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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 06:03

pge-tsipras-laurent.jpgIV ème Congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) : « Refonder l'Europe », la grande illusion réformiste

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ces 14 et 15 décembre avait lieu le 4 ème Congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) à Madrid sous le thème « Refonder l'Europe  ». Beaucoup de confusion sur ce «  parti européen  », beaucoup de raccourcis, un éclairage communiste est nécessaire.

 

« Change Europe », c'est le mot d'ordre choisi en anglais pour ce 4 ème congrès du PGE. « Change l'Europe  » (ou «  bouge l'Europe  »), l'optique est de réformer, réorienter cette Union européenne. Le mot d'ordre équivoque de « refondation » était aussi omniprésent.

 

Le PGE, un parti européen minoritaire chez les communistes et la gauche d'alternative

 

Tout d'abord, qu'est-ce que le PGE ? Ou qu'est-ce qu'il n'est pas. Il n'est pas un « front » réunissant toutes les organisations communistes, ou au-delà de la gauche radicale. Loin de là.

 

Dès sa fondation, en 2004, plusieurs partis communistes influents ont refusé d'y adhérer  : les PC portugais (PCP), grec (KKE), tchèque (KSCM), chypriote (AKEL), italien (PdCI). D'autres ne l'ont pas rejoint : allemand, luxembourgeois, hongrois, slovaque, ou le Parti du travail de Belgique.

 

Même des des partis de la « gauche radicale  » nordique refusent d’adhérer au PGE, pour garder leur indépendance de pensée critique vis-à-vis de l’UE : l’Alliance de gauche finlandaise, le Parti de gauche suédois, le Parti socialiste néerlandais, le Mouvement populaire contre l’UE danois.

 

Le PGE représente ainsi seulement des formations anti-communistes comme SYRIZA en Grèce et le Bloc de gauche au Portugal et des formations en rupture avec l’héritage communiste  : PCF-PG-Front de gauche en France, PCE-Izquierda Unida en Espagne, Refondation en Italie – tous de la sinistre tradition euro-communiste – Die Linke en Allemagne.

 

Rappelons que le PGE n'est pas synonyme du groupe parlementaire européen GUE/NGL. Le PGE est un parti politique européen, financé par la Commission européenne pour « faire la promotion de l'idée et de l'intégration européenne ». Comme le PSE ou le PPE.

 

Sur les 34 députés qui forment le groupe parlementaire GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique), seuls 16 font partie du PGE dont la moitié de Die Linke.

 

Le programme du PGE : ré-orienter la construction européenne, humaniser le capitalisme

 

Si on écoute Tsipras, « l'Europe est à un carrefour  : soit on stagne et on recule, soit on va de l'avant, avec la Gauche européenne ». Le PGE serait la force de régénérescence d'une UE à bout de souffle, proposant ses services pour relever le drapeau de la « belle » idée européenne foulée aux pieds.

 

Si on suit les points relevés par Pierre Laurent, issus du document politique, le PGE propose six axes, beaucoup de belles idées, « humanistes », trans-classistes, souvent floues, mais aussi des propositions concrètes toutes axées sur le monde de la finance.

 

Si on en reste aux propositions concrètes, on peut les résumer sous les phrases suivantes, présentes dans le document  : « transformer les outils existants en outils de coopération au service des peuples », « mettre l'économie ( = le capitalisme) au service de l'humain »

 

  • L'harmonisation des salaires, vers un salaire minimum européen – qui peut croire que le salaire minimum roumain ou grec sera aligné sur celui français  ? C'est soit une utopie vaine, soit une proposition dangereuse pour baisser les salaires des pays les plus avancés  ;

 

  • « Refonder l'Euro pour le mettre au service des besoins des peuples  » – rien de moins que proposer de faire de l'Euro, monnaie du capital, une monnaie au service des travailleurs. C'est comme vouloir qu'un requin se transforme en colombe, par un coup de baguette !

 

  • « Une stratégie commune à travers des politiques budgétaires alternatives basées sur des budgets suffisants » – une phrase ambiguë mais qui suppose une intégration budgétaire accrue, via la contrainte monétaire, une augmentation du budget européen, et un dessaisissement des peuples  : en somme, un TSCG de gauche  !

 

  • «  Réorienter la BCE, son rôle, ses missions, son statut  » – un projet aussi utopique que ré-orienter le FMI : comment les peuples pourraient transformer cet outil dont la raison d'être est de fixer une politique au service du grand capital. Surtout que le projet du PGE est modeste : prévoir des missions de croissance (comme pour la FED américaine), lui attribuer un rôle de préteur en dernier ressort. Du keynésianisme très modéré !

