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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 17:39
L’importance de faire reconnaître le régime « d’Apartheid » israélien contre les Palestiniens. Lettre de démission de Mme Rima Khalaf au secrétaire général de l’ONU.

ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf », 21 avril 2017

« Apartheid », c’est le mot que les dirigeants « blancs » colonialistes d’Afrique-du-Sud avaient choisi pour désigner leur système institutionnalisé de ségrégation, d’oppression et d’exploitation des « non-blancs ». Ce mot est surtout associé maintenant, mondialement, à la longue lutte contre ce système raciste. Cette lutte a réussi à gagner l’opinion publique internationale au point de faire plier les impérialismes américains et européens, notamment, qui soutenaient le régime de Pretoria.

L’Etat d’Israël a été également l’un des soutiens les plus constants, militairement et économiquement, du régime d’Apartheid. Mais on comprend aisément qu’aujourd’hui ses dirigeants fassent tout pour que leurs relations avec les Palestiniens, des territoires occupés et même d’Israël, ne soient pas assimilées à l’« Apartheid » (même si quelques dirigeants politiques populistes israéliens l’assument, notamment dans les campagnes électorales).

L’expression vient pourtant vite, naturellement, même dans les médias internationaux. Un journal français, par exemple, classés dans les moins révolutionnaires, Ouest-France, titre un article de son édition du 21 avril 2017 : « Derrière la grève de la faim, le Mandela palestinien ». Il compare à l’icône planétaire de la lutte contre l’Apartheid et le racisme le leader palestinien, Marwan Barghouti, certainement pour son emprisonnement depuis 16 ans dans les geôles israéliennes, pour sa relative modération, pour sa résistance et ses actions de luttes, depuis sa prison, contre le régime israélien.

Barghouti est à l’initiative de la grève de la fin de ses compagnons prisonniers politiques palestiniens, suivie par plus de 1200 détenus depuis le 17 avril. Leur acte dénonce les conditions indignes d’emprisonnement, les arrestations arbitraires : un des aspects de toute la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens.   

Dans une tribune publiée au New-York Times, Barghouti reprend aussi lui-même l’expression « Apartheid », dénonçant : "un apartheid judiciaire qui garantit une impunité pour les Israéliens ayant commis des crimes contre des Palestiniens et criminalise la résistance palestinienne".

Il y a un peu plus d’un mois, la Commission économique et sociale de l’ONU pour l’Asie Occidentale (CESAO) publiait sur son site un rapport, qu’elle avait commandé à deux chercheurs, intitulé « Les pratiques israéliennes à l’encontre du peuple palestinien et la question de l’Apartheid (en lien en anglais) ». Les auteurs analysent la politique israélienne notamment au regard du Droit international et de la « Convention internationale pour la suppression et la punition des crimes d’Apartheid ». Ils concluent « qu’Israël est coupable de politique et de pratiques constitutives du crime d’Apartheid ».

A peine le rapport publié, les Etats-Unis et Israël exigent du secrétaire général de l’ONU qu’il soit retiré. Antonio Guterres cède immédiatement à leurs pressions et demande à son tour à la secrétaire de la CESAO de retirer le rapport. Mme Rima Khalaf refuse de s’exécuter et choisit de démissionner. Dans sa lettre de démission, que nous reproduisons intégralement ci-dessous, elle écrit : « …, je ne peux que maintenir les conclusions du rapport de l’ESCAW comme quoi l’Etat d’Israël a établi un régime d’apartheid qui recherche la domination d’un groupe racial sur un autre. Les preuves fournies dans ce rapport rédigé par des experts de renom sont nombreuses. Tous ceux qui ont attaqué ce rapport n’ont pas eu un mot pour son contenu. Je considère comme mon devoir de mettre en lumière le fait légalement et moralement indéfendable qu’au 21ème siècle existe encore un état d’apartheid, plutôt que de supprimer les preuves. »

On ne peut que saluer cet acte courageux qui renverse très utilement l’effet recherché des injonctions américaines et israéliennes. Au passage, on s’inquiète de la soumission aux puissances impérialistes du nouveau secrétaire général de l’ONU, quelques fois présenté comme « progressiste » ou « dynamique » (la discrétion de Ban Ki Moon correspondait peut-être mieux à la latitude réelle d’action de ce poste).

