Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 06:37

le-pape-francois-au-parlement-europeen-a-strasbourg-le-25-n.jpgLe Pape bénit l'UE à Strasbourg : Podemos chante ses louanges, les communistes (et progressistes) espagnols quittent l’hémicycle

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Quand le Pape vient à Strasbourg bénir l'Europe du Capital, comment réagit-on quand on est communiste, ou même progressiste ? En Espagne, les populistes de Podemos et les communistes, progressistes réunis dans IU ne sont pas du tout d'accord , cela s'est vu.

 

Ce mardi, le Pape François 1er est venu apporter un supplément d'âme à cette Europe sans âme. Une Europe bâtie « sur la sacralité de l'humain », la centralité absolue de l' « humain » (son credo) une Europe redécouvrant sa « bonne âme », capable de redevenir « protagoniste ».

 

« L'humain d'abord dans l'UE » pour le Pape : charité, famille, mariage

 

Son « humain d'abord », c'est la charité instituée, les bons sentiments face à l'immigration, la critique de la technique, la lutte contre l'avortement, l'apologie de la famille, la défense des faibles. Il y aurait de quoi discuter sur chacun des points

 

Son discours a été applaudi à gauche, à droite, au centre. A l'extrême-gauche, un parti a été très bruyant dans son soutien au discours du Pape, applaudissant à tout rompre à plusieurs moments, twittant avec frénésie des messages d'admiration. Ce parti, c'est Podemos.

 

La nouvelle coqueluche espagnole du PGE, de la gauche s'imaginant radicale, jusqu'à un Mélenchon en France, Podemos et son leader Pablo Iglesias, ont chanté les louanges de « Jorge Bergoglio » comme il l'appelle.

 

Un pape « courageux » dénonçant la finance, utile pour les « gens d'en bas » !

 

pablo-papa-01Un pape « courageux », « utile pour les gens d'en bas », intéressant « quand il dénonce le scandale de la finance qui confisque la démocratie », voilà ce que Pablo Iglesias a mis en avant dans sa conférence de presse le lendemain, sorte de déclaration d'amour au Pape.

 

« On peut être en désaccord sur certains points, mais il faut louer le courage de Jorge Bergoglio, capable de dire certaines choses pour lesquelles, nous, on nous taxe de populistes ».

 

Iglesias va plus loin, il propose un rendez-vous : « Que j'aimerais rencontrer le Pape, au Vatican ou chez moi à Vallecas, où ce serait possible. Nous tomberions d'accord sur beaucoup de choses. Ce serait en tout cas un honneur pour moi »

 

« Le discours économique du Pape, c'est celui de Podemos » !

 

Dans son propre camp, le caudillo de Podemos a fait des émules. Le député européen de Podemos, Pablo Echenique, surenchérit : « Le discours économique du Pape, c'est le discours de Podemos : un dix sur dix pour moi ».

 

D'autres comme la députée européenne Teresa Rodriguez a grincé des dents « sur ce Pape qui appelle assassines les femmes qui avortent », a-t-elle communiqué sur Twitter.

 

Dans cette attitude, on retrouve toute la vacuité de Podemos.

 

Personnalisation extrême de dirigeants (du chef) qui décident sans comptes à rendre à la base, vide idéologique comblé par un discours « humaniste », plein de « bons sentiments » dignes du Pape, divisions internes énormes sur les principes et mépris pour des valeurs fondatrices comme la laïcité.

 

Les communistes, IU, quittent l'hémicycle en protestation

 

Ce n'est pas du tout l'attitude adoptée par les députés élus sur les listes d'Izquierda Unida (IU) – cette coalition de gauche traversée par d'intenses contradictions, mais néanmoins menée par le Parti communiste d'Espagne – ceux-ci ont condamné la présence du Pape dans le Parlement.

 

Les six députés élus sur les listes Izquierda Unida ont abandonné l’hémicycle, dès que le Pape a commencé son discours. Leur reproche fondamental est la présence de la religion, affaire privée, dans la sphère publique, la parole donnée au représentant suprême d'une religion.

 

C'est ce qu'ils ont signifié dans une lettre adressée au président du Parlement européen, le social-démocrate Martin Schulz.

 

« Le Parlement européen n'est pas le lieu pour des sermons religieux. La religion appartient au cadre privé, elle doit y rester. Les institutions, écoles, espaces publics ne sont pas des lieux pour la foi et les croyances religieuses », a expliquée la députée communiste Marina Albiol

 

Marina Albiol a rappelé le cas espagnol, l'ampleur de l'ingérence négative de l'Eglise dans les affaires publiques : poids dans l'éducation, subventions publiques et privilèges fiscaux pour l'Eglise ou encore conservatisme moral hypocrite.

 

Selon la députée communiste : « il reste tout un travail pour avoir une Europe laïque, une Europe où la religion reste dans la sphère privée, et les espaces publics ne seraient occupés que par les citoyens et leurs besoins, non par les promesses et la charité des religions ».

 

Il y aurait beaucoup de choses à dire, à critiquer sur ces déclarations : l'absence de critique de la duplicité du Pape venu bénir une Europe à l'agonie, le déficit d'une analyse de classe sérieuse, une critique même des fondements de cette Union européenne, le repli sur des positions de laïcité, de tolérance, qui ne suffisent pas pour une organisation révolutionnaire.

 

Toutefois, entre l'attitude dithyrambique de Podemos envers le Souverain pontife, et la décision courageuse de n'apporter aucune légitimité au père jésuite, choisi par les communistes et Izquierda Unida, il n'y a aucune comparaison.

