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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 17:54

200804-mupi-camp-bastaLes communistes portugais lancent une campagne nationale contre l'exploitation sur le lieu de travail et la hausse du temps de travail


Le PCP a lancé une campagne nationale de sensibilisation et de mobilisation des travailleurs contre l'exploitation et les modification de la législation du travail, notamment la hausse du temps de travail.



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La campagne a été lancée hier après-midi, lors d'une réunion publique à Casa do Alentejo, à Lisbonne, à laquelle a participé le secrétaire-général du PCP.

Pour impulser cette campagne, le Parti réalisera des rassemblements dans le Nord et le Sud du pays, la première de ces actions étant un défilé dans les rues de Porto en la présence de Jeronimo de Sousa. Aux organisations de parti reviendra la tâche d'organiser les débats, tribunes publiques et actions de rue.

Sont également programmées diverses rencontres avec des travailleurs de différents secteurs et avec leurs organisations représentatives, autour des modifications de la législation du travail.

Par cette campagne, le PCP souhaite également apporter sa contribution à la nécessaire mobilisation de masse pour la lutte en cours.



Un recul inacceptable



Pour le PCP, l'aggravation de l'exploitation est un axe central de la politique menée actuellement, dans laquelle l'offensive contre les droits des travailleurs et le processus de remise en question du code du travail est un élément crucial dans la perspective de préserver les mécanismes et les instruments indispensables à l'accumulation maximale de profit pour le capital. Parmi les mesures contestées par les communistes, une se révèle particulièrement grave : l'augmentation du temps de travail légal, dans le secteur privé, de trente minutes par jour et deux heures et demi par semaine, sans aucune compensation pour le travailleur.

Dès que l'intention du Gouvernement fut connue, le PCP a attiré l'attention sur ce que cela allait représenter, lorsque la loi serait adoptée. Dans un communiqué de la réunion du Comité central du 16 octobre, le PCP estimait que cette augmentation du temps de travail se traduirait par 16 jours par an de travail non-payé par travailleur, par la destruction de près de 250 000 emplois et par des cadeaux au grand capital de plus de 7,5 milliards d'euros.

Considérant l'augmentation du temps de travail comme un recul « inacceptable », le PCP souligne également que la mesure n'a aucune justification autre que celle justement de favoriser l'accumulation de plus-value de la part des grands groupes économiques et financiers. La journée de travail de huit heures est un acquis historique des travailleurs, conquis par la lutte de plusieurs générations.

Avec ces changements, le Portugal sera le deuxième pays de l'Union européenne en termes de durée de la journée de travail, juste derrière la Grèce. Même sans cette augmentation, on travaille 8,4 heures de plus par semaine qu'en Hollande et 3,3 heures de plus qu'en Allemagne. Rappelez-vous également que, comme l'a récemment publié l'Institut national de statistique, les coûts du personnel ne représentent que 14% des coûts des entreprises non-financières, voilà pourquoi l'augmentation du temps de travail ne permettrait une réduction moyenne des coûts pour les entreprises que de 0,89%.



Exploitation effrénée



Ne se satisfaisant pas de la hausse du temps de travail, le Gouvernement a ajouté la suppression de quatre jours fériés en 2012 et en vient maintenant à proposer la fin de la majoration des jours chômés travaillés, comme le prévoit le Code du Travail. Ce que le gouvernement souhaite, c'est que tout à coup, les travailleurs se mettent à travailler un mois de plus par an que ce qu'ils travaillaient en 2011. Et sans être payés plus, bien au contraire : l'augmentation du temps de travail, la suppression des jours fériés et la réduction de 50% de la rémunération des heures supplémentaires pourraient signifier le vol de deux à trois mois de salaires par an.

Mais les mesures du gouvernement PSD/CDS contre le monde du travail ne s'arrêtent pas là. Dans la ligne de mire, également l'introduction le « compte épargne de temps de travail » de 12 heures par jour et 60 par semaine, sans aucune compensation extraordinaire ; la diminution du salaire horaire pour le calcul des autres rémunérations ; la suppression du repos compensatoire après un travail en jour férié ou chômé ; la libéralisation des licenciements individuels, avec une extension des « motifs valables » de licenciement ; la diminution du montant des indemnisations et des allocations de chômage. Dans la ligne de mire également la négociation collective.



