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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 05:40

cartaz-pcp-25_abril_2014.jpg40 ème anniversaire de la Révolution d'Avril : les valeurs d'Avril, pour l'avenir du Portugal



Communiqué du Parti communiste portugais



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



1 – La Révolution d'Avril constitue une réalisation de la volonté du peuple portugais, une affirmation de liberté, d'émancipation sociale et d'indépendance nationale.



La Révolution d'Avril, moment culminant d'une longue et héroïque lutte anti-fasciste, a mis fin à 48 années de dictature, à la guerre coloniale en reconnaissant aux peuples colonisés en lutte le droit à l'indépendance, à l'isolement international du Portugal et a réalisé de profondes transformations politiques, économiques, sociales et culturelles qui ont constitué les éléments d'un système et d'un régime qui ont ouvert dans la vie du pays la perspective d'une nouvelle période de l'histoire marquée par la liberté et le progrès social.



La conquête et l'instauration des libertés, des droits des citoyens et d'un régime de démocratie politique furent inséparables de la liquidation du pouvoir économique et politique des groupes monopolistes et latifundiaires, par des nationalisations, le contrôle ouvrier et la Réforme agraire et les autres transformations socio-économiques indispensables au développement du pays. Face à la conspiration, au sabotage et aux tentatives de coups de force des secteurs réactionnaires soutenus par les grands capitalistes, les agrariens et l'impérialisme étrangers, les transformations évoquées furent d'autant plus nécessaires pour la défense des libertés et de la démocratie.



La classe ouvrière, les travailleurs, les masses populaires et les militaires progressistes – unis dans l'alliance Peuple-MFA (Mouvement des forces armées) – jouèrent un rôle fondamental dans toutes les conquêtes démocratiques, qui furent ensuite consacrées dans la Constitution de la République, approuvée le 2 avril 1976.



Parti décisif dans la lutte pour la conquête de la liberté et de la démocratie, le PCP est intervenu dans tout ce processus comme une force politique irremplaçable et déterminante. Son rôle dans la Révolution d'Avril et dans la fondation du régime démocratique s'inscrit comme un des plus hauts faits de son histoire.



La Révolution d'Avril s'est révélé porter en soi la force et les potentialités nécessaires pour entreprendre l'élimination des plus graves inégalités, discriminations et injustices sociales, pour la construction d'une nouvelle société démocratique.



La Révolution d'Avril a signifié un extraordinaire progrès de la société portugaise. Ses grandes conquêtes historiques ont créé les conditions d'un développement économique, social, politique et culturel empli de dynamisme, correspondant à la situation, aux intérêts, aux besoins et aux aspirations du peuple portugais et du Portugal, qui ont caractérisé dans son ensemble le régime démocratique issu de la Révolution – une démocratie avancée, vers le socialisme.



Au-delà de sa signification historique sur le plan national, la Révolution d'Avril a constitué un événement important dans l'histoire contemporaine, avec d'importantes répercussions internationales.



En dépit de ses acquis historiques, une bonne partie de ses conquêtes ont été, entre-temps, détruites. D'autres, quoique fragilisées et menacées, restent présentes dans la vie nationale. Toutes sont des repères et constituent des valeurs essentielles dans le présent et pour l'avenir démocratique et indépendant du Portugal.



Les grandes valeurs de la Révolution d'Avril ont créé de profondes racines dans la société portugaise et se projettent comme des réalités, besoins objectifs, expériences et aspirations dans l'avenir démocratique du Portugal.



2 – Le 40 ème anniversaire de la Révolution d'Avril se commémore à un moment où les travailleurs et le peuple portugais se retrouvent confrontés à l'approfondissement de l'attaque contre ses droits sociaux, économiques et culturels, par la suite d'une ingérence extérieure inacceptable de l'Union européenne et du FMI, convenue avec le PS (Parti socialiste), le PSD (Parti social-démocrate/droite) et le CDS (Centre démocratique et social/droite), dans la lignée des PEC (« Plans de stabilité et de croissance », nom donné aux plans d'austérité) du gouvernement PS, qui remet en cause la souveraineté et l'indépendance nationales.



La grave situation que vit le Portugal actuellement est indissociable des politiques de droite menées depuis 37 ans, par les gouvernements successifs PS, PSD et CDS, qui ont systématiquement détruit et combattu les transformations et conquêtes progressistes de la Révolution d'Avril, favorisant la reconstitution du pouvoir des groupes monopolistes et la soumission du pays à l'Union européenne, et à l'impérialisme. Une politique d'intensification de l'exploitation et de destruction des droits sociaux des travailleurs et du peuple portugais, qui a fait s'effondrer la production nationale, a ruiné l'économie et endetté le pays.



Au moment où les travailleurs et le peuple portugais fêtent le 40 ème anniversaire de la Révolution d'Avril, le PCP réaffirme son engagement résolu et sa confiance que, avec la force et la détermination de la lutte des travailleurs et du peuple, avec l'action convergente des démocrates et des patriotes, il est possible de battre le gouvernement PSD/CDS et les politiques de droite et d'ouvrir la voie à la construction d'une politique alternative, patriotique et de gauche, dans l'affirmation du projet de la Démocratie avancée, des valeurs d'Avril dans l'avenir du Portugal, ayant comme horizon le socialisme et le communisme.