 

Le jésuite Bergoglio a liquidé les progressistes en Amérique latine :

ceci n'est pas un humaniste !

 

Le populisme informe, le possibilisme sans rivages, l'humanisme bien pensant, l'indignation moralisante de Podemos se révèlent dans le péril qu'ils constituent pour la gauche d'alternative, pour le mouvement communiste. Celle d'un enterrement idéologique, d'une impasse politique.

 

Dans sa perversité, le jésuitisme de Bergoglio réussit bien mieux à exprimer cette indignation larmoyante, humaniste (« l'humain d'abord » répète-t-il) qui canalise vers la bénédiction envers un système imparfait, pécheur, comme toute institution humaine, mais sujet à la rédemption.

 

On connaît Jorge Bergoglio, son rôle de collaboration bienveillante avec la dictature de Videla, son rôle – de « bon Père » face au « mauvais Père » Ratzinger – dans la liquidation de la progressiste Théologie de Libération en Amérique latine.

 

Voir en lui un humaniste sincère, c'est se bercer de gravissimes illusions, surtout pour des individus se prétendant d'une gauche alternative.

 

Que Tsipras, Iglesias comme Bertinotti se convertissent, qu'ils portent la chasuble (car c'est plus l'institution que la religion qui les fascine!), qu'ils laissent les communistes et les progressistes suivent leur propre voie.

 

Loin du Pape mais près des travailleurs chrétiens ou non, croyants ou non, qui luttent à leurs côtés dans les entreprises, les quartiers, les lieux d'étude.

 

Que ceux qui prennent Podemos comme modèle en France – dans le sillage d'un PGE qui utilise Podemos pour pousser les communistes à une ultime dilution, IU à rejoindre une force qui va intégrer le système – nous répondent : quel crédit accorder à une organisation prête à apporter sa voix innocente au chœur du cynique, de l'hypocrite Pape argentin ?

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Non à l'UE du Capital
commenter cet article
17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 06:39

Ukraine-and-Europe.jpgAccord d'association UE-Ukraine adopté, TAFTA ici, DCFTA ailleurs : c'est au nom de l'Europe qu'on exporte le libre-échange et l'ultra-libéralisme !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Hier, l'Accord d'association Ue-Ukraine a été adopté dans l'euphorie générale, les acclamations du « roi du chocolat » Petro Porochenko, à la tête d'un régime des oligarques, soutenu par les fascistes : le règne des banquiers européens peut commencer en Ukraine.

 

Ce mardi 16 septembre, 535 députés européens (face à 127 contre, 35 abstentions) ont voté l'Accord d'association avec l'Ukraine, un vote unanime de la droite, du PS et des Verts européens. Un accord qui étend le libre-échange, les politiques d'austérité imposées dans l'UE à ses frontières.

 

Au Parlement ukrainien, 355 des 381 députés présents votaient l'Accord d'association. Une « union sacrée » révélatrice réunissant le parti fasciste Svoboda, les partis libéraux pro-européens UDAR de Klitschko, Patrie de Timochenko et les ex du Parti des régions de Ianoukovitch.

 

Le Parti communiste, seule force d'opposition conséquente, a été privé de la parole depuis que son groupe parlementaire a été dissous. Il est actuellement en procédure d'interdiction.

 

« Non à l'Europe américaine » face au TAFTA ? Mais c'est l'Europe qui pousse au libre-échange, aux réformes libérales en Ukraine !

 

Même si l'extrême-droite – brouillant les pistes – a voté contre, c'est le groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE) regroupant communistes, partis de gauche radicaux et euro-sceptiques qui a exprimé une opposition conséquente et massive au prélude à « une thérapie de choc pour l'Ukraine ».

 

Ces derniers mois, le grave accord de libre-échange Amérique du nord-Europe (TAFTA) a concentré toutes les attentions.Il a suscité les slogans trompeurs « Non à l'Europe américaine » – vieille rengaine des socialistes – laissant croire qu'une UE « indépendante », « sociale » serait en train d'être pervertie par le TAFTA, qu'il faudrait se battre pour l' « Europe aux européens ».

 

Une drôle de réécriture de l'histoire quand on sait que l'adoption du libre-échange fut la raison d'êtrede la construction européenne, que l'Europe s'est construite sur impulsion américaine avec le Plan Marshall imposant l'unité européenne comme condition à sa réalisation.

 

La confusion retombe. L'Union européenne n'est pas victime de l'agression libre-échangiste américaine. Elle utilise le TAFTA pour approfondir la libéralisation/privatisation de ses secteurs publics, la casse de son agriculture familiale, des acquis sociaux des travailleurs.

 

Surtout, en coordination étroite avec le FMI, c'est bien l'Union européenne qui joue le rôle de bélier des intérêts impérialistes occidentaux en Ukraine, et demain en Moldavie.

 

Les intérêts économiques européens sont supérieurs à ceux américains dans le vaste marché ukrainien de 45 millions de personnes, avec son énorme potentiel de matières premières (pour le fer, charbon, manganèse, gaz, le seigle, le blé, l'orge … l'Ukraine est un leader mondial) et de main d’œuvre compétente et peu chère (avec un salaire moyen de 150 €!).

 

En effet, les deux premiers partenaires commerciaux de l'Ukraine sont à égalité la Russie (25 % de ses exportations, 36 % de ses importations) et l'Union européenne (27 % de ses exportations, 35 % de ses importations). Le premier investisseur en Ukraine est l'Allemagne avec 16 % de ses IDE, alors que 66% des IDE viennent de l'UE !

