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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 19:23

pcp-congreso2.jpgXIX ème Congrès du Parti communiste portugais (PCP)

 

« Renforcer le parti, intensifier les luttes, construire l'alternative socialiste »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La propagande habituelle des médias dominants sur un « communisme en fin de cycle » a du mal à passer au Portugal. Le PCP jouit, selon les derniers sondages d'intentions de vote supérieures à 10% dans les sondages. Il rassemble plus de 60 000 militants, dont 5 000 ont rejoint le Parti depuis le dernier congrès en 2008.

 

Certains médias ont raillé un congrès comme on en faisait « il y a vingt ans ».

 

On parle d'une initiative nationale préparée depuis plus de neuf mois. Par plus de 1 200 réunions, assemblées locales, sur les lieux de travail et dans les quartiers, auxquelles ont participé directement plus de 20 000 militants.

 

Un congrès « d'un autre temps », c'est un travail d'amendement minutieux réalisé sur le « Projet de résolution politique » proposé au mois de septembre par la direction du Parti. L'ampleur des modifications, rajouts, suppressions étant révélateur des débats, tensions, consensus qui animent le Parti.

 

Du 30 novembre au 2 décembre, ce sont 1 200 délégués de tout le Portugal ainsi que de l'émigration qui ont participé à la définition des grands axes du Parti pour les quatre années à venir, pour ce XIXème Congrès du Parti communiste portugais (PCP).

 

Un Congrès qui fut également l'occasion de rendre hommage au dirigeant historique du Parti communiste portugais : Alvaro Cunhal dont on fêterait le 100ème anniversaire.

 

Un hommage à une mémoire que le PCP fait vivre au quotidien : celle du résistant au salazarisme, au colonialisme, au pouvoir de la réaction. Celle du constructeur du parti dans la clandestinité, de l'organisateur de la Révolution d'Avril mais aussi de la lutte contre le processus contre-révolutionnaire entamé par la réaction, la social-démocratie après 1975.

 

Hommage au militant et au théoricien qui a fait le choix conscient de rester fidèle à la théorie et à l'organisation marxiste et léniniste – « le parti léniniste avec sa trajectoire propre », comme il aimait à définir le PCP – au moment où euro-communistes, puis réformateurs et refondateurs appelaient à mettre un terme à la parenthèse communiste.

 

Réaffirmation des fondamentaux : rôle central du parti, convergence des luttes, perspective du socialisme

 

Ces fondamentaux théoriques et organisationnels, ceux posés par Alvaro Cunhal, ont été réaffirmés par le Congrès, au moment où d'autres partis font le choix en Europe de la transformation en une autre organisation et de l’éclectisme théorique.

 

Comme l'a souligné le secrétaire-général du PCP, Jeronimo de Sousa, lors du discours de clôture, il s'agit dans la période de « renforcer le parti, intensifier et faire converger les luttes, affirmer qu'est nécessaire et possible une alternative patriotique et de gauche ».

 

Une préoccupation que l'on retrouve dans la principale motion adoptée par le Congrès intitulée « Avec la classe ouvrière et les travailleurs, intensifier la lutte de masses, rompre avec les politiques de droite, construire l'alternative » :

 

Après avoir dressé le bilan de la casse des droits sociaux et de l'appareil productif, la motion souligne « les batailles importantes conduites par les travailleurs sur les lieux de travail, dans le privé comme dans le public », soulignant le rôle joué par la CGTP, force motrice du mouvement syndical unitaire dirigée depuis cette année par le dirigeant communiste Arménio Carlos.

 

Depuis le dernier congrès de 2008, le congrès insiste sur les réussites historiques des quatre grèves nationales mais aussi d'un certain nombre de manifestations et de luttes sectorielles.

 

La motion pointe alors le « rôle fondamental du PCP » dans la « préparation, la mobilisation et la concrétisation des luttes », valorisant la présence des communistes « en première ligne des actions militantes dans les lieux de travail, aux piquets de grève et dans la rue ».

 

A toutes les « victimes de l'exploitation et de la paupérisation causées par cette politique de classe, à ceux qui réclament un autre cap pour le pays », le Congrès du PCP appelle à l'intensification et à la convergence des luttes, ouvrant la voie à la « construction d'une véritable alternative, patriotique et de gauche ».

 

Des avancées dans un débat encore ouvert : critique de l'UE, de l'euro, du PGE, affirmation du socialisme

 

Rien de nouveau sous le soleil du côté du PCP ? En réalité, le document préalable, les débats dans les sections ont conduit à de prudentes avancées sur un certain nombre de points.

 

D'abord sur la critique de l'euro et de l'Union européenne. Est réaffirmée une critique radicale de l'Union européenne, analysée comme « instrument politique de la domination du grand capital », « bloc impérialiste et non contre-poids à l'impérialisme américain », ce qui conduit le PCP à la conclusion que « cette Europe n'est pas réformable ».

 

Une autre Europe des travailleurs et des peuples ne peut donc passer que « par la mise en échec du processus d'intégration européenne et par la défense de la souveraineté nationale ».

 

Si cette analyse n'est pas nouvelle, elle s'est radicalisée, notamment sur la question de la monnaie unique : l'euro. Le PCP réaffirme la justesse de ces analyses sur l'euro comme « instrument au service de l'exploitation des travailleurs et des peuples et de l'approfondissement de la rentabilité du capital ».

 

Le PCP a dénoncé également dans la crise de la zone euro pour imposer une fuite en avant vers « plus d'Europe », imposant des relations coloniales, et détruisant ce qu'il reste des souverainetés et des démocraties nationales.