3 – Le PCP ne peut cesser d'exprimer son rejet le plus catégorique des tentatives de rendre responsable la Révolution d'Avril – et ce qu'elle signifie et représente comme avancées en terme d'émancipation et de progrès social et national – des désastreuses conséquences de 37 années de processus contre-révolutionnaire, qui est en fait le véritable responsable du cap actuel, celui du recul et du déclin national.



Le PCP rejette également les inacceptables et dangereuses tentatives de ceux qui, en pointant du doigt les « partis » et en les mettant tous « dans le même sac », en fait blanchissant les véritables responsables du cap actuel du recul et du déclin national – le PS, le PSD et le CDS – contribuent à l'offensive contre le régime démocratique et occultent ceux qui – comme le PCP – ont de façon ferme et cohérente lutté pour défendre la liberté, la démocratie et les conquêtes réalisées avec la Révolution d'Avril, contre les politiques de droite qui les remettent en cause, indiquant l'alternative qui concrétise les valeurs que représente Avril.



De la même façon, face aux tentatives de réécrire l'histoire et d'effacer la nature et le véritable sens de la Révolution d'Avril, le PCP souligne que commémorer Avril, c'est combattre le processus visant à minimiser la nature terroriste de la dictature fasciste qui a opprimé le peuple portugais et a assassiné, arrêté, torturé des milliers de démocrates et de la dictature qui a intensifié l'exploitation des peuples des colonies et fait une guerre coloniale criminelle, causant la mort et la mutilation de milliers de jeunes portugais et de patriotes africains. Que commémorer Avril, c'est défendre et affirmer son caractère révolutionnaire qui n'a pas seulement rendu la liberté au peuple et au pays mais a aussi réalisé de profondes transformations politiques, économiques, sociales et culturelles. Que commémorer Avril, c'est rendre un juste hommage aux militaires d'Avril pour leur rôle dans la liquidation de la dictature fasciste et qui furent si maltraités par les détenteurs successifs du pouvoir politique durant ses 37 dernières années. Que commémorer Avril, c'est combattre le fait que l'on passe sous silence, et qu'on méprise la lutte héroïque des travailleurs, des démocrates et patriotes, parmi lesquels on compte, par le rôle important qu'ils ont joué, les communistes.



4 – L'avenir du Portugal comme pays démocratique, développé, souverain et indépendant, ne peut pas être assuré en maintenant la domination et les intérêts des forces qui ont plongé le pays dans la grave situation dans laquelle il se trouve.



C'est dans la défense du régime démocratique et de la Constitution de la République, des importantes conquêtes d'Avril, qui se trouve à l'origine d'une politique patriotique et de gauche capable d'assurer le développement économique et social du pays, et non dans sa subversion et sa destruction, comme cherchent à le faire les dirigeants politiques et les partis qui veulent s'absoudre et absoudre leurs choix et leurs pratiques politiques, qui sont les causes de la situation de désastre dans laquelle nous nous trouvons.



Pour le PCP, les commémorations du 40 ème anniversaire de la Révolution d'Avril doivent être un temps et un moment d'affirmation dans la rue l'indignation et le rejet de ce qu'ils sont en train de faire au peuple et au Portugal, à son histoire et à son avenir, un moment de résistance et de lutte contre cette offensive réactionnaire, contre les forces qui cherchent à régler leurs comptes avec la Révolution, en s'en prenant à la démocratie, à la souveraineté, à la liberté et au développement du Portugal.



Au-delà de la participation du PCP à de nombreuses initiatives organisées par des comités populaires, nous voulions souligner la sortie d'un « Avante ! » spécial sur la Révolution d'Avril qui sortira avec l'édition du 24 avril. Dans le cadre de la coalition de la CDU, seront organisées deux initiatives – une le 26 avril à Porto, une autre le 27 à Lisbonne.



Le PCP appelle les travailleurs et le peuple, la jeunesse, tous les démocrates et les patriotes afin qu'ils grossissent de leur présence les commémorations populaires du 25 avril et les manifestations du 1er avril organisées par la CGTP-IN, en en faisant une affirmation vigoureuse, un engagement pour faire monter l'exigence de la démission du gouvernement, de rupture avec les politiques de droite, pour une politique patriotique et de gauche capable de libérer le Portugal de la dépendance et de la soumission, redonner au pays ce qui appartient au pays, rendre aux travailleurs et au peuple leurs droits, salaires et revenus – dans une inébranlable affirmation de confiance et de lutte pour les valeurs d'Avril dans l'avenir du Portugal.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 06:59

raeagan-soares.jpgNon, Mario Soares n'est pas notre « ami » … c'est le fossoyeur de la révolution qui a introduit l'UE et le FMI au Portugal !



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Qui est Mario Soares ? Lui dont l'héritage est désormais malgré lui à 88 ans, par certaines figures de la « gauche radicale » a fait du Portugal le laboratoire de l'intégration européenne, des plans d'austérité du FMI, de l'alliance atlantiste, du reniement de la social-démocratie.



Mario Soares, un modèle pour le PGE ? On n'a peine à y croire, mais c'est à si méprendre.