 

Les Etats-unis arrivent très loin derrière (entre l’Égypte et le Kazakhstan!) en 11 ème place comme partenaire commercial avec 1,6 % de ses exportations et 3 % de ses importations.

 

Parmi les grandes entreprises ayant signé des contrats depuis 2011 en Ukraine, on retrouve certes les géants de l'énergie américains Exxon et Chevron mais aussi les groupes allemands RWE, Siemens, l'entreprise anglo-hollandaise Shell ou encore la française EDF et l'italienne ENI.

 

Ce que prévoit l'Accord d'association : des réformes structurelles libérales au libre-échange inégal

 

L'Accord d'association, conclu en mars 2014, ne devrait rentrer en vigueur qu'à partir du 1er janvier 2016 pour éviter toute déstabilisation économique pour une Ukraine actuellement intégrée à l'Union douanière avec ses partenaires commerciaux traditionnels : Russie, Biélorussie et Kazakhstan.

 

Que prévoit-il ? Il faut pour cela consulter deux documents : non seulement les grandes lignes de l'Accord d'association du 6 mars et surtout le « Programme européen pour les réformes en Ukraine du 4 juillet.

 

Sur les grandes lignes, l'Union européenne a quatre objectifs : (1) accompagner le FMI dans les « réformes structurelles » ; (2) réaliser l'Accord de libre-échange Ukraine-UE (DCFTA) ; (3) libéraliser le marché de l'énergie ; (4) transformer l’État ukrainien sous la tutelle européenne.

 

1 – Accompagner le FMI dans ses réformes structurelles ultra-libérales :

 

Le FMI a en effet décidé en mai 2014 d'accorder un « plan d'aide » de 17 milliards de $ en échange d'une série de « réformes structurelles » : baisse réelle des salaires et retraites, licenciement de 10 % des fonctionnaires, hausse de 50 % des tarifs de l'énergie, hausse des taxes indirectes et bien sûr libéralisation/privatisation du marché de l'énergie.

 

L'Union européenne a accompagné ses propositions par son propre plan de 11 milliards de $, dont 8 millions en prêt des banques européennes et 3 millions de dons dans le cadre de programmes pour favoriser l'intégration européenne.

 

L'UE compte jouer un rôle d'expertise, de conseil, de supervision des « réformes structurelles » avec ses organismes (TRADE, ENTR, TAXUD, ECFIN, MARKT ou DEVCO) pour réaliser « les réformes fiscales, la libéralisation de l'énergie ainsi que l'adoption d'un climat favorable aux investissements », selon le document datant du 4 juillet.

 

Un programme qui ressemble plus à une mise sous tutelle de la part des « experts » financiers européens qu'à une aide humaniste désintéressée.

 

2 – Réaliser un accord de libre-échange (inégal) avec l'Ukraine :

 

La DCFTA (« Deep and comprehensive free trade area ») intègre l'Ukraine au monde libre selon les quatre libertés prévues par Maastricht : liberté de circulation des travailleurs, des biens, des capitaux, des services.

 

Les libertés démocratiques – expression, conscience, association – semblent accessoires dans un pays où un parti qui représente 3 millions d'électeurs, le Parti communiste, va être interdit, alors que des milices néo-nazis sèment la terreur en Ukraine, agressant, torturant, voire tuant leurs opposants.

 

La DCFTA prévoit un accord « libre et non-faussé » : (A) l'Ukraine doit supprimer ses barrières douanières, accorder la liberté totale de circulation aux capitaux et aux biens européens, la liberté de circulation des travailleurs ukrainiens ; (B) mais en échange les biens et services ukrainiens doivent attendre de se mettre aux normes européennes pour accéder au marché européen.

 

Un marché de dupes qui permet au capital ouest-européen, affamé de débouchés, de faire main basse sur les secteurs stratégiques libéralisés du pays, aux marchandises européennes de détruire une industrie et une agriculture puissantes mais peu « compétitives » face aux géants allemands ou français.

 

La soi-disant « harmonisation des normes sanitaires et légales » sera le prétexte pour fermer les marchés européens aux biens ukrainiens, une façon aussi de restructurer (c'est-à-dire détruire) l'appareil productif ukrainien.

 

Les agences européennes comme TRADE ou DEVCO fourniront encore une fois une assistance technique pour supprimer les barrières commerciales, examiner les conditions de l'ouverture aux capitaux étrangers de l'agriculture ukrainienne pour un « land grabbing » de grandes dimensions.

 

3 – Libéraliser le marché de l'énergie … pour les monopoles ouest-européens :

 

C'est le gros morceau : casser le monopole public de Naftogaz.

 

Ianoukovitch a déjà commencé le travail en séparant gestionnaire du réseau et exploitant, en ouvrant le marché à de nouveaux partenaires dans le réseau (l'allemand RWE) ou l'exploitation (les américains Exxon, Chevron, le britannique Shell).

 

Mais il a refusé d'augmenter de façon drastique les tarifs du gaz et du chauffage par peur de perdre sa place politique. Le FMI lui imposait 50 % de hausse immédiate des tarifs, de 100 % d'ici 2017. Il a refusé, il a été renversé par un coup d'Etat. Le nouveau gouvernement mené par le banquier Iasteniouk a adopté comme première mesure : la hausse des tarifs de l'énergie de 50 %.

 

Il faut savoir que l'Ukraine faisait profiter à sa population des tarifs les plus bas d'Europe : deux fois moins chers qu'en Russie, cinq fois meilleur marché qu'en Roumanie et huit fois plus abordables qu'en Pologne. Pour rester dans une comparaison entre pays de l'Est européen.

