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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 06:02

20130703_desfile_pcp_lisboa12.JPGPlusieurs milliers de manifestants dans les rues, à l'appel du PCP, pour exiger la chute du gouvernement portugais



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La pression monte au Portugal. Face à une grève générale à l'ampleur inédite, la progression du Parti communiste dans les sondages mais aussi les tensions au sein du capital portugais : le gouvernement de droite, celui de l'austérité à tout prix, ne tient plus qu'à un fil.



La démission dans la même semaine de deux ministres-clés du régime – le ministre des Affaires étrangères Paulo Portas et surtout l'artisan de l'austérité Vitor Gaspar – a porté un coup décisif à la légitimité du gouvernement portugais, mené par une coalition de droite PSD et Parti populaire.



Les jours du gouvernement sont comptés. La seule incertitude, c'est les conditions de sa chute : nouveau gouvernement avec une nouvelle coalition parlementaire ou élections anticipées ; « union nationale » ou nouvelle coalition d'équilibriste (PS et droite extrême du PP?).



Une chose sûre, la grève générale du 27 juin, suivie massivement par le peuple portugais, paralysant des secteurs entiers (transports, éducation, santé, industrie lourde), mobilisant des couches jusque-là à la marge du mouvement (grande distribution) a achevé de discréditer ce gouvernement.



Quel crédit peut encore disposer un gouvernement qui fait payer toujours plus les travailleurs, les fait travailler plus pour gagner moins … et de l'autre côté fait toujours moins payer les riches et les entreprises ?



D'un côté, on licencie plusieurs dizaines de milliers de travailleurs, augmente le temps de travail de 35 à 40 h, augmente les impôts (TVA, équivalent CSG) … dans le même temps, on baisse l'Impôt sur les sociétés de 24 à 10%, et exonère les riches retraités étrangers de tout impôt sur le revenu.



A l'annonce de la démission de deux ministres du gouvernement, le Parti communiste portugais (PCP) a réitéré sa proposition simple : démission du gouvernement, dissolution de l'Assemblée et élections anticipées.



Un mot d'ordre simple, compris naturellement dans une perspective plus générale : le rejet du Pacte d'Agression de l'UE et de la BCE, la rupture avec les politiques de droite et une alternative qui serait une politique patriotique et de gauche, à dessiner déjà dans la lutte.



Convoquées par le PCP du jour au lendemain, plusieurs manifestations ont porté plusieurs milliers de travailleurs dans les rues, essentiellement à Lisbonne et Porto. En dépit du black-out médiatique, les médias dominants ont été contraints de relayer l'information, bien sûr tronquée et minimisée.



Difficile de passer outre le Parti communiste dans la période. Les derniers sondages, en dépit d'un traitement médiatique biaisé, donnerait plus de 12% au PCP et à peine 7% à un Bloc de gauche, incapable de porter une ligne cohérente dans la période, miné par ses dissenssions internes.



Au rassemblement de mercredi, à Lisbonne, Jeronimo de Sousa, secrétaire-général du PCP, a insisté sur un point fondamental, seule la lutte mettra en échec ce gouvernement et cette politique :



« Ce fut la lutte, cette lutte quotidienne dans les entreprises et dans la rue, cette lutte majeure qu'a constitué la Grève générale du 27 qui a porté un coup irrémédiable à ce gouvernement, miné sa crédibilité politique et l'a isolé socialement.



Ce fut la lutte qui a conduit à la désagrégation et a placé certaines de ses principales figures en déroute !



Ce sera cette lutte, aujourd'hui et dans les prochains jours, qui mettra en échec et enterrera définitivement un gouvernement qui s'accroche désespérément au pouvoir et qui obligera, que le Président le veuille ou non, à la dissolution de l'Assemblée et à la convocation d'élections. »



Avec un Parti communiste fort, déterminé et rassembleur, la lutte continue au Portugal pour obtenir maintenant la chute du gouvernement, symbole fort de rupture avec les politiques de droite, et les politiques de l'UE du capital !





