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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 06:29

Logo ujfp orgEtre ou ne pas être Charlie, là n'est pas la question  

 

Communiqué de l'Union juive française pour la Paix (UJFP) repris par http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Dans le chaos provoqué par l’attentat monstrueux qui a coûté la vie à douze êtres humains, il n’est pas facile de se situer : Entre ceux qui expriment uniquement douleur et colère justifiées, ceux qui « craignent les amalgames » et ceux qui appellent à l’union nationale (et internationale) contre l’Islamisme radical sous la bannière du slogan « je suis Charlie ».



Bien sûr, le crime appelle douleur et colère, mais contre quoi exactement ?



Ce massacre ignoble est revendiqué par des individus qui se disent membres de Al Qaida. La nécessité absolue de combattre les mouvances obscurantistes de l’islamisme radical ne doit pas nous rendre amnésique. Ces courants qui s’imposent par la terreur affirment commettre leurs crimes au nom de l’Islam. Leur développement a été rendu possible par les interventions impérialistes, le démembrement des États et l’utilisation par l’Occident de ce courant contre les forces progressistes. En France, la situation sociale insupportable que vit la population issue de l’immigration post-coloniale, le racisme d’État, l’islamophobie, les discriminations, la stigmatisation ou les contrôles au faciès portent une responsabilité évidente dans l’essor de ce courant qui touche en réalité une frange marginale d’une jeunesse de toutes origines mais sans horizon.



Bien sûr le crime risque de provoquer des amalgames. Mais ces amalgames sont-ils nouveaux ? Charlie Hebdo, qui a longtemps représenté pour nous l’impertinence, l’insolence de mai soixante-huit, Wolinski, Cabu, l’écologie, RESF, ne s’est-t-il pas justement distingué dans l’art graphique et politique de l’amalgame depuis des années ? Et que les choses soient claires, personne ici ne dit qu’il n’avait pas la liberté de le faire et il a eu toute liberté de le faire des années durant.



Avoir la moindre complaisance ou compréhension pour des assassins de dessinateurs ou pour la mise à mort de gens en raison de leurs idées est insensé.



Mais Charlie Hebdo a mené une bataille politique. Et occulter et faire oublier dans quel contexte il publiait ses caricatures faisait partie de sa bataille politique.



Peut-on imaginer des caricatures émanant de journaux progressistes critiquant la religion juive pendant les années trente au moment de la montée de l’antisémitisme et de la persécution des juifs ? Et nous ne parlons pas ici de caricatures antisémites de l’époque mais de caricatures critiquant la religion juive.



Comment la critique des religions pourrait-elle faire abstraction du rapport dominant/dominé ? Critiquer les religions cela se fait aussi dans un contexte, dans un moment politique qui n’est aucunement neutre à l’égard des musulmans. Les actes de Charlie Hebdo, et les caricatures et les articles sont des actes et ont participé au développement de l’islamophobie en France. Développement du mépris et du racisme à l’encontre de tous les musulmans, des lois chargées de protéger « la laïcité à la française » contre eux, des mosquées attaquées, des agressions physiques contre des gens « d’apparence musulmane ». Leur désignation comme boucs émissaires de la crise économique et sociale, qu’ils subissent aussi et souvent en première ligne, à l’aide des « amalgames » est en marche depuis des années.



Des ghettos et des discriminations, il n’en est pas question aujourd’hui, l’« union nationale » peut se faire avec le sang de tous ces morts, contre les musulmans, des mosquées brûlent déjà (encore), le terrain a été préparé de longue date.



Le « suicide français » est en marche annonçait le mois dernier un autre Charlot.



« L’Union Nationale » et « l’Union Sacrée » que l’émotion autour du massacre qui vient d’être commis essaie de nous imposer, manipulent les sentiments d’horreur et de révolte légitimes au service d’autres significations bien plus complexes et douteuses. La liberté d’expression n’est pas menacée en France, même la plus raciste. Nous ne sommes pas dans le camp de ceux qui soutiennent le racisme d’État ou les interventions impérialistes. Nous n’acceptons pas le « choc des civilisations » et la logique « terrorisme/antiterrorisme ». Nous refusons d’avance toutes les nouvelles lois « sécuritaires » et toutes les nouvelles formes de discrimination ou d’injonction à l’égard des musulmans que cette union nationale ne peut manquer de produire. .