Rejeter le pacte d'agression



La mise en œuvre de cette campagne nationale du PCP contre l'exploitation et l'augmentation du temps de travail a été décidée lors de la réunion du Comité central du 8 décembre. Mais ces objectifs s'insèrent dans l'appel lancé par Jeronimo de Sousa, dans son discours à la Fête d'Avante !

A l'occasion, le secrétaire-général du PCP a considéré qu'il était indispensable « d'ériger un  solide mur de résistance et de lutte face à chacune des mesures annoncées, de livrer bataille sur chacune des décisions imposées, de mettre en échec chacun des projets s'attaquant à des droits et acquis sociaux ». Tout en soulignant la nécessité de « fixer comme objectif général pour les travailleurs et le peuple la lutte pour le rejet du pacte d'agression et de soumission. »

S'adressant à tous les travailleurs, aux démocrates et aux patriotes, Jeronimo de Sousa a appelé, alors, à la constitution et au développement d'un « grand mouvement populaire » de rejet du pacte d'agression, étendant cet appel à tous ceux qui « comptent sur les énergies, les ressources et les capacités du Pays à construire un Portugal plus développé, juste et souverain et ceux qui n'acceptent pas que le Pays soit transformé en un simple protectorat assujetti aux décisions et intérêts colonisateurs des principales puissances européennes. »



Dans la rue contre l'augmentation des prix



La plus importante hausse de prix de ces dernières décennies sur une large gamme de prix et de services de base est également dénoncée par le PCP. Le premier tract de cette année 2012 sera même sur cette question, au vu des conséquences brutales qu'auront ces augmentations sur la vie de l'immense majorité des portugais, touchant des services aussi importants que le logement, l'énergie, les transports, l'alimentation ou la santé.

Source : Avante, organe du PC Portugais

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 09:47

dpXgzl485088-02Du nouveau sur le Bloc de Gauche – Faits et expériences

Par Margarida Botelho, de la commission politique du PCP, ancienne députée de Lisbonne, pour O Militante, revue théorique du parti



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Cf aussi : Analyse (critique) du Bloc de Gauche au Portugal par le Parti Communiste

 

A propos du cycle électoral de 2009 et des résultats du PCP/CDU et du Bloc de gauche, des flots d'encre ont été écrits sur l' « événement historique » qu'aurait constitué le fait que le Bloc de Gauche (BE) dépasse le PCP, en particulier aux élections législatives.

 

La position du PCP alors, jugeant positive la forte croissance de la CDU et non sa position relative, avait été considérée comme une excuse de mauvais perdant. La vérité, c'est que l'histoire du PCP et du mouvement communiste international nous enseigne à ne pas avoir peur de l'influence réelle d'une force politique dans la société sur la base de ses résultats électoraux, qui est en général d'autant plus conjoncturelle et volatile que son enracinement social est faible. Elle nous enseigne également combien il est dangereux de subordonner des principes et un programme politique (qui dans le cas du PCP sont de nature révolutionnaire, visent à la transformation de la société) à des considérations électoralistes et médiatiques. Le front de la lutte électorale est important et il n'existe pas de parti politique, y compris le PCP, qui n'ait pas fixé comme objectif d'obtenir les meilleurs résultats électoraux possibles. Mais miser sur le succès immédiat et céder aux pressions conjoncturelles ont conduit au désastre et même à la disparition de grands et prestigieux partis communistes. Le PCP préfère perdre des voix en disant la vérité et ce qu'il pense réellement, qu'en gagner en mentant ou en éludant des questions.

 

Aux législatives du 5 juin 2011, moins de deux ans après et avec une inversion des positions, l'analyse des commentateurs de service ne choisissait pas le même angle d'attaque, mettant même sur pied, comme le Comité central du parti l'a dénoncé, une « mystification éhontée (…) tentant de profiter de la chute significative du Bloc et de la perte de la moitié de ses députés, pour affirmer une perte d'influence des partis 'à la gauche du PS', cherchant ainsi à dévaloriser l'important résultat de la CDU qui sort renforcée de ces élections ».

 

Les dirigeants et adhérents du Bloc ont contribué à cette mystification, évoquant une prétendue stagnation des résultats du Parti (« du PCP, il n'y a également pas grand-chose à dire. Il se maintient (…) Pour le meilleur et pour le pire, c'est une forteresse. De là, personne ne sort et personne ne rentre » (Daniel Oliveira), ou le sens d'un déclin inexorable (« le PCP a beaucoup perdu depuis 25 ans, et comme il a beaucoup perdu, il n'y a plus grand-chose à perdre », Miguel Portas), ou attribuant cette meilleure « résistance » au déclin électoral à l'influence syndicale, locale ou même, comme le dit Francisco Louça, à une « très longue tradition familiale » du PCP.