Dénonçons toujours plus fort l’Apartheid en Israël ! Soutenons le mouvement des prisonniers palestiniens en grève de la faim !  

 

Lettre de démission de Rima Khalaf, secrétaire exécutive de la CESAO (Commission économique et sociale pour l’Asie de l’Ouest) au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, 21 mars 2017

Cher Monsieur le Secrétaire Général,

J’ai considéré avec attention votre message transmis par le chef de cabinet et vous assure que je n’ai à aucun moment remis en question votre droit de retirer la publication du rapport de notre site internet ou le fait que nous tous, travaillant pour le secrétariat, sommes soumis à l’autorité du secrétariat général. Tout comme je n’ai aucun doute concernant votre engagement envers les Droits de l’homme en général, et votre position ferme concernant les droits du peuple palestinien. Je comprends aussi vos préoccupations, particulièrement dans ces temps difficiles qui vous laissent peu de choix.

Je ne suis pas insensible aux attaques vicieuses et aux menaces qui pèsent sur les Nations Unies et sur vous personnellement de la part d’importants Etats-membres en réponse à la publication du rapport de la CESAO intitulé « Les pratiques d’Israël envers les Palestiniens et la question de l’apartheid ». Je ne trouve pas surprenant que de tels Etats-membres, qui ont maintenant des gouvernements qui se préoccupent peu des normes et valeurs internationales concernant les droits humains, aient recours à l’intimidation quand ils trouvent difficile de défendre leurs politiques et pratiques illicites. Il est normal que des criminels mettent la pression et attaquent ceux qui défendent la cause de leurs victimes. Je ne peux pas me soumettre à une telle pression.

Ce n’est pas en vertu de mon statut d’officiel international mais en vertu de mon statut d’être humain honnête, que je crois, comme vous, dans les valeurs et principes universels qui ont toujours été les lignes de conduite du bien dans l’histoire humaine, et sur lesquels une organisation comme la nôtre, les Nations Unies, est fondée. Comme vous je considère que la discrimination envers toute personne sur le motif de sa religion, de sa couleur de peau, de son sexe ou de son origine ethnique est inacceptable, et que de telles discriminations ne peuvent être rendues acceptables par les calculs de l’opportunisme ou du pouvoir politique. Je considère de plus que les peuples ne devraient pas seulement avoir le droit de dire la vérité au pouvoir mais ils ont le devoir de le faire.

En l’espace de deux mois, vous m’avez demandé le retrait de deux rapports produits par la CESAO, pas à cause de fautes que l’on aurait commise dans ces rapports, et probablement pas parce que vous étiez en désaccord avec leur contenu, mais à cause de la pression politique exercée par des Etats-membres qui violent gravement le droit des peuples de la région.

Vous avez vu que les peuples de cette région vivent une période de souffrance inégalée dans l’histoire moderne, et que le nombre considérable de catastrophes aujourd’hui résulte du flot d’injustices qui furent ignorées, camouflées ou ouvertement approuvées par des gouvernements puissants à l’intérieur et à l’extérieur de la région. Ces mêmes gouvernements sont ceux qui vous mettent la pression pour faire taire la voix de la vérité et l’appel pour la justice présentés dans ces rapports.

Etant donné ce qui précède, je ne peux que maintenir les conclusions du rapport de la CESAO comme quoi l’Etat d’Israël a établi un régime d’apartheid qui recherche la domination d’un groupe racial sur un autre. Les preuves fournies dans ce rapport rédigé par des experts de renom sont nombreuses. Tous ceux qui ont attaqué ce rapport n’ont pas eu un mot pour son contenu. Je considère comme mon devoir de mettre en lumière le fait légalement et moralement indéfendable qu’au 21ème siècle existe encore un état d’apartheid, plutôt que de supprimer les preuves. En disant cela je ne clame aucune supériorité morale ou vision supérieure. Ma position est influencée par une vie d’expériences où j’ai vu les conséquences désastreuses pour la paix quand on bloque les plaintes des peuples dans notre région.

