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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 07:37

peres-abbas-kerry_2573745b.jpgDes troupes de l'OTAN en Palestine ? C'est la proposition du président de l'Autorité palestinienne Abbas … inquiétant !



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La nouvelle a décontenancé de nombreux militants de la cause palestinienne, elle a même surpris les plus lucides sur ses faux amis : Mahmoud Abbas a osé demander l'installation de troupes de l'OTAN en Palestine !



L'entretien accordé par Mahmoud Abbas au New York Times et au Jerusalem Times le 2 février a suscité une vague d'enthousiasme dans les cercles dirigeants américains, la stupeur chez les militants pro-palestiniens.



Le président de l'Autorité palestinienne répondait positivement au « plan Kerry » proposé par le secrétaire d'Etat américain qui propose un plan prévoyant le retrait des troupes israéliennes remplacé par des forces de sécurité israéliennes et des troupes de l'OTAN.



En échange, les colonies israéliennes en Cisjordanie seraient légitimées, le non-retour des réfugiés palestiniens acté, la reconnaissance de l'Etat israélien comme « Etat juif » exigée.



Abbas : « Les troupes de l'OTAN pourront rester le temps qu'elles voudront, aller où qu'elles veulent en Palestine ! »



Quelle est la réponse de M.Abbas ? Il est d'accord sur un plan de transition avec cinq années gérées par l'armée d'occupation israélienne … remplacée indéfiniment par une force de l'OTAN dirigée par les Etats-unis sur tout le territoire palestinien :



« Les troupes de l'OTAN pourront rester longtemps, et aller où elles veulent, pas seulement sur les frontières orientales mais aussi celles occidentales, partout … Pour longtemps, le temps qu'ils voudront. L'OTAN peut être partout, pourquoi pas ? ».



Il continue : « Cette force peut rassurer les Israéliens, nous protéger (sic). Nous serions démilitarisés (…) Pensez-vous que nous gardons l'illusion que nous serons en sécurité si les Israéliens ne se sentent pas en sécurité? ».



L'OTAN, danger numéro un pour les peuples du Moyen-orient



Comment peut-on présenter l'entrée ad vitam eternam de l'OTAN comme la garantie de la libération de la Palestine ? Comment peut-on n'envisager l'indépendance de la Palestine que dans la soumission à l'occupant israélien, son premier allié américain ?



L'OTAN, ses dernières années, a été à l'impulsion de toutes les agressions contre les États dans la région, bafouant leur indépendance, pillant leurs ressources pétrolières, conduisant à la mort de millions de personnes : Afghanistan, Irak, Libye, demain peut-être Syrie, Iran, la liste est longue, l'OTAN c'est la guerre, l'oppression des peuples du Moyen-orient !



Le Conseil mondial de la paix (CMP) a condamné avec vigueur les propos de M.Abbas : « La présence de l'OTAN au Moyen-orient ne ferait servir que les plans des Etats-unis et de leurs alliés, garantissant leur influence et leur domination dans la région. »



Le CMP « exprime son soutien et sa solidarité envers le peuple palestinien pour mettre fin à l'occupation israélienne et créer un Etat indépendant palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale (…) cela ne peut être garanti par l'OTAN, qui constitue le bras armé de l'impérialisme, et qui soutient l'occupation israélienne depuis des décennies ».



Attention aux faux amis de la cause palestinienne !



Une position sensée rejointe par certaines composantes du mouvement de libération palestinienne, comme le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), organisation marxiste qui mène campagne depuis le mois de janvier contre le « plan Kerry ».



Le FPLP a condamné les propos tenus par Abbas sur le « plan Kerry », ce 17 février il a dénoncé une nouvelle déclaration d'Abbas devant 300 étudiants israéliens où il remettait en cause le droit au retour des réfugiés palestiniens.



Les reniements d'Abbas sont révélateurs, d'abord de la faillite du processus de paix d'Oslo qui a démilitarisé la résistance palestinienne et consolidé l'occupation israélienne, de l'illusion de la négociation sans rapport de force politique et militaire, sans mobilisation populaire



De la trahison ouverte de certaines composantes du mouvement de libération palestinien.