 

Le résultat électoral du Bloc a engendré des divergences publiques et a conduit son Bureau national à lancer un débat interne et à annoncer la réalisation pour début Septembre d'un « forum subordonné au débat sur les voies qui s'ouvrent à la convergence des gauches politiques et sociales dans le cycle politique du mémorandum et de l'intensification de la crise au sein de l'Union européenne », ainsi que d'une « conférence, au plan international et national, sur les impacts de la crise de la dette, pour promouvoir le débat sur les grandes options et alternatives dans le contexte de la crise européenne ».

 

La direction du Bloc reconnaît que les « orientations récentes ont été, naturellement, objet de polémique », énumérant le soutien à Manuel Alegre aux élections présidentielles, la présentation de la motion de censure contre le gouvernement PS et l'absence à la réunion avec la troïka comme des attitudes qui « aux yeux de nombreux électeurs (…) sont apparues comme contradictoires ».

 

C'est sur ces éléments contradictoires que, brièvement, cherche à se pencher ce texte. Il ne s'agit ni d'une ingérence dans les affaires internes du Bloc de gauche, ni d'une quelconque prétention stupide à tirer profit des problèmes d'une force qui se situe à gauche du spectre politico-partisan portugais et avec laquelle des prises de position analogues et convergentes ont été possibles à l'Assemblée de la République, ce qui doit être jugé comme positif, en dépit des profondes différences qui séparent une force de classe révolutionnaire d'une force contradictoire, inconséquente, et avec de fréquentes poussées d'anti-communisme. Nous cherchons à tirer des leçons d'idées et de comportements qui pourraient, s'ils en avaient l'occasion, mener à la constitution d'une « gauche (éventuellement) élargie », mais idéologiquement et politiquement désarmée face à la violente offensive du capital et de l'impérialisme. Ici nous avons également en perspective le « Parti de la gauche européenne » qui, comme le PCP avait fort à propos mis en garde, agit pour donner une nouvelle virginité à la nouvelle social-démocratie et pousse les partis communistes à perdre leur identité.

 



Le soutien à Manuel Alegre



Le soutien à Manuel Alegre aux élections présidentielles a été justifié par le Bloc de gauche pour une raison principale – « rassembler des forces » contre le candidat Cavaco Silva. Il l'a fait pratiquement un an avant les élections, début 2010, dans le cadre d'un processus émaillé de critiques et de divergences internes, mais aussi d'attaques lancées envers le PCP, accusé de sectarisme et d'opportunisme. Les raisons pour lesquelles il était nécessaire que le PCP présente sa propre candidature ont été exposées de façon claire pendant la campagne électorale, et nous nous dispenserons de les répéter ici. Le soutien du Bloc de gauche au candidat Manuel Alegre, pendant des décennies dirigeant et député du PS, défenseur actif et responsable des politiques de droite pratiquées dans notre pays, pendant une période de plusieurs mois où le PS était au gouvernement, et était le protagoniste des PEC (Plan de stabilité et de croissance) et des mesures d'austérité, a constitué une des « contradictions » que le Bureau national a lui-même identifié.



Plus que de « contradictions », nombreux sont ceux qui, comme nous, ont vu dans une telle démarche non seulement la conséquence logique d'initiatives pensant possible d'isoler le PCP ou le dissoudre dans un fourre-tout politique sans principes ni orientations clairs mais aussi une façon de contribuer, au beau milieu de plans d'austérité spoliateurs qui se succédaient alors, à apporter une caution de gauche à la brutale offensive droitière du PS.



La motion de censure



Miguel Portas a expliqué dans une interview de façon exemplaire les raisons qui ont motivé la motion de censure : « il y eut dans la décision du Bloc de gauche une tentative de contre-balancer le soutien accordé à Alegre par une position très claire contre le gouvernement ».



La vérité, c'est que, 18 jours après des élections présidentielles où il s'est joint a PS dans le soutien à la candidature de Manuel Alegre, le Bloc de gauche a annoncé qu'il présentait une motion de censure en plein débat avec le premier ministre, alors que quelques jours auparavant Francisco Louça avait affirmé, quand on lui opposait une prétendue intention similaire de la part du PCP, que cela n'aurait aucune « utilité pratique ». Il le fit en l'annonçant à un mois de distance de sa discussion et de son vote à l'Assemblée de la République, comptant naturellement polariser ainsi le débat politique. Le calcul tacticien avec ses contradictions n'est pas passé inaperçu.



