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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 07:15

cdu basta 001Non au pacte de soumission et d'agression : renégocier la dette



Déclaration du secrétaire-général du Parti communiste portugais (PCP) Jéronimo de Sousa



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



L'annonce du soutien du Conseil de l'ECOFIN à l'intervention extérieure au Portugal – cette évolution s'inscrit dans un calendrier soumis aux intérêts du grand capital – n'est pas un soulagement, et elle ne met pas fin non plus à un processus qui n'a pas la moindre légitimité politique ou institutionnelle.



Cette annonce correspond de fait à l'adoption d'un programme d'attaque contre les revenus des travailleurs et du peuple, imposant plus d'injustices et d'exploitation, compromettant les possibilités de croissance et de développement économique du pays, un programme d'abdication de la souveraineté nationale et de capitulation devant les intérêts du capital financier et des groupes économiques.



Une annonce dont le PS, le PDS et le CDS se réjouissent et qu'ilz se préparent à mettre en œuvre dans le cadre national sur la base du programme électoral commun qu'il partage en réalité.



Les conclusions de cette réunion de l'ECOFIN démontrent que le PCP avait raison quand il affirmait que les orientations adoptées pour répondre à la crise (en gardant les mêmes options de classe qui nous y ont conduit) étaient conçues pour ne bénéficier qu'au grand capital financier et pour préparer le terrain à la spéculation et au chantage contre les économies les plus faibles de l'Union européenne.



S'approfondit ainsi le processus de concentration et de centralisation accélérée du pouvoir politique et économique et la dégradation des conditions de vie des peuples qui en découle.



Cette Réunion du Conseil économique et financier de l'Union européenne est le signe encore d'une profonde crise économique et financière dans l'Union européenne, avec des conséquences dévastatrices du point de vue social pour des millions et des millions de travailleurs.



Une crise qui connaît une aggravation au Portugal découlant de plus de 35 ans de politiques de droite et où s'intensifient les contradictions d'un processus, au sein de l'UE, où les grandes puissances et le grand capital prennent de plus en plus la tête d'une politique qui vise à l'extorsion de ressources et l'asservissement de type colonial des pays dits périphériques, parmi eux, le Portugal.



Ce que la réalité d'aujourd'hui démontre, c'est le creusement du fossé de développement économique et social dans l'espace européen. Une union européenne à deux, ou à trois vitesses, qui liquide complètement les thèses et la propagande de la « cohésion économique et sociale » et qui confirme que l'actuelle monnaie unique et les conditions qui lui sont attachées, dans le même temps qu'ils sont un facteur de détérioration de la situation économique et sociale de pays comme le Portugal (avec une récession déjà annoncée pour les 3 prochaines années), bénéficient à des pays comme l'Allemagne, dont les taux de croissance sont les plus élevés de l'Union européenne.



Les conséquences et les impacts différenciés de l'Union économique et monétaire ou les effets pour les peuples de la féroce guerre des monnaies entre le dollar et l'euro – furent ignorés dans cette réunion de l'ECOFIN. Au lieu de cela, nous assistons à la mise en avant du pacte de soumission et d'agression que le PS, le PSD et le CDS ont monté avec l'Union européenne et le FMI.



En échange d'un nouveau prêt de 78 milliards d'euros, le gouvernement portugais se prépare à brader des entreprises et ressources nationales, à couper dans les salaires et les retraites, à augmenter les prix, à fermer les services publics. Un nouveau prêt qui apportera avec lui plus de 30 milliards d'euros d'intérêts (sur 7 ans et demi), sachant que les deux-tiers de cette somme iront dans les poches de l'Union européenne même.



En effet, comment est-il possible que ceux qui nous ont mis dans cette situation, qui pendant des mois ont prêté de l'argent à des banques privées (via la BCE) à des taux 1% pour qu'elles puissent spéculer avec la dette portugaise à des taux de 6/7%, vont désormais encaisser, seulement en intérêts, l'équivalent de cinq ans du budget national pour la santé.