 

Si le débat a fait avancer les lignes vers une critique plus radicale de l'UE, la question de la sortie de l'euro et de l'UE n'a pas été tranchée bien que posée, et soulevée par un certain nombre d'amendements de sections.

 

Deuxième point essentiel, la réaffirmation du socialisme comme projet alternatif.

 

Un socialisme qui pour le PCP ne peut pas de construire « en évacuant les expériences historiques de construction du socialisme ou en ignorant les questions centrales de la conception marxiste-léniniste de la révolution ».

 

Le socialisme est présenté comme la seule « alternative au capitalisme ».

 

L'analyse plutôt positive mais à approfondir des expériences historiques de construction du socialisme, en premier lieu celle de l'URSS, la mise en avant des expériences actuelles de construction du socialisme en Amérique latine ou en Asie (avec des réserves nouvelles sur la Chine) sont des points approfondis par rapport au dernier congrès.

 

L'essentiel des débats, encore ouverts, porte sur la transition vers le socialisme : le projet ancien d'une « politique patriotique et de gauche » insérée dans le cadre plus large de la « démocratie avancée ».

 

Beaucoup de questions restent en suspens, largement débattues dans les organisations du parti : quelles alliances politiques et sociales ? Comment réaliser la rupture révolutionnaire ? Sur quelles propositions de rupture ?

 

Un certain nombre de ruptures ont été précisées : rupture avec l'intégration européenne ; rupture avec les privatisations et proposition de nationalisations des secteurs stratégiques ; rupture avec les politiques de droite portées tant par la droite que par le PS.

 

Mais les conditions de l'adoption de ces propositions de rupture, et plus largement la question de la transition de cette démocratie avancée au socialisme reste ouverte.

 

Enfin, dernier point : la solidarité internationale anti-impérialiste et le mouvement communiste international.

 

Sur le plan de la lutte anti-impérialiste, le PCP a publié une motion de solidarité avec « les travailleurs et les peuples en lutte ».

 

Le Parti dénonce ainsi sans ambiguïté les manœuvres impérialistes contre la Libye hier, la Syrie et l'Iran désormais, et réaffirme sa solidarité avec les peuples en lutte, en premier lieu celui palestinien et cubain.

 

La question des liens avec le mouvement communiste international a conduit à certaines clarifications nouvelles.

 

Parmi les 63 partis et organisations invités au Congrès, 50 étaient des partis communistes. Les autres regroupant essentiellement des mouvements de libération nationale issus des anciennes colonies portugaises.

 

Le Congrès fut l'occasion de réaffirmer la position du principe du PCP sur le Parti de la gauche européenne (PGE). Pour le PCP, les« raisons qui l'ont conduit à ne pas intégrer le PGE sont toujours valides »

 

Le PCP réitère son analyse selon laquelle « une structure de nature supra-nationale et réformiste comme le PGE non seulement ne contribue pas à l'unité et à la coopération des forces communistes et progressistes en Europe, mais introduit de nouveaux facteurs de division et d’incompréhension ».

 

Le PCP valorise au contraire la démarche des « Rencontres des partis communistes et ouvriers » dont la dernière s'est tenue à Beyrouth du 22 au 25 novembre.

 

 

Forts d'effectifs militants en progression constante, sûrs de ses fondamentaux théoriques et organisationnels, le PCP est prêt à mener la lutte dans la période qui vient non seulement pour mettre en échec le plan d'austérité commandité par l'UE, mais aussi pour rompre avec le système capitaliste et construire une alternative de société qui porte le nom de socialisme.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 07:56

ng1683962Entretien avec Jéronimo de Sousa, secrétaire-général du PCP, avant le XIXème Congrès

 

« Ce lien profond avec les travailleurs est au cœur de la raison d’être du Parti communiste »

 

Nous publions ci-dessous de larges extraits de l’entretien donné par Jeronimo de Sousa, secrétaire-général du Parti communiste portugais à Avante, organe central du PCP. Au cœur de l’entretien, les enjeux du XIXème Congrès du PCP qui se tiendra du 30 novembre au 2 décembre, à Almada, dans la banlieue de Lisbonne. Pas de bouleversements à l’horizon pour le Parti mais une actualisation de son programme, au vu de l’attaque sans précédent de l’UE et du FMI contre le peuple portugais.

 

Traduction MO pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Tu as dit à plusieurs reprises que ce XIX ème Congrès du Parti, au vu du contexte politique et social dans lequel il se prépare, ne pouvait être comparé qu’à celui du VIII ème Congrès de 1976, pourquoi ?


En 1976, c’était le tout début des politiques de droite, dont l’objectif était la restauration capitaliste, renvoyer la révolution d’Avril à l’histoire. Si on peut dire que, au cours de ces 36 dernières années, l’offensive a toujours été présente, on doit avoir en tête que l’offensive actuelle est plus profonde, plus globale et d’une plus grande ampleur, aggravée par le processus d’intégration dans l’Union Européenne et par la crise du capitalisme. C’est une situation d’une gravité sans précédent depuis le fascisme.


Voilà pourquoi nous considérons que ce n’est pas un congrès comme les autres, réalisés dans une situation sociale et politique plus ou moins stable. 

 

Quel bilan peut-on faire à ce jour de la préparation du XIX ème Congrès du PCP ?


En dépit de toutes les difficultés, qui émergent de nos tâches quotidiennes et de la nécessité de répondre parfois à deux, voire trois tâches en même temps, on peut dire que les militants du parti s’identifient pleinement aux grandes lignes qui président aux modifications du Programme et au projet de Résolution Politique, avec un esprit constructif de discussion et de contribution pour les deux documents.


