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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 00:00

250px-Hammer and dove.svgIntervention du Parti Communiste de Grande-Bretagne (CPB)



11 ème rencontre des Partis Communistes et Ouvriers – New Delhi, 20-22 Novembre 2009





« Le Parti déterminé à construire des fronts de lutte pour lutter contre l'offensive patronale, quelque soit la couleur du gouvernement »




Traduction d'AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Intervention de Robert Griffiths, secrétaire-général du Parti Communiste de Grande-Bretagne

 

Le patronat, ses politiciens et ses intellectuels, veut que le public considère cette crise comme une crise uniquement financière, découlant de la “crise du crédit”: tout serait de la faute des sociétés de prêts immobiliers et des banques; des travailleurs sous-payés qui ont emprunté et vécu au-dessus de leurs moyens; et de banquiers avides qui n'auraient, avant tout, pas dû leur prêter cet argent.

 

Quel tableau bien commode dépeint pour montrer sous un meilleur jour le système capitaliste dans son ensemble! La vérité, bien sûr, c'est qu'il s'agit d'une crise systémique, une crise intrinsèque au système capitaliste lui-même, ce que Marx avait caractérisé comme des crises périodiques de surproduction.

 

 

Pistes pour l'analyse de la financiarisation et la création d'un capital fictif déconnecté de la sphère réelle de la production

 

 

Dans le même temps, je pense que nous devrions aussi prendre note d'une caractéristique importante de la crise actuelle, précisément du rôle de ce que Marx dans le volume III du Capital a défini comme le 'capital fictif'. Par cela, il entendait, d'après un définition très étroite, des titres papiers rapportant des intérêts, en particulier les bons du Trésor liés au développement de la Dette Nationale. Mais il a aussi employé une définition plus large qui comprenait les effets de commerce, les titres sur le cours des marchandises et tous les types de stocks et d'actions

 

Lorsqu'ils sont échangés sur les marchés financiers, ces instruments augmentent leur valeur marchande bien au-delà de la reproduction et de l'expansion du capital dans la production réelle de marchandises en vue de leur consommation réelle.

 

C'est toujours du capital au sens où ils dérivent du capital réel investi une fois dans la production ou dans le processus de circulation du capital. Comme les autres formes de capital, leur valeur marchande représente également un droit futur – une fois encaissé – sur le produit du travail.

 

Mais, comme Marx l'a bien noté, ce capital est devenu 'fictif': il a été utilisé sous sa forme originale et ne survit maintenant que nominalement, sur le papier; sa valeur a depuis été déterminée plus ou moins indépendemment de la reproduction du capital dans le processus de production; il n'a plus aujourd'hui aucun rapport avec la valeur marchande du capital originel investi dans le gouvernement ou dans l'entreprise.

 

Marx a appelé le processus de formation du capital fictif 'capitalisation', bien que cela ne corresponde pas complètement à la catégorie bourgeoisie qui peut reflèter le processus d'expansion du capital réel aussi bien que celui du capital fictif. Pour cette raison, certains Marxistes préfèrent le terme 'financiarisation'.

 

 

La financiarisation a dopé artificiellement le boom économique et a ainsi démultiplié l'ampleur de la crise

 

 

Selon la Banque des Règlements Internationaux, en juin 2007, à la veille de la crise financière, la valeur nominale future de tous les instruments financiers, actifs physiques, risques de crédit et des tickets de pari (sur l'évolution des indicateurs économiques) échangés sur les marchés mondiaux comme dérivés financiers – le principal vecteur du capital fictif – a atteint les 516 000 milliards de dollars. La capitalisation sur le marché des actions et obligations s'élève à plus de 111 000 milliards de dollars. La valeur combinée et largement fictive de 627 000 milliards de dollars était 13 fois plus importante que le PIB mondial qui s'élévait à 48 000 milliards de dollars en 2006.

 

Tandis que le PIB mondial passait de 2,7% en 1995 et de 3,9% en 2006, le montant nominal des valeurs sur le marché des dérivés a bondi de 24% par an durant cette période, et sur le marché des actions et des obligations de 11 et 9% par an respectivement.

 

Trouvant son origine dans la reproduction et ensuite la sur-production de capital réel, ces valeurs de capital fictif n'aurait, à terme, jamais pu être réalisé. Tôt ou tard, le retour à la réalité se serait imposé, la nervosité aussi et la panique aurait pris le dessus. Mais dans l'intervalle, cette valeur fictive a permis une extension massive de la dette des entreprises, des individus et du gouvernement, qui a son tour a intensifié et prolongé le boom dans les principales économies capitalistes.

 

La financiarisation a fait en sorte que, l'heure du krach venue, celui-ci soit encore plus sévère. Et en plaçant les banques, les sociétés de prêts immobiliers et les marchés financiers et monétaires en danger de mort, elle a contraint les gouvernements et les banques centrales à les renflouer dans des proportions jamais vues auparavant, au détriment du soutien à l'industrie productive, au détriment des services publics, et sur le dos des générations futures obligées de payer la dette publique supplémentaire.

 

Bien que la crise financière ait éclat peu avant que la récession économique généralisée commence, c'était un signal plus que sa cause. Il y a une relation dialectique entre les deux. La sur-production de capital offre la base pour la transformation d'une portion du capital réel en capital fictif. Le capital fictif dope la demande à travers le crédit et donc intensifie la plongée dans la récession, que la crise financière prolonge par la suite à travers des licenciements massifs dans le secteur financier et la fermeture du robinet du crédit par les banques et les marchés monétaires.

 

Mais le signal le plus sûr d'une crise cyclique imminente de sur-production se manifestait déjà deux avant l'effondrement des banques et des institutions américaines dans l'été 2007. Depuis Mai 2005, la production annuelle d'acier avait commencé à chuter dans l'UE et aux Etats-Unis, bien qu'il y ait eu une reprise temporaire l'année suivante aux Etats-Unis. Ici se trouve la preuve qu'une crise cyclique de surproduction couvait avant que “la crise du crédit” ait eu lieu.

 

 

Porter la nécessaire revendication de la nationalisation du secteur financier

 

 

A ce propos, Marx n'a pas mâché ses mots vis-à-vis des agents de la 'capitalisation' ou de la 'financiarisation'. Il les appelait les “flambeurs”, les “escrocs” et les “bandits”. Ils ne remplissaient aucune fonction sociale utile si ce n'est justifier la revendication des socialistes et des Communistes de placer le secteur financier dans son ensemble sous la propriété publique démocratique, avec de nouveaux modes de gestion, et en poursuivant des objectifs complètement différents.