D'un Abbas et du « Fatah » en collaboration ouverte avec Israel. Ou du « Hamas », lié aux Frères musulmans, collaborant avec le Qatar, étouffant la résistance populaire, mais prête à soutenir les « rebelles syriens » contre le principal soutien de la résistance palestinienne dans la région !



 

Méfions-nous des faux amis de la cause palestinienne … l'OTAN n'a rien à faire en Palestine, c'est un instrument de guerre contre les peuples de la région ! Résistance en Palestine contre les plans impérialistes, ceux de Netanyahou, de Kerry et de leurs alliés.

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 06:15

omar-saad-arrest.jpgLiberté pour Omar Saad, jeune communiste israélien, en prison pour avoir refusé de servir dans l'armée d'occupation !

 

 

Article pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ (repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/)

 

 

Ces derniers mois, nous avons relayé les campagnes de solidarité avec les jeunes israéliens qui refusaient de servir dans l'armée d'occupation israélienne, ceux qu'on appelle les « shminitism », les objecteurs de conscience tout juste sortis du lycée.

 

Omar Sa'ad a dit non. Il vient d'avoir 18 ans, il est musicien, il a des idées politiques bien affirmées contre la colonisation de la Palestine, la fascisation de la société : il est déjà militant des Jeunesses communistes d’Israël.

 

Contrairement à la plupart des autres « refuzniks », Omar ne vient pas de la communauté juive. Il est druze, peuple des montagnes connu pour son interprétation originale de l'Islam. Depuis 1956, Israel impose aux Druzes le service dans l'armée d'occupation malgré les résistances de ce peuple.

 

Pas question pour Omar de participer à l'injustice contre son propre peuple

 

Conscient de cette histoire, Omar refuse de lutter contre son propre peuple, refuse ce traitement spécial visant à diviser les Arabes, lui qui se bat contre les discriminations dont sont victimes les Arabes en Israël, qui lutte pour une indépendance palestinienne dans une co-existence pacifique.

 

Omar connaît le même sort que ces jeunes israéliens d'origine juive qui ont dit Non : il a été condamné à 20 jours de prison, puis à nouveau condamné une seconde fois à 20 jours à la prison militaire No 6 près Atlit, au sud de Haifa.

 

« Moi, Omar, arabe, homme de paix, je refuse de servir dans votre armée »

 

Sa déclaration de refus est celle d'un (jeune) homme de conviction, la voici dans son intégralité :

 

« Je m'appelle Omar Zahreddine Mohammad Sa'ad, je viens du village de Maghar, en Galiée.

 

J'ai reçu une citation à me présenter au bureau d'enrôlement le 31 octobre 2012 pour passer les tests de routine nécessaire pour le service militaire, obligatoire pour les Druzes. Mais je veux dire la chose suivante :

 

Je refuse de faire ces tests, parce que je suis opposé au service militaire obligatoire pour mon peuple, les Druzes.

 

Je refuse parce que je suis un homme de paix, et abhorre la violence sous toutes ces formes et je crois que l'institution militaire est la forme suprême de violence physique et psychologique. Depuis que j'ai reçu la citation, j'ai l'impression que ma vie est complètement bouleversée. Je me sens nerveux, incapable de me concentrer. Je me rappelle ces milliers d'images si dures, et je ne peux me voir en uniforme militaire, participant à l'oppression de mon peuple, les Palestiniens, ou combattant contre mes frères arabes. En fait, je me déclare objecteur de conscience et refuse de servir dans quelque armée que ce soit.

 

Je déteste l'oppression et m'oppose à l'occupation, je déteste toute forme de fanatisme ou de répression de la liberté, et je déteste quiconque arrête les enfants, les femmes et les vieillards.

 

omar-saad-music.jpgJe suis un musicien, et je joue du violon et j'ai des amis, des musiciens de Ramallah, Jericho, Jéusalem, Hébron, Naplouse, Jénine, Shafa’amr, Eilaboun, Rome, Athènes, Amman, Beyrouth, Damas, Oslo, et nous jouons tous pour l'humanité et la paix. Notre seule arme, ce sont nos instruments de musique, et nous ne porterons pas d'autre arme.