Il ne serait pas exagéré de dire que le Parti est aujourd’hui plus uni et soudé et qu’on arrivera certainement à construire un Congrès à la hauteur du Parti que nous avons et du Parti que nous sommes.     


Une actualisation du programme du parti

 

Le Comité Central a proposé que ce Congrès procède à des modifications du Programme du Parti. Qu’est-ce qui motive cette décision ?


D’abord, il faut rappeler que lors des congrès précédents la question de la modification de notre Programme a été posée. Et pour ce congrès, le Comité Central a décidé ne pas proposer un nouveau Programme, mais de procéder à des modifications et des actualisations du Programme actuel.


Ce qui est mis au débat aujourd’hui dans le Parti est le résultat, dans un premier temps, de la contribution d’un certain nombre de militants et d’organisations avec un point de départ que j’aimerais souligner : notre Programme a une actualité et une perspective d’avenir qui nous ont conduit, indépendamment des modifications et actualisations à intégrer, à garder telles quelles les grandes orientations, ce qui est notre patrimoine collectif, ce qui vient de notre histoire et de notre lutte.


Il ne s’agit pas de modifications qui laissent toutes les portes ouvertes : le point de départ est ce grand patrimoine, qui nous conduit à garder cette perspective d’un Programme d’une Démocratie Avancée avec les valeurs de la révolution d’Avril inscrites dans l’avenir de notre pays.

 

Dans le chapitre II du Programme, consacré à la démocratie avancée, certains changements importants sont proposés : on parle d’une « rupture anti-monopoliste et anti-impérialiste » et du rôle décisif de la lute de masses pour la réaliser. Ce qui est proposé est donc un changement profond dans la société …


Nous considérons que dans certaines phases historiques la résistance est la première pierre à l’édifice. Le plus facile, ce serait d’éluder la complexité d’un processus, de minimiser l’importance des étapes, de verser dans l’optimisme historique et de se borner à renvoyer le socialisme dans un avenir programmé mais indéterminé.


Avec ce Programme le parti, sans jamais perdre de vue cet objectif suprême, ne choisit pas la  fuite en avant. En s’appuyant sur sa propre histoire, celle d’un parti qui a appliqué de façon créative la théorie marxiste-léniniste aux conditions concrètes du pays, et qui a défini un cap dont les objectifs s’enracinent dans la réalité et dans notre lutte quotidienne.


Notre camarade Alvaro Cunhal disait que dans la recherche, l’étude et l’analyse de ces questions on doit toujours avoir en tête une idée fondamentale : que la société est une réalité en mouvement, avec des éléments stables et d’autres qui le sont moins, et dans un Programme il est nécessaire de discerner les éléments caractéristiques d’une époque donnée ou d’un moment déterminé plus ou moins long dans la vie de la nation. C’est ce qu’on fait avec la proposition de la Démocratie Avancée, qui j’insiste, a toujours le socialisme comme horizon.


« Le capital n’a jamais eu peur de la lutte non-organisée, ce qu’il craint c’est la lutte organisée. »

 

Nous nous trouvons face à l’apparition de nouveaux mouvements qui s’affirment « en dehors des partis » et « en dehors des syndicats ». Comment le parti appréhende cette réalité ?


Nous avons toujours estimé que les luttes non-organisées pouvaient faire avancer certaines choses mais qu’elles ne pouvaient jamais remporter des victoires plus ou moins stables et durables. Nous avons toujours considéré que c’est dans la lutte organisée, portant des objectifs, qui non seulement obtiennent des résultats mais aussi permet de développer la conscience de ceux qui y participent.


Nous avons aujourd’hui au Portugal une forte expression de mouvements plus ou moins non-organisés. La participation à ces manifestations « non-organisées », toutefois souvent avec des objectifs et des cibles erronés, constitue une nouveauté importante, car, j’insiste, il s’agit de secteurs qui étaient plus ou moins neutralisés, qui étaient anesthésiés, qui étaient criblés de préjugés sur la lutte des travailleurs et la lutte du parti, avec des vies et des emplois plus ou moins stables. Mais les politiques de droite, servant le grand capital, a touché ces secteurs et ces couches, jusqu’ici neutralisés ou même prêt à les soutenir.


Quelle est la position du Parti face à ces mouvements et ces mobilisations ?


Le Parti a accompagné ces luttes, n’y est pas hostile. Nous avons même marqué notre présence dans certaines de ces mobilisations, évidemment pas en se diluant en leur sein.


Mais cela ne change pas ce qui pour nous est une question centrale : le caractère stratégique de la lutte de masses allant dans une direction organisée, manifestant une grande conscience, avec une direction et des objectifs clairs. Si l’on ne le fait pas, on court le risque de cette indignation qui ne dépasse pas le cri du cœur, en dépit des bonnes intentions et de la juste indignation et protestation.


Se manifeste nettement l’idée que le grand capital a parfaitement conscient de qui est son véritable ennemi. Ces derniers temps, nous avons vu revenir en force la violence verbale envers le PCP, en même temps que d’autres mouvements sont traités avec sympathie et compréhension.


Le capital n’a jamais eu peur de la lutte non-organisée, ce qu’il craint c’est la lutte organisée. Et s’il existe un Parti communiste qui reste fidèle à son nom, qui mobilise et organise les travailleurs, qui prenne en main avec une grande résolution et confiance cette même lutte, une lutte qui libère de nouvelles énergies, conduise de nouvelles personnes dans la lutte, dans une action quotidienne permanente, avec des avancées, des reculs, des victoires et des défaites, mais jamais de répit – voilà l’ennemi du capital.