 

Le « Programme européen pour des réformes en Ukraine » insiste sur : la diversification des fournisseurs (RWE et GDF se sont déjà manifestés), la suppression aux barrières sur les investissements des grands groupes énergétiques, l'entrée dans la communauté energétique.

 

Ce programme sera supervisé par les agences européennes ENER et DEVCO essentiellement.

 

4 – Réformer l'Etat ukrainien : un État sous tutelle européenne

 

C'est la mission principale confiée aux « conseillers », « experts » de l'UE : transformer l'Etat ukrainien unitaire et corrompu, au service des oligarques mais avec une base populaire, en un Etat décentralisé et corrompu, au service des oligarques et des groupes ouest-européens.

 

Nous avions révélé que le 18 juin 2014 le Conseil européen a décidé de voter l'envoi d'une « mission de sécurité » pour « réformer les services de police » locaux. Dans la police, la justice, l'administration fiscale et dans une dizaine de ministères-clés, l'Union européenne va superviser la « transformation » de l'Etat ukrainien.

 

Des méthodes qui ressemblent à celles des Etats anglais et français au XIX ème siècle qui commençaient par envoyer des « conseillers », « experts » pour gérer les pays qu'ils mettaient sous leur dépendance avant de les coloniser : Perse, Egypte, Inde, Tunisie ...

 

Cela ressemble aux thérapies de choc de « state building » (ou « state reform ») adoptées récemment en Irak par les Etats-unis, au Kosovo par l'UE. Avec les résultats que l'on connaît.

 

En tout cas, les lignes sont plus claires après ce vote au Parlement européen. Les députés socialistes et verts sont loin d'être « frondeurs » : au niveau européen, 177 socialistes et 35 verts ont voté pour, seuls 1 socialiste (tchèque) et 2 verts (allemand et letton) ont voté contre.

 

Du côté de nos « indignés » français, 11 députés socialistes et 6 verts ont voté pour, 0 contre. Parmi les Pour, on peut citer : Eva Joly, José Bové, Vincent Peillon, Edouard Martin, Pervenche Bérès ou Isabelle Thomas.

 

Cessons les slogans trompeurs sur l' « Europe américaine ». L'UE sert les intérêts des monopoles européens, elle est un rival commercial des USA mais aussi son allié géopolitique : c'est elle qui est à l'avant-garde de la casse de l'Etat ukrainien, c'est elle qui sert de prétexte et instrument à la casse de nos acquis sociaux, c'est contre elle que nous devons lutter !

 

 

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Non à l'UE du Capital
commenter cet article
8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 09:20

pcp-affiche.jpgLes députés communistes portugais vont porter la question de la sortie de l'euro au Parlement européen



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« Rompre avec la logique d'intégration capitaliste européenne » ou « réformer l'Union européenne » : l'alternative dans les partis communistes et la gauche d'alternative en Europe. Si les partis réformistes du PGE comme Die Linke, Syriza poussent à l'accomodement, le PC portugais choisit la rupture.



Ce 29 août, les trois députés européens du PCP ont mis les pieds dans le plat de la remise en question de l'intégration à une Europe « néo-libérale, militariste et anti-démocratique » incarnée par le nouveau président Donald Tusk, rejetée massivement par les peuples.



Alors que nombreux sont les partis dans le groupe GUE (Gauche unitaire européenne) prêts à « défendre l'idée européenne », « sauver l'Euro », « réorienter la BCE », le PCP pose la question qui fâche : et si on envisageait de sortir de l'Euro ?



« Préparer la sortie de l'euro et renégocier la dette »



Au cours de cette conférence de presse, les trois députés du PCP – Joao Ferreira, Inés Zuber et le nouvel élu Miguel Viegas – ont fixé une ligne de conduite à porter dans l'enceinte du Parlement européen : « renégocier la dette et préparer la sortie du Portugal de l'euro ».



Le jeune député Joao Ferreira a livré un constat sans appel de l'intégration à la monnaie unique : « Cela fait longtemps que le Portugal souffre d'une intégration à une monnaie découplée des conditions réelles de la base productive du pays et de ses besoins sur le plan économique ».



Et la catastrophe de l'intégration à la monnaie unique enfonce le peuple portugais dans la crise, l'austérité insoutenable : « les contraintes identifiées à la soumission du Portugal à la monnaie unique non seulement persistent, mais elles tendent à s'aggraver ».



Pas d'amélioration pour le peuple portugais au sein de l'euro pour le PCP



Ce qui débouche sur une conclusion politique claire : « la question, le PCP se la pose depuis longtemps : existe-t-il une voie pour la reprise économique qui repose sur la défense des conditions de vie des portugais au sein de l'euro ? La réponse est négative ».



Pour les élus communistes, le débat doit donc s'ouvrir au Parlement pour : la dissolution de l'Union économique et monétaire, la fin du Pacte de Stabilité, une renégociation de la dette « devenues insoutenables et impayables » et des « compensations européennes pour les préjudices causés par une sortie négociée de la monnaie unique ».



Car pour Joao Ferreira, « cette exigence de la sortie de l'euro monte de plus en plus, elle doit se faire en lien avec la renégociation de la dette justement pour libérer le pays de cette contrainte ».



Pour le PCP, l' « Union européenne n'est pas réformable »



Cette prise de position publique, collective, révèle une radicalisation du discours du Parti communiste portugais ces derniers mois.