 

  • « Changer les critères d'utilisation de l'argent par les banques et les grands groupes » – en somme, la BCE conditionnerait ses crédits en fonction de critères sociaux, écologiques, tout comme les Etats pénaliseraient ou récompenseraient les entreprises selon leur politique. Il y a un bon capitalisme (productif, responsable) et un mauvais (financier, immoral), et le PGE est prêt à récompenser le capital responsable par peut-être des exonérations fiscales, des subventions, du crédit facile. Cela passerait, dans la lignée du projet de pétition européenne lancé il y a deux ans par la constitution d'un « fonds européen pour le développement social et écologique ». Le PGE vient de ré-inventer le FEDER et le FSE !

 

  • « Créer une banque publique européenne, ainsi que des pôles publics bancaires nationaux pour changer les critères de fonctionnement de l'économie réelle  » - on voit ici ce que le PGE entend par «  développement des services publics  », d'un côté des grandes institutions publiques européennes (ici bancaires), de l'autre des pôles publics nationaux … en concurrence avec des pôles privés : surtout pas de monopoles publics nationaux. L'objectif de cette banque serait « de ne pas servir la spéculation mais à créer des emplois, financer l'économie réelle », encore une opposition simpliste et fallacieuse entre capitalisme productif et capitalisme financier ;

 

  • enfin, l' « allègement de la dette  » - avec des mesures d'abolition d'une part de la dette, de révision des échéances et conditions de remboursement. Une mesure de bon sens … pour le capital bancaire européen si il veut obtenir remboursement … et s'il veut étendre le supplice de la dette sur plusieurs décennies (on peut repenser au sort de l'Allemagne dans les années 1920, ou après 1945, Tsipras aime à faire référence aux accords de Londres signés avec la RFA … face au péril communiste et dans les intérêts du capital allemand et européen)  ;

 

On pourrait, sur le plan politique, sourire sur les propositions de « démocratisation de l'Union européenne », proposant de donner plus de pouvoir au Parlement européen, et de se saisir de l'outil de la « pétition européenne » … dont la Commission a refusé d'enregistrer celle du PGE (pour un « fonds européen social et responsable »), pour mieux la jeter à la poubelle, sic !

 

Il est frappant de remarquer que toutes ces propositions – ré-orientation de la BCE, refondation de l'Euro, allégement de la dette, critères de sélectivité du crédit, fonds social européen – ont été reprises telle quelle dans toutes les feuilles de route de congrès ou de convention des partis du PGE : Syriza, Die Linke, PCF-Front de gauche, PCE-Izquierda Unida, Refondation communiste.

 

Mais qu'y-a-t-il de commun à toutes ces propositions  ? 1) Elle propose des réformes modérées du système capitaliste, pour l' « humaniser  », tout au plus une régulation de son volet financier  ; 2) Elles s'articulent toutes à l'échelon européen, supposant plus d'intégration européenne.

 

Plus d'Europe, ré-orienter les mécanismes financiers prédateurs de cette UE … pour sauver l'Europe, et relancer l'économie capitaliste !

 

Sortir de l'Euro ou sauver l'Euro  ? Le PGE à la rescousse de l'Europe du capital

 

C'est la question centrale. Ni Tsipras, ni Laurent n'ont pu l'occulter. Il est frappant de voir l'évolution du constat du PGE entre le dernier congrès de 2010 et celui-ci. Le PGE ne peut plus défendre le mythe des fondements justes de l'UE, supposément dévoyés depuis 2008.

 

Désormais, le PGE découvre que l'Euro a été « une monnaie au service du grand capital  », Pierre Laurent réalise soudain que « les fondements de la construction européenne sont en cause  », que «  la crise a révélé les tares fondamentales de la construction européenne  ».

 

Toutefois, sur l'Euro, Pierre Laurent souligne que si « certains avancent l'idée d'un retrait de tel ou tel pays conduisant à la dissolution de la zone euro », ceci est « une fausse solution », porteuse de la dissolution en fait de l'Union européenne, et du réveil des nationalismes.

 

On peut rappeler que plusieurs partis communistes – comme le PC portugais, grec, chypriote, luxembourgeois – remettent désormais directement en cause l'Euro, envisageant d'en sortir. Que même des personnalités, plutôt dans l'optique du PGE, comme Julio Anguita en Espagne ou Oskar Lafontaine en Allemagne se sont prononcés contre la monnaie unique dernièrement.

 

Tsipras est plus direct, tout son discours est orienté autour de la « refondation de l'Euro  », suivant la ligne qu'il a défendu ses derniers mois  : « Non à l'austérité, oui à l'Euro ».

 

Tsipras constate que cette « union monétaire divise les Etats-membres, les sociétés, augmente le chômage, la pauvreté et les inégalités  ». Pour lui, elle doit être « soit refondée, soit dissoute », cette « refondation signifiant changement », un « changement pour l'Europe qui est désormais une question existentielle ». Sauver l'Euro pour sauver l'Europe, c'est l'idée de Tsipras !