Je réalise que je n’ai que peu de choix. Je ne peux pas retirer maintenant un autre dossier des Nations Unies bien documenté et faisant suite à des recherches approfondies sur les violations graves des droits humains bien que je sache que des instructions claires du secrétaire général doivent être appliquées rapidement. C’est un dilemme que je ne peux résoudre que par ma démission pour permettre à quelqu’un d’autre de fournir ce que je ne peux fournir en bonne conscience. Je sais que je n’ai plus que 2 semaines à mon poste ; ma démission n’est donc pas destinée à exercer une pression politique. C’est simplement car je pense que c’est mon devoir envers les peuples que nous servons, envers les Nations Unies et envers moi même, de ne pas retirer un témoignage honnête sur un crime en cours qui est à la racine de tellement de souffrances humaines. En conséquence, je vous remets par la présente ma démission des Nations Unies.

Avec tous mes respects,

Rima Khalaf

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 17:42
Leïla Shahid juge feu Shimon Peres "assez sévèrement malheureusement"

Leila Shahid : "Pour les Palestiniens, Shimon Peres restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo" (France Infos)

Sur franceinfo, Leila Shahid, ex-ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne, a jugé Shimon Peres "décevant pour les partisans de la paix palestiniens mais aussi israéliens". L’ancien premier Ministre israélien est mort mercredi 28 septembre à l’âge de 93 ans.

 

L’ancien premier ministre d’Israël et prix Nobel de la paix, Shimon Peres, est mort mercredi 28 septembre à l’âge de 93 ans, deux semaines après avoir été victime d’une attaque cérébrale. Leila Shahid, ancienne déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France et ex-ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne, a estimé sur franceinfo que "pour les Palestiniens, il restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo."

franceinfo : Avez-vous le sentiment qu’il y a eu deux Shimon Peres ?

Leila Shahid : Oui, je dirais qu’il y a eu plusieurs Shimon Peres. L’homme qui a eu l’image respectable, cosmopolite, internationaliste et plutôt laïque d’Israël. Il y a eu plusieurs personnages parce que, comme tous les grands hommes politiques, il était complexe. Mais, pour les Palestiniens, il restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo, celui qui n’a pas su succéder à Yitzhak Rabin après son assassinat, celui qui a d’ailleurs perdu les élections face à Netanyahu et, pour cette raison-là, il a été décevant pour les partisans de la paix palestiniens mais aussi israéliens. Et puis surtout, l’homme qui a, au lieu de continuer à défendre le parti travailliste, a choisi d’aller avec Ariel Sharon.

Le dernier fondateur de l’Etat d’Israël a disparu. Pensez-vous que seuls les fondateurs avaient peut-être la capacité de faire la paix et que la "génération héritage" n’en a pas la capacité ?

Non ce n’est pas seulement cela. La société israélienne a changé, pas seulement les dirigeants. On est passés d’une société à majorité laïque, pionnière qui fondait un Etat qu’elle pensait être la protection ultime du peuple juif dans le monde, à un Etat qui est fait de religieux, fanatiques, nationalistes, dirigés par des racistes, fiers de l’être comme monsieur Lieberman qui est aujourd’hui ministre de la Défense. La société a changé, la Knesset a changé. C’est pour cela que c’est extrêmement tragique et que nous devons juger le legs de Shimon Peres à la lumière de sa trajectoire politique et historique. Je le juge assez sévèrement malheureusement.

>>Ecouter l’interview

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 09:10
Les députés à la Knesset Liste Unifiée/Hadash Ayman Odey et Dov Khenin dans la manifestation à Beer Sheva le 3 mars contre la destruction des villages bédoins.

Les députés à la Knesset Liste Unifiée/Hadash Ayman Odey et Dov Khenin dans la manifestation à Beer Sheva le 3 mars contre la destruction des villages bédoins.

Parti communiste d’Israël, traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf », 5 mars 2016

Des centaines d’opposants, arabes et juifs, ont manifesté jeudi 3 mars à Beer-Sheva contre le projet du gouvernement de démolir deux villages bédouins et de construire une nouvelle colonie juive à leur place.