Alors aujourd’hui craindre l’amalgame nous semble plus qu’insuffisant. La France se dit un État de droit, les criminels doivent être arrêtés et jugés pour leurs crimes. Mais leur crime va bien au-delà, il vient en réalité de libérer la politique de l’amalgame, et du bouc émissaire. En ce sens les bourreaux comme les victimes de l’attentat étaient partie prenante de la guerre des civilisations. En ce sens, si les assassins nous font horreur, Charlie n’était pas et n’est pas pour autant notre ami et « nous ne sommes pas Charlie ». Si notre solidarité et notre profonde compassion vont à tous les journalistes, salariés, policiers, victimes innocentes de cette tragédie et à leurs familles, l’union qu’il faut construire aujourd’hui est celle d’une France qui accepte d’être enfin celle de tous ses citoyens, musulmans inclus. La bataille contre le terrorisme passera par la bataille pour l’égalité, la justice, la reconnaissance de la France d’aujourd’hui dans toute sa diversité source d’immense richesse. Pour qu’au bout de cette nuit, le jour se lève, nous devons être aujourd’hui des musulmans.



Bureau national de l’UJFP le 9 janvier 2015

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 07:36

pcp afficheLe Parti communiste portugais condamne l'attentat à Paris

 



Communiqué du Parti communiste portugais



Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Le PCP condamne fermement l'attentat commis à Paris au siège du Journal Charlie Hebdo et exprime sa consternation et sa solidarité envers le peuple français.



Le PCP souligne que des crimes de cette nature ne peuvent être dissociés d'une situation internationale marquée par des ingérences et agressions contre des Etats souverains, où sont fomentés des conflits religieux et ethniques, mettant en avant des forces d'extrême-droite, xénophobes et fascistes.



Une réalité qui s'accompagne de politiques qui intensifient l'exploitation et l'exclusion sociale, notamment dans les pays de l'Union européenne.



Le PCP attire l'attention sur les dangers d'instrumentalisation d'authentiques sentiments d'indignation pour aller plus loin dans l'adoption de mesures à caractère sécuritaire qui remettraient en cause les droits, libertés et garanties des citoyens, et dans la promotion de sentiments racistes et xénophobes qui ont alimenté la croissance de l'extrême-droite et du fascisme en Europe.



Le PCP insiste sur le fait que la lutte contre de tels crimes exige un changement de politique, que ce soit sur le plan économique et social, ou celui des relations internationales entre Etats.



Cela rend nécessaire la fin du soutien politique, financier et militaire accordé par les Etats-unis et les pays de l'Union européenne aux groupes qui sèment la terreur et la destruction, notamment au Moyen-orient, tout comme le développement de politiques de paix et de coopération respectueuses du droit international, de la souveraineté des peuples, de la liberté et de la démocratie.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 06:52

ob_ee5d81b9d3684614e0f10495dd0eb326_jpp-photo.jpgL'industrie de l'armement française connaît un boom : + 43 % de commandes en 2014. La guerre, ça rapporte !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



C'est la crise parait-il. C'est vrai que nos écoles, nos universités, nos services publics meurent car sous-financés. C'est vrai que les salaires sont gelés quand les tarifs explosent. Pourtant, il y a au moins secteur qui est en plein boom : l'industrie de l'armement.



Les marchands de canons français ne peuvent cacher leur enthousiasme, ce gouvernement est décidément une « divine surprise » pour eux : en 2013, les commandes militaires françaises ont augmenté de 43 %, avec une vente totale d'armes chiffrée à 6,8 milliards d'euros.



La France reste « compétitive » sur la scène des vendeurs d'instruments de mort, à la 4 ème place mondiale, derrière les Etats-unis, le Royaume-Uni, la Russie, repassant devant Israël qui nous avait devancé l'an dernier.