Nous constatons une grande compréhension, pour ne pas utiliser un autre adjectif, par rapport à certains de ces mouvements (je ne dis pas cela de tous), avec une couverture exceptionnelle de la part des grands médias.


En même temps que l’on cherche à dissimuler et passer sous silence les actions de notre parti, son action, ses initiatives et manifestations, comme cela se produit avec les organisations de masse véritablement représentatives comme la CGTP-IN. Dès qu’ils sentent le danger, ils en remettent une couche… Ceux qui ici, il y a quelques années, déclaraient la mort du PCP sont les mêmes qui aujourd’hui crient avec haine, mais aussi avec crainte, contre ce parti.

 

« Rupture avec cette alternance sans alternative »

 

La question qui se pose est si cette politique proposée par le Parti est possible dans le système dans lequel nous vivons …


Dans le cadre de ce système socioéconomique non. Mais dans le cadre du régime démocratique consacré par la Constitution de la République, oui, c’est possible.   


Dans nos propositions, nous considérons qu’il est impossible de construire une alternative patriotique et de gauche sans ruptures : rupture avec ce pacte d’agression (le pacte FMI-UE-BCE), qui martyrise le peuple portugais ; rupture avec cette intégration européenne ; rupture avec cette alternance sans alternative ; rupture avec les politiques de droite.


Et ce n’est pas la peine de penser qu’une véritable alternative est possible seulement en aménageant le pacte d’agression, en s’accommodant de ces politiques de droite, de cette intégration européenne et de ses conceptions fédéralistes et néo-libérales, dominée par un directoire des grandes puissances.


Et cette voie passe-t-elle, oui ou non, par une révolution ?


Je n’aime pas répondre à une question par une autre question, mais tout d’abord il faut savoir ce que l’on entend par révolution. Le parti, en même temps qu’il reconnaît les lois générales du processus révolutionnaire, notamment celles qui ont trait au rôle de la classe ouvrière, de la lutte de masses, du parti, du pouvoir, de la propriété, a formulé il y a longtemps la thèse selon laquelle il ne peut y avoir de modèle de révolution et de socialisme.


Regardons l’originalité de la révolution d’Avril. Marx et Lénine ne l’ont pas théorisée, elle est le fruit de la réalité concrète de notre pays, de la lutte et des analyses de ce parti communiste et, en ce sens, en ayant en tête dans notre action et dans notre lutte la révolution et la transformation, nous pensons que les questions concrètes de l’édification de la nouvelle société et de la conquête du pouvoir ne s’exportent pas et ne se copient pas, mais seront construites selon les situations concrètes de chaque pays.


Et pour la révolution, nous pourrions utiliser l’image que nous utilisions encore il y a peu : elle n’est pas au coin de la rue mais il y a une voie à suivre au-delà du coin de cette rue. Qu’est-ce que, dans la conception léniniste, une révolution sinon un vigoureux mouvement de masses ?


Nous sommes aujourd’hui dans une situation très difficile et ceux qui ne s’en inquiètent pas ne sont juste pas dans le coup. Nous sommes la seule force qui affirme comme principe que, à côté de graves périls il existe de grandes potentialités. C’est une thèse centrale que nous avançons, tant au plan international que, et que nous mettons beaucoup en avant.

 

« L’Union Européenne n’est pas réformable »

 

Les points du Programme où les modifications sont les plus profondes sont ceux qui portent sur l’intégration européenne. Pourquoi ?


L’actualisation du programme est faite à partir d’un patrimoine d’analyses et de mises en garde du PCP depuis l’intégration du Portugal dans la CEE. Entre temps, 20 ans se sont écoulés et il y a eu naturellement des approfondissements, notamment dans l’intégration, avec la signature de traités, de mesures allant dans un sens toujours plus fédéraliste, avec des restrictions à la souveraineté et au droit des Portugais à décider de leur avenir.


Les modifications correspondent, d’abord, à la clarification des six axes fondamentaux de notre positionnement vis-à-vis du Parlement Européen et de l’Union Européenne : défendre toujours fermement les intérêts des Portugais, résister à toute décision qui fasse du tort à notre peuple ; minimiser par des mesures concrètes les conséquences de l’intégration ; se battre contre les diktats supranationaux et les restrictions à la démocratie et à la volonté des peuples ;  utiliser tous les outils à notre disposition pour améliorer les conditions de vie des Portugais ; agir avec les travailleurs et les peuples d’autres pays pour rompre avec ce processus d’intégration et promouvoir une Europe de paix et coopération basée sur des états libres, souverains et égaux, et lutter pour le développement souverain en accord avec les intérêts nationaux des travailleurs et du peuple.     

 

Il s’agit donc d’atténuer toute la violence des politiques européennes ? Dans les Thèses, il est dit que l’Union Européenne n’est pas réformable…


Pour nous, il est clair que l’Union Européenne n’est pas réformable. Dans le cadre actuel, et en ne perdant pas de vu la question centrale du caractère et de la nature de l’UE, qui elle sert et quels sont ses objectifs, le Parti doit se fixer comme objectif de défendre l’intérêt national, des travailleurs et du peuple portugais. Voilà vers quoi doit s’orienter notre action. Sans abdiquer aucune de nos conceptions, principes, et notre analyse de cette UE fédéraliste, néolibérale et militariste. 

 

« Le socialisme est à nouveau une référence pour des millions d’êtres humains. »

 

Dans le chapitre Le Socialisme, l’avenir du Portugal, apparaissent également des modifications importantes. Certaines d’entre elles portent des éléments d’analyse des expériences du socialisme et de ses défaites. Quelle est leur importance ?