Alexis Tsipras n'hésite plus à se revendiquer du « socialisme » traditionnel, celui de Papandreou père, François Mitterrand, Felipe Gonzalez et … Mario Soares, comme il l'affirmait en mai 2013 à Madrid, devant les dirigeants du PSOE.



Le 30 janvier 2014, l' « Humanité dimanche » accordait sa une, et proposait un entretien exclusif avec l'ancien Premier Ministre portugais où il manifestait ses inquiétudes que faisait peser l'austérité sur l'avenir de la belle idée européenne.



Cunhal le communiste vs Soares le socialiste : les pires ennemis !



On se frotte les yeux. Soares est le principal responsable de la situation actuelle au Portugal, il a collaboré pendant trois décennies avec le FMI, l'Union européenne, l'OTAN, la droite portugaise et européenne la plus réactionnaire pour détricoter les espoirs de la révolution portugaise !



Dans les suites de la « Révolution d'avril », lui et Alvaro Cunhal, secrétaire du Parti communiste portugais, vont devenir les pires ennemis, Soares figure de la contre-révolution, Cunhal défenseur de l'approfondissement de la révolution.



Soares, prêt à s'allier avec la droite pour faire barrage au communisme et empêcher une révolution socialiste. Cunhal favorise lui le rassemblement populaire, pour gagner des conquêtes sociales dans la rue, progresser vers une démocratie avancée, étape vers la construction du socialisme.



Soares va gagner avec l'aide des Etats-unis, des grandes puissances européennes, de la bourgeoisie portugaise aux abois : depuis 1975, notamment avec l'intégration européenne, la classe dominante portugaise revient morceau par morceau sur tous les acquis de la révolution.



Grande coalition, plans du FMI, intégration européenne : c'est Soares



Le « premier gouvernement Soares » (en 1976), c'est celui où il entame le processus d'adhésion à la CEE (future UE), qu'il signera de sa main lors du troisième gouvernement Soares en 1985.



Le « deuxième gouvernement Soares » (en 1978) expérimente la « grande coalition » à l'allemande avec la droite du CDS – alors que Soares refuse toujours catégoriquement tout accord avec les communistes.



Le « troisième gouvernement Soares » (en 1983), nouveau gouvernement « PS-droite », appelle le FMI à l'aide pour sauver l'économie du Portugal et réaliser les « réformes structurelles », cela veut dire revenir sur les acquis de la révolution portugais, entamer la paupérisation du peuple portugais.



Soares dans le texte : « il n'y a que deux fois – avec les deux plans du FMI de 1978 et 1983 – que le Portugal a eu une politique économique, réaliste, cohérente, adaptée aux moyens et ressources qui sont les nôtres, la seule qui permette à terme la relance et l'espoir ».



Drôle de combattant contre l'austérité !



Ronald Reagan : « le plus féroce anti-communiste que j'ai rencontré,

il est des nôtres ! »



Quel meilleur hommage à ce défenseur inlassable de l'Union européenne, du FMI, des Etats-unis, cet anti-communiste acharné que cet hommage d'un certain Ronald Reagan, dont les carnets ont été récemment publiés, en 2009. Un hommage qui décape :



« Le Premier-ministre Soares, le Portugais, nous a rendu visite. Il est extrêmement impressionnant. C'est un socialiste, mais il cherche toujours les investissements privés pour l'économie portugaise, et puis c'est un anti-communiste des plus féroces que j'aie pu rencontrer ! Il soutient absolument notre pays, et l'Occident. On a eu des réunions fructueuses et positives. »



 

Quel bel hommage à l'anti-communiste Soares de la part du maître de l'anti-communiste Reagan … mais diable comment M.Tsipras et notre journal, l'Humanité-dimanche, peuvent-ils faire de Soares un modèle dans notre lutte contre cette Europe des monopoles ?

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 07:13

131003_Cunhal.jpgCentenaire d’Alvaro Cunhal : pensée et action d’un grand dirigeant du mouvement communiste portugais et international

 

En cette année 2013 s'achève le centenaire de la naissance de celui qui incarna pendant près de sept décennies le communisme portugais mais aussi une certaine conception du communisme, toujours actuelle, celle qui ne renonce jamais à l'idéal, en l'inscrivant dans l'analyse concrète de la situation concrète, dans la transformation révolutionnaire par un Parti communiste fort et rassembleur.

 

Nous vous proposons ci-dessous un texte résumant l'apport de la pensée et de l'action d'Alvaro Cunhal au mouvement communiste portugais et international. Nous vous encourageons vivement à lire la traduction en français de son ouvrage fondamental "Le parti en toute transparence" (paru aux Editions Delga en 2013) où il expose la conception du Parti par le premier dirigeant du Parti communiste portugais

 

Article d’IF pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Homme politique, dirigeant communiste, révolutionnaire, mais aussi écrivain, peintre, intellectuel, Alvaro Cunhal est une personnalité majeure du XXème siècle portugais et une référence incontournable pour le mouvement communiste international.

 

Sa vie et son œuvre, qui sont intimement liées et se mêlent souvent à l'Histoire de son parti, le PCP (Parti communiste portugais), constituent, dans toutes ses dimensions, un patrimoine riche de contenu et d'une profonde actualité. 

