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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 00:25

kpl2.pngIntervention du Parti Communiste Luxembourgeois (KPL)

 

« Nous manquons cruellement d'une base d'analyse des causes de la défaite du socialisme à l'Est »


 

Intervention d'Ali Ruckert, président du KPL


 

Traduction JV pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Chers camarades,

 

En 2009, pour la première fois depuis des dizaines d’années, le nombre total de salariés au Luxembourg a diminué, le taux chômage atteignant officiellement 7,1 % de la population active. Beaucoup d’entreprises dans l’industrie ont désormais recours au travail à temps partiel ; le nombre des faillites a augmenté et les capitalistes s’efforcent d’utiliser cette situation économique difficile pour comprimer les salaires et remettre en cause les conquêtes de générations de travailleurs.


Le gouvernement luxembourgeois ajourne depuis 2006 l’ajustement automatique des salaires sur l’inflation et continue sa politique de redistribution « du bas vers le haut ». Le pouvoir d’achat est en baisse, 14 % de la population vit déjà en-dessous du seuil de pauvreté. La dette publique grimpera à 19,8 % du PIB d’ici la fin 2010. La « Chambre du Travail », organisme censé assurer la participation des travailleurs, reconnaît elle-même que la part des salaires dans la valeur ajoutée diminue depuis plusieurs années. Aucun doute possible : les travailleurs vont payer pour une crise dont ils ne sont pas responsables.


Malgré cela, lors des élections parlementaires du 7 juin 2009, les partis pro-capitalistes, les politiciens qui se sont réclamés ces dernières années des idées néolibérales et qui les ont mises en œuvre dans notre pays, ont obtenu plus de 95 % des voix.


Le Parti Communiste Luxembourgeois, qui présentait pour la première fois depuis 15 ans des candidats dans toutes les circonscriptions du pays, a augmenté son nombre de voix de 35 %, pour obtenir 1,5 % des suffrages, résultat malheureusement insuffisant pour obtenir un siège au parlement.


Les partis qui soutiennent le système capitaliste n’ont pas perdu de terrain, et la coalition entre le Parti Populaire Chrétien-Social et le Parti Socialiste va de nouveau gouverner le pays pendant 5 ans. Le gouvernement sortant a en effet mis en avant son « sauvetage » des deux principales banques du pays à coup de milliards d’euros, et la maintien ainsi de plusieurs milliers d’emplois. Il a accordé des cadeaux financiers aux électeurs quelques semaines avant le scrutin, et lancé un plan d’investissements publics pour soutenir les petites et moyennes entreprises. Toutes les mesures impliquant des sacrifices en matière de droits sociaux, d’assurance-maladie ou de retraite ont par contre été repoussées à après les élections.

 

Malgré les dégâts qu’elle cause, la crise capitaliste n’a pas encore touché la majorité des travailleurs, et beaucoup de gens pensent encore que la crise ne sera pas aussi difficile que ce que l’on pouvait craindre. Ils voient leurs emplois menacés, mais espèrent que la crise ne sera que passagère. Ils se voilent la face, et reprennent bien souvent à leur compte les arguments simplistes des populistes de droite, accusant les étrangers et les travailleurs immigrés d’être responsables de leur situation, des menaces sur l’emploi et de la pauvreté qui les guette.


Mais il ne faudrait pas pour autant sous-estimer le rôle d’un certain nombre de tendances de longue durée.

Tout d’abord, la conscience politique de la classe ouvrière est bien plus faible aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a 20 ou 30 ans, même si bien des travailleurs commencent aujourd’hui à douter du système capitaliste. Pour la grosse majorité d’entre eux cependant, le capitalisme continue d’offrir une base matérielle appréciable, si bien qu’ils ne voient aucune raison de se battre pour un autre ordre économique. En tant que communistes, nous devons leur proposer une alternative crédible. C’est une exigence pressante, si l’on veut que la majorité de la classe ouvrière, qui a objectivement intérêt à l’abolition du capitalisme, puisse soutenir une alternative communiste et travailler activement à un changement réel.


La défaite du système socialiste, qui fut d’une importance capitale et causa des pertes lourdes à chaque parti communiste et à l’ensemble du mouvement communiste, continue d’avoir d’importants effets sur le continent européen. Le lavage de cerveaux anti-communiste est omniprésent, non pas seulement dans les campagnes de propagande comme celle a laquelle nous assistons depuis ces dernières semaines avec l’anniversaire de la dite « chute du Mur de Berlin », mais aussi par le truchement d’institutions comme l’école ou les grands médias bourgeois.


Même si plusieurs partis communistes y travaillent actuellement, nous manquons cruellement d’une base commune d’analyse des causes de la défaite du socialisme, d’une évaluation des diverses expériences et de leurs réalisations, de leurs faiblesses et de leurs lacunes, ainsi que d’une analyse des contradictions survenues lors de la construction de la société socialiste. Nous pensons que 20 ans après nous devons redoubler nos efforts communs en ce sens.

 

Cette analyse répond à un besoin urgent, si nous voulons être à la hauteur des enjeux, lorsque dans les années à venir la crise capitaliste s’approfondira et que la recherche d’alternatives se fera plus pressante. Elle sera la première des conditions d’une convergence de vues entre nous. Nous aurons alors à nous entendre sur les critères et les caractères d’une alternative socialiste, sur le développement des forces productives et des marchés dans des conditions socialistes, sur le mode de régulation de l’économie, sur les traits généraux d’une planification socialiste efficace, sur les formes de la propriété sociale, sur la construction de mécanismes juridiques et institutionnels de l’exercice du pouvoir ainsi que sur le mode d’exercice par la classe ouvrière de la prise de décision dans l’économie et dans la société.


