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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 05:53

2013-07-12-L.jpgLes soldats de l'occupant israélien arrêtent un enfant palestinien de cinq ans à Hebron



Information communiquée par le PC israélien



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



B'Tselem [NdT : une ONG israélienne qui note les violations des droits de l'Homme dans les territoires occupés] a sollicité auprès de l'armée israélienne une réaction après un grave incident l'arrestation par des soldats israéliens d'un enfant de cinq ans à Hebron pendant deux heures, coupable d'avoir jeté une pierre. Les soldats ont menacé l'enfant et ses parents, ont mis les menottes et bandé les yeux du père, livrant l'enfant à la police palestinienne. Arrêter un enfant en dessous de l'âge de responsabilité pénale, en particulier si jeune, n'a aucune justification légale.



Mardi 9 juillet, à 15 h 30, sept soldats et un officier arrêtent Wadi' Maswadeh, âgé de 5 ans et 9 mois (sa date de naissance, sur la carte d'identité de sa mère: 24 septembre 2007), au checkpoint d'Abed, près du Caveau des patriarches à Hebron, après avoir lancé une pierre. Le chercheur de B'Tselem Manal al-Ja'bari, qui était présent au moment de la scène, a enregistré une vidéo de l'événement. Après que les résidents locaux se sont rassemblés sur place pour intervenir, les soldats mettent l'enfant en pleurs dans une jeep avec un autre résident palestinien et le ramènent chez lui. Quand ils arrivent chez lui, l'officier informe la mère de Wadi qu'il a l'intention de le livrer à la police palestinienne. Une heure après l'arrestation de Wadi, Karam Maswadeh revient chez lui. L'officier informe Maswadeh qu'il arrête son fils afin de le livrer à la police palestinienne. En attendant, Wadi passe l'essentiel de son temps à se cacher derrière une pile de matelas dans la maison, à pleurer. Les parents font comprendre à l'officier que l'enfant n'avait que cinq ans, mais l'officier insiste au contraire pour l'emmener à l'Administration civile israélienne et les menace, affirmant que l'armée arrêterait le père si ils n'obéissaient pas. Les soldats font ensuite quitter la maison à Karam et son fils et l'emmènent au camp militaire dans la rue Shuhada.



Wadi et son père sont conduits à la base militaire, où ils sont mis en détention pendant une demi-heure. Les soldats mettent alors des menottes et un bandeau sur les yeux à Karam et le font marcher, aux yeux de tout le monde, avec son fils, jusqu'au poste de police du checkpoint 56, où les soldats l'arrêtent à nouveau 30 minutes. A ce moment-là, un lieutenant-colonel arrive. Le père, qui parle Hébreu, comprend qu'il s'agissait d'un officier de coordination israélien de l'Administration civile. L'officier interroge Wadi et lui demande pourquoi il lançait des pierres. Il réprimande aussi les soldats pour avoir arrêté le père et le fils devant les caméras, et regrette qu'ils « ternissent notre image publique ». L'officier fait comprendre aux soldats que, lorsqu'on arrête des gens devant des caméras, il faut « bien les traiter ». Un des soldats enlève ensuite les menottes du père, lui enlève son bandeau puis lui donne de l'eau. Quelques minutes plus tard, un officier palestinien et plusieurs policiers palestiniens arrivent. Les soldats leur livrent Karam et Wadi, les deux sont emmenés au poste de police palestinien, où ils sont rapidement interrogés puis relâchés.



Dans sa lettre au Conseiller juridique de Judée et Samarie, la directrice de B'Tselem Director Jessica Montell affirme : « La séquence montre qu'il ne s'agit pas d'une erreur individuelle d'un soldat, mais plutôt une attitude qui, nous le craignons, est considérée comme acceptable par l'ensemble des militaires impliqués, y compris des officiers de haut rang. Il est particulièrement troublant que personne n'ait pensé que cet incident pouvait être problématique : ni le fait qu'on ait effrayé un enfant de cinq ans, ni menacé ses parents de le « livrer » à la police palestinienne, ni menacé d'arrêter son père sans aucune raison juridique valable, ni qu'on ait mis menottes et bandeaux à son père, devant les yeux de son fils ».



Dans le système judiciaire militaire des territoires occupés de Cisjordanie, l'âge de responsabilité pénale est de 12 ans, comme en Israël. La signification légale est que les forces de sécurité ne sont pas autorisés à arrêter des enfants en-dessous de cet âge, même si ils sont suspectés d'avoir commis des actes criminels.