Suivant un plan soutenu par le gouvernement, les habitants des villages arabes-bédouins non reconnus d’Atir et d’Umm Al-Hiran, situés dans le sud du désert du Néguev, sont censés être expulsés pour permettre l’installation, sur leurs ruines, d’une nouvelle colonie juive qui doit s’appeler Hiran. Le gouvernement a donné son accord au projet en 2013 mais son exécution a été retardée à la suite d’une longue bataille juridique. En janvier cependant, la Cour suprême a rejeté le dernier recours déposé par les habitants ouvrant la voie au commencement des démolitions.

« Nous nous tenons aux côtés des habitants des villages non-reconnus et disons au gouvernement que nous ne bougerons pas d’Umm Al-Hiran et d’Atir » a déclaré Ayman Odeh, député à la Knesset [du Hadash, coalition incluant le Parti communiste], tête de liste de la « Liste unifiée » aux dernières élections [coalition électorale avec les partis arabes d’Israël], lors du rassemblement devant le tribunal de district qui a suivi la manifestation. « L’évacuation d’une communauté arabe pour installer une communauté juive représente le franchissement d’une ligne rouge, une grave escalade dans la discrimination d’Etat à l’encontre de la minorité arabe ». Odey a ajouté que la reconnaissance des villages, la mise en place des infrastructures de base - écoles, services médicaux - correspond à des droits élémentaires de chaque citoyen. « J’appelle tous les habitants du Néguev à nous rejoindre dans cette lutte dont le succès va dans l’intérêt de tous ceux qui habitent ici. » Dov Khenin, député à la Knesset, également du Hadash et de la « Liste unifiée », s’est adressé à la foule et a rappelé que « deux autres villages arabes-bédouins, Al-Fur’a et Al-Za’rura doivent également être rasés pour laisser place à une mine de phosphates ».

Michal Rotem, une des porte-parole du « Forum Coexistance-Néguev pour l’égalité civique », un groupe mixte arabe et juif qui a aidé à l’organisation du rassemblement, a déclaré à l’agence de presse chinoise Xinhua que les maisons risquaient d’un moment à l’autre d’être évacuées et démolies. « Les pelleteuses sont déjà à l’œuvre juste à côté des habitations d’Umm al-Hiran, construisant la colonie de Hiran ». Elle a ajouté que le plan du gouvernement prévoyait d’intégrer l’espace du village d’Atir dans la forêt voisine de Yatir.

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 19:23
Tel Aviv invité à Paris-Plage le 13 août 2015 par la Mairie de Paris: analyse de la polémique politique parisienne et française

Au coeur de l'été, la polémique politique grossit depuis la découverte qu'est invitée officiellement par la municipalité d'Anne Hidalgo à Paris-plage, le 13 août 2015, sur un espace privilégié en quai de Seine, la ville de Tel Aviv pour y reproduire l'ambiance festive de ses plages. Cette initiative suscite une vague d'indignation chez la quasi-totalité des communistes français, chez les partisans d'une paix juste et durable en Palestine/Israël, un an à peine après la guerre de Gaza et dans la situation d'injustice, de racisme, d'agression, d'oppression, de colonialisme qu'aggrave encore la politique de Natanyahou. La polémique révèle un aspect de la bataille idéologique livrée par les suppôts de l'impérialisme israélien dans les conditions politiques et sociales françaises. Nous reproduisons ci-dessous deux articles successifs, d'information et d'analyse, de nos camarades du réseau PCF vivelepcf/Cahiers communistes qui ont été dans les premiers à réagir. Solidarité internationale PCF, 11 août 2015

 

Tel-Aviv-Plage à Paris-Plage : la municipalité d’Anne Hidalgo confirme l’opération politique

Vivelepcf, 11 août 2015, en complément de notre déclaration du 6 août Tel-Aviv-Plage invité officiellement à Paris-Plage : consternation !

 

Photos du voyage d'une délégation du Conseil de Paris (de tous les groupes) en mai 2105 en Israël: l'idée de Tel Aviv à Paris plage aurait été trouvée là-bas selon Anne Hidalgo

Notre article du 6 août, à la suite de l’alarme de camarades après un article du site du Courrier de l’Atlas, étayé par les communications d’associations proches de l’ambassade d’Israël, a servi de « lanceur d’alerte », du moins parmi les communistes connectés. Nous avons eu l’écho de dizaines d’intervention de camarades. Nous reproduisons sur ce site, en exemple, la lettre du secrétaire de la section du PCF de Thil en Meurthe-et-Moselle à Anne Hidalgo.