Dans ce travail d’élaboration conceptuelle, nous devrons respecter les particularités nationales ainsi que l’existence de niveaux de développement différents entre les pays.


La condition préalable à tout cela est que tous les partis communistes et ouvriers qui adhèrent à la théorie de Marx, Engels et Lénine, à l’internationalisme prolétarien et à la construction d’une société socialiste ressentent la nécessité d’une forme globale et structurelle de coopération. Une telle structure commune est nécessaire depuis bien des années déjà, mais cela ne sera possible que si les partis communistes posent concrètement les jalons d’une structure de caractère permanent, pour que nous puissions trouver des réponses concrètes aux problèmes auxquels nous sommes confrontés et débattre d’actions communes.

 

Merci beaucoup de votre attention.

 

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 08:25

pcb



Intervention du Parti Communiste Brésilien (PCB)







« Notre gouvernement ne cherche qu'à faire entrer le Brésil dans le club des grandes puissances capitalistes et impérialistes »


11 ème rencontre des Partis Communistes et Ouvriers – New Delhi, 20-22 Novembre 2009



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Parti Communiste Brésilien (PCB)

 

Discours prononcé à la XIème Rencontre des Partis Communistes et Ouvriers – New Delhi, 20 au 22 novembre 2009

 

Chers camarades,



Nous aimerions saluer tous les révolutionnaires du monde entier. Nous aimerions en particulier saluer nos camarades du PCI et du PCI (Marxiste), qui nous ont montré, qu'en dépit des différences politiques, il est nécessaire de construire l'unité d'action.

 

L'une des principales manifestations des limites historiques du système capitaliste est la crise économique mondiale actuelle, qui a révélé de manière instructive tous les problèmes structurels de ce système, un système basé sur l'exploitation d'êtres humains par d'autres êtres humains: ses contradictions, ses faiblesses, sa capacité à détruire les biens et la richesse sociale produites, et sa nature de classe. Alors que les gouvernements capitalistes investissaient des billions de dollars pour sauver les banquiers et les spéculateurs, les travailleurs payaient la facture de la crise, en subissant le chômage, la remise en cause de leurs droits sociaux et une situation de paupérisation.



Offensive majeure des pays impérialistes en temps de crise: Irak, Afghanistan, Palestine, Amérique Latine...



Bien qu'ils aient été atteints par la crise, les pays impérialistes conduisent une offensive majeure pour essayer de rétablir les taux de profit et pour combattre la montée des mobilisations populaires qui a lieu partout dans le monde. Ils orchestrent des guerres contre les peuples, comme ils le font en Irak et en Afghanistan, ils fournissent des armes à Israël pour menacer la population de la région et expulser le peuple Palestinienne de ses terres. En Amérique Latine, ils développent une politique d'isolement et de sabotage contre les gouvernements progressistes dans la région, tout comme ils ont réactivé la IVème Flotte et transformé la Colombie en une grande base militaire américaine. Cette stratégie globale a pour but de menacer le Vénézuela, la Bolivie, l'Équateur, Cuba et même les pays dont les gouvernements ne sont pas disposés à mettre en œuvre de profonds changements sociaux, comme le Brésil, afin de s'assurer le contrôle de l'extraordinaire richesse du continent, ce qui comprend les réserves de pétrole « pré-sels », l'Amazone, la grande bio-diversité de la région et l'aquifère Guarani, au Sud.



La crise démontre la nécessité pour les populations de s'opposer à la barbarie capitaliste et de trouver des alternatives afin de construire une nouvelle sociabilité humaine. Dans le monde entier, en particulier en Amérique Latine, les peuples résistent et tentent de construire des projets alternatifs basés sur la mobilisation populaire. La lutte héroïque de Cuba est un exemple à suivre, un exemple qui restera comme un jalon historique de la résistance des peuples contre l'impérialisme.

 

L'objectif du gouvernement et des capitalistes brésiliens: devenir une des grandes puissances capitalistes et impérialistes mondiales



Dans ce scénario, le Brésil a joué un rôle décisif dans le rapport de forces continental, mais clairement au sein de l'ordre capitaliste et pas en promouvant des changements ouvrant la voie du socialisme. Avec l'objectif de de devenir une des grandes puissances capitalistes mondiales, le gouvernement actuel, à certains moments, a adopté des positions qui peuvent être contraires aux intérêts de l'impérialisme Américain. Cependant, ces positions « progressistes » ont pour objectif de créer un troisième pôle d'intégration Latino-Américaine, aligné sur les intérêts du système capitaliste. En d'autres termes, ni la ZLEA, ni l'ALBA. Le Brésil prendrait la direction d'un bloc social-libéral soutenu par les pays du Cône Sud, animé par des forces qui se comportent comme une « gauche responsable », fiable aux yeux de l'impérialisme et des élites locales, ce qui contribuerait à renforcer l'isolement des pays qui ont choisi la voie de la mobilisation populaire et de l'affrontement.