 
Alvaro Cunhal a 17 ans lorsqu’il adhère au PCP. Nous sommes en 1931 et le Portugal assiste à la consolidation de l'appareil d'état fasciste, tout comme aux premiers pas d'une résistance, essentiellement communiste, qui se constitue avec l'aide de l'URSS et de l'Internationale Communiste.

 

Le PCP, seul parti à maintenir son activité après l'interdiction des partis politiques en 1927, peine cependant à s'adapter aux conditions de clandestinité: la répression fasciste le frappe de plus en plus violemment tout le long des années 30, neutralisant la plupart de ses cadres dirigeants.

 

C'est ainsi qu'en 1940, une réorganisation s'impose : moment clé de l'Histoire du PCP, la réorganisation de 1940/41 sera aussi le moment des premières grandes contributions théoriques et organiques d'Álvaro Cunhal.

 

La construction du Parti de classe et de masse


Affaibli par la répression, le PCP a, en 1940, un double besoin : élargir son influence, de mieux s'ancrer dans les masses populaires et se protéger, se doter d'un appareil clandestin solide et capable de résister à la répression fasciste.

 

Ces deux nécessités, cependant, loin d'être séparées ou même opposées sont, aux yeux d'Alvaro Cunhal, intimement liées, car « l’organisation et l’activité et la lutte de masses sont dialectiquement unies. Elles sont, l’une pour l’autre, dans leur développement parallèle, simultanément cause et effet (…)

L’organisation est l’instrument fondamental pour promouvoir, orienter et développer l’activité et la lutte de masses.  Et l’activité et la lutte de masses constituent le terrain fertile où germe, se développe, fleurit et fructifie l’organisation du Parti».

 

Deux grandes lignes présideront ainsi à cette réorganisation :

 

 - sur le plan organique, l'application effective d'un centralisme démocratique qui puisse, malgré les contraintes de la clandestinité éviter les tentations dirigistes, pour construire une vraie démocratie interne, qui se traduit essentiellement  « dans le travail collectif, la notion et la dynamique du grand collectif du parti ». Loin de s’identifier à l’individualisme et à la division, la démocratie résulte, dans une organisation communiste, de la discussion collective, de l’intervention effective de tous les militants dans l’élaboration et la mise en œuvre de la ligne du Parti,  seul garant de son unité et de sa force. Les principes du centralisme démocratique, compris dans sa plénitude et correctement appliqués, sont les caractéristiques qui  distinguent les partis communistes de « toutes les autres organisations politiques » et qui lui permettent d’être « la vraie avant-garde ».

 

- sur le plan politique, la définition d'une ligne de travail de masses, car « c’est par la lutte populaire de masses qu’on arrive à la Révolution, en elle-même une action de masses. Et la lutte populaire de masses ne se développe pas avec des phraséologies pseudo-révolutionnaires, mais par des objectifs concrets, précis, correspondant à la situation existante à un moment donné. Ceux qui ne l’ont pas compris  n’ont rien compris à la dynamique de la lutte de masses, force motrice des transformations révolutionnaires ».

 

Refusant aussi bien tout opportunisme parlementaire ou légaliste que l’impatience gauchiste, qu'il conçoit comme deux manifestations d’un même phénomène – l’influence de la petite bourgeoisie sur le mouvement populaire – cette orientation vers une ligne unitaire de masses guidée par le marxisme-léninisme et définissant son orientation à l'aide des faits - ne manque pas de produire des résultats.

 

Tout au long des années 40 les luttes de masse s'intensifient; le pays connaît des mouvements de grève, d'énormes manifestations – notamment en juillet/août 1943 et les 8 et 9 mai 1944 -  et aussi les premiers pas du mouvement unitaire antifasciste, avec la création du MUNAF – Mouvement national d’unité antifasciste, en 1943

 

Le travail dans les syndicats corporatifs - orientation qui ne manqua pas, à l'époque, de créer quelque polémique - poursuivie dès les années 40 jusqu'au 25 avril 1974, permettra aux communistes de former, en 1970 et donc en pleine dictature, le noyau de ce que deviendra, en 1973, la CGTP.

Et surtout de développer, chez les travailleurs portugais, une conscience de classe capable de les faire entrer, dès 1943, les premiers dans les rangs de la lutte contre le fascisme.

 

La Révolution démocratique et nationale

 

Après les grandes luttes des années 40, le PCP connaît, tout au long des années 50, maintes difficultés: c'est une époque de reflux révolutionnaire marqué, entre autres, par des déviations de droite dans la stratégie comme dans la pratique organique du parti.

 

Dans ce contexte, le Congrès de 1965 va marquer un deuxième moment essentiel dans la construction du PCP comme dans l’intervention de son désormais Secrétaire-Général, Alvaro Cunhal.  

 

« Vers la victoire » (Rumo a vitoria) – rapport qui servira de base au programme du PCP - est avant tout une analyse extraordinairement détaillée de la situation portugaise, sur les plans économique, politique et social, symbole de l'importance accordée par Cunhal à l'analyse concrète de la réalité: "dans l'élaboration de l'orientation du Parti", écrit-il, "nous n'oublions jamais que les faits sont la seule base solide sur laquelle puisse s'appuyer la tactique" (4) .