 

Tsipras martèle ses propositions, en filigrane, sur l' « union monétaire  »  : l'Euro doit porter une responsabilité sociale (sic), la BCE doit être renforcée comme banque centrale.

 

Loin de porter frontalement l'exigence de rupture avec la « Troika  » (BCE-UE-FMI), Tsipras et le PGE portent l'objectif de « réforme  », « ré-orientation », en premier lieu de l'outil qui permet à la «  Troika  » d'imposer ses politiques, l'Euro.

 

Le PGE et Tsipras se proposent finalement de collaborer avec les dirigeants de l'UE, espérant obtenir de la négociation un « allègement du fardeau austéritaire  ».

 

Refonder l'Europe : une utopie irréaliste dangereuse, un projet réaliste réformiste

 

« Refonder l'Europe », le choix des termes n'est pas anodin. Tsipras évacue la subtilité : «  refondation = changement/réforme  ». En réalité, si la dimension de «  refondation » porte cette idée réformiste, elle recèle d'autres potentialités, y ajoutant une dimension idéaliste, utopique.

 

En effet, le PGE, pour la première fois, doit admettre que les fondements de la construction européenne sont viciés. Il le fait à reculons.Ainsi, hors Lisbonne aucune remise en cause des Traités – ni Rome, ni Maastricht – n'est actée, tout comme aucune remise en cause de l'Euro.

 

Si les fondements sont orientés dans une mauvaise direction, celle du capital financier, il faut donc poser de nouvelles fondations, refonder cette construction européenne.

 

Mais sur quelles bases cette Europe doit être « refondée » : l' « humain » pour le PGE. Une idée abstraite détachée des classes concrètes, de leurs contradictions et de leur lutte.

 

Dans des sociétés dominées par le capital et ses représentants, vouloir re-batir une Europe humaine (ou même du travail) est une utopie. La réaliser serait déjà supposer que des gouvernements alternatifs de gauche seraient déjà présents dans toute l'Europe … ce qui de fait dissoudrait cette Europe-là, rendant l'Union européenne caduque.

 

Dans le rapport de force actuel, c'est un rêve. Celui que caressait naguère les romantiques puis les trotskistes sur les « États-Unis d'Europe », justement dénoncés par Lénine.

 

Pour Lénine, ils étaient irréalisables à moins de réaliser le socialisme partout (donc de le rendre caduc), étroitement limités à l'Europe (pourquoi pas « Etats-unis du monde », car il s'agit d'une construction d'un bloc impérialiste), enfin justifiant l'union des cartels capitalistes européens.

 

Un rêve idéaliste qui permet de justifier des compromis réalistes. Tsipras a raison « refondation = réforme », la seule perspective réalisable, c'est la re-négociation de cette Europe, un allègement de la dette pour sauver l'Europe du capital.

 

Ainsi Pierre Laurent, une fois sorti du « monde des étoiles » revient sur terre, tout en marchant sur la tête :

 

« Aujourd'hui, l'Europe est dans une impasse de civilisation. Les dirigeants européens, enfermés dans leurs dogmes n'ont pas de vision d'avenir pour l'Europe. Ils sont en train de tuer l'idée d'une Europe de coopérations et de solidarité ».

 

Qui doit sauver « l'idée » européenne : « nous, PGE, avons à prendre à charge l'avenir de l'Europe »

 

Le programme d'action du PGE  : une OPA sur le mouvement communiste et la gauche d'alternative

 

Quelles lignes d'action pour le PGE, dans les mois à venir ? On eut attendu d'une organisation de « gauche radicale » une attention aux luttes concrètes contre les politiques d'austérité, une réflexion sur les conditions du passage à une société alternative. Rien de tout cela.

 

Du côté du « mouvement social », le PGE délègue au mouvement syndical regroupé dans la CES, cette organisation européenne regroupant 85 syndicats – démocrates-chrétiennes, sociaux-démocrates, libéraux pour l'essentiel – et destiné à promouvoir le « dialogue social européen » dans une « Europe de paix et de stabilité ».

 

Bernadette Ségol, secrétaire de la CES – une française qui n'a jamais milité dans un syndicat français – et Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire des Commissions ouvrières (CC.OO) espagnoles et président de la CES, étaient au congrès du PGE à Madrid.

 

Le dirigeant espagnol – qui freine le mouvement en Espagne – n'a pas eu un mot pour les luttes, il a insisté sur les « réformes » à mettre en place à l'échelle européenne : un plan de relance européen financé par une Taxe Tobin, des euro-obligations et mécanismes de solidarité européens.

 

Le PGE a également les yeux tournés vers les prochaines élections européennes de 2014. Il ne cherche rien de moins qu'à faire une OPA sur la gauche d'alternative, à en finir avec un mouvement communiste indépendant, sur des positions de classe.