 

J'appartiens à une communauté qui a été soumise à une grande injustice par une loi oppressive. Comment lutter contre nos proches en Palestine, Syrie, Jordanie, au Liban et en Égypte ? Comment porter des armes contre mes frères et mon propre peuple en Palestine ? Comment être soldat au check-point de Qalandia ou sur toute autre barrière quand on a connu l'oppression des barrières ?

 

Comment puis-je empêcher les gens de Ramallah de visiter leur ville, Jérusalem ? Comment garder le mur de séparation ?

 

Comme puis-je être le geôlier de mon propre peuple quand je sais que la plupart d'entre eux sont des prisonniers de guerre, et des gens qui recherchent la justice et la liberté ?

 

Je joue pour la joie, la liberté et une paix juste, avec la fin des colonies et de l'occupation militaire, la libération de tous les prisonniers et le retour des réfugiés. Je joue pour l’insaturation d'un État palestinien qui aurait Al-Quds pour capital.

 

Nous avons été nombreux parmi les Druzes à servir dans l'armée israélienne selon la loi sur le service militaire obligatoire. Mais qu'y a-t-on gagné ? Nous sommes discriminés à tous les niveaux. Nos villages sont les plus pauvres, nos terres ont été confisquées, il n'y a pas de planification urbaine ni de zones industrielles. Le taux de diplômés universitaires venant de nos villages est le plus faible dans la région, et le taux de chômage est le plus élevé. La loi sur le service obligatoire nous a éloigné et isolé de notre communauté arabe.

 

Cette année, je vais sortir diplômé du lycée et j'espère être en mesure de reprendre mes études universitaires. Je suis sûr que l'armée tentera de m'empêcher de réaliser mon ambition humaine mais je le déclare haut et fort : je suis Omar Zahreddine Mohammad Saad et je ne serai pas de la chair à canon pour vos armes, je ne serai pas un soldat dans votre armée ».

 

La déclaration d'Omar Saad est un modèle, pas une once de violence déplacée, de haine envers ses camarades juifs. Simplement le refus de l'injustice sioniste, le sentiment de fraternité envers son propre peuple palestinien.

 

Arabes ou juifs, ils sont des centaines de jeunes israéliens à refuser de servir dans l'armée de la honte !

 

En tant que jeune communiste, Omar a lutté pour la libération de ses devanciers Natan, Alon, Noam ou Omer. Ces derniers jours, ce sont les jeunes communistes israéliens, accompagnés de diverses associations pacifistes qui ont exprimé leur solidarité devant la prison militaire où il est incarcéré.

 

Les jeunes communistes israéliens appellent à amplifier la solidarité avec ces jeunes, Arabes ou Juifs, qui refusent de servir dans l'armée de la honte.

 

Cette cause est la nôtre, refusons le racisme sous toutes ces formes, refusons le colonialisme, disons non à l'injustice sioniste, sans céder le moindre terrain à l'anti-sémitisme ! Solidarité avec Omar et avec les autres prisonniers politiques !

 

PS : Les jeunes communistes israéliens nous encouragent à envoyer les messages de soutien à l'adresse suivante : messages2prison@newprofile.org (en anglais). Les messages de soutien seront lus à chaque visite à Omar.

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 06:38

logo-fef.jpgLa Fédération des étudiants francophones (FEF) de Belgique lance le boycott universitaire d’Israël : un exemple à suivre !

 

 

Article pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ (repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/)

 

 

2014, « année de solidarité avec le peuple palestinien ». L'occasion de rappeler l'initiative de la Fédération étudiante belge francophone qui mène la lutte chez elle contre la complicité des universités belges avec la politique d'apartheid israélienne, sans céder au venin anti-sémite.

 

C'était en mai 2013, la Fédération des étudiants francophones (FEF) votait une résolution appelant au boycott des universités israéliennes, votée à plus de 85 %.

 

La décision de la centrale syndicale étudiante belge, qui représente 120 000 étudiants en Wallonie-Bruxelles, s'inscrit dans la continuité des « motions de soutien de la FEF aux étudiants palestiniens », depuis 2001.