 

Le soutien institutionnel à certains gouvernements Latino-Américains de gauche a été fonctionnel dans le projet d'expansion du capitalisme Brésilien dans le continent, où les entreprises Brésiliennes agissent comme toutes les autres multinationales. Comme l'objectif principal est de faire du Brésil une puissance capitaliste mondiale, le gouvernement de Lula n'hésite pas à adopter des positions impérialistes et à agir en conséquence, comme lorsque le Brésil dirige l'opération d'occupation d'Haïti pour soutenir un coup d'Etat de droite, lorsque le gouvernement Brésilien prend des mesures de représailles contre l'Équateur pour défendre les installations d'une entreprise Brésilienne ou quand l'armée Brésilienne réalise des exercices militaires à la frontière avec le Paraguay – en tirant des vrais coups de feu – pour défendre les producteurs de soja installés au Paraguay et qui rencontrent désormais la résistance du mouvement paysan Paraguayen, quand le gouvernement Brésilien insiste pour maintenir telles quelles les conditions du Traité d'Itaipu qui sont injustes envers le Paraguay.

 

Le capitalisme Brésilien participe au processus d'accumulation mondial et s'intègre au système impérialiste mondial. Les classes dirigeantes Brésiliennes sont inextricablement liés au capital international. La bourgeoisie Brésilienne n'a à lutter pour l'hégémonie avec aucun secteur pré-capitaliste. C'est tout le contraire: elle lutte pour sa place au soleil au sein de l'ordre capitaliste-impérialiste, bien qu'elle y reste assujettie, justement pour éviter la possibilité d'un processus révolutionnaire, durant lequel le prolétariat pourrait émerger comme un protagoniste.

 

La position des communistes: soutien à Cuba Socialiste et aux processus révolutionnaires en Équateur, en Bolivie et au Vénézuela



L'état actuel du développement des forces productives est suffisant pour résoudre les besoins de l'ensemble de la population mondiale, mais elle entre en totale contradiction avec la forme bourgeoise des rapports sociaux qui accumulent sur une base privée la richesse socialement produite. Le capitalisme s'oppose sans aucun doute à la vie humaine. Donc, il est temps de créer les conditions pour renverser ce système afin de promouvoir la révolution socialiste.



L'Amérique Latine continuera à être un lieu important de la lutte contre le capital, puisque des processus de transformation sociale important s'articulent autour de l'ALBA en opposition frontale avec les fractions impérialistes qui luttent pour l'hégémonie sur les marchés et les ressources naturelles de la région, et qui comprennent des secteurs conséquents de la bourgeoisie Brésilienne.

 

Les communistes du monde entier doivent travailler ensemble pour dénoncer et mettre en échec l'État para-militaire et terroriste de Colombie, ce qui fait partie de la lutte pour renforcer notre soutien à Cuba Socialiste et pour approfondir les processus de transformation sociale qui se déroule au Venezuela, en Équateur, en Bolivie et peut-être au Paraguay et dans d'autres pays.

 

Nous devons continuer à dénoncer le coup d'Etat au Honduras et continuer à lutter pour la démocratie et le changement social; nous devons lutter pour la paix et la démocratie dans toute l'Amérique Latine et dénoncer la création de sept bases militaires en Colombie; nous devons apporter une solidarité totale au Parti Communiste Colombien et s'opposer à la criminalisation des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, tout comme le refus de la reconnaître comme une organisation politique. Chaque peuple a le droit de choisir le forme nécessaire de sa lutte contre l'oppression.



Finalement, nous aimerions proposer que cette Rencontre soit l'occasion d'accomplir des pas supplémentaires vers le renforcement des liens entre nos partis et l'accroissement tant du nombre que de la qualité de nos actions communes: la première est une lettre publique commune, signée par nous tous, au gouvernement Colombien, demandant la reconnaissance des FARC comme organisation politique; nous proposons aussi que soient organisés des Rencontres régionales de Partis Communistes et Ouvriers sur tous les continents.



Vive les Partis communistes et Ouvriers!

Vive l'internationalisme prolétarien!



Merci



Site du Parti Communiste Brésilien: http://www.pcb.org.br/

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 00:00

pc-libanais.pngIntervention du Parti Communiste Libanais (PCL)








« Le mouvement communiste doit passer à l'offensive et coordonner les luttes des travailleurs à l'échelle internationale »



11 ème rencontre des Partis Communistes et Ouvriers – New Delhi, 20-22 Novembre 2009



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Intervention du Dr. Marie-Nassif Debs, Parti Communiste Libanais



Avant-Propos



Les contradictions du système capitaliste conduisent souvent à des crises, petites et grandes, qui éclatent de temps en temps, laissant dans leur sillage la destruction économique dont les répercussions touchent, inévitablement, les travailleurs. On peut même soutenir que ces contradictions n'explosent et ne connaissent un tel dénouement uniquement quand le développement des forces productives commencent à approcher et à menacer les limites étroites de la propriété privée des moyens de production. Dans ce cas, la bourgeoisie agit de sorte à provoquer une crise, tentant ainsi d'empêcher les travailleurs de changer réellement les choses.

 

L'analyse de la seconde moitié du vingtième siècle montre que plusieurs crises ont éclatées au cours de cette période; peut-être la plus importante d'entre elle est la crise de 1974, qui a éclaté à partir de l'embargo sur le pétrole qui était, à son tour, une réaction à l'agression Israélienne contre les pays Arabes. La crise de 1981 était tout aussi importante, et a duré comme la précédente à peu près 16 mois, elle a touché les économies des grands pays capitalistes et a eu des effets négatifs sur les travailleurs dans ces pays. Dans ce contexte, on doit aussi prendre en compte la crise du début du siècle (en 2002-2003) qui a ébranlé le système capitaliste mondial et a mis à jour les mécanismes internes du système boursier de Wall Street, où dominaient la tromperie et le mensonge.

