Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 06:44

Saudi-Arabia-Israel-flags.jpgIsrael fait l'éloge du roi d'Arabie saoudite décédé : « un homme de paix, modéré, pieux, garant de Jérusalem ! »

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Entre ici le roi Abdullah bin Abdulaziz al-Saud avec ton terrible cortège de lapidations, de décapitations et de flagellations. Les oraisons funèbres se multiplient pour le roi d'Arabie saoudite mort à 91 ans. La plus jouissive vient de l'Etat sioniste.

 

La diplomatie est la diplomatie. On se contente pour ses adversaires géopolitiques et idéologiques, les chefs d'Etat que l'on estime pas, de communiqués de condoléances laconiques et formels.

 

Pourtant, officiellement, entre Israel et l'Arabie saoudite, les relations diplomatiques sont rompues depuis 1973. La diplomatie n'a plus cours. Qui plus est, le tout nouvellement affirmé « Etat juif » pourrait grincer des dents dans un pays où les Juifs sont interdits de séjour, sous peine de mort.

 

Alors qui a dit ? :

 

« Je suis triste d'entendre le décès du roi Abdullah.

 

C'était un exemple de leadership politique équilibré, estimé et responsable, avec une profonde tradition religieuse.

 

En tant que « gardien des lieux saints » de l'Islam, le roi Abdullah a agi comme un modérateur, respectueux du caractère sensible et sacré de Jérusalem, cherchant à promouvoir une vision de prospérié pour la région.

 

Ses politiques pleines de sagesse ont grandement contribué à notre région, et à la stabilité du Moyen-orient ».

 

Il s'agit du président israélien actuel Reuven Rivlin. Par « modérateur, respectueux du caractère sacré de Jérusalem », Israel a en tête la main tendue à l'Etat sioniste en 2002, après le 11 septembre (impliquant une majorité de terroristes saoudiens) sur l'initiative de paix arabe avec Israel.

 

Par « politiques pleines de sagesse qui ont contribué à la stabilité du Moyen-orient », il a sans doute en tête le rôle du gendarme de la région en 2012 face à la menace de révolution au Bahrein, avec une puissante communauté chiite et un mouvement pro-démocratique inédit dans le Golfe.

 

Il n'entend certainement pas le soutien de l'Arabie saoudite aux djihadistes qui déstabilisent depuis trois ans la Syrie. Mais là c'est sans doute « le leadership politique équilibré, estimé et responsable, avec une profonde tradition religieuse ».

 

Des négociations secrètes ont eu lieu en 2014 entre officiels saoudiens et israéliens pour coordonner leurs positions et trouver des convergences sur la Syrie, l'Iran, si ce n'est normaliser les relations. Ce fut reconnu l'an dernier par le ministère des Affaires étrangères raciste d'Israel, Avigdor Liberman.

 

Quel bonheur de voir Shimon Peres – le vieil ami de Guy Mollet qui a négocié en 1956 le transfert de l'énergie atomique de France vers Israel – emboiter le pas saluant « une véritable perte pour la paix au Moyen-orient, un leader expérimenté et sage (…) dont j'admire la position ».

 

L'Arabie saoudite reste le pays record des condamnations à mort potentiellement pour trafic de haschich, sodomie, blasphème, athéisme (apostasie), fornication et … judaïsme naturellement.

 

Les bons comptes font les bons amis. L'Etat sioniste n'a aucun problème de pleurer la mort de pires anti-sémites. Ceux qui maudissent les Juifs mais garantissent l'occupation sioniste en terre palestinienne et combattent les forces laïques anti-sionistes, comme en Syrie.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Palestine-Israël
commenter cet article
20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 13:11

La-grosse-colere-de-Manuel-Valls-contre-un-garde-du-corps-d.jpgInacceptable ingérence

 

Communiqué de l'Union des Juifs pour la Résistance et l'Entraide (UJRE) repris par http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Après les assassinats dirigés contre la liberté d’expression à Charlie Hebdo, après les assassinats antisémites de l’hyper cacher de la porte de Vincennes à Paris, la journée du 11 janvier 2015 a été un moment de sursaut national, de protestation et de solidarité, ce dont l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE [*]) ne peut que se réjouir.

 

 

C’est ce moment qu’a choisi le Premier ministre israélien, présent à Paris, pour appeler les juifs de France à rejoindre Israël. En leur proposant ainsi de déserter le combat pour les libertés et la démocratie en France, ce dirigeant, responsable encore tout récemment de milliers de morts civils dans la bande de Gaza, a pratiqué une inacceptable ingérence dans les affaires françaises.