Certes, le PCP a toujours été un fervent critique de l'adhésion du Portugal à la CEE, au Traité de Maastricht, à l'adhésion du pays à la monnaie unique et plus tard au Traité de Lisbonne.



Il a toujours identité l'intégration européenne comme un processus d'asservissement du peuple portugais aux intérêts du capital national et européen, un moyen de casser les acquis sociaux et démocratiques, issus notamment de la Révolution de 1974.



Lors de son dernier congrès, en décembre 2012, le PCP a réaffirmé sa position :l’Union européenne n’est pas réformable, la crise de la zone Euro est la conséquence logique de l’Union économique et monétaire, et de la nature de classe de cette UE.



Le PCP se radicalise : « sortir de l'euro : nécessaire mais pas suffisant »



Toutefois, jusque-là, il s'était montré prudent sur la question du « sortie de l'euro », soulevant d'abord – non sans raisons – les dangers de cette manœuvre dans un pays très dépendant de l'extérieur, les risques d'une dégradation de la situation.



La situation a évolué depuis. La direction du PCP a organisé une grande rencontre le 19 mars 2013 à Lisbonne avec divers économistes du PCP, l'économiste longtemps proche du PS Joao Ferreira do Amaral favorable à la sortie de l'euro, qui a permis de révéler tant la nécessité de cette rupture, que les complexes conditions techniques de sa réalisation.



La synthèse du secrétaire-général du PCP, Jeronimo de Sousa, a alors : (1) – fait le constat de l'incompatibilité entre « maintien dans l'euro » et « politique alternative, de gauche, patriotique, pour les travailleurs », critiquant l'hypocrisie du PS, du Bloc de gauche dans leur « fédéralisme européen outrancier » ; (2) – la déduction que la sortie de l'euro était « nécessaire mais pas suffisante » à cette rupture ; (3) – ce qui pose la question des mesures permettant la rupture avec l'intégration capitaliste, accompagnant cette sortie : re-négociation de la dette mais aussi nationalisation des secteurs stratégiques, dont les banques.



Depuis, le PCP a porté dans la campagne des élections européennes une critique radicale de trente ans d'intégration capitaliste européenne au Portugal, elle a pointé du doigt le rôle de la monnaie unique dans la casse de l'appareil productif national, des droits sociaux des travailleurs, indiqué les responsabilités de la classe dirigeante nationale, dont le Parti socialiste.



Une ligne qui paye face au « Bloc de gauche » pro-européen



Cette ligne de clarté a payé :le Parti communiste portugais dans la coalition de la CDU a obtenu 13 % des voix aux européennes, son meilleur score depuis 20 ans et gagné un troisième député



Dans le même temps, le « Bloc de gauche » soutenu par le PGE (partenaire de SYRIZA, Die Linke, du Front de gauche …) a porté la « réforme de l'UE », du « maintien dans l'euro » : les électeurs ont tranché, le « Bloc » a obtenu 4,5 % des voix (contre 11 % en 2009) et perdu deux députés.



Fort heureusement, nos camarades portugais ne sont pas seuls en Europe. Au Parlement européen, les chypriotes d'AKEL posent la question de la sortie de l'Euro, le PTB belge, le KKE grec, le KSCM tchèque remettent en question l'intégration capitaliste européen. Hors du Parlement, les Partis communistes du Luxembourg, d'Irlande, d'Allemagne ou des Pays-bas partagent cette ligne.



Voilà un bel exemple de ce qui différencie les communistes porteurs d'une ligne de rupture avec le capitalisme et l'UE du Capital et la « gauche européenne » d'accompagnement. Que les « bouches s'ouvrent » en Europe notamment grâce aux communistes portugais !

 



Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Non à l'UE du Capital
commenter cet article
6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 05:15

donald-tusk.jpegLe polonais Donald Tusk, président de l'UE : la figure de cette Europe néo-libérale, belliciste, et anti-communiste !


Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


La nomination ce 30 août du premier ministre polonais à la présidence de l'Union européenne – en pleine vague d'austérité libérale et de frénésie belliciste anti-russe – est tout sauf fortuite: Tusk incarne bien cette Europe néo-libérale, militariste et anti-démocratique.

Cela fait des années que les médias et les partis dominants – surtout ceux dits « de gauche », même ceux dits de la « gauche de la gauche – nous martèlent la nécessité d'une « Europe forte », qui « parle d'une seule voix », « intégrée pour assurer la solidarité entre Etats, dépasser les clivages ».


La nomination de Donald Tusk, après l'insipide chrétien-démocrate Herman van Rompuy, marque un pas symbolique et concret dans l'intégration fédérale européenne : Tusk n'a cessé ces derniers mois de s'afficher pour une Europe forte, solidaire et visible sur la scène internationale.


Ses chevaux de bataille : le soutien à une position belliciste face à la Russie ; le renforcement du leadership allemand dans une UE engagée dans l'austérité européenne ; la consolidation à tout prix de la monnaie unique. Un programme agressif pour l'UE pour les trois ans à venir.

Le président du Conseil européen se place depuis le Traité de Lisbonne comme le « coordinateur », le « stratège » de la politique des différents pays européens, notamment sur les questions internationales. Quelle sera donc la stratégie pour l'Union européenne de Tusk ?



Le « reaganien » et « thatchérien » Tusk

 

Donald Tusk est depuis sept ans le Premier ministre de la Pologne, un record depuis la chute du communisme. Il n'a cessé d'être encensé depuis comme un dirigeant « responsable », « pragmatique », « courageux » par la presse économique.