 

Cette revendication représente un saut qualitatif vers une plus grande régulation nationale et internationale ou des mesures comme une taxe Tobin sur les transactions financières internationales. La propriété publique démocratique représente une étape dans la transition que les Communistes appelaient démocratie avancée anti-monopoliste – l'étape qui prépare le terrain pour la lutte décisive, révolutionnaire pour le pouvoir d'Etat.

 

Pourtant, même si des mesures de régulation ou de nationalisation du secteur financier peuvent être mises en place en système capitaliste, des crises périodiques de surproduction continueront à exister aussi longtemps que le capitalisme existera.

 

Le Premier ministre Brown a déclaré une fois qu'il avait mis fin au cycle des“booms and busts” dans l'économie britannique. Un ancien roi britannique, Canute, a déclaré une fois qu'il pouvait s'asseoir au bord de la mer – sur son trône – et arrêter les vagues qui s'annonçaient. Il s'est mouillé les pieds.

 

 

Des aides mirobolantes pour les banques et les marchés financiers, des coupes drastiques pour les salariés et les services publics

 

 

En Grande-Bretagne, le gouvernment, le Trésor et la Banque d'Angleterre ont sorti pour près de 1 350 milliards de livres (2 250 milliards de dollards) en fonds publics et en garanties pour sauver les banques, les institutions financières et les marchés monétaires. C'est l'équivalent du PIB annuel de la Grande-Bretagne, deux fois le montant total des dépenses publiques, dix fois le budget du Service National de Santé et quinze fois ce que dépense le gouvernement pour l'éducation.

 

Moins de 20 milliards de dollards ont été accordés pour soutenir l'industrie manufacturière et productive en Grande-Bretagne. Ce déséquilibre au sein du gouvernement reflète les particularités, les priorités et les contradictions du capital monopoliste Britannique.

 

Désormais la classe dirigeante Britannique a lancé une violente offensive contre les emplois, les salaires, les retraites, les acquis sociaux, les services publics, et les droits syndicaux, les droits des travailleurs et des peuples de Grande-Bretagne.

 

Quelque soit le gouvernement élu en mai prochain, cette offensive s'intensifiera. Les coupes dans les dépenses publiques seront plus sévères et plus rapides sous un gouvernement conservateur, tandis qu'un gouvernement travailliste pourraît être plus sensible à la pression – en particulier par rapport à l'emploi et aux droits syndicaux – des syndicats.

 

 

Le Parti Communiste déterminé à construire des fronts de lutte pour lutter contre l'offensive patronale, quelque soit la couleur du gouvernement

 

 

Le Parti Communiste tente de mettre en garde le mouvement syndical et le peuple en général contre la nature et l'ampleur de cette offensive, en particulier à travers notre travail dans les syndicats et à travers notre quotidien noational Morning Star (qui reçoit maintenant un soutien important de la part de sections de première importance du mouvement syndical)

 

Nous en appelons à la formation d'un rassemblement unitaire des organisations de gauche, syndicales et associatives pour défendre les services publics.

 

Comme alternative aux politiques d'offensive patronale, nous proposons un Programme de gauche portant des revendications sociales, économiques, environnementales et des positions de politique étrangère pour mettre en échec les coupes budgétaires et salariales, les privatisations, le militarisme et la dégradation de l'environnement.

 

La plupart de ces revendications se sont retrouvées dans la Charte du Peuple, une initiative proposée par notre parti en Juillet 2008 et adoptée – après une longue lutte – par le Congrès des Syndicats, en septembre dernier. Une convention de la Charte du Peuple, ce samedi à Londres, lancera la campagne pour obtenir un million de signatures dans toute la Grande-Bretagne. Notre Charte pour les Femmes, qui défend les intérêts des travailleuses, dans la société et dans le mouvement syndical, est désormais soutenue par plus de 13 syndicats nationaux.

 

Nous chercherons à parvenir à des fronts de lutte unitaires et populaires sur tous les grands problèmes que rencontrent la classe ouvrière et les peuples de Grande-Bretagne, y compris dans l'opposition au racisme et à la montée de l'extrême-droite.

 

Une nouvelle maison d'édition, Manifesto Press, a produit trois nouveaux livres pour mener la bataille d'idées à gauche et dans le mouvement syndical, pacifiste et associatif.

 

 

Les Communistes doivent intensifier et institutionnaliser leur coordination et leur coopération

 

 

Mais ce que nous croyons nécessaire désormais à l'échelle mondiale est en voie de réalisation: la coopération et la coopération organisée entre Partis Communistes et Ouvriers. Le mandat du Groupe de Travail pourrait être étendu pour intensifier les liens entre les camarades de différents partis, dans chaque chanp d'action et de réflexion politique et syndical. Un programme international d'éducation Marxiste-Léniniste pourraît être mis en place via Internet. Et il faudrait faciliter la tâche du Groupe de Travail par la création d'un bureau permanent, avec un ou deux employés à temps plein par les partis qui ont les ressources nécessaires.

 

Notre internationalisme Communiste et ouvrier est une de nos plus grandes forces. Alors que les monopoles et les capitalistes et leurs représentants à la tête des Etats se rencontrent, plannifient et prennent des initiatives à l'échelle mondiale à travers différentes institutions, nous Communistes avons une responsabilité, nous devons agir de la même manière mais dans les intérêts des travailleurs et de leurs familles, de l'humanité et de notre planète.



Site du Parti Communiste de Grande-Bretagne: http://www.communist-party.org.uk/



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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 22:30

cpusa.jpgIntervention du Parti Communiste des Etats-Unis (CPUSA)



« La faillite du capitalisme américain touche de plein fouet les travailleurs américains »




11 ème rencontre des Partis Communistes et Ouvriers – New Delhi, 20-22 Novembre 2009


Intervention de Scott Marshall, du Parti Communiste des Etats-Unis


Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Chers camarades,



c'est formidable d'être ici à Delhi pour cette rencontre des partis communistes et ouvriers et de vous voir tous en chair et en os. Nous voulons exprimer notre profonde gratitude aux organisateurs de cette conférence, et en particulier au Parti Communiste d'Inde (Marxiste) et au Parti Communiste d'Inde pour avoir accueilli cette réunion de première importance. J'ai le plaisir de vous apporter les salutations chaleureuses du comité national et de la direction de notre parti.