La réunion avec la troïka



La résolution du Bureau national du Bloc de gauche conclut à cet égard : « la direction du Bloc a sur-estimé les capacités de l'indignation immédiate contre la récession et a sous-estimé la peur parmi les secteurs les plus touchés par la crise. L'orientation du Bloc dans la période pré-électorale, concentrée sur l'appel à une votation de type référendaire contre le programme de sauvetage, a découlé de cette sur-estimation, et la même chose peut être dite de l'incompréhension qui a entouré la décision de ne pas assister à la réunion avec le FMI. Aussi fondé qu'ait pu être ce choix, il n'a satisfait ni les secteurs qui voulaient que nous y allions dire 'ce qu'il fallait leur dire', ni ceux qui avaient l'illusion que nous puissions contribuer à atténuer la violence des mesures qui allaient être annoncées quelques jours plus tard, et cela eut donc des conséquences électorales négatives. »



Il est assez légitime de conclure que ce que le Bloc admet est que, si sa position de principe lui est préjudiciable électoralement, il aurait été mieux de la dissimuler ou de l'abandonner. Quelques jours après les élections, Francisco Louça reconnaissait lui-même : « si elle se déroulait aujourd'hui, je verrai cette réunion d'un autre œil (…) notre attitude ne fut pas comprise et cela nous a été préjudiciable du point de vue électoral. Nous aurions pu adopter une attitude différente, certainement. »



Bien que le Bureau national ne la mentionne pas comme un des éléments contradictoires qui auraient contribué à l'effondrement électoral, la position que le Bloc a adopté quant à l'intervention de la troïka en Grèce s'intègre clairement dans ce processus et suscite des doutes encore plus importants.



Si tout n'est pas clair pour nous, rappelons que le 7 mai 2010, l'Assemblée de la République a débattu, sur proposition du gouvernement PS, d'un « prêt » de 2 milliards d'euros à la Grèce. Le Bloc a voté pour, avec le PS, le PSD et le CDS. Seuls le PCP et les « Verts », solidaires avec le peuple grec, ont refusé l'ingérence brutale que cela a signifié. A l'époque, la députée Cecilia Honorio a défendu le vote favorable du Bloc de gauche, disant qu'ils le faisaient « pour une seule raison : refuser ce prêt serait, dans les circonstances actuelles, imposer la faillite à la Grèce. Et cela serait la pire des options. Ce serait la politique de la terre brûlée, ce serait répondre à la crise par une catastrophe économique ». C'est une attitude dans laquelle se révèle clairement sa conception fédéraliste de l'Union européenne et son penchant social-démocratisant. Une attitude compatible par ailleurs avec la proposition présentée quelques mois auparavant par le Bloc de gauche pour la création d'une agence de notation européenne – une idée chère en ce moment même parmi les analystes les plus néo-libéraux – ou avec la proposition présentée au Parlement européen, défendant l'intervention européenne en Libye, mais qui correspond si peu avec la décision de ne pas participer à la réunion avec la troika. Une contradiction de plus.



Un projet clair et fiable que celui du PCP



La rencontre avec le PCP fut un autre motif de polémique au sein du Bloc de gauche et de spéculation dans les médias, en dépit du fait que, au moment de la réunion, les deux partis avaient déjà décidé du cadre dans lequel ils participeraient aux élections législatives anticipées – le Bloc seul, le PCP intégré dans la CDU. Il s'agissait d'une rencontre qui, comme nous l'affirmions à l'époque, « rendait possible un échange d'opinions et de points de vue quant à l'analyse que fait chacun des partis sur la situation économique et sociale du pays (…) Une analyse qui a permis d'identifier des éléments sur lesquels existent des appréciations convergentes. Convergences de points de vues qui ne nous laissent pas dupes en même temps sur les différences d'opinion et même sur des positions divergentes sur plusieurs questions, ce qui est en soi un fait naturel pour des partis aux trajectoires et aux projets différents (…) fait qui n'empêche pas des convergences, comme cela s'est produit en particulier sur le plan parlementaire ».



Les incohérences, à côté des attitudes qui correspondent à sa matrice social-démocratisante et, tout particulièrement, le fait de faire d'une question secondaire la question centrale de la souveraineté et de l'indépendance nationales, tout comme le mépris récurrent pour la dynamique unitaire des organisations syndicales et des manifestations de masses, et en particulier du mouvement syndical unitaire, sont des facteurs qui ne peuvent être ignorés quand on examine les possibilités souhaitables de convergence.