Nous n’éludons pas les retards, erreurs et déformations contraires à la légalité socialiste et à l’idéal communiste qui ont eu lieu, mais nous mettons en avant les acquis et réalisations obtenus avec le projet de construction du socialisme, en URSS et dans d’autres pays, et qui constituent des avancées civilisationnelles fascinantes. Personne ne peut cacher cette réalité, ce processus de progrès, de transformation et d’émancipation humaine qui fut acté dans la construction du socialisme.


Nous analysons également les conséquences des défaites du socialisme, à 20 ans de distance, non seulement dans les pays où il était construit, mais à l’échelle globale, où le capitalisme, libéré de son contre-poids, révèle sa vraie nature, son caractère prédateur, ne portant que l’exploitation, le recul social et civilisationnel ainsi que la guerre. C’est une actualisation importante car plus le temps passera, et plus l’humanité percevra ce qu’elle a perdu avec ces défaites.

 

Dans le même chapitre, on retrouve une analyse plus profonde du capitalisme et de sa crise, en concluant à la nécessité de son dépassement. La question du passage du capitalisme au socialisme est-elle posée ?


Il n’y a aucun doute que cette crise du capitalisme et son offensive, en termes de facteurs objectifs, crée de meilleures conditions, mais c’est aussi évident qu’en ce qui concerne les facteurs subjectifs on rencontre plus d’obstacles. Que ce soient le rapport de forces, l’existence de partis communistes forts et influents ou le développement de la lutte de masses.


Nous croyons que dans l’équilibre entre facteurs subjectifs et objectifs, il y a clairement un mouvement de relance, dans l’imaginaire collectif, dans lequel le socialisme est à nouveau une référence pour des millions d’êtres humains.

 

Renforcer le parti : une question centrale

 

Renforcer le Parti, à tous les niveaux, apparaît comme une question centrale. Quel bilan sera présenté au congrès à ce sujet ?


On va souligner la responsabilisation et la formation de nouveaux cadres, l’existence de 5800 nouveaux militants ; le renforcement de l’organisation et de l’engagement aux côtés de la classe ouvrière et des travailleurs ; la réalisation de 500 assemblées d’organisation, tout cela fournit la preuve d’un Parti vivant, qui connaît certes des difficultés et des insuffisances, mais avec a un travail, une action et une implication d’une grande valeur.

 

Quelles sont les lignes prioritaires pour le renforcement du Parti à l’avenir ?


La pierre angulaire sera certainement le renfort de l’action, de l’intervention et de l’organisation au sein de la classe ouvrière et des travailleurs. C’est peut-être le travail le plus difficile, si on prend en compte par exemple le nombre de chômeurs et de précaires, mais c’est aussi le travail le plus important. Pour ce Parti Communiste, son lien profond avec les travailleurs est un élément au cœur de sa raison d’être et la raison qui nous pousse à lutter. 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 07:00

ng2222629.JPGSuccès historique de la grève générale au Portugal à l'appel de la seule CGTP

 

« Une des plus grandes grèves depuis la révolution des œillets »



Article MO/AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« Une des plus grandes grèves depuis la révolution d'Avril », c'est ainsi que le secrétaire de la CGTP Arménio Carlos a qualifié la grève générale du 14 novembre, une ripostecontre l’intensification de l’offensive anti-sociale menée par le gouvernement portugais, sous le mandat de la troïka FMI-UE-BCE.



Plus nombreux qu'en mars dernier, peut-être plus que jamais, les travailleurs ont suivi l’appel de la CGTP dans la grève générale la plus suivie de ces dernières années. Face à la stratégie collaborationniste de l’UGT (centrale syndicale minoritaire, historiquement lié au Parti Socialiste), la CGTP a encore une fois été seule à convoquer la grève.


Cependant, des tensions se sont fait jour dans la centrale réformiste, plusieurs syndicats liés à l’UGT ont eux aussi appelé à la grève, désavouant leur direction.



La grève générale était prévu à un moment clé de la vie politique portugaise, deux semaines avant le vote du budget pour 2013 et au moment même où les représentants de la troïka sont réunis à Lisbonne pour faire pression sur le gouvernement.



Les travailleurs portugais ont vécu cette année une suite ininterrompue de mauvais coups : suppression du treizième mois dans le public comme dans le privé, hausse de la TVA de 21 à 23%, privatisation de l'électricité, recul de l'âge de retraite à 67 ans, entre autres.



L'attaque porte désormais sur le Code du travail autorisant notamment les licenciements sans motif valable (dans un pays où le chômage officiel bat des records, à plus de 16%) ainsi que sur les budgets publics. Premières cibles en ligne de mire : l'éducation (moins 600 millions d'€) et la santé (moins 800 millions d'€) avec des vagues de fermeture d'écoles et d'hôpitaux en conséquence.



L'adhésion historique à la journée d'hier montre que les travailleurs n'ont guère plus d'illusion sur cette politique. De plus en plus de travailleurs comprennent que la lutte est la seule solution.



Une grève massivement suivie dans tous les secteurs, l'industrie lourde, les transports et la fonction publique en tête



greve14N2.jpgCette journée du 14 novembre a conduit à la paralysie de nombreux secteurs, dans le public comme dans le privé.



Les principales industries du pays étaient à l'arrêt. C'est le cas de 21 des 22 usines du plus grand complexe industriel du pays, celui de Volkswagen-Autoeuropa, dans la région de Setubal.