Depuis le 6, la programmation a été confirmée par la municipalité. Le sujet sensible a logiquement enflé et à peu près chaque groupe politique concerné a réagi, Anne Hidalgo la dernière par un communiqué aujourd’hui.

Le groupe des élus PCF-Front de gauche (comme l’élue PG) a dénoncé l’opération dans un communiqué du 10. Il demande son annulation et sa substitution par un événement pour la paix israélo-palestinienne. Certains élus EELV sont allés dans le même sens, d’autres ont refusé de prendre position.

A droite, les élus LR-exUMP, UDI et Modem appuient lourdement l’initiative de la municipalité. Certains (Bournazel, Ciotti…) se livrent à une surenchère dans le soutien aux associations sionistes et au gouvernement d’Israël, reprenant notamment l’infâme assimilation de toute contestation de la politique d’Israël à de l’antisémitisme.

Les élus PS font bloc derrière Hidalgo qu’il s’agisse de son 1er adjoint Bruno Julliard, du président du groupe Rémi Féraud, ou de Pascal Cherki. Leurs arguments sont à peu près calqués. L’initiative est organisée avec la ville de Tel Aviv sans passer par l’ambassade d’Israël. La ville et la municipalité de Tel Aviv ne seraient pas identifiables au gouvernement israélien. Tel Aviv, ville « progressiste », « créative », connue pour ses mœurs très libérées, serait la « première d’opposition » en Israël (Hidalgo).

Opposition au parti de Netanyahou peut-être, à la colonisation et à l’oppression des Palestiniens, certainement pas ! Les justifications d’Hidalgo et du PS ne tiennent pas la route.

Les associations travaillant avec l’ambassade d’Israël à Paris sont les premières à faire la propagande de l’événement. A Paris-plage, Tel Aviv n’est qu’un faux nez de l’Etat d’Israël.

Le premier centre économique d’Israël (seule capitale reconnue internationalement) est le centre de toutes les inégalités, de tous les profits d’un système et d’une politique basés sur le colonialisme, le racisme à tous les étages (également au sein de la population juive et contre les étrangers), l’oppression, la politique d’agression internationale, de guerre de l’Etat israélien.

Si la municipalité de Paris avait pris l’initiative d’une manifestation avec le musée des Beaux-arts de Tel Aviv ou son conservatoire de musique, personne n’y aurait eu quoi que ce soit à redire, nous les derniers. Bien sûr que malgré le régime indéfendable, les liens culturels avec le peuple doivent continuer. Mais l’opération Tel Aviv à Paris-plage n’a rien à voir avec cela. Anne Hidalgo le sait très bien, reconnaissant avoir invité la ville israélienne, « d’abord, parce qu’elle est une ville balnéaire appréciée des noctambules du monde entier, ce qui lui vaut son surnom de « Ville qui ne dort jamais » ».

L’indécence d’exposer à Paris le bling-bling des plages branchées de Tel Aviv, un an après la guerre à Gaza, alors qu’elles se trouvent à 50 km à peine des plages du dernier martyre palestinien, n’a pas pu échapper à la municipalité de Paris. Comme n’a pas pu lui échapper la polémique et les instrumentalisations politique que l’annonce de cet événement allait immanquablement susciter.

Le fait de l’intégrer dans le programme officiel de Paris-plage seulement le 7 août alors qu’il est prévu depuis des mois, les centaines de policiers commandés en renfort préventivement le confirment bien…

Les propagandistes de la politique de l’Etat israélien utilisent à plein l’événement. Paris-plage leur permet de mettre en avant une image joyeuse, pacifique d’Israël, une image partielle, une image fausse, une image trompeuse qui masque le système d’oppression et de guerre.

La polémique leur permet de mobiliser tous leurs soutiens politiques en France du PS à LR-exUMP et même au FN (communiqué de Wallerand de Saint-Just), un rassemblement sans mesure avec l’état de l’opinion publique française et destinée à l’influencer.