Il avait promis en 2007 un programme de coupes massives dans les dépenses publiques et les impôts, de vastes privatisations, dans l'esprit d'un néo-libéralisme dont il se revendique fièrement avec comme modèles Margaret Thatcher et Ronald Reagan.



Il a bien lancé un programme de privatisations en 2008 comprenant la privatisation totale ou partielle de 802 entreprises (!) dont 54 entreprises-clés. Le gouvernement espérait alors plus de 10 milliards d'euros de recettes.



Aucun secteur n'a été épargné : chimie, les mines (charbon, lignite, souffre), le pharmaceutique, l'électricité (centrales), l'énergie, la machinerie, l'agriculture, la métallurgie, la santé, les banques et jusqu'à la Bourse de Varsovie. Varsovie, ville à vendre, il suffit d'en mettre le prix !



Pourtant, Tusk a bien été « pragmatique ». L'Etat n'a pas hésité à renflouer massivement les fonds de pension privés, en faillite après leur privatisation dans les années 1990.



Imposant aux autres pays l'austérité (grâce à l'euro), la Pologne de Tusk (avec sa zloty) a pratiqué la relance publique, avec des crédits facilités aux entreprises et des investissements publics en infrastructures pour l'Euro 2012 (8 milliards d'euros).



Sur le plan fiscal, c'est tout pour les entreprises et les riches : tandis qu'il ne touche pas au sacro-saint « Impôt sur les sociétés » à un taux déjà très bas de 19 %, il baisse les tranche supérieure (de 40 à 32 %) et moyenne (de 30 à 18 %) de l'Impôt sur le revenu, tout en supprimant une tranche.



Pendant ce temps, il augmente les impôts pour la population : la TVA passe de 22 à 23 % (on prévoit de l'augmenter à 25%), les taxes ont augmenté pour l'alcool, le tabac et le charbon.



La réussite de la Pologne – seul pays à ne pas entrer en récession – ébahit les commentateurs. Un mot discret sur le fait qu'elle est hors de l'Euro, sur les 2 millions de Polonais qui ont émigré, ou encore sur son choix de la « relance » couplée à une politique de déflation salariale.



Grâce à sa politique fiscale notamment, la Pologne propose des coûts de travail horaires de 7 € par h (contre 32 € en France, 29 € en Allemagne) selon le Ministère de l'Economie polonais.Tusk a même proposé une loi pour abolir la limitation de la durée de la journée de travail à 8 h !



En 2007, la Pologne avait été choisie par la Fédération des employeurs européens (Fedee) comme première destination en Europe pour les investissements grâce « à ses relations de travail particulièrement flexibles ».



Tusk l'européen : pour « l'Euro pour tous » … sauf pour son pays ?



Le couplet sur « Tusk, l'européen » était inévitable dans la presse français. Il est mérité tant Tusk fait étalage de son « patriotisme européen », valorisant sa position d'euro-fanatique face à l'euro-sceptique d'extrême-droite Jaroslaw Kaczynski.



Il a même remporté le prix « Charlemagne » en 2010 et « Walter Rathenau » en 2012 pour respectivement son « patriotisme européen » et son « engagement sans failles à l'intégration européenne !



Sa conception de l'Europe, elle s'inscrit dans le déplacement de l'axe Berlin-Paris vers un axe Berlin-Varsovie, avec un soutien sans réserves à la politique européenne de la chancelière Merkel.



Favorable à une « Europe allemande », il est aussi prêt à renforcer la réalité actuelle, originelle mais contradictoire d'une « Europe américaine », n'ayant cessé de manifester son alignement avec la politique étrangère américaine et son engagement atlantiste.



Un des combats de Donald Tusk est le renforcement de l'intégration fédérale européenne. Cela supposait l'entrée de la Pologne dans l'euro promise en 2007 pour l'an 2012. Il l'a repoussé en 2015. Désormais, l'entrée dans l'euro n'est plus à l'ordre du jour, si ce n'est comme horizon.



Car Tusk est pragmatique. Tout en conseillant l'entrée des autres Etats dans l'Euro – comme la Lettonie, la Lituanie – Tusk sait que le maintien de sa monnaie (avec 1 euro pour 4 zloty) garantit à la Pologne sa « compétitivité », un coût moindre des exportations. Le patronat préfère pour l'instant la monnaie nationale, tout comme 63 % des Polonais.



Après les ingérences en Ukraine, Varsovie prêt au conflit avec la Russie



Si il y a un front sur lequel Tusk a été offensif ces derniers mois, c'est le « front ukrainien ». En dépit de sa réputation de « modéré », « conciliant avec la Russie »,il a été l'avant-garde de ceux qui ont réclamé une position ferme, des sanctions contre la Russie.



La Pologne était parmi les puissances poussant le plus l'Ukraine de Ianoukovitch à signer l'Accord d'association avec l'UE, lorgnant sur le potentiel agricole, industriel mais aussi sur une sphère d'influence politique en Ukraine de l'ouest.



Le ministre des Affaires étrangères Sikorski a ensuite soutenu ouvertement les rebelles (les « indignés de Maidan » à crâne rasé), et Tusk est le premier à avoir proposé de financer l'opposition à hauteur de 1 million d'€ dans un premier temps pour « faire émerger des mouvements citoyens ».



Tusk est allé plus loin en se déclarant favorable au déploiement de troupes de l'OTAN sur son territoire pour la défendre contre la Russie, il a aussi accueilli en cattimini 120 chars allemands Leopard pour renforcer le Front de l'est.



Front de l'est, le mot n'est pas trop fort. Lors du sommet de l'OTAN, Tusk a appelé à renforcer l'organisation militaire atlantiste, consolidant l'UE comme « pilier de l'OTAN » en Europe depuis le Traité de Lisbonne.