 

La FEF accuse la collaboration des universités belges avec des universités israéliennes impliquées dans l'occupation

 

Le texte de la motion de la FEF est ferme : dénonciation de l'occupation israélienne en violation du droit international, de la politique d'apartheid de l’État d’Israël envers le peuple palestinien.

 

Un chiffre saisissant : 57 % des étudiants palestiniens doivent traverser un ou plusieurs check-pointspour aller à l'université. Les universités palestiniennes, comme celle de Gaza bombardée en 2009, sont les premières victimes de l'occupation.

 

La FEF ne se limite pas à la dénonciation abstraite, elle dénonce concrètement les projets de collaboration des universités belges avec des établissements universitaires israéliens qui participent parfois directement à l'appareil politico-militaire de l'occupant israélien.

 

Ainsi, l'université de Tel-Aviv, qui travaille avec quatre universités wallonnes, collabore à 55 projets technologiques liés à l'armée israélienne. Elle a nommé le colonel Pnina Sharvit-Baruch comme enseignante, elle qui a organisé les bombardements de 2009 contre Gaza, une criminelle de guerre !

 

L'institut technique Technion, lui aussi partenaire privilégié des universités belges, finance des projets de recherche et développement militaire, tout particulièrement ceux ayant trait aux drones, ces avions sans pilote devenus nouveaux instruments de la mort au Moyen-orient.

 

Dans sa motion, la FEF « condamne de manière ferme la politique discriminatoire et colonialiste de l’État d’Israël », et demande, en respect des résolutions de l'ONU le retrait des territoires occupés, arrêt de la colonisation et démantèlement des colonies enfin droit au retour des réfugiés.

 

Quant aux propositions avancées par la FEF, il y a non seulement le « gel des accords de coopération avec les établissements d'enseignement et de recherche israéliens » mais aussi l'intensification de la coopération avec les universités palestiniennes.

 

Rejet sans équivoque du communautarisme, de l'anti-sémitisme !

 

Au printemps 2013, le vote de cette motion avait fait débat dans la presse belge, laissant sous-entendre qu'une telle décision, au-delà du refus du sionisme, aurait d'autres déterminants « communautaires ». La réponse du président de la FEF, David Mendez Yepes, a été ferme.

 

D'une part, il rappelle que la position de la FEF est « claire et modérée » : un gel temporaire des relations visant à pousser les universités belges à prendre position sur l'occupation israélienne.

 

D'autre part, le président du syndicat étudiant a réaffirmé son refus de « communautariser la question », soulignant que le « combat communautaire n'a pas lieu d'être pour nous ». Refus du lien entre condamnation d'Israel et anti-sémitisme, soutien à la Palestine et position communautaire.

 

Enfin pour couper court à cette dernière attaque, il faut insister sur le fait que le dernier point de la motion votée :

 

« réaffirme son soutien et encourage la collaboration entre tous les progressistes israéliens et palestiniens qui défendent courageusement la coexistence de deux peuples, dans le respect de leurs droits fondamentaux, rappelant que la condamnation de la politique d'un Etat ne peut nullement être assimilée au rejet d'un peuple ou de ses croyances philosophiques ou religieuses ».

 

Une position modèle que celle de la FEF, appelant à rendre concrète la solidarité avec la Palestine en dénonçant les collaborations concrètes avec la puissance occupante, sans céder le moindre terrain au venin anti-sémite, à l'assimilation fallacieuse entre anti-sionisme et anti-sémitisme.

 

A notre connaissance, il s'agit de la première association étudiante – il y a des syndicats enseignants en Irlande, en Grande-Bretagne ayant fait passé de ce type de motion – à proposer cette solidarité concrète. Que cela serve d'exemple aux associations étudiantes françaises !

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 07:52

ariel-sharon-hell.JPGMort du criminel de guerre Sharon : souvenons-nous du massacre de Sabra et Chatila

 

 

François Hollande a osé saluer la mémoire d'Ariel Sharon, en faire l'homme de la paix avec les Palestiniens

 

 

Pour ceux qui auraient la mémoire courte, loin de rappeler tout le parcours de l'ancien général de Tsahal, ministre de la Défense lors de la guerre du Liban de 1982, commanditaire d'un des plus grands crimes de guerre de la fin du XX ème siècle.

