiste au Danemark

Parti Communiste du Danemark

Parti Communiste d'Estonie

Parti Communiste Allemand

Parti Communiste de Grèce

Parti des Travailleurs d'Irlande

Parti Socialiste de Lettonie

Parti Socialiste de Lituanie

Parti Communiste du Luxembourg

Nouveau Parti Communiste des Pays-Bas

Parti Communiste de Pologne

Parti Communiste Portugais

Parti Communiste de la Fédération de Russie

Parti Communiste des Travailleurs de Russie

Parti Communiste des Peuples d'Espagne

Union des Communistes d'Ukraine

 

Partis Invités/Observateurs co-signataires:

 

Union du peuple Galicien

PRCF - Pôle de renaissance communiste en France


 


Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 00:33

la lutte continueSur les cinq continents, les travailleurs commencent l'année sous le signe de la lutte!


 

Traduit par MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



L'année 2010 a commencé par le retour des travailleurs à la lutte, le plus sûr moyen de riposter aux projets du capital, qui cherche à faire payer aux travailleurs la facture de la crise et à en profiter, à l'occasion, pour extorquer une plus-value supplémentaire et remettre en cause les droits des travailleurs.



Dans le privé comme dans le public, les travailleurs sont confrontés aux attaques du patronat et des gouvernements à leur service. Ils défendent les salaires et les droits sociaux, se révoltent contre l'exploitation et revendiquent la liberté syndicale ainsi que de meilleures conditions de travail. Ils se battent aussi pour que des secteurs stratégiques, cibles de l'avidité de la bourgeoisie, restent dans le giron de l'État.



Les luttes qui se sont développées pendant ce mois de Janvier, un peu partout de par le monde, confirment la résistance des travailleurs et de ses organisations de classes aux prétentions de la bourgeoisie, déterminée à imposer d'importants reculs économiques et sociaux.



En Inde, par exemple, plus de 450 000 fonctionnaires publics de la région du Cachemire ont réalisé une grève de 48 heures, pour obtenir les mêmes droits que les fonctionnaires de l'État central, et la titularisation des employés en contrat temporaire, tandis qu'au Gujarat les ouvriers des entreprises du textile ont mené différentes actions de lutte face au refus du patronat local de prendre en compte les propositions syndicales dans le secteur. Les travailleurs revendiquent au moins le salaire minimum national (près de 2 euros par jour), rejettent la journée de 12 et 14 heures, ne lâchent pas sur les arriérés de salaire, et exigent des vêtements et des équipements qui garantissent des conditions minimales de sécurité au travail, l'eau, l'électricité ainsi que des écoles pour les enfants que les patrons doivent cesser d'embaucher. Toujours en Inde, le personnel non-enseignant de l'Université de Patna poursuit la lutte, pour la deuxième semaine consécutive, pour obtenir le paiement des salaires de Décembre, ainsi que des journées de grève.



Au Bangladesh, les travailleurs portuaires ont planifié les occupations pacifiques de plusieurs ports après que le ministre de la Marine a licencié plus de 2 000 dockers et confié les services portuaires à des sous-traitants – en plaçant les travailleurs affectés auparavant à la gestion publique de ces infrastructures sous leur juridiction; et en Australie, à Melbourne, les ouvriers imprimeurs du groupe éditorial Fairfax ont cessé le travail pendant deux jours pour exiger un nouvel accord d'entreprise. Les travailleurs exigent des augmentations de 9% pour les trois prochaines années, mais les patrons offrent à peine plus de 2%, tout en exigeant, en contre-partie, des augmentations de productivité et de flexibilité du travail, trois jours de congés en moins et le travail lors des jours fériés.



En Égypte, les travailleurs des finances de la province de Kafr-el-Sheikh ont manifesté, devant le Ministère, au Caire, pour exiger le même statut, les mêmes salaires et les mêmes droits que les autres fonctionnaires; de leur côté les travailleurs de l'entreprise de télécommunication de la province de Helwan revendiquent le paiement de trois mois d'arriérés. Toujours en Afrique, mais dans celle du Sud, les cheminots de l'entreprise qui gère le réseau de la banlieue de Johannesbourg luttent contre la dégradation de leurs conditions de travail et exigent la réintégration des 200 camarades licenciés après une action de protestation précédente.



Aux Etats-Unis, même les musiciens d'orchestre ont protesté contre les coupes salariales dans les orchestres philharmoniques de Seattle et Cleveland. Les artistes n'ont pas accueilli positivement les réductions de salaires allant jusqu'à 12,5% acceptées par leurs collègues de Baltimore, Cincinnati, Philadelphie ou Atlanta.