Dans ces temps terribles de crise économique, il est l'heure de trouver des moyens de diffuser le plus largement notre mot d'ordre « Travailleurs et peuples opprimés de tous pays, unissez-vous. » Alors que notre mot d'ordre a traversé les générations, aujourd'hui il fait plus que jamais sens. Aujourd'hui, l'intégration économique mondiale a atteint des niveaux incroyables. Aujourd'hui, le capital financier mondial traverse le globe, en pillant et en spéculant à une échelle inimaginable du temps de Marx.



La faillite du capitalisme américain touche de plein fouet les travailleurs américains



Tout d'abord, permettez-moi de dire quelques mot sur la manière dont la crise touche les travailleurs aux Etats-Unis. Ce mois-ci, le pourcentage de travailleurs dans notre pays qui sont chômeurs de longue durée a atteint des niveaux inédits depuis la Grande Dépression des années 1930. Au début de la crise, on supprimait un peu plus de 700 000 emplois par mois. Aujourd'hui, alors que certains économistes – s'inscrivant dans l'idéologie dominante – déclarent que la récession est terminée, alors que les profits obscènes réalisés par les banques repartent à la hausse, tout comme les cours de la bourse, alors que le capital financier retrouve la voie de la dérégulation prédatrice avec soif de vengeance, on supprime toujours 200 000 emplois par mois.



Parmi les jeunes aux Etats-Unis, les chiffres du chômage sont sidérants. Dans la tranche d'âge des 16-24, seuls 45% d'entre eux ont un travail. Et les chiffres sont encore pires pour les Afro-Américains, les Latinos et les jeunes faisant partie des autres minorités opprimées. Le racisme aux Etats-Unis prend un visage encore plus terrible dans ce genre de crise économique. La crise a frappé de manière particulièrement violente les communautés opprimées sur une base raciale et nationale.



Dans le même temps, les experts qui suivent le marché de l'immobilier, disent, qu'avec 2010, verront le jour une nouvelle série de saisies avec des travailleurs et leurs familles qui seront chassés de leurs maison et jetés dans la rue. 40 millions de personnes sont sans couverture médicale et chaque mois ce chiffre augmente parce qu'aux Etats-Unis beaucoup de gens dépendent de leur employeur pour ce qui est de leur couverture médicale. Dans ce qui est censé être le pays le plus riche du monde, parce qu'une si grande partie du capital financier mondial y est concentré, des centaines de milliers d'enfants vont à l'école, la faim au ventre, chaque jour. Dans les quartiers populaires les plus touchés par la crise, les écoles et les cliniques médicales sont laissés à l'abandon et ferment. Les rues et les ponts, les systèmes de traitement et de distribution des eaux, les infrastructures de base sont négligées et tombent en ruine. Et on fait des coupes dans les services publics vitaux, à tous les échelons gouvernementaux.



La liste des échecs du capitalisme dans cette crise est très longue. Et bien sûr nous savons que la crise frappe beaucoup plus fort les pays en voie de développement que les pays développés.



Sans entretenir d'illusions, l'élection d'Obama peut ouvrir un terrain plus favorable au développement des luttes



Il y a deux toujours deux camps dans une lutte de classes. Deux événements majeurs sont en train de participer à l'inversion du rapport de force au sein de la lutte de classes dans notre pays. Le premier est la poussée du mouvement qui a battu la droite extrême représentée par le Parti Républicain lors de l'élection de 2008 et qui a fait élire Barack Obama. Ce même mouvement a aussi permis de battre de nombreux élus d'extrême-droite au Congrès. Je sais que, sur le plan international, il existe des sentiments mitigés à propos du rôle que joue le Président Obama. Soyons bien clairs, c'est pas un communiste, c'est pas un socialiste, et sur certains points ce serait même un liberal (progressiste) plutôt modéré. Dans le même temps, après huit années de George Bush, le président et l'administration la plus belliciste de l'histoire américaine, l'élection de Barack Obama ouvre un nouvel espace pour les luttes des travailleurs aux Etats-Unis et dans le monde. Et après 30 ans d'offensive néo-libérale vicieuse sur le mouvement ouvrier américain, sur les organisations populaires et ouvrières aux Etats-Unis, l'élection de Barack Obama ouvre la porte à de nouvelles luttes pour la justice économique, la paix et l'égalité



Barack Obama, comme je l'ai dit auparavant, n'est pas un révolutionnaire – c'est vrai. Mais il n'a pas besoin d'être un révolutionnaire pour entreprendre des choses plutôt intéressantes en faveur des travailleurs et de la classe ouvrière. Je ne vais pas faire une longue liste en rapport avec la politique intérieure américaine, mais ce sont des choses importantes pour ceux qui travaillent dur pour s'en sortir aux Etats-Unis. Il a inspiré un mouvement et parvenu à mobilisé les forces démocratiques pour battre Bush et l'extrême-droite. Et, plus important pour notre rencontre ici – il a pris certaines dispositions afin d'infléchir certaines des pires pratiques héritées de l'administration précédente. Comme sur le plan de la politique intérieure, en termes de politique étrangère ce sera la mobilisation des forces populaires et ouvrières qui sera décisive pour faire bouger les lignes – la gauche et les forces populaires avaient de toute façon très peu d'influence sur l'administration Bush – nous pouvons pousser l'administration Obama à suivre le bon cap.



Le mouvement qui a porté à l'élection d'Obama était, et continue à être, une large coalition de forces sociales qui comprend même certaines fractions du Capital. Mais les forces sociales qui en constituent la base ce sont la classe ouvrière et la fraction organisée du mouvement ouvrier, les minorités nationales et raciales, les femmes, les jeunes et le mouvement gay.



Le premier syndicat américain occupe à nouveau le terrain de la lutte de classes



L'autre événement majeur qui a permis d'inverser le rapport de force fut la convention de septembre 2009 de l'AFL-CIO, la plus grande confédération syndicale dans notre pays. Je crois que l'histoire se souviendra de cette convention comme un tournant majeur pour notre classe ouvrière. Cette convention a été le point culminant d'une série de changements et d'une évolution qui a commencé au milieu des années 1990. La convention de 1995 de l'AFL-CIO avait constitué une rupture majeure avec les pires aspects de la collaboration de classe issue de la période de la Guerre Froide qui avait commencé avec les chasses aux sorcières anti-communistes du début des années 1950. Au milieu des années 1990, le mouvement ouvrier a commencé à adopter une approche en termes de lutte de classe. Après la convention de 1995, la classe ouvrière américaine a commencé à développer son propre appareil politique indépendant. Il est devenu plus actif dans la lutte économique. Il a commencé à voir, de plus en plus, le caractère mondialisé du capitalisme. Par ailleurs, il a même commencé à comprendre que le mouvement syndical devait être plus que le défenseur de ses propres membres, il devait devenir la voix et le mouvement de l'ensemble de la classe ouvrière.