Les taux de grévistes sont historiques dans le secteur agro-alimentaire : 100% à la Centralcer (brasseries Sagres), 100% à ACRAL Torres Vedras (farines animales) et 65% dans le groupe Parmalat.



Les dernières places fortes de l'industrie lourde, sinistrée par la politique européenne de casse de l'appareil productif, ont également répondu à l'appel. C'est le cas des chantiers navals de Lisbonne (100%), de l'usine Bosch de Braga (90%), de l'usine Renault d'Aveiro (70%) ou encore de la fabrique de St-Gobain à Loures (96%).



Dans le public, la grève a été encore plus massive, en particulier dans les transports.



Le métro de Lisbonne a été totalement paralysé, tout comme les transports urbains de Porto, avec des taux de 90 à 95% dans les autres villes du pays, comme à Braga ou Coimbra.



Pour ce qui est des liaisons nationales, la grève a été suivie à 100% aux CP (la SNCF Portugaise) et dans les réseaux de transports fluviaux. 70% des vols de la TAP (Air Portugal) ont également été annulés.



Dans le reste de la fonction publique ou des collectivités locales, infirmiers et personnel hospitalier, enseignants, fonctionnaire de la Justice ou personnel d'entretien ont répondu massivement à l'appel à la grève.



Le taux de grévistes chez les infirmiers s’élève à plus de 70%. Dans l’hôpital Santa Maria, un des plus grands de la capitale, l’adhésion à atteint 55% chez les infirmiers et 80% chez le personnel administratif.



Dans l'éducation, le nombre d'écoles fermées a dépassé les chiffres de la dernière grève, les écoles restées fermées constituant l'exception.



Le succès historique de la grève ne vient pas de nulle part. La CGTP, syndicat qui maintient un lien fort avec le Parti communiste, travaille sur des bases de classe au développement de la conscience des travailleurs et désigne clairement la lutte de masses comme seule voie de changement politique et de sortie de la crise.



Depuis la dernière grève générale de mars, des actions de lutte dans tous les secteurs ont été menés, toutes les semaines.



Les grèves se multiplient dans les transports urbains des grandes villes, les ports portugais fonctionnent au ralenti depuis près de deux mois. Il ne faut pas oublier les manifestations, rassemblements, campagnes de masse menées par le syndicat.



C'est par la construction de ce rapport de force sur le terrain que des milliers de travailleurs ont fait grève pour la première fois. Que dans des certaines régions (comme à Madère), où les luttes sont historiquement plus faibles, on a rencontré des chiffres jamais vu d’adhésion à la grève.



« Le début d'une nouvelle ère » passant par le « renforcement de la lutte » pour la CGTP



greve14N4.jpgAprès cette journée historique, le secrétaire de la CGTP – membre par ailleurs du comité central du PCP – Arménio Carlos a appelé à continuer la lutte.



Pour le dirigeant syndical, cette grève correspond à un « véritable développement de la lutte de masses » et marque « le début d'une nouvelle ère, une ère d'espoir et de confiance » mais aussi de « renforcement de la lutte » contre l'austérité au Portugal.



Si un nouveau rassemblement est prévu dès le 27, jour du vote du Budget à l'Assemblée, de nouvelles actions devraient être définies par la commission exécutive de la CGTP, répondant aux attentes de riposte du peuple portugais.



On est loin de la ligne officielle de la CES, celle du dialogue social et de l'européisme constructif, qui conduit ailleurs le mouvement social dans l'apathie ou l'échec.



La CGTP-IN, ayant maintenu des liens forts avec le Parti communiste et conservé une ligne de classe conséquente, construit patiemment les conditions d'un rapport de force qui peut concrètement mettre en échec les plans du gouvernement et de l'Union européenne du capital.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 07:07

Manif_2.JPG150 000 manifestants dans les rues de Lisbonne à l'appel de la CGTP pour protester contre le « vol des salaires et des retraites » orchestré par le gouvernement et la troïka

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce samedi 29 octobre, ce sont plus de 150 000 manifestants qui ont répondu à l'appel du syndicat majoritaire, la CGTP, pour protester dans les rues de Lisbonne contre « le vol des salaires et des retraites » des travailleurs portugais.

 

Depuis deux ans, les travailleurs portugais subissent une cure d'austérité permanente appliquée d'abord par le PS puis par la droite : baisse du salaire des fonctionnaires de 5%, gel des pensions hausse de la TVA de 21 à 23%, privatisation de l'électricité, recul de l'âge de la retraite à 67 ans.

 

Cet été, le gouvernement a réduit les budgets de la santé et de l'éducation respectivement de 800 et de 600 millions d'euros. Conséquences directes : dans l'éducation, les écoles ferment tandis que 20 000 professeurs se retrouvent sans occupation. Dans la santé, pénuries de lit et de matériel, fuite des infirmiers et médecins vers le privé ou l'étranger.

 

Au menu de la rentrée, une réforme du code du travail (« un code d'exploitation » pour la CGTP) avec autorisation des licenciements sans motif valable, instauration d'une « banque d'heures » à négocier individuellement avec le patron et enfin le non-paiement des heures supplémentaires.

 

C'est contre ce programme de guerre contre le monde de travail, ce « pacte d'agression » comme le qualifie le Parti communiste, mis en œuvre conjointement par le gouvernement de droite et la troika (UE, BCE, FMI) que la CGTP, syndicat de classe sous influence du PCP, a lancé cet appel à manifester samedi.