 

Dans un pays tel que le Portugal des années 60, occupant une position intermédiaire dans le système capitaliste mondial, à la fois colonialiste et colonisé, avec un grand retard des forces productives et simultanément un haut développement des relations capitalistes de production, vivant depuis plus de 40 ans sous une dictature arriérée et pourtant bien intégrée dans les institutions internationales, la révolution doit être d'abord démocratique et nationale, car seul un processus de démocratisation politique, économique et sociale peut créer les conditions nécessaires au développement de la lutte pour le socialisme.

 

Grand théoricien de la révolution des œillets, Alvaro Cunhal sera également un de ses plus grands acteurs, jouant, en tant que secrétaire-général du PCP, un rôle de premier plan dans l’impulsion des multiples luttes de masses - seul moteur des vraies transformations: nationalisations, réforme agraire, contrôle ouvrier des usines, le processus révolutionnaire de 1974/75 confirme pleinement le lien étroit, exposé par Cunhal dans ses textes sur la Révolution Démocratique et Nationale, entre changement politique et changement de la structure économique, entre la fin de la dictature et la fin de la mainmise des monopoles et des grands propriétaires sur l'économie portugaise.

 

Pendant ces deux ans, et malgré les complicités qui se nouent, très tôt, entre le Parti Socialiste, la droite et les fascistes pour contrer la révolution, « les forces révolutionnaires ont eu la capacité de réaliser des transformations démocratiques profondes. Mais elles n'ont pas pu construire un État Démocratique, garant essentiel pour la sauvegarde de la révolution » - le 25 novembre 1975 met fin au processus révolutionnaire et sonne le début de la restauration capitaliste au Portugal.

 

Face à la contre-révolution, une défense du socialisme

 

Le 25 novembre 1975 signifie, au Portugal, le passage des forces révolutionnaires à la résistance : la défense des conquêtes de la révolution est mise en avant, bien comme la nécessité de préserver son héritage vivant dans l'esprit des masses.

 

Alvaro Cunhal ne cessera d'étudier cette expérience fondamentale des travailleurs et du peuple portugais, contribuant ainsi à enrichir les thèses et le programme de son Parti.

 

Privilégiant, de par sa formation marxiste-léniniste, une lecture dialectique de la réalité politique et sociale et l'idée selon laquelle « l'idéal communiste n'est pas [...] seulement un projet de futur mais aussi un idéal dont la concrétisation se prépare et se développe dans une attitude de réflexion, de critique, d'intervention, de lutte constante pour le changement du présent », il ne regarde pas la victoire de la contre-révolution comme une victoire définitive, mais seulement comme un moment de reflux dans un processus toujours actuel.

 

Mais les années 80 sont aussi le début d'une époque difficile pour le mouvement communiste international, tout au long de laquelle  Álvaro Cunhal n'a jamais cessé d'affirmer l'actualité de l'engagement communiste: portant un regard toujours critique sur les différentes expériences révolutionnaires - y compris la portugaise - et défenseur d'une analyse profonde des conditions particulières de chaque pays dans la définition de la stratégie révolutionnaire de chaque Parti Communiste, il ne manque pas de souligner qu'une voie nationale ne peut en aucun cas signifier la négation des caractéristiques essentielles et universelles du socialisme et les principes fondamentaux du marxisme-léninisme.

 

De même, les travailleurs ne peuvent pas se passer d'un parti totalement indépendant des intérêts et de l'influence idéologique de la bourgeoisie.  Dans son ouvrage, « Le Parti en toute transparence », Alvaro Cunhal revient sur son Parti, le PCP, et, à travers son Histoire et ses expériences, sur les traits essentiels d'une organisation communiste: profond ancrage  dans le monde du travail - avec la prédominance des cellules d'entreprise comme forme d'organisation des militants et une majorité ouvrière dans le Comite central -, travail collectif à tous les niveaux de responsabilité, centralisme, discipline et unité construites sur la base d'une vraie démocratie interne, de la discussion franche et ouverte à l'intérieur du parti et du respect mutuel sont les seuls garant de cette indépendance de classe nécessaire à toute lutte victorieuse. Car l'objectif des communistes est bien de continuer de lutter et de vaincre: "l'idéal communiste", écrit Cunhal à la fin de sa vie, "n'est pas une utopie. Il continue d'être valide et à avoir du futur. Partout où les partis communistes disparaissent, les travailleurs et les peuples, les créeront à nouveau [...) Ce n'est pas au capitalisme, mais au communisme, qu'appartient l'avenir".

 

 

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 06:10

porto-3.gif150 000 manifestants au Portugal à l'appel de la CGTP contre la « politique d'exploitation et de paupérisation »

 

Article AC/OM pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce samedi 19 octobre, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont répondu à Porto, Lisbonne et Madère à l'appel de la CGTP à lutter contre une « politique d'exploitation et de paupérisation » accentuée par l'annonce d'un budget 2014, offensive de classe brutale.

 

Rarement un gouvernement n'a été aussi faible au Portugal, comme celui de droite de Passos Coelho. Sa politique de classe au service d'une étroite minorité, de collaboration avec l'UE ne satisfait personne, la déroute historique de la droite aux dernières élections locales en est la preuve.