B'Tselem a rapporté de nombreux incidents impliquant des mineurs israéliens, en-dessous de l'âge de responsabilité pénale, jetant des pierres sur des Palestiniens, et aucune mesure n'a été prise contre eux. Selon la Convention sur les droits de l'enfant, signée par Israël, les mineurs doivent être prémunis contre les poursuites criminelles, surtout quand ils sont aussi jeunes.

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 06:05

2013-06-28-L.jpgLes autorités d'occupation israéliennes font interdire un festival palestinien de théâtre pour enfants à Jérusalem-Est





Information communiquée par le Parti communiste d’Israël



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Le 19 ème festival annuel palestinien de théâtre pour enfants à Jérusalem-Est, dans le théâtre d'Al-Hakwati, devait commencer ce samedi 22 juin mais un mandat spécial rendu par le Ministre de l'Intérieur Yitzhak Aharonovitch a empêché que le spectacle commence. Les organisateurs du festival ont protesté contre cette interdiction de cet événement culturel, très attendu et qui devait durer une semaine, avec des artistes palestiniens, norvégiens, français et turcs.



Ces derniers jours, plus de 1 700 israéliens ont signé une pétition protestant contre la fermeture du théâtre. La pétition vise à rappeler à Aharonovitch la façon dont l’État dans le même temps néglige les habitants de Jérusalem-Est tout en les empêchant de pourvoir par eux-mêmes à leurs propres besoins. Il fait également référence aux dernières déclarations israéliennes sur leur disposition à rouvrir des négociations avec l'Autorité palestinienne : « Est-ce que la voie qui mène à la construction d'une confiance mutuelle passe par l'interdiction d'un théâtre de marionnettes ? ».



 

On peut trouver de nombreux acteurs de théâtre israéliens parmi les signataires de la pétition, y compris des réalisateurs et des dramaturges tels que Itay Tiran, Yehoshua Sobol, Norman Issa, Einat Weitzman et bien d'autres. Le député communiste du Hadash Dov Khenin a également écrit à Aharonovitch, demandant que le mandat soit annulé. Deux protestations théâtrales doivent également se tenir à Jérusalem-Ouest et Est.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 09:25

2013-01-11-LVictoire pour Natan Blanc, 20 ans, après six mois de prison en Israël

 

Il ne fera pas son service militaire en territoire occupé



Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Six mois que le jeune Natan Blanc, âgé de 20 ans, ait emprisonné en Israël. Son crime : avoir usé de sa liberté de conscience, refuser de servir dans une armée d'occupation qui sème l'injustice et la mort.



Ce jeudi 30 mai, l'armée israélienne a décidé de libérer le jeune conscrit, soumis à dix peines de prison successives. La Commission d'exemption des Forces de défense israéliennes a statué l'a jugé inapte au service, « incapable de s'adapter à la structure militaire ».



Natan Blanc avait refusé une première proposition de l'armée de le déclarer inapte au service en raison de « troubles psychologiques ». Blanc avait insisté sur le fait que sa décision de refuser le service était motivée par des motifs tout à fait rationnels.



Lors de sa déclaration d' « objection de conscience », Natan Blanc avait appuyé sa décision sur des principes moraux et politiques : « Je pense que l'armée israélienne joue un rôle majeur dans le maintien de l'occupation, ma conscience ne me permet pas d'y participer ».



Sa décision de ne pas servir dans l'armée, Natan l'a puisée dans les souvenirs de l'opération « Plomb durci » contre Gaza en 2009 ainsi que dans sa répétition, en novembre 2012. Il disait alors :



« La vague de militarisme agressif qui s'est emparé du pays, cette haine mutuelle entretenue, voilà ce qui m'a motivé dans ma décision (…)



Il est clair à l'heure actuelle que ce gouvernement, comme le précédent, n'a pas intérêt à trouver une solution à la situation actuelle mais plutôt à maintenir le statu quo. Ils sont prêts pour un deuxième « Plomb durci » : on va parler de dissuasion, tuer quelques terroristes, des civils vont mourir des deux côtés, et on va préparer une nouvelle génération à cultiver la haine, dans les deux camps.



Nos représentants peuvent continuer à alimenter ce cercle sanglant, sans fin. Nous, en tant que citoyens et êtres humains, avons un devoir moral : celui de refuser de participer à ce jeu cynique ».



Dans un premier temps, Natan Blanc avait demandé à effectuer un service civil, dans le secteur para-médical, une demande refusée pour la dernière fois le 24 février dernier.