 

Toutes ces crises n'ont pas grand-chose à voir avec la crise structurelle actuelle qui, selon les experts les plus optimistes, est prévue pour durer au moins trois ans, avec des conséquences encore plus dévastatrices que celles de la crise de 1929, et ses effets domino qui ont finalement conduit le monde à la seconde guerre mondiale.

 

Dans le Manifeste du Parti Communiste, Marx et Engels soulignent que « le régime bourgeois de la propriété, cette société bourgeoise moderne, qui a fait surgir de si puissants moyens de production et d’échange, ressemble au magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu’il a évoquées. » Ils ajoutent, dans le contexte des crises récurrentes qui menacent l'existence de la société bourgeoise, « Chaque crise détruit régulièrement non seulement une masse de produits déjà créés, mais encore une grande partie des forces productives déjà existantes elles-mêmes »; - Comme si la société se trouvait subitement ramenée à un état de barbarie momentanée.

 

Sur la base de cette analyse, on peut dire que la bourgeoisie a réussi depuis à surmonter les petites et les grandes crises « en détruisant par la violence une masse de forces productives ; de l’autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus à fond les anciens » Cela n'aboutit, selon le Manifeste, « qu'à préparer des crises plus générales et plus formidables et à diminuer les moyens de les prévenir. »

 

 

  1. Comment la Crise se manifeste-t-elle de nos jours?

 

Premièrement, la crise se manifeste par ses répercussions brutales sur la production de biens et de services; c'est-à-dire sur l'économie réelle. L'effet couplé de l'accumulation de stocks de marchandises et du rétrécissement des marchés, en d'autres termes de la chute importante de la demande par rapport à l'offre, a aggravé une situation qui se dégradait déjà à cause de la forte baisse enregistrée dans le secteur du crédit.

 

C'est ce qui s'est passé l'année dernière aux Etats-Unis, où l'effondrement des prix de l'immobilier a provoqué une grave crise dans l'industrie du bâtiment et brisé les vies de millions de travailleurs dans ce secteur. Cela s'est ajouté à la crise de l'industrie automobile et à la baisse de la demande pour les industries annexes et pour les produits pétroliers. Cela a aboutit à une réaction en chaîne touchant tous les secteurs de l'économie Américaine et mondiale qui s'est accompagnée d'une hausse des taux de chômage dans le monde entier et, par conséquent, d'une baisse du niveau de vie des masses.

 

Et donc, depuis fin 2008, et selon le Bulletin du Bureau National de Recherche Economique, les Etats-Unis et, avec eux, les plus gros exportateurs parmi les pays industrialisés sont plongés dans une récession sévère. En fait, l'étude parle d'une évolution négative qui pourrait perdurer jusqu'en 2010; accompagnée par une baisse de la production industrielle, une baisse du PIB et une hausse du chômage puisque le BIT prédit que plus de 2 millions d'emplois vont être supprimés au cours de cette année – un chiffre qui, selon certains experts, est une sous-estimation par rapport au nombre d'emplois déjà supprimés.

 

Ces événements se déroulent au moment où les grands pays capitalistes sont le théâtre d'un accroissement de la concentration bancaire; ainsi que d'une intervention directe et importante des autorités publiques dans ces pays pour aider les banques en difficulté. A ce propos, des milliards de dollars ont déjà été gaspillés, et désormais les Etats-Unis et l'Union Européenne examinent la possibilité de pomper 2 300 milliards de plus en bonds du trésor pour financer la dette publique et garantir les profits du secteur bancaire tout en ne traitant pas la question des salaires excessifs et des bonus que touchent les cadres dirigeants du secteur.

 

Cette intervention directe a emmené certains économistes soi-disant de gauche à proclamer haut et fort que les Etats-Unis et l'Union Européenne mettaient en oeuvre désormais la théorie Marxiste, qui fait référence à la nécessité de l'intervention de l'Etat. Même si ce que Marx voulait vraiment dire par intervention de l'Etat doit se comprendre dans un processus de redistribution des richesses, bien que limitée, en prenant à la bourgeoisie pour donner aux pauvres et aux classes laborieuses – c'est-à-dire en donnant aux travailleurs, tout le contraire de ce qui se passe aujourd'hui.

 

Deuxièmement, comme dans le reste du monde, dans notre monde qui est toujours sur la voie du développement, les conséquences de la crise sont encore plus douloureuses et graves. Elles sont les suivantes:

 

  1. Dans les grands pays industrialisés capitalistes, il y a eu une baisse importante du volume des importations en provenance des pays du Tiers-Monde; qui a eu un impact très grave sur leurs économies puisque les pays sous-développés n'ont que leurs matières premières à vendre. En outre, la grande majorité des classes dirigeantes dans ces pays, en particulier dans les pays producteurs de pétrole, et encore plus dans les pays Arabes producteurs de pétrole – la plupart de ces régimes sont directement liés aux intérêts du capitalisme, et donc les conséquences de la crise sont allées bien au-delà de la simple chute des exportations, puisque cela a même compris pour ces pays, en particulier dans la première moitié de l'année 2009, le fait de payer une bonne partie de la facture de la crise. Ces régimes dans les pays Arabes producteurs de pétrole ont récemment admis qu'ils avaient contribué à hauteur de 800 milliards de dollars (certains disent 1 200 milliards de dollars) pour arrêter la descente aux enfers de l'économie Américaine. Bien sûr, le chiffre ci-dessus exclut la République d'Irak dont le niveau de vol et de pillage est illimité,

 

 

  1. Une baisse des liquidités et de l'investissement, accompagnée par de graves problèmes dans le secteur bancaire, et une crise monétaire puisque les monnaies locales étaient considérées comme peu fiables et car la dette de ces pays est liée au dollar qui connaissait alors une baisse de son taux de change – en d'autres termes une perte de son influence. Ce sont ces événements qui ont poussé l'Arabie Saoudite, par exemple, qui a des liens très étroits avec Washington, à affirmer il y a quelques jours, et pour la seconde fois en quelques mois, sa détermination à réduire sa dépendance envers le dollar et à diversifier sa réserve de change pour y inclure sa monnaie locale et d'autres monnaies étrangères.