Donald Tusk a osé une métaphore troublante, reprise dans Die Welt : « Si on observe la tragédie des Ukrainiens, sur le front de l'Est, nous pouvons nous dire que Septembre 1939 ne doit pas advenir une deuxième fois. Il est encore temps de les arrêter (les Russes) ».



Que la Pologne lutte avec l'Allemagne contre une « nouvelle invasion de la Pologne comme en 1939 », c'est une formidable ré-écriture de l'histoire. Moins étonnante qu'il n'y paraît chezcet anti-communiste, admirateur du général Pilsudski.



Pilsudski, commandant des forces polonaises dans la guerre contre l'URSS en 1919 devenu dictateur (« modéré » comme on dirait aujourd'hui) de 1926 à 1935, et ayant manifesté une attitude ambiguë envers l'Allemagne de Hitler – quand une partie de l'armée et l'intelligentsia polonaise voyaient comme un rempart face au bolchévisme.



Un anti-communiste viscéral



Car la matrice de l'engagement de Donald Tusk reste son anti-communisme viscéral. Il est né dans la lutte anti-communiste des années 1980 au sein du mouvement Solidarnosc où il se distingue déjà par ses positions néo-libérales, et naturellement anti-communistes, très à droite.



En 1989, après la chute du communisme, il fonde le « Congrès libéral-démocrate », défenseur alors de l'intégration européenne et du capitalisme sauvage. Il participe aux élections de 1991 sous le slogan : « Ni de droite, ni de gauche : tout droit vers l'Europe ! ».



Il est alors un des partisans de la « thérapie de choc » appliquée de façon désastreuse en Russie et dans d'autres pays de l'Est : privatisations, austérité salariale et budgétaire, baisse d'impôts pour les entreprises.



On peut relire ce que disait Donald Tusk en 1989, au moment où le régime communiste est sur le point de céder. Il n'a pas changé.



« Nous voulons une Pologne où les droits de propriété seront reconnus, où la liberté découlera de la propriété. Rien de nouveau, on nous dira. Mais toutes ces nouvelles idées-là, ces « troisième voie », ces « sociétés civiles non-bourgeoises », ces « socialisme à visage humain », ces « solidarités », cela sent l'utopie et la politique-fiction. De tout ça, on n'en veut plus ».



Donald Tusk a toujours été un « pragmatique » quand il s'est agi de défendre la propriété des riches. Il a toujours été un « croisé » quand il s'est agi de défendre le capitalisme, l'Union européenne, l'anti-communisme, l'atlantisme. Il fera un beau président de cette Europe-là.



 

 

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Non à l'UE du Capital
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 05:22

140726_ETUC_AFL_TAFTA-225x300.jpgLa CES (Confédération européenne des syndicats) veut un traité trans-atlantique « d’excellence », favorable « aux gens », pour une « prospérité partagée » et pour un « développement économique et social soutenable »

 

 

EDT pour vivelepcf et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 



La Confédération européenne des syndicats et la confédération syndicale américaine AFL-CIO ont poursuivi leur dialogue sur le traité transatlantique de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis.



Dans une déclaration commune, elles ont renouvelé, le 10 juillet, leur demande « d’un accord commercial UE-USA d’excellence », favorable, plus favorable que la situation actuelle, aux « conditions de vie et de travail ». Dans le texte intégral, disponible seulement en anglais, elles font état de ce que peut apporter le TAFTA (ou TTIP) et des garde-fous à prendre, notamment à l’égard du principe de précaution et de la capacité juridique donnée aux investisseurs d’attaquer les Etats.



Nous laissons le loisir à ceux qui le peuvent et le veulent d’étudier la déclaration en détail (lien).



Pour imaginer qu’un accord négocié entre capitalistes européens et américains puisse déboucher à l’avantage des travailleurs et des peuples, il faut être sacrément naïf ou sacrément malhonnête et trompeur. La CES n’est pas naïve. Elle est fidèle à sa raison d’être : servir de caution sociale l’Europe supranationale du capital et directement de valet à la Commission européenne.   



Une fois de plus, on mesure le contresens pour les organisations ouvrières françaises, issues du mouvement révolutionnaires à s’affilier à la CES, à la prendre comme référence, de même que sa transcription politique supranationale, le Parti de la gauche européenne (PGE).



A nouveau, une clarification s’impose. Depuis plusieurs mois, notamment lors de la campagne électorale des européennes, des composantes françaises de la CES et du PGE ont dénoncé – à juste titre – le TAFTA, et pas seulement l’opacité de ses conditions d’élaboration. Dans le même temps, elles ne cessent de se revendiquer de la CES comme référence « sociale » européenne. Il y a contradiction !



Les enjeux relatifs au TAFTA apparaissent, peu à peu. Ils sont particulièrement confus et contradictoires chez les impérialistes d’abord. Le débat et les actions recherchés par les organisations progressistes doit en tenir compte.



On se souvient que le grand frère du TAFTA, l’AMI, Accord multilatéral sur les investissements, n’a pas abouti dans les années 1990 à la suite du refus des groupes capitalistes américains prédominants. Certes par rapport aux années 90, l’émergence d’impérialismes nouveaux de premier plan dans le monde peut pousser les impérialistes européens et américain à collaborer davantage.



Aujourd’hui, à nouveau, il apparaît que ce sont les multinationales à base européenne qui sont à l’initiative, relayées par la Commission européenne (dans son ancienne ou nouvelle composition, c’est pareil).