Le Ministère de la Défense se félicite : l'année 2012 a été bonne pour le secteur de l'armement, l'année 2013 encore meilleure, celle de 2014 s'annonce très prometteuse.



De manière très pragmatique, le Ministère souligne que cette hausse des exportations est dopée par « un contexte international très instable, notamment au Moyen-Orient », alimentée par les « conflits armés à Gaza et en Syrie, la flambée des tensions en Irak, en Libye ».



Les dépenses militaires du Moyen-orient ont explosé ces deux dernières années de 30 %. Dans le même temps, 40 % des commandes françaises viennent des pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, qui est de très loin la première cliente de la France.



Le secteur de l'armement peut remercier par la France qui a contribué à ce désordre régional par ses interventions en Libye, au Mali, aujourd'hui en Syrie et en Irak. Ce chaos synonyme de destructions, de morts est profitable pour les affaires visiblement.



Si on regarder un peu plus dans le détail les chiffres, on s'aperçoit que nos principaux clients en 2013 sont l'Arabie saoudite (2 milliard d'euros) et le Maroc (600 millions) mais on retrouve juste derrière les Émirats arabes unis et le Qatar.



Les trois Etats du Golfe cités, on le sait, financent le terrorisme à l'échelle régionale, jouent un rôle-clé dans la déstabilisation de la région, en plus d'être des régimes dictatoriaux parmi les plus répressifs au monde, niant tout droit humain, légalisant l'esclavage, ou la peine de mort ne serait-ce que pour possession de haschisch !



On est pas à une démonstration de cynisme près. On sait que l'Arabie saoudite, les pays du Golfe financent les terroristes islamistes que nous prétendons combattre avec nos bombes, après les avoir soutenu en Libye et en Syrie. Le climat de terreur entretenu permet d'armer tous les combattants en lice, de fournir tous les Etats de la région en matériels de guerre multi-fonction.



Pendant ce temps, depuis trois ans, le cours de l'action Dassault à la Bourse de Paris a grimpé de 61 %, celui de Thalès de 70 %, celui de Safran de 118 % !



Dieu que la guerre est jolie .. en tout cas pour les marchands de canons. Pour les peuples du Moyen-orient, d'Afrique du nord, cela signifie le chaos, la destruction et la mort. Pour le peuple de France, c'est l'austérité partout, et une armée de moins en moins dévouée à sa mission première : la défense nationale.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 05:35

bergoglio-videlaQuand le chef de SYRIZA Alexis Tsipras rencontre le pape François : « on s'est retrouvés sur l'humain d'abord »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ **

 

« Une rencontre historique », c'est ainsi que le porte-parole de SYRIZA a qualifié la rencontre au Vatican entre le leader du parti SYRIZA, présenté comme de gauche radicale, Alexis Tsipras et le pape François. Une rencontre tout sauf anecdotique.

 

Quand un humaniste rencontre un autre humaniste, qu'est-ce qu'ils se racontent ?

 

D'après le Vatican, cela fait des mois que SYRIZA négocie en coulisses pour organiser une rencontre entre Tsipras et le pape. Le Saint-Siège préférait attendre la fin des élections européennes, SYRIZA voulait avant.

 

Cela presse pour le leader de SYRIZA, on sent la crise de foi, comme une envie de parler de Dieu et des hommes, du sens de la vie, de l'origine du monde. Comme une envie aussi d’œcuménisme, dans un pays avec 79 % de croyants où un athée peut difficilement imaginer être élu.

 

Qu'attend Tsipras du nouveau patron jésuite du Vatican ?

 

Il y a un mois, Alexis Tsipras rendait ainsi visite aux moines d'Athos, lieu saint de l'Eglise orthodoxe grecque, abritant une communauté monastique puissante, incarnation des immenses privilèges fonciers et fiscaux de l'institution ecclésiastique.

 

Après avoir réalisé son pèlerinage dans toute l'Europe auprès des lieux saints du capitalisme – ayant démarché le patronat et l’Église grecs, les dirigeants sociaux-démocrates à Madrid ou Berlin, les responsables de la BCE à Francfort, du gouvernement allemand à Berlin, de la Commission européenne à Bruxelles, jusqu'à ceux du FMI à Washington – il faut finir par le Vatican.