 

  1. Le Liban ne fait pas exception au tableau décrit ci-dessus pour ce qui est de l'ampleur de la crise et de ses conséquences négatives sur notre économie; surtout depuis qu'elle a été transformée en une économie complètement dépendante des importations, y compris les importations de biens agricoles et industriels qui ne sont désormais plus produits à la fois à cause de la guerre civile et des multiples agressions Israéliennes et à cause de la nature de notre bourgeoisie qui concentre sa présence dans le secteur bancaire (et le secteur de l'immobilier qui est un sous-secteur du secteur bancaire). Et donc la richesse de cette bourgeoisie ne cesse d'augmenter de manière astronomique, à la fois à cause des prêts qu'elle accorde au gouvernement (y compris des dettes contractées en devises étrangères) et ses IDE, en particulier en Afrique. C'est particulièrement important car cette année la dette publique a atteint les 50 milliards de dollars, ce qui fait du Liban un des pays ayant le plus fort taux d'endettement rapporté au PIB. En fait, on peut dire qu'une grande part de la dette publique est contractée vis-à-vis des banques – à la fois du secteur bancaire local et étranger, et avec taux d'intérêts élevés, ce qui rend le Liban vulnérable aux fluctuations monétaires et fiscales, en particulier parce que l'économie Libanaise est directement et complètement liée au dollar.

 

2. Un programme et des solutions pour sortir de la crise

 

Il y a plus d'un milliard de personnes qui souffre de la faim dans le monde, l'équivalent de 1/6 de la population humaine globale – un pourcentage sans précédent dans l'histoire de l'humanité

 

A une époque où l'aide extérieure fournie par le groupe du G8 aux pays pauvres n'a pas dépassé les 21 milliards de dollars (selon le Proramme Alimentaire Mondial – PAM); la somme totale des bonus dans le secteur bancaire aux Etats-Unis a atteint les 140 milliards de dollars – une augmentation de 23% par rapport aux chiffres de 2008 (selon un rapport publié par le Wall Street Journal).

 

Cette situation a eu des conséquences politiques, parmi lesquelles la radicalisation des changements importants se déroulant en Amérique Latine. Cela a aussi mené à des rassemblements de masse et des manifestations parmi lesquelles, par exemple, celles qui se sont déroulées en Islande et en Grèce, tout comme les manifestations en Russie où les communistes sont descendus dans la rue pour protester contre les politiques économiques du gouvernement. Cela s'ajoute aux mouvements de résistance, en particulier la résistance nationale en Palestine et au Liban. Actuellement, l'impérialisme Américain, avec l'Union Européenne et Israel (dans notre région, en Afrique et en Amérique Latine) essaient de passer à l'offensive en Asie en tentant de prendre le contrôle des voies d'approvisionnement de pétrole et de gaz et de maintenir et de renforcer leur contrôle sur les pays où ils sont produits. L'impérialisme Américain essaie aussi en Amérique Latine d'étouffer et d'étrangler le mouvement pionnier prometteur de l'UNA-SUR (Union des Pays du Sud), parfois par des coups d'Etat militaires, d'autres fois en ayant recours au renforcement du dispositif de bases militaires. Dans ce contexte, nos partis doivent développer un programme de travail et un plan par étapes visant au dépassement du capitalisme.

 

La solution se trouve dans le dépassement du capitalisme et en suivant la voie du socialisme, tout en prenant en compte tous les facteurs qui ont mené à l'échec des tentatives passées, en essayant de les analyser et d'en tirer les leçons.

 

Pour ce qui est des étapes actuelles de notre projet, notre avis est que nous devons rassembler des forces en vue d'un objectif prioritaire, débarrasser le monde du néo-libéralisme, en se concentrant sur les éléments suivants:

 

  • Intensifier la lutte pour éliminer les taxes indirectes et se concentrer au contraire sur l'imposition des fortunes;

 

  • Défendre, maintenir et développer le secteur public, et résister contre les tentatives de privatisations. Cela doit s'accompagner de plans d'actions tangibles dans chaque pays pour relancer le processus de production et organiser les salariés en syndicats, correspondant aux différentes professions.

 

  • Intensifier la lutte pour obtenir la réévaluation des salaires des travailleurs et maintenir le pouvoir d'achat de ces salaires; pour un mettre un terme aux licenciements de masse; et pour lutter contre la tendance lourde à la casse des acquis sociaux.

 

  • Intensifier la lutte pour la réorganisation de la sécurité sociale qui assure des services sociaux et médicaux aux travailleurs et aux pauvres; tout en appelant à une amélioration de l'éducation publique et en concentrant nos efforts sur cette question.

 

  • Intensifier la lutte pour la redistribution des richesses superflues détenues par les 1% de la population mondiale; afin de combattre la faim et réaliser les objectifs sociaux des classes laborieuses par une redistribution d'une grande partie de la valeur de la production.