 

 

Pour se souvenir des milliers de morts à Sabra et Chatila, nous republions un récit édifiant et impartial d'un grand reporter de guerre britannique. Pour ne jamais oublier qu'Ariel Sharon était un criminel de guerre, et qu'il n'avait jamais été jugé.

 

 

Compte-rendu de Robert Fisk, grand reporter britannique (The Independent) spécialiste du Proche-Orient et du Liban en particulier

 

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 


 

A l'aube, le 15 septembre 1982, la Force Israélienne de Défense (Tsahal en hébreu) avait complètement encerclé les camps de Sabra et de Chatila au Liban, et contrôlé toutes les entrées et toutes les sorties par le biais de checkpoints. Tsahal occupait aussi un certain nombre de bâtiments à plusieurs étages comme des postes d'observation.


 

Le Ministre de la Défense Ariel Sharon et le Chef d'Etat-major Rafael Eitan avaient rencontré les unités miliciennes Phalangistes Libanaises, les invitant à entrer dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila.

 

 

D'après le plan Israélien, les soldats Israéliens contrôleraient le périmètre autour des camps de réfugiés et apporteraient un soutien logistique pendant que les Phalangistes entreraient dans les camps, trouveraient les combattants de l'OLP et les livreraient aux forces Israéliennes.

 

 

Une heure plus tard, 1 500 miliciens se réunissaient à l'aéroport International de Beyrouth, occupé par Israël. Ils commençaient à se diriger vers les camps dans des jeeps fournies par Tsahal en suivant les ordres Israéliens sur la manière d'entrer dans les camps.

 


La première unité de 150 Phalangistes est entrée dans les camps à 6 heures. Une bataille s'ensuit que les Palestiniens eux-mêmes ont décrit comme un véritable peloton d'exécution pour les Palestiniens.

 

 

Pendant la nuit, les Forces Israéliennes ont tiré des fusées éclairantes au-dessus des camps. Selon une infirmière Hollandaise, le camp était aussi éclairé « qu'un stade de football pendant un match ».

 

 

A 11 heures, un rapport était envoyé au QG de Tsahal à Beyrouth-Est, annonçant la mort de 300 personnes, parmi lesquelles des civils. Des rapports du même type se sont succédés tout au long de la nuit. Certains de ses rapports ont été transmis au gouvernement Israélien à Jérusalem et lus par un certain nombre de haut fonctionnaires Israéliens.

 


Pendant les 36 à 48 heures qui ont suivi, les Phalangistes ont massacré les habitants de Sabra et Chatila, pendant que les militaires Israéliens gardaient les sorties et continuaient à lancer des fusées éclairantes en pleine nuit.

 

 

Ce que nous avons trouvé dans le camp Palestinien à 10 heures du matin, le 16 septembre 1982, défie l'entendement, bien qu'il serait plus aisé d'en reparler dans la prose froide d'un examen médical.

 

 

Il y avait eu des examens médicaux auparavant au Liban, mais rarement de cette ampleur et jamais supervisés par une armée régulière, soi-disant disciplinée. Dans la panique et la haine déchaînée par la guerre, des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées dans ce pays.

 

 

Mais ces gens, des centaines, ont été exécutés alors qu'ils étaient sans armes. C'était un massacre de masse, un événement – combien il est facile d'utiliser le mot “événement” au Liban – c'était aussi une atrocité.

 

 

C'est allé bien plus loin que ce que les Israéliens auraient appelé, en d'autres circonstances, une action terroriste. C'était un crime de guerre.

 

 

Dans un premier temps nous étions incapables d'exprimer notre indignation. Bill Foley de l'AP était avec nous. Tout ce qu'il a pu dire alors qu'il visitait le camp, c'était “Jésus Christ” encore et encore.

 

 

Nous aurions pu témoigner de quelques exécutions; même d'une dizaine de corps, tués dans le feu du combat. Mais il y avait dans les maisons des femmes étendues avec leurs jupes déchirées au niveau de la taille et leurs jambes écartées, des enfants aux gorges tranchées, des rangées de jeunes gens abattus dans le dos après avoir été alignés au mur d'exécution.