 

Premièrement, par la candidature d'Alexis Tsipras, chef de SYRIZA, à la Commission européenne. Cette idée a créé des remous à gauche, même au sein du PGE. Sa candidature n'a été votée qu'à moins de 80 % des délégués présents à Madrid !

 

Elle pose plus d'un problème. De une, elle donne une légitimité à une institution anti-démocratique, la Commission, dans une élection sans enjeu. De deux, le PGE s'arroge le droit de présenter une candidature au nom de la « gauche d'alternative » qui ne se reconnaît pas dans le PGE et son choix.

 

Enfin, de trois, la mutation de SYRIZA de plus en plus nette en PASOK 2.0, en social-démocratie de substitution avec l'afflux massif de transfuges du Parti socialiste, la transformation en « parti unique », éliminant toute voix dissonante de gauche interne, centrée autour d'une personnalité et d'une ligne institutionnelle, pro-européenne et de gestion, pose problème.

 

Tout comme la personnalité de Tsipras qui a passé les douze derniers mois à rencontrer les dirigeants de l'UE, de la BCE, du FMI, de l’État allemand pour les rassurer : « Je ne suis pas dangereux », aime-t-il à leur répéter, je suis là « pour sauver l'Euro, l'Europe ».

 

Tsipras n'hésite pas à récupérer des références très lointaines par rapport à la tradition communiste« New Deal », « plan Marshall », « accords de Londres de 1953 », un mélange de keynésianisme régulateur, de réformisme assumé et de projets impérialistes manifestes !

 

En mars 2012, il avait même envoyé une lettre à Mario Draghi, Hermann van Rompuy et José Manuel Barroso pour se poser comme recours non seulement pour restaurer la stabilité en Grèce mais aussi dans toute l'Europe. Drôle de fossoyeur de l'UE que celui qui s'en veut le sauveur.

 

Parmi les autres initiatives que propose le PGE, la constitution d'un « forum européen des alternatives » à l'automne 2014, visant les forces politiques, sociales et syndicats qui ne sont pas membres du PGE, selon le schéma essoufflé des « forums sociaux », qui à l'origine voulaient de façon louable échapper à toute récupération politicienne.

 

Le but est clairement de faire main basse sur toute une frange de l'opposition de gauche au système, susceptible d'échapper à l'influence des institutions de l'Union européenne du capital.

 

Seule campagne de lutte, le refus du « grand marché trans-atlantique » en 2014. Il est évident que ce projet de libre-échange USA-Canada-Europe est porteur de périls – notamment pour la libéralisation-privatisation des services publics, pour la défense de notre agriculture, notre industrie.

 

Toutefois, cette campagne est non sans arrières pensées. Car elle oppose implicitement une « bonne Europe » indépendante, à une « mauvaise Europe » sous influence américaine. Non à l'Europe américaine, ce serait oui à l'Europe tout court !

 

Plus pernicieux, elle omet que l'UE va utiliser l'accord de libre-échange trans-atlantique comme un cheval de troie pour pousser un processus de libéralisation-privatisation, de casse de l'appareil productif qu'elle a déjà largement entamé, achevé parfois dans de nombreux secteurs par ses outils propres : directives de libéralisation, politique agricole commune, CECA.

 

 

Maité Mola, représentante d'Izquierda Unida, et Pierre Laurent ont conclu dans les mêmes termes : « le congrès du PGE, c'est le congrès du futur de l'Europe ». Le PGE se veut sauveur de l'Europe du capital, aux communistes de construire le mouvement pour l'enterrer !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Non à l'UE du Capital
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 05:43

1382096684696tsiprasc4.jpgCoup de force du PGE qui impose Alexis Tsipras comme candidat à la Commission européenne pour « refonder l’Europe »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce 18 octobre, le Parti de la gauche européenne (PGE) a fait un nouveau coup de force : imposer aux communistes et forces de gauche la candidature unique de Alexis Tsipras à la Commission européenne. Une candidature qui pose problème, à plus d’un titre.


Le Parti de la gauche européenne (PGE) est méconnu des communistes français et européens. Parti politique européen, financé par la Commission, il a pour but comme tout parti européen « de favoriser l’intégration européenne et l’émergence d’une conscience européenne ».


Depuis sa création en 2004, il a suscité de nombreuses critiques de partis communistes comme le PC Grec (KKE), portugais (PCP) ou tchèque (KSCM), lui reprochant de vouloir fondre les Partis communistes dans des formations de gauche euro-compatibles et réformistes.


La décision que vient de prendre le Conseil des présidents du PGE, ce 18 octobre à Madrid, va pouvoir alimenter la polémique sur le rôle que joue le PGE dans la canalisation du mouvement communiste vers la constitution d’une social-démocratie de substitution.


Une légitimation d’une institution européenne anti-démocratique


Premier problème, proposer une candidature à la Commission européenne légitime les institutions européennes anti-démocratiques. D’abord la Commission dont la raison d’être est de contourner les peuples pour imposer des politiques au service du capital.