Plus au Nord, au Canada, les employés municipaux de Montréal ont commencé une série de journées de lutte, prévues pour les 40 prochains jours, pour défendre un nouveau contrat, que les autorités locales refusent de mettre en œuvre depuis 2007. Dans la même ville, cela fait un an que les 253 travailleurs du Journal de Montréal ont entamé un bras-de-fer avec la direction. Les patrons veulent mettre à la porte 75 travailleurs, augmenter de 25% le nombre d'heures travaillées et diminuer de 20% les avantages sociaux.



De l'autre côté du globe, en Chine, les travailleurs de l'United Win Technology ont paralysé la production pour lutter contre les baisses de salaire, pour la santé et la sécurité au travail et pour protester contre l'annulation, pour la seconde année consécutive, du paiement des bonus annuels, tandis qu'au Cambodge les ouvriers d'une usine de chaussures du district de Choam Chao ont débrayé pour protester contre le licenciement de trois dirigeants syndicaux et pour défendre la liberté d'organisation syndicale à l'entreprise.



En Indonésie, les employés municipaux ont à nouveau protesté pour l'actualisation du salaire minimum, qui tourne actuellement à 90 euros, et au Mexique, les pilotes de l'Aeromexico ont voté pour que le syndicat convoque une grève contre le mépris de la direction pour les Conventions collectives – qui prévoient le paiement des soins de santé, des médicaments et des congés maladie – sachant qu'elle ne paie pas non plus les cotisations sociales des pilotes à la caisse d'Assurance sociale. Dans la capitale, les travailleurs syndiqués au Syndicat Mexicain des Électriciens continuent à lutter, dans le cadre d'un mouvement illimité,  contre le démantèlement de l'entreprise publique d'énergie.



Numéro 1888 d'Avante (hebdomadaire du Parti Communiste Portugais), du 4 février



Site d'Avante: http://www.avante.pt/



Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 18:41

cpi header shortIntervention du Parti Communiste d'Israel


 

« Le vrai terrorisme, c’est l’occupation et l’asservissement du peuple palestinien! »


 

Intervention de Faten Ghattas


 

Traduction JV pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Chers camarades,


 

C’est un plaisir pour moi de participer au nom du Parti Communiste Israélien, parti internationaliste juif et arabe, à ce grand rassemblement de partis communistes du monde entier. Notre présence à cette réunion est pour nous d’une importance capitale : il s’agit ici de partager nos analyses et expériences, et de contribuer à élaborer notre stratégie commune, grâce à laquelle nous demeurerons à l’avant-garde du combat contre le capitalisme et l’oppression de classe, pour la justice sociale, le socialisme et la paix.


 

Le Parti Communiste Israélien a célébré le 9 de ce mois (d’octobre) le 90e anniversaire de sa fondation lors d’une grande cérémonie qui a rassemblé des milliers de militants tant anciens qu’en activité, de jeunes communistes, ainsi que des délégations de plusieurs partis communistes et de partis frères. A été réaffirmée la nécessité de poursuivre le combat marxiste-léniniste au sein d’un parti réunissant Juifs et Arabes. Nous avons également fêté les 65 ans du journal « El-Etihad », publié en langue arabe et lu dans la minorité palestinienne d’Israël.


Fondé en 1919, le Parti Communiste a traversé toutes les périodes difficiles de notre histoire, les guerres et les catastrophes. Les positions qu’il a toujours défendues ont démontré leur vigueur et leur justesse : il n’a jamais commis d’erreur d’appréciation majeure, s’appuyant en permanence sur les bases politiques et idéologiques du marxisme-léninisme, la lutte des classes et l’internationalisme, appliquées à une situation nationale très spécifique.

 

Mes chers camarades,

 

En Israël comme dans le reste du monde, le système capitaliste est en crise, mais la crise s’est chez nous encore approfondie dans trois domaines :

 

1) La polarisation des richesses s’accroît

 

L’analyse formulée par le Comité Central du PCI est celle d’un approfondissement de la crise économique globale comme expression des contradictions internes fondamentales du capitalisme, résultat direct des politiques néolibérales qui creusent un gouffre entre les détenteurs du capital et les salariés. Les orientations économiques du gouvernement Netanyahou, les dépenses croissantes pour l’armée, l’occupation et la colonisation ont essentiellement pour but de préserver les intérêts des grandes entreprises en diminuant les salaires, en étendant le chômage, en accordant des cadeaux fiscaux aux riches et en poursuivant les coupes sombres dans les dépenses sociales. A ce train et si rien ne change, l’économie israélienne continuera dans les années à venir de connaître stagnation et insuffisances criantes de développement, avec un taux de croissance qui restera proche de 0 %.