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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 05:21

greve-geral_27-junho.jpgLa Grève générale du 27 juin 2013

Un coup irréparable porté au gouvernement de droite (PSD et CDS-PP)



Déclaration de Jeronimo de Sousa, secrétaire-général du PC Portugais



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



1 – La grande Grève générale d'aujourd'hui, avec une adhésion extraordinaire des travailleurs et une convergence ainsi qu'un soutien généralisé, exprimés dans l'opinion et dans la rue, constitue une incontestable manifestation de la volonté de changement et une énorme démonstration de force des travailleurs et du peuple portugais;



2 – La Grève Générale met en évidence quatre points fondamentaux :



Premièrement. La Grève Générale constitue un coup irréparable au gouvernement de droite PSD/CDS-PP ainsi qu'à sa politique, un gouvernement et une politique hors-la-loi, à la marge et contre la Constitution de la République, sans légitimité, discrédités. A partir de maintenant la question n'est pas si le gouvernement va tomber. C'est de poursuivre et d'intensifier la lutte pour précipiter le moment de sa chute, libérant le pays de sa politique désastreuse.



Deuxièmement. La Grève Générale constitue une exigence incontournable de rejet des politiques de droite, des plans d'austérité (PEC), du Pacte d'agression signé par le PS, le PSD et le CDS-PP avec l'Union européenne, la BCE et le FMI, du cap du désastre national, de l'aggravation de l'exploitation, de la paupérisation, de la récession, du chômage, de l'attaque contre les fonctions sociales d’État, les services publics, la démocratie et la souveraineté nationale.



Troisièmement. La Grève Générale constitue une démonstration sans équivoque d'opposition et de détermination, pour affronter et mettre en échec le programme de mesures qui visent à une nouvelle réduction des salaires et autres rémunérations, la progression de la précarité, la facilitation des licenciements, y compris la tentative de dizaines de milliers de licenciements dans la Fonction publique, l'augmentation du temps du travail, le recul de l'âge de départ à la retraite, de nouvelles remises en causes dans la protection sociale, avec moins d'aides maladie et chômage, une diminution encore plus importante du montant des retraites.



Quatrièmement. La Grève Générale constitue une affirmation indiscutable de participation, d'élévation de la conscience sociale et de classe, de dignité et de volonté de changement, de ceux qui ne se résignent pas, ne se taisent pas, face à la destruction de leur vies et du pays, de l'exigence d'un avenir digne pour les générations actuelles et pour les générations futures, pour l'emploi, les salaires, les droits, les conventions collectives, la sécurité sociale et les services publics, pour la démission du Gouvernement, la réalisation d'élections anticipées, pour une politique alternative, pour un Portugal avec un avenir.



3 – La Grève Générale d'aujourd'hui, une des plus grandes de l'histoire du pays, a connu une grande adhésion et de profondes répercussions dans la vie nationale, dans tout le pays et dans tous les secteurs d'activité, dans l'industrie, dans les services, dans le secteur privé et le secteur public.



Dans l'industrie, avec l'arrêt de nombreuses entreprises, total ou quasi total, comme l'Arsenal d'Alfeite, les Chantiers Navals de Viana do Castelo, Lisnave Mitrena (construction navale), Browning (armement), Sakthi (composants automobiles), Autoeuropa (automobile) et son parc industriel respectif, Visteon (automobile), Exide (automobile), Kemet (électronique), Jadoiberia (métallurgie), Grosbecker (textile), Petrogal (pétrole), Dyrup (peinture), Inpal (énergie), Mitsubishi, Renault, Centralcer (agro-alimentaire), Kraft, Parmalat, Renoldi, Cofinca (textile), Paulo Oliveira (textile), St-Gobain, les céramiques d'Abrigada, Valorsul (déchets), INCM (monnaie), entre autres.



Dans la pêche, avec la paralysie généralisée des ventes à la criée et des flottes de pêche.



Dans les transports avec la paralysie totale ou quasi totale des Chemins de fer de la CP (SNCF portugaise), du CP Fret, du REFER (réseau), du Métro de Lisbonne, du Métro sud du Tage, du Métro de Porto, de Soflusa et Transtejo (ferries), d'Atlantic Ferries, de la STCP (transports urbains de Porto), des transports urbains, en particulier, de Braga, Guimarães, Coimbra et Barreiro, des taux extrêmement élevés d'adhésion à la grève à Carris (trams de Lisbonne), aux TST (service national de bus), chez Transdev et, en général, dans les transports privés de passagers. Cela s'est vérifié avec la paralysie de la totalité des ports maritimes nationaux. Dans les transports aériens, des adhésions significatives dans les transports aériens, en particulier dans les secteurs au sol (équipement) et avec un impact dans la gestion des aéroports.



A la Poste, cela s'est traduit en particulier par une adhésion massive des travailleurs de l'entreprise nationale CTT et une forte incidence sur d'autres entreprises.