Toutefois, les mois passés en prison, les brimades, la pression du militarisme ambiant n'ont pas affecté Natan. Interviewé par Haaretz après l'annonce de sa 10 ème peine de prison, pour 28 jours, il répondait avec détermination :



« Quand je me sens déprimé, je me rappelle que je fais le bon choix, que je n'avais pas d'autre choix et que je n'aurais pu choisir aucun autre acte moral. Je n'oublie pas que je suis en prison par choix ».



« Mes actions n'ont été dictées que par ma conscience. Il est essentiel d'être obstiné et de dire la vérité, jusqu'au bout. C'est la seule chose qui puisse influencer la société quand il s'agit de trancher sur des questions de principe ».



Ces dernières semaines, la campagne pour la libération de Natan Blanc était montée d'un cran. Trente-six professeurs de droit israéliens avaiet écrit une lettre à l'armée israélienne pour demander sa libération.



Dans le même temps, les associations pacifistes, les organisations de défense des objecteurs de conscience relayés par le Parti et la Jeunesse communiste avaient multiplié les actions de solidarité.



Ce mardi 21 mai, plusieurs centaines de ses défenseurs ont manifesté devant le QG de l'armée israélienne à Tel-Aviv. Parmi eux, le député du Hadash Dov Khenin, l'ancien député communiste Tamar Gozansky, le dirigeant historique du PC Benjamin Gonen.



Chaque année, plusieurs dizaines de jeunes israéliens refusent de servir, motivés par une opposition morale ou politique à l'occupation de la Palestine, selon le Dr. Yshai Menuchin, militant du groupe Yesh Gvul, qui aide les soldats qui refusent de servir l'armée d'occupation.



Toute notre solidarité va à ces jeunes israéliens refusant de collaboration à cette occupation inique, à l'embrigadement de masse, au massacre d'un peuple ne réclamant que la restitution de sa terre !

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 06:42

TUILogo.jpgLe syndicat des enseignants irlandais premier en Europe à soutenir le boycott académique d’Israël



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le mouvement pour le boycott de l’État d’Israël prend de plus en plus d'ampleur. Désormais, des syndicats osent non seulement appeler à l'adoption de mesures de boycott mais en les articulant à l'exigence de désinvestissement et de sanctions contre l’État sioniste.



Le 4 avril dernier, le Syndicat des enseignants d'Irlande (TUI), au nom de ses 14 000 syndiqués, a pris une décision historique : il est le premier syndicat d'Europe à soutenir le cause palestinienne en lançant un appel public à un boycott académique d’Israël.



La motion adoptée à l'unanimité par le Congrès annuel du syndicat dénonce Israël comme « Etat d'apartheid ».



Elle appelle tous « ses membres à cesser toute collaboration culturelle et académique avec Israël, y compris l'échange de scientifiques, étudiants et personnalités académiques, ainsi que la coopération dans des programmes de recherche ».



La motion va plus loin, appelant le Congrès des syndicats irlandais (ITUC) à « faire monter la campagne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre l’État d’Israël tant qu'il ne lèvera pas son siège contre Gaza et n'arrêtera pas son occupation illégale de la Cisjordanie ».



Le mouvement syndical, progressiste et anti-impérialiste irlandais a été particulièrement actif ces derniers mois dans le soutien à la cause palestinienne.



Plusieurs militants pacifistes irlandais se retrouvaient parmi l'équipage de la dernière « Flotte de la liberté » en direction de Gaza, prenant la tête notamment du navire « Rachel Corrie » pris d'assaut en mai 2010 pour les forces spéciales israéliennes.



Concernant la motion votée en avril au Congrès, celui qui l'a déposé, Jim Roche, maître de conférences à l'Ecole d'Architecture de Dublin a insisté sur le fait qu' :



« il ne fait aucun doute qu'Israel met en place des politiques d'apartheid. Même les vétérans de la lutte anti-apartheid en Afrique du sud reconnaissent que c'est pire que ce qu'ils ont connu là-bas. »



« Nous avons proposé cette motion car nous croyons que, tout comme en Afrique du sud, le mouvement syndical a un rôle vital à jouer pour faire monter la pression afin de mettre un terme à l'occupation et l'apartheid israéliens ».



Le mouvement pour le boycott académique d’Israël s'inspire du mouvement analogue contre le système d'apartheid en Afrique du sud, qui avait contribué à discréditer auprès de l'opinion publique internationale l'action de ce gouvernement inique.



Dans d'autres pays d'Europe, l'idée progresse dans le monde syndical. En Grande-Bretagne, des pas dans la même direction ont déjà été réalisés par le Syndicat des universités (UCU) qui a déjà proposé plusieurs motions à ses congrès pour le boycott académique d’Israël.