Rappelons que depuis que la Révolution de 1789 a permis aux juifs d’accéder à la citoyenneté, ils ont toujours bénéficié des progrès de la démocratie. Quand celle-ci était compromise, ils ont su la défendre, comme ce fut le cas dès 1939 puis sous Pétain.



L’UJRE s’élève avec force contre les propos de Benjamin Netanyahou.



C’est en France que l’UJRE est résolue à mener le combat pour les valeurs démocratiques, la laïcité, le progrès social et l’émancipation de tous les peuples.



UJRE



Paris, le 14 janvier 2015

 

[*] L’UJRE, issue du mouvement de résistance « Solidarité » naît en 1943, dans la clandestinité, dans et par la Résistance à l’occupant nazi.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Palestine-Israël
commenter cet article
12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 06:25

ziadabou.jpgLe Conseil mondial pour la paix condamne l'assassinat par Israël du Ministre palestinien Ziad Abou Ein

 

Communiqué de Socorro Gomes, présidente du Conseil mondial pour la paix

 

Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Le Conseil mondial pour la paix manifeste encore une fois sa condamnation intégrale des actions criminelles du régimes israélien et réaffirme sa solidarité sans réserves envers le peuple palestinien dans sa lutte contre l'oppression et l'occupation sioniste.

 

Nous dénonçons, avec regret et indignation, l'escalade de la violence alimentée par les forces israéliennes, qui réprime brutalement les Palestiniens qui résistent à l'occupation.

 

En cette Journée des Droits de l'Homme, nous recevons la nouvelle triste et révoltante de la mort d'un autre Palestinien, cette fois le Ministre Ziad Abou Ein, figure historique du mouvement de résistance palestinien, qui luttait pour la dénonciation du mur de la honte construit par Israël en Cisjordanie.

 

ziad-abou-ein-1.jpgZiad Abou Ein a été nommé à la Commission contre le Mur et les Colonies. Avant cela, il était sous-secrétaire au Ministère à la Question des Prisonniers consacré à la lutte contre les détentions massives et arbitraires décidées par le régime israélien.

 

Abou Ein avait aussi été incarcéré aux États-Unis et en Israël. Il a été livré par les États-Unis à Israël en 1981, en dépit de plusieurs résolutions de l'ONU liées spécifiquement à son cas, demandant sa libération.

 

Cette même année, la Résolution de l'Assemblée générale 36/171 déplorait la décision nord-américain d' « extrader » Ziad Abou Ein en Israel tout en réaffirmant la « légitimité de la lutte pour l'indépendance, l'intégrité territoriale, l'unité nationale et la libération de la domination et l'assujettissement coloniaux et étrangers par tous les moyens à sa disposition ».

 

ziad-abou-ein-3.jpgCe 10 décembre, les soldats israéliens ont tué le Ministre.

 

Les soldats l'ont attaqué, et ont de nouveau réprimé une manifestation, usant de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et d'autres méthodes brutales utilisées régulièrement, lors d'une manifestation contre le mur de la honte, dans ce contexte de la Journée des Droits de l'Homme.

 

Le meurtre d'Abou Ein démontre encore une fois le mépris total et la violation systématique, par ce régime d'occupation israélien, des principes fondamentaux contenus dans la Charte de l'ONU, dans d'autres textes garantis par le Droit international et dans la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

 

Le Conseil mondial pour la paix lance un appel réitéré à la fin de l'impunité israélienne, de son occupation criminelle et de l'oppression systématique des Palestiniens, avec violations flagrantes de ses droits humains fondamentaux.

 

Nous réaffirmons notre solidarité au peuple palestinien dans sa juste cause, pour l'auto-détermination, pour un État libre et souverain, et pour que le régime israélien sioniste, criminel, rende des comptes.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Palestine-Israël
commenter cet article
4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 06:55

francois-hollande-en-compagnie-de-valerie-trierweiler-du 861956 : quand les socialistes français et Guy Mollet livrent la technologie nucléaire à Israël

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Légende : François Hollande en Israël en novembre 2013, en compagnie de l'homme qui a fait le lien en 1956 pour avoir la technologie nucléaire française : Shimon Peres, vieil ami des socialistes français en général, de Guy Mollet en particulier.

 

Il est des faits bons à rappeler. Deux jours après le vote au Parlement, non-contraignant, sur la reconnaissance de la Palestine par la plupart des députés PS. De quoi faire oublier sa collaboration présente à Israël. Une collaboration explosive qui remonte à loin.