La Convention de l'AFL-CIO de 2009, à laquelle j'ai assisté, a approfondi cette tendance et a été un événement remarquable par bien des aspects. Elle a élu une nouvelle direction, plus militante et plus ancrée dans les traditions syndicales industrielles de lutte, dans notre pays. Richard Trumka, le nouveau président, vient des traditions militants du syndicat des mineurs. Le lendemain de son élection, il a foncé à Wall Street et a accusé les banques et les assurances d'être à l'origine de la crise économique, dans le pays et à l'étranger. Il a appelé à la mise en place de nouvelles mesures régulatrices pour mettre un frein à la spéculation sans bornes et au démantèlement de ces banques jugées « trop grosses pour faire faillite ». La confédération a vigoureusement défendu une ligne de « démantèlement des grandes banques » et a mobilisé ses syndiqués dans la lutte pour imposer de sévères limites au capital financier. C'est une autre première pour notre mouvement syndical, la convention a aussi élu deux femmes, dont une Afro-Américaine, à deux postes clés de la direction de l'AFL-CIO.



Pour la première fois, le mouvement ouvrier américain s'oppose à la politique impérialiste menée par les Etats-Unis



Il y a trop d'exemples de prises de positions syndicales novatrices que je ne peux toutes vous les lister maintenant, mais j'aimerais vous en mentionner une que je pense importante pour notre mouvement international et qui illustre ce nouveau cap et les nouvelles possibilités pour la solidarité internationale ouvrière. J'ai avec moi une lettre, bien relayée par la presse syndicale aux Etats-Unis de Richard Trumka à la secrétaire d'Etat Hillary Clinton. Dans cette lettre, il déclare que l'AFL-CIO estime que le gouvernement putschiste au Honduras est totalement illégitime. La lettre dit que la répression putschiste des syndicats et des mouvements démocratiques au Honduras rend impossible la tenue d'élections libres et justes ce Novembre. Et la lettre demande instamment au Département d'Etat américain de cesser toute aide au Honduras jusqu'à le coup d'Etat soit annulé et que le président Zelaya ait effectué son retour au pouvoir. La lettre indique également que la position de l'AFL-CIO a été prise en consultation avec les syndicats Honduriens.



Ce n'est là qu'un exemple spectaculaire de cette nouvelle pensée qui imprègne le mouvement ouvrier américain sur les questions internationales. Le mouvment ouvrier américain s'oppose aussi fortement aux guerres et occupations en Irak et en Afghanistan. (Et je devrais mentionner ici le fait que le mouvement ouvrier a un accès inédit à ce jour au Président Obama, est écouté et peut contribuer à le faire changer de cap.) Ce sont des exemples de la manière dont le mouvement ouvrier Américain est en train de rompre avec la politique du département d'Etat et de l'impérialisme Américains sur les questions internationales pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre froide, après la Seconde guerre mondiale. Nous pensons que cela ouvre un nouveau monde plein de perspectives pour la reconstruction et le renforcement du mouvement ouvrier mondial et de la solidarité ouvrière mondiale. Et nous pensons que les partis communistes et ouvriers ont un rôle essentiel à jouer s'il se saisit de ces nouvelles possibilités. Il est vraiment temps que le mouvement ouvrier, de tous les côtés du clivage politique hérité de la guerre froide, reconsidère et repense la question de l'unité du mouvement ouvrier.



Nos partis doivent contribuer à alimenter les luttes selon le principe: « Travailleurs de tous pays, unissez-vous »



Camarades,



de notre avis, la crise économique mondiale se poursuit. Selon la Banque Mondiale et le FMI, le PIB mondial se situerait autour de 65 000 milliards de dollars. Dans le même temps, selon la Banque des règlements internationaux, plus de 515 000 milliards sont spéculés en produits dérivés, credits default swaps et d'autres formes tout aussi exotiques de mécanismes financiers. Pensez-y – un tel déséquilibre aussi incroyable. C'est ahurissant – pensez à la plus-value volée, et représentée dans la forme ultime de capital financier parasitaire. Pensez aux problèmes qui pourraient être résolus pour la population mondiale avec tout cet argent. Nous pensons qu'il est aussi important de prêter attention au phénomène de lignes de fracture au sein même du capital, pendant cette période. Aux Etats-Unis, il y a de plus en plus de preuve d'une ligne de fracture entre capital industriel et capital bancaire. Il n'y a pas seulement des lignes de fracture entre les petites et grandes entreprises et cela peut permettre d'ouvrir des lignes d'attaque en faveur de la régulation de certaines des pratiques les plus prédactrices du capital financier spéculatif dans le monde.



Nous avons encore beaucoup à réfléchir et à débattre, Mais j'aimerais finir en paraphrasant Friedrich Engels qui a dit une fois, « une once d'action vaut une bonne théorie ». Nous nous intéressons avant tout à la manière dont nos partis peuvent jouer un rôle concret en contribuant à alimenter des luttes réelles et organisées selon le principe: « Travailleurs de tous pays, unissez-vous ». Cela doit commencer avec la question: que pouvons-nous faire pour contribuer à unifier et à développer le mouvement ouvrier mondial. Marx et Engels ne disaient pas, « Travailleurs de tous pays, unissez-vous pour échanger des informations ». C'était clair qu'il demandait aux travailleurs de s'unir pour la lutte. Comment pouvons-nous en faire une réalité dans le monde d'aujourd'hui. Quels sont nos premiers pas concrets en cette direction. Nous espérons que notre rencontre et les nos débats pourront nous rapprocher de cet objectif.