Avec l’appui prévisible de la plupart des médias, les sionistes sauront opposer jeudi 13 une image gentille de plagistes de Tel Aviv à une image d’agressivité (de colère) de contre-manifestants venus rappeler les souffrances des Palestiniens et l’exigence de la paix.

Voilà en toute connaissance de cause, l’opération politique dont Anne Hidalgo porte la responsabilité en refusant d’annuler « Tel Aviv à Paris-plage ». Elle se situe dans la suite de ses actes politiques précédents sur cette question : la non-dénonciation de la guerre de Gaza l’an dernier, la participation aux initiatives les plus outrancières du CRIF etc1.

Jeudi 13, journée de l’événement, marquons le coup sans ajouter d’huile sur le feu, conscients des provocations calculées des propagandistes de l’Etat d’Israël !

Il reste une question : où a été décidée l’initiative et par qui ? Anne Hidalgo affirme que « l’idée est née autour d’un déjeuner que les élus des deux villes ont partagé lors du déplacement du Conseil de Paris en Israël et en Palestine effectué au mois de mai. » Qui en a parlé, entendu parler à ce déjeuner ? Pourquoi l’opération, vue ses conséquences évidentes, n’a-t-elle pas l’objet au moins d’une information au Conseillers de Paris ?2

Continuons à placer Anne Hidalgo et la municipalité de Paris devant les conséquences de leurs choix, à les dénoncer ! A contrer, à ce niveau parisien aussi, la désinformation et la propagande des alliés de l’impérialisme israélien.

 

Notes :

1- Meeting du CRIF du 19 mars 2014 (participation de plusieurs élus parisiens dont Hidalgo), suivre le lien : Nomination de Valls, le pyromane de l’antisémitisme : danger !

2- Le voyage d’une délégation du Conseil de Paris en Israël début mai a déjà soulevé de lourdes questions. Elle était composée, outre d’Anne Hidalgo, de deux adjoints (PS et PCF-FdG), des présidents des groupes EELV, PS, PRG et UDI-Modem et de la vice-présidente du groupe UMP. Au programme figurait notamment la prise de parole, à côté de Benjamin Netanyahou, d’Anne Hidalgo au « Global Forum For Combatting Antisemitism » qui prête pour le moins à controverse.

3- Communistes, nous ne comprenons toujours pas et continuons de déplorer la présence-caution de l’adjointe PCF-FdG, membre du Conseil national du PCF, Catherine Vieu-Charier dans cette délégation. Auparavant, de façon indéfendable, elle accompagnait Anne Hidalgo (alors première adjointe) sur le podium du meeting du CRIF du 19 mars 2014, destiné à instrumentaliser le souvenir des victimes des attentats de Mohamed Merah en soutien à Israël. Catherine Vieu-Charier cédait cette année-là aussi à l’invitation au dîner du CRIF. Quelles que soient ses motivations et/ou réticences personnelles, il serait très dommageable au Parti qu’elle représente le PCF ou la Fédération de Paris du PCF dans ce type de manifestation.

 

Tel-Aviv-Plage invité officiellement à Paris-Plage : consternation ! (complété)

Complété le 11 août (suivre le lien)

Vivelepcf, 6 août 2015. Devant l’incrédulité de nombreux lecteurs hier et l’absence de sources primaires autres que celles d’associations et groupements liés à l’ambassade d’Israël, nous avons suspendu la publication de l’article jusqu’à confirmation définitive. Celle-ci est arrivée de la Ville de Paris, après de nombreux coups de téléphone. « Tel-Avis à Paris plage » figure désormais dans le programme officiel de Paris Plage, remanié ce 7 août: suivre ce lien http://quefaire.paris.fr/articles/107 (image ci-dessous). Malheureusement! Nous appelons encore davantage, sur la base de notre réaction, de notre analyse et de nos propositions émises hier, à interpeller les élus parisiens. Si une décision si lourde de conséquences a été prise à leur insu, c’est un problème supplémentaire. Sinon, pourquoi n’ont-ils pas réagi? Leurs coordonnées figurent en bas de l’article. Sur un sujet aussi sensible, d’ici le 13 août, la vigilance est de mise pour éviter de tomber dans toute provocation et laisser notre protestation être amalgamée à des positions qui ne sont pas les nôtres, voire qui y sont totalement contraires. La rédaction de Vivelepcf [Attention, il ne s'agit pas d'une position officielle du PCF Paris, mais d'une position des animateurs du site vivelepcf.fr, partant de la réaction de la section du PCF Paris 15].