Selon les données du Bureau Central des Statistiques, Israël compte 1,65 million de pauvres, soit 24 % de la population, chiffre qui atteint 48 % dans la minorité palestinienne. Une analyse plus fine des données montre que les terribles inégalités sociales, notamment entre Juifs et Arabes, que nous connaissons depuis des dizaines d’années s’amplifient du fait de la politique de discrimination raciale : le revenu moyen d’une famille d’Israéliens juifs équivaut à 120 % du revenu moyen d’une famille israélienne ; si le taux de chômage global atteint 8 %, il est de 80 % chez les femmes arabes ; 80 % des diplômés arabes n’ont pas un poste correspondant à leur qualification universitaire. Nous sommes confrontés à une politique d’oppression et de famine, qui permet aux citoyens juifs de vivre aussi bien que dans les pays développés, mais qui impose aux citoyens arabes un niveau de vie de pays sous-développé.


 

La part des dépenses militaires dans le budget de l’Etat israélien dépasse les 50 %. On prépare aujourd’hui la guerre et on militarise la société en amputant les dépenses sociales, les dépenses d’éducation, celles pour l’industrie et le logement. Or, c’est justement en investissant dans ces domaines que l’on sortira le pays de la crise économique ! Pendant ce temps, le gouvernement enrichit les riches en ramenant la taxe sur les revenus des grands patrons de 65 à 35 % et en bradant aux grands trusts les propriétés d’Etat, terres ou entreprises nationales.


La violence et le meurtre gangrènent la société israélienne, le pouvoir de l’argent s’étend jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat, le crime organisé menace l’exercice de la justice et le fonctionnement même du système démocratique : l’ancien premier ministre Ehud Olmert doit ainsi être jugé pour trafic d’influence au profit de grands groupes capitalistes.


Les projets de colonisation du gouvernement de droite tournent délibérément le dos à une politique de réduction de la pauvreté et de lutte contre le chômage, qui seule permettrait de sortir du marasme économique. Le gouvernement, qui traite le peuple palestinien en criminel, ne peut à la fois mener sa politique d’agression qui coûte des fortunes et se lancer dans une politique de développement économique et de justice sociale.

 

2) La discrimination raciale et l’Etat d’apartheid

 

Près d’1,25 million d’Arabes palestiniens vivent en Israël : désespérément attachée à sa terre malgré les guerres et les tentatives pour l’en déloger, cette minorité nationale, légitime propriétaire du pays, partie intégrante du peuple palestinien, exige d’être reconnue en tant que telle et de disposer de l’égalité civile avec les autres citoyens d’Israël.


Au début du mois, le ministère de la justice a lancé une instruction contre notre camarade Mohammed Baraka, membre du Bureau Politique du PCI, député à la Knesset et président du Front Démocratique pour la Paix et l’Egalité pour avoir participé à quatre manifestations contre le racisme. Tout laisse présager un procès inique : « c’est un jour sombre pour la démocratie israélienne » a déclaré le PCI, qui a annoncé qu’il ferait tout pour défendre notre camarade. Nous vous demandons ainsi de mener la campagne de solidarité la plus large possible avec notre camarade pour mettre fin à cette mascarade judiciaire. « Notre parti tâchera de transformer ce procès en un réquisitoire contre les pratiques du gouvernement d’apartheid ».


Ces dernières années, la droite israélienne est à l’initiative de toute une législation qui s’efforce de reconsidérer les rapports entre l’Etat d’Israël et la minorité arabe, en prétendant traiter avec le peuple palestinien dans son entier. Israël utilise les négociations avec les dirigeants palestiniens pour s’en prendre aux Palestiniens de l’intérieur, en limitant leurs libertés politiques. Il s’agit de parvenir à construire un Etat juif, en renforçant la supériorité des citoyens juifs de Palestine et en consacrant l’infériorité des citoyens de la minorité arabe, auxquels n’est consentie qu’une citoyenneté de second rang. Israël déclare ne reconnaître de droits et de libertés civiles qu’aux individus, ce qui lui permet de ne pas reconnaître les Arabes comme minorité nationale. La législation récente ne fait que refléter une sérieuse détérioration de la perception de la communauté arabe par les Israéliens juifs, qui considèrent que Juifs et Arabes ne peuvent disposer des mêmes droits civils et politiques. De récents sondages indiquent que deux-tiers des citoyens juifs refusent d’accorder l’égalité des droits aux Arabes.