 

Face à cette politique, l'organisation de la résistance sociale par la CGTP, syndicat de classe lié au Parti communiste, est déterminante, mobilisant régulièrement plusieurs centaines de milliers de travailleurs dans les rues du pays, avec des grèves générales massives comme le 27 juin dernier.

 

Ce 19 octobre, la CGTP proposait une manifestation massive sur les ponts principaux de Lisbonne et Porto. Contre la « politique d'exploitation et de paupérisation » du gouvernement, des politiques de droite au service du « pacte d'agression » conclu avec la « Troika » (UE-BCE-FMI).

 

Le syndicat hégémonique au Portugal, avec ses 750 000 syndiqués, a pourtant du faire face aux intimidations gouvernementales. Le Ministère de l'Intérieur avait même interdit la manifestation sur le pont du 25 avril, à Lisbonne.

 

Cela n'a pas empêché la CGTP de contourner cette politique de répression insidieuse, entre 150 et 200 000 manifestants répondant à l'appel sous des mots d'ordres combatifs : « Le gouvernement à la rue ! », « Face aux injustices, la révolution est une obligation ».

 

60 000 manifestants ont effectivement traversé le « Ponte do Infante », le pont liant les deux rives du Douro à Porto, une des plus grandes manifestation de ces dernières années dans la ville du Nord.

 

A Lisbonne, 400 autocars affrétés par la CGTP ont traversé le « Pont du 25 avril » à Lisbonne, et ce sont en tout plus de 100 000 manifestants qui ont rejoint l'autre rive du Tage où se concluait la journée de manifestation, dans le quartier d'Alcantara .

 

Budget 2014 : ce n'est pas de l' « austérité », c'est un « vol » des travailleurs !

 

La manifestation, convoquée depuis plusieurs semaines, a été renforcée par l'annonce mardi dernier d'un Budget d’État 2014 caractérisé par le Parti communiste comme « une offensive sans précédent contre les travailleurs, les jeunes, les retraités ».

 

Quatre milliards d'euros de coupes budgétaires payés par les travailleurs portugais : baisse des salaires des fonctionnaires jusqu'à 12%, des retraites des travailleurs du secteur public de 10%, recul de l'âge de départ à la retraite de 65 à 66 ans, réduction des allocations-chômage et maladie.

 

Depuis 2011, cela fait 20 milliards de coupes payées par les travailleurs. Les précédentes moutures avaient également rehaussé le temps de travail des fonctionnaires de 35 à 40 heures par semaine, ou augmenté la TVA de plusieurs points.

 

Elles seront payées aussi par une réduction des dépenses sociales de l'Etat, avant tout dans la santé (200 millions de coupes pour les hôpitaux) et l'éducation (600 millions de coupes), et par la poursuite d'une politique de privatisations.

 

Après l'énergie, les aéroports, les chantiers navals, et avant les chemins de fer, la prochaine étape étant la privatisation de la Poste portugaise (os « Correios »).

 

De quoi dénoncer l'hypocrisie du prétexte du déficit, les entreprises privatisées ont fait 40 milliards de profits par an entre 2004 et 2010. Ramenés sur une base annuelle, cela fait 7 milliards par an, exactement le montant du déficit budgétaire public !

 

Une politique en faveur du grand capital qui s'assume ouvertement : l'Impôt sur les Sociétés va être baissé de 25 à 23% en 2014, puis à 17 % en 2016, tandis que des exonérations pour les riches contribuables étrangers s'installant au Portugal sont mises en place.

 

Le choix des mots est important. Ni le Parti communiste ni la CGTP ne parlent d'austérité. Pour le PCP, il s'agit d'un « pacte d'agression » orchestré par l'UE, d'un « vol », d'un « pillage » des salaires, des droits des travailleurs par le grand capital.

 

La CGTP, elle, parle d'une politique d'intensification de l' « exploitation et de paupérisation ». Elle a dénoncé dans sa première analyse du budget « le choix de classe » du gouvernement, un « gigantesque transfert de richesses du travail vers le grand capital national et étranger ».

 

Quelles perspectives ? Mise en échec des projets de loi, convergence des luttes, démission du gouvernement

 

Face à cette politique de plus en plus impopulaire, le discours idéologique du gouvernement peine à convaincre activement, mais il construit une pédagogie de la résignation, du fatalisme.

 

Face à ce péril, la CGTP et le Parti communiste tentent d'offrir des perspectives de lutte concrète, de victoire réelle.

 

La première perspective : mettre en échec les projets du gouvernement par une convergence des luttes. Secteur par secteur, la CGTP construit la mobilisation contre les volets de la politique de classe du gouvernement, pour mieux faire converger ces mouvements.

 

Ainsi, ces dernières semaines et pour les semaines à venir, la CGTP impulse la lutte des travailleurs des transports, des infirmier-e-s, des postiers ou de l'Administration pour leurs conditions de travail, les salaires et la défense du service public.

 

La CGTP prépare les conditions d'une prochaine grève générale, aussi massive que celle de juin 2013 ou novembre 2012 où plusieurs millions de travailleurs portugais ont arrêté le travail.