D'autant plus que les médias ont souvent mis en avant le Bloc de gauche, pas tant pour ses mérites propres, mais plutôt avec l'intention claire d'occulter et de minimiser les initiatives du PCP. Prenons le cas de la proposition de la renégociation de la dette que le PCP défend seul depuis des semaines, mais qui a été méthodiquement mise en avant comme s'il s'agissait d'une mesure innovante de la part du Bloc de gauche.



Naturellement que le PCP est, comme il l'a toujours été, disponible pour rechercher des convergences et les coopérations avec toutes les forces sociales anti-monopolistes, avec tous les patriotes et les démocrates, avec toutes les personnalités indépendantes, dans la perspective de la rupture avec ce cap et cette politique, pour quoi est indispensable le développement d'une puissante lutte de masses. Le PCP a un projet clair pour le pays, d'affirmation d'une politique patriotique et de gauche, pour un Portugal de progrès, tout en ayant toujours à l'horizon la perspective du socialisme. Un programme que le PCP propose au peuple portugais et qui correspond « à l'intérêt fondamental de l'immense majorité de la population portugaise ».

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 23:57

Portugal 0411 0La grève générale : une force immense pour mettre en échec le « Pacte d'agression » et sauver le pays



Communiqué du Parti communiste portugais (PCP)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



1– Dans des milliers d'entreprises et de lieux de travail, des millions de travailleurs ont exprimé aujourd'hui un « Non au pacte d'agression » combatif, lors d'une journée mémorable pour la défense des droits des travailleurs et d'un Portugal développé et souverain.



La grève générale convoquée par la CGTP-IN et qui a pu mobiliser très large, a constitué une réponse forte à la plus grande offensive depuis l'époque du fascisme. Une grève contre l'exploitation et la paupérisation, contre le cap du désastre national que le PSD, le CSD et le PS, soumis aux intérêts du grand capital national et international, veulent imposer au Portugal.



Une Grève générale qui est un grand moment dans l'histoire de la lutte des travailleurs et du peuple portugais, expression de l'intense lutte de classes engagée dans notre pays, affirmation patriotique et démocratique, élément de mobilisation et de confiance dans la lutte pour un Portugal avec un avenir.



2– Le PCP insiste sur l'ampleur nationale de la Grève générale. Dans tout le pays – sur le continent et dans les régions autonomes – et dans l'ensemble des secteurs d'activité, le succès de cette grève s'est traduit par une adhésion significative du côté des travailleurs à l'appel de la CGTP-IN, et par un vaste mouvement de solidarité et de soutien de la part d'autres couches de la population.



La Grève générale a été particulièrement suivie dans le secteur productif, par exemple : dans le secteur automobile, l'Auto-Europaet tout son complexe industriel, Renault-Cacia, Exide, Visteon, Delphi ; dans le secteur de la métallurgie et de la construction mécanique, avec les Chantiels navals de Viana do Castelo, Lisnave, l'Arsenal d'Alfeite, Browning, Sacti et Sacometal; dans le secteur du bouchonavec le groupe Amorim; dans le secteur textile, du vêtement et des chaussures avec Carveste, le groupe Paulo de Oliveira, Trekar, Califa, Huber Trico; dans le secteur de l'alimentaireet de boissonsavec Central Cer; dans le secteur du céramique, du ciment et du verreavec Saint-Gobain(Covina), Vista Alegre, Secil.



Le PCP insiste sur la portée de la forte adhésion à la grève dans le secteur des transports, comme à la CP (chemins de fer), la Refer (réseau ferré), l'EMEF (maintenance ferroviaire), dans le Métro de Lisbonne, le Métro de Porto, à la Soflusa (transport fluvial), la Transtejo (ferry) et dans des dizaines de compagnies de bus comme chez Carris, dans les transports de Porto, du sud du Tejo (TST), de Braga, de Barreiro, de Coimbra et d'Aveiro. La fermeture de tous les ports maritimes et de la plupart des ports de pêche et la fermeture des aéroports et du transport aérien, avec l’annulation de 600 vols.



Le PCP souligne également la réponse magnifique apportée par les travailleurs de l'administration publique centrale et locale avec des taux de grévistes qui ont atteint des niveaux historiques, avec la paralysie totale ou pratique dans quasiment tout le pays de la collecte des déchets, et d'autres services publics comme ce fut le cas dans le secteur de la santé avec une forte adhésion des travailleurs du secteur, et dans le secteur de l'éducation avec la fermeture de centaines d'écoles.