Dans l'Administration publique, cela s'est vérifié par une très forte participation. Dans la santé, dans la totalité des hôpitaux et centres de santé. Dans l'éducation en général et dans l'enseignement supérieur. Dans la Sécurité sociale, dans la justice, les finances et dans d'autres services.



Dans l'administration locale, dans divers domaines depuis la paralysie totale ou quasi totale dans la collecte des déchets, à la très forte adhésion dans les services municipalisés et l'ensemble de l'activité des collectivités locales.



Dans les services, il faut souligner l'ampleur des taux de grévistes dans la grande distribution commerciale, avec une progression nette dans ce secteur, comme cela fut le cas pour la chaîne Moviflor, et un nombre significatif de surfaces commerciales et de boutiques, dans l’hôtellerie et la restauration, dans le secteur financier avec des centaines d'entreprises fermées ou fortement touchées, et dans le domaine des équipements et structures sociales, en particulier dans les institutions d'aides aux démunis, IPSS et Misericordias.



Une grève qui a connu une forte mobilisation dans d'autres secteurs, comme ce fut le cas dans les arts et le spectacle, dans les médias, avec des adhésions à la grève très diverses et une participation visible des travailleurs de l'agence de presse LUSA.



Il est important de souligner que de nombreux travailleurs avec des contrats précaires ont fait grève pour la première fois.



De cette journée de lutte, on retient la participation de plusieurs milliers de personnes aux plus de 50 manifestations et rassemblements réalisés, révélant un grand soutien et une participation du peuple portugais.



4 – Le PCP salue les travailleurs portugais pour leur participation à cette journée de lutte, d'autant plus significative dans une situation marquée par le chômage, avec 1,5 millions de travailleurs sans emploi, par la précarité, par les difficultés économiques, par d'innombrables menaces et actions répressives. Les travailleurs ont affronté la peur, adhéré massivement à la Grève Générale, dans une énorme démonstration de courage et de détermination, dans la défense de leurs intérêts et de leurs droits, dans les aspirations du peuple portugais, de l'avenir du Portugal.



Le PCP salue la CGTP-IN, la grande centrale syndicale des travailleurs portugais, qui a pris l'initiative de convoquer la Grève Générale, les structures et organisations les plus diverses qui se sont associées à elle, les milliers de cadres et militants qui avec leur conscience de classe, leur dévouement, leur persévérance, leur combativité et leur courage, dans le travail d'explication et de mobilisation préalable, dans les piquets de grève dans leurs entreprises et leurs lieux de travail à proximité, ont créé les conditions du succès de cette grande journée de lutte des travailleurs et du peuple portugais.



5 – Le Portugal a parlé. Les travailleurs, les chômeurs, les retraités, les jeunes générations, le peuple portugais, ont fait entendre leurs voix face au grand capital national et trans-national et à leurs représentants politiques dans le pays et dans le monde.



Le PCP réaffirme la nécessité et l'urgence de mettre fin aux politiques de droite que les gouvernements successifs ont appliqué et au cap du désastre national dans lequel ils enferrent le pays. Le PCP réaffirme sa confiance dans la nécessité et la possibilité de la réalisation d'une politique patriotique et de gauche d'un gouvernement qui la mette en œuvre.



L'avenir du pays se trouve entre les mains des travailleurs et du peuple, en utilisant tous les droits que la Constitution de la République portugaise reconnaît, par la poursuite et l'intensification de la lutte pour leurs intérêts et leurs droits, pour les valeurs de la Révolution d'Avril, dans l'avenir de notre pays, le Portugal.

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 07:00

bastaAu Portugal, les travailleurs vont travailler (et payer) plus, les riches et les entreprises vont payer encore moins d'impôts !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le PCP avait mis en garde contre le véritable objectif du rejet de la part de la Cour constitutionnelle de certaines mesures d'austérité : le but était d'imposer de nouvelles mesures d'austérité, encore plus draconniennes. Le plan récemment dévoilé confirme ces craintes.

 

Le plan d'austérité annoncé par le gouvernement vendredi, sous pression de la Troika (BCE-UE-FMI) s'inscrit dans la longue liste des mesures adoptées depuis 2009 : des baisses de salaires de 15 à 25%, les coupes dans les budgets de l'éducation ou la santé, la hausse de plusieurs points de la TVA.