 

Tous les chemins de l'ordre établi mènent à Rome. Auprès de la sainte Eglise apostolique et romaine qui a soutenu les régimes les plus réactionnaires en Europe et Amérique latine, béni le fascisme et le nazisme, liquidé les mouvements chrétiens progressistes, mené la croisade contre le communisme.

 

Mais les temps changent. Le pape François représente le « catholicisme à visage humain ».

 

Peu importe qu'il soit le premier pape jésuite, les maîtres dans l'art du double discours, les plus soumis au Vatican, mettant leur savoir docte au service de la conquête des milieux populaires pour mieux défendre l'ordre établi, même si une minorité a pu le contester.

 

Pourtant nos amis argentins le connaissent bien. Au mieux, il s'est tu sous la dictature de Videla de 1976 à 1983, au pire, il a collaboré. Ils savent combien il fut hostile au communisme et aux mouvements les plus progressistes de l’Église, telle la Théologie de la libération.

 

Mais ceci est du passé, laissons la parole à Alexis 1 er et à François 1 er. *

 

« On s'est retrouvé sur l'humain d'abord »

 

Selon le récit d'Alexis Tsipras, les deux responsables politiques ont parlé de la situation internationale en Ukraine, au Moyen-Orient, des questions humanitaires liées à l'immigration, de l'urgence sociale en Grèce ainsi que des valeurs de justice sociale, de paix et de dignité humaine.

 

Et là ce fut le coup de foudre, selon Tsipras, qui mentionne le pape François comme « le pape des pauvres » : « nous sommes partis de visions idéologique différentes, mais nous nous sommes retrouvés sur des valeurs humaines universelles, sur l'humain d'abord ». ( = pan-human values)

 

Le Pape précise cette divine convergence sur 'l'humain d'abord', en tout cas pour la Cité des hommes : « on s'est retrouvé sur l'idée de mettre l'humain au-dessus des banques et des profits ».

 

Le récit continue, avec un troc savoureux, père François en bon jésuite avisé : « Tsipras a offert au pape une branche d'olivier (sic), symbole de paix. François a donné à Tsipras une copie de son exhortation apostolique, la Joie de l'Evangile (re-sic), que certains ont décrit comme une illustration de sa conception radicale du rôle de l'Eglise dans le monde moderne ».

 

« Vous parlez un langage différent qui sonne comme une mélodie de l'espoir »

(le Pape à Saint-Alexis)

 

Alexis et François sont d'accord sur la nécessité de la paix au Moyen-orient. Nous voilà rassurés.

 

Alexis a détaillé ensuite la situation dramatique en Grèce due à l'austérité (mais pas à l'UE) : « Je lui ai raconté l'impasse que nous vivons, quand la majorité des Grecs paient la note, alors que les banques sont sauvées ».

 

Notre très saint père a été « ému » et « bienveillant » selon les rapports journalistiques, soulignant la nécessité de défendre l'humain plutôt que les banques. Il en a profité pour bénir Alexis :

 

« Les jeunes politiciens comme vous, vous parlez un langage différent qui sonne comme une mélodie de l'espoir ».

 

Dieu merci, c'est bien la première fois qu'un pape a des paroles aussi douces pour un leader présenté parfois comme crypto-communiste. Tsipras a bien fait passer son message : « il n'est pas dangereux » pour l'ordre établi.

 

Tsipras pour un « vaste front oecuménique » pour mettre les « gens d'abord »!

 

Mais Tsipras n'en a pas fini, il en rajoute une couche. Selon certains compte-rendus, non-rapportés par Tsipras lui-même, il aurait – comme sur le mont Athos – fait l'éloge de l'Eglise comme institution sociale, sans s'exprimer sur la religion chrétienne en soi.