La récente décision du physicien de renommée mondiale, Stephen Hawking, de ne pas participer à une conférence scientifique en Israël renforce la légitimité du mouvement pour le boycott académique d’Israël, en Grande-Bretagne, en Irlande et dans le reste de l'Europe.



 



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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 05:53

stephen-hawking.jpgLe physicien Stephen Hawking décide de boycotter une conférence en Israël : les critiques pro-israéliennes désarmées



Article de Ramzy Baroud repris par le Morning Star, quotidien du PC britannique



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La décision de Stephen Hawking de boycotter la conférence universitaire israélienne le mois prochain a été décrit comme un événement aux « dimensions planétaires » par un universitaire palestinien.



Il s'agit également d'un appel moral résolu rendu public le 8 mai par l'université de Cambridge, dont Hawking est professeur.



Hawking est un physicien et cosmologiste. Son travail scientifique a un impact tel qu'il a redéfini ou remis en cause des pans entiers de la recherche, de la théorie de la relativité à la mécanique quantique ainsi que d'autres champs d'étude.



Cette grande figure est aussi attachée à son fauteuil roulant – souffrant d'une complète paralysie physique causée par une maladie dite de sclérose latérale amyotrophique. Pour Hawking, cependant, cette réalité douloureuse semble être une simple note de base de page à ces contributions incroyables à la science.



Ce qui est considéré comme une prestigieuse conférence scientifique en Israël est endossée par le président Shimon Peress, dont les Libanais et les Palestiniens se souviennent pour avoir ordonné le bombardement d'un camp de l'ONU près du village de Qana, dans le sud-Liban, en 1996.



Le camp constituait un refuge sûr pour les civils fuyant les frappes israéliennes. Pas cette fois. 106 personnes innocentes, essentiellement des femmes et des enfants, furent tués et 116 blessés, y compris des forces de l'ONU.



Cet événement effroyable, à lui seul, aurait du conduire Peres, alors premier ministre israélien, au fond d'une prison pour le reste de ses jours.



Mais, bien sûr, Israël est au-dessus de la loi, ou c'est ce que croit le gouvernement israélien, et il a toujours agi ainsi ses 65 dernières années, au prix de vies innombrables, de destructions incalculables et de la souffrance prolongée de nations entières.



La réponse de Hawking à l'appel au boycott était extrêmement importante. Le statut légendaire de l'homme de science mis à part, le mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) s'est révélé plus durable et efficace que ce que ses détracteurs – pour l'essentiel apologistes d’Israël – voulaient bien le croire.



La décision de Hawking était aussi un témoignage : raison et moralité doivent aller de pair. Israël peut se gargariser de ses succès scientifiques, cela ne vaut rien si cette technologie est mise en pratique pour appuyer la violence d’État, raffermir l'occupation militaire et mettre au service d'autres pays des drones meurtriers, pour exporter la violence et le chaos.



Cette « science » a été abondamment utilisée en Israël, dans les guerres des deux dernières années, à Gaza en 2008-2009 et en 2012 qui ont coûté la vie à des milliers de personnes, entre les morts et les blessés.



L'université de Cambridge, craignant peut-être un possible retour de bâton, a tenté de dissimuler la décision de Hawking derrière des problèmes de santé, ce que ce n'était naturellement pas.



L'université a finalement retiré sa déclaration car le scientifique britannique souhaitait que le motif de sa décision apparaisse clairement à tous.



Le journal The Guardian a rapporté le boycott par Hawking de la conférence, en citant une déclaration du Comité britannique pour les Universités de Palestine qui l'a co-rédigé avec le bureau de Hawking :



« Nous comprenons que le professeur Stephen Hawking a décliné l'invitation à assister à la Conférence présidentielle israélienne. Il s'agit de sa décision indépendante de respecter le boycott, sur la base de sa connaissance de la Palestine, et sur les conseils unanimes de ses propres contacts académiques là-bas ».



Contrairement à d'autres cas de boycott, souvent balayés par les responsables israéliens comme insignifiants, celui-ci a été un choc pour Israël.



Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité dans le New York Times, déclarait : « Jamais un scientifique de cette envergure n'avait boycotté Israël ».



Et depuis, la décision inattendue d'Hawking de soutenir le boycott a provoqué des réactions pro-israéliennes désordonnées, allant de blagues dégradantes et d'insultes sur sa maladie, d'accusations sans fondement et même d'attaques personnelles visant son recours à une technologique soi-disant développée en Israël pour combattre sa maladie dégénérescente.