Le PCP attache beaucoup d'importance à la mobilisation dans ces divers secteurs et entreprises et à l'expression de la rue qu'a permise la Grève générale, dans des milliers de piquets de grève dans tout le pays, de points d'information, de rassemblements et de manifestations qui ont fait de cette journée de lutte un formidable travail collectif.



3 – L'extraordinaire participation constatée est d'autant plus à valoriser qu'elle s'est construite sous une pression, une répression et un chantage de plus en plus intenses. Cette Grève générale constitue une défaite de la campagne idéologique cherchant à présenter la politique de recul social comme inévitable et la lutte comme inutile ; une défaite du chantage constitué par l'imposition de services miniums illégitimes qui cherche à conditionner le droit de grève et du recours illégal aux forces de sécurité – police et gendarmerie – afin de masquer la violation du droit de grève. Une Grève générale qui, dans le même temps, constitue une victoire sur le conditionnement économique, les menaces de licenciement, de suppression de rémunérations et de primes, la répression et l'intimidation, notamment envers les travailleurs sous contrat précaire. Une grande démonstration de force, de détermination et de combativité sereine qui a triomphé des tentatives d’intimidation et des provocations délibérées tentant de minimiser son ampleur et tout le sens de la construction d'un avenir meilleur. Une grève générale qui est, en soi, une affirmation de dignité et de combativité de la part de millions de travailleurs qui ont renoncé à un jour de leur salaire pour défendre et réaffirmer l'importance supérieure de la protestation contre la détérioration de leurs conditions de vie et de l'action pour sauver le pays du désastre.



Dans un pays marqué par plus de 35 ans de politique de droite, sujet au processus d'intégration capitaliste de l'Union européenne, victime de la nature du capitalisme et de sa crise, la Grève générale a exprimé une exigence, ferme et largement partagée, de rupture avec la situation actuelle.



4 – Le PCP salue les millions de travailleurs qui ont participé à la Grève générale.



Nous saluons en particulier les milliers de jeunes qui ont fait grève pour la première fois, un élément d'une valeur politique inestimable qui ouvre des perspectives pour l'avenir.



Nous saluons la CGTP-IN et toutes les organisations représentatives des travailleurs, l'ensemble des militants, délégués et dirigeants syndicats qui ont construit cette forte journée de lutte, réaffirmant le rôle incontournable du Mouvement syndical unitaire qui, avec sa force et son identité, a constitué une force sociale immense indispensable à la construction d'une vie meilleure, à un pays de progrès et de justice sociale, une composante indispensable du processus de rupture avec les politiques de droite.



5 – Soumis aux intérêts du grand capital et aux diktats des grandes puissantes de l'Union européenne, le Gouvernement, les partis qui soutiennent le Pacte d'agression, le Président de la République qui défend la politique actuelle, ont reçu aujourd'hui une condamnation ferme et sans équivoque.



Une grève qui, contribuant à l'isolement croissant de ceux qui volent le peuple et coulent le pays, pose de façon incontournable une nouvelle phase dans le développement de la lutte de masses qui, tôt ou tard, mettra en échec les objectifs du gouvernement et du grand capital.



Ce qui sort renforcé de la Grève générale, c'est une confiance inébranlable pour poursuivre, dans chaque entreprise et chaque lieu de travail, dans chaque localité, dans chaque secteur d'activité, la poursuite de la lutte avec des actions spécifiques et convergentes. Le PCP insiste dès maintenant sur la journée de lutte qui sera organisée mercredi prochain, 30 novembre, devant l'Assemblée de la République pour le jour du vote final du Budget de l’État de 2012.



6 – Le PCP, solidaire de la grève générale, réaffirme son engagement de toujours avec les travailleurs et le peuple portugais. La lutte qui va suivre sera encore plus dure, mais la force et la détermination que cette Grève a démontré nous apporte la conviction qu'il n'est pas seulement nécessaire mais possible de réaliser une politique patriotique et de gauche qui contribue à sauver le pays du cap du désastre qu'on cherche à lui imposer.