Souvenons-nous que la véritable devise de l’Union européenne est « concurrence libre et non faussée » dans l’économie de marché. Elle ne date pas seulement du Traité de Lisbonne ou du projet de « constitution » de 2005. Elle remonte au Traité de Rome de 1957.



Or les Etats capitalistes, éventuellement les groupements d’Etats, n’ont qu’une seule préoccupation : fausser la concurrence dans l’intérêt de leurs commanditaires, firmes et trusts implantés dans leur pays.



Quand il s’agit d’écraser les droits sociaux, les services publics, les salaires dans son pays, au nom de la concurrence, les puissances capitalistes sont toutes d’accord et prêtes à s’accorder sur l’objectif. Mais ce n’est pas si évident quand les firmes et trusts de chacun sont en concurrence pour préserver leurs marchés initiaux, plus ou moins protégés, et pour voler ceux de leurs concurrents.



L’Union européenne, elle-même, est très loin d’avoir supprimé les antagonismes entre impérialismes nationaux. L’euro profite aux multinationales les plus fortes et les plus tournées vers l’export, d’abord l’économie allemande. En revanche, tous les impérialismes européens sont avides de disposer en Ukraine d’une réserve de main-d’œuvre, de matière première à vil prix et de possibilités de délocalisation. Cela correspond un peu au rôle imposé par les capitalistes US au Mexique.



Mais entre les intérêts des capitalistes US et des capitalistes UE, avec des différences internes dans chaque groupe suivant les branches et les débouchés recherchés, les divergences restent très larges. Les systèmes économiques et sociaux demeurent très différents aux Etats-Unis et dans les pays d’Europe occidentale, où, notamment, la classe ouvrière a gagné des acquis plus importants pour des raisons historiques, liées à la puissance des organisations révolutionnaires dans leur zone respective.



Les capitalistes américains ne sont pas chauds à l’idée d’abandonner les dispositions et normes qui leur réservent leur immense marché intérieur. En revanche, pour conquérir les marchés européens, ils n’ont rien contre le dumping social et cherchent à conserver l’avantage en termes de dumping social relevant du net décalage dans les conditions de rémunération de travail, de protection sociale…



Au contraire, la Commission européenne veut libéraliser le marché américain et se servir de cette opportunité concurrentielle pour écraser encore les droits sociaux en Europe.



CES et AFL-CIO soutiennent ensemble le principe d’un accord de libre-échange transatlantique, peut-être au profit d’intérêts capitalistes concurrents…



Ce qui ne fait pas de doute pour nous, c’est que les travailleurs des pays d’Europe, comme ceux des Etats-Unis n’ont que régression sociale et économique à attendre d’un tel accord.



Communistes, nous devons exiger l’arrêt des négociations entamées par la Commission européenne, avec l’accord très discret de François Hollande en 2013. Nous devons exiger, partout, l’état exact des négociations pour mieux les dénoncer.



Ceci dit, le TAFTA doit amener encore davantage au rejet de l’Union européenne et non à le détourner contre les USA. Rappelons que c’est l’UE qui est avant tout demanderesse.



Ce que l’UE veut gagner contre ses peuples avec le TAFTA, c’est ce qu’elle coordonne déjà avec les gouvernements nationaux de droite et de « gauche », au nom de la « concurrence libre et non faussée ». Le salaire minimum est 6 fois inférieur en Roumanie. Le travailleur ukrainien est encore moins cher pour l’industrie allemande que le Chinois !



La lutte contre le TAFTA doit être pour nous un nouvel angle de notre lutte contre l’Union européenne du capital.



Depuis quelques mois, notamment dans la campagne des élections européennes, on a vu Mélenchon se saisir du TAFTA, essayer de diriger la colère sur les USA et, ce faisant, d’épargner implicitement les intérêts capitalistes européens. Le Pen a fait de l’opposition au TAFTA son premier cheval de bataille. Si l’on suit la logique primaire de certains (qu’ils appliquent à la remise en cause de l’euro !), puisque le FN est contre le TAFTA, les pseudo-progressistes devraient être pour ! Voyons-y plutôt la preuve supplémentaire de la fonction de diversion du FN, en particulier sur l’Europe. Enfin, la problématique TAFTA est maintenant largement propagée par des associations citoyennes de sensibilités diverses.



Un traité, lui, existe bien, négocié dans la même opacité, aussi loin des peuples : c’est le traité « d’association économique » entre l’UE et l’Ukraine et que le pouvoir ukrainien issu du coup d’Etat, à composantes fascistes, vient de signer. UE/Ukraine, UE/USA : le rapport de force n’est pas le même ! Imposant ses règles, ses normes, le libre-échange, les puissances européennes, collectivement, transforment l’Ukraine en un protectorat économique et politique, continuent à la ruiner, au détriment également des travailleurs des autres pays.



Si on est contre le TAFTA, on est déjà tout de suite contre l’accord UE/Ukraine et sa ratification en France.



Si on est contre le TAFTA, on est aussi contre le dogme de la « concurrence libre et non faussée » entre les pays de l’UE et on en tire les conséquences. Les Etats, la France, doivent y déroger, refuser d’appliquer les traités et directives européens pour préserver leurs droits sociaux, leurs services publics, les possibilités de développement d’activités répondant aux besoins nationaux, aussi pour construire de véritables coopérations internationales.



Comme nous sommes profondément contre le TAFTA, communistes, nous portons toutes ces batailles ensemble, de façon indissociable !  

 



Repost 1
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Non à l'UE du Capital
commenter cet article