 

C'est un secret de polichinelle : Israël a la bombe. Ce qui pose un problème pour l'Irak, pour l'Iran, la Corée du nord, n'en pose visiblement pas pour un pays qui occupe des territoires, multiplie les agressions armées, abrite des services secrets connus pour ses opérations à l'étranger.

 

Il est difficile de savoir depuis quand, mais les services secrets américains (CIA) confirment dans leurs archives qu’Israël dispose de la bombe atomique au moment la Guerre des Six-jours, en 1967.

 

1956 : Shimon Peres et Guy Mollet, la « Israeli connection »

 

Dans son livre « Israel and the bomb », Avner Cohen révèle en 1998 – une décennie après l'enquête de Pierre Péan – que c'est grâce à la France que l’État sioniste a obtenu les technologies qui lui ont permis de lancer son programme nucléaire.

 

L'ambition de devenir une puissance nucléaire remonte à la création de l’État d’Israël. David Ben Gourion lance le programme dès 1949. Mais Israël ne peut compter sur les États-Unis, jaloux de leur monopole nucléaire. La Grande-Bretagne fournit des matières premières mais guère plus.

 

En 1955, le retour au pouvoir du travailliste Ben Gourion ré-active l'option nucléaire. Dans le même temps, la France avance dans son programme nucléaire. En janvier 1956, un gouvernement « de gauche », dominé par les socialistes, mené par Guy Mollet accède au pouvoir en France.

 

Le leader de la SFIO, Guy Mollet, a des amitiés profondes dans le Parti travailliste israélien. Il voit surtout en Israel un contre-poids à l'influence grandissante de l'Egypte, dont il voit la main derrière le mouvement de libération nationale algérien.

 

L'entremetteur sera Shimon Peres – président d’Israël de 2007 à 2014 –, à l'époque directeur général du Ministère de la Défense (à 30 ans), chargé de l'achat d'armes, en particulier en France, où il est envoyé en 1953.

 

Lobby pro-israélien et amitiés socialistes France-Israel : au début du projet

 

Ses premiers efforts n'aboutissent pas mais ils permettent de former un lobby pro-israélien dans les ministères, les partis politiques (SFIO, Parti radical-socialiste), mais aussi dans l'industrie nucléaire et l'aérospatiale.

 

C'est l'arrivée des socialistes au pouvoir en 1956 qui change la donne, avec Guy Mollet comme président du Conseil et Maurice Bourgès-Maunoury comme Ministre de la Défense. Deux amis d’Israël.

 

En avril 1956, Shimon Peres réussit son objectif : un accord de sécurité global est signé avec le gouvernement de Guy Mollet, formalisé le 22 juin 1956 à la conférence secrète de Vermars.

 

Tous les membres du gouvernement ne sont pas au courant de cet accord secret, le parlement n'est jamais questionné sur ces négociations.

 

La bureaucratie française était alors divisée. Si le Quai d'Orsay était dominé par des fonctionnaires plutôt pro-arabes, ce n'était pas le cas des Ministères de la Défense et de l'Intérieur, où régnait une hostilité anti-arabes, dans le contexte de la guerre d'Algérie.

 

Peres multiplie les demandes auprès du Ministère de la Défense, du CEA (Commissariat à l'énergie atomique) pour l'achat d'un réacteur nucléaire. Ben Gourion développe une relation spéciale entre les services de renseignement israéliens et français.

 

De la crise de Suez à la Conférence de Sèvres : le pacte nucléaire France-Israel

 

La nationalisation du canal de Suez, le 26 juillet 1956, va accélérer le processus. Le Ministère de la Défense convoque Shimon Peres le jour suivant. Il propose une opération militaire tri-partite avec la Grande-Bretagne pour frapper l'Egypte de Nasser.

 

Le 17 septembre 1956, le CEA française et la CEAI (Commission à l'énergie atomique israélienne) signent un accord qui prévoit la vente à Israel d'un petit réacteur, sur le modèle du réacteur EL-3 à Saclay.

 

Pour la France, cela signifiait l'exportation de sa technologie nucléaire, un client mais surtout la reconnaissance de la crédibilité française sur la scène nucléaire internationale.

 

Selon Shimon Peres, il a négocié en marge de la Conférence secrète de Sèvres, des 22 à 24 octobre 1956, avec Guy Mollet Maurice Bourgès-Maunoury la livraison d'un réacteur à Dimona, ainsi que de l'uranium capable de l'alimenter.

 

La défaite à Suez, face aux puissances nucléaires américaines et soviétiques, avait changé l'état d'esprit de Guy Mollet, d'abord réticent envers le programme nucléaire français, en conformité avec les volontés américaines qui préféraient le programme nucléaire européen EURATOM.