Ce qui véritablement défendrait l'intérêt national, mais que le gouvernement se refuse à faire, c'est la renégociation de la dette publique portugaise.



Renégocier les taux d'intérêt, en disant non aux chiffres scandaleux qui ont été pratiqués ces derniers mois, et en fixant des taux d'intérêt qui permettent, au lieu de la récession, la croissance économique.



Renégocier les délais, en retardant les échéances de paiement de chacune des tranches, en obtenant des marges de manœuvre dans l'immédiat pour les problèmes de liquidité dont se plaint le gouvernement et, dans le même temps, en gagnant du temps pour l'introduction de mesures, notamment la taxation des profits astronomiques des groupes économiques, qui permettent de contribuer au rééquilibre budgétaire et à plus de justice sociale.



Renégocier également les montants à partir d'une réévaluation du gouvernement portugais, notamment de la valeur de la dette qui dérive de la spirale spéculative actuelle et dont les taux d'intérêts sont, à la lumière des intérêts nationaux, illégitimes.



Renégociation immédiate de la dette car les conditions de ce pacte sont insoutenables. Renégocier maintenant et non quand notre pays sera dans des conditions pires du point de vue de son activité économique, de son appareil productif, de sa situation financière.



Il suffirait de jeter un œil sur les conséquences dévastatrices que ces mêmes recettes ont provoqué en Grèce – plus d'endettement et de chômage, dans une spirale de dépendance et de nouveaux et insupportables sacrifices imposés aux travailleurs et au peuple grec – pour conclure que la meilleure alternative qui serve les intérêts nationaux est la renégociation de la dette.



Un processus de renégociation qui loin d'être un acte isolé doit s'insérer dans une politique plus large qui aille de pair avec la diversification des sources de financement de l’État portugais et de ses relations commerciales, ainsi que la convergence avec d'autres pays de l'UE victimes de la spéculation et de l'euro.



Un processus de renégociation qui prenne la valorisation de la production nationale comme l'instrument le plus sûr pour développer le pays, créer de l'emploi, réduire la dette, garantir la souveraineté nationale.



En ce sens, le PCP annonce que, encadrée dans une affirmation claire des intérêts et de la souveraineté nationale et intégrée dans une politique plus globale de réponse aux problèmes du pays, notamment par le moyen de la valorisation de l'appareil productif –, il présentera bientôt au début des travaux parlementaires une proposition de renégociation de la dette publique portugaise.



Une proposition qui représente une option patriotique et de gauche, une option qui serve les intérêts des travailleurs, du peuple et du pays, la seule qui constitue de fait une solution aux problèmes que connaît le pays.



A moins d'un mois des élections, le PCP souligne que les portugais peuvent avec leur vote pour la CDU punir ceux-là mêmes qui sont les responsables de la politique menée ces 34 dernières années et qui aujourd'hui se préparent à poursuivre, sous couvert d'ingérence extérieure, leur politique et leurs objectifs.



Un vote qui sera également un soutien de plus à la lutte non seulement pour le rejet de ce programme mais également de chacune des mesures qu'il comprend. Un vote qui sera une déclaration claire et un soutien à la rupture avec l'orientation actuelle du pays, à la réalisation d'une politique patriotique et de gauche.



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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 09:41

durao-barroso-e-jose-socrates-depois-de-anunciar-o-acordoLe plan d'austérité dicté par le FMI et l'UE et mis en œuvre par la droite et le PS :


 

Un programme d’agression sans précédent contre le peuple et le pays


 

Déclaration du Parti communiste portugais (PCP)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Démentant la mise en scène orchestrée par le PS, le PSD (droite libérale) et le CDS (droite conservatrice), les mesures prévues constituent la plus grande agression contre les droits du peuple et les intérêts du pays depuis l'époque du fascisme. Il s'agit d'un programme illégitime d'ingérence étrangère, construit pour favoriser les groupes économiques et financiers nationaux et étrangers, qui approfondit et développe tout ce qui a été rejeté dans le quatrième plan d'austérité dit PEC IV. Une offensive sans précédent contre la souveraineté et l'indépendance, rendue possible par le rôle de force de capitulation des intérêts nationaux que le PS, le PSD et le CSD sont prêts à assumer.