 

Tel-Aviv-Plage invité officiellement à Paris-Plage : consternation !

 

Des camarades communistes parisiens nous ont fait part de leur consternation à la nouvelle de l’installation le 13 août d’un espace « Tel-Aviv-plage » à Paris-plage, sur les bords de Seine, entre le pont d’Arcole et le pont Notre-Dame.

On apprend sur des sites israéliens que la municipalité de Paris a finalisé cette opération avec la municipalité de Tel Aviv lors de la visite d’Anne Hidalgo en Israël en mai dernier.

Nous n’avons rien a priori, bien au contraire, contre des échanges culturels avec des créateurs israéliens, avec le peuple israélien. Mais là, il ne s’agit absolument pas de cela mais d’une opération officielle destinée à faire la promotion de « l’ambiance festive tel-avivienne », comme l’expliquent le site « Israël Cool » ou le site « TiptopTel-Aviv », reprenant la présentation des concepteurs. Il y aura des « distributions de goodies » (sic), des dégustations dans des « Foodtrucks » (resic) avant une soirée endiablée avec un « DJ connaisseur des nuits locales » (reresic).

Cette initiative de la Mairie de Paris est moralement indécente. Il est politiquement scandaleux de donner aux Parisiens une telle image de la vie israélienne.

L’image de l’insouciance et de la jouissance « bling-bling » de quelques-uns sur les plages privées branchées de Tel-Aviv est gravement trompeuse. Elle n’est que le pendant d’une politique gouvernementale et d’une économie basées sur l’inégalité, la pauvreté de masse, le racisme d’Etat et un colonialisme criminel. Il faut le dire !

Il y a un peine un an, l’Etat et l’armée israéliens plongeaient la bande de Gaza dans la guerre, sous un déluge de feu, causant 2300 morts et plus de 10.000 blessés pour essayer de perpétuer leur ordre colonial sur la Palestine et leur domination dans la région. Comment accepter, Parisiens ou Israéliens humanistes, qu’on essaie de nous le faire oublier sous les paillettes des discothèques de Tel-Aviv ?

Il y a un an à peine, à quelques dizaines de kilomètres des plages de Tel-Aviv où se trémousse une certaine jeunesse, des gosses palestiniens étaient littéralement abattus par de jeunes soldats israéliens. Nous avons aussi une pensée pour ces derniers que la défonce dans les clubs de Tel-Aviv ne guérira pas du profond traumatisme causé par les crimes que le système israélien leur fait commettre.

A deux encablures du rivage de Tel-Aviv, des flambeurs israéliens s’amusent à se faire peur sur des casinos flottants (par hypocrisie religieuse, les tripots ne peuvent se trouver sur la terre ferme « sainte »). A quelques encablures des côtes de la bande de Gaza, les petits bateaux de pêcheurs palestiniens sont refoulés ou coulés parce qu’Israël leur interdit de pêcher dans leurs propres eaux territoriales.

La scandaleuse initiative « Tel-Aviv à Paris-plage » accroît un malaise, déjà profond, à l’égard de la municipalité de Paris. L’an dernier, Anne Hidalgo n’a rien trouvé de plus opportun que de condamner certains manifestants contre la guerre à Gaza, mais jamais les crimes d’Israël. En 2011, Delanoë avait fait déployer sur 5 mètres devant l’Hôtel de ville le portrait du soldat franco-israélien Gilad Shalit parti s’engager dans l’armée israélienne et fait prisonnier. En revanche, pas un mot de sympathie pour le jeune franco-palestinien Salah Hamouri injustement enfermé par les services israéliens. Etc.

Il est encore temps de faire annuler la présence des animateurs tel-aviviens à Paris-plage.