 

Un gouvernement déjà contraint de reculer sous la colère populaire organisée

 

Discrédité aux yeux de la population portugaise, le gouvernement de droite de Pedro Coelho a dû reculer sur une de ses mesures les plus injustes : l'augmentation des cotisations salariales de 11 à 18% couplée à la réduction des cotisations patronales de 24 à 18%.

 

Faire payer aux travailleurs de nouveaux cadeaux destinés aux patronat, la proposition a déclenché une vague d'indignation parmi les travailleurs et les jeunes portugais.

 

Le 15 septembre dernier, ce sont de 100 000 à 1 million de manifestants, selon les estimations, qui sont descendus spontanément ans la rue exprimer leur colère vis-à-vis de ce projet inique.

 

C'est confronté à ce potentiel de colère spontanée et les capacités d'organisation de ce mécontentement des organisations de classe existantes, en premier lieu la CGTP sur le plan syndical et le PCP au niveau politique, que le gouvernement a dû reculer.

 

Une nouvelle victoire partielle pour la CGTP après l'abandon de l'augmentation du temps de travail d'une demi-heure dans le privé, au début de l'année.

 

La CGTP appelle à l'intensification de la lutte et prépare la grève générale

 

Car, contrairement à ce qui se produit en Espagne ou en Italie, où un tel potentiel de mobilisation existe et se révèle peut-être même plus massif, le Portugal possède encore un syndicat de classe qui fixe non comme objectif le « dialogue social » mais bien l'intensification de la lutte pour mettre en échec le gouvernement et ses projets.

 

A la fin de la manifestation de samedi, le secrétaire-général de la CGTP Arménio Carlos, également membre du Comité central du PCP, a donné le ton, celui de la lutte :

 

« La lutte ne va pas s'arrêter là, elle va s'intensifier jusqu'à que nous ayons atteint nos objectifs », a lancé le dirigeant syndical.

 

Au lieu de faire payer les travailleurs, Arménio Carlos désigne une autre cible, les riches et le patronat :

 

« Maintenant, c'est au tour du capital de payer. Il est temps d'aller chercher dans les proches des grandes fortunes qui se sont engraissées sur le dos du peuple et du pays ».

 

Répondant à l'appel scandé par la foule, Arménio Carlos a annoncé l'organisation prochaine d'une mobilisation de grève générale :

 

« Ce peuple qui a envahi le Terreiro do Paço, est-il d'accord ou non avec la décision d'une grève générale ? », et Arménio Carlos d'ajouter devant les clameurs de la foule : « Votre réponse est claire, résolue et déterminante. Nous sommes la majorité, et la majorité va se rassembler ».

 

Le secrétaire-général de la CGTP a annoncé que la date de la grève générale serait rendue publique après la réunion de la Commission exécutive nationale le 3 octobre prochain.

 

Les communistes à l'avant-garde de la lutte, plus populaires que jamais

 

 

Les militants du PCP remplissent leur rôle d'impulseur des luttes, influencent le syndicat pour le maintenir sur des positions de classe. Le PCP indique également une ligne politique qui donne une orientation au mouvement et lui indique une alternative :

 

« Les portugais sont présents ici pour dire qu'ils ne sont pas résignés, qu'il faut un changement. Ils pensent qu'il existe une alternative patriotique et de gauche », a déclaré le secrétaire-général du PCP, Jeronimo de Sousa après la manifestation de samedi.

 

Selon les derniers sondages, le PCP serait la troisième force du pays, avec un niveau de popularité au plus haut depuis une dizaine d'années.

 

Derrière les deux forces dominantes, PS et PSD, le PCP serait en troisième position avec 13%, juste devant le Bloc de gauche avec 11% des intentions de vote.

 

Au-delà des échéances électorales, c'est dans les luttes que les communistes construisent l'alternative à la politique du capital. Une alternative qui passe par la rupture avec les politiques d'austérité menées en alternance par la droite et le PS, la rupture avec l'intégration européenne, machine à broyer les droits démocratiques et sociaux.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 06:10

festa_avante_2012.jpg36ème Fête d'Avante au Portugal: le succès d'une « fête pas comme les autres » qui a fait le choix de rester une fête politique communiste



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce dimanche 9 septembre s'est achevée la 36ème fête de l'Avante. La fête de ce qui est encore l'organe central du Parti communiste portugais, la fête de tous les communistes et progressistes portugais.



Une fête qui a encore réuni ce week-end des dizaines de milliers de visiteurs – militants, sympathisants, travailleurs, jeunes et moins jeunes – dans la banlieue de Lisbonne.



Une fête qui fait le pari d'une programmation à la fois originale et de masse : du jazz au rap, de la musique du monde à la musique folk portugaise, de la musique tsigane au rock celtique, de la chanteuse engagée Luisa Basto à la nouvelle scène fado représentée par Ana Moura.



Une fête qui reste une « manifestation culturelle de classe et de masse », mettant à la portée de tous les activités les plus diverses. Une dizaine de compétitions sportives culminant dans la Course de la Fête longue de 12 km, mais aussi depuis 1986 une quinzaine de représentations théâtrales dans le cadre du programme « Avanteatro ».

Une « fête pas comme les autres » qui a néanmoins fait le choix de ne pas devenir un festival comme les autres mais bien de rester une fête politique. Une fête communiste, un moment d'affirmation du Parti mais aussi d'élan rassembleur et unitaire.



La lutte contre la politique d'austérité imposée par l'UE et mise en œuvre par le PS et la droite au cœur de la Fête



Pendant trois jours, la Fête vit au rythme de ses concerts mais aussi de ses débats.



Cette année, comme l'an dernier, l'accent a été mis sur la nécessité de mettre en échec ce que les communistes portugais appellent le « Pacte d'agression », la politique d'austérité dictée par la troika (BCE/FMI/UE) et mise en œuvre par le PS et la droite.