Une intervention qui, si elle se concrétisait, contribuerait à l'aggravation de la récession économique, du chômage et de la pauvreté – en raison de la chute de l'investissement public, de la diminution des salaires et des retraites, de l'attaque contre les petites entreprises – tout comme à l'aggravation de la dépendance extérieure. Une intervention et une ingérence que le peuple portugais ne peut pas accepter et qui aggraverait, si elle était appliquée, tous les problèmes nationaux, y compris les conditions du paiement de la dette extérieure.



Voici une synthèse de quelques unes des nombreuses mesures prévues:



Aggravation de l'exploitation

 

  • Licenciements facilités et moins onéreux, réduction des indemnités payées par le patron de 30 à 10 jours (par année de travail) et élargissement des possibilités de licenciement pour « motif valable » ;

  • Réduction de l'accès aux allocations-chômage à une durée maximale 18 mois et limitation de son montant à 2,5 fois l'IAS [revenu minimum fixé à 419 euros], avec une diminution systématique de sa valeur après six mois ;

  • Flexibilisation des horaires de travail via la mise en place d'une « banque d'heures », la diminution du montant payé pour les heures supplémentaires ;

  • Attaque contre les conventions collectives et le rôle des syndicats dans la négociation ;



Attaque contre les revenus des travailleurs et des retraités

 

 

  • Gel du salaire minimum national et dévalorisation générale des salaries via la modification du droit du travail et des allocations-chômage ;

  • Diminution réelle de toutes les retraites et pensions pendant trois ans, y compris les retraites minimum, et baisse nominale de celles supérieures à 1 500 euros ;

  • Augmentation de la TVA, en particulier les taxes sur les biens et services essentiels, et des autres impôts indirects :

  • Augmentation de l'IRS (Impôt sur le revenu) via la réduction ou l'élimination des déductions fiscales (santé, éducation, logement), y compris l'aggravation de la taxation des retraites et pensions et l'introduction du paiement de l'impôt sur les revenus issus des aides sociales ;

  • Élimination des exemptions de l'IMI (taxe foncière annuelle) dans les premières années après l'achat de la maison, avec augmentation des valeurs de référence pour le calcul et donc des taxes correspondantes ;

  • Augmentation des prix du gaz et de l'électricité à travers leur libéralisation et augmentation de la TVA ;

  • Augmentation du montant des loyers et facilitation des expulsions ;

  • Nouvelles coupes dans les prestations sociales :

  • Aggravation significative des forfaits hospitaliers, diminution des remboursements de médicaments ;



Attaque contre les travailleurs et les services de l'Etat



  • Coupes significatives dans la santé, l'éducation, la justice, l'administration locale et régionale ;

  • Fermeture et concentration des services (hôpitaux, centres de santé, écoles, tribunaux, Trésor et autres services de l'administration centrale et régionale) ;

  • Gel pendant trois dans des salaires des travailleurs de l'administration publique ; suppression de dizaines de milliers d'emplois dans l'administration publique ;

  • Suppression d'un nombre significatif de cantons et de communes, privant de vastes régions du territoire et une grande partie de la population de services essentiels ;



Privatisations

 

  • Privatisations – accélération de la cession d'entreprises et de participations stratégiques au capital privé ;

  • Déjà en 2011 privatisation de la participation de l’État dans l'EDP (gaz/électricité), de la REN (réseaux énergétiques) et de Air Portugal.