Le PGE a conscience de contradictions intenables, il dénote « que la démocratie est bafouée en Europe, les marchés financiers font la loi » et souligne que cette nouvelle disposition « n’est pas de nature à démocratiser l’UE (…) sinon à masquer son autoritarisme ».


Oui mais … « le PGE ne veut pas laisser le monopole de la parole aux forces responsables de la crise ». Juste au-dessus le PGE prétendait que « c’était aux citoyens, aux peuples, que doit revenir le pouvoir de décider de l'avenir de l'Europe ».


Comment le PGE peut faire croire que présenter une candidature à la Commission, battue d’avance, servant de marche-pied à une candidature social-démocrate, peut donner le pouvoir de décider aux peuples ?


Le PGE est obligé de le reconnaître, cette élection à la Commission est destinée à masquer, derrière un simulacre de démocratie, le renforcement de son autoritarisme qui passe par la consolidation de l’intégration européenne.


Or, le but du PGE avec cette candidature est précisément de renforcer l’intégration fédérale européenne en favorisant l’ « émergence d’une conscience européenne » conformément à ses statuts.


Une OPA du PGE sur le mouvement communiste


Deuxièmement, par cette manœuvre, le PGE réalise une OPA sur le mouvement communiste, et plus largement sur une gauche radicale européenne parfois assez critique envers l’UE.


Cela pose la question : qui le PGE représente ? Il ne faut pas le confondre avec le groupe parlementaire GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique).


Le groupe GUE/NGL, confédéral, réuni tous les partis de gauche radicale, souvent héritier ou encore porteur vivant de l’héritage du mouvement communiste. Il ne tranche pas entre une ligne européiste et euro-critique, réformisme et révolution.


Chaque parti reste libre nationalement de l’élaboration de sa ligne, et le groupe n’est qu’un appareil technique de coordination en vue d’obtenir une meilleure audience au Parlement.


Parmi les partis membres du groupe GUE, quatre partis communistes qui refusent catégoriquement l’entrée dans le PGE : le PC portugais (10,6 %, 2 députés européens), grec (8,3 %, 2 députés européens), chypriote (34,9 %, 2 sièges européens), tchèque (14,2 %, 4 sièges européens).


D’autres partis communistes ont refusé d’entrer dans le PGE : le Parti des communistes italiens (PdCI), le PC allemand, luxembourgeois, hongrois ou encore slovaque. On peut aussi penser au Parti du travail de Belgique (PTB), très proche des Partis communistes.


Enfin, des partis de la « gauche radicale » nordique refusent encore d’adhérer au PGE, pour conserver leur indépendance de pensée critique vis-à-vis de l’UE : l’Alliance de gauche finlandaise, le Parti de gauche suédois, le Parti socialiste néerlandais, le Mouvement populaire contre l’UE danois.


En réalité, qui mène le PGE ?


Des formations anti-communistes comme SYRIZA en Grèce et le Bloc de gauche au Portugal ainsi que des formations en rupture avec l’héritage communiste : PCF-PG-Front de gauche en France, PCE-Izquierda Unida en Espagne, Refondation en Italie, Die Linke en Allemagne.


Sur les 34 députés qui forment le groupe parlementaire GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique), seuls 16 font partie du PGE dont la moitié de Die Linke. 7 autres sont observateurs, et 11 sont extérieurs au PGE.


En ce sens, la décision prise unilatéralement par les dirigeants du PGE, qui sera soumise au Congrès du PGE en décembre à Madrid, est un coup de force difficilement dissimulable.


Le communiqué peut bien conclure par : « d'ici le congrès de décembre, la présidence du PGE est donc chargée de consulter tous les partis membres et observateurs du PGE, les forces qui composent le groupe GUE-NGL au parlement européen » .


En quelle mesure les avis des forces qui composent le groupe GUE/NGL, qui refusent le projet porté par le PGE, compteront dans une décision prise directement par le groupe dirigeant du PGE ?


Il s’agit d’un coup de force symbolique et réel contre les forces communistes en Europe, contre les forces radicales qui portent une ligne anti-capitaliste et critique envers l’UE des grands groupes financiers.


Le choix de Tsipras : vers une gauche euro-compatible, de gestion du système


Troisièmement, le choix de Tsipras. Il marque l’ancrage du PGE et du mouvement héritier de la tradition communiste, de la gauche radicale, vers une solution résolument pro-européenne, de gestion social-démocrate du système.


On se souvient qu’en 2010, pour son 3 ème Congrès le PGE hésitait pour son nouveau secrétaire entre Pierre Laurent (PCF) et Alexis Tsipras, alors secrétaire d’un SYNAPSISMOS-SYRIZA au bord de l’implosion.


Pierre Laurent avait finalement été choisi. Un choix lourd de sens. L’élection du secrétaire du PGE préfigurant en général une attaque massive contre le Parti communiste du pays en question. Ce fut le cas pour l’Italie et l’Allemagne auparavant.