Le premier débat du samedi sur l'espace central a donné le ton, celui d' un programme de lutte rythmant également l'exposition politique centrale de la fête :



« Rejeter le pacte d'agression » articulé à une alternative politique construite dans le mouvement de résistance : « Pour une politique patriotique et de gauche ».



Les autres débats de la fête ont tous tourné autour des axes de la lutte de la rentrée : défense du Service national de santé (SNS), de l'Education publique nationale, du Code du travail, refus de la politique de précarisation, d'intensification de l'exploitation sur les lieux de travail.



Lutte contre la politique du capital et alternative politique « patriotique et de gauche » : c'est également à partir de ces lignes d'action que le Parti entame la préparation de son XIX ème Congrès qui se tiendra du 30 novembre au 2 décembre.



Un Congrès qui ne devrait pas bouleverser la ligne stratégique du parti.



Le programme du parti devrait toutefois subir quelques modifications avec un nouvel intitulé : « Pour une démocratie avancée : les valeurs de la Révolution d'Avril dans l'avenir du Portugal », mettant l'accent sur la filiation révolutionnaire et socialiste du projet d'avenir du parti.



D'autres questions sensibles devraient également être débattues et tranchées au moment du Congrès. C'est le cas de la question du mot d'ordre de sortie de l'Euro. Si le PCP a affirmé dans les années 1990 et maintient une critique virulente de la monnaie unique, il n'appelle pas encore à la sortie de l'Euro.

Le secrétaire-général du PCP Jéronimo de Sousa a récemment laissé entendre que la position du Parti pourrait évoluer sur la question.



Espace international : les communistes à la fête, le soutien aux luttes anti-impérialistes et aux processus révolutionnaires à l'ordre du jour



L'espace international est, comme chaque année, l'occasion de retrouver plusieurs dizaines d'organisations révolutionnaires et progressistes. Parmi elle, une grande majorité issue du mode communiste.



Des partis européens : les partis communiste allemand (DKP), espagnol (PCE), italien (PRC et PdCI), chypriote (AKEL) mais aussi latino-américains chilien (PCCh), colombiens (Pacocol), cubain (PCC) ou encore boliviens (PCB)



Des partis africains, héritiers des mouvements de libération nationale, dont les liens ont été noués dans la lutte contre le colonialisme portugais sont également présents. Des mouvements redevables envers la ligne résolument anti-colonialiste du PCP dans les années 1970.



Cette année, c'est à la fois les potentialités et les dangers de la situation actuelle mondiale qui ont été mis au débat. En période de crise capitaliste, la nécessité d'une alternative se fait sentir plus que jamais alors que le système impérialiste tend à durcir sa mainmise sur la planète.



Deux régions ont été spécifiquement mis à l'honneur cette année.



D'une part, les « luttes et défis des pays arabes », un an et demi après des « révolutions » récupérées par les puissances impérialistes pour assurer la recomposition de régimes répressifs discrédités en démocraties de façade pro-occidentales, au moment où l'impérialisme prépare et alimente des interventions armées en Syrie et en Iran.



D'autre part, l'Amérique latine sous le thème « Progrès, révolution et réaction impérialiste », avec l'avenir des processus révolutionnaires cubains, vénézueliens mais aussi boliviens ou équatoriens, au moment où l'impérialisme renforce également son emprise, avec les coups d’État récents au Honduras et au Paraguay.



« Le Parti communiste est nécessaire, indispensable et irremplaçable, encore plus dans les temps qui courent ! »



Le discours de clôture du secrétaire-général du Parti communiste Portugais, Jeronimo de Sousa, a fixé les priorités pour la rentrée sociale, mener la lutte pour :



« mettre en échec le gouvernement, mettre en échec le Pacte d'agression, mettre en échec les politiques de droite ».



C'est à partir de la lutte que se dessine « une possibilité réelle de donner naissance à une alternative ».



La lutte « a ouvert de nouvelles possibilités. La lutte brisera le carcan de la fatalité, et l'avancée de la lutte est aujourd’hui plus décisive pour porter l'exigence de changement et la construction de l'alternative ».

 

Une alternative qui doit passer par la rupture avec l'Union européenne actuelle :



« La voie du changement passe par la remise en cause de l'ensemble du processus d'intégration capitaliste et la lutte pour un autre cap, opposé à l'actuel, pour l'Europe. Le changement passera par la fin des diktats supra-nationaux du Pacte de stabilité, du traité du budgétaire ou de la gouvernance économique. Cela passe par une coopération entre Etats souverains égaux en droits. Le changement passe par le droit des peuples à décider de leur sort et à exercer pleinement leur souveraineté ».



C'est dans cette optique d'un changement qui partira des luttes, qui construira une alternative « patriotique et de gauche » que le secrétaire-général du PCP a rappelé l'actualité de l'outil que représente le Parti communiste :



« Le PCP est nécessaire, indispensable et irremplaçable, toujours, encore plus dans les temps qui courent. Il n'y a pas de lutte organisée, conséquente, et efficace sans le PCP, il n'y a pas de solution aux problèmes nationaux sans le PCP, dont le renforcement est décisif ».



La réussite de la Fête a permis de réaffirmer la nécessité du Parti communiste dans la situation portugaise et européenne actuelle. Un parti révolutionnaire, de classe et de masse, résolu à mener la lutte contre le système capitaliste et l'Union européenne.



Cette année, comme depuis trente-six ans, le mot d'ordre reste le même : A luta continua !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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