 

Parmi les chantiers encore en cours : la privatisation à vil prix de ce qu'il reste du patrimoine public, source de profits potentiels (Poste, rail, chantiers navals) ; l'augmentation du temps de travail, tant hebdomadaire que sur toute la vie.

 

Le gouvernement avait déjà tenté fin 2011 de faire accepter à la population l'idée de travailler plus pour gagner moins : une demi-heure de plus par jour, avec la suppression de la plupart des jours fériés. La mobilisation des syndicats avait fait reculer, temporairement, le gouvernement.

 

La manœuvre juridique et médiatique autour du rejet début avril par la Cour constitutionnelle de la suppression du 14 ème mois de salaire pour les fonctionnaires a servi de prétexte, comme l'annonçaient les communistes, à l'annonce de nouvelles mesures-choc contre les travailleurs.

 

Pour les travailleurs: travailler plus pour gagner moins

 

Les mesures annoncées par le gouvernement Passos Coelho vont toutes conduire les travailleurs portugais à travailler plus et payer plus d'impôts. Les fonctionnaires seront les premiers touchés

 

Les travailleurs du secteur public vont ainsi travailler 40 heures au lieu de 35, tandis que 30 000 fonctionnaires vont être supprimés. Les salariés du public vont également voir leurs cotisations à l'assurance-santé augmenter de 1 point.

 

Même si le gouvernement essaie d'opposer public et privé, tous les salariés vont être touchés : l'âge de départ à la retraite est reculé à 66 ans, tandis qu'une nouvelle contribution fiscale, de type CSG, devrait être mise en place pour financer le système de retraites.

 

Sous prétexte d' « austérité » imposée par l'Union européenne, le gouvernement répond en réalité aux objectifs du capital portugais et européen : faire travailler plus les portugais pour un salaire moindre.

 

Cette politique n'est rien de moins que celle indiquée par Marx pour contre-carrer la baisse du taux de profit, à l'origine de la crise, et augmenter le taux d'exploitation : augmenter le temps de travail ; baisser le coût du travail ; intensifier les rythmes de travail ; dégager de nouvelles sources de profit.

 

Pour les riches et les entreprises: toujours moins d'impôts !

 

Car, de l'autre côté de la barrière, les plus riches et les grands monopoles bénéficient, avec ce dernier plan, de cadeaux sans précédents.

 

Tout d'abord, la privatisation des derniers « joyaux » du secteur public : l'eau déjà décentralisée ; la compagnie aérienne nationale ; les chantiers navals. A terme, les chemins de fer et la Poste sont également menacés.

 

Au début de l'année, les dix aéroports nationaux ont été concédés pour les cinquante prochaines années à Vinci pour la somme de... 3 milliards d'€. Une broutille pour un secteur en plein essor, et des nœuds de transport vers le Brésil ou vers l'Afrique australe.

 

Le gouvernement a surtout annoncé une mesure-choc, en attente de finalisation : la baisse drastique de l'impôt sur les sociétés de 24 à 10%, soit un des taux les plus bas d'Europe. Le gouvernement a précisé, pour « les investissements productifs » (sic).

 

Enfin, comble de l'hypocrisie, le gouvernement vient de voter une loi qui exonère tout retraité étranger pendant dix ans d'impôt sur le revenu. Des économies substantielles pour les riches retraités des pays du Nord, une gifle au moment où le commun des portugais est pressuré de taxes.

 

Une dette fabriquée de toute pièce

 

Cette politique permet de démonter l'argument de la dette, supposée prétexte à de dures mais indispensables politiques d'austérité. Or, l'austérité est elle-même un prétexte pour intensifier l'exploitation des travailleurs, baisser le « coût (prix) du travail ».

 

Ainsi, la baisse supposée de l'impôt sur les Sociétés conduirait à diviser par deux les recettes tirées de l'IRC (Impôt sur le revenu des personnes morales) : le manque à gagner serait, directement, de 3 milliards d'€ par an.

 

Dans le même temps, les privatisations annoncées, outre une recette exceptionnelle, conduirait à un manque à gagner annuel de plusieurs centaines de millions d'euros.

 

A titre de comparaison, 250 entreprises ont été privatisées entre 1989 et 2012. Au CAC 40 portugais (le PSI 20) : les entreprises privatisées ont fait 40 millions de bénéfices entre 2004 et 2010, soit sept milliards d'euros par an en moins pour l'Etat. Sept milliards, c'est le déficit public en 2011 !