Le choix désormais d’Alexis Tsipras doit donc être analysé comme un signal lancé pour faire de SYRIZA un modèle pour les autres partis en Europe, et des idées de Tsipras le programme commun de la « gauche européenne ».


Comme le note le communiqué, « cette candidature serait un symbole fort pour l’Europe (…) car SYRIZA a su rassembler le peuple grec contre l’austérité, et pour un redressement de la Grèce dans une Europe solidaire ».


On connaît le programme de Tsipras, celui communiqué à Washington, Berlin, Londres, Francfort, Bruxelles, devant les dirigeants du FMI, de la BCE, de la Commission européenne :


« Nous voulons restaurer la stabilité en Grèce (entendre : l’ordre social capitaliste !) pour sauver l’Europe. Nous voulons l’Euro, mais avec moins d’austérité. ».


Répété avec maintes variantes, cette idée fixe suppose pour Tsipras de proposer ses services aux dirigeants européens – comme lors de cette fameuse lettre envoyée à Draghi, van Rompuy, Barroso en mars 2012 – et de négocier une austérité plus modérée.


En échange, Tsipras propose ouvertement de canaliser la colère sociale vers une gestion différente du système capitaliste (« plus humaine », aime-t-il à caractériser), vers l’idéal européen (« à sauver de ces dirigeants mêmes », souligne-t-il).


Cela conduit Tsipras à proposer des mesures de relance à l’échelle européenne, supposant la collaboration avec l’UE, la BCE, la Commission : un « plan Marshall » pour l’Europe, des « Accords de Londres » bis, pour réduire la dette grecque comme celle de la RFA en 1953.


Enfin, la méthode suivie par Tsipras dans son propre parti est très instructive.


En juillet, lors du Congrès fondateur de SYRIZA, c’est un « parti unique » de gauche qu’impose Tsipras, autour de sa personne, éliminant tout débat démocratique, centralisé à l’extrême sur une ligne institutionnelle, pro-européenne et de gestion du système, gonflé des transfuges du PASOK.


Du 13 au 15 décembre prochain, à Madrid, se déroulera le prochain congrès du PGE sous le mot d’ordre révélateur : « Change Europe » (« changeons l’Europe » !). Un congrès qui va marquer l’accélération du coup de force contre les partis communistes.


Car c’est un coup de force dans que tente d’imposer le PGE au sein du mouvement communiste : imposer la mutation vers une gauche euro-compatible, d’aménagement du système.


En ce moment même, la 15 ème Rencontre des partis communistes et ouvriers se tient à Lisbonne, respectueuse de la diversité des Partis communistes : c’est vers cet horizon que nous devons nous tourner, vers une alternative de rupture avec ce système capitaliste, avec l’UE du capital.

 

 

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Non à l'UE du Capital
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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 06:41

euro-all.jpgL’État allemand tire profit de la crise de la zone euro : 41 milliards d'euros d'économies sur les intérêts de la dette



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La nouvelle est passée relativement inaperçue dans les médias français, elle est pourtant éclairante : l’État allemand tire des profits financiers substantiels des malheurs des autres pays de la zone euro.

D'après les chiffres publiés par le Ministère des Finances allemand, la crise de la zone euro aura des effets budgétaires plus que positifs pour l'Allemagne : une économie de 41 milliards d'euros dans le paiement des intérêts de la dette, entre 2010 et 2014.

Dans le même temps, selon ce que prétend le Ministère, la crise de la zone euro aurait coûté à l'Allemagne un peu moins de 600 millions d'euros.

La raison de ces gains est simple. Avec la perte de confiance des investisseurs dans les pays de la zone euro touchés par la crise, ces derniers préfèrent s'orienter vers des « valeurs refuges », même beaucoup moins rémunératrices.

Depuis 2000, les taux d'intérêts sur les obligations allemandes ont chuté de 1%, avec un taux à la moitié de l'année 2013 de 1,8% contre 4,4% pour les obligations espagnoles, et 10,1% pour celles grecques.

En 2012, l'Allemagne avait même réussi à emprunter à taux négatif sur des emprunts de courte durée. Une situation paradoxale qui permettait à l'Allemagne de gagner de l'argent sur les prêts qu'elle sollicitait.

Le symbole est fort, il est une preuve éclatante de la domination du capital financier sur l'Union européenne actuelle, avec le rôle que joue l'Euro dans cette hégémonie, cassant les appareils productifs des pays voisins (surtout du Sud) et compressant le « coût du travail », c'est-à-dire les salaires et les droits sociaux, au Nord et surtout en Allemagne.

Des chiffres se passent de commentaires.

L'Allemagne est le seul pays à avoir connu un excédent budgétaire en 2012 : 4 milliards d'euros en 2012, soit 0,2% du PIB. A titre de comparaison, le déficit public s'élève à 4,8% du PIB en France, 10% en Grèce et en Espagne.