Merci camarades de votre attention

 

Site du Parti Communiste Américain: http://www.cpusa.org/

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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 00:15

KPRF_logo_color.jpgIntervention du Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF)

 

11 ème rencontre des Partis Communistes et Ouvriers – New Delhi, 20-22 Novembre 2009

 

Intervention de Vyacheslav Tetekin,


Membre du Présidium et secrétaire du Comité Central du Parti Communiste de la Fédération de Russie




« Soyons réalistes, demandons l'impossible: Retour au socialisme et restauration de l'URSS! »

 

Traduction d'AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Chers Camarades,

 

Je suis très heureux d'être ici, dans cette rencontre fraternelle réunissant les Communistes du monde entier. Nous avons ici un échange extrêmement fructueux d'idées et d'expériences. C'est une grande source d'inspiration pour les communistes russes.



Cela fait désormais un an que la crise économique mondiale a éclaté. Sa nature et ses conséquences possibles sont encore au centre de toutes les attentions. Il s'agit bien d'une crise systémique qui remet en cause les perspectives d'avenir d'une économie mondiale qui suivrait le modèle économique américain, dominant dans le monde aujourd'hui. Je pense qu'il est opportun que nous vous faisions partager le point de vue porté par les communistes russes à cet égard.



La faillite de ceux qui ont misé sur le « dynamisme capitaliste », en Russie comme ailleurs

 

Les événements de fin 2008 et de cette année ont prouvé toute la validité de la thèse Marxiste-Léniniste classique selon laquelle les crises sont une donnée inhérente et inévitable du système capitaliste. Les partisans du libre marché et du chacun pour soi (free-for-all markets) ont tout à coup découvert que le système capitaliste existant se serait effondré s'il n'y avait pas eu intervention massive de l'État. Nous avons suivi avec intérêt le fait que le gouvernement américain, dans cette citadelle du libre marché que sont les Etats-Unis, a justement fait ce que les communistes proposaient depuis toujours: nationaliser les principales banques et les grandes entreprises.

 

Il y a un débat vif sur la question: avons-nous touché le fond et la reprise de l'économie, dont on dénote déjà quelques signes, sera-t-elle rapide ou lente? Les déclarations faites sur la fin de la crise ont étouffé certains jugements sincères et honnêtes, qui pointent du doigt le modèle capitaliste spéculatif actuel, et qui trouvent les origines de cette crise aux Etats-Unis d'Amérique, le phare du monde capitaliste.

 

Parler d'une sortie de crise rapide est un moyen, parmi d'autres, pour justifier la réticence et l'incapacité des « puissants » à changer quoi que ce soit au modèle actuel. Alors que dans la préparation de la première réunion du G20, quelques propositions concrètes et résolues ont pu être avancées, elles ont désormais pratiquement disparu. Et, en fait, pourquoi changer quelque chose si on peut réparer ce modèle en panne grâce à l'argent des contribuables? Bien que l'oligarchie mondiale ait perdu un peu de graisse superflue, elle n'a aucune intention de céder sur ses prétentions, qui sont de continuer à vivre comme avant. Les banques, les piliers du capitalisme oligarchique, qui ont bénéficié le plus des mesures anti-crise, défendent fermement leurs intérêts privés. Ils règnent d'une main de fer sur les actions des gouvernements nationaux.



Cependant, la locomotive du capitalisme spéculatif est cassée. Des réparations superficielles peuvent être faites, mais elle n'est manifestement plus capable d'avancer à la même vitesse et avec la même charge. Ceux qui ont tout misé sur « l'efficacité du capitalisme mondial », y compris en Russie, sont ceux qui ont le plus souffert. Cela devrait les mener rapidement à en tirer des leçons pour l'avenir.



Une crise à la fois du capitalisme comme système économique et de sa forme néo-libérale



Nous sommes convaincus que la crise de l'économie mondiale provient dans le fond à la fois des contradictions du capitalisme en général (comme l'avait démontré Marx) et des défauts de ce modèle particulier de capitalisme, qu'est le capitalisme néo-libéral. De l'avis des plus grands spécialistes Occidentaux, une telle chute ne peut pas être surmontée facilement ou rapidement. La reprise est possible seulement si les gouvernements sortent de cette crise avec de nouvelles méthodes de gouvernement, qualitativement différentes, des méthodes dont le caractère novateur et la mise en place pratique puissent être à la hauteur de la profondeur de la crise qui vient de se produire.



Il a fallu près de dix ans aux Américains pour vaincre la Grande Dépression, et ils y sont parvenus avec difficulté seulement grâce au New Deal de Roosevelt qui s'appuyait sur la philosophie économique de centre-gauche de Keynes. Cette évolution s'est aussi lourdement appuyée sur l'expérience Soviétique des plans quinquennaux, dans le domaine de la planification et de la gestion de la société. Aujourd'hui, il est nécessaire de répéter que, malgré toutes les crises connues à l'Ouest, l'Union soviétique jouissait d'un développement rapide et durable basé sur de nouvelles méthodes économiques et sociales. En fin de compte, elle a aidé le monde à sortir de la crise pendant ces années et à contribué à libérer la planète du fléau du fascisme.





Sans changement de cap économique et politique, la crise va s'aggraver



Toutefois, aucun changement décisif n'a lieu dans la conscience et dans la manière de gérer l'État et la société en Occident aujourd'hui, et par conséquent, pour des raisons objectives, la crise va s'aggraver. La prochaine chute sera encore plus périlleuse. Il est parfaitement clair aujourd'hui qu'il est nécessaire d'adopter des mesures protectrices qui permettent de faire échec à la domination destructrice du processus de mondialisation, et que de nouvelles approches doivent être explorées en ce sens.



On ne peut nier le fait que la crise ait déclenché un processus d'érosion de l'ordre économique mondial injuste qui a existé jusqu'au présent. De la même manière, nous constatons l'érosion des structures économiques et politiques qui ont assuré la domination d'une seule puissance sur la scène mondiale autour de laquelle ses principaux alliés se regroupaient, tels des satellites.



Des changements importants sont nécessaires dans la manière de fonctionner d'organisations comme l'OMC, le FMI, la Banque Mondiale, etc. Dans le même temps, la question se pose, celle d'assurer la stabilité du système politique qui a permis à un petit groupe d'États capitalistes développés de dominer le reste du monde.