 

Cela passe par des mobilisations sectorielles d'ampleur : du 31 octobre au 9 novembre, la grève « alternée » dans les transports (2 jours les bus, 2 jours trains-métro-bateaux), et le 8 nvovembre la grève nationale de la Fonction publique, administration centrale, locale, santé et éducation réunies.

 

Entre-temps, elle propose une manifestation massive le 1 er novembre, devant l'Assemblée, pour protester contre l'adoption du budget 2014. Une date symbolique puisqu'il s'agit d'un jour férié désormais travaillé, confisqué aux travailleurs au nom des « sacrifices » à faire pour le capital.

 

La seconde perspective, c'est la démission du gouvernement et la convocation d'élections anticipées.

 

Sans illusions sur la perspective de changement par les urnes, d'alternance avec le PS. Mais avec l'objectif de remporter une victoire concrète, de faire chuter un gouvernement illégitime pour faire monter d'un cran le rapport de force.

 

Illégitime et désormais illégal. Un troisième budget anti-constitutionnel, le deuxième avait vu près de 20 mesures être invalidées par la Cour constitutionnelle, en vertu de la très progressiste Constitution de 1975, obtenue grâce à la résistance, avec le poids du PCP alors.

 

Que le Parti communiste portugais, dans la coalition de la CDU, ait été la seule force à progresser lors des élections locales atteignant les 12 % est un élément source d'espoir pour les luttes à venir, et la construction d'une alternative à cette politique socialement désastreuse.

 

Comme toujours au Portugal, avec la force du Parti communiste et d'une CGT, restés sur des positions de classe, le mot d'ordre reste : A luta continua !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 05:00

cdu_autarquicas13.jpgÉlections locales au Portugal : succès historique pour le Parti communiste (11-12%) et effondrement du Bloc de gauche (2-3%)

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les élections locales (autarquicas) de ce 29 septembre ont vu une défaite historique de la droite, maître d'œuvre de l'austérité. Si le PS a profité de la situation pour gagner quelques mairies, il recule en voix. Les communistes de la CDU sortent grands gagnants du scrutin.


La droite représentée avant tout par le PSD (Parti social-démocrate) mais aussi le CDS-PP (Parti populaire) avaient exhorté les Portugais à ne pas «  nationaliser  » le scrutin. Peine perdue. Après les deux années de plans d’austérité, le gouvernement sort dramatiquement affaibli.

 

La droite subit sa pire défaite depuis 20 ans : 16,5% pour le PSD, 3,5% pour le CDS-PP – plus une dizaine de % pour les listes de divers droite (avec 7,5% pour les listes PSD-CDS). Soit un recul de plus de 10 points par rapport à 2009 et la perte de23mairies.



Les partis de droite ainsi que le PS (la « troika ») perdent sur ce scrutin près de 750 000 voix.

 

Les grosses ficelles des partis du consensus dominant PS-PSD pour garder la main : « indépendants », clientélisme, alliances tacites

 

Dans des bastions historiques de la droite, le PSD connaît des défaites historiques. Au nord, le PSD perd la deuxième ville du pays, Porto et Vila nova de Gaia. Dans le fief de Madère, et de son président corrompu Alberto Jardim, il perd 7 des 11 mairies.

 

Prévoyant sa débâcle, la droite a mobilisé toutes ses ressources : la carte du localisme, l'activation de ses réseaux clientélistes, mais aussi la dissimulation de ces candidats derrière les étiquettes d' «  indépendants  » : comme Marco Almeida battu de peu à Sintra, Rui Moreira vainqueur à Porto.

 

Rui Moreira, présenté comme le candidat « anti-parti » (son slogan, le populiste quasi footballistique : « Notre parti, c’est Porto »), des citoyens à Porto a pourtant été soutenu par le CDS-PP et épaulé par une série d’anciens responsables locaux du PSD.

 

Lui-même grand industriel du secteur immobilier, président de la Chambre de commerce de Porto,il est impliqué dans les opérations de réhabilitation, de fait d’expulsions des populations pauvres, du centre-ville de Porto. Moreira a représenté une alternative populiste de droite au candidat du PSD, Luis Filipe Menenzens, plongé dans une série de scandales.

 

Le vainqueur attendu est le Parti socialiste. Il remporte 150mairies et renforce son hégémonie dans des régions-clés, comme à Lisbonne, et récupère des villes majeures comme Coimbra. Le secrétaire-général du PS n’a pas hésité à parler de la plus grande victoire de l’histoire du scrutin.

 

Sur une corde raide, le PS a capitalisé sur le rejet global du gouvernement de droite, feignant l’indignation tardive quant au budget 2014 tout en se revendiquant après le scrutin d’une « opposition constructive » au gouvernement.

 

Il a également utilisé à plein ses réseaux clientélistes locaux, tout en profitant des reports de voix habituels des électeurs conservateurs dans les duels attendus au sud avec les candidats communistes.

 

Le Parti communiste : troisième force politique du pays, en progression nationale et locale

 

En dépit de ces manœuvres, le seul parti à réellement progresser, tant en voix qu'en nombre de majorités conquises, c'est le Parti Communiste, rassemblé dans la Coalition CDU (Convergence Démocratique Unitaire).