Vidéo du discours du secrétaire-général du Parti communiste portugais (PCP), Jéronimo de Sousa : http://www.youtube.com/watch?v=FBTuyE5pF6I&feature=player_embedded



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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 08:40

Portugal-0219.jpg180 000 fonctionnaires dans les rues de Lisbonne contre la casse du service public, aggravée par le nouveau plan d'austérité, avec comme perspective la grève générale du 24 novembre

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ils étaient 180 000 travailleurs de la fonction publique ce samedi 12 novembreà avoir répondu à l'appel du Front commun des syndicats de l'Administration publique pour protester contre la nouvelle mouture du plan d'austérité adoptée au Parlement vendredi dernier, en concertation avec la « troika » BCE-Union européenne-FMI.



Le gouvernement socialiste est à l'origine des quatre premiers plans d'austérité qui ont déjà gelé les salaires et les allocations sociales, augmenté les impôts les plus injustes comme la TVA ou lancé de larges programmes de privatisation touchant notamment l'entreprise nationale d'électricité (EDP), des transports (CP) ou la Poste (Correios).



Pour cette énième version,la nouvelle majorité de droite élue en juin dernier bénéficie naturellement du soutien public du Parti socialiste qui s'est abstenu vendredi.



Ce nouveau plan prévoit la baisse des salaires et des retraites des fonctionnaires avec la suppression des primes de congé et de Noël, l'augmentation du temps de travail d'une demi-heure pour tout le monde, l'augmentation de la TVA sur la plupart des produits de base ou encore la baisse drastique des budgets de l’Éducation et de la santé.



Au-delà du nombre, la réussite de la mobilisation tient à l'unité syndicale réalisée dans l'action entre la CGTP-IN, proche des communistes, et l'UGT, traditionnellement proche des socialistes, et ce sur les positions de la CGTP. Jusqu'à présent, la CGTP se contentait d'appels à l'unité d'action et mobilisait par ses seules forces pour les journées de grève et de mobilisation, l'UGT privilégiant le « dialogue social » avec le pouvoir.



Ce samedi, ce sont plusieurs centaines de milliers travailleurs de la fonction publique qui ont défilé à Lisbonne de la Rotonde du Marquis de Pombal jusqu'à la place des Restaurateurs, toutes catégories confondues : fonctionnaires du pouvoir central et local, jeunes en contrat précaire, professeurs, infirmières, personnel hospitalier. Même les militaires ont participé à la journée de mobilisation, dans un cortège séparé.



Cette journée de mobilisation a constitué une répétition pour la journée de grève générale du 24 novembreconvoquée par la CGTP-IN, et à laquelle s'est ralliée l'UGT pour lutter contre le « pacte d'agression » convenu entre la droite, le PS et l'Union européenne.



Comme l'a souligné samedi Ana Avoila, coordinatrice du Front commun des syndicats de l'Administration publique : « C'est seulement par la lutte organisée que nous pourrons mettre en échec cette offensive. La lutte est inévitable ».



Les communistes qui conservent un lien organique avec le syndicat de la CGTP-IN ont pleinement contribué au succès de cette mobilisation, participant à la construire à partir des lieux de travail.



En tête du cortège du PCP, le secrétaire-général du Parti, Jéronimo de Sousa, a qualifié samedi cette manifestation « de magnifique réponse des travailleurs à l'idéologie de la fatalité, du conformisme et de la résignation, et il s'agit déjà d'une grande démonstration de ce que va être la grande grève générale du 24 novembre ».



Il a ajouté que « les travailleurs de l'Administration publique ont été la cible d'une attaque contre leur dignité, leurs droits mais on ne peut les traiter séparément des travailleurs du privé, car avec son pacte d'agression, ce Gouvernement veut toucher également tous les secteurs qui vivent du revenu de leur travail », exhortant tous les travailleurs à participer à la grève générale.



Comme en Grèce, la mobilisation organisée des travailleurs monte en puissance au Portugal et rassemble des couches de plus en plus larges de la population sur des objectifs clairs : le refus de l'austérité, d'où qu'elle vienne, le rejet de la politique de casse sociale que le consensus européiste dominant veut imposer aux peuples.



En Grèce comme au Portugal, ce sont les communistes qui sont à l'avant-garde du mouvement et contribuent à lui donner une vigueur et une perspective politique qui permettent d'envisager la rupture avec ces politiques de droite, ici et maintenant, dans les luttes !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 05:40

cartazete lisboaLa CGT portugaise lance une « semaine de lutte » du 20 au 27 octobre pour amplifier la lutte contre le plan d'austérité et préparer la journée de grève générale prévue pour novembre

 

Article d'Avante, organe du Parti communiste portugais



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Aux mesures que le gouvernement a intégré au budget de l'État pour 2012, la CGTP-IN répond par un fort appel à l'unité d'action et à la mobilisation générale des travailleurs, pour défendre leurs intérêts mais aussi ceux du pays.