Si l'effondrement du système capitalisme est inévitable, ne pas sous-estimer sa capacité d'adaptation



Chers camarades,



Comme je l'ai déjà dit, nos débats sont de très haute qualité intellectuelle. On sent vraiment que le Marxisme constitue l'outil le plus puissant pour comprendre les sociétés humaines. Nous avons brillamment analysé les contradictions du système capitalisme et confirmé son inévitable auto-destruction. Mais nous ne devons pas sous-estimer la capacité du système capitaliste à s'adapter aux changements de conjoncture. Il a réussi à s'adapter au défi lancé par la Révolution d'Octobre de 1917, en Russie, en introduisant des systèmes de sécurité sociale en Europe et aux Etats-Unis pour détacher les gens du socialisme. Il a réussi à s'adapter à l'effondrement des empires coloniaux après la Seconde guerre mondiale en introduisant un néo-colonialisme économique. Et il est en train de s'adapter à la crise actuelle en réalisant l'impensable – nationaliser les banques et les grandes entreprises. Les serviteurs intellectuels du capitalisme étudient scrupuleusement le marxisme pour mieux le vaincre.

 

Bien sûr, la capacité d'adaptation du capitalisme ne le sauvera pas de son effondrement futur. C'est un système dont le moteur est la cupidité et nous pouvons déjà voir comment, aux tout premiers signes de reprise, les capitalistes abandonnent leurs nobles intentions de correction des défaillances du système actuel. Ils sont en train de gonfler de nouvelles bulles financières similaires à celles qui sont à l'origine de la crise actuelle.

 

La nécessité de l'aider à s'effondrer: renforcement du Parti Communiste et rassemblement autour de lui des forces populaires

 

De toute façon, il est clair que le capitalisme ne s'effondra pas tout seul. Nous devons l'aider à s'effondrer.

 

Bien sûr, l'unité d'action et la solidarité collective sont extrêmement importants. Mais ce qui est le plus important est de renforcer nos organisations et de les transformer en des points de convergence de toutes les forces progressistes et anti-capitalistes.

 

Les Communistes Russes avancent justement dans cette perspective. La mafia capitaliste Russe composée de l'oligarchie criminelle et de la noblesse d'Etat est peut-être la plus cupide et la plus irresponsable au monde. Bien que la Russie puisse être potentiellement le pays le plus riche au monde, la mafia capitaliste a tellement mal géré l'économie qu'aujourd'hui notre pays est un de ceux qui a été touché le plus durement par la crise.

 

Soyons réalistes, demandons l'impossible? Retour au socialisme et rétablissement de l'URSS



Maintenant, les gens commencent à voir la différence énorme qui existe entre le socialisme sous lequel il vivait il y a 20 ans et la société criminelle qu'on leur a offert sous le nom de capitalisme. Ainsi, on remarque des changements notables dans l'état d'esprit politique. Même dans des circonstances de fraudes électorales massives, le Parti Communiste reçoit systématiquement entre 15 et 20% lors des différentes scrutins. Nous savons, toutefois, que notre potentiel de soutien va bien au-delà. Et nous nous engageons ici à intensifier notre travail afin de revenir au socialisme en Russie et de rétablir l'Union Soviétique.



Comme le disait Che Guevara: « Soyons réalistes, demandons l'impossible! »



Mais la construction d'un monde socialiste devient de plus en plus crédible. Travaillons à le réaliser!



Site du Parti Communiste Russe: http://www.kprf.ru



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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 18:19
Ex-Yugoslavia-Flag-256x256Déclaration commune des Partis Communistes et Ouvriers des Balkans

 

La rencontre des Partis Communistes et Ouvriers des Balkans s'est tenue le 19 décembre 2009 à Salonique, à l'initiative du Parti Communiste Grec (KKE). 9 partis communistes et ouvriers venant de 7 pays des Balkans, la Bulgarie, la Grèce, la Croatie, la Macédoine, la Roumanie, la Serbie et la Turquie ont participé à cette rencontre.

 

La rencontre a contribué à la consolidation des efforts pour le renforcement des actions communes et des relations entre les partis Communistes et Ouvriers des Balkans.

 

Au cours de la réunion, les participants ont échangé leurs points de vue sur la situation de la région, en particulier dans les conditions d'une crise économique capitaliste mondiale.

 

Ils en ont conclu que la véritable cause de la crise est l'intensification de la principale contradiction du capitalisme entre le caractère social de la production et l'appropriation privée des produits dûe au fait que les moyens de production sont propriété des capitalistes.

 

Par ailleurs, les partis ont discuté de leurs expériences de luttes contre l'impérialisme, pour la défense des droits et des acquis des travailleurs et du peuple, pour les droits des immigrés.

 

Les participants ont constaté que, plus de 20 ans après la victoire de la contre-révolution, de nombreux murs ont été érigés à la face des peuples. La seule liberté que la contre-révolution a apporté est celle de l'UE et de l'OTAN et de toutes les organisations à s'attaquer aux intérêts des travailleurs et des peuples à partir d'un rapport de forces plus favorable, à mener des guerres injustes, le trafic d'esclaves, à démanteler des Etats, à couvrir les forces répressives, à détruire l'environnement.

 

Les commémorations par les partis bourgeois et opportunistes de la soi-disant « victoire de la démocratie » dans les anciens pays socialistes sont hypocrites et sonnent faux

 

L'impérialisme international continue et intensifie sa campagne visant à falsifier l'histoire et à passer sous silence la grande contribution du socialisme. En même temps, les gouvernements et les partis bourgeois dans leur ensemble ont réalisé des efforts coordonnés et continuels pour présenter le capitalisme comme un système éternel, comme un système qui garantit démocratie et la liberté et satisfait également les besoins de la population.

 

L'UE renforce son appareil répressif et en crée de nouveaux, en instaurant une collaboration judiciaire et policière, et en attisant l'anti-communisme afin de frapper l'avant-garde du mouvement ouvrier, les partis communistes et les mouvements progressistes proches d'eux, pour affronter les protestations provoquées par sa politique d'intensification de l'exploitation en cassant les droits et les acquis des travailleurs des Etats membres.

 

L'accent a été mis sur le fait que l'expansion de l'organisation impérialiste de l'OTAN à de nouveaux pays dans les Balkans et dans l'ancienne URSS, l'apparition de nouvelles bases militaires et de troupes militaires étrangères dans la région des Balkans, l'établissement de protectorats avec la participation active de l'OTAN et des Etats-Unis, aussi bien que les tentatives des impérialistes (UE, Etats-Unis, OTAN) d'attiser les questions des minorités existantes ou non, constituent des facteurs de déstabilisation des Balkans, ils comportent des dangers pour la paix et ouvrent la voie à de nouvelles exacerbations des rivalités entre puissances impérialistes.