 

Un potentiel de lutte au Portugal, avec la CGTP et le PCP

 

La principale ressource dont dispose le peuple portugais pour lutter contre cette politique au service du capital, c'est un syndicat de classe et de masse, la CGTP, qui mène la lutte contre l'intensification de l'exploitation. Et un Parti communiste, sur des positions de classe et de rupture.

 

Selon le PCP, la solution passe d'abord par la lutte : lutte contre les mesures de paupérisation, contre les privatisations, contre le « pacte d'agression » négocié entre la Troika et le gouvernement portugais.

 

La solution passe par des propositions de rupture, dessinant une alternative politique « patriotique et de gauche » :

 

refus de payer la dette, du moins une partie ; re-nationalisation des secteurs-clés de l'économie ; rupture avec l'intégration européenne, posant désormais la question de la sortie de l'Euro.

 

Les dernières mobilisations au Portugal, à l'appel notamment de la CGTP, ont été les plus massives de l'histoire du pays : des millions de travailleurs ont suivi la grève générale du 14 novembre, un million de portugais dans les rues le 5 mars pour dire Non à la Troika.

 

Le potentiel de lutte est immense, les organisations de classe et de masse sont là pour transformer ce potentiel en victoire au service des travailleurs. La lutte continue !

 

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 06:49

pcp.jpgAu Portugal, les mesures d'austérité déclarées inconstitutionnelles : victoire mais vigilance, le PCP appelle à poursuivre la lutte

Ce 5 avril, le Conseil constitutionnel portugais a rejeté plusieurs des mesures d'austérité imposées par la Troika, notamment la suppression du 13 ème mois et les coupes dans les allocations sociales.



Une bonne nouvelle, et une victoire du mouvement populaire, animé par les communistes et la CGTP, qui contraint une fraction de la classe dirigeante portugaise à transiger avec la colère populaire.



Au-delà du Bloc de Gauche qui salue unilatéralement la décision du Conseil et insiste avant tout sur la convocation d'élections immédiates, le PCP insiste aussi sur la vigilance face à une décision qui pourrait annoncer d'autres mesures d'austérité, et appelle avant tout à poursuivre la lutte, avec la CGTP.



Communiqué du Parti communiste portugais (PCP)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La décision du Tribunal constitutionnel révèle au grand jour et confirme que la politique arrogante de ce gouvernement, allant bien au-delà des normes et dispositions du Budget d’État soumis à son verdict, se situe délibérément à la marge de la loi, violant et bafouant la Constitution de la République portugaise.



C'est dans la politique du désastre économique, dans le sillage de la dévastation sociale et dans la posture dégradante de soumission et de dépendance étrangère, conduite par le gouvernement actuel que s'ancre l'exigence, urgente et inaudible, démocratique et patriotique, de démission du gouvernement, de réalisation d'élections anticipées et de rejet du Pacte d'agression.



Le PCP met en garde contre les manœuvres utilisant le prétexte de la décision du Tribunal constitutionnel pour justifier de nouvelles mesures d'austérité et d'attaque contre les droits sociaux.



Nous soulignons que, même si le gouvernement prétend déprécier la décision aujourd'hui rendue publique pour tenter de poursuivre la réalisation de son programme d'agression contre le peuple et le pays, ce que la réalité nationale révèle, c'est un gouvernement politiquement défait et condamné.



Dans un moment où un gouvernement, qui s'inscrit déjà dans le passé, cherche désespérément à s'accrocher au pouvoir, le PCP appelle les travailleurs et le peuple à intensifier la lutte pour la défense de leurs droits.



Cette même lutte qui, tout en contribuant à défaire et isoler ce gouvernement, sera la condition la plus décisive pour garantir sa démission et sa défaite définitive, créer les conditions qui assurent la rupture avec les politiques de droite et ouvrir la voie à la construction d'une politique et d'un gouvernement patriotiques et de gauche.

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 08:32

naoasprivatizacoes.jpgRésistance contre le grand bradage des entreprises publiques au Portugal : la privatisation du secteur aérien mise en échec

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Dans un pays appauvri par la casse de son maigre appareil productif industriel en vingt ans d'intégration européenne, l'UE et le FMI orchestrent désormais la vente des « bijoux de la couronne » : les grandes entreprises publiques rentables bradées aux investisseurs étrangers.