 

 

Il y avait des bébés – des bébés tout noirs car ils avaient été tués 24 heures auparavant et que leurs petits corps étaient déjà en état de décomposition – jetés dans des dépotoirs à côté de boîtes de rations Américaines abandonnées, de matériel de guerre Israélien et de bouteilles de whisky vides.

 


 étaient les meurtriers? Ou pour utiliser le vocabulaire des Israéliens, où étaient les « terroristes »? Quand nous sommes redescendus en voiture vers Chatila, nous avons vu les Israéliens tout en haut des appartements de l'avenue Camille Chamoun mais ils n'ont pas essayé de nous arrêter.

 

 

En fait, nous avions été conduit en premier lieu au camp de Bourj al-Barajneh car quelqu'un nous avait dit qu'il y avait eu un massacre là-bas. Tout ce que nous avons vu, c'était un soldat Libanais poursuivant un voleur de voitures dans la rue.

 

 

C'était seulement quand on a repris notre chemin et dépassé l'entrée de Chatila que Jenkins a décidé d'arrêter la voiture. « Je n'aime pas ça », a-t-il dit.« Où sont-ils tous? Quelle est cette p....n d'odeur ? »

 

 

Juste à l'entrée-sud du camp, il y avait un certain nombre de petites maisons, aux murs en béton. J'avais réalisé de nombreuses interviews dans ces taudis à la fin des années 1970.

 

 

Quand nous avons traversé l'entrée boueuse de Chatila, nous avons remarqué que ces bâtiments avaient été complètement dynamités. Il y avait des caisses de cartouches tout au long de la route principale.

 

 

J'ai vu plusieurs douilles de fusées éclairantes Israéliens, toujours attachées à leurs petits parachutes. Des nuages de mouches volaient autour des décombres, attaquant en essaim.

 


Dans une ruelle à notre droite, à pas plus de 50 mètres de l'entrée, s'entassait une pile de cadavres. Il y en avait plus d'une douzaine: des jeunes gens dont les bras et les jambes avait été entrelacés dans l'agonie de la mort.

 

 

Tous avaient été abattus à bout-portant d'une balle dans la joue, arrachant complètement la chair jusqu'à l'oreille et entrant dans le cerveau. Certains avaient des plaies ouvertes ou des balafres noires autour de leurs gorges. Un d'entre eux avait été castré.

 

 

Les yeux de ces jeunes hommes étaient tout ouverts. Les plus jeunes avaient seulement 12 ou 13 ans. Ils étaient habillés en jeans et avec des T-shirts de couleur, le tissu collait de manière absurde à leur chair maintenant que leurs corps commençaient à gonfler dans la chaleur ambiante.

 

 

Ils n'ont pas été volés. Sur un poignet noirci une montre Suisse indiquait l'heure exacte, la seconde main bougeant au rythme du tic-tac, en vain elle dépensait ainsi les dernières énergies de son propriétaire mort.

 

 

De l'autre côté de la route principale, en suivant des traces à travers les débris, nous avons trouvé les corps de cinq femmes et de plusieurs enfants. Les femmes étaient d'âge moyen et leurs cadavres étaient entassés sur une pile de gravats.

 

 

Une était étendue sur le dos, sa robe toute déchirée et la tête d'une petite fille se dégageait derrière elle. La fille avait des cheveux bruns, courts et bouclés, ses yeux nous fixaient et elle fronçait les sourcils. Elle était morte.

 


Un autre enfant était couché sur la route comme une poupée désarticulée, sa robe blanche tâchée de boue et de poussière. Elle ne pouvait pas avoir plus de trois ans. Une des femmes tenait aussi un tout petit bébé sur son corps. La balle qui a traversé sa poitrine a aussi tué le bébé.

 


Alors que nous restions au même endroit, nous avons entendu un cri en Arabe venant des ruines, « Ils reviennent », criait un homme.

 

 

Donc nous avons couru vers la route. Je pense, rétrospectivement, que c'était probablement la rage qui nous a empêché de partir, car nous attendions maintenant près de l'entrée du camp pour entrevoir les visages des hommes qui étaient responsables de tout cela.

 

 

Ils avaient dû être envoyés ici avec permission Israélienne. Ils devaient être armés par les Israéliens. Leur ouvrage avait manifestement été suivi – minutieusement observé – par les Israéliens qui continuaient à nous surveiller à travers leurs jumelles.