« Ce que le premier-ministre a annoncé jeudi soir doit susciter une indignation générale, cela ne veut pas bénéficier au commun des portugais, mais plutôt aux spéculateurs, et cela ne va pas non plus réduire la dette publique ni créer de meilleures conditions pour la régler »– a affirmé d'emblée Manuel Carvalho da Silva, dans la conférence de presse que la CGTP-IN a organisé vendredi, en fin de matinée. Accompagné de Arménio Carlos, Carlos Trinidade et Deolinda Machado, de la Commision exécutive de la CGTP-IN, le secrétaire-général de la centrale syndicale a accusé le gouvernement de ne pas apporter de réponses aux problèmes du pays et de mettre, encore plus rapidement que ce à quoi on pouvait s'attendre, le Portugal sur les rails de la catastrophe, à l'origine d'un abaissement significatif du niveau de développement de la société.



La suppression des primes de Noël et de vacances, s'ajoutant au gel des salaires et des progressions de carrière et à la diminution en moyenne de 5% des salaires, signifie que les travailleurs de l'Administration publique perdront un quart de leurs rémunération en moins de deux ans. Les retraités subissent une injustice manifeste et un appauvrissement à la vitesse grand V.



D'ores et déjà l'augmentation du temps de travail de deux heures et demi par semaine– la CGTP a retraduite la demi-heure par jourannoncée par Passos Coelho – va aggraver le chômage, représentant dans l'immédiat une baisse de salaires de 6,25%, ne contribuera pas à l'augmentation de la compétitivité des entreprises et contribuera encore moins aux comptes publics, puisque tout le bénéfice ira aux actionnaires et aux patrons.



D'autre part, proteste l'Intersyndicale, rien de concret ne fut annoncé par le premier-ministre concernant les partenariats public-privés, reconnus comme « le cancer des cancers », par où se sont déjà évaporés plusieurs milliards d'euros d'argent public.



La CGTP-IN a livré une critique très forte du processus de Concertation sociale, autour de l' « Engagement pour la compétitivité et l'emploi », le qualifiant de « farce absolue ».



Dans ce contexte, la centrale a réaffirmé son « appel très fort » au renforcement de l'implication des travailleurs et, tout particulièrement, de la jeunesse dans les luttes en cours, en particulier dans les actions intégrées à la semaine de lutte que l'Intersyndicale organise à partir d'aujourd'hui. Mais, a anticipé le dirigeant, dans les réunions de la Commission exécutive, lundi, et du Conseil national, avant-hier et hier, des décisions vont être prises sur les formes de lutte qui concrétiseront l'indignation générale et la mobilisation générale.



Aux organisations syndicales qui ont participé à la grève générale du 24 novembre 2010 fut envoyée, tout de suite après, un communiqué rendant compte de ces conclusions et proposant « un processus de dialogue large, rapide et efficace, qui nous permette de construire une unité d'action solide, capable de soutenir la lutte syndicale qui exprime l'indignation générale et affirme des voies alternatives ».



Tous dans la lutte !



Parmi les actions incarnant cette semaine de lutte, annoncées par la CGTP-IN au cours des grandes manifestations du 1er octobre, se dégage le rassemblement destravailleurs des transportsaujourd'hui, et l'Assemblée plénière nationale de l'Administration publique, demain, tout comme l'Assemblée plénière nationale décentralisée de la Fenprofet des syndicats de professeurs, le 27 octobre, dans plusieurs villes.



La CGTP-IN, dans une première liste, a intégré également, entre autres, une tribune publique devant Tyco[électronique], cet après-midi, à Evora, et une action de protestation des travailleurs des casinos de Porto le Brasília et l'Olímpiadevant le secrétariat d'Etat au tourisme, ce matin ; une grève du personnel de Gertal [services de restauration]et de Manpower, dans les cantines scolaires, et des actions publiques des travailleurs de Tobis [production cinématographique et télévisuelle]et des casinos Solverde, cet après-midi. (…)



En s'étendant à diverses régions et divers secteurs, avec des assemblées, des débrayages ou des grèves, avec des initiatives de rue, cette semaine de lutte dépasse les limites d'un « agenda » normal et représente un moment fort dans la lutte qui ira en s'amplifiant.



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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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