Ensuite, l'Allemagne est le seul pays à enregistrer des records d'excédents commerciaux : 188 milliards d'euros en 2012, le deuxième chiffre le plus élevé … depuis 1950.

L'Allemagne a même dépassé pour la première fois en 2011 la barre des 1 000 milliards d'exportations, avec une hausse de 3,7% de leur montant par rapport à l'année précédente.

Il ne convient pourtant pas, comme certains populistes, d'opposer l'Allemagne comme un bloc aux nouvelles « nations prolétaires » du Sud de l'Europe mais bien d'identifier les fractures dans chacun des pays.

En Allemagne, plusieurs millions de travailleurs subissent des formes extrêmes de précarité, celles instituées par les lois « Hartz IV », avec son cortège de « mini-jobs » et autres « jobs à 1 euro », qui ne permettent pas de vivre avec moins de 400 € par mois et maintiennent dans l'indignité sociale.

De quoi rappeler que si la crise profite au capital et à l’État allemand qui le sert, elle n'est certainement pas à l'avantage des travailleurs allemands qui en payent la facture !







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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 06:55

euro-greeceDans l'Union européenne, ceux qui travaillent le plus sont les Grecs ... loin devant les Allemands

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

« Les Grecs, ces fainéants », ce préjugé solidement ancré dans les têtes, relayé par les médias dominants afin de faire passer la politique de casse sociale sans précédent orchestrée par l'UE, se révèle pourtant à l'analyse un mensonge éhonté.

 

 

Il y a un peu plus d'un an, l'institut de sondage américain Pew Research Center réalisait un sondage révélant que, pour quasiment tous les Européens (sauf les Grecs eux-mêmes!) : les Allemands sont ceux qui travaillent le plus et les Grecs ceux qui travaillent le moins en Europe.

 

 

La réalité contredit les idées reçues. Selon les chiffres publiés par l'OCDE ceux qui dans l'Union européenne ont le plus travaillé dans l'année 2012 sont … justement les Grecs avec 2 032 h par an.

 

 

En dernière place, on retrouve les Hollandais avec 1 379 heures par an et avant-derniers les Allemands avec 1 413 heures par an de travail.

 

 

La moyenne des pays de l'OCDE se trouve à 1 776 heures. Seuls les Mexicains (2 250) et les Chiliens (2 047) travaillent plus que les Grecs parmi les 36 pays de l'OCDE.

 

 

Les employés grecs travaillent donc en moyenne 40% de plus que les Allemands.

 

 

Certains analystes ont cherché à relativiser les chiffres en insistant sur le poids des travailleurs indépendants en Grèce, ou sur le développement massif du temps partiel en Allemagne.

 

 

Toutefois, même en éliminant ce type de travailleurs du calcul, le temps de travail reste encore bien supérieur en Grèce

 

 

Une des raisons mises en avant pour explique ce différentiel résulte notamment du recours plus important côté Allemand des congés maternité, maladie et des vacances. Quatre semaines de plus en moyenne que pour les Grecs.

 

 

Les différences de productivité entre travailleurs Grecs et travailleurs Allemands interpellent, d'une part sur les mécanismes différenciés de l'extraction de la plus-value. D'autre part sur le processus de spécialisation inégale imposée par le division internationale du travail, organisée ici par l'UE.

 

 

Ces chiffres battent en brèche les caricatures et permettent de chercher les véritables raisons derrière l'attaque subie par les travailleurs grecs dans le processus d'intégration européenne intensifiant l'exploitation des travailleurs de tous les pays européens.

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 06:54

akel.jpgLe parti communiste chypriote (AKEL) adopte officiellement la ligne de la sortie de Chypre de l'Euro

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Depuis plusieurs mois, le débat sur la rupture avec l'Euro et l'Union européenne traverse les organisations communistes. Au sein de l'AKEL, la question est désormais tranchée sur l'Euro.

 

La politique de casse sociale, d'agression impérialiste, orchestrée par l'Union européenne et le FMI a touché brutalement l'île de Chypre : taxation inédite sur les dépôts bancaires, dissimulant l'ampleur d'une offensive sur les salaires, les retraites et sur le secteur public.

 

Les illusions sur l'Euro et sur l'Union européenne volent en éclats. Désormais, 89% des Chypriotes ne croient plus l'Union européenne et 67% des habitants de l'île se disent partisans d'une sortie de l'Euro.

 

L'AKEL, le parti communiste chypriote, a lui aussi été à faire son auto-critique, à revenir aux fondamentaux de son analyse. Parti de masse, l'AKEL est le premier parti de gauche du pays. Avec 32,7% aux dernières élections législatives, il est le deuxième parti parlementaire du pays

 

Auto-critique du côté de l'AKEL et retour à l'analyse fondamentale sur l'Union européenne du capital

 

Critique sur la nature de l'Union européenne, le parti avait néanmoins soutenu avec réserve l'entrée du pays dans l'UE en 2004 puis dans l'Euro en 2008, essentiellement sur la base de la promesse de la résolution de l'épineuse question chypriote.