 

 

Notre mouvement doit passer à l'offensive, pas seulement dans chaque pays isolément, mais aussi en accordant l'importance nécessaire à l'offensive à l'échelle internationale, en partant des conditions particulières à chaque pays pour s'élever à la conscience de la situation générale dans laquelle nous nous trouvons et qui nous unit.

 

Site du Parti Communiste Libanais: http://www.lcparty.org/

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:06

cpim.jpgIntervention du Parti Communiste d'Inde - Marxiste (CPI-M)



« L'impérialisme, avec les contre-réformes néo-libérales qu'il a imposées aux pays du Sud, a préparé le terrain à la crise actuelle »



11 ème rencontre des Partis Communistes et Ouvriers – New Delhi, 20-22 Novembre 2009



Intervention de Manik Sarkar, Parti Communiste d'Inde (Marxiste)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Chers camarades

 

Au nom du Parti Communiste d'Inde (Marxiste), je transmets mes salutations fraternelles à tous les partis qui sont venus assister à cette importante 11ème Rencontre Internationale des Partis Communistes et Ouvriers pour débattre de « La crise internationale capitaliste, la lutte des travailleurs et des peuples, les alternatives et le rôle du mouvement communiste et ouvrier ».

 

La crise capitaliste actuelle, la plus grave de toutes les crises dont nous avons été les témoins depuis la fin de la seconde guerre mondiale, n'a laissé aucun pays indemne. Elle a été caractérisée, à juste titre, comme la « crise la plus intense et la plus globale de l'après 1929 ». Comme cela se passe dans chaque période de crise, c'est la classe ouvrière, la paysannerie et les couches les plus pauvres de tous les pays qui doivent supporter tout le poids de la crise. De nombreuses usines ferment dans le monde entier, laissant des millions de personnes sans emploi. Un rapport récent de l'OCDE affirme que le nombre de chômeurs pourrait atteindre les 57 millions. Cela contribue naturellement à faire augmenter les taux de pauvreté et à creuser encore plus le fossé qui sépare les riches et les pauvres. Selon la FAO, plus de 102 millions de personnes ont rejoint les déjà centaines de millions de personnes souffrant de la faim dans le monde à cause de cette crise, ce qui signifie que désormais plus d'1 milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde.

 

 

L'Etat, décrié par les néo-libéraux, à la rescousse des banques en faillite: socialisation des pertes et privatisation des bénéfices

 

 

Comme nous avons pu le constater au cours de l'année écoulée, les efforts de nos gouvernements respectifs, conformément à leur nature de classe, ne visent pas à répondre aux préoccupations des travailleurs, des pauvres et de ceux qui souffrent et à mettre en place des politiques pour les soulager de leurs souffrances. Ils sont plus préoccupés par la crise capitaliste et concentrent toutes leurs énergies à préserver leurs profits. Tous les apologues du néo-libéralisme, qui décriaient jusqu'à présent l'Etat, ont supplié de l'Etat de venir sortir les grandes entreprises de ce bourbier. Alors que les plans de sauvetage et des opérations de renflouement étaient à la charge du public, leurs avantages ont été accordés à une minorité et étaient destinés à aider précisément ceux qui avaient été à l'origine de cette crise. Les institutions bancaires et financières qui étaient responsables du volume colossal d'échanges spéculatifs, avaient estimé – de manière prudente – avoir dépassé 60 fois le volume du PIB mondial, sont de retour aux affaires, et réalisent des profits.

 

Les plans de sauvetage ont toujours placé les profits avant les gens au lieu de mettre les gens avant les profits. Cela a encore été démontré par Goldman Sachs et JP Morgan Chase, les deux géants financiers qui se sont écroulés à Wall Street. Ils renaissent désormais de leurs cendres, se délectant de l'argent qu'ils ont reçu grâce à ces plans de sauvetage et enregistrent à nouveau des profits colossaux. Ils quémandent pour obtenir de l'aide quand ils sont au bord de la faillite, et maintenant qu'ils s'en sont sortis, ils dédaignent même les plus petits efforts pour réguler leurs activités spéculatives. Au contraire, ces banques offrent même des avantages en nature et des super bonus à leurs cadres dirigeants.

 

Alors que les gens du peuple s'appauvrissent de jour en jour, l'argent des contribuables continue à être distribué, à une échelle sans précédent, pour renflouer les grandes entreprises. Le chômage croissant et la baisse des salaires réels est le cadeau offert aux travailleurs, à mettre en parallèle avec le cadeau des énormes plans de sauvetage pour les grandes entreprises.

 

 

Cette crise n'est pas un accident, sa cause se trouve dans la dynamique du capitalisme: priorité à la maximisation du profit

 

 

Cette crise n'est pas une aberration, reposant sur la cupidité d'une minorité ou le manque de politiques régulatrices effectives. C'est la soif de profits, la véritable motivation qui fait avancer le capital, qui a creusé considérablement les inégalités économiques à la fois dans les pays et entre les pays, durant ces décennies de mondialisation. La conséquence naturelle en a été une baisse du pouvoir d'achat pour l'immense majorité de la population mondiale. On a répondu à ce qui constituait un obstacle à la maximisation des profits en dopant l'économie mondiale avec du crédit bon marché. Le caractère spéculatif du capital financier international a exacerbé ce trait par le biais de nouveaux produits financiers fantaisistes: futures trading, credit swaps etc. La soif de profits a atteint des sommets inégalés sous la mondialisation néo-libérale. Le capital financier a utilisé son contrôle sur l'Etat pour ré-écrire les règles selon ses besoins et pour poursuivre ses intérêts. L'absence de solvabilité parmi les bénéficiaires de ces crédits bon marché – à cause du déroulement même de cette mondialisation impérialiste – a déclenché la crise mondiale actuelle.