 

Le PCP-CDU obtient 11,1% pour les Chambres municipales (exécutif) et 12% aux Assemblées municipales (législatif), une progression de 1,3 points par rapport à 2009 : des résultats inédits aux élections locales sur ces vingt dernières années.

 

Si le PCP s'installe plus que jamais comme la troisième force politique du pays et surtout la seule alternative au consensus dominant PS-droite, les résultats au niveau local sont encore plus impressionnants.

 

On note d'une part une progression encourageante dans les régions qui ne sont pourtant pas ses bastions, ce dans tout le pays : 7% dans la région de Porto au nord (4% en 2009), 7,5% à Coimbra au centre (5,5% en 2009) ou encore 11,7% à Faro, à l’extrême-sud (6% en 2009).

 

Dans les régions « rouges » du Sud, les communistes font le plein : 14,1% à Santarem, 15,8% dans la région métropolitaine de Lisbonne, 17,2 % à Portalegre, 38,6% à Beja, 38,5% à Évora (première place devant le PS) et 42% dans la région de Setúbal – la 3 ème du pays – avec majorité absolue à l'Exécutif régional.

 

A l'échelle des communes, le PCP récupère 10 mairies dont les deux capitales de district Beja et Evora, tout en récupérant la majorité absolue dans les deux plus importantes mairies communistes, Setubal et Almada, la 10ème ville du pays dans la banlieue de Setúbal.

 

Huit autres communes ont été conquises, parmi lesquelles Loures, 6 ème ville du pays située dans la banlieue de Lisbonne ou encore la mythique Grândola, la ville d’Alentejo dont fut tirée la chanson de Zeca Afonso « Grândola, vila morena », hymne de la Révolution d’avril.

 

En termes d’élus locaux, le PCP passe de 174 à 213 élus dans les exécutifs municipaux, et de 655 à 746 dans les Conseils municipaux. Les communistes dirigeront 34 mairies sur les 308 que compte le pays, soit une mairie portugaise sur neuf.

 

Après l’annonce des résultats, le secrétaire-général du PCP, Jerónimo de Sousa a annoncé les priorités futures du Parti, la lutte contre les politiques du capital, d'où qu'elles viennent :

 

« Les voix obtenues par la CDU sont un facteur de confiance et d’espoir, sur le fait qu’il est possible de tracer un autre chemin, un autre cap. Une impulsion à la lutte, à ce qu’elle peut ouvrir de perspectives et réalisation d’une politique alternative, une preuve qu’il revient aux travailleurs et au peuple dans leur action, leurs choix et leur vote de battre les partis des politiques de droite [NdT : le PCP intègre les PS dans les partis responsables des « politiques de droite »], de donner plus de force à la CDU pour réaliser une politique patriotique et de gauche.

 

Cet engagement local trouvera une continuité dès demain dans la lutte quotidienne – avec la grande action de lutte nationale « Marche pour Avril : contre l’exploitation et la paupérisation » déjà convoquée par la CGTP pour le 19 octobre ».

 

Le « Bloc de gauche » en voie de disparition

 

Au-delà de l’affaissement des partis du consensus dominant PS-PSD, de la progression des communistes, le dernier enseignement du scrutin, c’est la quasi-disparition électorale du « Bloc de gauche ».

 

La formation dite de « gauche radicale » (issue de courants maoistes, trotskistes, ex-socialdémocrates, refondateurs …), soutenue par le PGE contre le Parti communiste passe de 3 à 2,4% aux exécutifs municipaux, de 4 à 3% aux Conseils municipaux.

 

Elle ne garde plus que 8 élus aux exécutifs et 100 dans les Assemblées, des chiffres qui supportent mal la comparaison avec ceux obtenus par les communistes, respectivement 213 et 747

 

Le Bloc de gauche subit électoralement la conséquence de l’incohérence de son discours pendant la campagne, reflet de son alignement fondamental sur le consensus dominant.

 

Ainsi, pendant la campagne, le Bloc a alterné entre des mains tendues au PS pour des alliances électorales locales et nationales, avant de dénoncer … l’intransigeance du PS (et non la politique d’austérité dont il est complice !).

 

Ironie de l’histoire, c’est le PS qui a enlevé au Bloc sa seule mairie, Salvaterra do Magos, dans le Ribatejo. Autre symbole frappant, l’absence du moindre élu du Bloc de gauche à l’exécutif dans un de ses fiefs, la région de Lisbonne où se présentait son secrétaire-général João Semedo … le dernier élu récupéré par le PCP.

 

Sur un autre point majeur, le « Bloc de gauche » s’est encore gardé de tout positionnement de rupture, tant avec l’Euro qu’avec l’Union européenne, là où le PCP maintient son discours de rupture avec l’intégration européenne, ouvrant même la question de la sortie de la monnaie unique.

 

Un gouvernement de droite plus affaibli que jamais et un Parti Socialiste empêtré dans les contradictions de son double discours, déterminés à appliquer par alternance les diktats de la « Troika », désirée par le patronat portugais comme européen :

 

Plus que jamais la seule alternative est le Parti Communiste, plus fort sur les territoires locaux, plus fort dans les luttes pour faire triompher une alternative au consensus dominant, capitaliste et européiste.

 

 

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