 

Les représentants des partis ont souligné la nécessité de renforcer de manière décisive du mouvement communiste et ouvrier dans la région et le renforcement de sa coordination. La nécessité de renforcer les forces sur des positions de classe au sein du mouvement ouvrier dans la région, et de contribuer à l'émergence d'un mouvement anti-impérialiste pluriel constitue également une question essentielle.

 

Les participants soutiendront les initiatives de lutte contre le nationalisme, contre la haine et la division entre les peuples, contre la mise en place d'Etats sous protectorat, contre l'exploitation capitaliste et la soumission de nos pays aux organisations impérialistes, l'OTAN et l'UE. Ils mettront en avant les luttes pour les intérêts de classe communs à tous les travailleurs des Balkans, la sortie des organisations impérialistes et de leurs projets, la revitalisation des idéaux socialistes et communistes dans les Balkans.

 

La détérioration des conditions de vie des travailleurs dans les Balkans, le renforcement des organisations impérialistes, les mesures de répression contre les communistes et le mouvement anti-impérialiste dans toute l'Europe rend plus que jamais nécessaire le renforcement des partis communistes et ouvriers, de leurs organisations et de la coordination de leur action dans le mouvement anti-impérialiste, anti-OTAN et dans le mouvement ouvrier et syndical.

 

Au cours de cette réunion, les participants ont exprimé leur volonté de renforcer et de multiplier les initiatives communes, la coordination et l'action conjointe ainsi que les actions anti-impérialistes des Partis Communistes, c'est-à-dire:

 

  • à développer et à multiplier les initiatives de solidarité avec les luttes des travailleurs, et les luttes anti-impérialistes dans la région des Balkans

 

  • à améliorer leur action pour le renforcement et le développement du mouvement anti-impérialiste et pacifiste et le foyer anti-OTAN dans les Balkans pour:

 

  • à renforcer encore plus la lutte contre la présence militaire impérialiste dans les Balkans, contre les bases militaires et les troupes étrangères, contre la soi-disant Brigade des Balkans et la participation de forces militaires issues des Balkans dans des missions militaires de l'OTAN et de l'UE contre d'autres pays comme l'Afghanistan et l'Irak, ainsi que d'autres pays dans le Golfe Persique.

 

  • À retirer toutes les troupes de chaque pays des Balkans engagées à l'étranger

 

  • à ne pas se confomer aux obligations découlant de la participation à l'OTAN et à l'UE, et de l'engagement de notre pays directement ou indirectement.

 

  • À exprimer notre solidarité avec le peuple Cubain et à intensifier notre lutte pour la libération des cinq patriotes Cubains emprisonnés aux Etats-Unis.

 

  • À lutter contre l'engagement de nos pays dans les nouvelles guerres impérialistes au Caucase et les menaces qui pèsent sur les peuples d'Iran, de Syrie et sur d'autres peuples également.

 

 

Les Partis Communistes et Ouvriers ont réaffirmé leur volonté de coopérer sur une base bi-latérale et multi-latérale afin de parvenir à une coordination et à une action efficace concernant les objectifs mentionnés ci-dessus. Ils ont également exprimé leur intention de travailler pour que la coordination de ces partis prenne une forme plus stable et permanente.

 

Participants:

 

Parti Communiste d'Albanie


Parti Communiste de Bulgarie


Parti des Communistes Bulgares


Parti Socialiste des Travailleurs de Croatie


Parti Communiste de Macédoine


Parti Communiste de Roumanie


Parti Communiste de Grèce


Parti Communiste de Turquie


Parti du Travail de Turquie (EMEP)

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 01:10

hungarianCWP.gifIntervention du Parti Communiste Ouvrier Hongrois (PCOH)

 


« La Hongrie est un des maillons les plus faibles du capitalisme européen »


 

11ème rencontre des Partis Communistes et Ouvriers – New Dehli, 20-22 novembre 2009


 

Contribution présentée par Gyula Thürmer, président du parti communiste ouvrier hongrois


 

Traduction BL pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



 

Chers camarades,

 

Je souhaiterais d’abord remercier la Parti communiste d’Inde (marxiste) et le Parti communiste d’Inde au nom du parti communiste ouvrier hongrois pour leur invitation et pour l’excellente organisation de notre rencontre. Le mouvement communiste d’Inde joue un rôle très important dans le mouvement ouvrier international et nous leur sommes reconnaissants pour leur précieuse contribution à la lutte anticapitaliste.

 

 

Chers camarades,

 

L’an dernier, à Sao Paulo, nous sommes arrivés à des conclusions nouvelles très importantes. Nous déclarions que « le monde est confronté à une crise économique et financière de grande ampleur. La crise actuelle est l’expression d’une crise intrinsèque plus profonde du système capitaliste qui démontre ainsi ses limites historique et la nécessité de son renversement révolutionnaire. »

 

Les ressources du capitalisme en temps de crise: réformisme, anti-communisme et réaction

 

Nous pensons que notre analyse est fondamentalement correcte et que nous ne devrions pas en changer. Mais il faut aussi remarquer que, dans le même temps, le capitalisme dispose de nombreuses possibilités pour se défendre, manipuler les masses et éviter – pour le moment du moins – une révolution socialiste.

 

Il s’agit, en premier lieu, des réformes capitalistes. Les forces du capital n’essayent pas de nier l’existence de graves problèmes mais tentent de montrer que des réformes du capitalisme peuvent régler l’ensemble de ces problèmes.

 

Nous devons convaincre la masse des travailleurs que, si elle souhaite vivre mieux, elle doit renverser le capitalisme.

 

Il s’agit, en second lieu, de la liquidation progressive des partis communistes. Les forces du capital soutiennent politiquement et financièrement les partis opportunistes et les intègrent au système européen. Elles utilisent l’arme de l’anticommunisme contre nous et exercent des pressions légales et financières.

 

Nous devons sauvegarder notre idéologie, renforcer le marxisme-léninisme et améliorer notre coopération.

 

Il s’agit, en troisième lieu, de l’utilisation des forces d’extrême droite. En Hongrie et dans beaucoup d’autres pays d’Europe, les forces d’extrême droite profitent plus facilement de la crise que nous le faisons. Elles ont renforcé leurs positions lors des élections au parlement européen. Pourquoi ? En Hongrie, la classe dirigeante considère désormais les extrémistes de droite comme des acteurs normaux de la vie politique. Elle ne les aime pas, mais elle leur donne la possibilité de financer leurs organisation et d’accéder aux médias. De plus, l’extrême droite utilise des armes politiques que nous ne pouvons pas utiliser. Il s’agit de l’antisémitisme et du racisme, en particulier du sentiment anti-tsigane.