 


Quand un meurtre devient une atrocité? Quand une atrocité devient un massacre? Ou, pour poser la question différemment, combien de meurtres font un massacre? Trente? Cent? Trois cent? Quand un massacre n'est-il pas un massacre? Quand les chiffres ne sont pas assez élevés? Ou quand le massacre est mené par les amis d'Israël plutôt que par les ennemis d'Israël?

 


Cela, je m'en doutais, était le véritable argument. Si les troupes Syriennes avaient traversé Israël, encerclé un Kibboutz et permis à leurs alliés Palestiniens de massacrer les habitants Juifs, aucune agence de presse Occidentale n'aurait perdu son temps après-coup à discuter pour savoir s'il fallait le considérer comme un massacre ou non.

 


Mais à Beyrouth, les victimes étaient des Palestiniens. Les coupables étaient certainement des miliciens Chrétiens – de quelle unité en particulier, nous n'en sommes toujours pas sûrs – mais les Israéliens étaient aussi coupables.

 

 

Si les Israéliens n'avaient pas pris part aux massacres, ils avaient sans aucun doute envoyé la milice dans le camp. Ils les avaient entraîné, leur avaient donné des uniformes, des rations militaires américaines et du matériel médical Israélien.

 

 

Ensuite ils ont observé les meurtriers dans les camps, ils leur apporté un soutien militaire – la Force Aérienne Israélienne a parachuté toutes ces fusées éclairantes pour aider les hommes qui étaient en train de massacrer les habitants de Sabra et Chatila – et ils ont établi des contacts militaires avec les meurtriers dans les camps.

 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 07:39

goldman-2.jpg« Moi, Omer Goldman, à 19 ans, j'ai refusé de servir dans l'armée d'occupation israélienne » – juive et anti-sioniste, oui c'est possible !

 

Article pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

C'était il y a cinq ans, déjà. Omer Goldman avait été une des premières non seulement à dire non au service de l'armée coloniale israélienne mais aussi à le faire savoir publiquement, à mener le combat pour la désobéissance des jeunes israéliens, juifs ou non.

 

On les appelle les « shminitism », les objecteurs de conscience. Ils étaient quarante lycéens en 2008 à signer une lettre de protestation contre l'enrôlement dans l'armée d'occupation israélienne. Aujourd'hui, ils se comptent par dizaines à refuser le service, âgés entre 18 et 22 ans.

 

Omer Goldman fut le visage de ce courage collectif. Elle avait 19 ans en septembre 2008, ses idées fortes contrastant avec ses traits fins. Immédiatement arrêtée, elle a passé plus d'un mois dans les geôles israéliennes comme cadeau d'entrée dans la vie adulte.

 

Le temps est passé, mais nous estimons nécessaire de rappeler son combat, son témoignage, aussi pour couper l'herbe aux faux amis de la cause palestinienne, ceux qui voudraient penser qu'on ne peut être « juif » sans être sioniste, qu'on ne peut être anti-sioniste sans être anti-sémite.

 

« Papa, je ne servirai pas pour ton Israel ! »

 

La lettre qu'avait communiqué Omer pour justifier son refus révèle son courage. Oui, Omer est fille d'un ancien (très) haut responsable du Mossad, les sinistres services secrets israéliens. Mais Omer, à 19 ans lui a dit : « Pardonne-moi Papa, mais je ne battrai pas pour ton Israël ! »

 

Que de conflits avec son père qui a publiquement désapprouvé sa décision (« On est tous les deux opposés idéologiquement ») tout en respectant la décision de sa fille : « Nous, tous les deux, avec des caractères très similaires nous nous battrons pour ce en quoi nous croyons ».

 

Pas de doute qu'elle n'a pas les mêmes idées que son père, sa lettre n'est pas celle d'une enfant crédule :

 

« Je refuse de servir dans l'armée israélienne. Je ne ferai pas partie d'une armée qui met en place une politique violente, et viole les droits de l'Homme tous les jours.