  • Cession des droits spéciaux de l’État (golden shares) dans des entreprises stratégiques comme Portugal Télécom ;

  • Privatisation de la Caisse générale des dépôts dans sa branche assurantielle (plus de 30% de l'activité financière du groupe), ainsi que d'autres secteurs d'activité, notamment à l'étranger ;

  • Extension du processus de privatisations à des entreprises municipales et régionales ;

  • Offensive contre le secteur public du transport de passagers et de marchandises, notamment avec la privatisation de l'ANA (Aéroports), du CP Carga (Chemins de fer-Fret), des lignes ferroviaires de banlieue, de la gestion des ports, etc. ;

  • Bradage généralisé du patrimoine public ;

  • Transfert au secteur privé, par la fermeture et la dégradation des services publics, de larges domaines d'intervention jusqu'ici assurés par l’État ;





Encore plus d'aides pour les banques et les grands groupes économiques

 

  • Les banques et les grands groupes économique exemptés de toute mesure de sanction ;

  • Aides de 12 milliards d'euros pour les banques, agrémentées de garanties d'Etat d'une valeur de 35 milliards d'euros ;

  • Prise en charge par l’État des pertes causés par la gestion frauduleuse de la BPN (Banque populaire d'affaires) d'ici à sa privatisation en juillet 2011, sans prix minimum fixé et sans frais supplémentaires pour les racheteurs ;

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 07:32

25abril.jpgDéfendre et affirmer la révolution d'Avril: pour une politique patriotique et de gauche

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le PCP, marquant le 37ème anniversaire du 25 avril, salue les militaires qui ont mené le soulèvement militaire et le peuple qui l'a transformé en Révolution, salue cet événement majeur de notre histoire, inséparable du rôle et de la lutte des communistes et appelle à un fort engagement et une forte mobilisation populaires dans les commémorations.

 

 

1 – Au moment où on marque le 37ème anniversaire du 25 avril 1974, qui fut le point culminant de la lutte prolongée et déterminée du peuple portugais, la Commission politique du Comité central du PCP salue les courageux militaires qui ont mené le soulèvement militaire et le peuple portugais qui, en se soulevant en masse, l'a transformé en Révolution. C'est avec confiance que le PCP salue cet événement majeure de l'histoire de la lutte de libération du peuple portugais, inséparable du rôle et de la lutte des communistes, possible dans son déroulement par ce cadre singulier marqué par l'alliance du Peuple et du Mouvement des forces armées (MFA).

 

 

Confiance qui n'ignore pas que sur notre Pays pèsent l'influence négative, découlant de la nature du capitalisme, de 35 ans de politique de droite qui a interrompu et inversé le processus révolutionnaire – une récupération monopoliste et latifundiaire – a donné forme à une contre-révolution qui a pris un second souffle avec l'intégration à l'Union européenne et la politique d'abdication nationale réalisée par les gouvernements successifs, au mépris de la Constitution de la république portugaise. Confiance qui ne s'illusionne pas sur le moment particulièrement grave, la situation actuelle du pays et qui fait face avec fermeté et détermination à la plus grande offensive contre les intérêts du peuple et du pays depuis les temps du fascisme. Confiance dans la lutte des travailleurs et du peuple portugais, dans la capacité et l'énergie transformatrices qu'ils ont encore une fois démontré il y a 37 ans, dans leur rôle irremplaçavle dans la défense de la liberté et de la démocratie, d'une patrie souveraine, libre et indépendante.

 

 

2 – Le peuple portugais, après près d'un demi-siècle d'oppression fasciste, a mis en branle la Révolution, a livré une rude bataille aux coups et au sabotage politique et économique contre la jeune démocratie, a nationalisé les banques et les grands groupes économiques, a mis fin au capitalisme monopoliste d'Etat, réalisé la réforme agraire livrant la terre à ceux qui la travaillent, construit le Pouvoir local démocratique, conquis des droits pour les travailleurs et pour les populations, fait sienne la liberté dans toute sa plénitude. Une révolution inachevée, c'est certain, mais une Révolution qui a modifié et amélioré profondément les conditions de vie du peuple, mis fin à la Guerre coloniale, a mis en évidence le rôle du travail et des travailleurs, reconnu les libertés, les droits et les garanties du peuple portugais, a été en elle-même une affirmation de dignité et de souveraineté nationale.