 

Il a conclu ainsi sur un appel à un vaste front, du Vatican à Athènes, en passant par Bruxelles :

 

« Nous sommes d'accord sur la nécessité de continuer le dialogue entre la Gauche européenne et l'Eglise chrétienne. Il faut créer une alliance œcuménique contre la pauvreté, les inégalités, contre la logique mettant les marchés et les profits d'abord, et non les gens ».

 

On se demande toujours jusqu'où va aller l'incroyable M.Tsipras, lui qui fut encore récemment porté comme candidat de la « gauche européenne » pour la Commission européenne, nommé tête de liste par les héritiers du communisme italien : la réponse est jusqu'au pouvoir, non pour subvertir mais pour maintenir l'ordre établi grec et européen.

 

 

* d'après le récit donné par les médias grecs et anglo-saxons, ici The Guardian, To Vima, Ekathimerini, Catholic online ainsi que le site de SYRIZA.

 

** Légende de l'image : un dessin polémique du satiriste brésilien Latuff, avec le pape François arborant autour du cou un médaillon à l'effigie du dictateur Jorge Videla. Entre 1976 et 1983, Jorge Bergoglio est provincial (la plus haute responsabilité régionale) de la Compagnie de Jésus pour l'Argentine. Selon le journaliste d'investigation Horacio Verbitsky, pour Pagina 12, réputé pour son sérieux, Jorge Bergoglio aurait collaboré avec la dictature de Videla sans faire de zèle avant tout en maintenant le silence sur les violations des droits de l'Homme du régime, concrètement face à l'arrestation de deux jeunes prêtres jésuites Orlando Yorio et Franz Jalics, par ailleurs dangeureusement proches des thèses de la Théologie de la Libération. Tous les observateurs reconnaissent un mérite au futur pape : celui d'avoir maintenu l'unité de la congrégation jésuite. Au prix de son silence complice, disent ses détracteurs.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 05:56

scorp-chute-mur.jpgScorpions, le groupe qui a chanté la chute du mur de Berlin en guest-star à la Fête de l'Huma : un symbole

 

Brève MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La Fête de l'Huma s'est achevée hier, elle reste la plus grande fête populaire du pays, une fête associée encore au Parti communiste français. Elle a choisi cette année comme « guest-star » le groupe Scorpions. Un symbole en ce 25 ème anniversaire de la chute du mur de Berlin.

 

2014 marque le 25 ème anniversaire de la chute du mur de Berlin et de l'annexion de la RDA socialiste par la RFA capitaliste. Cela marquera une nouvelle offensive de l'idéologie dominante pour légitimer le système capitaliste et tenter de discréditer la seule alternative, le communisme.

 

Or, la Fête de l'Humanité 2014 a choisi un groupe musical qui est un symbole politique mondial de la chute du communisme : le band allemand de hard rock Scorpions.

 

Scorpions au cœur de l'offensive culturelle occidentale vers le bloc socialiste

 

Scorpions a connu sa période de gloire au début des années 1980 avec des tubes qui connurent une audience planétaire, au-delà du monde du hard rock, dont Still loving you que tout le monde connaît.

 

Scorpions a participé à la mondialisation de la musique occidentale à cette même époque avec ses concerts aux États-Unis bien sûr, au Japon, au Brésil mais aussi Union soviétique.

 

Les Scorpions se revendiquent comme un groupe apprécié en URSS, ils décident alors non seulement de partir à la conquête d'un nouveau marché, mais de participer à une opération politique – celle de la « perestroika » de Gorbatchev mais aussi l'offensive économique et culturelle de l'Europe de l'est capitaliste vers l'Europe de l'est communiste.

 

« Avant, nous les allemands, on venait ici (en URSS) avec des chars,

on vient maintenant avec des guitares ! »

 

L'opération est un succès. En 1988, ils réalisent une dizaine de représentations en URSS. Un gouffre économique mais une victoire symbolique, se présentant en tant que résistants passifs face à la censure politique, les entraves du KGB à la « liberté artistique » du groupe.

 

Ils se seraient même adressé lors d'un concert en ces termes assez directs au public russe : « La dernière fois que les Allemands sont venus ici, c'était avec des chars, aujourd'hui on vient avec des guitares ! ». L'invasion allemande à visage humain ?