En outre, la municipalité a parfaitement la possibilité de mettre en place à proximité un kiosque d’information sur le sort des enfants, miséreux, privés de toit, de soins, évidemment de vacances, à Gaza, un espace qui organiserait une solidarité avec les petits orphelins et blessés des suites de l’agression israélienne de 2014.

C’est ce que nous demandons et demandons aux élus parisiens épris de justice et de paix de défendre.

Adresses mails de:

anne.hidalgo@paris.fr, Maire de Paris

bruno.julliard@paris.fr, 1er adjoint à la maire de Paris, chargé de la Culture

remi.feraud@paris.fr, Président du groupe PS au Conseil de Paris

nathalie.kosciusko-morizet@paris.fr, Présidente du groupe « Les Républicains »

david.belliard@paris.fr, Président du groupe EELV

eric.aziere@paris.fr, Président des élus UDI-Modem

nicolas.bonnet-oulaldj@paris.fr, Président du groupe communiste – Front de gauche

jean-bernard.bros@paris.fr, Président du groupe radical de gauche, centre et indépendants

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 13:12
Les obsèques, le 8 août, de M.Sa'ad Dawabsheh à Duma, qui a succombé, après son fils de 18 mois, aux brûlures consécutives à l'incendie criminel de son domicile par les fascistes israéliens.

Les obsèques, le 8 août, de M.Sa'ad Dawabsheh à Duma, qui a succombé, après son fils de 18 mois, aux brûlures consécutives à l'incendie criminel de son domicile par les fascistes israéliens.

Communiqué du Parti communiste d’Israël, 5 août 2015, traduction MlN pour Solidarité internationale PCF. Depuis, on a appris le décès du M. Sa’ad Dawabsheh, père de la famille dont la maison a été incendiée par des fascistes israéliens et dont le fils de 18 mois, Ali, avait déjà succombé.

« Le Parti communiste d’Israël (PCdI) affirme, sans réserve, qu’aucune des deux dernières agressions terroristes fascistes – aussi bien les coups de poignard à la Gay Pride que l’incendie criminel de la maison de la famille Dawabsheh dans le village occupé de Duma – ne relève du crime isolé ou imprévisible. Au contraire, ces deux actes odieux sont liés, de façon inhérente et inéluctable, à des années de campagne d’incitation à la haine menée par la droite israélienne, notamment en premier chef par le gouvernement Netanyahou derrière son premier ministre, celui-ci attaquant et rejetant avec zèle tout ce qui ne correspond pas à sa propre conception raciste et fasciste du monde.

Le PCdI condamne avec force et sans équivoque ces attentats terroristes fascistes et, à nouveau, les regarde comme le résultat direct des campagnes incessantes et insidieuses d’incitation à la haine poursuivies par des organisations racistes telles que Lehava (« Organisation pour la prévention de l’assimilation en Terre Sainte ») et par le gouvernement Netanyahou lui-même.

Il est absolument évident que le pogrome dévastateur contre la famille Dawabsheh – le meurtre du petit Ali Sa’ad, 18 mois, les graves blessures infligées au père, Sa’ad, à la mère, Reham, et au frère, âgé de 4 ans, Ahmed – est un nouvel événement odieux à ajouter à la longue effusion de sang dont l’occupation israélienne porte la responsabilité première.

Le meurtre de la jeune de 16 ans, Shira Banki, à la Gay Pride, et les blessures infligées à cinq autres manifestants doivent aussi être replacés dans le contexte plus large d’occupation inhumaine, depuis 48 ans, qui a transformé la société israélienne en une société ultraviolente, brutale et chauvine.

Le PCdI alerte contre l’augmentation toujours plus rapide des crimes haineux et du racisme venant de l’extrême-droite, une escalade qui se manifeste par une attaque sans précédent sur tout l’espace démocratique de la société, et qui profite du soutien du gouvernement israélien et de la bienveillance des autorités chargées d’appliquer les lois de l’Etat. Nous appelons tous les groupements démocratiques à unir leurs forces contre la menace fasciste et à défendre les valeurs démocratiques, la paix et l’égalité pour tous quels que soient leurs religion, race, couleur, nationalité, genre ou orientation sexuelle.

Le PCdI, 5 août 2015

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Palestine-Israël
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