 

A Lisbonne, tout est à vendre : déjà acté pour l'électricité, le gaz, l'heure est venue désormais pour les aéroports, le transport aérien, le chemin de fer, la poste ou encore la Caisse des dépôts.

 

Obéissant aux diktats de la Troïka, le gouvernement portugais s'apprête à vendre les maigres ressources qu'il lui restait : des entreprises publiques pour certaines très rentables, toutes stratégiques pour le développement et l'indépendance du pays.

 

Les investisseurs, venant des pays capitalistes occidentaux ou des pays émergents, ne s'y trompent pas et affluent pour participer au hold-up organisé par l'UE et le gouvernement portugais.

 

Le précédent de l'électricité : un cadeau aux grands monopoles chinois

 

Le programme de bradage de l'ensemble du patrimoine public et national portugais a eu un précédent : celui de la privatisation de l'électricité et du joyau du patrimoine national, EDP.

 

Le processus de privatisation est classique, suivant les directives européennes de libéralisation du secteur : transformation en SA en 1991, séparation du réseau de la distribution et de la production en 1994, enfin vente de la majorité des parts publiques entre 1997 et 2005.

 

C'est l'an dernier que le gouvernement portugais a décidé de signer le contrat du siècle avec les investisseurs chinois Three Gorges et State grid. Pour un montant de 3 milliards d'€, il cédait les 25% qu'il conservait dans EDP et dans le REN (réseau électrique).

 

Or, EDP est l'entreprise la plus rentable du pays. Solidement implantée au Brésil, aux États-Unis ou en Espagne, elle a dégagé ces trois dernières années (de crise) des profits de 3 milliards d'€, l'équivalent de la concession accordée aux groupes électriques chinois. En 2010 et 2011, EDP fut même élue entreprise la plus viable au Dow Jones.

 

Autrement dit, la concession des dernières actions publiques dans le « joyau » EDP fut non pas une mesure de salut de l'économie portugaise mais bien un cadeau pour les investisseurs étrangers.

 

Les entreprises les plus rentables à vendre : un pays à l'indépendance bradé, terrain de lutte entre impérialismes

 

Si les entreprises mises en vente en 2012 et en 2013 représentent un jackpot moins juteux, elles n'en restent pas moins une source de profits privés potentiels à moindre coût, la vente des entreprises les plus performantes et stratégiques du pays, y compris la RTP : la chaîne audio-visuelle nationale.

 

Parmi elles, la Poste (Correois) représente un enjeu stratégique tant pour son réseau de distribution du courrier que pour son rôle de collecte de l'épargne nationale. Ses profits ne cessent de grimper malgré la crise, en faisant une entreprise sûre pour les investisseurs : 55 millions d'€ en 2012.

 

Les Chemins de fer (CP) représentent un autre gros morceau, tant par la taille de l'entreprise que par la nécessité de briser le bastion ouvrier du pays. La casse a commencé par le saucissonnage de l'entreprise et la séparation des branches les plus rentables prêtes pour la privatisation : le secteur du fret (CP-Carga) constituée en SA en 2009 et mis en concurrence avec des opérateurs privés, ainsi que les lignes de banlieue de Lisbonne et de Porto.

 

Du côté du secteur aérien, la compagnie aérienne nationale Air Portugal (TAP) reste la première entreprise exportatrice du pays. Elle a transporté 8 millions de passagers en 2011 et est la première compagnie européenne pour les vols à destination du Brésil. Entre juin et septembre 2012, elle a dégagé pou 60 millions d'euros de bénéfices.

 

Enfin, les dix aéroports portugais regroupés dans l'entreprise ANA ont été concédés pour les cinquante prochaines années au groupe français Vinci pour la somme de 3 milliards d'€. Une misère vu le potentiel représenté par des aéroports qui constituent la porte européenne vers le Brésil et l'Afrique lusophone.

 

Dans cette vaste entreprise de bradage du patrimoine national, les seuls gagnants sont les investisseurs, tandis que le Portugal devient un terrain de la lutte entre impérialismes.

 

Les organisateurs de l'opération de bradage via l'Union européenne : Allemagne, France et Grande-Bretagne récupèrent une partie du magot, mais ils sont de plus en plus concurrencés par les puissances émergentes, notamment chinoises et brésiliennes.

 

La lutte acharnée entre E.On (Allemagne), Three Gorges (Chine) etEletrobras (Brésil) pour le « joyau de la couronne » portugaise, EDP, en est l'illustration frappante.