 

Révolution qui a laissé sa marque indélibile dnas la Constitution de la République portugaise.  Dans le texte est consacré le droit au travail pour tous, tâche à l'Etat de promouvoir l'exécution de politiques de plein emploi; le droit à un Salaire minimum national; le droit à la sécurité sociale qui protège les citoyens dans l'enfance, leurs études, leur vieillesse ou dans le chômage; le droit à la santé, à travers un service national de santé universel et général, aujourd'hui de moins en moins gratuit. Est inscrit, comme priorité, la promotion de la justice sociale, opérant les nécessaires corrections des inégalités dans la distribution des richesses et de revenus et le combat contre les asymétries entre le littoral et l'intérieur du pays.

 

3 – Trente-sept ans après, de nouveaux et d'anciens groupes économiques et financiers – associés au capital étranger, nombre d'entre eux constitués dans l'ombre et au détriment de la dilapidation du patrimoine d'Etat, de la privatisation d'entreprises stratégiques dont les profits devaient être au service des travailleurs et du peuple, de colossales ressources publiques mises à leur service, de l'aggravation de l'exploitation de ceux qui travaillent, du développement même du pays – dominent aujourd'hui, de nouveau, l'économie, dans un processus de subordination croissante du pouvoir politique au pouvoir économique.

 

Le pays est confronté à une profonde crise économique et sociale. Plus de 700 000 travailleurs sont au chômage, des centaines de milliers sans protection sociale, la précarité explose, les travailleurs s'appauvrissent, l'émigration redevient une nécessité. Plus de 2 millions de portugais vivent dans la pauvreté, l'accès aux droits essentiels, comme la santé, un logement digne, la protection sociale, un enseignement de qualité, la culture, sont, en conséquence des politiques de droite, de plus en plus loin d'être une réalité pour tous. S'accentuent les asymétries entre le littoral et l'intérieur. Les inégalités et les injustices s'approfondissent au lieu d'être combattues. La pauvreté dans laquelle tombent de plus en plus de portugais contraste avec les fortunes d'une petite minorité. Les salaires et les retraites des portugais sont diminués. L'appareil productif dépérit et la stagnation et la récession économiques marquent la dernière décennie d'entrée dans la Monnaie unique et de soumission aux diktats de l'UE. Les politiques de capitulation nationale se succèdent, remettant en cause l'intérêt national.

 

Contrairement aux attentes que les avancées et les conquêtes de la Révolution ont créé dans les masses populaires, le Portugal, trente-sept ans après le 25 avril, vive avec sous la gorge le couteau d'une dette extérieure inquiétante et d'une spéculation financière qui pille chaque jour les ressources nationales. Trahissant les valeurs et les idéaux d'Avril, le pays est confronté à une intervention extérieure de l'Union européenne et du FMI résultant d'une décision illégitime prise dans le cadre des concessions du gouvernement PS au grand capital – avec le soutien du PSD, du CDS et du président de la République. Des concessions que le peuple portugais ne peut pas accepter.

 

4 – Il est plus que jamais temps de défendre et d'affirmer Avril! Il est temps de respecter et de faire respecter la Constitution de la République et non de la renverser. Respecter la Constitution exige une rupture et un changement dans la vie politique nationale qui ouvre la voie d'une politique patriotique et de gauche, qui réponde aux problèmes du chômage, des injustices, de la pauvreté, de la dépendance extérieure et de la corruption. Une politique de promotion et de renforcement de l'appareil productif et de la production nationale. Une politique qui combatte la spéculation financière et récupère entre les mains de l'Etat les entreprises et secteurs stratégiques nationaux. Une politique qui affirme la démocratie dans tous ses aspets – politique, économique, social et culturel.