 

Au pouvoir depuis 2008, le président communiste Demetris Christofias a dû subir l'assaut de l'Union européenne, utilisant cyniquement l'instrument de la monnaie unique. Une offensive à laquelle il a d'abord résisté, cherchant des alternatives au face-à-face avec l'UE.

 

Acculé, l'AKEL a dû entamé les négociations avec la « Troika » en 2012 sans parvenir à un accord, le parti communiste refusant de mettre en œuvre des plans d'austérité salariale ou de privatisation.

 

L'élection en 2013 d'un président de droite, Nikos Anastasiades, a relancé le plan d'austérité imposé par l'UE. Depuis, le mouvement populaire de rejet d'une UE au service des banques a atteint des niveaux inédits.

 

Du côté des communistes chypriotes, une sévère auto-critique de certaines positions de conciliation sur la question européenne a été entreprise.

 

Les débats internes à l'organisation n'ont guère filtré, mais dès le mois de mars le Comité central du Parti a entamé les débats sur la question de la sortie de l'Euro.

 

Du débat à la radicalisation de la position de l'AKEL sur la question européenne

 

Plusieurs articles du responsable aux questions internationales du parti Costas Christodoulides ont précisé le changement de cap du Parti sur la question européenne.

 

Dans son article du 8 mars publié dans le journal « Haravaghi », il rappelait que « la fonction de l'Union européenne était la maximisation du profit du capital » et que cette position historique de l'AKEL se reflétait dans l'attaque entreprise contre les droits sociaux, le secteur public.

 

Pour le responsables aux questions internationales de l'AKEL, la contradiction entre le processus d'intégration européenne et les intérêts des travailleurs chypriotes était de plus en plus patent.

 

L'intervention d'un autre dirigeant de l'AKEL, Stavros Evagorou, à la Conférence organisée en avril par le Parti communiste portugais à Lisbonne sur « Une autre Europe des travailleurs et des peuples », allait dans le même sens.

 

Selon le dirigeant communiste chypriote, « les dernières évolutions soulignent bien que l'Union européenne ait sans aucun doute l'option des monopoles et des classes dominantes de nos pays, mais cela n'est pas, et ne peut être, l'avenir de nos peuples ».

 

La position adoptée alors par l'AKEL était de demander un référendum sur la question de l'Euro afin que le peuple chypriote puisse lui-même trancher la question du maintien ou de la sortie de l'Euro.

 

Du référendum sur la sortie de l'Euro à la proposition de sortie de l'Euro soutenue par le parti

 

Depuis, la position a été tranchée au sein de l'AKEL et répercutée le 14 mai dernier lors de la Conférence de presse du secrétaire-général Andros Kyprianou, présentant les « propositions de l'AKEL pour l'économie chypriote ».

 

Après avoir analysé les conséquences désastreuses qu'aura le mémorandum de mars, comparant avec la situation dans les autres pays, et les effets néfastes des baisses de salaire, de la casse des systèmes de sécurité sociale ou encore de la privatisation des secteurs-clés, l'AKEL pose comme point de départ la recherche d' « une alternative qui nous libérerait du mémorandum ».

 

Sur la base d'une étude réalisée par l'AKEL, avec l'aide d'économistes étrangers, l'AKEL soutient désormais « des négociations avec l'Union européenne afin d'entamer une sortie ordonnée de Chypre de l'Euro, dans le respect du droit international ».

 

Le secrétaire-général de l'AKEL, en rappelant qu'il n'y a aucune « solution facile », rappelle néanmoins les avantages que pourrait tirer Chypre du retour à une monnaie nationale :

 

« renforcement de la compétitivité par la dévaluation de la monnaie ; récupération d'une indépendance nationale, par la fixation de notre propre politique économique ; capacité à gérer la dette publique ; développement de l'économie chypriote ».

 

Selon l'AKEL, la question principale est désormais celle des conditions de la rupture, en proposant un « plan de transition » qui intégrerait les défis en termes de politique monétaire et de change posés par la sortie de Chypre de l'Euro.

 

Enfin, l'AKEL encourage, toujours dans le cadre de ce plan de transition, la mise en place d'alliances inter-étatiques non seulement au sein de l'UE mais surtout en dehors de ce cadre.

 

Partout en Europe, les travailleurs manifestent un rejet de plus en plus fort des politiques orchestrées par les divers gouvernements, et de l'Union européenne qui les coordonne. A Chypre, comme ailleurs en Europe, les positions de rupture avec cette Europe-là seront désormais portées avec encore plus de résolution par les communistes.

 

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