 

Quand la France livre un réacteur nucléaire à Israel, c'est en 1957

 

Le CEA propose début 1957 à Israel plus que le petit réacteur EL102 (de type EL-3 / Saclay) de 18 MW. C'est désormais un réacteur de production de plutonium similaire au réacteur G-1 (installé à Marcoule), de 40 MW, capable de produire de 10 à 15 kg de plutonium par an.

 

Israël demande aussi à la France la technologie pour extraire du plutonium du combustible utilisé dans le réacteur. Saint-Gobain devrait construire une usine chimique souterraine de retraitement, de transformation liée au réacteur.

 

Le 3 octobre 1957, l'accord sur Dimona – toujours secret défense – est signé. Un volet politique, garantissant les vélléités pacifiques d’Israël et leur garantie que toute décision concernant Dimona serait révélée préalablement aux interlocuteurs franaçis.

 

Un volet technique, plus crucial, bien qu'il n'aurait pas résolu toutes les questions et que la plupart des disposition auraient fait l'objet d'un accord verbal, par précaution. La livraison du réacteur était confiée à la Société alsacienne de constructions mécaniques, ainsi qu'à Saint-Gobain.

 

De Gaulle a-t-il changé la donne ? Rupture formelle, coopération tacite entre monopoles français et programme israélien

 

L'arrivée au pouvoir du Général de Gaulle en mai 1958 a changé la donne, officiellement. Dès juin, il constate que la « coopération militaire inappropriée établie entre Tel-Aviv et Paris après l'Expédition de Suez, a placé des Israéliens à tous les niveaux des services français ».

 

Cela n'empêche pas les experts du CEA de travailler activement de 1958 à 1960 à la construction du réacteur de Dimona. Le ministre à l'Energie atomique, Jacques Soustelle, supervise le projet. Saint-Gobain y participe sur le terrain, des chercheurs israéliens se forment à Saclay.

 

En mai 1960, de Gaulle signifie au gouvernement israélien qu'il souhaite rompre les liens nucléaires entre la France et Israël. La France pose trois exigences : arrêt de la production de plutonium, levée du secret sur Dimona et enquête internationale sur le réacteur.

 

Israel savait que cela risquait de compromettre tout le programme nucléaire, à un moment capital. La France cherchait alors, en pleine décolonisation et redéfinition de sa politique impériale, à reconsidérer ses relations avec les pays arabes.

 

Les échanges se multiplient entre De Gaulle et Ben Gourion, sans succès. Shimon Peres parvient finalement à arracher un accord à la fin de l'année 1960 : le CEA retirerait son aide officielle au projet, mais les entreprises françaises continueraient à travailler au projet.

 

L'accord est accepté par le gouvernement français. Une hypocrisie qui permet à Saint-Gobain (qui construit l'usine de transformation nucléaire), Dassault (qui fournit des missiles et des avions) ou la Société alsacienne d'achever le réacteur nucléaire qui a permis à Israël d'avoir la bombe.

 

« François Hollande, c'est le Guy Mollet d'aujourd'hui ! » (Shimon Peres)

 

Si Israël commence les travaux à Dimona en 1957 grâce au gouvernement de Guy Mollet, le réacteur rentrera en fonction vers 1963, grâce à la politique de compromis du général de Gaulle. Avec également le soutien britannique, Israël obtient la bombe avant 1967.

 

Si Guy Mollet aimait à dire que les communistes ne sont « pas à gauche mais à l'est », lui-même nourissait des intérêts privilégiés en Orient. Ce n'étaient pas les mêmes. Shimon Peres n'avait pas hésité en novembre 2013 à comparer François Hollande à Guy Mollet. Tout un symbole.

 

Décidément, le Parti socialiste, de 1956 à 2014, n'est pas l'ami du peuple palestinien. Il mérite bien ce que Shimon Peres en a dit en novembre 2013, aux côtés de François Hollande : « l'amitié avec Israël est dans les fibres du PS ». Des fibres sanglantes, oui !

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Palestine-Israël
commenter cet article
2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 06:54

barakeh.jpg« Israël, État juif » : un projet de loi dénoncé par les députés communistes et arabes qui se font exclure du Parlement !

 

Article JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Israel, Etat juif. Rien de nouveau sous le soleil. Sauf que le gouvernement de Netanyahou a décidé d'intégrer la dénomination dans la Constitution. Les communistes, arabes israéliens ont dénoncé la manœuvre. Le débat a été très mouvementé à la Knesset.