 

Dans un moment où la pression et le chantage sur le peuple portugais prennent des proportions gigantesques, quand une puissante offensive idéologique cherche d'imposer l'acceptation de plus de sacrifices et la poursuite d'un cap qui est un désastre, il faut dire 'Cela suffit'! Les prochaines élections législatives apparaissent comme une opportunité pour que le peuple portugais, à la suite des grandes journées de lutte, fasse entendre sa voix contre les politiques de droite. Une opportunité pour donner plus de force à la CDU, aux communistes, aux écologistes et à tant d'autres démocratiques et patriotiques qui convergent vers elle. Une force dont le projet et l'engagement politique ne sont pas seulement profondément liés aux valeurs d'Avril, mais porteurs d'une espérance fondée dans une vie meilleure.

 

5 – Dans un moment aussi difficile et complexe de la vie nationale, les commémorations du 37ème anniversaire de la Révolution d'Avril prennent un sens encore plus important. En elles-mêmes, elles représentent une affirmation d'un Portugal libre et souverain, visent au rejet du cap de désastre national en cours, appellent à la participation des travailleurs et du peuple pour résister et vaincre l'offensive actuelle, esquissent un nouveau cap pour le pays, de justice, de liberté et de démocratie, avec comme horizon le socialisme.

 

Tout comme le PCP le proposait, il aurait été possible et souhaitable que la dimension institutionnelle des commémorations du 25 avril ne soit pas affectée par le fait que l'Assemblée de la République se soit trouvée dissoute, notamment à travers une forme qui garantisse la dimension pluraliste et démocratique de ces commémorations. Dimension que l'initiative organisée par le président de la République ne garantit pas.

 

En ce sens, le PCP, dans le même temps qu'il s'engagera à la réalisation de multiples initiatives dans tout le pays, appelle à un fort engagement et une forte mobilisation populaires dans les commémorations du 37ème anniversaire de la Révolution d'Avril. Un appel adressé aux hommes et aux femmes qui vécurent et firent la révolution. Un appel aux nouvelles générations et à la jeunesse de notre pays dont on veut voler l'avenir. Un appel qui assume l'idée qu'un autre cap est possible. Qu'il revient au peuple portugais, avec son opinion, sa participation, sa lutte et son vote d'en faire une réalité.

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 07:28

cartaz-90 anos-1Pour le 90ème anniversaire du PC Portugais

 

L’identité du Parti


 

Article dans Avante, organe du Parti communiste portugais, du 3 mars 2011


 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Le processus entamé avec la ré-organisation de 40/41, et qui eut comme suite immédiate la préparation et la réalisation des IIIème et IVème Congrès, respectivement en 1943 et 1946, a constitué un moment marquant de l’histoire du PCP.

 

En effet, ce fut au cours de ce processus que le Parti s’affirma, en fait, comme l’avant-garde de la classe ouvrière ; comme grand parti national ; comme parti de la résistance et de l’unité anti-fascistes – « comme parti léniniste ayant sa propre expérience », dans les termes du camarade Alvaro Cunhal.

 

C’est à ce moment et au cours de processus qu’avance la définition théorique de l’identité du Parti et la réalisation pratique de cette identité.

 

Il s’agit d’un ensemble de traits identitaires, complémentaires et indissociables, qui comprennent : l’objectif suprême du Parti – la construction d’une société libérée de toutes les formes d’oppression et d’exploitation ; sa nature de classe – parti de la classe ouvrière et de tous les travailleurs ; son idéologie – le marxisme-léninisme, idéologie du prolétariat ; son fonctionnement interne – basé sur le développement créatif du centralisme démocratique ; son caractère à la fois patriotique et internationaliste ; ses liens étroits et permanents aux masses travailleurs et à la défense de ses intérêts et de ses droits.

 

Cette identité, par ce qu’elle signifie, a constitué la cible privilégiée dans l’offensive idéologique par laquelle les ennemis du Parti ont tenté, tout au long du temps, de le détruire.