 

Les vues des entreprises brésiliennes sur Air Portugal et la Postesont la prochaine étape du processus visant d'une part à se garantir des profits faciles sur le dos des travailleurs portugais tout en conquérant une tête de pont sur le continent

 

Les privatisations à l'origine d'une dette publique fabriquée de toute pièce

 

Les grands perdants sont le peuple et les travailleurs portugais. La vente des entreprises stratégiques du pays pour 5 milliards d'€ est une goutte d'eau. A titre de comparaison, 5 milliards d'€ c'est ce que dégage la seule entreprise électrique EDP en trois ans d'exploitation.

 

Le bilan des privatisations depuis vingt ans est saisissant.

 

Depuis 1989, 240 opérations de privatisation ont été entreprises. Les entreprises privatisées appartenant au PSI 20 (CAC 40 portugais) ont réalisé, seulement entre 2004 et 2010, 39 milliards d'euros de profits, bien plus que ce qu'a rapporté à l’État leur privatisation.

 

Cela représente sept milliards d'euros par an de moins de recettes pour l’État. Ces sept milliards, c'est exactement le montant du déficit public portugais en 2011.

 

De 1989 à 2012, la dette publique portugaise est passée de 54% du PIB à 120%, une dette fabriquée par une politique de casse de l'appareil productif national et de braderie du patrimoine public aux intérêts privés.

 

Comme le résume le député communiste (PCP) José Lourenço : « Pour quelques milliards d'euros, des secteurs importants passeront entre les mains d'intérêts privés nationaux et internationaux, des travailleurs iront encore pointer au chômage, le pays s'appauvrira, le tissu économique national se fragilisera tandis que la dette publique continuera à se creuser ».

 

Face à l'attitude conséquente des communistes portugais, la dénonciation timide et hypocrite des socialistes peut faire sourire. Depuis 1995, les socialistes ont été à l'initiative de toutes les vagues de privatisations : électricité (EDP), télécoms (PT) et surtout toute l'industrie lourde portugaise (aluminium, sidérurgie, papier, ciment, chimie).

 

C'est le gouvernement PS de Socrates qui a lancé, avec son plan d'austérité PEC IV, en 2010 le plan de privatisations aujourd'hui mis en œuvre par le gouvernement de droite.

 

Les communistes montrent la voie de la lutte : victoire dans la lutte contre la privatisation du secteur aérien

 

Cette politique de guerre contre les intérêts du peuple portugais rencontre une résistance. Organisée autour d'un syndicat de classe et de masse, la CGTP, et d'une force d'impulsion politique résolument opposée à la politique du capital et de l'UE : le Parti communiste portugais (PCP)

 

Depuis des mois, la CGTP-IN ainsi que les cellules d'entreprise et organisations locales du PCP préparent la résistance, à la Poste, aux Chemins de fer pour lutter contre chaque plan de casse dans l'entreprise, lancer des campagnes de masse pour informer les usagers des menaces de privatisation.

 

Dans cette mobilisation, les travailleurs portugais ont déjà obtenu des succès et fait reculer le gouvernement : sur l'augmentation des cotisations sociales salariales et la baisse des cotisations patronales ou encore l'augmentation du temps de travail de 30 minutes par jour.

 

Dans leur lutte dans chaque entreprise contre le processus de privatisations, les travailleurs portugais ont déjà obtenu un premier succès, certes temporaire : le gouvernement portugais a dû reculer sur la privatisation de la TAP/Air Portugal.

 

tap-privati.jpgLa dénonciation constante de la part du syndicat et du parti du scandale de la vente au rabais de la TAP au milliardaire brésiliano-boliviano-polonais German Efromovitch, les mobilisations des employés de la TAP ont contraint le gouvernement à annuler au dernier moment une vente qui n'aurait rapporté à l’État que quelques dizaines de millions d'euros.

 

Sans illusion sur les intentions du gouvernement à proposer de nouveau un plan de privatisation en 2013 ou 2014, plus acceptable pour l'opinion publique, les communistes tirent néanmoins comme leçon principale de cette victoire que la « lutte paye » et qu'il est possible de remporter des petites victoires dans un contexte difficile.

 

Un rapport de force inédit a été forgée par la CGTP et le PCP : des grèves générales comme le 22 mars ou le 14 novembre suivies par des millions de travailleurs, plus de 300 000 manifestants dans les rues de Lisbonne en février ou en octobre.

 

A luta continua contre le bradage du patrimoine du pays !

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