 

Cela fait des années que le projet de loi sur la définition d’Israël comme État juif est discuté. Le projet actuel dérive d'une proposition faite en 2011 par le député du Likoud, Zeev Elkin, cela en est sans doute la version la plus extrémiste.

 

« Israel, Etat du peuple juif » : une déclaration de guerre contre les Arabes

 

Ce dimanche 23 novembre, la Knesset (le parlement israélien) devait adopter un projet de loi qui intègre la qualification « Israel, Etat-nation du peuple juif » à la Loi fondamentale, lui donnant une valeur constitutionnelle.

 

Le symbole est fort envers la minorité arabe, quelques mois après l'offensive sur Gaza. Les conséquences concrètes sont inquiétantes : la loi Juive deviendrait une inspiration pour la législation étatique, tandis que l'Arabe perdrait toute reconnaissance comme langue officielle.

 

Les Arabes représentent près de 20 % de la population en Israel, ils subissent les discriminations et un statut de seconde zone qui connaîtra une nouvelle dégradation avec cette loi.

 

Le projet n'a trouvé d'opposition radicale que parmi les députés communistes, membres du Hadash (Front démocratique pour la paix et l'égalité), ainsi que parmi les élus des partis arabes.

 

« Israel – un Etat démocratique et égalitaire », le contre-projet communiste

 

Ainsi, quelques jours avant le vote à la Knesset, le député communiste arabe Mohammed Barakeh a confié au journal Haaretz son impression que :

 

« Netayanhou pose les fondements constitutionnels d'un régime d'apartheid, réduisant Israël à un statut d'Etat-paria. Il pousse à la guerre contre Gaza et l'Iran, construit des murs de séparation, et perpétue l'occupation et les colonies ».

 

Barakeh proposait l'adoption d'un contre projet de loi appelé « Israël – Un État démocratique et égalitaire » affirmant que « toute personne en Israël a le droit à une protection égale de la loi et une complète égalité des chances ».

 

Les députés communistes et arabes exclus du Parlement !

 

La discussion le week-end dernier a été très houleuse. Le député communiste Dov Khenin a accusé Netanyahou de « jeter de l'huile sur le feu de la haine ».

 

Il a ajouté qu' « au lieu de tendre une main aux citoyens arabes, Netanyahou choisit de provoquer. Au lieu de travailler à une réconciliation historique avec le peuple palestinien, il bloque toute avancée vers un accord. Au lieu de construire un avenir fait de paix et d'égalité, il nous conduit à la guerre et à la tragédie. »

 

Pour d'autres députés, le débat s'est fini hors de l'enceinte parlementaire. Le député arabe de Balad, Jamal Zahalka, a été dégagé de la tribune et conduit manu militari à l'extérieur de l'Assemblée, après qu'il a traité l'intervenant Moshe Feiglin, du Likoud, de « fasciste ».

 

On peut rappeler que ce fameux Moshe Feiglin est celui qui préconisait, lors de l'attaque contre Gaza, de placer les Palestiniens dans des camps de concentration. Il représente l'aile-dure de la droite sioniste, décidée à annexer Gaza à l'Etat israélien, et à liquider toute résistance.

 

Le député communiste arabe Mohammed Barakeh a, lui aussi, été expulsé. Encore pour une invective lancée contre Feiglin, lui signifiant qu'il devrait avoir honte de tenir de tels propos.

 

Le gouvernement en difficulté, des milliers de manifestants dans la rue

 

Contrairement aux procédures en vigueur à la Knesset, Barakeh a été viré sans avertissement préalable. Le débat a ensuite été ajourné lundi dernier, après la protestation vigoureuse des députés de l'opposition.

 

F141129YS20.jpgL'extrémisme de Netanyahou semble lui avoir aliéné une partie de ses alliés naturels, ce qui expliquerait le flottement depuis une semaine et l'ajournement du vote sur le projet de loi controversé.

 

Le mouvement social et pacifiste a profité de la brèche. Ce samedi 29 novembre, ce sont plusieurs milliers de manifestants décidés à dire « Non » à ce projet raciste et belliciste à Jérusalem. Ils ont entouré la résidence du Premier Ministre.

 

bill-jew.jpgTous dénonçaient la dérive anti-démocratique du Premier ministre, la fin de toute perspective de co-existence avec la minorité arabe avec ce projet et le péril d'une fascisation de la société..

 

Un nouveau projet de loi devrait être présenté le 7 décembre, dans les mêmes lignes sans doute sous une version légèrement remaniée. Encore une fois, seuls les communistes s'opposeront de façon conséquente à l'accélération de la dérive raciste de l’État sioniste.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Palestine-Israël
commenter cet article