Cela a conduit notre parti à participer à la grève générale des travailleurs palestiniens du 1e octobre (2009), qui a été suivie dans tout le pays. Soumise de surcroît à une propagande massive, la société israélienne est en train de glisser vers le fascisme. Nous sommes au bord du gouffre, et des actions de ce genre sont l’outil le plus efficace pour combattre cette tendance et y mettre un terme avant qu’il ne soit trop tard.

 

3) L’occupation israélienne et la cause palestinienne

 

Depuis 42 ans, Israël occupe en Palestine Jérusalem, la Cisjordanie, la Bande de Gaza, mais aussi le Golan en Syrie et la région de Sheba au Liban. Cette occupation constitue le principal conflit de la région. Celui contre le « terrorisme » n’est qu’un écran de fumée : le vrai terrorisme, c’est l’occupation et l’asservissement du peuple palestinien !


Les Israéliens se sont efforcés de transformer ce conflit en conflit entre différentes religions, notamment à Jérusalem. C’est en effet dans leur intérêt, et cela concorde avec la politique de l’impérialisme américain, qui vise à lier Islam et terrorisme. Or ce terrorisme, c’est justement l’impérialisme américain qui l’a suscité, en favorisant le développement des mouvements fondamentalistes en Afghanistan ou ailleurs pour combattre le communisme. Le Hamas ainsi est né en Israël pour combattre l’Organisation de Libération de la Palestine. Même si ces mouvements ont un fond religieux, nous avons toujours insisté sur ce qui les séparait de la pratique religieuse proprement dite, et nous avons toujours combattu le fondamentalisme religieux.


L’état de division des forces politiques en Palestine est extrêmement nuisible, et menace l’avenir de la cause palestinienne, soumise aux coups de boutoir de la diabolique trinité : l’impérialisme, le sionisme, les réactionnaires arabes. La division ne fait que servir Israël !


Le Parti Communiste insiste sur l’importance du rôle de l’OLP, seul représentant légitime du peuple palestinien. L’OLP a transféré cette fonction à l’Autorité Nationale Palestinienne, qui a récemment montré qu’elle n’était qu’une administration civile sous autorité des forces d’occupation israéliennes. La faiblesse des organisations progressistes en Palestine comme en Israël, ainsi que le renforcement du fondamentalisme sont un obstacle à une authentique lutte politique contre l’occupation : le Hamas, même aux yeux de progressistes, passe pour une force d’opposition à l’occupation et à l’impérialisme américain. Notre parti est aux côtés de tous les mouvements d’opposition à l’occupation, parce que la résistance est un droit sacré, mais les progressistes ne doivent pas se laisser abuser : les réactionnaires arabes sont parties prenantes dans les complots ourdis contre le peuple palestinien par le sionisme et l’impérialisme américain. C’est le rôle des communistes de les démasquer et de saper leurs positions.

 

Pour sortir de la crise en Israël :

  • La fin de l’occupation : Israël doit se retirer dans les frontières de 1967, démanteler les colonies et reconnaître au peuple palestinien le droit à l’auto-détermination.

  • L’établissement d’un Etat palestinien indépendant à côté d’Israël, avec Jérusalem-Ouest comme capitale ; régler le problème des réfugiés selon les termes des résolutions des Nations Unies, qui prévoient le retour ou la compensation.

  • La reconnaissance des Palestiniens vivant en Israël comme minorité nationale, à qui serait accordée l’égalité des droits civils et politiques dans leur propre pays. Le retour des réfugiés chez eux doit être garanti.

  • L’arsenal nucléaire israélien doit être démantelé, la course aux armements nucléaires doit prendre fin.

  • Une paix juste et réelle doit garantir la sécurité d’Israël et changer les priorités budgétaires : non plus un budget de guerre, mais des dépenses sociales, pour l’éducation et le logement.

  • Renforcer le Parti Communiste et les organisations progressistes est à cet égard déterminant.

  • Se battre pour la construction du socialisme, tout en s’efforçant, après l’effondrement de l’Union Soviétique, d’en redéfinir les contours.

 

Notre parti considère comme extrêmement importante cette réunion et tous les efforts déployés ici pour unifier les positions des communistes du monde entier. « Prolétaires de tous pays, unissez-vous ! » : à ce slogan, nous en joindrons un autre, qui le prolonge : « Partis Communistes, unissez-vous ! ». L’unité des communistes est en effet la base du renforcement d’une alternative socialiste.


Nous exprimons notre gratitude à nos camarades indiens du CPI-(M) pour avoir accueilli cette importante réunion, en espérant qu’ils ne relâcheront pas leurs efforts en vue de l’unité des communistes en Inde ! Au nom de tous les communistes d’Israël, je salue tous les communistes et tous les progressistes du monde dans leur combat acharné pour le progrès, la liberté, la justice et la victoire du socialisme.

 

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article