 

Ce sont les nouvelles attaques, et la réorganisation du monde en fonction de l'objectif de maximisation du profit, sous le diktat du capital financier international, qui définit le néo-libéralisme. Il fonctionne, avant tout, en mettant en place des politiques qui abolissent les restrictions sur le mouvement des biens et des capitaux à travers les frontières. La libéralisation du commerce délocalise les productions nationales engendrant la dés-industrialisation nationale. Par ailleurs, la libéralisation des flux de capitaux permet aux multinationales de prendre possession des actifs productifs nationales, élargissant considérablement le processus d'accumulation de capital.

 

 

L'impérialisme et les contre-réformes néo-libérales imposées aux pays du Sud ont préparé le terrain à la crise actuelle

 

 

L'impérialisme parvient à imposer ces politiques néo-libérales en intimidant les pays en développement, avec l'aide des agences du FMI, de la Banque Mondiale, et de l'OMC – le triumvirat de la mondialisation. Les programmes d'ajustement structurel imposés par le FMI et, de son côté, par la Banque Mondiale qui accorde des prêts aux pays en développement en échange de la mise en place de réformes néo-libérales. L'OMC, de la même manière, en particulier avec les négociations en cours pour le cycle de Doha, est utilisé pour pousser à l'ouverture des marchés des pays en développement, et favoriser la maximisation du profit impérialiste. Dans deux domaines importants – cycle de négociations de Doha au sein de l'OMC et sur le changement climatique – l'impérialisme recherche la signature d'accords et de compromis internationaux qui lui permettraient de conserver ses avantages et d'imposer de plus grandes charges sur le dos du peuple. L'impérialisme cherche à sortir de cette crise en déplaçant tout son poids sur le dos des pays en développement ainsi que sur le dos des travailleurs et des masses laborieuses.

 

L'impact de ces politiques désastreuses se ressent déjà dans ces pays où, pendant les deux dernières décennies, le néo-libéralisme a mené à de graves crises agraires. Dans notre pays, plus de 200 000 paysans se sont suicidés à cause de l'ampleur du désastre agraire.



La lutte est la seule voie pour sortir de la crise, le socialisme la seule alternative



Le seul moyen de sortir de la crise capitaliste pour la classe ouvrière et le peuple est de mener des luttes pour conserver leurs niveaux et leurs conditions de vie actuels. L'expérience vécue par la classe ouvrière, c'est que partout où elle a mobilisé ses forces et a résisté, elle a réussi à protéger ses droits. Ce sont uniquement les luttes qui ont menées par la classe ouvrière qui ont forcé les classes dirigeantes à prendre en considération les revendications des travailleurs. En ces temps de crise, une fois encore, la colère gronde dans la classe ouvrière. Dans de nombreux pays, on a assisté, et on assiste encore, à de grandes luttes ouvrières et paysannes, porteuses de protestation et de revendications. Ces luttes doivent être renforcées dans les jours qui viennent en mobilisant des millions de personne. Ces mobilisations ne doivent pas être limitées à des revendications économiques, mais elle doivent aussi porter une alternative politique à cette crise du système capitaliste. Cette alternative, nous croyons que c'est le socialisme.

 

Comme Marx l'avait souligné, ce sont les hommes qui décident du cours de l'histoire à travers leurs actions. Par conséquent, bien que le système capitaliste est inévitablement voué à la crise, il ne s'écroulera pas automatiquement. Il doit être renversé. En l'absence d'une attaque menée par les communistes contre la domination du capital, les conservateurs, la droite et les fondamentalistes tenteront toujours de se saisir cette 'opportunité' pour sauver et consolider le système capitaliste. L'histoire nous a montré que c'est en de telles périodes de crise que le fascisme a émergé. Nous ne devrions pas laisser l'histoire se répéter.

 

L'impérialisme et les classes dirigeantes lanceront une attaque massive pour empêcher la montée des partis communistes et ouvriers et pour maintenir le statu quo. Toutes les théories possibles et imaginables comme le 'il n'y a pas d'alternative à la mondialisation impérialiste' sont diffusés et le seront à l'avenir. Cela doit être contré de manière efficace en montrant bien que seul le socialisme représente l'alternative.

 

Site du Parti Communiste d'Inde (Marxiste): http://www.cpim.org/

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 23:05

KSCM.jpgIntervention du Parti Communiste de Bohême-Moravie (KSCM)


 

« Seule l'adoption de mesures sociales, orientées vers une perspective socialiste, peut nous sortir de la crise »

 

 

Traduction BL pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Intervention de Jaromir Kohlicek, Parti Communiste de Bohême et Moravie

 

 

Chers camarades !

 

Permettez-moi d’abord de vous transmettre les vœux du groupe de la gauche unie du Parlement Européen. Nous ne sommes pas très forts en ce moment – seulement 35 députés sur un total de 736. Nous remercions les deux partis communistes d’Inde pour l’organisation de cette rencontre.

 

Permettez-moi ensuite de rappeler l’échec du dernier gouvernement conservateur tchèque. Celui-ci a été renversé au cours de la présidence tchèque de l’Union Européenne, renversement auquel nous avons participé.