 

Quelle est la solution ? Nous devons être plus radicaux, plus révolutionnaires et plus anticapitalistes. Les gens doivent voir chaque jour que nous sommes avec eux.

 

La Hongrie: maillon faible du capitalisme européen

 

Camarades,

 

La Hongrie est un des maillons les plus faibles du capitalisme européen. La crise est loin d’être réglée et personne ne peut prévoir ses conséquences. Qu’est-ce que cela signifie ?

 

Tout d’abord que la Hongrie dépend intégralement du capital occidental. Les entreprises multinationales sont responsables de la création de presque 70 % du PIB. Le capital européen essaye de régler ses propres problèmes aux dépens de la Hongrie.

 

C’est pourquoi il n’y a aucun signe de reprise dans l’économie hongroise. Cette année, le PIB diminuera de 7 à 9 % par rapport à l’année dernière.

 

Par ailleurs, les gens comprennent de plus en plus ce qu’est le capitalisme. Le taux de chômage est d’environ 10 %. Ils perdent leurs revenus, leur épargne ; de plus en plus de gens vivent dans la pauvreté. Selon une étude américaine du Pew Research Centre, 80 % des Hongrois étaient favorables à l’économie de marché il y a 20 ans. Aujourd’hui, seuls 46 % adhèrent au capitalisme.

 

Dans ces circonstances, nous ne devons pas seulement critiquer le système capitaliste mais aussi montrer la possibilité réelle de fonder un monde nouveau. Nous devons montrer que le socialisme est une alternative réelle au capitalisme.

 

Nous sommes conscients de notre responsabilité internationale. Si des révoltes sociales se produisent en Hongrie, cela influencera significativement l’Ukraine, la Russie et les pays d’Europe de l’est.

 

Reconstruire l'organisation communiste: une nécessité pour renforcer le mouvement ouvrier en temps de crise

 

Camarades,

 

Le parti communiste ouvrier hongrois suivra la voie de la révolution socialiste. Nous devons démontrer que les capitalistes ne nous offriront jamais une vie meilleure et ne nous donneront jamais aucune place dans les parlements. Nous devons donc les affronter absolument. Il s’agit d’une voie réaliste et nous pourrons créer un monde nouveau, le socialisme.

 

Nous considérons que notre tâche principale est de préparer le parti communiste à une telle situation. L’expérience historique montre que les situations vraiment révolutionnaires ne sont pas exploitées si les conditions subjectives ne sont pas réunies au même moment.

 

Nous créons des « groupes de combat » mobiles qui peuvent participer à différentes manifestations, actions de rue ou événements de solidarité.

 

Nous construisons une nouvelle organisation de jeunesse avec des jeunes profondément attachés à l’idée de révolution.

 

Nous avons commencé à aller directement devant les usines afin de rencontrer les ouvriers. Ces expériences sont très positives.

 

Nous sommes ouverts à toutes les initiatives anticapitalistes et antimonopolistes et nous participons à toutes les actions qui participent à la lutte contre les supermarchés, contre la politique du logement néolibérale, contre les expulsions de ceux qui ne peuvent pas payer leur gaz et leur électricité.

 

Nous créons un système de média alternatif plus efficace, utilisant l’hebdomadaire ‘Szabadság’ (= « liberté »), internet et d’autres moyens. Nous développons un vaste système de pages internet consacrées aux organisations locales, utilisant la technologie de You Tube et d’autres technologies modernes liées à internet.

 

Coopération internationaliste (PC) vs réformisme européiste (PGE)

 

Camarades,

 

Nous luttons pour une coopération plus efficace des forces communistes au niveau international. Depuis notre dernière rencontre à Sao Paulo, nous avons beaucoup appris de l’expérience des partis communistes de Grèce et du Portugal sur la manière d’organiser et d’augmenter le niveau de mobilisation des masses. Nous renforçons nos relations avec les partis de gauche du Brésil, du Venezuela et d’autres partis du Forum de Sao Paulo afin de profiter de l’élan du processus révolutionnaire d’Amérique Latine. Nous soutenons l’idée de créer la Revue Communiste Internationale et prenons une part active à son élaboration.

 

Le parti communiste ouvrier hongrois a quitté le Parti de la Gauche Européenne (PGE) car nous sommes en désaccord avec la politique révisionniste et opportuniste de l’UE.

 

Nous voulons liquider le capitalisme ; le PGE souhaite l’amender. Notre activité est basée sur le marxisme-léninisme, la théorie et la pratique de la lutte des classes, les principes de l’internationalisme prolétarien. Celle du PGE est basée sur le réformisme. Le PGE ne combat le capitalisme que dans les mots, mais participe en pratique au renforcement de l’image ‘démocratique’ de l’Union Européenne, du parlement européen et du système capitaliste en général.

 

Sympathie inédite pour les idées communistes mais difficultés matérielles à les porter

 

Camarades,

 

Le parti communiste ouvrier hongrois est maintenant dans une situation très compliquée. La sympathie du peuple hongrois envers notre parti augmente. Après 20 ans de capitalisme, la plupart des gens commencent à comprendre ce que signifie l’exploitation capitaliste, le chômage et l’injustice sociale. Ils réalisent aussi que le parti communiste ouvrier hongrois a toujours été de leur côté et a toujours combattu pour leurs intérêts.

 

C’est une chance historique. Elle ne durera peut-être pas plusieurs années. Si nous pouvons utiliser cette chance, nous pouvons rentrer au parlement en 2010.

 

Cependant, et il s’agit de notre principal problème, nous devons reconnaître qu’après 20 ans de lutte, notre parti a épuisé toutes ses ressources financières. Nous avons une chance historique mais n’avons pas les moyens de publier du matériel politique ou de promouvoir nos candidats. Cela signifie, camarades, que nous ne pouvons pas saisir notre chance historique. Dès lors, le mouvement communiste hongrois peut tomber dans une situation grave.

 

Cependant, vous pouvez être assurés que nous n’abandonnerons jamais.

 

Nous vous souhaitons une grande réussite.

 

Site du Parti Communiste Ouvrier Hongrois: http://www.munkaspart.hu/

 

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