 

De la même façon, les offensives internes visant à dénaturer le Parti et son identité qui font porter l’essentiel de leurs attaques – en règle générale en ayant comme cible seulement un ou l’autre de ces traits identitaires (soit le projet, soit l’idéologie ou encore la nature de classe…) et feignant de ne pas savoir qu’en abandonnant un ou l’autre – et il suffirait d’en abandonner un seul – tous les autres s’écrouleraient inexorablement et, avec eux, l’identité du Parti.

 

Le renforcement du Parti passe, en premier lieu, par l’affirmation et par la défense de son identité.

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 17:02

2 12470716081Quel crédit d'opposant accorder au « Bloc de gauche » portugais qui a soutenu aux présidentielles de 2011 le candidat d'un Parti Socialiste champion de l'austérité?


La lessiveuse du Bloc de Gauche

 

 

De Carlos Gonçalves, pour Avante, organe du Parti communiste portugais


 

cf notre article sur le résultat des présidentielles au Portugal: Bon résultat pour le candidat communiste au Portugal, avec 7,2% des voix, alors que le candidat PS soutenu par le « Bloc de gauche » essuie un revers historique

 

 

 

Pour ce qui est important pour nous – poursuivre la lutte pour s'opposer et mettre en échec les politiques de droite qui s'intensifient – l'opportunisme et l'anti-communisme de la direction du Bloc de Gauche sont on ne peut plus inacceptables.



Mais cette fois le côté mauvais perdant de Louça [secrétaire-national du Bloc de gauche] et de ses pairs a conduit à une opération de blanchiment visant à laver le Bloc de Gauche  et à le retaper comme fausse alternative et comme planche de salut du PS et de leurs politiques respectives (de droite).



La lessiveuse est très active, tout comme les scribes de cette « coalition quadripartite » (Bloc de gauche/PS/PSD/CDS) dans les médias dominants pour occulter, minorer les résultats du PCP, ou pour mettre sur le dos du PCP les responsabilités du Bloc de Gauche dans les résultats du 23 janvier. Le sens de la mystification se trouve entre les mains de Louça et même au-delà, puisque aujourd'hui on constate au Bloc de gauche de nouvelles difficultés et certaines hésitations.



Louça a déclaré que ce qu'il fallait relever de la campagne d'Alegre [candidat socialiste aux présidentielles soutenu par le Bloc de gauche] c'est la « lutte contre le FMI et la défense des services publics », tout comme la « garantie » d'une opposition à la remise en cause du Code du travail. Et nous en concluons qu'Alegre a considéré le Budget 2011 du paradigme du FMI, du pillage des travailleurs et de l'offensive brutale contre leurs droits et les services publics comme un « moindre mal » (!), ce qu'il a mené à louer le « courage » (!) de Socrates.



Louça a déclaré que la candidature du PCP a enregistré « la plus grosse perte en proportion » par rapport à 2005, mais, en dépit de l'abstention, le fait est que nous avons obtenu 7,14% et 300 000 voix, une contribution effective à la lutte pour battre Cavaco et la « stabilité » du gouvernement PS et des grands seigneurs de l'argent.



Et nous en concluons que Louça et le Bloc de Gauche ont perdu l'ensemble de leurs 288 000 voix de 2005, nous en concluons que le Bloc de Gauche « était absent » des présidentielles où il était allié à ce Gouvernement, champion des politiques de droite, et a contribué à ce que les électeurs du Bloc de Gauche et du PS se dispersent « dans toutes les directions » (reprenant les termes du dirigeant du Bloc, M.Portas), facilitant ainsi la victoire de Cavaco.



Et nous en concluons que le Bloc de Gauche a bradé le combat contre Cavaco et les politiques de droite par « pure démagogie électoraliste » (c'est ainsi que l'on renvoie l'insulte du dirigeant du Bloc Fazenda) et par appât du gain de la stratégie d' « entrisme » dans le PS, visant à accomplir sa destinée opportuniste et social-démocrate.



La défaite fut dure pour le Bloc de Gauche. Seuls l'opportunisme et l'anti-communisme persistent à travers le temps.

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