Jamais auparavant, le pays n'avait perdu ainsi le contrôle de son récit soigneusement tissé de son occupation militaire et de ses violations des droits de l'Homme en Palestine.



Tandis que d'une part les responsables israéliens parlent de « paix », ils continuent à construire plus de colonies ou à étendre celles déjà existantes, toutes construites de façon illégale sur la terre palestinienne.



Dès que la décision d'Hawking de boycotter la conférence a été annoncée, l' « Administration civile » en Israel a convenu de la construction de 296 bâtiments dans le campement illégal de Beit El, renforçant ainsi l'occupation militaire et le nettoyage ethnique.



Les responsables et les médias israéliens insistent toujours sur le fait qu'il n'y a pas de liens entre de telles violations flagrantes du droit international et humanitaire et la montée du mouvement pour le boycott.



Ils accusent ceux qui critiquent Israël d'être anti-sémites et lancent des avertissements à ceux qui tentent de « délégitimer » Israël, comme si ils attendaient que le monde reste totalement aveugle à ses crimes de guerre perpétuels, à l'occupation illégale et à la discrimination institutionnalisée contre les non-Juifs de Palestine et d’Israël.



La logique derrière la décision d'Hawking est aussi importante. C'est la preuve que la société civile reste importante, qu'elle peut avoir du poids et elle montre aussi que les sites officiels ne sont pas les seules plate-formes où l'occupation de la Palestine peut être discutée et traitée de façon appropriée.



Près de 20 ans ont passé depuis les accords d'Oslo, l'occupation israélienne semble encore plus fortement enracinée qu'en 1993.



Il y a peu de doute sur le fait que le mouvement pour le boycott ne cesse de monter, et pas seulement à cause des nouvelles de plus en plus fréquentes d'artistes et universitaires refusant de se rendre en Israël ou de participer à des événements parrainés par Israël.



Tout aussi importants le soutien massif apporté par la société civile qui permet à des artistes, universitaires et à d'autres de suivre le boycott sans craindre des représailles.



On sait désormais qu'une lettre à Hawking, visant à le dissuader de se joindre à la conférence, a été signé par 20 universitaires de haut niveau venant de plusieurs universités, dont le MIT, Cambridge, London, Leeds, Southampton, Warwick and Newcastle.



Les professeurs ont dit à Hawking qu'ils étaient « surpris et profondément déçus » qu'il ait accepté de participer à la conférence, à laquelle devaient assister également l'ancien premier ministre britanique Tony Blair et l'ancien président américain Bill Clinton, chacun traînant un lourd passif en termes d'accusations de crimes de guerre, du Soudan à l'Afghanistan en passant par l'Irak.



Mais la critique de la position d'Hawking ne vient pas seulement d’Israël et du cercle prévisible de ses partisans irréductibles.



Il vient aussi de certains qui se présentent comme des partisans de la cause du camp de la solidarité palestinienne. Ce dernier groupe, qui diminue en nombre et en audience, avance que le boycott tous les aspects de la vie universitaire, culturelle et politique israélienne joue le jeu de l' « anti-sémitisme » et de la « délégitmisation » d’Israël.



Mais un mouvement de solidarité qui limite son boycott à quelques entreprises israéliennes qui ont des liens avec les colonies de Cisjordanie, comment peut-il espérer atteindre des résultats tangibles, à long-terme ?



Ceux qui pensent qu'il suffit de boycotter l'occupation ne semblent pas comprendre la nature de la relation entre les colons de Cisjordanie et le gouvernement israélien.



Israël traite les colonies et leurs habitants bien-armés comme une partie et une parcelle de l’État et de l'économie israélienne.



Ils sont résidents d’Israël même s'ils vivent près de Ramallah. Il n'y a pas de séparation, quoi qu'on puisse attendre d'imaginaires « lignes vertes ». Et désormais avec le mur d'apartheid, même cette séparation s'efface et se redéfinit.



Les Palestiniens de Gaza ou de Naplouse ne voient pas de différence entre un soldat qui vit dans une colonie juive illégale ou un autre qui vit en Israël.



Ils sont tous capables de commettre des meurtres, comme un certain nombre l'ont déjà fait, peu importe les considérations de géographie ou de frontières.



La société civile internationale ne doit pas tomber dans le piège d'illusoires distinctions. Voilà ce qui fait prendre à la décision d'Hawking de boycott une conférence organisée en Israel des « proportions cosmiques ».



Il est moralement défendable et éthiquement juste, des qualités qui correspondent bien au formidable homme de raison qu'est Stephen Hawking.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Palestine-Israël
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