 

Après ces remarques, je me concentrerai sur la question qui nous intéresse aujourd’hui. Les développements récents de l’économie mondiale ont été marqués par une augmentation rapide de l’écart entre les revenus de 90 % de la population et de ceux d’un groupe, de plus en plus réduit chaque année, de gros propriétaires et de grands chefs d’entreprise. Dans les années 1970, le ratio entre les revenus des dirigeants d’entreprise et ceux des travailleurs était couramment de 20 à 1. Au même moment, les valeurs négociées dans les différentes bourses ne représentaient pas plus de deux ou trois fois la valeur réelle disponible.

 

Depuis lors, nous avons vécu la destruction totale du « socialisme réel » en Europe, des révolutions de gauche en Amérique latine et une croissance rapide de plusieurs grandes économies asiatiques. Dans les années 1990, une immense vague libérale a commencé à détruire le modèle social européen et les États sociaux d’Europe centrale et orientale. La vaste expérience consistant à privatiser totalement l’industrie, action qui impliquait aussi la destruction du secteur agricole dans ces pays, s’est alors accompagnée de deux phénomènes principaux. Le premier d’entre eux consiste dans l’augmentation rapide de l’inégalité de revenu entre les dirigeants d’entreprise et les travailleurs. De 1 à 20, le ratio des revenus est passé à 1 à plus de 200.

 

Le montant des valeurs négociées sur le marché a grimpé aux Etats-Unis, approximativement, à plus de dix fois la valeur réelle des propriétés et des marchandises disponibles. En Europe de l’ouest, la différence était elle aussi immense : le rapport était d’environ 1 à 6. Les crises capitalistes cycliques ont été résolues au cours des vingt dernières années grâce à une injection monétaire massive dans la plupart des États développés, en particulier sous la forme de prêts à taux bas. Cette situation a approfondi les problèmes cruciaux de l’économie mondiale et a démontré que l’approche libérale n’est plus capable de résoudre les difficultés qui se multiplient. L’augmentation rapide du nombre de chômeurs et la baisse de la quantité de marchandises échangées au niveau international dénotent l’existence d’une grande crise économique que le système capitaliste ne peut pas résoudre.

 

Il est temps de dire, clairement, que seule l'adoption de mesures sociales autour d'une perspective socialiste peut permettre de stabiliser la situation. Jusqu’à maintenant, la majorité des mesures prises contre la crise consistent en une énorme somme d’argent offerte par les gouvernements nationaux au secteur financier menacé par la banqueroute et en quelques mesures de soutien ciblées sur certaines industries, comme l’industrie automobile. Un certain nombre de pays sont proches de la banqueroute comme, par exemple, la Hongrie, la Lituanie et l’Islande. La quasi-totalité des pays de l’Union Européenne ne seront pas en mesure cette année de remplir les critères de stabilité financière. La plupart des gouvernements sont encore incapables de comprendre que la solution ne réside pas dans l’impôt à taux unique. Cette solution permet à ceux qui bénéficient de hauts revenus de continuer à engranger les profits générés par la politique de l’État, avec un effet positif négligeable pour l’ensemble de l’économie.

 

Au contraire, si le gouvernement décide d’augmenter les bas revenus, l’économie amorce une reprise. Les multimillionnaires qui vont gagner 3 millions au lieu de 2, grâce aux mesures anticrise du gouvernement, ne vont pas consommer plus. De l’autre côté, l’augmentation du salaire minimum de seulement quelques dollars causera immédiatement une hausse de la consommation qui, ensuite, relancera l’économie. Les détenteurs de hauts revenus doivent contribuer beaucoup plus aux budgets nationaux que les bas revenus. Si les gouvernements de la majorité des États ne sont pas capables d’accepter cela, il est temps de les remplacer. Une économie orientée vers le secteur social, soutenant le développement du système éducatif, la science et la recherche : voilà la solution ! Mais cela nécessite de concentrer ses efforts vers la paix et le désarmement et non pas vers la « guerre des étoiles » ou la guerre contre le terrorisme et les « États voyous ».

 

Jetons simplement un coup d’œil sur les États les plus vulnérables. Ils produisent principalement des « produits » pour le secteur tertiaire alors que les secteurs primaire et secondaire ont été supprimés.

 

Conclusion : le temps du changement vient juste d’arriver. Agissons ensemble. C’est la gauche qui peut sauver ce monde. La perspective socialiste approche. Quelles sont les mesures que nous proposons d’adopter dans la situation actuelle ?

 

1) Une coopération étroite des partis de gauche

 

2) Pas d’impôt à taux unique – pour un impôt à taux progressif

 

3) Pas de limitations pour la sécurité sociale et médicale

 

4) Introduction d’une taxe sur le capital financier – la soi-disant taxe Tobin – et élimination des paradis fiscaux

 

5) Accord sur un désarmement général et un règlement pacifique des problèmes internationaux en lieu et place de la guerre contre le terrorisme. Pas de bases militaires étrangères.

 

6) Renforcer la coopération politique et économique régionale.

 

7) Promouvons une coopération économique internationale juste contre les conceptions libérales de la Banque mondiale et de l’OMC.

 

8) Opposons-nous fortement à l’anticommunisme par la présentation de nos propositions claires et réfléchies à tous les niveaux des institutions parlementaires.

 

9) Enfin et surtout, renforçons la coopération avec les organisations de jeunesse, de femmes et syndicales.

 

Site du Parti Communiste de Bohême-Moravie (KSCM): http://www.kscm.cz/

 

 

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