 

En 1989, ils reviennent pour un « Moscow music peace festival » qui se révèle un succès populaire avec Bon Jovi, Ozzy Osbourne, transformant ce spectacle en vitrine de la musique du 'monde libre'.

 

« Le vent du changement » : la chanson de la chute du mur de Berlin

 

imagesCAFM64XK.jpgD'après le chanteur du groupe, Klaus Meine, c'est ce voyage en URSS qui l'a inspiré pour sa chanson « Wind of change » (le vent du changement) qu'il interprète maintenant comme une ode à la fin de la guerre froide, la célébration de l'unité (allemande et européenne), un cri de liberté : en d'autres termes, la réunification de l'Europe dans le giron capitaliste.

 

Les paroles ne laissent guère d’ambiguïtés derrière le ton lyrique, la mondialisation avec ses idéaux libéraux est proche, celle dont nous rêvons et vous réaliserez :

 

« Le monde se rapproche, comme jamais vous n'auriez pensé si proche, comme des frères.

L'avenir est dans l'air, je peux le sentir partout souffler du vent du changement.

 

Emmène-moi vers la magie de ce moment d'une nuit glorieuse

où les enfants de demain rêvent dans le vent du changement.

 

En marchant dans les rues, les souvenirs lointains sont ensevelis à jamais dans notre passé.

Je suis la Moskva jusqu'au parc Gorki, en écoutant ce vent du changement.

 

Emmène-moi vers la magie de ce moment en une nuit glorieuse

Où les enfants de demain partagent leurs rêves avec vous et moi.

Emmène-moi vers la magie de ce moment d'une nuit glorieuse

où les enfants de demain rêvent dans le vent du changement.

 

Le vent du changement souffle en plein visage du temps.

Comme une tempête qui fera sonner la cloche de la liberté pour la paix des esprits.

Que votre balailaka chante ce que ma guitare veut dire ».

 

La chanson ne sort qu'en 1990, elle devient vite le symbole de la chute du mur de Berlin et de la réunification allemande, un tube en RFA et dans les pays d'Europe de l'ouest.

 

En 1991, le groupe est partie intégrante du concert organisé par Pink Floyd sur la Postdamer Platz à Berlin, pour célébrer le deuxième anniversaire de la chute du mur.

 

Scorpion's connaît grâce à cette opération politique un second souffle, alors qu'il était déjà sur la pente descendante à la fin des années 1980. Sa créativité au point mort, son temps passé, il entame un long et lent déclin.

 

Un signe d'ouverture … « le vent du changement » dans nos organisations ?

 

En 2014, le groupe de plus en plus oublié entame sa tournée d'adieu. L'ironie veut que ce groupe qui fut le symbole de l'anti-communisme – tout en se faisant passer un moment pour le groupe de l' « ouverture » à l'est, de l' « ostpolitik » ouest-allemande – a choisi la Fête de l'Humanité comme un des moments-clés de cette tournée !

 

Doit-on considérer cette invitation de la part des organisateurs de la Fête comme pur hasard, négligence, méconnaissance historique, c'est peu crédible. Une tentative voilée de tourner la page de son histoire, de s'ouvrir aux forces de gauche non voire anti-communistes, c'est pas impossible.

 

Die Linke reste le stand le plus mis à l'avant sur la Fête, faisant le commerce de l'ostalgie, comme elle s'en nourrit en Allemagne de l'est pour alimenter ses quelques pour-cent, ses milliers d'élus tout en liquidant toute perspective de re-construction du socialisme en Allemagne.

 

Lors de la campagne pour les élections européennes, la présidente de Die Linke avait osé affirmer aux Journées européennes de Hambourg en février : « C'est beau de voir qu'on a plus le mur dans nos têtes entre Allemands de l'est et de l'ouest ! ».

 

Die Linke et Scorpion's en guest-star, cela semble le grand écart, et si c'était l'expression d'une ligne cohérente : le « vent du changement », celui de la mutation des Partis communistes, du renoncement à la perspective révolutionnaire.

 

 

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