 

Comme nombre de mes pairs, moi-même n'avais pas posé soulevé la question éthique de l'armée israélienne. Mais quand j'ai visité les territoires occupés, j'ai vu une réalité complètement différente : une réalité violente, oppressive, extrême qui doit cesser.

 

Je crois au service en la société dans laquelle je vis, et c'est précisément pourquoi je refuse de participer aux crimes de guerre commis par mon pays. La violence n'apportera aucune solution, et je ne commettrai pas d'actes violents, advienne qui pourra ».

 

Pas facile d'avoir 19 ans dans un Etat colonialiste … la prise de conscience de l'injustice

 

Son acte de courage est venu d'une prise de conscience, d'une indignation face à l'injustice. A la fin du lycée, Omer est parti, sans la permission de son père, dans un village palestinien de Cisjordanie.

 

Au check-point, accompagné de connaissances palestiniennes qu'elle aurait du haïr, les soldats israéliens lui ont tiré dessus :

 

« On parlait sur le bord de la route, les soldats se sont approchés et après quelques secondes, ils ont reçu un ordre, tiré des grenades lacrymo et des balles de caoutchouc contre nous. Cela m'a frappé que des soldats suivent un ordre sans réfléchir.

 

Pour la première fois dans ma vie, un soldat israélien m'avait mis dans le viseur et avait tiré sur moi ! »

 

Ce que Omer a connu ce jour-ci, c'est ce que connaissent des millions de Palestiniens depuis des décennies. A partir de ce moment-là, plus question pour elle de joindre ses mains à celle d'une machine d'oppression.

 

Pour Natan, Noam, Alon, oui, on peut être juif et refuser le sionisme. A bas le sionisme et … l'anti-sémitisme !

 

Nous nous sommes fait le relais ces derniers mois, dernières années de ces « refuzniks », jeunes israéliens, juifs (ou étiquetés comme tels par les sionistes .. et les anti-sémites!) qui se sont indignés, ont refusé de servir.

 

On pense à Noam Gur et Alon Gurman, deux jeunes lycéens de 18 et 19 ans condamnés à la prison en avril 201. On pense à Natan Blanc, 19 ans, qui a passé six mois de sa vie en prison. Tous ont vaincu l'injustice au cœur, tous ont osé défier un gouvernement criminel au nom de leurs idéaux.

 

Leur acte d'indignation était individuel, leur ambition collective : réveiller un peuple endormi par le venin de la haine sioniste. Le Parti communiste d’Israël, la Jeunesse communiste d’Israël, ont soutenu ces shminitism, mené campagne pour leur libération.

 

Rappelons que, comme dans l'Afrique du sud de l'apartheid, seules les organisations communistes accueillent les travailleurs, étudiants sans distinction de couleur de peau, de religion ou d'ethnie supposée : d'origine chrétienne, arabe musulman, juifs séfarades ou ashkénazes !

 

L'exemple de ces jeunes courageux, l'exemple des communistes d’Israël doit nous éclairer au moment où des semeurs de haine essaient en France d'assimiler les juifs au sionisme, et l'anti-sionisme à l'anti-sémitisme.

 

Oui, on peut être juif ou d'origine juive et refuser le sionisme, c'est même avoir pris conscience du jeu pervers et parallèle que jouent sionistes et anti-sémites s'alimentant dans leur haine : créer de faux clivages communautaires, préparer l'épuration ethnique, gommer les clivages de classe.

 

Omer disait en 2008 :

 

« L'occupation empoisonne Israël de l’intérieur. Elle crée un peuple agressif, un nationalisme extrémiste, et efface des valeurs importantes telle que la solidarité et l'égalité. C'est pourquoi prendre position contre cela, en tant qu'israélienne, est vital pour les Palestiniens comme pour les Israéliens »

 

Honneur à Omer Goldman, qui avait montré la voie ! Honneur à Alan, Noam, Natan, David, Tamar, Maya, Udi, Sahar, tous ces jeunes israéliens qui depuis 2008 ont refusé de servir dans l'armée de la honte !

 

Unité entre jeunes Palestiniens et Israéliens, arabes et juifs, pour la paix, la justice sociale, contre toute forme de colonialisme, de racisme. A bas le sionisme, à bas l'anti-sémitisme !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Palestine-Israël
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